Fiche de révision : Lois des exposants et notation scientifique (math, secondaire 3)
Cette fiche ne refait pas le cours sur les exposants, vous l'avez dans vos notes. Elle traite ce qui coûte des points : la loi appliquée à l'envers, la règle qui n'existe pas et qu'on applique quand même, et le geste qui rend chaque calcul vérifiable en dix secondes, compter les facteurs.
Les exposants reviennent dans la factorisation de SN4, les fonctions exponentielles de SN5 et partout au cégep. C'est en secondaire 3 qu'on décide s'ils seront un réflexe ou un obstacle.
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Le fil du chapitre
Un exposant COMPTE des facteurs : chaque loi se retrouve en comptant, et chaque erreur du chapitre vient d'avoir additionné là où l'on multiplie, ou multiplié là où l'on additionne.
•an, c'est n facteurs égaux à a. Tout le reste en découle.
•Produit de même base : am×an=am+n, on met bout à bout deux listes de facteurs. Quotient : anam=am−n, des facteurs s'annulent.
•Puissance de puissance : (am)n=amn, n paquets de m facteurs. Puissance d'un produit : (ab)n=anbn, chaque facteur prend l'exposant.
•Dans un produit de même base, la BASE ne change jamais : 23×22=25=32, pas 45.
Un rectangle de 23 colonnes et 22 rangées contient 25=32 carreaux : les exposants s'ADDITIONNENT parce qu'on compte les facteurs 2, la base reste 2.
Un élève qui doute d'une loi doit écrire les facteurs : 23×22=(2⋅2⋅2)(2⋅2), cinq facteurs. Le correcteur accepte ce raisonnement, et il est infaillible.
Exposant zéro et exposants négatifs : déduits, pas décrétés
•a0=1 pour a=0, parce que anan=a0 et qu'un quotient de deux nombres égaux vaut 1.
•a−n=an1 : un exposant négatif est un INVERSE, jamais un signe. 2−2=41, positif.
•(ba)−1=ab : l'exposant −1 retourne la fraction. Un exposant négatif au dénominateur remonte au numérateur.
•(−3)2=9 mais −32=−9 : sans parenthèse, l'exposant ne porte que sur le 3.
Chaque marche divise par 2 : après 21=2 vient 20=1, puis 2−1=21 et 2−2=41, tous POSITIFS.
La notation scientifique
•a×10n avec 1≤a<10 et n entier. 12,5×104 n'en est pas : c'est 1,25×105.
•Virgule d'un rang vers la gauche : exposant +1. Vers la droite : exposant −1.
•Multiplier : mantisses ensemble, puissances de 10 ensemble, puis remettre la mantisse entre 1 et 10.
•Additionner : d'abord la MÊME puissance de 10, puis additionner les mantisses. Les exposants ne s'additionnent jamais dans une somme.
2,8×106 se place entre 106 et 107 : la mantisse, entre 1 et 10, situe le nombre entre deux puissances de 10 voisines.
Les règles de calcul en tableau
Chaque ligne se lit de gauche à droite : les hypothèses, puis le résultat. Une case rouge n'est pas une réponse, c'est le constat que la forme ne décide rien et l'ordre de transformer l'écriture. Chaque cas est suivi d'un exemple chiffré.
Les lois qui existent, et celles qui n'existent pas
Une case rouge n'est pas une réponse : c'est l'ordre de laisser l'écriture telle quelle, ou de calculer autrement.
écriture
condition
vaut
am×an
même base
am+n
Exemple : 34×35=39
anam
même base
am−n
Exemple : 7479=75
(am)n
toujours
amn
Exemple : (52)3=56
(ab)n
un PRODUIT
anbn
Exemple : (2a)3=8a3, 23×53=103
(a+b)n
une SOMME
ne se distribue pasrègle inexistante
Exemple : (3+4)2=49 contre 9+16=25.
Ce qu'il faut faire : On calcule la somme d'abord, ou on développe : (a+b)2=a2+2ab+b2.
am×bn
bases différentes
ne se combine pasrègle inexistante
Exemple : 23×52=8×25=200, ni 105 ni 106.
Ce qu'il faut faire : On calcule chaque puissance séparément, puis on multiplie les nombres.
Les deux cases rouges sont responsables de la moitié des erreurs du chapitre : la puissance traverse un produit, jamais une somme, et n'additionne les exposants que sur une même base.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Changer la base en multipliant deux puissances
2 points, et tout ce qui suit
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 23×22=45. »
Ce qu'il faut écrire
« 23×22=25=32 : la base reste 2, seuls les exposants s'additionnent. »
Pourquoi : Multiplier deux puissances de même base met bout à bout leurs facteurs ; la base n'a aucune raison de changer. 45=1024, trente-deux fois trop.
2.Prendre un exposant négatif pour un signe
2 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 2−2=−4 » ou « 2−2=−41 ».
Ce qu'il faut écrire
« 2−2=221=41, un nombre positif plus petit que 1. »
2−2=41 est à droite de 0, tout près : un exposant négatif rend le nombre PETIT, jamais négatif.
Pourquoi : L'exposant négatif dit « facteur de trop au dénominateur », c'est un inverse. Le signe du résultat ne dépend que de la base et de la parité de l'exposant.
3.Donner 0 à l'exposant zéro
1 point
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 50=0 » ou « 50=5 ».
Ce qu'il faut écrire
« 50=1, parce que 5353=50 et que 125125=1. »
Pourquoi : La loi du quotient impose la valeur 1 ; ce n'est pas une convention arbitraire mais une conséquence.
4.Oublier le coefficient dans une puissance de produit
2 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« (2a)3=2a3. »
Ce qu'il faut écrire
« (2a)3=23a3=8a3 : le 2 est un facteur, il prend l'exposant comme a. »
Le cube d'arête 2a a deux petits cubes en largeur, deux en profondeur, deux en hauteur : huit cubes d'arête a, soit 8a3. Deux cubes, c'est 2a3, quatre fois moins.
Pourquoi : Un cube d'arête 2a contient huit cubes d'arête a, pas deux : la figure le montre, et (2a)3÷2a3=4 quel que soit a.
5.Oublier la parenthèse devant un carré de négatif
1 point, souvent le signe final d'un problème
Ce qu'il ne faut pas écrire
« −32=9. »
Ce qu'il faut écrire
« −32=−(32)=−9, alors que (−3)2=9. Sans parenthèse, l'exposant ne porte que sur le 3. »
Sans parenthèse, le carré ne porte que sur le 3 : −32=−9, à gauche de 0 ; (−3)2=9, à droite.
Pourquoi : Sur un exposant impair les deux écritures coïncident, (−3)3=−33=−27, ce qui fait croire que la parenthèse est inutile jusqu'au premier exposant pair.
6.Laisser une mantisse hors de [1;10[
1 point de forme, chaque fois
Ce qu'il ne faut pas écrire
« (3×105)(4×10−2)=12×103. »
Ce qu'il faut écrire
« 12×103=1,2×104 : la mantisse doit être entre 1 et 10, la virgule recule d'un rang et l'exposant monte de 1. »
Pourquoi : La notation scientifique est une convention stricte ; 12×103 est un nombre juste mal écrit, et le correcteur ne l'accepte pas.
7.Additionner les exposants dans une addition
toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 2,5×106+3×105=5,5×1011. »
Ce qu'il faut écrire
« 3×105=0,3×106, donc la somme vaut 2,8×106. On additionne les mantisses sous la MÊME puissance de 10. »
Sous la même puissance de 10, les mantisses s'empilent : 2,5+0,3=2,8 millions. Additionner les exposants donnerait 550 milliards.
Pourquoi : La loi aman=am+n concerne une multiplication. Additionner, c'est comme ajouter des mètres à des kilomètres : on convertit d'abord.
8.Additionner les exposants d'une puissance de puissance
2 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« (a2)3=a5. »
Ce qu'il faut écrire
« (a2)3=a2×a2×a2=a6 : trois paquets de deux facteurs, on multiplie. »
Trois paquets de deux facteurs a : six facteurs, a6. On MULTIPLIE les exposants d'une puissance de puissance.
Pourquoi : Avec a=2 : (4)3=64=26 et non 32. Le test numérique tranche immédiatement.
Quelle méthode choisir
Quelle loi ? Décider sur l'opération et sur les bases
Regardez d'abord l'OPÉRATION entre les puissances, puis si les BASES sont les mêmes. Chaque combinaison a sa branche, et deux combinaisons n'ont aucune loi.
Si multiplication, même base → additionner les exposants, garder la base
Exemple : 34×35=39
Si division, même base → soustraire les exposants
Exemple : 7479=75
un résultat négatif est un inverse : 2523=2−2=41
Si multiplication, même EXPOSANT, bases différentes → multiplier les bases
Exemple : 23×53=103
Si multiplication, bases ET exposants différents → aucune loi : calculer chaque puissance
Exemple : 23×52=8×25=200
Si une puissance élevée à une puissance → multiplier les exposants
Exemple : (52)3=56
Si un produit ou un quotient entre parenthèses, élevé à une puissance → distribuer l'exposant à CHAQUE facteur, coefficient compris
Exemple : (b2a3)2=b24a6
Si une somme entre parenthèses, élevée à une puissance → aucune loi : calculer la somme, ou développer
Exemple : (3+4)2=49
Si une addition de puissances → aucune loi sur les exposants : mettre à la même puissance de 10, ou calculer
Exemple : 2,5×106+3×105=2,8×106
En cas de doute, écrire les facteurs. Cinq secondes, et la loi apparaît toute seule.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Simplifier une expression à plusieurs bases, la copie attendue
Quand l'utiliser : L'énoncé demande de simplifier une expression comme 4a2b612a5b2 et d'écrire le résultat sans exposant négatif.
1Traiter les coefficients comme des nombres ordinaires : 412=3.
2Traiter CHAQUE base séparément avec la loi du quotient : a5−2=a3, puis b2−6=b−4.
3Éliminer les exposants négatifs en passant le facteur au dénominateur : b−4=b41.
4Écrire le résultat en une seule fraction, puis vérifier avec une valeur simple.
Phrase de conclusion
« 4a2b612a5b2=3a5−2b2−6=3a3b−4=b43a3. Vérification avec a=b=2 : 4×4×6412×32×4=1,5 et 163×8=1,5. »
Le piège : Faire deux lois à la fois : (32)4×3−5 traité en une ligne donne presque toujours un exposant faux. Une loi par étape.
Barème : 1 point pour les coefficients, 1 par base, 1 pour l'élimination des exposants négatifs.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Tester avec a=2
Remplacez chaque lettre par 2 dans l'expression de départ et dans le résultat : les deux nombres doivent coïncider. Évitez a=1 et a=0, qui cachent trop d'erreurs.
(22)3=64 et 26=64 : bon. Si vous aviez écrit 25=32, le test le dit.
Compter les facteurs
Sur un petit exposant, écrivez les facteurs et comptez-les. C'est la preuve de la loi, et elle ne se trompe jamais.
23×22=(2⋅2⋅2)(2⋅2) : cinq facteurs, donc 25, et certainement pas 45.
La mantisse entre 1 et 10
Avant de rendre une réponse en notation scientifique, relisez la mantisse : si elle vaut 10 ou plus, ou moins de 1, déplacez la virgule et corrigez l'exposant.
12×103 : mantisse 12, trop grande, donc 1,2×104. 0,3×10−6 : trop petite, donc 3×10−7.
L'ordre de grandeur
Un nombre en notation scientifique a×10n a n+1 chiffres avant la virgule s'il est plus grand que 1. Comparez avec ce que vous attendiez.
8,59×109 octets, dix chiffres, près de neuf milliards : cohérent pour une mémoire de 8 Gio. 8,59×103 ne le serait pas.
L'exercice type décortiqué
La vidéo qui triple ses partages chaque jour
Une vidéo est partagée par 4 personnes le jour 0. Chaque jour, le nombre de nouveaux partages TRIPLE. Le diagramme montre les six premiers jours.
Écrire le nombre de nouveaux partages le jour n, calculer celui du jour 8 en notation scientifique, et trouver le premier jour où il dépasse 100000.
De 4 à 972 en cinq jours : chaque barre vaut trois fois la précédente. L'exposant compte le nombre de fois où l'on a multiplié par 3.
Étape 1
Jour n : on a multiplié n fois par 3, donc P=4×3n.
Pourquoi
L'exposant compte les multiplications, c'est le fil du chapitre. 3n n'est pas « 3 fois n » ; jour 5 donne 4×243=972, comme sur le diagramme, et non 4×15=60.
Étape 2
Jour 8 : P=4×38=4×6561=26244≈2,62×104.
Pourquoi
On calcule la puissance d'abord, puis on multiplie par 4 : (4×3)8=128 serait la faute de la parenthèse, quatre cents millions de partages.
Étape 3
Seuil : 4×3n>100000, donc 3n>25000.
Pourquoi
On isole la puissance en divisant par 4 des deux côtés : la comparaison porte sur 3n seul, ce qui permet d'encadrer.
Étape 4
39=19683<25000 et 310=59049>25000, donc n=10.
Pourquoi
Le premier jour est un ENTIER, trouvé en encadrant 25000 entre deux puissances de 3 consécutives, comme on encadre une racine entre deux carrés parfaits.
Étape 5
Vérification : jour 9, 4×19683=78732<100000 ; jour 10, 4×59049=236196>100000.
Pourquoi
On revient à l'énoncé, en partages et non en puissances de 3 : c'est la seule vérification qui a un sens pour le lecteur.
Conclusion rédigée
Le nombre de nouveaux partages le jour n vaut 4×3n ; le jour 8 il atteint environ 2,62×104, et il dépasse 100000 pour la première fois le jour 10.
L'erreur classique sur cet exercice : Écrire 4×3n=12n : la parenthèse absente change tout, et le seuil serait franchi dès le jour 5.
À savoir par cœur
•an : n facteurs. Même base, produit : exposants ADDITIONNÉS, base inchangée.
•Quotient : exposants soustraits. Puissance de puissance : exposants MULTIPLIÉS.
•(ab)n=anbn, coefficient compris. (a+b)n ne se distribue pas.
•a0=1. a−n=an1, positif si a est positif.
•(−3)2=9, −32=−9.
•Notation scientifique : mantisse dans [1;10[. Multiplier : mantisses et puissances séparément. Additionner : même puissance de 10 d'abord.
•Comparer 2100 et 360 : même exposant, 3220 contre 2720.
Questions fréquentes
Pourquoi 2 puissance 3 fois 2 puissance 2 ne fait pas 4 puissance 5 ?
Parce qu'un exposant compte des facteurs : 2 puissance 3, c'est trois facteurs 2, et 2 puissance 2, deux facteurs 2. En les multipliant, on obtient cinq facteurs 2, donc 2 puissance 5, qui vaut 32. La base ne change jamais dans un produit de même base ; seuls les exposants s'additionnent. 4 puissance 5 vaudrait 1024, trente-deux fois trop.
Que vaut un nombre avec un exposant négatif ?
L'inverse de la puissance positive : 2 puissance moins 2 vaut 1 sur 2 puissance 2, soit un quart. Le signe moins de l'exposant ne rend pas le nombre négatif, il le rend plus petit que 1. On le déduit de la loi du quotient : 2 puissance 3 divisé par 2 puissance 5 vaut 8 sur 32, un quart, et la loi donne 2 puissance moins 2.
Comment additionner deux nombres en notation scientifique ?
On les met d'abord à la même puissance de 10, puis on additionne les mantisses. Pour 2,5 fois 10 puissance 6 plus 3 fois 10 puissance 5, on écrit 3 fois 10 puissance 5 comme 0,3 fois 10 puissance 6, et la somme vaut 2,8 fois 10 puissance 6. On n'additionne jamais les exposants : cette loi sert seulement à multiplier.
Quelle est la différence entre moins 3 au carré et (moins 3) au carré ?
Sans parenthèse, l'exposant ne porte que sur le 3 : moins 3 au carré vaut moins 9. Avec la parenthèse, on élève le nombre moins 3 au carré : moins 3 fois moins 3 vaut 9. La confusion est invisible sur les exposants impairs, où les deux écritures donnent le même résultat, et elle coûte le signe final sur les exposants pairs.
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Exercices corrigés : Lois des exposants et notation scientifique
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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