Exercices corrigés : la similitude et l'isométrie des triangles (math TS, secondaire 4)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématique Technico-sciences de quatrième secondaire sur la similitude et l'isométrie des triangles, calibrés sur le niveau réel des évaluations de la séquence. C'est le premier chapitre de géométrie du programme.
Le fil de la série est le suivant : trois mesures bien choisies suffisent à verrouiller un triangle. Tout le chapitre consiste à savoir LESQUELLES, et ce que la réponse autorise ensuite, une égalité pour l'isométrie, une proportion pour la similitude.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•TROIS CAS D'ISOMÉTRIE : côté-côté-côté, côté-angle-côté et angle-côté-angle. Il n'y en a pas d'autre, et chacun demande exactement trois renseignements.
•TROIS CAS DE SIMILITUDE : angle-angle, côté-angle-côté avec un rapport commun, côté-côté-côté avec un rapport commun.
•L'ANGLE DOIT ÊTRE COMPRIS entre les deux côtés donnés. Deux côtés et un angle placé ailleurs ne concluent rien : deux triangles différents peuvent convenir.
•ANGLE-ANGLE SUFFIT, parce que le troisième angle se déduit des deux autres. Il n'existe donc pas de cas « angle-angle-angle », et trois angles ne prouvent jamais l'isométrie.
•L'ORDRE DES LETTRES est une information : « ABC semblable à DEF » dit que A correspond à D, B à E et C à F. Toutes les proportions en découlent.
•UNE SIMILITUDE DONNE DES PROPORTIONS, et une proportion à une inconnue est une équation : produit croisé, puis résolution.
•LE RAPPORT SE DIT TOUJOURS DANS UN SENS. De ABC vers DEF ou l'inverse : les deux nombres sont inverses l'un de l'autre, et un rapport est toujours positif.
•LONGUEURS PAR k, AIRES PAR k2, volumes par k3. Un périmètre est une longueur, donc il suit k.
•DEUX SIMILITUDES À LA SUITE se composent en MULTIPLIANT leurs rapports, jamais en les additionnant.
•LA HAUTEUR ISSUE DE L'ANGLE DROIT fabrique trois triangles semblables, et c'est de là que viennent les relations métriques du chapitre suivant.
•MÊME AIRE NE VEUT PAS DIRE ISOMÉTRIQUES : l'aire est une seule mesure, et il en faut trois pour verrouiller un triangle.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Les trois cas d'isométrie
Deux triangles sont ISOMÉTRIQUES quand ils ont exactement les mêmes mesures : on peut superposer l'un à l'autre. Trois renseignements bien choisis suffisent à le garantir, et il n'y en a que trois familles : côté-côté-côté, côté-angle-côté et angle-côté-angle.
Pour chaque paire, dites si les triangles sont isométriques et nommez le cas employé.
a) ABC : AB=7 cm, BC=9 cm, AC=5 cm. DEF : DE=7 cm, EF=9 cm, DF=5 cm.
b) ABC : AB=6 cm, angle B de 40 degrés, BC=8 cm. DEF : DE=6 cm, angle E de 40 degrés, EF=8 cm.
c) ABC : angle A de 35 degrés, AB=10 cm, angle B de 70 degrés. DEF : angle D de 35 degrés, DE=10 cm, angle E de 70 degrés.
d) ABC : AB=8 cm, BC=6 cm, angle A de 40 degrés. DEF : DE=8 cm, EF=6 cm, angle D de 40 degrés.
e) Dans le cas b), pourquoi l'angle doit-il être COMPRIS entre les deux côtés donnés ?
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Réponses
a)Isométriques, cas côté-côté-côté
b)Isométriques, cas côté-angle-côté
c)Isométriques, cas angle-côté-angle ; le troisième angle vaut 75 degrés
d)On ne peut pas conclure : deux triangles conviennent, de troisième côté 9,22 cm ou 3,04 cm
e)L'angle compris ferme la figure ; placé ailleurs, il laisse deux triangles possibles
a)
Isométriques, par le cas CÔTÉ-CÔTÉ-CÔTÉ. Les trois côtés se correspondent deux à deux : AB=DE, BC=EF et AC=DF. Trois longueurs verrouillent complètement un triangle, ce qui n'est vrai d'aucune autre figure : un quadrilatère de côtés donnés se déforme encore, et c'est pourquoi on triangule les charpentes.
b)
Isométriques, par le cas CÔTÉ-ANGLE-CÔTÉ. L'angle B est compris entre AB et BC, et l'angle E entre DE et EF : la correspondance est respectée. Une fois les deux côtés et l'angle entre eux fixés, le troisième côté est imposé, donc le triangle est unique.
c)
Isométriques, par le cas ANGLE-CÔTÉ-ANGLE. Le côté AB est compris entre les angles A et B, et DE entre D et E. Remarquez qu'on connaît alors le troisième angle gratuitement, 180−35−70=75 degrés : deux angles en donnent toujours trois.
d)
On NE PEUT PAS conclure. Les données sont deux côtés et un angle NON compris entre eux : l'angle A n'est pas entre AB et BC, il est à l'extrémité. Ce n'est aucun des trois cas, et ici DEUX triangles différents satisfont bel et bien ces trois mesures : avec AB=8, BC=6 et un angle de 40 degrés en A, l'angle C peut valoir environ 59 degrés ou environ 121 degrés, ce qui donne un troisième côté de 9,22 cm ou de 3,04 cm. La réponse attendue est « on ne peut pas conclure », et non « ils ne sont pas isométriques » : ils pourraient l'être.
e)
Parce que l'angle compris FERME la figure. Avec AB, l'angle en B et BC, le troisième sommet est déterminé, donc le triangle aussi. Si l'angle est placé ailleurs, le côté opposé peut pivoter et se refermer de deux façons différentes, ce qui laisse deux triangles possibles. C'est exactement ce qui se passe en d), et c'est la raison pour laquelle le cas s'appelle côté-ANGLE-côté et non côté-côté-angle.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Les trois cas de similitude, et le rapport
Deux triangles sont SEMBLABLES quand ils ont la même forme : mêmes angles, côtés proportionnels. Les trois cas sont angle-angle, côté-angle-côté avec un rapport commun, et côté-côté-côté avec un rapport commun.
Pour chaque paire, dites si les triangles sont semblables, nommez le cas et donnez le rapport k qui fait passer du premier au second.
a) ABC a des angles de 50 et 60 degrés ; DEF a des angles de 60 et 70 degrés.
b) ABC : AB=4, AC=6, angle A de 50 degrés. DEF : DE=6, DF=9, angle D de 50 degrés.
c) ABC : 3, 4 et 5. DEF : 7, 8 et 10.
d) ABC : 6, 9 et 12. DEF : 4, 6 et 8.
e) Dans le cas d), que vaut le rapport qui fait passer de DEF à ABC ? Que remarquez-vous ?
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Réponses
a)Semblables, cas angle-angle ; les deux ont 50, 60 et 70 degrés
b)Semblables, cas côté-angle-côté, k=1,5
c)Non semblables : 37=2
d)Semblables, cas côté-côté-côté, k=32
e)k=23 : les deux rapports sont inverses, donc le sens se dit toujours
a)
Semblables, par le cas ANGLE-ANGLE. Le troisième angle de ABC vaut 180−50−60=70 degrés, et celui de DEF vaut 180−60−70=50 degrés : les deux triangles ont donc les mêmes trois angles, 50, 60 et 70. Deux angles suffisent toujours, puisque le troisième s'en déduit. Le rapport k, lui, ne peut pas être calculé : aucune longueur n'est donnée.
b)
Semblables, par le cas CÔTÉ-ANGLE-CÔTÉ. Les deux rapports encadrant l'angle sont égaux : ABDE=46=1,5 et ACDF=69=1,5. L'angle compris est le même, 50 degrés. Donc k=1,5 pour passer de ABC à DEF : le second est une fois et demie plus grand.
c)
NON semblables. On range les côtés du plus petit au plus grand et l'on compare les trois rapports : 37≈2,33, 48=2 et 510=2. Deux rapports sur trois sont égaux, ce qui ne suffit pas : il faut les TROIS. Ici le premier triangle est rectangle, 32+42=52, alors que le second ne l'est pas, 72+82=113=100. Leurs formes diffèrent bel et bien.
d)
Semblables, par le cas CÔTÉ-CÔTÉ-CÔTÉ. Les trois rapports valent 64=96=128=32. Donc k=32 pour passer de ABC à DEF : le second est une réduction du premier.
e)
Le rapport inverse, 23=1,5. On remarque que les deux rapports sont INVERSES l'un de l'autre, et c'est pour cela qu'il faut toujours dire dans quel SENS on l'écrit. La phrase attendue est « k=32 de ABC vers DEF », jamais « k=32 » tout court. Un rapport plus grand que 1 agrandit, un rapport compris entre 0 et 1 réduit.
Exercice 3 : Du cas à l'équation
Une fois la similitude établie, elle donne des PROPORTIONS, et une proportion dont une mesure est inconnue devient une équation. C'est là que le chapitre rejoint l'algèbre du début de l'année.
On écrit toujours la proportion dans l'ordre des sommets homologues, puis on fait le produit croisé.
a) ABC est semblable à DEF, avec AB=x, BC=x+3, DE=6 et EF=10. Trouvez x.
b) Dans le triangle ABC, la droite DE est parallèle à BC, avec D sur [AB] et E sur [AC]. On a AD=x, DB=8, AE=6 et EC=12. Trouvez x.
c) Deux triangles semblables ont des côtés homologues de x et x+4 d'une part, de 3 et 5 d'autre part. Trouvez x.
d) Vérifiez votre réponse en b) en comparant les rapports ABAD et ACAE.
e) Pourquoi la proportion doit-elle être écrite dans l'ordre des sommets homologues ?
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Réponses
a)x=4,5, et k=34
b)x=4
c)x=6
d)124=186=31 : la réponse tient
e)Chaque fraction doit comparer deux côtés HOMOLOGUES ; l'ordre des lettres le dit
a)
Les côtés homologues sont AB avec DE, et BC avec EF. La proportion s'écrit DEAB=EFBC, soit 6x=10x+3. Produit croisé : 10x=6(x+3)=6x+18, donc 4x=18 et x=4,5. Les côtés valent alors 4,5 et 7,5, et l'on vérifie : 4,56=34 et 7,510=34. Les deux rapports coïncident, donc la solution est juste.
b)
Les droites parallèles donnent deux triangles semblables, ADE et ABC, par le cas angle-angle : l'angle A est commun et les angles en D et en B sont correspondants. On peut donc écrire DBAD=ECAE, soit 8x=126=21. Donc x=4. Attention à ne pas mélanger les deux écritures possibles : celle-ci compare les deux MORCEAUX de chaque côté, l'autre compare un morceau au côté entier.
c)
La proportion est 3x=5x+4. Produit croisé : 5x=3x+12, donc 2x=12 et x=6. Les côtés du premier triangle valent 6 et 10, ceux du second 3 et 5 : le rapport est bien 21 dans les deux cas. Quand l'inconnue figure des DEUX côtés de la proportion, on la rassemble après le produit croisé, comme dans n'importe quelle équation du premier degré.
d)
Avec x=4 : AB=AD+DB=4+8=12 et AC=AE+EC=6+12=18. Alors ABAD=124=31 et ACAE=186=31. Les deux rapports sont égaux, ce qui confirme la réponse. C'est la seconde écriture annoncée en b), et elle donne le rapport k de la similitude, ici 31 du grand triangle vers le petit.
e)
Parce que la proportion n'a de sens que si chaque fraction compare un côté du premier triangle au côté HOMOLOGUE du second. Écrire EFAB mélangerait deux côtés qui ne se correspondent pas et donnerait un nombre sans signification. L'ordre des lettres dans l'énoncé « ABC est semblable à DEF » est donc une information à lui seul : il dit que A correspond à D, B à E et C à F, et c'est ce qui rend la proportion mécanique.
Exercice 4 : Les sommets homologues, et ce qu'ils commandent
Dans deux triangles RST et MNP, on a mesuré deux égalités d'angles : l'angle R est égal à l'angle N, et l'angle S est égal à l'angle M.
Avant tout calcul, il faut écrire la similitude dans le BON ORDRE : c'est elle qui dicte ensuite toutes les proportions.
a) Écrivez l'énoncé de similitude en respectant l'ordre des sommets homologues.
b) Écrivez les trois rapports égaux qui en découlent.
c) On mesure RS=9, NM=6 et ST=12. Calculez MP.
d) Un élève écrit « RST semblable à MNP » et calcule MP=612×9=18. Où est l'erreur, et que vaut vraiment MP ?
e) Le troisième angle est-il nécessairement égal lui aussi ? Justifiez.
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Réponses
a)RST est semblable à NMP
b)NMRS=MPST=NPRT
c)MP=8
d)L'ordre des lettres est faux ; MP=8 et non 18
e)Oui : le troisième angle est ce qui reste des 180 degrés
a)
L'angle R correspond à l'angle N, l'angle S à l'angle M, donc le troisième, T, correspond à P. La similitude s'écrit donc RST semblable à NMP, dans cet ordre exactement. Écrire RST semblable à MNP serait une autre affirmation, et elle serait fausse.
b)
On suit l'ordre, lettre par lettre : NMRS=MPST=NPRT. Chaque fraction compare un côté de RST au côté du même rang dans NMP. Une fois cette ligne écrite, plus aucune erreur d'appariement n'est possible : tout le reste est du calcul.
c)
On utilise les deux premiers rapports : NMRS=MPST, soit 69=MP12. Produit croisé : 9MP=72, donc MP=8. Contrôle de vraisemblance : le rapport 69=1,5 dit que RST est une fois et demie plus grand, donc MP doit être plus PETIT que ST=12. C'est le cas.
d)
L'erreur est dans l'ordre des lettres : avec « RST semblable à MNP », le côté ST serait apparié à NP et non à MP, ce qui ne correspond pas aux égalités d'angles mesurées. Le calcul fait agrandir au lieu de réduire, et il donne 18 au lieu de 8. La vraie valeur est MP=8, et le contrôle de vraisemblance de la question c) aurait suffi à détecter l'erreur.
e)
Oui, nécessairement. La somme des angles d'un triangle vaut 180 degrés, donc le troisième angle est ce qui reste une fois les deux autres retirés : si deux angles sont égaux deux à deux, le troisième l'est aussi. C'est exactement ce qui fait du cas angle-angle un cas complet, et c'est pourquoi on ne parle jamais d'un cas « angle-angle-angle ».
Exercice 5 : Le rapport, les périmètres et les aires
Un triangle A a pour côtés 6, 8 et 10 centimètres. Un triangle B lui est semblable, avec un rapport k=1,5 de A vers B.
Les longueurs se multiplient par k, mais les aires, elles, se multiplient par k2. C'est la propriété la plus utile du chapitre, et la plus souvent ratée.
a) Donnez les côtés et le périmètre du triangle A, puis ceux du triangle B.
b) Calculez l'aire de A, puis celle de B de deux façons différentes.
c) Deux triangles semblables ont des aires de 45 et de 80 centimètres carrés. Quel est leur rapport de similitude ?
d) Si le périmètre d'un triangle double, par quoi son aire est-elle multipliée ?
e) Expliquez pourquoi les aires suivent k2 et non k.
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Réponses
a)A : 6, 8, 10 et périmètre 24 cm ; B : 9, 12, 15 et périmètre 36 cm
b)Aire de A : 24 cm carrés ; aire de B : 54 cm carrés
c)k=0,75
d)Par 4
e)Une aire est un produit de deux longueurs, chacune multipliée par k
a)
Le triangle A a pour côtés 6, 8 et 10, donc un périmètre de 24 cm. Le triangle B a des côtés multipliés par 1,5 : 9, 12 et 15, donc un périmètre de 36 cm. On remarque que 36=24×1,5 : le périmètre, qui est une somme de longueurs, suit le même rapport que les longueurs. C'est vrai de toute mesure de longueur, y compris les hauteurs et les médianes.
b)
Le triangle A est rectangle, puisque 62+82=36+64=100=102 : son aire vaut 26×8=24 cm carrés. Pour B, premier chemin : B est rectangle aussi, donc son aire vaut 29×12=54 cm carrés. Second chemin : 24×k2=24×1,52=24×2,25=54. Les deux donnent le même nombre, et le second marche même quand on ne connaît pas la forme du triangle.
c)
Le rapport des aires vaut 8045=0,5625, et ce nombre est k2. Donc k=0,5625=0,75. On prend la racine POSITIVE, un rapport de similitude étant toujours positif. Contrôle : 0,752=0,5625, et le triangle d'aire 45 est bien le plus petit des deux.
d)
Par 4. Un périmètre qui double signifie k=2, donc l'aire est multipliée par k2=4. C'est le résultat qui surprend le plus : un terrain deux fois plus « grand » en dimensions coûte quatre fois plus cher à gazonner. Le même raisonnement, poussé aux solides, donnerait k3 pour les volumes.
e)
Parce qu'une aire est le produit de DEUX longueurs. Chacune est multipliée par k, donc le produit l'est par k×k=k2. On le voit sur la formule : 2(kb)×(kh)=k2×2bh. Le raisonnement ne dépend pas de la forme de la figure, il ne dépend que du fait qu'une aire est une grandeur à deux dimensions.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Deux similitudes à la suite
Une pièce est dessinée sur un plan, puis le plan est agrandi. Chaque étape est une similitude, et les deux se composent.
On note ABC le triangle de départ, DEF son image par un rapport k1=2, et GHI l'image de DEF par un rapport k2=1,5.
a) Quel est le rapport de similitude de ABC vers GHI ?
b) Si AB=5 cm, que valent DE et GH ?
c) Par quoi l'aire est-elle multipliée en passant de ABC à GHI ?
d) Quel est le rapport de GHI vers ABC, en longueur puis en aire ?
e) Pourquoi les rapports se multiplient-ils au lieu de s'additionner ?
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Réponses
a)k=3
b)DE=10 cm et GH=15 cm
c)Par 9
d)31 en longueur, 91 en aire
e)Un rapport est un facteur : deux étapes multiplient, elles n'ajoutent pas
a)
Le rapport total est le PRODUIT des deux : k=k1×k2=2×1,5=3. Le triangle final est donc trois fois plus grand que le triangle de départ. Additionner les rapports donnerait 3,5, un nombre qui ne correspond à rien.
b)
DE=5×2=10 cm, puis GH=10×1,5=15 cm. On vérifie avec le rapport total : 5×3=15 cm. Les deux chemins donnent le même résultat, et c'est exactement ce que veut dire « composer deux similitudes ».
c)
Par k2=32=9. On peut aussi le voir étape par étape : l'aire est d'abord multipliée par 22=4, puis par 1,52=2,25, et 4×2,25=9. Les deux comptes concordent, ce qui est un bon contrôle.
d)
Le rapport en longueur est l'INVERSE, 31, et le rapport des aires est (31)2=91. Passer de GHI à ABC, c'est défaire les deux agrandissements : la réduction correspondante n'est pas « moins trois », c'est « un tiers ». Un rapport de similitude est toujours strictement positif.
e)
Parce qu'un rapport est un FACTEUR, pas un ajout. Chaque étape multiplie toutes les longueurs par son propre nombre, donc deux étapes multiplient par l'un puis par l'autre. C'est la même logique qu'au chapitre de l'exponentielle, où des croissances successives se multipliaient, et qu'aux pourcentages : deux hausses de 50 pour cent ne font pas une hausse de 100 pour cent, mais de 125 pour cent.
Exercice 7 : La hauteur qui fabrique trois triangles semblables
Le triangle ABC est rectangle en A, avec AB=6 cm et AC=8 cm. On trace la hauteur AH issue de l'angle droit, qui tombe perpendiculairement sur l'hypoténuse BC.
Cette figure est la plus rentable de toute la géométrie du secondaire : elle contient TROIS triangles semblables, et elle prépare le chapitre suivant.
a) Calculez BC, puis l'aire du triangle ABC de la façon la plus simple.
b) Montrez que les triangles ABC et HBA sont semblables, et écrivez la similitude dans le bon ordre.
c) Déduisez-en AH, puis calculez-la autrement à partir de l'aire.
d) Calculez BH et CH, et vérifiez que leur somme vaut BC.
e) Vérifiez que AH2=BH×CH. À quoi cette égalité servira-t-elle au chapitre suivant ?
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Réponses
a)BC=10 cm et aire 24 cm carrés
b)Cas angle-angle : ABC est semblable à HBA
c)AH=4,8 cm, par la similitude comme par l'aire
d)BH=3,6 cm, CH=6,4 cm, et leur somme vaut bien 10 cm
e)AH2=BH×CH=23,04 : c'est la première relation métrique du chapitre suivant
a)
Le triangle est rectangle en A, donc Pythagore donne BC=62+82=100=10 cm. Pour l'aire, le plus simple est de prendre les deux côtés de l'angle droit comme base et hauteur : 26×8=24 cm carrés. C'est ce calcul qui servira de levier en c).
b)
Les deux triangles partagent l'angle B. De plus, l'angle A de ABC et l'angle H de HBA sont tous deux droits. Deux angles égaux suffisent : c'est le cas angle-angle. L'ordre se lit sur les correspondances : A correspond à H, B à B, C à A, donc ABC est semblable à HBA. Les lettres se placent en suivant les angles, jamais au hasard.
c)
La similitude donne HBAB=BABC=AHCA. Le dernier et l'avant-dernier rapport suffisent : BABC=AHCA, soit 610=AH8, donc AH=1048=4,8 cm. Autre chemin, par l'aire : l'aire vaut aussi 2BC×AH, donc 24=210×AH=5AH et AH=4,8 cm. Les deux méthodes concordent, et la seconde est la plus rapide quand on connaît déjà l'aire.
d)
Dans le triangle HBA, rectangle en H : BH=AB2−AH2=36−23,04=12,96=3,6 cm. De même, dans HAC : CH=64−23,04=40,96=6,4 cm. Contrôle : 3,6+6,4=10 cm, ce qui est bien BC. Ce contrôle est gratuit et il attrape la plupart des erreurs de calcul.
e)
BH×CH=3,6×6,4=23,04, et AH2=4,82=23,04. L'égalité tient. Elle n'a rien d'un hasard : elle vient de la similitude des deux petits triangles HBA et HAC, qui donne AHBH=CHAH, donc le produit croisé. Au chapitre suivant, cette égalité porte un nom, c'est la première des RELATIONS MÉTRIQUES du triangle rectangle, et l'on n'aura plus à refaire la similitude à chaque fois.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chaque affirmation est fausse. Dites pourquoi en une phrase, puis donnez l'énoncé correct. Ce sont les cinq erreurs relevées le plus souvent dans les copies sur ce chapitre.
a) « Deux triangles de même aire sont isométriques. »
b) « Trois angles égaux deux à deux prouvent que les triangles sont isométriques. »
c) « Si le rapport de similitude vaut 2, l'aire est doublée. »
d) « Deux côtés proportionnels et un angle égal suffisent toujours pour la similitude. »
e) « Dans l'énoncé ABC semblable à DEF, l'ordre des lettres n'a pas d'importance. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux : bases 12 et 4, ou 6 et 8, donnent la même aire et deux formes différentes
b)Faux : trois angles égaux prouvent la similitude, pas l'isométrie
c)Faux : l'aire est multipliée par 4
d)Faux : l'angle doit être compris entre les deux côtés proportionnels
e)Faux : l'ordre des lettres désigne les sommets homologues
a)
Faux. Un triangle de base 12 et de hauteur 4 a une aire de 24, tout comme un triangle de base 6 et de hauteur 8 : ils ont la même aire et des formes totalement différentes. L'aire est UNE mesure, et il en faut trois bien choisies pour verrouiller un triangle. L'énoncé correct : deux triangles isométriques ont la même aire, et la réciproque est fausse.
b)
Faux. Trois angles égaux prouvent la SIMILITUDE, pas l'isométrie : un triangle et son agrandissement ont exactement les mêmes angles. Il manque une longueur, et une seule suffit. L'énoncé correct : angle-angle est un cas de similitude, et il n'existe aucun cas d'isométrie sans au moins un côté.
c)
Faux. L'aire est multipliée par k2=4, pas par 2. Un carré de 3 cm de côté a une aire de 9 cm carrés ; celui de 6 cm a une aire de 36 cm carrés, quatre fois plus. Ce sont les LONGUEURS qui suivent k. L'énoncé correct : longueurs par k, aires par k2, volumes par k3.
d)
Faux : encore faut-il que l'angle soit COMPRIS entre les deux côtés. Avec un angle placé ailleurs, on retrouve le problème du côté-côté-angle de l'exercice 1, et deux formes différentes peuvent convenir. L'énoncé correct : le cas s'appelle côté-ANGLE-côté, et l'angle doit être celui que forment les deux côtés proportionnels.
e)
Faux, et c'est l'erreur la plus coûteuse du chapitre. L'ordre des lettres DIT quels sommets se correspondent : A avec D, B avec E, C avec F. Changer l'ordre change l'affirmation, et toutes les proportions écrites ensuite deviennent fausses. L'énoncé correct : l'ordre des lettres fait partie de l'information, au même titre que les mesures.
Exercice 9 : Problème : le télémètre à triangles semblables
Un technicien estime des distances sans instrument : il tient une règle verticale à bout de bras, à 50 centimètres de son oeil, et regarde de combien de centimètres de règle l'objet visé est recouvert.
Les deux triangles formés, celui de l'oeil à la règle et celui de l'oeil à l'objet, sont semblables par le cas angle-angle : même angle au sommet, et deux verticales parallèles.
a) Un camion de 3 mètres de haut est exactement recouvert par 20 centimètres de règle. À quelle distance se trouve-t-il ?
b) Le même camion, vu à 15 mètres, est recouvert par combien de centimètres de règle ?
c) Un poteau est recouvert par 25 centimètres de règle alors qu'il se trouve à 12 mètres. Quelle est sa hauteur ?
d) Pourquoi la distance oeil-règle doit-elle rester la même d'une mesure à l'autre ?
e) Le technicien lit 21 centimètres au lieu de 20 en a). De combien sa distance est-elle fausse, en pour cent ?
Voir la correction
Réponses
a)7,5 mètres
b)10 centimètres de règle
c)6 mètres
d)Elle fixe le rapport de similitude : la changer change toutes les mesures
e)7,14 mètres, soit environ 4,76 pour cent d'écart
a)
Les deux triangles sont semblables, donc les rapports « hauteur sur distance » sont égaux : 5020=d300, toutes les longueurs étant en centimètres. Produit croisé : 20d=300×50=15000, donc d=750 cm, soit 7,5 mètres. Convertir AVANT de poser la proportion est indispensable : mélanger mètres et centimètres dans la même égalité donnerait un résultat cent fois trop grand ou trop petit.
b)
On garde la même proportion en changeant l'inconnue : 50L=1500300, donc L=1500300×50=10 cm. Contrôle de vraisemblance : le camion est deux fois plus loin qu'en a), donc il paraît deux fois plus petit, et 10 est bien la moitié de 20.
c)
Cette fois l'inconnue est la hauteur : 5025=1200H, donc H=5025×1200=600 cm, soit 6 mètres. Le rapport 5025 vaut 0,5 : l'objet mesure donc la moitié de sa distance, ce qui se vérifie, 6 étant la moitié de 12.
d)
Parce que c'est elle qui fixe le rapport de similitude. Changer la distance oeil-règle change le petit triangle, donc le rapport, donc toutes les mesures qui en découlent. C'est pour cela qu'on tient le bras TENDU : la position est reproductible. Un bras à demi plié, à 35 cm au lieu de 50, donnerait une distance surestimée de 30 pour cent environ.
e)
Avec 21 cm : d=21300×50≈714,3 cm, soit 7,14 mètres au lieu de 7,5. L'écart est de 35,7 cm sur 750, c'est-à-dire 75035,7≈4,8 pour cent. Une erreur de lecture de 5 pour cent produit donc une erreur de distance de presque 5 pour cent : la méthode est robuste, mais elle ne vaut jamais mieux que la lecture, et l'on ne donne pas le résultat au centimètre près.
Exercice 10 : Problème : le pantographe
Un pantographe est un bras articulé qui reproduit un dessin à une autre échelle : une pointe suit le tracé d'origine, l'autre le reproduit agrandi. Le rapport est fixé par la position des articulations.
La figure montre le principe, avec un rapport plus petit pour tenir dans la page : chaque point de la petite figure est envoyé sur la demi-droite qui part du point fixe.
a) Un pantographe est réglé au rapport 5. Un segment de 12 cm du dessin devient un segment de quelle longueur ?
b) Une zone de 8 centimètres carrés du dessin devient une zone de quelle aire ?
c) Le réglage se fait sur deux bras alignés avec le point fixe. Si le bras court mesure 8 cm, combien doit mesurer le bras long ?
d) On veut au contraire réduire un plan au quart. Quel rapport faut-il régler, et que devient une aire de 200 centimètres carrés ?
e) Un angle de 35 degrés du dessin devient un angle de combien de degrés ? Pourquoi ?
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Réponses
a)60 cm
b)200 centimètres carrés
c)40 cm
d)k=0,25, et l'aire devient 12,5 centimètres carrés
e)35 degrés : une similitude conserve les angles
a)
Les longueurs sont multipliées par le rapport : 12×5=60 cm. C'est la définition même d'une similitude de rapport 5, et cela vaut pour TOUTE longueur du dessin, y compris les diagonales et les épaisseurs de trait.
b)
Les aires sont multipliées par le carré du rapport : 8×52=8×25=200 centimètres carrés. C'est le point qui surprend l'utilisateur : une reproduction cinq fois plus grande consomme vingt-cinq fois plus d'encre, et non cinq fois plus.
c)
Les deux bras sont dans le rapport de la similitude, puisque le point fixe, la pointe suiveuse et la pointe traçante sont ALIGNÉS. Le bras long doit donc mesurer 8×5=40 cm. Sur la figure, c'est exactement ce que montrent les trois droites issues du point fixe : chaque sommet de la petite figure et son image sont sur la même droite.
d)
Réduire au quart, c'est un rapport k=0,25. L'aire est alors multipliée par k2=0,0625, donc 200×0,0625=12,5 centimètres carrés. Autre façon de le dire : l'aire est divisée par 16, et 16200=12,5. Les deux calculs concordent.
e)
Il reste un angle de 35 degrés. Une similitude conserve les ANGLES : c'est même ce qui la définit, avec la proportionnalité des longueurs. C'est pour cela qu'une reproduction reste reconnaissable, et c'est aussi la raison pour laquelle le cas angle-angle suffit à établir une similitude : la forme est entièrement décrite par ses angles.
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