Physique-chimie, Seconde • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés de Seconde : synthèse d'une espèce chimique présente dans la nature
Voici dix exercices corrigés pour la partie « synthèse d'une espèce chimique présente dans la nature » du programme de physique-chimie de Seconde, suivi en France comme dans les lycées du réseau AEFE : montage à reflux, chromatographie sur couche mince (CCM), identification d'une espèce par sa température de fusion ou sa masse volumique, et preuve qu'une espèce synthétisée au laboratoire est identique à une espèce extraite de la nature. Chaque exercice a son corrigé complet, et ses réponses se vérifient directement sur la page.
À la fin de la série, vous savez légender un montage à reflux et dire le rôle de chaque élément, repérer les erreurs d'un montage faux, réaliser et lire une CCM avec une référence, calculer un rapport frontal, lire un banc Kofler, distinguer un corps pur d'un mélange, ajuster l'équation d'une synthèse et trouver le réactif limitant, y compris à partir de la masse des atomes.
Les situations sont réelles : la vitamine C de l'acérola et celle de l'usine, l'odeur du raisin et de la fleur d'oranger, l'arôme de framboise si volatil qu'il fuirait sans réfrigérant, la vanilline fabriquée à partir du gaïacol, l'acide cinnamique du styrax, un faux extrait de vanille démasqué par chromatographie, et l'indigo des jeans, de la feuille d'indigotier au bécher.
Le fil de la série tient en une phrase : « naturel » ou « de synthèse » ne qualifie pas l'espèce, seulement l'origine de l'échantillon, et c'est l'expérience qui prouve que deux échantillons sont la même espèce. Les corrigés démontent les erreurs qui coûtent le plus de points : l'eau qui entre par le haut du réfrigérant et le montage bouché (exercices 2 et 3), le rapport frontal mesuré depuis le bas de la plaque (exercice 5), le réactif limitant choisi sans les nombres stœchiométriques (exercices 4 et 10), la tache unique prise pour une preuve de pureté et la « copie » de synthèse (exercice 8).
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Une espèce chimique se reconnaît à ses propriétés : formule, températures de changement d'état, masse volumique, rapport frontal en CCM. Son origine, plante ou laboratoire, n'en change aucune.
•Une espèce synthétique peut être identique à une espèce naturelle ; une espèce artificielle n'existe pas dans la nature.
•Montage à reflux : le chauffage accélère la transformation ; le réfrigérant, alimenté en eau par le BAS, condense les vapeurs qui retombent dans le ballon ; le haut reste ouvert ; la pierre ponce régularise l'ébullition.
•CCM : ligne de dépôt au crayon, au-dessus du niveau de l'éluant ; cuve fermée ; révélation sous UV pour les espèces incolores. Deux taches à la même hauteur, sur la même plaque, avec le même éluant : même espèce.
•Rapport frontal : Rf=Hh, h et H mesurées depuis la ligne de dépôt.
•Un corps pur fond à une température fixe ; un mélange fond plus bas et sur un intervalle.
•Réactif limitant : le plus petit quotient de la quantité de matière par le nombre stœchiométrique.
•Masse d'une entité : somme des masses de ses atomes ; N=mentiteˊm et n=NAN.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Naturelle, de synthèse ou artificielle : combien d'espèces ?
Un laboratoire de contrôle reçoit cinq échantillons utilisés par l'industrie alimentaire. Pour chacun, il connaît l'origine et mesure quelques propriétés physiques.
A : vitamine C extraite de la poudre d'acérola, un fruit tropical. Formule brute C6H8O6, solide blanc qui fond vers 190∘C.
B : vitamine C fabriquée en usine à partir du glucose. Formule brute C6H8O6, solide blanc qui fond vers 190∘C.
C : cinnamaldéhyde extrait de l'écorce de cannelle. Formule brute C9H8O, liquide, masse volumique 1,05g/mL, bout à 248∘C.
D : cinnamaldéhyde synthétisé en usine. Formule brute C9H8O, liquide, masse volumique 1,05g/mL, bout à 248∘C.
E : saccharine, un édulcorant inventé en laboratoire en 1879 et qu'aucun être vivant ne fabrique. Formule brute C7H5NO3S, solide blanc qui fond à 228∘C.
a) Les échantillons A et B sont-ils la même espèce chimique ? Sur quelles données expérimentales vous appuyez-vous ?
b) Même question pour C et D. L'écorce de cannelle contient-elle « plus de cinnamaldéhyde naturel » au sens où son cinnamaldéhyde serait différent de D ?
c) Classez la saccharine : espèce naturelle, espèce synthétique identique à une espèce naturelle, ou espèce artificielle ?
d) Combien d'espèces chimiques différentes les cinq échantillons contiennent-ils, en ne comptant que l'espèce principale de chacun ?
e) Un complément alimentaire affiche « vitamine C naturelle, bien plus efficace que la vitamine C de synthèse ». Que dit la chimie de cette phrase ?
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Réponses
a)Oui : même formule brute et même température de fusion
b)Oui ; le cinnamaldéhyde de l'écorce est identique à celui de l'usine
c)Espèce artificielle : elle n'existe pas dans la nature
e)Fausse : même espèce, mêmes propriétés ; seule l'origine diffère
a)
Oui. A et B ont la même formule brute, C6H8O6, et la même température de fusion, 190∘C.
Une espèce chimique se reconnaît à ses propriétés : deux échantillons qui ont toutes les mêmes propriétés mesurées sont la même espèce, quelle que soit leur origine.
La formule brute seule ne suffirait pas (exercice 8) : c'est l'accord de PLUSIEURS données, ici la formule et la température de fusion, qui permet de conclure.
b)
Oui : même formule brute C9H8O, même masse volumique 1,05g/mL, même température d'ébullition 248∘C.
Le cinnamaldéhyde de l'écorce n'est pas « plus naturel » que celui de l'usine : ce sont des molécules identiques. « Naturel » dit d'où vient l'échantillon, pas ce qu'il est.
L'extraction de l'écorce se fait par hydrodistillation, une technique qu'on peut décrire en Seconde sans qu'elle soit exigible.
c)
La saccharine n'existe pas dans la nature : aucune plante, aucun animal n'en fabrique. C'est une espèce artificielle.
La vitamine C de B et le cinnamaldéhyde de D sont, eux, des espèces synthétiques identiques à des espèces naturelles.
Piège : « synthétique » et « artificielle » ne sont pas synonymes. Une espèce de synthèse peut exister dans la nature ; une espèce artificielle, jamais.
d)
A et B : une espèce, la vitamine C. C et D : une espèce, le cinnamaldéhyde. E : la saccharine.
Soit 3 espèces chimiques pour cinq échantillons.
Compter les échantillons (5) au lieu des espèces, c'est confondre l'origine et l'espèce.
e)
La vitamine C de l'acérola et celle de l'usine sont la même espèce : mêmes molécules, donc mêmes propriétés, et le même effet dans l'organisme.
La phrase est fausse pour la vitamine C elle-même. Une poudre d'acérola contient en revanche d'autres espèces que la vitamine C : c'est un mélange, et ces autres espèces peuvent avoir leurs propres effets.
Fil de la série : « naturel » qualifie l'origine d'un échantillon, jamais l'espèce chimique.
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Exercice 2 : Le montage à reflux, élément par élément
L'anthranilate de méthyle, C8H9NO2, donne son odeur au raisin de la variété Concord ; on le trouve aussi dans la fleur d'oranger et le jasmin. On le synthétise au laboratoire à partir d'acide anthranilique et de méthanol :
C7H7NO2+CH4O→C8H9NO2+H2O
On introduit dans un ballon 2,0g d'acide anthranilique, 20mL de méthanol, quelques gouttes d'acide sulfurique concentré et quelques grains de pierre ponce, puis on chauffe à reflux pendant une heure. Le méthanol bout à 65∘C. La figure représente le montage, ses éléments numérotés de 1 à 6.
a) Légendez le schéma : nommez les éléments 1, 4, 5 et 6.
b) Les tubulures 2 et 3 sont reliées l'une au robinet, l'autre à l'évier. Par laquelle l'eau doit-elle entrer ? Pourquoi ?
c) Quel est le rôle du chauffage ? Quel est le rôle du réfrigérant ?
d) Pourquoi le haut du réfrigérant doit-il rester ouvert ? À quoi sert la pierre ponce ?
e) Vérifiez que l'équation est ajustée : comptez les atomes de chaque élément de chaque côté.
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Réponses
a)1 réfrigérant à eau, 4 ballon, 5 pierre ponce, 6 chauffe-ballon
b)Par la tubulure 2, en bas : la chemise se remplit entièrement
c)Le chauffage accélère ; le réfrigérant condense les vapeurs, qui retombent : aucune perte
d)Ouvert pour éviter une surpression ; la pierre ponce régularise l'ébullition
e)8 C, 11 H, 1 N, 3 O de chaque côté : ajustée
a)
1 : réfrigérant à eau (réfrigérant droit). 4 : ballon, qui contient le mélange réactionnel. 5 : grains de pierre ponce. 6 : chauffe-ballon.
La potence et ses pinces tiennent le ballon et le réfrigérant ; voir le schéma légendé ci-dessous.
Un schéma légendé se dessine en coupe, à la règle, chaque légende reliée par un trait à l'objet qu'elle nomme : c'est une capacité exigible du programme de Seconde.
b)
L'eau entre par la tubulure du BAS, la 2, et ressort par celle du haut, la 3.
En montant, l'eau chasse l'air devant elle et remplit toute la chemise du réfrigérant : toute la hauteur du tube intérieur est refroidie.
Piège : alimentée par le haut, l'eau descend le long de la paroi et s'écoule sans remplir la chemise ; la partie haute reste pleine d'air et ne refroidit presque rien (exercice 3).
c)
Chauffage : il ACCÉLÈRE la transformation. À température ambiante, la synthèse prendrait des jours ; à l'ébullition, une heure suffit.
Réfrigérant : les vapeurs qui montent du ballon, surtout celles du méthanol qui bout dès 65∘C, se condensent au contact du tube froid et retombent dans le ballon. Rien ne s'échappe : on chauffe longtemps SANS PERDRE de réactif ni de produit.
Piège : le chauffage ne sert pas à « faire bouillir plus fort », et le réfrigérant ne refroidit pas le mélange réactionnel : il ne refroidit que les vapeurs.
d)
Le haut reste ouvert pour que la pression dans le montage reste égale à la pression atmosphérique. Un montage fermé qu'on chauffe voit sa pression monter : le bouchon saute ou la verrerie éclate.
La pierre ponce, poreuse, libère de petites bulles qui régularisent l'ébullition : elle évite les gros bouillonnements soudains qui projetteraient le mélange. On la met AVANT de chauffer.
e)
Carbone : 7+1=8 à gauche, 8 à droite.
Hydrogène : 7+4=11 à gauche, 9+2=11 à droite.
Azote : 1 de chaque côté. Oxygène : 2+1=3 à gauche, 2+1=3 à droite.
Chaque élément est conservé : l'équation est ajustée, avec des nombres stœchiométriques tous égaux à 1.
Exercice 3 : Le montage faux : trouver les erreurs
Léa veut synthétiser le méthanoate d'éthyle, C3H6O2, l'une des espèces de l'arôme de la framboise, à l'odeur de rhum. Il bout à 54∘C : c'est un liquide très volatil.
Son protocole : « Verser l'acide méthanoïque, l'éthanol et trois gouttes d'acide sulfurique dans le ballon. Pour ne rien perdre d'un produit aussi volatil, boucher le haut du réfrigérant. Ouvrir l'eau, puis chauffer trente minutes. » La figure montre son montage, au moment où elle ouvre le robinet.
a) Par où l'eau arrive-t-elle dans le réfrigérant de Léa ? Quelle conséquence voit-on sur la figure ?
b) Pourquoi le bouchon placé en haut du réfrigérant est-il dangereux ?
c) Qu'est-ce qui manque dans le protocole ?
d) Une fois le montage corrigé, que deviennent les vapeurs de méthanoate d'éthyle qui montent du ballon ? Quelle masse de produit le montage laisse-t-il s'échapper, en principe ?
e) Un camarade propose : « puisque le produit bout à 54∘C, il ne faut pas chauffer du tout ». Que lui répondez-vous ?
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Réponses
a)Par le haut : la chemise reste à moitié vide, les vapeurs du haut ne sont plus condensées
b)Montage fermé chauffé : surpression, le bouchon saute ou la verrerie éclate
c)La pierre ponce, à ajouter avant de chauffer
d)Elles se condensent et retombent : 0g perdu en principe
e)Le chauffage accélère, le réfrigérant empêche les pertes : on chauffe à reflux
a)
L'eau arrive par la tubulure du HAUT et s'évacue par celle du bas.
Sur la figure, la chemise n'est remplie que sur son tiers inférieur : l'eau descend le long de la paroi et ressort aussitôt par le bas, et la partie haute reste pleine d'air.
Les vapeurs qui atteignent le haut du réfrigérant ne sont plus condensées, et le méthanoate d'éthyle, très volatil, est le premier à s'échapper.
Correction : brancher le robinet sur la tubulure du bas, l'évier sur celle du haut.
b)
Le montage chauffé est alors un récipient FERMÉ : l'air et les vapeurs se dilatent, la pression monte, et le bouchon saute ou la verrerie éclate, projetant un liquide chaud et inflammable.
Le bouchon est d'ailleurs inutile : c'est le réfrigérant, et non un bouchon, qui empêche les pertes. Un montage à reflux reste toujours ouvert en haut.
Piège : croire qu'on évite les pertes en fermant. On les évite en condensant.
c)
La pierre ponce. Sans elle, l'ébullition se fait par à-coups : de grosses bulles se forment brusquement et peuvent projeter le mélange dans le réfrigérant.
On ajoute les grains AVANT de chauffer ; les jeter dans un liquide déjà chaud provoque une ébullition violente.
d)
Les vapeurs montent dans le tube intérieur, rencontrent la paroi refroidie par l'eau, se condensent en gouttes et retombent dans le ballon : c'est le « reflux ».
En principe aucune masse de produit ne s'échappe : 0g.
C'est tout l'intérêt du montage pour une espèce qui bout à 54∘C : on peut chauffer le mélange à l'ébullition pendant trente minutes sans la perdre.
e)
Sans chauffage, la transformation se ferait quand même, mais beaucoup trop lentement : plusieurs jours au lieu d'une demi-heure.
Le chauffage sert à ACCÉLÉRER la transformation ; le réfrigérant sert à ne rien perdre pendant ce chauffage. Les deux rôles vont ensemble : c'est la raison d'être du montage à reflux.
Piège : croire que le reflux sert à « faire bouillir plus fort ». Il sert à chauffer longtemps sans pertes.
Exercice 4 : Ajuster l'équation d'une synthèse et trouver le réactif limitant
La vanilline, C8H8O3, est l'espèce qui donne leur odeur aux gousses de vanille. La plus grande partie de la vanilline consommée dans le monde est synthétisée en usine, à partir du gaïacol C7H8O2 et de l'acide glyoxylique C2H2O3, avec du dioxygène. En résumant le procédé en une seule réaction, on obtient l'équation à ajuster :
…C7H8O2+…C2H2O3+…O2→…C8H8O3+…CO2+…H2O
Une molécule de gaïacol et une molécule d'acide glyoxylique donnent une molécule de vanilline et une molécule de dioxyde de carbone. On prend 1 comme nombre stœchiométrique du dioxygène. La transformation est supposée totale.
a) Le cinnamaldéhyde se synthétise selon C7H6O+C2H4O→C9H8O+H2O. Comptez les atomes de carbone, d'hydrogène et d'oxygène de chaque côté : l'équation est-elle ajustée ?
b) Ajustez l'équation de la synthèse de la vanilline : donnez les nombres stœchiométriques du gaïacol, de l'acide glyoxylique, de la vanilline, du dioxyde de carbone et de l'eau.
c) Dans un réacteur, on introduit 0,30mol de gaïacol, 0,25mol d'acide glyoxylique et 0,14mol de dioxygène. Quel est le réactif limitant ?
d) Quelle quantité de vanilline obtient-on au maximum ? Quelles quantités de gaïacol et de dioxygène restent à la fin ?
e) Un élève écrit : « le dioxygène est limitant, puisque c'est le réactif dont on a le moins ». A-t-il raison ? La vanilline obtenue est-elle la même espèce que celle de la gousse ?
d)0,25mol de vanilline ; restent 0,05mol de gaïacol et 0,015mol de dioxygène
e)Non : on compare n divisé par le nombre stœchiométrique ; oui, même espèce
a)
Carbone : 7+2=9 à gauche, 9 à droite.
Hydrogène : 6+4=10 à gauche, 8+2=10 à droite.
Oxygène : 1+1=2 à gauche, 1+1=2 à droite.
Chaque élément est conservé : l'équation est ajustée, tous les nombres stœchiométriques valent 1.
b)
Une molécule de gaïacol et une d'acide glyoxylique donnent une molécule de vanilline et une de dioxyde de carbone : on pose le même nombre a pour ces quatre espèces, et w pour l'eau.
Carbone : 7a+2a=8a+a, toujours vrai. Hydrogène : 8a+2a=8a+2w, donc w=a.
Oxygène : à gauche 2a+3a+2=5a+2, à droite 3a+2a+a=6a. Donc 5a+2=6a, soit a=2.
2C7H8O2+2C2H2O3+O2→2C8H8O3+2CO2+2H2O
Vérification : C 14+4=18=16+2 ; H 16+4=20=16+4 ; O 4+6+2=12=6+4+2.
c)
On divise chaque quantité par le nombre stœchiométrique du réactif :
Le plus petit quotient est celui de l'acide glyoxylique : c'est le réactif limitant. Il disparaît le premier et arrête la transformation.
d)
L'acide glyoxylique et la vanilline ont le même nombre stœchiométrique, 2 : n(vanilline)=0,25mol.
Gaïacol consommé : 0,25mol (même nombre 2), il reste 0,30−0,25=0,05mol.
Dioxygène consommé : deux fois moins, 0,125mol ; il reste 0,14−0,125=0,015mol.
Ce qui reste n'est jamais négatif : c'est la vérification du choix du réactif limitant.
e)
Non. On ne compare pas les quantités entre elles, mais les quantités DIVISÉES par les nombres stœchiométriques. Le dioxygène, de nombre 1, n'est consommé qu'à moitié autant que les deux autres : ses 0,14mol suffisent pour 0,28mol d'acide glyoxylique, plus qu'il n'y en a.
Oui, la vanilline de l'usine est la même espèce que celle de la gousse : même formule, mêmes propriétés. Seule son origine diffère (exercice 9).
Piège : choisir le limitant en comparant les quantités brutes. Ici cela donnerait le dioxygène, et tout le reste du calcul serait faux.
Exercice 5 : Chromatographie : le produit est-il celui de la fleur d'oranger ?
On reprend la synthèse de l'anthranilate de méthyle de l'exercice 2, mais le chauffage a été arrêté au bout de dix minutes au lieu d'une heure. Pour analyser le produit brut, on réalise une chromatographie sur couche mince (CCM). Sur la ligne de dépôt, on dépose :
A, l'acide anthranilique (réactif) ; S, le produit brut de la synthèse ; R, de l'anthranilate de méthyle pur du commerce ; N, de l'essence de néroli, extraite des fleurs d'oranger amer par hydrodistillation (une technique d'extraction qu'on peut décrire en Seconde, sans qu'elle soit exigible).
Les espèces sont incolores : après l'élution, on sèche la plaque et on la place sous une lampe ultraviolette, où chaque espèce apparaît en tache sombre, qu'on entoure au crayon. La figure représente la plaque révélée. Le front de l'éluant est à 6,4cm de la ligne de dépôt ; les taches sont à 1,6cm (A), 4,8 et 1,6cm (S), 4,8cm (R), 5,8 ; 4,8 et 2,6cm (N).
a) Faites le schéma légendé de la cuve pendant l'élution. Pourquoi la ligne de dépôt doit-elle être AU-DESSUS du niveau de l'éluant ?
b) Pourquoi faut-il une lampe ultraviolette pour lire cette plaque ?
c) Calculez le rapport frontal de R et celui de A.
d) Combien d'espèces le produit brut S contient-il ? Contient-il l'espèce attendue ? Quelle est l'autre, et pourquoi est-elle là ?
e) L'essence de néroli contient-elle de l'anthranilate de méthyle ? L'espèce synthétisée est-elle identique à celle que fabrique la fleur ?
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Réponses
a)Ligne de dépôt au-dessus de l'éluant, sinon les dépôts se dissolvent dans la cuve
b)Espèces incolores : on révèle sous UV
c)Rf(R)=0,75 ; Rf(A)=0,25
d)Deux espèces : l'anthranilate de méthyle et l'acide anthranilique qui n'a pas réagi ; S n'est pas pur
e)Oui ; même hauteur que R : l'espèce synthétisée est identique à celle de la fleur
a)
Schéma ci-dessous : une cuve fermée par un couvercle, un fond d'éluant, la plaque posée verticalement, la ligne de dépôt tracée au crayon à papier et les dépôts dessus, le front de l'éluant qui monte.
Si la ligne de dépôt trempait dans l'éluant, les dépôts se dissoudraient dans l'éluant de la cuve au lieu d'être entraînés le long de la plaque : il n'y aurait plus rien à lire.
Le couvercle empêche l'éluant de s'évaporer pendant qu'il monte, et le crayon à papier ne migre pas, contrairement à l'encre d'un stylo.
b)
Les espèces déposées sont incolores : à l'œil nu, la plaque paraît blanche après l'élution.
Sous la lampe ultraviolette, chaque espèce apparaît en tache sombre ; on entoure les taches au crayon pendant qu'elles sont visibles. C'est la RÉVÉLATION de la plaque.
Une espèce colorée, comme l'indigo de l'exercice 10, n'en a pas besoin.
c)
Le rapport frontal se mesure DEPUIS LA LIGNE DE DÉPÔT : Rf=Hh, h distance parcourue par la tache, H distance parcourue par l'éluant.
Rf(R)=6,44,8=0,75
Rf(A)=6,41,6=0,25
Piège : mesurer depuis le bas de la plaque. Avec la ligne de dépôt à 1cm du bord, on trouverait 7,45,8≈0,78 pour R : une valeur fausse.
d)
S donne deux taches : 2 espèces au moins.
La tache à 4,8cm est à la hauteur de R : S contient de l'anthranilate de méthyle.
La tache à 1,6cm est à la hauteur de A : c'est de l'acide anthranilique qui n'a pas réagi. Chauffé dix minutes seulement, le mélange n'a pas eu le temps de se transformer complètement : le produit brut n'est pas pur.
Les étapes de purification qui suivraient sont étudiées en Première.
e)
N a une tache à 4,8cm, à la hauteur exacte de R : l'essence de néroli contient de l'anthranilate de méthyle. Ses deux autres taches sont d'autres espèces : c'est un mélange.
La tache de l'espèce synthétisée (S) et celle de l'espèce extraite (N) sont à la même hauteur que la référence R, avec le même éluant, sur la même plaque : l'espèce synthétisée au laboratoire est identique à celle que synthétise la fleur.
C'est la capacité du programme : établir, à partir de données expérimentales, qu'une espèce synthétisée peut être identique à une espèce présente dans la nature.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : L'arôme de framboise : reflux, quantités et identification
On synthétise le méthanoate d'éthyle, C3H6O2, présent dans l'arôme de la framboise, à partir d'acide méthanoïque et d'éthanol :
CH2O2+C2H6O→C3H6O2+H2O
On verse dans le ballon 6,0mL d'acide méthanoïque et 15,0mL d'éthanol, puis on chauffe à reflux.
Les nombres stœchiométriques valent tous 1 : on compare directement, 0,159<0,257. L'acide méthanoïque est le réactif limitant ; il se formera au plus 0,159mol d'ester. Le rapport entre la quantité obtenue et ce maximum, le rendement, sera étudié en Première.
e)
La balance, tarée avec l'éprouvette, affiche la masse du liquide seul : m=9,17g pour V=10,0mL.
ρ=10,09,17≈0,917g/mL
C'est la masse volumique du méthanoate d'éthyle (0,92g/mL), pas celle de l'éthanol (0,789), de l'acide (1,22) ni de l'eau (1,00). La température d'ébullition, 54∘C, le confirme : deux propriétés concordantes identifient l'espèce.
Cette espèce, fabriquée dans un ballon, est la même que celle que fabrique la framboise : mêmes propriétés, même espèce.
Exercice 7 : Banc Kofler : l'acide cinnamique du styrax et celui du ballon
L'acide cinnamique, C9H8O2, est présent dans le styrax, la résine odorante d'un arbre, le liquidambar d'Orient. On le synthétise aussi au laboratoire à partir de benzaldéhyde et d'acide malonique, en chauffant à reflux :
C7H6O+C3H4O4→C9H8O2+CO2+H2O
Un banc Kofler est une plaque chauffée dont la température croît régulièrement d'une extrémité à l'autre. On y dépose une traînée de poudre du côté froid, on la pousse vers le côté chaud, et on lit la température à la frontière entre le solide et le liquide. La figure montre une portion du banc, de 110 à 150∘C : la trace A est celle des cristaux extraits du styrax puis purifiés, la trace B celle du produit brut de la synthèse. Sur la trace B, la poudre devient pâteuse dès 121∘C et n'est entièrement liquide qu'à la frontière dessinée.
Températures de fusion de référence : acide cinnamique 133∘C ; acide benzoïque 122∘C ; acide malonique 135∘C ; le benzaldéhyde est liquide à la température ambiante.
a) Lisez sur la figure la température de fusion de la trace A et celle de la trace B.
b) Quelle espèce l'échantillon A est-il ? Avec quelle espèce de référence pourrait-on le confondre si le banc n'était précis qu'à 2∘C près ?
c) Le produit brut B est-il un corps pur ? Justifiez par deux observations.
d) Après une purification (une technique étudiée en Première), le produit de synthèse fond nettement à 133∘C. Que peut-on conclure ? Quelle seconde expérience confirmerait la conclusion ?
e) Avant toute mesure, on étalonne le banc avec une espèce de température de fusion connue. Pourquoi ?
Voir la correction
Réponses
a)A : 133∘C ; B : 127∘C
b)Acide cinnamique ; confusion possible avec l'acide malonique (135∘C)
c)Non : il fond plus bas et sur un intervalle, c'est un mélange
d)Même espèce que celle du styrax ; à confirmer par une CCM avec référence
e)Pour que la température lue soit juste
a)
Trace A : la poudre est solide jusqu'à 133∘C et liquide au-delà : Tf=133∘C.
Trace B : la frontière est à 127∘C.
On lit la frontière sur la graduation, chaque petit trait valant 1∘C : 133 est trois traits après 130, 127 trois traits avant.
b)
133∘C est la température de fusion de l'acide cinnamique : A est de l'acide cinnamique.
L'acide malonique fond à 135∘C, à 2∘C seulement : avec un banc précis à 2∘C près, les deux espèces ne se distingueraient pas. Une seule mesure n'identifie une espèce que si aucune autre candidate n'a une valeur voisine.
L'acide benzoïque (122∘C) est, lui, trop loin pour une confusion.
c)
Non. Première observation : B fond à 127∘C, sous la température de fusion de l'acide cinnamique pur.
Seconde observation : la fusion s'étale de 121 à 127∘C au lieu d'être nette. Un corps pur fond à une température fixe ; un mélange fond sur un intervalle, et plus bas.
B contient donc de l'acide cinnamique et d'autres espèces : de l'acide malonique qui n'a pas réagi, par exemple.
d)
Purifié, le produit de synthèse fond à 133∘C, comme l'acide cinnamique extrait du styrax : les deux échantillons sont compatibles avec la même espèce.
Pour le confirmer, on réalise une CCM : dépôts du produit de synthèse purifié, de l'échantillon A et d'acide cinnamique pur, sur la même plaque. Une tache unique pour chacun, à la même hauteur, confirme que l'espèce synthétisée est identique à celle du styrax, et écarte l'acide malonique, dont la tache serait ailleurs.
Deux données concordantes, la température de fusion et le rapport frontal, valent mieux qu'une.
e)
Le banc chauffe toujours un peu différemment d'un jour à l'autre. On dépose une espèce dont la température de fusion est connue, et on règle l'index pour que la lecture donne cette valeur.
Sans étalonnage, une lecture de 133∘C pourrait correspondre à 131 ou 135∘C en réalité, et l'identification ne vaudrait rien.
On choisit une référence de température de fusion proche de celle qu'on attend, ici l'acide benzoïque à 122∘C par exemple.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites où est l'erreur et donnez l'énoncé correct.
a) « Une espèce de synthèse est moins bonne pour la santé que la même espèce extraite d'une plante. »
b) « La vanilline de synthèse est une copie de la vanilline de la gousse : elle lui ressemble, mais ce n'est pas tout à fait la même molécule. »
c) « Dans un montage à reflux, le réfrigérant sert à refroidir le mélange réactionnel. »
d) « Sur une CCM, le produit ne donne qu'une tache : il est donc pur. »
e) « La vanilline et le salicylate de méthyle, l'espèce qui parfume l'essence de gaulthérie, ont la même formule brute C8H8O3 : c'est la même espèce. »
Voir la correction
Réponses
a)Même espèce, mêmes effets ; seule la composition du reste de l'échantillon peut différer
b)Ce n'est pas une copie : c'est la même espèce
c)Le réfrigérant refroidit les vapeurs, qui retombent ; le mélange reste chauffé
d)Une tache unique : aucune autre espèce détectée dans ces conditions, pas une preuve de pureté
Faux. Si les deux échantillons contiennent la même espèce, ce sont les mêmes molécules : leurs effets sur la santé sont identiques. Une espèce toxique l'est autant extraite d'une plante que fabriquée en usine.
Ce qui peut différer, c'est le reste de l'échantillon : un extrait de plante est un mélange, un produit de synthèse peut contenir des restes de réactifs. On juge chaque échantillon sur sa composition, pas sur son origine.
Énoncé correct : une espèce chimique a les mêmes propriétés, y compris pour la santé, quelle que soit son origine.
b)
Faux. La vanilline de synthèse n'est pas une copie : c'est la MÊME espèce, faite des mêmes molécules, avec la même température de fusion et le même rapport frontal.
Énoncé correct : la vanilline de synthèse est identique à la vanilline de la gousse ; seule l'origine de l'échantillon diffère. Le mot « copie » appliqué à une molécule n'a pas de sens.
c)
Faux. Le réfrigérant refroidit les VAPEURS qui montent du ballon, pour les condenser et les renvoyer dans le ballon. Le mélange réactionnel, lui, reste chauffé.
Énoncé correct : le chauffage accélère la transformation, et le réfrigérant évite la perte des espèces volatiles pendant ce chauffage.
d)
Faux. Une seule tache dit qu'on n'a détecté qu'une espèce, dans ces conditions : avec cet éluant et cette révélation. Une impureté qui ne migre pas, qui n'est pas révélée, ou dont la tache coïncide avec celle du produit passe inaperçue.
Énoncé correct : une tache unique signifie qu'aucune autre espèce n'est détectée ; pour conclure sur l'identité, on compare à une référence déposée sur la même plaque, et l'on recoupe avec une autre mesure, comme la température de fusion.
e)
Faux. Des espèces différentes peuvent avoir la même formule brute, les atomes étant assemblés autrement.
La vanilline est un solide qui fond à 81∘C ; le salicylate de méthyle est un liquide qui ne se solidifie qu'à −9∘C. Des propriétés différentes prouvent qu'il s'agit d'espèces différentes. On les appelle des isomères, une notion étudiée en Première.
Énoncé correct : la même formule brute ne suffit pas ; il faut comparer des propriétés mesurées.
Exercice 9 : Extrait de vanille ou vanilline diluée ? Une fraude démasquée
Sur une étiquette, « extrait de vanille » ou « arôme naturel de vanille » signifie que l'arôme provient des gousses. Un arôme fait de vanilline de synthèse, beaucoup moins chère, doit s'appeler simplement « arôme vanille ». L'éthylvanilline, C9H10O3, à l'odeur encore plus forte, est une espèce artificielle : elle n'existe dans aucune plante.
Un laboratoire de contrôle analyse un flacon vendu comme « extrait naturel de vanille ». Il dépose sur une plaque de CCM : V, de la vanilline pure ; E, de l'éthylvanilline pure ; G, un extrait préparé à partir de gousses authentiques ; P, le contenu du flacon. Après élution et révélation sous lampe ultraviolette, il obtient la plaque de la figure. Le front de l'éluant est à 5,0cm de la ligne de dépôt ; les taches sont à 2,0cm (V), 2,6cm (E), 3,4 ; 2,0 et 1,1cm (G), 2,6 et 2,0cm (P).
a) Calculez le rapport frontal de la vanilline et celui de l'éthylvanilline.
b) Le flacon P contient-il de la vanilline ? De l'éthylvanilline ?
c) Combien d'espèces l'extrait de gousses G contient-il ? Le flacon P contient-il les autres espèces de la gousse ?
d) L'étiquette du flacon est-elle honnête ? Donnez les deux indices fournis par la plaque.
e) Le fabricant se défend : « la vanilline de notre flacon est exactement celle de la gousse ». Est-ce vrai ? La CCM permet-elle de dire d'où vient cette vanilline ?
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Réponses
a)Rf(V)=0,40 ; Rf(E)=0,52
b)Oui et oui
c)3 espèces dans G ; P ne contient pas les deux autres
d)Non : éthylvanilline artificielle, et aucune des espèces qui accompagnent la vanilline
e)Vrai, même espèce ; la CCM ne dit pas son origine, seules les autres espèces trahissent la fraude
a)
Rf=Hh, les deux distances mesurées depuis la ligne de dépôt.
Rf(V)=5,02,0=0,40
Rf(E)=5,02,6=0,52
Deux espèces voisines, deux rapports frontaux différents : la CCM les sépare.
b)
P a une tache à 2,0cm, à la hauteur de V : il contient de la vanilline.
P a une tache à 2,6cm, à la hauteur de E : il contient de l'éthylvanilline.
On conclut en comparant aux références déposées SUR LA MÊME PLAQUE, avec le même éluant, et non à des valeurs lues dans un livre : le rapport frontal dépend de l'éluant et de la plaque.
c)
G donne trois taches : au moins 3 espèces. Celle à 2,0cm est la vanilline, l'espèce principale de la gousse ; les deux autres, à 3,4 et 1,1cm, sont d'autres espèces odorantes que fabrique la plante.
P n'a aucune tache à 3,4 ni à 1,1cm : il ne contient pas les autres espèces de la gousse.
d)
Non, l'étiquette ment. Premier indice : P contient de l'éthylvanilline, une espèce artificielle qu'aucune gousse ne peut fournir.
Second indice : P ne contient pas les espèces qui accompagnent toujours la vanilline dans un vrai extrait de gousses. Le flacon est de la vanilline et de l'éthylvanilline de synthèse, vendues comme un extrait naturel.
Ce n'est pas la vanilline qui trahit le fraudeur, c'est tout ce qui l'entoure.
e)
Vrai : la vanilline de synthèse est la même espèce que celle de la gousse, et sa tache est exactement à la même hauteur.
Justement : la CCM ne peut pas dire d'où vient cette vanilline, puisque c'est la même espèce. Elle ne détecte la fraude que par les AUTRES espèces, présentes ou absentes.
Pour remonter à l'origine d'une vanilline seule, les laboratoires de contrôle mesurent la proportion des isotopes du carbone dans ses molécules, une analyse hors programme de Seconde.
Fil de la série : « naturel » qualifie l'origine de l'échantillon, pas l'espèce.
Exercice 10 : Le bleu des jeans : indigo de la plante ou indigo de synthèse
L'indigo, C16H10N2O2, est le colorant bleu des jeans. Pendant des siècles, on l'a extrait des feuilles de l'indigotier ; depuis le début du XXe siècle, presque tout l'indigo est synthétisé en usine.
Au lycée, on le synthétise à température ambiante, sans chauffage, en mélangeant du 2-nitrobenzaldéhyde C7H5NO3 et de l'acétone C3H6O dans une solution d'hydroxyde de sodium : l'indigo se forme et précipite. L'équation, à ajuster, est :
On compare ensuite par CCM : C, de l'indigo pur du commerce ; N, l'indigo extrait de feuilles d'indigotier ; L, l'indigo synthétisé au lycée. Les espèces sont colorées : les taches se voient sans révélation. Le front de l'éluant est à 4,0cm de la ligne de dépôt ; les taches bleues sont toutes à 2,4cm, et N porte en plus une tache pourpre à 1,6cm.
a) Ajustez l'équation, le nombre stœchiométrique de l'indigo valant 1.
b) On utilise 6,6×10−3mol de 2-nitrobenzaldéhyde et 0,27mol d'acétone. Quel est le réactif limitant ? Quelle quantité d'indigo peut-on obtenir au maximum ?
c) Calculez le rapport frontal de l'indigo. L'indigo synthétisé au lycée est-il la même espèce que celui de la plante ?
d) La tache pourpre de N est celle de l'indirubine, un autre colorant de l'indigotier, de même formule brute que l'indigo. Calculez son rapport frontal. L'échantillon N est-il un corps pur ?
e) Un artisan affirme : « l'indigo naturel est une autre molécule, plus belle ; c'est pour cela que les jeans teints à l'indigotier ont une nuance différente ». Rectifiez.
Le 2-nitrobenzaldéhyde est limitant (l'acétone, très en excès, sert aussi de solvant).
Il faut DEUX molécules de 2-nitrobenzaldéhyde pour UNE molécule d'indigo : nmax(indigo)=26,6×10−3=3,3×10−3mol.
Piège : écrire 6,6×10−3mol, comme si une molécule de réactif donnait une molécule d'indigo. Le nombre stœchiométrique fait le calcul.
c)
Rf(indigo)=4,02,4=0,60
Les taches bleues de C, N et L sont à la même hauteur, sur la même plaque, avec le même éluant : l'indigo synthétisé au lycée est la même espèce que l'indigo de la plante, et que celui du commerce.
Une réaction faite en quelques minutes dans un bécher fabrique la même molécule que la feuille d'indigotier : c'est l'expérience qui le prouve, pas l'origine.
d)
Rf(indirubine)=4,01,6=0,40
N donne deux taches : il contient au moins deux espèces, l'indigo et l'indirubine. C'est un mélange, pas un corps pur.
L'indirubine a la même formule brute que l'indigo, et pourtant une autre couleur et un autre rapport frontal : ce sont deux espèces différentes (exercice 8). Ici, c'est l'indigo de la plante qui est le moins pur des trois échantillons.
e)
L'indigo de l'indigotier est exactement la même molécule que l'indigo de synthèse : même tache, même rapport frontal.
La nuance différente vient des AUTRES espèces de l'extrait, en particulier de l'indirubine, pourpre, qui teint le tissu en même temps que l'indigo.
Phrase juste : « l'extrait d'indigotier est un mélange d'indigo et d'autres colorants comme l'indirubine ; c'est ce mélange, et non une autre molécule d'indigo, qui donne sa nuance ».
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