Seconde, programme français à Montréal • Exercices corrigés

Exercices corrigés d'arithmétique en Seconde : division euclidienne, restes et nombres premiers

Voici une série d'exercices corrigés d'arithmétique pour la classe de Seconde, programme français. Elle s'adresse aux élèves des lycées français, dont le Lycée Marie de France et le Collège Stanislas à Montréal.

Le fil de la série tient en une phrase : en Troisième on CHERCHE les diviseurs, en Seconde on les DÉDUIT. Deux théorèmes d'unicité suffisent, celui du couple quotient-reste et celui de la décomposition en facteurs premiers, et ils répondent sans jamais dresser une liste. C'est ce qui permet de donner le chiffre des unités de 720267^{2\,026}, de compter les vingt-quatre diviseurs de 360360 sans en écrire un seul, ou de prouver qu'aucun carton entre dix et quarante pièces ne partage exactement un lot.

Le chapitre suppose connues les notions du collège, diviseur, multiple, nombre premier, mais il n'en refait pas le programme : ni plus grand diviseur commun, ni algorithme d'Euclide, ni fraction irréductible, qui sont traités dans la série de Troisième. Les techniques de démonstration, absurde, contraposée et disjonction de cas, ont elles aussi leur page à part.

Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Mathématiques en Seconde
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (3 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Multiples, diviseurs et divisibilitéSixième
  2. 2Multiples, diviseurs et nombres premiersQuatrième
  3. 3PGCD, Euclide et fractions irréductiblesTroisième

Rappel de cours

  • DIVISION EUCLIDIENNE : pour aa entier et bb entier strictement positif, il existe un UNIQUE couple (q;r)(q\,;r) tel que a=bq+ra=bq+r avec 0r<b0\leqslant r<b.
  • Le reste est toujours POSITIF OU NUL, même quand le dividende est négatif : 17=5×(4)+3-17=5\times(-4)+3, et non 5×(3)25\times(-3)-2.
  • RESTE D'UNE SOMME ET D'UN PRODUIT : ils se calculent sur les restes. Si la valeur obtenue atteint le diviseur, on réduit encore.
  • CHIFFRE DES UNITÉS : c'est le reste par 1010. Les puissances successives d'un entier ont des unités qui finissent toujours par former un CYCLE.
  • Pour placer un exposant dans un cycle de longueur LL, on calcule son reste par LL. Un reste NUL désigne la DERNIÈRE position du cycle, pas la première.
  • CRITÈRE PAR 99 ET PAR 33 : toutes les puissances de 1010 ont pour reste 11, donc un entier a le même reste que la somme de ses chiffres.
  • CRITÈRE PAR 1111 : les puissances de 1010 valent alternativement 11 et 1-1, donc un entier a le même reste que la somme ALTERNÉE de ses chiffres, en partant des unités.
  • DÉCOMPOSITION EN FACTEURS PREMIERS : elle existe pour tout entier supérieur ou égal à 22, et elle est UNIQUE à l'ordre des facteurs près.
  • NOMBRE DE DIVISEURS : si n=pαqβn=p^{\alpha}q^{\beta}\cdots, alors nn a (α+1)(β+1)(\alpha+1)(\beta+1)\cdots diviseurs. Chaque « plus un » est le cas de l'exposant 00.
  • TEST DE PRIMALITÉ : il suffit de chercher un diviseur jusqu'à n\sqrt{n}, et même seulement parmi les nombres premiers. Au-delà, il n'y a plus rien à trouver.
  • IL EXISTE UNE INFINITÉ DE NOMBRES PREMIERS. La démonstration d'Euclide ne dit pas que p1pk+1p_{1}\cdots p_{k}+1 est premier, mais que ses facteurs premiers sont NOUVEAUX.
  • CHANGER DE BASE : on divise par la base, on garde les restes, et on les lit DE BAS EN HAUT. Le dernier reste obtenu est le chiffre de gauche.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : La division euclidienne : un couple, et un seul

Diviser aa par bb au sens euclidien, c'est écrire a=bq+ra=bq+r avec 0r<b0\leqslant r<b. Le théorème de la division euclidienne dit deux choses : un tel couple (q;r)(q\,;r) EXISTE toujours, et il est UNIQUE. C'est cette unicité qui fait toute la puissance du chapitre.

Sur la figure, les multiples de 77 découpent la droite des entiers en tranches. Le nombre 253253 tombe dans l'une d'elles, et le reste est simplement la distance au multiple situé à sa gauche.

2382452522597 × 347 × 357 × 367 × 37253reste
  • a) Effectuez la division euclidienne de 253253 par 77 : donnez le quotient qq et le reste rr.
  • b) Écrivez l'encadrement de 253253 par deux multiples consécutifs de 77, et dites où se lit le quotient.
  • c) Effectuez la division euclidienne de 17-17 par 55. Attention : la condition 0r<b0\leqslant r<b ne se négocie pas.
  • d) Démontrez l'UNICITÉ du couple (q;r)(q\,;r) : supposez a=bq+r=bq+ra=bq+r=bq'+r' avec 0r<b0\leqslant r<b et 0r<b0\leqslant r'<b, et concluez.

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a)
c)
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Réponses

  • a) q=36q=36 et r=1r=1, car 253=7×36+1253=7\times 36+1
  • b) 7×36253<7×377\times 36\leqslant 253<7\times 37, et le quotient est le coefficient de gauche
  • c) q=4q=-4 et r=3r=3, car 17=5×(4)+3-17=5\times(-4)+3
  • d) b(qq)=rrb(q-q')=r'-r avec rr<b|r'-r|<b, donc r=rr=r' puis q=qq=q'

a) On cherche le plus grand multiple de 77 inférieur ou égal à 253253. Comme 7×36=2527\times 36=252 et 7×37=2597\times 37=259, c'est 252252. Donc 253=7×36+1253=7\times 36+1 : le quotient vaut q=36q=36 et le reste r=1r=1. Vérification obligatoire, et elle prend trois secondes : on recalcule 7×36+1=2537\times 36+1=253, et l'on contrôle que 01<70\leqslant 1<7. Un reste supérieur ou égal au diviseur signifie qu'on s'est arrêté trop tôt, et c'est l'erreur la plus fréquente quand on pose la division à la main.

b) L'encadrement s'écrit 7×36253<7×377\times 36\leqslant 253<7\times 37, c'est-à-dire 252253<259252\leqslant 253<259. Le quotient est le coefficient du multiple de GAUCHE : c'est la définition même, et c'est ce que montre la figure. On peut aussi l'écrire 362537<3736\leqslant\dfrac{253}{7}<37, ce qui dit que le quotient euclidien est la partie entière du quotient décimal, ici 253736,14\dfrac{253}{7}\approx 36{,}14. Cette lecture est la plus rapide à la calculatrice, mais elle cesse d'être vraie pour un dividende négatif, ce que montre la question suivante.

c) Il faut 17=5q+r-17=5q+r avec 0r<50\leqslant r<5. Le réflexe faux est d'écrire 17=5×(3)2-17=5\times(-3)-2 : le reste vaudrait 2-2, ce qui est INTERDIT. On descend donc d'un cran, jusqu'au plus grand multiple de 55 inférieur ou égal à 17-17, qui est 5×(4)=205\times(-4)=-20. Alors 17=20+3-17=-20+3, c'est-à-dire 17=5×(4)+3-17=5\times(-4)+3, avec q=4q=-4 et r=3r=3, et la condition 03<50\leqslant 3<5 est respectée. Le quotient n'est donc PAS la troncature de 3,4-3{,}4, mais son arrondi par défaut. L'erreur coûte toute la question, et elle se propage partout où l'on travaille sur les restes.

d) Supposons a=bq+r=bq+ra=bq+r=bq'+r' avec les deux restes dans [0;b[[0\,;b[. En soustrayant, b(qq)=rrb(q-q')=r'-r. Le membre de gauche est un multiple de bb. Le membre de droite est une différence de deux nombres de [0;b[[0\,;b[, donc rr<b|r'-r|<b : c'est un multiple de bb dont la valeur absolue est strictement inférieure à bb, il ne peut être que 00. Donc r=rr=r', puis b(qq)=0b(q-q')=0 et, comme b0b\neq 0, q=qq=q'. Le couple est bien unique. Retenez l'argument, il resservira : « un multiple de bb strictement plus petit que bb en valeur absolue est nul » est l'outil de démonstration numéro un de tout le chapitre.

Exercice 2 : Le reste, et ce qu'il permet de lire

Le reste d'une division par nn range chaque entier dans l'une des nn cases 00, 11, ..., n1n-1, et cette case se répète indéfiniment : c'est ce que montre la frise ci-dessous pour n=5n=5.

L'intérêt est le suivant : le reste d'une SOMME et le reste d'un PRODUIT se calculent sur les restes, sans jamais effectuer l'opération complète. On remplace un calcul sur des nombres à quatre chiffres par un calcul sur des nombres à un chiffre.

01234567891011012340123401entier nreste de n par 5
  • a) Donnez le reste de 20262\,026 et celui de 20272\,027 dans la division par 55.
  • b) Déduisez-en le reste de 2026+20272\,026+2\,027 par 55, puis vérifiez en calculant la somme.
  • c) Déduisez-en le reste de 2026×20272\,026\times 2\,027 par 55, SANS effectuer le produit.
  • d) Donnez le reste de 20262\,026 par 99, puis celui de 202622\,026^{2} par 99.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) Restes 11 et 22
  • b) Reste 33, et 4053=5×810+34\,053=5\times 810+3
  • c) Reste 22
  • d) Reste 11 pour 20262\,026, donc reste 11 pour son carré

a) 20252\,025 se termine par 55, donc c'est un multiple de 55 : 2025=5×4052\,025=5\times 405. Alors 2026=5×405+12\,026=5\times 405+1, reste 11, et 2027=5×405+22\,027=5\times 405+2, reste 22. Pour une division par 55, le reste ne dépend que du chiffre des unités, ce qui rend la lecture immédiate.

b) Écrivons 2026=5k+12\,026=5k+1 et 2027=5k+22\,027=5k+2 avec k=405k=405. La somme vaut 5k+1+5k+2=5(2k)+35k+1+5k+2=5(2k)+3 : le reste est 33, puisque 03<50\leqslant 3<5. Vérification : 2026+2027=40532\,026+2\,027=4\,053, et 4053=5×810+34\,053=5\times 810+3. La règle générale est que le reste d'une somme est le reste de la somme des restes. Attention : si la somme des restes atteint ou dépasse nn, il faut encore réduire. Par exemple 3+4=73+4=7 modulo 55 donne 22, pas 77, et oublier cette dernière réduction est l'erreur classique.

c) Avec les mêmes écritures, 2026×2027=(5k+1)(5k+2)=25k2+15k+2=5(5k2+3k)+22\,026\times 2\,027=(5k+1)(5k+2)=25k^{2}+15k+2=5(5k^{2}+3k)+2 : le reste est 22. Le produit lui-même vaut 41067024\,106\,702, mais on ne l'a pas calculé, et c'est tout l'intérêt : seuls les restes 11 et 22 ont servi, et 1×2=21\times 2=2. Le contrôle à la main est immédiat, le produit se termine par 22 donc son reste par 55 vaut bien 22. Ce raccourci est ce qui permettra, à l'exercice 3, de traiter une puissance de plus de mille chiffres.

d) Pour 99, le reste se lit sur la somme des chiffres, ce que l'exercice 4 démontrera : 2+0+2+6=102+0+2+6=10, puis 1+0=11+0=1, donc 20262\,026 a pour reste 11 par 99. En écrivant 2026=9m+12\,026=9m+1, le carré vaut (9m+1)2=81m2+18m+1=9(9m2+2m)+1(9m+1)^{2}=81m^{2}+18m+1=9(9m^{2}+2m)+1 : le reste est encore 11. Contrôle : 20262=41046762\,026^{2}=4\,104\,676, dont la somme des chiffres est 4+1+0+4+6+7+6=284+1+0+4+6+7+6=28, puis 2+8=102+8=10, puis 11. Un nombre de sept chiffres traité par deux additions de tête.

Exercice 3 : Le chiffre des unités d'une puissance

Le chiffre des unités d'un entier est son reste dans la division par 1010. Quand on élève un nombre à des puissances successives, ces restes finissent toujours par se répéter, et le cycle obtenu répond à des questions qu'aucune calculatrice ne peut afficher.

Le tableau ci-dessous donne les premières puissances de 22, à titre d'exemple : le cycle des unités y est 22, 44, 88, 66, et il recommence.

valeurunitésles puissances de 2 et leur chiffre des unitésn = 1n = 2n = 3n = 4n = 5n = 6n = 72481632641282486248
  • a) Donnez les chiffres des unités de 717^{1}, 727^{2}, 737^{3}, 747^{4} et 757^{5}, puis la longueur du cycle.
  • b) Déduisez-en le chiffre des unités de 720267^{2\,026}.
  • c) Donnez le chiffre des unités de 31003^{100}.
  • d) Expliquez pourquoi le cycle des unités d'une puissance recommence TOUJOURS, quel que soit le nombre de départ.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 77, 99, 33, 11, puis 77 de nouveau : cycle de longueur 44
  • b) 99
  • c) 11
  • d) Le chiffre suivant ne dépend que du précédent, et il n'y a que dix valeurs possibles

a) 71=77^{1}=7, 72=497^{2}=49, 73=3437^{3}=343, 74=24017^{4}=2\,401, 75=168077^{5}=16\,807. Les unités sont donc 77, 99, 33, 11, puis 77 : le cycle a pour longueur 44. On n'a pas besoin des nombres entiers pour l'obtenir, seulement des unités : 7×77\times 7 finit par 99, 9×79\times 7 finit par 33, 3×73\times 7 finit par 11, 1×71\times 7 finit par 77. C'est exactement la règle du produit de l'exercice 2, appliquée avec n=10n=10.

b) Il faut placer 20262\,026 dans le cycle, donc calculer son reste par 44 : 2026=4×506+22\,026=4\times 506+2, reste 22. Le reste 22 correspond à la DEUXIÈME position du cycle, celle de 727^{2}, donc le chiffre des unités de 720267^{2\,026} est 99. Attention au piège de numérotation : un reste de 00 ne signifie pas la première position mais la QUATRIÈME, celle de 747^{4}, puisque 747^{4}, 787^{8}, 7127^{12} ont tous un exposant multiple de 44. Confondre les deux fait perdre toute la question, et c'est l'erreur la plus fréquente du chapitre.

c) Les unités de 3n3^{n} donnent 33, 99, 77, 11, puis 33 : cycle de longueur 44 là encore. Or 100=4×25100=4\times 25, reste 00 : on est donc en quatrième position, celle de 34=813^{4}=81, et le chiffre des unités de 31003^{100} est 11. C'est exactement le cas où le reste nul renvoie à la fin du cycle et non au début. Contrôle de bon sens : 34=813^{4}=81 finit par 11, donc 3100=(34)25=81253^{100}=(3^{4})^{25}=81^{25} finit par 11, puisqu'un produit de nombres finissant par 11 finit par 11.

d) Le chiffre des unités de an+1a^{n+1} ne dépend que du chiffre des unités de ana^{n}, par la règle du produit : on multiplie ce chiffre par celui de aa et l'on garde les unités. La suite des unités est donc entièrement déterminée par son terme précédent. Or il n'y a que DIX valeurs possibles, de 00 à 99 : en onze termes au plus, une valeur s'est forcément répétée. Et dès qu'une valeur se répète, tout ce qui suit se répète à l'identique, puisque chaque terme est calculé de la même façon à partir du précédent. Le cycle est donc inévitable, et sa longueur vaut au plus 1010. Cet argument, appelé principe des tiroirs, vaut pour n'importe quel diviseur à la place de 1010.

Exercice 4 : Les critères de divisibilité, enfin démontrés

Tout le monde connaît le critère par 99 : un entier est divisible par 99 lorsque la somme de ses chiffres l'est. Presque personne ne sait POURQUOI, et c'est exactement ce que le programme de Seconde demande de savoir établir.

Tout repose sur le tableau ci-dessous : les restes des puissances de 1010. Par 99 ils valent tous 11 ; par 1111 ils alternent entre 11 et 1010, c'est-à-dire entre 11 et 1-1.

reste par 9reste par 11110100100010000111111101101
  • a) Donnez les restes de 1010, 100100 et 10001\,000 dans la division par 99, et justifiez.
  • b) Soit N=1000a+100b+10c+dN=1\,000a+100b+10c+d un entier à quatre chiffres. Démontrez que NN et a+b+c+da+b+c+d ont le même reste par 99.
  • c) Donnez les restes de 1010, 100100 et 10001\,000 par 1111, et expliquez pourquoi le critère par 1111 fait ALTERNER les signes.
  • d) Le nombre 9192791\,927 est-il divisible par 1111 ? Et quel est le reste de 20262\,026 par 1111 ?

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Réponses

  • a) Tous les trois valent 11
  • b) N(a+b+c+d)=999a+99b+9cN-(a+b+c+d)=999a+99b+9c, multiple de 99
  • c) 1010, 11, 1010 : le reste 1010 équivaut à 1-1, d'où l'alternance
  • d) Oui, 91927=11×835791\,927=11\times 8\,357 ; et 20262\,026 a pour reste 22

a) 10=9×1+110=9\times 1+1, 100=9×11+1100=9\times 11+1 et 1000=9×111+11\,000=9\times 111+1 : le reste vaut 11 à chaque fois. La raison est visible : 10k110^{k}-1 s'écrit avec kk chiffres 99, donc 99999\ldots 9 est un multiple de 99, et 10k10^{k} vaut ce multiple plus 11. Toutes les puissances de 1010 ont donc pour reste 11 par 99, et c'est le seul fait dont le critère a besoin.

b) Écrivons N(a+b+c+d)=1000aa+100bb+10cc+dd=999a+99b+9cN-(a+b+c+d)=1\,000a-a+100b-b+10c-c+d-d=999a+99b+9c. Chacun des trois termes est un multiple de 99, puisque 999=9×111999=9\times 111, 99=9×1199=9\times 11 et 9=9×19=9\times 1. Donc N(a+b+c+d)N-(a+b+c+d) est un multiple de 99, ce qui signifie exactement que NN et a+b+c+da+b+c+d ont le même reste par 99. En particulier, NN est divisible par 99 si et seulement si la somme de ses chiffres l'est. La rédaction attendue est celle-ci : on montre que la DIFFÉRENCE est un multiple, jamais qu'on peut « remplacer » un nombre par un autre. Le même calcul avec 33 à la place de 99 donne le critère par 33, puisque 999999, 9999 et 99 sont aussi des multiples de 33.

c) 10=11×0+1010=11\times 0+10, reste 1010 ; 100=11×9+1100=11\times 9+1, reste 11 ; 1000=11×90+101\,000=11\times 90+10, reste 1010. L'alternance vient de ce que le reste 1010 peut s'écrire 1-1 : en effet 10=11110=11-1, donc 1010 et 1-1 diffèrent d'un multiple de 1111 et se comportent de la même façon dans tous les calculs de restes. Ainsi 10k10^{k} se comporte comme (1)k(-1)^{k}, valant 11 pour kk pair et 1-1 pour kk impair. Un entier a donc le même reste par 1111 que la somme ALTERNÉE de ses chiffres, en partant du chiffre des unités avec un signe plus.

d) Pour 9192791\,927, on part des unités : 72+91+9=227-2+9-1+9=22. Comme 22=11×222=11\times 2, la somme alternée est divisible par 1111, donc 9192791\,927 aussi. Vérification : 91927=11×835791\,927=11\times 8\,357. Pour 20262\,026 : 62+02=26-2+0-2=2, donc le reste vaut 22. Vérification : 11×184=202411\times 184=2\,024 et 2026=2024+22\,026=2\,024+2. Le piège est de commencer l'alternance par la gauche : sur un nombre à nombre pair de chiffres, cela donne l'opposé, et le résultat n'est juste que par accident quand la somme est nulle.

Exercice 5 : L'unicité de la décomposition, et ce qu'elle permet de compter

Tout entier supérieur ou égal à 22 s'écrit comme un produit de nombres premiers, et cette écriture est UNIQUE à l'ordre des facteurs près. Le programme admet ce théorème, mais il demande de s'en servir comme d'un argument, pas seulement comme d'une recette.

L'arbre ci-dessous décompose 360360. Peu importe par quel facteur on commence : on retombe toujours sur les mêmes premiers, avec les mêmes exposants.

36036104922= 2 × 5= 3 × 3360 = 2 × 2 × 2 × 3 × 3 × 5
  • a) Décomposez 360360 et 12601\,260 en produits de facteurs premiers.
  • b) Soient aa, bb, cc, dd des entiers naturels tels que 2a×3b=2c×3d2^{a}\times 3^{b}=2^{c}\times 3^{d}. Que peut-on dire de aa et cc ? Pourquoi ?
  • c) Démontrez que si n=pα×qβn=p^{\alpha}\times q^{\beta} avec pp et qq premiers distincts, alors nn a exactement (α+1)(β+1)(\alpha+1)(\beta+1) diviseurs. Appliquez à 360360 et à 12601\,260.
  • d) Quel est le PLUS PETIT entier ayant exactement 1212 diviseurs ?

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b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 360=23×32×5360=2^{3}\times 3^{2}\times 5 et 1260=22×32×5×71\,260=2^{2}\times 3^{2}\times 5\times 7
  • b) a=ca=c et b=db=d, par unicité de la décomposition
  • c) 360360 a 2424 diviseurs, 12601\,260 en a 3636
  • d) 60=22×3×560=2^{2}\times 3\times 5

a) Pour 360360 : 360=2×180=22×90=23×45=23×32×5360=2\times 180=2^{2}\times 90=2^{3}\times 45=2^{3}\times 3^{2}\times 5. Pour 12601\,260 : 1260=2×630=22×315=22×3×105=22×32×35=22×32×5×71\,260=2\times 630=2^{2}\times 315=2^{2}\times 3\times 105=2^{2}\times 3^{2}\times 35=2^{2}\times 3^{2}\times 5\times 7. Vérification en recalculant : 4×9×5×7=12604\times 9\times 5\times 7=1\,260. On s'arrête quand tous les facteurs sont premiers, et l'on écrit les exposants : une décomposition laissée sous forme 2×2×2×3×3×52\times 2\times 2\times 3\times 3\times 5 n'est pas fausse, mais elle rend la suite illisible.

b) On a nécessairement a=ca=c et b=db=d. C'est exactement ce que dit l'UNICITÉ : un entier n'a qu'une seule décomposition, donc deux écritures du même entier en facteurs premiers ont les mêmes premiers avec les mêmes exposants. Sans ce théorème, l'égalité 2a×3b=2c×3d2^{a}\times 3^{b}=2^{c}\times 3^{d} ne permettrait rien du tout. C'est l'argument qui sert chaque fois qu'on veut prouver qu'un entier n'est pas un carré, un cube, ou qu'une équation n'a pas de solution entière.

c) Un diviseur de n=pαqβn=p^{\alpha}q^{\beta} ne peut contenir que les premiers pp et qq, toujours par unicité, et avec des exposants au plus égaux à ceux de nn. Il s'écrit donc piqjp^{i}q^{j} avec 0iα0\leqslant i\leqslant\alpha et 0jβ0\leqslant j\leqslant\beta. Il y a α+1\alpha+1 choix pour ii, en comptant 00, et β+1\beta+1 choix pour jj, et deux choix différents donnent deux diviseurs différents, encore par unicité : d'où (α+1)(β+1)(\alpha+1)(\beta+1) diviseurs. Le raisonnement s'étend à autant de premiers qu'on veut. Pour 360=23×32×51360=2^{3}\times 3^{2}\times 5^{1} : (3+1)(2+1)(1+1)=4×3×2=24(3+1)(2+1)(1+1)=4\times 3\times 2=24 diviseurs. Pour 1260=22×32×5×71\,260=2^{2}\times 3^{2}\times 5\times 7 : 3×3×2×2=363\times 3\times 2\times 2=36. Le piège est d'oublier le « plus un », c'est-à-dire d'oublier l'exposant 00, qui correspond au cas où le premier n'apparaît pas dans le diviseur.

d) On cherche à écrire 1212 comme un produit de facteurs (α+1)(\alpha+1), puis à répartir les exposants sur les plus petits premiers possibles, les GROS exposants allant aux PETITS premiers. Les découpages de 1212 sont 1212, 6×26\times 2, 4×34\times 3, 3×2×23\times 2\times 2 et 2×2×32\times 2\times 3. Ils donnent respectivement 211=20482^{11}=2\,048, 25×3=962^{5}\times 3=96, 23×32=722^{3}\times 3^{2}=72, 22×3×5=602^{2}\times 3\times 5=60 et, pour le dernier, 2×3×52=1502\times 3\times 5^{2}=150, qu'on améliore en remettant le gros exposant devant : c'est encore 6060. Le plus petit est donc 6060. Vérification par la liste, qui doit contenir exactement douze nombres : 11, 22, 33, 44, 55, 66, 1010, 1212, 1515, 2020, 3030, 6060. Chercher au hasard prendrait un quart d'heure ; la décomposition répond en deux minutes, et c'est toute la différence entre la Troisième et la Seconde sur ce chapitre.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Écrire un entier dans une autre base

Notre écriture des nombres repose sur les puissances de 1010 : 20262\,026 signifie 2×103+0×102+2×10+62\times 10^{3}+0\times 10^{2}+2\times 10+6. Rien n'oblige à choisir 1010, et la division euclidienne permet de changer de base mécaniquement.

Le principe : on divise par la base, on garde le reste, on recommence sur le quotient, et l'on lit les restes DE BAS EN HAUT. La colonne ci-dessous le fait pour 1919 en base 22, et donne 1001110011.

quotientreste19942111001on lit vers le haut
  • a) Écrivez 4444 en base 22, en détaillant les divisions successives.
  • b) Vérifiez votre réponse en recalculant la valeur décimale à partir des puissances de 22.
  • c) Écrivez 20262\,026 en base 55.
  • d) Démontrez que l'algorithme s'arrête toujours, quelle que soit la base b2b\geqslant 2.

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b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 4444 s'écrit 101100101100 en base 22
  • b) 32+8+4=4432+8+4=44
  • c) 20262\,026 s'écrit 3110131101 en base 55
  • d) La suite des quotients est strictement décroissante et reste positive

a) On divise par 22 en notant chaque reste : 44=2×22+044=2\times 22+0, 22=2×11+022=2\times 11+0, 11=2×5+111=2\times 5+1, 5=2×2+15=2\times 2+1, 2=2×1+02=2\times 1+0, 1=2×0+11=2\times 0+1. Les restes obtenus, dans l'ordre d'apparition, sont 00, 00, 11, 11, 00, 11. On les lit DE BAS EN HAUT, c'est-à-dire du dernier au premier : 4444 s'écrit 101100101100 en base 22. L'erreur classique est de les recopier dans l'ordre d'apparition, ce qui donnerait 001101001101, c'est-à-dire 1313 : ce n'est pas une petite imprécision, c'est un autre nombre. Le dernier reste obtenu est toujours le chiffre de POIDS FORT, celui de gauche.

b) On repart des puissances de 22 : 101100101100 signifie 1×32+0×16+1×8+1×4+0×2+0×1=32+8+4=441\times 32+0\times 16+1\times 8+1\times 4+0\times 2+0\times 1=32+8+4=44. C'est bien la valeur de départ. Cette vérification est obligatoire et elle coûte dix secondes : elle attrape à la fois l'erreur de sens de lecture et l'oubli d'un zéro intermédiaire, les deux seules fautes possibles dans cet algorithme.

c) On divise par 55 : 2026=5×405+12\,026=5\times 405+1, 405=5×81+0405=5\times 81+0, 81=5×16+181=5\times 16+1, 16=5×3+116=5\times 3+1, 3=5×0+33=5\times 0+3. Les restes sont 11, 00, 11, 11, 33, et la lecture de bas en haut donne 3110131101. Vérification par les puissances de 55, qui valent 11, 55, 2525, 125125, 625625 : 3×625+1×125+1×25+0×5+1×1=1875+125+25+0+1=20263\times 625+1\times 125+1\times 25+0\times 5+1\times 1=1\,875+125+25+0+1=2\,026. Ici encore le renversement se voit : lire les restes dans l'ordre d'apparition donnerait 1011310113, qui vaut 658658 et non 20262\,026.

d) À chaque étape, le nouveau nombre est le quotient de l'ancien par bb. Comme b2b\geqslant 2, ce quotient vérifie qn2<nq\leqslant\dfrac{n}{2}<n dès que n1n\geqslant 1 : la suite des quotients est STRICTEMENT DÉCROISSANTE. Or ce sont des entiers naturels, donc toujours positifs ou nuls. Une suite d'entiers naturels strictement décroissante ne peut pas être infinie : elle atteint 00 en un nombre fini d'étapes, et c'est là que l'algorithme s'arrête. C'est le même argument que pour l'algorithme d'Euclide, et c'est le modèle de toute preuve de terminaison : on exhibe une quantité entière positive qui décroît strictement.

Exercice 7 : Combien y a-t-il de nombres premiers ?

Les nombres premiers se raréfient : il y en a quatre entre 11 et 1010, mais seulement deux entre 5050 et 6060. La frise ci-dessous les marque jusqu'à 6060.

La question naturelle est donc : finissent-ils par s'arrêter ? Euclide y a répondu il y a plus de deux mille ans, et sa démonstration tient en cinq lignes.

0102030405060les nombres premiers jusqu'à 60
  • a) Calculez N=2×3×5×7+1N=2\times 3\times 5\times 7+1. Est-il premier ? Jusqu'à quel entier faut-il tester des diviseurs ?
  • b) Calculez M=2×3×5×7×11×13+1M=2\times 3\times 5\times 7\times 11\times 13+1. On donne M=59×509M=59\times 509. Que remarque-t-on sur ses facteurs ?
  • c) Rédigez la démonstration d'Euclide : il existe une infinité de nombres premiers.
  • d) Démontrez que si n=abn=ab avec 1<ab1<a\leqslant b, alors ana\leqslant\sqrt{n}. Concluez sur le test de primalité.

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a)
b)
d)
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Réponses

  • a) N=211N=211, premier ; il suffit de tester jusqu'à 1414, donc jusqu'à 1313
  • b) M=30031M=30\,031 n'est pas premier, mais 5959 et 509509 ne sont dans AUCUNE liste de départ
  • c) Un tel NN a un facteur premier nouveau, donc aucune liste finie n'est complète
  • d) a2ab=na^{2}\leqslant ab=n, donc tester jusqu'à n\sqrt{n} suffit

a) 2×3×5×7=2102\times 3\times 5\times 7=210, donc N=211N=211. Pour le tester, on s'arrête à 211\sqrt{211}, compris entre 1414 et 1515 puisque 142=19614^{2}=196 et 152=22515^{2}=225 : il suffit donc d'essayer les premiers jusqu'à 1313, c'est-à-dire 22, 33, 55, 77, 1111 et 1313. 211211 est impair, sa somme de chiffres vaut 44 donc il n'est pas multiple de 33, il ne se termine ni par 00 ni par 55, et 211=7×30+1211=7\times 30+1, 211=11×19+2211=11\times 19+2, 211=13×16+3211=13\times 16+3. Aucun ne divise : 211211 est PREMIER. Six divisions ont suffi là où la définition naïve en demanderait 209209.

b) 2×3×5×7×11×13=300302\times 3\times 5\times 7\times 11\times 13=30\,030, donc M=30031M=30\,031. Il n'est pas premier, puisque 30031=59×50930\,031=59\times 509. Mais l'essentiel est ailleurs : ni 5959 ni 509509 ne figurent dans la liste 22, 33, 55, 77, 1111, 1313 dont on est parti. C'est normal, et c'est le cœur de l'argument : MM laisse le reste 11 dans la division par chacun des six premiers de départ, donc aucun d'eux ne peut le diviser, donc ses facteurs premiers sont forcément NOUVEAUX. On retient que N+1N+1 n'est pas toujours premier, contrairement à ce que l'exemple a) pourrait laisser croire.

c) Supposons qu'il n'y ait qu'un nombre fini de nombres premiers, disons p1p_{1}, p2p_{2}, ..., pkp_{k}, et posons N=p1×p2××pk+1N=p_{1}\times p_{2}\times\cdots\times p_{k}+1. Ce nombre NN est supérieur ou égal à 33, donc il admet au moins un diviseur premier pp. Or pp est l'un des pip_{i}, par hypothèse, et la division de NN par ce pip_{i} donne le reste 11 : pip_{i} ne divise donc pas NN. Contradiction. L'hypothèse de départ est fausse : il existe une infinité de nombres premiers. Attention à la rédaction : on ne dit PAS que NN est premier, seulement qu'il possède un facteur premier absent de la liste, et la question b) montre que la nuance n'est pas un détail de style.

d) Si n=abn=ab avec 1<ab1<a\leqslant b, alors en multipliant l'inégalité aba\leqslant b par aa, qui est positif, on obtient a2ab=na^{2}\leqslant ab=n, donc ana\leqslant\sqrt{n}. Conséquence : si nn n'est pas premier, il possède un diviseur strictement compris entre 11 et nn, et le PLUS PETIT d'entre eux est inférieur ou égal à n\sqrt{n}. Il suffit donc de tester les diviseurs jusqu'à n\sqrt{n} : si aucun ne convient, nn est premier. On peut même se limiter aux diviseurs PREMIERS, car tout diviseur autre que 11 possède lui-même un facteur premier, qui serait détecté plus tôt. Pour 397397, on teste jusqu'à 1919, puisque 192=36119^{2}=361 et 202=40020^{2}=400 : huit premiers à essayer, et aucun ne divise, donc 397397 est premier. Pour 493493, le test tombe sur 1717 : 493=17×29493=17\times 29.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Pour chacune, donnez un contre-exemple ou l'argument qui la réfute, puis écrivez l'énoncé correct.

Ce sont les cinq erreurs relevées le plus souvent sur ce chapitre en évaluation de Seconde.

  • a) « Dans une division euclidienne, le reste est négatif lorsque le dividende l'est. »
  • b) « Pour connaître le reste de a×ba\times b par nn, il faut effectuer le produit : il n'existe pas de raccourci. »
  • c) « Pour savoir si nn est premier, il faut tester tous les entiers de 22 à n1n-1. »
  • d) « Un entier a autant de diviseurs que de facteurs premiers dans sa décomposition. »
  • e) « Le produit des premiers nombres premiers, augmenté de 11, est toujours un nombre premier. »
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a) Faux : la définition impose 0r<b0\leqslant r<b, sans exception. Contre-exemple : 17=5×(4)+3-17=5\times(-4)+3, avec le reste 33, positif. L'écriture 17=5×(3)2-17=5\times(-3)-2 est bien une égalité vraie, mais ce n'est PAS la division euclidienne, puisque 2-2 n'appartient pas à [0;5[[0\,;5[. L'énoncé correct : le reste est toujours positif ou nul et strictement inférieur au diviseur ; c'est le quotient qui absorbe le signe, en descendant d'une unité.

b) Faux, et c'est tout l'intérêt du chapitre. Contre-exemple : pour connaître le reste de 2026×20272\,026\times 2\,027 par 55, il suffit de multiplier les restes, 1×2=21\times 2=2, sans jamais écrire 41067024\,106\,702. L'énoncé correct : le reste d'un produit par nn est le reste du produit des restes, et de même pour une somme. C'est ce qui permet de traiter 720267^{2\,026}, dont l'écriture décimale compte plus de mille sept cents chiffres.

c) Faux : il suffit de tester jusqu'à n\sqrt{n}, et même seulement les diviseurs premiers. Contre-exemple chiffré : pour 211211, six divisions suffisent, contre 209209 avec la méthode annoncée. L'énoncé correct : si nn n'est pas premier, son plus petit diviseur autre que 11 est inférieur ou égal à n\sqrt{n} ; ne rien trouver jusque-là prouve donc la primalité. L'erreur coûte rarement des points en tant que telle, mais elle rend toute question de primalité infaisable en temps limité.

d) Faux, et c'est une confusion entre deux comptes. Contre-exemple : 360=23×32×5360=2^{3}\times 3^{2}\times 5 compte trois facteurs premiers distincts, mais 2424 diviseurs. L'énoncé correct : le nombre de diviseurs se lit sur les EXPOSANTS, par la formule (α+1)(β+1)(\alpha+1)(\beta+1)\cdots, chaque « plus un » correspondant au cas où le premier n'apparaît pas. Oublier ces « plus un » donne ici 3×2×1=63\times 2\times 1=6, et l'écart avec 2424 montre l'ampleur de l'erreur.

e) Faux. Contre-exemple : 2×3×5×7×11×13+1=30031=59×5092\times 3\times 5\times 7\times 11\times 13+1=30\,031=59\times 509, qui n'est pas premier. L'énoncé correct : ce nombre n'est pas divisible par les premiers dont on est parti, donc TOUS ses facteurs premiers sont nouveaux ; c'est cela, et cela seulement, que la démonstration d'Euclide utilise. Confondre les deux énoncés est la faute de raisonnement la plus courante sur cette démonstration, et elle la rend fausse.

Exercice 9 : Problème : le conditionnement d'un atelier

Un atelier doit conditionner 17541\,754 pièces identiques dans des cartons, sans en mettre plus que la contenance annoncée et sans laisser un carton à moitié vide au milieu de la pile.

Le format standard contient 2424 pièces. Le fournisseur propose aussi des cartons de 1818 et de 3030 pièces, au même prix unitaire.

cartons pleins de 24...le reste?
  • a) Combien de cartons de 2424 seront pleins, et combien de pièces resteront ?
  • b) Combien de cartons faut-il commander au total, et combien de pièces manque-t-il pour remplir le dernier ?
  • c) Des trois formats 1818, 2424 et 3030, lequel laisse le plus petit reste ?
  • d) Le responsable veut un format, compris entre 1010 et 4040 pièces, qui ne laisse AUCUN reste. Montrez qu'il n'en existe aucun.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 7373 cartons pleins et 22 pièces restantes
  • b) 7474 cartons, et il manque 2222 pièces
  • c) Le format 2424, avec un reste de 22
  • d) 1754=2×8771\,754=2\times 877 avec 877877 premier : ses seuls diviseurs sont 11, 22, 877877 et 17541\,754

a) On effectue la division euclidienne de 17541\,754 par 2424. Comme 24×73=175224\times 73=1\,752 et 24×74=177624\times 74=1\,776, on a 1754=24×73+21\,754=24\times 73+2. Il y aura donc 7373 cartons PLEINS et 22 pièces restantes. Le quotient compte les cartons pleins, le reste compte les pièces en trop : c'est le sens concret des deux nombres, et c'est ce qui rend la division euclidienne plus utile ici que la division décimale, qui donnerait 73,0873{,}08 et ne dirait rien sur les deux pièces.

b) Les 22 pièces restantes doivent bien partir quelque part, donc il faut un carton de plus : 7474 cartons au total. C'est l'arrondi par EXCÈS du quotient, et il ne faut pas le confondre avec le quotient lui-même : la question « combien de cartons pleins » et la question « combien de cartons commander » n'ont pas la même réponse, et l'écart vaut exactement un dès que le reste n'est pas nul. Pour compléter ce dernier carton, il manque 242=2224-2=22 pièces.

c) On calcule les trois divisions. Avec 1818 : 18×97=174618\times 97=1\,746, donc 1754=18×97+81\,754=18\times 97+8, reste 88. Avec 2424 : reste 22, calculé en a). Avec 3030 : 30×58=174030\times 58=1\,740, donc 1754=30×58+141\,754=30\times 58+14, reste 1414. Le format 2424 est donc le meilleur des trois, avec seulement 22 pièces perdues. On note au passage que le reste ne diminue pas quand le carton grossit : 3030 est le plus grand format et c'est lui qui laisse le plus gros reste. Le reste ne dépend pas de la taille du carton mais de la façon dont 17541\,754 se place entre deux multiples.

d) Un format sans reste serait un DIVISEUR de 17541\,754. Décomposons : 17541\,754 est pair, 1754=2×8771\,754=2\times 877. Reste à savoir si 877877 est premier. On teste jusqu'à 877\sqrt{877}, compris entre 2929 et 3030 puisque 292=84129^{2}=841 et 302=90030^{2}=900 : on essaie donc 22, 33, 55, 77, 1111, 1313, 1717, 1919, 2323 et 2929. Le nombre est impair, sa somme de chiffres vaut 2222 donc il n'est pas multiple de 33, il ne finit ni par 00 ni par 55, et aucune des autres divisions ne tombe juste. Donc 877877 est premier, et 1754=2×8771\,754=2\times 877 est sa décomposition. Ses diviseurs sont alors, par la formule de l'exercice 5, au nombre de 2×2=42\times 2=4 : ce sont 11, 22, 877877 et 17541\,754. Aucun ne tombe entre 1010 et 4040 : le format demandé n'existe pas, et le reste est inévitable. Voilà une question qu'on ne peut pas traiter en essayant les formats un par un, et que la décomposition règle en trois lignes.

Exercice 10 : Problème : la chasse aux très grands nombres premiers

Les records de grands nombres premiers sont tous détenus par des nombres de la forme Mn=2n1M_{n}=2^{n}-1, appelés nombres de Mersenne. Ce n'est pas un hasard : leur forme permet un test de primalité bien plus rapide que sur un entier quelconque.

Les chercheurs ne testent jamais toutes les valeurs de nn. Cet exercice explique pourquoi, et pourquoi cela ne suffit pourtant pas à garantir un nombre premier.

  • a) Calculez M2M_{2}, M3M_{3}, M5M_{5} et M7M_{7}, et vérifiez qu'ils sont tous premiers.
  • b) Calculez M11M_{11}. On donne 2047=23×892\,047=23\times 89. Que peut-on en conclure sur l'idée « si nn est premier, alors MnM_{n} est premier » ?
  • c) Démontrez que si n=abn=ab avec a2a\geqslant 2 et b2b\geqslant 2, alors 2a12^{a}-1 divise MnM_{n}. Illustrez avec M12M_{12}.
  • d) M13=8191M_{13}=8\,191. Jusqu'à quel entier faut-il tester ses diviseurs, et combien de nombres premiers cela représente-t-il ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 33, 77, 3131 et 127127, tous premiers
  • b) M11=2047=23×89M_{11}=2\,047=23\times 89 : l'idée est FAUSSE, nn premier ne suffit pas
  • c) M12=4095M_{12}=4\,095 est divisible par 231=72^{3}-1=7 et par 241=152^{4}-1=15
  • d) Jusqu'à 9090, soit 2424 nombres premiers à essayer ; 81918\,191 est premier

a) M2=221=3M_{2}=2^{2}-1=3, M3=231=7M_{3}=2^{3}-1=7, M5=251=31M_{5}=2^{5}-1=31 et M7=271=127M_{7}=2^{7}-1=127. Pour 127127, on teste jusqu'à 1111, puisque 112=12111^{2}=121 et 122=14412^{2}=144 : ni 22, ni 33, ni 55, ni 77, ni 1111 ne le divisent, donc il est premier. Les trois autres se vérifient de tête. Les exposants utilisés, 22, 33, 55 et 77, sont eux-mêmes premiers, et l'on est tenté d'en tirer une règle : c'est exactement le piège de la question suivante.

b) M11=2111=20481=2047M_{11}=2^{11}-1=2\,048-1=2\,047. Or 2047=23×892\,047=23\times 89, donc M11M_{11} n'est PAS premier, alors que son exposant 1111 l'est. L'idée « nn premier entraîne MnM_{n} premier » est donc fausse, et un seul contre-exemple suffit à la réfuter. C'est d'ailleurs pourquoi la recherche de records est un travail de calcul et non de déduction : on ne peut pas fabriquer un grand nombre premier en choisissant un exposant, il faut tester. Remarquons que ni 2323 ni 8989 ne se devinent : le plus petit diviseur est déjà à deux chiffres, alors que le nombre n'en a que quatre.

c) Posons x=2ax=2^{a}. Alors Mn=2ab1=xb1M_{n}=2^{ab}-1=x^{b}-1, et l'identité xb1=(x1)(xb1+xb2++x+1)x^{b}-1=(x-1)(x^{b-1}+x^{b-2}+\cdots+x+1) montre que x1=2a1x-1=2^{a}-1 divise MnM_{n}. Comme a2a\geqslant 2, ce diviseur vaut au moins 33, et comme a<na<n, il est strictement inférieur à MnM_{n} : c'est donc un diviseur propre, et MnM_{n} n'est pas premier. Illustration avec n=12=3×4n=12=3\times 4 : M12=4095M_{12}=4\,095, et l'on prévoit sans calcul que 231=72^{3}-1=7 et 241=152^{4}-1=15 le divisent. Vérification : 4095=7×5854\,095=7\times 585 et 4095=15×2734\,095=15\times 273. La CONTRAPOSÉE de ce résultat est ce qui intéresse les chercheurs : si MnM_{n} est premier, alors nn est premier. Ils ne testent donc que les exposants premiers, ce qui élimine d'emblée la grande majorité des candidats.

d) Il faut tester jusqu'à 8191\sqrt{8\,191}. Comme 902=810090^{2}=8\,100 et 912=828191^{2}=8\,281, cette racine est comprise entre 9090 et 9191 : on teste donc les diviseurs jusqu'à 9090, et il suffit de se limiter aux nombres premiers, c'est-à-dire à 22, 33, 55, 77, 1111, 1313, 1717, 1919, 2323, 2929, 3131, 3737, 4141, 4343, 4747, 5353, 5959, 6161, 6767, 7171, 7373, 7979, 8383 et 8989 : cela fait 2424 divisions. Aucune ne tombe juste, donc M13=8191M_{13}=8\,191 est PREMIER. Vingt-quatre divisions au lieu de huit mille cent quatre-vingt-neuf : c'est le gain apporté par les deux résultats du chapitre, l'arrêt à la racine carrée et la restriction aux diviseurs premiers. Sur les nombres à plusieurs millions de chiffres que traquent les chercheurs, même ce gain ne suffit pas, et c'est la forme particulière 2n12^{n}-1 qui permet d'aller plus loin.

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