Fiche de révision : les identités trigonométriques
Cette fiche de révision accompagne le chapitre des identités et des équations trigonométriques du programme de mathématique Technico-sciences de cinquième secondaire : identités de base, formules d'addition, angle double, démonstrations et résolution par factorisation.
Elle ne redit pas le cours. Elle dit ce qui coûte des points en évaluation, ce que le correcteur attend exactement, et les contrôles à faire avant de rendre la copie.
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Le fil du chapitre
Une identité n'est pas une équation. Une équation pose une question, « pour quels angles ? », et elle se RÉSOUT ; une identité affirme une égalité vraie partout où elle a un sens, et elle se DÉMONTRE. Confondre les deux est l'erreur qui coûte le plus cher au chapitre.
•PYTHAGORICIENNE : cos2θ+sin2θ=1, vraie pour TOUT réel. Ses deux formes dérivées, sin2=1−cos2 et cos2=1−sin2, servent bien plus souvent que l'originale.
•QUOTIENT : tanθ=cosθsinθ, avec cosθ=0. Une identité s'énonce toujours avec son domaine de validité.
•TROISIÈME, à déduire en une ligne : 1+tan2x=cos2x1. Elle revient constamment dans les simplifications.
•La pythagoricienne n'est que PYTHAGORE sur le cercle de rayon 1 : les deux cathètes mesurent ∣cosθ∣ et ∣sinθ∣, l'hypoténuse vaut 1.
Dans le triangle rectangle du point image P, les cathètes mesurent cosθ (bleu) et sinθ (orange), l'hypoténuse est le rayon, 1. Pythagore donne cos2θ+sin2θ=1.
Addition, angle double, angle moitié
•ADDITION : sin(a±b)=sinacosb±cosasinb et cos(a±b)=cosacosb∓sinasinb. Le signe du cosinus est INVERSÉ.
•ANGLE DOUBLE : sin2a=2sinacosa, et cos2a sous trois formes, cos2a−sin2a, 2cos2a−1 et 1−2sin2a.
•On choisit la forme de cos2a qui ne contient QUE le rapport dont on dispose : c'est tout l'art du chapitre.
•ANGLE MOITIÉ : c'est l'angle double lu à l'envers, cosa=±21+cos2a, le signe venant du quadrant.
Démontrer et résoudre, deux gestes différents
•DÉMONTRER : on part du membre le plus COMPLIQUÉ et on le transforme jusqu'à l'autre. Jamais de passage d'un terme d'un membre à l'autre, jamais de multiplication en croix.
•Si l'on tient à travailler des deux côtés, la seule forme acceptée est de les transformer SÉPARÉMENT jusqu'à une même troisième expression, en deux colonnes.
•RÉSOUDRE : on uniformise l'ARGUMENT, on ramène à un seul rapport, puis on FACTORISE. Un produit est nul quand un facteur est nul.
•ON NE DIVISE JAMAIS par un facteur trigonométrique : cela perd toutes les solutions qui l'annulent.
Identité : sin2x (bleu) et 2sinxcosx (pointillé orange) sont UNE seule courbe, vraie partout. Équation : sin2x=sinx n'est vraie qu'aux quatre points verts.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Diviser une équation par un facteur trigonométrique
la moitié de la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
sin2x=sinx donne 2cosx=1 après simplification par sinx
Ce qu'il faut écrire
sinx(2cosx−1)=0, donc quatre solutions et non deux
sin2x−sinx s'annule quatre fois sur [0;2π[. Diviser par sinx efface 0 et π (rouge), où sinx=0, et ne garde que 3π et 35π (vert).
Pourquoi : Diviser par sinx revient à supposer sinx=0, ce qui élimine d'office x=0 et x=π, qui sont pourtant solutions. On FACTORISE toujours, et chaque facteur donne ses solutions.
2.Prendre une racine carrée sans regarder le quadrant
toute la question, signes compris
Ce qu'il ne faut pas écrire
sinθ=0,6 donne cosθ=0,8
Ce qu'il faut écrire
cosθ=±0,8, et c'est le quadrant qui tranche
Deux points du cercle ont pour ordonnée 0,6 : l'un au premier quadrant, cosθ=0,8 (bleu), l'autre au deuxième, cosθ=−0,8 (orange). Seul le quadrant choisit.
Pourquoi : La pythagoricienne donne un CARRÉ, donc deux racines opposées. Sans indication de quadrant, on donne les deux valeurs en disant à quel quadrant chacune correspond ; avec une indication, on choisit et on le JUSTIFIE.
3.Inverser les signes dans la formule d'addition du cosinus
toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
cos(a−b)=cosacosb−sinasinb
Ce qu'il faut écrire
cos(a−b)=cosacosb+sinasinb
Pourquoi : Le signe du milieu est l'OPPOSÉ de celui des angles pour le cosinus, et le MÊME pour le sinus. Contre-exemple avec a=b=60 degrés : à gauche cos0=1, à droite la version fausse donne 0,25−0,75=−0,5.
4.Démontrer une identité en multipliant en croix
toute la démonstration, même si le calcul est juste
Ce qu'il ne faut pas écrire
Partir de 1−sinxcosx=cosx1+sinx et écrire cos2x=(1−sinx)(1+sinx)
Ce qu'il faut écrire
Partir d'un seul membre et le transformer jusqu'à l'autre
Pourquoi : Multiplier en croix part de l'égalité qu'on cherche à établir : c'est un raisonnement CIRCULAIRE. Le calcul peut être exact et la démonstration refusée. La sortie est de multiplier un seul membre par le CONJUGUÉ, ce qui donne la même simplification sans rien supposer.
5.Distribuer une fonction trigonométrique
toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
cos(a+b)=cosa+cosb
Ce qu'il faut écrire
cosacosb−sinasinb
Avec a=b=x : cos(x+x)=cos2x (vert) et cosx+cosx=2cosx (rouge) n'ont ni la même amplitude ni la même période. Le cosinus ne se distribue pas.
Pourquoi : Aucune fonction trigonométrique n'est linéaire. Contre-exemple en a=b=60 degrés : à gauche −0,5, à droite 1. Si la distribution marchait, les formules d'addition n'existeraient pas, et c'est la meilleure façon de s'en souvenir.
6.Oublier le domaine de validité
1 point sur chaque démonstration concernée
Ce qu'il ne faut pas écrire
Écrire tanx=cosxsinx sans condition
Ce qu'il faut écrire
Ajouter cosx=0, donc x=2π+kπ
tanx=cosxsinx n'existe pas là où cosx=0 : en 2π et 23π, la courbe s'interrompt (asymptotes en pointillé). L'identité s'écrit avec cette condition.
Pourquoi : Une identité est vraie PARTOUT OÙ SES DEUX MEMBRES EXISTENT, et il faut le dire. Dès qu'un quotient apparaît, la condition s'écrit avant la première ligne de calcul, et le correcteur la cherche.
7.Doubler le mauvais objet dans l'angle double
toute la question, et souvent une équation devenue insoluble
Ce qu'il ne faut pas écrire
sin2x=2sinx
Ce qu'il faut écrire
sin2x=2sinxcosx
sin2x (vert) double la FRÉQUENCE : deux oscillations par tour, amplitude 1. 2sinx (rouge) double la HAUTEUR. Ce sont deux fonctions différentes.
Pourquoi : Contre-exemple en x=2π : à gauche sinπ=0, à droite 2. Le facteur cosx manquait, et c'est lui qui annule l'expression. La formule vient de l'addition avec b=a, et la retrouver ainsi coûte dix secondes.
Quelle méthode choisir
Quelle identité appeler, selon la forme rencontrée
Une expression ou une équation à transformer
Si On voit 1−cos2x ou 1−sin2x → Pythagoricienne, pour remplacer par un seul carré
Exemple : sinxcosx1−cos2x=sinxcosxsin2x=tanx
Si On voit 1−sinx ou 1−cosx au DÉNOMINATEUR → Multiplier haut et bas par le CONJUGUÉ, ce qui fabrique la pythagoricienne
Exemple : 1−sinxcosx×1+sinx1+sinx
Si Deux arguments DIFFÉRENTS cohabitent, comme 2x et x → Angle double, pour tout ramener au même argument
Exemple : cos2x+cosx=0 devient 2cos2x+cosx−1=0
Si Tout est déjà au même argument et l'expression est un trinôme → On pose u=sinx ou u=cosx et on FACTORISE
Exemple : 2u2+u−1=(2u−1)(u+1)
Quand plusieurs branches s'appliquent, on commence toujours par UNIFORMISER l'argument : une expression où 2x et x cohabitent ne se factorise pas, et aucune autre identité ne sert tant que ce n'est pas fait.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Rédiger la démonstration d'une identité
Quand l'utiliser : Chaque fois qu'un énoncé dit « démontrez que » et non « résolvez »
1Écrire le DOMAINE de validité, dès qu'un quotient ou une tangente apparaît.
2Annoncer le membre de départ : le plus compliqué des deux.
3Transformer ligne par ligne, en NOMMANT l'identité utilisée à chaque étape.
4Ne jamais faire passer un terme de l'autre côté, ni multiplier les deux membres.
5Conclure en écrivant que l'expression obtenue est bien l'autre membre.
6Vérifier en un point simple, pour attraper une faute de signe.
Phrase de conclusion
« Domaine : cosx=0. Je pars du membre de droite, le plus compliqué. 1+tan2x=cos2x1, donc 1+tan2x2tanx=2×cosxsinx×cos2x=2sinxcosx=sin2x, qui est bien le membre de gauche. Contrôle en x=4π : les deux membres valent 1. »
Le piège : Écrire l'égalité à démontrer en tête de chaque ligne. Une démonstration correcte transforme UNE expression, elle n'enchaîne pas des égalités entre les deux membres.
Barème : 1 point pour le domaine, 1 point pour le membre de départ annoncé, 4 points pour les transformations justifiées, 1 point pour la conclusion, 1 point pour la vérification, 2 points pour la rigueur d'ensemble. Une multiplication en croix annule la note de la démonstration.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Tester l'identité en un point simple
Un seul angle bien choisi ne démontre rien, mais il RÉFUTE. On prend 0, 4π ou 2π, selon ce qui rend les deux membres calculables.
cos(−x)=−cosx tombe en x=0 : 1 contre −1.
La pythagoricienne sur le résultat
Après avoir trouvé un sinus et un cosinus, on vérifie que la somme de leurs carrés vaut 1. Le contrôle attrape une erreur de valeur ou de signe.
(2524)2+(257)2=1.
Le signe contre le quadrant
Chaque rapport trouvé doit avoir le signe du quadrant annoncé. Une tangente positive au deuxième quadrant est impossible.
Deuxième quadrant : sinus positif, cosinus négatif, tangente négative.
Compter les solutions d'une équation factorisée
Chaque facteur apporte ses solutions. On additionne, et on vérifie qu'aucun facteur n'a été jeté en cours de route.
sinx(2cosx−1)=0 : deux plus deux, donc quatre solutions sur un tour.
L'exercice type décortiqué
Deux haut-parleurs déphasés, où une identité sert vraiment
Deux haut-parleurs identiques émettent le même son pur, le second avec un déphasage φ. La pression reçue est p(t)=sin(ωt)+sin(ωt+φ), chaque haut-parleur seul donnant une amplitude de 1. Trouvez l'amplitude de la somme, puis le déphasage qui éteint le son et celui qui ne change rien au volume.
Les deux pressions, de même amplitude 1 : la seconde (orange) a un sixième de tour d'avance sur la première (bleu). Que vaut l'amplitude de leur somme ?
Étape 1
Formule d'addition : sin(ωt+φ)=sin(ωt)cosφ+cos(ωt)sinφ.
Pourquoi
Le déphasage est une CONSTANTE, donc son cosinus et son sinus sont des nombres. C'est ce qui permet de séparer la dépendance en temps de la dépendance en déphasage.
Étape 2
En regroupant : p(t)=sin(ωt)(1+cosφ)+cos(ωt)sinφ.
Pourquoi
La somme est maintenant de la forme asin(ωt)+bcos(ωt), avec a et b constants : c'est une sinusoïde de même fréquence, et son amplitude vaut a2+b2.
Étape 3
A2=(1+cosφ)2+sin2φ=1+2cosφ+cos2φ+sin2φ=2+2cosφ.
Pourquoi
Les deux carrés valent 1 par la PYTHAGORICIENNE : c'est l'étape où l'identité sert, et sans elle l'expression resterait illisible.
Étape 4
Pour φ=3π : A=2+1=3≈1,732.
Pourquoi
Moins que le double, alors que les deux haut-parleurs fonctionnent. Le déphasage coûte déjà du volume, sans rien couper.
Étape 5
Pour φ=π : A=2−2=0. Extinction complète.
Pourquoi
Les deux ondes s'annulent exactement. C'est ce qui arrive quand on inverse les deux fils d'un haut-parleur : le son disparaît au lieu de doubler, et c'est la panne la plus déroutante d'une installation.
Étape 6
Même volume qu'un seul : 2+2cosφ=1 donne cosφ=−21, donc φ=32π, soit 120 degrés.
Pourquoi
Contrôle par une autre écriture : A=2cos2φ, qui vaut 1 quand 2φ=3π. Deux chemins, le même résultat.
Conclusion rédigée
A=2+2cosφ : environ 1,732 à 60 degrés de déphasage, zéro à 180 degrés, et exactement 1, le volume d'un seul haut-parleur, à 120 degrés.
L'erreur classique sur cet exercice : Conclure que deux haut-parleurs font toujours deux fois plus de bruit qu'un seul. C'est vrai au déphasage nul seulement, et faux partout ailleurs.
À savoir par cœur
•cos2θ+sin2θ=1, vraie pour tout réel.
•tanθ=cosθsinθ, si cosθ=0.
•1+tan2x=cos2x1, à déduire en une ligne.
•Une racine carrée donne deux signes : le quadrant tranche.
•sin(a±b)=sinacosb±cosasinb.
•cos(a±b)=cosacosb∓sinasinb : signe INVERSÉ.
•sin2a=2sinacosa, jamais 2sina.
•cos2a a trois formes : on prend celle qui n'a que le rapport connu.
•Démontrer : un seul membre, jamais de multiplication en croix.
•Résoudre : uniformiser l'argument, puis FACTORISER, jamais diviser.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une identité et une équation ?
Une équation pose une question et attend un ensemble de solutions : elle n'est vraie que pour certaines valeurs. Une identité affirme une égalité vraie partout où ses deux membres existent, et on ne la résout pas, on la démontre. Le vocabulaire de l'énoncé tranche : « résolvez » appelle un ensemble de solutions, « démontrez que » appelle une transformation justifiée. Traiter l'une comme l'autre coûte la question entière, même si les calculs sont exacts.
Pourquoi ne faut-il jamais diviser une équation trigonométrique ?
Parce que le facteur par lequel on divise peut valoir zéro, et toutes les valeurs qui l'annulent sont alors perdues alors qu'elles étaient solutions. La bonne manoeuvre est de tout ramener d'un même côté et de factoriser : chaque facteur donne ensuite ses propres solutions, et aucune ne disparaît. C'est exactement la même règle qu'en algèbre ordinaire, mais elle est plus coûteuse ici parce qu'un facteur trigonométrique s'annule souvent.
Comment retenir les formules d'addition sans les confondre ?
Il suffit de retenir deux choses. Pour le sinus, les deux termes mélangent un sinus et un cosinus, et le signe du milieu est le même que celui des angles. Pour le cosinus, les deux termes sont homogènes, deux cosinus puis deux sinus, et le signe du milieu est l'opposé de celui des angles. Un test rapide avec deux angles égaux à soixante degrés vérifie la formule en dix secondes si le doute revient.
Peut-on démontrer une identité en travaillant sur les deux membres ?
Oui, mais à une condition stricte : on transforme chaque membre séparément, sans jamais faire passer quoi que ce soit de l'un à l'autre, jusqu'à obtenir une même troisième expression. Ce qui est interdit, c'est de multiplier ou de simplifier les deux côtés comme dans une équation, car cela suppose acquise l'égalité qu'on cherche à établir. Le plus sûr reste de partir du membre le plus compliqué et de le transformer jusqu'à l'autre.
À quoi servent les identités en dehors des exercices ?
Elles servent partout où deux phénomènes périodiques se combinent. Deux sources sonores de même fréquence, deux tensions alternatives décalées, deux vibrations d'une machine : la somme est encore une oscillation de même fréquence, et c'est une identité qui permet de calculer son amplitude. C'est ainsi qu'on explique qu'un branchement inversé éteigne un son au lieu de le doubler, ce qu'aucun raisonnement intuitif ne prévoit.
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Exercices corrigés : Les identités trigonométriques
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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