Physique-chimie, Seconde • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés de Seconde : transformation physique, changements d'état et énergie
Voici dix exercices corrigés pour la partie « transformation physique » du programme de physique-chimie de Seconde, suivi en France comme dans les lycées du réseau AEFE : écriture symbolique d'un changement d'état, modélisation microscopique d'un changement d'état, transformations physiques endothermiques et exothermiques, énergie de changement d'état et ses applications. Chaque exercice a son corrigé complet, et ses réponses se vérifient directement sur la page.
À la fin de la série, vous savez nommer les six changements d'état et en citer des exemples, écrire une équation comme H2O(s)→H2O(ℓ), distinguer une fusion d'une dissolution, dire dans quel sens va le transfert thermique et si la transformation est endothermique ou exothermique, exploiter Q=m×L et relier l'énergie échangée à la masse qui change d'état.
Les situations sont concrètes : le givre sur un pare-brise et la neige de culture, le diiode qui se sublime, le sucre et le glaçon dans le thé, le sel sur une route verglacée, la cruche poreuse, le nuage d'orage, la patinoire et le fer à vapeur, la fonderie et la soudure à l'étain, la fonte du Groenland, le palier de l'acide laurique, la mesure de l'énergie de fusion de la glace avec deux entonnoirs, le verger arrosé contre le gel et le réfrigérateur.
Le fil de la série tient en une phrase : dans un changement d'état, les molécules restent les mêmes, seule leur disposition change ; les séparer demande de l'énergie, les rapprocher en rend, en proportion de la masse. Les corrigés démontent les erreurs qui coûtent le plus de points : la condensation confondue avec la liquéfaction (exercice 1), l'équation qui casse les molécules (exercices 2 et 8), le sucre qui « fond » (exercice 3), la glace qui « donne du froid » (exercices 4 et 8), la masse laissée en grammes (exercices 5, 7 et 8), la température qui monterait pendant le palier (exercice 6), l'énergie de la fonte oubliée au matin (exercice 9).
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Six changements d'état : fusion (solide vers liquide), solidification (liquide vers solide), vaporisation (liquide vers gaz), liquéfaction (gaz vers liquide), sublimation (solide vers gaz), condensation (gaz vers solide).
•Une équation de changement d'état garde la même formule des deux côtés et précise l'état : H2O(ℓ)→H2O(g), avec (s), (ℓ) et (g).
•Au niveau microscopique, les molécules sont conservées : seules leur disposition et leur agitation changent. La masse se conserve.
•Une fusion concerne un seul corps, qui passe de l'état solide à l'état liquide ; une dissolution disperse un soluté dans un solvant et forme une solution.
•Un changement d'état qui sépare les entités (fusion, vaporisation, sublimation) est endothermique : le système reçoit de l'énergie. Les trois inverses sont exothermiques.
•Le transfert thermique va toujours du corps le plus chaud vers le plus froid ; le « froid » ne se transfère pas.
•Énergie échangée lors d'un changement d'état : Q=m×L, avec m en kg et L, énergie massique de changement d'état, en J/kg. Pour l'eau, Lf=3,34×105J/kg.
•Un corps pur change d'état à température constante : c'est le palier.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Six changements d'état, dans la maison et dans la nature
Le schéma ci-dessous représente un même corps pur, l'eau, dans ses trois états physiques, au niveau des molécules. Les six flèches numérotées de 1 à 6 sont les six changements d'état possibles.
Vocabulaire retenu ici, celui des manuels de lycée : le passage du gaz au liquide est une liquéfaction, le passage direct du gaz au solide est une condensation.
a) Nommez les changements d'état 1, 2 et 3.
b) Nommez les changements d'état 4, 5 et 6.
c) Identifiez le changement d'état en jeu dans chacune de ces situations : le givre qui recouvre un pare-brise après une nuit claire et froide ; la neige de culture, fabriquée en projetant de fines gouttelettes d'eau dans l'air glacé ; la flaque qui disparaît après l'averse ; la boule antimite de naphtalène qui rapetisse dans l'armoire sans jamais mouiller le linge.
d) Choisissez l'équation qui modélise la formation du givre.
e) Comparez les molécules d'eau dans les trois boîtes : qu'est-ce qui change d'un état à l'autre, et qu'est-ce qui ne change pas ? Citez enfin un exemple de fusion et un exemple de liquéfaction pris dans l'environnement.
e)Les molécules restent les mêmes ; seules leur disposition et leur agitation changent
a)
On lit le sens de chaque flèche, état de départ puis état d'arrivée :
1 va du solide au liquide : fusion.
2 va du liquide au solide : solidification.
3 va du liquide au gaz : vaporisation (on dit évaporation quand elle se fait lentement, sous la température d'ébullition, et ébullition quand des bulles se forment dans tout le liquide).
b)
4 va du gaz au liquide : liquéfaction.
5 va directement du solide au gaz : sublimation.
6 va directement du gaz au solide : condensation.
Piège : dans la langue courante, « condensation » désigne souvent la buée, donc le passage du gaz au liquide. Dans un devoir, on écrit liquéfaction pour gaz vers liquide ; certains manuels disent « condensation liquide » et « condensation solide », ce qui est accepté si l'adjectif est écrit.
c)
Le givre : la vapeur d'eau de l'air passe directement à l'état solide sur la vitre glacée, sans goutte intermédiaire : condensation.
La neige de culture : des gouttelettes d'eau liquide gèlent dans l'air froid : solidification.
La flaque : l'eau liquide passe à l'état gazeux, lentement, à la température de l'air : vaporisation, sous forme d'évaporation.
La boule antimite : le naphtalène solide passe directement à l'état gazeux, d'où l'odeur et l'absence de liquide : sublimation.
d)
Le givre se forme à partir de vapeur d'eau et donne de l'eau solide :
H2O(g)→H2O(s)
La formule H2O est la même des deux côtés : seul l'état physique, écrit entre parenthèses, change. (s) pour solide, (ℓ) pour liquide, (g) pour gaz.
Piège : l'équation 2H2(g)+O2(g)→2H2O(s) fabrique de l'eau à partir d'autres espèces : c'est une réaction chimique, pas un changement d'état.
e)
Dans les trois boîtes, ce sont les MÊMES molécules H2O, en même nombre dans le solide et dans le liquide : un changement d'état ne crée ni ne détruit aucune molécule, d'où la conservation de la masse.
Ce qui change, c'est leur disposition et leur liberté : rangées et serrées dans le solide, serrées mais en désordre dans le liquide, éloignées et rapides dans le gaz.
Exemples dans l'environnement : la fonte des neiges au printemps ou d'un glacier (fusion) ; la formation d'un nuage ou de la rosée, quand la vapeur d'eau de l'air se refroidit (liquéfaction).
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Exercice 2 : Le diiode qui se sublime : équation et modèle moléculaire
On chauffe doucement quelques cristaux de diiode, de formule I2, au fond d'un ballon fermé. Une vapeur violette remplit le ballon sans qu'aucun liquide n'apparaisse. Sur le haut du ballon, resté froid, de petits cristaux brillants se reforment.
La figure représente le contenu du ballon avant le chauffage, puis trois modèles proposés par des élèves pour la vapeur violette.
a) Nommez le changement d'état qui se produit au fond du ballon, puis celui qui se produit sur la paroi froide.
b) Choisissez l'équation qui modélise le changement d'état au fond du ballon.
c) Quel modèle représente correctement la vapeur ? Comptez les atomes d'iode dans la boîte « avant » et dans le modèle C.
d) Identifiez la nature physique, chimique ou nucléaire de chacune de ces transformations : (1) I2(s)→I2(g) ; (2) H2(g)+I2(g)→2HI(g) ; (3) 53131I→54131Xe+−10e ; (4) C2H6O(ℓ)→C2H6O(g).
e) Le ballon contenait 0,50g de diiode. Quelle est la masse de vapeur quand tout le solide a disparu ?
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Réponses
a)Sublimation au fond, condensation sur la paroi froide
b)I2(s)→I2(g)
c)Modèle A ; 16 atomes avant, 10 dans le modèle C (masse non conservée)
Au fond, le solide passe directement à l'état gazeux, sans liquide : c'est une sublimation.
Sur la paroi froide, le gaz redevient directement solide : c'est une condensation.
Les deux changements sont inverses l'un de l'autre, comme la fusion et la solidification.
b)
I2(s)→I2(g)
Le réactif et le produit sont la même espèce, I2 : seul l'état physique change.
Piège : écrire I2(s)→2I(g). Cette équation casse chaque molécule en deux atomes : elle décrit une transformation chimique, qui ne se produit pas au fond de ce ballon.
c)
Le modèle A est le bon : on y retrouve les huit molécules I2 de la boîte « avant », intactes, simplement éloignées les unes des autres et en mouvement désordonné.
Le modèle B casse les molécules : il représenterait une transformation chimique.
Le modèle C : la boîte « avant » contient 8 molécules, soit 8×2=16 atomes d'iode ; le modèle C n'en a que 5×2=10. Six atomes ont disparu : la masse ne serait pas conservée, ce que la balance dément.
Méthode : dans un changement d'état, on retrouve les mêmes molécules, en même nombre ; seules leur disposition et leur agitation changent.
d)
On compare les deux membres de chaque écriture :
(1) même espèce des deux côtés, l'état change : transformation physique.
(2) les molécules changent (H2 et I2 deviennent HI) mais les éléments H et I se conservent : transformation chimique.
(3) le noyau change : l'iode (Z=53) devient du xénon (Z=54) : transformation nucléaire.
(4) l'éthanol reste de l'éthanol, liquide puis gaz : transformation physique.
e)
Rien n'entre ni ne sort du ballon fermé, et les molécules sont conservées :
mvapeur=msolide=0,50g
La masse se conserve lors d'un changement d'état ; c'est le volume qui augmente énormément, puisque les molécules du gaz sont très éloignées.
Exercice 3 : Le sucre dans le thé, le glaçon dans le thé : fusion ou dissolution ?
Dans 200g de thé, on plonge un morceau de sucre de 5,0g, puis un glaçon de 20g. Quelques minutes plus tard, on ne voit plus ni l'un ni l'autre, et un élève note : « le sucre et le glaçon ont fondu ».
La figure modélise deux expériences au niveau des molécules : le saccharose (le sucre) est représenté par une sphère jaune, l'eau par ses trois atomes.
a) Laquelle des deux expériences de la figure modélise une fusion ? Laquelle modélise une dissolution ?
b) Combien d'espèces chimiques le récipient contient-il à la fin de l'expérience 1 ? À la fin de l'expérience 2 ?
c) Quelle est la masse du contenu de la tasse quand le sucre a disparu ? Puis quand le glaçon a disparu à son tour ?
d) On répand du sel sur une route verglacée à −5∘C, et l'on entend « le sel fait fondre la glace ». Le chlorure de sodium fond à 801∘C. Que devient le sel sur la route ? De combien de degrés faudrait-il dépasser la température de la route pour qu'il fonde vraiment ?
e) Choisissez l'équation de la fusion du glaçon, et corrigez la phrase de l'élève.
b)1 espèce après la fusion, 2 après la dissolution
c)205g, puis 225g
d)Le sel se dissout ; il faudrait 806∘C de plus pour qu'il fonde
e)H2O(s)→H2O(ℓ) ; « le sucre s'est dissous, le glaçon a fondu »
a)
Expérience 1 : une seule espèce, l'eau, passe de l'état solide (molécules rangées) à l'état liquide (molécules en désordre) : c'est une fusion.
Expérience 2 : un solide, le saccharose, se disperse dans un liquide, l'eau ; ses molécules se retrouvent séparées et entourées de molécules d'eau : c'est une dissolution.
Le critère : une fusion concerne UNE espèce, qui change d'état ; une dissolution en concerne DEUX, un soluté et un solvant, et produit un mélange, la solution.
b)
Expérience 1 : une seule espèce, H2O, sous un autre état.
Expérience 2 : deux espèces, l'eau et le saccharose, mélangées dans une même phase liquide.
Aucune molécule nouvelle n'apparaît dans les deux cas : les deux transformations sont physiques.
c)
La masse se conserve dans une dissolution comme dans une fusion :
200+5,0=205g après la dissolution du sucre ;
205+20=225g après la fusion du glaçon.
Le sucre n'a pas disparu : il est toujours dans la tasse, en molécules trop petites pour être vues, et le thé est sucré.
d)
Le sel ne fond pas : il se DISSOUT dans la fine pellicule d'eau liquide qui recouvre toujours un peu la glace, et forme de l'eau salée.
Pour le faire fondre, il faudrait dépasser la température de la route de :
801−(−5)=806∘C
C'est la glace qui fond, parce que l'eau salée ne gèle qu'au-dessous de 0∘C. La phrase juste : « le sel se dissout, et l'eau salée fait fondre la glace ».
e)
H2O(s)→H2O(ℓ)
Phrase corrigée : « le sucre s'est dissous dans le thé, le glaçon a fondu ».
Piège : « fondre » ne s'emploie que pour le passage d'un corps du solide au liquide. Un sucre qui disparaît dans un liquide se dissout ; il ne fondrait qu'au-delà d'environ 185∘C, en noircissant aussitôt.
Ce qu'on retient : on peut dissoudre sans chauffer, on ne peut pas faire fondre sans atteindre la température de fusion.
Exercice 4 : Qui donne l'énergie à qui ? Cruche, nuage, patinoire et fer à vapeur
Pour décrire un transfert thermique, on choisit un SYSTÈME, ici l'espèce qui change d'état, et l'on appelle milieu extérieur tout le reste. Le transfert thermique Q va toujours du corps le plus chaud vers le plus froid. Le schéma donne l'exemple d'un glaçon dans une boisson : la boisson cède de l'énergie à la glace, qui fond.
Un changement d'état est endothermique quand le système REÇOIT de l'énergie, exothermique quand il en CÈDE au milieu extérieur.
a) Un botijo est une cruche d'argile poreuse : l'eau suinte à travers la paroi et s'évapore à sa surface, et l'eau qui reste dans la cruche devient plus fraîche que l'air. Pour l'eau qui s'évapore, la transformation est-elle endothermique ou exothermique ? D'où vient l'énergie ?
b) Dans un nuage d'orage, la vapeur d'eau de l'air qui monte se liquéfie en gouttelettes. Cette liquéfaction est-elle endothermique ou exothermique ? Qui reçoit l'énergie ?
c) Sur une patinoire, on fait geler une fine couche d'eau sur une dalle refroidie. La solidification est-elle endothermique ou exothermique ? Qui reçoit l'énergie ?
d) Dans un fer à repasser à vapeur, l'eau se vaporise au contact de la semelle chaude, puis la vapeur se liquéfie en partie dans le tissu. Classez ces deux étapes.
e) Énoncez la règle qui permet de classer les six changements d'état sans les apprendre un par un.
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Réponses
a)Endothermique : l'énergie vient de l'eau restante et de l'argile, qui se refroidissent
b)Exothermique : l'air du nuage reçoit l'énergie
c)Exothermique : la dalle refroidie reçoit l'énergie
e)Séparer les entités : endothermique ; les rapprocher : exothermique
a)
Système : l'eau qui s'évapore. Elle passe de l'état liquide à l'état gazeux, ses molécules se séparent : il faut leur fournir de l'énergie. La vaporisation est endothermique.
L'énergie vient de ce qui est au contact : l'eau restante et l'argile de la cruche. En cédant cette énergie, l'eau restante se refroidit : c'est tout le principe du botijo, un réfrigérateur sans électricité.
Le schéma du corrigé ci-dessous place la flèche Q du milieu extérieur vers le système.
b)
La vapeur devient liquide, ses molécules se rapprochent et se lient : la liquéfaction est exothermique.
C'est l'air du nuage qui reçoit l'énergie : il se réchauffe, devient plus léger et monte encore, ce qui entretient l'orage. Un gros orage libère ainsi une énergie considérable, prise au départ à l'océan qui avait vaporisé cette eau.
c)
L'eau passe de l'état liquide à l'état solide : la solidification est exothermique.
C'est la dalle refroidie, donc le circuit de réfrigération, qui reçoit l'énergie cédée par l'eau.
Piège : penser que la solidification « prend du froid ». Le froid n'est pas une énergie : pour que l'eau gèle, il faut lui RETIRER de l'énergie, et la machine sert à cela.
d)
Vaporisation dans la chambre du fer : endothermique, l'eau reçoit de l'énergie de la semelle.
Liquéfaction dans le tissu : exothermique, la vapeur cède cette énergie aux fibres, qui s'assouplissent. Le fer « transporte » ainsi de l'énergie au cœur du tissu grâce à l'eau.
e)
Un changement d'état qui SÉPARE les entités (fusion, vaporisation, sublimation) demande de l'énergie : il est endothermique.
Un changement d'état qui les RAPPROCHE (solidification, liquéfaction, condensation) en libère : il est exothermique.
Chaque changement et son inverse échangent la même énergie, dans les deux sens opposés.
Exercice 5 : Q = m × L : la fonderie, la soudure et la calotte glaciaire
L'énergie Q qu'il faut fournir pour faire fondre une masse m d'un corps pur, déjà à sa température de fusion, vaut Q=m×Lf, où Lf est l'énergie massique de fusion du corps, en J/kg ou en kJ/kg.
Le graphique donne, pour deux métaux d'une fonderie, l'énergie à fournir en fonction de la masse à fondre.
a) Lisez sur le graphique l'énergie nécessaire pour faire fondre 2,0kg d'aluminium, puis 2,0kg de fer. Pourquoi les deux tracés sont-ils des droites qui passent par l'origine ?
b) Déduisez-en l'énergie massique de fusion de chaque métal, en kJ/kg.
c) Un plombier fait fondre 350g d'étain pour une soudure. L'énergie massique de fusion de l'étain vaut 59kJ/kg. Quelle énergie faut-il fournir, une fois l'étain à sa température de fusion ?
d) Le four de la fonderie dispose de 5,0MJ pour la fusion. Quelle masse d'aluminium peut-il faire fondre ? Une fois coulé, ce métal se solidifie dans son moule : quelle énergie le moule et l'air reçoivent-ils pendant la solidification ?
e) Le Groenland perd environ 2,7×1014kg de glace par an. Avec Lf=334kJ/kg pour l'eau, et en supposant la glace déjà à 0∘C, calculez l'énergie absorbée par cette fonte, puis comparez-la à la consommation mondiale d'énergie, environ 6×1020J par an.
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Réponses
a)Environ 794kJ et 494kJ ; Q proportionnelle à m
b)Lf(Al)=397kJ/kg, Lf(Fe)=247kJ/kg
c)Q≈20,7kJ
d)m≈12,6kg ; le moule et l'air reçoivent 5,0MJ
e)Q≈9,0×1019J, environ 15% de la consommation mondiale
a)
Pour m=2,0kg (pointillés) : environ 794kJ pour l'aluminium, environ 494kJ pour le fer.
Les tracés sont des droites passant par l'origine : l'énergie est PROPORTIONNELLE à la masse. Deux fois plus de métal contient deux fois plus d'atomes à séparer, donc demande deux fois plus d'énergie, et une masse nulle ne demande rien.
b)
Le coefficient de proportionnalité est l'énergie massique : Lf=mQ.
Lf(Al)=2,0794=397kJ/kg
Lf(Fe)=2,0494=247kJ/kg
C'est la pente de chaque droite : la plus raide correspond au métal qui demande le plus d'énergie par kilogramme.
c)
On convertit d'abord la masse : 350g=0,350kg, puisque Lf est donnée par kilogramme.
Q=m×Lf=0,350×59=20,65kJ≈20,7kJ
Piège :350×59=20650kJ, mille fois trop. Avant tout calcul, on met la masse dans l'unité qui figure au dénominateur de L.
d)
m=LfQ=397kJ/kg5,0×103kJ≈12,6kg
La solidification est la transformation inverse de la fusion : elle est exothermique et rend exactement la même énergie, 5,0MJ, au moule et à l'air de l'atelier. C'est pourquoi un moule chauffe tant que le métal n'est pas entièrement solide.
e)
m=2,7×1014kg et Lf=3,34×105J/kg :
Q=2,7×1014×3,34×105≈9,0×1019J
6×10209,0×1019≈0,15
La fonte d'une seule année absorbe l'équivalent d'environ 15% de toute l'énergie consommée par l'humanité en un an : cette énergie vient de l'air et de l'océan, plus chauds qu'avant.
Ce qui compte pour l'ordre de grandeur : la masse énorme, puisque l'énergie lui est proportionnelle.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Le palier de l'acide laurique, vu par les molécules
Au laboratoire, on chauffe 50,0g d'acide laurique solide, un corps pur, avec une résistance branchée sur un joulemètre, et l'on relève la température θ en fonction de l'énergie reçue par l'échantillon. Le graphique donne le relevé ; les points A, B et C sont trois instants de l'expérience.
a) Quelle est la température de fusion de l'acide laurique ?
b) Dans quel état se trouve l'échantillon aux points A, B et C ?
c) Quelle énergie l'échantillon reçoit-il pendant le palier ?
d) Déduisez-en l'énergie massique de fusion Lf de l'acide laurique, en kJ/kg.
e) Pendant le palier, l'échantillon reçoit de l'énergie et pourtant sa température ne monte pas. À quoi sert cette énergie ? Quelle serait la longueur du palier, en kilojoules, avec 100g d'acide laurique ?
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Réponses
a)44∘C
b)A solide, B solide et liquide, C liquide
c)Q=9,1kJ
d)Lf=182kJ/kg=1,82×105J/kg
e)Elle sépare les molécules ; 18,2kJ pour 100g
a)
Le palier horizontal se lit à θ=44∘C : c'est la température de fusion. Un corps pur fond à température constante, d'où le palier.
b)
A, avant le palier : la température monte, l'échantillon est entièrement solide.
B, sur le palier : la fusion est en cours, le solide et le liquide coexistent, à 44∘C tous les deux.
C, après le palier : tout a fondu, le liquide s'échauffe.
Piège : croire que l'échantillon est liquide dès le début du palier. Le palier commence avec la première goutte et se termine avec le dernier cristal.
c)
Le palier commence à 2,6kJ et finit à 11,7kJ :
Q=11,7−2,6=9,1kJ
C'est l'énergie de la seule fusion : ni le chauffage du solide avant, ni celui du liquide après, n'entrent dans ce calcul.
d)
m=50,0g=0,0500kg
Lf=mQ=0,05009,1=182kJ/kg=1,82×105J/kg
Valeur voisine de celle des tables, environ 1,8×105J/kg.
e)
Pendant le palier, l'énergie reçue ne sert pas à agiter davantage les molécules, ce qui élèverait la température : elle sert à rompre les interactions qui les tenaient rangées dans le solide. Les molécules elles-mêmes restent intactes.
L'énergie de fusion est proportionnelle à la masse : avec 100g, deux fois plus, le palier dure deux fois plus longtemps :
Q=0,100×182=18,2kJ
Remarque : en dehors du palier, l'énergie reçue élève la température. La relation qui le chiffre, avec la capacité thermique massique, n'est pas au programme de Seconde : elle arrive en Terminale, en spécialité physique-chimie.
Exercice 7 : Mesurer l'énergie de fusion de la glace avec deux entonnoirs
Deux entonnoirs identiques A et B sont remplis de glace pilée fondante, à 0∘C comme l'indique le thermomètre. Dans l'entonnoir A, une résistance chauffante est branchée sur un joulemètre ; l'entonnoir B n'en a pas. L'eau de fusion coule dans deux béchers posés sur des balances tarées.
Au bout de dix minutes, le joulemètre indique 36,0kJ ; le bécher A contient 128,0g d'eau, le bécher B 21,0g (figure). Valeur des tables : Lf=334kJ/kg pour l'eau.
a) À quoi sert l'entonnoir B, qui n'est pas chauffé ?
b) Quelle masse de glace la résistance a-t-elle fait fondre ?
c) Calculez l'énergie massique de fusion de la glace mesurée par cette expérience, en kJ/kg.
d) Calculez l'écart relatif entre cette mesure et la valeur des tables, en pourcentage.
e) Un groupe a oublié l'entonnoir B et divise directement 36,0kJ par la masse recueillie en A. Quelle valeur trouve-t-il ? Pourquoi faut-il aussi que la glace soit fondante, à 0∘C, et pas sortie d'un congélateur ?
Voir la correction
Réponses
a)C'est un témoin : il mesure la glace fondue par l'air de la salle
b)m=107,0g
c)Lf≈336kJ/kg=3,36×105J/kg
d)Environ 0,7%
e)281kJ/kg, sous-estimée ; une glace plus froide recevrait de l'énergie sans fondre
a)
La glace reçoit aussi de l'énergie de l'air de la salle, plus chaud qu'elle, et fond un peu sans aucun chauffage.
L'entonnoir B, placé dans les mêmes conditions, mesure cette fonte parasite : c'est un TÉMOIN. On la retranchera de la masse recueillie en A.
b)
m=128,0−21,0=107,0g=0,1070kg
C'est la masse fondue grâce aux seuls 36,0kJ de la résistance.
c)
Lf=mQ=0,107036,0≈336kJ/kg
soit 3,36×105J/kg.
Piège : diviser par 107,0 sans convertir donne 0,336, mille fois trop peu ; une énergie massique de fusion de quelques centaines de kilojoules par kilogramme est l'ordre de grandeur à reconnaître.
d)
334∣336,4−334∣×100≈0,7%
La mesure est très proche de la valeur des tables : le témoin a bien corrigé l'apport de l'air.
e)
Sans témoin : 0,128036,0≈281kJ/kg, soit près de 16% de moins que la valeur des tables. Le groupe attribue à la résistance une fonte due en partie à l'air, donc il croit qu'il faut moins d'énergie par kilogramme.
Glace fondante : si la glace était à −18∘C, une partie de l'énergie servirait d'abord à la réchauffer jusqu'à 0∘C, sans rien faire fondre, et Q=m×Lf ne s'appliquerait plus à l'énergie lue. La relation Q=m×Lf ne vaut que pour un corps déjà à sa température de changement d'état.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Pour chaque affirmation, dites si elle est vraie ou fausse. Si elle est fausse, écrivez la phrase juste. Donnée : Lf=334kJ/kg pour l'eau.
a) « Quand l'eau bout, ses molécules se cassent : la vapeur d'eau est un mélange de dihydrogène et de dioxygène. »
b) « Le glaçon refroidit le jus de fruit parce qu'il lui donne du froid. »
c) « Le givre qui se forme sur une vitre glacée libère de l'énergie : c'est une transformation exothermique. »
d) « Pour faire fondre 750g de neige à 0∘C, il faut Q=750×334=250500kJ. »
e) « La solidification est endothermique, puisqu'il faut un congélateur, qui consomme de l'électricité, pour fabriquer des glaçons. »
Voir la correction
Réponses
a)Fausse : H2O(ℓ)→H2O(g), les molécules restent entières
b)Fausse : le jus cède de l'énergie au glaçon
c)Vraie : la condensation est exothermique
d)Fausse : Q=0,750×334≈251kJ
e)Fausse : la solidification est exothermique, le congélateur retire l'énergie
a)
Fausse. Une ébullition est un changement d'état : les molécules H2O restent intactes, elles se séparent seulement les unes des autres.
H2O(ℓ)→H2O(g)
Casser l'eau en dihydrogène et dioxygène est une transformation chimique, l'électrolyse, qui demande un courant électrique, pas une casserole.
b)
Fausse. Le froid n'est pas une chose qu'on transfère : le transfert thermique va toujours du corps le plus chaud au plus froid.
Phrase juste : « le jus cède de l'énergie au glaçon, qui l'utilise pour fondre ; en perdant cette énergie, le jus se refroidit ». La fusion du glaçon est endothermique.
c)
Vraie. Le givre est une condensation : les molécules de vapeur se rapprochent et se fixent les unes aux autres dans un solide, ce qui libère de l'énergie, cédée à la vitre et à l'air. Exothermique, donc.
Ce dégagement d'énergie ne suffit pas à réchauffer la vitre, qui continue de perdre de l'énergie vers le ciel nocturne.
d)
Fausse. Lf est donnée en kJ/kg : la masse doit être en kilogrammes.
Q=0,750×334=250,5kJ≈251kJ
L'erreur multiplie le résultat par mille. Un contrôle d'ordre de grandeur suffit à la repérer : moins d'un kilogramme de neige demande moins de 334kJ.
e)
Fausse. Pour que l'eau gèle, il faut lui RETIRER de l'énergie : la solidification est exothermique. L'eau cède de l'énergie à l'intérieur du congélateur.
L'électricité consommée sert à évacuer cette énergie hors de l'appareil, vers la cuisine : le congélateur est une pompe qui « sort » l'énergie de l'eau.
Piège : confondre l'énergie consommée par la machine et l'énergie échangée par le corps qui change d'état. On raisonne toujours sur le système, ici l'eau.
Exercice 9 : Problème : arroser un verger pour le protéger du gel
Au printemps, une nuit claire peut faire descendre l'air à −4∘C et geler les bourgeons des arbres fruitiers, qui meurent sous −2∘C. Pour les protéger, des arboriculteurs les arrosent toute la nuit en fines gouttelettes : l'eau gèle sur les branches et enferme chaque bourgeon dans une gaine de glace (figure).
Tant que de l'eau continue de geler sur le bourgeon, la gaine reste à 0∘C. Données : chaque mètre carré de verger perd environ 2,2×105J par heure vers le ciel nocturne ; Lf=3,34×105J/kg pour l'eau ; 1ha=1,0×104m2 ; 1m3 d'eau a une masse de 1000kg.
a) Choisissez l'équation du changement d'état de l'eau pulvérisée, et dites s'il est endothermique ou exothermique.
b) Quelle énergie un hectare de verger perd-il en une heure ?
c) Quelle masse d'eau doit geler chaque heure sur cet hectare pour compenser exactement cette perte ?
d) À quelle hauteur d'eau, en millimètres par heure, cela correspond-il ?
e) Les arboriculteurs arrosent en réalité environ 3mm par heure, et ne coupent l'eau qu'une fois toute la glace fondue au matin. Pourquoi ne pas couper l'eau dès le lever du soleil ?
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Réponses
a)H2O(ℓ)→H2O(s), exothermique
b)Q=2,2×109J
c)m≈6,6×103kg, soit 6,6t
d)h≈0,66mm par heure
e)La fonte de la gaine est endothermique et refroidirait le bourgeon
a)
L'eau liquide pulvérisée devient solide : H2O(ℓ)→H2O(s).
La solidification est exothermique : l'eau qui gèle cède de l'énergie au bourgeon et à l'air (Q1 sur le schéma du corrigé).
C'est cette énergie qui compense celle que le bourgeon perd vers le ciel (Q2) : la gaine reste à 0∘C, au-dessus du seuil mortel de −2∘C.
b)
Q=2,2×105×1,0×104=2,2×109J par heure.
L'énergie perdue est proportionnelle à la surface : on multiplie la perte d'un mètre carré par le nombre de mètres carrés.
c)
L'énergie libérée par la solidification doit valoir l'énergie perdue :
m=LfQ=3,34×1052,2×109≈6,6×103kg
soit environ 6,6 tonnes d'eau par heure et par hectare. L'énergie échangée étant proportionnelle à la masse qui change d'état, une nuit deux fois plus froide demanderait deux fois plus d'eau.
d)
6,6×103kg d'eau occupent 6,6m3, répartis sur 1,0×104m2 :
h=1,0×1046,6=6,6×10−4m≈0,66mm par heure.
On arrose pourtant environ quatre fois plus : une partie de l'eau ruisselle sans geler sur le bourgeon, et une autre s'évapore. L'évaporation est endothermique : elle prend de l'énergie au bourgeon, au lieu de lui en donner.
e)
Au lever du soleil, la gaine commence à fondre. La fusion est endothermique : la glace prend l'énergie qui lui manque à ce qui la touche, en particulier au bourgeon.
Si l'arrosage est coupé, plus aucune eau ne gèle pour compenser, et le bourgeon peut se refroidir sous −2∘C au moment même où l'air se réchauffe.
Tant que l'on arrose, de l'eau gèle encore et maintient le mélange eau et glace à 0∘C jusqu'à la fonte complète.
Exercice 10 : Problème : où va l'énergie retirée par un réfrigérateur ?
Dans un réfrigérateur, un fluide, l'isobutane C4H10, circule en boucle fermée (figure). Dans l'évaporateur, à l'intérieur de l'appareil, il passe de l'état liquide à l'état gazeux ; dans le condenseur, la grille noire à l'arrière, il redevient liquide. Le compresseur et le détendeur font varier sa pression pour que ces deux changements d'état aient lieu au bon endroit.
Données : énergie massique de vaporisation de l'isobutane dans l'évaporateur Lv=360kJ/kg ; le circuit contient 50g d'isobutane ; Lf=334kJ/kg pour l'eau.
a) Dans l'évaporateur : choisissez l'équation du changement d'état de l'isobutane, et dites s'il est endothermique ou exothermique. Qui cède l'énergie au fluide ?
b) Dans le condenseur : nommez le changement d'état, et dites qui reçoit l'énergie.
c) On place au congélateur un bac de 1,5kg d'eau déjà à 0∘C. Quelle énergie faut-il lui retirer pour la faire geler entièrement ?
d) Quelle masse d'isobutane doit se vaporiser dans l'évaporateur pour absorber cette énergie ? Combien de fois la charge du circuit doit-elle faire le tour de la boucle ?
e) Un jour de canicule, quelqu'un laisse la porte du réfrigérateur ouverte pour rafraîchir la cuisine. Que devient la température de la cuisine ?
Le fluide reçoit cette énergie de ce qui l'entoure : l'air et les aliments de l'intérieur du réfrigérateur, qui se refroidissent. C'est le même principe que la sueur ou la cruche poreuse, mais en circuit fermé.
b)
Dans le condenseur, le gaz redevient liquide : c'est une liquéfaction, exothermique.
L'énergie est cédée à l'air de la cuisine : c'est pourquoi la grille arrière est tiède.
Le réfrigérateur ne détruit pas d'énergie : il la DÉPLACE de l'intérieur vers la cuisine, grâce aux deux changements d'état du fluide.
c)
La solidification de l'eau est exothermique ; l'énergie à retirer vaut :
Q=m×Lf=1,5×334=501kJ
La masse est déjà en kilogrammes, comme le demande Lf en kJ/kg.
d)
mfluide=LvQ=360501≈1,39kg
Le circuit ne contient que 0,050kg : la même charge doit passer 0,0501,39≈28 fois dans l'évaporateur.
C'est tout l'intérêt de la boucle fermée : une petite masse de fluide, vaporisée puis liquéfiée encore et encore, transporte une grande énergie.
e)
La cuisine se réchauffe. L'intérieur ouvert devient une partie de la cuisine : ce que l'évaporateur prend à l'air de la cuisine, le condenseur le lui rend, et il lui rend en plus l'énergie électrique consommée par le compresseur.
Bilan : la cuisine reçoit plus d'énergie qu'elle n'en perd.
Pour refroidir une pièce, il faut que le condenseur soit DEHORS : c'est ce que fait un climatiseur, et une pompe à chaleur fait l'inverse pour chauffer une maison.
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