Exercice 1 : Classes, préparation et polarité de la liaison carbone-halogène
Tout le comportement d'un dérivé halogéné se lit sur deux paramètres : la CLASSE du carbone porteur, et la NATURE de l'halogène. Le premier gouverne le mécanisme, le second la vitesse.
Électronégativités : 2,55 ; 3,98 ; 3,16 ; 2,96 ; 2,66.
- a) Classez en primaire, secondaire ou tertiaire : le 1-bromobutane, le 2-bromobutane et le 2-bromo-2-méthylpropane.
- b) Citez trois méthodes de préparation d'un dérivé halogéné, en précisant le réactif de départ.
- c) Calculez la différence d'électronégativité pour chacune des quatre liaisons et concluez sur la polarité.
- d) L'iodométhane est bien plus réactif que le fluorométhane, alors que la liaison est la MOINS polarisée. Expliquez cette apparente contradiction.
- e) Pourquoi les fluoroalcanes sont-ils employés comme matériaux inertes, par exemple dans le téflon ?
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a) Le 1-bromobutane : le carbone porteur n'est lié qu'à UN autre carbone, il est PRIMAIRE. Le 2-bromobutane : le carbone porteur est lié à DEUX carbones, il est SECONDAIRE. Le 2-bromo-2-méthylpropane : le carbone porteur est lié à TROIS carbones, il est TERTIAIRE.
b) Première méthode, l'HALOGÉNATION RADICALAIRE d'un alcane par sous lumière ultraviolette, peu sélective avec le chlore mais très sélective avec le brome. Deuxième, l'ADDITION de sur un alcène, régiosélective selon Markovnikov. Troisième, la SUBSTITUTION du groupe d'un alcool, par concentré ou par des réactifs comme ou , plus propres. Cette dernière est la plus employée au laboratoire car les alcools sont bon marché et disponibles.
c) : . : . : . : . Toutes ces liaisons sont polarisées avec le carbone en , ce qui le rend électrophile, mais la polarité DÉCROÎT fortement du fluor à l'iode. La liaison est presque apolaire, l'iode ayant une électronégativité très proche de celle du carbone.
d) Parce que la réactivité de ces composés n'est pas gouvernée par la polarité de la liaison mais par sa FORCE et par l'aptitude nucléofuge de l'halogénure formé. La liaison , longue et faible, ne coûte que 213 kJ/mol à rompre, contre 485 pour : c'est plus du double. De plus l'ion , gros et très polarisable, disperse bien sa charge : c'est une base très faible, donc un excellent groupe partant, alors que est une base relativement forte qui refuse de partir. Les deux facteurs jouent dans le même sens et l'emportent largement sur l'effet de polarité, qui jouerait en sens inverse. RETENIR : c'est la stabilité du groupe PARTANT qui décide, pas la polarité de la liaison.
e) Précisément à cause de la force de la liaison , la plus solide de toute la chimie organique, et de la très mauvaise aptitude nucléofuge du fluorure. Aucun nucléophile usuel ne parvient à déplacer un fluor, et aucune base ne provoque d'élimination : le polytétrafluoroéthylène est donc chimiquement inattaquable par les acides, les bases et les solvants. S'y ajoute le fait que les atomes de fluor, petits et très électronégatifs, forment une gaine serrée autour du squelette carboné, qu'ils protègent stériquement, et qu'ils confèrent au matériau des forces intermoléculaires très faibles, d'où le caractère antiadhésif.