Physique-chimie, Seconde • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés de Seconde : transformation physique, changements d'état et énergie

Voici dix exercices corrigés pour la partie « transformation physique » du programme de physique-chimie de Seconde, suivi en France comme dans les lycées du réseau AEFE : écriture symbolique d'un changement d'état, modélisation microscopique d'un changement d'état, transformations physiques endothermiques et exothermiques, énergie de changement d'état et ses applications. Chaque exercice a son corrigé complet, et ses réponses se vérifient directement sur la page.

À la fin de la série, vous savez nommer les six changements d'état et en citer des exemples, écrire une équation comme H2O(s)→H2O(ℓ)\mathrm{H_2O(s)}\rightarrow\mathrm{H_2O(\ell)}, distinguer une fusion d'une dissolution, dire dans quel sens va le transfert thermique et si la transformation est endothermique ou exothermique, exploiter Q=m×LQ=m\times L et relier l'énergie échangée à la masse qui change d'état.

Les situations sont concrètes : le givre sur un pare-brise et la neige de culture, le diiode qui se sublime, le sucre et le glaçon dans le thé, le sel sur une route verglacée, la cruche poreuse, le nuage d'orage, la patinoire et le fer à vapeur, la fonderie et la soudure à l'étain, la fonte du Groenland, le palier de l'acide laurique, la mesure de l'énergie de fusion de la glace avec deux entonnoirs, le verger arrosé contre le gel et le réfrigérateur.

Le fil de la série tient en une phrase : dans un changement d'état, les molécules restent les mêmes, seule leur disposition change ; les séparer demande de l'énergie, les rapprocher en rend, en proportion de la masse. Les corrigés démontent les erreurs qui coûtent le plus de points : la condensation confondue avec la liquéfaction (exercice 1), l'équation qui casse les molécules (exercices 2 et 8), le sucre qui « fond » (exercice 3), la glace qui « donne du froid » (exercices 4 et 8), la masse laissée en grammes (exercices 5, 7 et 8), la température qui monterait pendant le palier (exercice 6), l'énergie de la fonte oubliée au matin (exercice 9).

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Ce chapitre fait partie de Physique-chimie en Seconde
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1États de la matière, masse et volumeCinquième
  2. 2Mélanges, solutions et dissolutionCinquième
  3. 3Atomes, molécules et transformations chimiquesQuatrième
  4. 4Constitution de la matière

Rappel de cours

  • • Six changements d'état : fusion (solide vers liquide), solidification (liquide vers solide), vaporisation (liquide vers gaz), liquéfaction (gaz vers liquide), sublimation (solide vers gaz), condensation (gaz vers solide).
  • • Une équation de changement d'état garde la même formule des deux côtés et précise l'état : H2O(ℓ)→H2O(g)\mathrm{H_2O(\ell)}\rightarrow\mathrm{H_2O(g)}, avec (s), (ℓ\ell) et (g).
  • • Au niveau microscopique, les molécules sont conservées : seules leur disposition et leur agitation changent. La masse se conserve.
  • • Une fusion concerne un seul corps, qui passe de l'état solide à l'état liquide ; une dissolution disperse un soluté dans un solvant et forme une solution.
  • • Un changement d'état qui sépare les entités (fusion, vaporisation, sublimation) est endothermique : le système reçoit de l'énergie. Les trois inverses sont exothermiques.
  • • Le transfert thermique va toujours du corps le plus chaud vers le plus froid ; le « froid » ne se transfère pas.
  • • Énergie échangée lors d'un changement d'état : Q=m×LQ=m\times L, avec mm en kg\mathrm{kg} et LL, énergie massique de changement d'état, en J/kg\mathrm{J/kg}. Pour l'eau, Lf=3,34×105 J/kgL_f=3{,}34\times 10^{5}\ \mathrm{J/kg}.
  • • Un corps pur change d'état à température constante : c'est le palier.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Six changements d'état, dans la maison et dans la nature

Le schéma ci-dessous représente un même corps pur, l'eau, dans ses trois états physiques, au niveau des molécules. Les six flèches numérotées de 1 à 6 sont les six changements d'état possibles.

Vocabulaire retenu ici, celui des manuels de lycée : le passage du gaz au liquide est une liquéfaction, le passage direct du gaz au solide est une condensation.

solideliquidegaz123456
  • a) Nommez les changements d'état 1, 2 et 3.
  • b) Nommez les changements d'état 4, 5 et 6.
  • c) Identifiez le changement d'état en jeu dans chacune de ces situations : le givre qui recouvre un pare-brise après une nuit claire et froide ; la neige de culture, fabriquée en projetant de fines gouttelettes d'eau dans l'air glacé ; la flaque qui disparaît après l'averse ; la boule antimite de naphtalène qui rapetisse dans l'armoire sans jamais mouiller le linge.
  • d) Choisissez l'équation qui modélise la formation du givre.
  • e) Comparez les molécules d'eau dans les trois boîtes : qu'est-ce qui change d'un état à l'autre, et qu'est-ce qui ne change pas ? Citez enfin un exemple de fusion et un exemple de liquéfaction pris dans l'environnement.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 1 fusion, 2 solidification, 3 vaporisation
  • b) 4 liquéfaction, 5 sublimation, 6 condensation
  • c) Givre : condensation ; neige de culture : solidification ; flaque : vaporisation ; antimite : sublimation
  • d) H2O(g)→H2O(s)\mathrm{H_2O(g)}\rightarrow\mathrm{H_2O(s)}
  • e) Les molécules restent les mêmes ; seules leur disposition et leur agitation changent
a)

On lit le sens de chaque flèche, état de départ puis état d'arrivée :

1 va du solide au liquide : fusion.

2 va du liquide au solide : solidification.

3 va du liquide au gaz : vaporisation (on dit évaporation quand elle se fait lentement, sous la température d'ébullition, et ébullition quand des bulles se forment dans tout le liquide).

b)

4 va du gaz au liquide : liquéfaction.

5 va directement du solide au gaz : sublimation.

6 va directement du gaz au solide : condensation.

Piège : dans la langue courante, « condensation » désigne souvent la buée, donc le passage du gaz au liquide. Dans un devoir, on écrit liquéfaction pour gaz vers liquide ; certains manuels disent « condensation liquide » et « condensation solide », ce qui est accepté si l'adjectif est écrit.

c)

Le givre : la vapeur d'eau de l'air passe directement à l'état solide sur la vitre glacée, sans goutte intermédiaire : condensation.

La neige de culture : des gouttelettes d'eau liquide gèlent dans l'air froid : solidification.

La flaque : l'eau liquide passe à l'état gazeux, lentement, à la température de l'air : vaporisation, sous forme d'évaporation.

La boule antimite : le naphtalène solide passe directement à l'état gazeux, d'où l'odeur et l'absence de liquide : sublimation.

d)

Le givre se forme à partir de vapeur d'eau et donne de l'eau solide :

H2O(g)→H2O(s)\displaystyle \mathrm{H_2O(g)}\rightarrow\mathrm{H_2O(s)}

La formule H2O\mathrm{H_2O} est la même des deux côtés : seul l'état physique, écrit entre parenthèses, change. (s) pour solide, (ℓ\ell) pour liquide, (g) pour gaz.

Piège : l'équation 2 H2(g)+O2(g)→2 H2O(s)\mathrm{2\,H_2(g)+O_2(g)}\rightarrow\mathrm{2\,H_2O(s)} fabrique de l'eau à partir d'autres espèces : c'est une réaction chimique, pas un changement d'état.

e)

Dans les trois boîtes, ce sont les MÊMES molécules H2O\mathrm{H_2O}, en même nombre dans le solide et dans le liquide : un changement d'état ne crée ni ne détruit aucune molécule, d'où la conservation de la masse.

Ce qui change, c'est leur disposition et leur liberté : rangées et serrées dans le solide, serrées mais en désordre dans le liquide, éloignées et rapides dans le gaz.

Exemples dans l'environnement : la fonte des neiges au printemps ou d'un glacier (fusion) ; la formation d'un nuage ou de la rosée, quand la vapeur d'eau de l'air se refroidit (liquéfaction).

solideliquidegazfusionsolidificationvaporisationliquéfactionsublimationcondensationorange : le corps reçoit de l'énergie (endothermique)bleu : le corps cède de l'énergie (exothermique)

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Exercice 2 : Le diiode qui se sublime : équation et modèle moléculaire

On chauffe doucement quelques cristaux de diiode, de formule I2\mathrm{I_2}, au fond d'un ballon fermé. Une vapeur violette remplit le ballon sans qu'aucun liquide n'apparaisse. Sur le haut du ballon, resté froid, de petits cristaux brillants se reforment.

La figure représente le contenu du ballon avant le chauffage, puis trois modèles proposés par des élèves pour la vapeur violette.

avantmodèle Amodèle Bmodèle C
  • a) Nommez le changement d'état qui se produit au fond du ballon, puis celui qui se produit sur la paroi froide.
  • b) Choisissez l'équation qui modélise le changement d'état au fond du ballon.
  • c) Quel modèle représente correctement la vapeur ? Comptez les atomes d'iode dans la boîte « avant » et dans le modèle C.
  • d) Identifiez la nature physique, chimique ou nucléaire de chacune de ces transformations : (1) I2(s)→I2(g)\mathrm{I_2(s)}\rightarrow\mathrm{I_2(g)} ; (2) H2(g)+I2(g)→2 HI(g)\mathrm{H_2(g)+I_2(g)}\rightarrow\mathrm{2\,HI(g)} ; (3) 53131I→54131Xe+−10e^{131}_{53}\mathrm{I}\rightarrow{}^{131}_{54}\mathrm{Xe}+{}^{0}_{-1}\mathrm{e} ; (4) C2H6O(ℓ)→C2H6O(g)\mathrm{C_2H_6O(\ell)}\rightarrow\mathrm{C_2H_6O(g)}.
  • e) Le ballon contenait 0,50 g0{,}50\ \mathrm{g} de diiode. Quelle est la masse de vapeur quand tout le solide a disparu ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Sublimation au fond, condensation sur la paroi froide
  • b) I2(s)→I2(g)\mathrm{I_2(s)}\rightarrow\mathrm{I_2(g)}
  • c) Modèle A ; 16 atomes avant, 10 dans le modèle C (masse non conservée)
  • d) (1) physique, (2) chimique, (3) nucléaire, (4) physique
  • e) 0,50 g0{,}50\ \mathrm{g}
a)

Au fond, le solide passe directement à l'état gazeux, sans liquide : c'est une sublimation.

Sur la paroi froide, le gaz redevient directement solide : c'est une condensation.

Les deux changements sont inverses l'un de l'autre, comme la fusion et la solidification.

b)
I2(s)→I2(g)\displaystyle \mathrm{I_2(s)}\rightarrow\mathrm{I_2(g)}

Le réactif et le produit sont la même espèce, I2\mathrm{I_2} : seul l'état physique change.

Piège : écrire I2(s)→2 I(g)\mathrm{I_2(s)}\rightarrow\mathrm{2\,I(g)}. Cette équation casse chaque molécule en deux atomes : elle décrit une transformation chimique, qui ne se produit pas au fond de ce ballon.

c)

Le modèle A est le bon : on y retrouve les huit molécules I2\mathrm{I_2} de la boîte « avant », intactes, simplement éloignées les unes des autres et en mouvement désordonné.

Le modèle B casse les molécules : il représenterait une transformation chimique.

Le modèle C : la boîte « avant » contient 88 molécules, soit 8×2=168\times 2=16 atomes d'iode ; le modèle C n'en a que 5×2=105\times 2=10. Six atomes ont disparu : la masse ne serait pas conservée, ce que la balance dément.

Méthode : dans un changement d'état, on retrouve les mêmes molécules, en même nombre ; seules leur disposition et leur agitation changent.

d)

On compare les deux membres de chaque écriture :

(1) même espèce des deux côtés, l'état change : transformation physique.

(2) les molécules changent (H2\mathrm{H_2} et I2\mathrm{I_2} deviennent HI\mathrm{HI}) mais les éléments H et I se conservent : transformation chimique.

(3) le noyau change : l'iode (Z=53Z=53) devient du xénon (Z=54Z=54) : transformation nucléaire.

(4) l'éthanol reste de l'éthanol, liquide puis gaz : transformation physique.

e)

Rien n'entre ni ne sort du ballon fermé, et les molécules sont conservées :

mvapeur=msolide=0,50 g\displaystyle m_{\text{vapeur}}=m_{\text{solide}}=0{,}50\ \mathrm{g}

La masse se conserve lors d'un changement d'état ; c'est le volume qui augmente énormément, puisque les molécules du gaz sont très éloignées.

Exercice 3 : Le sucre dans le thé, le glaçon dans le thé : fusion ou dissolution ?

Dans 200 g200\ \mathrm{g} de thé, on plonge un morceau de sucre de 5,0 g5{,}0\ \mathrm{g}, puis un glaçon de 20 g20\ \mathrm{g}. Quelques minutes plus tard, on ne voit plus ni l'un ni l'autre, et un élève note : « le sucre et le glaçon ont fondu ».

La figure modélise deux expériences au niveau des molécules : le saccharose (le sucre) est représenté par une sphère jaune, l'eau par ses trois atomes.

12+saccharoseeau
  • a) Laquelle des deux expériences de la figure modélise une fusion ? Laquelle modélise une dissolution ?
  • b) Combien d'espèces chimiques le récipient contient-il à la fin de l'expérience 1 ? À la fin de l'expérience 2 ?
  • c) Quelle est la masse du contenu de la tasse quand le sucre a disparu ? Puis quand le glaçon a disparu à son tour ?
  • d) On répand du sel sur une route verglacée à −5 ∘C-5\ \mathrm{^\circ C}, et l'on entend « le sel fait fondre la glace ». Le chlorure de sodium fond à 801 ∘C801\ \mathrm{^\circ C}. Que devient le sel sur la route ? De combien de degrés faudrait-il dépasser la température de la route pour qu'il fonde vraiment ?
  • e) Choisissez l'équation de la fusion du glaçon, et corrigez la phrase de l'élève.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Expérience 1 : fusion ; expérience 2 : dissolution
  • b) 1 espèce après la fusion, 2 après la dissolution
  • c) 205 g205\ \mathrm{g}, puis 225 g225\ \mathrm{g}
  • d) Le sel se dissout ; il faudrait 806 ∘C806\ \mathrm{^\circ C} de plus pour qu'il fonde
  • e) H2O(s)→H2O(ℓ)\mathrm{H_2O(s)}\rightarrow\mathrm{H_2O(\ell)} ; « le sucre s'est dissous, le glaçon a fondu »
a)

Expérience 1 : une seule espèce, l'eau, passe de l'état solide (molécules rangées) à l'état liquide (molécules en désordre) : c'est une fusion.

Expérience 2 : un solide, le saccharose, se disperse dans un liquide, l'eau ; ses molécules se retrouvent séparées et entourées de molécules d'eau : c'est une dissolution.

Le critère : une fusion concerne UNE espèce, qui change d'état ; une dissolution en concerne DEUX, un soluté et un solvant, et produit un mélange, la solution.

b)

Expérience 1 : une seule espèce, H2O\mathrm{H_2O}, sous un autre état.

Expérience 2 : deux espèces, l'eau et le saccharose, mélangées dans une même phase liquide.

Aucune molécule nouvelle n'apparaît dans les deux cas : les deux transformations sont physiques.

c)

La masse se conserve dans une dissolution comme dans une fusion :

200+5,0=205 g200+5{,}0=205\ \mathrm{g} après la dissolution du sucre ;

205+20=225 g205+20=225\ \mathrm{g} après la fusion du glaçon.

Le sucre n'a pas disparu : il est toujours dans la tasse, en molécules trop petites pour être vues, et le thé est sucré.

d)

Le sel ne fond pas : il se DISSOUT dans la fine pellicule d'eau liquide qui recouvre toujours un peu la glace, et forme de l'eau salée.

Pour le faire fondre, il faudrait dépasser la température de la route de :

801−(−5)=806 ∘C\displaystyle 801-(-5)=806\ \mathrm{^\circ C}

C'est la glace qui fond, parce que l'eau salée ne gèle qu'au-dessous de 0 ∘C0\ \mathrm{^\circ C}. La phrase juste : « le sel se dissout, et l'eau salée fait fondre la glace ».

e)
H2O(s)→H2O(ℓ)\displaystyle \mathrm{H_2O(s)}\rightarrow\mathrm{H_2O(\ell)}

Phrase corrigée : « le sucre s'est dissous dans le thé, le glaçon a fondu ».

Piège : « fondre » ne s'emploie que pour le passage d'un corps du solide au liquide. Un sucre qui disparaît dans un liquide se dissout ; il ne fondrait qu'au-delà d'environ 185 ∘C185\ \mathrm{^\circ C}, en noircissant aussitôt.

Ce qu'on retient : on peut dissoudre sans chauffer, on ne peut pas faire fondre sans atteindre la température de fusion.

Exercice 4 : Qui donne l'énergie à qui ? Cruche, nuage, patinoire et fer à vapeur

Pour décrire un transfert thermique, on choisit un SYSTÈME, ici l'espèce qui change d'état, et l'on appelle milieu extérieur tout le reste. Le transfert thermique QQ va toujours du corps le plus chaud vers le plus froid. Le schéma donne l'exemple d'un glaçon dans une boisson : la boisson cède de l'énergie à la glace, qui fond.

Un changement d'état est endothermique quand le système REÇOIT de l'énergie, exothermique quand il en CÈDE au milieu extérieur.

la glacequi fondla boissonsystèmemilieu extérieurQ
  • a) Un botijo est une cruche d'argile poreuse : l'eau suinte à travers la paroi et s'évapore à sa surface, et l'eau qui reste dans la cruche devient plus fraîche que l'air. Pour l'eau qui s'évapore, la transformation est-elle endothermique ou exothermique ? D'où vient l'énergie ?
  • b) Dans un nuage d'orage, la vapeur d'eau de l'air qui monte se liquéfie en gouttelettes. Cette liquéfaction est-elle endothermique ou exothermique ? Qui reçoit l'énergie ?
  • c) Sur une patinoire, on fait geler une fine couche d'eau sur une dalle refroidie. La solidification est-elle endothermique ou exothermique ? Qui reçoit l'énergie ?
  • d) Dans un fer à repasser à vapeur, l'eau se vaporise au contact de la semelle chaude, puis la vapeur se liquéfie en partie dans le tissu. Classez ces deux étapes.
  • e) Énoncez la règle qui permet de classer les six changements d'état sans les apprendre un par un.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) Endothermique : l'énergie vient de l'eau restante et de l'argile, qui se refroidissent
  • b) Exothermique : l'air du nuage reçoit l'énergie
  • c) Exothermique : la dalle refroidie reçoit l'énergie
  • d) Vaporisation endothermique, liquéfaction exothermique
  • e) Séparer les entités : endothermique ; les rapprocher : exothermique
a)

Système : l'eau qui s'évapore. Elle passe de l'état liquide à l'état gazeux, ses molécules se séparent : il faut leur fournir de l'énergie. La vaporisation est endothermique.

L'énergie vient de ce qui est au contact : l'eau restante et l'argile de la cruche. En cédant cette énergie, l'eau restante se refroidit : c'est tout le principe du botijo, un réfrigérateur sans électricité.

Le schéma du corrigé ci-dessous place la flèche QQ du milieu extérieur vers le système.

b)

La vapeur devient liquide, ses molécules se rapprochent et se lient : la liquéfaction est exothermique.

C'est l'air du nuage qui reçoit l'énergie : il se réchauffe, devient plus léger et monte encore, ce qui entretient l'orage. Un gros orage libère ainsi une énergie considérable, prise au départ à l'océan qui avait vaporisé cette eau.

c)

L'eau passe de l'état liquide à l'état solide : la solidification est exothermique.

C'est la dalle refroidie, donc le circuit de réfrigération, qui reçoit l'énergie cédée par l'eau.

Piège : penser que la solidification « prend du froid ». Le froid n'est pas une énergie : pour que l'eau gèle, il faut lui RETIRER de l'énergie, et la machine sert à cela.

d)

Vaporisation dans la chambre du fer : endothermique, l'eau reçoit de l'énergie de la semelle.

Liquéfaction dans le tissu : exothermique, la vapeur cède cette énergie aux fibres, qui s'assouplissent. Le fer « transporte » ainsi de l'énergie au cœur du tissu grâce à l'eau.

e)

Un changement d'état qui SÉPARE les entités (fusion, vaporisation, sublimation) demande de l'énergie : il est endothermique.

Un changement d'état qui les RAPPROCHE (solidification, liquéfaction, condensation) en libère : il est exothermique.

Chaque changement et son inverse échangent la même énergie, dans les deux sens opposés.

l'eau quis'évaporel'eau dela crucheet l'argilesystèmemilieu extérieurQ

Exercice 5 : Q = m × L : la fonderie, la soudure et la calotte glaciaire

L'énergie QQ qu'il faut fournir pour faire fondre une masse mm d'un corps pur, déjà à sa température de fusion, vaut Q=m×LfQ=m\times L_f, où LfL_f est l'énergie massique de fusion du corps, en J/kg\mathrm{J/kg} ou en kJ/kg\mathrm{kJ/kg}.

Le graphique donne, pour deux métaux d'une fonderie, l'énergie à fournir en fonction de la masse à fondre.

0,511,522,531002003004005006007008009001000110012001300aluminiumferm (kg)Q (kJ)
  • a) Lisez sur le graphique l'énergie nécessaire pour faire fondre 2,0 kg2{,}0\ \mathrm{kg} d'aluminium, puis 2,0 kg2{,}0\ \mathrm{kg} de fer. Pourquoi les deux tracés sont-ils des droites qui passent par l'origine ?
  • b) Déduisez-en l'énergie massique de fusion de chaque métal, en kJ/kg\mathrm{kJ/kg}.
  • c) Un plombier fait fondre 350 g350\ \mathrm{g} d'étain pour une soudure. L'énergie massique de fusion de l'étain vaut 59 kJ/kg59\ \mathrm{kJ/kg}. Quelle énergie faut-il fournir, une fois l'étain à sa température de fusion ?
  • d) Le four de la fonderie dispose de 5,0 MJ5{,}0\ \mathrm{MJ} pour la fusion. Quelle masse d'aluminium peut-il faire fondre ? Une fois coulé, ce métal se solidifie dans son moule : quelle énergie le moule et l'air reçoivent-ils pendant la solidification ?
  • e) Le Groenland perd environ 2,7×1014 kg2{,}7\times 10^{14}\ \mathrm{kg} de glace par an. Avec Lf=334 kJ/kgL_f=334\ \mathrm{kJ/kg} pour l'eau, et en supposant la glace déjà à 0 ∘C0\ \mathrm{^\circ C}, calculez l'énergie absorbée par cette fonte, puis comparez-la à la consommation mondiale d'énergie, environ 6×1020 J6\times 10^{20}\ \mathrm{J} par an.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Environ 794 kJ794\ \mathrm{kJ} et 494 kJ494\ \mathrm{kJ} ; QQ proportionnelle à mm
  • b) Lf(Al)=397 kJ/kgL_f(\mathrm{Al})=397\ \mathrm{kJ/kg}, Lf(Fe)=247 kJ/kgL_f(\mathrm{Fe})=247\ \mathrm{kJ/kg}
  • c) Q≈20,7 kJQ\approx 20{,}7\ \mathrm{kJ}
  • d) m≈12,6 kgm\approx 12{,}6\ \mathrm{kg} ; le moule et l'air reçoivent 5,0 MJ5{,}0\ \mathrm{MJ}
  • e) Q≈9,0×1019 JQ\approx 9{,}0\times 10^{19}\ \mathrm{J}, environ 15 %15\ \% de la consommation mondiale
a)

Pour m=2,0 kgm=2{,}0\ \mathrm{kg} (pointillés) : environ 794 kJ794\ \mathrm{kJ} pour l'aluminium, environ 494 kJ494\ \mathrm{kJ} pour le fer.

Les tracés sont des droites passant par l'origine : l'énergie est PROPORTIONNELLE à la masse. Deux fois plus de métal contient deux fois plus d'atomes à séparer, donc demande deux fois plus d'énergie, et une masse nulle ne demande rien.

b)

Le coefficient de proportionnalité est l'énergie massique : Lf=QmL_f=\dfrac{Q}{m}.

Lf(Al)=7942,0=397 kJ/kg\displaystyle L_f(\mathrm{Al})=\dfrac{794}{2{,}0}=397\ \mathrm{kJ/kg}
Lf(Fe)=4942,0=247 kJ/kg\displaystyle L_f(\mathrm{Fe})=\dfrac{494}{2{,}0}=247\ \mathrm{kJ/kg}

C'est la pente de chaque droite : la plus raide correspond au métal qui demande le plus d'énergie par kilogramme.

c)

On convertit d'abord la masse : 350 g=0,350 kg350\ \mathrm{g}=0{,}350\ \mathrm{kg}, puisque LfL_f est donnée par kilogramme.

Q=m×Lf=0,350×59=20,65 kJ≈20,7 kJ\displaystyle Q=m\times L_f=0{,}350\times 59=20{,}65\ \mathrm{kJ}\approx 20{,}7\ \mathrm{kJ}

Piège : 350×59=20 650 kJ350\times 59=20\,650\ \mathrm{kJ}, mille fois trop. Avant tout calcul, on met la masse dans l'unité qui figure au dénominateur de LL.

d)
m=QLf=5,0×103 kJ397 kJ/kg≈12,6 kg\displaystyle m=\dfrac{Q}{L_f}=\dfrac{5{,}0\times 10^{3}\ \mathrm{kJ}}{397\ \mathrm{kJ/kg}}\approx 12{,}6\ \mathrm{kg}

La solidification est la transformation inverse de la fusion : elle est exothermique et rend exactement la même énergie, 5,0 MJ5{,}0\ \mathrm{MJ}, au moule et à l'air de l'atelier. C'est pourquoi un moule chauffe tant que le métal n'est pas entièrement solide.

e)

m=2,7×1014 kgm=2{,}7\times 10^{14}\ \mathrm{kg} et Lf=3,34×105 J/kgL_f=3{,}34\times 10^{5}\ \mathrm{J/kg} :

Q=2,7×1014×3,34×105≈9,0×1019 J\displaystyle Q=2{,}7\times 10^{14}\times 3{,}34\times 10^{5}\approx 9{,}0\times 10^{19}\ \mathrm{J}
9,0×10196×1020≈0,15\displaystyle \dfrac{9{,}0\times 10^{19}}{6\times 10^{20}}\approx 0{,}15

La fonte d'une seule année absorbe l'équivalent d'environ 15 %15\ \% de toute l'énergie consommée par l'humanité en un an : cette énergie vient de l'air et de l'océan, plus chauds qu'avant.

Ce qui compte pour l'ordre de grandeur : la masse énorme, puisque l'énergie lui est proportionnelle.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Le palier de l'acide laurique, vu par les molécules

Au laboratoire, on chauffe 50,0 g50{,}0\ \mathrm{g} d'acide laurique solide, un corps pur, avec une résistance branchée sur un joulemètre, et l'on relève la température θ\theta en fonction de l'énergie reçue par l'échantillon. Le graphique donne le relevé ; les points A, B et C sont trois instants de l'expérience.

123456789101112131415161020304050607080ABCénergie reçue (kJ)θ (°C)
  • a) Quelle est la température de fusion de l'acide laurique ?
  • b) Dans quel état se trouve l'échantillon aux points A, B et C ?
  • c) Quelle énergie l'échantillon reçoit-il pendant le palier ?
  • d) Déduisez-en l'énergie massique de fusion LfL_f de l'acide laurique, en kJ/kg\mathrm{kJ/kg}.
  • e) Pendant le palier, l'échantillon reçoit de l'énergie et pourtant sa température ne monte pas. À quoi sert cette énergie ? Quelle serait la longueur du palier, en kilojoules, avec 100 g100\ \mathrm{g} d'acide laurique ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 44 ∘C44\ \mathrm{^\circ C}
  • b) A solide, B solide et liquide, C liquide
  • c) Q=9,1 kJQ=9{,}1\ \mathrm{kJ}
  • d) Lf=182 kJ/kg=1,82×105 J/kgL_f=182\ \mathrm{kJ/kg}=1{,}82\times 10^{5}\ \mathrm{J/kg}
  • e) Elle sépare les molécules ; 18,2 kJ18{,}2\ \mathrm{kJ} pour 100 g100\ \mathrm{g}
a)

Le palier horizontal se lit à θ=44 ∘C\theta=44\ \mathrm{^\circ C} : c'est la température de fusion. Un corps pur fond à température constante, d'où le palier.

b)

A, avant le palier : la température monte, l'échantillon est entièrement solide.

B, sur le palier : la fusion est en cours, le solide et le liquide coexistent, à 44 ∘C44\ \mathrm{^\circ C} tous les deux.

C, après le palier : tout a fondu, le liquide s'échauffe.

Piège : croire que l'échantillon est liquide dès le début du palier. Le palier commence avec la première goutte et se termine avec le dernier cristal.

c)

Le palier commence à 2,6 kJ2{,}6\ \mathrm{kJ} et finit à 11,7 kJ11{,}7\ \mathrm{kJ} :

Q=11,7−2,6=9,1 kJ\displaystyle Q=11{,}7-2{,}6=9{,}1\ \mathrm{kJ}

C'est l'énergie de la seule fusion : ni le chauffage du solide avant, ni celui du liquide après, n'entrent dans ce calcul.

d)
m=50,0 g=0,0500 kg\displaystyle m=50{,}0\ \mathrm{g}=0{,}0500\ \mathrm{kg}
Lf=Qm=9,10,0500=182 kJ/kg=1,82×105 J/kg\displaystyle L_f=\dfrac{Q}{m}=\dfrac{9{,}1}{0{,}0500}=182\ \mathrm{kJ/kg}=1{,}82\times 10^{5}\ \mathrm{J/kg}

Valeur voisine de celle des tables, environ 1,8×105 J/kg1{,}8\times 10^{5}\ \mathrm{J/kg}.

e)

Pendant le palier, l'énergie reçue ne sert pas à agiter davantage les molécules, ce qui élèverait la température : elle sert à rompre les interactions qui les tenaient rangées dans le solide. Les molécules elles-mêmes restent intactes.

L'énergie de fusion est proportionnelle à la masse : avec 100 g100\ \mathrm{g}, deux fois plus, le palier dure deux fois plus longtemps :

Q=0,100×182=18,2 kJ\displaystyle Q=0{,}100\times 182=18{,}2\ \mathrm{kJ}

Remarque : en dehors du palier, l'énergie reçue élève la température. La relation qui le chiffre, avec la capacité thermique massique, n'est pas au programme de Seconde : elle arrive en Terminale, en spécialité physique-chimie.

Exercice 7 : Mesurer l'énergie de fusion de la glace avec deux entonnoirs

Deux entonnoirs identiques A et B sont remplis de glace pilée fondante, à 0 ∘C0\ \mathrm{^\circ C} comme l'indique le thermomètre. Dans l'entonnoir A, une résistance chauffante est branchée sur un joulemètre ; l'entonnoir B n'en a pas. L'eau de fusion coule dans deux béchers posés sur des balances tarées.

Au bout de dix minutes, le joulemètre indique 36,0 kJ36{,}0\ \mathrm{kJ} ; le bécher A contient 128,0 g128{,}0\ \mathrm{g} d'eau, le bécher B 21,0 g21{,}0\ \mathrm{g} (figure). Valeur des tables : Lf=334 kJ/kgL_f=334\ \mathrm{kJ/kg} pour l'eau.

128,0 gA21,0 gB36,0 kJjoulemètre0 °C
  • a) À quoi sert l'entonnoir B, qui n'est pas chauffé ?
  • b) Quelle masse de glace la résistance a-t-elle fait fondre ?
  • c) Calculez l'énergie massique de fusion de la glace mesurée par cette expérience, en kJ/kg\mathrm{kJ/kg}.
  • d) Calculez l'écart relatif entre cette mesure et la valeur des tables, en pourcentage.
  • e) Un groupe a oublié l'entonnoir B et divise directement 36,0 kJ36{,}0\ \mathrm{kJ} par la masse recueillie en A. Quelle valeur trouve-t-il ? Pourquoi faut-il aussi que la glace soit fondante, à 0 ∘C0\ \mathrm{^\circ C}, et pas sortie d'un congélateur ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) C'est un témoin : il mesure la glace fondue par l'air de la salle
  • b) m=107,0 gm=107{,}0\ \mathrm{g}
  • c) Lf≈336 kJ/kg=3,36×105 J/kgL_f\approx 336\ \mathrm{kJ/kg}=3{,}36\times 10^{5}\ \mathrm{J/kg}
  • d) Environ 0,7 %0{,}7\ \%
  • e) 281 kJ/kg281\ \mathrm{kJ/kg}, sous-estimée ; une glace plus froide recevrait de l'énergie sans fondre
a)

La glace reçoit aussi de l'énergie de l'air de la salle, plus chaud qu'elle, et fond un peu sans aucun chauffage.

L'entonnoir B, placé dans les mêmes conditions, mesure cette fonte parasite : c'est un TÉMOIN. On la retranchera de la masse recueillie en A.

b)
m=128,0−21,0=107,0 g=0,1070 kg\displaystyle m=128{,}0-21{,}0=107{,}0\ \mathrm{g}=0{,}1070\ \mathrm{kg}

C'est la masse fondue grâce aux seuls 36,0 kJ36{,}0\ \mathrm{kJ} de la résistance.

c)
Lf=Qm=36,00,1070≈336 kJ/kg\displaystyle L_f=\dfrac{Q}{m}=\dfrac{36{,}0}{0{,}1070}\approx 336\ \mathrm{kJ/kg}

soit 3,36×105 J/kg3{,}36\times 10^{5}\ \mathrm{J/kg}.

Piège : diviser par 107,0107{,}0 sans convertir donne 0,3360{,}336, mille fois trop peu ; une énergie massique de fusion de quelques centaines de kilojoules par kilogramme est l'ordre de grandeur à reconnaître.

d)
∣336,4−334∣334×100≈0,7 %\displaystyle \dfrac{|336{,}4-334|}{334}\times 100\approx 0{,}7\ \%

La mesure est très proche de la valeur des tables : le témoin a bien corrigé l'apport de l'air.

e)

Sans témoin : 36,00,1280≈281 kJ/kg\dfrac{36{,}0}{0{,}1280}\approx 281\ \mathrm{kJ/kg}, soit près de 16 %16\ \% de moins que la valeur des tables. Le groupe attribue à la résistance une fonte due en partie à l'air, donc il croit qu'il faut moins d'énergie par kilogramme.

Glace fondante : si la glace était à −18 ∘C-18\ \mathrm{^\circ C}, une partie de l'énergie servirait d'abord à la réchauffer jusqu'à 0 ∘C0\ \mathrm{^\circ C}, sans rien faire fondre, et Q=m×LfQ=m\times L_f ne s'appliquerait plus à l'énergie lue. La relation Q=m×LfQ=m\times L_f ne vaut que pour un corps déjà à sa température de changement d'état.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Pour chaque affirmation, dites si elle est vraie ou fausse. Si elle est fausse, écrivez la phrase juste. Donnée : Lf=334 kJ/kgL_f=334\ \mathrm{kJ/kg} pour l'eau.

  • a) « Quand l'eau bout, ses molécules se cassent : la vapeur d'eau est un mélange de dihydrogène et de dioxygène. »
  • b) « Le glaçon refroidit le jus de fruit parce qu'il lui donne du froid. »
  • c) « Le givre qui se forme sur une vitre glacée libère de l'énergie : c'est une transformation exothermique. »
  • d) « Pour faire fondre 750 g750\ \mathrm{g} de neige à 0 ∘C0\ \mathrm{^\circ C}, il faut Q=750×334=250 500 kJQ=750\times 334=250\,500\ \mathrm{kJ}. »
  • e) « La solidification est endothermique, puisqu'il faut un congélateur, qui consomme de l'électricité, pour fabriquer des glaçons. »

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Fausse : H2O(ℓ)→H2O(g)\mathrm{H_2O(\ell)}\rightarrow\mathrm{H_2O(g)}, les molécules restent entières
  • b) Fausse : le jus cède de l'énergie au glaçon
  • c) Vraie : la condensation est exothermique
  • d) Fausse : Q=0,750×334≈251 kJQ=0{,}750\times 334\approx 251\ \mathrm{kJ}
  • e) Fausse : la solidification est exothermique, le congélateur retire l'énergie
a)

Fausse. Une ébullition est un changement d'état : les molécules H2O\mathrm{H_2O} restent intactes, elles se séparent seulement les unes des autres.

H2O(ℓ)→H2O(g)\displaystyle \mathrm{H_2O(\ell)}\rightarrow\mathrm{H_2O(g)}

Casser l'eau en dihydrogène et dioxygène est une transformation chimique, l'électrolyse, qui demande un courant électrique, pas une casserole.

b)

Fausse. Le froid n'est pas une chose qu'on transfère : le transfert thermique va toujours du corps le plus chaud au plus froid.

Phrase juste : « le jus cède de l'énergie au glaçon, qui l'utilise pour fondre ; en perdant cette énergie, le jus se refroidit ». La fusion du glaçon est endothermique.

c)

Vraie. Le givre est une condensation : les molécules de vapeur se rapprochent et se fixent les unes aux autres dans un solide, ce qui libère de l'énergie, cédée à la vitre et à l'air. Exothermique, donc.

Ce dégagement d'énergie ne suffit pas à réchauffer la vitre, qui continue de perdre de l'énergie vers le ciel nocturne.

d)

Fausse. LfL_f est donnée en kJ/kg\mathrm{kJ/kg} : la masse doit être en kilogrammes.

Q=0,750×334=250,5 kJ≈251 kJ\displaystyle Q=0{,}750\times 334=250{,}5\ \mathrm{kJ}\approx 251\ \mathrm{kJ}

L'erreur multiplie le résultat par mille. Un contrôle d'ordre de grandeur suffit à la repérer : moins d'un kilogramme de neige demande moins de 334 kJ334\ \mathrm{kJ}.

e)

Fausse. Pour que l'eau gèle, il faut lui RETIRER de l'énergie : la solidification est exothermique. L'eau cède de l'énergie à l'intérieur du congélateur.

L'électricité consommée sert à évacuer cette énergie hors de l'appareil, vers la cuisine : le congélateur est une pompe qui « sort » l'énergie de l'eau.

Piège : confondre l'énergie consommée par la machine et l'énergie échangée par le corps qui change d'état. On raisonne toujours sur le système, ici l'eau.

Exercice 9 : Problème : arroser un verger pour le protéger du gel

Au printemps, une nuit claire peut faire descendre l'air à −4 ∘C-4\ \mathrm{^\circ C} et geler les bourgeons des arbres fruitiers, qui meurent sous −2 ∘C-2\ \mathrm{^\circ C}. Pour les protéger, des arboriculteurs les arrosent toute la nuit en fines gouttelettes : l'eau gèle sur les branches et enferme chaque bourgeon dans une gaine de glace (figure).

Tant que de l'eau continue de geler sur le bourgeon, la gaine reste à 0 ∘C0\ \mathrm{^\circ C}. Données : chaque mètre carré de verger perd environ 2,2×105 J2{,}2\times 10^{5}\ \mathrm{J} par heure vers le ciel nocturne ; Lf=3,34×105 J/kgL_f=3{,}34\times 10^{5}\ \mathrm{J/kg} pour l'eau ; 1 ha=1,0×104 m21\ \mathrm{ha}=1{,}0\times 10^{4}\ \mathrm{m^2} ; 1 m31\ \mathrm{m^3} d'eau a une masse de 1 000 kg1\,000\ \mathrm{kg}.

gouttes d'eau pulvériséegaine de glacebourgeonair à −4 °C
  • a) Choisissez l'équation du changement d'état de l'eau pulvérisée, et dites s'il est endothermique ou exothermique.
  • b) Quelle énergie un hectare de verger perd-il en une heure ?
  • c) Quelle masse d'eau doit geler chaque heure sur cet hectare pour compenser exactement cette perte ?
  • d) À quelle hauteur d'eau, en millimètres par heure, cela correspond-il ?
  • e) Les arboriculteurs arrosent en réalité environ 3 mm3\ \mathrm{mm} par heure, et ne coupent l'eau qu'une fois toute la glace fondue au matin. Pourquoi ne pas couper l'eau dès le lever du soleil ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) H2O(ℓ)→H2O(s)\mathrm{H_2O(\ell)}\rightarrow\mathrm{H_2O(s)}, exothermique
  • b) Q=2,2×109 JQ=2{,}2\times 10^{9}\ \mathrm{J}
  • c) m≈6,6×103 kgm\approx 6{,}6\times 10^{3}\ \mathrm{kg}, soit 6,6 t6{,}6\ \mathrm{t}
  • d) h≈0,66 mmh\approx 0{,}66\ \mathrm{mm} par heure
  • e) La fonte de la gaine est endothermique et refroidirait le bourgeon
a)

L'eau liquide pulvérisée devient solide : H2O(ℓ)→H2O(s)\mathrm{H_2O(\ell)}\rightarrow\mathrm{H_2O(s)}.

La solidification est exothermique : l'eau qui gèle cède de l'énergie au bourgeon et à l'air (Q1Q_1 sur le schéma du corrigé).

C'est cette énergie qui compense celle que le bourgeon perd vers le ciel (Q2Q_2) : la gaine reste à 0 ∘C0\ \mathrm{^\circ C}, au-dessus du seuil mortel de −2 ∘C-2\ \mathrm{^\circ C}.

b)

Q=2,2×105×1,0×104=2,2×109 JQ=2{,}2\times 10^{5}\times 1{,}0\times 10^{4}=2{,}2\times 10^{9}\ \mathrm{J} par heure.

L'énergie perdue est proportionnelle à la surface : on multiplie la perte d'un mètre carré par le nombre de mètres carrés.

c)

L'énergie libérée par la solidification doit valoir l'énergie perdue :

m=QLf=2,2×1093,34×105≈6,6×103 kg\displaystyle m=\dfrac{Q}{L_f}=\dfrac{2{,}2\times 10^{9}}{3{,}34\times 10^{5}}\approx 6{,}6\times 10^{3}\ \mathrm{kg}

soit environ 6,66{,}6 tonnes d'eau par heure et par hectare. L'énergie échangée étant proportionnelle à la masse qui change d'état, une nuit deux fois plus froide demanderait deux fois plus d'eau.

d)

6,6×103 kg6{,}6\times 10^{3}\ \mathrm{kg} d'eau occupent 6,6 m36{,}6\ \mathrm{m^3}, répartis sur 1,0×104 m21{,}0\times 10^{4}\ \mathrm{m^2} :

h=6,61,0×104=6,6×10−4 m≈0,66 mmh=\dfrac{6{,}6}{1{,}0\times 10^{4}}=6{,}6\times 10^{-4}\ \mathrm{m}\approx 0{,}66\ \mathrm{mm} par heure.

On arrose pourtant environ quatre fois plus : une partie de l'eau ruisselle sans geler sur le bourgeon, et une autre s'évapore. L'évaporation est endothermique : elle prend de l'énergie au bourgeon, au lieu de lui en donner.

e)

Au lever du soleil, la gaine commence à fondre. La fusion est endothermique : la glace prend l'énergie qui lui manque à ce qui la touche, en particulier au bourgeon.

Si l'arrosage est coupé, plus aucune eau ne gèle pour compenser, et le bourgeon peut se refroidir sous −2 ∘C-2\ \mathrm{^\circ C} au moment même où l'air se réchauffe.

Tant que l'on arrose, de l'eau gèle encore et maintient le mélange eau et glace à 0 ∘C0\ \mathrm{^\circ C} jusqu'à la fonte complète.

gouttes d'eau pulvériséegaine de glacebourgeonair à −4 °CQ₁Q₂

Exercice 10 : Problème : où va l'énergie retirée par un réfrigérateur ?

Dans un réfrigérateur, un fluide, l'isobutane C4H10\mathrm{C_4H_{10}}, circule en boucle fermée (figure). Dans l'évaporateur, à l'intérieur de l'appareil, il passe de l'état liquide à l'état gazeux ; dans le condenseur, la grille noire à l'arrière, il redevient liquide. Le compresseur et le détendeur font varier sa pression pour que ces deux changements d'état aient lieu au bon endroit.

Données : énergie massique de vaporisation de l'isobutane dans l'évaporateur Lv=360 kJ/kgL_v=360\ \mathrm{kJ/kg} ; le circuit contient 50 g50\ \mathrm{g} d'isobutane ; Lf=334 kJ/kgL_f=334\ \mathrm{kJ/kg} pour l'eau.

intérieur duréfrigérateurcompresseurdétendeurévaporateurcondenseurcuisine
  • a) Dans l'évaporateur : choisissez l'équation du changement d'état de l'isobutane, et dites s'il est endothermique ou exothermique. Qui cède l'énergie au fluide ?
  • b) Dans le condenseur : nommez le changement d'état, et dites qui reçoit l'énergie.
  • c) On place au congélateur un bac de 1,5 kg1{,}5\ \mathrm{kg} d'eau déjà à 0 ∘C0\ \mathrm{^\circ C}. Quelle énergie faut-il lui retirer pour la faire geler entièrement ?
  • d) Quelle masse d'isobutane doit se vaporiser dans l'évaporateur pour absorber cette énergie ? Combien de fois la charge du circuit doit-elle faire le tour de la boucle ?
  • e) Un jour de canicule, quelqu'un laisse la porte du réfrigérateur ouverte pour rafraîchir la cuisine. Que devient la température de la cuisine ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) C4H10(ℓ)→C4H10(g)\mathrm{C_4H_{10}(\ell)}\rightarrow\mathrm{C_4H_{10}(g)}, endothermique ; l'intérieur cède l'énergie
  • b) Liquéfaction, exothermique ; l'air de la cuisine reçoit l'énergie
  • c) Q=501 kJQ=501\ \mathrm{kJ}
  • d) 1,39 kg1{,}39\ \mathrm{kg} d'isobutane, soit environ 2828 tours de la charge
  • e) Elle se réchauffe
a)

C4H10(ℓ)→C4H10(g)\mathrm{C_4H_{10}(\ell)}\rightarrow\mathrm{C_4H_{10}(g)} : vaporisation, endothermique.

Le fluide reçoit cette énergie de ce qui l'entoure : l'air et les aliments de l'intérieur du réfrigérateur, qui se refroidissent. C'est le même principe que la sueur ou la cruche poreuse, mais en circuit fermé.

b)

Dans le condenseur, le gaz redevient liquide : c'est une liquéfaction, exothermique.

L'énergie est cédée à l'air de la cuisine : c'est pourquoi la grille arrière est tiède.

Le réfrigérateur ne détruit pas d'énergie : il la DÉPLACE de l'intérieur vers la cuisine, grâce aux deux changements d'état du fluide.

c)

La solidification de l'eau est exothermique ; l'énergie à retirer vaut :

Q=m×Lf=1,5×334=501 kJ\displaystyle Q=m\times L_f=1{,}5\times 334=501\ \mathrm{kJ}

La masse est déjà en kilogrammes, comme le demande LfL_f en kJ/kg\mathrm{kJ/kg}.

d)
mfluide=QLv=501360≈1,39 kg\displaystyle m_{\text{fluide}}=\dfrac{Q}{L_v}=\dfrac{501}{360}\approx 1{,}39\ \mathrm{kg}

Le circuit ne contient que 0,050 kg0{,}050\ \mathrm{kg} : la même charge doit passer 1,390,050≈28\dfrac{1{,}39}{0{,}050}\approx 28 fois dans l'évaporateur.

C'est tout l'intérêt de la boucle fermée : une petite masse de fluide, vaporisée puis liquéfiée encore et encore, transporte une grande énergie.

e)

La cuisine se réchauffe. L'intérieur ouvert devient une partie de la cuisine : ce que l'évaporateur prend à l'air de la cuisine, le condenseur le lui rend, et il lui rend en plus l'énergie électrique consommée par le compresseur.

Bilan : la cuisine reçoit plus d'énergie qu'elle n'en perd.

Pour refroidir une pièce, il faut que le condenseur soit DEHORS : c'est ce que fait un climatiseur, et une pompe à chaleur fait l'inverse pour chauffer une maison.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/2ndespc-transformations-physiques. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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