Maths tronc commun, Première • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : phénomènes aléatoires (Première, maths du tronc commun)

Voici une série d'exercices corrigés sur les phénomènes aléatoires pour l'enseignement de mathématiques intégré à l'enseignement scientifique de Première, le tronc commun des élèves qui n'ont pas choisi la spécialité maths, programme français de 2026. Elle s'adresse aux élèves des lycées français, dont le Lycée Marie de France et le Collège Stanislas à Montréal, et à tout élève qui prépare l'épreuve anticipée de juin, passée sans calculatrice : tous les calculs se font de tête ou à la main.

Le fil de la série tient en une question : une information change-t-elle les chances ? Si oui, on recompte dans la nouvelle population, c'est la probabilité conditionnelle PA(B)P_{A}(B). Si non, les évènements sont indépendants, et c'est ce qui permet de répéter un arbre à l'identique, de multiplier le long d'un chemin et de compter les chemins. Le test positif, la porte ouverte par le présentateur, la série de piles et la partie interrompue posent tous cette même question.

Conformément au programme, aucune loi n'est nommée et aucun coefficient binomial n'est utilisé : les chemins se comptent sur l'arbre. Les jeux historiques rappellent qu'une loi de probabilité est une hypothèse de modèle, que les fréquences observées peuvent confirmer ou démentir.

Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Maths du tronc commun en Première, sans spécialité
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (9 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Proportionnalité, pourcentages et vitessesQuatrième, Mathématiques
  2. 2Statistiques et probabilitésQuatrième, Mathématiques
  3. 3Moyenne, médiane, quartiles et étendueTroisième, Mathématiques
  4. 4Probabilités et arbres à deux épreuvesTroisième, Mathématiques
  5. 5Pourcentages et évolutionsSeconde, Mathématiques
  6. 6Probabilités, modèle et loi des grands nombresSeconde, Mathématiques
  7. 7Les statistiques descriptivesSeconde, Mathématiques
  8. 8Tableaux croisés et fréquences conditionnellesSeconde, Mathématiques
  9. 9Probabilités conditionnelles et arbres pondérésSeconde, Mathématiques

Rappel de cours

  • • PROBABILITÉ CONDITIONNELLE : pour P(A)≠0P(A)\neq 0, PA(B)=P(A∩B)P(A)P_{A}(B)=\dfrac{P(A\cap B)}{P(A)}, « probabilité de BB sachant AA ». Sur un tableau d'effectifs, PA(B)=Card(A∩B)Card(A)P_{A}(B)=\dfrac{\text{Card}(A\cap B)}{\text{Card}(A)}.
  • • L'indice désigne la POPULATION dans laquelle on compte. PA(B)P_{A}(B), PB(A)P_{B}(A) et P(A∩B)P(A\cap B) ont le même numérateur et trois dénominateurs différents.
  • • ARBRE PONDÉRÉ : premier niveau, probabilités simples ; niveaux suivants, probabilités conditionnelles. Branches d'un même nœud : somme 11. On multiplie le long d'un chemin, on additionne les chemins qui mènent au même évènement.
  • • Question dans le sens inverse de l'arbre : tableau d'effectifs sur une population fictive, puis on divise par le bon total.
  • • INDÉPENDANCE : AA et BB, avec P(B)≠0P(B)\neq 0, sont indépendants si PB(A)=P(A)P_{B}(A)=P(A) ; on a alors P(A∩B)=P(A)×P(B)P(A\cap B)=P(A)\times P(B). Indépendants ne veut pas dire incompatibles.
  • • ÉPREUVE DE BERNOULLI : deux issues, succès de probabilité pp et échec de probabilité 1−p1-p. Pour n≤4n\le 4 épreuves identiques et indépendantes, l'arbre répète le même étage.
  • • Probabilité d'avoir exactement kk succès : nombre de chemins à kk succès, multiplié par la probabilité d'un tel chemin. « Au moins un succès » : 1−(1−p)n1-(1-p)^{n}.
  • • TESTS : sensibilité PM(T)P_{M}(T), spécificité PM‾(T‾)P_{\overline{M}}(\overline{T}). La probabilité d'être malade quand le test est positif, PT(M)P_{T}(M), dépend aussi de la prévalence.
  • • MODÈLE ET RÉALITÉ : une loi de probabilité est une hypothèse. Quand le nombre d'expériences indépendantes augmente, la fréquence observée se rapproche de la probabilité du modèle ; sur peu d'expériences, elle fluctue.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Lire un tableau croisé : les billets d'un cinéma

Un cinéma a vendu 600600 billets un samedi. Chaque billet est classé selon la séance, après-midi ou soir, et selon le tarif, réduit ou plein. Le tableau croisé d'effectifs ci-dessous résume la journée.

On choisit un billet au hasard parmi les 600600. On note AA l'évènement « le billet est pour une séance de l'après-midi » et RR l'évènement « le billet est au tarif réduit ». Avant chaque division, écrivez PARMI QUI vous comptez.

Après-midiSoirTotalTarif réduit18060240Plein tarif120240360Total300300600
  • a) Calculez P(A)P(A), P(R)P(R) et P(A∩R)P(A\cap R).
  • b) Calculez PA(R)P_{A}(R) et PR(A)P_{R}(A), et traduisez chacune par une phrase commençant par « parmi ».
  • c) Calculez PA‾(R)P_{\overline{A}}(R). Savoir à quelle séance correspond un billet change-t-il les chances qu'il soit au tarif réduit ?
  • d) Calculez P(A)×PA(R)P(A)\times P_{A}(R) et P(A)×P(R)P(A)\times P(R). Lequel de ces deux produits donne P(A∩R)P(A\cap R) ? Qu'en concluez-vous ?

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a)
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Réponses

  • a) P(A)=0,5P(A)=0{,}5, P(R)=0,4P(R)=0{,}4, P(A∩R)=0,3P(A\cap R)=0{,}3
  • b) PA(R)=0,6P_{A}(R)=0{,}6 (parmi les billets de l'après-midi) et PR(A)=0,75P_{R}(A)=0{,}75 (parmi les billets réduits)
  • c) PA‾(R)=0,2P_{\overline{A}}(R)=0{,}2 : oui, 0,60{,}6 l'après-midi contre 0,20{,}2 le soir
  • d) P(A)×PA(R)=0,3=P(A∩R)P(A)\times P_{A}(R)=0{,}3=P(A\cap R) ; P(A)×P(R)=0,2≠0,3P(A)\times P(R)=0{,}2\neq 0{,}3 : AA et RR ne sont pas indépendants

a) Le billet est choisi au hasard, chaque billet a la même chance : une probabilité est un effectif divisé par le total. P(A)=300600=0,5P(A)=\dfrac{300}{600}=0{,}5, P(R)=240600=0,4P(R)=\dfrac{240}{600}=0{,}4 et P(A∩R)=180600=0,3P(A\cap R)=\dfrac{180}{600}=0{,}3. Pour ces trois nombres, on compte parmi TOUS les billets, et le dénominateur est toujours 600600. L'intersection se lit dans UNE case, celle où la ligne « tarif réduit » croise la colonne « après-midi » : ce n'est ni un total de ligne, ni un total de colonne.

b) PA(R)P_{A}(R) se lit « probabilité de RR sachant AA » : on sait que le billet est de l'après-midi, donc on ne compte plus que parmi les 300300 billets de l'après-midi. PA(R)=180300=0,6P_{A}(R)=\dfrac{180}{300}=0{,}6 : parmi les billets de l'après-midi, 60 %60\ \% sont au tarif réduit. Pour PR(A)P_{R}(A), la condition est RR : on compte parmi les 240240 billets réduits, PR(A)=180240=0,75P_{R}(A)=\dfrac{180}{240}=0{,}75 : parmi les billets réduits, trois sur quatre sont pour l'après-midi. Le numérateur est le même, la case 180180 ; seul le dénominateur change, et c'est lui que désigne l'indice. Ce qui est en indice est la population, ce qui est entre parenthèses est ce qu'on y cherche.

c) Parmi les 300300 billets du soir, 6060 sont réduits : PA‾(R)=60300=0,2P_{\overline{A}}(R)=\dfrac{60}{300}=0{,}2. Sans information, un billet est réduit avec la probabilité P(R)=0,4P(R)=0{,}4 ; si l'on apprend qu'il est de l'après-midi, cette probabilité monte à 0,60{,}6 ; s'il est du soir, elle tombe à 0,20{,}2. L'information change donc les chances, et c'est tout le sens du mot « conditionnelle » : apprendre quelque chose sur le billet, c'est changer la population dans laquelle on compte. L'explication concrète est simple, les étudiants et les moins de 18 ans vont plus volontiers au cinéma l'après-midi.

d) P(A)×PA(R)=0,5×0,6=0,3P(A)\times P_{A}(R)=0{,}5\times 0{,}6=0{,}3, c'est exactement P(A∩R)P(A\cap R). Ce n'est pas un hasard : par définition PA(R)=P(A∩R)P(A)P_{A}(R)=\dfrac{P(A\cap R)}{P(A)}, et multiplier par P(A)P(A) redonne l'intersection. C'est la règle qu'on applique le long d'un chemin d'arbre. En revanche P(A)×P(R)=0,5×0,4=0,2P(A)\times P(R)=0{,}5\times 0{,}4=0{,}2, qui n'est PAS P(A∩R)P(A\cap R). Multiplier deux probabilités simples ne donne l'intersection que lorsque l'information sur AA ne change pas les chances de RR, c'est-à-dire lorsque AA et RR sont indépendants. Ici PA(R)=0,6P_{A}(R)=0{,}6 diffère de P(R)=0,4P(R)=0{,}4 : AA et RR ne sont pas indépendants, et le produit 0,20{,}2 est faux. L'erreur coûte la question entière : on ne multiplie des probabilités simples qu'après avoir justifié l'indépendance.

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Exercice 2 : Justifier puis utiliser l'indépendance : deux médiathèques

Une médiathèque compte 800800 inscrits : 200200 ont moins de 1818 ans, les 600600 autres sont adultes. Le mois dernier, 240240 inscrits ont emprunté au moins une bande dessinée : 6060 jeunes et 180180 adultes. On choisit un inscrit au hasard ; on note JJ l'évènement « l'inscrit a moins de 1818 ans » et BB l'évènement « il a emprunté une bande dessinée ».

Rappel du programme : deux évènements AA et BB, avec P(B)≠0P(B)\neq 0, sont indépendants lorsque PB(A)=P(A)P_{B}(A)=P(A), autrement dit lorsque savoir que BB est réalisé ne change pas les chances de AA.

  • a) Calculez P(B)P(B) et PJ(B)P_{J}(B). Les évènements JJ et BB sont-ils indépendants ? Justifiez.
  • b) Calculez PB(J)P_{B}(J) et comparez-la à P(J)P(J). Vérifiez aussi que P(J∩B)=P(J)×P(B)P(J\cap B)=P(J)\times P(B).
  • c) Une seconde médiathèque compte 1 0001\,000 inscrits, dont 40 %40\ \% de moins de 1818 ans ; 15 %15\ \% des inscrits empruntent des livres audio (évènement LL). On SUPPOSE JJ et LL indépendants. Combien de jeunes empruntent des livres audio ? Combien d'adultes ?
  • d) Le relevé réel donne 2020 jeunes et 130130 adultes emprunteurs de livres audio. Calculez PJ(L)P_{J}(L). L'hypothèse d'indépendance est-elle confirmée par les données ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) P(B)=0,3P(B)=0{,}3 et PJ(B)=0,3P_{J}(B)=0{,}3 : égales, donc JJ et BB sont indépendants
  • b) PB(J)=0,25=P(J)P_{B}(J)=0{,}25=P(J) ; P(J∩B)=0,075=0,25×0,3P(J\cap B)=0{,}075=0{,}25\times 0{,}3
  • c) 6060 jeunes et 9090 adultes empruntent des livres audio
  • d) PJ(L)=0,05≠P(L)=0,15P_{J}(L)=0{,}05\neq P(L)=0{,}15 : l'hypothèse d'indépendance est rejetée par les données

a) P(B)=240800=0,3P(B)=\dfrac{240}{800}=0{,}3 : on compte parmi tous les inscrits. PJ(B)=60200=0,3P_{J}(B)=\dfrac{60}{200}=0{,}3 : on compte parmi les 200200 jeunes. Les deux nombres sont égaux : apprendre que l'inscrit a moins de 1818 ans ne change pas ses chances d'avoir emprunté une bande dessinée. Par définition, JJ et BB sont indépendants. La justification attendue est exactement cette comparaison, écrite avec ses deux valeurs : « PJ(B)=0,3=P(B)P_{J}(B)=0{,}3=P(B), donc JJ et BB sont indépendants ». Pour contrôle, chez les adultes PJ‾(B)=180600=0,3P_{\overline{J}}(B)=\dfrac{180}{600}=0{,}3 aussi : les deux groupes empruntent dans la même proportion, et c'est ce que veut dire l'indépendance sur un tableau.

b) PB(J)=60240=0,25P_{B}(J)=\dfrac{60}{240}=0{,}25 et P(J)=200800=0,25P(J)=\dfrac{200}{800}=0{,}25 : savoir que l'inscrit a emprunté une bande dessinée ne change pas non plus ses chances d'être jeune. L'indépendance marche dans les deux sens, elle est symétrique. On le voit aussi sur l'intersection : P(J∩B)=60800=0,075P(J\cap B)=\dfrac{60}{800}=0{,}075 et P(J)×P(B)=0,25×0,3=0,075P(J)\times P(B)=0{,}25\times 0{,}3=0{,}075. C'est la forme « produit » de l'indépendance, qui découle de la règle du chemin : P(J∩B)=P(J)×PJ(B)P(J\cap B)=P(J)\times P_{J}(B), et PJ(B)P_{J}(B) peut être remplacée par P(B)P(B) précisément parce que les évènements sont indépendants.

c) Cette fois on UTILISE l'indépendance : elle permet de multiplier les probabilités simples. P(J∩L)=P(J)×P(L)=0,4×0,15=0,06P(J\cap L)=P(J)\times P(L)=0{,}4\times 0{,}15=0{,}06, soit 0,06×1 000=600{,}06\times 1\,000=60 jeunes emprunteurs de livres audio. Les emprunteurs sont 150150 en tout, donc 150−60=90150-60=90 adultes. Contrôle par proportion : 6060 sur 400400 jeunes et 9090 sur 600600 adultes font tous deux 15 %15\ \%, comme dans toute la population. Le tableau complet est 6060, 340340, 9090 et 510510.

d) Parmi les 400400 jeunes, 2020 empruntent des livres audio : PJ(L)=20400=0,05P_{J}(L)=\dfrac{20}{400}=0{,}05. Or P(L)=20+1301 000=0,15P(L)=\dfrac{20+130}{1\,000}=0{,}15. Les deux valeurs sont très différentes : chez les jeunes, l'emprunt de livres audio est trois fois plus rare que dans l'ensemble. L'hypothèse d'indépendance faite en c) était donc FAUSSE pour cette médiathèque. Voilà la différence entre un modèle et la réalité : l'indépendance se suppose quand l'expérience la garantit (deux dés, deux tirages avec remise) ; dans une population réelle, elle se vérifie sur les données, et elle peut être démentie. Les nombres de c) n'étaient que les conséquences d'une hypothèse, pas des faits.

Exercice 3 : Arbre pondéré : deux feux synchronisés

Sur un boulevard, une cycliste franchit deux feux tricolores successifs. Ses relevés sur de nombreux trajets donnent : elle trouve le premier feu vert une fois sur deux. Les feux sont réglés en « onde verte » : quand elle a eu le premier feu vert, elle trouve le second vert dans 90 %90\ \% des cas ; quand elle a dû s'arrêter au premier, elle ne trouve le second vert que dans 30 %30\ \% des cas.

On choisit un trajet au hasard. On note V1V_{1} l'évènement « le premier feu est vert à son arrivée » et V2V_{2} l'évènement « le second feu est vert à son arrivée ». L'arbre ci-dessous a la bonne forme ; trois pondérations manquent.

V10,5V20,9non V2?non V1?V20,3non V2?
  • a) Complétez l'arbre : donnez P(V1‾)P(\overline{V_{1}}), PV1(V2‾)P_{V_{1}}(\overline{V_{2}}) et PV1‾(V2‾)P_{\overline{V_{1}}}(\overline{V_{2}}).
  • b) Calculez P(V1∩V2)P(V_{1}\cap V_{2}) et P(V1‾∩V2)P(\overline{V_{1}}\cap V_{2}), puis P(V2)P(V_{2}).
  • c) Sur 1 0001\,000 trajets fictifs, combien ont le second feu vert, et combien parmi eux avaient aussi le premier vert ? Déduisez-en PV2(V1)P_{V_{2}}(V_{1}).
  • d) V1V_{1} et V2V_{2} sont-ils indépendants ? Si les deux feux étaient réglés indépendamment l'un de l'autre, chacun restant vert avec les mêmes probabilités simples qu'ici, que vaudrait P(V1∩V2)P(V_{1}\cap V_{2}) ?

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) P(V1‾)=0,5P(\overline{V_{1}})=0{,}5, PV1(V2‾)=0,1P_{V_{1}}(\overline{V_{2}})=0{,}1, PV1‾(V2‾)=0,7P_{\overline{V_{1}}}(\overline{V_{2}})=0{,}7
  • b) P(V1∩V2)=0,45P(V_{1}\cap V_{2})=0{,}45, P(V1‾∩V2)=0,15P(\overline{V_{1}}\cap V_{2})=0{,}15, P(V2)=0,6P(V_{2})=0{,}6
  • c) 600600 trajets avec le second feu vert, dont 450450 avec le premier vert : PV2(V1)=0,75P_{V_{2}}(V_{1})=0{,}75
  • d) Non, car PV1(V2)=0,9≠P(V2)=0,6P_{V_{1}}(V_{2})=0{,}9\neq P(V_{2})=0{,}6 ; feux indépendants : P(V1∩V2)=0,5×0,6=0,3P(V_{1}\cap V_{2})=0{,}5\times 0{,}6=0{,}3

a) Les branches issues d'un MÊME nœud ont une somme égale à 11. À la racine : P(V1‾)=1−0,5=0,5P(\overline{V_{1}})=1-0{,}5=0{,}5. Sous le nœud V1V_{1}, on est parmi les trajets où le premier feu était vert : PV1(V2)=0,9P_{V_{1}}(V_{2})=0{,}9, donc PV1(V2‾)=0,1P_{V_{1}}(\overline{V_{2}})=0{,}1. Sous le nœud V1‾\overline{V_{1}}, on est parmi les trajets où elle s'est arrêtée : PV1‾(V2)=0,3P_{\overline{V_{1}}}(V_{2})=0{,}3, donc PV1‾(V2‾)=0,7P_{\overline{V_{1}}}(\overline{V_{2}})=0{,}7. Chaque branche du second niveau porte une probabilité CONDITIONNELLE, conditionnée par le nœud d'où elle part : les mots « quand elle a eu » et « quand elle a dû s'arrêter » de l'énoncé annoncent ces deux populations.

b) Règle du chemin : on multiplie les pondérations rencontrées. P(V1∩V2)=0,5×0,9=0,45P(V_{1}\cap V_{2})=0{,}5\times 0{,}9=0{,}45 et P(V1‾∩V2)=0,5×0,3=0,15P(\overline{V_{1}}\cap V_{2})=0{,}5\times 0{,}3=0{,}15. L'évènement V2V_{2} est atteint par DEUX chemins, qui ne se recouvrent pas : on additionne, P(V2)=0,45+0,15=0,6P(V_{2})=0{,}45+0{,}15=0{,}6. Contrôle : les deux autres chemins valent 0,050{,}05 et 0,350{,}35, et les quatre ensemble font 0,45+0,05+0,15+0,35=10{,}45+0{,}05+0{,}15+0{,}35=1. Le produit se justifie par la définition, PV1(V2)=P(V1∩V2)P(V1)P_{V_{1}}(V_{2})=\dfrac{P(V_{1}\cap V_{2})}{P(V_{1})} : c'est une proportion de proportion, 90 %90\ \% de la moitié des trajets.

c) Sur 1 0001\,000 trajets : 500500 avec le premier feu vert, dont 90 %90\ \%, soit 450450, avec le second vert aussi ; 500500 avec un arrêt au premier, dont 30 %30\ \%, soit 150150, avec le second vert. Le second feu est vert dans 450+150=600450+150=600 trajets. On compte parmi ces 600600 trajets, et l'on y cherche ceux où le premier était vert : PV2(V1)=450600=0,75P_{V_{2}}(V_{1})=\dfrac{450}{600}=0{,}75. La question remonte l'arbre à l'envers, on ne peut donc pas lire la réponse sur une branche : la population fictive fait le travail sans formule. En français : parmi les trajets où le second feu était vert, trois sur quatre avaient aussi eu le premier vert.

d) Sans information, P(V2)=0,6P(V_{2})=0{,}6 ; sachant que le premier feu était vert, PV1(V2)=0,9P_{V_{1}}(V_{2})=0{,}9. L'information change les chances, donc V1V_{1} et V2V_{2} ne sont PAS indépendants, et c'est voulu : l'onde verte a été réglée pour. Si les feux étaient réglés indépendamment, avec toujours P(V1)=0,5P(V_{1})=0{,}5 et P(V2)=0,6P(V_{2})=0{,}6, les deux branches V2V_{2} du second niveau porteraient TOUTES DEUX 0,60{,}6 : quand les évènements sont indépendants, le second étage de l'arbre se répète à l'identique sous chaque nœud. On aurait alors P(V1∩V2)=0,5×0,6=0,3P(V_{1}\cap V_{2})=0{,}5\times 0{,}6=0{,}3 au lieu de 0,450{,}45. La synchronisation fait donc passer les trajets « deux feux verts » de 30 %30\ \% à 45 %45\ \% : c'est exactement ce que la dépendance mesure.

V10,5V20,90,45non V20,10,05non V10,5V20,30,15non V20,70,35

Exercice 4 : Pierre-feuille-ciseaux : indépendance et manches répétées

Au jeu de pierre-feuille-ciseaux, deux joueurs montrent en même temps une main : la pierre bat les ciseaux, les ciseaux battent la feuille, la feuille bat la pierre ; deux mains identiques font match nul. Le tableau ci-dessous donne le résultat d'une manche de VOTRE point de vue.

Les deux joueurs choisissent sans se voir : on modélise leurs choix par des évènements indépendants. Une manche gagnée est notée GG.

pierrefeuilleciseauxpierrenulperdugagnéfeuillegagnénulperduciseauxperdugagnénulVous (lignes) contre l'adversaire
  • a) Les deux joueurs choisissent chacun leur main au hasard, avec la probabilité 13\frac{1}{3} pour chaque main. Quelle est la probabilité de chacune des 99 cases ? Calculez P(G)P(G) et la probabilité d'un match nul.
  • b) Votre adversaire a une habitude : il joue pierre une fois sur deux, feuille une fois sur quatre et ciseaux une fois sur quatre. Pour chacune de vos trois mains, calculez la probabilité de gagner la manche. Quelle main choisir ?
  • c) On revient à deux joueurs qui jouent au hasard, et l'on joue trois manches indépendantes. Représentez la situation par un arbre à trois niveaux (GG ou non GG). Calculez la probabilité de gagner les trois manches, puis celle d'en gagner exactement deux.
  • d) Calculez la probabilité de gagner au moins une manche sur les trois. Contre un humain, l'indépendance des manches est-elle un fait démontré ou une hypothèse du modèle ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Chaque case : 19\frac{1}{9} ; P(G)=39=13P(G)=\frac{3}{9}=\frac{1}{3} ; match nul : 13\frac{1}{3}
  • b) Pierre : 14\frac{1}{4} ; feuille : 12\frac{1}{2} ; ciseaux : 14\frac{1}{4} ; on choisit la feuille
  • c) Trois manches gagnées : 127\frac{1}{27} ; exactement deux : 3×227=627=293\times\frac{2}{27}=\frac{6}{27}=\frac{2}{9}
  • d) 1−(23)3=1−827=19271-\left(\frac{2}{3}\right)^{3}=1-\frac{8}{27}=\frac{19}{27} ; l'indépendance est une hypothèse du modèle

a) Les choix sont indépendants : savoir ce que vous jouez ne change rien aux chances de l'adversaire. La probabilité d'une case, par exemple « vous pierre, lui ciseaux », est donc le produit 13×13=19\frac{1}{3}\times\frac{1}{3}=\frac{1}{9}, et les 99 cases sont équiprobables. On gagne dans 33 cases, une par ligne : P(G)=39=13P(G)=\frac{3}{9}=\frac{1}{3}. Les matchs nuls occupent la diagonale, 33 cases, soit 13\frac{1}{3} ; il reste 13\frac{1}{3} pour les défaites. Contrôle : 13+13+13=1\frac{1}{3}+\frac{1}{3}+\frac{1}{3}=1. Le jeu est parfaitement équilibré tant que chacun joue au hasard.

b) Votre main étant fixée, le résultat ne dépend plus que de la main de l'adversaire. Si vous jouez pierre, vous gagnez quand il joue ciseaux : 14\frac{1}{4}. Si vous jouez feuille, vous gagnez quand il joue pierre : 12\frac{1}{2}, et vous ne perdez que contre ciseaux, 14\frac{1}{4}. Si vous jouez ciseaux, vous gagnez contre feuille, 14\frac{1}{4}, mais vous perdez contre pierre, 12\frac{1}{2}. La meilleure réponse est la FEUILLE, qui gagne une fois sur deux. C'est l'idée de la théorie des jeux : un joueur prévisible se fait exploiter, et la seule façon de ne pas l'être est de jouer vraiment au hasard, un tiers pour chaque main.

c) Chaque manche est une épreuve à deux issues, gagnée ou non, de probabilité de succès 13\frac{1}{3} : une épreuve de Bernoulli. Les trois manches sont identiques et indépendantes, donc l'arbre répète trois fois les mêmes branches, 13\frac{1}{3} vers GG et 23\frac{2}{3} vers non GG (arbre dans la correction). Gagner les trois manches est UN chemin : (13)3=127\left(\frac{1}{3}\right)^{3}=\frac{1}{27}. Gagner exactement deux manches correspond à TROIS chemins, GGG‾GG\overline{G}, GG‾GG\overline{G}G et G‾GG\overline{G}GG, qui ont chacun la probabilité 13×13×23=227\frac{1}{3}\times\frac{1}{3}\times\frac{2}{3}=\frac{2}{27} : au total 3×227=627=293\times\frac{2}{27}=\frac{6}{27}=\frac{2}{9}. Oublier de compter les chemins et répondre 227\frac{2}{27} est l'erreur classique : la place de la manche perdue n'est pas imposée.

d) « Au moins une manche gagnée » est le contraire de « aucune manche gagnée », qui est un seul chemin : (23)3=827\left(\frac{2}{3}\right)^{3}=\frac{8}{27}. Donc la probabilité cherchée vaut 1−827=19271-\frac{8}{27}=\frac{19}{27}, un peu plus de 0,70{,}7. Passer par le contraire évite d'additionner sept chemins. Quant à l'indépendance des manches, c'est une HYPOTHÈSE du modèle, pas un fait : un joueur humain évite souvent de rejouer la main qui vient de perdre, ou rejoue celle qui vient de gagner. Si l'on observe cela chez un adversaire, le modèle ne décrit plus la réalité, et l'on peut en profiter comme en b).

G1/3non G2/3Gnon GGnon GGnon GGnon GGnon GGnon G1/272/272/272/278/27

Exercice 5 : Le lièvre et la tortue : calculer, puis simuler

Un jeu ancien se joue avec un dé équilibré à six faces. On lance le dé : si le 66 sort, le lièvre bondit jusqu'à l'arrivée et gagne ; sinon, la tortue avance d'une case. La tortue gagne si elle avance de 44 cases avant que le 66 ne soit sorti. On relance le dé tant que personne n'a gagné.

Une classe a simulé ce jeu sur ordinateur ; le tableau donne le nombre de victoires de la tortue pour nn parties simulées.

n = 10n = 100n = 10 000Victoires T7444 831Parties simulées : victoires de la tortue
  • a) Chaque lancer est une épreuve de Bernoulli dont le succès est « le 66 sort ». Quelle est la probabilité pp de succès ? Combien de lancers faut-il au plus pour qu'une partie soit terminée ?
  • b) Justifiez que la tortue gagne si et seulement si les quatre premiers lancers ne donnent pas 66. Écrivez la probabilité que la tortue gagne sous la forme a1 296\frac{a}{1\,296}. Qui est avantagé ?
  • c) On raccourcit la course de la tortue à 33 cases. Écrivez sa probabilité de gagner sous la forme b216\frac{b}{216}. Qui est alors avantagé ?
  • d) Revenons à 44 cases. Calculez la fréquence de victoire de la tortue sur les 10 00010\,000 parties simulées. Les 77 victoires sur 1010 parties contredisent-elles le calcul de b) ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) p=16p=\frac{1}{6} ; au plus 44 lancers
  • b) P(tortue)=(56)4=6251 296<12P(\text{tortue})=\left(\frac{5}{6}\right)^{4}=\frac{625}{1\,296}<\frac{1}{2} car 2×625=1 250<1 2962\times 625=1\,250<1\,296 : le lièvre est avantagé
  • c) (56)3=125216>12\left(\frac{5}{6}\right)^{3}=\frac{125}{216}>\frac{1}{2} car 2×125=250>2162\times 125=250>216 : la tortue est avantagée
  • d) Fréquence 0,48310{,}4831, proche de 6251 296≈0,48\frac{625}{1\,296}\approx 0{,}48 ; non, 1010 parties fluctuent trop pour contredire le modèle

a) Chaque lancer a deux issues qui nous intéressent, « 66 » (succès) ou « pas 66 » (échec) : c'est une épreuve de Bernoulli, et le dé étant équilibré, p=16p=\frac{1}{6}. Les lancers sont identiques (même dé) et indépendants (le dé n'a pas de mémoire). Une partie s'arrête dès le premier 66, ou dès que la tortue a fait 44 pas, c'est-à-dire après 44 échecs : au plus 44 lancers. L'arbre de la correction est un « peigne » : à chaque niveau, la branche 66 termine la partie, seule la branche « non 66 » continue.

b) La tortue gagne exactement quand elle fait ses 44 pas avant tout 66, c'est-à-dire quand les lancers 11, 22, 33 et 44 donnent tous « non 66 ». C'est un seul chemin de l'arbre, dont on multiplie les pondérations grâce à l'indépendance : 56×56×56×56=6251 296\frac{5}{6}\times\frac{5}{6}\times\frac{5}{6}\times\frac{5}{6}=\frac{625}{1\,296}, car 54=6255^{4}=625 et 64=1 2966^{4}=1\,296. Pour comparer à 12\frac{1}{2} sans calculatrice, on double le numérateur : 2×625=1 250<1 2962\times 625=1\,250<1\,296, donc 6251 296<12\frac{625}{1\,296}<\frac{1}{2}. Le lièvre gagne avec la probabilité 1−6251 296=6711 2961-\frac{625}{1\,296}=\frac{671}{1\,296} : il est avantagé, de peu. Beaucoup d'élèves parient sur la tortue, qui a « cinq faces sur six » ; mais elle doit réussir quatre fois de suite.

c) Avec 33 cases, la tortue gagne si les trois premiers lancers donnent « non 66 » : (56)3=125216\left(\frac{5}{6}\right)^{3}=\frac{125}{216}. Cette fois 2×125=250>2162\times 125=250>216, donc la probabilité dépasse 12\frac{1}{2} : la tortue est avantagée. Une case de plus ou de moins renverse le jeu, et la version à 44 cases est la plus proche de l'équilibre : l'écart à 12\frac{1}{2} y vaut 462 592\frac{46}{2\,592}, contre 34432=2042 592\frac{34}{432}=\frac{204}{2\,592} avec 33 cases.

d) Sur 10 00010\,000 parties, la fréquence de victoire de la tortue vaut 4 83110 000=0,4831\frac{4\,831}{10\,000}=0{,}4831, très proche de 6251 296\frac{625}{1\,296}, qui vaut environ 0,480{,}48 (car 0,48×1 296≈6220{,}48\times 1\,296\approx 622). Les 77 victoires sur 1010 parties ne contredisent rien : sur un petit nombre de parties, la fréquence FLUCTUE beaucoup, et 0,70{,}7 est un résultat tout à fait possible. C'est la loi des grands nombres, dans sa version vulgarisée : quand le nombre d'expériences indépendantes augmente, la fréquence observée se rapproche de la probabilité du modèle. Une simulation courte ne valide ni ne réfute un modèle ; une simulation longue qui s'écarterait nettement de 0,480{,}48 le remettrait en cause.

6 : le lièvre gagne61/65/6non 661/65/6non 661/65/6non 661/65/6non 6tortue

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Un même test, trois populations : la prévalence change tout

Un test rapide de la grippe a une SENSIBILITÉ de 90 %90\ \% (il est positif chez 90 %90\ \% des personnes grippées) et une SPÉCIFICITÉ de 90 %90\ \% (il est négatif chez 90 %90\ \% des personnes non grippées). La PRÉVALENCE est la proportion de personnes grippées dans la population testée. On utilise ce test dans trois situations.

Situation 1 : dépistage de tous les salariés d'une entreprise, en été, prévalence 1 %1\ \%. Situation 2 : patients fiévreux en début d'épidémie, prévalence 10 %10\ \%. Situation 3 : patients avec tous les symptômes, en pleine épidémie, prévalence 50 %50\ \%. L'arbre donne la situation 2. On note MM « la personne est grippée » et TT « le test est positif ».

M0,1T0,9non T0,1non M0,9T0,1non T0,9
  • a) Écrivez la sensibilité et la spécificité comme des probabilités conditionnelles. Que valent la proportion de faux négatifs parmi les malades, PM(T‾)P_{M}(\overline{T}), et celle de faux positifs parmi les non-malades, PM‾(T)P_{\overline{M}}(T) ?
  • b) Situation 2, sur 1 0001\,000 personnes fictives : combien de vrais positifs, combien de faux positifs ? Calculez PT(M)P_{T}(M).
  • c) Situation 1, sur 10 00010\,000 personnes fictives : combien de vrais positifs, combien de faux positifs ? Calculez PT(M)P_{T}(M) sous forme de fraction simplifiée.
  • d) Situation 3, sur 1 0001\,000 personnes fictives : calculez PT(M)P_{T}(M) puis PT‾(M)P_{\overline{T}}(M), la probabilité d'être grippé malgré un test négatif.
  • e) De quoi dépend la probabilité d'être grippé quand le test est positif ? Dans quelle situation un test négatif rassure-t-il le moins ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Sensibilité PM(T)=0,9P_{M}(T)=0{,}9, spécificité PM‾(T‾)=0,9P_{\overline{M}}(\overline{T})=0{,}9 ; PM(T‾)=0,1P_{M}(\overline{T})=0{,}1 et PM‾(T)=0,1P_{\overline{M}}(T)=0{,}1
  • b) 9090 vrais positifs et 9090 faux positifs : PT(M)=90180=0,5P_{T}(M)=\frac{90}{180}=0{,}5
  • c) 9090 vrais positifs et 990990 faux positifs : PT(M)=901 080=112P_{T}(M)=\frac{90}{1\,080}=\frac{1}{12}
  • d) PT(M)=450500=0,9P_{T}(M)=\frac{450}{500}=0{,}9 et PT‾(M)=50500=0,1P_{\overline{T}}(M)=\frac{50}{500}=0{,}1
  • e) Du test ET de la prévalence ; un négatif rassure le moins en situation 3

a) La sensibilité se compte parmi les malades : PM(T)=0,9P_{M}(T)=0{,}9. La spécificité se compte parmi les non-malades : PM‾(T‾)=0,9P_{\overline{M}}(\overline{T})=0{,}9. Leurs compléments sont les taux d'erreur, PM(T‾)=0,1P_{M}(\overline{T})=0{,}1 (un malade sur dix passe à travers : FAUX NÉGATIF) et PM‾(T)=0,1P_{\overline{M}}(T)=0{,}1 (un non-malade sur dix est déclaré positif : FAUX POSITIF). Ces quatre nombres sont des qualités du TEST, mesurées en laboratoire : ils ne changent pas d'une situation à l'autre, et ce sont eux qu'on lit sur le second niveau de l'arbre.

b) Sur 1 0001\,000 personnes : 100100 grippées, dont 90 %90\ \% positives, soit 9090 vrais positifs ; 900900 non grippées, dont 10 %10\ \% positives, soit 9090 faux positifs. Il y a 180180 tests positifs, et l'on compte parmi eux : PT(M)=90180=0,5P_{T}(M)=\frac{90}{180}=0{,}5. Un test « fiable à 90 %90\ \% » ne donne ici qu'une chance sur deux d'être grippé quand il est positif : les faux positifs, pris dans un groupe neuf fois plus nombreux, égalent les vrais.

c) Sur 10 00010\,000 personnes : 100100 grippées, donc 9090 vrais positifs ; 9 9009\,900 non grippées, dont 10 %10\ \%, soit 990990 faux positifs. Positifs : 90+990=1 08090+990=1\,080, et PT(M)=901 080=112P_{T}(M)=\frac{90}{1\,080}=\frac{1}{12}, moins de 0,090{,}09. Onze positifs sur douze sont de fausses alertes ! On a pris 10 00010\,000 personnes et non 1 0001\,000 pour que 1 %1\ \% donne un effectif suffisant et que tous les nombres restent entiers. C'est pour cela qu'on ne dépiste pas une maladie rare dans toute une population avec un test moyennement spécifique.

d) Sur 1 0001\,000 personnes : 500500 grippées, dont 450450 positives et 5050 négatives ; 500500 non grippées, dont 5050 positives et 450450 négatives. Parmi les 500500 positifs, 450450 sont grippés : PT(M)=0,9P_{T}(M)=0{,}9. Parmi les 500500 négatifs, 5050 sont grippés : PT‾(M)=50500=0,1P_{\overline{T}}(M)=\frac{50}{500}=0{,}1. En pleine épidémie, UN NÉGATIF SUR DIX est en réalité malade : les faux négatifs, négligeables en situation 1 (dix sur 8 9208\,920 négatifs), deviennent ici un vrai problème.

e) Avec le MÊME test, PT(M)P_{T}(M) passe de 112\frac{1}{12} à 12\frac{1}{2} puis à 0,90{,}9 quand la prévalence passe de 1 %1\ \% à 10 %10\ \% puis à 50 %50\ \%. Elle dépend donc du test ET de la population dans laquelle on l'emploie : plus la maladie est fréquente parmi les testés, plus un positif est crédible. Symétriquement, c'est quand la prévalence est forte, en situation 3, qu'un test négatif rassure le moins. C'est pourquoi un médecin teste surtout les patients qui ont des symptômes, et pourquoi il ne renvoie pas chez lui, sans autre examen, un patient très symptomatique au seul motif d'un test négatif en pleine épidémie.

Exercice 7 : Deux variantes du jeu de Monty Hall

Dans un jeu télévisé, une voiture est cachée au hasard derrière l'une de QUATRE portes, et une chèvre derrière chacune des trois autres. Le candidat choisit la porte 11. Le présentateur, qui SAIT où est la voiture, ouvre alors une autre porte cachant une chèvre (au hasard s'il en a plusieurs). Le candidat peut garder la porte 11, ou changer pour l'une des deux autres portes encore fermées, prise au hasard.

Ces variantes prolongent le jeu classique à trois portes de la spécialité. On raisonne sur des parties fictives, comme sur un tableau d'effectifs.

1234votre choix
  • a) Sur 1 2001\,200 parties fictives, dans combien la voiture est-elle derrière la porte 11 ? Quelle est la probabilité de gagner en GARDANT la porte 11 ?
  • b) Dans combien de parties gagne-t-on en CHANGEANT ? Donnez la probabilité correspondante. Quelle stratégie est la meilleure ?
  • c) Nouvelle variante, à TROIS portes : le présentateur IGNORE où est la voiture et ouvre au hasard l'une des deux portes non choisies. S'il découvre la voiture, la partie est annulée. Sur 600600 parties, combien sont annulées ? Parmi les parties où une chèvre a été montrée, quelle est la probabilité de gagner en changeant ?
  • d) Dans le jeu classique à trois portes où le présentateur SAIT, combien de parties sur 600600 gagne-t-on en changeant ? La scène vue par le candidat, une porte ouverte sur une chèvre, est la même qu'en c) : pourquoi la réponse change-t-elle ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 300300 parties ; en gardant, P=3001 200=14P=\frac{300}{1\,200}=\frac{1}{4}
  • b) 450450 parties ; en changeant, P=4501 200=38P=\frac{450}{1\,200}=\frac{3}{8} : changer est meilleur
  • c) 200200 parties annulées ; en changeant, 200400=12\frac{200}{400}=\frac{1}{2} : changer ne sert à rien
  • d) 400400 parties sur 600600, soit 23\frac{2}{3} ; l'information apportée par la porte ouverte dépend de ce que sait le présentateur

a) La voiture est placée au hasard derrière l'une des quatre portes : sur 1 2001\,200 parties, elle est derrière la porte 11 dans 1 2004=300\frac{1\,200}{4}=300 parties. Le présentateur SAIT, donc il peut TOUJOURS ouvrir une porte à chèvre, que la porte 11 soit gagnante ou non : l'ouverture ne renseigne en rien sur la porte 11. En gardant, on gagne dans ces 300300 parties et seulement là : P=3001 200=14P=\frac{300}{1\,200}=\frac{1}{4}. C'est la réponse à notre question fil : ici l'information ne change pas les chances de la porte choisie.

b) Dans les 900900 autres parties, la voiture est derrière l'une des portes 22, 33, 44. Le présentateur ouvre une porte à chèvre parmi elles, donc la voiture est derrière l'une des DEUX portes restées fermées. En changeant au hasard pour l'une des deux, on tombe sur la voiture une fois sur deux : 900×12=450900\times\frac{1}{2}=450 parties gagnées. En changeant, P=4501 200=38=0,375P=\frac{450}{1\,200}=\frac{3}{8}=0{,}375, contre 0,250{,}25 en gardant : il vaut mieux changer. Le gain est moins spectaculaire qu'avec trois portes, où changer donne 23\frac{2}{3}, parce qu'il reste deux portes entre lesquelles on hésite encore.

c) Sur 600600 parties : dans 200200, la voiture est derrière la porte 11, et le présentateur montre forcément une chèvre. Dans les 400400 autres, la voiture est derrière la porte 22 ou 33, et le présentateur, qui ouvre au hasard, tombe sur elle une fois sur deux : 200200 parties annulées, 200200 où il montre une chèvre. Parmi les 200+200=400200+200=400 parties où une chèvre a été montrée, on gagne en gardant dans 200200 et en changeant dans 200200 : P=200400=12P=\frac{200}{400}=\frac{1}{2} dans les deux cas. Changer ne sert plus à rien. On a conditionné par l'évènement « une chèvre a été montrée », c'est-à-dire changé de population : les 400400 parties non annulées.

d) Classique à trois portes, présentateur qui sait : dans les 200200 parties où la voiture est derrière la porte 11, changer fait perdre ; dans les 400400 autres, le présentateur est OBLIGÉ d'ouvrir la seule porte à chèvre, et la porte restante cache la voiture : changer gagne 400400 parties sur 600600, soit 23\frac{2}{3}. La scène est pourtant identique à celle de c). La différence est dans ce que l'ouverture APPREND : quand le présentateur sait, il évite la voiture et son geste désigne indirectement la bonne porte ; quand il ignore, son geste n'élimine que les parties où il aurait montré la voiture, et ces parties sont justement celles où changer aurait gagné. Une probabilité conditionnelle dépend de la façon dont l'information a été produite, pas seulement de ce que l'on voit.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Elles reprennent les situations des exercices précédents, ou une situation que tout le monde connaît. Pour chacune, dites où est l'erreur, donnez la valeur correcte et écrivez l'énoncé juste.

Toutes posent, d'une façon ou d'une autre, la question du chapitre : une information change-t-elle les chances, et dans quelle population compte-t-on ?

  • a) « Au cinéma de l'exercice 1, 30 %30\ \% des billets sont des billets réduits de l'après-midi. Donc, parmi les billets de l'après-midi, 30 %30\ \% sont au tarif réduit. »
  • b) « Avec une pièce équilibrée, pile vient de sortir cinq fois de suite. Au prochain lancer, face a donc plus d'une chance sur deux de sortir. »
  • c) « À la médiathèque de l'exercice 2, JJ et BB sont indépendants : un jeune ne peut donc pas emprunter de bande dessinée, puisque des évènements indépendants ne se produisent jamais ensemble. »
  • d) « Le test de l'exercice 6 est fiable à 90 %90\ \%. Donc, quelle que soit la situation, une personne testée positive est grippée avec la probabilité 0,90{,}9. »
  • e) « À pierre-feuille-ciseaux, en trois manches jouées au hasard, la probabilité d'en gagner exactement deux vaut 13×13×23=227\frac{1}{3}\times\frac{1}{3}\times\frac{2}{3}=\frac{2}{27}. »

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) 0,30{,}3 est P(A∩R)P(A\cap R) ; parmi les billets de l'après-midi, PA(R)=0,6P_{A}(R)=0{,}6
  • b) Les lancers sont indépendants : face garde la probabilité 0,50{,}5
  • c) Indépendants ne veut pas dire incompatibles : P(J∩B)=0,075≠0P(J\cap B)=0{,}075\neq 0
  • d) PT(M)P_{T}(M) dépend de la prévalence : 112\frac{1}{12}, 0,50{,}5 ou 0,90{,}9 selon la situation ; en situation 1, 112\frac{1}{12}
  • e) Trois chemins donnent deux victoires : 3×227=293\times\frac{2}{27}=\frac{2}{9}

a) Faux : 30 %30\ \% est la part des billets à la fois réduits ET de l'après-midi, calculée parmi les 600600 billets : c'est P(A∩R)=180600=0,3P(A\cap R)=\frac{180}{600}=0{,}3. « Parmi les billets de l'après-midi » change la population : on divise la même case 180180 par les 300300 billets de l'après-midi, PA(R)=180300=0,6P_{A}(R)=\frac{180}{300}=0{,}6. Énoncé juste : « 30 %30\ \% des billets sont réduits et de l'après-midi ; parmi les billets de l'après-midi, 60 %60\ \% sont réduits ». Oublier le mot « parmi », c'est garder le mauvais dénominateur.

b) Faux : c'est l'erreur dite du joueur. La pièce n'a pas de mémoire, les lancers sont indépendants : l'information « cinq piles de suite » ne change pas les chances du lancer suivant, et face garde la probabilité 12\frac{1}{2}. La loi des grands nombres ne dit pas que le hasard « rattrape » un écart : elle dit que, sur un très grand nombre de lancers, cinq piles de plus ou de moins deviennent négligeables devant le total. Énoncé juste : « au prochain lancer, pile et face ont chacun une chance sur deux ».

c) Faux : indépendants ne veut pas dire incompatibles. Incompatibles signifie « ne peuvent pas se produire ensemble », P(J∩B)=0P(J\cap B)=0 ; indépendants signifie « l'un ne change pas les chances de l'autre ». À la médiathèque, 6060 jeunes ont emprunté une bande dessinée, et P(J∩B)=60800=0,075=0,25×0,3P(J\cap B)=\frac{60}{800}=0{,}075=0{,}25\times 0{,}3. Deux évènements incompatibles de probabilités non nulles ne sont d'ailleurs JAMAIS indépendants : savoir que l'un est réalisé fait tomber les chances de l'autre à 00.

d) Faux : 0,90{,}9 est la sensibilité, PM(T)P_{M}(T), comptée parmi les malades. La personne testée positive a besoin de PT(M)P_{T}(M), comptée parmi les positifs, et ce nombre dépend de la prévalence : 112\frac{1}{12} en situation 1, 0,50{,}5 en situation 2, 0,90{,}9 en situation 3. Énoncé juste : « parmi les grippés, 90 %90\ \% ont un test positif ; parmi les positifs, la part de grippés dépend de la population testée, de 112\frac{1}{12} à 0,90{,}9 ». Le cas PT(M)=PM(T)P_{T}(M)=P_{M}(T) de la situation 3 est une coïncidence, pas une règle.

e) Faux : 13×13×23=227\frac{1}{3}\times\frac{1}{3}\times\frac{2}{3}=\frac{2}{27} est la probabilité d'UN chemin, par exemple gagner, gagner, puis ne pas gagner. Mais la manche non gagnée peut être la première, la deuxième ou la troisième : trois chemins de même probabilité. La bonne réponse est 3×227=627=293\times\frac{2}{27}=\frac{6}{27}=\frac{2}{9}. Réflexe à prendre sur un arbre de Bernoulli : compter les chemins qui réalisent l'évènement, puis multiplier par la probabilité d'un chemin.

Exercice 9 : Problème : d'Alembert et le grand-duc, quand le modèle se trompe d'issues

En 1754, dans l'article « Croix ou pile » de l'Encyclopédie, d'Alembert étudie ce pari : on lance une pièce équilibrée au plus deux fois, et l'on gagne si « croix » (CC) apparaît ; on s'arrête dès le premier croix. D'Alembert compte trois cas, CC, puis PCPC, puis PPPP, dont deux gagnants, et conclut que l'on gagne avec la probabilité 23\frac{2}{3}.

Un siècle plus tôt, au jeu du passe-dix, on lançait trois dés équilibrés. Le grand-duc de Toscane s'étonnait : 99 et 1010 s'écrivent chacun de six façons comme somme de trois nombres de 11 à 66 (tableau), et pourtant les joueurs obtenaient 1010 plus souvent que 99. On admet que les 6×6×6=2166\times 6\times 6=216 triplets ordonnés (dé rouge, dé vert, dé bleu) sont équiprobables.

Somme 9Somme 1011 + 2 + 61 + 3 + 621 + 3 + 51 + 4 + 531 + 4 + 42 + 2 + 642 + 2 + 52 + 3 + 552 + 3 + 42 + 4 + 463 + 3 + 33 + 3 + 4
  • a) Représentez le pari de d'Alembert par un arbre pondéré, et calculez la vraie probabilité de gagner.
  • b) Les trois cas de d'Alembert sont-ils équiprobables ? Quelle est la probabilité du cas PPPP ? D'où vient l'erreur ?
  • c) Combien de triplets ordonnés donnent la somme 99 ? la somme 1010 ? (Un triplet comme 1+2+61+2+6 correspond à 66 ordres, 1+4+41+4+4 à 33, 3+3+33+3+3 à 11.)
  • d) Au passe-dix, on gagne si la somme dépasse 1010. En remplaçant chaque face kk par la face opposée 7−k7-k, montrez que ce pari est équitable. Donnez sa probabilité.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) P(C)+P(PC)=12+14=34P(C)+P(PC)=\frac{1}{2}+\frac{1}{4}=\frac{3}{4}
  • b) Non : P(C)=12P(C)=\frac{1}{2}, P(PC)=P(PP)=14P(PC)=P(PP)=\frac{1}{4} ; l'erreur est de supposer l'équiprobabilité de cas qui ne le sont pas
  • c) 2525 triplets pour la somme 99, 2727 pour la somme 1010
  • d) La somme ss devient 21−s21-s : autant de triplets au-dessus de 1010 qu'en dessous ; probabilité 12\frac{1}{2}

a) Premier lancer : croix avec 12\frac{1}{2}, et la partie est gagnée ; pile avec 12\frac{1}{2}, et l'on relance. Second lancer, sous le nœud PP : croix avec 12\frac{1}{2} (gagné), pile avec 12\frac{1}{2} (perdu). Les lancers sont indépendants, donc on multiplie le long des chemins : P(C)=12P(C)=\frac{1}{2}, P(PC)=14P(PC)=\frac{1}{4}, P(PP)=14P(PP)=\frac{1}{4}. On gagne par deux chemins : 12+14=34\frac{1}{2}+\frac{1}{4}=\frac{3}{4}. Contrôle par le contraire : on ne perd que sur le chemin PPPP, 1−14=341-\frac{1}{4}=\frac{3}{4}. L'arbre figure dans la correction.

b) Non : le cas CC pèse 12\frac{1}{2}, les deux autres 14\frac{1}{4} chacun. D'Alembert a compté des CAS et les a déclarés également probables, sans vérifier que le modèle d'équiprobabilité convenait. Pour le voir, on peut imaginer qu'on lance TOUJOURS deux fois : les quatre issues CCCC, CPCP, PCPC, PPPP sont alors équiprobables, et le cas « CC au premier lancer » en regroupe deux. C'est la leçon du programme : une loi de probabilité est une hypothèse de modèle, elle ne se démontre pas, et une hypothèse d'équiprobabilité mal placée donne une réponse fausse, 23\frac{2}{3} au lieu de 34\frac{3}{4}. Une simulation de milliers de paris trancherait : la fréquence de gain s'approcherait de 0,750{,}75, pas de 0,670{,}67.

c) On compte les ordres de chaque ligne du tableau. Somme 99 : 1+2+61+2+6, 1+3+51+3+5 et 2+3+42+3+4 (trois nombres différents) donnent 66 ordres chacun, soit 1818 ; 1+4+41+4+4 et 2+2+52+2+5 (deux nombres égaux) donnent 33 chacun, soit 66 ; 3+3+33+3+3 en donne 11. Total : 18+6+1=2518+6+1=25. Somme 1010 : 1+3+61+3+6, 1+4+51+4+5, 2+3+52+3+5 donnent 1818 ; 2+2+62+2+6, 2+4+42+4+4, 3+3+43+3+4 donnent 99 ; total 2727. Donc P(9)=25216P(9)=\frac{25}{216} et P(10)=27216=18P(10)=\frac{27}{216}=\frac{1}{8} : le 1010 est bien plus fréquent, ce que les joueurs observaient. La réalité, c'est-à-dire les fréquences, a obligé à corriger le modèle : ce ne sont pas les six écritures qui sont équiprobables, ce sont les 216216 triplets. C'est Galilée qui fit ce calcul pour le grand-duc.

d) Les faces opposées d'un dé font 77 : 11 et 66, 22 et 55, 33 et 44. Remplacer chaque face kk par 7−k7-k transforme un triplet de somme ss en un triplet de somme 21−s21-s, et cette correspondance associe chaque triplet à un seul autre. Or s>10s>10 équivaut à 21−s<1121-s<11, c'est-à-dire 21−s≤1021-s\le 10. Il y a donc exactement autant de triplets de somme supérieure à 1010 que de triplets de somme au plus 1010 : 108108 de chaque côté sur 216216. La probabilité de gagner vaut 108216=12\frac{108}{216}=\frac{1}{2}, le pari est équitable. Un raisonnement de symétrie remplace ici 216216 cas à écrire.

C : gagnéPC : gagnéP : perdu1/21/21/21/2

Exercice 10 : Problème : le partage de Pascal et Fermat

En 1654, Pascal et Fermat échangent des lettres sur le « problème des partis ». Deux joueurs, AA et BB, de même force, jouent une suite de manches : chaque manche est gagnée par l'un ou l'autre avec la probabilité 12\frac{1}{2}, indépendamment des autres. Le premier qui gagne 33 manches remporte la mise de 6464 pistoles. La partie est interrompue avant la fin.

Le partage juste, selon Pascal et Fermat, donne à chaque joueur une part de la mise proportionnelle à sa probabilité de gagner si la partie avait continué. Ce qui compte n'est donc pas le passé, mais ce qui RESTE à gagner.

  • a) La partie s'arrête sur le score de 22 manches à 11 pour AA. Quelle est la probabilité que BB l'aurait emporté ? Combien de pistoles revient-il à AA ?
  • b) Même question sur le score de 22 à 00 pour AA.
  • c) Sur le score de 11 à 00 pour AA, il manque 22 manches à AA et 33 à BB. Fermat imagine qu'on joue quatre manches de plus, même si le vainqueur est connu avant. Représentez ces quatre manches par un arbre : combien de suites de quatre résultats font gagner BB ? Donnez la probabilité que AA gagne, puis sa part.
  • d) Pourquoi a-t-on le droit de jouer des manches « fictives » ? Et que penser d'un partage proportionnel au score, qui donnerait tout à AA sur le score de 11 à 00 ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) P(B)=14P(B)=\frac{1}{4} ; AA reçoit 4848 pistoles, BB en reçoit 1616
  • b) P(B)=18P(B)=\frac{1}{8} ; AA reçoit 5656 pistoles, BB en reçoit 88
  • c) 55 suites sur 1616 font gagner BB ; P(A)=1116P(A)=\frac{11}{16} ; AA reçoit 4444 pistoles, BB en reçoit 2020
  • d) Les manches fictives ne changent pas le vainqueur et rendent les 1616 suites équiprobables ; le partage au score ignore ce qui reste à jouer

a) À 22 contre 11, il manque 11 manche à AA et 22 à BB. BB ne l'emporte que s'il gagne les DEUX manches suivantes ; les manches étant indépendantes, P(B)=12×12=14P(B)=\frac{1}{2}\times\frac{1}{2}=\frac{1}{4}, et P(A)=1−14=34P(A)=1-\frac{1}{4}=\frac{3}{4}. Part de AA : 34×64=48\frac{3}{4}\times 64=48 pistoles ; part de BB : 1616. C'est exactement le partage que Pascal propose dans sa lettre à Fermat. On raisonne sur l'avenir : les deux manches déjà gagnées par AA ne comptent que parce qu'elles fixent ce qui lui manque.

b) À 22 contre 00, il manque 11 manche à AA et 33 à BB, qui doit gagner trois manches de suite : P(B)=(12)3=18P(B)=\left(\frac{1}{2}\right)^{3}=\frac{1}{8}, et P(A)=78P(A)=\frac{7}{8}. Parts : 78×64=56\frac{7}{8}\times 64=56 pistoles pour AA, 88 pour BB. Un seul chemin de l'arbre fait gagner BB, tous les autres s'arrêtent dès que AA gagne une manche.

c) Quatre manches suffisent toujours à trancher : en quatre manches, ou AA en gagne au moins 22, ou BB en gagne au moins 33, jamais les deux. L'arbre des quatre manches fictives a 24=162^{4}=16 chemins, tous de probabilité (12)4=116\left(\frac{1}{2}\right)^{4}=\frac{1}{16}, puisque les manches sont des épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes. BB gagne s'il remporte au moins 33 des 44 manches : le chemin BBBBBBBB, plus les chemins avec exactement un AA, qui peut être en position 11, 22, 33 ou 44, soit 44 chemins. Total 1+4=51+4=5 chemins, P(B)=516P(B)=\frac{5}{16} et P(A)=1116P(A)=\frac{11}{16}. Parts : 1116×64=44\frac{11}{16}\times 64=44 pistoles pour AA, 516×64=20\frac{5}{16}\times 64=20 pour BB. Contrôle : 44+20=6444+20=64.

d) Les manches fictives jouées après la victoire de l'un ne changent pas le vainqueur : elles ne font que prolonger chaque chemin réel. Leur intérêt est de rendre les issues ÉQUIPROBABLES : les 1616 suites de quatre résultats ont toutes la probabilité 116\frac{1}{16}, alors que les fins réelles de partie ne le sont pas (AAAA, qui termine en deux manches, pèse 14\frac{1}{4}). C'est l'idée de Fermat, et c'est exactement l'erreur que d'Alembert commettra un siècle plus tard, dans l'autre sens. Quant au partage au score, il donnerait les 6464 pistoles à AA pour une seule manche d'avance, alors que BB garde 516\frac{5}{16} des chances : il regarde le passé au lieu de l'avenir, et il est injuste.

ABABABABABABABABABABABABABABABB gagneB gagneB gagneB gagneB gagne
Chapitre précédent Analyse de l'information chiffrée Chapitre suivant Variation linéaire : suites arithmétiques et fonctions affines

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Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/1mtc-phenomenes-aleatoires. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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