Exercices corrigés : les fonctions définies par parties (math TS, secondaire 4)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématique Technico-sciences de quatrième secondaire sur les fonctions définies par parties, calibrés sur le niveau réel des évaluations de la séquence. C'est le premier chapitre où une seule fonction porte plusieurs règles.
Le fil de la série est le suivant : une fonction définie par parties reste UNE fonction. Chaque abscisse doit tomber dans exactement un morceau, et c'est la borne qui décide. Tout le reste, le tracé, le raccord, la résolution, en découle.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•UNE FONCTION, PLUSIEURS RÈGLES : chaque règle vient avec son intervalle, et les intervalles forment une partition du domaine, sans trou ni chevauchement.
•CHERCHER L'INTERVALLE D'ABORD, calculer ensuite. L'erreur la plus fréquente du chapitre est de calculer avec la mauvaise règle, et elle ne se voit pas dans le résultat.
•LA BORNE APPARTIENT AU MORCEAU DONT L'INÉGALITÉ EST LARGE. Un intervalle fermé donne un point plein, un intervalle ouvert un point creux.
•LE DOMAINE est la RÉUNION des intervalles : il n'est pas toujours R.
•L'IMAGE est la réunion des images des morceaux, et elle se lit en projetant la courbe sur l'axe vertical.
•TEST DU RACCORD : on calcule la borne avec la règle de gauche, puis avec celle de droite. Égalité, la courbe se raccorde ; différence, elle saute, et l'écart est la hauteur du saut.
•UNE DÉFINITION EST FAUSSE si une abscisse n'a aucune image, c'est un trou, ou si elle en a deux différentes, c'est une contradiction.
•UN RECOUVREMENT n'est acceptable que si les deux règles donnent la même image à cet endroit, et l'on préfère quand même l'éviter en écriture.
•RÉSOUDRE f(x)=c : on résout dans CHAQUE morceau, puis on vérifie que chaque solution appartient à l'intervalle de son morceau. Les autres se rejettent.
•L'ENSEMBLE-SOLUTION peut mêler des nombres isolés et des intervalles entiers, quand un morceau constant vaut justement c.
•PLUSIEURS SOLUTIONS NE CONTREDISENT PAS LA DÉFINITION : une fonction interdit deux images pour une abscisse, jamais deux abscisses pour une image.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Choisir le morceau, et lire la borne
Une fonction définie par parties donne plusieurs règles, chacune accompagnée d'un intervalle. Pour calculer une image, on regarde D'ABORD dans quel intervalle tombe l'abscisse, ensuite seulement on calcule.
On travaille avec f(x)=−2x−1 si x<−1, f(x)=x2 si −1≤x≤2, et f(x)=5 si x>2.
a) Calculez f(−3), f(−1) et f(0).
b) Calculez f(2) et f(5). À quel morceau appartient l'abscisse 2 ?
c) À quel morceau appartient l'abscisse −1 ? Que se passerait-il si les deux premiers morceaux la prenaient tous les deux ?
d) Donnez le domaine de f.
e) Expliquez pourquoi une abscisse ne peut pas tomber dans deux morceaux à la fois.
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Réponses
a)f(−3)=5, f(−1)=1 et f(0)=0
b)f(2)=4 et f(5)=5 ; l'abscisse 2 est au deuxième morceau
c)Au deuxième morceau ; un recouvrement exigerait que les deux règles donnent la même image
d)Le domaine est R
e)Une fonction n'attribue qu'une image par abscisse : les morceaux partitionnent le domaine
a)
−3<−1, donc c'est le premier morceau : f(−3)=−2(−3)−1=6−1=5. Pour x=−1, l'intervalle du deuxième morceau est −1≤x≤2, borne COMPRISE, donc f(−1)=(−1)2=1. Pour x=0, encore le deuxième : f(0)=0. L'ordre des gestes compte : chercher l'intervalle, puis calculer. Calculer d'abord avec la mauvaise règle est l'erreur la plus fréquente, et elle ne se voit pas dans le résultat, ce qui la rend chère.
b)
x=2 appartient au DEUXIÈME morceau, dont l'intervalle est fermé en 2 : f(2)=22=4. Le troisième morceau ne commence qu'APRÈS 2, puisque son intervalle est x>2, strict. Pour x=5, c'est le troisième : f(5)=5, la fonction y est constante. Sur la figure, on voit un point plein en (2;4) et un point creux en (2;5) : la fonction fait un SAUT en 2.
c)
L'abscisse −1 appartient au deuxième morceau, dont l'intervalle est fermé de ce côté, le premier s'arrêtant à x<−1. Si les deux la prenaient, il faudrait que les deux règles donnent la MÊME image, sans quoi f(−1) aurait deux valeurs et l'objet ne serait plus une fonction. Ici les deux règles donnent 1 toutes les deux, donc le recouvrement serait sans danger, mais on ne l'écrit pas : une définition propre attribue chaque abscisse à un seul morceau.
d)
Le domaine est la RÉUNION des trois intervalles : ]−∞;−1[∪[−1;2]∪]2;+∞[, c'est-à-dire R tout entier. Il faut le vérifier et non le supposer : si un morceau s'arrêtait à x<2 et le suivant commençait à x>2, l'abscisse 2 n'aurait aucune image et le domaine aurait un TROU.
e)
Parce qu'une fonction associe à chaque abscisse UNE SEULE image. Deux morceaux se recouvrant avec des règles différentes donneraient deux images à la même abscisse, et la courbe aurait deux points superposés sur la même verticale, ce qu'aucune fonction ne permet. Les intervalles des morceaux forment donc une partition du domaine : ils ne se chevauchent pas et ne laissent pas de trou.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Tracer, et marquer les points ouverts
On considère g(x)=x+3 si −4≤x<−1, g(x)=−1 si −1≤x<1, et g(x)=2x−3 si 1≤x≤4.
Sur un tracé, une borne EXCLUE se marque par un point creux et une borne INCLUSE par un point plein. C'est ce marquage qui distingue deux courbes autrement identiques.
a) Calculez g(−4), g(−2), g(−1), g(0), g(1) et g(4).
b) Donnez le domaine de g.
c) Tracez la courbe de g en marquant les points ouverts et les points fermés.
d) Donnez l'image de g.
e) Où la courbe fait-elle un saut, et de combien ?
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Réponses
a)−1, 1, −1, −1, −1 et 5
b)Domaine [−4;4]
c)Trois segments, point creux en (−1;2) et points pleins aux bornes incluses
d)Image [−1;5]
e)Un saut de 3 unités en x=−1 ; aucun saut en x=1
a)
g(−4)=−4+3=−1 ; g(−2)=−2+3=1 ; pour x=−1, c'est le DEUXIÈME morceau, fermé de ce côté, donc g(−1)=−1 ; g(0)=−1, la fonction y est constante ; pour x=1, c'est le troisième morceau, fermé lui aussi, donc g(1)=2−3=−1 ; et g(4)=8−3=5.
b)
Le domaine est [−4;4], réunion de [−4;−1[, [−1;1[ et [1;4]. Les trois intervalles se suivent sans trou et sans recouvrement : chaque borne intérieure est fermée d'un côté et ouverte de l'autre, ce qui est exactement la bonne façon d'écrire une définition par parties.
c)
Le tracé est dans le corrigé. Trois morceaux : un segment montant de (−4;−1) jusqu'à (−1;2) NON COMPRIS, donc point creux ; un segment horizontal à la hauteur −1, de (−1;−1) COMPRIS jusqu'à (1;−1) non compris ; et un segment montant de (1;−1) compris jusqu'à (4;5) compris. En x=1, le point creux du deuxième morceau et le point plein du troisième sont au MÊME endroit : on ne garde que le point plein.
d)
L'image est la réunion des images des trois morceaux. Le premier donne [−1;2[, le deuxième {−1}, le troisième [−1;5]. La réunion vaut [−1;5]. On lit bien cette réunion sur le tracé, en projetant la courbe sur l'axe vertical, et l'on vérifie qu'aucune valeur n'est oubliée : la valeur 2, exclue par le premier morceau, est atteinte par le troisième, en x=2,5.
e)
En x=−1. Le premier morceau s'approche de 2 quand x tend vers −1 par la gauche, alors que le deuxième vaut −1 à partir de −1. Le saut mesure 2−(−1)=3 unités. En x=1, au contraire, les deux morceaux donnent la même valeur −1 : il n'y a pas de saut, les morceaux se raccordent. Une fonction définie par parties peut donc sauter à une borne et pas à l'autre.
Exercice 3 : Écrire la règle depuis un graphique
La figure montre la courbe d'une fonction h définie par parties, sur [−5;3]. Chaque morceau est un segment de droite.
Pour chacun, on lit deux points, on calcule la pente, on écrit la règle, puis on note l'intervalle avec les bonnes bornes.
a) Donnez la règle du morceau de gauche et son intervalle.
b) Donnez la règle du morceau du milieu et son intervalle.
c) Donnez la règle du morceau de droite et son intervalle.
d) Les morceaux se raccordent-ils en x=−2 et en x=1 ? Justifiez par le calcul.
e) Donnez le domaine et l'image de h.
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Réponses
a)h(x)=2 sur [−5;−2[
b)h(x)=−x sur [−2;1[
c)h(x)=3x−4 sur [1;3]
d)Oui aux deux bornes : 2=2 en x=−2 et −1=−1 en x=1
e)Domaine [−5;3], image [−1;5]
a)
Le morceau de gauche est horizontal à la hauteur 2, de x=−5 à x=−2 : sa règle est h(x)=2, sur [−5;−2[. La pente d'un segment horizontal est nulle, donc la règle ne contient pas de x. La borne droite est ouverte parce que le morceau suivant prend l'abscisse −2, et l'on ne peut pas la donner aux deux.
b)
Le morceau du milieu passe par (−2;2) et (1;−1). La pente vaut 1−(−2)−1−2=3−3=−1. Avec le point (1;−1) : −1=−1×1+b, donc b=0. La règle est h(x)=−x, sur [−2;1[. Vérification sur l'autre point : −(−2)=2, c'est juste.
c)
Le morceau de droite passe par (1;−1) et (3;5). La pente vaut 3−15−(−1)=26=3. Avec le point (1;−1) : −1=3+b, donc b=−4. La règle est h(x)=3x−4, sur [1;3]. Vérification : 3×3−4=5, c'est juste.
d)
En x=−2 : le morceau de gauche s'approche de 2 et le morceau du milieu vaut −(−2)=2. Les deux valeurs coïncident, donc les morceaux se RACCORDENT. En x=1 : le morceau du milieu s'approche de −1 et celui de droite vaut 3×1−4=−1. Ils se raccordent aussi. La courbe se trace donc d'un seul trait, sans lever le crayon, ce que confirme la figure : aucun point creux n'y figure à l'intérieur.
e)
Le domaine est [−5;3], la réunion des trois intervalles. Pour l'image : le premier morceau donne {2}, le deuxième ]−1;2], le troisième [−1;5]. La réunion vaut [−1;5]. Le plus petit résultat est −1, atteint en x=1, et le plus grand est 5, atteint en x=3 : on les lit aux extrémités et aux points de raccord, jamais ailleurs, puisque les morceaux sont des segments.
Exercice 4 : Saut ou raccord : le test des deux règles
À une borne intérieure, la question est toujours la même : les deux morceaux donnent-ils la même valeur ? On calcule la borne avec LA RÈGLE DE GAUCHE, puis avec celle de droite, et on compare.
Égalité, la courbe se raccorde ; différence, elle saute, et la hauteur du saut est l'écart entre les deux valeurs.
a) f(x)=3x+1 si x<2 et f(x)=x2+3 si x≥2. Y a-t-il un saut en x=2 ?
b) g(x)=x2 si x≤1 et g(x)=2x+3 si x>1. Même question en x=1.
c) k(x)=−x+4 si x<3 et k(x)=2x−5 si x≥3. Même question en x=3.
d) Pour celle qui saute, donnez la hauteur du saut et dites quelle valeur la fonction prend vraiment à la borne.
e) Pourquoi compare-t-on les deux RÈGLES à la borne, et non les deux images d'un point quelconque ?
Voir la correction
Réponses
a)Aucun saut : les deux règles donnent 7
b)Saut : 1 à gauche, 5 à droite
c)Aucun saut : les deux règles donnent 1
d)Saut de 4 unités, et g(1)=1
e)Le raccord est une question locale : ailleurs, un seul morceau s'applique
a)
Avec la règle de gauche : 3×2+1=7. Avec celle de droite : 22+3=4+3=7. Les deux valeurs coïncident, donc il n'y a PAS de saut : la courbe se raccorde en (2;7). Remarquez qu'on a calculé la règle de gauche EN 2, alors que son intervalle exclut 2 : c'est permis, on regarde vers quoi le morceau se dirige, et c'est justement ce que le test demande.
b)
Avec la règle de gauche : 12=1. Avec celle de droite : 2×1+3=5. Les deux valeurs diffèrent, donc la courbe SAUTE en x=1. La fonction existe bel et bien en 1, elle y vaut 1, mais la courbe se casse : un point plein en (1;1), un point creux en (1;5).
c)
Avec la règle de gauche : −3+4=1. Avec celle de droite : 2×3−5=1. Égalité, donc raccord en (3;1). Une fonction faite de deux morceaux très différents peut donc être parfaitement continue : ce n'est pas la ressemblance des règles qui compte, c'est leur valeur à la borne.
d)
C'est g qui saute, en x=1. La hauteur du saut est 5−1=4 unités. La fonction prend vraiment la valeur 1 à la borne, parce que c'est le morceau FERMÉ, x≤1, qui contient l'abscisse 1. La valeur 5 n'est jamais atteinte en x=1 : elle n'est qu'approchée par la droite, d'où le point creux.
e)
Parce que le raccord est une question LOCALE : elle ne se pose qu'à l'endroit où l'on change de règle. Ailleurs, un seul morceau s'applique et il n'y a rien à comparer. Comparer les deux règles en un point quelconque, par exemple en x=0 pour la fonction g, ne dirait rien du tout : 02=0 et 2×0+3=3 diffèrent, alors que la fonction est parfaitement définie et sans saut en 0, où seul le premier morceau s'applique.
Exercice 5 : Cette définition par parties est-elle valide ?
Une définition par parties doit remplir deux conditions : aucun TROU, c'est-à-dire aucune abscisse sans image, et aucune CONTRADICTION, c'est-à-dire aucune abscisse à deux images différentes.
Pour chacune des trois définitions, dites si elle est valide et pourquoi.
a) f(x)=3x si x≤2 et f(x)=x+4 si x≥2.
b) g(x)=x2 si x<3 et g(x)=2x si x>3.
c) k(x)=x+5 si x≤0 et k(x)=x−1 si x≥0.
d) Corrigez les définitions fautives en changeant le moins de choses possible.
e) Énoncez en une phrase la règle qui décide de la validité.
Voir la correction
Réponses
a)Valide : le recouvrement en x=2 donne la même image, 6
b)Non valide sur R : trou en x=3
c)Non valide : contradiction en x=0, 5 contre −1
d)Fermer une borne pour g, rendre une inégalité stricte pour k
e)Les intervalles doivent partitionner le domaine : ni trou, ni chevauchement contradictoire
a)
Valide, mais de justesse. Les deux intervalles se RECOUVRENT en x=2, ce qui est dangereux ; il se trouve que les deux règles y donnent la même image : 3×2=6 et 2+4=6. Il n'y a donc pas de contradiction, et la fonction est bien définie sur R. En évaluation, on l'écrit quand même proprement, avec une borne stricte d'un côté, parce que le correcteur ne devrait pas avoir à vérifier une coïncidence.
b)
Non valide sur R. L'abscisse 3 n'est dans aucun des deux intervalles, puisque les deux sont stricts : elle n'a donc aucune image, c'est un TROU. La fonction existe, mais son domaine est ]−∞;3[∪]3;+∞[, et il faut l'écrire ainsi si l'on garde cette définition.
c)
Non valide. L'abscisse 0 appartient aux deux intervalles, et les deux règles y donnent des images différentes : 0+5=5 d'un côté, 0−1=−1 de l'autre. Une abscisse aurait deux images, ce qu'aucune fonction ne permet. C'est la faute la plus grave des trois, parce qu'elle ne se répare pas en changeant le domaine.
d)
Pour g, il suffit de fermer UNE des deux bornes : g(x)=x2 si x≤3 et g(x)=2x si x>3. Le trou est bouché et le domaine redevient R. Pour k, il suffit de rendre stricte une des deux inégalités : k(x)=x+5 si x<0 et k(x)=x−1 si x≥0. La contradiction disparaît, et la fonction saute en 0, ce qui est parfaitement permis.
e)
Les intervalles des morceaux doivent former une PARTITION du domaine : ils le couvrent entièrement et ne se chevauchent pas, sauf en des points où les règles donnent la même image. Le contrôle pratique tient en deux gestes : à chaque borne intérieure, vérifier qu'elle est prise par exactement un morceau, et vérifier qu'aucune abscisse n'a été oubliée.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Résoudre une équation morceau par morceau
On reprend la fonction de l'exercice 1 : f(x)=−2x−1 si x<−1, f(x)=x2 si −1≤x≤2, et f(x)=5 si x>2.
Pour résoudre f(x)=c, on traite CHAQUE morceau séparément, puis on vérifie que chaque solution trouvée appartient bien à l'intervalle de son morceau. Une solution qui n'y appartient pas se rejette.
a) Résolvez f(x)=0.
b) Résolvez f(x)=1.
c) Résolvez f(x)=5.
d) Résolvez f(x)=−2.
e) Pourquoi une équation peut-elle avoir plusieurs solutions ici, alors que la fonction reste une fonction ?
Voir la correction
Réponses
a)x=0 ; la valeur −0,5 est rejetée, hors de son intervalle
b)x=−1 et x=1
c){−3}∪]2;+∞[
d)Aucune solution
e)Une fonction interdit deux images pour une abscisse, pas deux abscisses pour une image
a)
Premier morceau : −2x−1=0 donne x=−0,5, qui n'est PAS dans ]−∞;−1[ : rejeté. Deuxième morceau : x2=0 donne x=0, qui est bien dans [−1;2] : gardé. Troisième morceau : la fonction y vaut 5, jamais 0 : aucune solution. L'unique solution est x=0. La vérification d'appartenance n'est pas une formalité : sans elle, on livre −0,5, une abscisse où la fonction vaut 0,25 et non 0.
b)
Premier morceau : −2x−1=1 donne x=−1, qui n'est pas dans ]−∞;−1[, borne exclue : rejeté. Deuxième morceau : x2=1 donne x=−1 ET x=1, tous deux dans [−1;2] : gardés. Troisième : rien. Les solutions sont x=−1 et x=1. Le cas de −1 est instructif : la même valeur est rejetée dans un morceau et acceptée dans l'autre, et c'est bien la borne qui tranche.
c)
Premier morceau : −2x−1=5 donne x=−3, qui est dans ]−∞;−1[ : gardé. Deuxième : x2=5 donne x=±5≈±2,24, et ni l'un ni l'autre n'est dans [−1;2] : rejetés. Troisième morceau : la fonction vaut 5 pour TOUT x>2. L'ensemble-solution est donc {−3}∪]2;+∞[, un nombre isolé et un intervalle entier.
d)
Premier morceau : −2x−1=−2 donne x=0,5, hors de l'intervalle : rejeté. Deuxième : x2=−2 n'a aucune solution réelle, un carré n'étant jamais négatif. Troisième : 5=−2. L'équation n'a AUCUNE solution, ce qui se lit aussi sur l'image trouvée à l'exercice 1 : la fonction ne descend jamais sous 0.
e)
Parce qu'une fonction interdit à une abscisse d'avoir deux images, jamais à deux abscisses d'avoir la même image. Une horizontale peut donc couper la courbe autant de fois qu'elle veut, alors qu'une verticale ne doit la couper qu'une fois. La question c) en donne l'exemple extrême : une horizontale confondue avec tout un morceau, qui la coupe en une infinité de points.
Exercice 7 : Fabriquer la règle à partir d'une situation
Un convoyeur démarre à l'arrêt, accélère régulièrement de 0,5 mètre par seconde chaque seconde pendant 4 secondes, garde ensuite sa vitesse jusqu'à la vingtième seconde, puis ralentit régulièrement pour s'arrêter à la vingt-cinquième.
On note v(t) sa vitesse, en mètres par seconde, à l'instant t, en secondes.
a) Écrivez v(t) sous forme de fonction définie par parties, en précisant les intervalles.
b) Calculez v(2), v(10) et v(22).
c) À quels instants la vitesse vaut-elle 1 mètre par seconde ?
d) Vérifiez les raccords en t=4 et en t=20.
e) Donnez le domaine et l'image de v.
Voir la correction
Réponses
a)v(t)=0,5t sur [0;4[, v(t)=2 sur [4;20], v(t)=2−0,4(t−20) sur ]20;25]
b)v(2)=1, v(10)=2 et v(22)=1,2 mètre par seconde
c)À t=2 s et à t=22,5 s
d)Les deux raccords tiennent : 2=2 aux deux bornes
e)Domaine [0;25], image [0;2]
a)
Première phase : la vitesse part de zéro et augmente de 0,5 par seconde, donc v(t)=0,5t sur [0;4[. À la fin de cette phase, la vitesse vaut 0,5×4=2 mètres par seconde. Deuxième phase : vitesse constante, v(t)=2 sur [4;20]. Troisième phase : la vitesse tombe de 2 à 0 en 5 secondes, donc elle diminue de 52=0,4 par seconde, et v(t)=2−0,4(t−20) sur ]20;25].
b)
v(2)=0,5×2=1 mètre par seconde. v(10)=2, la phase constante. v(22)=2−0,4×2=2−0,8=1,2 mètre par seconde. Chaque fois, on repère la phase avant de calculer : c'est le même geste qu'à l'exercice 1, dans un habillage physique.
c)
On cherche v(t)=1 dans chaque morceau. Première phase : 0,5t=1 donne t=2, qui est dans [0;4[ : gardé. Deuxième phase : la vitesse y vaut 2, jamais 1 : rien. Troisième phase : 2−0,4(t−20)=1 donne 0,4(t−20)=1, donc t−20=2,5 et t=22,5, qui est dans ]20;25] : gardé. La vitesse vaut donc 1 mètre par seconde à deux instants, une fois en montant, une fois en descendant.
d)
En t=4 : la première phase s'approche de 0,5×4=2 et la deuxième vaut 2. Raccord. En t=20 : la deuxième vaut 2 et la troisième s'approche de 2−0,4×0=2. Raccord également. C'est ce qu'on attend d'une vitesse : un saut signifierait un changement instantané de vitesse, donc une accélération infinie, ce qu'aucun moteur ne produit. Le modèle doit être continu, et le vérifier fait partie de la réponse.
e)
Le domaine est [0;25] : avant le démarrage et après l'arrêt, le modèle ne dit rien. L'image est [0;2] : la vitesse part de zéro, monte jusqu'à 2, y reste, puis redescend à zéro. Elle ne dépasse jamais 2 mètres par seconde, valeur atteinte sur tout l'intervalle [4;20].
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chaque affirmation est fausse. Dites pourquoi en une phrase, puis donnez l'énoncé correct. Ce sont les cinq erreurs relevées le plus souvent dans les copies sur ce chapitre.
a) « f(x)=x+1 si x≤2 et f(x)=3x si x≥2 définit bien une fonction. »
b) « Une fonction définie par parties n'est pas une vraie fonction, puisqu'elle a plusieurs règles. »
c) « Si les deux morceaux donnent la même valeur à la borne, la courbe a un saut. »
d) « Le domaine d'une fonction définie par parties est toujours R. »
e) « Pour résoudre f(x)=c, il suffit de résoudre dans le morceau qui contient c. »
Voir la correction
Réponses
a)Non : contradiction en x=2, 3 contre 6
b)C'est une fonction : une seule image par abscisse, quel que soit le nombre de règles
c)Même valeur signifie RACCORD ; le saut vient d'une différence
d)Le domaine est la réunion des intervalles, pas toujours R
e)On résout dans chaque morceau, puis on vérifie l'appartenance de chaque solution
a)
Faux. L'abscisse 2 appartient aux deux intervalles et les deux règles y donnent des images différentes : 2+1=3 d'un côté, 3×2=6 de l'autre. Une abscisse aurait deux images, ce qui est interdit. L'énoncé correct : on rend une des deux inégalités stricte, par exemple x<2 dans le premier morceau, et la fonction saute alors de 3 à 6 en x=2.
b)
Faux. Le nombre de règles ne change rien : ce qui fait une fonction, c'est qu'à chaque abscisse du domaine corresponde UNE SEULE image. Une définition par parties le respecte tant que les intervalles ne se chevauchent pas. On peut d'ailleurs écrire n'importe quelle fonction par parties, en coupant son domaine où l'on veut.
c)
Faux, c'est l'inverse. Même valeur des deux côtés, la courbe se RACCORDE et se trace sans lever le crayon. Un saut apparaît précisément quand les deux valeurs DIFFÈRENT, et sa hauteur est leur écart. L'énoncé correct : le test des deux règles à la borne décide, égalité pour un raccord, différence pour un saut.
d)
Faux. Le domaine est la RÉUNION des intervalles des morceaux, et rien ne dit qu'elle couvre tout. Deux morceaux définis sur x<3 et x>3 laissent un trou en 3 ; une fonction de tarif définie sur [0;25] n'existe pas en dehors. On écrit donc le domaine en réunissant les intervalles, on ne le suppose pas.
e)
Faux, et cette phrase n'a même pas de sens : c est une IMAGE, les intervalles des morceaux portent sur les ABSCISSES. Il faut résoudre dans CHAQUE morceau, puis vérifier pour chaque solution trouvée qu'elle appartient à l'intervalle de son morceau. C'est cette vérification qui rejette les solutions parasites, et l'oublier est l'erreur la plus chère du chapitre.
Exercice 9 : Problème : la course d'un vérin hydraulique
Un vérin sort sa tige à vitesse constante de 30 millimètres par seconde pendant 4 secondes, la maintient en position jusqu'à la dixième seconde, puis la rentre à 40 millimètres par seconde.
On note p(t) la position de la tige, en millimètres, à l'instant t, en secondes, la position 0 étant la tige entièrement rentrée.
a) Écrivez p(t) sous forme de fonction définie par parties, en précisant les intervalles.
b) Calculez p(2), p(7) et p(12).
c) À quels instants la tige est-elle à 60 millimètres ?
d) À quel instant la tige est-elle entièrement rentrée ? Quelle est la durée totale du cycle ?
e) Donnez l'image de p et dites où la fonction est croissante, constante et décroissante.
Voir la correction
Réponses
a)p(t)=30t sur [0;4[, p(t)=120 sur [4;10], p(t)=120−40(t−10) sur ]10;13]
b)p(2)=60 mm, p(7)=120 mm et p(12)=40 mm
c)À t=2 s et à t=11,5 s
d)Tige rentrée à t=13 s ; cycle de 13 secondes
e)Image [0;120] ; croissante, puis constante, puis décroissante
a)
Première phase : la tige part de 0 et avance de 30 mm par seconde, donc p(t)=30t sur [0;4[. Au bout de 4 secondes elle est à 30×4=120 mm. Deuxième phase : position maintenue, p(t)=120 sur [4;10]. Troisième phase : la tige rentre à 40 mm par seconde à partir de 120 mm, donc p(t)=120−40(t−10) sur ]10;13]. L'écriture t−10 est essentielle : le temps de rentrée se compte à partir du DÉBUT de la phase, pas à partir de zéro.
b)
p(2)=30×2=60 mm. p(7)=120 mm, phase de maintien. p(12)=120−40×2=120−80=40 mm. Contrôle de vraisemblance pour la dernière : deux secondes de rentrée à 40 mm par seconde font 80 mm parcourus, il doit donc rester 40 mm, et c'est le cas.
c)
Première phase : 30t=60 donne t=2, dans [0;4[ : gardé. Deuxième phase : la position y vaut 120, jamais 60 : rien. Troisième phase : 120−40(t−10)=60 donne 40(t−10)=60, donc t−10=1,5 et t=11,5, dans ]10;13] : gardé. La tige passe donc à 60 mm deux fois, une fois en sortant et une fois en rentrant.
d)
La tige est rentrée quand p(t)=0 : 120−40(t−10)=0 donne t−10=3, donc t=13 secondes. La durée totale du cycle est donc de 13 secondes : 4 de sortie, 6 de maintien et 3 de rentrée. On vérifie que la rentrée est plus rapide que la sortie, ce que les vitesses annonçaient, 40 contre 30 millimètres par seconde.
e)
L'image est [0;120] : la position va de la tige rentrée à la tige sortie de 120 mm, sans jamais dépasser. La fonction est croissante sur [0;4[, constante sur [4;10] et décroissante sur ]10;13]. Les deux raccords tiennent : en t=4, les deux premières phases donnent 120, et en t=10 les deux dernières aussi. Une position doit être continue, sans quoi la tige se serait téléportée.
Exercice 10 : Problème : la courbe de chauffe d'un four
Un four de traitement thermique part de 20 degrés Celsius et monte de 16 degrés par minute pendant 50 minutes. Il maintient ensuite sa température jusqu'à la cent-dixième minute, puis refroidit de 10 degrés par minute jusqu'à revenir à 20 degrés.
On note T(t) la température du four, en degrés Celsius, à l'instant t, en minutes.
a) Écrivez T(t) sous forme de fonction définie par parties, en précisant les intervalles.
b) Calculez T(30), T(80) et T(150).
c) À quels instants la température vaut-elle 620 degrés ?
d) Pendant combien de temps le four est-il à 700 degrés ou plus ?
e) À quel instant le cycle se termine-t-il ? Donnez l'image de T.
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Réponses
a)T(t)=20+16t sur [0;50[, T(t)=820 sur [50;110], T(t)=820−10(t−110) sur ]110;190]
b)T(30)=500, T(80)=820 et T(150)=420 degrés
c)À 37,5 min et à 130 min
d)79,5 minutes, soit l'intervalle [42,5;122]
e)Fin à t=190 min ; image [20;820]
a)
Montée : T(t)=20+16t sur [0;50[, ce qui donne 20+16×50=820 degrés à la fin. Palier : T(t)=820 sur [50;110]. Refroidissement : T(t)=820−10(t−110) sur ]110;190]. La constante 20 de la première règle est la température de départ, celle de l'atelier, et le décalage t−110 compte le temps écoulé depuis le début du refroidissement.
b)
T(30)=20+16×30=20+480=500 degrés. T(80)=820 degrés, le palier. T(150)=820−10×40=820−400=420 degrés. Contrôle du dernier : 40 minutes de refroidissement à 10 degrés par minute font une chute de 400 degrés, et le four est bien à mi-chemin de son retour.
c)
Montée : 20+16t=620 donne 16t=600, donc t=37,5 minutes, dans [0;50[ : gardé. Palier : la température y vaut 820, jamais 620 : rien. Refroidissement : 820−10(t−110)=620 donne 10(t−110)=200, donc t−110=20 et t=130 minutes, dans ]110;190] : gardé. Le four passe donc à 620 degrés à 37,5 minutes en montant et à 130 minutes en descendant.
d)
On résout T(t)≥700 dans chaque morceau. Montée : 20+16t≥700 donne t≥42,5, donc [42,5;50[. Palier : 820≥700 est toujours vrai, donc tout [50;110]. Refroidissement : 820−10(t−110)≥700 donne t−110≤12, donc ]110;122]. La réunion est [42,5;122], un seul intervalle, et la durée cherchée vaut 122−42,5=79,5 minutes. Réunir les trois morceaux AVANT de soustraire est ce qui évite de compter trois durées séparées.
e)
Le cycle se termine quand le four retrouve 20 degrés : 820−10(t−110)=20 donne 10(t−110)=800, donc t=190 minutes, soit trois heures et dix minutes. L'image est [20;820] : la température part de 20, monte jusqu'à 820, y reste une heure, puis redescend à 20. Les deux raccords tiennent, 820=820 aux deux bornes, ce qu'on attend d'une température, qui ne saute jamais.
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