Exercices corrigés : la similitude et l'isométrie (math CST, secondaire 4)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématique CST de quatrième secondaire sur la similitude et l'isométrie des triangles, calibrés sur le niveau réel des évaluations et de l'épreuve unique du Ministère. Elle couvre les trois cas d'isométrie, côté-côté-côté, côté-angle-côté et angle-côté-angle, les trois cas de similitude, angle-angle, côté-angle-côté et côté-côté-côté, le rapport de similitude et le plan à l'échelle. Le programme de la séquence Culture, société et technique demande les CAS, c'est-à-dire les conditions minimales qui permettent de conclure, et leur emploi dans des situations concrètes. Les démonstrations dans le parallélogramme ou par la droite des milieux appartiennent aux séquences TS et SN.
À la fin de la série, vous savez classer une paire de triangles (exercice 1), dire quelle information manque pour conclure (exercice 2), rédiger la justification en trois lignes qui nomme le cas (exercice 4) et calculer les côtés, le périmètre et une hauteur avec le rapport de similitude (exercice 5). Les problèmes de la partie B nomment des situations concrètes : un plan d'appartement à l'échelle 1:50 (exercice 6), deux écrans de même diagonale mais de surfaces différentes (exercice 7), la largeur d'une rivière mesurée par un triangle de visée (exercice 9) et une affiche qu'aucun agrandissement semblable ne fait entrer exactement dans son cadre (exercice 10).
Le fil de la série tient en une phrase : un cas est une liste minimale de trois informations. En dire moins ne conclut rien, en dire d'autres ne conclut rien non plus, et la justification qui rapporte les points est celle qui NOMME le cas. C'est pourquoi un seul mot, compris, sépare le cas côté-angle-côté, qui est vrai, du cas côté-côté-angle, qui laisse deux triangles possibles (exercice 3). Les corrigés traitent aussi les trois angles égaux pris pour une isométrie, les deux rapports sur trois qui ne suffisent pas et le rapport appliqué aux angles, que l'exercice 8 fait corriger.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•ISOMÉTRIQUES : mêmes mesures, figures superposables. SEMBLABLES : mêmes angles et côtés homologues dans un rapport constant k. L'isométrie est le cas particulier k=1.
•TROIS CAS D'ISOMÉTRIE : côté-côté-côté ; côté-angle-côté, l'angle étant COMPRIS entre les deux côtés ; angle-côté-angle, le côté étant COMPRIS entre les deux angles.
•TROIS CAS DE SIMILITUDE : angle-angle ; côté-angle-côté avec deux rapports égaux et l'angle compris ; côté-côté-côté avec les trois rapports égaux.
•CE QUI NE SUFFIT PAS : trois angles égaux ne donnent que la similitude ; deux côtés et un angle NON compris ne donnent rien, car deux triangles différents portent alors les mêmes données.
•DEUX RAPPORTS SUR TROIS NE SUFFISENT PAS : on calcule le troisième même quand les deux premiers coïncident. C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre.
•LE RAPPORT MULTIPLIE LES LONGUEURS, JAMAIS LES ANGLES. Dans deux triangles semblables, les angles homologues sont égaux : sinon leur somme ne vaudrait plus 180∘.
•Le périmètre et toute hauteur suivent le rapport k comme n'importe quelle longueur. Du grand vers le petit, on DIVISE par k.
•RÉDIGER : les données, puis le cas NOMMÉ, puis la conclusion. Écrire « ABC et DEF sont semblables » affirme aussi la correspondance des sommets, A avec D, B avec E, C avec F.
•UN PLAN À L'ÉCHELLE est une similitude : du plan vers la réalité on multiplie, de la réalité vers le plan on divise. Une échelle 1:50 donne k=50.
•DEUX CONTRAINTES, DEUX FACTEURS : pour faire entrer une figure dans un cadre sans la déformer, on calcule le facteur de chaque dimension et l'on retient le PLUS PETIT.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Isométriques, semblables, ou ni l'un ni l'autre ?
Deux figures sont ISOMÉTRIQUES quand elles ont exactement les mêmes mesures : l'une est la copie conforme de l'autre, seulement déplacée ou retournée.
Elles sont SEMBLABLES quand l'une est un agrandissement ou une réduction de l'autre : les angles sont les mêmes et les côtés homologues sont dans un rapport constant, appelé k.
Pour chaque paire, dites de quel cas il s'agit et justifiez.
a) ABC a pour côtés 3, 4 et 5 cm ; DEF a pour côtés 6, 8 et 10 cm.
b) GHI a pour côtés 5, 6 et 7 cm ; JKL a pour côtés 7, 5 et 6 cm.
c) Dans MNP : M=40∘, N=60∘ et MN=5 cm. Dans QRS : Q=40∘, R=60∘ et QR=5 cm.
d) TUV a pour côtés 4, 6 et 9 cm ; WXY a pour côtés 6, 9 et 12 cm.
Voir la correction
Réponses
a)Semblables par côté-côté-côté, avec k=2
b)Isométriques par côté-côté-côté
c)Isométriques par angle-côté-angle, le troisième angle valant 80∘
d)Ni l'un ni l'autre : 1,5, 1,5 puis 1,33
a)
On compare les côtés homologues, du plus petit au plus petit : 36=2, 48=2 et 510=2. Les trois rapports sont ÉGAUX, donc les triangles sont SEMBLABLES, par le cas côté-côté-côté, avec un rapport de similitude k=2. Ils ne sont pas isométriques, puisque les mesures diffèrent : l'isométrie est le cas particulier où k=1.
b)
Les deux triangles ont exactement le même jeu de mesures, 5, 6 et 7 centimètres, simplement écrites dans un autre ordre. Ils sont donc ISOMÉTRIQUES, par le cas côté-côté-côté. L'ordre d'écriture ne change rien : ce qui compte est qu'à chaque côté de l'un corresponde un côté de l'autre de même mesure. Attention toutefois à la correspondance des sommets, qui n'est pas G↔J : le côté de 5 de GHI correspond au côté de 5 de JKL, et il faut le dire pour que la justification soit complète.
c)
Les deux triangles ont deux angles égaux, donc leur troisième angle l'est aussi, puisque la somme vaut 180∘ : 180−40−60=80∘ des deux côtés. Ils sont donc semblables. Mais ils ont en plus un côté homologue de même mesure, MN=QR=5 cm, situé entre les deux angles connus : ils sont ISOMÉTRIQUES, par le cas angle-côté-angle. C'est la bonne réponse, et « semblables » serait une réponse incomplète : deux triangles isométriques sont toujours semblables, avec k=1, mais on annonce le cas le plus fort.
d)
On compare les rapports dans l'ordre croissant : 46=1,5, 69=1,5, mais 912≈1,33. Le troisième rapport n'est pas égal aux deux premiers, donc les triangles ne sont NI semblables NI isométriques. Deux rapports égaux sur trois ne suffisent jamais : il faut les TROIS. C'est le piège de cette question, et il se répète à chaque examen, parce que les deux premiers calculs donnent envie de conclure avant d'avoir fait le troisième.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Quelle information manque-t-il pour conclure ?
Un cas d'isométrie ou de similitude est une LISTE MINIMALE : trois informations, pas deux, et pas n'importe lesquelles.
Dans chaque situation, dites ce qu'on peut déjà conclure, puis quelle information permettrait de conclure davantage.
a) Dans ABC et DEF : AB=DE=6 cm et BC=EF=8 cm. Quelle information suffirait pour conclure à l'isométrie ? Donnez les deux possibilités.
b) Dans ABC et DEF : A=D=50∘ et B=E=70∘. Que peut-on déjà conclure ? Que faudrait-il de plus pour l'isométrie ?
c) Dans ABC et DEF : ABDE=ACDF=23. Quelle information suffirait pour conclure à la similitude ?
d) Un élève affirme : « les trois angles sont égaux, donc les triangles sont isométriques. » Corrigez.
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Réponses
a)Le troisième côté (CCC), ou l'angle B compris entre les deux (CAC)
b)Déjà semblables par angle-angle, le troisième angle valant 60∘ ; il manque une longueur pour l'isométrie
c)Le troisième rapport égal à 23, ou l'angle A=D
d)Faux : trois angles égaux donnent la similitude, jamais l'isométrie
a)
Deux côtés sont déjà égaux deux à deux. Deux possibilités closent le dossier. Première : le TROISIÈME côté, AC=DF, ce qui donne le cas côté-côté-côté. Deuxième : l'angle COMPRIS entre les deux côtés connus, B=E, ce qui donne le cas côté-angle-côté. Attention, l'angle A ne conviendrait PAS : il n'est pas compris entre AB et BC, et deux côtés plus un angle non compris ne garantissent rien, comme le montre l'exercice 3.
b)
Deux angles égaux deux à deux suffisent déjà pour la SIMILITUDE, par le cas angle-angle : le troisième angle suit automatiquement, puisque la somme des angles d'un triangle vaut 180∘, et 180−50−70=60∘ des deux côtés. Pour l'isométrie, il manque une LONGUEUR : un seul côté homologue de même mesure suffit, par exemple AB=DE, ce qui donnerait le cas angle-côté-angle. Sans aucune longueur, on ne peut pas distinguer un triangle de son agrandissement.
c)
Deux rapports sont déjà égaux. Deux possibilités, symétriques de celles de la question a). Première : le TROISIÈME rapport, BCEF=23, ce qui donne le cas côté-côté-côté de similitude. Deuxième : l'angle COMPRIS entre les deux côtés concernés, A=D, ce qui donne le cas côté-angle-côté de similitude. Remarquez la symétrie entre isométrie et similitude : ce sont les mêmes listes, avec des égalités de longueurs remplacées par des égalités de rapports.
d)
C'est faux. Trois angles égaux donnent la SIMILITUDE, jamais l'isométrie : un triangle et son agrandissement ont exactement les mêmes angles, et ils ne sont pourtant pas superposables. Un triangle de côtés 3, 4, 5 et un triangle de côtés 6, 8, 10 ont les mêmes trois angles et des aires respectives de 6 et 24 centimètres carrés. Énoncé correct : les angles décident de la FORME, il faut au moins une longueur pour décider de la TAILLE. C'est pour cela qu'aucun cas d'isométrie ne se contente d'angles, et que tous en contiennent au moins un côté.
Exercice 3 : Ce qui ne suffit jamais : deux côtés et un angle non compris
Le cas côté-angle-côté exige que l'angle soit COMPRIS entre les deux côtés. Quand il ne l'est pas, deux triangles différents peuvent porter exactement les mêmes données.
La figure montre deux triangles qui ont tous les deux AB=8 cm, un côté de 5 cm opposé à l'angle A, et A=30∘. Ils ne sont pourtant pas isométriques.
a) Sur la figure, quels sont les deux triangles concernés ? Quelles données ont-ils en commun ?
b) Mesurez à la règle ou estimez : les segments AC1 et AC2 ont-ils la même longueur ?
c) Que vaut AC1B et que vaut AC2B, sachant qu'ils sont supplémentaires et que l'un mesure environ 53∘ ?
d) Quelle conclusion tirez-vous sur la règle « deux côtés et un angle suffisent » ?
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Réponses
a)ABC1 et ABC2, avec AB=8 cm, un côté de 5 cm et A=30∘
b)Non : environ 9,9 cm contre 3,9 cm
c)Environ 53∘ et 127∘
d)Le cas exige l'angle COMPRIS entre les deux côtés, sinon rien ne se conclut
a)
Les deux triangles sont ABC1 et ABC2. Ils partagent le côté AB=8 cm, l'angle A=30∘, et un côté de 5 cm qui joint B au troisième sommet, donc opposé à l'angle A. Trois données identiques, et pourtant deux triangles visiblement différents : c'est exactement ce que la figure démontre.
b)
Non, les deux longueurs diffèrent nettement. AC1 mesure environ 9,9 cm et AC2 environ 3,9 cm, soit deux fois et demie moins. Le troisième côté n'est donc pas déterminé par les données, et c'est ce qui prive cette configuration de toute conclusion.
c)
Les deux angles sont supplémentaires, c'est-à-dire que leur somme vaut 180∘. Si l'un mesure environ 53∘, l'autre mesure environ 180−53=127∘. Le premier correspond au grand triangle ABC1, le second au petit triangle ABC2. On peut alors compléter : dans ABC1, le troisième angle vaut environ 180−30−53=97∘ ; dans ABC2, il vaut environ 180−30−127=23∘. Deux triangles avec les mêmes trois données et des angles complètement différents.
d)
La règle est FAUSSE telle qu'elle est énoncée. Deux côtés et un angle ne suffisent que si l'angle est COMPRIS entre ces deux côtés, ce qui est le vrai cas côté-angle-côté. Quand l'angle est opposé à l'un des côtés, la configuration s'appelle côté-côté-angle, et elle laisse deux triangles possibles, comme la figure le montre. Retenez la formulation exacte : ce n'est pas « deux côtés et un angle », c'est « deux côtés et l'angle compris entre eux ». Ce mot compris est la différence entre une justification qui rapporte tous les points et une justification qui n'en rapporte aucun.
Exercice 4 : Rédiger une justification qui rapporte les points
Une conclusion sans justification ne vaut rien, et une justification sans le NOM du cas ne vaut guère plus. La rédaction attendue tient en trois lignes : les données, le cas nommé, la conclusion.
Pour chaque situation, rédigez la justification complète.
a) Données : AB=DE, AC=DF et A=D. Que conclure et par quel cas ?
b) Données : A=D et B=E. Que conclure et par quel cas ?
c) Données : ABDE=BCEF=CAFD=3. Que conclure et par quel cas ?
d) Quelle est la phrase qui manque le plus souvent sur une copie, et pourquoi coûte-t-elle des points ?
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Réponses
a)Isométriques, par le cas côté-angle-côté, l'angle étant compris entre les deux côtés
b)Semblables seulement, par le cas angle-angle
c)Semblables, par le cas côté-côté-côté, avec k=3
d)Le nom du cas, et la correspondance des sommets
a)
On dispose de deux côtés et de l'angle COMPRIS entre eux, puisque A est l'angle formé par les côtés AB et AC. La rédaction attendue est la suivante. « AB=DE, AC=DF et A=D. L'angle A est compris entre AB et AC, et D entre DE et DF. Donc les triangles ABC et DEF sont isométriques, par le cas côté-angle-côté. » La phrase du milieu est celle qui distingue une bonne copie : elle vérifie que l'angle est bien compris, ce qui est précisément le point que l'exercice 3 a rendu incontournable.
b)
Deux angles égaux deux à deux suffisent. « A=D et B=E. Donc les triangles ABC et DEF sont semblables, par le cas angle-angle. » On ne conclut PAS à l'isométrie, faute d'une longueur. Ajouter « et donc ils sont isométriques » transforme une réponse juste en réponse fausse, et le correcteur retire les points de la conclusion.
c)
Les trois rapports de côtés homologues sont égaux. « ABDE=BCEF=CAFD=3. Donc les triangles ABC et DEF sont semblables, par le cas côté-côté-côté, avec un rapport de similitude k=3. » Donner la valeur de k n'est pas exigé par le cas, mais elle est presque toujours utile à la question suivante, et l'écrire coûte trois secondes.
d)
C'est le NOM DU CAS. Des élèves écrivent « les côtés sont proportionnels donc les triangles sont semblables », ce qui est vrai mais ne cite aucun cas, et la grille de correction accorde un point au cas nommé. Manque presque aussi souvent la CORRESPONDANCE DES SOMMETS : écrire « ABC et DEF sont semblables » affirme que A correspond à D, B à E et C à F. Si la correspondance est en fait A↔E, la phrase est fausse même si la conclusion est bonne. Trois lignes et deux mots, donc : les données, le cas nommé, et l'ordre des lettres.
Exercice 5 : Une fois la similitude établie, on calcule
Les triangles ABC et DEF sont semblables, avec la correspondance A↔D, B↔E, C↔F, et un rapport de similitude k=2,5 de ABC vers DEF.
Dans ABC : AB=4 cm, BC=6 cm et CA=7 cm.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Calculez DE, EF et FD.
b) Le périmètre de ABC vaut 17 cm. Que vaut celui de DEF ? Vérifiez par l'addition.
c) Dans DEF, la hauteur issue de D mesure environ 10 cm. Combien mesure la hauteur homologue de ABC ?
d) Un élève écrit : « puisque k=2,5, l'angle F vaut 2,5 fois l'angle C. » Corrigez.
Voir la correction
Réponses
a)DE=10 cm, EF=15 cm, FD=17,5 cm
b)42,5 cm, confirmé par 10+15+17,5
c)4 cm
d)Faux : les angles homologues sont ÉGAUX, seul le rapport des longueurs vaut k
a)
Chaque longueur du grand triangle s'obtient en multipliant son homologue par k : DE=4×2,5=10 cm, EF=6×2,5=15 cm et FD=7×2,5=17,5 cm. La correspondance des lettres est ce qui garantit qu'on multiplie les bons côtés : DE est l'homologue de AB parce que D correspond à A et E à B.
b)
Le périmètre est une longueur, donc il se multiplie aussi par k : 17×2,5=42,5 cm. Vérification par l'addition des trois côtés trouvés en a) : 10+15+17,5=42,5 cm, ce qui correspond. Cette vérification vaut la peine parce qu'elle contrôle d'un coup les trois multiplications de la question précédente.
c)
Une hauteur est une longueur comme une autre : elle suit le même rapport. On passe cette fois du GRAND vers le PETIT, donc on DIVISE par k : 2,510=4 cm. Le sens du rapport est le piège de cette question : multiplier donnerait 25 cm, une hauteur plus grande que le plus grand côté du petit triangle, ce qui est absurde. Un contrôle de bon sens suffit à l'attraper.
d)
C'est faux. Le rapport de similitude multiplie les LONGUEURS, jamais les ANGLES. Dans deux triangles semblables, les angles homologues sont ÉGAUX : F=C, et de même D=A et E=B. C'est d'ailleurs ce qui définit la similitude : même forme, taille différente. Si les angles étaient multipliés, leur somme le serait aussi, et vaudrait 2,5×180=450∘, ce qui est impossible pour un triangle. Ce contre-argument par la somme des angles est le plus rapide à écrire en examen.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Problème : le plan d'appartement
Un plan d'appartement est dessiné à l'échelle 1:50, ce qui signifie que 1 centimètre sur le plan représente 50 centimètres dans la réalité.
Le plan ci-dessous est coté en centimètres, mesurés SUR LE PLAN.
a) Quelles sont les dimensions réelles du salon, en mètres ?
b) Un mur du couloir mesure 6,5 m dans la réalité. Quelle est sa longueur sur le plan ?
c) Le plan et l'appartement sont-ils semblables ? Quel est le rapport de similitude ?
d) Une porte mesure 3,2 m dans la réalité. Quelle est sa longueur sur le plan ?
e) L'architecte redessine le plan à l'échelle 1:100. Que devient la longueur de 8 cm du salon ?
Voir la correction
Réponses
a)4 m sur 2,5 m
b)13 cm
c)Oui, avec k=50 du plan vers la réalité
d)6,4 cm
e)4 cm, soit la moitié
a)
Chaque centimètre du plan vaut 50 centimètres réels, donc on multiplie par 50. Longueur : 8×50=400 cm, soit 4 m. Largeur : 5×50=250 cm, soit 2,5 m. Le salon mesure donc 4 m sur 2,5 m. On convertit à la fin, jamais au milieu : multiplier d'abord en centimètres évite l'erreur la plus courante, qui est de perdre un facteur cent en route.
b)
Cette fois on va du réel vers le plan, donc on DIVISE par 50. 6,5 m valent 650 cm, et 50650=13 cm sur le plan. Le sens de la conversion se contrôle par le bon sens : une longueur sur un plan est toujours plus petite que la longueur réelle, donc si votre résultat est plus grand, vous avez multiplié au lieu de diviser.
c)
Oui, le plan et l'appartement sont semblables : c'est même la définition d'un plan à l'échelle. Toutes les longueurs sont multipliées par le même rapport, et les angles sont conservés, ce qui est exactement la condition de similitude. Le rapport de similitude du plan vers la réalité vaut k=50.
d)
3,2 m valent 320 cm, donc 50320=6,4 cm sur le plan. Remarquez que 6,4 cm est plus court que les 8 cm du salon, ce qui est cohérent : une porte de 3,2 m est effectivement plus courte qu'un mur de 4 m.
e)
À l'échelle 1:100, chaque centimètre du plan vaut 100 cm réels. Le salon mesurant toujours 400 cm dans la réalité, il occupera 100400=4 cm sur le nouveau plan, soit la MOITIÉ de sa longueur précédente. C'est logique : doubler le dénominateur de l'échelle revient à diviser le dessin par deux. Le nouveau plan est donc semblable à l'ancien, avec un rapport k=0,5, et tous deux sont semblables à l'appartement, ce qui montre qu'une chaîne de similitudes reste une similitude.
Exercice 7 : Problème : deux écrans de même diagonale
Un écran de format 4:3 mesure 40 cm sur 30 cm. Un écran de format 16:9 mesure environ 43,6 cm sur 24,5 cm.
Les vendeurs annoncent les téléviseurs par leur DIAGONALE. On va voir ce que cette mesure dit, et surtout ce qu'elle ne dit pas.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Calculez la diagonale de l'écran 4:3.
b) Calculez la diagonale de l'écran 16:9, au dixième près.
c) Les deux écrans sont-ils semblables ? Justifiez par les rapports.
d) Calculez l'aire de chaque écran. Lequel offre la plus grande surface ?
e) Un vendeur affirme : « même diagonale, donc même surface ». Corrigez.
Voir la correction
Réponses
a)50 cm
b)Environ 50,0 cm : la même diagonale
c)Non : 1,09 pour les largeurs contre 0,817 pour les hauteurs
d)1200 cm2 contre 1068,2 cm2 : le format 4:3 est plus grand
e)Faux : à diagonale égale, le plus carré gagne 131,8 cm2, soit 12%
a)
La diagonale d'un rectangle se calcule par le théorème de Pythagore : d2=402+302=1600+900=2500, donc d=2500=50 cm. C'est le triangle 3, 4, 5 agrandi dix fois, ce qui explique le résultat parfaitement rond.
b)
d2=43,62+24,52=1900,96+600,25=2501,21, donc d=2501,21≈50,0 cm. Les deux écrans ont donc bien la même diagonale, à un dixième de centimètre près : ils seraient vendus sous la même annonce.
c)
Non. On compare les rapports des côtés homologues : 4043,6=1,09 pour les largeurs, mais 3024,5≈0,817 pour les hauteurs. Les deux rapports diffèrent, donc les rectangles ne sont PAS semblables. On peut le dire autrement, par la forme : 3040≈1,33 contre 24,543,6≈1,78. Le second écran est nettement plus allongé.
d)
Écran 4:3 : 40×30=1200 cm2. Écran 16:9 : 43,6×24,5=1068,2 cm2. C'est donc le PLUS PETIT en apparence, celui du format 4:3, qui offre la plus grande surface, de 131,8 cm2, soit environ 12% de plus.
e)
C'est faux, et la question d) le chiffre. Deux rectangles de même diagonale n'ont la même aire que s'ils ont la même FORME, c'est-à-dire s'ils sont semblables. À diagonale fixée, le rectangle le plus carré est celui qui a la plus grande aire, et le rectangle le plus allongé la plus petite. La diagonale ne mesure donc ni la surface ni la forme : elle ne suffit pas à comparer deux écrans, et c'est exactement pour cela que les fabricants l'ont choisie comme argument de vente quand le format s'est allongé. Un téléviseur 16:9 annoncé à la même diagonale qu'un ancien 4:3 offre en réalité une image plus petite.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.
1) « Deux triangles qui ont leurs trois angles égaux sont isométriques. »
2) « Deux côtés égaux et un angle égal suffisent pour conclure à l'isométrie. »
3) « Si deux rapports de côtés homologues sur trois sont égaux, les triangles sont semblables. »
4) « Dans deux triangles semblables de rapport 3, les angles du grand valent trois fois ceux du petit. »
5) « Deux écrans de même diagonale offrent la même surface d'image. »
Voir la correction
Réponses
1)Faux : la similitude, pas l'isométrie
2)Faux : il faut l'angle COMPRIS entre les deux côtés
3)Faux : les trois rapports, 12÷9 vaut ici 1,33
4)Faux : les angles sont égaux, sinon leur somme vaudrait 540∘
5)Faux : 1200 cm2 contre 1068,2 cm2
1)
FAUX. Trois angles égaux donnent la SIMILITUDE, pas l'isométrie : un triangle de côtés 3, 4, 5 et un triangle de côtés 6, 8, 10 ont les mêmes angles et des aires de 6 et 24 cm2. Énoncé correct : les angles fixent la forme, il faut au moins une longueur pour fixer la taille, et c'est pourquoi tout cas d'isométrie contient au moins un côté.
2)
FAUX, à un mot près. Il faut que l'angle soit COMPRIS entre les deux côtés. Avec un angle opposé à l'un d'eux, deux triangles différents portent les mêmes données, comme le montre l'exercice 3 : AB=8, un côté de 5 et A=30∘ donnent deux triangles, l'un avec un troisième côté d'environ 9,9 cm, l'autre d'environ 3,9 cm. Énoncé correct : le cas s'appelle côté-ANGLE COMPRIS-côté.
3)
FAUX. Il faut les TROIS rapports. Les triangles de côtés 4, 6, 9 et 6, 9, 12 ont deux rapports égaux à 1,5, mais le troisième vaut 912≈1,33 : ils ne sont pas semblables. Énoncé correct : le cas côté-côté-côté de similitude exige l'égalité des trois rapports, et l'on calcule le troisième même quand les deux premiers coïncident.
4)
FAUX. Le rapport de similitude multiplie les LONGUEURS, jamais les ANGLES, qui restent égaux. Si les angles étaient multipliés par 3, leur somme vaudrait 3×180=540∘, ce qui est impossible pour un triangle. Énoncé correct : dans deux triangles semblables, les angles homologues sont ÉGAUX et les longueurs homologues sont dans le rapport k.
5)
FAUX. Un écran 4:3 de 40 cm sur 30 cm et un écran 16:9 de 43,6 cm sur 24,5 cm ont tous deux une diagonale de 50 cm, mais des aires de 1200 et 1068,2 cm2. Énoncé correct : à diagonale égale, la surface dépend de la FORME, et le rectangle le plus proche du carré offre la plus grande aire.
Exercice 9 : Problème : la largeur d'une rivière
Pour mesurer la largeur d'une rivière sans la traverser, un arpenteur repère un arbre T sur l'autre rive, puis plante un piquet en A juste en face, sur sa propre rive. Il marche ensuite le long de la rive jusqu'en B, à 20 m de A, puis continue dans le même sens jusqu'en C, à 5 m de B.
De C, il s'éloigne perpendiculairement à la rive jusqu'au point D d'où l'arbre T, le piquet B et lui-même sont alignés. Il mesure alors CD=4 m.
a) Justifiez que les triangles BAT et BCD sont semblables. Nommez le cas.
b) Calculez le rapport de similitude de BCD vers BAT.
c) Calculez la largeur de la rivière, c'est-à-dire AT.
d) L'arpenteur refait la mesure et trouve CD=4,5 m. Quelle largeur obtient-il alors ?
e) Pourquoi a-t-il intérêt à choisir BC le plus grand possible ?
Voir la correction
Réponses
a)Semblables par le cas angle-angle : un angle droit chacun, et les angles opposés par le sommet en B
b)k=520=4
c)16 m
d)18 m, soit 2 m d'écart pour 0,5 m de mesure
e)Un BC plus grand réduit k, donc l'amplification de l'erreur
a)
Les deux triangles ont un angle droit, en A pour le premier et en C pour le second, puisque AT et CD sont tous deux perpendiculaires à la rive. Ils ont de plus les angles ABT et CBD égaux, car ce sont des angles OPPOSÉS PAR LE SOMMET en B, l'alignement de T, B et D le garantissant. Deux angles égaux deux à deux suffisent : les triangles BAT et BCD sont semblables, par le cas angle-angle.
b)
Les côtés homologues sont BC et BA, tous deux portés par la rive. Le rapport de BCD vers BAT vaut donc k=BCBA=520=4. Attention au sens : on va du petit triangle vers le grand, donc le rapport est supérieur à 1. L'écrire comme un quotient de deux longueurs HOMOLOGUES, et non de deux longueurs quelconques, est ce qui évite l'inversion.
c)
AT est l'homologue de CD, donc AT=k×CD=4×4=16 m. La rivière mesure donc 16 mètres de large. Vérification de cohérence : AT doit être environ quatre fois CD, et 16 est bien quatre fois 4. Une réponse de 1 m aurait signalé une inversion du rapport.
d)
Avec CD=4,5 m, on obtient AT=4×4,5=18 m. Un demi-mètre d'écart sur la mesure de terrain produit donc 2 mètres d'écart sur la largeur : l'erreur est MULTIPLIÉE par 4, c'est-à-dire par le rapport de similitude lui-même. C'est le vrai enseignement du problème, et il vaut pour toute mesure indirecte.
e)
Parce que le rapport k=BCBA DIMINUE quand BC augmente, et que l'erreur commise sur CD est multipliée par ce rapport. Avec BC=10 m au lieu de 5, le rapport tomberait à 2, et le même écart de 0,5 m sur CD ne produirait plus qu'un écart de 1 m sur la largeur, au lieu de 2 m. Autrement dit, plus le petit triangle ressemble au grand, moins l'imprécision est amplifiée. En pratique, l'arpenteur cherche donc le compromis : un BC assez grand pour la précision, assez petit pour que le point D reste sur un terrain praticable.
Exercice 10 : Problème : l'affiche et le cadre
Une affiche mesure 60 cm de large sur 40 cm de haut. On veut l'agrandir pour l'installer dans un cadre de 105 cm de large sur 75 cm de haut.
Le graphique n'est pas nécessaire : la figure montre le cadre et l'affiche de départ, à la même échelle.
a) L'affiche et le cadre sont-ils semblables ? Justifiez par le rapport largeur sur hauteur.
b) Si on agrandit l'affiche jusqu'à ce que sa largeur atteigne 105 cm, quelle sera sa hauteur ?
c) Si on l'agrandit jusqu'à ce que sa hauteur atteigne 75 cm, quelle sera sa largeur ? Cela tient-il dans le cadre ?
d) Quel est le plus grand agrandissement SEMBLABLE qui tient dans le cadre ? Quelle marge reste-t-il ?
e) L'imprimeur propose d'étirer l'affiche exactement à 105 cm sur 75 cm. Par quel facteur chaque dimension serait-elle multipliée ? Qu'arriverait-il à un logo rond ?
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Réponses
a)Non : 1,5 contre 1,4
b)k=1,75 et une hauteur de 70 cm
c)112,5 cm : cela ne tient pas, il manque 7,5 cm
d)k=1,75, soit 105 cm sur 70 cm, avec 5 cm de marge
e)1,75 en largeur et 1,875 en hauteur : l'image serait déformée, un rond deviendrait un ovale
a)
Non. Le rapport largeur sur hauteur de l'affiche vaut 4060=1,5, celui du cadre 75105=1,4. Les deux formes diffèrent, donc les rectangles ne sont pas semblables, et aucun agrandissement de l'affiche ne remplira exactement le cadre. C'est le point de départ du problème, et il se règle en deux divisions.
b)
Le facteur d'agrandissement serait k=60105=1,75. La hauteur deviendrait alors 40×1,75=70 cm. C'est moins que les 75 cm du cadre, donc cet agrandissement tient : il laisse une bande vide de 5 cm en hauteur.
c)
Le facteur serait cette fois k=4075=1,875. La largeur deviendrait 60×1,875=112,5 cm. Or le cadre ne fait que 105 cm de large : cela ne tient PAS, il manquerait 7,5 cm. Il faut donc renoncer à remplir la hauteur.
d)
On garde le PLUS PETIT des deux facteurs, celui qui respecte les deux contraintes à la fois : k=1,75, puisque 1,75<1,875. L'affiche agrandie mesurera 105 cm sur 70 cm, et il restera une marge de 75−70=5 cm en hauteur, qu'on répartira en deux bandes de 2,5 cm. La règle générale vaut pour toutes les situations de ce type : quand deux contraintes s'appliquent, on calcule les deux facteurs et l'on retient le plus petit.
e)
La largeur serait multipliée par 60105=1,75 et la hauteur par 4075=1,875. Les deux facteurs étant différents, l'image ne serait plus semblable à l'originale : elle serait DÉFORMÉE, étirée verticalement d'environ 7% de plus que horizontalement. Un logo rond deviendrait un ovale, plus haut que large. C'est exactement ce que fait un écran qui affiche une image dans le mauvais format, et c'est pourquoi les imprimeurs et les téléviseurs préfèrent laisser des bandes vides plutôt que de perdre la similitude.
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