Exercices corrigés : les identités trigonométriques (math TS, secondaire 5)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématique Technico-sciences de cinquième secondaire sur les identités et les équations trigonométriques, calibrés sur le niveau réel des évaluations de la séquence : identité pythagoricienne cos2θ+sin2θ=1 et identité de quotient, simplification d'expressions, formules d'addition, formules de l'angle double et de l'angle moitié, démonstration d'une identité et résolution d'équations trigonométriques par factorisation. Le répertoire officiel ne nomme pas ce chapitre « calculs trigonométriques » : il le nomme les identités, et il y range aussi les équations.
Dix exercices. Vous savez démontrer et utiliser les deux identités de base (exercice 1), trouver un rapport à partir d'un autre en laissant le quadrant trancher (exercice 2), simplifier une expression en ramenant tout au sinus et au cosinus (exercice 3), calculer cos15∘ ou sin75∘ exactement par les formules d'addition (exercice 4), appliquer l'angle double et l'angle moitié (exercice 5), démontrer une identité en partant du membre le plus compliqué (exercice 6) et résoudre une équation trigonométrique dans [0;2π[ (exercice 7).
Deux problèmes techniques ferment la série : les composantes horizontale et verticale de l'effort sur un hauban (exercice 9), et deux haut-parleurs déphasés dont la somme peut doubler ou éteindre le son (exercice 10).
Le fil de la série est le suivant : une identité n'est pas une équation. Une équation se résout et n'est vraie que pour certains angles ; une identité se DÉMONTRE et reste vraie pour tous. Confondre les deux est l'erreur qui coûte le plus cher au chapitre. Les autres pièges corrigés : oublier le quadrant et garder les deux signes (exercice 2), écrire cos(a+b)=cosa+cosb (exercice 4), multiplier en croix pour démontrer (exercice 6), diviser par sinx et perdre des solutions (exercice 7), et sin2x=2sinx (exercice 8). Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•PYTHAGORICIENNE : cos2θ+sin2θ=1, vraie pour tout réel. Ses deux formes dérivées, sin2=1−cos2 et cos2=1−sin2, servent bien plus souvent que l'originale.
•QUOTIENT : tanθ=cosθsinθ, avec cosθ=0. Une identité s'énonce toujours avec son domaine de validité.
•TROISIÈME IDENTITÉ UTILE : 1+tan2x=cos2x1, qui se démontre en une ligne et revient constamment.
•UN RAPPORT À PARTIR D'UN AUTRE : la pythagoricienne donne un CARRÉ, donc deux racines opposées. C'est le QUADRANT qui tranche, et sans lui la réponse est incomplète.
•ADDITION : sin(a±b)=sinacosb±cosasinb et cos(a±b)=cosacosb∓sinasinb. Le signe du cosinus est INVERSÉ.
•ANGLE DOUBLE : sin2a=2sinacosa et cos2a=cos2a−sin2a=2cos2a−1=1−2sin2a. On choisit la forme qui ne contient que le rapport dont on dispose.
•ANGLE MOITIÉ : c'est la formule de l'angle double lue à l'envers, cosa=±21+cos2a, le signe venant du quadrant.
•DÉMONTRER UNE IDENTITÉ : on part du membre le plus compliqué et on le transforme jusqu'à l'autre. Jamais de multiplication en croix, qui est un raisonnement circulaire.
•RÉSOUDRE UNE ÉQUATION : on uniformise l'argument, on ramène à un seul rapport, puis on FACTORISE. Un produit est nul quand un facteur est nul.
•NE JAMAIS DIVISER par un facteur trigonométrique : cela perd toutes les solutions qui l'annulent. C'est le piège le plus coûteux du chapitre.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Les deux identités de base
Tout le chapitre repose sur deux identités. La PYTHAGORICIENNE, cos2θ+sin2θ=1, n'est que le théorème de Pythagore appliqué au point image du cercle de rayon 1. L'identité de QUOTIENT, tanθ=cosθsinθ, est la définition de la tangente.
Une IDENTITÉ n'est pas une équation : elle est vraie pour TOUS les angles où les deux membres existent. On ne la résout pas, on la démontre.
a) Démontrez cos2θ+sin2θ=1 à partir de la figure.
b) Déduisez-en les deux formes dérivées : sin2θ=1−cos2θ et cos2θ=1−sin2θ.
c) Vérifiez l'identité pythagoricienne pour θ=6π, en valeurs exactes.
d) Pourquoi l'identité de quotient exige-t-elle une condition, alors que la pythagoricienne n'en exige aucune ?
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Réponses
a)Pythagore sur le triangle rectangle d'hypoténuse 1
b)On isole l'un ou l'autre terme
c)43+41=1
d)Parce qu'un quotient exige cosθ=0
a)
Le point image a pour coordonnées (cosθ;sinθ). En abaissant la perpendiculaire à l'axe horizontal, on forme un triangle RECTANGLE dont les cathètes mesurent ∣cosθ∣ et ∣sinθ∣ et dont l'hypoténuse est le rayon, de longueur 1. Pythagore donne cos2θ+sin2θ=1. Les valeurs absolues disparaissent d'elles-mêmes, puisqu'on élève au carré.
b)
Ce sont de simples transpositions : sin2θ=1−cos2θ et cos2θ=1−sin2θ. Ces deux formes servent bien plus souvent que l'originale, parce qu'elles permettent de REMPLACER un carré par l'autre et donc de tout ramener à un seul rapport. C'est la manoeuvre centrale du chapitre.
c)
cos6π=23 et sin6π=21, donc (23)2+(21)2=43+41=1. Vérifier une identité en un point ne la démontre pas, mais une vérification qui échoue suffit à la réfuter.
d)
Parce qu'un QUOTIENT n'existe pas quand son dénominateur est nul : l'identité tanθ=cosθsinθ n'a de sens que si cosθ=0, c'est-à-dire si θ=2π+kπ. La pythagoricienne, elle, n'est faite que de sommes et de produits : elle est vraie pour TOUT réel, sans exception. Une identité s'énonce toujours avec son domaine de validité, et l'examen le compte.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Un rapport à partir d'un autre, le quadrant décide
Connaître un rapport ne suffit pas : l'identité pythagoricienne donne un CARRÉ, donc deux racines opposées. C'est le QUADRANT qui tranche entre les deux.
Ne jamais répondre sans avoir écrit le quadrant : c'est la moitié de la note de ce type de question.
a) On sait que sinθ=53 et que θ est au deuxième quadrant. Trouvez cosθ et tanθ.
b) On sait que tanα=−125 et que α est au quatrième quadrant. Trouvez sinα et cosα.
c) Dans la question a), quelle réponse obtiendrait-on en oubliant le quadrant ?
d) On sait que cosβ=−32 sans autre précision. Que peut-on dire de sinβ ?
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Réponses
a)cosθ=−54 et tanθ=−43
b)sinα=−135 et cosα=1312
c)cosθ=+54, la racine positive, qui est fausse ici
d)sinβ=±35 : deux valeurs possibles
a)
cos2θ=1−(53)2=1−259=2516, donc cosθ=±54. Au DEUXIÈME quadrant le cosinus est NÉGATIF : cosθ=−54. Puis tanθ=−4/53/5=−43. Contrôle : au deuxième quadrant la tangente doit être négative, elle l'est.
b)
De tanα=cosαsinα=−125, on reconnaît le triangle 5-12-13 : les valeurs absolues sont 135 et 1312. Au QUATRIÈME quadrant, le sinus est négatif et le cosinus positif : sinα=−135 et cosα=1312. Vérification par la pythagoricienne : 16925+169144=1.
c)
On prendrait cosθ=+54, la racine positive, par réflexe. La réponse serait FAUSSE, et elle entraînerait aussi une tangente fausse, +43. Une racine carrée donne toujours deux candidats et le contexte doit toujours en éliminer un : c'est la même discipline qu'en géométrie, où l'on écarte la longueur négative.
d)
sin2β=1−94=95, donc sinβ=±35≈±0,745. Sans quadrant, on ne peut PAS trancher : β est au deuxième quadrant si le sinus est positif, au troisième s'il est négatif. La bonne réponse est de donner les deux valeurs en disant à quel quadrant chacune correspond, jamais d'en choisir une au hasard.
Exercice 3 : Simplifier une expression
Simplifier, c'est ramener une expression à UN seul rapport, ou à un nombre. La stratégie qui marche presque toujours : tout écrire en sinus et en cosinus, mettre au même dénominateur, puis chercher la pythagoricienne.
On suppose partout que les dénominateurs ne s'annulent pas.
a) Simplifiez sin2x+sin2xtan2x.
b) Simplifiez sinxcosx1−cos2x.
c) Simplifiez (1+tan2x)cos2x.
d) Simplifiez 1+cosxsinx+sinx1+cosx.
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Réponses
a)tan2x
b)tanx
c)1
d)sinx2
a)
On met sin2x en facteur : sin2x(1+tan2x)=sin2x(1+cos2xsin2x)=sin2x×cos2xcos2x+sin2x=cos2xsin2x=tan2x. La pythagoricienne apparaît au numérateur après la mise au même dénominateur : c'est le moment à guetter.
b)
1−cos2x=sin2x, donc l'expression vaut sinxcosxsin2x=cosxsinx=tanx. Reconnaître 1−cos2x comme sin2x économise tout le reste : on cherche TOUJOURS cette forme avant de développer.
c)
(1+tan2x)cos2x=cos2xcos2x+sin2x×cos2x=1. Au passage, on vient d'établir une identité utile : 1+tan2x=cos2x1, qui revient constamment.
d)
Même dénominateur sinx(1+cosx) : sinx(1+cosx)sin2x+(1+cosx)2=sinx(1+cosx)sin2x+1+2cosx+cos2x=sinx(1+cosx)2+2cosx=sinx(1+cosx)2(1+cosx)=sinx2. Le facteur (1+cosx) se simplifie, ce qui n'est licite que parce qu'on a supposé les dénominateurs non nuls. Vérification en x=2π : 1+1=2 à gauche, 12=2 à droite.
Exercice 4 : Les formules d'addition et les valeurs exactes
Les formules d'addition étendent la table des valeurs remarquables : tout angle qui s'écrit comme une somme ou une différence de deux angles connus devient calculable exactement.
sin(a±b)=sinacosb±cosasinb et cos(a±b)=cosacosb∓sinasinb. Notez le signe INVERSÉ dans la seconde.
a) Calculez cos15∘ en valeur exacte, puis au millième.
b) Calculez sin75∘ en valeur exacte. Que remarquez-vous ?
c) Calculez tan15∘ en valeur exacte simplifiée.
d) Un élève écrit cos(a+b)=cosa+cosb. Réfutez-le en un point.
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Réponses
a)46+2≈0,966
b)La même valeur, car 75=90−15
c)2−3≈0,268
d)En a=b=60∘ : −0,5 à gauche, 1 à droite
a)
15∘=45∘−30∘, donc cos15∘=cos45∘cos30∘+sin45∘sin30∘=22×23+22×21=46+2≈0,966. Le signe est un PLUS parce que la formule du cosinus inverse le signe et qu'on a une soustraction d'angles.
b)
75∘=45∘+30∘, donc sin75∘=sin45∘cos30∘+cos45∘sin30∘=46+2 : exactement la même valeur qu'en a). Ce n'est pas une coïncidence : 75∘ et 15∘ sont COMPLÉMENTAIRES, et le sinus de l'un est toujours le cosinus de l'autre.
c)
tan15∘=cos15∘sin15∘=6+26−2. On multiplie haut et bas par le conjugué 6−2 : le dénominateur devient 6−2=4 et le numérateur 6−212+2=8−43, d'où tan15∘=48−43=2−3≈0,268. La rationalisation du dénominateur est obligatoire dans une réponse exacte.
d)
Contre-exemple en a=b=60∘ : à gauche cos120∘=−0,5, à droite 0,5+0,5=1. Les deux diffèrent, l'affirmation est fausse. Le cosinus n'est pas une fonction linéaire, aucune fonction trigonométrique ne l'est, et c'est précisément pour cela que les formules d'addition existent : si la distribution marchait, elles seraient inutiles.
Exercice 5 : L'angle double et l'angle moitié
Les formules de l'angle double sortent de celles d'addition en posant b=a : sin2a=2sinacosa et cos2a=cos2a−sin2a, cette dernière ayant deux variantes obtenues par la pythagoricienne.
On donne sinθ=53 avec θ au premier quadrant.
a) Écrivez les trois formes de cos2a.
b) Calculez sin2θ et cos2θ.
c) Calculez tan2θ, puis vérifiez la pythagoricienne sur 2θ.
d) Calculez cos22,5∘ en valeur exacte, puis au millième.
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Réponses
a)cos2a−sin2a, 2cos2a−1 et 1−2sin2a
b)sin2θ=2524 et cos2θ=257
c)tan2θ=724 ; la pythagoricienne tient
d)22+2≈0,924
a)
La forme de base est cos2a=cos2a−sin2a. En remplaçant sin2a par 1−cos2a, on obtient 2cos2a−1 ; en remplaçant cos2a par 1−sin2a, on obtient 1−2sin2a. Les trois sont utiles : on choisit celle qui ne contient que le rapport dont on dispose.
b)
θ étant au premier quadrant, cosθ=54. Alors sin2θ=2×53×54=2524=0,96 et, avec la troisième forme qui n'exige que le sinus, cos2θ=1−2×259=1−2518=257=0,28.
c)
tan2θ=7/2524/25=724≈3,43. Contrôle par la pythagoricienne : (2524)2+(257)2=625576+49=625625=1. Ce contrôle est gratuit et il attrape toute erreur de calcul sur l'angle double.
d)
22,5∘ est la MOITIÉ de 45∘. De cos2a=2cos2a−1 on tire cosa=21+cos2a, la racine positive puisque 22,5∘ est au premier quadrant. D'où cos22,5∘=21+22=22+2≈0,924. La formule de l'angle moitié n'est donc pas à apprendre en plus : c'est celle de l'angle double, lue à l'envers.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Démontrer trois identités
Démontrer une identité, ce n'est pas résoudre une équation : on ne fait JAMAIS passer un terme d'un membre à l'autre, car cela supposerait l'égalité déjà acquise.
La méthode admise : on part du membre le plus COMPLIQUÉ et on le transforme jusqu'à obtenir l'autre, en justifiant chaque étape.
a) Démontrez cos2x1−cos2x=tan2x.
b) Démontrez 1−sinxcosx=cosx1+sinx.
c) Démontrez sin2x=1+tan2x2tanx.
d) Pourquoi ne doit-on pas démontrer une identité en la multipliant en croix ?
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Réponses
a)On remplace 1−cos2x par sin2x
b)On multiplie par le conjugué 1+sinx
c)On remplace tanx par le quotient et on simplifie
d)Parce que cela suppose vraie l'égalité qu'on veut établir
a)
On part du membre de gauche : 1−cos2x=sin2x par la pythagoricienne, donc cos2x1−cos2x=cos2xsin2x=(cosxsinx)2=tan2x. Domaine : cosx=0, ce qu'on écrit avant de commencer.
b)
On part de la gauche et on multiplie haut et bas par le CONJUGUÉ 1+sinx : (1−sinx)(1+sinx)cosx(1+sinx)=1−sin2xcosx(1+sinx)=cos2xcosx(1+sinx)=cosx1+sinx. Le conjugué est le réflexe dès qu'on voit 1−sinx ou 1−cosx au dénominateur : il fabrique la pythagoricienne.
c)
On part de la DROITE, plus compliquée. 1+tan2x=cos2x1, établi à l'exercice 3. Donc 1+tan2x2tanx=2×cosxsinx×cos2x=2sinxcosx=sin2x. Trois lignes, et chacune nomme l'identité utilisée.
d)
Parce que multiplier en croix REVIENT à partir de l'égalité qu'on cherche à établir, donc à supposer vrai ce qu'on doit démontrer : c'est un raisonnement circulaire, et il est refusé. Le danger n'est pas seulement formel : une multiplication en croix par une quantité qui peut s'annuler ajoute des solutions parasites. Si l'on tient à travailler sur les deux membres, la seule forme acceptée est de les transformer SÉPARÉMENT jusqu'à une même troisième expression, en deux colonnes.
Exercice 7 : Résoudre : factoriser, jamais diviser
Une équation trigonométrique se ramène presque toujours à un seul rapport, par une identité, puis se FACTORISE. Le réflexe d'algèbre vaut ici : un produit est nul quand un facteur est nul.
Le piège du chapitre est la DIVISION : diviser les deux membres par un facteur trigonométrique fait perdre toutes les solutions qui l'annulent.
a) Résolvez 2sin2x+sinx−1=0 dans [0;2π[.
b) Résolvez cos2x+cosx=0 dans [0;2π[.
c) Résolvez sin2x=sinx dans [0;2π[.
d) Un élève simplifie la question c) par sinx et trouve deux solutions. Combien en a-t-il perdu, et lesquelles ?
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Réponses
a)6π, 65π et 23π
b)3π, π et 35π
c)0, 3π, π et 35π
d)Deux : x=0 et x=π
a)
C'est un trinôme en sinx. En posant u=sinx : 2u2+u−1=0, qui se factorise en (2u−1)(u+1)=0. Donc sinx=21, d'où x=6π ou 65π, ou sinx=−1, d'où x=23π. TROIS solutions : la valeur extrême −1 n'en donne qu'une, les autres en donnent deux.
b)
On uniformise l'ARGUMENT d'abord : cos2x=2cos2x−1, la forme qui ne laisse que des cosinus. L'équation devient 2cos2x+cosx−1=0, soit (2cosx−1)(cosx+1)=0. Donc cosx=21, d'où 3π et 35π, ou cosx=−1, d'où π. Trois solutions. Choisir la bonne des trois formes de cos2x est tout le travail.
c)
sin2x=2sinxcosx, donc l'équation s'écrit 2sinxcosx−sinx=0, soit sinx(2cosx−1)=0. Premier facteur : sinx=0, d'où x=0 et x=π. Second : cosx=21, d'où x=3π et x=35π. QUATRE solutions.
d)
Il en a perdu DEUX, x=0 et x=π, précisément celles qui annulent le sinx par lequel il a divisé. La règle est absolue : on ne divise JAMAIS une équation par une expression qui peut s'annuler, on FACTORISE. Diviser par sinx revient à supposer sinx=0, ce qui élimine d'office deux des quatre réponses, soit la moitié de la note.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Pour chacune, donnez un contre-exemple ou l'argument qui la réfute, puis écrivez l'énoncé correct.
Ce sont les cinq erreurs relevées le plus souvent sur ce chapitre en évaluation.
a) « sin2x=2sinx. »
b) « Si sinθ=0,6, alors cosθ=0,8. »
c) « cos(a−b)=cosacosb−sinasinb. »
d) « Pour démontrer une identité, on peut multiplier les deux membres en croix. »
e) « L'identité cos2x+sin2x=1 a pour solutions tous les réels, donc c'est une équation. »
Voir la correction
a)
Faux. Contre-exemple en x=2π : à gauche sinπ=0, à droite 2×1=2. L'énoncé correct : sin2x=2sinxcosx. Le facteur cosx manquait, et c'est lui qui annule l'expression en 2π.
b)
Faux, il manque le SIGNE. Contre-exemple : si θ est au deuxième quadrant, cosθ=−0,8, et la pythagoricienne est tout aussi satisfaite, 0,36+0,64=1. L'énoncé correct : cosθ=±0,8, et c'est le quadrant qui tranche.
c)
Faux : les signes sont INVERSÉS dans la formule du cosinus. Contre-exemple avec a=b=60∘ : à gauche cos0=1, à droite 0,25−0,75=−0,5. L'énoncé correct : cos(a−b)=cosacosb+sinasinb, le signe du milieu étant l'opposé de celui des angles.
d)
Faux : c'est un raisonnement CIRCULAIRE, puisqu'il part de l'égalité à démontrer. L'énoncé correct : on transforme un seul membre, le plus compliqué, jusqu'à obtenir l'autre ; ou bien on transforme les deux SÉPARÉMENT jusqu'à une même troisième expression.
e)
Faux, et la confusion est de fond. Une ÉQUATION pose une question, « pour quels x ? », et a un ensemble-solution ; une IDENTITÉ affirme une égalité vraie partout où elle a un sens, et se démontre. Contre-exemple de la différence : sinx=0,5 est une équation, elle a des solutions isolées ; cos2x+sin2x=1 est une identité, et dire qu'elle a « pour solutions tous les réels » revient à ne rien dire. L'énoncé correct : on ne résout pas une identité, on la démontre.
Exercice 9 : Problème : les composantes d'un effort sur un hauban
Un hauban tendu à 12 kilonewtons fait un angle θ avec l'horizontale. L'effort se décompose en une composante horizontale H=12cosθ et une composante verticale V=12sinθ, toutes deux en kilonewtons.
L'ingénieur dimensionne le point d'ancrage à partir de ces deux composantes, et il a besoin de savoir comment elles se partagent la tension.
a) Montrez que H2+V2=144 quel que soit l'angle, et dites quelle identité vous utilisez.
b) L'ancrage est réglé de sorte que la composante verticale vaille le double de l'horizontale. Trouvez l'angle, au centième de degré, puis les deux composantes au centième.
c) La composante horizontale mesurée vaut 9 kN. Trouvez l'angle et la composante verticale, au centième.
d) Un technicien annonce H=9 kN et V=9 kN. Est-ce possible ? Justifiez sans calculer d'angle.
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Réponses
a)144(cos2θ+sin2θ)=144, par la pythagoricienne
b)θ≈63,43 degrés ; H≈5,37 kN et V≈10,73 kN
c)θ≈41,41 degrés ; V≈7,94 kN
d)Non : 92+92=162, or la somme doit valoir 144
a)
H2+V2=144cos2θ+144sin2θ=144(cos2θ+sin2θ)=144×1=144, par l'identité PYTHAGORICIENNE. Autrement dit, la somme des carrés des composantes vaut toujours le carré de la tension, quel que soit l'angle : c'est Pythagore, et l'identité trigonométrique en est la traduction algébrique.
b)
V=2H signifie 12sinθ=2×12cosθ, donc tanθ=2 et θ=arctan2≈63,43 degrés. Alors H=12cos63,43∘≈5,37 kN et V=12sin63,43∘≈10,73 kN. Contrôle par a) : 5,372+10,732≈144.
c)
cosθ=129=0,75, donc θ≈41,41 degrés. Pour la verticale, deux chemins : V=12sin41,41∘≈7,94 kN, ou directement par a), V=144−81=63≈7,94 kN. Le second chemin évite l'angle, donc il évite l'arrondi : c'est celui qu'on préfère en atelier.
d)
NON, c'est impossible, et la question a) le dit sans qu'on cherche d'angle : 92+92=81+81=162, alors que la somme des carrés DOIT valoir 144. Deux composantes de 9 kN correspondraient à une tension de 162≈12,73 kN, pas 12. Le technicien a donc une erreur de mesure, ou la tension n'est pas celle qu'il croit. Une identité sert exactement à cela : fournir un contrôle que l'on peut appliquer sans rien recalculer.
Exercice 10 : Problème : deux haut-parleurs déphasés
Deux haut-parleurs identiques émettent le même son pur. Le second est branché avec un DÉPHASAGE φ : la pression reçue en un point est p(t)=sin(ωt)+sin(ωt+φ), chaque haut-parleur pris seul produisant une amplitude de 1.
L'installateur veut savoir ce que donne la somme, et pourquoi un mauvais branchement peut éteindre le son au lieu de le doubler.
a) En développant sin(ωt+φ), montrez que p(t)=sin(ωt)(1+cosφ)+cos(ωt)sinφ.
b) L'amplitude de cette somme vaut A=(1+cosφ)2+sin2φ. Montrez que A=2+2cosφ.
c) Calculez A pour φ=3π, puis pour φ=π, au millième.
d) Pour quel déphasage les deux haut-parleurs ensemble font-ils exactement le même volume qu'un seul ?
Voir la correction
Réponses
a)Formule d'addition du sinus, puis on regroupe
b)On développe et on applique la pythagoricienne
c)A≈1,732 pour 3π ; A=0 pour π
d)Pour φ=32π, soit 120 degrés
a)
La formule d'addition donne sin(ωt+φ)=sin(ωt)cosφ+cos(ωt)sinφ. En ajoutant sin(ωt) et en regroupant les deux termes en sin(ωt) : p(t)=sin(ωt)(1+cosφ)+cos(ωt)sinφ. Le déphasage φ est une CONSTANTE, donc cosφ et sinφ sont des nombres : la somme est bien de la forme asin(ωt)+bcos(ωt).
b)
A2=(1+cosφ)2+sin2φ=1+2cosφ+cos2φ+sin2φ. Les deux carrés valent 1 par la pythagoricienne, donc A2=2+2cosφ et A=2+2cosφ. Toute la dépendance tient donc dans cosφ, et rien ne dépend du temps : c'est bien une amplitude.
c)
Pour φ=3π : A=2+2×0,5=3≈1,732, ce que la figure montre. Pour φ=π : A=2−2=0. Les deux haut-parleurs s'ANNULENT exactement, ce qui arrive quand on inverse les deux fils de l'un des deux : le son disparaît au lieu de doubler, et c'est la panne la plus déroutante d'une installation.
d)
Un seul haut-parleur donne une amplitude de 1. On cherche donc 2+2cosφ=1, soit 2+2cosφ=1, donc cosφ=−21 et φ=32π, c'est-à-dire 120 degrés. Résultat contre-intuitif et pourtant exact : à ce déphasage, deux haut-parleurs ne font pas plus de bruit qu'un seul. On peut le vérifier autrement, en remarquant que A=2cos2φ, qui vaut 1 quand 2φ=3π.
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