Exercices corrigés : la complétion du carré et la factorisation par la formule quadratique (math TS, secondaire 5)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématique Technico-sciences de cinquième secondaire sur la complétion du carré et la factorisation par la formule quadratique, calibrés sur le niveau réel des évaluations de la séquence. Ce sont les deux entrées que le programme ajoute aux quatre techniques de factorisation vues l'an dernier, et elles servent tout de suite après, dans l'étude de la fonction du second degré et dans celle des lieux géométriques.
Le fil de la série est le suivant : un trinôme se factorise dès que son discriminant est positif ou nul, même quand les zéros ne tombent pas juste. La complétion du carré le démontre, la formule quadratique en est le raccourci, et le facteur a ne s'oublie jamais.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•COMPLÉTER LE CARRÉ : on ajoute (2b)2 et on le retranche aussitôt, donc la valeur de l'expression ne change jamais. x2+bx+c=(x+2b)2−4b2+c.
•QUAND a=1, on met a en évidence sur les DEUX PREMIERS termes seulement, et le nombre retranché dans la parenthèse sort MULTIPLIÉ PAR a. C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre.
•FORME CANONIQUE : y=a(x−h)2+k donne le sommet (h;k) à la lecture, avec h=−2ab. Le sommet est un minimum si a>0, un maximum si a<0.
•FACTORISER PAR LA FORMULE : si x1 et x2 sont les zéros, alors ax2+bx+c=a(x−x1)(x−x2). Le facteur a se répartit ensuite dans les parenthèses pour obtenir des coefficients entiers.
•LE DISCRIMINANT TRANCHE : Δ=b2−4ac. Carré parfait, les zéros sont rationnels ; positif sans être un carré parfait, ils sont irrationnels et la factorisation contient des radicaux ; nul, le trinôme est a(x−x1)2 ; négatif, aucune factorisation réelle.
•UN CARRÉ EST TOUJOURS POSITIF OU NUL : c'est ce qui fait de la forme canonique la méthode la plus courte pour un minimum, un maximum ou un signe. (x−h)2≥0 pour tout x.
•DIVISER UNE INÉQUATION PAR UN NOMBRE NÉGATIF RENVERSE LE SENS. Dans −2(x−7,5)2≥−12,5, le passage à (x−7,5)2≤6,25 retourne l'inégalité, et l'oublier donne exactement la réponse contraire.
•COMPLÉTER LE CARRÉ EN DEUX VARIABLES sert à reconnaître un cercle écrit sous forme développée : on complète en x, puis en y, séparément.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Le carré parfait, reconnu puis fabriqué
Un trinôme carré parfait s'écrit x2+bx+(2b)2=(x+2b)2. Le terme constant n'est donc pas libre : il vaut le carré de la MOITIÉ du coefficient de x.
La figure le dit en aires. Le carré de côté x et les deux rectangles de largeur 2b forment un gnomon ; il manque exactement le petit carré du coin pour que la figure soit un carré de côté x+2b.
Compléter le carré, c'est ajouter ce petit carré ET le retrancher aussitôt, pour ne rien changer à la valeur de l'expression.
a) Quel terme constant faut-il ajouter à x2+14x pour obtenir un carré parfait ? Écrivez ensuite ce carré.
b) Même question pour x2−9x, où le coefficient impair est volontaire.
c) Complétez le carré dans x2+14x+40, sans changer la valeur de l'expression.
d) Complétez le carré dans x2−9x+7.
e) En vous servant de la figure, expliquez pourquoi le terme qu'on ajoute vaut (2b)2 et pas b2.
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Réponses
a)On ajoute 49 : x2+14x+49=(x+7)2
b)On ajoute 481=20,25 : x2−9x+20,25=(x−4,5)2
c)x2+14x+40=(x+7)2−9
d)x2−9x+7=(x−4,5)2−13,25
e)Les deux rectangles ont pour largeur 2b, donc le coin manquant est un carré de côté 2b, d'aire (2b)2.
a)
La moitié de 14 vaut 7, et 72=49. On ajoute donc 49, ce qui donne x2+14x+49=(x+7)2. Vérification par développement : (x+7)2=x2+14x+49, le double produit 2×x×7 redonne bien 14x. C'est ce double produit qui explique la moitié : le coefficient de x vaut DEUX fois le nombre qui est dans la parenthèse.
b)
La moitié de −9 vaut −4,5, et (−4,5)2=20,25, c'est-à-dire 481. On obtient x2−9x+481=(x−29)2. Un coefficient impair ne change rien à la méthode : il donne simplement une fraction, et il vaut mieux garder 29 que d'arrondir, parce que l'arrondi se propage ensuite dans le sommet.
c)
Le trinôme porte déjà un 40, or le carré parfait en demande 49. On écrit donc 40=49−9 : x2+14x+40=(x+7)2x2+14x+49−9=(x+7)2−9. Vérification à x=0 : l'expression de départ vaut 40, et (0+7)2−9=49−9=40. Les deux écritures sont la même expression, pas deux expressions égales par hasard.
d)
Il faut 20,25, on n'a que 7 : x2−9x+7=(x−4,5)2−20,25+7=(x−4,5)2−13,25. Vérification à x=0 : (−4,5)2−13,25=20,25−13,25=7. En fractions, la même chose s'écrit (x−29)2−453.
e)
Le carré de départ a pour côté x. Pour agrandir ce carré en gardant un carré, on ajoute une bande le long du côté du bas ET une bande le long du côté de droite : le terme bx se partage donc en DEUX rectangles de largeur 2b. Le coin où les deux bandes se rejoignent est un carré de côté 2b, donc d'aire (2b)2. Ajouter b2 reviendrait à poser une seule bande de largeur b d'un seul côté, ce qui ne ferme aucun carré. L'erreur coûte toute la question, parce que le sommet trouvé ensuite est faux.
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Exercice 2 : Compléter le carré quand le coefficient dominant n'est pas 1
Quand a=1, on met a en évidence sur les DEUX PREMIERS termes seulement, on complète le carré à l'intérieur de la parenthèse, puis on redistribue a sur ce qui en sort.
Le piège tient en une ligne : le nombre retranché dans la parenthèse est multiplié par a en sortant. Oublier cette multiplication est l'erreur la plus fréquente du chapitre.
a) 3x2+12x+5
b) 2x2−10x+3
c) −x2+6x−4
d) −4x2−8x+1
e) Pourquoi met-on a en évidence sur les deux premiers termes seulement, et non sur les trois ?
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Réponses
a)3(x+2)2−7
b)2(x−2,5)2−9,5
c)−(x−3)2+5
d)−4(x+1)2+5
e)Parce que le terme constant n'est pas concerné par le carré : le mettre dans la parenthèse obligerait à y ramener une fraction inutile.
a)
3x2+12x+5=3(x2+4x)+5. Dans la parenthèse, la moitié de 4 vaut 2 et 22=4 : 3[(x+2)2−4]+5. On redistribue : 3(x+2)2−12+5=3(x+2)2−7. Le −4 de la parenthèse est devenu −12, c'est là que tout se joue. Vérification à x=0 : 3×4−7=5, et le trinôme de départ vaut 5.
b)
2x2−10x+3=2(x2−5x)+3. Moitié de −5 : −2,5, au carré 6,25. Donc 2[(x−2,5)2−6,25]+3=2(x−2,5)2−12,5+3=2(x−2,5)2−9,5. Vérification à x=0 : 2×6,25−9,5=12,5−9,5=3.
c)
−x2+6x−4=−(x2−6x)−4. Attention au signe : en mettant −1 en évidence, le +6x devient −6x dans la parenthèse. Moitié de −6 : −3, au carré 9. Donc −[(x−3)2−9]−4=−(x−3)2+9−4=−(x−3)2+5. Vérification à x=3 : le trinôme vaut −9+18−4=5, et la forme canonique donne 5. La parabole s'ouvre vers le bas, son maximum vaut donc 5 et il est atteint en x=3.
d)
−4x2−8x+1=−4(x2+2x)+1. Ici −8x divisé par −4 donne +2x, et un signe mal géré envoie tout le reste à l'erreur. Moitié de 2 : 1, au carré 1. Donc −4[(x+1)2−1]+1=−4(x+1)2+4+1=−4(x+1)2+5. Vérification à x=−1 : le trinôme vaut −4+8+1=5.
e)
Parce que la complétion du carré ne s'occupe QUE des termes en x2 et en x : le terme constant n'entre jamais dans le carré. Si on mettait a en évidence sur les trois termes, le terme constant deviendrait ac, une fraction de plus à traîner, qu'il faudrait de toute façon ressortir à la fin. La méthode courte est la bonne, et elle est aussi celle que l'examen attend.
Exercice 3 : De la forme générale à la forme canonique
La forme canonique y=a(x−h)2+k donne le sommet (h;k) à la lecture, ce que la forme générale y=ax2+bx+c cache. La complétion du carré est le passage de l'une à l'autre.
Pour chaque règle : donnez la forme canonique, le sommet, et dites si le sommet est un minimum ou un maximum.
a) y=x2−6x+5
b) y=2x2+8x+3
c) y=−3x2+12x−7
d) Vérifiez sur b) que h=−2ab, puis expliquez d'où vient cette formule.
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Réponses
a)y=(x−3)2−4, sommet (3;−4), minimum
b)y=2(x+2)2−5, sommet (−2;−5), minimum
c)y=−3(x−2)2+5, sommet (2;5), maximum
d)−2×28=−2=h : la formule est la moitié du coefficient de x dans la parenthèse, changée de signe.
a)
x2−6x+5=(x2−6x+9)−9+5=(x−3)2−4. Sommet (3;−4), et comme a=1>0 la parabole s'ouvre vers le haut : c'est un MINIMUM, la valeur −4 est la plus petite que y puisse prendre. Vérification : à x=3, 9−18+5=−4.
b)
2x2+8x+3=2(x2+4x)+3=2[(x+2)2−4]+3=2(x+2)2−8+3=2(x+2)2−5. Sommet (−2;−5), minimum car a=2>0. Vérification : à x=−2, 2×4−16+3=−5.
c)
−3x2+12x−7=−3(x2−4x)−7=−3[(x−2)2−4]−7=−3(x−2)2+12−7=−3(x−2)2+5. Sommet (2;5), MAXIMUM car a=−3<0. Vérification : à x=2, −12+24−7=5.
d)
Pour b), −2ab=−48=−2, qui est bien le h trouvé. D'où cela vient : après la mise en évidence, la parenthèse contient x2+abx, et la complétion y place la MOITIÉ de ab, c'est-à-dire 2ab, sous la forme (x+2ab)2. Or la forme canonique s'écrit avec un MOINS, (x−h)2, donc h=−2ab. La formule n'est pas une règle à retenir à part : c'est la complétion du carré faite une fois pour toutes avec des lettres. Le k, lui, se calcule ensuite en évaluant la règle en h, ce qui est plus rapide que la deuxième formule.
Exercice 4 : La formule quadratique ne fait pas que résoudre : elle factorise
Si x1 et x2 sont les zéros de ax2+bx+c, alors ax2+bx+c=a(x−x1)(x−x2). Le facteur a n'est pas décoratif : sans lui, le produit développé n'a pas le bon coefficient dominant.
Les zéros se trouvent avec x=2a−b±b2−4ac. Factorisez chaque trinôme, puis vérifiez en développant.
a) 2x2−7x+3
b) 6x2+x−2
c) 4x2−12x+9
d) Un élève écrit 2x2−7x+3=(x−3)(x−21). Où est l'erreur, et comment la détecter en deux secondes ?
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Réponses
a)2(x−3)(x−21)=(x−3)(2x−1)
b)6(x−21)(x+32)=(2x−1)(3x+2)
c)4(x−23)2=(2x−3)2
d)Le facteur a=2 manque : le produit proposé donne x2 et non 2x2.
a)
a=2, b=−7, c=3. Discriminant : (−7)2−4×2×3=49−24=25, un carré parfait, donc les zéros sont rationnels : x=47±5, soit x1=3 et x2=21. La factorisation est 2(x−3)(x−21), et on fait entrer le 2 dans le second facteur pour obtenir des coefficients entiers : (x−3)(2x−1). Vérification par développement : 2x2−x−6x+3=2x2−7x+3.
b)
a=6, b=1, c=−2. Discriminant : 1+48=49, donc x=12−1±7, soit x1=21 et x2=−32. On écrit 6(x−21)(x+32), puis on répartit le 6 en 2 et 3, un par facteur : (2x−1)(3x+2). Vérification : 6x2+4x−3x−2=6x2+x−2. Répartir le facteur a facteur par facteur, plutôt que de le coller à l'un des deux, est ce qui donne des coefficients entiers du premier coup.
c)
a=4, b=−12, c=9. Discriminant : 144−144=0. Un discriminant NUL donne un seul zéro, x=812=23, compté deux fois : 4(x−23)(x−23)=4(x−23)2. En faisant entrer 4=2×2, un 2 par facteur : (2x−3)2. On retrouve le trinôme carré parfait de la TS 4, mais par un autre chemin, et sans avoir eu besoin de le reconnaître.
d)
Le facteur a=2 a été oublié. On le détecte en regardant le seul terme en x2 : le produit proposé donne x×x=x2, alors que le trinôme commence par 2x2. Deux secondes suffisent, et cette vérification s'applique à toute factorisation. On peut aussi évaluer en un point simple : à x=0, le trinôme vaut 3 tandis que (0−3)(0−21)=1,5, soit exactement la moitié. L'erreur coûte tous les points de la question, parce que l'expression écrite n'est pas égale à celle de départ.
Exercice 5 : Quand les zéros ne sont pas rationnels
Un discriminant positif qui n'est PAS un carré parfait donne des zéros irrationnels. Le trinôme se factorise quand même, sur les réels : c'est exactement ce que la technique produit-somme ne sait pas faire, et ce pour quoi la formule quadratique existe.
Donnez chaque factorisation en valeurs EXACTES, avec les radicaux.
a) x2−6x+4
b) 2x2+4x−1
c) x2+x+1
d) Parmi 3x2−5x+2 et 3x2−5x+3, lequel se factorise sur les réels ? Justifiez par le discriminant, puis factorisez celui qui se factorise.
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Réponses
a)(x−3−5)(x−3+5)
b)2(x+1−26)(x+1+26)
c)Aucune factorisation réelle : le discriminant vaut −3
d)3x2−5x+2=(3x−2)(x−1) ; l'autre a un discriminant de −11
a)
Discriminant : 36−16=20, positif mais pas un carré parfait. x=26±20=26±25=3±5. On simplifie le radical AVANT de diviser, sinon la fraction ne se simplifie pas. La factorisation est donc (x−3−5)(x−3+5), avec a=1. Vérification par développement, en reconnaissant une différence de carrés : [(x−3)−5][(x−3)+5]=(x−3)2−5=x2−6x+9−5=x2−6x+4. Au passage, (x−3)2−5 est la forme canonique : la factorisation et la complétion du carré disent la même chose.
b)
Discriminant : 16+8=24. x=4−4±24=4−4±26=2−2±6=−1±26. Avec le facteur a=2 : 2(x+1−26)(x+1+26). Vérification : le produit des deux parenthèses vaut (x+1)2−46, et en multipliant par 2 on obtient 2(x+1)2−3=2x2+4x+2−3=2x2+4x−1. Valeurs approchées des zéros : 0,2247 et −2,2247.
c)
Discriminant : 1−4=−3<0. Il n'y a aucun zéro réel, donc aucune factorisation sur les réels. La complétion du carré le montre autrement, et mieux : x2+x+1=(x+21)2+43, une somme d'un carré et d'un nombre strictement positif, donc une expression toujours supérieure ou égale à 43. Un trinôme qui ne s'annule jamais ne peut pas s'écrire comme un produit de deux facteurs du premier degré, puisqu'un tel produit s'annule.
d)
Pour 3x2−5x+2 : 25−24=1>0, et c'est même un carré parfait, donc les zéros sont rationnels : x=65±1, soit 1 et 32. La factorisation est 3(x−1)(x−32)=(x−1)(3x−2). Pour 3x2−5x+3 : 25−36=−11<0, aucune factorisation réelle. Un seul chiffre change dans le trinôme, et la réponse bascule : c'est pourquoi on calcule le discriminant AVANT de chercher une factorisation à tâtons.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Le discriminant, juge de la factorisation
Trois trinômes qui ne diffèrent que par leur terme constant, et trois verdicts différents. Le discriminant b2−4ac tranche avant tout calcul : carré parfait et les zéros sont rationnels, positif sans être un carré parfait et ils sont irrationnels, négatif et il n'y a rien à factoriser sur les réels.
La figure rappelle les trois positions possibles d'une parabole par rapport à l'axe des x. Elle ne représente pas les trois trinômes de l'exercice : c'est le schéma général.
a) x2−7x+12 : discriminant, verdict, factorisation.
b) x2−7x+11 : discriminant, verdict, factorisation.
c) x2−7x+13 : discriminant, verdict, factorisation.
d) Pour quelles valeurs ENTIÈRES de c comprises entre 1 et 12 le trinôme x2−7x+c se factorise-t-il avec des zéros RATIONNELS ?
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Réponses
a)Δ=1, zéros rationnels, (x−3)(x−4)
b)Δ=5, zéros irrationnels, (x−27−5)(x−27+5)
c)Δ=−3, aucune factorisation réelle
d)c=6, c=10 et c=12
a)
Δ=49−48=1, un carré parfait. Les zéros sont x=27±1, soit 4 et 3, et la factorisation est (x−3)(x−4). Le produit-somme l'aurait donnée aussi vite, puisqu'il faut deux nombres de produit 12 et de somme 7.
b)
Δ=49−44=5, positif mais pas un carré parfait. Les zéros sont x=27±5, environ 2,382 et 4,618. La factorisation exacte est (x−27−5)(x−27+5). Ici le produit-somme échoue complètement : aucun couple d'entiers ne convient, et un élève qui s'entête à en chercher un perd son temps et conclut à tort que le trinôme est irréductible.
c)
Δ=49−52=−3<0 : aucune factorisation réelle. La forme canonique (x−27)2+43 confirme que l'expression reste toujours supérieure à zéro.
d)
Les zéros sont rationnels quand Δ=49−4c est un carré parfait positif ou nul. On teste les carrés : 49−4c=1 donne c=12, 49−4c=9 donne c=10, 49−4c=25 donne c=6, 49−4c=49 donne c=0, hors de la plage demandée. Les cas 49−4c=4, 16 ou 36 conduisent à des c non entiers, parce que 49 est impair et que 4c est pair : 49−4c est donc toujours IMPAIR, et seuls les carrés impairs sont possibles. Réponse : c=6, c=10 et c=12, qui donnent respectivement (x−1)(x−6), (x−2)(x−5) et (x−3)(x−4). La remarque de parité épargne la moitié des essais, et c'est le genre d'argument que la compétence « raisonnement » attend.
Exercice 7 : Ce que la forme canonique permet de démontrer
La complétion du carré ne sert pas qu'à factoriser. Dès qu'une question porte sur un SIGNE, un MINIMUM ou un MAXIMUM, c'est elle qui donne la réponse en une ligne, parce qu'un carré est toujours positif ou nul.
a) Montrez que x2−8x+20 est strictement positif pour tout x réel, et donnez son minimum.
b) Donnez le maximum de −2x2+12x−13 et la valeur de x qui le réalise.
c) Résolvez x2+6x−16>0 en passant par la forme canonique, sans tableau de signes.
d) Écrivez x2+y2−6x+4y+9=0 sous la forme (x−h)2+(y−k)2=r2, puis dites ce que cette équation représente.
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Réponses
a)(x−4)2+4≥4>0, minimum 4 en x=4
b)Maximum 5 en x=3
c)x<−8 ou x>2
d)(x−3)2+(y+2)2=4 : le cercle de centre (3;−2) et de rayon 2
a)
x2−8x+20=(x2−8x+16)+4=(x−4)2+4. Un carré est toujours positif ou nul, donc l'expression vaut au moins 4 : elle est strictement positive, et son minimum est 4, atteint pour x=4. Le discriminant dirait aussi qu'il n'y a pas de zéro, 64−80=−16<0, mais il ne donnerait pas le minimum, alors que la forme canonique donne les deux d'un coup.
b)
−2x2+12x−13=−2(x2−6x)−13=−2[(x−3)2−9]−13=−2(x−3)2+18−13=−2(x−3)2+5. Le carré est positif ou nul, on le multiplie par −2, donc −2(x−3)2 est négatif ou nul : l'expression vaut au plus 5. Maximum 5, atteint en x=3. Vérification : −18+36−13=5.
c)
x2+6x−16=(x+3)2−9−16=(x+3)2−25. L'inéquation devient (x+3)2>25, c'est-à-dire ∣x+3∣>5, donc x+3>5 ou x+3<−5 : x>2 ou x<−8. L'ensemble-solution est ]−∞;−8[∪]2;+∞[. Le passage par la valeur absolue est ce qui évite le tableau de signes : une inéquation A2>k avec k>0 donne toujours DEUX morceaux séparés, jamais un intervalle unique.
d)
On complète le carré en x et en y séparément : x2−6x=(x−3)2−9 et y2+4y=(y+2)2−4. L'équation devient (x−3)2−9+(y+2)2−4+9=0, donc (x−3)2+(y+2)2=4. C'est l'équation du cercle de centre (3;−2) et de rayon 4=2. Vérification avec un point : (5;−2) donne 4+0=4, il est bien sur le cercle, et il est bien à distance 2 du centre. La complétion du carré en deux variables est l'outil qui sert à reconnaître une conique écrite sous forme développée, au chapitre des lieux géométriques.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Pour chacune, donnez un contre-exemple ou l'argument qui la réfute, puis écrivez l'énoncé correct.
Ce sont les cinq erreurs relevées le plus souvent sur ce chapitre en évaluation.
a) « Pour compléter le carré dans x2+bx, on ajoute b2. »
b) « Un trinôme dont le discriminant n'est pas un carré parfait ne se factorise pas. »
c) « Si x1 et x2 sont les zéros d'un trinôme, alors ce trinôme vaut (x−x1)(x−x2). »
d) « Compléter le carré change la valeur de l'expression, puisqu'on lui ajoute un nombre. »
e) « Un trinôme dont le discriminant est nul ne se factorise pas, puisqu'il n'a qu'un seul zéro. »
Voir la correction
a)
Contre-exemple : dans x2+6x, ajouter b2=36 donne x2+6x+36, qui n'est pas un carré parfait, puisque (x+6)2=x2+12x+36. L'énoncé correct : on ajoute (2b)2, ici 9, et x2+6x+9=(x+3)2. La raison est le double produit : dans (x+m)2, le terme en x vaut 2m, donc m est la MOITIÉ du coefficient.
b)
Contre-exemple : x2−6x+4 a un discriminant de 20, qui n'est pas un carré parfait, et il se factorise pourtant en (x−3−5)(x−3+5). L'énoncé correct : un discriminant qui n'est pas un carré parfait signifie que les zéros sont IRRATIONNELS, donc que le produit-somme ne les trouvera pas ; la factorisation existe quand même sur les réels dès que le discriminant est positif ou nul. C'est seulement un discriminant NÉGATIF qui interdit toute factorisation réelle.
c)
Faux dès que a=1 : il manque le facteur a. Contre-exemple : 2x2−7x+3 a pour zéros 3 et 21, et (x−3)(x−21) vaut x2−3,5x+1,5, soit la MOITIÉ du trinôme. L'énoncé correct : ax2+bx+c=a(x−x1)(x−x2). Le contrôle en deux secondes est de comparer le coefficient de x2 dans les deux écritures.
d)
Faux, parce qu'on ajoute ET qu'on retranche le même nombre dans la même expression. x2+14x+40=(x2+14x+49)−9+40−40, écrit plus court (x+7)2−9 : le bilan de l'opération est nul. Vérification numérique à x=1 : l'expression de départ vaut 55, et (1+7)2−9=64−9=55. L'énoncé correct : la complétion du carré change l'ÉCRITURE, jamais la valeur. C'est une transformation d'écriture, comme la mise en évidence.
e)
Faux. Contre-exemple : 4x2−12x+9 a un discriminant nul et se factorise en (2x−3)2. L'énoncé correct : un discriminant nul donne un zéro DOUBLE, et la factorisation est un carré, a(x−x1)2. Le trinôme est alors un trinôme carré parfait, et il touche l'axe des x sans le traverser. Répondre « pas factorisable » ici coûte tous les points, alors que c'est le cas le plus simple des trois.
Exercice 9 : Problème : la gouttière pliée
Un atelier de ferblanterie plie des feuilles d'acier de 30 cm de largeur pour en faire des gouttières de section rectangulaire ouverte. On relève les deux bords sur une même hauteur x, en centimètres, et la largeur du fond est ce qu'il reste de la feuille.
Plus on relève haut, plus la gouttière est profonde, mais plus son fond est étroit. Il y a donc une hauteur de pli qui donne la plus grande section, et c'est la complétion du carré qui la donne.
a) Exprimez l'aire A de la section de la gouttière en fonction de x, et donnez les valeurs de x qui ont un sens.
b) Écrivez A(x) sous forme canonique par complétion du carré.
c) Quelle hauteur de pli donne la section maximale, et combien vaut cette section ?
d) Le client exige une section d'au moins 100 cm². Entre quelles hauteurs de pli faut-il rester ?
Voir la correction
Réponses
a)A(x)=x(30−2x)=−2x2+30x, avec 0<x<15
b)A(x)=−2(x−7,5)2+112,5
c)Pli de 7,5 cm, section maximale de 112,5 cm²
d)Entre 5 cm et 10 cm
a)
Les deux bords relevés mesurent x chacun, donc le fond mesure 30−2x centimètres. La section est un rectangle de hauteur x et de base 30−2x : A(x)=x(30−2x)=−2x2+30x, en centimètres carrés. Pour que la figure existe, il faut x>0 et 30−2x>0, donc 0<x<15. Cette contrainte n'est pas décorative : elle élimine d'avance toute réponse négative ou supérieure à 15.
b)
A(x)=−2(x2−15x). La moitié de −15 vaut −7,5, au carré 56,25. Donc A(x)=−2[(x−7,5)2−56,25]=−2(x−7,5)2+112,5. Vérification à x=5 : la forme de départ donne 5×20=100, et la forme canonique −2×6,25+112,5=100.
c)
Le coefficient −2 est négatif, donc le sommet est un maximum : la section est maximale pour x=7,5 cm et vaut 112,5 cm². Le fond mesure alors 30−15=15 cm, soit exactement le double de la hauteur. C'est un résultat d'atelier utile à retenir : pour une feuille pliée en U, la meilleure section est obtenue quand le fond vaut le double du pli, autrement dit quand on relève le quart de la largeur de chaque côté.
d)
On résout −2(x−7,5)2+112,5≥100, soit −2(x−7,5)2≥−12,5, puis, en divisant par −2 ce qui RENVERSE le sens, (x−7,5)2≤6,25. Donc ∣x−7,5∣≤2,5, c'est-à-dire 5≤x≤10. Les deux bornes appartiennent bien à l'intervalle ]0;15[, elles sont donc toutes deux acceptables. Vérification aux bornes : A(5)=5×20=100 et A(10)=10×10=100. Oublier de renverser l'inégalité en divisant par −2 donne x≤5 ou x≥10, soit exactement le contraire de la réponse.
Exercice 10 : Problème : le portique de levage
Un portique de levage a une ouverture en forme d'arc de parabole. Sa portée au sol mesure 12 mètres et sa hauteur au centre atteint 9 mètres. On place l'origine du repère au pied gauche du portique, l'axe des x au sol et l'axe des y vertical.
Toute la question est de savoir ce qui passe dessous. On répond en écrivant la même règle de deux façons : la forme factorisée donne les pieds, la forme canonique donne le sommet.
a) Écrivez la règle sous la forme factorisée y=ax(x−12), en déterminant a à l'aide de la hauteur au centre.
b) Développez, puis passez à la forme canonique par complétion du carré. Vérifiez que le sommet correspond bien à l'énoncé.
c) Un chargement de 8 mètres de large et de 5 mètres de haut se présente, centré sous le portique. Passe-t-il ?
d) Quelle est la largeur maximale d'un chargement de 5 mètres de haut qui passe sous ce portique ?
Voir la correction
Réponses
a)a=−0,25, donc y=−0,25x(x−12)
b)y=−0,25x2+3x=−0,25(x−6)2+9, sommet (6;9)
c)Non : la hauteur vaut exactement 5 m aux deux bords, il n'y a aucun jeu
d)8 mètres exactement, donc en pratique un peu moins
a)
La forme factorisée impose les zéros 0 et 12, ce qui est bien la portée. Au centre, x=6 et y=9 : 9=a×6×(6−12)=−36a, donc a=−41=−0,25. La règle est y=−0,25x(x−12). Le signe négatif était prévisible : l'arc s'ouvre vers le bas.
b)
En développant : y=−0,25x2+3x. Complétion : y=−0,25(x2−12x)=−0,25[(x−6)2−36]=−0,25(x−6)2+9. Le sommet est (6;9), c'est-à-dire 9 mètres de hauteur à 6 mètres du pied gauche, ce que l'énoncé annonçait. Les deux formes disent la même chose et servent à des questions différentes : la factorisée pour les pieds, la canonique pour la hauteur maximale.
c)
Centré, un chargement de 8 mètres de large occupe de x=2 à x=10. La hauteur du portique en x=2 vaut −0,25×2×(2−12)=5 mètres, et par symétrie la même chose en x=10. Le chargement mesure exactement 5 mètres de haut : ses deux arêtes supérieures FRÔLENT l'arc, avec un jeu nul. La réponse est donc non, pas en pratique : il faut un jeu de sécurité, et une réponse qui se contente de « 5=5, donc ça passe » manque le sens de la question. Il faudrait abaisser le chargement de quelques centimètres ou le rétrécir.
d)
On cherche les x tels que la hauteur soit au moins 5 : −0,25(x−6)2+9≥5, soit −0,25(x−6)2≥−4, puis, en divisant par −0,25 ce qui renverse le sens, (x−6)2≤16, donc ∣x−6∣≤4 et 2≤x≤10. La largeur disponible à cinq mètres de hauteur vaut 10−2=8 mètres, ce qui confirme la question c) : le chargement de 8 mètres est exactement à la limite. Pour passer avec un jeu de 20 cm de chaque côté, il faudrait une largeur d'au plus 7,6 mètres.
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