Maths Seconde, programme français • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : probabilités conditionnelles et arbres pondérés (Seconde)
Voici une série d'exercices corrigés sur les probabilités conditionnelles pour la classe de Seconde, programme français de 2026. Elle s'adresse aux élèves des lycées français, dont le Lycée Marie de France et le Collège Stanislas à Montréal, et à tout élève de Seconde qui découvre la notation PA(B).
Le fil de la série tient en une phrase : la barre du conditionnement dit dans quelle population on compte. PA(B) se lit « parmi les A », et se calcule en divisant par l'effectif de A ; PB(A) a le même numérateur et un autre dénominateur. Toutes les erreurs du chapitre, du test « fiable à 90% » à la somme de branches qui ne vaut pas 1, viennent d'un dénominateur pris dans la mauvaise population.
Conformément au programme, la formule des probabilités totales n'est jamais posée comme outil : pour retourner un conditionnement, on dresse un tableau d'effectifs sur une population fictive de mille ou de cent mille individus, puis on divise par le bon total. La loi des grands nombres et les premiers calculs de probabilités sont dans la série de probabilités de Seconde.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•PROBABILITÉ CONDITIONNELLE : pour P(A)=0, PA(B)=P(A)P(A∩B). Elle se lit « probabilité de B sachant A ».
•Dans une population où l'on tire un individu au hasard : P(A)=Card(Ω)Card(A) et PA(B)=Card(A)Card(A∩B).
•LA BARRE DIT OÙ L'ON COMPTE : ce qui est en indice désigne la population, ce qui est entre parenthèses désigne ce qu'on y cherche. « Parmi les A » se traduit par l'indice A.
•PA(B) et PB(A) ont le même numérateur, Card(A∩B), et deux dénominateurs différents. En général elles ne sont PAS égales.
•PA(B) et P(A∩B) ne sont pas la même chose : la première compte parmi les A, la seconde parmi tout Ω.
•ARBRE PONDÉRÉ : les branches issues de la racine portent des probabilités simples, les branches suivantes des probabilités CONDITIONNELLES, conditionnées par le nœud d'où elles partent.
•Les branches issues d'un MÊME nœud ont une somme égale à 1. Deux branches issues de nœuds différents n'ont aucune raison de se compléter.
•RÈGLE DU CHEMIN : P(A∩B)=P(A)×PA(B). C'est la définition réécrite, et c'est une proportion de proportion.
•RETOURNER UN CONDITIONNEMENT : on construit un tableau d'effectifs sur une population fictive (1000 ou 10000 individus), puis on divise la bonne case par le total de la bonne ligne ou de la bonne colonne.
•TESTS : sensibilité PM(T), parmi les malades ; spécificité PM(T), parmi les non-malades. Faux positif : non malade testé positif. Faux négatif : malade testé négatif.
•Conditionner n'est pas suivre le temps : on peut calculer la probabilité d'un premier tirage sachant le second, ou celle d'une maladie sachant le résultat du test.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : La barre dit où l'on compte : des trains en retard
Une ligne ferroviaire a fait circuler 800 trains le mois dernier. Chaque train est classé selon deux critères : il circule ou non à l'heure de pointe, il arrive ou non en retard. Le tableau d'effectifs ci-dessous résume le mois.
On choisit un train au hasard parmi les 800, chaque train ayant la même chance d'être choisi. On note H l'événement « le train circule à l'heure de pointe » et R l'événement « le train arrive en retard ». Dans tout l'exercice, avant chaque division, écrivez PARMI QUI vous comptez.
a) Calculez P(H), P(R) et P(H∩R).
b) Calculez PH(R) et PH(R), puis traduisez chacune par une phrase commençant par « parmi ».
c) Calculez PR(H), arrondie au millième, et traduisez-la par une phrase. Pourquoi n'est-ce pas le même nombre que PH(R) ?
d) Vérifiez que PH(R)=P(H)P(H∩R), et expliquez pourquoi le quotient des probabilités donne le même résultat que le quotient des effectifs.
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Réponses
a)P(H)=0,3, P(R)=0,145, P(H∩R)=0,075
b)PH(R)=0,25 et PH(R)=0,1
c)PR(H)=11660≈0,517 : on compte parmi les 116 trains en retard, pas parmi les 240 trains de pointe
d)0,30,075=0,25 ; les deux effectifs sont divisés par le même total 800, qui se simplifie
a)
Le tirage est équiprobable, donc chaque probabilité est un effectif divisé par le total : P(H)=800240=0,3, P(R)=800116=0,145 et P(H∩R)=80060=0,075. Ici on compte parmi TOUS les trains : c'est la population Ω entière, et le dénominateur est toujours 800. L'intersection H∩R se lit dans UNE case, celle où la ligne « en retard » croise la colonne « pointe » ; ce n'est pas un total de ligne ni de colonne.
b)
PH(R) se lit « probabilité de R sachant H » : on sait que le train est de pointe, on ne compte donc plus que parmi les 240 trains de pointe. PH(R)=Card(H)Card(H∩R)=24060=0,25 : parmi les trains de pointe, un sur quatre arrive en retard. De même PH(R)=56056=0,1 : parmi les trains hors pointe, un sur dix est en retard. Le NUMÉRATEUR est une case du tableau, le DÉNOMINATEUR est le total de la colonne désignée par la condition. Retenez la lecture : ce qui est derrière la barre, en indice, désigne la population ; ce qui est entre parenthèses désigne ce qu'on y cherche.
c)
Cette fois la condition est R : on compte parmi les 116 trains en retard. PR(H)=11660≈0,517 : parmi les trains en retard, un peu plus de la moitié circulaient à l'heure de pointe. Le numérateur est le MÊME, 60 trains qui sont à la fois de pointe et en retard ; seul le dénominateur change, 116 au lieu de 240. Les deux nombres répondent à deux questions différentes : PH(R) intéresse le voyageur de pointe (« mon train sera-t-il en retard ? »), PR(H) intéresse le gestionnaire qui analyse les retards (« d'où viennent-ils ? »). Les confondre revient à diviser par le mauvais total, et c'est l'erreur qui coûte le plus de points sur ce chapitre.
d)
P(H)P(H∩R)=0,30,075=0,25, c'est bien PH(R). La raison est visible en revenant aux effectifs : P(H)P(H∩R)=240/80060/800, et le total 800 apparaît au numérateur et au dénominateur, donc il se simplifie : il reste 24060. C'est pour cela que, dans une population où l'on tire au hasard, la définition générale PA(B)=P(A)P(A∩B) et la formule PA(B)=Card(A)Card(A∩B) donnent toujours le même nombre. La définition sert quand on ne connaît que des probabilités, la formule des cardinaux quand on dispose d'un tableau d'effectifs.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Des phrases aux symboles : l'alarme d'un entrepôt
Un entrepôt est équipé d'une alarme anti-intrusion. Le relevé des nuits passées permet d'écrire les trois phrases suivantes.
(1) « L'alarme se déclenche en moyenne 20 nuits sur 1000. » (2) « 60% des déclenchements correspondent à une vraie intrusion. » (3) « Quatre intrusions sur cinq déclenchent l'alarme. »
On choisit une nuit au hasard. On note I l'événement « il y a une intrusion cette nuit-là » et D l'événement « l'alarme se déclenche ». Chaque phrase est une probabilité, simple ou conditionnelle : tout le travail consiste à repérer dans quelle population elle compte.
a) Pour les phrases (1) et (2) : dans quelle population compte-t-on ? Écrivez chacune sous la forme P(…) ou P…(…) et donnez sa valeur.
b) Même travail pour la phrase (3).
c) Calculez P(D∩I) en justifiant par la définition de la probabilité conditionnelle, puis déduisez-en P(I).
d) Sur 1000 nuits fictives, combien d'intrusions ne déclenchent pas l'alarme ? Calculez PD(I) et traduisez-la en français.
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Réponses
a)(1) toutes les nuits, P(D)=0,02 ; (2) parmi les nuits d'alarme, PD(I)=0,6
b)(3) parmi les nuits d'intrusion, PI(D)=0,8
c)P(D∩I)=0,02×0,6=0,012 puis P(I)=0,80,012=0,015
d)3 intrusions non détectées ; PD(I)=9803≈0,0031
a)
La phrase (1) ne pose aucune condition : on compte parmi TOUTES les nuits, et c'est P(D)=100020=0,02. La phrase (2) commence, sans le dire en toutes lettres, par « parmi les déclenchements » : la population est celle des nuits où l'alarme a sonné, et l'on y cherche les vraies intrusions. C'est donc PD(I)=0,6. Le mot qui trahit le conditionnement est le complément « des déclenchements » : un pourcentage « de » quelque chose se calcule parmi ce quelque chose. Écrire P(I)=0,6 serait absurde, cela voudrait dire qu'il y a une intrusion plus d'une nuit sur deux.
b)
« Quatre intrusions sur cinq » : on compte parmi les nuits d'intrusion, et l'on y cherche les déclenchements. C'est PI(D)=54=0,8. Comparez avec (2) : les deux phrases parlent d'intrusions ET de déclenchements, mais la population est inversée. En (2) la condition est l'alarme, en (3) c'est l'intrusion. Un bon réflexe consiste à réécrire chaque phrase en commençant par « parmi les ... » : « parmi les intrusions, 80% déclenchent l'alarme » ; ce qui suit « parmi » passe en indice.
c)
Par définition PD(I)=P(D)P(D∩I), donc P(D∩I)=P(D)×PD(I)=0,02×0,6=0,012. Sur 1000 nuits, cela fait 12 nuits avec intrusion ET alarme : 60% de 20. On utilise ensuite l'autre écriture de la même intersection, PI(D)=P(I)P(D∩I), d'où P(I)=PI(D)P(D∩I)=0,80,012=0,015. Il y a donc une intrusion 15 nuits sur 1000. Vérification sur les effectifs : 80% de 15 intrusions font bien 12 nuits détectées. La même case D∩I a servi deux fois, avec deux dénominateurs différents.
d)
Sur 1000 nuits : 15 intrusions, dont 12 détectées, donc 15−12=3 intrusions qui ne déclenchent PAS l'alarme. Les nuits sans alarme sont 1000−20=980. Donc PD(I)=9803≈0,0031. En français : « parmi les nuits où l'alarme reste silencieuse, environ trois sur mille connaissent pourtant une intrusion ». Ces trois nuits sont les FAUX NÉGATIFS de l'alarme ; les 20−12=8 nuits d'alarme sans intrusion sont ses FAUX POSITIFS, les fausses alertes. Ce tableau d'effectifs sur une population fictive de 1000 nuits est la méthode du programme pour retourner un conditionnement : on remplit les cases, puis on divise par le bon total.
Exercice 3 : Lire et compléter un arbre pondéré : un jeu en deux épreuves
Un jeu se déroule en deux temps. On lance d'abord un dé équilibré à six faces. Si le dé donne 1 ou 2, on tire une boule dans l'urne U1, qui contient 4 boules gagnantes et 1 perdante ; sinon, on tire dans l'urne U2, qui contient 1 boule gagnante et 3 perdantes. Les boules sont indiscernables au toucher.
On note S l'événement « le dé donne 1 ou 2 » et G l'événement « la boule tirée est gagnante ». L'arbre ci-dessous a la bonne forme, mais aucune pondération n'est écrite.
a) Donnez les six pondérations de l'arbre. On demande ci-dessous P(S), PS(G) et PS(G).
b) Que représente exactement la pondération portée par la branche qui va de S à G ?
c) Calculez P(S∩G) et P(S∩G), en justifiant la multiplication le long d'un chemin.
d) Vérifiez que les quatre chemins ont une somme égale à 1. Calculez ensuite PS(G)+PS(G) : pourquoi ne vaut-elle pas 1 ?
b)La probabilité de gagner SACHANT que le dé a donné 1 ou 2, c'est-à-dire PS(G)
c)P(S∩G)=31×54=154≈0,267 et P(S∩G)=32×41=61≈0,167
d)154+151+61+21=1 ; PS(G)+PS(G)=1,05 : ces deux branches ne partent pas du même nœud
a)
Premier niveau : le dé est équilibré et S contient deux faces sur six, donc P(S)=62=31 et P(S)=32. Deuxième niveau, branches issues de S : on est alors DANS l'urne U1, qui compte 5 boules dont 4 gagnantes, donc PS(G)=54 et PS(G)=51. Branches issues de S : on est dans U2, 4 boules dont 1 gagnante, donc PS(G)=41 et PS(G)=43. Contrôle obligatoire : les branches qui partent d'un MÊME nœud ont une somme égale à 1, ici 31+32, 54+51 et 41+43.
b)
La branche de S vers G porte 54, et ce n'est PAS la probabilité de gagner au jeu : c'est la probabilité de gagner quand on sait déjà que le dé a donné 1 ou 2, autrement dit PS(G). Toute branche du deuxième niveau porte une probabilité conditionnelle, conditionnée par le nœud d'où elle part. C'est la règle de lecture d'un arbre : pour savoir parmi qui l'on compte, on remonte au nœud de départ de la branche. Seules les branches issues de la racine portent des probabilités simples.
c)
Par définition, PS(G)=P(S)P(S∩G), donc P(S∩G)=P(S)×PS(G)=31×54=154≈0,267. C'est exactement le produit des pondérations rencontrées le long du chemin S puis G : la règle de multiplication n'est pas une recette de plus, c'est la définition réécrite. De même P(S∩G)=32×41=61≈0,167. Lecture en fréquences, pour vérifier : sur 15 parties, environ 5 passent par S, et les quatre cinquièmes de ces 5, soit 4, sont gagnées, d'où 154. On multiplie parce qu'on prend une proportion d'une proportion.
d)
Les quatre chemins valent P(S∩G)=154, P(S∩G)=151, P(S∩G)=61 et P(S∩G)=32×43=21. Au dénominateur 30 : 308+302+305+3015=1, ce qui est normal puisque les quatre chemins décrivent toutes les parties possibles, sans recouvrement. En revanche PS(G)+PS(G)=54+41=1,05. Ces deux nombres sont calculés dans deux populations DIFFÉRENTES, l'urne U1 et l'urne U2 : additionner des proportions de deux groupes distincts n'a aucune raison de donner 1. Une somme égale à 1 ne s'attend qu'entre branches issues du même nœud.
Exercice 4 : Pourquoi on multiplie le long d'un chemin : le contrôle en sortie de chaîne
Une chaîne de production fabrique 5000 pièces par jour, dont 4% sont défectueuses. En sortie de chaîne, un poste de contrôle automatique rejette 90% des pièces défectueuses, mais aussi, à tort, 2% des pièces conformes.
On prélève une pièce au hasard dans la production du jour. On note D l'événement « la pièce est défectueuse » et R l'événement « la pièce est rejetée par le contrôle ».
a) Construisez l'arbre pondéré qui commence par D et D. On demande ci-dessous trois de ses pondérations.
b) Calculez P(D∩R) et justifiez la multiplication par la définition de PD(R).
c) Retrouvez ce résultat sur les effectifs de la journée : combien de pièces défectueuses, combien de pièces défectueuses rejetées ? Montrez que le produit de la question b) est une proportion de proportion.
d) Combien de pièces conformes sont rejetées à tort chaque jour ? Parmi les pièces rejetées, quelle proportion est réellement défectueuse ? Arrondissez au millième.
Premier niveau, l'état de la pièce : P(D)=0,04 et P(D)=0,96. Deuxième niveau, la décision du contrôle, qui DÉPEND de l'état de la pièce. « 90% des pièces défectueuses sont rejetées » se compte parmi les défectueuses : PD(R)=0,9, donc PD(R)=0,1. « 2% des pièces conformes sont rejetées » se compte parmi les conformes : PD(R)=0,02, donc PD(R)=0,98. L'arbre figure dans la correction. Le piège classique est d'écrire 0,02 sur la branche D vers R parce que c'est le deuxième pourcentage de l'énoncé : chaque nombre va sous le nœud de la population qu'il décrit.
b)
Par définition PD(R)=P(D)P(D∩R), donc P(D∩R)=P(D)×PD(R)=0,04×0,9=0,036. C'est le produit des deux pondérations du chemin D puis R. La définition et la règle du chemin sont la même égalité, lue dans deux sens : la définition divise l'intersection par la probabilité de la condition, la règle du chemin multiplie la probabilité de la condition par la conditionnelle. Il n'y a rien d'autre à retenir.
c)
Sur 5000 pièces : 4% de 5000 font 200 pièces défectueuses, et 90% de ces 200 font 180 pièces défectueuses rejetées. Donc P(D∩R)=5000180=0,036, le même nombre qu'en b). On peut l'écrire 5000180=5000200×200180 : le premier facteur est la proportion de défectueuses dans la production, le second la proportion de rejetées parmi les défectueuses. Multiplier le long d'un chemin, c'est exactement prendre un pourcentage d'un pourcentage : 90% de 4% font 3,6%. C'est une situation déjà rencontrée avec les proportions, la probabilité conditionnelle lui donne seulement un nom et une notation.
d)
Pièces conformes : 5000−200=4800, dont 2% rejetées, soit 96 pièces rejetées à tort ; en probabilité, P(D∩R)=0,96×0,02=0,0192 et 0,0192×5000=96. Au total 180+96=276 pièces rejetées. Parmi elles, la proportion de défectueuses est PR(D)=276180≈0,652. Le contrôle rejette donc 90% des défectueuses, mais seulement 65% environ des pièces rejetées sont défectueuses : les 96 conformes rejetées pèsent lourd parce qu'elles sont prélevées dans une population 24 fois plus nombreuse. Pour retourner le conditionnement, on n'a utilisé aucune formule nouvelle : on a compté sur une journée, puis divisé par le bon total, celui des rejetées.
Exercice 5 : Conditionner par ce qui vient après : deux jetons sans remise
Un sac contient cinq jetons numérotés de 1 à 5. On tire au hasard un premier jeton, on le garde, puis on tire un second jeton parmi les quatre restants. Une issue est un couple (premier jeton, second jeton), et tous les couples possibles ont la même probabilité.
La grille ci-dessous range les couples : colonne = premier jeton, ligne = second jeton ; les cases barrées sont impossibles, puisqu'on ne tire pas deux fois le même jeton. On note A l'événement « le premier jeton est pair » et B l'événement « le second jeton est pair ».
a) Combien y a-t-il d'issues ? Calculez Card(A) et P(A).
b) Calculez PA(B) en raisonnant sur le contenu du sac, puis retrouvez-la par Card(A)Card(A∩B).
c) Calculez P(B) en comptant les cases de la grille. Le résultat vous surprend-il ?
d) Calculez PB(A) : sachant que le second jeton est pair, quelle est la probabilité que le premier l'ait été ? Cette question a-t-elle un sens ?
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Réponses
a)20 issues ; Card(A)=8 et P(A)=0,4
b)PA(B)=41=82=0,25
c)Card(B)=8, donc P(B)=0,4, comme P(A)
d)PB(A)=Card(B)Card(A∩B)=82=0,25 ; oui, conditionner c'est restreindre la population, pas suivre le temps
a)
La grille compte 5×5=25 cases, dont 5 barrées sur la diagonale : il reste 20 issues, qui sont les couples de deux jetons DIFFÉRENTS. L'événement A occupe les colonnes 2 et 4, et chacune contient 4 cases non barrées : Card(A)=2×4=8, donc P(A)=208=0,4. On retrouve la réponse intuitive, deux jetons pairs sur cinq au premier tirage. Le produit cartésien des deux tirages, privé de sa diagonale, est ici l'univers Ω : c'est lui qui rend le tirage équiprobable et autorise à compter des cases.
b)
Si le premier jeton est pair, il reste dans le sac quatre jetons dont UN seul pair : PA(B)=41=0,25. Par les cardinaux : A∩B regroupe les couples (2;4) et (4;2), donc Card(A∩B)=2, et PA(B)=82=0,25. Les deux méthodes concordent, et c'est rassurant : raisonner sur le sac, c'est déjà se placer dans la population des couples dont le premier jeton est pair, c'est-à-dire les huit cases des colonnes 2 et 4. Pour comparaison, si le premier est impair, il reste deux pairs sur quatre, et PA(B)=42=0,5 : le premier tirage change bien les chances du second.
c)
B occupe les lignes 2 et 4, chacune avec 4 cases non barrées : Card(B)=8 et P(B)=208=0,4. Le résultat surprend souvent, car on s'attend à ce que le premier tirage ait « abîmé » le second. Mais tant qu'on ne SAIT pas ce qu'a donné le premier jeton, le second est un jeton pris au hasard parmi les cinq, exactement comme le premier : la grille est symétrique par rapport à sa diagonale. Ce que change le premier tirage, ce sont les probabilités CONDITIONNELLES du second, 0,25 ou 0,5 selon le cas, pas sa probabilité simple.
d)
La question a parfaitement un sens. Conditionner ne veut pas dire « se placer avant » : cela veut dire restreindre la population aux issues où la condition est réalisée. Ici on se restreint aux 8 cases de B, et parmi elles on compte celles de A : PB(A)=Card(B)Card(A∩B)=82=0,25. Concrètement, un ami a regardé le second jeton, vous dit qu'il est pair, et vous devez parier sur le premier : cette information réduit vos chances qu'il soit pair, de 0,4 à 0,25. L'élève qui refuse de calculer PB(A) « parce que B vient après » confond l'ordre des tirages et l'ordre de l'information ; c'est exactement la situation d'un test médical, où l'on connaît le résultat du test et où l'on s'interroge sur ce qui était là avant.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Sensibilité, spécificité, faux positifs et faux négatifs
Un laboratoire commercialise un test de dépistage rapide. Dans la population visée, 4% des personnes sont atteintes de la maladie. Le laboratoire annonce une SENSIBILITÉ de 90% et une SPÉCIFICITÉ de 92% : le test est positif chez 90% des malades, et négatif chez 92% des personnes non malades. L'arbre ci-dessous traduit ces données.
On choisit une personne au hasard dans la population. On note M l'événement « la personne est malade » et T l'événement « son test est positif ». Un FAUX POSITIF est une personne non malade dont le test est positif ; un FAUX NÉGATIF, une personne malade dont le test est négatif.
a) Écrivez la sensibilité et la spécificité sous forme de probabilités conditionnelles. Dans quelle population chacune se calcule-t-elle ?
b) Sur une population fictive de 10000 personnes, donnez le nombre de vrais positifs, de faux négatifs, de faux positifs et de vrais négatifs.
c) Combien de tests sont positifs ? Une personne a un test positif : calculez PT(M), arrondie au millième.
d) Calculez PT(M), arrondie au millième. Le slogan « un test fiable à 90% » répond-il à la question que se pose une personne testée positive ?
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Réponses
a)Sensibilité PM(T)=0,9, parmi les malades ; spécificité PM(T)=0,92, parmi les non-malades
d)PT(M)=88728832≈0,995 ; non, le slogan donne PM(T) alors que le patient positif veut PT(M)
a)
La sensibilité décrit ce que fait le test sur les MALADES : c'est PM(T)=0,9, calculée parmi les malades. La spécificité décrit ce qu'il fait sur les NON-MALADES : c'est PM(T)=0,92, calculée parmi les non-malades. Les deux sont des qualités du test, mesurées en laboratoire sur des personnes dont on connaît déjà l'état. Leurs compléments sont les taux d'erreur : PM(T)=0,1 est la proportion de faux négatifs parmi les malades, PM(T)=0,08 la proportion de faux positifs parmi les non-malades. Toutes ces probabilités sont écrites sur le deuxième niveau de l'arbre, sous les nœuds M et non M.
b)
Malades : 4% de 10000, soit 400 ; non-malades : 9600. Parmi les 400 malades, 90% sont positifs, soit 360 VRAIS POSITIFS, et 40 FAUX NÉGATIFS. Parmi les 9600 non-malades, 8% sont positifs, soit 768 FAUX POSITIFS, et 9600−768=8832 VRAIS NÉGATIFS. Contrôle : 360+40+768+8832=10000. La population fictive n'est pas une approximation : avec des pourcentages exacts, elle donne des effectifs entiers qui se manipulent sans erreur de lecture, et c'est la méthode du programme pour retourner un conditionnement.
c)
Tests positifs : 360+768=1128. La personne sait que son test est positif : on compte donc parmi les 1128 positifs, et l'on y cherche les malades. PT(M)=1128360≈0,319. Moins d'un positif sur trois est réellement malade ! La raison se lit dans le tableau : les faux positifs sont PLUS NOMBREUX que les vrais, 768 contre 360, parce qu'un petit taux d'erreur, 8%, s'applique à une grande population, 9600 personnes, alors qu'un grand taux de détection s'applique à une petite, 400 malades. Un test positif ne signifie pas « malade », il signifie « à confirmer ».
d)
Tests négatifs : 40+8832=8872. Parmi eux, les non-malades sont 8832, donc PT(M)=88728832≈0,995 : un test négatif rassure presque à coup sûr. Le slogan « fiable à 90% » parle de la sensibilité PM(T), qui compte parmi les malades. Or la personne testée positive ne sait pas si elle est malade : elle sait que son TEST est positif, et sa question est PT(M), qui compte parmi les positifs. Les deux nombres ont le même numérateur, les 360 vrais positifs, et des dénominateurs très différents, 400 et 1128. Confondre PM(T) et PT(M) fait passer de 0,9 à 0,319 : c'est l'erreur la plus répandue sur les tests, y compris hors de la classe.
Exercice 7 : Deux réglages d'un filtre anti-indésirables
Une messagerie reçoit 2000 courriels par mois, dont 40% sont des courriels indésirables. Son filtre propose deux réglages. Réglage SOUPLE : il bloque 85% des indésirables et, à tort, 1% des courriels légitimes. Réglage STRICT : il bloque 98% des indésirables et, à tort, 6% des courriels légitimes.
On choisit un courriel au hasard. On note I l'événement « le courriel est indésirable » et B l'événement « le filtre le bloque ». Le filtre joue le rôle d'un test dont le résultat « positif » est « bloqué ».
a) Pour chaque réglage, donnez la sensibilité PI(B) et la spécificité PI(B).
b) Pour chaque réglage, sur les 2000 courriels du mois, combien de courriels légitimes sont bloqués (faux positifs) et combien d'indésirables arrivent dans la boîte de réception (faux négatifs) ?
c) Pour chaque réglage, calculez PB(I), la proportion de courriels légitimes dans le dossier des bloqués. Arrondissez au millième.
d) Pour chaque réglage, calculez PB(I), la proportion d'indésirables dans la boîte de réception, au millième. Quel réglage conseiller pour la boîte d'une personne qui attend des réponses à ses candidatures ?
d)Souple : 1308120≈0,092 ; strict : 114416≈0,014 ; le réglage souple, qui perd le moins de courriels légitimes
a)
La sensibilité se calcule parmi les indésirables : c'est la proportion d'entre eux que le filtre bloque, PI(B)=0,85 en souple et 0,98 en strict. La spécificité se calcule parmi les légitimes : c'est la proportion qu'il laisse passer, PI(B)=1−0,01=0,99 en souple et 1−0,06=0,94 en strict. Le réglage strict gagne en sensibilité ce qu'il perd en spécificité : c'est le compromis de tout détecteur. Un seuil qui attrape plus de coupables accuse aussi plus d'innocents, et aucun réglage n'améliore les deux à la fois.
b)
Il y a 800 indésirables et 1200 légitimes. Réglage souple : légitimes bloqués, 1% de 1200, soit 12 ; indésirables non bloqués, 15% de 800, soit 120. Réglage strict : légitimes bloqués, 6% de 1200, soit 72 ; indésirables non bloqués, 2% de 800, soit 16. Le passage au strict divise les faux négatifs par plus de sept, 120 contre 16, mais multiplie les faux positifs par six, 12 contre 72. Chaque effectif est calculé dans SA population : les faux positifs parmi les légitimes, les faux négatifs parmi les indésirables.
c)
Dossier des bloqués, réglage souple : 680 indésirables (85% de 800) et 12 légitimes, soit 692 courriels. PB(I)=69212≈0,017. Réglage strict : 784 indésirables et 72 légitimes, soit 856 courriels, et PB(I)=85672≈0,084. Cette fois on compte parmi les BLOQUÉS, c'est-à-dire parmi ce que l'utilisateur voit en ouvrant le dossier. Ce nombre n'est ni PI(B), qui compte parmi les légitimes, ni P(I∩B), qui compte parmi tous les courriels : 120012 et 200012 donnent 0,01 et 0,006, trois questions différentes pour la même case.
d)
Boîte de réception, réglage souple : 120 indésirables et 1188 légitimes, soit 1308 courriels, et PB(I)=1308120≈0,092. Réglage strict : 16 indésirables et 1128 légitimes, soit 1144 courriels, et PB(I)=114416≈0,014. Le strict donne une boîte plus propre, mais il cache 72 courriels légitimes par mois au lieu de 12. Pour une personne qui attend la réponse d'un employeur, un courriel légitime bloqué coûte bien plus cher qu'un indésirable à supprimer : on conseille le réglage SOUPLE. Le choix ne se fait pas sur un seul nombre mais sur le coût de chaque type d'erreur, ce que ni la sensibilité ni la spécificité ne disent seules.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Elles reprennent les situations des exercices 3 à 6. Pour chacune, dites quelle probabilité a été confondue avec quelle autre, donnez la valeur correcte et écrivez l'énoncé juste.
Toutes ces erreurs ont la même source : on a compté dans la mauvaise population, ou dans aucune.
a) « Le test de l'exercice 6 a une sensibilité de 90%. Donc une personne dont le test est positif est malade avec une probabilité de 0,9. »
b) « Au poste de contrôle de l'exercice 4, 90% des pièces défectueuses sont rejetées. Donc 90% des pièces rejetées sont défectueuses. »
c) « Dans le jeu de l'exercice 3, la probabilité de gagner sachant que le dé a donné 1 ou 2 vaut 31×54=154. »
d) « Sur l'arbre de l'exercice 3, les deux branches qui mènent à G, l'une issue de S et l'autre de S, portent des probabilités de somme 1. »
e) « Dans le tirage de l'exercice 5, PB(A) n'a pas de sens : on ne peut pas conditionner le premier jeton par le second, qui est tiré après. »
Voir la correction
Réponses
a)Confusion de PM(T)=0,9 avec PT(M)≈0,319
b)Confusion de PD(R)=0,9 avec PR(D)≈0,652
c)154 est P(S∩G) ; la probabilité demandée est PS(G)=54=0,8
d)PS(G)+PS(G)=1,05 ; seules les branches issues d'un MÊME nœud ont une somme égale à 1
e)PB(A)=82=0,25 : conditionner, c'est restreindre la population, pas suivre l'ordre des tirages
a)
Faux : la sensibilité est PM(T), calculée parmi les MALADES. La personne testée positive a besoin de PT(M), calculée parmi les POSITIFS. Sur 10000 personnes, les 360 vrais positifs sont rapportés à 400 malades dans un cas, à 1128 positifs dans l'autre : PT(M)=1128360≈0,319. Énoncé juste : « parmi les malades, 90% ont un test positif ; parmi les personnes testées positives, environ 32% sont malades ». L'écart vient des 768 faux positifs, pris dans une population 24 fois plus nombreuse que celle des malades.
b)
Faux, et c'est la même inversion : 0,9 est PD(R), calculée parmi les pièces défectueuses, alors que l'affirmation parle de PR(D), calculée parmi les pièces rejetées. Sur une journée, les 276 pièces rejetées comprennent 180 défectueuses et 96 conformes, donc PR(D)=276180≈0,652. Énoncé juste : « le contrôle rejette 90% des pièces défectueuses, et environ 65% des pièces rejetées sont défectueuses ». Échanger le sujet et le complément d'une phrase en pourcentage échange la condition, donc la population.
c)
Faux : 31×54=154 est la probabilité du CHEMIN, P(S∩G), c'est-à-dire la probabilité d'obtenir 1 ou 2 ET de gagner, calculée parmi toutes les parties. « Sachant que le dé a donné 1 ou 2 » place dans l'urne U1, et la réponse est lue directement sur la branche : PS(G)=54=0,8. Le mot « sachant » supprime le premier facteur au lieu de l'ajouter, puisque la condition est acquise. Cette confusion entre P(S∩G) et PS(G) fait perdre la question entière.
d)
Faux : PS(G)+PS(G)=54+41=1,05. Ces deux nombres sont calculés dans deux urnes différentes, il n'y a aucune raison qu'ils se complètent. Énoncé juste : « les branches issues d'un MÊME nœud ont une somme égale à 1 », par exemple PS(G)+PS(G)=54+51=1, car dans l'urne U1 on gagne ou on perd. Cette règle est le contrôle le plus rapide d'un arbre, à condition de l'appliquer aux bonnes branches.
e)
Faux : PB(A) a un sens et se calcule. On se restreint aux 8 couples dont le second jeton est pair, et l'on compte ceux dont le premier l'est aussi, (2;4) et (4;2) : PB(A)=82=0,25. Énoncé juste : « la condition est une INFORMATION sur l'issue, pas un moment de l'expérience ». Le test médical le montre tous les jours : la maladie est là avant le test, et c'est pourtant en sachant le résultat du test qu'on calcule PT(M).
Exercice 9 : Problème : la correspondance manquée
Un voyageur fait un trajet en avion avec une correspondance. Une compagnie a établi, sur ses relevés, que le premier vol arrive en retard dans 15% des cas. Lorsqu'il est en retard, le voyageur manque sa correspondance dans 60% des cas ; lorsqu'il est à l'heure, il la manque quand même dans 2% des cas, pour d'autres raisons (changement de porte, contrôle de sécurité).
On choisit un voyageur au hasard. On note R l'événement « le premier vol est en retard » et C l'événement « le voyageur manque sa correspondance ».
a) Traduisez les données par des probabilités et construisez l'arbre pondéré qui commence par R et R.
b) Calculez P(R∩C) et P(R∩C).
c) Sur 1000 voyageurs fictifs, dressez le tableau d'effectifs croisant R et C. Combien manquent leur correspondance ? Déduisez-en P(C).
d) Un voyageur se présente au guichet : il a manqué sa correspondance. Quelle est la probabilité que son premier vol ait été en retard ? Arrondissez au millième.
e) La compagnie allonge le temps de correspondance, ce qui ramène PR(C) à 0,2 sans rien changer d'autre. Reprenez les questions c) et d).
« Le premier vol arrive en retard dans 15% des cas » ne pose aucune condition : P(R)=0,15 et P(R)=0,85. « Lorsqu'il est en retard, le voyageur manque sa correspondance dans 60% des cas » se compte parmi les vols en retard : PR(C)=0,6 et PR(C)=0,4. « Lorsqu'il est à l'heure ... 2% » se compte parmi les vols à l'heure : PR(C)=0,02 et PR(C)=0,98. Le mot « lorsque » est la traduction française de la barre du conditionnement : il annonce la population. L'arbre, avec les probabilités des quatre chemins, figure dans la correction.
b)
Règle du chemin, qui n'est que la définition réécrite : P(R∩C)=P(R)×PR(C)=0,15×0,6=0,09 et P(R∩C)=P(R)×PR(C)=0,85×0,02=0,017. Les deux autres chemins valent 0,15×0,4=0,06 et 0,85×0,98=0,833, et la somme des quatre vaut bien 1. On remarque que le chemin « à l'heure et correspondance manquée » est cinq fois moins probable que l'autre, alors que les vols à l'heure sont plus de cinq fois plus nombreux : c'est la petitesse du 2% qui l'emporte ici.
c)
Sur 1000 voyageurs : 150 premiers vols en retard, dont 60%, soit 90, font manquer la correspondance, et 60 non ; 850 vols à l'heure, dont 2%, soit 17, avec correspondance manquée, et 833 sans. Dans le tableau, la colonne « correspondance manquée » totalise 90+17=107 voyageurs, donc P(C)=1000107=0,107. On a obtenu P(C) en lisant un TOTAL du tableau d'effectifs, sans formule particulière : la population fictive fait le travail, et le tableau se contrôle par ses totaux, 107+893=1000.
d)
Le voyageur a manqué sa correspondance : on compte parmi les 107 voyageurs de la colonne C, et l'on y cherche ceux dont le premier vol était en retard, qui sont 90. PC(R)=10790≈0,841. Les deux phrases « 60% des retards font manquer la correspondance » et « 84% des correspondances manquées viennent d'un retard » sont vraies toutes les deux, et ne se contredisent pas : la première compte parmi les vols en retard, la seconde parmi les correspondances manquées. Le guichetier qui répond « c'est sûrement le retard » a raison dans plus de huit cas sur dix.
e)
Avec PR(C)=0,2 : parmi les 150 vols en retard, 30 seulement font manquer la correspondance ; les 17 voyageurs à l'heure qui la manquent ne changent pas. Total : 30+17=47 correspondances manquées au lieu de 107, et PC(R)=4730≈0,638. La mesure divise par plus de deux le nombre de voyageurs lésés, et du même coup le retard n'explique plus que 64% des correspondances manquées au lieu de 84% : les causes « autres » pèsent davantage, simplement parce que l'autre cause a reculé. PC(R) dépend de TOUTES les données de l'arbre, pas seulement de la branche qu'on a modifiée.
Exercice 10 : Problème : un dépistage en deux temps
Une maladie rare touche 1% d'une population. On la dépiste en deux temps. Tout le monde passe d'abord un test T1, peu coûteux, de sensibilité 98% et de spécificité 90%. Seules les personnes positives à T1 passent ensuite un second test T2, plus coûteux, qui est positif chez 85% des malades et chez 3% des non-malades parmi elles.
L'arbre ci-dessous résume la procédure ; les branches non T1 s'arrêtent, puisque ces personnes ne passent pas le second test. On raisonne sur une population fictive de 100000 personnes. On note M l'événement « la personne est malade ».
a) Premier test : combien y a-t-il de vrais positifs, de faux positifs, et de positifs au total ? Calculez la probabilité qu'une personne positive à T1 soit malade, au millième.
b) Second test, passé par les seuls positifs à T1 : combien de malades et combien de non-malades sont positifs aux DEUX tests ?
c) Une personne est positive aux deux tests. Quelle est la probabilité qu'elle soit malade ? Arrondissez au millième.
d) Combien de malades la procédure laisse-t-elle échapper, et quelle proportion des malades cela représente-t-il ? Comment appelle-t-on ces cas ?
b)833 malades et 297 non-malades positifs aux deux tests
c)1130833≈0,737
d)20+147=167 malades non détectés, soit 0,167 des malades : ce sont des faux négatifs
a)
Malades : 1% de 100000, soit 1000 ; non-malades : 99000. Parmi les malades, 98% sont positifs à T1 : 980 vrais positifs, et 20 faux négatifs. Parmi les non-malades, la spécificité de 90% laisse 10% de positifs : 9900 faux positifs. Positifs au total : 980+9900=10880. Parmi eux, la proportion de malades est 10880980≈0,090. Moins d'un positif sur dix est malade : sur une maladie rare, un test très sensible mais peu spécifique produit surtout des faux positifs. D'où l'idée du second test, qui ne sert pas à trouver les malades mais à trier les positifs.
b)
Le second test porte sur les 10880 positifs, et ses taux se lisent sur les branches issues des nœuds T1. Parmi les 980 malades positifs, 85% le sont à nouveau : 833. Parmi les 9900 non-malades positifs, 3% le sont à nouveau : 297. Attention à la population de chaque pourcentage : 85% s'applique aux MALADES positifs à T1, pas aux 10880 positifs, et 3% aux non-malades positifs, pas aux 99000 non-malades. Appliquer 3% à 99000 donnerait 2970 faux positifs, dix fois trop.
c)
Positifs aux deux tests : 833+297=1130. On compte parmi eux et l'on y cherche les malades : 1130833≈0,737. On passe de 0,090 après un test à 0,737 après deux : le second test a été appliqué à une population où la maladie n'est plus rare, puisque les malades y forment déjà 9% des personnes, et non plus 1%. C'est le même phénomène qu'au premier test, lu dans l'autre sens : la probabilité qu'un positif soit malade dépend autant de la proportion de malades dans la population testée que de la qualité du test.
d)
Les malades non détectés sont de deux sortes : les 20 négatifs à T1, puis, parmi les 980 positifs à T1, les 980−833=147 négatifs à T2. Au total 20+147=167 malades, soit 1000167=0,167 des malades : ce sont des FAUX NÉGATIFS de la procédure. La stratégie en deux temps a réduit les faux positifs de 9900 à 297, mais elle a fait passer la part des malades détectés de 98% à 1000833=83,3%. Chaque test ajouté élimine des faux positifs ET des vrais malades : c'est le prix de la confirmation, et c'est pourquoi on n'empile pas les tests sans réfléchir à ce que coûte chaque type d'erreur.
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