Mécanique 203-SN1-RE (ancien 203-NYA) • Complément québécois de Première et cégep à Montréal
Fiche de révision : la gravitation universelle (203-SN1-RE, ancien 203-NYA)
La gravitation ne demande qu'une seule idée : la force gravitationnelle fournit exactement l'accélération centripète d'une orbite circulaire. De cette égalité sortent la vitesse orbitale, la période, la troisième loi de Kepler et la masse des astres. Tout le reste du chapitre est une affaire d'énergie, avec sa référence à l'infini et son signe négatif.
Cette fiche rassemble les erreurs qui coûtent le plus de points sur ce chapitre : la distance mal mesurée, la formule mgh employée hors de son domaine, le signe de l'énergie potentielle, et la confusion entre les deux vitesses caractéristiques d'un astre.
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Le fil du chapitre
Dans tout ce chapitre, r est la distance entre les CENTRES, jamais une altitude. Une altitude de 400 km oubliée devant un rayon terrestre de 6371 km ne change presque rien au dessin et change tout au résultat.
•F=Gr2m1m2 avec G=6,674×10−11 N·m2/kg2, et r mesuré entre les CENTRES.
•Champ d'un astre à la distance r de son centre : g=r2GM. À la surface, r=R; à l'altitude h, r=R+h.
•Orbite circulaire : r2GMm=rmv2, donc v=rGM. La masse du satellite DISPARAÎT des deux côtés.
•Période : T=v2πr, d'où la troisième loi de Kepler T2=GM4π2r3, valable pour tous les satellites d'un même astre.
•Données à connaître : MTerre=5,97×1024 kg, RTerre=6,37×106 m, donc GM=3,99×1014 m3/s2.
La force s'exerce sur CHACUN des deux corps, même grandeur, sens opposés, et r se mesure entre les centres, jamais entre les surfaces.
Le produit GM se calcule une seule fois en début de problème et se réutilise partout : c'est le seul moyen de ne pas traîner deux puissances de dix à chaque ligne.
Plusieurs masses : additionner des vecteurs
•Chaque masse attire le corps étudié comme si elle était seule : Fi=Gri2mim, avec SA distance ri, et dirigée vers elle.
•On additionne ensuite des VECTEURS : composantes Fx et Fy, puis grandeur et direction. Additionner les grandeurs n'est juste que pour des forces alignées et de même sens.
•Le champ se superpose de la même façon, g=g1+g2 : c'est ce qui crée le point de champ nul entre deux astres.
m2 est plus lourde ET plus proche : F2 vaut 2,7 fois F1. La résultante, en noir, se construit bout à bout et penche nettement vers m2.
La masse la plus proche l'emporte souvent sur la plus lourde : la distance compte au carré, la masse seulement à la puissance un.
L'orbite circulaire : une chute qui ne s'arrête jamais
•La gravitation est la SEULE force sur le satellite : dirigée vers le centre de l'astre, elle joue le rôle de force centripète, r2GMm=rmv2.
•La vitesse est tangente à l'orbite, donc perpendiculaire à la force : la gravitation courbe la trajectoire sans changer la grandeur de la vitesse.
•L'accélération rv2 vaut le champ g à l'altitude de l'orbite : le satellite et tout ce qu'il contient tombent ensemble, d'où l'apesanteur ressentie.
En chaque point, v est tangente et Fg vise le centre de la Terre : les deux restent perpendiculaires, la vitesse tourne sans changer de grandeur.
Sur un schéma d'orbite, une seule flèche de force, vers le centre : ni « force centrifuge », ni « force de la vitesse ».
L'énergie, avec sa référence à l'infini
•U=−rGMm, référence choisie à l'infini. Elle est NÉGATIVE : c'est exactement ce que signifie « lié ».
•mgh n'est qu'une approximation de la variation de U pour h≪R. Au-delà de quelques dizaines de kilomètres, elle devient fausse.
•Orbite circulaire : K=2rGMm, U=−rGMm, donc E=K+U=−2rGMm, soit E=−K et E=2U.
•E<0 signifie orbite fermée; E=0 signifie tout juste libéré, avec une vitesse nulle à l'infini; E>0 signifie trajectoire hyperbolique.
•Vitesse de libération : vlib=r2GM=2vorbite, soit 41% de plus que la vitesse orbitale au même endroit.
En r=2R, l'énergie de l'orbite est à mi-chemin entre U et zéro : K comble la moitié du puits. Doubler K, donc multiplier v par 2, mène à E=0.
Une énergie mécanique positive obtenue pour un satellite en orbite est toujours une erreur de signe : un corps lié a nécessairement E<0, et c'est le contrôle le plus rapide du chapitre.
Le champ à l'intérieur et à l'extérieur d'un astre
•Théorème de la coquille : une coquille sphérique homogène n'exerce AUCUNE force sur un corps situé à l'intérieur d'elle.
•À l'extérieur, un astre sphérique agit exactement comme si toute sa masse était concentrée en son centre : g=r2GM, décroissant.
•À l'intérieur d'un astre homogène, seule la masse située PLUS BAS compte, ce qui donne g=R3GMr, croissant linéairement.
•Le champ est donc MAXIMAL à la surface, nul au centre, et décroissant au-dessus. Descendre dans un puits diminue g, cela ne l'augmente pas.
•Point de champ nul entre deux astres : il se trouve là où d12GM1=d22GM2, donc plus près du moins massif.
Le champ est MAXIMAL à la surface : il monte linéairement en dessous, parce que seule la masse plus profonde agit, et retombe en 1/r2 au-dessus. Descendre dans un puits réduit donc la pesanteur.
La courbe complète de g en fonction de r tombe régulièrement en question de raisonnement à l'examen final : elle se retient par sa forme, une montée droite puis une descente en 1/r2.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Utiliser l'altitude comme distance dans la loi de la gravitation
toute la question, 6 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le satellite est à 400 km d'altitude, donc g=(4,00×105)2GM=2492 m/s2. »
Ce qu'il faut écrire
« r se mesure depuis le CENTRE : r=R+h=6,371×106+4,00×105=6,771×106 m, donc g=8,69 m/s2. »
Pourquoi : La loi en 1/r2 est écrite pour des masses ponctuelles, et une sphère se comporte comme un point placé en son centre. L'altitude n'est qu'une différence, jamais une distance à ce point.
2.Croire que l'apesanteur des astronautes signifie l'absence de gravité
4 points sur les questions de raisonnement
Ce qu'il ne faut pas écrire
« En orbite, il n'y a plus de gravité, c'est pour cela que les astronautes flottent. »
Ce qu'il faut écrire
« À 400 km d'altitude, g vaut encore 8,69 m/s2, soit 89% de sa valeur au sol. Les astronautes flottent parce qu'ils sont en CHUTE LIBRE permanente, comme leur station. »
Pourquoi : Sans gravité, la station partirait en ligne droite. C'est précisément la gravitation, presque intacte, qui courbe sa trajectoire en cercle. L'apesanteur est une absence de force de CONTACT, pas de gravité.
3.Employer mgh pour une variation d'altitude comparable au rayon terrestre
toute la question, 6 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Monter un satellite de 1000 kg à 400 km coûte mgh=1000×9,8×4,00×105=3,92×109 J. »
Ce qu'il faut écrire
« ΔU=−R+hGMm+RGMm=3,70×109 J pour l'altitude seule, et il faut encore l'énergie cinétique orbitale. Le total vaut 3,31×1010 J. »
Pourquoi : mgh suppose g constant, ce qui n'est vrai que si h≪R. Ici h vaut déjà 6% de R, et surtout le gros de la facture est la vitesse orbitale, absente de mgh.
4.Perdre le signe moins de l'énergie potentielle gravitationnelle
toute la question d'énergie, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« U=rGMm, donc l'énergie mécanique de l'orbite vaut E=2r3GMm, une valeur positive. »
Ce qu'il faut écrire
« U=−rGMm avec la référence à l'infini, donc E=2rGMm−rGMm=−2rGMm<0. »
Pourquoi : Le signe négatif n'est pas une convention décorative : il code le fait que le satellite est LIÉ. Une énergie positive décrit un corps qui s'échappe, ce qui contredit l'énoncé.
5.Faire dépendre la vitesse orbitale de la masse du satellite
4 points sur les questions de raisonnement
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La station spatiale est bien plus lourde que ce petit satellite, donc elle doit aller plus vite pour rester en orbite. »
Ce qu'il faut écrire
« r2GMm=rmv2 : la masse m se simplifie, donc v=rGM ne dépend QUE de l'astre et du rayon d'orbite. »
Pourquoi : C'est la même raison qui fait tomber deux objets de masses différentes à la même vitesse : la masse apparaît des deux côtés de l'équation, dans la force et dans l'inertie.
6.Confondre vitesse orbitale et vitesse de libération
3 points, et un budget énergétique doublé
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Pour rester en orbite basse, il faut atteindre 11,2 km/s. »
Ce qu'il faut écrire
« 11,2 km/s est la vitesse de LIBÉRATION depuis le sol. Pour une orbite basse il faut 7,67 km/s, soit environ 1,5 fois moins. À distance égale seulement, le rapport vaut exactement 2. »
Pourquoi : Les deux vitesses répondent à deux questions différentes : rester en cercle (E<0) ou partir pour de bon (E=0). Le rapport est exactement 2 à une distance donnée.
7.Croire qu'un satellite plus haut se déplace plus vite
4 points sur les questions de raisonnement
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le satellite géostationnaire est bien plus loin, donc il file bien plus vite que la station spatiale. »
Ce qu'il faut écrire
« v=rGM DÉCROÎT avec r : 7,67 km/s en orbite basse contre 3,07 km/s en orbite géostationnaire. Il met plus longtemps parce qu'il va moins vite ET parcourt plus de chemin. »
La courbe DESCEND : plus l'orbite est haute, plus le satellite va lentement. Le géostationnaire, six fois plus loin, va deux fois et demie moins vite.
Pourquoi : Loin de l'astre, la gravité est plus faible, donc l'accélération centripète disponible est plus faible, donc la vitesse compatible avec un cercle de ce rayon l'est aussi.
8.Utiliser le rayon de l'astre au lieu du rayon de l'orbite dans la loi de Kepler
toute la question, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« T2=GM4π2R3 avec R le rayon de la Terre, quelle que soit l'altitude du satellite. »
Ce qu'il faut écrire
« Le r de la troisième loi est le rayon de l'ORBITE, c'est-à-dire R+h, et pour une ellipse c'est le demi-grand axe a. »
Pourquoi : La troisième loi relie la période à la taille de la trajectoire, jamais à la taille de l'astre. Avec le rayon terrestre, on obtiendrait la période d'un satellite rasant le sol, la même pour toutes les altitudes.
9.Croire que la pesanteur augmente quand on descend sous la surface
4 points sur les questions de raisonnement
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Plus on se rapproche du centre de la Terre, plus on est près de sa masse, donc plus g est grand. »
Ce qu'il faut écrire
« La coquille située AU-DESSUS de vous n'exerce aucune force nette : seule la masse plus profonde compte, donc g=R3GMr diminue jusqu'à s'annuler au centre. »
Pourquoi : Le théorème de la coquille est une conséquence exacte de la loi en 1/r2. Le champ terrestre est donc maximal à la surface, un résultat contre-intuitif qui tombe presque à chaque examen final.
Quelle méthode choisir
Force ou énergie
La grandeur demandée par la question
Si on demande une vitesse orbitale, une période, un rayon d'orbite → égaler la gravitation à la force centripète, r2GMm=rmv2
Exemple : v=GM/r, puis T=v2πr
Si on demande la masse d'un astre à partir d'un satellite observé → troisième loi de Kepler résolue en M, soit M=GT24π2r3
Exemple : masse du Soleil depuis l'orbite terrestre, masse d'une exoplanète
Si on demande une énergie, un travail, une vitesse de libération → bilan avec U=−rGMm, jamais mgh
Exemple : coût énergétique d'un changement d'orbite
Si on demande une vitesse à deux positions d'une orbite ELLIPTIQUE → conservation de l'énergie ET du moment cinétique, rpvp=rava
Exemple : vitesse au périgée connaissant celle à l'apogée
Si on demande où le champ s'annule entre deux astres → égaler les deux champs, d12M1=d22M2, avec d1+d2=d
le point est toujours plus proche du corps le moins massif
Une orbite circulaire relie toutes ces grandeurs : dès que l'une est connue, les autres suivent. Écrire GM une fois pour toutes en début de copie évite de recalculer ce produit à chaque question.
Quelle distance mettre dans la formule
La position du corps par rapport à l'astre
Si le corps est à la surface → r=R, le rayon de l'astre
Exemple : g0=R2GM=9,82 m/s2 pour la Terre
Si le corps est à l'altitude h → r=R+h, et vérifier que h est bien en mètres
Exemple : 400 km d'altitude donnent r=6,771×106 m
Si le corps est à l'intérieur de l'astre, à la profondeur d → r=R−d, et le champ vaut R3GMr, pas r2GM
Exemple : au centre, r=0 et le champ est nul
Si l'orbite est elliptique → r varie, mais le demi-grand axe a remplace r dans Kepler et dans l'énergie
Exemple : E=−2aGMm, valable pour toute ellipse
Si l'énoncé donne la période et demande l'altitude → Kepler pour obtenir r, PUIS soustraire R pour revenir à l'altitude
l'orbite géostationnaire est à 4,22×107 m du centre, soit 3,58×107 m d'altitude
Écrire r=R+h sur la première ligne de chaque question, même quand cela paraît évident. Ce réflexe supprime à lui seul le piège le plus fréquent du chapitre.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Calculer une orbite circulaire de bout en bout
Quand l'utiliser : L'énoncé donne une altitude ou une période et demande vitesse, période, énergie ou masse de l'astre.
1Calculer GM une fois, et écrire r=R+h en convertissant toutes les longueurs en mètres.
2Poser l'égalité fondatrice : la gravitation fournit la force centripète, r2GMm=rmv2, en signalant que m se simplifie.
3En tirer v=rGM, puis T=v2πr si la période est demandée.
4Pour l'énergie, écrire les trois termes séparément : K=2rGMm, U=−rGMm, E=−2rGMm, et vérifier que E est négative.
5Conclure en donnant les résultats avec leurs unités et un ordre de grandeur commenté.
Phrase de conclusion
« La gravitation fournit la force centripète, donc r2GMm=rmv2; la masse du satellite se simplifie et v=rGM=7,67 km/s, d'où une période T=v2πr=5,54×103 s, soit 92,4 minutes. »
Le piège : Passer directement à la formule v=GM/r sans écrire l'égalité de départ. Le barème récompense presque toujours la ligne qui identifie la gravitation à la force centripète, parce que c'est elle qui contient la physique.
Barème : Typiquement 1 point pour r=R+h, 2 pour l'égalité fondatrice, 2 pour la vitesse, 2 pour la période, 1 pour les unités et l'ordre de grandeur.
Peser un astre à partir d'un de ses satellites
Quand l'utiliser : L'énoncé donne le rayon d'orbite et la période d'un satellite, naturel ou artificiel, et demande la masse de l'astre.
1Écrire la troisième loi sous sa forme newtonienne : T2=GM4π2r3.
2Isoler la masse : M=GT24π2r3, en soulignant que la masse du satellite n'y figure pas.
3Convertir la période en secondes et le rayon en mètres AVANT de substituer.
4Comparer le résultat à une masse connue pour valider l'ordre de grandeur, par exemple celle de la Terre ou du Soleil.
Phrase de conclusion
« La troisième loi donne M=GT24π2r3; avec r=4,22×107 m et T=86164 s, on obtient M=5,97×1024 kg, ce qui est bien la masse de la Terre. »
Le piège : Laisser la période en heures ou en jours. Le facteur T2 amplifie l'erreur au carré, et un résultat mille milliards de fois trop grand passe parfois inaperçu dans une écriture scientifique mal contrôlée.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Le signe de l'énergie mécanique
Une orbite fermée exige E<0. Un résultat positif signale immédiatement un signe perdu sur U, avant même de vérifier les nombres.
Un E=+2,9×1010 J pour un satellite en orbite : le signe de l'énergie potentielle a sauté.
La comparaison de g à sa valeur au sol
À 400 km, g doit valoir environ 89% de 9,8 m/s2. Une valeur nulle, ou supérieure à celle du sol, est fausse par construction.
Un g=2492 m/s2 : l'altitude a servi de distance au lieu de R+h.
L'ordre de grandeur des vitesses orbitales
En orbite basse terrestre, une vitesse est de l'ordre de 8 km/s et une période de 90 minutes. Le géostationnaire tourne à 3 km/s en 24 h.
Une période de 3 heures pour une orbite à 400 km : trop long d'un facteur 2, le rayon a été mal converti.
Le rapport 2 entre les deux vitesses
À une distance donnée, la vitesse de libération vaut exactement 2 fois la vitesse orbitale. Le rapport se vérifie de tête sur les deux résultats.
Une vitesse de libération de 15 km/s pour une vitesse orbitale de 7,7 km/s : le rapport vaut 1,95, pas 1,41.
La masse du satellite absente du résultat
Toute expression de vitesse orbitale, de période ou d'altitude qui contient encore m est fausse : cette masse se simplifie toujours.
Un v=GMm/r : la dimension elle-même ne convient plus, la vitesse dépendrait de la masse du satellite.
L'exercice type décortiqué
Un satellite en orbite basse, de la vitesse au coût énergétique
Un satellite de 1000 kg décrit une orbite circulaire à 400 km d'altitude autour de la Terre. On donne G=6,674×10−11 N·m2/kg2, M=5,972×1024 kg et R=6,371×106 m.
Déterminer la vitesse orbitale, la période, l'énergie mécanique de l'orbite, puis l'énergie qu'il a fallu fournir pour l'amener du sol jusqu'à cette orbite, en négligeant la rotation terrestre et le frottement de l'air.
Trait plein la surface, pointillé l'orbite : la distance qui entre dans toutes les formules part du CENTRE, pas de la surface. Le dessin exagère l'écart, qui ne vaut que 6%.
Étape 1
GM=(6,674×10−11)(5,972×1024)=3,986×1014 m3/s2, et r=R+h=6,371×106+4,00×105=6,771×106 m.
Pourquoi
Ces deux nombres serviront dans toutes les questions suivantes. Les calculer une seule fois évite d'entraîner deux puissances de dix à chaque ligne, où elles se perdent.
Étape 2
La gravitation fournit la force centripète : r2GMm=rmv2, donc v=rGM=6,771×1063,986×1014=7,67×103 m/s.
Pourquoi
C'est la ligne qui contient toute la physique du chapitre, et celle que le barème récompense. La masse du satellite disparaît des deux côtés, ce qui doit être dit explicitement.
Étape 3
T=v2πr=7,67×1032π(6,771×106)=5,54×103 s, soit 92,4 minutes.
Pourquoi
Convertir en minutes n'est pas cosmétique : c'est la seule façon de reconnaître un ordre de grandeur familier, celui d'une orbite basse, et donc de valider le calcul.
Étape 4
K=2rGMm=2,943×1010 J, U=−rGMm=−5,886×1010 J, donc E=K+U=−2,943×1010 J.
Pourquoi
Les trois termes s'écrivent séparément pour que la relation E=−K=2U apparaisse, car c'est elle qui sert de vérification et qui tombe en question de cours.
Étape 5
Au sol, immobile : Esol=−RGMm=−6,256×1010 J. L'énergie à fournir vaut donc ΔE=Eorbite−Esol=−2,943×1010+6,256×1010=3,31×1010 J.
Pourquoi
On compare deux énergies mécaniques totales, jamais deux hauteurs. La différence englobe d'un coup la montée et la mise en vitesse, ce que mgh ne fait pas.
Étape 6
Comparaison avec l'approximation du secondaire : mgh=1000×9,8×4,00×105=3,92×109 J, soit huit fois moins que la réponse correcte.
Pourquoi
Le facteur 8 montre où va réellement l'énergie d'un lancement : pas à monter, mais à accélérer jusqu'à 7,67 km/s. C'est l'argument qui rend la formule du secondaire inutilisable ici.
Étape 7
Vérifications : E<0 comme il se doit pour une orbite fermée, E=−K, et vlib=2v=1,085×104 m/s reste supérieure à la vitesse orbitale.
Pourquoi
Trois contrôles indépendants sur des relations structurelles, pas sur l'arithmétique. Ils attrapent un signe perdu ou un facteur 2 égaré, qui sont les deux erreurs les plus fréquentes ici.
Conclusion rédigée
« Le satellite décrit son orbite à 7,67 km/s en 92,4 minutes, avec une énergie mécanique de −2,94×1010 J; l'amener du sol jusque-là a coûté 3,31×1010 J, dont la plus grande part sert à la mise en vitesse et non à la montée. »
L'erreur classique sur cet exercice : Répondre 3,92×109 J en utilisant mgh. L'ordre de grandeur est faux d'un facteur 8, et surtout la réponse ignore complètement l'énergie cinétique orbitale, qui est le vrai coût d'un lancement.
À savoir par cœur
•F=Gr2m1m2 avec r entre les CENTRES; à l'altitude h, r=R+h.
•Orbite circulaire : v=rGM, indépendante de la masse du satellite, et DÉCROISSANTE avec r.
•Kepler : T2=GM4π2r3, avec r le rayon de l'ORBITE, ou le demi-grand axe pour une ellipse.
•U=−rGMm, négative. mgh n'est valable que pour h≪R.
•Orbite circulaire : E=−2rGMm=−K=2U, toujours NÉGATIVE.
•vlib=2vorbite à la même distance, soit 11,2 km/s depuis le sol terrestre.
•Théorème de la coquille : g est maximal à la SURFACE, croît linéairement en dessous, décroît en 1/r2 au-dessus.
•GMTerre=3,99×1014 m3/s2 : à calculer une fois, à réutiliser partout.
Questions fréquentes
Pourquoi les astronautes flottent-ils s'il y a encore de la gravité ?
Parce qu'ils sont en chute libre permanente avec leur station. À quatre cents kilomètres d'altitude, la pesanteur vaut encore près de quatre-vingt-dix pour cent de sa valeur au sol : c'est justement elle qui courbe leur trajectoire en cercle. Ce qui disparaît, c'est la force de contact du plancher, pas la gravité.
Un satellite plus haut va-t-il plus vite ou moins vite ?
Moins vite. La vitesse orbitale vaut la racine carrée du produit de la constante de gravitation par la masse de l'astre, divisé par le rayon de l'orbite. Elle diminue donc quand le rayon augmente. Le satellite géostationnaire, six fois plus loin que la station spatiale, ne va qu'à trois kilomètres par seconde contre près de huit.
Parce que la référence est choisie à l'infini, où elle vaut zéro. Tout corps plus proche que l'infini a donc une énergie potentielle inférieure à zéro, c'est-à-dire négative. Le signe traduit exactement le fait que le corps est lié : il faudrait lui fournir de l'énergie pour l'emmener à l'infini.
Quand peut-on encore utiliser la formule mgh ?
Uniquement quand la variation d'altitude est très petite devant le rayon de l'astre, disons quelques kilomètres sur Terre. Au-delà, la pesanteur n'est plus constante et il faut passer par l'expression complète en moins G M m sur r. Pour une orbite, cette formule est doublement inadaptée puisqu'elle ignore l'énergie cinétique.
Quelle différence entre vitesse orbitale et vitesse de libération ?
La vitesse orbitale est celle qui maintient un corps sur un cercle à une distance donnée. La vitesse de libération est celle qui lui permet de ne jamais revenir, en annulant son énergie mécanique. À une même distance, la seconde vaut exactement racine de deux fois la première, soit quarante et un pour cent de plus.
La pesanteur augmente-t-elle si on descend dans un puits profond ?
Non, elle diminue. La couche de matière située au-dessus de vous n'exerce aucune force nette, en vertu du théorème de la coquille : seule la masse encore plus profonde compte. La pesanteur est donc maximale à la surface, décroît linéairement vers le centre où elle s'annule, et décroît en un sur r au carré au-dessus.
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Exercices corrigés : La gravitation universelle
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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