Exercice 1 : L'espérance d'une somme sans calculer sa loi : deux correspondances
Pour se rendre à son travail, Inès prend un bus puis un tramway. On note son attente au premier arrêt et son attente à la correspondance, en minutes. Les deux lois sont données par les diagrammes ci-dessous : vaut , ou avec les probabilités , et ; vaut ou avec les probabilités et .
Les horaires du bus et du tramway ne sont pas coordonnés : on modélise les deux attentes par une succession de deux épreuves indépendantes. On note l'attente totale.
- a) Calculez et .
- b) Établissez la loi de en dressant le tableau des six couples . On demande ci-dessous et .
- c) Calculez à partir de sa loi, puis comparez avec .
- d) Certains jours, Inès prend en plus un funiculaire, dont l'attente a pour espérance minutes ; on ne connaît pas sa loi. Calculez l'espérance de l'attente totale . Sur un mois de trajets de ce type, quelle est l'espérance du temps total d'attente ?
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Réponses
- a) et
- b) , , ,
- c)
- d) minutes ; sur trajets, minutes
a) L'espérance est la moyenne des valeurs pondérée par leurs probabilités : et . En moyenne, sur un grand nombre de trajets, Inès attend minutes le bus et minutes le tramway. Ce ne sont pas des valeurs que ou peuvent prendre, et ce n'est pas un problème : une espérance est une moyenne, pas une issue.
b) Une issue est un couple . Les deux épreuves étant indépendantes, la probabilité d'un couple est le PRODUIT des probabilités de ses composantes : , par exemple. Les six couples donnent : , somme , probabilité ; , somme , ; , somme , ; , somme , ; , somme , ; , somme , . Deux couples mènent à et deux à : on les regroupe. , , , , et le total fait bien . Le tableau figure dans la correction. Oublier un des deux couples qui mènent à la même somme est l'erreur classique.
c) . Et : c'est le même nombre, et ce n'est pas une coïncidence. C'est la LINÉARITÉ DE L'ESPÉRANCE, , vraie pour deux variables aléatoires quelconques. Elle tient parce que l'espérance est une moyenne pondérée sur les issues, et qu'une moyenne de sommes est la somme des moyennes. Elle ne demande AUCUNE indépendance : on s'est servi de l'indépendance en b) pour obtenir la loi de , pas pour son espérance.
d) Sans connaître la loi de , la linéarité donne directement minutes. Construire la loi de aurait demandé la loi de et un tableau à trois entrées : la linéarité fait l'économie de tout cela, c'est son intérêt principal. Sur trajets, l'attente totale est la somme des attentes de chaque jour, et son espérance vaut minutes, soit heures et minutes. Là encore, pas besoin de savoir si les trajets de deux jours différents sont indépendants : pour l'espérance, la question ne se pose pas.
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