Exercices corrigés : la fonction partie entière (math TS, secondaire 4)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématique Technico-sciences de quatrième secondaire sur la fonction partie entière, aussi appelée fonction en escalier, calibrés sur le niveau réel des évaluations de la séquence.
Le fil de la série est le suivant : dans a[bx], le paramètre de devant donne la HAUTEUR des marches et celui du crochet leur LONGUEUR. Son signe décide du côté fermé, donc de la façon de compter, unité révolue ou unité entamée.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•DÉFINITION : [x] est le plus grand entier INFÉRIEUR OU ÉGAL à x. La partie entière descend, elle n'arrondit pas et elle ne tronque pas : [−2,3]=−3.
•LA FORME DU CHAPITRE : f(x)=a[bx]. Domaine R, et l'image est l'ensemble des MULTIPLES de a.
•LE PARAMÈTRE DE DEVANT donne la hauteur des contremarches, ∣a∣ ; celui du CROCHET donne la longueur des marches, ∣b∣1.
•LE SIGNE DE b décide du côté fermé : à gauche si b>0, à droite si b<0. C'est lui, et lui seul, qui distingue un comptage d'unités révolues d'un comptage d'unités entamées.
•SENS DE VARIATION : croissante si a et b sont de même signe, décroissante sinon.
•TROUVER LA RÈGLE sur un graphique, dans cet ordre : hauteur d'une contremarche, longueur d'une marche, côté fermé. Puis vérifier sur un point.
•RÉSOUDRE a[bx]=c : on ISOLE le crochet d'abord, on traduit ensuite par n≤bx<n+1. La solution est un INTERVALLE.
•AUCUNE SOLUTION si le crochet doit valoir un nombre non entier : 2[x]=7 demanderait [x]=3,5.
•INÉQUATIONS, deux traductions qui ne sont pas symétriques : [A]≥n équivaut à A≥n, borne fermée ; [A]≤n équivaut à A<n+1, borne ouverte.
•UNITÉ ENTAMÉE : −[−x], et jamais [x]+1, qui ajoute une unité de trop quand x est entier.
•LE CROCHET NE SE SORT PAS : [2x]=2[x], contre-exemple en x=0,5.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : L'escalier de base et le sens du crochet
La partie entière de x, notée [x] ou ⌊x⌋, est le PLUS GRAND ENTIER INFÉRIEUR OU ÉGAL à x. Ce n'est pas l'entier le plus proche, et ce n'est pas « enlever les décimales ».
La figure montre la courbe de f(x)=[x] : une suite de marches horizontales, fermées à gauche et ouvertes à droite.
a) Calculez [2,7], [−1,5], [3] et [−0,2].
b) Donnez le domaine et l'image de f(x)=[x].
c) Donnez la longueur d'une marche et la hauteur d'une contremarche.
d) Expliquez pourquoi [−1,5]=−2 et non −1.
e) Pour quelles abscisses a-t-on f(x)=2 ?
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Réponses
a)2, −2, 3 et −1
b)Domaine R, image Z
c)Marche de longueur 1, contremarche de hauteur 1
d)La partie entière descend : −1 est plus grand que −1,5, donc exclu
e)x∈[2;3[
a)
[2,7]=2, le plus grand entier qui ne dépasse pas 2,7. [−1,5]=−2 : les entiers inférieurs ou égaux à −1,5 sont −2, −3, et le plus grand est −2. [3]=3, un entier est sa propre partie entière. [−0,2]=−1, pour la même raison que le deuxième : 0 est plus grand que −0,2, donc il est exclu.
b)
Le domaine est R : tout nombre a une partie entière. L'image est Z, l'ensemble des entiers : la fonction ne prend jamais de valeur décimale. C'est la première propriété à retenir, et elle explique la forme de la courbe, faite de paliers horizontaux à des hauteurs entières.
c)
Chaque marche s'étend sur une unité, de n inclus à n+1 exclu : la longueur d'une marche est 1. D'une marche à la suivante, la hauteur augmente de 1 : la contremarche vaut 1. Ces deux nombres sont ce que les paramètres viendront modifier au prochain exercice.
d)
Parce que la partie entière descend, elle n'arrondit pas et elle ne tronque pas. L'entier −1 est PLUS GRAND que −1,5, donc il ne peut pas être la partie entière. Cette erreur est la plus fréquente du chapitre : on croit « enlever la virgule », ce qui marche pour les positifs et échoue pour tous les négatifs. Sur la figure, la marche qui contient −1,5 est bien à la hauteur −2.
e)
La marche à la hauteur 2 s'étend de 2 inclus à 3 exclu : f(x)=2 pour tout x∈[2;3[. La réponse est un INTERVALLE et non un nombre, et c'est le point qui distingue ce chapitre de tous les autres : une équation y a une infinité de solutions, rangées dans un intervalle.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Les deux paramètres de a[bx]
La forme du chapitre est f(x)=a[bx]. Le paramètre de DEVANT donne la hauteur des contremarches, ∣a∣ ; celui du CROCHET donne la longueur des marches, ∣b∣1.
La figure montre h(x)=−2[0,5x], dont les marches mesurent 2 et les contremarches 2, et qui descend.
a) Pour f(x)=3[x], donnez la marche et la contremarche, puis calculez f(2,7) et f(−0,5).
b) Pour g(x)=[4x], donnez la marche et la contremarche, puis calculez g(1,3) et g(0,6).
c) Pour h(x)=−2[0,5x], calculez h(5) et h(−1), et donnez son sens de variation.
d) Pour k(x)=2[−x], calculez k(2,3) et k(−1,2). De quel côté les marches sont-elles fermées ?
e) Écrivez la règle générale : que donnent a et b, et qu'est-ce qui décide du sens de variation ?
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Réponses
a)Marche 1, contremarche 3 ; f(2,7)=6 et f(−0,5)=−3
b)Marche 0,25, contremarche 1 ; g(1,3)=5 et g(0,6)=2
c)h(5)=−4, h(−1)=2, fonction décroissante
d)k(2,3)=−6 et k(−1,2)=2 ; marches fermées à droite
e)Contremarche ∣a∣, marche ∣b∣1, côté fermé selon le signe de b, sens selon le produit des signes
a)
Le crochet est nu, donc b=1 et la marche mesure 1. Le facteur 3 multiplie toutes les images, donc la contremarche vaut 3. On calcule : f(2,7)=3×2=6 et f(−0,5)=3×(−1)=−3. On prend la partie entière AVANT de multiplier : 3×(−0,5)=−1,5 puis [−1,5]=−2 donnerait −2, un résultat faux, parce que ce n'est pas la fonction demandée.
b)
Ici b=4, donc la marche mesure 41=0,25, et a=1, donc la contremarche vaut 1. On calcule : g(1,3)=[5,2]=5 et g(0,6)=[2,4]=2. Un paramètre plus grand que 1 dans le crochet RESSERRE les marches : la fonction change de palier quatre fois plus souvent.
c)
h(5)=−2[2,5]=−2×2=−4. h(−1)=−2[−0,5]=−2×(−1)=2. La fonction est DÉCROISSANTE : quand x augmente, le crochet augmente, et le facteur négatif retourne tout. La figure le montre : les marches descendent de gauche à droite, chacune de 2 unités.
d)
k(2,3)=2[−2,3]=2×(−3)=−6 et k(−1,2)=2[1,2]=2×1=2. Le signe moins dans le crochet RETOURNE l'axe : les marches sont fermées à DROITE et ouvertes à gauche. C'est la seule façon, dans la forme du programme, de compter des unités ENTAMÉES plutôt que des unités révolues, et l'exercice 6 y revient.
e)
La règle générale : la hauteur d'une contremarche est ∣a∣ ; la longueur d'une marche est ∣b∣1 ; le SIGNE de b décide du côté fermé, à gauche si b>0, à droite si b<0 ; et le sens de variation est donné par le PRODUIT des deux signes, croissante si a et b sont de même signe, décroissante sinon. Quatre renseignements, deux paramètres : c'est tout le chapitre.
Exercice 3 : Trouver la règle depuis un graphique
La figure montre la courbe d'une fonction en escalier de la forme f(x)=a[bx]. Trois lectures suffisent à l'écrire : la hauteur d'une contremarche, la longueur d'une marche, et le côté fermé.
On lit toujours dans cet ordre, et l'on vérifie à la fin sur un point de la courbe.
a) Donnez la hauteur d'une contremarche, et déduisez-en a.
b) Donnez la longueur d'une marche, et déduisez-en la valeur absolue de b.
c) De quel côté les marches sont-elles fermées ? Quel signe impose-t-il à b ?
d) Écrivez la règle de f, puis vérifiez-la en calculant f(1,2) et en le comparant au graphique.
e) Calculez f(2), qui sort de la fenêtre du graphique.
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Réponses
a)Contremarche de 4, donc a=4
b)Marche de 0,5, donc ∣b∣=2
c)Fermées à gauche, donc b>0 et b=2
d)f(x)=4[2x], et f(1,2)=8
e)f(2)=16
a)
Les paliers se trouvent aux hauteurs −12, −8, −4, 0, 4, 8 et 12 : d'un palier au suivant, la hauteur augmente de 4. La contremarche vaut donc 4, et comme la fonction monte, a=4. Si elle avait descendu, on aurait pris a=−4 : la hauteur donne la valeur absolue, le sens donne le signe.
b)
Chaque palier s'étend sur une demi-unité : de 0 à 0,5, puis de 0,5 à 1, et ainsi de suite. La longueur d'une marche vaut 0,5, or cette longueur est ∣b∣1, donc ∣b∣=0,51=2. Un paramètre plus grand que 1 dans le crochet resserre les marches, ce qui est bien le cas ici.
c)
Les points pleins sont à GAUCHE de chaque palier et les points creux à droite : les marches sont fermées à gauche, comme celles de la fonction de base. Cela impose b>0, donc b=2. Un paramètre négatif aurait retourné l'axe et mis les points pleins à droite.
d)
La règle est f(x)=4[2x]. Vérification : f(1,2)=4[2,4]=4×2=8, et le graphique montre bien le palier à la hauteur 8 sur [1;1,5[, qui contient 1,2. Deuxième contrôle, sur un point limite : f(0,5)=4[1]=4, et 0,5 est bien le début du palier à 4, point plein.
e)
f(2)=4[4]=4×4=16. La règle vaut partout, même au-delà de la fenêtre : le graphique ne montre qu'une portion d'un escalier infini dans les deux sens. Contrôle de cohérence : le palier précédent, sur [1,5;2[, était à 12, et l'on gagne bien une contremarche de 4 en franchissant x=2.
Exercice 4 : L'image : quelles valeurs la fonction prend-elle ?
Une fonction en escalier ne prend jamais toutes les valeurs : elle saute de palier en palier. Son image est donc un ensemble de nombres ISOLÉS, et non un intervalle.
Pour chaque fonction, donnez l'image et dites si la valeur proposée y appartient.
a) f(x)=3[x] : donnez l'image, puis dites si 7 est une valeur atteinte.
b) g(x)=[4x] : donnez l'image, puis dites si −5 est une valeur atteinte.
c) h(x)=−2[0,5x] : donnez l'image, puis dites si 3 est une valeur atteinte.
d) j(x)=0,5[x] : donnez l'image, puis dites si 2,5 est une valeur atteinte.
e) Écrivez la règle générale donnant l'image de a[bx], et dites ce que devient le paramètre b là-dedans.
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Réponses
a)Les multiples de 3 ; 7 n'est pas atteinte
b)Z ; −5 est atteinte sur [−1,25;−1[
c)Les entiers pairs ; 3 n'est pas atteinte
d)Les multiples de 0,5 ; 2,5 est atteinte sur [5;6[
e)L'image est l'ensemble des multiples de a ; b n'y intervient pas
a)
Le crochet prend toutes les valeurs entières, donc 3[x] prend tous les TRIPLES d'entiers : l'image est {…,−6,−3,0,3,6,9,…}, les multiples de 3. La valeur 7 n'y est pas, 7 n'étant pas un multiple de 3 : aucune abscisse ne donne 7. On le vérifie en résolvant 3[x]=7, qui demanderait [x]=37, un nombre non entier, donc impossible.
b)
Le facteur de devant vaut 1, donc l'image est Z tout entier. La valeur −5 y est : il suffit de résoudre [4x]=−5, soit −5≤4x<−4, donc x∈[−1,25;−1[. Le paramètre du crochet n'a rien changé à l'image, seulement à la largeur des paliers.
c)
L'image est l'ensemble des multiples de 2, c'est-à-dire les entiers PAIRS, positifs et négatifs. Le signe moins ne change rien à l'image, puisque l'opposé d'un multiple de 2 est encore un multiple de 2 : il ne fait que renverser l'ordre des paliers. La valeur 3 n'y est pas, 3 étant impair.
d)
L'image est l'ensemble des multiples de 0,5, c'est-à-dire {…,−1,−0,5,0,0,5,1,…}. Un paramètre décimal donne donc des valeurs décimales, mais toujours isolées. La valeur 2,5 y est, atteinte pour [x]=5, donc pour x∈[5;6[.
e)
L'image de a[bx] est l'ensemble des MULTIPLES de a, autrement dit {anavecnentier}. Le paramètre b n'y figure pas : il agit sur les abscisses, pas sur les ordonnées, donc il change la largeur des paliers et l'endroit où ils commencent, jamais les valeurs prises. C'est la même séparation qu'au chapitre de la racine carrée, où un paramètre décidait du domaine et l'autre de l'image.
Exercice 5 : Résoudre une équation en escalier
Résoudre a[bx]=c se fait en deux temps : on isole le CROCHET, puis on traduit [A]=n par l'encadrement n≤A<n+1.
La réponse est un INTERVALLE, jamais un nombre isolé, et elle n'existe que si le crochet tombe sur un entier.
a) [x]=4
b) [2x]=3
c) 3[x]=12
d) 2[x]=7
e) −2[0,5x]=6
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Réponses
a)[4;5[
b)[1,5;2[
c)[4;5[
d)Aucune solution : [x] devrait valoir 3,5
e)[−6;−4[
a)
[x]=4 signifie 4≤x<5, donc l'ensemble-solution est [4;5[. La borne de gauche est FERMÉE et celle de droite OUVERTE, dans cet ordre, parce que la marche commence à 4 et s'arrête juste avant 5. Écrire ]4;5] serait faux de deux façons : 4 serait exclu à tort et 5 inclus à tort, alors que [5]=5 et non 4.
b)
On traduit directement sur le contenu du crochet : 3≤2x<4. On divise tout par 2, un nombre positif, donc le sens ne change pas : 1,5≤x<2, soit [1,5;2[. L'intervalle est deux fois plus court que celui de la question a), ce qui est normal : le paramètre 2 resserre les marches de moitié. Vérification : [2×1,7]=[3,4]=3.
c)
On isole d'abord le crochet : [x]=312=4, et l'on retombe sur la question a). L'ensemble-solution est [4;5[. L'ordre des gestes compte : traduire avant d'isoler donnerait 12≤3x<13, donc [4;4,33[, un intervalle faux et trop court.
d)
On isole : [x]=27=3,5. Or une partie entière est un ENTIER : aucune abscisse ne peut donner 3,5. L'équation n'a donc AUCUNE solution. C'est la question qu'il faut savoir reconnaître : elle se règle en une ligne, et la réponse attendue nomme la raison, pas seulement le vide.
e)
On isole : [0,5x]=−26=−3. On traduit : −3≤0,5x<−2. On multiplie par 2, un nombre positif, donc le sens se conserve : −6≤x<−4, soit [−6;−4[. Vérification avec x=−5 : [0,5×(−5)]=[−2,5]=−3, et −2×(−3)=6. C'est juste. Le piège serait de diviser par −2 APRÈS avoir traduit, ce qui obligerait à renverser les inégalités.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Unité révolue ou unité entamée : le signe du crochet
La partie entière compte les unités RÉVOLUES, celles qui sont entièrement passées. Beaucoup de situations comptent au contraire les unités ENTAMÉES : une minute commencée est facturée.
Dans la forme a[bx], un seul outil permet de passer d'un comptage à l'autre : le SIGNE du paramètre du crochet.
a) Calculez [−2,3], [−0,6], [4,99] et [−5].
b) Une communication de 2,3 minutes est facturée à la minute entamée. Combien de minutes sont facturées ?
c) Vérifiez que −[−x] donne le nombre d'unités entamées, y compris quand x est un entier.
d) Un atelier facture à l'heure entamée, 18 dollars l'heure. Écrivez le coût C(t) d'une intervention de t heures sous la forme a[bt], puis calculez C(3,2) et C(4).
e) Pourquoi n'écrit-on pas simplement [x]+1 pour compter les unités entamées ?
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Réponses
a)−3, −1, 4 et −5
b)Trois minutes facturées
c)−[−2,3]=3, −[−0,6]=1 et −[−5]=5 : le compte est juste même sur un entier
d)C(t)=−18[−t] ; C(3,2)=C(4)=72 dollars
e)[x]+1 ajoute une unité de trop quand x est entier
a)
[−2,3]=−3, [−0,6]=−1, [4,99]=4 et [−5]=−5. Les trois premières descendent au palier inférieur ; la quatrième ne bouge pas, un entier étant sa propre partie entière. Ce dernier cas est celui qui décide de tout dans la suite de l'exercice.
b)
Trois minutes. Deux minutes sont révolues, et la troisième est commencée, donc facturée entièrement. Le calcul [2,3]=2 donne les minutes RÉVOLUES et ne répond pas à la question ; il manque celle qui est en cours.
c)
On essaie : −[−2,3]=−(−3)=3, ce qui est bien le nombre de minutes entamées. Autre essai : −[−0,6]=−(−1)=1, une seule minute entamée, correct. Et sur un entier : −[−5]=−(−5)=5, cinq unités entamées et non six, ce qui est bien ce qu'on attend d'une communication de exactement cinq minutes. L'écriture −[−x] donne donc le compte juste dans tous les cas.
d)
Le coût est 18 dollars par heure entamée, donc C(t)=−18[−t], c'est-à-dire a=−18 et b=−1 dans la forme du chapitre. On calcule : C(3,2)=−18[−3,2]=−18×(−4)=72 dollars, quatre heures facturées. Et C(4)=−18[−4]=−18×(−4)=72 dollars également : une intervention de quatre heures pile coûte le même prix, ce qui est bien le comportement attendu. Les marches sont fermées à droite, puisque b<0.
e)
Parce que [x]+1 ajoute une unité de trop quand x est ENTIER. Pour une communication de exactement 5 minutes, cette formule facturerait 6 minutes, ce qu'aucun fournisseur n'oserait. L'écriture −[−x] traite correctement les deux cas, le décimal et l'entier, parce que le retournement de l'axe déplace le point fermé de la gauche vers la droite du palier. C'est exactement ce que le paramètre négatif du crochet fait dans la forme a[bx].
Exercice 7 : Résoudre une inéquation en escalier
Une inéquation en escalier se résout comme une équation, en isolant le crochet, mais la traduction change : [A]≥n équivaut à A≥n, alors que [A]≤n équivaut à A<n+1.
Les deux traductions ne sont pas symétriques, et c'est là que se perdent les points.
a) [x]≥3
b) [x]<2
c) 2[3x]≥6
d) 5[2x]≤−10
e) Expliquez pourquoi une borne est fermée dans un cas et ouverte dans l'autre.
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Réponses
a)[3;+∞[
b)]−∞;2[
c)[9;+∞[
d)]−∞;−0,5[
e)La marche est fermée à gauche : du côté ≥ la borne entre, du côté ≤ elle sort
a)
[x]≥3 signifie que la partie entière vaut 3, 4, 5, et ainsi de suite. La plus petite abscisse qui convient est 3 lui-même, puisque [3]=3. L'ensemble-solution est donc [3;+∞[, borne FERMÉE. On retient la traduction : [A]≥n équivaut simplement à A≥n.
b)
[x]<2 veut dire [x]≤1, la partie entière étant un entier. Les abscisses qui conviennent vont jusqu'à 2 exclu, puisque [2]=2 ne convient pas mais que [1,999]=1 convient. L'ensemble-solution est ]−∞;2[, borne OUVERTE. La traduction est [A]≤n équivaut à A<n+1.
c)
On isole le crochet : [3x]≥3. On traduit selon la première règle : 3x≥3, donc x≥9. L'ensemble-solution est [9;+∞[. Vérification à la borne : 2[39]=2×3=6, l'inégalité large est satisfaite, 9 est bien dedans.
d)
On isole : [2x]≤5−10=−2. Attention, on divise par 5, un nombre POSITIF, donc le sens ne bascule pas. On traduit selon la seconde règle : 2x<−2+1=−1, donc x<−0,5. L'ensemble-solution est ]−∞;−0,5[. Vérification : x=−0,5 donne [2×(−0,5)]=[−1]=−1, et 5×(−1)=−5, qui n'est PAS inférieur ou égal à −10 : la borne est bien exclue.
e)
Parce que la partie entière ne change de valeur qu'aux entiers, et qu'elle est fermée à GAUCHE de chaque palier. Du côté ≥, la valeur cherchée est atteinte dès le début du palier, qui appartient à la courbe : la borne est fermée. Du côté ≤, on s'arrête juste AVANT le début du palier suivant, qui, lui, ne convient plus : la borne est ouverte. Dessiner deux marches et pointer la borne est le contrôle le plus rapide, et il prend cinq secondes.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chaque affirmation est fausse. Dites pourquoi en une phrase, puis donnez l'énoncé correct. Ce sont les cinq erreurs relevées le plus souvent dans les copies sur ce chapitre.
a) « [−2,3]=−2, puisqu'on enlève les décimales. »
b) « L'image de f(x)=3[x] est l'ensemble des entiers. »
c) « [2x]=2[x] pour tout réel x. »
d) « L'équation [x]=2,5 a pour solution x=2,5. »
e) « Dans a[bx], le paramètre b donne la hauteur des marches. »
Voir la correction
Réponses
a)[−2,3]=−3 : la partie entière descend
b)L'image est l'ensemble des multiples de 3
c)Faux : [2×0,5]=1 alors que 2[0,5]=0
d)Aucune solution : une partie entière est un entier
e)b donne la longueur des marches, a leur hauteur
a)
Faux. La partie entière est le plus grand entier INFÉRIEUR OU ÉGAL, donc elle descend : [−2,3]=−3. Enlever les décimales marche pour les nombres positifs et échoue pour tous les négatifs, ce qui en fait une règle inutilisable. L'énoncé correct : on descend au palier du dessous, toujours.
b)
Faux. Le facteur 3 multiplie toutes les images, donc la fonction ne prend que des MULTIPLES de 3 : …,−3,0,3,6,… La valeur 7, par exemple, n'est jamais atteinte. L'énoncé correct : l'image de a[bx] est l'ensemble des multiples de a.
c)
Faux. Contre-exemple immédiat avec x=0,5 : à gauche [1]=1, à droite 2×[0,5]=2×0=0. La partie entière ne sort pas d'un produit, pas plus qu'elle ne se distribue sur une somme. L'énoncé correct : le paramètre du crochet change la LONGUEUR des marches, il ne se sort pas.
d)
Faux. Une partie entière est un entier : elle ne vaut jamais 2,5, et l'équation n'a AUCUNE solution. Le nombre 2,5 est d'ailleurs une abscisse parfaitement ordinaire, où la fonction vaut 2. L'énoncé correct : [x]=2 a pour ensemble-solution [2;3[.
e)
Faux, c'est l'autre paramètre. Le facteur de DEVANT donne la hauteur des contremarches, ∣a∣ ; celui du crochet donne la LONGUEUR des marches, ∣b∣1, et son signe décide du côté fermé. Confondre les deux mène à un escalier tourné de quatre-vingt-dix degrés, et à une règle fausse dans toute la question.
Exercice 9 : Problème : le fraisage par passes
Une pièce doit être usinée sur une fraiseuse : il faut enlever 12,4 millimètres de matière. La machine ne peut pas prendre plus de 1,5 millimètre par passe.
On fait donc des passes pleines de 1,5 mm tant qu'il reste assez de matière, puis une dernière passe de finition pour le reste. Chaque passe dure 40 secondes.
a) Combien de passes pleines de 1,5 mm peut-on faire, et quelle épaisseur reste-t-il ensuite ?
b) Combien de passes faut-il en tout ?
c) Écrivez le nombre total de passes N(e) pour une surépaisseur e, à l'aide d'une partie entière.
d) Appliquez votre formule à e=15 mm. Que se passe-t-il quand la division tombe juste ?
e) Calculez la durée totale de l'usinage dans les deux cas, 12,4 mm puis 15 mm.
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Réponses
a)8 passes pleines, et il reste 0,4 mm
b)9 passes en tout
c)N(e)=−[1,5−e]
d)N(15)=10 : la division tombe juste, donc aucune passe de finition
e)360 secondes, soit 6 minutes, puis 400 secondes, soit 6 minutes et 40 secondes
a)
On divise : 1,512,4≈8,267. Le nombre de passes PLEINES est la partie entière de ce quotient, soit [8,267]=8 passes. Elles enlèvent 8×1,5=12 mm, et il reste 12,4−12=0,4 mm. La partie entière compte ici des unités révolues, ce qui est exactement son rôle naturel.
b)
Il faut 9 passes : les 8 pleines, plus une passe de finition de 0,4 mm. On ne peut pas laisser 0,4 mm de matière sur la pièce, donc toute matière entamée coûte une passe entière de temps machine. On est passé du comptage RÉVOLU au comptage ENTAMÉ, et c'est la question suivante qui l'écrit.
c)
Le nombre total de passes est le nombre d'unités ENTAMÉES de 1,5 mm dans e, donc N(e)=−[1,5−e]. Vérification sur le cas de l'énoncé : −[1,5−12,4]=−[−8,267]=−(−9)=9. C'est bien la réponse de la question b). L'écriture [1,5e]+1 serait fausse, et la question suivante montre pourquoi.
d)
1,515=10 exactement, donc N(15)=−[−10]=10 passes, toutes pleines, sans finition. La formule fautive [1,5e]+1 aurait donné 11 passes, c'est-à-dire une passe à vide facturée au client. Quand la division tombe juste, il n'y a pas de reste, donc pas de passe supplémentaire : c'est précisément le cas que −[−x] traite correctement.
e)
Pour 12,4 mm : 9×40=360 secondes, soit 6 minutes. Pour 15 mm : 10×40=400 secondes, soit 6 minutes et 40 secondes. Remarquez le paradoxe apparent : 2,6 mm de matière en plus ne coûtent qu'une passe de plus, parce que le temps ne dépend pas de l'épaisseur enlevée mais du NOMBRE de passes. Une fonction en escalier modélise exactement ce genre de coût, qui avance par paliers.
Exercice 10 : Problème : la découpe de barres d'acier
Un atelier reçoit des barres d'acier de 6 mètres et doit y débiter des pièces de 0,85 mètre. La lame enlève une épaisseur négligeable, et une pièce doit être entière pour être utilisable.
La figure donne le nombre de pièces obtenues selon la longueur de la barre.
a) Combien de pièces obtient-on par barre, et quelle est la chute ?
b) Écrivez le nombre de pièces P(L) d'une barre de longueur L, à l'aide d'une partie entière.
c) Combien de barres faut-il commander pour produire 100 pièces ?
d) Quel est le rendement matière de cette découpe, en pour cent ? Quelle longueur de barre n'en laisserait aucune chute ?
e) L'atelier change de pièce et passe à 0,75 mètre. Reprenez le calcul du rendement et comparez.
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Réponses
a)7 pièces et 0,05 mètre de chute
b)P(L)=[0,85L]
c)15 barres
d)Rendement de 99,17 pour cent ; une barre de 5,95 m ou de 6,8 m ne laisserait aucune chute
e)8 pièces par barre et 100 pour cent de rendement
a)
On divise : 0,856≈7,059. Le nombre de pièces est la partie entière de ce quotient, [7,059]=7 pièces. Elles utilisent 7×0,85=5,95 mètre, donc la chute vaut 6−5,95=0,05 mètre, soit 5 centimètres. Ici la partie entière est bien le comptage RÉVOLU : une huitième pièce entamée ne serait pas utilisable.
b)
P(L)=[0,85L], c'est-à-dire une fonction en escalier de paramètre b=0,851 et de contremarche 1. Ses marches mesurent 0,85 mètre, ce que la figure montre : la courbe monte d'une pièce chaque fois que la barre gagne 85 centimètres, et pas avant.
c)
Chaque barre donne 7 pièces, donc il faut 7100≈14,29 barres. On ne commande pas une fraction de barre, et 14 barres ne donneraient que 98 pièces : il faut donc arrondir VERS LE HAUT, ce qui s'écrit −[7−100]=15 barres. C'est le comptage entamé de l'exercice 6, appliqué aux barres et non plus aux minutes.
d)
Le rendement est la matière utile divisée par la matière achetée : 65,95≈0,9917, soit 99,17 pour cent. C'est excellent, mais ce n'est pas gratuit : la chute vaut 5 cm par barre, donc 75 cm sur quinze barres. Une barre de longueur multiple de 0,85 ne laisserait aucune chute, par exemple 5,95 mètre ou 6,8 mètres : le quotient tomberait juste et la partie entière n'enlèverait rien.
e)
Avec des pièces de 0,75 mètre : 0,756=8 exactement, donc 8 pièces et AUCUNE chute. Le rendement est de 100 pour cent. La comparaison est instructive : une pièce plus courte de 10 centimètres fait gagner une pièce par barre ET supprime la chute, parce que 6 est un multiple de 0,75 et ne l'est pas de 0,85. En découpe, ce n'est pas la taille de la pièce qui décide du gaspillage, c'est le reste de la division.
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