Chimie organique • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Exercices corrigés : SN1, SN2, E1 et E2, la substitution et l'élimination
La substitution nucléophile, SN1 et SN2, et l'élimination, E1 et E2, forment le cœur du premier cours de chimie organique au cégep. Cette série prépare à l'examen : écrire le mécanisme avec ses flèches courbes, inventorier TOUS les produits, majoritaire et minoritaires, et donner leur configuration R ou S, Z ou E. À la fin, vous savez dire en quatre questions quelle réaction se produit, ou pourquoi aucune ne se produit.
Chaque exercice reprend une faute relevée sur de vraies copies : une E1 écrite là où la base forte impose une E2 (exercices 1 et 8), des flèches à l'envers et un NaCl chargé (exercice 2), la lettre R ou S appliquée sans reclasser les groupes (exercice 3), le fluor pris pour un groupe partant (exercice 4), un catalyseur oublié dans le bilan (exercice 5), une amine et un acide déclarés sans réaction (exercices 1 et 8), le produit de substitution oublié parmi les minoritaires (exercice 6).
Les situations : des halogénures et des alcools traités par des bases, des nucléophiles et des acides ; le choix du réactif qui donne l'éther ou l'alcène voulu (exercice 7) ; la méthylation de la noradrénaline en adrénaline, une SN2 du vivant (exercice 9) ; la préparation du cyclohexène au laboratoire par deux voies, avec leurs rendements (exercice 10). L'exercice 11 fait compléter douze réactions, de la SN2 à l'absence de réaction. Chaque mécanisme du corrigé est dessiné flèche par flèche.
Les classiques du cours y sont tous : le classement des groupes partants par le pKa de leur acide conjugué et le carbone sp2 qui ne réagit pas (exercice 1), l'effet du solvant (exercice 2), les lois de vitesse (exercice 3), la voie du tosylate et le glissement d'hydrure (exercice 4), les quatre familles de réactifs et la SN2 intramoléculaire qui ferme un cycle (exercice 7).
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Un bon groupe partant est une BASE FAIBLE : I−>Br−>Cl−. F−, HO−, RO− et NH2− ne partent pas. Un alcool ne réagit qu'une fois protoné : le groupe partant est alors H2O.
•Avant tout : une réaction acide-base est plus rapide que tout le reste. Une amine et un acide donnent un sel d'ammonium.
•SN2 : une étape, deux flèches, attaque dorsale, INVERSION de la géométrie ; méthyle, primaire ou secondaire ; nucléophile fort ; solvant polaire aprotique.
•SN1 : deux étapes, carbocation plan, RACÉMISATION ; tertiaire, benzylique ou allylique ; nucléophile faible et neutre ; solvant protique. Avec un nucléophile neutre, une déprotonation finale.
•E2 : une étape, trois flèches, base forte ; H et groupe partant anti. Petite base : Zaitsev, l'alcène le plus substitué ; base encombrée : Hofmann, le moins substitué.
•E1 : deux étapes, carbocation, base faible, chaleur ; déshydratation des alcools en milieu acide concentré ; Zaitsev ; l'acide est un catalyseur, rendu à la fin.
•La chaleur favorise toujours l'élimination. Les charges se conservent dans chaque équation, et Na+ reste spectateur.
•R ou S : on reclasse les quatre groupes du PRODUIT. Z ou E : on classe les deux groupes de chaque carbone de la double liaison.
•Substitution et élimination n'ont lieu que sur un carbone sp3 : un halogène sur un cycle benzénique ou sur une double liaison ne part pas. F− et CN− ne partent pas non plus : liaison trop solide.
•Lois de vitesse : SN2, v=k[RX][Nu] ; E2, v=k[RX][B] ; SN1 et E1, v=k[RX].
•Un carbocation se réarrange vers plus stable par glissement d'un hydrure ou d'un méthyle voisin. Un tosylate, préparé par TsCl et la pyridine, fait partir un OH sans carbocation ni perte de configuration.
Partie A : les gestes de base (/50)
Exercice 1 : Le diagnostic avant la première flèche
À l'examen, une bonne partie des points se perd avant la première flèche : on dessine une E1 là où une base forte impose une E2, ou une substitution sur une molécule qui n'a aucun groupe partant. Quatre questions, posées toujours dans le même ordre, évitent ces erreurs.
1) Y a-t-il un BON groupe partant, c'est-à-dire un groupe qui part sous forme de base faible (I−, Br−, Cl−, ou H2O après protonation d'un alcool) ? 2) Le réactif est-il une base forte, un bon nucléophile peu basique, ou une espèce neutre et faible ? 3) Quelle est la classe du carbone qui porte le groupe partant ? 4) Une réaction acide-base, plus rapide que tout le reste, se présente-t-elle ?
Couples étudiés : 1) 1-iodopentane et cyanure de sodium dans le diméthylsulfoxyde (DMSO) ; 2) 3-bromo-3-éthylpentane dans le méthanol à 25 °C ; 3) le même bromure et la potasse concentrée dans l'éthanol à reflux ; 4) 1-méthylcyclohexan-1-ol et acide sulfurique concentré, chauffé ; 5) 1-fluorohexane et soude ; 6) méthoxycyclohexane et éthanoate de sodium, chauffés ; 7) pentan-1-amine et acide bromhydrique ; 8) hexan-1-ol et bromure de sodium dans l'eau, sans acide. La figure donne les huit couples.
a) Pour les couples 1 à 4, nommez la réaction qui donne le produit majoritaire.
b) Même question pour les couples 5 à 8.
c) Pour chaque couple où le substrat ne subit ni substitution ni élimination, nommez précisément l'obstacle et dites ce qu'il faudrait changer pour obtenir une substitution.
d) Les couples 2 et 3 portent le même substrat. Expliquez pourquoi le méthanol ne peut pas faire d'E2, et pourquoi la potasse concentrée ne laisse pas le temps à une SN1.
e) Données, pKa des acides conjugués : HI−10 ; HCl−7 ; H3O+−1,7 ; H2O15,7 ; NH338. Parmi I−, Cl−, H2O, HO− et NH2−, lequel est le meilleur groupe partant, lequel est le pire ? Expliquez ensuite pourquoi F− (pKa de HF : 3,2) et CN− (pKa de HCN : 9,2), bases bien plus faibles que HO−, ne partent pourtant presque jamais.
f) Le bromobenzène et le bromoéthène, chauffés avec la soude, ne donnent ni substitution ni élimination. Le brome est pourtant un bon groupe partant : pourquoi ne part-il pas ?
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Réponses
a)1 : SN2 ; 2 : SN1 ; 3 : E2 ; 4 : E1
b)5 et 6 : aucune réaction ; 7 : acide-base seulement ; 8 : aucune réaction
c)5 : fluor non partant, prendre un bromure ; 6 et 8 : alcoolate ou HO− non partant, protoner l'oxygène par HBr ou HI ; 7 : la réaction a lieu, elle est acide-base
d)Le méthanol est une base trop faible pour une E2 ; HO− concentré fait l'E2 plus vite que l'ionisation
e)Meilleur I−, pire NH2− ; F− et CN− ne partent pas, leur liaison au carbone est trop solide
f)Aucune réaction : le brome est sur un carbone sp2
Méthode : les quatre questions, dans l'ordre, pour chaque couple. La classe du carbone ne vient qu'en troisième : elle ne sert à rien s'il n'y a pas de groupe partant, et elle ne décide pas seule entre E1 et E2.
a)
Couple 1 : I− est un excellent groupe partant ; CN− est un bon nucléophile et une base faible ; carbone primaire ; solvant polaire aprotique.
SN2 : hexanenitrile CH3(CH2)4CN, la chaîne gagne un carbone.
Couple 2 : bromure tertiaire, méthanol neutre et faible, solvant protique, 25 °C.
Ni SN2 (le carbone est trop encombré) ni E2 (aucune base forte) : le carbocation tertiaire se forme seul. SN1 majoritaire : 3-éthyl-3-méthoxypentane, avec un peu de 3-éthylpent-2-ène par E1.
Couple 3 : même substrat, mais base forte et concentrée, à reflux : E2. Produit : le 3-éthylpent-2-ène, seul alcène possible, puisque les trois carbones voisins sont équivalents.
Piège : couples 2 et 3, même substrat, deux mécanismes. C'est le RÉACTIF qui décide entre E1 et E2, pas la classe du carbone.
b)
Couple 5 : aucune réaction. F− part bien plus mal que Cl− (pKa de HF : 3,2, contre −7 pour HCl), et surtout la liaison C−F, 485 kJ/mol, est la plus solide des liaisons carbone-halogène.
Couple 6 : aucune réaction. Il faudrait chasser un ion alcoolate, CH3O− ou C6H11O−, base forte (pKa de l'alcool voisin de 16). L'éthanoate, nucléophile faible, n'y change rien.
Couple 7 : acide-base seulement. Une amine est une BASE, HBr un acide fort : le transfert de proton, instantané, donne le bromure de pentylammonium CH3(CH2)4NH3+Br−.
Couple 8 : aucune réaction. Sans acide, le groupe partant serait HO−, base forte (pKa de l'eau : 15,7). Le bromure est pourtant un bon nucléophile : c'est le DÉPART qui bloque, pas l'attaque.
Piège : écrire « pas de bon groupe partant » pour le couple 7. La question 4 passe avant : une amine et un acide réagissent toujours, par transfert de proton.
c)
Couple 5 : remplacer le fluor par un brome ou un iode. Le 1-bromohexane fait une SN2 avec la soude et donne l'hexan-1-ol.
Couple 6 : protoner l'oxygène de l'éther. Avec HBr ou HI concentré et chaud, le groupe partant devient un alcool neutre, et l'éther est coupé.
Couple 8 : protoner l'oxygène. Avec NaBr et H2SO4 concentré, ou HBr directement, l'eau devient le groupe partant et l'on obtient le 1-bromohexane par SN2. On peut aussi passer par un tosylate, ou par PBr3.
Couple 7 : il ne manque rien, la réaction acide-base a lieu. Pour que l'amine serve de nucléophile, il faut lui opposer un halogénoalcane, pas un acide.
d)
Méthanol : une E2 demande une base assez forte pour arracher un proton à une molécule neutre PENDANT que le bromure part, en une seule étape. Le méthanol est une base très faible : il ne peut réagir qu'une fois le carbocation formé, c'est-à-dire par SN1 ou par E1.
Potasse : HO− concentré arrache un hydrogène voisin dès la première rencontre. La vitesse de l'E2, v=k[RBr][HO−], grandit avec la concentration de la base, celle de l'ionisation non : à forte concentration, l'E2 gagne la course, et la SN2 reste bloquée sur un tertiaire.
e)
Un groupe partant est d'autant meilleur que c'est une base FAIBLE, donc que son acide conjugué est fort, de pKa bas : il emporte le doublet et reste stable une fois parti.
I−(−10)>Cl−(−7)>H2O(−1,7)≫HO−(15,7)>NH2−(38)
Meilleur : I− ; pire : NH2−. Entre H2O et HO−, 17,4 unités de pKa : c'est tout le gain de la protonation d'un alcool.
Le tosylate TsO− (pKa de TsOH : −2,8), dont la charge se répartit sur trois oxygènes, part aussi bien qu'un halogénure lourd : c'est la seconde façon de faire partir un OH (exercice 4).
F− et CN− : la basicité ne suffit pas, la liaison au carbone doit aussi se rompre. La liaison C−F, 485 kJ/mol, est la plus solide des liaisons carbone-halogène ; C−CN est une liaison carbone-carbone, solide elle aussi.
Piège : « base faible, donc bon groupe partant » vaut pour I−, Br−, Cl−, l'eau et les sulfonates, pas pour F− ni pour CN−.
f)
Le brome est porté par un carbone sp2, du cycle ou de la double liaison. Substitution et élimination n'ont lieu que sur un carbone sp3.
SN1 : le carbocation sp2 serait bien trop instable ; plus une orbitale a de caractère s, plus elle retient ses électrons près du noyau, et moins le carbone supporte une charge positive.
SN2 : l'attaque dorsale est barrée par le cycle ou par la double liaison, et la liaison C−Br, plus courte, est plus solide.
Règle : on cherche un bon groupe partant SUR un carbone sp3. Exception à connaître : l'amidure de sodium NaNH2, base très forte, fait éliminer un halogénure de vinyle et donne un alcyne.
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Exercice 2 : Les flèches courbes : du doublet vers l'atome, et des charges qui se conservent
Une flèche courbe décrit le déplacement d'un DOUBLET d'électrons. Elle part toujours d'un doublet, non liant ou liant, et pointe vers l'atome qui le reçoit ou vers la liaison qui se forme.
La figure reproduit la copie d'un élève pour la réaction du (bromométhyl)cyclohexane avec l'éthanethiolate de sodium CH3CH2S−Na+ dans le diméthylformamide (DMF), un solvant polaire aprotique. Les flèches de l'élève sont en violet.
a) Repérez sur la copie les deux erreurs de flèches. Pour chacune, dites d'où la flèche aurait dû partir et où elle aurait dû arriver.
b) Nommez le mécanisme et écrivez-le correctement. Combien de flèches courbes compte-t-il, et combien d'étapes ?
c) Le bilan de la copie porte deux erreurs sur les espèces chargées. Corrigez-le, puis vérifiez que la charge totale est la même des deux côtés.
d) On traite maintenant le bromocyclopentane par l'éthanolate de sodium, à chaud. La réaction est une E2 : décrivez chacune de ses flèches, de son départ à son arrivée, et donnez les produits.
e) Sans dessiner : combien de flèches comptent, toutes étapes réunies, une SN1 par l'ion iodure et une E1 sur un halogénure tertiaire ?
f) La SN2 de b) serait beaucoup plus lente dans l'éthanol que dans le DMF. Pourquoi ?
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Réponses
a)Flèche 1 : du doublet du soufre vers le carbone ; flèche 2 : du milieu de C−Br vers le brome
b)SN2 : deux flèches, une étape
c)C6H11CH2Br+CH3CH2S−+Na+→C6H11CH2SCH2CH3+Na++Br−, charge 0 de chaque côté
d)Base vers H, C−H vers C−C, C−Br vers Br : cyclopentène, éthanol, Br−
e)SN1 : 2 flèches ; E1 : 3 flèches
f)L'éthanol, protique, enferme l'anion dans des liaisons hydrogène ; le DMF le laisse nu
a)
Flèche 1 : sur la copie, elle part du carbone et pointe vers le soufre. C'est l'inverse : un carbone δ+ n'a aucun doublet à donner.
Juste : la flèche part d'un doublet non liant du SOUFRE et pointe vers le carbone du CH2.
Flèche 2 : elle part du brome et pointe vers la liaison C−Br. C'est encore l'inverse : la liaison se rompt et ses deux électrons partent avec le brome.
Juste : la flèche part du MILIEU de la liaison C−Br et pointe vers l'atome de brome.
Piège : une flèche ne dit pas qui « va vers » qui. Elle dit où vont les électrons, et part donc toujours d'un doublet, jamais d'un atome qui n'en a pas à céder.
b)
Carbone primaire, nucléophile fort et peu basique, solvant polaire aprotique : SN2.
Deux flèches, une seule étape : le soufre attaque le carbone du côté opposé au brome, et la liaison C−Br se rompt dans le même mouvement.
Produit : le [(éthylsulfanyl)méthyl]cyclohexane C6H11CH2SCH2CH3, un thioéther.
c)
Première erreur : le thiolate est CONSOMMÉ. Il est entré dans le produit, il ne peut pas réapparaître à droite.
Seconde erreur : NaBr+ n'existe pas. L'ion Na+ est spectateur du début à la fin, et le bromure part sous forme Br− : ensemble, ils forment un sel neutre.
Charges : à gauche 0−1+1=0 ; à droite 0+1−1=0. Une équation dont les charges ne se conservent pas est fausse, quel que soit le mécanisme.
d)
Flèche 1 : d'un doublet de l'oxygène de CH3CH2O− vers un hydrogène porté par un carbone VOISIN de celui qui porte le brome.
Flèche 2 : du milieu de la liaison C−H vers le milieu de la liaison C−C, où se forme la double liaison.
Flèche 3 : du milieu de la liaison C−Br vers le brome.
Produits : cyclopentène, éthanol et Br−, avec Na+ spectateur. Trois flèches, une étape ; l'hydrogène arraché et le brome doivent être de part et d'autre du cycle (anti).
e)
SN1 : étape 1, une flèche, de la liaison C−X vers X ; étape 2, une flèche, du doublet de I− vers le carbocation. Deux flèches en tout.
E1 : étape 1, la même flèche ; étape 2, deux flèches, de la base vers H puis de la liaison C−H vers la liaison C−C. Trois flèches en tout.
La règle de la marge se vérifie : une substitution compte deux flèches, une élimination trois, en une ou en deux étapes. Avec un nucléophile neutre comme l'eau, la substitution ajoute une déprotonation finale.
f)
L'éthanol est un solvant PROTIQUE : son hydrogène lié à l'oxygène forme des liaisons hydrogène avec l'anion CH3CH2S−, qui s'entoure d'une cage de solvant à défaire avant d'attaquer.
Le DMF, polaire mais APROTIQUE, dissout le sel en entourant Na+, et laisse l'anion presque nu, donc plus réactif.
Règle : SN2 par un anion, solvant polaire aprotique (DMF, DMSO, propanone, acétonitrile) ; SN1 et E1, solvant protique, qui stabilise le carbocation et l'anion qui part.
La copie corrigée : la SN2 en deux flèches, chacune partant d'un doublet.
L'E2 de la question d) : trois flèches, une étape, H et Br anti.
Exercice 3 : R ou S après la substitution : l'inversion, la racémisation et la lettre qui trompe
La SN2 attaque le carbone par l'arrière et le retourne comme un parapluie : sa géométrie s'INVERSE. La SN1 passe par un carbocation plan, attaqué sur ses deux faces : on obtient un mélange RACÉMIQUE. Mais la lettre R ou S se lit sur les priorités, pas sur la géométrie.
La figure donne les trois substrats en représentation de Cram, avec leur réactif : A, le (S)-2-iodoheptane et l'azoture de sodium NaN3 dans le DMSO ; B, le (R)-3-bromo-3-méthylhexane dans un mélange d'eau et de propanone tiède ; C, le (S)-2-bromopentan-1-ol et le cyanure de sodium dans le DMSO.
a) A : nommez le mécanisme, puis donnez le produit avec sa configuration.
b) B : donnez le produit de substitution et ce qu'indique un polarimètre. Pourquoi l'élève qui écrit « (S)-3-méthylhexan-3-ol » perd-il le point ?
c) C : classez les quatre groupes du carbone asymétrique avant et après la réaction, puis donnez la configuration du produit. Expliquez pourquoi elle porte la même lettre que le substrat, alors que la géométrie s'est inversée.
d) Un élève affirme : « une SN2 transforme toujours un R en S ». Corrigez cette phrase en vous appuyant sur A et sur C.
e) Lois de vitesse. Pour A, que devient la vitesse initiale si l'on double la concentration de N3− ? Si l'on double celle du substrat ? Pour B, si l'on double la concentration du substrat ? Si l'on ajoute de l'azoture de sodium au mélange ?
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Réponses
a)SN2 : (R)-2-azidoheptane
b)SN1 : 3-méthylhexan-3-ol racémique, pouvoir rotatoire nul
d)Faux : la géométrie s'inverse toujours, la lettre seulement si le groupe entrant prend le rang du groupe partant
e)A : facteur 2 et 2, v=k[RI][N3−] ; B : facteur 2 et 1, v=k[RBr]
a)
Carbone secondaire, N3− excellent nucléophile et base faible, DMSO aprotique : SN2.
Avant : I> chaîne pentyle >CH3>H. Après : N3> chaîne pentyle >CH3>H.
Le groupe entrant prend le rang 1, comme le groupe parti : la géométrie inversée donne la lettre inversée. Produit : (R)-2-azidoheptane.
b)
Carbone tertiaire, eau faible et neutre, solvant protique : SN1. L'eau attaque le carbocation plan par ses deux faces, puis l'ion oxonium perd un H+.
Produit : 3-méthylhexan-3-ol, mélange racémique de (R) et de (S). Le polarimètre lit un pouvoir rotatoire nul, ou presque : un léger excès du produit inversé apparaît quand l'ion bromure, encore proche, masque une face. Quelques alcènes se forment aussi par E1.
Piège : écrire « (S) » revient à appliquer à une SN1 la règle de la SN2. Le point est perdu deux fois : mauvais mécanisme et mauvaise stéréochimie.
c)
Avant : Br>CH2OH> propyle >H. Le carbone de CH2OH porte (O,H,H), celui du propyle (C,H,H) : O bat C.
Après, il faut départager CH2OH et C≡N. Les deux commencent par un carbone ; on compare leurs substituants : (O,H,H) pour CH2OH, (N,N,N) pour CN, la triple liaison comptant trois fois.
On compare d'abord le plus lourd de chaque liste : O bat N, donc CH2OH>CN.
Après : CH2OH>CN> propyle >H.
La SN2 a inversé la géométrie, mais le groupe entrant n'a pris que le rang 2, et CH2OH est monté au rang 1 : les deux premiers rangs ont changé de place. Les deux changements de sens se compensent. Produit : (S)-2-(hydroxyméthyl)pentanenitrile.
Piège : on compare atome par atome, au premier point de différence. Un oxygène seul bat trois azotes.
d)
La phrase est fausse. Une SN2 inverse toujours la GÉOMÉTRIE, pas forcément la lettre.
Phrase juste : la lettre s'inverse quand le groupe entrant prend, dans les priorités, le rang du groupe partant (cas A) ; elle peut rester la même sinon (cas C). On redessine le produit, puis on reclasse ses quatre groupes.
e)
A, SN2 : une seule étape, où les deux réactifs se rencontrent. v=k[RI][N3−] : doubler [N3−] double la vitesse, doubler [RI] aussi.
B, SN1 : l'étape lente, la rupture de la liaison C−Br, ne fait intervenir que le substrat. v=k[RBr] : doubler le substrat double la vitesse ; ajouter un nucléophile ne la change pas.
L'azoture ajouté change seulement le PRODUIT : une partie du carbocation donne l'azoture au lieu de l'alcool.
Même logique pour les éliminations : E2, v=k[RX][B] ; E1, v=k[RX]. C'est l'origine des chiffres 1 et 2 dans les noms.
Exercice 4 : Substituer sur un alcool : protoner d'abord, et laisser le fluor en place
Un alcool n'a pas de bon groupe partant : HO− est une base forte. En milieu acide, l'oxygène se protone, et le groupe partant devient une molécule d'eau, qui part sans difficulté. Toute substitution d'un alcool par HX commence donc par une étape acide-base.
La figure donne les quatre alcools étudiés : A, le 1-éthylcyclohexan-1-ol avec HBr concentré ; B, le pentan-1-ol avec HBr concentré et chaud ; C, le 5-fluoro-2-méthylpentan-2-ol avec HCl concentré ; D, le (R)-1-phényléthan-1-ol avec HCl concentré.
a) A : écrivez le mécanisme et comptez ses étapes. Pourquoi est-ce une SN1 ?
b) B : même travail. Pourquoi l'eau ne part-elle pas seule ici, et combien d'étapes compte le mécanisme ?
c) C : une élève remplace le fluor par le chlore. Quel groupe part réellement, et pourquoi le fluor reste-t-il en place ? Donnez le nom du produit.
d) D : le carbocation formé est secondaire, mais il se forme presque aussi facilement qu'un tertiaire. Expliquez en nommant l'effet et en comptant les formes limites qui portent la charge sur le cycle. Quelle est la configuration du produit ?
e) On veut le (S)-2-méthylhexanenitrile à partir du (R)-hexan-2-ol, sans passer par un carbocation. Proposez deux étapes et donnez la configuration après chacune.
f) Le 3-méthylbutan-2-ol traité par HBr concentré donne surtout le 2-bromo-2-méthylbutane, et non le 2-bromo-3-méthylbutane attendu. Expliquez par le mécanisme.
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Réponses
a)Protonation, départ de l'eau, attaque de Br− : SN1 en trois étapes, 1-bromo-1-éthylcyclohexane
b)Protonation puis SN2 : deux étapes, 1-bromopentane
c)L'eau part, le fluor reste : 4-chloro-1-fluoro-4-méthylpentane
d)Cation benzylique stabilisé par résonance, 3 formes avec la charge sur le cycle ; produit racémique
e)TsCl et pyridine : tosylate (R) ; puis NaCN dans le DMSO : (S)-2-méthylhexanenitrile
f)Glissement d'hydrure 1,2 : le carbocation secondaire devient tertiaire, d'où le 2-bromo-2-méthylbutane
a)
1) Protonation : un doublet de l'oxygène capte le H+ de HBr. On obtient l'ion oxonium R−OH2+ et Br−.
2) Départ de l'eau, étape lente : la liaison C−O se rompt, l'eau emporte le doublet, il reste un carbocation tertiaire, plan.
3) Le bromure attaque le carbocation : 1-bromo-1-éthylcyclohexane.
Trois étapes : une acide-base, puis les deux étapes de la SN1.
SN1 parce que le carbone est tertiaire : l'attaque dorsale est bloquée par les trois groupes carbonés, et ces mêmes groupes stabilisent le carbocation.
b)
1) Protonation, comme pour A.
2) Le carbone est primaire : un carbocation primaire serait bien trop instable pour se former seul. L'eau ne part donc qu'au moment où le bromure attaque par l'arrière : SN2, en une étape.
Deux étapes en tout. Produit : 1-bromopentane. C'est pourquoi il faut chauffer : la SN2 par un bromure, nucléophile moyen, est lente.
c)
Seul le groupe OH réagit : HCl protone l'oxygène, l'eau part, le carbocation tertiaire est capté par Cl−. SN1, comme en a).
Le fluor ne part pas : la liaison C−F, 485 kJ/mol, est la plus solide de toutes les liaisons carbone-halogène.
Produit : (CH3)2CCl−CH2CH2CH2F.
Nom : l'OH disparu, plus rien n'impose la numérotation. Tous les substituants sont des préfixes, on cherche les plus petits indices : {1;4;4} en partant du fluor contre {2;2;5} de l'autre côté. Le produit est le 4-chloro-1-fluoro-4-méthylpentane.
Piège : prendre l'halogène pour le groupe partant parce que c'est un halogène. Le groupe partant est celui qui part sous forme de base faible : ici, l'eau.
d)
Le cation 1-phényléthyle est secondaire, mais BENZYLIQUE : le carbone positif est lié au cycle, et sa case vide se combine au système π. C'est l'effet mésomère, ou résonance.
La charge se répartit sur le carbone hors du cycle et sur trois carbones du cycle, les deux ortho et le para : quatre formes limites, dont trois portent la charge sur le cycle.
Une charge répartie sur quatre atomes coûte bien moins qu'une charge concentrée sur un seul : un alcool benzylique fait une SN1 comme un tertiaire.
Configuration : le carbocation est plan, Cl− l'attaque sur ses deux faces. Le (R) de départ est perdu : mélange racémique de (R)- et de (S)-(1-chloroéthyl)benzène.
e)
Étape 1 : chlorure de tosyle TsCl dans la pyridine. L'oxygène de l'alcool attaque le soufre : la liaison C−O n'est pas touchée, la géométrie est conservée. Le tosylate est (R) : OTs> butyle >CH3>H, comme pour l'alcool.
Étape 2 : cyanure de sodium dans le DMSO. TsO−, base très faible, part comme un bromure ; CN− fait une SN2, géométrie inversée.
CN, carbone (N,N,N), devance le butyle, carbone (C,H,H) : il prend le rang 1, la lettre change. Produit : (S)-2-méthylhexanenitrile.
Pourquoi pas HBr puis NaCN : sur un alcool secondaire, la protonation ouvre en partie la voie SN1, et la configuration se perd en partie. Le tosylate donne une seule inversion, nette.
f)
Protonation, puis départ de l'eau : carbocation SECONDAIRE sur le carbone 2.
Son voisin, le carbone 3, est tertiaire et porte un H. Cet hydrogène glisse avec son doublet vers le carbone 2 : c'est un glissement d'hydrure 1,2. Le carbocation devient TERTIAIRE, sur le carbone 3.
Le bromure attaque ce nouveau carbocation : 2-bromo-2-méthylbutane.
Règle : dès qu'un carbocation se forme, en SN1 comme en E1, on regarde ses voisins. Un H ou un méthyle qui peut migrer vers un carbocation plus stable le fait. Une SN2, sans carbocation, ne se réarrange jamais.
A : la SN1 en trois étapes, flèche par flèche.
B : protonation, puis SN2 en une étape, attaque à l'opposé de l'eau.
D : les quatre formes limites du cation 1-phényléthyle.
f) Le glissement d'hydrure : le carbocation secondaire devient tertiaire avant l'attaque du bromure.
Exercice 5 : Déshydrater un alcool : une E1 dont l'acide sort intact
Chauffé avec l'acide phosphorique concentré, un alcool tertiaire perd une molécule d'eau. Le mécanisme est une E1 : protonation, départ de l'eau, puis départ d'un proton voisin. L'acide n'est pas consommé : c'est un catalyseur.
La figure donne le 3-méthylpentan-3-ol, ses carbones numérotés.
a) Écrivez les trois étapes du mécanisme. Pour chacune, dites quelle espèce joue le rôle d'acide et laquelle celui de base.
b) Combien d'alcènes différents, stéréoisomères compris, peuvent se former ? Nommez-les.
c) Lequel est majoritaire ? Énoncez la règle et justifiez-la par la substitution de la double liaison.
d) Donnez le descripteur Z ou E de chacun des deux stéréoisomères, en classant les groupes sur chaque carbone de la double liaison. Lequel attend-on en plus grande quantité ?
e) Une élève écrit le bilan : « alcool + H3PO4 → alcène + H2O + H2PO4− ». Corrigez-le.
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Réponses
a)Protonation par H3PO4 ; départ de l'eau ; une base enlève un H voisin du carbocation
b)Trois : (E)- et (Z)-3-méthylpent-2-ène, 2-éthylbut-1-ène
c)Zaitsev : le 3-méthylpent-2-ène, trisubstitué
d)Méthyle de C2 et éthyle de C3 du même côté : (Z) ; opposés : (E), en léger excès
e)C6H14O→C6H12+H2O, H3PO4 sur la flèche
a)
1) Protonation : l'acide H3PO4 cède un H+ ; un doublet de l'oxygène de l'alcool, la base, le capte. On obtient l'ion oxonium et H2PO4−.
2) Départ de l'eau, étape lente : la liaison C3−O se rompt, il reste un carbocation tertiaire. Ni acide ni base dans cette étape.
3) Une base, l'eau ou H2PO4−, arrache un hydrogène porté par un carbone voisin du carbocation ; les électrons de la liaison C−H forment la double liaison. Le carbocation joue ici le rôle d'acide.
b)
Le carbone 3 a trois voisins porteurs d'hydrogènes : C2, C4 et le méthyle.
C2 et C4 sont équivalents, la molécule étant symétrique : ils donnent le même alcène, le 3-méthylpent-2-ène, qui existe en (E) et en (Z).
Le méthyle donne le 2-éthylbut-1-ène.
Trois alcènes en tout.
c)
Règle de Zaitsev : l'élimination donne surtout l'alcène le plus substitué, qui est le plus stable.
Le 3-méthylpent-2-ène porte trois groupes carbonés sur sa double liaison (trisubstitué) ; le 2-éthylbut-1-ène n'en porte que deux (disubstitué).
Majoritaire : le 3-méthylpent-2-ène. Chaque groupe alkyle de plus stabilise la double liaison.
d)
Sur C2 : CH3>H. Sur C3 : éthyle, carbone (C,H,H), > méthyle, carbone (H,H,H).
Méthyle de C2 et éthyle de C3 du même côté : (Z) ; de part et d'autre : (E).
Les deux sont trisubstitués, et chacun garde deux groupes en vis-à-vis : méthyle contre méthyle dans l'(E), méthyle contre éthyle, un peu plus encombrant, dans le (Z). L'écart est faible : on obtient les deux, et l'argument stérique prévoit un léger excès d'(E).
Piège : « trans » n'est pas « E ». Quand un carbone porte deux groupes carbonés différents, seules les priorités tranchent.
e)
Le bilan de l'élève n'est pas équilibré en charges : H2PO4− reste seul à droite, sans le H+ qu'il a perdu. Ce H+ est passé à l'étape 3 sur l'eau, puis revient à H2PO4−.
L'acide est consommé à l'étape 1 et RENDU à l'étape 3 : il n'apparaît pas dans le bilan.
C6H14O→C6H12+H2O, avec H3PO4 écrit au-dessus de la flèche.
L'E1 en trois étapes : protonation, départ de l'eau, perte d'un proton.
Les trois alcènes possibles ; les deux trisubstitués dominent.
Partie B : niveau examen (/50)
Exercice 6 : La question complète : mécanisme, tous les produits, stéréodescripteurs
Voici la question type de l'examen. On fait réagir le (R)-2-chloropentane avec l'hydroxyde de sodium concentré, à haute température.
La figure donne le substrat en représentation de Cram, ses carbones numérotés.
a) Nommez le mécanisme qui mène au produit majoritaire et tracez-le. Quel hydrogène la base arrache-t-elle, et pourquoi pas un hydrogène du carbone 1 ?
b) Dessinez tous les produits minoritaires, de substitution et d'élimination. Combien de produits organiques différents peut-on obtenir au total, majoritaire compris ?
c) Donnez la configuration de chaque produit qui en possède une : Z ou E pour les alcènes, R ou S pour le produit de substitution.
d) On remplace la soude par le cyanure de sodium dans le DMSO, à 25 °C. Quel produit obtient-on, avec quelle configuration, et pourquoi l'élimination devient-elle négligeable ?
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Réponses
a)E2 par un H du carbone 3 (Zaitsev) : (E)-pent-2-ène
b)(Z)-pent-2-ène, pent-1-ène, pentan-2-ol : quatre produits organiques au total
c)(E)- et (Z)-pent-2-ène ; pent-1-ène sans stéréoisomérie ; (S)-pentan-2-ol
d)SN2 : (S)-2-méthylpentanenitrile
a)
Substrat secondaire, base forte et concentrée, haute température : élimination E2.
La base arrache un hydrogène du carbone 3, placé anti par rapport au chlore. En une étape, la double liaison C2=C3 se forme et Cl− part.
Trois flèches : du doublet de HO− vers H ; de la liaison C3−H vers la liaison C2−C3 ; de la liaison C2−Cl vers Cl.
Pourquoi le carbone 3 : règle de Zaitsev. Son hydrogène donne le pent-2-ène, disubstitué ; un hydrogène du carbone 1 donnerait le pent-1-ène, monosubstitué, moins stable. Avec une petite base comme HO−, l'alcène le plus stable l'emporte.
Parmi les deux pent-2-ènes, la conformation où le carbone 1 et le carbone 4 sont anti est la moins encombrée : elle donne l'(E)-pent-2-ène, majoritaire.
b)
(Z)-pent-2-ène : E2 depuis la conformation où les carbones 1 et 4 sont du même côté.
Pent-1-ène : E2 par un hydrogène du carbone 1, produit de Hofmann.
Pentan-2-ol : SN2 de HO− sur le carbone 2.
Ni SN1 ni E1 : avec une base forte et concentrée sur un secondaire, le carbocation n'a pas le temps de se former.
Quatre produits organiques en tout. H2O, Na+ et Cl− ne comptent pas parmi eux.
Piège : oublier le produit de substitution. La question dit « de substitution et d'élimination » : un HO− est aussi un nucléophile.
c)
Pent-2-ène : sur C2, CH3>H ; sur C3, éthyle >H. Groupes prioritaires de part et d'autre : (E) ; du même côté : (Z).
Pent-1-ène : C1 porte deux H, il n'y a pas de stéréoisomérie.
Pentan-2-ol : la SN2 inverse la géométrie. Avant, Cl> propyle >CH3>H ; après, OH> propyle >CH3>H. Le groupe entrant prend le rang du groupe partant : la lettre change, (R) devient (S). Produit : (S)-pentan-2-ol.
d)
CN− est un très bon nucléophile mais une base faible (pKa de HCN : 9,2) ; le DMSO aprotique le rend plus nucléophile encore ; 25 °C ne favorise pas l'élimination.
SN2 presque seule : 2-méthylpentanenitrile.
Priorités : CN, carbone (N,N,N), > propyle, carbone (C,H,H), >CH3>H. Le groupe entrant prend encore le rang 1 : géométrie et lettre s'inversent, (R) devient (S).
Produit : (S)-2-méthylpentanenitrile.
Le mécanisme du majoritaire : E2, trois flèches, H et Cl anti.
Les quatre produits organiques, majoritaire en vert.
Exercice 7 : Choisir le réactif : le produit qu'on veut, pas celui qu'on craint
À l'examen, une question sur quatre donne le produit et demande le réactif. On raisonne à rebours : quelle liaison s'est formée, quel mécanisme l'a formée, et quel réactif rend ce mécanisme plus rapide que ses concurrents ?
La figure donne quatre transformations, le réactif laissé en blanc : a) du (2-chloroéthyl)cyclohexane au (2-éthoxyéthyl)cyclohexane ; b) du (1-bromopropyl)benzène au (1-méthoxypropyl)benzène ; c) du 2-bromo-4-méthylpentane au 4-méthylpent-1-ène ; d) du (2-bromoéthyl)benzène au styrène.
a) Choisissez le réactif de a) parmi l'éthanol, l'éthanolate de sodium, le tert-butanolate de potassium et la soude. Dites ce que donnerait chacun des trois autres.
b) Pour b), faut-il le méthanol ou le méthanolate de sodium ? Justifiez par le mécanisme, et dites ce que l'autre réactif fait perdre.
c) Pour c), quel réactif choisir ? Quel produit l'éthanolate de sodium donnerait-il à sa place ?
d) Pour d), un élève a utilisé la soude dans l'eau à 25 °C et obtenu surtout un alcool. Proposez deux modifications efficaces pour que le styrène soit le produit principal.
e) Rangez chacun de ces cinq réactifs dans sa famille : tert-butanolate de potassium, iodure de sodium, méthanolate de sodium, eau, cyanure de sodium. Familles : base forte et bon nucléophile ; base forte encombrée ; bon nucléophile peu basique ; nucléophile et base faibles.
f) Le 5-bromopentan-1-ol, traité par l'hydrure de sodium NaH, donne un composé C5H10O qui ne contient plus de brome. Lequel, et par quelles étapes ?
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Réponses
a)Éthanolate de sodium (SN2, Williamson)
b)Méthanol (SN1) ; le méthanolate ferait perdre du substrat en alcène conjugué par E2
c)Tert-butanolate de potassium (Hofmann) ; l'éthanolate donnerait le 4-méthylpent-2-ène
d)Base encombrée (tert-butanolate) et chauffage
e)Encombrée : tert-butanolate ; forte et nucléophile : méthanolate ; nucléophiles peu basiques : iodure et cyanure ; faible : eau
f)Déprotonation par NaH, puis SN2 intramoléculaire : oxane, cycle de six atomes
a)
Liaison formée : C−O, sur un carbone primaire. Il faut une SN2, donc un nucléophile fort : l'éthanolate de sodium CH3CH2O−Na+. C'est la synthèse de Williamson.
L'éthanol seul : nucléophile trop faible pour un primaire, réaction très lente.
La soude : elle donnerait le 2-cyclohexyléthan-1-ol, pas l'éther.
Le tert-butanolate : base forte encombrée, il ferait surtout l'E2 et donnerait le vinylcyclohexane.
b)
Liaison formée : C−O, sur un carbone secondaire et BENZYLIQUE.
Le méthanolate, base forte, ouvre l'E2, d'autant plus facilement que l'alcène formé, le (E)-1-phénylprop-1-ène, est conjugué au cycle : une bonne part du substrat est perdue en alcène.
Le méthanol, faible et neutre, laisse partir le bromure : le cation benzylique, stabilisé par résonance comme à l'exercice 4, est capté par le solvant. SN1, puis perte d'un H+.
Réactif : le méthanol, qui sert aussi de solvant. Produit racémique, avec HBr libéré.
c)
L'alcène voulu est le MOINS substitué : c'est le produit de Hofmann. Il faut une base forte encombrée, le tert-butanolate de potassium (CH3)3CO−K+. Trop volumineux pour atteindre l'hydrogène du carbone 3, il arrache celui du méthyle, le plus accessible.
L'éthanolate, petite base, suivrait Zaitsev : 4-méthylpent-2-ène, surtout (E).
Autre parade : partir du 1-bromo-4-méthylpentane, qui ne peut donner qu'un seul alcène, et le traiter par le tert-butanolate.
Piège : « base forte » ne suffit pas. Petite, elle donne Zaitsev ; encombrée, elle donne Hofmann.
d)
À 25 °C dans l'eau, HO− attaque le carbone primaire : la SN2 donne surtout le 2-phényléthan-1-ol.
Première modification : remplacer la soude par une base forte et encombrée, le tert-butanolate de potassium dans le tert-butanol. Il ne peut presque plus faire de SN2.
Deuxième modification : chauffer. L'élimination fabrique trois espèces à partir de deux ; son entropie de réaction est plus favorable, et le terme −TΔS la favorise d'autant plus que la température est élevée.
Le styrène se forme d'autant mieux que sa double liaison est conjuguée au cycle.
e)
Méthanolate : base forte, petite, donc aussi bon nucléophile. SN2 sur un primaire, E2 sur un secondaire ou un tertiaire.
tert-Butanolate : base aussi forte, mais ses trois méthyles l'empêchent d'approcher un carbone. Base encombrée : E2 de Hofmann.
Iodure et cyanure : bases faibles (pKa de HI : −10 ; de HCN : 9,2), bons nucléophiles : SN2.
Eau : faible en tout, elle attend le carbocation. SN1 ou E1, et seulement sur un tertiaire, un benzylique ou un allylique.
Piège : nucléophilie et basicité ne se confondent pas. La basicité est un équilibre avec H+ ; la nucléophilie, une vitesse d'attaque sur un carbone.
f)
Étape 1, acide-base : NaH, base très forte, arrache le H du groupe OH. Il se forme un alcoolate, et du dihydrogène se dégage.
Étape 2, SN2 INTRAMOLÉCULAIRE : l'oxygène chargé attaque le carbone 5, primaire, qui porte le brome, à l'autre bout de sa propre chaîne. Un cycle de six atomes, cinq carbones et un oxygène, se ferme.
Produit : l'oxane, ou tétrahydropyrane, C5H10O, avec NaBr.
Un cycle de cinq ou six atomes se ferme vite, les deux bouts de la chaîne se rencontrant souvent : c'est la synthèse de Williamson à l'intérieur d'une seule molécule.
f) La SN2 intramoléculaire : l'alcoolate attaque le carbone 5 de sa propre chaîne.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chaque affirmation est à déclarer vraie ou fausse. Si elle est fausse, la correction attendue est la phrase juste, pas seulement le mot changé. Toutes reprennent des fautes relevées sur des copies d'examens.
a) « Le 1-fluorohexane réagit avec la soude comme le 1-chlorohexane, puisque le fluor est le plus électronégatif des halogènes. »
b) « Le 3-bromohexane traité par le méthanolate de sodium à chaud réagit par E1, car il est secondaire. »
c) « Dans le bilan d'une substitution par CH3O−Na+ sur un chlorure d'alkyle, on écrit en produits l'éther, CH3O− et NaCl+. »
d) « Une amine mise avec HCl ne réagit pas, puisqu'elle n'a pas de bon groupe partant. »
e) « La SN1 du 2-chloro-2-méthylbutane avec l'éthanethiol CH3CH2SH s'arrête à un ion sulfonium chargé, puisque le thiol est neutre. »
e)Faux : déprotonation finale, thioéther neutre et HCl
a)
FAUX. La polarité de la liaison ne décide pas : c'est le DÉPART qui compte.
La liaison C−F, 485 kJ/mol, est la plus solide des liaisons carbone-halogène : le fluor ne part pas.
Phrase juste : le 1-fluorohexane ne réagit pratiquement pas avec la soude ; le 1-chlorohexane fait une SN2 et donne l'hexan-1-ol.
b)
FAUX. La classe du carbone ne choisit pas seule entre E1 et E2 : c'est la BASE.
Le méthanolate est une base forte : il arrache un hydrogène avant que le carbocation, secondaire et peu stable, ait pu se former.
Phrase juste : un halogénure secondaire et une base forte à chaud réagissent par E2, avec un peu de SN2 ; l'E1 demande une base faible et un carbocation stable.
c)
FAUX, deux fois. Le méthanolate est consommé : il est dans l'éther. Et le chlorure de sodium est neutre : Na+, spectateur, et Cl−, parti.
Phrase juste : RCl+CH3O−+Na+→ROCH3+Na++Cl−, charge totale nulle de chaque côté.
d)
FAUX. Avant de chercher un groupe partant, on cherche une réaction acide-base : une amine est une base, HCl un acide fort.
Phrase juste : l'amine est protonée instantanément ; on obtient un chlorure d'alkylammonium RNH3+Cl−.
e)
FAUX. Le thiol attaque le carbocation et forme bien un ion sulfonium, mais une troisième étape suit : une base du milieu lui arrache son H+.
Phrase juste : avec un nucléophile neutre, la SN1 se termine par une déprotonation. Produits : 2-(éthylsulfanyl)-2-méthylbutane et HCl, tous deux neutres.
Exercice 9 : Problème : la SN2 du vivant, de la noradrénaline à l'adrénaline
Dans la glande médullosurrénale, une enzyme, la phényléthanolamine N-méthyltransférase, transforme la noradrénaline en adrénaline, l'hormone du stress. Elle n'invente aucune chimie : elle catalyse une substitution nucléophile d'ordre 2.
Le donneur de méthyle est la S-adénosylméthionine, notée SAM : un ion sulfonium, c'est-à-dire un soufre qui porte trois groupes carbonés et une charge positive. L'un de ces groupes est un méthyle. Après la réaction, il reste la S-adénosylhomocystéine, un thioéther neutre.
La figure donne la (R)-noradrénaline et la partie réactive de la SAM, les deux autres groupes du soufre étant notés R¹ et R².
a) Repérez le nucléophile, le carbone attaqué et le groupe partant. Pourquoi ce groupe partant est-il excellent, alors qu'il ne contient aucun halogène ?
b) Pourquoi la réaction ne peut-elle être qu'une SN2, et jamais une SN1 ?
c) Tracez le mécanisme. Combien d'étapes faut-il pour arriver à l'adrénaline neutre, et que se passe-t-il dans la dernière ?
d) Classez les quatre groupes du carbone asymétrique de la noradrénaline, puis donnez la configuration de l'adrénaline formée. La réaction a-t-elle touché ce carbone ?
e) Au laboratoire, on pourrait méthyler la noradrénaline par l'iodométhane. Pourquoi obtiendrait-on un mélange ? Et pourquoi la cellule ne peut-elle pas utiliser le méthanol comme donneur de méthyle ?
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Réponses
a)Nucléophile : doublet de N ; carbone du méthyle ; groupe partant : thioéther neutre, base très faible
b)Un cation méthyle ne se forme pas ; le méthyle est idéal pour l'attaque dorsale
c)SN2 puis déprotonation de l'ammonium : deux étapes
e)Polyméthylation avec CH3I ; HO− ne part pas, le méthanol ne peut pas donner son méthyle
a)
Nucléophile : le doublet non liant de l'azote du groupe NH2.
Carbone attaqué : celui du méthyle lié au soufre, rendu électrophile par la charge positive voisine.
Groupe partant : la S-adénosylhomocystéine, un thioéther R1−S−R2 NEUTRE.
En partant, le soufre récupère le doublet de la liaison S−CH3 et perd sa charge : il part sans charge, sous forme d'une base très faible. C'est exactement ce qu'on demande à un groupe partant ; l'halogène n'est qu'un cas particulier.
b)
Le carbone attaqué est un MÉTHYLE. Le cation CH3+ serait le moins stable de tous : aucun groupe alkyle ne le stabilise, il ne se forme jamais en solution.
En revanche, un méthyle est le carbone le moins encombré qui soit : l'attaque dorsale est idéale. SN2, et rien d'autre.
c)
Étape 1, SN2, deux flèches : du doublet de l'azote vers le carbone du méthyle ; de la liaison C−S vers le soufre.
L'azote porte alors quatre liaisons et une charge positive : c'est un ion ammonium R−NH2+−CH3.
Étape 2, acide-base : une base du milieu arrache un H+ à cet azote, qui retrouve son doublet. On obtient l'adrénaline neutre. Deux étapes.
Dans le sang, à pH 7,4, la forme protonée domine d'ailleurs, comme pour toutes les amines de ce type.
d)
Carbone 1, celui qui porte OH : OH>CH2NH2> cycle >H.
CH2NH2, carbone (N,H,H), bat le cycle, carbone (C,C,C), au premier point de différence : N contre C, même si le cycle aligne trois carbones.
Dans l'adrénaline, CH2NHCH3 est encore un carbone (N,H,H) : les priorités ne changent pas.
La réaction a eu lieu sur l'azote, deux liaisons plus loin : aucune liaison du carbone 1 n'a été rompue, sa géométrie est intacte. L'adrénaline formée est (R), l'énantiomère naturel.
e)
Iodométhane : l'amine primaire réagit, mais l'amine secondaire formée est encore nucléophile, et même un peu plus. Elle se méthyle à son tour, puis l'amine tertiaire, jusqu'à l'ion ammonium quaternaire : on obtient un mélange. L'enzyme, elle, place un seul substrat face à un seul méthyle.
Méthanol : il faudrait chasser HO−, base forte (pKa de l'eau : 15,7), ce qui est impossible, comme pour l'hexan-1-ol de l'exercice 1.
La cellule ACTIVE donc le méthyle en le fixant sur un soufre positif ; elle dépense pour cela une molécule d'ATP, qui transforme la méthionine en SAM.
Exercice 10 : Problème : préparer le cyclohexène au laboratoire, deux voies
Le cyclohexène, liquide qui bout à 83 °C, se prépare au laboratoire de deux façons. Voie 1 : on chauffe 10,0 g de cyclohexanol avec de l'acide phosphorique à 85 %, et l'on distille le cyclohexène au fur et à mesure qu'il se forme ; on recueille 6,15 g de cyclohexène sec. Voie 2 : on chauffe à reflux 16,3 g de bromocyclohexane avec un excès d'éthanolate de sodium dans l'éthanol ; tout le bromocyclohexane réagit, et l'analyse du brut donne 85 % de cyclohexène et 15 % d'éthoxycyclohexane, en quantité de matière.
Masses molaires, en g/mol : cyclohexanol 100,16 ; bromocyclohexane 163,06 ; cyclohexène 82,14 ; éthoxycyclohexane 128,21. Températures d'ébullition : cyclohexène 83 °C ; cyclohexanol 161 °C. La figure résume les deux voies.
a) Voie 1 : nommez le mécanisme et décrivez ses trois étapes. Pourquoi un seul alcène peut-il se former ?
b) Calculez le rendement de la voie 1.
c) Pourquoi distiller le cyclohexène au fur et à mesure ? Donnez deux raisons, l'une sur l'équilibre, l'autre sur la séparation.
d) Voie 2 : nommez les deux mécanismes en compétition, puis calculez les masses de cyclohexène et d'éthoxycyclohexane formées.
e) Proposez une modification de la voie 2 qui fasse reculer l'éther, puis dites, en une phrase, quelle voie vous choisiriez pour un laboratoire de cégep.
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Réponses
a)E1 : protonation, départ de l'eau, perte d'un proton ; un seul alcène par symétrie
3) L'eau ou H2PO4− arrache un hydrogène voisin, la double liaison se forme, l'acide est rendu.
Un seul alcène : les deux carbones voisins du carbocation sont équivalents par symétrie du cycle, et donnent le même cyclohexène. La règle de Zaitsev n'a rien à départager.
b)
n=100,1610,0=0,09984 mol de cyclohexanol, donc au plus autant de cyclohexène.
mth=0,09984×82,14=8,20 g
η=8,206,15=0,750
Rendement : 75,0 %.
c)
Équilibre : la déshydratation est réversible, l'hydratation acide de l'alcène étant la réaction inverse. Retirer le cyclohexène du ballon déplace l'équilibre vers sa formation (principe de Le Chatelier).
Séparation : le cyclohexène bout à 83 °C, le cyclohexanol à 161 °C. Seul l'alcène, avec un peu d'eau, distille : il se sépare du réactif à mesure qu'il se forme.
d)
Base et nucléophile forts sur un substrat secondaire, à chaud : E2 majoritaire, SN2 minoritaire.
n=163,0616,3=0,09996 mol
Cyclohexène : 0,85×0,09996×82,14=6,98 g
Éthoxycyclohexane : 0,15×0,09996×128,21=1,92 g
Piège : les pourcentages portent sur les quantités de matière ; on les applique aux moles, puis on convertit chaque produit avec SA masse molaire.
e)
Remplacer l'éthanolate par le tert-butanolate de potassium : base forte encombrée, il ne fait presque plus de SN2, et l'éther recule.
Pour un laboratoire de cégep, la voie 1 : réactifs bon marché, aucune base forte sensible à l'humidité, un seul alcène possible, et un produit séparé par la distillation même. On préfère l'acide phosphorique à l'acide sulfurique, qui oxyde et carbonise une partie de l'alcool.
Voie 1 : l'E1 du cyclohexanol en trois étapes.
Voie 2 : l'E2 majoritaire, trois flèches, H et Br anti.
Partie C : entraînement (/10)
Exercice 11 : Entraînement : douze réactions à compléter
Consigne : pour chaque réaction, nommez la réaction qui se produit, SN1, SN2, E1, E2, acide-base seulement ou aucune réaction, et donnez le produit organique majoritaire.
a) Réaction 1 : 1-bromo-3-méthylbutane et iodure de sodium dans la propanone. Réaction 2 : 2-bromo-2-méthylpentane dans l'eau tiède.
b) Réaction 3 : 2-bromo-2-méthylpentane et potasse concentrée dans l'éthanol, chauffage. Réaction 4 : chlorocyclopentane et azoture de sodium NaN3 dans le DMSO.
c) Réaction 5 : cyclopentanol et acide sulfurique concentré, chauffage. Réaction 6 : 2-méthylpentan-2-ol et HBr concentré, à froid.
d) Réaction 7 : heptan-1-ol et HBr concentré, chauffage. Réaction 8 : 1-iodopropane et éthanoate de sodium CH3COONa dans le diméthylformamide.
e) Réaction 9 : 2-bromo-2,3-diméthylbutane et tert-butanolate de potassium, chauffage. Réaction 10 : acide propanoïque et hydroxyde de sodium.
f) Réaction 11 : 1-fluoropentane et cyanure de sodium dans le DMSO. Réaction 12 : 1-propoxypropane et bromure de sodium.
Méthode : les quatre questions de l'exercice 1, dans l'ordre, pour chaque réaction : groupe partant, réactif, classe du carbone, acide-base.
a)
Réaction 1 : bromure primaire, I− excellent nucléophile, propanone aprotique : SN2. Produit : 1-iodo-3-méthylbutane. Le bromure de sodium, insoluble dans la propanone, précipite.
Réaction 2 : bromure tertiaire, eau faible et neutre : SN1, puis déprotonation. Produit : 2-méthylpentan-2-ol, avec un peu d'alcène par E1.
b)
Réaction 3 : même substrat, base forte concentrée, chaleur : E2. Produit : 2-méthylpent-2-ène, trisubstitué (Zaitsev), devant le 2-méthylpent-1-ène.
Réaction 4 : chlorure secondaire, N3− bon nucléophile et base faible, DMSO : SN2. Produit : azidocyclopentane.
Piège : les réactions 2 et 3 partent du même bromure. Seul le réactif change, et il change tout.
c)
Réaction 5 : alcool secondaire, acide concentré, chaleur : protonation, départ de l'eau, perte d'un proton. E1 : cyclopentène, seul alcène possible par symétrie.
Réaction 6 : alcool tertiaire, acide halogéné, à froid : protonation, départ de l'eau, attaque de Br−. SN1 : 2-bromo-2-méthylpentane.
d)
Réaction 7 : alcool primaire protoné par HBr : le bromure attaque pendant que l'eau part. SN2 : 1-bromoheptane.
Réaction 8 : iodure primaire, ion éthanoate nucléophile et base faible, solvant aprotique : SN2. Produit : éthanoate de propyle, un ester.
e)
Réaction 9 : bromure tertiaire, base forte et ENCOMBRÉE : E2 vers l'hydrogène le plus accessible, celui d'un méthyle. Produit de Hofmann : 2,3-diméthylbut-1-ène, et non le 2,3-diméthylbut-2-ène de Zaitsev.
Réaction 10 : un acide carboxylique et une base forte : acide-base seulement. Produit : propanoate de sodium CH3CH2COO−Na+, aucun groupe n'est substitué.
f)
Réaction 11 : F− ne part pas, la liaison C−F est la plus solide des liaisons carbone-halogène : aucune réaction.
Réaction 12 : il faudrait chasser un ion propanolate, base forte, et Br− n'est pas un acide capable de protoner l'oxygène : aucune réaction. Avec HBr concentré et chaud, l'éther serait coupé.
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