Algèbre linéaire 201-SN4-RE (ancien 201-NYC) / Maths 105 • Complément québécois de Première et cégep à Montréal
Fiche de révision : les trois produits de vecteurs dans l'espace (201-SN4-RE, ancien 201-NYC)
Cette fiche ne redonne pas les formules des trois produits : elles sont dans vos notes et sur la feuille de formulaire. Elle traite ce qui décide de la note : la NATURE du résultat attendu, le facteur que tout le monde oublie, et la rédaction que le correcteur de 201-SN4-RE (ancien 201-NYC) attend sur une aire ou un volume.
Elle est écrite pour les étudiants de cégep en Sciences de la nature et pour les élèves de Première des lycées français qui suivent le complément québécois de mathématiques. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.
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Trois produits, trois natures de résultat : u⋅v est un NOMBRE, u×v est un VECTEUR, u⋅(v×w) est de nouveau un NOMBRE. La moitié des points perdus vient d'écrire une flèche sur un nombre, ou un nombre là où l'énoncé attend un vecteur.
•PRODUIT SCALAIRE : u⋅v=a1a2+b1b2+c1c2=∥u∥∥v∥cosθ. C'est un NOMBRE, jamais un vecteur.
•PRODUIT VECTORIEL : u×v=(b1c2−c1b2;c1a2−a1c2;a1b2−b1a2). C'est un VECTEUR, orthogonal aux deux autres.
•PRODUIT MIXTE : u⋅(v×w). C'est un NOMBRE, égal au déterminant 3×3 des trois vecteurs.
•Le produit vectoriel n'est PAS commutatif : v×u=−(u×v). Le produit scalaire, lui, l'est.
•u×u=0 et u⋅(u×v)=0 : deux égalités gratuites qui servent de contrôle.
À gauche, le produit scalaire mesure ce qui reste de u le long de v, un nombre. À droite, le produit vectoriel sort du plan des deux vecteurs, un vecteur, et sa norme est l'aire du parallélogramme.
Avant d'écrire une ligne, se demander ce que la question attend : une longueur, un angle et une aire sont des NOMBRES; une normale et une direction sont des VECTEURS. C'est ce qui choisit le produit.
Ce que chaque produit MESURE
•u⋅v=0 (avec u et v non nuls) équivaut à ORTHOGONAUX. Le signe donne la nature de l'angle : positif aigu, négatif obtus.
•∥u×v∥=∥u∥∥v∥sinθ est l'AIRE DU PARALLÉLOGRAMME construit sur les deux vecteurs. L'aire du triangle en est la MOITIÉ.
•u×v=0 équivaut à COLINÉAIRES.
•∣u⋅(v×w)∣ est le VOLUME DU PARALLÉLÉPIPÈDE. Le volume du tétraèdre correspondant en est le SIXIÈME.
•u⋅(v×w)=0 équivaut à COPLANAIRES : le parallélépipède est aplati, son volume est nul.
Base : le parallélogramme de v et w, d'aire ∥v×w∥ ; hauteur h : la projection de u sur la normale. Base fois hauteur : ∣u⋅(v×w)∣.
Deux facteurs à ne jamais oublier, et ce sont les deux erreurs les plus fréquentes du chapitre : le 21 du triangle et le 61 du tétraèdre.
La projection orthogonale, et ses deux formes
•VECTEUR projeté de u sur v : uv=∥v∥2u⋅vv, avec la norme au CARRÉ au dénominateur.
•MESURE ALGÉBRIQUE de la projection : ∥v∥u⋅v, un nombre, qui peut être négatif.
•Décomposition orthogonale : u=uv+u⊥, où u⊥=u−uv est orthogonal à v. C'est le contrôle : leur produit scalaire doit valoir 0.
•Distance d'un point S à la droite passant par A de direction u : ∥u∥∥AS×u∥.
•Cosinus directeurs de v=(a;b;c) : cosα=∥v∥a, cosβ=∥v∥b, cosγ=∥v∥c, avec cos2α+cos2β+cos2γ=1.
En vert le projeté uv, en orange la composante orthogonale u⊥. Le signe du produit scalaire dit de quel côté tombe le pied : c'est le signe de la mesure algébrique.
La somme des carrés des cosinus directeurs vaut toujours 1 : c'est la vérification la plus rapide d'un calcul d'angles directeurs.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Se tromper sur la nature du résultat, nombre ou vecteur
1 point par occurrence, et le correcteur ne peut plus suivre la suite du raisonnement.
Ce qu'il ne faut pas écrire
« u⋅v=(3;−1;2) » ou « u×v=7 ».
Ce qu'il faut écrire
« u⋅v=7, un nombre; u×v=(3;−1;2), un vecteur. »
Pourquoi : C'est la distinction fondatrice du chapitre. Toutes les questions se répartissent entre celles qui veulent un nombre, angle, aire, volume, distance, et celles qui veulent un vecteur, normale, direction.
2.Donner l'aire du triangle sans diviser par deux
2 points, et c'est l'erreur la plus fréquente de tout le chapitre.
Ce qu'il ne faut pas écrire
« L'aire du triangle ABC vaut ∥AB×AC∥=14. »
Ce qu'il faut écrire
« ∥AB×AC∥=14 est l'aire du PARALLÉLOGRAMME; l'aire du triangle vaut 214=7. »
La norme du produit vectoriel mesure le parallélogramme entier, 14 ; la diagonale [BC] le coupe en deux triangles égaux, et le triangle ABC de l'énoncé, en vert, n'en vaut que la moitié, 7.
Pourquoi : Le produit vectoriel mesure le parallélogramme construit sur les deux vecteurs, dont le triangle n'est que la moitié. Le facteur ne s'ajoute pas, il se retire.
3.Donner le volume du tétraèdre sans diviser par six
2 points, et un résultat six fois trop grand qu'aucun ordre de grandeur ne rattrape.
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le volume du tétraèdre ABCD vaut ∣AB⋅(AC×AD)∣=18. »
Ce qu'il faut écrire
« ∣AB⋅(AC×AD)∣=18 est le volume du PARALLÉLÉPIPÈDE; le volume du tétraèdre vaut 618=3. »
Le produit mixte mesure le parallélépipède construit sur AB, AC, AD (en gris), 18 ; le tétraèdre ABCD (en bleu marine, face BCD en vert) n'en occupe que le sixième, 3.
Pourquoi : Le parallélépipède se découpe en six tétraèdres de même volume, exactement comme le parallélogramme se découpe en deux triangles. Le facteur 61 n'est pas une convention, c'est un découpage.
4.Traiter le produit vectoriel comme s'il était commutatif
1 point sur une normale, toute la question sur une orientation ou un produit mixte signé.
Ce qu'il ne faut pas écrire
« v×u=u×v, l'ordre ne change rien puisqu'on prendra la norme. »
Ce qu'il faut écrire
« v×u=−(u×v). Les normes sont bien égales, donc l'AIRE ne change pas, mais la NORMALE change de sens, ce qui inverse l'orientation du plan et le signe du produit mixte. »
Même parallélogramme, même norme, donc même aire ; mais v×u (en orange) pointe de l'autre côté du plan que u×v (en vert) : la normale et l'orientation changent de sens.
Pourquoi : L'anticommutativité est sans effet quand on ne garde qu'une norme, et décisive dès qu'on garde le vecteur. Il faut savoir dans lequel des deux cas on est.
5.Conclure qu'un vecteur est nul parce qu'un produit scalaire l'est
toute la question de démonstration, et l'erreur réapparaît sur u×v=0, qui signifie colinéaires.
Ce qu'il ne faut pas écrire
« u⋅v=0, donc u=0 ou v=0. »
Ce qu'il faut écrire
« u⋅v=0 signifie que u et v sont ORTHOGONAUX, ou que l'un des deux est nul. Par exemple (1;0;0)⋅(0;1;0)=0 sans qu'aucun ne soit nul. »
u=(1;0;0) et v=(0;1;0) ne sont pas nuls, et pourtant u⋅v=0 : un produit scalaire nul dit « angle droit », pas « vecteur nul ».
Pourquoi : Les produits de vecteurs n'ont pas la propriété du produit des nombres réels, où un produit nul force un facteur nul. Ici, le zéro traduit une position relative.
6.Diviser la projection par la norme au lieu de son carré
2 points, et la décomposition orthogonale qui suit devient fausse.
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le vecteur projeté de u sur v vaut ∥v∥u⋅vv. »
Ce qu'il faut écrire
« Le VECTEUR projeté vaut ∥v∥2u⋅vv, avec le carré. Sans carré, on obtient la MESURE ALGÉBRIQUE multipliée par v, donc un vecteur ∥v∥ fois trop long. »
u=(3;2), v=(2;0) : le bon projeté, 46v, s'arrête au pied de la perpendiculaire ; divisé par ∥v∥=2 seulement (en rouge), il est deux fois trop long.
Pourquoi : Le carré vient de ce qu'on divise deux fois par la norme : une fois pour mesurer la projection, une fois pour transformer v en vecteur unitaire. Le contrôle est immédiat : si u=v, la projection doit valoir exactement v.
7.Oublier la valeur absolue dans un angle entre deux droites
1,5 point, et une réponse supérieure à 90∘ pour un angle de droites, ce qui n'existe pas.
Ce qu'il ne faut pas écrire
« cosθ=∥u∥∥v∥u⋅v=−0,6, donc l'angle entre les deux droites vaut 126,9∘. »
Ce qu'il faut écrire
« L'angle entre deux DROITES est le plus petit des deux, donc cosθ=∥u∥∥v∥∣u⋅v∣=0,6 et θ≈53,1∘. L'angle entre deux VECTEURS, lui, garde le signe. »
Entre les VECTEURS u et v, 126,9∘ (en rouge) ; les DROITES font deux angles supplémentaires et l'on retient le plus petit, 53,1∘ (en vert).
Pourquoi : Une droite n'a pas de sens, seulement une direction : ses deux vecteurs directeurs opposés donnent deux angles supplémentaires, et la convention retient le plus petit.
8.Supprimer les parenthèses d'un double produit vectoriel
toute la question, et l'écriture sans parenthèses n'a même pas de sens.
Ce qu'il ne faut pas écrire
« (u×v)×w=u×(v×w), donc j'écris u×v×w. »
Ce qu'il faut écrire
« Le produit vectoriel n'est PAS associatif : avec u=v=(1;0;0) et w=(0;1;0), on a (u×v)×w=0 alors que u×(v×w)=(0;−1;0). Les parenthèses sont obligatoires. »
u=v=(1;0;0), w=(0;1;0) : u×(v×w)=(0;−1;0) en vert, alors que u×v=0 annule l'autre parenthésage.
Pourquoi : u×v=0 ici, et le produit vectoriel du vecteur nul avec n'importe quoi reste nul, alors que l'autre parenthésage produit un vecteur non nul.
Quelle méthode choisir
Quel produit, selon ce que l'énoncé demande
On lit le mot de la question, pas les données. Chaque mot désigne un produit et un seul, et la nature du résultat le confirme.
Si « angle », « orthogonaux », « perpendiculaires », « projection » → produit SCALAIRE, qui rend un nombre
Exemple : cosθ=∥u∥∥v∥u⋅v
Si « vecteur normal », « perpendiculaire aux deux », « équation d'un plan » → produit VECTORIEL, qui rend un vecteur
Exemple : n=AB×AC donne la normale du plan (ABC)
Si « aire », « colinéaires », « distance d'un point à une droite » → produit VECTORIEL, puis on en prend la NORME
Exemple : aire du triangle =21∥AB×AC∥
Si « volume », « coplanaires », « distance entre deux droites gauches » → produit MIXTE, en valeur absolue
Exemple : volume du tétraèdre =61∣AB⋅(AC×AD)∣
Si « décomposer », « composante selon », « travail d'une force » → PROJECTION orthogonale, vecteur ou mesure algébrique selon ce qui est demandé
Si la réponse doit être un vecteur, la norme est au carré au dénominateur; si c'est un nombre, elle est à la puissance un.
Aucune branche ne s'applique ? Regarder ce que la réponse doit ÊTRE. Un nombre vient d'un produit scalaire ou mixte, un vecteur d'un produit vectoriel, et il n'y a pas d'autre possibilité.
Deux vecteurs, ou trois : ce que la nullité signifie
On regarde quel produit s'annule, et on traduit immédiatement en position relative.
Trois nullités, trois positions : produit scalaire nul, angle droit ; produit vectoriel nul, flèches sur une même droite ; produit mixte nul, flèches dans un même plan (volume nul).
Si u⋅v=0 avec u,v non nuls → les deux vecteurs sont ORTHOGONAUX
Exemple : (1;2;0)⋅(2;−1;5)=0
Si u×v=0 → les deux vecteurs sont COLINÉAIRES, donc l'aire est nulle
Exemple : (2;4;6) et (1;2;3)
Si u⋅(v×w)=0 → les trois vecteurs sont COPLANAIRES, donc le volume est nul
C'est aussi le critère qui dit que deux droites de l'espace sont coplanaires, donc sécantes ou parallèles.
Si ∥u×v∥=∥u∥∥v∥ → les deux vecteurs sont ORTHOGONAUX, car sinθ=1
Le cas symétrique du précédent, et une vérification commode.
Sur trois vecteurs, le produit mixte se calcule comme un déterminant 3×3 : c'est le même objet, et deux lignes proportionnelles y donnent immédiatement zéro.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Calculer l'aire d'un triangle de l'espace
Quand l'utiliser : L'énoncé donne trois points A, B, C de l'espace et demande l'aire du triangle, ou l'aire du parallélogramme construit sur deux côtés.
1Calculer les composantes de DEUX vecteurs partant du MÊME sommet, AB et AC, et les écrire.
2Poser le produit vectoriel sous forme de déterminant symbolique, puis donner ses trois composantes.
3Calculer la norme de ce produit vectoriel, en gardant la valeur exacte sous le radical.
4Diviser par 2 pour le triangle, et le DIRE explicitement : c'est là que se joue le point.
5Conclure avec l'unité d'aire si l'énoncé en fournit une.
Phrase de conclusion
AB×AC=(−3;6;−3), donc ∥AB×AC∥=54=36 et l'aire du triangle ABC vaut 236 unités d'aire.
Le piège : Croiser les vecteurs position OB et OC au lieu de deux côtés du triangle : on mesure alors le triangle OBC, pas ABC. Deux côtés quelconques conviennent, même AB et BC, puisque AB×BC=AB×AC ; partir du même sommet est simplement l'habitude qui ne trompe jamais.
Barème : 0,5 point pour les deux vecteurs, 1 point pour le produit vectoriel, 0,5 point pour la norme, 0,5 point pour la division par deux.
Montrer que quatre points sont coplanaires
Quand l'utiliser : L'énoncé demande de montrer que A, B, C, D sont coplanaires, ou que deux droites sont coplanaires.
1Choisir un point de référence, en général A, et calculer les TROIS vecteurs AB, AC, AD à partir de lui.
2Annoncer le critère : « les quatre points sont coplanaires si et seulement si le produit mixte des trois vecteurs est nul ».
3Calculer AB⋅(AC×AD), soit par le produit vectoriel suivi du produit scalaire, soit directement comme déterminant 3×3.
4Conclure sur la valeur trouvée, et interpréter géométriquement si l'énoncé le demande.
Phrase de conclusion
Le produit mixte AB⋅(AC×AD) vaut 0, donc le parallélépipède construit sur ces trois vecteurs est aplati : les points A, B, C et D sont coplanaires.
Le piège : Prendre trois vecteurs toujours coplanaires, comme AB, BC et AC : puisque AC=AB+BC, leur produit mixte est nul quel que soit D, et la conclusion ne prouve rien. Le choix sûr reste trois vecteurs issus du même point, AB, AC et AD : atteindre B, C et D ne suffit pas, car DB, BC et CD ont une somme nulle et sont donc, eux aussi, toujours coplanaires.
Barème : 0,5 point pour les trois vecteurs issus du même point, 0,5 point pour l'énoncé du critère, 1 point pour le calcul, 0,5 point pour la conclusion géométrique.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Tester l'orthogonalité du produit vectoriel
Faire le produit scalaire du vecteur obtenu avec CHACUN des deux vecteurs de départ. Les deux doivent donner exactement 0. Deux multiplications, aucun risque.
(−3;6;−3)⋅(1;2;3)=−3+12−9=0 : le produit vectoriel est correct. Un résultat non nul signale une erreur de signe dans la deuxième composante, la plus fautive des trois.
Contrôler le signe du produit scalaire sur la figure
Regarder l'angle sur un croquis à main levée. S'il paraît aigu, le produit scalaire doit être positif; obtus, négatif; droit, nul. Un désaccord signale un vecteur pris à l'envers.
Un BA⋅BC trouvé positif alors que l'angle en B est visiblement obtus : c'est AB qui a été utilisé au lieu de BA.
Vérifier la somme des carrés des cosinus directeurs
Additionner cos2α+cos2β+cos2γ : le total doit valoir exactement 1. C'est une vérification instantanée sur trois résultats à la fois.
Pour v=(2;3;6) de norme 7 : 494+499+4936=1, tout est bon.
Regarder l'ordre de grandeur d'une aire ou d'un volume
Une aire de triangle ne peut pas dépasser celle du parallélogramme, et un volume de tétraèdre est six fois plus petit que celui du parallélépipède. Comparer avant de rendre attrape les facteurs oubliés.
Un volume de tétraèdre annoncé à 18 alors que le produit mixte vaut 18 : le sixième a été oublié, la réponse est 3.
Faire le test u=v sur une formule de projection
Remplacer u par v dans la formule utilisée : la projection de v sur lui-même doit redonner exactement v. Si elle donne ∥v∥v, il manque le carré au dénominateur.
Avec v=(3;0;4) : 2525v=v, la formule est bonne; 525v=5v dénonce l'oubli du carré.
L'exercice type décortiqué
Distance d'un point à une droite, par deux lectures de la même aire
Dans l'espace, la droite D passe par A(1;0;2) et a pour vecteur directeur u=(2;1;2). Soit S(3;4;4).
1) Calculer AS, puis AS×u.
2) En déduire la distance de S à la droite D.
3) Vérifier le résultat par la projection orthogonale.
Le parallélogramme construit sur AS et u a pour aire ∥AS×u∥, et aussi base fois hauteur, c'est-à-dire ∥u∥×d : les deux lectures donnent la formule.
Étape 1
AS=(3−1;4−0;4−2)=(2;4;2).
Pourquoi
Toujours l'extrémité moins l'origine, et dans cet ordre. Un SA écrit par distraction change tous les signes du produit vectoriel.
Étape 2
AS×u=(4×2−2×1;2×2−2×2;2×1−4×2)=(6;0;−6).
Pourquoi
La deuxième composante est celle qui se trompe le plus souvent, car son schéma est inversé. L'écrire à part évite l'erreur de signe.
Étape 3
Contrôle : (6;0;−6)⋅(2;1;2)=12+0−12=0, et (6;0;−6)⋅(2;4;2)=12+0−12=0.
Pourquoi
Le produit vectoriel doit être orthogonal aux deux vecteurs de départ. Ce contrôle coûte dix secondes et valide entièrement l'étape précédente.
Étape 4
∥AS×u∥=36+0+36=72=62 et ∥u∥=4+1+4=3.
Pourquoi
On garde la forme exacte 62 : une valeur décimale ferait perdre la simplification qui vient ensuite, et le correcteur attend l'exact.
Étape 5
d=∥u∥∥AS×u∥=362=22.
Pourquoi
La formule n'est que la lecture « aire divisée par base » du parallélogramme de la figure. La retrouver ainsi évite de la confondre avec la distance à un PLAN, qui utilise un produit scalaire.
Étape 6
Vérification par projection : AS⋅u=4+4+4=12, donc le projeté vaut 912u=(38;34;38).
Pourquoi
Le carré de la norme au dénominateur, 9 et non 3 : c'est le contrôle de la formule de projection, et il tombe ici sur des fractions simples.
Étape 7
La composante orthogonale vaut AS−(38;34;38)=(−32;38;−32).
Pourquoi
C'est le vecteur qui joint le pied H de la perpendiculaire à S : sa norme EST la distance cherchée, et il permet aussi de donner les coordonnées de H.
Étape 8
Sa norme vaut 94+964+94=8=22, la même valeur qu'à l'étape 5.
Pourquoi
Deux méthodes indépendantes qui donnent le même nombre : c'est la meilleure garantie possible avant de rendre, et cela répond à la question 3 sans travail supplémentaire.
Conclusion rédigée
La distance du point S à la droite D vaut 22 unités de longueur, valeur confirmée par le produit vectoriel et par la décomposition orthogonale.
L'erreur classique sur cet exercice : Diviser ∥AS×u∥ par ∥u∥2 au lieu de ∥u∥, en recopiant la formule de la projection. Le résultat serait alors 962, une longueur trois fois trop petite.
À savoir par cœur
•u⋅v est un NOMBRE, u×v est un VECTEUR, u⋅(v×w) est un NOMBRE.
•Aire du parallélogramme =∥u×v∥; aire du triangle : la MOITIÉ.
•Volume du parallélépipède =∣u⋅(v×w)∣; volume du tétraèdre : le SIXIÈME.
•v×u=−(u×v), et le produit vectoriel n'est pas associatif : les parenthèses comptent.
•Vecteur projeté : ∥v∥2u⋅vv, avec le CARRÉ. Mesure algébrique : ∥v∥u⋅v.
•Distance point-droite =∥u∥∥AS×u∥.
•Angle entre deux DROITES : valeur absolue au numérateur, donc réponse au plus 90∘.
•cos2α+cos2β+cos2γ=1 pour les cosinus directeurs.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre produit scalaire et produit vectoriel ?
Le produit scalaire donne un nombre, qui mesure l'angle entre les deux vecteurs et vaut zéro quand ils sont perpendiculaires. Le produit vectoriel donne un vecteur, perpendiculaire aux deux, dont la longueur est l'aire du parallélogramme qu'ils forment et qui vaut le vecteur nul quand ils sont colinéaires.
Comment calculer l'aire d'un triangle dans l'espace ?
On prend deux vecteurs partant du même sommet, par exemple de A vers B et de A vers C, on calcule leur produit vectoriel, puis la longueur de ce vecteur. Ce nombre est l'aire du parallélogramme. L'aire du triangle en est la moitié, et c'est cette division par deux que les copies oublient le plus souvent.
À quoi sert le produit mixte de trois vecteurs ?
Sa valeur absolue est le volume du parallélépipède construit sur les trois vecteurs, et le volume du tétraèdre correspondant en est le sixième. Il sert surtout de test de coplanarité : si le produit mixte est nul, le solide est aplati et les trois vecteurs sont dans un même plan.
Pourquoi le produit vectoriel change-t-il de signe quand on inverse l'ordre ?
Parce qu'il définit une orientation. Le vecteur obtenu est perpendiculaire au plan des deux vecteurs, mais il peut pointer d'un côté ou de l'autre, et c'est l'ordre des facteurs qui choisit le côté. La longueur, donc l'aire, ne change pas, mais le sens du vecteur normal est inversé.
Comment trouver la distance d'un point à une droite dans l'espace ?
On prend un point A de la droite et son vecteur directeur, on calcule le produit vectoriel du vecteur allant de A vers le point et du vecteur directeur, puis on divise sa longueur par celle du vecteur directeur. Cela revient à lire l'aire d'un parallélogramme comme base fois hauteur, la hauteur étant la distance cherchée.
Le produit scalaire peut-il être négatif ?
Oui, et son signe a un sens précis. Positif, l'angle entre les deux vecteurs est aigu; nul, ils sont perpendiculaires; négatif, l'angle est obtus. C'est pour cela qu'un angle entre deux droites se calcule avec une valeur absolue au numérateur : une droite n'ayant pas de sens, on garde le plus petit des deux angles.
Exercices corrigés : Vecteurs dans l'espace : les trois produits
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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