Seconde, programme français à Montréal • Exercices corrigés
Exercices corrigés d'arithmétique en Seconde : multiples, diviseurs, parité et approfondissements
Voici une série d'exercices corrigés d'arithmétique pour la classe de Seconde, programme français.
Ce que le programme 2026 demande. Les notations N et Z ; la définition « a est multiple de b s'il existe un entier k tel que a=kb », qui sert aussi pour diviseur, pair et impair ; les fractions sous forme irréductible ; deux démonstrations, la somme de deux multiples de a est un multiple de a et le carré d'un impair est impair ; deux algorithmes, tester si a est multiple de b et trouver le plus grand multiple de a inférieur ou égal à b. Les exercices 0.1, 0.2 et 0.3 couvrent exactement ce socle, et c'est par eux qu'il faut commencer.
Ce qu'il ne demande plus. Les nombres premiers sont sortis du programme de Seconde en 2026, et la division euclidienne n'y a jamais figuré pour elle-même. Les exercices 1 à 10 sont donc un APPROFONDISSEMENT : utiles à qui vise la spécialité mathématiques puis les mathématiques expertes, et aux élèves qui ont vu les nombres premiers au collège et veulent aller plus loin.
Le fil de l'approfondissement tient en une phrase : au collège on CHERCHE les diviseurs, en approfondissement on les DÉDUIT. Deux théorèmes d'unicité suffisent, celui du couple quotient-reste et celui de la décomposition en facteurs premiers, et ils répondent sans jamais dresser une liste. C'est ce qui permet de donner le chiffre des unités de 72026, de compter les vingt-quatre diviseurs de 360 sans en écrire un seul, ou de prouver qu'aucun carton entre dix et quarante pièces ne partage exactement un lot.
La série ne refait pas le programme du collège : ni plus grand diviseur commun, ni algorithme d'Euclide, qui sont traités dans la série de Troisième ; les fractions irréductibles n'y reviennent qu'à l'exercice 0.3, par la définition. Les techniques de démonstration, absurde, contraposée et disjonction de cas, ont elles aussi leur page à part.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•MULTIPLE ET DIVISEUR : a est multiple de b, et b est un diviseur de a, s'il existe un entier relatif k tel que a=kb. Zéro est multiple de tout entier ; aucun entier non nul n'est multiple de zéro.
•PAIR, IMPAIR : n est pair s'il s'écrit 2k, impair s'il s'écrit 2k+1, avec k entier relatif. Ainsi −7=2×(−4)+1 est impair, avec k=−4.
•LES DEUX DÉMONSTRATIONS DU PROGRAMME : si m=ak et n=ak′, alors m+n=a(k+k′) ; si n=2k+1, alors n2=2(2k2+2k)+1. Deux entiers différents prennent deux lettres différentes.
•FRACTION IRRÉDUCTIBLE : numérateur et dénominateur n'ont plus d'autre diviseur commun que 1 et −1. Le signe se place devant la fraction, le dénominateur reste positif.
•AU-DELÀ DU PROGRAMME, exercices 1 à 10. DIVISION EUCLIDIENNE : pour a entier et b entier strictement positif, il existe un UNIQUE couple (q;r) tel que a=bq+r avec 0⩽r<b.
•Le reste est toujours POSITIF OU NUL, même quand le dividende est négatif : −17=5×(−4)+3, et non 5×(−3)−2.
•RESTE D'UNE SOMME ET D'UN PRODUIT : ils se calculent sur les restes. Si la valeur obtenue atteint le diviseur, on réduit encore.
•CHIFFRE DES UNITÉS : c'est le reste par 10. Les puissances successives d'un entier ont des unités qui finissent toujours par former un CYCLE.
•Pour placer un exposant dans un cycle de longueur L, on calcule son reste par L. Un reste NUL désigne la DERNIÈRE position du cycle, pas la première.
•CRITÈRE PAR 9 ET PAR 3 : toutes les puissances de 10 ont pour reste 1, donc un entier a le même reste que la somme de ses chiffres.
•CRITÈRE PAR 11 : les puissances de 10 ont alternativement pour reste 1 et 10, c'est-à-dire −1, donc un entier a le même reste que la somme ALTERNÉE de ses chiffres, en partant des unités.
•DÉCOMPOSITION EN FACTEURS PREMIERS : elle existe pour tout entier supérieur ou égal à 2, et elle est UNIQUE à l'ordre des facteurs près.
•NOMBRE DE DIVISEURS : si n=pαqβ⋯, alors n a (α+1)(β+1)⋯ diviseurs. Chaque « plus un » est le cas de l'exposant 0.
•TEST DE PRIMALITÉ : il suffit de chercher un diviseur jusqu'à n, et même seulement parmi les nombres premiers. Au-delà, il n'y a plus rien à trouver.
•IL EXISTE UNE INFINITÉ DE NOMBRES PREMIERS. La démonstration d'Euclide ne dit pas que p1⋯pk+1 est premier, mais que ses facteurs premiers sont NOUVEAUX.
•CHANGER DE BASE : on divise par la base, on garde les restes, et on les lit DE BAS EN HAUT. Le dernier reste obtenu est le chiffre de gauche.
Le socle du programme 2026 : multiples, diviseurs, parité
Exercice 0.1 : Multiples et diviseurs par la définition, négatifs et zéro compris
Le programme de Seconde donne UNE définition, et tout le chapitre en découle : un entier a est un multiple de l'entier b s'il existe un entier k tel que a=kb. On dit aussi que b est un diviseur de a, ou que b divise a. Le mot qui compte est « entier » : k peut être négatif ou nul, mais jamais un nombre non entier comme 2,5.
Un entier est pair s'il s'écrit 2k, impair s'il s'écrit 2k+1, avec k entier relatif. La droite graduée ci-dessous marque les multiples de 6 entre −24 et 24 : ils sont régulièrement espacés, des deux côtés de zéro, et zéro en fait partie.
a) Pour chacune des égalités −91=k×7, 0=k×1789 et 144=k×(−12), donnez l'entier k, puis dites quel nombre est multiple de quel autre.
b) Donnez tous les diviseurs de 18 dans Z. Combien y en a-t-il ?
c) Le nombre −7 est-il pair ou impair ? Donnez l'entier k qui le prouve.
d) Combien l'intervalle [−100;100] contient-il de multiples de 6 ? Combien d'entre eux sont strictement négatifs ?
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Réponses
a)k=−13, k=0 et k=−12 : −91 multiple de 7, 0 multiple de 1789, 144 multiple de −12
b)12 diviseurs : ±1, ±2, ±3, ±6, ±9, ±18
c)Impair, car −7=2×(−4)+1
d)33 multiples, dont 16 strictement négatifs
La méthode ne change jamais : pour montrer que a est multiple de b, on EXHIBE l'entier k tel que a=kb, en écrivant l'égalité ; pour montrer qu'il ne l'est pas, on montre qu'aucun entier ne convient. On ne se contente pas d'un affichage de calculatrice, on écrit l'égalité avec l'entier k.
a)
−91=(−13)×7, donc k=−13 : −91 est un multiple de 7, et 7 divise −91. Le signe ne change rien à la définition, il passe simplement dans k. Ensuite 0=0×1789, donc k=0 : zéro est multiple de 1789, et le même calcul montre que zéro est multiple de TOUT entier. L'inverse est faux : 5=k×0 n'a aucune solution, puisque k×0 vaut toujours 0, donc aucun entier non nul n'est multiple de zéro. Enfin 144=(−12)×(−12), donc k=−12 : 144 est un multiple de −12, et −12 est un diviseur de 144. Piège : répondre k=12 par réflexe ; le contrôle 12×(−12)=−144=144 le détecte en deux secondes.
b)
Dans N, les diviseurs de 18 se trouvent par paires : 18=1×18=2×9=3×6, soit 1, 2, 3, 6, 9 et 18. Dans Z, chacun a son opposé, car 18=(−1)×(−18)=(−2)×(−9)=(−3)×(−6). Il y en a donc 12 : ±1, ±2, ±3, ±6, ±9 et ±18. Répondre 6 revient à oublier que la définition de Seconde est posée dans Z, et c'est l'erreur la plus répandue sur cette question.
c)
−7 est impair : −7=2×(−4)+1, avec k=−4 entier. Le réflexe faux est d'écrire k=−3, par analogie avec 7=2×3+1 ; mais 2×(−3)+1=−5, pas −7. Pour un négatif, on part du multiple de 2 situé JUSTE EN DESSOUS, ici −8, et l'on ajoute 1. L'égalité −7=2×(−3)−1 est vraie aussi, mais elle n'a pas la forme 2k+1 exigée par la définition : tant qu'on ne l'a pas réécrite, elle ne prouve rien.
d)
Les multiples de 6 sont les nombres 6k avec k entier. On cherche les k tels que −100⩽6k⩽100. Comme 6×16=96 et 6×17=102, il faut −16⩽k⩽16 : cela fait 16 valeurs négatives, 16 positives et k=0, soit 33 multiples. Les multiples strictement négatifs sont les 16 nombres de −96 à −6. Oublier zéro donne 32 ; ne compter que les positifs donne 16. La droite graduée de l'énoncé dit tout : les multiples sont espacés de 6, symétriques par rapport à zéro, et zéro en fait partie.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 0.2 : Les deux démonstrations du programme, et ce qu'on en tire
Le programme de Seconde demande de savoir rédiger deux démonstrations : pour une valeur numérique de a, la somme de deux multiples de a est un multiple de a ; le carré d'un nombre impair est impair. On les rédige ici, puis on les pousse plus loin, par un calcul direct, par une disjonction de cas pair-impair et par une contraposée.
Dans toute démonstration, une lettre désigne UN entier. Deux entiers qui n'ont aucune raison d'être égaux reçoivent deux lettres différentes, k et k′ : c'est la première ligne que regarde le correcteur.
a) On prend a=12. Soient m et n deux multiples de 12. Démontrez que m+n et 5m−3n sont des multiples de 12. Pour m=84 et n=132, donnez les entiers k et k′ tels que m=12k et n=12k′, puis l'entier j tel que 5m−3n=12j.
b) Un élève affirme : « si m+n est un multiple de 12, alors m et n sont des multiples de 12 ». Cette affirmation est-elle vraie ? Justifiez.
c) Rédigez la démonstration du programme : si n est impair, alors n2 est impair. Écrivez n2 sous la forme 4k(k+1)+1 et déduisez-en que n2−1 est un multiple de 4. Pour n=1001, donnez l'entier j tel que n2−1=4j.
d) Par disjonction de cas selon la parité de n, démontrez que le carré d'un entier s'écrit toujours 4j ou 4j+1, avec j entier. Déduisez-en, sans calculatrice, que 1000002 et 1000003 ne sont pas des carrés d'entiers.
e) Soit n un entier. On veut démontrer : « si 5n+3 est pair, alors n est impair ». Écrivez la contraposée de cette implication, puis démontrez-la.
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Réponses
a)m+n=12(k+k′) et 5m−3n=12(5k−3k′) ; k=7, k′=11, j=2
b)Fausse : 5+7=12, alors que ni 5 ni 7 n'est multiple de 12
c)n2=2(2k2+2k)+1 ; n2−1=4k(k+1), et j=250500 pour n=1001
d)n2=4j ou 4j+1 ; 1000002=4j+2 et 1000003=4j+3 ne sont pas des carrés
e)Contraposée : si n est pair, alors 5n+3=2(5k+1)+1 est impair
Une démonstration de ce chapitre a toujours la même structure : on TRADUIT l'hypothèse par la définition, avec une lettre par entier inconnu ; on CALCULE ; on RECONNAÎT la forme demandée en nommant l'entier qui la réalise. Des exemples, même nombreux, ne prouvent rien : ils peuvent seulement réfuter.
a)
Hypothèse : m et n sont des multiples de 12, donc il existe deux entiers k et k′ tels que m=12k et n=12k′. Alors m+n=12k+12k′=12(k+k′), et k+k′ est un entier, somme de deux entiers : m+n est un multiple de 12. De même 5m−3n=60k−36k′=12(5k−3k′), avec 5k−3k′ entier. Pour m=84 et n=132 : 84=12×7 et 132=12×11, donc k=7 et k′=11, puis 5m−3n=420−396=24=12×2, soit j=5×7−3×11=2. Le piège est d'écrire m=12k et n=12k avec la MÊME lettre : on n'aurait traité que le cas m=n, et la démonstration ne vaudrait plus rien, alors que chaque ligne de calcul serait juste.
b)
Fausse. Un seul contre-exemple suffit : 5+7=12 est un multiple de 12, alors que ni 5 ni 7 n'en est un. L'affirmation de l'élève est la RÉCIPROQUE de la propriété démontrée en a), et une implication vraie peut avoir une réciproque fausse. Pour réfuter un énoncé « pour tous m et n », on donne UN couple précis et l'on vérifie les deux moitiés : l'hypothèse est vraie, la conclusion est fausse.
c)
Soit n impair : il existe un entier k tel que n=2k+1. Alors n2=4k2+4k+1=2(2k2+2k)+1, et 2k2+2k est un entier : n2 est impair. C'est la démonstration du programme. En s'arrêtant plutôt sur n2=4k(k+1)+1, on lit davantage : n2−1=4k(k+1) est un multiple de 4. Pour n=1001=2×500+1, on a k=500 et n2−1=4×500×501, donc j=250500. Vérification : 10012=1002001 et 1002000=4×250500. Une démonstration rapporte souvent plus qu'elle n'annonce, pourvu qu'on garde la bonne écriture.
d)
Deux cas, et deux seulement, puisque tout entier est pair ou impair. Si n est pair, n=2k et n2=4k2, de la forme 4j avec j=k2. Si n est impair, la question c) donne n2=4k(k+1)+1, de la forme 4j+1 avec j=k(k+1). Un carré ne s'écrit donc JAMAIS 4j+2 ni 4j+3. Or 1000002=4×250000+2 et 1000003=4×250000+3 : aucun des deux n'est un carré. La calculatrice, elle, affiche pour leurs racines des nombres à peine supérieurs à 1000 et laisse un doute d'arrondi ; l'argument de parité n'en laisse aucun. Oublier un des deux cas rend la démonstration incomplète, même si le cas traité est parfait.
e)
La contraposée de « si P, alors Q » est « si non Q, alors non P ». Ici P est « 5n+3 est pair » et Q est « n est impair », donc la contraposée est : « si n est pair, alors 5n+3 est impair ». Démonstration : si n=2k, alors 5n+3=10k+3=2(5k+1)+1, impair. La contraposée est vraie, donc l'implication de départ aussi : les deux disent la même chose. « Si n est impair, alors 5n+3 est pair » est la RÉCIPROQUE, et « si 5n+3 est impair, alors n est pair » est l'inverse : ni l'une ni l'autre ne démontre l'énoncé. Ici la réciproque se trouve être vraie, car 5(2k+1)+3=2(5k+4), mais c'est un hasard de l'exemple, pas une méthode.
Exercice 0.3 : Fractions irréductibles et plus grand multiple en Python
Une fraction est irréductible lorsque son numérateur et son dénominateur n'ont plus d'autre diviseur commun que 1 et −1. On y arrive en repérant un diviseur commun, en divisant en haut et en bas, et en recommençant jusqu'à n'en plus trouver ; le signe se place devant la fraction, le dénominateur reste positif.
Le programme demande aussi un algorithme : pour deux entiers a et b, trouver le plus grand multiple de a inférieur ou égal à b. La fonction Python ci-dessous le fait en ajoutant a tant qu'on ne dépasse pas b. On suppose a⩾1.
def plus_grand_multiple(a, b):
m = 0
while m + a <= b:
m = m + a
return m
a) Écrivez 1001385 sous forme irréductible, et justifiez qu'on ne peut plus simplifier.
b) Écrivez 315−135 sous forme irréductible.
c) Faites tourner plus_grand_multiple(7, 100) à la main : combien de tours de boucle sont effectués, et quelle valeur est renvoyée ?
d) Que renvoie plus_grand_multiple(12, 150) ? Écrivez l'égalité 150=12q+r que ce résultat fournit.
e) Que renvoie plus_grand_multiple(4, -10) ? Est-ce le plus grand multiple de 4 inférieur ou égal à −10 ? Corrigez la fonction pour qu'elle convienne aussi quand b est négatif.
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Réponses
a)1001385=135, car 385=77×5 et 1001=77×13
b)315−135=−73
c)14 tours, valeur renvoyée 98
d)144, d'où 150=12×12+6
e)La fonction renvoie 0, faux ; la bonne réponse est −12
Deux gestes du programme, un seul outil derrière : la définition a=kb. Rendre une fraction irréductible, c'est diviser en haut et en bas par les diviseurs communs ; chercher le plus grand multiple, c'est parcourir 0, a, 2a, 3a... jusqu'au dernier qui ne dépasse pas b.
a)
385 se termine par 5 : 385=5×77=5×7×11. Pour 1001, on essaie 7 : 1001=7×143=7×11×13. Les diviseurs communs autres que 1 sont 7, 11 et 77. En divisant en haut et en bas par 77 : 1001385=135. On ne peut plus simplifier : les seuls diviseurs positifs de 5 sont 1 et 5, et 5 ne divise pas 13. Simplifier par 7 seulement donne 14355, fraction égale mais pas irréductible, puisque 11 divise encore les deux termes : c'est la réponse incomplète la plus fréquente.
b)
135=5×27=33×5 et 315=5×63=32×5×7. Le diviseur commun 32×5=45 donne 135=45×3 et 315=45×7. Donc 315−135=−73, avec le signe devant et le dénominateur positif. Écrire −73 n'est pas faux, mais ce n'est pas la forme attendue ; perdre le signe en route coûte en revanche toute la question.
c)
La boucle part de m=0 et ajoute 7 tant que m+7⩽100. Les valeurs successives de m sont 7, 14, ..., 98 : on s'arrête à 98=7×14, car 98+7=105>100. La boucle a tourné 14 fois et la fonction renvoie 98. Le nombre de tours est exactement l'entier k=14 de l'écriture 98=7×14 : la boucle trouve k en comptant.
d)
La fonction renvoie 144=12×12, puisque 144+12=156>150. On en tire 150=12×12+6, avec 0⩽6<12 : q=12 et r=6. C'est exactement la division euclidienne de 150 par 12, que l'exercice 1 reprend pour elle-même. Le même algorithme répond aussi au premier algorithme du programme : b est multiple de a si et seulement si le plus grand multiple de a inférieur ou égal à b est b lui-même. Ainsi plus_grand_multiple(12, 144) renvoie 144, donc 144 est un multiple de 12, alors que plus_grand_multiple(12, 150) ne renvoie pas 150.
e)
Avec b=−10, le test 0+4⩽−10 est faux dès le départ : la boucle ne tourne pas et la fonction renvoie 0. Or 0>−10 : ce n'est même pas un nombre inférieur ou égal à b. Le bon résultat est −12=4×(−3), car −12⩽−10<−8. La fonction supposait sans le dire que b⩾0. La version corrigée descend d'abord par pas de a tant que m>b, puis remonte tant que c'est possible : elle donne −12 pour b=−10 et garde 98 pour plus_grand_multiple(7, 100). Tester un programme sur les cas limites, zéro, un négatif, une égalité, est le contrôle que le programme de Seconde attend.
def plus_grand_multiple(a, b):
m = 0
while m > b:
m = m - a
while m + a <= b:
m = m + a
return m
Partie A : approfondissement, les outils (/50)
Exercice 1 : La division euclidienne : un couple, et un seul
Diviser a par b au sens euclidien, c'est écrire a=bq+r avec 0⩽r<b. Le théorème de la division euclidienne dit deux choses : un tel couple (q;r) EXISTE toujours, et il est UNIQUE. C'est cette unicité qui fait toute la puissance du chapitre.
Sur la figure, les multiples de 7 découpent la droite des entiers en tranches. Le nombre 253 tombe dans l'une d'elles, et le reste est simplement la distance au multiple situé à sa gauche.
La figure n'est pas à l'échelle.
a) Effectuez la division euclidienne de 253 par 7 : donnez le quotient q et le reste r.
b) Écrivez l'encadrement de 253 par deux multiples consécutifs de 7, et dites où se lit le quotient.
c) Effectuez la division euclidienne de −17 par 5. Attention : la condition 0⩽r<b ne se négocie pas.
d) Démontrez l'UNICITÉ du couple (q;r) : supposez a=bq+r=bq′+r′ avec 0⩽r<b et 0⩽r′<b, et concluez.
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Réponses
a)q=36 et r=1, car 253=7×36+1
b)7×36⩽253<7×37, et le quotient est le coefficient de gauche
c)q=−4 et r=3, car −17=5×(−4)+3
d)b(q−q′)=r′−r avec ∣r′−r∣<b, donc r=r′ puis q=q′
a)
On cherche le plus grand multiple de 7 inférieur ou égal à 253. Comme 7×36=252 et 7×37=259, c'est 252. Donc 253=7×36+1 : le quotient vaut q=36 et le reste r=1. Vérification obligatoire, et elle prend trois secondes : on recalcule 7×36+1=253, et l'on contrôle que 0⩽1<7. Un reste supérieur ou égal au diviseur signifie qu'on s'est arrêté trop tôt, et c'est l'erreur la plus fréquente quand on pose la division à la main.
b)
L'encadrement s'écrit 7×36⩽253<7×37, c'est-à-dire 252⩽253<259. Le quotient est le coefficient du multiple de GAUCHE : c'est la définition même, et c'est ce que montre la figure. On peut aussi l'écrire 36⩽7253<37, ce qui dit que le quotient euclidien est la partie entière de 7253≈36,14. Cette lecture est la plus rapide à la calculatrice. Attention : pour un dividende négatif, la partie entière n'est plus la troncature du nombre affiché, ce que montre la question suivante.
c)
Il faut −17=5q+r avec 0⩽r<5. Le réflexe faux est d'écrire −17=5×(−3)−2 : le reste vaudrait −2, ce qui est INTERDIT. On descend donc d'un cran, jusqu'au plus grand multiple de 5 inférieur ou égal à −17, qui est 5×(−4)=−20. Alors −17=−20+3, c'est-à-dire −17=5×(−4)+3, avec q=−4 et r=3, et la condition 0⩽3<5 est respectée. Le quotient n'est donc PAS la troncature de −3,4, mais son arrondi par défaut. L'erreur coûte toute la question, et elle se propage partout où l'on travaille sur les restes.
d)
Supposons a=bq+r=bq′+r′ avec les deux restes dans [0;b[. En soustrayant, b(q−q′)=r′−r. Le membre de gauche est un multiple de b. Le membre de droite est une différence de deux nombres de [0;b[, donc ∣r′−r∣<b : c'est un multiple de b dont la valeur absolue est strictement inférieure à b, il ne peut être que 0. Donc r=r′, puis b(q−q′)=0 et, comme b=0, q=q′. Le couple est bien unique. Retenez l'argument, il resservira : « un multiple de b strictement plus petit que b en valeur absolue est nul » est l'outil de démonstration numéro un de tout le chapitre.
Exercice 2 : Le reste, et ce qu'il permet de lire
Le reste d'une division par n range chaque entier dans l'une des n cases 0, 1, ..., n−1, et cette case se répète indéfiniment : c'est ce que montre la frise ci-dessous pour n=5.
L'intérêt est le suivant : le reste d'une SOMME et le reste d'un PRODUIT se calculent sur les restes, sans jamais effectuer l'opération complète. On remplace un calcul sur des nombres à quatre chiffres par un calcul sur des nombres à un chiffre.
a) Donnez le reste de 2026 et celui de 2027 dans la division par 5.
b) Déduisez-en le reste de 2026+2027 par 5, puis vérifiez en calculant la somme.
c) Déduisez-en le reste de 2026×2027 par 5, SANS effectuer le produit.
d) Donnez le reste de 2026 par 9, puis celui de 20262 par 9.
Voir la correction
Réponses
a)Restes 1 et 2
b)Reste 3, et 4053=5×810+3
c)Reste 2
d)Reste 1 pour 2026, donc reste 1 pour son carré
a)
2025 se termine par 5, donc c'est un multiple de 5 : 2025=5×405. Alors 2026=5×405+1, reste 1, et 2027=5×405+2, reste 2. Pour une division par 5, le reste ne dépend que du chiffre des unités, ce qui rend la lecture immédiate.
b)
Écrivons 2026=5k+1 et 2027=5k+2 avec k=405. La somme vaut 5k+1+5k+2=5(2k)+3 : le reste est 3, puisque 0⩽3<5. Vérification : 2026+2027=4053, et 4053=5×810+3. La règle générale est que le reste d'une somme est le reste de la somme des restes. Attention : si la somme des restes atteint ou dépasse n, il faut encore réduire. Par exemple 3+4=7 modulo 5 donne 2, pas 7, et oublier cette dernière réduction est l'erreur classique.
c)
Avec les mêmes écritures, 2026×2027=(5k+1)(5k+2)=25k2+15k+2=5(5k2+3k)+2 : le reste est 2. Le produit lui-même vaut 4106702, mais on ne l'a pas calculé, et c'est tout l'intérêt : seuls les restes 1 et 2 ont servi, et 1×2=2. Le contrôle à la main est immédiat, le produit se termine par 2 donc son reste par 5 vaut bien 2. Ce raccourci est ce qui permettra, à l'exercice 3, de traiter une puissance de plus de mille chiffres.
d)
Pour 9, le reste se lit sur la somme des chiffres, ce que l'exercice 4 démontrera : 2+0+2+6=10, puis 1+0=1, donc 2026 a pour reste 1 par 9. En écrivant 2026=9m+1, le carré vaut (9m+1)2=81m2+18m+1=9(9m2+2m)+1 : le reste est encore 1. Contrôle : 20262=4104676, dont la somme des chiffres est 4+1+0+4+6+7+6=28, puis 2+8=10, puis 1. Un nombre de sept chiffres traité par deux additions de tête.
Exercice 3 : Le chiffre des unités d'une puissance
Le chiffre des unités d'un entier est son reste dans la division par 10. Quand on élève un nombre à des puissances successives, ces restes finissent toujours par se répéter, et le cycle obtenu répond à des questions qu'aucune calculatrice ne peut afficher.
Le tableau ci-dessous donne les premières puissances de 2, à titre d'exemple : le cycle des unités y est 2, 4, 8, 6, et il recommence.
a) Donnez les chiffres des unités de 71, 72, 73, 74 et 75, puis la longueur du cycle.
b) Déduisez-en le chiffre des unités de 72026.
c) Donnez le chiffre des unités de 3100.
d) Expliquez pourquoi le cycle des unités d'une puissance recommence TOUJOURS, quel que soit le nombre de départ.
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Réponses
a)7, 9, 3, 1, puis 7 de nouveau : cycle de longueur 4
b)9
c)1
d)Le chiffre suivant ne dépend que du précédent, et il n'y a que dix valeurs possibles
a)
71=7, 72=49, 73=343, 74=2401, 75=16807. Les unités sont donc 7, 9, 3, 1, puis 7 : le cycle a pour longueur 4. On n'a pas besoin des nombres entiers pour l'obtenir, seulement des unités : 7×7 finit par 9, 9×7 finit par 3, 3×7 finit par 1, 1×7 finit par 7. C'est exactement la règle du produit de l'exercice 2, appliquée avec n=10.
b)
Il faut placer 2026 dans le cycle, donc calculer son reste par 4 : 2026=4×506+2, reste 2. Le reste 2 correspond à la DEUXIÈME position du cycle, celle de 72, donc le chiffre des unités de 72026 est 9. Attention au piège de numérotation : un reste de 0 ne signifie pas la première position mais la QUATRIÈME, celle de 74, puisque 74, 78, 712 ont tous un exposant multiple de 4. Confondre les deux fait perdre toute la question, et c'est l'erreur la plus fréquente du chapitre.
c)
Les unités de 3n donnent 3, 9, 7, 1, puis 3 : cycle de longueur 4 là encore. Or 100=4×25, reste 0 : on est donc en quatrième position, celle de 34=81, et le chiffre des unités de 3100 est 1. C'est exactement le cas où le reste nul renvoie à la fin du cycle et non au début. Contrôle de bon sens : 34=81 finit par 1, donc 3100=(34)25=8125 finit par 1, puisqu'un produit de nombres finissant par 1 finit par 1.
d)
Le chiffre des unités de an+1 ne dépend que du chiffre des unités de an, par la règle du produit : on multiplie ce chiffre par celui de a et l'on garde les unités. La suite des unités est donc entièrement déterminée par son terme précédent. Or il n'y a que DIX valeurs possibles, de 0 à 9 : en onze termes au plus, une valeur s'est forcément répétée. Et dès qu'une valeur se répète, tout ce qui suit se répète à l'identique, puisque chaque terme est calculé de la même façon à partir du précédent. Le cycle est donc inévitable, et sa longueur vaut au plus 10. Cet argument, appelé principe des tiroirs, vaut pour n'importe quel diviseur à la place de 10.
Exercice 4 : Les critères de divisibilité, enfin démontrés
Tout le monde connaît le critère par 9 : un entier est divisible par 9 lorsque la somme de ses chiffres l'est. Presque personne ne sait POURQUOI, et c'est ce que la spécialité, puis les mathématiques expertes, demanderont de savoir établir.
Tout repose sur le tableau ci-dessous : les restes des puissances de 10. Par 9 ils valent tous 1 ; par 11 ils alternent entre 1 et 10, c'est-à-dire entre 1 et −1.
a) Donnez les restes de 10, 100 et 1000 dans la division par 9, et justifiez.
b) Soit N=1000a+100b+10c+d un entier à quatre chiffres. Démontrez que N et a+b+c+d ont le même reste par 9.
c) Donnez les restes de 10, 100 et 1000 par 11, et expliquez pourquoi le critère par 11 fait ALTERNER les signes.
d) Le nombre 91927 est-il divisible par 11 ? Et quel est le reste de 2026 par 11 ?
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Réponses
a)Tous les trois valent 1
b)N−(a+b+c+d)=999a+99b+9c, multiple de 9
c)10, 1, 10 : le reste 10 équivaut à −1, d'où l'alternance
d)Oui, 91927=11×8357 ; et 2026 a pour reste 2
a)
10=9×1+1, 100=9×11+1 et 1000=9×111+1 : le reste vaut 1 à chaque fois. La raison est visible : 10k−1 s'écrit avec k chiffres 9, donc 99…9 est un multiple de 9, et 10k vaut ce multiple plus 1. Toutes les puissances de 10 ont donc pour reste 1 par 9, et c'est le seul fait dont le critère a besoin.
b)
Écrivons N−(a+b+c+d)=1000a−a+100b−b+10c−c+d−d=999a+99b+9c. Chacun des trois termes est un multiple de 9, puisque 999=9×111, 99=9×11 et 9=9×1. Donc N−(a+b+c+d) est un multiple de 9, ce qui signifie exactement que N et a+b+c+d ont le même reste par 9. En particulier, N est divisible par 9 si et seulement si la somme de ses chiffres l'est. La rédaction attendue est celle-ci : on montre que la DIFFÉRENCE est un multiple, jamais qu'on peut « remplacer » un nombre par un autre. Le même calcul avec 3 à la place de 9 donne le critère par 3, puisque 999, 99 et 9 sont aussi des multiples de 3.
c)
10=11×0+10, reste 10 ; 100=11×9+1, reste 1 ; 1000=11×90+10, reste 10. L'alternance vient de ce que le reste 10 peut s'écrire −1 : en effet 10=11−1, donc 10 et −1 diffèrent d'un multiple de 11 et se comportent de la même façon dans tous les calculs de restes. Ainsi 10k se comporte comme (−1)k, valant 1 pour k pair et −1 pour k impair. Un entier a donc le même reste par 11 que la somme ALTERNÉE de ses chiffres, en partant du chiffre des unités avec un signe plus.
d)
Pour 91927, on part des unités : 7−2+9−1+9=22. Comme 22=11×2, la somme alternée est divisible par 11, donc 91927 aussi. Vérification : 91927=11×8357. Pour 2026 : 6−2+0−2=2, donc le reste vaut 2. Vérification : 11×184=2024 et 2026=2024+2. Le piège est de commencer l'alternance par la gauche : sur un nombre à nombre pair de chiffres, cela donne l'opposé, ce qui ne change pas le verdict de divisibilité mais fausse le reste : 2−0+2−6=−2, et non 2.
Exercice 5 : L'unicité de la décomposition, et ce qu'elle permet de compter
Tout entier supérieur ou égal à 2 s'écrit comme un produit de nombres premiers, et cette écriture est UNIQUE à l'ordre des facteurs près. Ce théorème est admis ; on s'en sert comme d'un argument, pas seulement comme d'une recette.
L'arbre ci-dessous décompose 360. Peu importe par quel facteur on commence : on retombe toujours sur les mêmes premiers, avec les mêmes exposants.
a) Décomposez 360 et 1260 en produits de facteurs premiers.
b) Soient a, b, c, d des entiers naturels tels que 2a×3b=2c×3d. Que peut-on dire de a et c ? Pourquoi ?
c) Démontrez que si n=pα×qβ avec p et q premiers distincts, alors n a exactement (α+1)(β+1) diviseurs. Appliquez à 360 et à 1260.
d) Quel est le PLUS PETIT entier ayant exactement 12 diviseurs ?
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Réponses
a)360=23×32×5 et 1260=22×32×5×7
b)a=c et b=d, par unicité de la décomposition
c)360 a 24 diviseurs, 1260 en a 36
d)60=22×3×5
a)
Pour 360 : 360=2×180=22×90=23×45=23×32×5. Pour 1260 : 1260=2×630=22×315=22×3×105=22×32×35=22×32×5×7. Vérification en recalculant : 4×9×5×7=1260. On s'arrête quand tous les facteurs sont premiers, et l'on écrit les exposants : une décomposition laissée sous forme 2×2×2×3×3×5 n'est pas fausse, mais elle rend la suite illisible.
b)
On a nécessairement a=c et b=d. C'est exactement ce que dit l'UNICITÉ : un entier n'a qu'une seule décomposition, donc deux écritures du même entier en facteurs premiers ont les mêmes premiers avec les mêmes exposants. Sans ce théorème, l'égalité 2a×3b=2c×3d ne permettrait rien du tout. C'est l'argument qui sert chaque fois qu'on veut prouver qu'un entier n'est pas un carré, un cube, ou qu'une équation n'a pas de solution entière.
c)
Un diviseur de n=pαqβ ne peut contenir que les premiers p et q, toujours par unicité, et avec des exposants au plus égaux à ceux de n. Il s'écrit donc piqj avec 0⩽i⩽α et 0⩽j⩽β. Il y a α+1 choix pour i, en comptant 0, et β+1 choix pour j, et deux choix différents donnent deux diviseurs différents, encore par unicité : d'où (α+1)(β+1) diviseurs. Le raisonnement s'étend à autant de premiers qu'on veut. Pour 360=23×32×51 : (3+1)(2+1)(1+1)=4×3×2=24 diviseurs. Pour 1260=22×32×5×7 : 3×3×2×2=36. Le piège est d'oublier le « plus un », c'est-à-dire d'oublier l'exposant 0, qui correspond au cas où le premier n'apparaît pas dans le diviseur.
d)
On cherche à écrire 12 comme un produit de facteurs (α+1), puis à répartir les exposants sur les plus petits premiers possibles, les GROS exposants allant aux PETITS premiers. Les découpages de 12 en facteurs sont 12, 6×2, 4×3 et 3×2×2. Ils donnent respectivement 211=2048, 25×3=96, 23×32=72 et 22×3×5=60. Le plus petit est donc 60. Vérification par la liste, qui doit contenir exactement douze nombres : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 10, 12, 15, 20, 30, 60. Chercher au hasard prendrait un quart d'heure ; la décomposition répond en deux minutes, et c'est tout l'écart entre chercher et déduire.
Partie B : approfondissement, problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Écrire un entier dans une autre base
Notre écriture des nombres repose sur les puissances de 10 : 2026 signifie 2×103+0×102+2×10+6. Rien n'oblige à choisir 10, et la division euclidienne permet de changer de base mécaniquement.
Le principe : on divise par la base, on garde le reste, on recommence sur le quotient, et l'on lit les restes DE BAS EN HAUT. La colonne ci-dessous le fait pour 19 en base 2, et donne 10011.
a) Écrivez 44 en base 2, en détaillant les divisions successives.
b) Vérifiez votre réponse en recalculant la valeur décimale à partir des puissances de 2.
c) Écrivez 2026 en base 5.
d) Démontrez que l'algorithme s'arrête toujours, quelle que soit la base b⩾2.
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Réponses
a)44 s'écrit 101100 en base 2
b)32+8+4=44
c)2026 s'écrit 31101 en base 5
d)La suite des quotients est strictement décroissante et reste positive
a)
On divise par 2 en notant chaque reste : 44=2×22+0, 22=2×11+0, 11=2×5+1, 5=2×2+1, 2=2×1+0, 1=2×0+1. Les restes obtenus, dans l'ordre d'apparition, sont 0, 0, 1, 1, 0, 1. On les lit DE BAS EN HAUT, c'est-à-dire du dernier au premier : 44 s'écrit 101100 en base 2. L'erreur classique est de les recopier dans l'ordre d'apparition, ce qui donnerait 001101, c'est-à-dire 13 : ce n'est pas une petite imprécision, c'est un autre nombre. Le dernier reste obtenu est toujours le chiffre de POIDS FORT, celui de gauche.
b)
On repart des puissances de 2 : 101100 signifie 1×32+0×16+1×8+1×4+0×2+0×1=32+8+4=44. C'est bien la valeur de départ. Cette vérification est obligatoire et elle coûte dix secondes : elle attrape à la fois l'erreur de sens de lecture et l'oubli d'un zéro intermédiaire, les deux seules fautes possibles dans cet algorithme.
c)
On divise par 5 : 2026=5×405+1, 405=5×81+0, 81=5×16+1, 16=5×3+1, 3=5×0+3. Les restes sont 1, 0, 1, 1, 3, et la lecture de bas en haut donne 31101. Vérification par les puissances de 5, qui valent 1, 5, 25, 125, 625 : 3×625+1×125+1×25+0×5+1×1=1875+125+25+0+1=2026. Ici encore le renversement se voit : lire les restes dans l'ordre d'apparition donnerait 10113, qui vaut 658 et non 2026.
d)
À chaque étape, le nouveau nombre est le quotient de l'ancien par b. Comme b⩾2, ce quotient vérifie q⩽2n<n dès que n⩾1 : la suite des quotients est STRICTEMENT DÉCROISSANTE. Or ce sont des entiers naturels, donc toujours positifs ou nuls. Une suite d'entiers naturels strictement décroissante ne peut pas être infinie : elle atteint 0 en un nombre fini d'étapes, et c'est là que l'algorithme s'arrête. C'est le même argument que pour l'algorithme d'Euclide, et c'est le modèle de toute preuve de terminaison : on exhibe une quantité entière positive qui décroît strictement.
Exercice 7 : Combien y a-t-il de nombres premiers ?
Les nombres premiers se raréfient : il y en a quatre entre 1 et 10, mais seulement deux entre 50 et 60. La frise ci-dessous les marque jusqu'à 60.
La question naturelle est donc : finissent-ils par s'arrêter ? Euclide y a répondu il y a plus de deux mille ans, et sa démonstration tient en cinq lignes.
a) Calculez N=2×3×5×7+1. Est-il premier ? Jusqu'à quel entier faut-il tester des diviseurs ?
b) Calculez M=2×3×5×7×11×13+1. On donne M=59×509. Que remarque-t-on sur ses facteurs ?
c) Rédigez la démonstration d'Euclide : il existe une infinité de nombres premiers.
d) Démontrez que si n=ab avec 1<a⩽b, alors a⩽n. Concluez sur le test de primalité.
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Réponses
a)N=211, premier ; il suffit de tester jusqu'à 14, le dernier premier à essayer étant 13
b)M=30031 n'est pas premier, mais 59 et 509 ne sont dans AUCUNE liste de départ
c)Un tel N a un facteur premier nouveau, donc aucune liste finie n'est complète
d)a2⩽ab=n, donc tester jusqu'à n suffit
a)
2×3×5×7=210, donc N=211. Pour le tester, on s'arrête à 211, compris entre 14 et 15 puisque 142=196 et 152=225 : on teste jusqu'à l'entier 14, et il suffit d'essayer les premiers jusqu'à 13, c'est-à-dire 2, 3, 5, 7, 11 et 13. 211 est impair, sa somme de chiffres vaut 4 donc il n'est pas multiple de 3, il ne se termine ni par 0 ni par 5, et 211=7×30+1, 211=11×19+2, 211=13×16+3. Aucun ne divise : 211 est PREMIER. Six divisions ont suffi là où la définition naïve en demanderait 209.
b)
2×3×5×7×11×13=30030, donc M=30031. Il n'est pas premier, puisque 30031=59×509. Mais l'essentiel est ailleurs : ni 59 ni 509 ne figurent dans la liste 2, 3, 5, 7, 11, 13 dont on est parti. C'est normal, et c'est le cœur de l'argument : M laisse le reste 1 dans la division par chacun des six premiers de départ, donc aucun d'eux ne peut le diviser, donc ses facteurs premiers sont forcément NOUVEAUX. On retient que le produit des premiers nombres premiers augmenté de 1 n'est pas toujours premier, contrairement à ce que l'exemple a) pourrait laisser croire.
c)
Supposons qu'il n'y ait qu'un nombre fini de nombres premiers, disons p1, p2, ..., pk, et posons N=p1×p2×⋯×pk+1. Ce nombre N est supérieur ou égal à 3, donc il admet au moins un diviseur premier p. Or p est l'un des pi, par hypothèse, et la division de N par ce pi donne le reste 1 : pi ne divise donc pas N. Contradiction. L'hypothèse de départ est fausse : il existe une infinité de nombres premiers. Attention à la rédaction : on ne dit PAS que N est premier, seulement qu'il possède un facteur premier absent de la liste, et la question b) montre que la nuance n'est pas un détail de style.
d)
Si n=ab avec 1<a⩽b, alors en multipliant l'inégalité a⩽b par a, qui est positif, on obtient a2⩽ab=n, donc a⩽n. Conséquence : si n n'est pas premier, il possède un diviseur strictement compris entre 1 et n, et le PLUS PETIT d'entre eux est inférieur ou égal à n. Il suffit donc de tester les diviseurs jusqu'à n : si aucun ne convient, n est premier. On peut même se limiter aux diviseurs PREMIERS, car tout diviseur autre que 1 possède lui-même un facteur premier, qui serait détecté plus tôt. Pour 397, on teste jusqu'à 19, puisque 192=361 et 202=400 : huit premiers à essayer, et aucun ne divise, donc 397 est premier. Pour 493, le test tombe sur 17 : 493=17×29.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Pour chacune, donnez un contre-exemple ou l'argument qui la réfute, puis écrivez l'énoncé correct.
Ce sont les cinq erreurs les plus fréquentes sur ces notions.
a) « Dans une division euclidienne, le reste est négatif lorsque le dividende l'est. »
b) « Pour connaître le reste de a×b par n, il faut effectuer le produit : il n'existe pas de raccourci. »
c) « Pour savoir si n est premier, il faut tester tous les entiers de 2 à n−1. »
d) « Un entier a autant de diviseurs que de facteurs premiers dans sa décomposition. »
e) « Le produit des premiers nombres premiers, augmenté de 1, est toujours un nombre premier. »
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Réponses
a)Faux : −17=5×(−4)+3, le reste vaut 3
b)Faux : le reste de 2026×2027 par 5 vaut 1×2=2
c)Faux : pour 211, six divisions suffisent
d)Faux : 360 a trois facteurs premiers distincts, mais 24 diviseurs
e)Faux : 30031=59×509
a)
Faux : la définition impose 0⩽r<b, sans exception. Contre-exemple : −17=5×(−4)+3, avec le reste 3, positif. L'écriture −17=5×(−3)−2 est bien une égalité vraie, mais ce n'est PAS la division euclidienne, puisque −2 n'appartient pas à [0;5[. L'énoncé correct : le reste est toujours positif ou nul et strictement inférieur au diviseur ; c'est le quotient qui absorbe le signe, en descendant d'une unité par rapport à la troncature, sauf si le dividende est un multiple du diviseur (−15=5×(−3)+0).
b)
Faux, et c'est tout l'intérêt du chapitre. Contre-exemple : pour connaître le reste de 2026×2027 par 5, il suffit de multiplier les restes, 1×2=2, sans jamais écrire 4106702. L'énoncé correct : le reste d'un produit par n est le reste du produit des restes, et de même pour une somme. C'est ce qui permet de traiter 72026, dont l'écriture décimale compte plus de mille sept cents chiffres.
c)
Faux : il suffit de tester jusqu'à n, et même seulement les diviseurs premiers. Contre-exemple chiffré : pour 211, six divisions suffisent, contre 209 avec la méthode annoncée. L'énoncé correct : si n n'est pas premier, son plus petit diviseur autre que 1 est inférieur ou égal à n ; ne rien trouver jusque-là prouve donc la primalité. L'erreur coûte rarement des points en tant que telle, mais elle rend toute question de primalité infaisable en temps limité.
d)
Faux, et c'est une confusion entre deux comptes. Contre-exemple : 360=23×32×5 compte trois facteurs premiers distincts, mais 24 diviseurs. L'énoncé correct : le nombre de diviseurs se lit sur les EXPOSANTS, par la formule (α+1)(β+1)⋯, chaque « plus un » correspondant au cas où le premier n'apparaît pas. Oublier ces « plus un » donne ici 3×2×1=6, et l'écart avec 24 montre l'ampleur de l'erreur.
e)
Faux. Contre-exemple : 2×3×5×7×11×13+1=30031=59×509, qui n'est pas premier. L'énoncé correct : ce nombre n'est pas divisible par les premiers dont on est parti, donc TOUS ses facteurs premiers sont nouveaux ; c'est cela, et cela seulement, que la démonstration d'Euclide utilise. Confondre les deux énoncés est la faute de raisonnement la plus courante sur cette démonstration, et elle la rend fausse.
Exercice 9 : Problème : le conditionnement d'un atelier
Un atelier doit conditionner 1754 pièces identiques dans des cartons, sans en mettre plus que la contenance annoncée et sans laisser un carton à moitié vide au milieu de la pile.
Le format standard contient 24 pièces. Le fournisseur propose aussi des cartons de 18 et de 30 pièces, au même prix unitaire.
a) Combien de cartons de 24 seront pleins, et combien de pièces resteront ?
b) Combien de cartons faut-il commander au total, et combien de pièces manque-t-il pour remplir le dernier ?
c) Des trois formats 18, 24 et 30, lequel laisse le plus petit reste ?
d) Le responsable veut un format, compris entre 10 et 40 pièces, qui ne laisse AUCUN reste. Montrez qu'il n'en existe aucun.
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Réponses
a)73 cartons pleins et 2 pièces restantes
b)74 cartons, et il manque 22 pièces
c)Le format 24, avec un reste de 2
d)1754=2×877 avec 877 premier : ses seuls diviseurs sont 1, 2, 877 et 1754
a)
On effectue la division euclidienne de 1754 par 24. Comme 24×73=1752 et 24×74=1776, on a 1754=24×73+2. Il y aura donc 73 cartons PLEINS et 2 pièces restantes. Le quotient compte les cartons pleins, le reste compte les pièces en trop : c'est le sens concret des deux nombres, et c'est ce qui rend la division euclidienne plus utile ici que la division décimale, qui donnerait environ 73,08 et ne dirait rien sur les deux pièces.
b)
Les 2 pièces restantes doivent bien partir quelque part, donc il faut un carton de plus : 74 cartons au total. C'est l'arrondi par EXCÈS du quotient, et il ne faut pas le confondre avec le quotient lui-même : la question « combien de cartons pleins » et la question « combien de cartons commander » n'ont pas la même réponse, et l'écart vaut exactement un dès que le reste n'est pas nul. Pour compléter ce dernier carton, il manque 24−2=22 pièces.
c)
On calcule les trois divisions. Avec 18 : 18×97=1746, donc 1754=18×97+8, reste 8. Avec 24 : reste 2, calculé en a). Avec 30 : 30×58=1740, donc 1754=30×58+14, reste 14. Le format 24 est donc le meilleur des trois, avec seulement 2 pièces perdues. On note au passage que le reste ne diminue pas quand le carton grossit : 30 est le plus grand format et c'est lui qui laisse le plus gros reste. Le reste ne dépend pas de la taille du carton mais de la façon dont 1754 se place entre deux multiples.
d)
Un format sans reste serait un DIVISEUR de 1754. Décomposons : 1754 est pair, 1754=2×877. Reste à savoir si 877 est premier. On teste jusqu'à 877, compris entre 29 et 30 puisque 292=841 et 302=900 : on essaie donc 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23 et 29. Le nombre est impair, sa somme de chiffres vaut 22 donc il n'est pas multiple de 3, il ne finit ni par 0 ni par 5, et aucune des autres divisions ne tombe juste. Donc 877 est premier, et 1754=2×877 est sa décomposition. Ses diviseurs sont alors, par la formule de l'exercice 5, au nombre de 2×2=4 : ce sont 1, 2, 877 et 1754. Aucun ne tombe entre 10 et 40 : le format demandé n'existe pas, et le reste est inévitable. Voilà une question qu'on ne peut pas traiter en essayant les formats un par un, et que la décomposition règle en trois lignes.
Exercice 10 : Problème : la chasse aux très grands nombres premiers
Depuis plus de trente ans, le plus grand nombre premier connu est un nombre de la forme Mn=2n−1, appelés nombres de Mersenne. Ce n'est pas un hasard : leur forme permet un test de primalité bien plus rapide que sur un entier quelconque.
Les chercheurs ne testent jamais toutes les valeurs de n. Cet exercice explique pourquoi, et pourquoi cela ne suffit pourtant pas à garantir un nombre premier.
a) Calculez M2, M3, M5 et M7, et vérifiez qu'ils sont tous premiers.
b) Calculez M11. On donne 2047=23×89. Que peut-on en conclure sur l'idée « si n est premier, alors Mn est premier » ?
c) Démontrez que si n=ab avec a⩾2 et b⩾2, alors 2a−1 divise Mn. Illustrez avec M12.
d) M13=8191. Jusqu'à quel entier faut-il tester ses diviseurs, et combien de nombres premiers cela représente-t-il ?
Voir la correction
Réponses
a)3, 7, 31 et 127, tous premiers
b)M11=2047=23×89 : l'idée est FAUSSE, n premier ne suffit pas
c)M12=4095 est divisible par 23−1=7 et par 24−1=15
d)Jusqu'à 90, soit 24 nombres premiers à essayer ; 8191 est premier
a)
M2=22−1=3, M3=23−1=7, M5=25−1=31 et M7=27−1=127. Pour 127, on teste jusqu'à 11, puisque 112=121 et 122=144 : ni 2, ni 3, ni 5, ni 7, ni 11 ne le divisent, donc il est premier. Les trois autres se vérifient de tête. Les exposants utilisés, 2, 3, 5 et 7, sont eux-mêmes premiers, et l'on est tenté d'en tirer une règle : c'est exactement le piège de la question suivante.
b)
M11=211−1=2048−1=2047. Or 2047=23×89, donc M11 n'est PAS premier, alors que son exposant 11 l'est. L'idée « n premier entraîne Mn premier » est donc fausse, et un seul contre-exemple suffit à la réfuter. C'est d'ailleurs pourquoi la recherche de records est un travail de calcul et non de déduction : on ne peut pas fabriquer un grand nombre premier en choisissant un exposant, il faut tester. Remarquons que ni 23 ni 89 ne se devinent : le plus petit diviseur est déjà à deux chiffres, alors que le nombre n'en a que quatre.
c)
Posons x=2a. Alors Mn=2ab−1=xb−1, et l'identité xb−1=(x−1)(xb−1+xb−2+⋯+x+1) montre que x−1=2a−1 divise Mn. Comme a⩾2, ce diviseur vaut au moins 3, et comme a<n, il est strictement inférieur à Mn : c'est donc un diviseur propre, et Mn n'est pas premier. Illustration avec n=12=3×4 : M12=4095, et l'on prévoit sans calcul que 23−1=7 et 24−1=15 le divisent. Vérification : 4095=7×585 et 4095=15×273. La CONTRAPOSÉE de ce résultat est ce qui intéresse les chercheurs : si Mn est premier, alors n est premier. Ils ne testent donc que les exposants premiers, ce qui élimine d'emblée la grande majorité des candidats.
d)
Il faut tester jusqu'à 8191. Comme 902=8100 et 912=8281, cette racine est comprise entre 90 et 91 : on teste donc les diviseurs jusqu'à 90, et il suffit de se limiter aux nombres premiers, c'est-à-dire à 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, 31, 37, 41, 43, 47, 53, 59, 61, 67, 71, 73, 79, 83 et 89 : cela fait 24 divisions. Aucune ne tombe juste, donc M13=8191 est PREMIER. Vingt-quatre divisions au lieu de huit mille cent quatre-vingt-neuf : c'est le gain apporté par les deux résultats du chapitre, l'arrêt à la racine carrée et la restriction aux diviseurs premiers. Sur les nombres à plusieurs millions de chiffres que traquent les chercheurs, même ce gain ne suffit pas, et c'est la forme particulière 2n−1 qui permet d'aller plus loin.
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