Pourquoi le reste ne peut-il pas être négatif ?
Parce que la condition fait partie de la définition, au même titre que l'égalité. Le but de la division euclidienne est de ranger chaque entier dans une case, et il y a exactement autant de cases que le diviseur en indique, numérotées de zéro au diviseur moins un. Si on autorisait les restes négatifs, un même nombre tomberait dans deux cases différentes et l'unicité disparaîtrait. Quand le dividende est négatif, on descend donc le quotient d'une unité, ce qui remonte le reste dans le bon intervalle.
À quoi sert de calculer sur les restes plutôt que sur les nombres ?
À répondre à des questions qu'aucune calculatrice ne peut afficher. Le chiffre des unités de sept élevé à la puissance deux mille vingt-six se trouve en trois lignes, alors que le nombre lui-même compte plus de mille sept cents chiffres. Le principe est simple : pour connaître le reste d'une somme ou d'un produit, il suffit des restes des termes, donc de nombres à un seul chiffre. C'est la première fois de la scolarité qu'on calcule sur des classes de nombres au lieu des nombres eux-mêmes.
Faut-il vraiment démontrer les critères de divisibilité ?
Oui, et c'est une nouveauté de la Seconde. Le collège les donne comme des recettes, le lycée demande de savoir d'où ils viennent. La démonstration tient en deux lignes et repose sur un seul fait : toutes les puissances de dix laissent le même reste dans la division par neuf, à savoir un. Le critère par onze se démontre de la même façon, sauf que les puissances de dix y valent alternativement un et moins un, ce qui explique l'alternance des signes.
Jusqu'où faut-il tester pour savoir si un nombre est premier ?
Jusqu'à sa racine carrée, et seulement parmi les nombres premiers. La raison est que si le nombre se décompose en un produit de deux facteurs, le plus petit des deux est nécessairement inférieur ou égal à la racine carrée : sinon, leur produit dépasserait le nombre. Ne rien trouver jusque-là prouve donc qu'il n'y a rien à trouver au-delà. En évaluation, il faut écrire cette justification et encadrer la racine par deux carrés connus, car c'est elle qui rapporte les points.
La démonstration d'Euclide dit-elle que le produit plus un est premier ?
Non, et c'est l'erreur la plus répandue sur cette démonstration. Le produit des six premiers nombres premiers, augmenté de un, vaut trente mille trente et un, qui se factorise en cinquante-neuf fois cinq cent neuf : il n'est donc pas premier. Ce que l'argument utilise est beaucoup plus modeste : ce nombre laisse le reste un dans la division par chacun des premiers de la liste, donc aucun d'eux ne le divise, donc ses facteurs premiers sont tous absents de la liste. Cela suffit à conclure qu'aucune liste finie n'est complète.
Ce chapitre reprend-il le programme de Troisième ?
Non, il le prolonge. Le collège installe le vocabulaire, le plus grand diviseur commun, l'algorithme d'Euclide et les fractions irréductibles, et ces notions restent supposées connues sans être retravaillées ici. La Seconde ajoute la division euclidienne prise pour elle-même avec son unicité, le calcul sur les restes, les critères démontrés au lieu d'être récités, et les premiers résultats de théorie des nombres. Le changement de posture compte autant que le contenu : on cesse de chercher pour commencer à déduire.