Calcul différentiel 201-103 • Sciences humaines au cégep à Montréal

Exercices corrigés : les limites et la continuité (201-103)

Ces dix exercices corrigés portent sur la limite, l'outil qui permet de parler d'un modèle là où il n'a pas de valeur : au bord d'un domaine, au point où deux tranches d'un barème se rejoignent, et à long terme.

Le fil de la série tient en une phrase : une limite ne demande jamais ce que vaut la fonction, elle demande vers quoi elle SE DIRIGE. C'est pourquoi la valeur en un point ne sert jamais à calculer une limite, et pourquoi une limite peut exister là où la fonction n'existe pas.

Trois pièges sont désignés nommément : lire une limite dans la valeur du point, prendre le rapport des coefficients dominants quand les degrés ne sont pas égaux, et conclure d'une croissance qu'elle est illimitée alors qu'une asymptote horizontale la plafonne.

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Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (11 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Fonction de degré 1 : variations directe et partielleSecondaire 3
  2. 2Variation inverse et proportionnalitéSecondaire 3
  3. 3La factorisation et les expressions rationnellesSecondaire 4 SN4
  4. 4Calculs algébriquesSecondaire 5 SN5
  5. 5Les fonctions définies par partiesSecondaire 5 SN5
  6. 6La fonction racine carréeSecondaire 5 SN5
  7. 7La fonction rationnelle, dite homographiqueSecondaire 5 SN5
  8. 8Les fonctions quadratiquesSecondaire 5 SN5
  9. 9Les paramètres des fonctionsSecondaire 5 SN5
  10. 10Les opérations sur les fonctionsSecondaire 5 SN5
  11. 11Les fonctions et leur domaine

Rappel de cours

  • La limite existe en aa si et seulement si les deux limites unilatérales existent et sont ÉGALES. Elles se lisent chacune de son côté.
  • Continuité en aa : trois conditions, f(a)f(a) existe, la limite existe, et les deux sont égales. Nommer celle qui échoue vaut les points.
  • Discontinuité PAR POINT si la limite existe sans valoir la valeur, elle est réparable ; PAR SAUT si les deux unilatérales diffèrent, elle ne l'est pas ; INFINIE s'il y a une asymptote verticale.
  • 00\dfrac{0}{0} n'est pas un nombre, c'est un constat d'échec de la substitution : il reste un facteur commun à simplifier.
  • Trois outils pour lever une indétermination : factoriser, développer, multiplier par le conjugué quand une racine apparaît dans une différence.
  • Limite à l'infini d'un quotient de polynômes : degré du haut plus petit, la limite est 0 ; degrés ÉGAUX, la limite est le rapport des coefficients dominants ; degré du haut plus grand, la limite est infinie.
  • x2+bxx\sqrt{x^{2}+bx}-x tend vers b2\dfrac{b}{2} quand x+x\to+\infty. C'est le cas de figure typique de la forme \infty-\infty.
  • Un écart ABSOLU qui tend vers l'infini est compatible avec un écart RELATIF qui tend vers zéro : les deux ne mesurent pas la même chose.
  • Asymptote verticale : le dénominateur tend vers 0 et le numérateur non. Le SIGNE du dénominateur décide entre ++\infty et -\infty.
  • Asymptote horizontale : un comportement à l'infini, pas une barrière. La courbe a parfaitement le droit de la franchir.
  • Un barème par morceaux se rend continu en choisissant le paramètre qui fait coïncider les deux formules au raccord. Une discontinuité y créerait une zone où gagner plus fait perdre plus.
  • Théorème des valeurs intermédiaires : ff continue sur [a;b][a\,;b] fermé et kk entre f(a)f(a) et f(b)f(b) donnent AU MOINS un cc tel que f(c)=kf(c)=k. C'est une existence, jamais une valeur, et jamais une unicité.
  • Coût fixe et coût moyen : Fn+v\dfrac{F}{n}+v a une asymptote verticale en 0 et une asymptote horizontale y=vy=v. Les économies d'échelle sont réelles et bornées par vv.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Lire des limites sur un graphique

Une limite ne demande pas ce que vaut la fonction en un point : elle demande vers quoi elle SE DIRIGE quand on approche de ce point. Les deux questions ont souvent la même réponse, et tout le chapitre vit dans les cas où elles ne l'ont pas.

Le graphique donne une fonction ff définie sur [0;9][0\,;9]. Un rond plein marque une valeur atteinte, un rond creux une valeur approchée mais non atteinte.

1234567891012345678y = f(x)x
  • a) Donnez limx2f(x)\lim_{x\to 2^{-}}f(x), limx2+f(x)\lim_{x\to 2^{+}}f(x), limx2f(x)\lim_{x\to 2}f(x) et f(2)f(2).
  • b) Donnez limx5f(x)\lim_{x\to 5^{-}}f(x), limx5+f(x)\lim_{x\to 5^{+}}f(x) et f(5)f(5). La limite en 5 existe-t-elle ?
  • c) Classez les deux discontinuités : par point, par saut, ou infinie.
  • d) Énoncez les trois conditions de continuité en un point, puis dites laquelle échoue en x=2x=2.
  • e) Pourquoi dit-on qu'une discontinuité par point est réparable, alors qu'un saut ne l'est pas ?

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Réponses

  • a) limx2f=limx2+f=5\lim_{x\to 2^{-}}f=\lim_{x\to 2^{+}}f=5, donc limx2f=5\lim_{x\to 2}f=5, alors que f(2)=3f(2)=3.
  • b) limx5f=2\lim_{x\to 5^{-}}f=2, limx5+f=4\lim_{x\to 5^{+}}f=4, f(5)=2f(5)=2 : la limite en 5 n'existe pas.
  • c) En 2, discontinuité par point ; en 5, discontinuité par saut de hauteur 2.
  • d) Exister, avoir une limite, les deux étant égales. En x=2x=2, c'est la troisième qui échoue.
  • e) Poser f(2)=5f(2)=5 suffit à réparer ; aucune valeur ne peut valoir à la fois 2 et 4 en x=5x=5.

a) En approchant 2 par la GAUCHE, on suit la branche x+3x+3, qui tend vers 2+3=52+3=5. En approchant par la DROITE, on suit la branche 7x7-x, qui tend vers 72=57-2=5. Les deux limites unilatérales sont égales, donc limx2f(x)=5\lim_{x\to 2}f(x)=5. Mais le rond plein est en (2;3)(2\,;3) : f(2)=3f(2)=3. La limite existe et vaut 5, la valeur existe et vaut 3, et elles diffèrent. C'est le cas qui justifie à lui seul qu'on ait inventé la notion de limite : la fonction sait où elle va sans y être.

b) À gauche de 5, on suit 7x7-x, qui tend vers 75=27-5=2. À droite, la branche est constante à 4, donc la limite à droite vaut 4. f(5)=2f(5)=2, le rond plein. Les deux limites unilatérales sont DIFFÉRENTES, donc limx5f(x)\lim_{x\to 5}f(x) N'EXISTE PAS. Écrire « la limite vaut 2 parce que f(5)=2f(5)=2 » est l'erreur type : la valeur en un point n'a jamais servi à calculer une limite.

c) En x=2x=2, la limite existe mais ne vaut pas f(2)f(2) : discontinuité PAR POINT. En x=5x=5, les deux limites unilatérales existent et diffèrent : discontinuité PAR SAUT, de hauteur 42=24-2=2. Aucune des deux n'est infinie, puisque la fonction reste bornée.

d) Les trois conditions de continuité en aa : premièrement f(a)f(a) doit exister ; deuxièmement limxaf(x)\lim_{x\to a}f(x) doit exister, donc les deux limites unilatérales doivent être égales ; troisièmement les deux doivent coïncider, limxaf(x)=f(a)\lim_{x\to a}f(x)=f(a). En x=2x=2, les deux premières sont remplies, f(2)=3f(2)=3 existe et la limite vaut 5 : c'est la TROISIÈME qui échoue. Nommer laquelle des trois tombe est ce qu'un correcteur cherche dans la copie, pas le mot « discontinue ».

e) Parce qu'une discontinuité par point tient à UNE seule valeur mal placée : en posant f(2)=5f(2)=5 au lieu de 3, on obtient une fonction continue en 2 sans toucher à rien d'autre. Le saut, lui, tient à deux limites unilatérales différentes, et aucune valeur choisie en x=5x=5 ne peut être à la fois égale à 2 et à 4. On dit que la discontinuité par point est ÉLIMINABLE. C'est exactement ce qu'on fera au chapitre suivant en simplifiant une fraction : la simplification comble le trou, et c'est ce qui rend la dérivée calculable.

Exercice 2 : Lever une indétermination de la forme zéro sur zéro

Substituer est toujours le premier geste. Quand il produit un nombre, c'est fini. Quand il produit zéro sur zéro, il n'a RIEN produit : ce symbole ne dit pas que la limite n'existe pas, il dit que la substitution n'a pas répondu.

Le second geste est toujours le même : transformer l'expression pour faire disparaître le facteur qui s'annule, puis substituer de nouveau.

  • a) Calculez limq4q216q4\lim_{q\to 4}\dfrac{q^{2}-16}{q-4}.
  • b) Calculez limx3x25x+6x29\lim_{x\to 3}\dfrac{x^{2}-5x+6}{x^{2}-9}.
  • c) Calculez limh0(5+h)225h\lim_{h\to 0}\dfrac{(5+h)^{2}-25}{h}.
  • d) Calculez limx1x1x1\lim_{x\to 1}\dfrac{\sqrt{x}-1}{x-1}.
  • e) Expliquez pourquoi 00\dfrac{0}{0} n'est ni égal à 1, ni égal à 0, ni le signe que la limite n'existe pas.

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Réponses

  • a) 88.
  • b) 160,1667\dfrac{1}{6}\approx 0{,}1667.
  • c) 1010, c'est-à-dire la dérivée de x2x^{2} en x=5x=5.
  • d) 12\dfrac{1}{2}, obtenue par le conjugué.
  • e) C'est une forme INDÉTERMINÉE : les quatre questions ci-dessus lui ont fait donner 88, 16\dfrac{1}{6}, 1010 et 12\dfrac{1}{2}.

a) Substituer donne 00\dfrac{0}{0}. On factorise le numérateur : q216=(q4)(q+4)q^{2}-16=(q-4)(q+4), donc pour q4q\ne 4 la fraction vaut q+4q+4. La limite est 4+4=84+4=8. La simplification est licite parce qu'on ne calcule PAS la valeur en 4, on calcule ce qui se passe autour : q4q-4 est non nul tant qu'on n'est pas arrivé.

b) Substituer donne encore 00\dfrac{0}{0}. On factorise les deux : x25x+6=(x2)(x3)x^{2}-5x+6=(x-2)(x-3) et x29=(x3)(x+3)x^{2}-9=(x-3)(x+3). Le facteur (x3)(x-3) se simplifie et il reste x2x+3\dfrac{x-2}{x+3}, dont la limite en 3 vaut 16\dfrac{1}{6}. Le fait que le facteur commun soit (x3)(x-3) n'est pas un hasard : il était garanti par la forme 00\dfrac{0}{0}, puisque 3 annule les deux polynômes.

c) Substituer donne 00\dfrac{0}{0}. On développe : (5+h)225=25+10h+h225=10h+h2=h(10+h)(5+h)^{2}-25=25+10h+h^{2}-25=10h+h^{2}=h(10+h). La fraction vaut donc 10+h10+h pour h0h\ne 0, et la limite est 10. Cette limite porte un nom que le chapitre suivant donnera : c'est la DÉRIVÉE de x2x^{2} en x=5x=5. Toute la construction de la dérivée est une indétermination 00\dfrac{0}{0} levée par factorisation.

d) Substituer donne 00\dfrac{0}{0}, et rien ne se factorise à vue. On multiplie haut et bas par le CONJUGUÉ x+1\sqrt{x}+1 : le numérateur devient (x)212=x1(\sqrt{x})^{2}-1^{2}=x-1, et la fraction vaut x1(x1)(x+1)=1x+1\dfrac{x-1}{(x-1)(\sqrt{x}+1)}=\dfrac{1}{\sqrt{x}+1}. La limite est 11+1=12\dfrac{1}{1+1}=\dfrac{1}{2}. Le conjugué est le troisième outil du chapitre, après la factorisation et le développement, et il se reconnaît à la présence d'une racine dans une différence.

e) Parce que 00\dfrac{0}{0} n'est pas une valeur, c'est un CONSTAT D'ÉCHEC de la substitution. Les quatre questions précédentes le montrent : la même forme a donné 8, puis 16\dfrac{1}{6}, puis 10, puis 12\dfrac{1}{2}. Une forme qui peut donner n'importe quel nombre ne peut en désigner aucun, d'où le mot INDÉTERMINÉE. Elle n'annonce pas non plus l'absence de limite : les quatre limites existent. Ce qu'elle annonce est plus modeste et plus utile : numérateur et dénominateur s'annulent ensemble, donc ils partagent un facteur, donc il y a quelque chose à simplifier.

Exercice 3 : Les limites à l'infini et le plafond d'un modèle

Se demander ce que devient un modèle à long terme, c'est calculer une limite à l'infini. Pour un quotient de polynômes, un seul geste suffit : comparer les degrés, c'est-à-dire ne garder que le TERME DOMINANT de chaque étage.

Le résultat porte un nom géométrique, l'asymptote horizontale, et un nom économique, le plafond du modèle.

  • a) Calculez limx+3x2+5x2x27\lim_{x\to +\infty}\dfrac{3x^{2}+5x}{2x^{2}-7}.
  • b) Calculez limx+4x+9x2+1\lim_{x\to +\infty}\dfrac{4x+9}{x^{2}+1}.
  • c) Calculez limx+2x3x5x2+3\lim_{x\to +\infty}\dfrac{2x^{3}-x}{5x^{2}+3}.
  • d) La part de marché d'un service, en pourcentage, est M(t)=80tt+12M(t)=\dfrac{80t}{t+12}, tt en mois. Calculez M(12)M(12), M(36)M(36) et la limite en ++\infty. Donnez l'asymptote horizontale.
  • e) Énoncez la règle des trois cas selon les degrés, et dites ce que chacun signifie pour un modèle.

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Réponses

  • a) 32=1,5\dfrac{3}{2}=1{,}5.
  • b) 00, asymptote y=0y=0.
  • c) ++\infty : aucune asymptote horizontale.
  • d) M(12)=40M(12)=40 %, M(36)=60M(36)=60 %, limite 80 % et asymptote y=80y=80.
  • e) Degré du haut plus petit : 0. Degrés égaux : rapport des coefficients dominants. Degré du haut plus grand : infini.

a) Les deux degrés valent 2. On divise haut et bas par x2x^{2} : 3+5x27x2\dfrac{3+\dfrac{5}{x}}{2-\dfrac{7}{x^{2}}}. Les deux fractions tendent vers 0, donc la limite vaut 32=1,5\dfrac{3}{2}=1{,}5. Le raccourci, une fois la méthode comprise, est le RAPPORT DES COEFFICIENTS DOMINANTS, ici 32\dfrac{3}{2}. Les termes 5x5x et 7-7 ne disparaissent pas parce qu'ils sont petits, mais parce qu'ils sont négligeables DEVANT x2x^{2} quand xx grandit.

b) Le degré du haut, 1, est inférieur à celui du bas, 2. Le dénominateur l'emporte, donc la limite vaut 0. Asymptote horizontale y=0y=0. Autrement dit, une grandeur qui croît linéairement finit toujours par être écrasée par une grandeur qui croît de façon quadratique, si loin qu'on doive aller.

c) Le degré du haut, 3, dépasse celui du bas, 2. Le numérateur l'emporte et la limite vaut ++\infty : il n'y a AUCUNE asymptote horizontale. Écrire 25\dfrac{2}{5} par automatisme est l'erreur la plus fréquente du chapitre ; le rapport des coefficients ne vaut que si les degrés sont ÉGAUX.

d) M(12)=96024=40M(12)=\dfrac{960}{24}=40 %, M(36)=288048=60M(36)=\dfrac{2\,880}{48}=60 %. Les degrés du haut et du bas valent tous deux 1, donc la limite est le rapport des coefficients dominants, 801=80\dfrac{80}{1}=80 %. L'asymptote horizontale est y=80y=80. Lecture du modèle : la part de marché grimpe vite au début, 40 % au bout d'un an, puis plafonne à 80 % sans jamais les atteindre. Le paramètre 12 est le délai au bout duquel la MOITIÉ du plafond est acquise, ce qui donne le bon ordre de grandeur d'une campagne.

e) Trois cas, et trois lectures. Degré du haut INFÉRIEUR : limite 0, asymptote y=0y=0, le modèle s'éteint. Degrés ÉGAUX : limite égale au rapport des coefficients dominants, asymptote horizontale non nulle, le modèle plafonne. Degré du haut SUPÉRIEUR : limite infinie, aucune asymptote horizontale, le modèle explose. Le troisième cas est un signal d'alarme en sciences humaines : une part de marché, un taux, une proportion ne peuvent pas dépasser 100, donc un modèle qui explose est un modèle mal choisi, pas une prédiction.

Exercice 4 : Deux budgets : l'écart absolu et l'écart relatif

La forme infini moins infini est la plus trompeuse du chapitre, parce qu'elle a l'air d'un zéro. Elle se lève comme les autres, en transformant l'expression, et elle sert ici à séparer deux questions que le débat public confond sans arrêt.

Deux programmes ont pour dépense cumulée A(t)=0,5t2+300tA(t)=0{,}5t^{2}+300t et B(t)=0,5t2+280t+5000B(t)=0{,}5t^{2}+280t+5\,000 milliers de dollars, tt années après leur lancement.

  • a) Calculez limx+(x2+6xx)\lim_{x\to +\infty}\left(\sqrt{x^{2}+6x}-x\right).
  • b) Calculez limx+(xx24x)\lim_{x\to +\infty}\left(x-\sqrt{x^{2}-4x}\right).
  • c) Calculez limt+(A(t)B(t))\lim_{t\to +\infty}\bigl(A(t)-B(t)\bigr) et dites à partir de quelle année AA dépasse BB.
  • d) Calculez limt+A(t)B(t)\lim_{t\to +\infty}\dfrac{A(t)}{B(t)}.
  • e) L'écart absolu tend vers l'infini et l'écart relatif tend vers zéro. Ces deux phrases sont-elles contradictoires ?

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Réponses

  • a) 33, c'est-à-dire 62\dfrac{6}{2}.
  • b) 22, c'est-à-dire 42\dfrac{4}{2}.
  • c) AB=20t5000A-B=20t-5\,000, limite ++\infty, croisement en t=250t=250 ans.
  • d) 11 : les deux budgets deviennent équivalents en proportion.
  • e) Compatibles : l'écart relatif se comporte comme 40t\dfrac{40}{t}, qui tend vers 0 alors que 20t20t tend vers l'infini.

a) La forme est \infty-\infty. On multiplie et divise par le conjugué x2+6x+x\sqrt{x^{2}+6x}+x : le numérateur devient (x2+6x)x2=6x(x^{2}+6x)-x^{2}=6x, donc l'expression vaut 6xx2+6x+x\dfrac{6x}{\sqrt{x^{2}+6x}+x}. En divisant haut et bas par xx, positif à l'infini : 61+6x+1\dfrac{6}{\sqrt{1+\frac{6}{x}}+1}, dont la limite est 62=3\dfrac{6}{2}=3. Le raccourci à retenir pour la suite : x2+bxx\sqrt{x^{2}+bx}-x tend vers b2\dfrac{b}{2}.

b) Même méthode avec le conjugué x+x24xx+\sqrt{x^{2}-4x} : le numérateur devient x2(x24x)=4xx^{2}-(x^{2}-4x)=4x, et l'expression vaut 4xx+x24x\dfrac{4x}{x+\sqrt{x^{2}-4x}}, de limite 42=2\dfrac{4}{2}=2. On retrouve b2\dfrac{b}{2} au signe près, et l'on voit que la forme \infty-\infty peut parfaitement tendre vers un nombre FINI non nul.

c) A(t)B(t)=0,5t2+300t0,5t2280t5000=20t5000A(t)-B(t)=0{,}5t^{2}+300t-0{,}5t^{2}-280t-5\,000=20t-5\,000. Les termes quadratiques se détruisent exactement, ce qui était l'indétermination. La limite vaut ++\infty : l'écart se creuse sans borne. Il s'annule en t=500020=250t=\dfrac{5\,000}{20}=250 ans : avant la 250e année, BB a coûté plus cher ; après, c'est AA. Le montant fixe de 5 000 est absorbé en deux siècles et demi par un écart de 20 par année.

d) A(t)B(t)=0,5t2+300t0,5t2+280t+5000\dfrac{A(t)}{B(t)}=\dfrac{0{,}5t^{2}+300t}{0{,}5t^{2}+280t+5\,000}. Les deux degrés valent 2, donc la limite est le rapport des coefficients dominants, 0,50,5=1\dfrac{0{,}5}{0{,}5}=1. Les deux programmes finissent donc par coûter la MÊME CHOSE en proportion : leur rapport tend vers 1, c'est-à-dire vers un écart relatif de 0 %.

e) Elles ne sont pas contradictoires, elles ne mesurent pas la même chose. L'écart ABSOLU ABA-B croît comme 20t20t, l'écart RELATIF ABB\dfrac{A-B}{B} se comporte comme 20t0,5t2=40t\dfrac{20t}{0{,}5t^{2}}=\dfrac{40}{t}, qui tend vers 0. Un écart qui grandit en dollars peut devenir négligeable en pourcentage, simplement parce que les deux budgets grandissent plus vite que leur différence. Toute la rhétorique budgétaire tient dans ce choix : celui qui veut alarmer cite les millions d'écart, celui qui veut rassurer cite le pourcentage, et les deux disent la vérité. Savoir lequel des deux quotients a été calculé est exactement ce que le cours apprend à demander.

Exercice 5 : Continuité d'un barème : trouver le paramètre

Un barème d'aide se construit à l'envers du calcul habituel : on connaît le montant de départ, le montant d'arrivée, et l'on cherche le TAUX DE RÉCUPÉRATION qui raccorde les deux sans saut.

Une aide annuelle vaut S(R)=4500S(R)=4\,500 dollars pour 0R250\le R\le 25, S(R)=4500a(R25)S(R)=4\,500-a(R-25) pour 25<R7025<R\le 70, et S(R)=0S(R)=0 pour R>70R>70, où RR est le revenu en milliers de dollars et aa un paramètre à déterminer.

  • a) Rappelez les trois conditions de continuité en un point R0R_{0}.
  • b) Déterminez la valeur de aa qui rend SS continue en R=70R=70.
  • c) Vérifiez qu'avec cette valeur, SS est aussi continue en R=25R=25.
  • d) Calculez S(50)S(50) et interprétez le nombre aa en une phrase.
  • e) Un ministère propose a=120a=120. Que devient le barème, et pourquoi est-ce inacceptable ?

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Réponses

  • a) S(R0)S(R_{0}) existe, la limite existe, et les deux sont égales.
  • b) 45a=450045a=4\,500, donc a=100a=100 dollars par millier de dollars de revenu.
  • c) Les deux formules donnent 45004\,500 en R=25R=25 : continue.
  • d) S(50)=2000S(50)=2\,000 dollars ; aa est le taux de récupération, 10 cents repris par dollar gagné.
  • e) L'aide s'annulerait en R=62,5R=62{,}5 puis vaudrait 900-900 dollars en 70 : saut et aide négative, donc barème inacceptable.

a) SS est continue en R0R_{0} si S(R0)S(R_{0}) existe, si limRR0S(R)\lim_{R\to R_{0}}S(R) existe, ce qui exige l'égalité des deux limites unilatérales, et si ces deux nombres coïncident. Sur une fonction par morceaux, cela revient toujours au même calcul : les deux formules qui se rencontrent au point de raccord doivent y donner la même valeur.

b) En R=70R=70, la limite à gauche vaut 4500a(7025)=450045a4\,500-a(70-25)=4\,500-45a et la limite à droite vaut 0. L'égalité donne 45a=450045a=4\,500, donc a=100a=100. Le barème continu est donc celui qui retire 100 dollars d'aide par millier de dollars de revenu supplémentaire, soit 10 cents par dollar gagné.

c) En R=25R=25 : la première formule donne 45004\,500 ; la deuxième donne 4500100×(2525)=45004\,500-100\times(25-25)=4\,500. Les deux coïncident, donc SS est continue en 25. La continuité y était acquise d'avance, par la forme même de l'écriture R25R-25 : c'est pour cette raison que les barèmes s'écrivent toujours avec l'écart à la borne inférieure de la tranche, et non avec le revenu brut.

d) S(50)=4500100×(5025)=45002500=2000S(50)=4\,500-100\times(50-25)=4\,500-2\,500=2\,000 dollars. Le nombre a=100a=100 est le TAUX DE RÉCUPÉRATION : chaque millier de dollars gagné en plus coûte 100 dollars d'aide. Formulé par dollar, la famille conserve 90 cents sur chaque dollar supplémentaire, les 10 autres étant repris par le barème.

e) Avec a=120a=120, la deuxième formule s'annule en R=25+4500120=62,5R=25+\dfrac{4\,500}{120}=62{,}5, puis devient NÉGATIVE entre 62,5 et 70, où elle atteint 4500120×45=9004\,500-120\times 45=-900 dollars. Deux défauts, et le second est le pire. D'abord une aide négative n'a pas de sens : il faudrait tronquer la formule à zéro, donc réécrire le barème. Ensuite, si on ne tronque pas, SS présente en R=70R=70 un SAUT de 900-900 à 0, c'est-à-dire qu'un ménage à 70 000 dollars de revenu serait mieux traité qu'un ménage à 69 000. Une discontinuité dans un barème public crée toujours une zone où gagner plus fait perdre plus, et c'est exactement ce que la condition de continuité sert à écarter.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Le théorème des valeurs intermédiaires : prouver qu'un seuil est franchi

Il arrive qu'on n'ait pas besoin de la solution, seulement de la certitude qu'elle existe : une population a-t-elle forcément franchi le seuil de 4 500 habitants ? Le théorème des valeurs intermédiaires répond oui sans jamais calculer la date.

Une municipalité est modélisée par P(t)=0,2t3+6t2+20t+4000P(t)=-0{,}2t^{3}+6t^{2}+20t+4\,000 habitants, tt années après 2010.

123456789101112390040004100420043004400450046004700P(t), habitantsseuil de 4500 habitantst, annees depuis 2010
  • a) Énoncez le théorème des valeurs intermédiaires, en nommant chacune de ses hypothèses.
  • b) Calculez P(8)P(8) et P(9)P(9), puis montrez qu'il existe tt dans [8;9][8\,;9] tel que P(t)=4500P(t)=4\,500.
  • c) Calculez P(8,5)P(8{,}5) puis P(8,75)P(8{,}75), et resserrez l'encadrement de ce moment.
  • d) Le théorème garantit-il que cette date est unique ? Justifiez.
  • e) Le même raisonnement s'appliquerait-il au barème de forfait de l'exercice 3 du chapitre précédent, qui présente un saut ? Que perd-on exactement ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Continuité sur [a;b][a\,;b] fermé, et kk entre f(a)f(a) et f(b)f(b) : il existe au moins un cc avec f(c)=kf(c)=k.
  • b) P(8)=4441,6P(8)=4\,441{,}6 et P(9)=4520,2P(9)=4\,520{,}2 encadrent 45004\,500 : le seuil est franchi entre 2018 et 2019.
  • c) P(8,5)4480,68P(8{,}5)\approx 4\,480{,}68 et P(8,75)4500,39P(8{,}75)\approx 4\,500{,}39, donc le moment est dans [8,5;8,75][8{,}5\,;8{,}75].
  • d) Non : le théorème donne au moins une solution ; ici l'unicité vient de la croissance de la courbe.
  • e) Non : le forfait a un saut, donc il n'est pas continu, et l'existence d'un antécédent n'est plus garantie.

a) Si ff est CONTINUE sur un intervalle FERMÉ [a;b][a\,;b], et si kk est un nombre compris entre f(a)f(a) et f(b)f(b), alors il existe au moins un cc dans [a;b][a\,;b] tel que f(c)=kf(c)=k. Trois hypothèses, et aucune n'est décorative : la continuité, l'intervalle fermé, et l'encadrement de kk par les deux valeurs aux bornes. La conclusion est une EXISTENCE, jamais une valeur.

b) P(8)=0,2×512+6×64+160+4000=102,4+384+160+4000=4441,6P(8)=-0{,}2\times 512+6\times 64+160+4\,000=-102{,}4+384+160+4\,000=4\,441{,}6. P(9)=0,2×729+6×81+180+4000=145,8+486+180+4000=4520,2P(9)=-0{,}2\times 729+6\times 81+180+4\,000=-145{,}8+486+180+4\,000=4\,520{,}2. PP est un polynôme, donc continue sur R\mathbb{R}, en particulier sur [8;9][8\,;9]. Comme 4441,6<4500<4520,24\,441{,}6<4\,500<4\,520{,}2, le théorème donne l'existence d'un tt dans [8;9][8\,;9] tel que P(t)=4500P(t)=4\,500 : la commune a franchi le seuil entre 2018 et 2019.

c) P(8,5)=0,2×614,125+6×72,25+170+4000=122,825+433,5+170+4000=4480,675P(8{,}5)=-0{,}2\times 614{,}125+6\times 72{,}25+170+4\,000=-122{,}825+433{,}5+170+4\,000=4\,480{,}675, encore sous le seuil. On applique le théorème à [8,5;9][8{,}5\,;9]. Puis P(8,75)=0,2×669,921875+6×76,5625+175+4000=133,984+459,375+175+4000=4500,39P(8{,}75)=-0{,}2\times 669{,}921\,875+6\times 76{,}562\,5+175+4\,000=-133{,}984+459{,}375+175+4\,000=4\,500{,}39, cette fois au-dessus. Le moment cherché est donc dans [8,5;8,75][8{,}5\,;8{,}75], et même très près de 8,75. Deux applications du théorème ont divisé l'incertitude par quatre, sans jamais résoudre l'équation du troisième degré.

d) Non. Le théorème donne « il existe AU MOINS un cc » : il ne dit rien du nombre de solutions. Ici la courbe monte sans redescendre sur [8;9][8\,;9], ce qui assure l'unicité, mais cette information vient de la MONOTONIE, pas du théorème. Un modèle qui franchirait le seuil, redescendrait, puis le franchirait de nouveau vérifierait les mêmes hypothèses avec trois solutions.

e) Non, et c'est la continuité qui manque. Le forfait saute de 255 à 250 dollars en x=50x=50 : aucune consommation ne fait payer 252 dollars, alors que 252 est bien compris entre les valeurs prises avant et après. Ce que l'on perd est exactement la conclusion du théorème, l'existence d'un antécédent pour chaque valeur intermédiaire. C'est le contre-exemple qu'il faut avoir en tête pour ne jamais invoquer le théorème sans vérifier son hypothèse la moins visible : une fonction définie par morceaux n'est continue que si on l'a vérifié.

Exercice 7 : L'asymptote verticale : le temps d'attente d'un guichet

Une asymptote verticale n'est pas un accident de calcul : c'est souvent le coeur du phénomène. Le modèle le plus simple de file d'attente le montre mieux que n'importe quel discours sur les services publics.

Le temps d'attente moyen à un guichet, exprimé en nombre de durées de service, vaut W(ρ)=ρ1ρW(\rho)=\dfrac{\rho}{1-\rho}, où ρ\rho est le taux d'utilisation du guichet, compris entre 0 et 1.

0.10.20.30.40.50.60.70.80.911.12468101214161820W, en durees de serviceasymptote verticale en 1taux d'utilisation du guichet
  • a) Calculez W(0,5)W(0{,}5), W(0,8)W(0{,}8), W(0,9)W(0{,}9) et W(0,95)W(0{,}95).
  • b) Calculez limρ1W(ρ)\lim_{\rho\to 1^{-}}W(\rho) et nommez ce que cette limite met en évidence.
  • c) Donnez le domaine du modèle et sa limite en ρ0+\rho\to 0^{+}.
  • d) Comparez l'effet d'un passage de 0,500{,}50 à 0,550{,}55 et celui d'un passage de 0,900{,}90 à 0,950{,}95.
  • e) Pourquoi ne dimensionne-t-on jamais un service public à 100 % d'utilisation ?

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a)
b)
c)
Domaine ;
d)
e)
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Réponses

  • a) 11, 44, 99 et 1919 durées de service.
  • b) ++\infty : la droite ρ=1\rho=1 est une asymptote verticale.
  • c) Domaine [0;1[[0\,;1[, et W0W\to 0 quand ρ0+\rho\to 0^{+}.
  • d) +0,22+0{,}22 contre +10+10 : le même écart de cinq points coûte quarante-cinq fois plus près de la saturation.
  • e) Parce que l'attente y devient infinie : la capacité inutilisée est ce qui achète un temps d'attente fini.

a) W(0,5)=0,50,5=1W(0{,}5)=\dfrac{0{,}5}{0{,}5}=1 ; W(0,8)=0,80,2=4W(0{,}8)=\dfrac{0{,}8}{0{,}2}=4 ; W(0,9)=0,90,1=9W(0{,}9)=\dfrac{0{,}9}{0{,}1}=9 ; W(0,95)=0,950,05=19W(0{,}95)=\dfrac{0{,}95}{0{,}05}=19. Le taux d'utilisation passe de 50 % à 95 %, soit moins du double, et l'attente est multipliée par 19. Aucune intuition linéaire ne survit à ce tableau, et c'est bien pour cela qu'on le calcule.

b) Quand ρ1\rho\to 1^{-}, le numérateur tend vers 1 et le dénominateur vers 0+0^{+} : le quotient tend vers ++\infty. La droite ρ=1\rho=1 est une ASYMPTOTE VERTICALE. Le signe du dénominateur est ce qu'il faut soigner : il est positif tant que ρ<1\rho<1, donc la limite est ++\infty et non -\infty. Un quotient dont le dénominateur tend vers zéro n'a de limite infinie signée que si l'on a déterminé de quel côté zéro est approché.

c) Le domaine est [0;1[[0\,;1[ : ρ\rho est une proportion, donc positif, et ρ=1\rho=1 est exclu par le dénominateur. En ρ0+\rho\to 0^{+}, WW tend vers 0, ce qui se lit sans calcul : un guichet presque toujours libre ne fait attendre personne.

d) De 0,500{,}50 à 0,550{,}55 : WW passe de 1 à 0,550,451,22\dfrac{0{,}55}{0{,}45}\approx 1{,}22, soit +0,22+0{,}22 durée de service. De 0,900{,}90 à 0,950{,}95 : WW passe de 9 à 19, soit +10+10. Le MÊME accroissement de cinq points du taux d'utilisation coûte quarante-cinq fois plus d'attente dans le second cas. Près de l'asymptote, une petite cause produit un grand effet ; c'est la définition opératoire d'un système saturé.

e) Parce que 100 % d'utilisation signifie une attente infinie, et que le modèle le dit sans détour. Un guichet utilisé à 100 % n'a aucune marge pour absorber le moindre aléa, un usager plus long que prévu, une absence, une panne, et la file ne se résorbe jamais. C'est pourquoi les services se dimensionnent autour de 70 à 85 % d'utilisation, jamais plus : la capacité inutilisée n'est pas du gaspillage, c'est ce qui achète un temps d'attente fini. La leçon vaut pour un guichet, un service d'urgence, un réseau routier et une salle de cours, et elle tient dans une asymptote verticale.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune de ces cinq phrases a été entendue en classe. Dites si elle est vraie ou fausse, et si elle est fausse, écrivez l'énoncé correct.

Une correction qui se contente de dire « faux » ne vaut aucun point : c'est la phrase juste qui est demandée.

  • a) Si limxaf(x)\lim_{x\to a}f(x) existe, alors ff est continue en aa.
  • b) Obtenir la forme 00\dfrac{0}{0} prouve que la limite n'existe pas.
  • c) Si limf=+\lim f=+\infty et limg=+\lim g=+\infty, alors lim(fg)=0\lim (f-g)=0.
  • d) Le théorème des valeurs intermédiaires permet de calculer la valeur exacte de la solution.
  • e) Une courbe ne peut jamais franchir son asymptote horizontale.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Faux : il faut aussi que f(a)f(a) existe et lui soit égale.
  • b) Faux : 00\dfrac{0}{0} est indéterminée, elle n'interdit pas la limite.
  • c) Faux : \infty-\infty est indéterminée et peut donner un nombre fini, zéro ou l'infini.
  • d) Faux : le théorème donne l'existence, pas la valeur.
  • e) Faux : la courbe peut franchir son asymptote horizontale autant de fois qu'elle veut.

a) FAUX. L'existence de la limite est la deuxième des trois conditions, pas les trois. L'exercice 1 en donne le contre-exemple : la limite en 2 existe et vaut 5, alors que f(2)=3f(2)=3 et que ff est discontinue. Énoncé correct : ff est continue en aa si f(a)f(a) existe, si la limite existe, et si les deux sont égales.

b) FAUX. La forme 00\dfrac{0}{0} est INDÉTERMINÉE : elle dit seulement que la substitution n'a pas conclu. Les quatre limites de l'exercice 2 ont toutes cette forme et toutes existent. Énoncé correct : la forme 00\dfrac{0}{0} oblige à transformer l'expression avant de conclure, et elle indique qu'un facteur commun est disponible.

c) FAUX, et c'est l'indétermination \infty-\infty. L'exercice 4 montre trois comportements pour cette seule forme : x2+6xx\sqrt{x^{2}+6x}-x tend vers 3, une différence de budgets tend vers ++\infty, et deux fonctions identiques donneraient 0. Trois résultats pour une seule forme, donc aucun n'est le bon par défaut. Énoncé correct : \infty-\infty est indéterminée et se lève par conjugué, factorisation ou mise en évidence du terme dominant.

d) FAUX. Le théorème est un théorème d'EXISTENCE : il affirme qu'une solution est là, sans la produire. L'exercice 6 le montre, on obtient un encadrement de plus en plus fin, jamais une valeur exacte. Énoncé correct : le théorème garantit l'existence d'au moins une solution, et ses applications répétées donnent un encadrement.

e) FAUX, et c'est l'erreur la plus répandue du chapitre. Une asymptote décrit un comportement à l'INFINI, pas une barrière. La fonction f(x)=x4x2+1f(x)=\dfrac{x-4}{x^{2}+1} a pour asymptote horizontale y=0y=0, et elle la TRAVERSE en x=4x=4 : négative avant, positive après, nulle exactement en 4. Énoncé correct : la courbe se rapproche de l'asymptote quand xx tend vers l'infini, et elle peut la franchir un nombre quelconque de fois avant cela.

Exercice 9 : Problème : le coût moyen d'un sondage

Un institut facture un sondage en deux parties : un montant fixe qui paie la conception du questionnaire, l'échantillonnage et l'analyse, et un montant par répondant qui paie la collecte.

La facture d'un sondage de nn répondants vaut C(n)=9500+14nC(n)=9\,500+14n dollars.

50010001500200025003000350040004500500020406080100120cout moyen par repondant, en dollarsplancher : 14 dollarsn, nombre de repondants
  • a) Écrivez le coût moyen par répondant C(n)\overline{C}(n) et donnez son domaine.
  • b) Calculez limn0+C(n)\lim_{n\to 0^{+}}\overline{C}(n) et limn+C(n)\lim_{n\to +\infty}\overline{C}(n), puis nommez les deux asymptotes.
  • c) Calculez C(100)\overline{C}(100), C(1000)\overline{C}(1\,000) et C(5000)\overline{C}(5\,000).
  • d) À partir de combien de répondants le coût moyen passe-t-il sous 20 dollars ?
  • e) Le plancher de 14 dollars n'est jamais atteint. Que dit cette phrase sur les économies d'échelle d'un institut de sondage ?

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a)
Domaine ;
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) C(n)=9500n+14\overline{C}(n)=\dfrac{9\,500}{n}+14, domaine ]0;+[]0\,;+\infty[.
  • b) ++\infty en 0+0^{+}, asymptote verticale n=0n=0 ; 1414 en ++\infty, asymptote horizontale y=14y=14.
  • c) 109109 ; 23,5023{,}50 ; 15,9015{,}90 dollars par répondant.
  • d) n>950061583,3n>\dfrac{9\,500}{6}\approx 1\,583{,}3, donc 1 584 répondants.
  • e) Réelles mais bornées : le coût moyen ne descendra jamais sous les 14 dollars de la collecte.

a) C(n)=9500+14nn=9500n+14\overline{C}(n)=\dfrac{9\,500+14n}{n}=\dfrac{9\,500}{n}+14 dollars par répondant. Le domaine est n>0n>0, c'est-à-dire ]0;+[]0\,;+\infty[ : la division par nn exclut le zéro, et le contexte exclut déjà les valeurs négatives. La décomposition en deux termes est ce qui rend tout le reste immédiat : un terme qui s'écrase quand nn grandit, et un terme constant qui ne bouge jamais.

b) Quand n0+n\to 0^{+}, 9500n+\dfrac{9\,500}{n}\to +\infty, donc C(n)+\overline{C}(n)\to +\infty : la droite n=0n=0 est une ASYMPTOTE VERTICALE. Quand n+n\to +\infty, 9500n0\dfrac{9\,500}{n}\to 0, donc C(n)14\overline{C}(n)\to 14 : la droite y=14y=14 est une ASYMPTOTE HORIZONTALE. Les deux asymptotes racontent le même modèle par ses deux bouts, un sondage minuscule dont chaque réponse coûte une fortune, et un sondage géant dont chaque réponse coûte le prix de la collecte.

c) C(100)=95+14=109\overline{C}(100)=95+14=109 dollars ; C(1000)=9,5+14=23,50\overline{C}(1\,000)=9{,}5+14=23{,}50 dollars ; C(5000)=1,9+14=15,90\overline{C}(5\,000)=1{,}9+14=15{,}90 dollars. Multiplier l'échantillon par dix, de 100 à 1 000, divise le coût moyen par plus de quatre ; le multiplier encore par cinq ne gagne plus que 7,60 dollars. Le rendement de la taille s'épuise, et c'est visible dans la seule forme 9500n\dfrac{9\,500}{n}.

d) On résout 9500n+14<20\dfrac{9\,500}{n}+14<20, donc 9500n<6\dfrac{9\,500}{n}<6, et comme n>0n>0 on peut multiplier sans retourner l'inégalité : 9500<6n9\,500<6n, donc n>950061583,3n>\dfrac{9\,500}{6}\approx 1\,583{,}3. Il faut donc au moins 1 584 répondants. Le passage à l'entier supérieur n'est pas une coquetterie : avec 1 583 répondants, le coût moyen vaut encore 20,002 dollars.

e) Elle dit que les économies d'échelle sont RÉELLES mais BORNÉES. Chaque répondant supplémentaire dilue un peu plus le coût fixe, donc le coût moyen baisse toujours, mais il ne peut pas descendre sous le coût variable unitaire de 14 dollars, qui est le prix de la collecte elle-même. Un institut qui promettrait 12 dollars par réponse en agrandissant l'échantillon promettrait l'impossible. C'est la lecture économique d'une asymptote horizontale : elle sépare ce qu'on peut gagner par la taille de ce qui ne s'obtiendra qu'en changeant la méthode de collecte.

Exercice 10 : Problème : un rapport qui interprète mal une limite

Voici un extrait de rapport municipal. Le modèle y est juste, les calculs y sont justes, et la conclusion y est fausse. Tout l'exercice consiste à dire où le raisonnement se casse.

« Le taux de pauvreté de la municipalité suit T(t)=12t+40t+5T(t)=\dfrac{12t+40}{t+5}, en pourcentage, tt années après 2015. Ce taux est croissant depuis 2015. Il finira donc par dépasser 20 % avant 2050. »

  • a) Vérifiez que T(0)=8T(0)=8 et calculez T(20)T(20).
  • b) Montrez que T(t)=1220t+5T(t)=12-\dfrac{20}{t+5} et déduisez-en le sens de variation.
  • c) Calculez limt+T(t)\lim_{t\to +\infty}T(t) et donnez l'asymptote horizontale.
  • d) La conclusion du rapport est-elle correcte ? Répondez en une phrase appuyée sur le calcul précédent.
  • e) En quelle année le taux dépasserait-il 11,511{,}5 % ? Que change, pour une décision publique, le fait qu'une croissance soit bornée ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) T(0)=8T(0)=8 % et T(20)=11,2T(20)=11{,}2 %.
  • b) T(t)=1220t+5T(t)=12-\dfrac{20}{t+5}, donc TT est croissante sur [0;+[[0\,;+\infty[.
  • c) 1212 %, asymptote horizontale y=12y=12.
  • d) Fausse : T(t)<12T(t)<12 pour tout t0t\ge 0, donc 20 % ne sera jamais atteint.
  • e) t=35t=35, soit 2050, et au-delà seulement. Une croissance bornée déplace la question du rythme vers le plafond.

a) T(0)=12×0+400+5=405=8T(0)=\dfrac{12\times 0+40}{0+5}=\dfrac{40}{5}=8 %. T(20)=12×20+4020+5=28025=11,2T(20)=\dfrac{12\times 20+40}{20+5}=\dfrac{280}{25}=11{,}2 %. En vingt ans, le taux est passé de 8 % à 11,2 % : le rapport a raison de parler de croissance.

b) On isole la partie entière de la fraction : 12t+40t+5=12(t+5)60+40t+5=12(t+5)20t+5=1220t+5\dfrac{12t+40}{t+5}=\dfrac{12(t+5)-60+40}{t+5}=\dfrac{12(t+5)-20}{t+5}=12-\dfrac{20}{t+5}. Pour t0t\ge 0, t+5t+5 croît, donc 20t+5\dfrac{20}{t+5} DÉCROÎT, donc 20t+5-\dfrac{20}{t+5} croît, donc TT croît. La fonction est bien croissante, comme le dit le rapport, et la réécriture le prouve sans dérivée. Contrôle : T(0)=124=8T(0)=12-4=8 et T(20)=120,8=11,2T(20)=12-0{,}8=11{,}2, ce qui redonne les valeurs du a).

c) Quand t+t\to+\infty, 20t+50\dfrac{20}{t+5}\to 0, donc T(t)12T(t)\to 12. L'asymptote horizontale est y=12y=12. On pouvait aussi conclure par le rapport des coefficients dominants, 121=12\dfrac{12}{1}=12, les deux degrés valant 1.

d) Elle est FAUSSE. Comme 20t+5>0\dfrac{20}{t+5}>0 pour tout t0t\ge 0, on a T(t)<12T(t)<12 à tout instant : le taux est majoré par 12 %, donc il ne dépassera JAMAIS 20 %, ni avant 2050 ni jamais. Le rapport a commis l'erreur de croire que croissant entraîne non borné. Une suite croissante peut parfaitement rester sous un plafond, et c'est précisément ce que l'asymptote horizontale décrit.

e) On résout 1220t+5>11,512-\dfrac{20}{t+5}>11{,}5, donc 20t+5<0,5\dfrac{20}{t+5}<0{,}5, donc t+5>40t+5>40 et t>35t>35 : le taux atteint exactement 11,5 % en t=35t=35, soit en 2050, et ne le dépasse qu'ensuite. Pour une décision publique, la différence est radicale. Si la croissance était non bornée, le problème s'aggraverait indéfiniment et la seule question serait la vitesse d'intervention. Étant bornée, elle pose une tout autre question : le plafond de 12 % est-il acceptable, et par quel levier change-t-on le MODÈLE plutôt que sa trajectoire ? Confondre les deux mène à financer une urgence là où il fallait réformer une structure, et cela commence par une limite mal lue.

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