Maths Seconde, programme français • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : probabilités conditionnelles et arbres pondérés (Seconde)

Voici une série d'exercices corrigés sur les probabilités conditionnelles pour la classe de Seconde, programme français de 2026. Elle s'adresse aux élèves des lycées français, dont le Lycée Marie de France et le Collège Stanislas à Montréal, et à tout élève de Seconde qui découvre la notation PA(B)P_{A}(B).

Le fil de la série tient en une phrase : la barre du conditionnement dit dans quelle population on compte. PA(B)P_{A}(B) se lit « parmi les AA », et se calcule en divisant par l'effectif de AA ; PB(A)P_{B}(A) a le même numérateur et un autre dénominateur. Toutes les erreurs du chapitre, du test « fiable à 90 %90\ \% » à la somme de branches qui ne vaut pas 11, viennent d'un dénominateur pris dans la mauvaise population.

Conformément au programme, la formule des probabilités totales n'est jamais posée comme outil : pour retourner un conditionnement, on dresse un tableau d'effectifs sur une population fictive de mille ou de cent mille individus, puis on divise par le bon total. La loi des grands nombres et les premiers calculs de probabilités sont dans la série de probabilités de Seconde.

Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Mathématiques en Seconde
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (10 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Proportionnalité et pourcentagesCinquième
  2. 2Statistiques et probabilitésCinquième
  3. 3Proportionnalité, pourcentages et vitessesQuatrième
  4. 4Statistiques et probabilitésQuatrième
  5. 5Moyenne, médiane, quartiles et étendueTroisième
  6. 6Probabilités et arbres à deux épreuvesTroisième
  7. 7Pourcentages et évolutions
  8. 8Probabilités, modèle et loi des grands nombres
  9. 9Les statistiques descriptives
  10. 10Tableaux croisés et fréquences conditionnelles

Rappel de cours

  • • PROBABILITÉ CONDITIONNELLE : pour P(A)≠0P(A)\neq 0, PA(B)=P(A∩B)P(A)P_{A}(B)=\dfrac{P(A\cap B)}{P(A)}. Elle se lit « probabilité de BB sachant AA ».
  • • Dans une population où l'on tire un individu au hasard : P(A)=Card(A)Card(Ω)P(A)=\dfrac{\text{Card}(A)}{\text{Card}(\Omega)} et PA(B)=Card(A∩B)Card(A)P_{A}(B)=\dfrac{\text{Card}(A\cap B)}{\text{Card}(A)}.
  • • LA BARRE DIT OÙ L'ON COMPTE : ce qui est en indice désigne la population, ce qui est entre parenthèses désigne ce qu'on y cherche. « Parmi les AA » se traduit par l'indice AA.
  • • PA(B)P_{A}(B) et PB(A)P_{B}(A) ont le même numérateur, Card(A∩B)\text{Card}(A\cap B), et deux dénominateurs différents. En général elles ne sont PAS égales.
  • • PA(B)P_{A}(B) et P(A∩B)P(A\cap B) ne sont pas la même chose : la première compte parmi les AA, la seconde parmi tout Ω\Omega.
  • • ARBRE PONDÉRÉ : les branches issues de la racine portent des probabilités simples, les branches suivantes des probabilités CONDITIONNELLES, conditionnées par le nœud d'où elles partent.
  • • Les branches issues d'un MÊME nœud ont une somme égale à 11. Deux branches issues de nœuds différents n'ont aucune raison de se compléter.
  • • RÈGLE DU CHEMIN : P(A∩B)=P(A)×PA(B)P(A\cap B)=P(A)\times P_{A}(B). C'est la définition réécrite, et c'est une proportion de proportion.
  • • RETOURNER UN CONDITIONNEMENT : on construit un tableau d'effectifs sur une population fictive (1 0001\,000 ou 10 00010\,000 individus), puis on divise la bonne case par le total de la bonne ligne ou de la bonne colonne.
  • • TESTS : sensibilité PM(T)P_{M}(T), parmi les malades ; spécificité PM‾(T‾)P_{\overline{M}}(\overline{T}), parmi les non-malades. Faux positif : non malade testé positif. Faux négatif : malade testé négatif.
  • • Conditionner n'est pas suivre le temps : on peut calculer la probabilité d'un premier tirage sachant le second, ou celle d'une maladie sachant le résultat du test.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : La barre dit où l'on compte : des trains en retard

Une ligne ferroviaire a fait circuler 800800 trains le mois dernier. Chaque train est classé selon deux critères : il circule ou non à l'heure de pointe, il arrive ou non en retard. Le tableau d'effectifs ci-dessous résume le mois.

On choisit un train au hasard parmi les 800800, chaque train ayant la même chance d'être choisi. On note HH l'événement « le train circule à l'heure de pointe » et RR l'événement « le train arrive en retard ». Dans tout l'exercice, avant chaque division, écrivez PARMI QUI vous comptez.

PointeHors pointeTotalEn retard6056116À l'heure180504684Total240560800
  • a) Calculez P(H)P(H), P(R)P(R) et P(H∩R)P(H\cap R).
  • b) Calculez PH(R)P_{H}(R) et PH‾(R)P_{\overline{H}}(R), puis traduisez chacune par une phrase commençant par « parmi ».
  • c) Calculez PR(H)P_{R}(H), arrondie au millième, et traduisez-la par une phrase. Pourquoi n'est-ce pas le même nombre que PH(R)P_{H}(R) ?
  • d) Vérifiez que PH(R)=P(H∩R)P(H)P_{H}(R)=\dfrac{P(H\cap R)}{P(H)}, et expliquez pourquoi le quotient des probabilités donne le même résultat que le quotient des effectifs.

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Réponses

  • a) P(H)=0,3P(H)=0{,}3, P(R)=0,145P(R)=0{,}145, P(H∩R)=0,075P(H\cap R)=0{,}075
  • b) PH(R)=0,25P_{H}(R)=0{,}25 et PH‾(R)=0,1P_{\overline{H}}(R)=0{,}1
  • c) PR(H)=60116≈0,517P_{R}(H)=\dfrac{60}{116}\approx 0{,}517 : on compte parmi les 116116 trains en retard, pas parmi les 240240 trains de pointe
  • d) 0,0750,3=0,25\dfrac{0{,}075}{0{,}3}=0{,}25 ; les deux effectifs sont divisés par le même total 800800, qui se simplifie

a) Le tirage est équiprobable, donc chaque probabilité est un effectif divisé par le total : P(H)=240800=0,3P(H)=\dfrac{240}{800}=0{,}3, P(R)=116800=0,145P(R)=\dfrac{116}{800}=0{,}145 et P(H∩R)=60800=0,075P(H\cap R)=\dfrac{60}{800}=0{,}075. Ici on compte parmi TOUS les trains : c'est la population Ω\Omega entière, et le dénominateur est toujours 800800. L'intersection H∩RH\cap R se lit dans UNE case, celle où la ligne « en retard » croise la colonne « pointe » ; ce n'est pas un total de ligne ni de colonne.

b) PH(R)P_{H}(R) se lit « probabilité de RR sachant HH » : on sait que le train est de pointe, on ne compte donc plus que parmi les 240240 trains de pointe. PH(R)=Card(H∩R)Card(H)=60240=0,25P_{H}(R)=\dfrac{\text{Card}(H\cap R)}{\text{Card}(H)}=\dfrac{60}{240}=0{,}25 : parmi les trains de pointe, un sur quatre arrive en retard. De même PH‾(R)=56560=0,1P_{\overline{H}}(R)=\dfrac{56}{560}=0{,}1 : parmi les trains hors pointe, un sur dix est en retard. Le NUMÉRATEUR est une case du tableau, le DÉNOMINATEUR est le total de la colonne désignée par la condition. Retenez la lecture : ce qui est derrière la barre, en indice, désigne la population ; ce qui est entre parenthèses désigne ce qu'on y cherche.

c) Cette fois la condition est RR : on compte parmi les 116116 trains en retard. PR(H)=60116≈0,517P_{R}(H)=\dfrac{60}{116}\approx 0{,}517 : parmi les trains en retard, un peu plus de la moitié circulaient à l'heure de pointe. Le numérateur est le MÊME, 6060 trains qui sont à la fois de pointe et en retard ; seul le dénominateur change, 116116 au lieu de 240240. Les deux nombres répondent à deux questions différentes : PH(R)P_{H}(R) intéresse le voyageur de pointe (« mon train sera-t-il en retard ? »), PR(H)P_{R}(H) intéresse le gestionnaire qui analyse les retards (« d'où viennent-ils ? »). Les confondre revient à diviser par le mauvais total, et c'est l'erreur qui coûte le plus de points sur ce chapitre.

d) P(H∩R)P(H)=0,0750,3=0,25\dfrac{P(H\cap R)}{P(H)}=\dfrac{0{,}075}{0{,}3}=0{,}25, c'est bien PH(R)P_{H}(R). La raison est visible en revenant aux effectifs : P(H∩R)P(H)=60/800240/800\dfrac{P(H\cap R)}{P(H)}=\dfrac{60/800}{240/800}, et le total 800800 apparaît au numérateur et au dénominateur, donc il se simplifie : il reste 60240\dfrac{60}{240}. C'est pour cela que, dans une population où l'on tire au hasard, la définition générale PA(B)=P(A∩B)P(A)P_{A}(B)=\dfrac{P(A\cap B)}{P(A)} et la formule PA(B)=Card(A∩B)Card(A)P_{A}(B)=\dfrac{\text{Card}(A\cap B)}{\text{Card}(A)} donnent toujours le même nombre. La définition sert quand on ne connaît que des probabilités, la formule des cardinaux quand on dispose d'un tableau d'effectifs.

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Exercice 2 : Des phrases aux symboles : l'alarme d'un entrepôt

Un entrepôt est équipé d'une alarme anti-intrusion. Le relevé des nuits passées permet d'écrire les trois phrases suivantes.

(1) « L'alarme se déclenche en moyenne 2020 nuits sur 1 0001\,000. » (2) « 60 %60\ \% des déclenchements correspondent à une vraie intrusion. » (3) « Quatre intrusions sur cinq déclenchent l'alarme. »

On choisit une nuit au hasard. On note II l'événement « il y a une intrusion cette nuit-là » et DD l'événement « l'alarme se déclenche ». Chaque phrase est une probabilité, simple ou conditionnelle : tout le travail consiste à repérer dans quelle population elle compte.

  • a) Pour les phrases (1) et (2) : dans quelle population compte-t-on ? Écrivez chacune sous la forme P(…)P(\ldots) ou P…(…)P_{\ldots}(\ldots) et donnez sa valeur.
  • b) Même travail pour la phrase (3).
  • c) Calculez P(D∩I)P(D\cap I) en justifiant par la définition de la probabilité conditionnelle, puis déduisez-en P(I)P(I).
  • d) Sur 1 0001\,000 nuits fictives, combien d'intrusions ne déclenchent pas l'alarme ? Calculez PD‾(I)P_{\overline{D}}(I) et traduisez-la en français.

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Réponses

  • a) (1) toutes les nuits, P(D)=0,02P(D)=0{,}02 ; (2) parmi les nuits d'alarme, PD(I)=0,6P_{D}(I)=0{,}6
  • b) (3) parmi les nuits d'intrusion, PI(D)=0,8P_{I}(D)=0{,}8
  • c) P(D∩I)=0,02×0,6=0,012P(D\cap I)=0{,}02\times 0{,}6=0{,}012 puis P(I)=0,0120,8=0,015P(I)=\dfrac{0{,}012}{0{,}8}=0{,}015
  • d) 33 intrusions non détectées ; PD‾(I)=3980≈0,0031P_{\overline{D}}(I)=\dfrac{3}{980}\approx 0{,}0031

a) La phrase (1) ne pose aucune condition : on compte parmi TOUTES les nuits, et c'est P(D)=201 000=0,02P(D)=\dfrac{20}{1\,000}=0{,}02. La phrase (2) commence, sans le dire en toutes lettres, par « parmi les déclenchements » : la population est celle des nuits où l'alarme a sonné, et l'on y cherche les vraies intrusions. C'est donc PD(I)=0,6P_{D}(I)=0{,}6. Le mot qui trahit le conditionnement est le complément « des déclenchements » : un pourcentage « de » quelque chose se calcule parmi ce quelque chose. Écrire P(I)=0,6P(I)=0{,}6 serait absurde, cela voudrait dire qu'il y a une intrusion plus d'une nuit sur deux.

b) « Quatre intrusions sur cinq » : on compte parmi les nuits d'intrusion, et l'on y cherche les déclenchements. C'est PI(D)=45=0,8P_{I}(D)=\dfrac{4}{5}=0{,}8. Comparez avec (2) : les deux phrases parlent d'intrusions ET de déclenchements, mais la population est inversée. En (2) la condition est l'alarme, en (3) c'est l'intrusion. Un bon réflexe consiste à réécrire chaque phrase en commençant par « parmi les ... » : « parmi les intrusions, 80 %80\ \% déclenchent l'alarme » ; ce qui suit « parmi » passe en indice.

c) Par définition PD(I)=P(D∩I)P(D)P_{D}(I)=\dfrac{P(D\cap I)}{P(D)}, donc P(D∩I)=P(D)×PD(I)=0,02×0,6=0,012P(D\cap I)=P(D)\times P_{D}(I)=0{,}02\times 0{,}6=0{,}012. Sur 1 0001\,000 nuits, cela fait 1212 nuits avec intrusion ET alarme : 60 %60\ \% de 2020. On utilise ensuite l'autre écriture de la même intersection, PI(D)=P(D∩I)P(I)P_{I}(D)=\dfrac{P(D\cap I)}{P(I)}, d'où P(I)=P(D∩I)PI(D)=0,0120,8=0,015P(I)=\dfrac{P(D\cap I)}{P_{I}(D)}=\dfrac{0{,}012}{0{,}8}=0{,}015. Il y a donc une intrusion 1515 nuits sur 1 0001\,000. Vérification sur les effectifs : 80 %80\ \% de 1515 intrusions font bien 1212 nuits détectées. La même case D∩ID\cap I a servi deux fois, avec deux dénominateurs différents.

d) Sur 1 0001\,000 nuits : 1515 intrusions, dont 1212 détectées, donc 15−12=315-12=3 intrusions qui ne déclenchent PAS l'alarme. Les nuits sans alarme sont 1 000−20=9801\,000-20=980. Donc PD‾(I)=3980≈0,0031P_{\overline{D}}(I)=\dfrac{3}{980}\approx 0{,}0031. En français : « parmi les nuits où l'alarme reste silencieuse, environ trois sur mille connaissent pourtant une intrusion ». Ces trois nuits sont les FAUX NÉGATIFS de l'alarme ; les 20−12=820-12=8 nuits d'alarme sans intrusion sont ses FAUX POSITIFS, les fausses alertes. Ce tableau d'effectifs sur une population fictive de 1 0001\,000 nuits est la méthode du programme pour retourner un conditionnement : on remplit les cases, puis on divise par le bon total.

Exercice 3 : Lire et compléter un arbre pondéré : un jeu en deux épreuves

Un jeu se déroule en deux temps. On lance d'abord un dé équilibré à six faces. Si le dé donne 11 ou 22, on tire une boule dans l'urne U1U_{1}, qui contient 44 boules gagnantes et 11 perdante ; sinon, on tire dans l'urne U2U_{2}, qui contient 11 boule gagnante et 33 perdantes. Les boules sont indiscernables au toucher.

On note SS l'événement « le dé donne 11 ou 22 » et GG l'événement « la boule tirée est gagnante ». L'arbre ci-dessous a la bonne forme, mais aucune pondération n'est écrite.

S?G?non G?non S?G?non G?
  • a) Donnez les six pondérations de l'arbre. On demande ci-dessous P(S‾)P(\overline{S}), PS(G)P_{S}(G) et PS‾(G)P_{\overline{S}}(G).
  • b) Que représente exactement la pondération portée par la branche qui va de SS à GG ?
  • c) Calculez P(S∩G)P(S\cap G) et P(S‾∩G)P(\overline{S}\cap G), en justifiant la multiplication le long d'un chemin.
  • d) Vérifiez que les quatre chemins ont une somme égale à 11. Calculez ensuite PS(G)+PS‾(G)P_{S}(G)+P_{\overline{S}}(G) : pourquoi ne vaut-elle pas 11 ?

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Réponses

  • a) P(S)=13P(S)=\frac{1}{3}, P(S‾)=23P(\overline{S})=\frac{2}{3} ; PS(G)=45P_{S}(G)=\frac{4}{5}, PS(G‾)=15P_{S}(\overline{G})=\frac{1}{5} ; PS‾(G)=14P_{\overline{S}}(G)=\frac{1}{4}, PS‾(G‾)=34P_{\overline{S}}(\overline{G})=\frac{3}{4}
  • b) La probabilité de gagner SACHANT que le dé a donné 11 ou 22, c'est-à-dire PS(G)P_{S}(G)
  • c) P(S∩G)=13×45=415≈0,267P(S\cap G)=\frac{1}{3}\times\frac{4}{5}=\frac{4}{15}\approx 0{,}267 et P(S‾∩G)=23×14=16≈0,167P(\overline{S}\cap G)=\frac{2}{3}\times\frac{1}{4}=\frac{1}{6}\approx 0{,}167
  • d) 415+115+16+12=1\frac{4}{15}+\frac{1}{15}+\frac{1}{6}+\frac{1}{2}=1 ; PS(G)+PS‾(G)=1,05P_{S}(G)+P_{\overline{S}}(G)=1{,}05 : ces deux branches ne partent pas du même nœud

a) Premier niveau : le dé est équilibré et SS contient deux faces sur six, donc P(S)=26=13P(S)=\frac{2}{6}=\frac{1}{3} et P(S‾)=23P(\overline{S})=\frac{2}{3}. Deuxième niveau, branches issues de SS : on est alors DANS l'urne U1U_{1}, qui compte 55 boules dont 44 gagnantes, donc PS(G)=45P_{S}(G)=\frac{4}{5} et PS(G‾)=15P_{S}(\overline{G})=\frac{1}{5}. Branches issues de S‾\overline{S} : on est dans U2U_{2}, 44 boules dont 11 gagnante, donc PS‾(G)=14P_{\overline{S}}(G)=\frac{1}{4} et PS‾(G‾)=34P_{\overline{S}}(\overline{G})=\frac{3}{4}. Contrôle obligatoire : les branches qui partent d'un MÊME nœud ont une somme égale à 11, ici 13+23\frac{1}{3}+\frac{2}{3}, 45+15\frac{4}{5}+\frac{1}{5} et 14+34\frac{1}{4}+\frac{3}{4}.

b) La branche de SS vers GG porte 45\frac{4}{5}, et ce n'est PAS la probabilité de gagner au jeu : c'est la probabilité de gagner quand on sait déjà que le dé a donné 11 ou 22, autrement dit PS(G)P_{S}(G). Toute branche du deuxième niveau porte une probabilité conditionnelle, conditionnée par le nœud d'où elle part. C'est la règle de lecture d'un arbre : pour savoir parmi qui l'on compte, on remonte au nœud de départ de la branche. Seules les branches issues de la racine portent des probabilités simples.

c) Par définition, PS(G)=P(S∩G)P(S)P_{S}(G)=\dfrac{P(S\cap G)}{P(S)}, donc P(S∩G)=P(S)×PS(G)=13×45=415≈0,267P(S\cap G)=P(S)\times P_{S}(G)=\frac{1}{3}\times\frac{4}{5}=\frac{4}{15}\approx 0{,}267. C'est exactement le produit des pondérations rencontrées le long du chemin SS puis GG : la règle de multiplication n'est pas une recette de plus, c'est la définition réécrite. De même P(S‾∩G)=23×14=16≈0,167P(\overline{S}\cap G)=\frac{2}{3}\times\frac{1}{4}=\frac{1}{6}\approx 0{,}167. Lecture en fréquences, pour vérifier : sur 1515 parties, environ 55 passent par SS, et les quatre cinquièmes de ces 55, soit 44, sont gagnées, d'où 415\frac{4}{15}. On multiplie parce qu'on prend une proportion d'une proportion.

d) Les quatre chemins valent P(S∩G)=415P(S\cap G)=\frac{4}{15}, P(S∩G‾)=115P(S\cap\overline{G})=\frac{1}{15}, P(S‾∩G)=16P(\overline{S}\cap G)=\frac{1}{6} et P(S‾∩G‾)=23×34=12P(\overline{S}\cap\overline{G})=\frac{2}{3}\times\frac{3}{4}=\frac{1}{2}. Au dénominateur 3030 : 830+230+530+1530=1\frac{8}{30}+\frac{2}{30}+\frac{5}{30}+\frac{15}{30}=1, ce qui est normal puisque les quatre chemins décrivent toutes les parties possibles, sans recouvrement. En revanche PS(G)+PS‾(G)=45+14=1,05P_{S}(G)+P_{\overline{S}}(G)=\frac{4}{5}+\frac{1}{4}=1{,}05. Ces deux nombres sont calculés dans deux populations DIFFÉRENTES, l'urne U1U_{1} et l'urne U2U_{2} : additionner des proportions de deux groupes distincts n'a aucune raison de donner 11. Une somme égale à 11 ne s'attend qu'entre branches issues du même nœud.

Exercice 4 : Pourquoi on multiplie le long d'un chemin : le contrôle en sortie de chaîne

Une chaîne de production fabrique 5 0005\,000 pièces par jour, dont 4 %4\ \% sont défectueuses. En sortie de chaîne, un poste de contrôle automatique rejette 90 %90\ \% des pièces défectueuses, mais aussi, à tort, 2 %2\ \% des pièces conformes.

On prélève une pièce au hasard dans la production du jour. On note DD l'événement « la pièce est défectueuse » et RR l'événement « la pièce est rejetée par le contrôle ».

  • a) Construisez l'arbre pondéré qui commence par DD et D‾\overline{D}. On demande ci-dessous trois de ses pondérations.
  • b) Calculez P(D∩R)P(D\cap R) et justifiez la multiplication par la définition de PD(R)P_{D}(R).
  • c) Retrouvez ce résultat sur les effectifs de la journée : combien de pièces défectueuses, combien de pièces défectueuses rejetées ? Montrez que le produit de la question b) est une proportion de proportion.
  • d) Combien de pièces conformes sont rejetées à tort chaque jour ? Parmi les pièces rejetées, quelle proportion est réellement défectueuse ? Arrondissez au millième.

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Réponses

  • a) P(D)=0,04P(D)=0{,}04, P(D‾)=0,96P(\overline{D})=0{,}96 ; PD(R)=0,9P_{D}(R)=0{,}9, PD(R‾)=0,1P_{D}(\overline{R})=0{,}1 ; PD‾(R)=0,02P_{\overline{D}}(R)=0{,}02, PD‾(R‾)=0,98P_{\overline{D}}(\overline{R})=0{,}98
  • b) P(D∩R)=0,04×0,9=0,036P(D\cap R)=0{,}04\times 0{,}9=0{,}036
  • c) 200200 pièces défectueuses, dont 180180 rejetées ; 1805 000=2005 000×180200=0,036\frac{180}{5\,000}=\frac{200}{5\,000}\times\frac{180}{200}=0{,}036
  • d) 9696 pièces conformes rejetées ; PR(D)=180276≈0,652P_{R}(D)=\frac{180}{276}\approx 0{,}652

a) Premier niveau, l'état de la pièce : P(D)=0,04P(D)=0{,}04 et P(D‾)=0,96P(\overline{D})=0{,}96. Deuxième niveau, la décision du contrôle, qui DÉPEND de l'état de la pièce. « 90 %90\ \% des pièces défectueuses sont rejetées » se compte parmi les défectueuses : PD(R)=0,9P_{D}(R)=0{,}9, donc PD(R‾)=0,1P_{D}(\overline{R})=0{,}1. « 2 %2\ \% des pièces conformes sont rejetées » se compte parmi les conformes : PD‾(R)=0,02P_{\overline{D}}(R)=0{,}02, donc PD‾(R‾)=0,98P_{\overline{D}}(\overline{R})=0{,}98. L'arbre figure dans la correction. Le piège classique est d'écrire 0,020{,}02 sur la branche DD vers RR parce que c'est le deuxième pourcentage de l'énoncé : chaque nombre va sous le nœud de la population qu'il décrit.

b) Par définition PD(R)=P(D∩R)P(D)P_{D}(R)=\dfrac{P(D\cap R)}{P(D)}, donc P(D∩R)=P(D)×PD(R)=0,04×0,9=0,036P(D\cap R)=P(D)\times P_{D}(R)=0{,}04\times 0{,}9=0{,}036. C'est le produit des deux pondérations du chemin DD puis RR. La définition et la règle du chemin sont la même égalité, lue dans deux sens : la définition divise l'intersection par la probabilité de la condition, la règle du chemin multiplie la probabilité de la condition par la conditionnelle. Il n'y a rien d'autre à retenir.

c) Sur 5 0005\,000 pièces : 4 %4\ \% de 5 0005\,000 font 200200 pièces défectueuses, et 90 %90\ \% de ces 200200 font 180180 pièces défectueuses rejetées. Donc P(D∩R)=1805 000=0,036P(D\cap R)=\dfrac{180}{5\,000}=0{,}036, le même nombre qu'en b). On peut l'écrire 1805 000=2005 000×180200\dfrac{180}{5\,000}=\dfrac{200}{5\,000}\times\dfrac{180}{200} : le premier facteur est la proportion de défectueuses dans la production, le second la proportion de rejetées parmi les défectueuses. Multiplier le long d'un chemin, c'est exactement prendre un pourcentage d'un pourcentage : 90 %90\ \% de 4 %4\ \% font 3,6 %3{,}6\ \%. C'est une situation déjà rencontrée avec les proportions, la probabilité conditionnelle lui donne seulement un nom et une notation.

d) Pièces conformes : 5 000−200=4 8005\,000-200=4\,800, dont 2 %2\ \% rejetées, soit 9696 pièces rejetées à tort ; en probabilité, P(D‾∩R)=0,96×0,02=0,0192P(\overline{D}\cap R)=0{,}96\times 0{,}02=0{,}0192 et 0,0192×5 000=960{,}0192\times 5\,000=96. Au total 180+96=276180+96=276 pièces rejetées. Parmi elles, la proportion de défectueuses est PR(D)=180276≈0,652P_{R}(D)=\dfrac{180}{276}\approx 0{,}652. Le contrôle rejette donc 90 %90\ \% des défectueuses, mais seulement 65 %65\ \% environ des pièces rejetées sont défectueuses : les 9696 conformes rejetées pèsent lourd parce qu'elles sont prélevées dans une population 2424 fois plus nombreuse. Pour retourner le conditionnement, on n'a utilisé aucune formule nouvelle : on a compté sur une journée, puis divisé par le bon total, celui des rejetées.

D0,04R0,90,036non R0,10,004non D0,96R0,020,0192non R0,980,9408

Exercice 5 : Conditionner par ce qui vient après : deux jetons sans remise

Un sac contient cinq jetons numérotés de 11 à 55. On tire au hasard un premier jeton, on le garde, puis on tire un second jeton parmi les quatre restants. Une issue est un couple (premier jeton, second jeton), et tous les couples possibles ont la même probabilité.

La grille ci-dessous range les couples : colonne = premier jeton, ligne = second jeton ; les cases barrées sont impossibles, puisqu'on ne tire pas deux fois le même jeton. On note AA l'événement « le premier jeton est pair » et BB l'événement « le second jeton est pair ».

1234512345×××××premier jetonsecondjeton
  • a) Combien y a-t-il d'issues ? Calculez Card(A)\text{Card}(A) et P(A)P(A).
  • b) Calculez PA(B)P_{A}(B) en raisonnant sur le contenu du sac, puis retrouvez-la par Card(A∩B)Card(A)\dfrac{\text{Card}(A\cap B)}{\text{Card}(A)}.
  • c) Calculez P(B)P(B) en comptant les cases de la grille. Le résultat vous surprend-il ?
  • d) Calculez PB(A)P_{B}(A) : sachant que le second jeton est pair, quelle est la probabilité que le premier l'ait été ? Cette question a-t-elle un sens ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 2020 issues ; Card(A)=8\text{Card}(A)=8 et P(A)=0,4P(A)=0{,}4
  • b) PA(B)=14=28=0,25P_{A}(B)=\frac{1}{4}=\frac{2}{8}=0{,}25
  • c) Card(B)=8\text{Card}(B)=8, donc P(B)=0,4P(B)=0{,}4, comme P(A)P(A)
  • d) PB(A)=Card(A∩B)Card(B)=28=0,25P_{B}(A)=\frac{\text{Card}(A\cap B)}{\text{Card}(B)}=\frac{2}{8}=0{,}25 ; oui, conditionner c'est restreindre la population, pas suivre le temps

a) La grille compte 5×5=255\times 5=25 cases, dont 55 barrées sur la diagonale : il reste 2020 issues, qui sont les couples de deux jetons DIFFÉRENTS. L'événement AA occupe les colonnes 22 et 44, et chacune contient 44 cases non barrées : Card(A)=2×4=8\text{Card}(A)=2\times 4=8, donc P(A)=820=0,4P(A)=\dfrac{8}{20}=0{,}4. On retrouve la réponse intuitive, deux jetons pairs sur cinq au premier tirage. Le produit cartésien des deux tirages, privé de sa diagonale, est ici l'univers Ω\Omega : c'est lui qui rend le tirage équiprobable et autorise à compter des cases.

b) Si le premier jeton est pair, il reste dans le sac quatre jetons dont UN seul pair : PA(B)=14=0,25P_{A}(B)=\frac{1}{4}=0{,}25. Par les cardinaux : A∩BA\cap B regroupe les couples (2 ;4)(2\,;4) et (4 ;2)(4\,;2), donc Card(A∩B)=2\text{Card}(A\cap B)=2, et PA(B)=28=0,25P_{A}(B)=\dfrac{2}{8}=0{,}25. Les deux méthodes concordent, et c'est rassurant : raisonner sur le sac, c'est déjà se placer dans la population des couples dont le premier jeton est pair, c'est-à-dire les huit cases des colonnes 22 et 44. Pour comparaison, si le premier est impair, il reste deux pairs sur quatre, et PA‾(B)=24=0,5P_{\overline{A}}(B)=\frac{2}{4}=0{,}5 : le premier tirage change bien les chances du second.

c) BB occupe les lignes 22 et 44, chacune avec 44 cases non barrées : Card(B)=8\text{Card}(B)=8 et P(B)=820=0,4P(B)=\dfrac{8}{20}=0{,}4. Le résultat surprend souvent, car on s'attend à ce que le premier tirage ait « abîmé » le second. Mais tant qu'on ne SAIT pas ce qu'a donné le premier jeton, le second est un jeton pris au hasard parmi les cinq, exactement comme le premier : la grille est symétrique par rapport à sa diagonale. Ce que change le premier tirage, ce sont les probabilités CONDITIONNELLES du second, 0,250{,}25 ou 0,50{,}5 selon le cas, pas sa probabilité simple.

d) La question a parfaitement un sens. Conditionner ne veut pas dire « se placer avant » : cela veut dire restreindre la population aux issues où la condition est réalisée. Ici on se restreint aux 88 cases de BB, et parmi elles on compte celles de AA : PB(A)=Card(A∩B)Card(B)=28=0,25P_{B}(A)=\dfrac{\text{Card}(A\cap B)}{\text{Card}(B)}=\dfrac{2}{8}=0{,}25. Concrètement, un ami a regardé le second jeton, vous dit qu'il est pair, et vous devez parier sur le premier : cette information réduit vos chances qu'il soit pair, de 0,40{,}4 à 0,250{,}25. L'élève qui refuse de calculer PB(A)P_{B}(A) « parce que BB vient après » confond l'ordre des tirages et l'ordre de l'information ; c'est exactement la situation d'un test médical, où l'on connaît le résultat du test et où l'on s'interroge sur ce qui était là avant.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Sensibilité, spécificité, faux positifs et faux négatifs

Un laboratoire commercialise un test de dépistage rapide. Dans la population visée, 4 %4\ \% des personnes sont atteintes de la maladie. Le laboratoire annonce une SENSIBILITÉ de 90 %90\ \% et une SPÉCIFICITÉ de 92 %92\ \% : le test est positif chez 90 %90\ \% des malades, et négatif chez 92 %92\ \% des personnes non malades. L'arbre ci-dessous traduit ces données.

On choisit une personne au hasard dans la population. On note MM l'événement « la personne est malade » et TT l'événement « son test est positif ». Un FAUX POSITIF est une personne non malade dont le test est positif ; un FAUX NÉGATIF, une personne malade dont le test est négatif.

M0,04T0,9non T0,1non M0,96T0,08non T0,92
  • a) Écrivez la sensibilité et la spécificité sous forme de probabilités conditionnelles. Dans quelle population chacune se calcule-t-elle ?
  • b) Sur une population fictive de 10 00010\,000 personnes, donnez le nombre de vrais positifs, de faux négatifs, de faux positifs et de vrais négatifs.
  • c) Combien de tests sont positifs ? Une personne a un test positif : calculez PT(M)P_{T}(M), arrondie au millième.
  • d) Calculez PT‾(M‾)P_{\overline{T}}(\overline{M}), arrondie au millième. Le slogan « un test fiable à 90 %90\ \% » répond-il à la question que se pose une personne testée positive ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Sensibilité PM(T)=0,9P_{M}(T)=0{,}9, parmi les malades ; spécificité PM‾(T‾)=0,92P_{\overline{M}}(\overline{T})=0{,}92, parmi les non-malades
  • b) 360360 vrais positifs, 4040 faux négatifs, 768768 faux positifs, 8 8328\,832 vrais négatifs
  • c) 1 1281\,128 tests positifs ; PT(M)=3601 128≈0,319P_{T}(M)=\frac{360}{1\,128}\approx 0{,}319
  • d) PT‾(M‾)=8 8328 872≈0,995P_{\overline{T}}(\overline{M})=\frac{8\,832}{8\,872}\approx 0{,}995 ; non, le slogan donne PM(T)P_{M}(T) alors que le patient positif veut PT(M)P_{T}(M)

a) La sensibilité décrit ce que fait le test sur les MALADES : c'est PM(T)=0,9P_{M}(T)=0{,}9, calculée parmi les malades. La spécificité décrit ce qu'il fait sur les NON-MALADES : c'est PM‾(T‾)=0,92P_{\overline{M}}(\overline{T})=0{,}92, calculée parmi les non-malades. Les deux sont des qualités du test, mesurées en laboratoire sur des personnes dont on connaît déjà l'état. Leurs compléments sont les taux d'erreur : PM(T‾)=0,1P_{M}(\overline{T})=0{,}1 est la proportion de faux négatifs parmi les malades, PM‾(T)=0,08P_{\overline{M}}(T)=0{,}08 la proportion de faux positifs parmi les non-malades. Toutes ces probabilités sont écrites sur le deuxième niveau de l'arbre, sous les nœuds MM et non MM.

b) Malades : 4 %4\ \% de 10 00010\,000, soit 400400 ; non-malades : 9 6009\,600. Parmi les 400400 malades, 90 %90\ \% sont positifs, soit 360360 VRAIS POSITIFS, et 4040 FAUX NÉGATIFS. Parmi les 9 6009\,600 non-malades, 8 %8\ \% sont positifs, soit 768768 FAUX POSITIFS, et 9 600−768=8 8329\,600-768=8\,832 VRAIS NÉGATIFS. Contrôle : 360+40+768+8 832=10 000360+40+768+8\,832=10\,000. La population fictive n'est pas une approximation : avec des pourcentages exacts, elle donne des effectifs entiers qui se manipulent sans erreur de lecture, et c'est la méthode du programme pour retourner un conditionnement.

c) Tests positifs : 360+768=1 128360+768=1\,128. La personne sait que son test est positif : on compte donc parmi les 1 1281\,128 positifs, et l'on y cherche les malades. PT(M)=3601 128≈0,319P_{T}(M)=\dfrac{360}{1\,128}\approx 0{,}319. Moins d'un positif sur trois est réellement malade ! La raison se lit dans le tableau : les faux positifs sont PLUS NOMBREUX que les vrais, 768768 contre 360360, parce qu'un petit taux d'erreur, 8 %8\ \%, s'applique à une grande population, 9 6009\,600 personnes, alors qu'un grand taux de détection s'applique à une petite, 400400 malades. Un test positif ne signifie pas « malade », il signifie « à confirmer ».

d) Tests négatifs : 40+8 832=8 87240+8\,832=8\,872. Parmi eux, les non-malades sont 8 8328\,832, donc PT‾(M‾)=8 8328 872≈0,995P_{\overline{T}}(\overline{M})=\dfrac{8\,832}{8\,872}\approx 0{,}995 : un test négatif rassure presque à coup sûr. Le slogan « fiable à 90 %90\ \% » parle de la sensibilité PM(T)P_{M}(T), qui compte parmi les malades. Or la personne testée positive ne sait pas si elle est malade : elle sait que son TEST est positif, et sa question est PT(M)P_{T}(M), qui compte parmi les positifs. Les deux nombres ont le même numérateur, les 360360 vrais positifs, et des dénominateurs très différents, 400400 et 1 1281\,128. Confondre PM(T)P_{M}(T) et PT(M)P_{T}(M) fait passer de 0,90{,}9 à 0,3190{,}319 : c'est l'erreur la plus répandue sur les tests, y compris hors de la classe.

Exercice 7 : Deux réglages d'un filtre anti-indésirables

Une messagerie reçoit 2 0002\,000 courriels par mois, dont 40 %40\ \% sont des courriels indésirables. Son filtre propose deux réglages. Réglage SOUPLE : il bloque 85 %85\ \% des indésirables et, à tort, 1 %1\ \% des courriels légitimes. Réglage STRICT : il bloque 98 %98\ \% des indésirables et, à tort, 6 %6\ \% des courriels légitimes.

On choisit un courriel au hasard. On note II l'événement « le courriel est indésirable » et BB l'événement « le filtre le bloque ». Le filtre joue le rôle d'un test dont le résultat « positif » est « bloqué ».

  • a) Pour chaque réglage, donnez la sensibilité PI(B)P_{I}(B) et la spécificité PI‾(B‾)P_{\overline{I}}(\overline{B}).
  • b) Pour chaque réglage, sur les 2 0002\,000 courriels du mois, combien de courriels légitimes sont bloqués (faux positifs) et combien d'indésirables arrivent dans la boîte de réception (faux négatifs) ?
  • c) Pour chaque réglage, calculez PB(I‾)P_{B}(\overline{I}), la proportion de courriels légitimes dans le dossier des bloqués. Arrondissez au millième.
  • d) Pour chaque réglage, calculez PB‾(I)P_{\overline{B}}(I), la proportion d'indésirables dans la boîte de réception, au millième. Quel réglage conseiller pour la boîte d'une personne qui attend des réponses à ses candidatures ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Souple : 0,850{,}85 et 0,990{,}99 ; strict : 0,980{,}98 et 0,940{,}94
  • b) Souple : 1212 faux positifs, 120120 faux négatifs ; strict : 7272 faux positifs, 1616 faux négatifs
  • c) Souple : 12692≈0,017\frac{12}{692}\approx 0{,}017 ; strict : 72856≈0,084\frac{72}{856}\approx 0{,}084
  • d) Souple : 1201 308≈0,092\frac{120}{1\,308}\approx 0{,}092 ; strict : 161 144≈0,014\frac{16}{1\,144}\approx 0{,}014 ; le réglage souple, qui perd le moins de courriels légitimes

a) La sensibilité se calcule parmi les indésirables : c'est la proportion d'entre eux que le filtre bloque, PI(B)=0,85P_{I}(B)=0{,}85 en souple et 0,980{,}98 en strict. La spécificité se calcule parmi les légitimes : c'est la proportion qu'il laisse passer, PI‾(B‾)=1−0,01=0,99P_{\overline{I}}(\overline{B})=1-0{,}01=0{,}99 en souple et 1−0,06=0,941-0{,}06=0{,}94 en strict. Le réglage strict gagne en sensibilité ce qu'il perd en spécificité : c'est le compromis de tout détecteur. Un seuil qui attrape plus de coupables accuse aussi plus d'innocents, et aucun réglage n'améliore les deux à la fois.

b) Il y a 800800 indésirables et 1 2001\,200 légitimes. Réglage souple : légitimes bloqués, 1 %1\ \% de 1 2001\,200, soit 1212 ; indésirables non bloqués, 15 %15\ \% de 800800, soit 120120. Réglage strict : légitimes bloqués, 6 %6\ \% de 1 2001\,200, soit 7272 ; indésirables non bloqués, 2 %2\ \% de 800800, soit 1616. Le passage au strict divise les faux négatifs par plus de sept, 120120 contre 1616, mais multiplie les faux positifs par six, 1212 contre 7272. Chaque effectif est calculé dans SA population : les faux positifs parmi les légitimes, les faux négatifs parmi les indésirables.

c) Dossier des bloqués, réglage souple : 680680 indésirables (85 %85\ \% de 800800) et 1212 légitimes, soit 692692 courriels. PB(I‾)=12692≈0,017P_{B}(\overline{I})=\dfrac{12}{692}\approx 0{,}017. Réglage strict : 784784 indésirables et 7272 légitimes, soit 856856 courriels, et PB(I‾)=72856≈0,084P_{B}(\overline{I})=\dfrac{72}{856}\approx 0{,}084. Cette fois on compte parmi les BLOQUÉS, c'est-à-dire parmi ce que l'utilisateur voit en ouvrant le dossier. Ce nombre n'est ni PI‾(B)P_{\overline{I}}(B), qui compte parmi les légitimes, ni P(I‾∩B)P(\overline{I}\cap B), qui compte parmi tous les courriels : 121 200\frac{12}{1\,200} et 122 000\frac{12}{2\,000} donnent 0,010{,}01 et 0,0060{,}006, trois questions différentes pour la même case.

d) Boîte de réception, réglage souple : 120120 indésirables et 1 1881\,188 légitimes, soit 1 3081\,308 courriels, et PB‾(I)=1201 308≈0,092P_{\overline{B}}(I)=\dfrac{120}{1\,308}\approx 0{,}092. Réglage strict : 1616 indésirables et 1 1281\,128 légitimes, soit 1 1441\,144 courriels, et PB‾(I)=161 144≈0,014P_{\overline{B}}(I)=\dfrac{16}{1\,144}\approx 0{,}014. Le strict donne une boîte plus propre, mais il cache 7272 courriels légitimes par mois au lieu de 1212. Pour une personne qui attend la réponse d'un employeur, un courriel légitime bloqué coûte bien plus cher qu'un indésirable à supprimer : on conseille le réglage SOUPLE. Le choix ne se fait pas sur un seul nombre mais sur le coût de chaque type d'erreur, ce que ni la sensibilité ni la spécificité ne disent seules.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Elles reprennent les situations des exercices 3 à 6. Pour chacune, dites quelle probabilité a été confondue avec quelle autre, donnez la valeur correcte et écrivez l'énoncé juste.

Toutes ces erreurs ont la même source : on a compté dans la mauvaise population, ou dans aucune.

  • a) « Le test de l'exercice 6 a une sensibilité de 90 %90\ \%. Donc une personne dont le test est positif est malade avec une probabilité de 0,90{,}9. »
  • b) « Au poste de contrôle de l'exercice 4, 90 %90\ \% des pièces défectueuses sont rejetées. Donc 90 %90\ \% des pièces rejetées sont défectueuses. »
  • c) « Dans le jeu de l'exercice 3, la probabilité de gagner sachant que le dé a donné 11 ou 22 vaut 13×45=415\frac{1}{3}\times\frac{4}{5}=\frac{4}{15}. »
  • d) « Sur l'arbre de l'exercice 3, les deux branches qui mènent à GG, l'une issue de SS et l'autre de S‾\overline{S}, portent des probabilités de somme 11. »
  • e) « Dans le tirage de l'exercice 5, PB(A)P_{B}(A) n'a pas de sens : on ne peut pas conditionner le premier jeton par le second, qui est tiré après. »

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Confusion de PM(T)=0,9P_{M}(T)=0{,}9 avec PT(M)≈0,319P_{T}(M)\approx 0{,}319
  • b) Confusion de PD(R)=0,9P_{D}(R)=0{,}9 avec PR(D)≈0,652P_{R}(D)\approx 0{,}652
  • c) 415\frac{4}{15} est P(S∩G)P(S\cap G) ; la probabilité demandée est PS(G)=45=0,8P_{S}(G)=\frac{4}{5}=0{,}8
  • d) PS(G)+PS‾(G)=1,05P_{S}(G)+P_{\overline{S}}(G)=1{,}05 ; seules les branches issues d'un MÊME nœud ont une somme égale à 11
  • e) PB(A)=28=0,25P_{B}(A)=\frac{2}{8}=0{,}25 : conditionner, c'est restreindre la population, pas suivre l'ordre des tirages

a) Faux : la sensibilité est PM(T)P_{M}(T), calculée parmi les MALADES. La personne testée positive a besoin de PT(M)P_{T}(M), calculée parmi les POSITIFS. Sur 10 00010\,000 personnes, les 360360 vrais positifs sont rapportés à 400400 malades dans un cas, à 1 1281\,128 positifs dans l'autre : PT(M)=3601 128≈0,319P_{T}(M)=\frac{360}{1\,128}\approx 0{,}319. Énoncé juste : « parmi les malades, 90 %90\ \% ont un test positif ; parmi les personnes testées positives, environ 32 %32\ \% sont malades ». L'écart vient des 768768 faux positifs, pris dans une population 2424 fois plus nombreuse que celle des malades.

b) Faux, et c'est la même inversion : 0,90{,}9 est PD(R)P_{D}(R), calculée parmi les pièces défectueuses, alors que l'affirmation parle de PR(D)P_{R}(D), calculée parmi les pièces rejetées. Sur une journée, les 276276 pièces rejetées comprennent 180180 défectueuses et 9696 conformes, donc PR(D)=180276≈0,652P_{R}(D)=\frac{180}{276}\approx 0{,}652. Énoncé juste : « le contrôle rejette 90 %90\ \% des pièces défectueuses, et environ 65 %65\ \% des pièces rejetées sont défectueuses ». Échanger le sujet et le complément d'une phrase en pourcentage échange la condition, donc la population.

c) Faux : 13×45=415\frac{1}{3}\times\frac{4}{5}=\frac{4}{15} est la probabilité du CHEMIN, P(S∩G)P(S\cap G), c'est-à-dire la probabilité d'obtenir 11 ou 22 ET de gagner, calculée parmi toutes les parties. « Sachant que le dé a donné 11 ou 22 » place dans l'urne U1U_{1}, et la réponse est lue directement sur la branche : PS(G)=45=0,8P_{S}(G)=\frac{4}{5}=0{,}8. Le mot « sachant » supprime le premier facteur au lieu de l'ajouter, puisque la condition est acquise. Cette confusion entre P(S∩G)P(S\cap G) et PS(G)P_{S}(G) fait perdre la question entière.

d) Faux : PS(G)+PS‾(G)=45+14=1,05P_{S}(G)+P_{\overline{S}}(G)=\frac{4}{5}+\frac{1}{4}=1{,}05. Ces deux nombres sont calculés dans deux urnes différentes, il n'y a aucune raison qu'ils se complètent. Énoncé juste : « les branches issues d'un MÊME nœud ont une somme égale à 11 », par exemple PS(G)+PS(G‾)=45+15=1P_{S}(G)+P_{S}(\overline{G})=\frac{4}{5}+\frac{1}{5}=1, car dans l'urne U1U_{1} on gagne ou on perd. Cette règle est le contrôle le plus rapide d'un arbre, à condition de l'appliquer aux bonnes branches.

e) Faux : PB(A)P_{B}(A) a un sens et se calcule. On se restreint aux 88 couples dont le second jeton est pair, et l'on compte ceux dont le premier l'est aussi, (2 ;4)(2\,;4) et (4 ;2)(4\,;2) : PB(A)=28=0,25P_{B}(A)=\frac{2}{8}=0{,}25. Énoncé juste : « la condition est une INFORMATION sur l'issue, pas un moment de l'expérience ». Le test médical le montre tous les jours : la maladie est là avant le test, et c'est pourtant en sachant le résultat du test qu'on calcule PT(M)P_{T}(M).

Exercice 9 : Problème : la correspondance manquée

Un voyageur fait un trajet en avion avec une correspondance. Une compagnie a établi, sur ses relevés, que le premier vol arrive en retard dans 15 %15\ \% des cas. Lorsqu'il est en retard, le voyageur manque sa correspondance dans 60 %60\ \% des cas ; lorsqu'il est à l'heure, il la manque quand même dans 2 %2\ \% des cas, pour d'autres raisons (changement de porte, contrôle de sécurité).

On choisit un voyageur au hasard. On note RR l'événement « le premier vol est en retard » et CC l'événement « le voyageur manque sa correspondance ».

  • a) Traduisez les données par des probabilités et construisez l'arbre pondéré qui commence par RR et R‾\overline{R}.
  • b) Calculez P(R∩C)P(R\cap C) et P(R‾∩C)P(\overline{R}\cap C).
  • c) Sur 1 0001\,000 voyageurs fictifs, dressez le tableau d'effectifs croisant RR et CC. Combien manquent leur correspondance ? Déduisez-en P(C)P(C).
  • d) Un voyageur se présente au guichet : il a manqué sa correspondance. Quelle est la probabilité que son premier vol ait été en retard ? Arrondissez au millième.
  • e) La compagnie allonge le temps de correspondance, ce qui ramène PR(C)P_{R}(C) à 0,20{,}2 sans rien changer d'autre. Reprenez les questions c) et d).

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) P(R)=0,15P(R)=0{,}15, PR(C)=0,6P_{R}(C)=0{,}6, PR(C‾)=0,4P_{R}(\overline{C})=0{,}4 ; P(R‾)=0,85P(\overline{R})=0{,}85, PR‾(C)=0,02P_{\overline{R}}(C)=0{,}02, PR‾(C‾)=0,98P_{\overline{R}}(\overline{C})=0{,}98
  • b) P(R∩C)=0,09P(R\cap C)=0{,}09 et P(R‾∩C)=0,017P(\overline{R}\cap C)=0{,}017
  • c) 90+17=10790+17=107 correspondances manquées sur 1 0001\,000, donc P(C)=0,107P(C)=0{,}107
  • d) PC(R)=90107≈0,841P_{C}(R)=\frac{90}{107}\approx 0{,}841
  • e) 30+17=4730+17=47 correspondances manquées ; PC(R)=3047≈0,638P_{C}(R)=\frac{30}{47}\approx 0{,}638

a) « Le premier vol arrive en retard dans 15 %15\ \% des cas » ne pose aucune condition : P(R)=0,15P(R)=0{,}15 et P(R‾)=0,85P(\overline{R})=0{,}85. « Lorsqu'il est en retard, le voyageur manque sa correspondance dans 60 %60\ \% des cas » se compte parmi les vols en retard : PR(C)=0,6P_{R}(C)=0{,}6 et PR(C‾)=0,4P_{R}(\overline{C})=0{,}4. « Lorsqu'il est à l'heure ... 2 %2\ \% » se compte parmi les vols à l'heure : PR‾(C)=0,02P_{\overline{R}}(C)=0{,}02 et PR‾(C‾)=0,98P_{\overline{R}}(\overline{C})=0{,}98. Le mot « lorsque » est la traduction française de la barre du conditionnement : il annonce la population. L'arbre, avec les probabilités des quatre chemins, figure dans la correction.

b) Règle du chemin, qui n'est que la définition réécrite : P(R∩C)=P(R)×PR(C)=0,15×0,6=0,09P(R\cap C)=P(R)\times P_{R}(C)=0{,}15\times 0{,}6=0{,}09 et P(R‾∩C)=P(R‾)×PR‾(C)=0,85×0,02=0,017P(\overline{R}\cap C)=P(\overline{R})\times P_{\overline{R}}(C)=0{,}85\times 0{,}02=0{,}017. Les deux autres chemins valent 0,15×0,4=0,060{,}15\times 0{,}4=0{,}06 et 0,85×0,98=0,8330{,}85\times 0{,}98=0{,}833, et la somme des quatre vaut bien 11. On remarque que le chemin « à l'heure et correspondance manquée » est cinq fois moins probable que l'autre, alors que les vols à l'heure sont plus de cinq fois plus nombreux : c'est la petitesse du 2 %2\ \% qui l'emporte ici.

c) Sur 1 0001\,000 voyageurs : 150150 premiers vols en retard, dont 60 %60\ \%, soit 9090, font manquer la correspondance, et 6060 non ; 850850 vols à l'heure, dont 2 %2\ \%, soit 1717, avec correspondance manquée, et 833833 sans. Dans le tableau, la colonne « correspondance manquée » totalise 90+17=10790+17=107 voyageurs, donc P(C)=1071 000=0,107P(C)=\dfrac{107}{1\,000}=0{,}107. On a obtenu P(C)P(C) en lisant un TOTAL du tableau d'effectifs, sans formule particulière : la population fictive fait le travail, et le tableau se contrôle par ses totaux, 107+893=1 000107+893=1\,000.

d) Le voyageur a manqué sa correspondance : on compte parmi les 107107 voyageurs de la colonne CC, et l'on y cherche ceux dont le premier vol était en retard, qui sont 9090. PC(R)=90107≈0,841P_{C}(R)=\dfrac{90}{107}\approx 0{,}841. Les deux phrases « 60 %60\ \% des retards font manquer la correspondance » et « 84 %84\ \% des correspondances manquées viennent d'un retard » sont vraies toutes les deux, et ne se contredisent pas : la première compte parmi les vols en retard, la seconde parmi les correspondances manquées. Le guichetier qui répond « c'est sûrement le retard » a raison dans plus de huit cas sur dix.

e) Avec PR(C)=0,2P_{R}(C)=0{,}2 : parmi les 150150 vols en retard, 3030 seulement font manquer la correspondance ; les 1717 voyageurs à l'heure qui la manquent ne changent pas. Total : 30+17=4730+17=47 correspondances manquées au lieu de 107107, et PC(R)=3047≈0,638P_{C}(R)=\dfrac{30}{47}\approx 0{,}638. La mesure divise par plus de deux le nombre de voyageurs lésés, et du même coup le retard n'explique plus que 64 %64\ \% des correspondances manquées au lieu de 84 %84\ \% : les causes « autres » pèsent davantage, simplement parce que l'autre cause a reculé. PC(R)P_{C}(R) dépend de TOUTES les données de l'arbre, pas seulement de la branche qu'on a modifiée.

R0,15C0,60,09non C0,40,06non R0,85C0,020,017non C0,980,833

Exercice 10 : Problème : un dépistage en deux temps

Une maladie rare touche 1 %1\ \% d'une population. On la dépiste en deux temps. Tout le monde passe d'abord un test T1T_{1}, peu coûteux, de sensibilité 98 %98\ \% et de spécificité 90 %90\ \%. Seules les personnes positives à T1T_{1} passent ensuite un second test T2T_{2}, plus coûteux, qui est positif chez 85 %85\ \% des malades et chez 3 %3\ \% des non-malades parmi elles.

L'arbre ci-dessous résume la procédure ; les branches non T1T_{1} s'arrêtent, puisque ces personnes ne passent pas le second test. On raisonne sur une population fictive de 100 000100\,000 personnes. On note MM l'événement « la personne est malade ».

Mnon M0,010,99T1non T1T1non T10,980,020,10,9T2non T2T2non T20,850,150,030,97
  • a) Premier test : combien y a-t-il de vrais positifs, de faux positifs, et de positifs au total ? Calculez la probabilité qu'une personne positive à T1T_{1} soit malade, au millième.
  • b) Second test, passé par les seuls positifs à T1T_{1} : combien de malades et combien de non-malades sont positifs aux DEUX tests ?
  • c) Une personne est positive aux deux tests. Quelle est la probabilité qu'elle soit malade ? Arrondissez au millième.
  • d) Combien de malades la procédure laisse-t-elle échapper, et quelle proportion des malades cela représente-t-il ? Comment appelle-t-on ces cas ?

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a)
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c)
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Réponses

  • a) 980980 vrais positifs, 9 9009\,900 faux positifs, 10 88010\,880 positifs ; 98010 880≈0,090\frac{980}{10\,880}\approx 0{,}090
  • b) 833833 malades et 297297 non-malades positifs aux deux tests
  • c) 8331 130≈0,737\frac{833}{1\,130}\approx 0{,}737
  • d) 20+147=16720+147=167 malades non détectés, soit 0,1670{,}167 des malades : ce sont des faux négatifs

a) Malades : 1 %1\ \% de 100 000100\,000, soit 1 0001\,000 ; non-malades : 99 00099\,000. Parmi les malades, 98 %98\ \% sont positifs à T1T_{1} : 980980 vrais positifs, et 2020 faux négatifs. Parmi les non-malades, la spécificité de 90 %90\ \% laisse 10 %10\ \% de positifs : 9 9009\,900 faux positifs. Positifs au total : 980+9 900=10 880980+9\,900=10\,880. Parmi eux, la proportion de malades est 98010 880≈0,090\dfrac{980}{10\,880}\approx 0{,}090. Moins d'un positif sur dix est malade : sur une maladie rare, un test très sensible mais peu spécifique produit surtout des faux positifs. D'où l'idée du second test, qui ne sert pas à trouver les malades mais à trier les positifs.

b) Le second test porte sur les 10 88010\,880 positifs, et ses taux se lisent sur les branches issues des nœuds T1T_{1}. Parmi les 980980 malades positifs, 85 %85\ \% le sont à nouveau : 833833. Parmi les 9 9009\,900 non-malades positifs, 3 %3\ \% le sont à nouveau : 297297. Attention à la population de chaque pourcentage : 85 %85\ \% s'applique aux MALADES positifs à T1T_{1}, pas aux 10 88010\,880 positifs, et 3 %3\ \% aux non-malades positifs, pas aux 99 00099\,000 non-malades. Appliquer 3 %3\ \% à 99 00099\,000 donnerait 2 9702\,970 faux positifs, dix fois trop.

c) Positifs aux deux tests : 833+297=1 130833+297=1\,130. On compte parmi eux et l'on y cherche les malades : 8331 130≈0,737\dfrac{833}{1\,130}\approx 0{,}737. On passe de 0,0900{,}090 après un test à 0,7370{,}737 après deux : le second test a été appliqué à une population où la maladie n'est plus rare, puisque les malades y forment déjà 9 %9\ \% des personnes, et non plus 1 %1\ \%. C'est le même phénomène qu'au premier test, lu dans l'autre sens : la probabilité qu'un positif soit malade dépend autant de la proportion de malades dans la population testée que de la qualité du test.

d) Les malades non détectés sont de deux sortes : les 2020 négatifs à T1T_{1}, puis, parmi les 980980 positifs à T1T_{1}, les 980−833=147980-833=147 négatifs à T2T_{2}. Au total 20+147=16720+147=167 malades, soit 1671 000=0,167\dfrac{167}{1\,000}=0{,}167 des malades : ce sont des FAUX NÉGATIFS de la procédure. La stratégie en deux temps a réduit les faux positifs de 9 9009\,900 à 297297, mais elle a fait passer la part des malades détectés de 98 %98\ \% à 8331 000=83,3 %\dfrac{833}{1\,000}=83{,}3\ \%. Chaque test ajouté élimine des faux positifs ET des vrais malades : c'est le prix de la confirmation, et c'est pourquoi on n'empile pas les tests sans réfléchir à ce que coûte chaque type d'erreur.

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Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/2nde-probabilites-conditionnelles. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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Les probabilités conditionnelles bloquent en Seconde à Montréal ?

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