Ces dix exercices corrigés ferment le cours : tout ce qui précède, domaine, dérivée, dérivée seconde, extremums, sert ici à trancher une décision. Le calcul est la partie courte ; la mise en équation et la lecture du résultat sont le reste.
Le fil de la série tient en une phrase : un optimum n'existe que sur un DOMAINE, et le domaine vient du contexte, pas des mathématiques. Un plafond réglementaire, un nombre entier de places, un budget fixe changent la réponse autant que la fonction elle-même.
Trois pièges sont désignés nommément : prendre le point critique pour la réponse sans regarder le domaine admissible, arrondir un optimum non entier au lieu de comparer les deux entiers voisins, et confondre le rendement par dollar avec l'effet net.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Les CINQ ÉTAPES : nommer les variables, écrire la contrainte, écrire la fonction objectif, substituer pour n'avoir qu'une variable, dériver et comparer avec les bornes.
•La contrainte ne sert qu'à éliminer une variable. Le domaine, lui, vient du contexte et décide de la réponse.
•Pour C(x)=ax+xb, l'optimum est en x=ab, et les DEUX termes y sont égaux. Contrôle de copie gratuit.
•Pour C(x)=ax+xb, le terme en racine vaut DEUX FOIS le terme linéaire à l'optimum.
•Pour N(x)=ax−bx, le coût vaut la MOITIÉ du gain brut à l'optimum, et la rentabilité cesse en x=(ba)2.
•Minimiser une SOMME de deux coûts opposés ne revient jamais à minimiser chacun d'eux : à l'optimum, aucun des deux n'est minimal.
•Si aucun point critique n'appartient au domaine admissible, l'optimum est à une BORNE, et le signe de la dérivée dit laquelle.
•COÛT D'UNE CONTRAINTE : la différence entre l'optimum libre et l'optimum contraint. C'est le chiffre qu'on apporte à une négociation.
•Optimum ENTIER : on évalue aux deux entiers voisins et l'on compare. Le point de bascule est la moyenne GÉOMÉTRIQUE n(n+1), pas le milieu.
•Maximiser le RENDEMENT, résultat par dollar, et maximiser l'EFFET NET, résultat moins dépense, donnent deux réponses différentes. Le budget rare commande la première, le besoin la seconde.
•Maximiser CR avec R=kn et C=an2+bn+c donne n=ac : le terme linéaire ne joue aucun rôle.
•Une courbe de coût total est PLATE autour de son minimum : la bonne recommandation est une plage, pas un chiffre au dixième.
•Toute conclusion se relit sur le modèle : un optimum impeccable sur une hypothèse non vérifiée reste un optimum sur une hypothèse non vérifiée.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Contrainte, fonction objectif et domaine
Un problème d'optimisation se résout toujours dans le même ordre : écrire la CONTRAINTE, écrire la FONCTION OBJECTIF, éliminer une variable grâce à la contrainte, donner le domaine, puis dériver. La dérivation est la partie facile.
Une direction de santé publique répartit 500 milliers de dollars entre la prévention, x, et le traitement, 500−x. Le nombre de cas évités est estimé à E(x)=40x+30500−x.
a) Écrivez la contrainte et la fonction objectif, puis nommez les cinq étapes de la méthode.
b) Donnez le domaine de E dans ce contexte.
c) Calculez E′(x) et résolvez E′(x)=0.
d) Calculez la valeur maximale, sous forme exacte puis au dixième.
e) Vérifiez les bornes du domaine et concluez.
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Réponses
a)Contrainte x+y=500, objectif E=40x+30y à maximiser.
b)[0;500], intervalle fermé borné.
c)E′(x)=x20−500−x15, nulle en x=320.
d)E(320)=5005≈1118,0 cas évités.
e)E(0)≈670,8 et E(500)≈894,4 : le point critique est bien le maximum absolu.
a)
La contrainte est x+y=500, où y est la part du traitement ; la fonction objectif est le nombre de cas évités, E=40x+30y, à MAXIMISER. Les cinq étapes : nommer les variables, écrire la contrainte, écrire l'objectif, substituer pour n'avoir qu'une variable, puis dériver et comparer avec les bornes. La contrainte sert uniquement à éliminer une variable, et c'est son seul rôle.
b)
En substituant y=500−x, on obtient E(x)=40x+30500−x. Les deux racines exigent x≥0 et 500−x≥0, donc le domaine est [0;500]. C'est un intervalle FERMÉ et BORNÉ, donc le maximum existe et se trouve parmi les points critiques et les deux bornes.
c)
E′(x)=2x40−2500−x30=x20−500−x15, le signe moins venant de la dérivée de 500−x. On annule : x20=500−x15, donc 20500−x=15x. En élevant au carré : 400(500−x)=225x, soit 200000=625x et x=320. La part du traitement vaut alors 180.
d)
E(320)=40320+30180. Comme 320=85 et 180=65, on obtient E(320)=3205+1805=5005≈1118,0 cas évités. La forme exacte 5005 vaut d'être écrite : elle montre que le maximum ne dépend que du budget total et des deux coefficients, et elle évite toute erreur d'arrondi.
e)
E(0)=30500≈670,8 cas évités, et E(500)=40500≈894,4. Les deux bornes sont nettement inférieures à 1118, donc le point critique est bien le maximum ABSOLU. Lecture de gestion : tout mettre en prévention, ce que le coefficient 40 pourrait suggérer, ferait perdre plus de deux cents cas évités par rapport au partage 320 contre 180. C'est la conséquence des rendements décroissants de chaque racine carrée, et c'est l'argument quantitatif contre les politiques à une seule jambe.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Deux coûts qui s'opposent : le nombre de points de service
La forme la plus fréquente d'un problème de gestion est celle-ci : un coût qui augmente avec la quantité, un autre qui diminue, et un total qui a un minimum entre les deux.
Un organisme ouvre g points de service. Chacun coûte 4200 dollars par mois, et les déplacements des usagers coûtent collectivement g205800 dollars par mois. Le coût total vaut C(g)=4200g+g205800.
a) Donnez le domaine de C et expliquez ce que chacun des deux termes représente.
b) Calculez C′(g) et résolvez C′(g)=0.
c) Vérifiez qu'il s'agit d'un minimum par la dérivée seconde.
d) Calculez le coût minimal et la part de chacun des deux termes.
e) Que se passe-t-il si l'organisme ouvre 4 points, puis 12 ? Commentez la forme de la courbe.
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Réponses
a)Domaine ]0;+∞[ ; coût de structure croissant, coût d'accès décroissant.
b)C′(g)=4200−g2205800, nulle en g=7.
c)C′′(g)=g3411600>0 : minimum absolu.
d)C(7)=58800 dollars, les deux termes valant 29400 chacun.
e)C(4)=68250 et C(12)=67550 : la courbe est plate, la recommandation est une plage de 5 à 10 points.
a)
Le domaine mathématique est ]0;+∞[, et le domaine réel est celui des entiers strictement positifs, point sur lequel l'exercice 6 reviendra. Le terme 4200g est le coût de STRUCTURE : loyers, personnel, équipement, il croît avec le nombre de points. Le terme g205800 est le coût d'ACCÈS : plus il y a de points, moins les usagers se déplacent loin, donc il décroît.
b)
C(g)=4200g+205800g−1, donc C′(g)=4200−g2205800. On annule : g2=4200205800=49, donc g=7, la racine négative étant hors domaine.
c)
C′′(g)=g32×205800=g3411600, strictement positive sur le domaine. La courbe est donc convexe partout, et le point critique est un minimum ABSOLU, pas seulement local.
d)
C(7)=4200×7+7205800=29400+29400=58800 dollars par mois. Les deux termes sont ÉGAUX au minimum, ce qui est une propriété générale de la forme ag+gb : en annulant a−g2b on obtient ag=gb. C'est un contrôle de copie gratuit, et un résultat que les gestionnaires connaissent sous la forme « à l'optimum, le coût de structure égale le coût d'accès ».
e)
C(4)=16800+51450=68250 dollars et C(12)=50400+17150=67550 dollars. S'écarter de trois points dans un sens ou de cinq dans l'autre coûte moins de 10 000 dollars par mois, soit environ 16 % : la courbe est PLATE autour de son minimum, comme toutes les courbes de ce type. La conséquence pratique est la même qu'au chapitre précédent : la bonne recommandation est une plage, ici de 5 à 10 points de service, et un débat sur le septième point contre le huitième ne porte sur presque rien.
Exercice 3 : La taille d'échantillon qui minimise le coût total
Agrandir un échantillon coûte cher et réduit l'imprécision ; garder un petit échantillon coûte peu et laisse une marge d'erreur qui a, elle aussi, un prix, celui des décisions mal prises. Le coût total a donc un minimum.
Une enquête coûte C(n)=12000+9n+n486000 dollars, où n est le nombre de répondants.
a) Expliquez ce que représente chacun des trois termes.
b) Calculez C′(n).
c) Résolvez C′(n)=0.
d) Calculez le coût minimal et la part de chacun des trois termes.
e) Vérifiez qu'il s'agit d'un minimum, puis comparez à n=400 et n=1600.
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Réponses
a)Coût fixe, coût de collecte par répondant, coût de l'imprécision décroissant en racine de n.
b)C′(n)=9−n3/2243000.
c)n3/2=27000=303, donc n=900 répondants.
d)36300 dollars, soit 12000 de fixe, 8100 de collecte et 16200 d'imprécision.
e)C′′>0 donc minimum ; C(400)=39900 et C(1600)=38550 dollars.
a)
Le terme 12000 est le coût FIXE : conception du questionnaire, plan d'échantillonnage, analyse, il est payé quel que soit n. Le terme 9n est le coût de COLLECTE, neuf dollars par répondant. Le terme n486000 chiffre le coût de l'IMPRÉCISION : il décroît en n parce que la marge d'erreur d'un sondage décroît elle-même en n1, et c'est cette racine qui donne au problème toute sa forme.
b)
On réécrit C(n)=12000+9n+486000n−1/2, donc C′(n)=9−2486000n−3/2=9−n3/2243000, en dollars par répondant.
c)
9=n3/2243000 donne n3/2=9243000=27000, donc n=270002/3. Comme 27000=303, on a n3/2=303 et n=302=900 répondants. Passer par les puissances de 30 évite toute calculatrice, et c'est le genre de vérification qu'un correcteur remarque.
d)
C(900)=12000+9×900+30486000=12000+8100+16200=36300 dollars. Le coût de l'imprécision, 16200 dollars, reste le poste le plus lourd, et il vaut exactement DEUX FOIS le coût de collecte : c'est la signature de l'exposant 21, comme les deux termes égaux de l'exercice 2 étaient celle de l'exposant 1.
e)
C′′(n)=23×n5/2243000>0 sur le domaine, donc la courbe est convexe et n=900 est bien un minimum absolu. Comparaisons : C(400)=12000+3600+20486000=12000+3600+24300=39900 dollars, et C(1600)=12000+14400+40486000=12000+14400+12150=38550 dollars. Diviser l'échantillon par plus de deux ou le multiplier par près de deux coûte donc entre deux et dix pour cent de plus : la plage raisonnable va d'environ 600 à 1 400 répondants, et c'est elle qu'un devis doit proposer, avec la fourchette de coût qui va avec.
Exercice 4 : La durée optimale d'une formation
Une formation produit un gain de productivité à rendements décroissants, et elle coûte le salaire des heures qu'elle occupe. Le bénéfice net a donc un maximum, et il arrive plus tôt qu'on ne croit.
Le gain de productivité d'une formation de d jours vaut 1600d dollars par employé, et le coût d'opportunité vaut 200d dollars. Le bénéfice net est N(d)=1600d−200d.
a) Calculez N′(d).
b) Résolvez N′(d)=0.
c) Calculez le bénéfice net maximal.
d) Donnez le domaine où la formation reste rentable, c'est-à-dire où N(d)≥0.
e) Une direction propose de doubler la durée pour doubler l'effet. Que répondez-vous, chiffres à l'appui ?
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Réponses
a)N′(d)=d800−200.
b)d=4, donc d=16 jours.
c)N(16)=3200 dollars par employé, le coût valant la moitié du gain brut.
d)]0;64] jours.
e)N(32)≈2651 dollars, soit 549 de moins : le gain suit 2, le coût double.
a)
N(d)=1600d1/2−200d, donc N′(d)=800d−1/2−200=d800−200 dollars par jour.
b)
d800=200 donne d=4, donc d=16 jours. Le point critique est unique sur le domaine ]0;+∞[.
c)
N(16)=1600×4−200×16=6400−3200=3200 dollars par employé. Le gain brut vaut 6400 dollars et le coût 3200 : à l'optimum, le coût représente exactement la MOITIÉ du gain brut, ce qui est encore une signature de l'exposant 21.
d)
1600d≥200d équivaut à 8d≥d, c'est-à-dire, en divisant par d>0, à 8≥d, donc d≤64. La formation reste rentable sur ]0;64] jours, et au-delà elle coûte plus qu'elle ne rapporte. C'est aussi ce que montre la figure, qui redescend jusqu'à zéro en d=64.
e)
Doubler la durée ne double pas l'effet, parce que le gain suit une RACINE : passer de 16 à 32 jours multiplie le gain brut par 2≈1,41 et non par 2, alors que le coût, lui, double exactement. Le calcul donne N(32)=160032−6400≈9051−6400=2651 dollars, soit 549 dollars de MOINS qu'avec seize jours. La proposition fait donc perdre de l'argent tout en immobilisant deux fois plus de temps de travail. La règle générale, valable pour toute activité à rendements décroissants : on augmente l'effort tant que le gain MARGINAL dépasse le coût marginal, ici tant que d800>200, et pas une heure de plus.
Exercice 5 : Quand l'optimum tombe hors du domaine admissible
Un problème de gestion porte presque toujours une contrainte administrative en plus de la contrainte de ressources : un plafond d'effectif, une limite réglementaire, un nombre de places agréées. Quand l'optimum mathématique tombe au-delà, la réponse change complètement.
Le bénéfice social d'un programme vaut P(n)=−0,02n2+24n−1500 milliers de dollars pour n bénéficiaires. Une clause de la subvention plafonne le programme à 450 bénéficiaires.
a) Calculez P′(n) et trouvez l'optimum SANS contrainte.
b) Calculez le bénéfice à cet optimum.
c) Le plafond de 450 change-t-il la réponse ? Justifiez par le signe de P′ sur [0;450].
d) Calculez P(450) et concluez sur le meilleur choix admissible.
e) Chiffrez le coût de la contrainte et dites ce qu'on peut en faire.
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Réponses
a)P′(n)=−0,04n+24, nulle en n=600.
b)P(600)=5700 milliers de dollars.
c)Oui : P′>0 sur [0;450], donc le maximum est à la borne droite.
e)5700−5250=450 milliers de dollars par année, le prix du plafond.
a)
P′(n)=−0,04n+24, en milliers de dollars par bénéficiaire. On annule : 0,04n=24, donc n=600 bénéficiaires. Comme P′′=−0,04<0, il s'agit bien d'un maximum.
b)
P(600)=−0,02×360000+24×600−1500=−7200+14400−1500=5700 milliers de dollars, soit 5,7 millions.
c)
Oui, il change tout, parce que 600 n'appartient pas à [0;450]. Sur cet intervalle, P′(n)=−0,04n+24 reste POSITIVE, puisque −0,04×450+24=6>0 : la fonction y est strictement croissante. Le maximum admissible est donc atteint à la BORNE DROITE, n=450, et non en un point critique. C'est le cas de figure que l'exercice 7 du chapitre précédent annonçait : quand aucun point critique n'est dans l'intervalle, l'extremum est forcément à une borne.
d)
P(450)=−0,02×202500+24×450−1500=−4050+10800−1500=5250 milliers de dollars. Le meilleur choix admissible est donc de servir exactement 450 bénéficiaires, le plafond, pour un bénéfice de 5,25 millions. Toute proposition de servir moins réduit le bénéfice, et toute proposition de servir plus est irrecevable.
e)
Le COÛT DE LA CONTRAINTE est la différence entre l'optimum libre et l'optimum contraint : 5700−5250=450 milliers de dollars, soit 450 000 dollars de bénéfice social perdu chaque année à cause du plafond. Ce nombre est le plus utile de tout l'exercice, parce qu'il est ce qu'on apporte à la table d'une négociation : il chiffre ce que vaudrait un relèvement du plafond, et il permet de le comparer au coût de ce relèvement pour le bailleur. Un optimum sous contrainte ne se contente donc jamais de donner la solution admissible ; il donne aussi le prix de la contrainte.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Un optimum en nombre entier
La dérivée travaille sur des nombres réels, alors qu'un nombre de séances, de guichets ou d'employés est un ENTIER. Le passage de l'un à l'autre n'est pas un arrondi, et croire le contraire fait perdre des points en examen comme de l'argent en gestion.
Le coût d'un programme d'ateliers vaut C(s)=260s+s9000 dollars, où s est le nombre de séances.
a) Calculez C′(s) et trouvez le point critique, au millième.
b) Calculez C(5) et C(6).
c) Quel entier faut-il retenir, et quel est le coût correspondant ?
d) Un autre programme a pour coût D(s)=1000s+s30200. Calculez son point critique, puis D(5) et D(6).
e) Que montre le second cas, et quelle règle en tirez-vous ?
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Réponses
a)C′(s)=260−s29000, nulle en s≈5,884.
b)C(5)=3100 et C(6)=3060 dollars.
c)Six séances, pour 3060 dollars.
d)s≈5,495, D(5)=11040 et D(6)≈11033,33 dollars.
e)L'arrondi donnerait 5 et le bon entier est 6 : on évalue aux deux entiers voisins, on n'arrondit jamais.
a)
C′(s)=260−s29000. On annule : s2=2609000≈34,615, donc s≈5,884 séances. Un programme ne se donne évidemment pas en 5,884 séances.
Il faut retenir s=6 séances, pour 3060 dollars, soit 40 dollars de moins qu'avec cinq séances. On remarque que le coût au point critique, C(5,884)≈3059,9 dollars, est à peine inférieur au coût entier : la courbe étant plate autour de son minimum, l'arrondi coûte moins d'un dollar.
d)
D′(s)=1000−s230200 s'annule pour s2=30,2, donc s≈5,495 séances. D(5)=5000+530200=5000+6040=11040 dollars, et D(6)=6000+630200≈6000+5033,33=11033,33 dollars.
e)
Le second cas est le contre-exemple qu'il faut connaître. Le point critique vaut 5,495, donc il s'ARRONDIT à 5 ; pourtant c'est 6 qui donne le coût le plus bas, de près de 7 dollars. La raison est que le point de bascule entre deux entiers n'est pas leur milieu arithmétique 5,5, mais leur moyenne géométrique 5×6=30≈5,477, et 5,495 est déjà au-delà. La RÈGLE est donc : on ne conclut jamais par un arrondi, on ÉVALUE la fonction aux deux entiers voisins et l'on compare les deux valeurs. C'est deux calculs de plus et c'est la seule méthode sûre, y compris quand la différence est de sept dollars sur onze mille.
Exercice 7 : Maximiser un rapport ou maximiser un effet net
Deux critères se disputent toutes les décisions publiques : le RENDEMENT, c'est-à-dire le résultat par dollar dépensé, et l'EFFET NET, c'est-à-dire le résultat moins la dépense. Ils ne donnent presque jamais la même réponse, et le calcul différentiel montre pourquoi.
Un programme sert n personnes. Son coût vaut C(n)=0,5n2+40n+1250 milliers de dollars et le bénéfice évalué vaut R(n)=180n milliers de dollars.
a) Écrivez le rendement ρ(n)=C(n)R(n) et calculez sa dérivée.
b) Trouvez la valeur de n qui maximise le rendement.
c) Calculez ρ à cet optimum, puis en n=30 et n=80.
d) Trouvez maintenant la valeur de n qui maximise l'effet net R(n)−C(n), et calculez cet effet net.
e) Les deux réponses diffèrent beaucoup. Laquelle retenir, et à quelle condition ?
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Réponses
a)ρ′(n)=(0,5n2+40n+1250)2180(1250−0,5n2).
b)n=0,51250=50 personnes.
c)ρ(50)=2,00 ; ρ(30)≈1,862 ; ρ(80)≈1,882.
d)n=140 personnes, pour un effet net de 8550 milliers de dollars.
e)Le rendement si le budget est rare, l'effet net si c'est le besoin. La faute est de ne pas dire lequel a été optimisé.
a)
ρ(n)=0,5n2+40n+1250180n. Par la règle du quotient, le numérateur de ρ′ vaut 180(0,5n2+40n+1250)−180n(n+40), soit 180(0,5n2+40n+1250−n2−40n)=180(1250−0,5n2). Donc ρ′(n)=(0,5n2+40n+1250)2180(1250−0,5n2). Les termes en 40n se détruisent, ce qui est le signe que le calcul est juste.
b)
Le dénominateur est un carré, donc le signe de ρ′ est celui de 1250−0,5n2 : positif pour n<50, négatif au-delà. On résout 0,5n2=1250, soit n2=2500 et n=50 personnes. Le rendement croît puis décroît : c'est bien un maximum. On remarque que n=ac, où c est le coût fixe et a le coefficient quadratique : le terme linéaire 40n ne joue aucun rôle, parce qu'il est proportionnel à n comme le bénéfice.
c)
C(50)=0,5×2500+2000+1250=1250+2000+1250=4500 et R(50)=9000, donc ρ(50)=2,00 : chaque dollar dépensé produit deux dollars de bénéfice. En n=30 : C=450+1200+1250=2900 et R=5400, donc ρ≈1,862. En n=80 : C=3200+3200+1250=7650 et R=14400, donc ρ≈1,882. Le rendement est donc assez plat entre 30 et 80 personnes.
d)
L'effet net vaut N(n)=180n−0,5n2−40n−1250=−0,5n2+140n−1250. On annule N′(n)=−n+140, donc n=140 personnes, et N′′=−1<0 confirme le maximum. C(140)=9800+5600+1250=16650 et R(140)=25200, donc N(140)=8550 milliers de dollars. À comparer à N(50)=9000−4500=4500 milliers : l'effet net est presque DOUBLE en servant 140 personnes plutôt que 50.
e)
Tout dépend de ce qui est rare. Si le BUDGET est la contrainte, parce qu'il est fixé et que tout dollar non dépensé ici servira ailleurs, il faut maximiser le rendement et servir 50 personnes : chaque dollar y travaille le plus fort. Si c'est le BESOIN qui est la contrainte, le budget étant extensible ou l'argent n'ayant pas de meilleur emploi, il faut maximiser l'effet net et servir 140 personnes, même si le rendement y tombe à 1665025200≈1,51. La mathématique ne tranche pas entre les deux critères, elle les chiffre ; le choix est politique, et la faute professionnelle consiste à présenter l'un des deux nombres sans dire lequel a été optimisé.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune de ces cinq phrases a été entendue en classe. Dites si elle est vraie ou fausse, et si elle est fausse, écrivez l'énoncé correct.
Une correction qui se contente de dire « faux » ne vaut aucun point : c'est la phrase juste qui est demandée.
a) Le point critique trouvé par la dérivée est toujours l'optimum cherché.
b) Pour minimiser un coût total, il suffit de minimiser chacun de ses termes.
c) Si l'optimum mathématique vaut 5,495, on retient 5.
d) Maximiser le résultat par dollar dépensé revient à maximiser l'effet net.
e) Une contrainte administrative déplace l'optimum sans rien coûter.
Voir la correction
Réponses
a)Faux : il faut le domaine admissible et les bornes.
b)Faux : on minimise la somme, et aucun terme n'y est minimal.
c)Faux : le point de bascule est 30≈5,477, donc c'est 6.
d)Faux : rendement maximal à 50 personnes, effet net maximal à 140.
e)Faux : une contrainte qui mord coûte la différence entre l'optimum libre et l'optimum contraint.
a)
FAUX. Le point critique n'est qu'un candidat : il faut encore vérifier qu'il appartient au DOMAINE ADMISSIBLE, et le comparer aux valeurs aux BORNES. L'exercice 5 en donne le cas type : l'optimum libre vaut 600 bénéficiaires, le plafond en autorise 450, et la réponse est 450. Énoncé correct : l'optimum se trouve parmi les points critiques situés dans le domaine, les points non dérivables et les bornes.
b)
FAUX, et c'est l'erreur de raisonnement la plus coûteuse du chapitre. Les deux termes d'un coût total s'opposent presque toujours : minimiser le coût de structure de l'exercice 2 conduirait à un seul point de service, ce qui ferait exploser le coût d'accès. Énoncé correct : on minimise la SOMME, ce qui conduit à un point où aucun des deux termes n'est minimal, et où, pour la forme ag+gb, les deux sont même égaux.
c)
FAUX. Le point de bascule entre deux entiers n et n+1 est leur moyenne GÉOMÉTRIQUE n(n+1), et non leur milieu. Pour 5 et 6, 30≈5,477, donc 5,495 est déjà au-delà et c'est 6 qui gagne, comme l'exercice 6 le vérifie. Énoncé correct : on évalue la fonction aux deux entiers voisins et l'on compare les valeurs obtenues.
d)
FAUX. L'exercice 7 le chiffre : le rendement est maximal à 50 personnes et l'effet net à 140. Les deux critères répondent à deux questions différentes, et leur écart n'a rien d'anecdotique, puisque l'effet net double entre les deux réponses. Énoncé correct : on maximise le rendement quand le budget est la ressource rare, et l'effet net quand c'est le besoin.
e)
FAUX. Une contrainte qui mord change la valeur de l'optimum, et cette perte se CHIFFRE : c'est la différence entre l'optimum libre et l'optimum contraint, soit 450 milliers de dollars par année dans l'exercice 5. Énoncé correct : le coût d'une contrainte est la perte d'objectif qu'elle impose, et c'est le nombre à apporter dans une négociation. Si la contrainte ne mord pas, c'est-à-dire si l'optimum libre la respecte déjà, alors son coût est nul et elle ne change effectivement rien.
Exercice 9 : Problème : le nombre de places d'un service de garde
Un service de garde subventionné reçoit un montant par place et supporte des coûts qui s'accélèrent avec la taille : locaux, encadrement, coordination. Le nombre de places qui maximise le résultat n'est ni le plus petit ni le plus grand.
La subvention rapporte 9,2 milliers de dollars par place et par année. Le coût annuel vaut C(p)=0,04p2+3,0p+180 milliers de dollars pour p places.
a) Écrivez le résultat P(p) sous forme développée.
b) Calculez P′(p) et trouvez le nombre de places optimal.
c) Le nombre de places est entier. Comparez P(77) et P(78) et concluez.
d) La subvention passe à 9,8 milliers de dollars par place. Recalculez l'optimum et le résultat.
e) Comparez la hausse de la subvention et le déplacement de l'optimum, en pourcentage.
Voir la correction
Réponses
a)P(p)=−0,04p2+6,2p−180 milliers de dollars.
b)p=77,5 places, pour P=60,25 milliers.
c)P(77)=P(78)=60,24 milliers : les deux entiers se valent, par symétrie autour du sommet.
d)p=85 places, pour P=109 milliers.
e)6,5 % de subvention en plus déplacent l'optimum de 9,7 % : c'est la marge qui commande.
a)
P(p)=9,2p−(0,04p2+3,0p+180)=−0,04p2+6,2p−180 milliers de dollars. Le coefficient 6,2 est la MARGE NETTE par place avant les effets de taille, c'est-à-dire la subvention moins le coût variable proportionnel.
b)
P′(p)=−0,08p+6,2, nulle pour p=0,086,2=77,5 places. Comme P′′=−0,08<0, la courbe est concave vers le bas et il s'agit bien d'un maximum. P(77,5)=−0,04×6006,25+480,5−180=−240,25+480,5−180=60,25 milliers de dollars.
c)
P(77)=−0,04×5929+477,4−180=−237,16+477,4−180=60,24 et P(78)=−0,04×6084+483,6−180=−243,36+483,6−180=60,24 milliers. Les deux valeurs sont ÉGALES, au dollar près, ce qui n'a rien d'étonnant : 77 et 78 sont symétriques par rapport à 77,5, et une parabole prend la même valeur en deux points symétriques par rapport à son sommet. Le service peut donc choisir 77 ou 78 places indifféremment, et trancher sur un autre critère, par exemple la taille des groupes.
d)
Le résultat devient P(p)=9,8p−0,04p2−3,0p−180=−0,04p2+6,8p−180. On annule −0,08p+6,8, donc p=0,086,8=85 places. Le résultat vaut P(85)=−0,04×7225+578−180=−289+578−180=109 milliers de dollars, soit près du double du précédent.
e)
La subvention passe de 9,2 à 9,8, une hausse de 9,20,6≈6,5 %. L'optimum passe de 77,5 à 85 places, une hausse de 77,57,5≈9,7 %. Le déplacement de l'optimum est donc PLUS QUE PROPORTIONNEL à la hausse de la subvention. La raison se lit dans la formule p∗=0,08s−3,0 : ce n'est pas la subvention s qui commande, c'est la MARGE s−3,0, qui est passée de 6,2 à 6,8, soit 9,7 % elle aussi. Toute politique de subvention a cet effet de levier, et il est d'autant plus fort que le coût variable est proche de la subvention : à 3,0 de coût variable, six pour cent de subvention en plus achètent dix pour cent de places en plus.
Exercice 10 : Problème : couverture ou profondeur ?
Avec un budget fixe, un programme peut toucher beaucoup de personnes superficiellement ou peu de personnes intensément. L'arbitrage se tranche par une seule dérivée, et le résultat contredit les deux intuitions opposées.
Un budget de 270000 dollars paie 45 dollars l'heure d'accompagnement. Si chaque personne reçoit h heures, le programme touche n=h6000 personnes. La probabilité de réussite d'une personne ayant reçu h heures est f(h)=h2+100h2.
a) Vérifiez que 45nh=270000 donne bien nh=6000.
b) Écrivez le nombre total de réussites E(h)=nf(h) et simplifiez.
c) Calculez E′(h) et trouvez la durée optimale.
d) Donnez le nombre de personnes touchées, la probabilité de réussite individuelle et le total à l'optimum.
e) Calculez E(4) et E(25). Que remarquez-vous, et qu'en concluez-vous ?
Voir la correction
Réponses
a)45nh=270000 donne nh=6000 heures.
b)E(h)=h2+1006000h.
c)E′(h)=(h2+100)26000(100−h2), nulle en h=10 heures.
d)600 personnes, 50 % de réussite chacune, 300 réussites au total.
e)E(4)=E(25)≈206,9 : le modèle est symétrique par h↦h100, et le paramètre 100 décide seul de l'arbitrage.
a)
Le budget total est le nombre de personnes multiplié par les heures reçues, multiplié par le tarif horaire : 45nh=270000. En divisant par 45 : nh=6000 heures d'accompagnement au total, donc n=h6000.
b)
E(h)=nf(h)=h6000×h2+100h2=h2+1006000h réussites. La simplification d'un h est ce qui rend le problème traitable, et elle mérite d'être faite avant toute dérivation : dériver la forme non simplifiée demanderait deux fois la règle du quotient.
c)
Par la règle du quotient : E′(h)=(h2+100)26000(h2+100)−6000h×2h=(h2+100)26000(100−h2). Le dénominateur est un carré, donc le signe est celui de 100−h2 : positif pour h<10, négatif au-delà. La durée optimale est h=10 heures par personne, et c'est un maximum.
d)
À l'optimum, n=106000=600 personnes touchées, f(10)=200100=0,50, soit 50 % de réussite individuelle, et E(10)=20060000=300 réussites au total. Ni la couverture maximale, qui donnerait des milliers de personnes sans effet, ni la profondeur maximale, qui donnerait quelques dizaines de réussites presque certaines, ne battent ce partage.
e)
E(4)=11624000≈206,9 et E(25)=725150000≈206,9 réussites : les deux valeurs sont ÉGALES. Ce n'est pas un hasard, car E(h)=E(h100) pour tout h, et 4×25=100. Le modèle est donc symétrique entre couverture et profondeur autour de h=10 : diluer l'accompagnement à quatre heures pour toucher 1 500 personnes produit exactement autant que le concentrer à vingt-cinq heures sur 240 personnes, et les deux font perdre un tiers des réussites par rapport à l'optimum. Cette symétrie est un résultat du MODÈLE, pas du monde : elle vient de la forme de f, dont le paramètre 100 fixe à lui seul le point d'équilibre. Une évaluation sérieuse commencerait donc par estimer ce paramètre sur des données, puisque c'est lui, et lui seul, qui décide de l'arbitrage.
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