Sixième, programme français à Montréal • Exercices corrigés
Fiche de révision : fractions et proportionnalité en Sixième
Les fractions sont le premier chapitre où l'élève de Sixième calcule sur un nombre qu'il ne peut pas écrire en entier. Tant qu'il lit 43 comme « trois et quatre », il additionnera les dénominateurs et comparera les numérateurs séparément.
Cette fiche laisse le cours dans le cahier et rassemble les gestes qui décident en contrôle : compléter au même dénominateur avant de comparer, diviser puis multiplier pour prendre une fraction d'une quantité, et vérifier qu'un tableau est proportionnel sur TOUTES ses colonnes.
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Le fil du chapitre
Une fraction n'est pas deux nombres empilés mais un seul nombre, et toute la difficulté du chapitre est de ne jamais perdre de vue à quelle quantité ce nombre se rapporte.
•Le dénominateur dit en combien de parts ÉGALES l'unité est partagée ; le numérateur dit combien on en prend.
•Sans parts égales, l'écriture fractionnaire n'a aucun sens : c'est la condition, pas un détail de dessin.
•Une fraction est aussi un quotient : 43=3÷4=0,75. Certaines ne sont pas décimales, comme 31=0,333…
En haut, quatre parts égales dont trois sont prises : 43. En bas, trois parts sur quatre aussi, mais inégales : l'écriture fractionnaire ne s'applique pas.
Multiplier ou diviser le numérateur ET le dénominateur par un même nombre non nul ne change pas la fraction : c'est la seule transformation autorisée, et elle sert à tout le chapitre.
Plus le dénominateur est grand, plus la part est petite
•101<31<21 : partager en dix donne des parts plus petites que partager en deux.
•À numérateurs égaux, la plus grande fraction est celle de plus PETIT dénominateur.
•À dénominateurs égaux, on compare simplement les numérateurs.
•Comparer à 1 est souvent suffisant : 57>1>94, la question est réglée sans calcul.
Sur l'unité partagée en douze, un dixième, un tiers et un demi : le dénominateur le plus grand donne le point le plus proche de zéro.
Ces trois cas couvrent la plupart des questions de comparaison. Quand aucun ne s'applique, on met au même dénominateur, jamais avant.
Fraction, pourcentage, coefficient : la même idée
•Un pourcentage est une fraction de dénominateur 100 : 25%=41, 50%=21, 10%=101.
•Prendre les ba d'une quantité : on divise par b, puis on multiplie par a.
•Un tableau est de proportionnalité si le MÊME coefficient fait passer d'une ligne à l'autre sur toutes les colonnes.
•Sur un graphique, il faut DEUX conditions : les points sont alignés ET la droite passe par l'origine.
25 carreaux sur 100, c'est 25% ; et ces 25 carreaux remplissent exactement un quart du carré : 25%=41.
Le coefficient de proportionnalité porte souvent une unité qui raconte le problème : dollars par kilogramme, kilomètres par heure. Écrire cette unité évite d'inverser la division.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Comparer deux fractions en comparant les dénominateurs comme des entiers
1 point, et tout l'exercice de rangement
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 31<101 parce que 3 est plus petit que 10. »
Ce qu'il faut écrire
« À numérateurs égaux, la plus grande fraction est celle de plus petit dénominateur, donc 101<31. »
Pourquoi : Le dénominateur ne compte pas des parts prises, il dit la TAILLE d'une part. Un grand dénominateur découpe plus fin, donc plus petit.
2.Additionner les numérateurs entre eux et les dénominateurs entre eux
2 points, et le résultat est plus petit que l'un des deux termes
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 21+31=52. »
Ce qu'il faut écrire
« On met au même dénominateur : 63+62=65. »
52 tombe à gauche de 21 alors qu'il devrait être la somme de 21 et d'un autre nombre positif : la vraie somme est 65.
Pourquoi : On n'additionne que des parts de même taille, exactement comme on n'additionne pas des dixièmes avec des centièmes. Le résultat faux se repère sans calcul : une somme de nombres positifs dépasse chacun d'eux.
3.Simplifier en soustrayant le même nombre en haut et en bas
1 point, et une fraction qui n'est plus égale à celle de départ
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 1612=1410 en enlevant 2 partout. »
Ce qu'il faut écrire
« On DIVISE les deux par 4 : 1612=43. »
1612 et 43 colorient la même longueur ; 1410, obtenue en retirant 2, s'arrête avant le pointillé : ce n'est plus la même fraction.
Pourquoi : Seules la multiplication et la division conservent une fraction. L'addition et la soustraction changent le rapport entre les deux nombres.
4.Prendre une fraction d'une quantité à l'envers
1,5 point, et une réponse plus grande que la quantité de départ
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Les 43 de 20 : on divise par 3 et on multiplie par 4, donc environ 26,7. »
Ce qu'il faut écrire
« On divise par le DÉNOMINATEUR puis on multiplie par le NUMÉRATEUR : 20÷4=5, puis 5×3=15. »
Le dénominateur 4 fait les parts (20÷4=5), le numérateur 3 en prend trois : 15, forcément moins que 20.
Pourquoi : Prendre les trois quarts de quelque chose donne forcément moins que le tout. Le contrôle de cohérence est immédiat quand la fraction est inférieure à 1.
5.Additionner deux pourcentages successifs
2 points, et c'est la question de raisonnement du contrôle
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Une réduction de 50% suivie d'une autre de 50%, c'est 100% : l'article est gratuit. »
Ce qu'il faut écrire
« La seconde réduction porte sur le prix DÉJÀ réduit : il reste 25% du prix de départ. »
La seconde baisse coupe en deux ce qui reste, pas le prix de départ : il reste un quart du prix, jamais zéro.
Pourquoi : Un pourcentage se rapporte toujours à une quantité de référence, et cette référence change après la première opération. Deux pourcentages successifs se multiplient, ils ne s'additionnent jamais.
6.Croire qu'une baisse puis une hausse du même taux ramènent au départ
2 points, souvent la dernière question du problème
Ce qu'il ne faut pas écrire
« −20% puis +20% : on retrouve le prix initial. »
Ce qu'il faut écrire
« 100 dollars deviennent 80, puis 80+16=96 dollars : il manque 4 dollars. »
La hausse de 20% se calcule sur 80, pas sur 100 : elle ne rapporte que 16, et le prix final, 96, reste sous la ligne rouge.
Pourquoi : La hausse s'applique à un prix plus petit que la baisse. Là encore, ce qui change, c'est la quantité de référence.
7.Déclarer un tableau proportionnel après une seule colonne
1 point, plus la question suivante qui s'appuie dessus
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 2 donne 6 et 2×3=6, donc le tableau est de proportionnalité. »
Ce qu'il faut écrire
« Je teste le coefficient 3 sur TOUTES les colonnes : 5 devrait donner 15, or le tableau annonce 16, donc ce n'est pas un tableau de proportionnalité. »
Pourquoi : Un contre-exemple suffit à détruire la proportionnalité, mais un exemple ne suffit jamais à la prouver. C'est la première fois de la scolarité que cette différence est évaluée.
8.Conclure à la proportionnalité parce que les points sont alignés
1,5 point, et l'erreur se répète en Cinquième et en Quatrième
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Les points sont sur une droite, donc c'est proportionnel. »
Ce qu'il faut écrire
« Les points sont alignés, mais la droite ne passe pas par l'origine : ce n'est pas une situation de proportionnalité. »
Les deux séries de points sont alignées ; seule celle qui part de l'origine est proportionnelle, l'autre porte un montant fixe de 3.
Pourquoi : Un abonnement mensuel plus un prix à l'unité donne toujours des points alignés. Ce qui trahit le montant fixe, c'est l'ordonnée du point de départ, jamais l'alignement.
9.Écrire qu'un tiers vaut zéro virgule trois
1 point de précision, et des calculs faux par accumulation
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 31=0,3. »
Ce qu'il faut écrire
« 31=0,333…, ce n'est pas un nombre décimal ; on garde l'écriture fractionnaire pour être exact. »
0,3 (rouge) tombe juste avant 31 (vert) : l'écart est petit, mais il existe, et il grossit à chaque calcul qui le réutilise.
Pourquoi : L'écriture décimale n'existe que si la division tombe juste. Arrondir dès la première ligne fausse tout ce qui suit, alors que la fraction reste exacte jusqu'au bout.
Quelle méthode choisir
Comparer deux fractions
On regarde les deux écritures avant de calculer quoi que ce soit.
Les trois branches de l'arbre en longueurs : 73<75, 92<52, et 94<1<57.
Si les dénominateurs sont égaux → comparer les numérateurs
Exemple : 73<75
Si les numérateurs sont égaux → la plus grande est celle de plus PETIT dénominateur
Exemple : 92<52
c'est le cas que les élèves inversent le plus souvent
Si l'une est plus petite que 1 et l'autre plus grande → conclure aussitôt en comparant chacune à 1
Exemple : 94<1<57
Si un dénominateur est un multiple de l'autre → n'amplifier qu'une seule fraction
Exemple : 32=128, à comparer à 127
Si aucun des cas précédents → mettre au même dénominateur, en prenant le produit des deux
Exemple : 43 et 75 deviennent 2821 et 2820
On ne convertit en écriture décimale qu'en dernier recours : 31 et 71 ne tombent pas juste, et deux arrondis se comparent mal.
Est-ce une situation de proportionnalité ?
On regarde sous quelle forme la situation est donnée.
Si un tableau → chercher un coefficient unique et le tester sur TOUTES les colonnes
Exemple : 2→6 et 5→16 : le coefficient 3 échoue, donc non
Si un graphique → vérifier les deux conditions : points alignés ET droite passant par l'origine
Exemple : des points alignés sur y=2x+3 ne sont pas proportionnels
Si un texte avec « pour chaque », « par kilogramme », « à l'unité » → c'est proportionnel, le coefficient est le prix ou la vitesse unitaire
Exemple : 3,20 dollars par kilogramme
Si un texte avec un montant fixe, un abonnement, des frais de port → ce n'est PAS proportionnel, même si le reste l'est
Exemple : 5 dollars de livraison plus 2 dollars par article
Quand la proportionnalité est établie, le passage à l'unité est toujours la méthode la plus sûre : on ramène à 1, puis on multiplie. Le produit en croix n'est pas encore exigé en Sixième.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Justifier qu'un tableau est, ou n'est pas, de proportionnalité
Quand l'utiliser : L'énoncé demande « ce tableau est-il un tableau de proportionnalité ? » ou « justifier votre réponse ».
1Calculer le coefficient sur la première colonne, en divisant la ligne du bas par la ligne du haut.
2Tester ce coefficient sur chaque autre colonne, en écrivant le calcul.
3Si une colonne échoue, s'arrêter là : un seul contre-exemple suffit.
4Conclure par une phrase qui nomme la colonne fautive ou qui donne le coefficient commun.
Phrase de conclusion
« Le coefficient est 3 pour la première colonne, mais 5×3=15 et le tableau annonce 16 : ce n'est pas un tableau de proportionnalité. »
Le piège : Tester une seule colonne, ou n'écrire aucun calcul et se contenter de « oui, c'est proportionnel ».
Barème : 1 point le coefficient, 1 point le test écrit sur les autres colonnes, 0,5 point la phrase de conclusion.
Prendre une fraction d'une quantité
Quand l'utiliser : L'énoncé dit « les trois quarts des élèves », « la moitié de la recette », « 25% du prix ».
1Nommer la quantité de référence, celle dont on prend une part, et l'écrire.
2Diviser cette quantité par le dénominateur : on obtient UNE part.
3Multiplier par le numérateur : on obtient les parts demandées.
4Vérifier que le résultat est plus petit que la référence si la fraction est inférieure à 1.
Phrase de conclusion
« Un quart de 20 élèves fait 5 élèves, donc les trois quarts font 15 élèves. »
Le piège : Changer de quantité de référence en cours de problème, ce qui arrive dès qu'il y a deux pourcentages successifs.
Barème : 1 point la division, 1 point la multiplication, 0,5 point la phrase avec l'unité.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Le résultat est-il du bon côté ?
Une fraction plus petite que 1 donne toujours un résultat plus petit que la quantité de départ ; une fraction plus grande que 1, un résultat plus grand.
Les trois quarts de 20 ne peuvent pas valoir 26,7 : la division et la multiplication ont été échangées.
La somme de deux fractions dépasse chacune d'elles
Comparer le résultat d'une addition à ses deux termes. Un total plus petit que l'un des termes signale des dénominateurs additionnés.
52 est plus petit que 21 : ce ne peut pas être 21+31.
Le coefficient testé sur une autre colonne
Reprendre le coefficient trouvé et l'appliquer à une colonne qui n'a pas servi à le calculer.
Coefficient 1,80 dollar par kilogramme : 2,5×1,80=4,50 dollars, la valeur de l'énoncé est retrouvée.
L'unité du coefficient
Lire à voix haute l'unité du coefficient. Si elle ne veut rien dire, la division a été faite à l'envers.
« 0,55 kilogramme par dollar » au lieu de « 1,80 dollar par kilogramme » : les deux nombres ont été inversés.
L'exercice type décortiqué
Quel paquet de riz choisir
Un paquet de riz de 2,5 kg coûte 4,50 dollars. Un autre, de 4 kg, coûte 7,60 dollars.
Quel paquet revient le moins cher au kilogramme ?
Étape 1
Le prix est proportionnel à la masse : on peut ramener chaque paquet à 1 kg.
Pourquoi
C'est la seule justification qui autorise la division. Sans elle, comparer des prix au kilo n'a aucun sens, et le correcteur attend cette phrase.
Étape 2
Premier paquet : 4,50÷2,5=1,80 dollar par kilogramme.
Pourquoi
On divise le prix par la masse, jamais l'inverse. L'unité « dollar par kilogramme » se lit dans le sens de la division et sert de garde-fou.
Étape 3
Second paquet : 7,60÷4=1,90 dollar par kilogramme.
Pourquoi
Même opération, même unité : c'est ce qui rend les deux nombres comparables. Comparer 4,50 et 7,60 ne compare rien du tout.
Étape 4
1,80<1,90 : le premier paquet est moins cher au kilogramme.
Pourquoi
La comparaison porte enfin sur deux grandeurs de même nature. C'est le seul moment du problème où l'on compare.
Étape 5
Contrôle : 2,5×1,80=4,50 et 4×1,90=7,60, les deux prix de l'énoncé sont retrouvés.
Pourquoi
L'opération inverse valide les deux divisions d'un coup. Vingt secondes, et l'erreur de division devient impossible.
Conclusion rédigée
« Le paquet de 2,5 kg revient à 1,80 dollar le kilogramme contre 1,90 dollar pour l'autre : c'est lui le plus avantageux. »
L'erreur classique sur cet exercice : Comparer directement 4,50 et 7,60 et conclure que le premier paquet est moins cher : c'est vrai du prix, faux du prix au kilogramme, et l'énoncé demandait le second.
À savoir par cœur
•Le dénominateur partage en parts ÉGALES, le numérateur compte les parts prises.
•Multiplier ou diviser en haut ET en bas par un même nombre non nul ne change pas la fraction ; ajouter ou soustraire, si.
•À numérateurs égaux, la plus grande fraction est celle de plus PETIT dénominateur.
•Prendre les ba d'une quantité : diviser par b, puis multiplier par a.
•Deux pourcentages successifs se MULTIPLIENT : 50% puis 50% laissent 25%.
•Un tableau est proportionnel si le même coefficient marche sur TOUTES les colonnes.
•Sur un graphique : points alignés ET droite passant par l'origine, les deux conditions ensemble.
Questions fréquentes
Comment comparer deux fractions en Sixième ?
On regarde d'abord la forme. À dénominateurs égaux, on compare les numérateurs. À numérateurs égaux, la plus grande est celle qui a le plus petit dénominateur, parce que les parts sont moins fines. Si l'une est plus petite que un et l'autre plus grande, c'est réglé. Sinon seulement, on met au même dénominateur.
Pourquoi un demi plus un tiers ne fait pas deux cinquièmes ?
Parce qu'on n'additionne que des parts de même taille. Un demi et un tiers découpent l'unité différemment : il faut d'abord les écrire en sixièmes, ce qui donne trois sixièmes plus deux sixièmes, soit cinq sixièmes. Deux cinquièmes serait d'ailleurs plus petit qu'un demi, ce qu'une somme ne peut pas être.
Comment calculer les trois quarts d'une quantité ?
On divise par le dénominateur, puis on multiplie par le numérateur. Pour les trois quarts de vingt élèves : vingt divisé par quatre donne cinq, et cinq multiplié par trois donne quinze élèves. Dans cet ordre, le calcul reste sur des nombres entiers, et le résultat est forcément plus petit que la quantité de départ.
Une réduction de 50 % suivie d'une autre de 50 % rend-elle gratuit ?
Non. La seconde réduction porte sur le prix déjà réduit, pas sur le prix de départ. Un article à quatre-vingts dollars passe à quarante, puis à vingt : il reste vingt-cinq pour cent du prix initial. Deux pourcentages successifs se multiplient et ne s'additionnent jamais.
Comment savoir si un graphique représente une proportionnalité ?
Deux conditions doivent être réunies : les points sont alignés, et la droite passe par l'origine du repère. Des points parfaitement alignés qui démarrent au-dessus de zéro signalent un montant fixe, comme des frais de livraison ou un abonnement, et la situation n'est alors pas proportionnelle.
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Exercices corrigés : Fractions et proportionnalité
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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