Seconde, programme français à Montréal • Exercices corrigés

Exercices corrigés d'arithmétique en Seconde : multiples, diviseurs, parité et approfondissements

Voici une série d'exercices corrigés d'arithmétique pour la classe de Seconde, programme français.

Ce que le programme 2026 demande. Les notations N\mathbb{N} et Z\mathbb{Z} ; la définition « aa est multiple de bb s'il existe un entier kk tel que a=kba=kb », qui sert aussi pour diviseur, pair et impair ; les fractions sous forme irréductible ; deux démonstrations, la somme de deux multiples de aa est un multiple de aa et le carré d'un impair est impair ; deux algorithmes, tester si aa est multiple de bb et trouver le plus grand multiple de aa inférieur ou égal à bb. Les exercices 0.1, 0.2 et 0.3 couvrent exactement ce socle, et c'est par eux qu'il faut commencer.

Ce qu'il ne demande plus. Les nombres premiers sont sortis du programme de Seconde en 2026, et la division euclidienne n'y a jamais figuré pour elle-même. Les exercices 1 à 10 sont donc un APPROFONDISSEMENT : utiles à qui vise la spécialité mathématiques puis les mathématiques expertes, et aux élèves qui ont vu les nombres premiers au collège et veulent aller plus loin.

Le fil de l'approfondissement tient en une phrase : au collège on CHERCHE les diviseurs, en approfondissement on les DÉDUIT. Deux théorèmes d'unicité suffisent, celui du couple quotient-reste et celui de la décomposition en facteurs premiers, et ils répondent sans jamais dresser une liste. C'est ce qui permet de donner le chiffre des unités de 72 0267^{2\,026}, de compter les vingt-quatre diviseurs de 360360 sans en écrire un seul, ou de prouver qu'aucun carton entre dix et quarante pièces ne partage exactement un lot.

La série ne refait pas le programme du collège : ni plus grand diviseur commun, ni algorithme d'Euclide, qui sont traités dans la série de Troisième ; les fractions irréductibles n'y reviennent qu'à l'exercice 0.3, par la définition. Les techniques de démonstration, absurde, contraposée et disjonction de cas, ont elles aussi leur page à part.

Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Mathématiques en Seconde
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (3 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Multiples, diviseurs et divisibilité Sixième
  2. 2 Multiples, diviseurs et nombres premiers Quatrième
  3. 3 PGCD, Euclide et fractions irréductibles Troisième

Rappel de cours

  • • MULTIPLE ET DIVISEUR : aa est multiple de bb, et bb est un diviseur de aa, s'il existe un entier relatif kk tel que a=kba=kb. Zéro est multiple de tout entier ; aucun entier non nul n'est multiple de zéro.
  • • PAIR, IMPAIR : nn est pair s'il s'écrit 2k2k, impair s'il s'écrit 2k+12k+1, avec kk entier relatif. Ainsi −7=2×(−4)+1-7=2\times(-4)+1 est impair, avec k=−4k=-4.
  • • LES DEUX DÉMONSTRATIONS DU PROGRAMME : si m=akm=ak et n=ak′n=ak', alors m+n=a(k+k′)m+n=a(k+k') ; si n=2k+1n=2k+1, alors n2=2(2k2+2k)+1n^{2}=2(2k^{2}+2k)+1. Deux entiers différents prennent deux lettres différentes.
  • • FRACTION IRRÉDUCTIBLE : numérateur et dénominateur n'ont plus d'autre diviseur commun que 11 et −1-1. Le signe se place devant la fraction, le dénominateur reste positif.
  • • AU-DELÀ DU PROGRAMME, exercices 1 à 10. DIVISION EUCLIDIENNE : pour aa entier et bb entier strictement positif, il existe un UNIQUE couple (q ;r)(q\,;r) tel que a=bq+ra=bq+r avec 0⩽r<b0\leqslant r<b.
  • • Le reste est toujours POSITIF OU NUL, même quand le dividende est négatif : −17=5×(−4)+3-17=5\times(-4)+3, et non 5×(−3)−25\times(-3)-2.
  • • RESTE D'UNE SOMME ET D'UN PRODUIT : ils se calculent sur les restes. Si la valeur obtenue atteint le diviseur, on réduit encore.
  • • CHIFFRE DES UNITÉS : c'est le reste par 1010. Les puissances successives d'un entier ont des unités qui finissent toujours par former un CYCLE.
  • • Pour placer un exposant dans un cycle de longueur LL, on calcule son reste par LL. Un reste NUL désigne la DERNIÈRE position du cycle, pas la première.
  • • CRITÈRE PAR 99 ET PAR 33 : toutes les puissances de 1010 ont pour reste 11, donc un entier a le même reste que la somme de ses chiffres.
  • • CRITÈRE PAR 1111 : les puissances de 1010 ont alternativement pour reste 11 et 1010, c'est-à-dire −1-1, donc un entier a le même reste que la somme ALTERNÉE de ses chiffres, en partant des unités.
  • • DÉCOMPOSITION EN FACTEURS PREMIERS : elle existe pour tout entier supérieur ou égal à 22, et elle est UNIQUE à l'ordre des facteurs près.
  • • NOMBRE DE DIVISEURS : si n=pαqβ⋯n=p^{\alpha}q^{\beta}\cdots, alors nn a (α+1)(β+1)⋯(\alpha+1)(\beta+1)\cdots diviseurs. Chaque « plus un » est le cas de l'exposant 00.
  • • TEST DE PRIMALITÉ : il suffit de chercher un diviseur jusqu'à n\sqrt{n}, et même seulement parmi les nombres premiers. Au-delà, il n'y a plus rien à trouver.
  • • IL EXISTE UNE INFINITÉ DE NOMBRES PREMIERS. La démonstration d'Euclide ne dit pas que p1⋯pk+1p_{1}\cdots p_{k}+1 est premier, mais que ses facteurs premiers sont NOUVEAUX.
  • • CHANGER DE BASE : on divise par la base, on garde les restes, et on les lit DE BAS EN HAUT. Le dernier reste obtenu est le chiffre de gauche.

Le socle du programme 2026 : multiples, diviseurs, parité

Exercice 0.1 : Multiples et diviseurs par la définition, négatifs et zéro compris

Le programme de Seconde donne UNE définition, et tout le chapitre en découle : un entier aa est un multiple de l'entier bb s'il existe un entier kk tel que a=kba=kb. On dit aussi que bb est un diviseur de aa, ou que bb divise aa. Le mot qui compte est « entier » : kk peut être négatif ou nul, mais jamais un nombre non entier comme 2,52{,}5.

Un entier est pair s'il s'écrit 2k2k, impair s'il s'écrit 2k+12k+1, avec kk entier relatif. La droite graduée ci-dessous marque les multiples de 66 entre −24-24 et 2424 : ils sont régulièrement espacés, des deux côtés de zéro, et zéro en fait partie.

−24−18−12−606121824multiples de 6 : 6k, avec k entier relatif
  • a) Pour chacune des égalités −91=k×7-91=k\times 7, 0=k×1 7890=k\times 1\,789 et 144=k×(−12)144=k\times(-12), donnez l'entier kk, puis dites quel nombre est multiple de quel autre.
  • b) Donnez tous les diviseurs de 1818 dans Z\mathbb{Z}. Combien y en a-t-il ?
  • c) Le nombre −7-7 est-il pair ou impair ? Donnez l'entier kk qui le prouve.
  • d) Combien l'intervalle [−100 ;100][-100\,;100] contient-il de multiples de 66 ? Combien d'entre eux sont strictement négatifs ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) k=−13k=-13, k=0k=0 et k=−12k=-12 : −91-91 multiple de 77, 00 multiple de 1 7891\,789, 144144 multiple de −12-12
  • b) 1212 diviseurs : ±1\pm 1, ±2\pm 2, ±3\pm 3, ±6\pm 6, ±9\pm 9, ±18\pm 18
  • c) Impair, car −7=2×(−4)+1-7=2\times(-4)+1
  • d) 3333 multiples, dont 1616 strictement négatifs

La méthode ne change jamais : pour montrer que aa est multiple de bb, on EXHIBE l'entier kk tel que a=kba=kb, en écrivant l'égalité ; pour montrer qu'il ne l'est pas, on montre qu'aucun entier ne convient. On ne se contente pas d'un affichage de calculatrice, on écrit l'égalité avec l'entier kk.

a)

−91=(−13)×7-91=(-13)\times 7, donc k=−13k=-13 : −91-91 est un multiple de 77, et 77 divise −91-91. Le signe ne change rien à la définition, il passe simplement dans kk. Ensuite 0=0×1 7890=0\times 1\,789, donc k=0k=0 : zéro est multiple de 1 7891\,789, et le même calcul montre que zéro est multiple de TOUT entier. L'inverse est faux : 5=k×05=k\times 0 n'a aucune solution, puisque k×0k\times 0 vaut toujours 00, donc aucun entier non nul n'est multiple de zéro. Enfin 144=(−12)×(−12)144=(-12)\times(-12), donc k=−12k=-12 : 144144 est un multiple de −12-12, et −12-12 est un diviseur de 144144. Piège : répondre k=12k=12 par réflexe ; le contrôle 12×(−12)=−144≠14412\times(-12)=-144\neq 144 le détecte en deux secondes.

b)

Dans N\mathbb{N}, les diviseurs de 1818 se trouvent par paires : 18=1×18=2×9=3×618=1\times 18=2\times 9=3\times 6, soit 11, 22, 33, 66, 99 et 1818. Dans Z\mathbb{Z}, chacun a son opposé, car 18=(−1)×(−18)=(−2)×(−9)=(−3)×(−6)18=(-1)\times(-18)=(-2)\times(-9)=(-3)\times(-6). Il y en a donc 1212 : ±1\pm 1, ±2\pm 2, ±3\pm 3, ±6\pm 6, ±9\pm 9 et ±18\pm 18. Répondre 66 revient à oublier que la définition de Seconde est posée dans Z\mathbb{Z}, et c'est l'erreur la plus répandue sur cette question.

c)

−7-7 est impair : −7=2×(−4)+1-7=2\times(-4)+1, avec k=−4k=-4 entier. Le réflexe faux est d'écrire k=−3k=-3, par analogie avec 7=2×3+17=2\times 3+1 ; mais 2×(−3)+1=−52\times(-3)+1=-5, pas −7-7. Pour un négatif, on part du multiple de 22 situé JUSTE EN DESSOUS, ici −8-8, et l'on ajoute 11. L'égalité −7=2×(−3)−1-7=2\times(-3)-1 est vraie aussi, mais elle n'a pas la forme 2k+12k+1 exigée par la définition : tant qu'on ne l'a pas réécrite, elle ne prouve rien.

d)

Les multiples de 66 sont les nombres 6k6k avec kk entier. On cherche les kk tels que −100⩽6k⩽100-100\leqslant 6k\leqslant 100. Comme 6×16=966\times 16=96 et 6×17=1026\times 17=102, il faut −16⩽k⩽16-16\leqslant k\leqslant 16 : cela fait 1616 valeurs négatives, 1616 positives et k=0k=0, soit 3333 multiples. Les multiples strictement négatifs sont les 1616 nombres de −96-96 à −6-6. Oublier zéro donne 3232 ; ne compter que les positifs donne 1616. La droite graduée de l'énoncé dit tout : les multiples sont espacés de 66, symétriques par rapport à zéro, et zéro en fait partie.

Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.

Exercice 0.2 : Les deux démonstrations du programme, et ce qu'on en tire

Le programme de Seconde demande de savoir rédiger deux démonstrations : pour une valeur numérique de aa, la somme de deux multiples de aa est un multiple de aa ; le carré d'un nombre impair est impair. On les rédige ici, puis on les pousse plus loin, par un calcul direct, par une disjonction de cas pair-impair et par une contraposée.

Dans toute démonstration, une lettre désigne UN entier. Deux entiers qui n'ont aucune raison d'être égaux reçoivent deux lettres différentes, kk et k′k' : c'est la première ligne que regarde le correcteur.

  • a) On prend a=12a=12. Soient mm et nn deux multiples de 1212. Démontrez que m+nm+n et 5m−3n5m-3n sont des multiples de 1212. Pour m=84m=84 et n=132n=132, donnez les entiers kk et k′k' tels que m=12km=12k et n=12k′n=12k', puis l'entier jj tel que 5m−3n=12j5m-3n=12j.
  • b) Un élève affirme : « si m+nm+n est un multiple de 1212, alors mm et nn sont des multiples de 1212 ». Cette affirmation est-elle vraie ? Justifiez.
  • c) Rédigez la démonstration du programme : si nn est impair, alors n2n^{2} est impair. Écrivez n2n^{2} sous la forme 4k(k+1)+14k(k+1)+1 et déduisez-en que n2−1n^{2}-1 est un multiple de 44. Pour n=1 001n=1\,001, donnez l'entier jj tel que n2−1=4jn^{2}-1=4j.
  • d) Par disjonction de cas selon la parité de nn, démontrez que le carré d'un entier s'écrit toujours 4j4j ou 4j+14j+1, avec jj entier. Déduisez-en, sans calculatrice, que 1 000 0021\,000\,002 et 1 000 0031\,000\,003 ne sont pas des carrés d'entiers.
  • e) Soit nn un entier. On veut démontrer : « si 5n+35n+3 est pair, alors nn est impair ». Écrivez la contraposée de cette implication, puis démontrez-la.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) m+n=12(k+k′)m+n=12(k+k') et 5m−3n=12(5k−3k′)5m-3n=12(5k-3k') ; k=7k=7, k′=11k'=11, j=2j=2
  • b) Fausse : 5+7=125+7=12, alors que ni 55 ni 77 n'est multiple de 1212
  • c) n2=2(2k2+2k)+1n^{2}=2(2k^{2}+2k)+1 ; n2−1=4k(k+1)n^{2}-1=4k(k+1), et j=250 500j=250\,500 pour n=1 001n=1\,001
  • d) n2=4jn^{2}=4j ou 4j+14j+1 ; 1 000 002=4j+21\,000\,002=4j+2 et 1 000 003=4j+31\,000\,003=4j+3 ne sont pas des carrés
  • e) Contraposée : si nn est pair, alors 5n+3=2(5k+1)+15n+3=2(5k+1)+1 est impair

Une démonstration de ce chapitre a toujours la même structure : on TRADUIT l'hypothèse par la définition, avec une lettre par entier inconnu ; on CALCULE ; on RECONNAÎT la forme demandée en nommant l'entier qui la réalise. Des exemples, même nombreux, ne prouvent rien : ils peuvent seulement réfuter.

a)

Hypothèse : mm et nn sont des multiples de 1212, donc il existe deux entiers kk et k′k' tels que m=12km=12k et n=12k′n=12k'. Alors m+n=12k+12k′=12(k+k′)m+n=12k+12k'=12(k+k'), et k+k′k+k' est un entier, somme de deux entiers : m+nm+n est un multiple de 1212. De même 5m−3n=60k−36k′=12(5k−3k′)5m-3n=60k-36k'=12(5k-3k'), avec 5k−3k′5k-3k' entier. Pour m=84m=84 et n=132n=132 : 84=12×784=12\times 7 et 132=12×11132=12\times 11, donc k=7k=7 et k′=11k'=11, puis 5m−3n=420−396=24=12×25m-3n=420-396=24=12\times 2, soit j=5×7−3×11=2j=5\times 7-3\times 11=2. Le piège est d'écrire m=12km=12k et n=12kn=12k avec la MÊME lettre : on n'aurait traité que le cas m=nm=n, et la démonstration ne vaudrait plus rien, alors que chaque ligne de calcul serait juste.

b)

Fausse. Un seul contre-exemple suffit : 5+7=125+7=12 est un multiple de 1212, alors que ni 55 ni 77 n'en est un. L'affirmation de l'élève est la RÉCIPROQUE de la propriété démontrée en a), et une implication vraie peut avoir une réciproque fausse. Pour réfuter un énoncé « pour tous mm et nn », on donne UN couple précis et l'on vérifie les deux moitiés : l'hypothèse est vraie, la conclusion est fausse.

c)

Soit nn impair : il existe un entier kk tel que n=2k+1n=2k+1. Alors n2=4k2+4k+1=2(2k2+2k)+1n^{2}=4k^{2}+4k+1=2(2k^{2}+2k)+1, et 2k2+2k2k^{2}+2k est un entier : n2n^{2} est impair. C'est la démonstration du programme. En s'arrêtant plutôt sur n2=4k(k+1)+1n^{2}=4k(k+1)+1, on lit davantage : n2−1=4k(k+1)n^{2}-1=4k(k+1) est un multiple de 44. Pour n=1 001=2×500+1n=1\,001=2\times 500+1, on a k=500k=500 et n2−1=4×500×501n^{2}-1=4\times 500\times 501, donc j=250 500j=250\,500. Vérification : 1 0012=1 002 0011\,001^{2}=1\,002\,001 et 1 002 000=4×250 5001\,002\,000=4\times 250\,500. Une démonstration rapporte souvent plus qu'elle n'annonce, pourvu qu'on garde la bonne écriture.

d)

Deux cas, et deux seulement, puisque tout entier est pair ou impair. Si nn est pair, n=2kn=2k et n2=4k2n^{2}=4k^{2}, de la forme 4j4j avec j=k2j=k^{2}. Si nn est impair, la question c) donne n2=4k(k+1)+1n^{2}=4k(k+1)+1, de la forme 4j+14j+1 avec j=k(k+1)j=k(k+1). Un carré ne s'écrit donc JAMAIS 4j+24j+2 ni 4j+34j+3. Or 1 000 002=4×250 000+21\,000\,002=4\times 250\,000+2 et 1 000 003=4×250 000+31\,000\,003=4\times 250\,000+3 : aucun des deux n'est un carré. La calculatrice, elle, affiche pour leurs racines des nombres à peine supérieurs à 1 0001\,000 et laisse un doute d'arrondi ; l'argument de parité n'en laisse aucun. Oublier un des deux cas rend la démonstration incomplète, même si le cas traité est parfait.

e)

La contraposée de « si PP, alors QQ » est « si non QQ, alors non PP ». Ici PP est « 5n+35n+3 est pair » et QQ est « nn est impair », donc la contraposée est : « si nn est pair, alors 5n+35n+3 est impair ». Démonstration : si n=2kn=2k, alors 5n+3=10k+3=2(5k+1)+15n+3=10k+3=2(5k+1)+1, impair. La contraposée est vraie, donc l'implication de départ aussi : les deux disent la même chose. « Si nn est impair, alors 5n+35n+3 est pair » est la RÉCIPROQUE, et « si 5n+35n+3 est impair, alors nn est pair » est l'inverse : ni l'une ni l'autre ne démontre l'énoncé. Ici la réciproque se trouve être vraie, car 5(2k+1)+3=2(5k+4)5(2k+1)+3=2(5k+4), mais c'est un hasard de l'exemple, pas une méthode.

Exercice 0.3 : Fractions irréductibles et plus grand multiple en Python

Une fraction est irréductible lorsque son numérateur et son dénominateur n'ont plus d'autre diviseur commun que 11 et −1-1. On y arrive en repérant un diviseur commun, en divisant en haut et en bas, et en recommençant jusqu'à n'en plus trouver ; le signe se place devant la fraction, le dénominateur reste positif.

Le programme demande aussi un algorithme : pour deux entiers aa et bb, trouver le plus grand multiple de aa inférieur ou égal à bb. La fonction Python ci-dessous le fait en ajoutant aa tant qu'on ne dépasse pas bb. On suppose a⩾1a\geqslant 1.

def plus_grand_multiple(a, b):
    m = 0
    while m + a <= b:
        m = m + a
    return m
  • a) Écrivez 3851 001\frac{385}{1\,001} sous forme irréductible, et justifiez qu'on ne peut plus simplifier.
  • b) Écrivez −135315\frac{-135}{315} sous forme irréductible.
  • c) Faites tourner plus_grand_multiple(7, 100) à la main : combien de tours de boucle sont effectués, et quelle valeur est renvoyée ?
  • d) Que renvoie plus_grand_multiple(12, 150) ? Écrivez l'égalité 150=12q+r150=12q+r que ce résultat fournit.
  • e) Que renvoie plus_grand_multiple(4, -10) ? Est-ce le plus grand multiple de 44 inférieur ou égal à −10-10 ? Corrigez la fonction pour qu'elle convienne aussi quand bb est négatif.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 3851 001=513\frac{385}{1\,001}=\frac{5}{13}, car 385=77×5385=77\times 5 et 1 001=77×131\,001=77\times 13
  • b) −135315=−37\frac{-135}{315}=-\frac{3}{7}
  • c) 1414 tours, valeur renvoyée 9898
  • d) 144144, d'où 150=12×12+6150=12\times 12+6
  • e) La fonction renvoie 00, faux ; la bonne réponse est −12-12

Deux gestes du programme, un seul outil derrière : la définition a=kba=kb. Rendre une fraction irréductible, c'est diviser en haut et en bas par les diviseurs communs ; chercher le plus grand multiple, c'est parcourir 00, aa, 2a2a, 3a3a... jusqu'au dernier qui ne dépasse pas bb.

a)

385385 se termine par 55 : 385=5×77=5×7×11385=5\times 77=5\times 7\times 11. Pour 1 0011\,001, on essaie 77 : 1 001=7×143=7×11×131\,001=7\times 143=7\times 11\times 13. Les diviseurs communs autres que 11 sont 77, 1111 et 7777. En divisant en haut et en bas par 7777 : 3851 001=513\frac{385}{1\,001}=\frac{5}{13}. On ne peut plus simplifier : les seuls diviseurs positifs de 55 sont 11 et 55, et 55 ne divise pas 1313. Simplifier par 77 seulement donne 55143\frac{55}{143}, fraction égale mais pas irréductible, puisque 1111 divise encore les deux termes : c'est la réponse incomplète la plus fréquente.

b)

135=5×27=33×5135=5\times 27=3^{3}\times 5 et 315=5×63=32×5×7315=5\times 63=3^{2}\times 5\times 7. Le diviseur commun 32×5=453^{2}\times 5=45 donne 135=45×3135=45\times 3 et 315=45×7315=45\times 7. Donc −135315=−37\frac{-135}{315}=-\frac{3}{7}, avec le signe devant et le dénominateur positif. Écrire 3−7\frac{3}{-7} n'est pas faux, mais ce n'est pas la forme attendue ; perdre le signe en route coûte en revanche toute la question.

c)

La boucle part de m=0m=0 et ajoute 77 tant que m+7⩽100m+7\leqslant 100. Les valeurs successives de mm sont 77, 1414, ..., 9898 : on s'arrête à 98=7×1498=7\times 14, car 98+7=105>10098+7=105>100. La boucle a tourné 1414 fois et la fonction renvoie 9898. Le nombre de tours est exactement l'entier k=14k=14 de l'écriture 98=7×1498=7\times 14 : la boucle trouve kk en comptant.

d)

La fonction renvoie 144=12×12144=12\times 12, puisque 144+12=156>150144+12=156>150. On en tire 150=12×12+6150=12\times 12+6, avec 0⩽6<120\leqslant 6<12 : q=12q=12 et r=6r=6. C'est exactement la division euclidienne de 150150 par 1212, que l'exercice 1 reprend pour elle-même. Le même algorithme répond aussi au premier algorithme du programme : bb est multiple de aa si et seulement si le plus grand multiple de aa inférieur ou égal à bb est bb lui-même. Ainsi plus_grand_multiple(12, 144) renvoie 144144, donc 144144 est un multiple de 1212, alors que plus_grand_multiple(12, 150) ne renvoie pas 150150.

e)

Avec b=−10b=-10, le test 0+4⩽−100+4\leqslant -10 est faux dès le départ : la boucle ne tourne pas et la fonction renvoie 00. Or 0>−100>-10 : ce n'est même pas un nombre inférieur ou égal à bb. Le bon résultat est −12=4×(−3)-12=4\times(-3), car −12⩽−10<−8-12\leqslant -10<-8. La fonction supposait sans le dire que b⩾0b\geqslant 0. La version corrigée descend d'abord par pas de aa tant que m>bm>b, puis remonte tant que c'est possible : elle donne −12-12 pour b=−10b=-10 et garde 9898 pour plus_grand_multiple(7, 100). Tester un programme sur les cas limites, zéro, un négatif, une égalité, est le contrôle que le programme de Seconde attend.

def plus_grand_multiple(a, b):
    m = 0
    while m > b:
        m = m - a
    while m + a <= b:
        m = m + a
    return m

Partie A : approfondissement, les outils (/50)

Exercice 1 : La division euclidienne : un couple, et un seul

Diviser aa par bb au sens euclidien, c'est écrire a=bq+ra=bq+r avec 0⩽r<b0\leqslant r<b. Le théorème de la division euclidienne dit deux choses : un tel couple (q ;r)(q\,;r) EXISTE toujours, et il est UNIQUE. C'est cette unicité qui fait toute la puissance du chapitre.

Sur la figure, les multiples de 77 découpent la droite des entiers en tranches. Le nombre 253253 tombe dans l'une d'elles, et le reste est simplement la distance au multiple situé à sa gauche.

La figure n'est pas à l'échelle.

7(q − 1)7q7(q + 1)7(q + 2)253r
  • a) Effectuez la division euclidienne de 253253 par 77 : donnez le quotient qq et le reste rr.
  • b) Écrivez l'encadrement de 253253 par deux multiples consécutifs de 77, et dites où se lit le quotient.
  • c) Effectuez la division euclidienne de −17-17 par 55. Attention : la condition 0⩽r<b0\leqslant r<b ne se négocie pas.
  • d) Démontrez l'UNICITÉ du couple (q ;r)(q\,;r) : supposez a=bq+r=bq′+r′a=bq+r=bq'+r' avec 0⩽r<b0\leqslant r<b et 0⩽r′<b0\leqslant r'<b, et concluez.

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a)
c)
d)
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Réponses

  • a) q=36q=36 et r=1r=1, car 253=7×36+1253=7\times 36+1
  • b) 7×36⩽253<7×377\times 36\leqslant 253<7\times 37, et le quotient est le coefficient de gauche
  • c) q=−4q=-4 et r=3r=3, car −17=5×(−4)+3-17=5\times(-4)+3
  • d) b(q−q′)=r′−rb(q-q')=r'-r avec ∣r′−r∣<b|r'-r|<b, donc r=r′r=r' puis q=q′q=q'
a)

On cherche le plus grand multiple de 77 inférieur ou égal à 253253. Comme 7×36=2527\times 36=252 et 7×37=2597\times 37=259, c'est 252252. Donc 253=7×36+1253=7\times 36+1 : le quotient vaut q=36q=36 et le reste r=1r=1. Vérification obligatoire, et elle prend trois secondes : on recalcule 7×36+1=2537\times 36+1=253, et l'on contrôle que 0⩽1<70\leqslant 1<7. Un reste supérieur ou égal au diviseur signifie qu'on s'est arrêté trop tôt, et c'est l'erreur la plus fréquente quand on pose la division à la main.

b)

L'encadrement s'écrit 7×36⩽253<7×377\times 36\leqslant 253<7\times 37, c'est-à-dire 252⩽253<259252\leqslant 253<259. Le quotient est le coefficient du multiple de GAUCHE : c'est la définition même, et c'est ce que montre la figure. On peut aussi l'écrire 36⩽2537<3736\leqslant\dfrac{253}{7}<37, ce qui dit que le quotient euclidien est la partie entière de 2537≈36,14\dfrac{253}{7}\approx 36{,}14. Cette lecture est la plus rapide à la calculatrice. Attention : pour un dividende négatif, la partie entière n'est plus la troncature du nombre affiché, ce que montre la question suivante.

c)

Il faut −17=5q+r-17=5q+r avec 0⩽r<50\leqslant r<5. Le réflexe faux est d'écrire −17=5×(−3)−2-17=5\times(-3)-2 : le reste vaudrait −2-2, ce qui est INTERDIT. On descend donc d'un cran, jusqu'au plus grand multiple de 55 inférieur ou égal à −17-17, qui est 5×(−4)=−205\times(-4)=-20. Alors −17=−20+3-17=-20+3, c'est-à-dire −17=5×(−4)+3-17=5\times(-4)+3, avec q=−4q=-4 et r=3r=3, et la condition 0⩽3<50\leqslant 3<5 est respectée. Le quotient n'est donc PAS la troncature de −3,4-3{,}4, mais son arrondi par défaut. L'erreur coûte toute la question, et elle se propage partout où l'on travaille sur les restes.

d)

Supposons a=bq+r=bq′+r′a=bq+r=bq'+r' avec les deux restes dans [0 ;b[[0\,;b[. En soustrayant, b(q−q′)=r′−rb(q-q')=r'-r. Le membre de gauche est un multiple de bb. Le membre de droite est une différence de deux nombres de [0 ;b[[0\,;b[, donc ∣r′−r∣<b|r'-r|<b : c'est un multiple de bb dont la valeur absolue est strictement inférieure à bb, il ne peut être que 00. Donc r=r′r=r', puis b(q−q′)=0b(q-q')=0 et, comme b≠0b\neq 0, q=q′q=q'. Le couple est bien unique. Retenez l'argument, il resservira : « un multiple de bb strictement plus petit que bb en valeur absolue est nul » est l'outil de démonstration numéro un de tout le chapitre.

2382452522597 × 347 × 357 × 367 × 37253reste

Exercice 2 : Le reste, et ce qu'il permet de lire

Le reste d'une division par nn range chaque entier dans l'une des nn cases 00, 11, ..., n−1n-1, et cette case se répète indéfiniment : c'est ce que montre la frise ci-dessous pour n=5n=5.

L'intérêt est le suivant : le reste d'une SOMME et le reste d'un PRODUIT se calculent sur les restes, sans jamais effectuer l'opération complète. On remplace un calcul sur des nombres à quatre chiffres par un calcul sur des nombres à un chiffre.

01234567891011012340123401entier nreste de n par 5
  • a) Donnez le reste de 2 0262\,026 et celui de 2 0272\,027 dans la division par 55.
  • b) Déduisez-en le reste de 2 026+2 0272\,026+2\,027 par 55, puis vérifiez en calculant la somme.
  • c) Déduisez-en le reste de 2 026×2 0272\,026\times 2\,027 par 55, SANS effectuer le produit.
  • d) Donnez le reste de 2 0262\,026 par 99, puis celui de 2 02622\,026^{2} par 99.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Restes 11 et 22
  • b) Reste 33, et 4 053=5×810+34\,053=5\times 810+3
  • c) Reste 22
  • d) Reste 11 pour 2 0262\,026, donc reste 11 pour son carré
a)

2 0252\,025 se termine par 55, donc c'est un multiple de 55 : 2 025=5×4052\,025=5\times 405. Alors 2 026=5×405+12\,026=5\times 405+1, reste 11, et 2 027=5×405+22\,027=5\times 405+2, reste 22. Pour une division par 55, le reste ne dépend que du chiffre des unités, ce qui rend la lecture immédiate.

b)

Écrivons 2 026=5k+12\,026=5k+1 et 2 027=5k+22\,027=5k+2 avec k=405k=405. La somme vaut 5k+1+5k+2=5(2k)+35k+1+5k+2=5(2k)+3 : le reste est 33, puisque 0⩽3<50\leqslant 3<5. Vérification : 2 026+2 027=4 0532\,026+2\,027=4\,053, et 4 053=5×810+34\,053=5\times 810+3. La règle générale est que le reste d'une somme est le reste de la somme des restes. Attention : si la somme des restes atteint ou dépasse nn, il faut encore réduire. Par exemple 3+4=73+4=7 modulo 55 donne 22, pas 77, et oublier cette dernière réduction est l'erreur classique.

c)

Avec les mêmes écritures, 2 026×2 027=(5k+1)(5k+2)=25k2+15k+2=5(5k2+3k)+22\,026\times 2\,027=(5k+1)(5k+2)=25k^{2}+15k+2=5(5k^{2}+3k)+2 : le reste est 22. Le produit lui-même vaut 4 106 7024\,106\,702, mais on ne l'a pas calculé, et c'est tout l'intérêt : seuls les restes 11 et 22 ont servi, et 1×2=21\times 2=2. Le contrôle à la main est immédiat, le produit se termine par 22 donc son reste par 55 vaut bien 22. Ce raccourci est ce qui permettra, à l'exercice 3, de traiter une puissance de plus de mille chiffres.

d)

Pour 99, le reste se lit sur la somme des chiffres, ce que l'exercice 4 démontrera : 2+0+2+6=102+0+2+6=10, puis 1+0=11+0=1, donc 2 0262\,026 a pour reste 11 par 99. En écrivant 2 026=9m+12\,026=9m+1, le carré vaut (9m+1)2=81m2+18m+1=9(9m2+2m)+1(9m+1)^{2}=81m^{2}+18m+1=9(9m^{2}+2m)+1 : le reste est encore 11. Contrôle : 2 0262=4 104 6762\,026^{2}=4\,104\,676, dont la somme des chiffres est 4+1+0+4+6+7+6=284+1+0+4+6+7+6=28, puis 2+8=102+8=10, puis 11. Un nombre de sept chiffres traité par deux additions de tête.

Exercice 3 : Le chiffre des unités d'une puissance

Le chiffre des unités d'un entier est son reste dans la division par 1010. Quand on élève un nombre à des puissances successives, ces restes finissent toujours par se répéter, et le cycle obtenu répond à des questions qu'aucune calculatrice ne peut afficher.

Le tableau ci-dessous donne les premières puissances de 22, à titre d'exemple : le cycle des unités y est 22, 44, 88, 66, et il recommence.

valeurunitésles puissances de 2 et leur chiffre des unités12345672481632641282486248exposant n
  • a) Donnez les chiffres des unités de 717^{1}, 727^{2}, 737^{3}, 747^{4} et 757^{5}, puis la longueur du cycle.
  • b) Déduisez-en le chiffre des unités de 72 0267^{2\,026}.
  • c) Donnez le chiffre des unités de 31003^{100}.
  • d) Expliquez pourquoi le cycle des unités d'une puissance recommence TOUJOURS, quel que soit le nombre de départ.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 77, 99, 33, 11, puis 77 de nouveau : cycle de longueur 44
  • b) 99
  • c) 11
  • d) Le chiffre suivant ne dépend que du précédent, et il n'y a que dix valeurs possibles
a)

71=77^{1}=7, 72=497^{2}=49, 73=3437^{3}=343, 74=2 4017^{4}=2\,401, 75=16 8077^{5}=16\,807. Les unités sont donc 77, 99, 33, 11, puis 77 : le cycle a pour longueur 44. On n'a pas besoin des nombres entiers pour l'obtenir, seulement des unités : 7×77\times 7 finit par 99, 9×79\times 7 finit par 33, 3×73\times 7 finit par 11, 1×71\times 7 finit par 77. C'est exactement la règle du produit de l'exercice 2, appliquée avec n=10n=10.

b)

Il faut placer 2 0262\,026 dans le cycle, donc calculer son reste par 44 : 2 026=4×506+22\,026=4\times 506+2, reste 22. Le reste 22 correspond à la DEUXIÈME position du cycle, celle de 727^{2}, donc le chiffre des unités de 72 0267^{2\,026} est 99. Attention au piège de numérotation : un reste de 00 ne signifie pas la première position mais la QUATRIÈME, celle de 747^{4}, puisque 747^{4}, 787^{8}, 7127^{12} ont tous un exposant multiple de 44. Confondre les deux fait perdre toute la question, et c'est l'erreur la plus fréquente du chapitre.

c)

Les unités de 3n3^{n} donnent 33, 99, 77, 11, puis 33 : cycle de longueur 44 là encore. Or 100=4×25100=4\times 25, reste 00 : on est donc en quatrième position, celle de 34=813^{4}=81, et le chiffre des unités de 31003^{100} est 11. C'est exactement le cas où le reste nul renvoie à la fin du cycle et non au début. Contrôle de bon sens : 34=813^{4}=81 finit par 11, donc 3100=(34)25=81253^{100}=(3^{4})^{25}=81^{25} finit par 11, puisqu'un produit de nombres finissant par 11 finit par 11.

d)

Le chiffre des unités de an+1a^{n+1} ne dépend que du chiffre des unités de ana^{n}, par la règle du produit : on multiplie ce chiffre par celui de aa et l'on garde les unités. La suite des unités est donc entièrement déterminée par son terme précédent. Or il n'y a que DIX valeurs possibles, de 00 à 99 : en onze termes au plus, une valeur s'est forcément répétée. Et dès qu'une valeur se répète, tout ce qui suit se répète à l'identique, puisque chaque terme est calculé de la même façon à partir du précédent. Le cycle est donc inévitable, et sa longueur vaut au plus 1010. Cet argument, appelé principe des tiroirs, vaut pour n'importe quel diviseur à la place de 1010.

Exercice 4 : Les critères de divisibilité, enfin démontrés

Tout le monde connaît le critère par 99 : un entier est divisible par 99 lorsque la somme de ses chiffres l'est. Presque personne ne sait POURQUOI, et c'est ce que la spécialité, puis les mathématiques expertes, demanderont de savoir établir.

Tout repose sur le tableau ci-dessous : les restes des puissances de 1010. Par 99 ils valent tous 11 ; par 1111 ils alternent entre 11 et 1010, c'est-à-dire entre 11 et −1-1.

reste par 9reste par 11110100100010000111111101101
  • a) Donnez les restes de 1010, 100100 et 1 0001\,000 dans la division par 99, et justifiez.
  • b) Soit N=1 000a+100b+10c+dN=1\,000a+100b+10c+d un entier à quatre chiffres. Démontrez que NN et a+b+c+da+b+c+d ont le même reste par 99.
  • c) Donnez les restes de 1010, 100100 et 1 0001\,000 par 1111, et expliquez pourquoi le critère par 1111 fait ALTERNER les signes.
  • d) Le nombre 91 92791\,927 est-il divisible par 1111 ? Et quel est le reste de 2 0262\,026 par 1111 ?

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a)
c)
d)
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Réponses

  • a) Tous les trois valent 11
  • b) N−(a+b+c+d)=999a+99b+9cN-(a+b+c+d)=999a+99b+9c, multiple de 99
  • c) 1010, 11, 1010 : le reste 1010 équivaut à −1-1, d'où l'alternance
  • d) Oui, 91 927=11×8 35791\,927=11\times 8\,357 ; et 2 0262\,026 a pour reste 22
a)

10=9×1+110=9\times 1+1, 100=9×11+1100=9\times 11+1 et 1 000=9×111+11\,000=9\times 111+1 : le reste vaut 11 à chaque fois. La raison est visible : 10k−110^{k}-1 s'écrit avec kk chiffres 99, donc 99…999\ldots 9 est un multiple de 99, et 10k10^{k} vaut ce multiple plus 11. Toutes les puissances de 1010 ont donc pour reste 11 par 99, et c'est le seul fait dont le critère a besoin.

b)

Écrivons N−(a+b+c+d)=1 000a−a+100b−b+10c−c+d−d=999a+99b+9cN-(a+b+c+d)=1\,000a-a+100b-b+10c-c+d-d=999a+99b+9c. Chacun des trois termes est un multiple de 99, puisque 999=9×111999=9\times 111, 99=9×1199=9\times 11 et 9=9×19=9\times 1. Donc N−(a+b+c+d)N-(a+b+c+d) est un multiple de 99, ce qui signifie exactement que NN et a+b+c+da+b+c+d ont le même reste par 99. En particulier, NN est divisible par 99 si et seulement si la somme de ses chiffres l'est. La rédaction attendue est celle-ci : on montre que la DIFFÉRENCE est un multiple, jamais qu'on peut « remplacer » un nombre par un autre. Le même calcul avec 33 à la place de 99 donne le critère par 33, puisque 999999, 9999 et 99 sont aussi des multiples de 33.

c)

10=11×0+1010=11\times 0+10, reste 1010 ; 100=11×9+1100=11\times 9+1, reste 11 ; 1 000=11×90+101\,000=11\times 90+10, reste 1010. L'alternance vient de ce que le reste 1010 peut s'écrire −1-1 : en effet 10=11−110=11-1, donc 1010 et −1-1 diffèrent d'un multiple de 1111 et se comportent de la même façon dans tous les calculs de restes. Ainsi 10k10^{k} se comporte comme (−1)k(-1)^{k}, valant 11 pour kk pair et −1-1 pour kk impair. Un entier a donc le même reste par 1111 que la somme ALTERNÉE de ses chiffres, en partant du chiffre des unités avec un signe plus.

d)

Pour 91 92791\,927, on part des unités : 7−2+9−1+9=227-2+9-1+9=22. Comme 22=11×222=11\times 2, la somme alternée est divisible par 1111, donc 91 92791\,927 aussi. Vérification : 91 927=11×8 35791\,927=11\times 8\,357. Pour 2 0262\,026 : 6−2+0−2=26-2+0-2=2, donc le reste vaut 22. Vérification : 11×184=2 02411\times 184=2\,024 et 2 026=2 024+22\,026=2\,024+2. Le piège est de commencer l'alternance par la gauche : sur un nombre à nombre pair de chiffres, cela donne l'opposé, ce qui ne change pas le verdict de divisibilité mais fausse le reste : 2−0+2−6=−22-0+2-6=-2, et non 22.

Exercice 5 : L'unicité de la décomposition, et ce qu'elle permet de compter

Tout entier supérieur ou égal à 22 s'écrit comme un produit de nombres premiers, et cette écriture est UNIQUE à l'ordre des facteurs près. Ce théorème est admis ; on s'en sert comme d'un argument, pas seulement comme d'une recette.

L'arbre ci-dessous décompose 360360. Peu importe par quel facteur on commence : on retombe toujours sur les mêmes premiers, avec les mêmes exposants.

36036104922= 2 × 5= 3 × 3360 = 2 × 2 × 2 × 3 × 3 × 5
  • a) Décomposez 360360 et 1 2601\,260 en produits de facteurs premiers.
  • b) Soient aa, bb, cc, dd des entiers naturels tels que 2a×3b=2c×3d2^{a}\times 3^{b}=2^{c}\times 3^{d}. Que peut-on dire de aa et cc ? Pourquoi ?
  • c) Démontrez que si n=pα×qβn=p^{\alpha}\times q^{\beta} avec pp et qq premiers distincts, alors nn a exactement (α+1)(β+1)(\alpha+1)(\beta+1) diviseurs. Appliquez à 360360 et à 1 2601\,260.
  • d) Quel est le PLUS PETIT entier ayant exactement 1212 diviseurs ?

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b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 360=23×32×5360=2^{3}\times 3^{2}\times 5 et 1 260=22×32×5×71\,260=2^{2}\times 3^{2}\times 5\times 7
  • b) a=ca=c et b=db=d, par unicité de la décomposition
  • c) 360360 a 2424 diviseurs, 1 2601\,260 en a 3636
  • d) 60=22×3×560=2^{2}\times 3\times 5
a)

Pour 360360 : 360=2×180=22×90=23×45=23×32×5360=2\times 180=2^{2}\times 90=2^{3}\times 45=2^{3}\times 3^{2}\times 5. Pour 1 2601\,260 : 1 260=2×630=22×315=22×3×105=22×32×35=22×32×5×71\,260=2\times 630=2^{2}\times 315=2^{2}\times 3\times 105=2^{2}\times 3^{2}\times 35=2^{2}\times 3^{2}\times 5\times 7. Vérification en recalculant : 4×9×5×7=1 2604\times 9\times 5\times 7=1\,260. On s'arrête quand tous les facteurs sont premiers, et l'on écrit les exposants : une décomposition laissée sous forme 2×2×2×3×3×52\times 2\times 2\times 3\times 3\times 5 n'est pas fausse, mais elle rend la suite illisible.

b)

On a nécessairement a=ca=c et b=db=d. C'est exactement ce que dit l'UNICITÉ : un entier n'a qu'une seule décomposition, donc deux écritures du même entier en facteurs premiers ont les mêmes premiers avec les mêmes exposants. Sans ce théorème, l'égalité 2a×3b=2c×3d2^{a}\times 3^{b}=2^{c}\times 3^{d} ne permettrait rien du tout. C'est l'argument qui sert chaque fois qu'on veut prouver qu'un entier n'est pas un carré, un cube, ou qu'une équation n'a pas de solution entière.

c)

Un diviseur de n=pαqβn=p^{\alpha}q^{\beta} ne peut contenir que les premiers pp et qq, toujours par unicité, et avec des exposants au plus égaux à ceux de nn. Il s'écrit donc piqjp^{i}q^{j} avec 0⩽i⩽α0\leqslant i\leqslant\alpha et 0⩽j⩽β0\leqslant j\leqslant\beta. Il y a α+1\alpha+1 choix pour ii, en comptant 00, et β+1\beta+1 choix pour jj, et deux choix différents donnent deux diviseurs différents, encore par unicité : d'où (α+1)(β+1)(\alpha+1)(\beta+1) diviseurs. Le raisonnement s'étend à autant de premiers qu'on veut. Pour 360=23×32×51360=2^{3}\times 3^{2}\times 5^{1} : (3+1)(2+1)(1+1)=4×3×2=24(3+1)(2+1)(1+1)=4\times 3\times 2=24 diviseurs. Pour 1 260=22×32×5×71\,260=2^{2}\times 3^{2}\times 5\times 7 : 3×3×2×2=363\times 3\times 2\times 2=36. Le piège est d'oublier le « plus un », c'est-à-dire d'oublier l'exposant 00, qui correspond au cas où le premier n'apparaît pas dans le diviseur.

d)

On cherche à écrire 1212 comme un produit de facteurs (α+1)(\alpha+1), puis à répartir les exposants sur les plus petits premiers possibles, les GROS exposants allant aux PETITS premiers. Les découpages de 1212 en facteurs sont 1212, 6×26\times 2, 4×34\times 3 et 3×2×23\times 2\times 2. Ils donnent respectivement 211=2 0482^{11}=2\,048, 25×3=962^{5}\times 3=96, 23×32=722^{3}\times 3^{2}=72 et 22×3×5=602^{2}\times 3\times 5=60. Le plus petit est donc 6060. Vérification par la liste, qui doit contenir exactement douze nombres : 11, 22, 33, 44, 55, 66, 1010, 1212, 1515, 2020, 3030, 6060. Chercher au hasard prendrait un quart d'heure ; la décomposition répond en deux minutes, et c'est tout l'écart entre chercher et déduire.

Partie B : approfondissement, problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Écrire un entier dans une autre base

Notre écriture des nombres repose sur les puissances de 1010 : 2 0262\,026 signifie 2×103+0×102+2×10+62\times 10^{3}+0\times 10^{2}+2\times 10+6. Rien n'oblige à choisir 1010, et la division euclidienne permet de changer de base mécaniquement.

Le principe : on divise par la base, on garde le reste, on recommence sur le quotient, et l'on lit les restes DE BAS EN HAUT. La colonne ci-dessous le fait pour 1919 en base 22, et donne 1001110011.

quotientreste19942111001on lit vers le haut
  • a) Écrivez 4444 en base 22, en détaillant les divisions successives.
  • b) Vérifiez votre réponse en recalculant la valeur décimale à partir des puissances de 22.
  • c) Écrivez 2 0262\,026 en base 55.
  • d) Démontrez que l'algorithme s'arrête toujours, quelle que soit la base b⩾2b\geqslant 2.

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b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 4444 s'écrit 101100101100 en base 22
  • b) 32+8+4=4432+8+4=44
  • c) 2 0262\,026 s'écrit 3110131101 en base 55
  • d) La suite des quotients est strictement décroissante et reste positive
a)

On divise par 22 en notant chaque reste : 44=2×22+044=2\times 22+0, 22=2×11+022=2\times 11+0, 11=2×5+111=2\times 5+1, 5=2×2+15=2\times 2+1, 2=2×1+02=2\times 1+0, 1=2×0+11=2\times 0+1. Les restes obtenus, dans l'ordre d'apparition, sont 00, 00, 11, 11, 00, 11. On les lit DE BAS EN HAUT, c'est-à-dire du dernier au premier : 4444 s'écrit 101100101100 en base 22. L'erreur classique est de les recopier dans l'ordre d'apparition, ce qui donnerait 001101001101, c'est-à-dire 1313 : ce n'est pas une petite imprécision, c'est un autre nombre. Le dernier reste obtenu est toujours le chiffre de POIDS FORT, celui de gauche.

b)

On repart des puissances de 22 : 101100101100 signifie 1×32+0×16+1×8+1×4+0×2+0×1=32+8+4=441\times 32+0\times 16+1\times 8+1\times 4+0\times 2+0\times 1=32+8+4=44. C'est bien la valeur de départ. Cette vérification est obligatoire et elle coûte dix secondes : elle attrape à la fois l'erreur de sens de lecture et l'oubli d'un zéro intermédiaire, les deux seules fautes possibles dans cet algorithme.

c)

On divise par 55 : 2 026=5×405+12\,026=5\times 405+1, 405=5×81+0405=5\times 81+0, 81=5×16+181=5\times 16+1, 16=5×3+116=5\times 3+1, 3=5×0+33=5\times 0+3. Les restes sont 11, 00, 11, 11, 33, et la lecture de bas en haut donne 3110131101. Vérification par les puissances de 55, qui valent 11, 55, 2525, 125125, 625625 : 3×625+1×125+1×25+0×5+1×1=1 875+125+25+0+1=2 0263\times 625+1\times 125+1\times 25+0\times 5+1\times 1=1\,875+125+25+0+1=2\,026. Ici encore le renversement se voit : lire les restes dans l'ordre d'apparition donnerait 1011310113, qui vaut 658658 et non 2 0262\,026.

d)

À chaque étape, le nouveau nombre est le quotient de l'ancien par bb. Comme b⩾2b\geqslant 2, ce quotient vérifie q⩽n2<nq\leqslant\dfrac{n}{2}<n dès que n⩾1n\geqslant 1 : la suite des quotients est STRICTEMENT DÉCROISSANTE. Or ce sont des entiers naturels, donc toujours positifs ou nuls. Une suite d'entiers naturels strictement décroissante ne peut pas être infinie : elle atteint 00 en un nombre fini d'étapes, et c'est là que l'algorithme s'arrête. C'est le même argument que pour l'algorithme d'Euclide, et c'est le modèle de toute preuve de terminaison : on exhibe une quantité entière positive qui décroît strictement.

Exercice 7 : Combien y a-t-il de nombres premiers ?

Les nombres premiers se raréfient : il y en a quatre entre 11 et 1010, mais seulement deux entre 5050 et 6060. La frise ci-dessous les marque jusqu'à 6060.

La question naturelle est donc : finissent-ils par s'arrêter ? Euclide y a répondu il y a plus de deux mille ans, et sa démonstration tient en cinq lignes.

0102030405060les nombres premiers jusqu'à 60
  • a) Calculez N=2×3×5×7+1N=2\times 3\times 5\times 7+1. Est-il premier ? Jusqu'à quel entier faut-il tester des diviseurs ?
  • b) Calculez M=2×3×5×7×11×13+1M=2\times 3\times 5\times 7\times 11\times 13+1. On donne M=59×509M=59\times 509. Que remarque-t-on sur ses facteurs ?
  • c) Rédigez la démonstration d'Euclide : il existe une infinité de nombres premiers.
  • d) Démontrez que si n=abn=ab avec 1<a⩽b1<a\leqslant b, alors a⩽na\leqslant\sqrt{n}. Concluez sur le test de primalité.

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a)
b)
d)
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Réponses

  • a) N=211N=211, premier ; il suffit de tester jusqu'à 1414, le dernier premier à essayer étant 1313
  • b) M=30 031M=30\,031 n'est pas premier, mais 5959 et 509509 ne sont dans AUCUNE liste de départ
  • c) Un tel NN a un facteur premier nouveau, donc aucune liste finie n'est complète
  • d) a2⩽ab=na^{2}\leqslant ab=n, donc tester jusqu'à n\sqrt{n} suffit
a)

2×3×5×7=2102\times 3\times 5\times 7=210, donc N=211N=211. Pour le tester, on s'arrête à 211\sqrt{211}, compris entre 1414 et 1515 puisque 142=19614^{2}=196 et 152=22515^{2}=225 : on teste jusqu'à l'entier 1414, et il suffit d'essayer les premiers jusqu'à 1313, c'est-à-dire 22, 33, 55, 77, 1111 et 1313. 211211 est impair, sa somme de chiffres vaut 44 donc il n'est pas multiple de 33, il ne se termine ni par 00 ni par 55, et 211=7×30+1211=7\times 30+1, 211=11×19+2211=11\times 19+2, 211=13×16+3211=13\times 16+3. Aucun ne divise : 211211 est PREMIER. Six divisions ont suffi là où la définition naïve en demanderait 209209.

b)

2×3×5×7×11×13=30 0302\times 3\times 5\times 7\times 11\times 13=30\,030, donc M=30 031M=30\,031. Il n'est pas premier, puisque 30 031=59×50930\,031=59\times 509. Mais l'essentiel est ailleurs : ni 5959 ni 509509 ne figurent dans la liste 22, 33, 55, 77, 1111, 1313 dont on est parti. C'est normal, et c'est le cœur de l'argument : MM laisse le reste 11 dans la division par chacun des six premiers de départ, donc aucun d'eux ne peut le diviser, donc ses facteurs premiers sont forcément NOUVEAUX. On retient que le produit des premiers nombres premiers augmenté de 11 n'est pas toujours premier, contrairement à ce que l'exemple a) pourrait laisser croire.

c)

Supposons qu'il n'y ait qu'un nombre fini de nombres premiers, disons p1p_{1}, p2p_{2}, ..., pkp_{k}, et posons N=p1×p2×⋯×pk+1N=p_{1}\times p_{2}\times\cdots\times p_{k}+1. Ce nombre NN est supérieur ou égal à 33, donc il admet au moins un diviseur premier pp. Or pp est l'un des pip_{i}, par hypothèse, et la division de NN par ce pip_{i} donne le reste 11 : pip_{i} ne divise donc pas NN. Contradiction. L'hypothèse de départ est fausse : il existe une infinité de nombres premiers. Attention à la rédaction : on ne dit PAS que NN est premier, seulement qu'il possède un facteur premier absent de la liste, et la question b) montre que la nuance n'est pas un détail de style.

d)

Si n=abn=ab avec 1<a⩽b1<a\leqslant b, alors en multipliant l'inégalité a⩽ba\leqslant b par aa, qui est positif, on obtient a2⩽ab=na^{2}\leqslant ab=n, donc a⩽na\leqslant\sqrt{n}. Conséquence : si nn n'est pas premier, il possède un diviseur strictement compris entre 11 et nn, et le PLUS PETIT d'entre eux est inférieur ou égal à n\sqrt{n}. Il suffit donc de tester les diviseurs jusqu'à n\sqrt{n} : si aucun ne convient, nn est premier. On peut même se limiter aux diviseurs PREMIERS, car tout diviseur autre que 11 possède lui-même un facteur premier, qui serait détecté plus tôt. Pour 397397, on teste jusqu'à 1919, puisque 192=36119^{2}=361 et 202=40020^{2}=400 : huit premiers à essayer, et aucun ne divise, donc 397397 est premier. Pour 493493, le test tombe sur 1717 : 493=17×29493=17\times 29.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Pour chacune, donnez un contre-exemple ou l'argument qui la réfute, puis écrivez l'énoncé correct.

Ce sont les cinq erreurs les plus fréquentes sur ces notions.

  • a) « Dans une division euclidienne, le reste est négatif lorsque le dividende l'est. »
  • b) « Pour connaître le reste de a×ba\times b par nn, il faut effectuer le produit : il n'existe pas de raccourci. »
  • c) « Pour savoir si nn est premier, il faut tester tous les entiers de 22 à n−1n-1. »
  • d) « Un entier a autant de diviseurs que de facteurs premiers dans sa décomposition. »
  • e) « Le produit des premiers nombres premiers, augmenté de 11, est toujours un nombre premier. »

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Faux : −17=5×(−4)+3-17=5\times(-4)+3, le reste vaut 33
  • b) Faux : le reste de 2 026×2 0272\,026\times 2\,027 par 55 vaut 1×2=21\times 2=2
  • c) Faux : pour 211211, six divisions suffisent
  • d) Faux : 360360 a trois facteurs premiers distincts, mais 2424 diviseurs
  • e) Faux : 30 031=59×50930\,031=59\times 509
a)

Faux : la définition impose 0⩽r<b0\leqslant r<b, sans exception. Contre-exemple : −17=5×(−4)+3-17=5\times(-4)+3, avec le reste 33, positif. L'écriture −17=5×(−3)−2-17=5\times(-3)-2 est bien une égalité vraie, mais ce n'est PAS la division euclidienne, puisque −2-2 n'appartient pas à [0 ;5[[0\,;5[. L'énoncé correct : le reste est toujours positif ou nul et strictement inférieur au diviseur ; c'est le quotient qui absorbe le signe, en descendant d'une unité par rapport à la troncature, sauf si le dividende est un multiple du diviseur (−15=5×(−3)+0-15=5\times(-3)+0).

b)

Faux, et c'est tout l'intérêt du chapitre. Contre-exemple : pour connaître le reste de 2 026×2 0272\,026\times 2\,027 par 55, il suffit de multiplier les restes, 1×2=21\times 2=2, sans jamais écrire 4 106 7024\,106\,702. L'énoncé correct : le reste d'un produit par nn est le reste du produit des restes, et de même pour une somme. C'est ce qui permet de traiter 72 0267^{2\,026}, dont l'écriture décimale compte plus de mille sept cents chiffres.

c)

Faux : il suffit de tester jusqu'à n\sqrt{n}, et même seulement les diviseurs premiers. Contre-exemple chiffré : pour 211211, six divisions suffisent, contre 209209 avec la méthode annoncée. L'énoncé correct : si nn n'est pas premier, son plus petit diviseur autre que 11 est inférieur ou égal à n\sqrt{n} ; ne rien trouver jusque-là prouve donc la primalité. L'erreur coûte rarement des points en tant que telle, mais elle rend toute question de primalité infaisable en temps limité.

d)

Faux, et c'est une confusion entre deux comptes. Contre-exemple : 360=23×32×5360=2^{3}\times 3^{2}\times 5 compte trois facteurs premiers distincts, mais 2424 diviseurs. L'énoncé correct : le nombre de diviseurs se lit sur les EXPOSANTS, par la formule (α+1)(β+1)⋯(\alpha+1)(\beta+1)\cdots, chaque « plus un » correspondant au cas où le premier n'apparaît pas. Oublier ces « plus un » donne ici 3×2×1=63\times 2\times 1=6, et l'écart avec 2424 montre l'ampleur de l'erreur.

e)

Faux. Contre-exemple : 2×3×5×7×11×13+1=30 031=59×5092\times 3\times 5\times 7\times 11\times 13+1=30\,031=59\times 509, qui n'est pas premier. L'énoncé correct : ce nombre n'est pas divisible par les premiers dont on est parti, donc TOUS ses facteurs premiers sont nouveaux ; c'est cela, et cela seulement, que la démonstration d'Euclide utilise. Confondre les deux énoncés est la faute de raisonnement la plus courante sur cette démonstration, et elle la rend fausse.

Exercice 9 : Problème : le conditionnement d'un atelier

Un atelier doit conditionner 1 7541\,754 pièces identiques dans des cartons, sans en mettre plus que la contenance annoncée et sans laisser un carton à moitié vide au milieu de la pile.

Le format standard contient 2424 pièces. Le fournisseur propose aussi des cartons de 1818 et de 3030 pièces, au même prix unitaire.

cartons pleins de 24...le reste?
  • a) Combien de cartons de 2424 seront pleins, et combien de pièces resteront ?
  • b) Combien de cartons faut-il commander au total, et combien de pièces manque-t-il pour remplir le dernier ?
  • c) Des trois formats 1818, 2424 et 3030, lequel laisse le plus petit reste ?
  • d) Le responsable veut un format, compris entre 1010 et 4040 pièces, qui ne laisse AUCUN reste. Montrez qu'il n'en existe aucun.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 7373 cartons pleins et 22 pièces restantes
  • b) 7474 cartons, et il manque 2222 pièces
  • c) Le format 2424, avec un reste de 22
  • d) 1 754=2×8771\,754=2\times 877 avec 877877 premier : ses seuls diviseurs sont 11, 22, 877877 et 1 7541\,754
a)

On effectue la division euclidienne de 1 7541\,754 par 2424. Comme 24×73=1 75224\times 73=1\,752 et 24×74=1 77624\times 74=1\,776, on a 1 754=24×73+21\,754=24\times 73+2. Il y aura donc 7373 cartons PLEINS et 22 pièces restantes. Le quotient compte les cartons pleins, le reste compte les pièces en trop : c'est le sens concret des deux nombres, et c'est ce qui rend la division euclidienne plus utile ici que la division décimale, qui donnerait environ 73,0873{,}08 et ne dirait rien sur les deux pièces.

b)

Les 22 pièces restantes doivent bien partir quelque part, donc il faut un carton de plus : 7474 cartons au total. C'est l'arrondi par EXCÈS du quotient, et il ne faut pas le confondre avec le quotient lui-même : la question « combien de cartons pleins » et la question « combien de cartons commander » n'ont pas la même réponse, et l'écart vaut exactement un dès que le reste n'est pas nul. Pour compléter ce dernier carton, il manque 24−2=2224-2=22 pièces.

c)

On calcule les trois divisions. Avec 1818 : 18×97=1 74618\times 97=1\,746, donc 1 754=18×97+81\,754=18\times 97+8, reste 88. Avec 2424 : reste 22, calculé en a). Avec 3030 : 30×58=1 74030\times 58=1\,740, donc 1 754=30×58+141\,754=30\times 58+14, reste 1414. Le format 2424 est donc le meilleur des trois, avec seulement 22 pièces perdues. On note au passage que le reste ne diminue pas quand le carton grossit : 3030 est le plus grand format et c'est lui qui laisse le plus gros reste. Le reste ne dépend pas de la taille du carton mais de la façon dont 1 7541\,754 se place entre deux multiples.

d)

Un format sans reste serait un DIVISEUR de 1 7541\,754. Décomposons : 1 7541\,754 est pair, 1 754=2×8771\,754=2\times 877. Reste à savoir si 877877 est premier. On teste jusqu'à 877\sqrt{877}, compris entre 2929 et 3030 puisque 292=84129^{2}=841 et 302=90030^{2}=900 : on essaie donc 22, 33, 55, 77, 1111, 1313, 1717, 1919, 2323 et 2929. Le nombre est impair, sa somme de chiffres vaut 2222 donc il n'est pas multiple de 33, il ne finit ni par 00 ni par 55, et aucune des autres divisions ne tombe juste. Donc 877877 est premier, et 1 754=2×8771\,754=2\times 877 est sa décomposition. Ses diviseurs sont alors, par la formule de l'exercice 5, au nombre de 2×2=42\times 2=4 : ce sont 11, 22, 877877 et 1 7541\,754. Aucun ne tombe entre 1010 et 4040 : le format demandé n'existe pas, et le reste est inévitable. Voilà une question qu'on ne peut pas traiter en essayant les formats un par un, et que la décomposition règle en trois lignes.

Exercice 10 : Problème : la chasse aux très grands nombres premiers

Depuis plus de trente ans, le plus grand nombre premier connu est un nombre de la forme Mn=2n−1M_{n}=2^{n}-1, appelés nombres de Mersenne. Ce n'est pas un hasard : leur forme permet un test de primalité bien plus rapide que sur un entier quelconque.

Les chercheurs ne testent jamais toutes les valeurs de nn. Cet exercice explique pourquoi, et pourquoi cela ne suffit pourtant pas à garantir un nombre premier.

  • a) Calculez M2M_{2}, M3M_{3}, M5M_{5} et M7M_{7}, et vérifiez qu'ils sont tous premiers.
  • b) Calculez M11M_{11}. On donne 2 047=23×892\,047=23\times 89. Que peut-on en conclure sur l'idée « si nn est premier, alors MnM_{n} est premier » ?
  • c) Démontrez que si n=abn=ab avec a⩾2a\geqslant 2 et b⩾2b\geqslant 2, alors 2a−12^{a}-1 divise MnM_{n}. Illustrez avec M12M_{12}.
  • d) M13=8 191M_{13}=8\,191. Jusqu'à quel entier faut-il tester ses diviseurs, et combien de nombres premiers cela représente-t-il ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 33, 77, 3131 et 127127, tous premiers
  • b) M11=2 047=23×89M_{11}=2\,047=23\times 89 : l'idée est FAUSSE, nn premier ne suffit pas
  • c) M12=4 095M_{12}=4\,095 est divisible par 23−1=72^{3}-1=7 et par 24−1=152^{4}-1=15
  • d) Jusqu'à 9090, soit 2424 nombres premiers à essayer ; 8 1918\,191 est premier
a)

M2=22−1=3M_{2}=2^{2}-1=3, M3=23−1=7M_{3}=2^{3}-1=7, M5=25−1=31M_{5}=2^{5}-1=31 et M7=27−1=127M_{7}=2^{7}-1=127. Pour 127127, on teste jusqu'à 1111, puisque 112=12111^{2}=121 et 122=14412^{2}=144 : ni 22, ni 33, ni 55, ni 77, ni 1111 ne le divisent, donc il est premier. Les trois autres se vérifient de tête. Les exposants utilisés, 22, 33, 55 et 77, sont eux-mêmes premiers, et l'on est tenté d'en tirer une règle : c'est exactement le piège de la question suivante.

b)

M11=211−1=2 048−1=2 047M_{11}=2^{11}-1=2\,048-1=2\,047. Or 2 047=23×892\,047=23\times 89, donc M11M_{11} n'est PAS premier, alors que son exposant 1111 l'est. L'idée « nn premier entraîne MnM_{n} premier » est donc fausse, et un seul contre-exemple suffit à la réfuter. C'est d'ailleurs pourquoi la recherche de records est un travail de calcul et non de déduction : on ne peut pas fabriquer un grand nombre premier en choisissant un exposant, il faut tester. Remarquons que ni 2323 ni 8989 ne se devinent : le plus petit diviseur est déjà à deux chiffres, alors que le nombre n'en a que quatre.

c)

Posons x=2ax=2^{a}. Alors Mn=2ab−1=xb−1M_{n}=2^{ab}-1=x^{b}-1, et l'identité xb−1=(x−1)(xb−1+xb−2+⋯+x+1)x^{b}-1=(x-1)(x^{b-1}+x^{b-2}+\cdots+x+1) montre que x−1=2a−1x-1=2^{a}-1 divise MnM_{n}. Comme a⩾2a\geqslant 2, ce diviseur vaut au moins 33, et comme a<na<n, il est strictement inférieur à MnM_{n} : c'est donc un diviseur propre, et MnM_{n} n'est pas premier. Illustration avec n=12=3×4n=12=3\times 4 : M12=4 095M_{12}=4\,095, et l'on prévoit sans calcul que 23−1=72^{3}-1=7 et 24−1=152^{4}-1=15 le divisent. Vérification : 4 095=7×5854\,095=7\times 585 et 4 095=15×2734\,095=15\times 273. La CONTRAPOSÉE de ce résultat est ce qui intéresse les chercheurs : si MnM_{n} est premier, alors nn est premier. Ils ne testent donc que les exposants premiers, ce qui élimine d'emblée la grande majorité des candidats.

d)

Il faut tester jusqu'à 8 191\sqrt{8\,191}. Comme 902=8 10090^{2}=8\,100 et 912=8 28191^{2}=8\,281, cette racine est comprise entre 9090 et 9191 : on teste donc les diviseurs jusqu'à 9090, et il suffit de se limiter aux nombres premiers, c'est-à-dire à 22, 33, 55, 77, 1111, 1313, 1717, 1919, 2323, 2929, 3131, 3737, 4141, 4343, 4747, 5353, 5959, 6161, 6767, 7171, 7373, 7979, 8383 et 8989 : cela fait 2424 divisions. Aucune ne tombe juste, donc M13=8 191M_{13}=8\,191 est PREMIER. Vingt-quatre divisions au lieu de huit mille cent quatre-vingt-neuf : c'est le gain apporté par les deux résultats du chapitre, l'arrêt à la racine carrée et la restriction aux diviseurs premiers. Sur les nombres à plusieurs millions de chiffres que traquent les chercheurs, même ce gain ne suffit pas, et c'est la forme particulière 2n−12^{n}-1 qui permet d'aller plus loin.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/2nde-arithmetique. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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