Spécialité maths, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Fiche de révision : sommes de variables aléatoires et concentration (Terminale spécialité)

Cette fiche de révision accompagne la section « Sommes de variables aléatoires » et la section « Concentration, loi des grands nombres » du programme de spécialité mathématiques de Terminale : linéarité de l'espérance, variance d'une somme de variables indépendantes, loi binomiale comme somme de variables de Bernoulli, échantillon, inégalité de Bienaymé-Tchebychev et taille d'échantillon.

Elle ne redit pas le cours. Elle dit ce qui coûte des points à l'épreuve, ce que le correcteur attend exactement, et les contrôles à faire avant de rendre la copie.

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Le fil du chapitre

Une somme de nn copies indépendantes n'est pas nn fois une copie : l'espérance s'additionne toujours, la variance seulement si les variables sont indépendantes, et c'est ce décalage qui fait de σn\frac{\sigma}{\sqrt{n}} l'écart type de la moyenne d'un échantillon.

Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale
Pour s'entraîner Les exercices corrigés de ce chapitre, 10 exercices

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (5 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Probabilités conditionnelles et arbres pondérésSeconde
  2. 2Probabilités conditionnellesPremière
  3. 3Les variables aléatoiresPremière
  4. 4Combinatoire et dénombrement
  5. 5Loi binomiale et concentration

L'essentiel

Ce qui s'additionne, et à quelle condition

  • • LINÉARITÉ, pour TOUTES variables XX, YY et tout réel aa : E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y) et E(aX)=aE(X)E(aX)=aE(X). Aucune indépendance n'est demandée.
  • • ADDITIVITÉ, seulement si XX et YY sont INDÉPENDANTES : V(X+Y)=V(X)+V(Y)V(X+Y)=V(X)+V(Y), et aussi V(X−Y)=V(X)+V(Y)V(X-Y)=V(X)+V(Y).
  • • COEFFICIENT : V(aX)=a2V(X)V(aX)=a^{2}V(X), σ(aX)=∣a∣ σ(X)\sigma(aX)=|a|\,\sigma(X), et V(X+b)=V(X)V(X+b)=V(X).
  • • X1+X2X_{1}+X_{2} (deux copies indépendantes) et 2X2X ont la même espérance, mais V(X1+X2)=2V(X)V(X_{1}+X_{2})=2V(X) alors que V(2X)=4V(X)V(2X)=4V(X).
  • • Au programme, l'indépendance vient du MODÈLE, une succession d'épreuves indépendantes : on l'écrit, on ne la démontre pas.
00,2510,520,2500,20,4X1 + X2 : variance 0,500,520,500,20,42X : variance 1
XX vaut 00 ou 11 à pile ou face équilibré. Deux copies indépendantes se compensent souvent (11 une fois sur deux) ; 2X2X ne vaut que 00 ou 22, deux fois plus de variance.

Écrire « les variables sont indépendantes, donc les variances s'additionnent » avant le calcul est la ligne que le correcteur cherche.

Bernoulli, binomiale, échantillon

  • • Loi de Bernoulli de paramètre pp : valeurs 11 et 00, E=pE=p, V=p(1−p)V=p(1-p), car B2=BB^{2}=B.
  • • Loi binomiale : X=B1+⋯+BnX=B_{1}+\dots+B_{n}, somme de nn Bernoulli INDÉPENDANTES de paramètre pp ; E(X)=npE(X)=np par linéarité, V(X)=np(1−p)V(X)=np(1-p) par additivité.
  • • Échantillon de taille nn d'une loi d'espérance μ\mu et de variance VV : nn variables indépendantes de même loi, Sn=X1+⋯+XnS_{n}=X_{1}+\dots+X_{n} et Mn=SnnM_{n}=\frac{S_{n}}{n}.
  • • E(Sn)=nμE(S_{n})=n\mu, V(Sn)=nVV(S_{n})=nV, σ(Sn)=n σ\sigma(S_{n})=\sqrt{n}\,\sigma ; E(Mn)=μE(M_{n})=\mu, V(Mn)=VnV(M_{n})=\frac{V}{n}, σ(Mn)=σn\sigma(M_{n})=\frac{\sigma}{\sqrt{n}}.

Bienaymé-Tchebychev et concentration

  • • Pour tout δ>0\delta>0 : P(∣X−μ∣≥δ)≤V(X)δ2P(|X-\mu|\geq\delta)\leq\dfrac{V(X)}{\delta^{2}}. C'est la VARIANCE au numérateur, pas l'écart type.
  • • Appliquée à MnM_{n} : P(∣Mn−μ∣≥δ)≤Vnδ2P(|M_{n}-\mu|\geq\delta)\leq\dfrac{V}{n\delta^{2}}, pour une loi QUELCONQUE, pas seulement une fréquence.
  • • Taille d'échantillon : il SUFFIT que Vnδ2≤α\dfrac{V}{n\delta^{2}}\leq\alpha, soit n≥Vαδ2n\geq\dfrac{V}{\alpha\delta^{2}}, arrondi à l'entier SUPÉRIEUR.
  • • Loi des grands nombres : pour tout δ>0\delta>0, P(∣Mn−μ∣≥δ)P(|M_{n}-\mu|\geq\delta) tend vers 00 quand nn tend vers +∞+\infty.

L'inégalité ne donne qu'une borne, universelle et souvent large : la conclusion s'écrit « est inférieure ou égale à », jamais « vaut ».

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Écrire la somme de n copies comme n fois une copie

toute la question, et toutes celles qui utilisent la variance

Ce qu'il ne faut pas écrire

« S50=50XS_{50}=50X, donc V(S50)=502V(X)=2 500 V(X)V(S_{50})=50^{2}V(X)=2\,500\,V(X). »

Ce qu'il faut écrire

« Les XiX_{i} sont indépendantes, donc V(S50)=V(X1)+⋯+V(X50)=50 V(X)V(S_{50})=V(X_{1})+\dots+V(X_{50})=50\,V(X). »

Pourquoi : 50X50X répète UN seul tirage, S50S_{50} en additionne cinquante qui se compensent. Les deux ont l'espérance 50μ50\mu, mais pas la même dispersion : c'est le cœur du chapitre.

2. Additionner des variances sans indépendance

2 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« XX jours de pluie et YY jours secs sur un week-end : V(X+Y)=V(X)+V(Y)V(X+Y)=V(X)+V(Y). »

Ce qu'il faut écrire

« X+Y=2X+Y=2 est constante, donc V(X+Y)=0V(X+Y)=0 ; l'additivité exige des variables indépendantes, et Y=2−XY=2-X ne l'est pas. »

Pourquoi : Deux variables liées peuvent se compenser exactement, comme ici, ou s'amplifier, comme XX et XX elle-même, avec V(2X)=4V(X)V(2X)=4V(X). Seule l'indépendance garantit la somme.

3. Soustraire les variances d'une différence

1 point, et un résultat absurde

Ce qu'il ne faut pas écrire

« XX et YY indépendantes, V(X)=2V(X)=2 et V(Y)=5V(Y)=5 : V(X−Y)=2−5=−3V(X-Y)=2-5=-3. »

Ce qu'il faut écrire

« V(X−Y)=V(X)+(−1)2V(Y)=2+5=7V(X-Y)=V(X)+(-1)^{2}V(Y)=2+5=7. »

Pourquoi : Une variance est une moyenne de carrés, donc jamais négative : −3-3 devait alerter. Le signe moins sort de la variance au carré.

4. Oublier le carré du coefficient

1 point

Ce qu'il ne faut pas écrire

« V(−3X+1)=−3V(X)+1V(-3X+1)=-3V(X)+1. »

Ce qu'il faut écrire

« V(−3X+1)=(−3)2V(X)=9V(X)V(-3X+1)=(-3)^{2}V(X)=9V(X) : la constante disparaît, le coefficient sort au carré. »

Pourquoi : Tous les écarts à la moyenne sont multipliés par 33 en valeur absolue, donc leurs carrés par 99, et une translation ne change aucun écart.

5. Diviser l'écart type de la moyenne par n

toute la question, et un intervalle dix fois trop étroit

Ce qu'il ne faut pas écrire

« σ=2\sigma=2 et n=100n=100 : σ(M100)=2100=0,02\sigma(M_{100})=\frac{2}{100}=0{,}02. »

Ce qu'il faut écrire

« V(M100)=4100=0,04V(M_{100})=\frac{4}{100}=0{,}04, donc σ(M100)=2100=0,2\sigma(M_{100})=\frac{2}{\sqrt{100}}=0{,}2. »

501001502002503003504004500,10,20,30,40,50,6n = 25 : 0,4n = 100 : 0,2n = 400 : 0,1n
Pour σ=2\sigma=2, σ(Mn)=2n\sigma(M_{n})=\frac{2}{\sqrt{n}} : de n=25n=25 à 100100 puis 400400, la taille est multipliée par 44 et l'écart type seulement divisé par 22.

Pourquoi : C'est la VARIANCE qui est divisée par nn ; l'écart type l'est par n\sqrt{n}. Quadrupler l'échantillon divise l'écart type par 22, pas par 44.

6. Mettre l'écart type dans Bienaymé-Tchebychev

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« μ=20\mu=20, σ=4\sigma=4 : P(∣X−20∣≥10)≤4102=0,04P(|X-20|\geq 10)\leq\frac{4}{10^{2}}=0{,}04. »

Ce qu'il faut écrire

« P(∣X−20∣≥10)≤V(X)102=16100=0,16P(|X-20|\geq 10)\leq\frac{V(X)}{10^{2}}=\frac{16}{100}=0{,}16. »

Pourquoi : L'inégalité compare des carrés : la variance au numérateur, δ2\delta^{2} au dénominateur. Avec σ\sigma, la borne est fausse et paraît quatre fois trop bonne.

7. Appliquer l'inégalité à un événement d'un seul côté sans inclusion

1 point de rigueur

Ce qu'il ne faut pas écrire

« E(S)=20E(S)=20, V(S)=96V(S)=96 : P(S≤0)=P(∣S−20∣≥20)≤0,24P(S\leq 0)=P(|S-20|\geq 20)\leq 0{,}24. »

Ce qu'il faut écrire

« Si S≤0S\leq 0, alors ∣S−20∣≥20|S-20|\geq 20 : {S≤0}⊂{∣S−20∣≥20}\{S\leq 0\}\subset\{|S-20|\geq 20\}, donc P(S≤0)≤96400=0,24P(S\leq 0)\leq\frac{96}{400}=0{,}24. »

Pourquoi : L'inégalité porte sur un écart dans les DEUX sens ; l'égalité écrite est fausse, seule l'inclusion justifie la majoration.

8. Arrondir la taille d'échantillon du mauvais côté

1 point

Ce qu'il ne faut pas écrire

« V=3V=3, δ=0,3\delta=0{,}3, α=0,05\alpha=0{,}05 : n≥666,7n\geq 666{,}7, donc n=666n=666. »

Ce qu'il faut écrire

« n≥30,05×0,09≈666,7n\geq\frac{3}{0{,}05\times 0{,}09}\approx 666{,}7, donc n=667n=667 : c'est le plus petit entier qui convient. »

Pourquoi : 666666 ne vérifie pas l'inégalité, 3666×0,09>0,05\frac{3}{666\times 0{,}09}>0{,}05. Une taille garantie s'arrondit toujours à l'entier supérieur.

Quelle méthode choisir

Quel outil, selon la question posée

Une question sur une somme, une moyenne ou un écart à l'espérance

  • Si On demande l'espérance d'une variable qui COMPTE quelque chose → L'écrire comme somme d'indicatrices, puis linéarité, sans chercher la loi

    Exemple : nn manteaux rendus au hasard : E(X)=n×1n=1E(X)=n\times\frac{1}{n}=1

  • Si On demande la variance d'une somme → Vérifier que le modèle rend les termes indépendants, l'écrire, puis additionner

    Exemple : 4040 graines indépendantes, p=0,85p=0{,}85 : V=40×0,1275=5,1V=40\times 0{,}1275=5{,}1

    si les termes sont liés, revenir à la loi de la somme

  • Si La variable est un multiple ou une transformée affine d'UNE variable → Sortir le coefficient au carré, oublier la constante

    Exemple : V(5X−2)=25V(X)V(5X-2)=25V(X)

  • Si On demande de majorer une probabilité d'écart sans connaître la loi → Bienaymé-Tchebychev, avec la variance

    Exemple : V=16V=16 : P(∣X−μ∣≥10)≤0,16P(|X-\mu|\geq 10)\leq 0{,}16

  • Si On demande une taille d'échantillon pour une précision et un risque → Inégalité de concentration, résoudre Vnδ2≤α\frac{V}{n\delta^{2}}\leq\alpha, arrondir au-dessus

    Exemple : V=16V=16, δ=1\delta=1, α=0,05\alpha=0{,}05 : n≥320n\geq 320

  • Si La loi est binomiale et on demande une probabilité EXACTE → La calculatrice sur la loi binomiale, pas l'inégalité

    Exemple : P(B≤50)≈0,0271P(B\leq 50)\approx 0{,}0271 pour BB de loi B(100 ;0,6)\mathcal{B}(100\,;0{,}6)

La relation E(XY) = E(X)E(Y) n'est pas un attendu du programme : on ne l'utilise pas pour calculer une variance.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Démontrer l'espérance et la variance de la loi binomiale

Quand l'utiliser : « Démontrer que E(X) = np et V(X) = np(1 − p) », démonstration exigible du programme

  1. 1 Définir pour chaque épreuve BiB_{i}, égale à 11 en cas de succès et 00 sinon : loi de Bernoulli de paramètre pp.
  2. 2 Calculer E(Bi)=pE(B_{i})=p, puis V(Bi)=E(Bi2)−p2=p−p2=p(1−p)V(B_{i})=E(B_{i}^{2})-p^{2}=p-p^{2}=p(1-p), en justifiant Bi2=BiB_{i}^{2}=B_{i}.
  3. 3 Écrire X=B1+⋯+BnX=B_{1}+\dots+B_{n} : chaque succès ajoute 11 au compte.
  4. 4 Linéarité de l'espérance : E(X)=npE(X)=np, sans hypothèse.
  5. 5 Épreuves indépendantes, donc B1,…,BnB_{1},\dots,B_{n} indépendantes : additivité, V(X)=np(1−p)V(X)=np(1-p).

Phrase de conclusion

« Les variables B1,…,BnB_{1},\dots,B_{n} sont indépendantes, car les épreuves du schéma de Bernoulli le sont ; donc V(X)=V(B1)+⋯+V(Bn)=np(1−p)V(X)=V(B_{1})+\dots+V(B_{n})=np(1-p). »

Le piège : Invoquer l'indépendance pour l'espérance, ou l'oublier pour la variance : le correcteur regarde précisément où l'hypothèse est utilisée.

Barème : 1 point pour la décomposition en Bernoulli, 1 point pour E(X), 1 point pour V(X) avec l'indépendance citée.

Déterminer une taille d'échantillon

Quand l'utiliser : « Combien de mesures faut-il pour que la moyenne soit à moins de δ de μ avec un risque au plus α ? »

  1. 1 Nommer l'échantillon et donner E(Mn)=μE(M_{n})=\mu et V(Mn)=VnV(M_{n})=\frac{V}{n}.
  2. 2 Écrire l'inégalité de concentration P(∣Mn−μ∣≥δ)≤Vnδ2P(|M_{n}-\mu|\geq\delta)\leq\frac{V}{n\delta^{2}}.
  3. 3 Dire qu'il SUFFIT que Vnδ2≤α\frac{V}{n\delta^{2}}\leq\alpha et résoudre en nn.
  4. 4 Prendre le plus petit entier qui convient et conclure par une phrase.

Phrase de conclusion

« Il suffit que 16n≤0,05\frac{16}{n}\leq 0{,}05, c'est-à-dire n≥320n\geq 320 : avec 320320 trajets, la probabilité que la moyenne s'écarte de μ\mu d'au moins 11 minute est inférieure ou égale à 0,050{,}05. »

Le piège : Écrire « il faut » au lieu de « il suffit » : l'inégalité donne une condition suffisante, une taille plus petite peut très bien convenir.

Barème : 1 point pour l'inégalité correctement écrite, 1 point pour la résolution et l'arrondi, 1 point pour la conclusion.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Combien de trajets pour estimer une durée moyenne

La durée d'un trajet de livraison, en minutes, est une variable aléatoire d'espérance μ=20\mu=20 et d'écart type σ=4\sigma=4 ; on ne connaît pas sa loi. On relève les durées de nn trajets, modélisées par un échantillon de taille nn, et l'on note MnM_{n} leur moyenne.

Déterminer une valeur de nn qui garantit P(∣Mn−20∣≥1)≤0,05P(|M_{n}-20|\geq 1)\leq 0{,}05, puis donner σ(Mn)\sigma(M_{n}) pour cette valeur.

1002003004005006000,050,10,150,2majoration 16 / nrisque 0,05n = 320n
La majoration 16n\frac{16}{n} décroît et passe sous le risque 0,050{,}05 à partir de n=320n=320 : toute taille au-delà convient aussi.

Étape 1

V=σ2=16V=\sigma^{2}=16. Par linéarité E(Mn)=20E(M_{n})=20 ; les trajets étant indépendants, V(Mn)=16nV(M_{n})=\frac{16}{n}.

Pourquoi

L'inégalité demande la VARIANCE, pas l'écart type : la convertir d'abord évite le piège le plus coûteux de l'exercice.

Étape 2

Inégalité de concentration avec δ=1\delta=1 : P(∣Mn−20∣≥1)≤16n×12=16nP(|M_{n}-20|\geq 1)\leq\frac{16}{n\times 1^{2}}=\frac{16}{n}.

Pourquoi

Écrire l'inégalité en toutes lettres, avec ses hypothèses, rapporte le point de méthode ; la loi inconnue n'empêche rien, seules μ et V servent.

Étape 3

Il suffit que 16n≤0,05\frac{16}{n}\leq 0{,}05, c'est-à-dire n≥160,05=320n\geq\frac{16}{0{,}05}=320.

Pourquoi

« Il suffit » et non « il faut » : c'est une condition suffisante, la vraie probabilité est sans doute bien plus petite.

Étape 4

Pour n=320n=320 : σ(M320)=4320≈0,224\sigma(M_{320})=\frac{4}{\sqrt{320}}\approx 0{,}224 minute.

Pourquoi

L'écart type est divisé par 320≈17,9\sqrt{320}\approx 17{,}9, pas par 320320 : c'est la racine qui rend les grandes précisions si coûteuses.

Étape 5

Contrôle : 16320=0,05\frac{16}{320}=0{,}05 convient, 16319≈0,0502>0,05\frac{16}{319}\approx 0{,}0502>0{,}05 ne convient pas.

Pourquoi

Le contrôle par l'entier précédent prouve que 320 est le plus petit entier garanti par l'inégalité.

Conclusion rédigée

Avec n=320n=320 trajets, la probabilité que la durée moyenne s'écarte de 2020 minutes d'au moins 11 minute est inférieure ou égale à 0,050{,}05, et l'écart type de cette moyenne vaut environ 0,2240{,}224 minute.

L'erreur classique sur cet exercice : Écrire 4n≤0,05\frac{4}{n}\leq 0{,}05 avec l'écart type, ce qui donne n≥80n\geq 80 : quatre fois trop peu de trajets, et une garantie fausse.

À savoir par cœur

  • • E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y) et E(aX)=aE(X)E(aX)=aE(X) : TOUJOURS.
  • • V(X+Y)=V(X)+V(Y)V(X+Y)=V(X)+V(Y) et V(X−Y)=V(X)+V(Y)V(X-Y)=V(X)+V(Y) : seulement si INDÉPENDANTES.
  • • V(aX+b)=a2V(X)V(aX+b)=a^{2}V(X) ; σ(aX+b)=∣a∣ σ(X)\sigma(aX+b)=|a|\,\sigma(X).
  • • Bernoulli : E=pE=p, V=p(1−p)V=p(1-p). Binomiale : E=npE=np, V=np(1−p)V=np(1-p).
  • • SnS_{n} : E=nμE=n\mu, V=nVV=nV. MnM_{n} : E=μE=\mu, V=VnV=\frac{V}{n}, σ=σn\sigma=\frac{\sigma}{\sqrt{n}}.
  • • X1+⋯+Xn≠nXX_{1}+\dots+X_{n}\neq nX : même espérance, variances nVnV contre n2Vn^{2}V.
  • • P(∣X−μ∣≥δ)≤Vδ2P(|X-\mu|\geq\delta)\leq\frac{V}{\delta^{2}} et P(∣Mn−μ∣≥δ)≤Vnδ2P(|M_{n}-\mu|\geq\delta)\leq\frac{V}{n\delta^{2}}.
  • • Taille garantie : n≥Vαδ2n\geq\frac{V}{\alpha\delta^{2}}, arrondi à l'entier SUPÉRIEUR.

Questions fréquentes

Faut-il que les variables soient indépendantes pour additionner les espérances ?

Non. La linéarité de l'espérance vaut pour deux variables aléatoires quelconques : l'espérance d'une somme est toujours la somme des espérances. C'est la variance qui demande l'indépendance. On peut donc calculer l'espérance d'un nombre de succès en l'écrivant comme une somme d'indicatrices, même quand ces indicatrices dépendent les unes des autres.

Pourquoi la variance de 2X n'est-elle pas la variance de X plus X ?

Parce que X n'est pas indépendante d'elle-même. Doubler X double chaque écart à la moyenne, donc multiplie la variance par quatre. Additionner deux copies indépendantes de X ne double que la variance, car leurs écarts se compensent en partie. Les deux variables ont pourtant la même espérance : c'est toute la différence entre une somme de copies et une copie multipliée.

Comment démontrer l'espérance et la variance de la loi binomiale en Terminale ?

On écrit le nombre de succès comme la somme de n variables de Bernoulli, une par épreuve, qui valent 1 en cas de succès et 0 sinon. Chacune a pour espérance p et pour variance p fois 1 moins p. La linéarité donne np pour l'espérance, sans hypothèse. Les épreuves étant indépendantes, les variances s'additionnent et donnent np fois 1 moins p.

Pourquoi l'écart type de la moyenne est-il divisé par racine de n et pas par n ?

La variance de la somme de n valeurs indépendantes vaut n fois la variance d'une valeur. En divisant la somme par n, on divise la variance par n au carré : il reste la variance divisée par n. L'écart type étant la racine de la variance, il est divisé par racine de n. Pour diviser l'écart type par deux, il faut donc quatre fois plus de valeurs.

Comment trouver une taille d'échantillon avec l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev ?

On applique l'inégalité de concentration à la moyenne de l'échantillon : la probabilité d'un écart au moins égal à delta est majorée par la variance divisée par n fois delta au carré. Il suffit que cette majoration soit inférieure ou égale au risque accepté. On résout en n et l'on arrondit toujours à l'entier supérieur.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Sommes de variables aléatoires et concentration

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 10 exercices corrigés
  • 100 points
  • 150 minutes
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© Ahmed Squalli Houssaini. Fiche publiée sur www.letuteurscientifique.ca/fiches/tspe-sommes-variables-aleatoires. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

Voir aussi

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