Math CST, secondaire 5 à Montréal • Mathématiques financières

Fiche de révision : Les mathématiques financières

Cette fiche ne refait pas le cours sur les mathématiques financières : elle traite ce qui coûte réellement des points en évaluation de mathématique CST de cinquième secondaire. Le chapitre tient en deux formules, et pourtant la moitié des copies se perd avant de les écrire, sur la question qui vient toujours en premier : quel est le taux d'une période, et combien y a-t-il de périodes ?

Lisez-la avant de faire la série d'exercices du même chapitre, puis relisez le mémo la veille de l'évaluation.

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Le fil du chapitre

Le temps est dans l'EXPOSANT : on multiplie par un facteur, on n'ajoute jamais un montant. Rien ne se calcule tant que le taux PÉRIODIQUE et le nombre de PÉRIODES ne sont pas écrits, et deux montants ne se comparent qu'à la même date.

Ce chapitre fait partie de Mathématique CST, secondaire 5
Pour s'entraîner Les exercices corrigés de ce chapitre, 11 exercices

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Nombres réels, racines et ensembles Secondaire 3
  2. 2 Lois des exposants et notation scientifique Secondaire 3
  3. 3 Apprécier la valeur d'une puissance Secondaire 4 CST
  4. 4 Les fonctions exponentielles Secondaire 4 CST

L'essentiel

Les deux modèles, et comment on les reconnaît

  • • INTÉRÊT SIMPLE : les intérêts se calculent toujours sur le capital de DÉPART. I=CitI=Cit et VF=C(1+it)VF=C(1+it). Le montant gagné est le même chaque année, donc le graphique est une DROITE.
  • • INTÉRÊT COMPOSÉ : les intérêts s'ajoutent au capital et rapportent à leur tour. VF=C(1+i)nVF=C(1+i)^n. Le capital est multiplié par le même facteur chaque période, donc le graphique est une COURBE.
  • • Dans la formule simple, le temps est un FACTEUR ; dans la formule composée, il est un EXPOSANT. C'est la seule différence d'écriture, et c'est elle qui change tout sur une longue durée.
  • • Les mots qui déclenchent le modèle composé : « composé », « capitalisé », « les intérêts sont ajoutés au capital », « le taux nominal est de ... capitalisé mensuellement », et toute baisse « de x %x\,\% par année ».
5101520254000800012000160002000024000intérêt composéintérêt simpleannées
Même capital de 50005000 dollars, même taux de 6 %6\,\% : la droite monte de 300300 dollars par an, la courbe accélère et atteint 21 45921\,459 dollars contre 12 50012\,500 au bout de 2525 ans.

Écrire la formule choisie AVANT de remplacer les nombres rapporte souvent un demi-point, et évite surtout de mélanger les deux modèles en cours de calcul.

Taux périodique et nombre de périodes : les deux vont toujours ensemble

  • • Le TAUX PÉRIODIQUE est le taux nominal annuel DIVISÉ par le nombre de périodes dans l'année ; le NOMBRE DE PÉRIODES est ce même nombre MULTIPLIÉ par la durée en années.
  • • Sur 33 ans à 8 %8\,\% nominal : annuelle donne i=0,08i=0{,}08 et n=3n=3 ; semestrielle i=0,04i=0{,}04 et n=6n=6 ; trimestrielle i=0,02i=0{,}02 et n=12n=12 ; mensuelle i=0,0812i=\dfrac{0{,}08}{12} et n=36n=36.
  • • Un taux nominal ne veut rien dire seul : il faut toujours l'accompagner de sa fréquence de capitalisation.
  • • Plus la capitalisation est fréquente, plus le placement rapporte, mais les gains successifs DIMINUENT : le résultat plafonne, et l'écart entre annuelle et mensuelle reste modeste devant l'effet de la durée.
annuelle : i = 0,08 ; n = 3semestrielle : i = 0,04 ; n = 6trimestrielle : i = 0,02 ; n = 1201 an2 ans3 ans
Les mêmes trois ans, découpés en 33, 66 ou 1212 périodes : le taux se divise par le nombre de périodes dans l'année, le nombre de périodes se multiplie.

Capitaliser, actualiser, comparer

  • • CAPITALISER, c'est avancer dans le temps : VF=C(1+i)nVF=C(1+i)^n, on MULTIPLIE.
  • • ACTUALISER, c'est revenir à aujourd'hui : C=VF(1+i)−nC=VF(1+i)^{-n}, on DIVISE. La valeur actuelle est toujours plus petite que le montant futur.
  • • TAUX EFFECTIF ANNUEL : (1+i)m−1(1+i)^m-1, où mm est le nombre de périodes dans une année. C'est le seul taux qui permette de comparer deux offres, et il est toujours supérieur au taux nominal dès que la capitalisation est plus fréquente qu'annuelle.
  • • Quand la DURÉE est l'inconnue : on isole la puissance, puis n=log⁡(VF/C)log⁡(1+i)n=\dfrac{\log\left(VF/C\right)}{\log(1+i)}. La base du logarithme n'a aucune importance.
0nCVFcapitaliser : × (1 + i)ⁿactualiser : ÷ (1 + i)ⁿ
Vers la droite, on capitalise en multipliant par (1+i)n(1+i)^n ; vers la gauche, on actualise en divisant par le même facteur.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Prendre le taux nominal pour le taux d'une période

toute la question, 4 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le taux est de 6 %6\,\% capitalisé mensuellement, donc VF=C(1,06)12VF=C(1{,}06)^{12}. »

Ce qu'il faut écrire

« 6 %6\,\% capitalisé mensuellement signifie 0,0612=0,5 %\dfrac{0{,}06}{12}=0{,}5\,\% par mois, donc VF=C(1,005)12VF=C(1{,}005)^{12}, soit un taux effectif annuel d'environ 6,17 %6{,}17\,\%. »

1234567891011121311,21,41,61,822,2(1,06)ⁿ : 6 % par mois(1,005)ⁿ : 0,5 % par mois× 2,01
Sur douze mois, (1,005)n(1{,}005)^n, en vert, donne 6,17 %6{,}17\,\% ; (1,06)n(1{,}06)^n, en rouge, double le capital en un an : c'était 6 %6\,\% PAR MOIS.

Pourquoi : L'erreur multiplie le taux réel par douze et produit un résultat absurde, ici un capital doublé en un an. Un taux nominal est TOUJOURS annuel, quelle que soit la fréquence annoncée derrière.

2. Diviser le taux sans multiplier le nombre de périodes

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Trimestriel, donc i=0,02i=0{,}02, et le placement dure 33 ans, donc n=3n=3 : VF=10 000(1,02)3VF=10\,000(1{,}02)^3. »

Ce qu'il faut écrire

« Trimestriel sur 33 ans : i=0,02i=0{,}02 ET n=4×3=12n=4\times 3=12, donc VF=10 000(1,02)12≈12 682,42VF=10\,000(1{,}02)^{12}\approx 12\,682{,}42 dollars. »

01 an2 ans3 ansn = 12 trimestres : les 3 ansn = 3 : neuf mois seulement
Trois ans contiennent 1212 trimestres. Avec n=3n=3, en rouge, l'argent ne reste placé que neuf mois.

Pourquoi : Le taux et le nombre de périodes changent toujours ensemble : diviser l'un sans multiplier l'autre revient à placer l'argent trois trimestres au lieu de trois ans.

3. Calculer des intérêts composés comme des intérêts simples

2 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 10001000 dollars à 10 %10\,\% composé pendant 22 ans rapportent 1000×0,10×2=2001000\times 0{,}10\times 2=200 dollars. »

Ce qu'il faut écrire

« VF=1000(1,10)2=1210VF=1000(1{,}10)^2=1210 dollars, donc les intérêts valent 210210 dollars : les 100100 dollars de la première année ont rapporté 1010 dollars la seconde. »

année 1100année 2110+ 10
La deuxième année rapporte 100100 dollars sur le capital et 1010 dollars, en orange, sur les intérêts de la première : 210210 en tout, pas 200200.

Pourquoi : La formule CitCit n'existe que pour l'intérêt simple. En composé, les intérêts se lisent comme C((1+i)n−1)C\left((1+i)^n-1\right), jamais comme un produit du temps par le taux.

4. Départager deux offres sur leurs taux annoncés

2 points de justification, et la question suivante

Ce qu'il ne faut pas écrire

« L'offre A est à 4,8 %4{,}8\,\% et l'offre B à 4,95 %4{,}95\,\% : B est la meilleure, c'est écrit. »

Ce qu'il faut écrire

« L'offre A est capitalisée trimestriellement, son taux effectif annuel vaut (1,012)4−1≈4,887 %(1{,}012)^4-1\approx 4{,}887\,\% ; l'offre B est annuelle, donc 4,95 %4{,}95\,\%. B reste la meilleure, mais parce que 4,95>4,8874{,}95>4{,}887, pas parce que 4,95>4,84{,}95>4{,}8. »

Pourquoi : Deux taux nominaux ne sont comparables que s'ils ont la même fréquence de capitalisation. Ici la conclusion tombe juste par hasard, et un autre jeu de chiffres l'inverserait : seul le taux effectif tranche.

5. Comparer deux montants situés à des dates différentes

3 points sur 4 : la conclusion peut être juste et la justification nulle

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 42004200 dollars aujourd'hui, c'est moins que 50005000 dollars dans trois ans : je prends les 50005000. »

Ce qu'il faut écrire

« Au taux de 5 %5\,\%, les 50005000 dollars futurs valent aujourd'hui 5000(1,05)3≈4319,19\dfrac{5000}{(1{,}05)^3}\approx 4319{,}19 dollars. Comme 4319,19>42004319{,}19>4200, je prends bien les 50005000 dollars, et l'avantage vaut 119,19119{,}19 dollars en dollars d'aujourd'hui. »

0123on actualise4200 dollars5000 dollarsvaleur actuelle des 5000 : 4319,19 dollarsannées
Les deux montants sont à des dates différentes, donc incomparables tels quels. Ramenés à l'année 00, les 50005000 dollars valent 4319,194319{,}19 dollars, ce qui dépasse les 42004200 dollars immédiats.

Pourquoi : Un montant n'a de valeur qu'à une date, puisqu'un dollar disponible aujourd'hui peut être placé. Une comparaison directe est refusée même quand elle tombe sur la bonne réponse.

6. Multiplier un taux de dépréciation par le nombre d'années

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La voiture perd 18 %18\,\% par année pendant 55 ans, donc elle perd 90 %90\,\% et il reste 32003200 dollars. »

Ce qu'il faut écrire

« Perdre 18 %18\,\%, c'est garder 82 %82\,\% : V(5)=32 000×(0,82)5≈11 863,67V(5)=32\,000\times(0{,}82)^5\approx 11\,863{,}67 dollars, soit environ 37 %37\,\% de la valeur neuve. La perte est de 63 %63\,\%, pas de 90 %90\,\%. »

1234567895000100001500020000250003000035000valeur réellemodèle fauxannées
La courbe verte est la valeur réelle, qui approche zéro sans l'atteindre ; la droite rouge retire 18 %18\,\% de la valeur NEUVE et annule la voiture avant six ans.

Pourquoi : Le pourcentage s'applique chaque année à la valeur de l'année en cours, qui diminue : la première année coûte 57605760 dollars et la cinquième environ 26052605 dollars. Des pourcentages successifs se multiplient, ils ne s'additionnent jamais.

7. Chercher une durée sans passer par le logarithme

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le capital passe de 30003000 à 60006000 dollars, donc 60003000=2\dfrac{6000}{3000}=2 : il faut 22 ans. »

Ce qu'il faut écrire

« 60003000=2\dfrac{6000}{3000}=2 est le FACTEUR de croissance, pas la durée. On résout (1,045)n=2(1{,}045)^n=2, donc n=log⁡2log⁡(1,045)≈15,75n=\dfrac{\log 2}{\log(1{,}045)}\approx 15{,}75 années. »

2468101214161820100020003000400050006000700080006000 dollars15,75« 2 ans » : 3276 dollarsannées
Le capital atteint 60006000 dollars après 15,7515{,}75 ans, en vert. Le quotient 22, pris pour une durée, ne donne que 32763276 dollars, en rouge.

Pourquoi : L'inconnue est dans l'exposant : seul le logarithme la fait descendre. Le quotient des montants sert à isoler la puissance, il n'est jamais la réponse.

8. Arrondir le facteur en cours de calcul

1 point de précision, et bien plus sur un gros capital

Ce qu'il ne faut pas écrire

« (1,0165833)12≈1,22(1{,}0165833)^{12}\approx 1{,}22, donc le solde vaut 2400×1,22=29282400\times 1{,}22 = 2928 dollars. »

Ce qu'il faut écrire

« (1,0165833)12≈1,218192(1{,}0165833)^{12}\approx 1{,}218192, donc le solde vaut 2400×1,218192≈2923,662400\times 1{,}218192\approx 2923{,}66 dollars. »

Pourquoi : Un facteur arrondi au centième est multiplié par le capital : l'erreur est amplifiée d'autant. On garde au moins six décimales au facteur et on n'arrondit qu'à la toute fin, au cent près.

Quelle méthode choisir

Quelle formule, selon ce que l'énoncé demande

L'inconnue de la question, une fois le taux périodique et le nombre de périodes écrits

  • Si on connaît le capital et on cherche ce qu'il vaudra plus tard → CAPITALISER : VF=C(1+i)nVF=C(1+i)^n

    Exemple : 10 00010\,000 dollars à 2 %2\,\% par trimestre pendant 1212 trimestres

    on multiplie, la valeur trouvée est plus grande que le capital

  • Si on connaît le montant futur visé et on cherche ce qu'il faut placer aujourd'hui → ACTUALISER : C=VF(1+i)−nC=VF(1+i)^{-n}

    Exemple : disposer de 15 00015\,000 dollars dans 88 ans

    on divise, la valeur trouvée est plus petite que l'objectif

  • Si on connaît les deux montants et on cherche la durée → LOGARITHME : n=log⁡(VF/C)log⁡(1+i)n=\dfrac{\log\left(VF/C\right)}{\log(1+i)}

    Exemple : combien d'années pour doubler à 4,5 %4{,}5\,\%

    isoler d'abord la puissance en divisant par le capital

  • Si on doit départager deux offres de fréquences différentes → TAUX EFFECTIF ANNUEL : (1+i)m−1(1+i)^m-1 pour chacune

    Exemple : 4,8 %4{,}8\,\% trimestriel contre 4,95 %4{,}95\,\% annuel

    sur un emprunt, c'est le taux effectif le plus BAS qu'on cherche

  • Si l'énoncé dit explicitement « intérêt simple » → VF=C(1+it)VF=C(1+it), sans aucun exposant

    Exemple : 20002000 dollars à 6 %6\,\% simple pendant 55 ans

    le temps est ici un facteur, la croissance est une droite

Si l'énoncé donne un versement à chaque période et non un capital unique, on sort du programme de la CST : la question porte alors sur une suite de placements et elle sera toujours décomposée en étapes dans l'énoncé.

Simple ou composé ? Lire les mots de l'énoncé

La façon dont l'énoncé décrit le versement des intérêts

  • Si « intérêt simple », « les intérêts sont calculés sur le capital initial » → modèle SIMPLE, VF=C(1+it)VF=C(1+it)

    Exemple : un prêt entre particuliers sur deux ans

    le gain annuel est constant

  • Si « composé », « capitalisé », « les intérêts s'ajoutent au capital » → modèle COMPOSÉ, VF=C(1+i)nVF=C(1+i)^n

    Exemple : un dépôt à terme capitalisé semestriellement

    chercher tout de suite la fréquence, elle est toujours écrite

  • Si « taux nominal de x %x\,\% capitalisé mensuellement » → COMPOSÉ, avec i=x12i=\dfrac{x}{12} et n=12×n=12\times le nombre d'années

    Exemple : une carte de crédit à 19,9 %19{,}9\,\%

    le taux effectif dépasse alors nettement le taux annoncé

  • Si « la valeur diminue de x %x\,\% par année » → COMPOSÉ à taux négatif : V(n)=V0(1−x)nV(n)=V_0(1-x)^n

    Exemple : une voiture qui perd 18 %18\,\% par an

    c'est 1−x1-x qu'on élève à la puissance, jamais xx

Aucune de ces branches ne se reconnaît sur les nombres : elles se reconnaissent sur les mots. Souligner ces mots dans l'énoncé avant de calculer est le geste qui évite l'erreur la plus chère du chapitre.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Départager deux offres de placement

Quand l'utiliser : L'énoncé propose deux taux avec des fréquences de capitalisation différentes

  1. 1 Écrire, pour chaque offre, le taux périodique et le nombre de périodes dans une année.
  2. 2 Calculer le taux effectif annuel de chaque offre par (1+i)m−1(1+i)^m-1, en gardant au moins quatre décimales.
  3. 3 Comparer les deux taux effectifs et annoncer le classement, en une phrase.
  4. 4 Calculer la valeur finale du placement dans les deux cas, au cent près, pour confirmer le classement par un montant.
  5. 5 Conclure en nommant l'offre retenue ET l'écart en dollars sur la durée demandée.

Phrase de conclusion

« Le taux effectif annuel de l'offre A vaut (1,012)4−1≈4,887 %(1{,}012)^4-1\approx 4{,}887\,\% et celui de l'offre B vaut 4,95 %4{,}95\,\%. L'offre B est donc la plus avantageuse, et elle rapporte 4949 dollars de plus sur les huit ans du placement. »

Le piège : Comparer les taux nominaux et s'arrêter là. Le taux effectif est l'étape notée : sans lui, la conclusion n'est pas justifiée même si elle est juste.

Barème : 1 point par taux effectif, 1 point pour la comparaison rédigée, 1 point pour la vérification chiffrée.

Trouver une durée par les logarithmes

Quand l'utiliser : L'énoncé demande au bout de combien de temps un capital atteint un montant donné

  1. 1 Écrire l'équation complète, capital compris : C(1+i)n=VFC(1+i)^n=VF.
  2. 2 Isoler la puissance en divisant les deux membres par le capital.
  3. 3 Prendre le logarithme des deux membres et faire descendre l'exposant.
  4. 4 Isoler nn par une division, et donner la valeur au centième.
  5. 5 Revenir au contexte : si les intérêts sont versés en fin de période, arrondir à la période SUPÉRIEURE.
  6. 6 Vérifier en calculant la valeur du placement à la période inférieure puis à la période supérieure.

Phrase de conclusion

« On résout 3000(1,045)n=60003000(1{,}045)^n=6000, soit (1,045)n=2(1{,}045)^n=2, d'où n=log⁡2log⁡(1,045)≈15,75n=\dfrac{\log 2}{\log(1{,}045)}\approx 15{,}75 années. Comme les intérêts sont versés en fin d'année, le capital n'aura doublé qu'au bout de 1616 années complètes. »

Le piège : Rendre 15,7515{,}75 sans revenir au contexte. La question porte sur un nombre d'années entières dès que les intérêts sont annuels, et cette phrase vaut un point à elle seule.

Barème : 1 point pour l'équation, 1 point pour le logarithme, 1 point pour la valeur, 1 point pour le retour au contexte.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Choisir une offre, puis calculer ce qu'il faut placer aujourd'hui

Une famille veut disposer de 15 00015\,000 dollars dans 88 ans pour les études de son enfant. Deux institutions lui font une offre.

Offre A : taux nominal de 4,8 %4{,}8\,\% par année, capitalisé trimestriellement. Offre B : taux de 4,95 %4{,}95\,\% par année, capitalisé annuellement.

Quelle offre choisir, et quelle somme faut-il y placer aujourd'hui ?

012345678actualiser : on divise par le facteurà placer : ?15 000 dollarsannées
L'objectif est posé à l'année 88 ; la question porte sur l'année 00, donc on remonte le temps en divisant par le facteur de capitalisation.

Étape 1

Offre A : i=0,0484=0,012i=\dfrac{0{,}048}{4}=0{,}012 par trimestre, et m=4m=4 périodes par année. Offre B : i=0,0495i=0{,}0495 par année, et m=1m=1.

Pourquoi

Rien ne peut être calculé avant cette ligne. L'écrire séparément pour chaque offre évite de traîner un taux annuel dans une formule qui attend un taux périodique.

Étape 2

Taux effectif de A : (1,012)4−1≈0,048871(1{,}012)^4-1\approx 0{,}048871, soit 4,887 %4{,}887\,\%.

Pourquoi

On ramène A à une convention annuelle, sinon les deux offres ne sont pas comparables. Le résultat dépasse bien le nominal de 4,8 %4{,}8\,\%, ce qui est le contrôle de cohérence.

Étape 3

Taux effectif de B : la capitalisation est annuelle, donc le taux effectif est le taux nominal lui-même, 4,95 %4{,}95\,\%.

Pourquoi

Une capitalisation annuelle ne change rien : c'est le seul cas où nominal et effectif coïncident, et il faut le dire plutôt que de faire un calcul inutile.

Étape 4

4,95 %>4,887 %4{,}95\,\% > 4{,}887\,\% : l'offre B est la plus avantageuse.

Pourquoi

La comparaison porte sur les taux effectifs et sur eux seuls. Ici la conclusion coïncide avec celle des taux annoncés, mais l'écart réel n'est que de 0,0630{,}063 point et non de 0,150{,}15.

Étape 5

Somme à placer avec l'offre B : C=15 000(1,0495)8C=\dfrac{15\,000}{(1{,}0495)^8}. Comme (1,0495)8≈1,471835(1{,}0495)^8\approx 1{,}471835, on obtient C≈10 191,35C\approx 10\,191{,}35 dollars.

Pourquoi

On actualise, donc on divise : l'objectif est dans le futur et la question porte sur aujourd'hui. Le résultat doit être plus petit que 15 00015\,000, ce qui est le premier contrôle.

Étape 6

Avec l'offre A, il aurait fallu 15 000(1,012)32≈10 240,35\dfrac{15\,000}{(1{,}012)^{32}}\approx 10\,240{,}35 dollars, soit 4949 dollars de plus.

Pourquoi

Chiffrer l'écart en dollars transforme une comparaison de taux en argument concret, et c'est ce que l'énoncé attend d'une question de choix. Noter le n=4×8=32n=4\times 8=32 trimestres.

Étape 7

Vérification : 10 191,35×(1,0495)8≈15 00010\,191{,}35\times(1{,}0495)^8\approx 15\,000 dollars.

Pourquoi

Une actualisation se contrôle en la capitalisant à nouveau. Si le produit ne redonne pas l'objectif, c'est que la division a été faite avec le mauvais exposant.

Conclusion rédigée

L'offre B est la plus avantageuse, avec un taux effectif annuel de 4,95 %4{,}95\,\% contre 4,887 %4{,}887\,\% pour l'offre A. Il faut y placer 10 191,3510\,191{,}35 dollars aujourd'hui pour disposer de 15 00015\,000 dollars dans huit ans, soit 4949 dollars de moins qu'avec l'offre A.

L'erreur classique sur cet exercice : Choisir A parce que « capitalisé trimestriellement, donc ça rapporte plus souvent ». La fréquence joue, mais elle ne compense pas toujours un taux nominal plus faible : ici elle n'apporte que 0,0870{,}087 point, alors que l'écart de taux nominal est de 0,150{,}15 point.

À savoir par cœur

  • • Intérêt SIMPLE : VF=C(1+it)VF=C(1+it), le temps est un facteur, le graphique est une droite. Intérêt COMPOSÉ : VF=C(1+i)nVF=C(1+i)^n, le temps est un exposant, le graphique est une courbe.
  • • Taux périodique == taux nominal ÷\div nombre de périodes par année. Nombre de périodes == ce même nombre ×\times la durée en années. Les DEUX changent ensemble.
  • • ACTUALISER, c'est diviser par (1+i)n(1+i)^n. La valeur actuelle est toujours plus petite que le montant futur.
  • • TAUX EFFECTIF ANNUEL =(1+i)m−1=(1+i)^m-1. C'est le seul taux comparable d'une offre à l'autre, et il dépasse toujours le nominal dès que la capitalisation est plus fréquente qu'annuelle.
  • • Durée inconnue : n=log⁡(VF/C)log⁡(1+i)n=\dfrac{\log\left(VF/C\right)}{\log(1+i)}. Le temps de doublement ne dépend PAS du capital placé.
  • • Baisser de x %x\,\% par année, c'est multiplier par (1−x)(1-x) chaque année. Les pourcentages successifs se multiplient, ils ne s'additionnent jamais.
  • • Règle du 7272 : un capital double en environ 72r\dfrac{72}{r} années, rr étant le taux en pourcentage. À utiliser pour vérifier, jamais pour répondre.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre intérêt simple et intérêt composé ?

En intérêt simple, les intérêts se calculent toujours sur le capital de départ, donc le gain est le même chaque année et la croissance est une droite. En intérêt composé, les intérêts s'ajoutent au capital et rapportent à leur tour : le capital est multiplié par le même facteur à chaque période, et la croissance est une courbe qui accélère.

Que veut dire un taux de 6 pour cent capitalisé mensuellement ?

Cela veut dire un taux annuel de 6 pour cent partagé entre les douze mois, donc 0,5 pour cent par mois, appliqué douze fois par année. Ce n'est surtout pas 6 pour cent par mois. Le taux réellement obtenu sur une année, appelé taux effectif annuel, vaut alors environ 6,17 pour cent.

Comment calculer le taux effectif annuel ?

Élevez le facteur d'une période à la puissance du nombre de périodes contenues dans une année, puis retirez un. Avec un taux nominal de 8 pour cent capitalisé trimestriellement, le taux périodique vaut 2 pour cent, et le taux effectif annuel vaut 1,02 puissance 4 moins 1, soit environ 8,24 pour cent.

Comment savoir combien de temps un placement met à doubler ?

Écrivez que la valeur future vaut le double du capital, simplifiez par le capital, puis prenez le logarithme des deux membres pour faire descendre l'exposant. La durée vaut le logarithme de 2 divisé par le logarithme de un plus le taux périodique. Le capital placé n'intervient pas : seul le taux décide.

Pourquoi une voiture qui perd 18 pour cent par an ne perd pas 90 pour cent en cinq ans ?

Parce que le pourcentage s'applique chaque année à la valeur de l'année en cours, qui diminue, et non à la valeur neuve. On garde 82 pour cent cinq fois de suite, ce qui laisse environ 37 pour cent de la valeur initiale : la perte réelle est d'environ 63 pour cent. Des pourcentages successifs se multiplient, ils ne s'additionnent pas.

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Exercices corrigés : Les mathématiques financières

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Fiche publiée sur www.letuteurscientifique.ca/fiches/cst5-mathematiques-financieres. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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