Calcul différentiel 201-103 • Sciences humaines au cégep à Montréal
Exercices corrigés : les fonctions et leur domaine (201-103)
Ces dix exercices corrigés, précédés d'une liste de calculs, ouvrent le cours de calcul différentiel 201-103 des sciences humaines par ce qui le précède : savoir de quoi on parle. Une fonction y est un MODÈLE, le taux de chômage d'une région, la demande d'une cafétéria, la contribution d'un barème familial, et un modèle ne vaut que sur l'ensemble où il a un sens. La série couvre le test de la droite verticale, le domaine et l'image, la fonction définie par morceaux, les opérations sur les fonctions, la composition, la fonction réciproque et les modèles linéaire, exponentiel et logistique.
L'exercice 0.1 ouvre la série par douze domaines à déterminer directement, comme dans les listes des manuels, à partir des trois seuls interdits, dénominateur nul, racine carrée d'un nombre négatif, logarithme d'un nombre qui n'est pas strictement positif : fonctions rationnelles comme x2+x−125x, racines carrées d'une affine et d'un trinôme comme 12+x−x2, racine au dénominateur, quotient de deux racines, logarithme comme ln(x−1)4 et fonction définie par morceaux, chacun avec son domaine en notation d'intervalle ou ses valeurs exclues, vérifié en direct.
À la fin, vous savez refuser une prévision hors de la période d'un modèle (exercice 1), vérifier la continuité d'un forfait par tranches (exercice 3), trouver le domaine d'un coût moyen (exercice 4), enchaîner salaire, revenu et dépense par une composition en vérifiant ses deux conditions de domaine (exercice 5), passer de la demande au prix par la réciproque (exercice 6), et choisir la famille de modèle selon ce qui reste constant (exercice 7). Deux problèmes concluent : la grille tarifaire d'un service de garde (exercice 9) et un rapport de recherche à mettre en équations (exercice 10).
Le fil de la série tient en une phrase : toute fonction de sciences humaines a DEUX domaines, le domaine algébrique, celui que les trois interdits imposent, et le domaine de validité, celui que le contexte impose. Les confondre ne déclenche aucune erreur de calcul : cela produit un nombre, et c'est bien pire. Trois pièges sont désignés nommément : croire que le domaine d'une somme est la réunion des domaines, oublier que la division par la quantité retire le zéro au coût moyen, et prolonger un modèle bien ajusté au-delà de la fenêtre où il a été ajusté. L'exercice 8 les réunit en cinq affirmations à corriger.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Une fonction associe à chaque entrée AU PLUS une sortie : c'est ce que vérifie le test de la droite verticale, rien d'autre.
•TROIS interdits seulement : dénominateur nul, racine paire d'un nombre négatif, logarithme d'un nombre qui n'est pas strictement positif.
•0=0 existe, donc l'inégalité de la racine est LARGE ; ln0 n'existe pas, donc celle du logarithme est STRICTE.
•Domaine de f+g, de f−g et de f×g : l'INTERSECTION des domaines, jamais la réunion.
•Domaine de gf : cette intersection PRIVÉE des valeurs qui annulent g.
•Coût moyen C(q)=qC(q) : C existe en q=0 et vaut le coût fixe, C n'y existe pas.
•Composition : (f∘g) exige que x soit dans le domaine de g ET que g(x) soit dans celui de f. Les deux conditions, toujours.
•La composition n'est pas commutative : f∘g et g∘f n'ont en général ni la même formule ni le même domaine.
•Fonction et réciproque : domaine et image s'ÉCHANGENT. Le contrôle le moins cher est f−1(f(a))=a sur une valeur.
•Une fonction n'a de réciproque que là où elle est injective : une quantité qui baisse puis remonte n'en a pas sur toute sa période.
•Trois familles de modèles : accroissement constant, c'est linéaire ; taux d'accroissement constant, c'est exponentiel ; plafond de saturation, c'est logistique.
•Une exponentielle abt avec a>0 ne s'annule jamais et a pour asymptote y=0 ; une logistique de plafond M a DEUX asymptotes, y=0 et y=M.
•Une fonction par morceaux est continue en un raccord si les deux formules y donnent la même valeur. Un barème public est continu par décision politique, pas par hasard.
•Domaine de VALIDITÉ : hors de la fenêtre où le modèle a été ajusté, un résultat juste peut être absurde. L'énoncer fait partie de la réponse.
Calculs : les domaines à déterminer
Exercice 0.1 : Déterminer le domaine : douze calculs directs
Pour chaque fonction, déterminez le domaine, puis donnez ce que demande la ligne : le domaine en notation d'intervalle, ou bien, quand le domaine est l'ensemble des réels privé de quelques valeurs, ces valeurs exclues.
Une seule méthode pour les douze lignes : repérer dans la formule chaque opération qui peut interdire une valeur, et il n'y en a que trois, un dénominateur, une racine carrée, un logarithme. Écrire la condition de chacune, dénominateur =0, radicande ≥0, argument du logarithme >0, résoudre chaque condition, puis garder les x qui les vérifient TOUTES à la fois.
a) f(x)=4x3−x2+5x : le domaine.
b) g(x)=2x−7x+4 : la valeur exclue.
c) h(x)=x2+x−125x : les deux valeurs exclues.
d) k(x)=2x−5 : le domaine.
e) m(x)=9−4x : le domaine.
f) p(x)=x+61 : le domaine.
g) q(x)=12+x−x2 : le domaine.
h) r(x)=x−3x+2 : la plus petite valeur du domaine, puis la valeur exclue.
i) s(x)=7−xx+1 : le domaine.
j) u(x)=ln(8−2x) : le domaine.
k) v(x)=ln(x−1)4 : la borne gauche du domaine, puis la valeur exclue.
l) w(x)=x+5 si x<1, et w(x)=x+36 si x≥1 : le domaine.
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Réponses
a)R=]−∞;+∞[
b)R∖{27} ; valeur exclue 3,5
c)R∖{−4;3}
d)[2,5;+∞[
e)]−∞;2,25]
f)]−6;+∞[
g)[−3;4]
h)[−2;3[∪]3;+∞[ ; plus petite valeur −2, valeur exclue 3
i)[−1;7[
j)]−∞;4[
k)]1;2[∪]2;+∞[ ; borne gauche 1, valeur exclue 2
l)[−5;+∞[
Le geste qui décide de tout se fait AVANT de calculer : dresser la liste des interdits présents dans la formule. Un NOMBRE au dénominateur, comme le 5 de 5x, n'interdit rien ; un x au dénominateur, sous une racine ou dans un logarithme impose une condition, et le domaine est l'ensemble des x qui satisfont toutes les conditions à la fois.
a)
Aucun interdit : le seul dénominateur est le nombre 5, qui ne s'annule jamais. Le domaine est R=]−∞;+∞[. Piège : voir une fraction et chercher une valeur à exclure.
b)
Condition 2x−7=0, soit x=27. Domaine R∖{27} ; la valeur exclue est 27=3,5. Le numérateur ne joue aucun rôle : x=−4 annule g, il ne l'interdit pas.
c)
Condition x2+x−12=0. On factorise : x2+x−12=(x+4)(x−3), nul en x=−4 et en x=3. Domaine R∖{−4;3}. Piège : exclure x=0, qui annule le numérateur 5x et non le dénominateur.
d)
Condition 2x−5≥0, soit x≥25. Domaine [2,5;+∞[, crochet FERMÉ en 2,5 puisque 0=0 existe.
e)
Condition 9−4x≥0, soit −4x≥−9, donc x≤49 : on divise par un nombre NÉGATIF, l'inégalité change de sens. Domaine ]−∞;2,25]. Piège : garder le sens et écrire [2,25;+∞[, c'est-à-dire presque exactement les valeurs interdites.
f)
Deux conditions en une : la racine exige x+6≥0, la division exige x+6=0, donc x+6>0 et x>−6. Domaine ]−6;+∞[, crochet OUVERT en −6. Piège : le crochet fermé de la racine seule.
g)
Condition 12+x−x2≥0. On factorise : 12+x−x2=−(x2−x−12)=−(x−4)(x+3)=(4−x)(x+3). Les racines sont −3 et 4 ; le coefficient de x2 étant négatif, le trinôme est positif ENTRE les racines, ce que confirme x=0, où il vaut 12. Domaine [−3;4]. Piège : le réflexe « à l'extérieur des racines », qui ne vaut que si le coefficient de x2 est positif.
h)
Racine : x+2≥0, soit x≥−2. Dénominateur : x=3, et 3 est bien dans [−2;+∞[, donc il faut le retirer. Domaine [−2;3[∪]3;+∞[ : la plus petite valeur du domaine est −2, la valeur exclue est 3.
i)
Numérateur : x+1≥0, soit x≥−1. Dénominateur : la racine exige 7−x≥0 et la division 7−x=0, donc 7−x>0, soit x<7. On garde les deux : [−1;7[, fermé à gauche, ouvert à droite. Piège : traiter les deux racines de la même façon, alors que seule celle du bas devient une inégalité stricte.
j)
Condition 8−2x>0, soit −2x>−8, donc x<4, l'inégalité changeant de sens à la division par −2. Domaine ]−∞;4[, ouvert en 4 puisque ln0 n'existe pas.
k)
Logarithme : x−1>0, soit x>1. Dénominateur : ln(x−1)=0 ; un logarithme vaut 0 quand son argument vaut 1, donc x−1=1, soit x=2. Domaine ]1;2[∪]2;+∞[ : borne gauche 1, valeur exclue 2. Piège : exclure seulement x=1, en confondant « le logarithme s'annule » et « le logarithme n'existe pas ».
l)
On traite chaque morceau SUR SA TRANCHE. Pour x<1, x+5 exige x≥−5 : on garde [−5;1[. Pour x≥1, x+36 n'interdit que −3, qui n'est pas dans cette tranche : on garde [1;+∞[. Le domaine est la réunion, [−5;+∞[. Piège : retirer −3, alors qu'en x=−3 c'est la racine qui s'applique, et qu'elle vaut 2.
Contrôle : pour chaque ligne, on tape à la calculatrice une valeur juste à l'intérieur et une valeur juste à l'extérieur de chaque borne ; la machine doit répondre par un nombre dans le domaine et par une erreur en dehors. Une borne se teste elle-même : 0 répond 0, donc la borne est fermée ; ln0 et 01 répondent par une erreur, donc elle est ouverte.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Fonction ou relation : lire un modèle sur un graphique
En sciences humaines, une fonction est presque toujours un MODÈLE : une quantité observée, le taux de chômage, la population, la dépense des ménages, exprimée en fonction d'une autre, l'année, le revenu, le prix.
Le taux de chômage d'une région est modélisé par T(t)=0,05t2−0,8t+8, en pourcentage, où t est le nombre d'années écoulées depuis 2012. Le modèle a été ajusté sur les données de 2012 à 2024.
a) Ce graphique définit-il une fonction ? Appliquez le test de la droite verticale et dites ce qu'il vérifie.
b) Donnez le domaine et l'image du modèle sur la période ajustée, c'est-à-dire pour t de 0 à 12.
c) Combien d'années donnent un taux de 5,6 % ? Résolvez, puis dites ce que votre réponse implique pour la réciproque de T.
d) Nommez la variable indépendante et la variable dépendante, avec leurs unités.
e) Un journaliste utilise le modèle pour annoncer le taux de 2042, soit T(30). Calculez-le et expliquez pourquoi ce nombre ne veut rien dire.
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Réponses
a)Oui : toute droite verticale coupe la courbe au plus une fois.
b)Domaine [0;12], image [4,8;8].
c)t=4 et t=12 : deux années, donc aucune réciproque sur [0;12].
d)Indépendante t, en années depuis 2012 ; dépendante T, en pourcentage.
e)T(30)=29 %, une extrapolation hors du domaine de validité [0;12].
a)
Oui. Le TEST DE LA DROITE VERTICALE consiste à balayer le graphique avec une droite verticale : si aucune position de cette droite ne rencontre la courbe plus d'une fois, chaque valeur de l'entrée reçoit au plus une sortie, ce qui est exactement la définition d'une fonction. Ici la courbe est une parabole d'axe vertical, donc chaque année reçoit un seul taux. Ce test ne vérifie ni que la courbe est continue, ni qu'elle est croissante : il vérifie l'UNICITÉ de la sortie, rien d'autre.
b)
Le domaine ajusté est [0;12], les treize années de 2012 à 2024. Pour l'image, il faut le sommet : t=−2ab=2×0,050,8=8, et T(8)=0,05×64−6,4+8=3,2−6,4+8=4,8. Aux bornes, T(0)=8 et T(12)=0,05×144−9,6+8=7,2−9,6+8=5,6. Le maximum est donc 8, atteint en t=0, et l'image vaut [4,8;8]. Il faut comparer les DEUX bornes au sommet : se contenter de T(12) donnerait une image fausse.
c)
On résout 0,05t2−0,8t+8=5,6, soit 0,05t2−0,8t+2,4=0. En multipliant par 20 : t2−16t+48=0, donc t=216±256−192=216±8, c'est-à-dire t=4 et t=12. DEUX années, 2016 et 2024, donnent le même taux. Conséquence directe : T n'est pas injective sur [0;12], donc elle n'y admet PAS de réciproque. Connaître le taux ne permet pas de retrouver l'année, ce qui est la situation normale d'un indicateur qui baisse puis remonte.
d)
La variable INDÉPENDANTE est t, le temps, en années depuis 2012 : c'est elle qu'on choisit. La variable DÉPENDANTE est T, le taux de chômage, en pourcentage de la population active : c'est elle qu'on lit. En notation fonctionnelle, l'indépendante est toujours celle qui s'écrit entre parenthèses.
e)
T(30)=0,05×900−0,8×30+8=45−24+8=29. Le modèle annonce 29 % de chômage. Ce nombre ne veut rien dire, pour deux raisons. D'abord t=30 est HORS DU DOMAINE d'ajustement : le modèle a été construit sur treize années, il ne dit rien de la trentième. Ensuite sa forme même le condamne, une parabole ouverte vers le haut croissant sans borne : elle finira par prédire un chômage de 200 %, ce qui est impossible. Un modèle a toujours deux domaines, le domaine ALGÉBRIQUE, ici R, et le domaine de VALIDITÉ, ici [0;12]. Les confondre est l'erreur la plus coûteuse du cours, parce qu'elle ne produit aucun message d'erreur : elle produit un nombre.
Exercice 2 : Le domaine algébrique : les trois seuls interdits
Avant toute dérivée, il faut savoir où la fonction existe. En calcul différentiel, trois opérations seulement font sortir du domaine : diviser par zéro, prendre la racine paire d'un nombre négatif, prendre le logarithme d'un nombre qui n'est pas strictement positif.
Tout le reste, additionner, multiplier, élever à une puissance entière, est permis partout.
a) Donnez le domaine de f(x)=x2−92x+5.
b) Donnez le domaine de g(x)=12−3x.
c) Donnez le domaine de h(x)=ln(x−2).
d) Donnez le domaine de k(x)=x−5x−1.
e) Un camarade affirme : il y a un interdit de plus, on ne peut pas élever un nombre négatif à une puissance. Que lui répondez-vous ?
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Réponses
a)R∖{−3;3}.
b)]−∞;4], borne incluse.
c)]2;+∞[, borne exclue.
d)[1;5[∪]5;+∞[.
e)Faux pour les puissances entières ; vrai pour x1/2, mais c'est l'interdit de la racine, déjà compté. Il y en a trois.
a)
Le seul risque est au dénominateur. x2−9=0 donne x=3 ou x=−3. Le domaine est donc R∖{−3;3}, c'est-à-dire ]−∞;−3[∪]−3;3[∪]3;+∞[. Le numérateur 2x+5 ne restreint rien : un numérateur nul donne une valeur nulle, pas une valeur interdite. Confondre « le numérateur s'annule » et « la fonction n'existe pas » est le premier piège du chapitre, et il se paie encore à l'étude de fonction, où x=−2,5 sera un ZÉRO et non une asymptote.
b)
La racine carrée exige 12−3x≥0, donc 3x≤12 et x≤4. Le domaine est ]−∞;4]. L'inégalité est LARGE, car 0=0 existe. Le sens de l'inégalité ne change pas ici parce qu'on divise par +3 ; avec un coefficient négatif, il aurait fallu le retourner.
c)
Le logarithme exige un argument STRICTEMENT positif : x−2>0, donc x>2. Le domaine est ]2;+∞[, crochet ouvert. C'est la différence à tenir avec la racine : 0 existe, ln0 n'existe pas.
d)
Deux conditions à satisfaire EN MÊME TEMPS. La racine du numérateur exige x−1≥0, donc x≥1. Le dénominateur exige x=5. Le domaine est l'intersection : [1;5[∪]5;+∞[. L'erreur classique consiste à n'en traiter qu'une : on lit la racine, on oublie le dénominateur, et on dérive ensuite une fonction qui n'existe pas en 5.
e)
Il a tort pour les puissances ENTIÈRES : (−2)3=−8 se calcule très bien. Il a raison, et c'est tout l'objet de la remarque, pour les puissances FRACTIONNAIRES de dénominateur pair, puisque x1/2 est exactement x : c'est l'interdit de la racine paire, déjà compté, et non un quatrième. La liste à trois entrées, dénominateur nul, racine paire d'un négatif, logarithme d'un nombre non strictement positif, suffit pour tout le 201-103.
Exercice 3 : Une fonction définie par morceaux : le forfait de données
Les barèmes, les tarifs et les grilles d'aide sont presque tous des fonctions définies par MORCEAUX : une formule par tranche, et un point de raccord entre deux tranches.
Un forfait de données mobiles coûte C(x) dollars par mois pour x gigaoctets consommés : C(x)=45 pour 0≤x≤20, C(x)=45+7(x−20) pour 20<x≤50, et C(x)=250 pour x>50, le forfait devenant illimité.
a) Calculez C(12), C(35) et C(60).
b) Donnez le domaine et l'image de la fonction.
c) La fonction est-elle continue en x=20 ? en x=50 ? Justifiez par les limites unilatérales.
d) À partir de quelle consommation le forfait illimité à 250 dollars devient-il plus avantageux ?
e) Un barème d'impôt ne présente jamais de saut, alors qu'un forfait commercial en présente un. Expliquez la différence.
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Réponses
a)C(12)=45, C(35)=150, C(60)=250 dollars.
b)Domaine [0;+∞[, image [45;255].
c)Continue en x=20 ; discontinue en x=50, saut de 5 dollars vers le bas.
d)x>7205+20≈49,29 Go.
e)Le taux marginal ne frappe que la part du revenu dans la tranche, ce qui force la continuité ; un saut commercial vers le bas avantage le client.
a)
x=12 tombe dans la première tranche : C(12)=45 dollars. x=35 tombe dans la deuxième : C(35)=45+7×(35−20)=45+105=150 dollars. x=60 tombe dans la troisième : C(60)=250 dollars. Le seul geste à soigner est de LIRE la condition avant de choisir la formule ; appliquer la deuxième formule à x=60 donnerait 45+280=325 dollars, un montant que personne ne paie.
b)
Le domaine est [0;+∞[ : on peut consommer n'importe quelle quantité positive. Pour l'image, la première tranche ne donne que la valeur 45 ; la deuxième balaie continûment de 45 exclu jusqu'à C(50)=45+7×30=255 inclus ; la troisième ne donne que 250, déjà atteint dans la deuxième. L'image est donc [45;255].
c)
En x=20 : la limite à gauche vaut 45, la limite à droite vaut 45+7×0=45, et C(20)=45. Les trois coïncident, donc C est CONTINUE en 20. En x=50 : la limite à gauche vaut 45+7×30=255 et C(50)=255, mais la limite à droite vaut 250. Limite à gauche et limite à droite diffèrent, donc C est DISCONTINUE en 50, avec un saut de 5 dollars vers le bas.
d)
Il faut comparer la formule de la deuxième tranche au tarif illimité : 45+7(x−20)>250 donne 7(x−20)>205, puis x−20>7205≈29,29, donc x>49,29 gigaoctets environ. Au-delà de 49,29 Go, l'abonné paierait plus cher à la tranche que l'illimité. C'est précisément la zone où le saut se produit, et c'est pourquoi l'entreprise l'a placé là : au-dessus de ce seuil, le client demanderait de toute façon l'illimité.
e)
Un barème d'impôt est CONTINU par construction, et cette continuité est une décision politique : si le taux s'appliquait à tout le revenu dès le franchissement d'une tranche, gagner un dollar de plus pourrait faire perdre des centaines de dollars nets, ce qui découragerait le travail à la frontière de la tranche. C'est pourquoi un taux marginal ne frappe QUE la part du revenu située dans la tranche. Un forfait commercial, lui, n'a pas cette contrainte : le saut vers le bas AVANTAGE le client et sert d'appel vers l'offre illimitée, personne ne se plaint de payer moins. La continuité d'une fonction par morceaux n'est donc pas une propriété mathématique subie, c'est le reflet d'un choix.
Exercice 4 : Opérations sur les fonctions : le domaine ne suit pas
Additionner, soustraire, multiplier et diviser deux fonctions est facile ; retrouver le domaine du résultat l'est moins, parce que la division peut retirer des valeurs que ni l'une ni l'autre n'interdisait.
Une coopérative a pour coût total C(q)=0,2q2+18q+500 dollars et pour revenu R(q)=60q−0,1q2 dollars, où q est le nombre d'unités vendues.
a) Écrivez la fonction de profit P=R−C sous forme développée.
b) Écrivez le coût moyen C(q)=qC(q) et donnez son domaine algébrique.
c) Calculez P(50), C(50) et le ratio C(50)R(50).
d) Parmi R+C, R−C, CR et R×C, lesquelles ont une signification économique ?
e) Énoncez la règle générale qui donne le domaine de f+g, de f×g et de gf.
c)P(50)=850 dollars, C(50)=38 dollars par unité, R(50)/C(50)≈1,45.
d)R−C et R/C ont un sens ; R×C n'en a aucun, son unité serait le dollar carré.
e)Intersection pour +, − et × ; intersection privée des zéros de g pour gf.
a)
P(q)=R(q)−C(q)=60q−0,1q2−(0,2q2+18q+500). En distribuant le signe moins sur les TROIS termes, ce que l'on oublie une fois sur deux : P(q)=60q−0,1q2−0,2q2−18q−500=−0,3q2+42q−500. La vérification la moins chère consiste à évaluer en q=0 : P(0)=−500, et l'on retrouve bien la perte égale au coût fixe quand rien n'est vendu.
b)
C(q)=q0,2q2+18q+500=0,2q+18+q500. Le domaine algébrique est R∖{0}, et le domaine du contexte ]0;+∞[. Voilà le point du chapitre : C existe en q=0, elle y vaut 500 dollars, mais son coût MOYEN n'existe pas en 0. La division a retiré une valeur que ni le numérateur ni le dénominateur ne posaient comme problème avant l'opération.
c)
P(50)=−0,3×2500+42×50−500=−750+2100−500=850 dollars. C(50)=0,2×2500+18×50+500=500+900+500=1900 dollars, donc C(50)=501900=38 dollars par unité. Enfin R(50)=60×50−0,1×2500=3000−250=2750 dollars, et le ratio vaut 19002750≈1,45 : chaque dollar dépensé rapporte environ 1,45 dollar. On peut recouper : R(50)−C(50)=2750−1900=850, ce qui confirme P(50).
d)
R−C est le PROFIT, la plus utile des quatre. CR est un ratio de rentabilité sans unité, parfaitement interprétable. R+C n'a pas de sens direct, on n'additionne pas ce qui entre et ce qui sort, mais la somme apparaît quand même dans certains calculs de flux bruts. R×C n'a AUCUN sens : son unité serait le dollar carré. L'algèbre autorise les quatre opérations, le contexte n'en retient que deux ou trois ; savoir lequel des deux commande est exactement ce que le cours enseigne.
e)
Pour la somme, la différence et le produit, le domaine est l'INTERSECTION des deux domaines : la valeur doit être licite pour les deux fonctions à la fois. Pour le quotient gf, c'est cette même intersection PRIVÉE des valeurs où g s'annule. La règle ne dit jamais « réunion » : une valeur interdite pour l'une reste interdite pour l'opération, même si l'autre s'en accommode.
Exercice 5 : La composition : enchaîner deux modèles
Une chaîne causale des sciences humaines est une COMPOSITION : le salaire détermine le revenu, le revenu détermine la dépense. La difficulté n'est pas de composer, c'est de dire où le résultat existe.
On travaille d'abord sur f(x)=x−3 et g(x)=x−71, puis sur une chaîne économique.
a) Écrivez (f∘g)(x) et donnez son domaine.
b) Écrivez (g∘f)(x) et donnez son domaine.
c) La dépense annuelle en loisirs d'un ménage vaut D(R)=0,08R−400 dollars, où R est le revenu annuel, et le revenu d'un travailleur à temps plein vaut R(s)=1800s dollars, où s est le salaire horaire. Écrivez D(R(s)).
d) Calculez la dépense en loisirs pour s=16,50 dollars de l'heure.
e) Le modèle composé donne une dépense négative pour les petits salaires. À partir de quel salaire devient-elle positive, et pourquoi ce calcul n'a-t-il malgré tout pas d'utilité ?
Voir la correction
Réponses
a)(f∘g)(x)=x−71−3, domaine ]7;322].
b)(g∘f)(x)=x−3−71, domaine [3;52[∪]52;+∞[.
c)D(R(s))=144s−400.
d)1976 dollars par an.
e)s>144400≈2,78 dollar de l'heure, seuil situé hors du domaine de validité, qui commence au salaire minimum.
a)
(f∘g)(x)=f(x−71)=x−71−3. Deux conditions s'empilent : d'abord x=7 pour que l'intérieur existe, ensuite x−71−3≥0, c'est-à-dire x−71≥3. Si x<7, le quotient est négatif et ne peut pas dépasser 3 : aucune solution. Si x>7, on peut multiplier par x−7>0 sans retourner l'inégalité : 1≥3(x−7), donc x−7≤31 et x≤322. Le domaine est ]7;322], soit environ ]7;7,33]. Il faut séparer les deux cas de signe : multiplier en croix sans regarder le signe du dénominateur est l'erreur qui donne un domaine faux.
b)
(g∘f)(x)=g(x−3)=x−3−71. Conditions : x−3≥0, donc x≥3, et x−3=7, donc x−3=49 et x=52. Le domaine est [3;52[∪]52;+∞[. Les deux compositions n'ont ni la même formule ni le même domaine : la composition n'est pas commutative, et c'est visible ici du premier coup d'oeil.
c)
D(R(s))=0,08×1800s−400=144s−400. Le coefficient 144 se lit : chaque dollar de salaire horaire supplémentaire ajoute 144 dollars de loisirs par an, parce qu'il ajoute 1 800 dollars de revenu dont 8 % partent en loisirs. C'est la règle de la chaîne, vue ici sur des fonctions affines, avant de la revoir comme règle de dérivation en chaîne au chapitre de la dérivée.
d)
D=144×16,50−400=2376−400=1976 dollars par an. On peut recouper en passant par l'étape intermédiaire : R=1800×16,50=29700 dollars, puis D=0,08×29700−400=2376−400=1976 dollars. Le contrôle par la voie longue vaut la minute qu'il coûte.
e)
144s−400>0 donne s>144400≈2,78 dollars de l'heure. Le calcul est juste et sans utilité : aucun salaire horaire légal n'est inférieur à 2,78 dollars, donc ce seuil est situé HORS du domaine de validité du modèle, qui commence au salaire minimum. Le domaine algébrique de s↦144s−400 est R tout entier, le domaine du contexte est [15,75;+∞[ environ. Répondre 2,78 dollars sans cette phrase, c'est répondre à une question que personne ne pose.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : La fonction réciproque : du prix à la quantité, et retour
La demande se lit dans les deux sens : combien vend-on à ce prix, et quel prix faut-il afficher pour écouler cette quantité. Passer d'une lecture à l'autre, c'est prendre la RÉCIPROQUE.
Une cafétéria vend q(p)=90−1,5p repas par jour lorsque le prix est de p dollars.
a) Donnez le domaine du contexte de q, c'est-à-dire l'ensemble des prix pour lesquels le modèle a un sens.
b) Montrez que q y est injective, puis écrivez sa réciproque p(q).
c) Donnez le domaine et l'image de q, puis ceux de p. Que remarquez-vous ?
d) Vérifiez que p(q(24))=24 et expliquez ce que cette égalité contrôle.
e) Le graphique porte le prix en ordonnée alors que le prix est la variable de décision. Pourquoi cette convention, et que devient la symétrie par rapport à la première bissectrice ?
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Réponses
a)[0;60] : au-delà de 60 dollars, le modèle donnerait une quantité négative.
b)Pente −1,5<0 donc strictement décroissante ; p(q)=60−32q.
c)q : domaine [0;60], image [0;90]. p : domaine [0;90], image [0;60]. Ils s'échangent.
d)q(24)=54 puis p(54)=24 : le contrôle porte sur l'isolement de p.
e)Convention de Marshall ; la symétrie par rapport à la première bissectrice reste vraie mais ne se voit qu'en repère orthonormé.
a)
Le modèle exige q≥0 et p≥0. De 90−1,5p≥0 on tire p≤60. Le domaine du contexte est donc [0;60] : au-delà de 60 dollars, le modèle annoncerait un nombre négatif de repas, ce qui n'existe pas. Le domaine algébrique, lui, serait R tout entier ; c'est encore la distinction du chapitre.
b)
q est affine de pente −1,5, strictement négative, donc strictement DÉCROISSANTE sur [0;60], donc injective : deux prix différents ne peuvent pas donner la même quantité. On peut alors isoler p dans q=90−1,5p : 1,5p=90−q, donc p(q)=1,590−q=60−32q. Vérifier l'injectivité AVANT d'isoler n'est pas une formalité : sans elle, l'expression obtenue ne serait pas une fonction, comme on l'a vu à l'exercice 1 avec le taux de chômage.
c)
q a pour domaine [0;60], les prix, et pour image [0;90], les quantités : q(0)=90 et q(60)=0. p a pour domaine [0;90] et pour image [0;60]. Le domaine de l'une est exactement l'image de l'autre, et réciproquement : c'est la propriété qui définit une paire de fonctions réciproques, et c'est elle que l'on contrôle en premier quand une réciproque semble fausse.
d)
q(24)=90−1,5×24=90−36=54 repas. Puis p(54)=60−32×54=60−36=24 dollars. On retombe sur le prix de départ. Cette égalité contrôle que l'on a bien isolé p et non commis une erreur de signe ou de division : une réciproque fausse échoue presque toujours sur ce test, alors qu'elle peut très bien passer un simple contrôle de cohérence des unités.
e)
En économie, le prix est porté en ordonnée depuis Alfred Marshall, à la fin du XIXe siècle, et l'usage est resté : toutes les courbes d'offre et de demande des cours d'économie sont tracées ainsi, et changer d'axes rendrait les figures illisibles pour ceux qui les lisent. Mathématiquement, cela revient à tracer la RÉCIPROQUE p(q) plutôt que q(p). La symétrie par rapport à la première bissectrice y=x reste vraie, mais elle n'est pas visible sur la figure, pour deux raisons : une seule des deux courbes y est tracée, et les deux axes n'ont ni la même unité ni la même échelle, alors que la symétrie ne se voit qu'en repère orthonormé. Une propriété peut être exacte et invisible ; c'est le graphique qui ment, pas la propriété.
Exercice 7 : Trois familles de modèles : linéaire, exponentiel, logistique
Le premier geste d'une modélisation n'est pas un calcul, c'est un choix de FAMILLE. Trois formes couvrent l'essentiel des phénomènes de sciences humaines, et chacune se reconnaît à ce qu'elle fait quand le temps grandit.
Sur t en années, on compare L(t)=200+35t, E(t)=200×(1,08)t et G(t)=1+24e−0,4t1200.
a) Pour chacune des trois fonctions, dites ce qui est constant : l'accroissement par année, le taux d'accroissement, ou ni l'un ni l'autre.
b) Donnez l'image et les asymptotes horizontales de chacune, sur R.
c) Calculez L(10), E(10) et G(10), puis G(0).
d) Associez chaque famille à l'un de ces trois phénomènes : la valeur d'un compte d'épargne à intérêt composé, la diffusion d'un téléphone intelligent dans une population, un salaire augmenté d'un montant fixe chaque année.
e) Pourquoi un modèle exponentiel finit-il toujours par être faux en démographie ?
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Réponses
a)L : accroissement constant. E : taux constant. G : ni l'un ni l'autre.
b)L : image R, aucune asymptote. E : image ]0;+∞[, asymptote y=0. G : image ]0;1200[, asymptotes y=0 et y=1200.
e)Une exponentielle croissante n'a pas de borne supérieure, une population en a toujours une.
a)
L a un ACCROISSEMENT constant : chaque année ajoute 35 unités, quel que soit le niveau atteint. E a un TAUX d'accroissement constant : chaque année multiplie par 1,08, soit 8 % de plus, donc l'accroissement absolu grandit avec le niveau. G n'a ni l'un ni l'autre : elle accélère au début, puis ralentit en approchant son plafond. Le test de terrain tient en une soustraction et une division : si les différences successives sont constantes, c'est linéaire ; si ce sont les quotients successifs qui le sont, c'est exponentiel.
b)
L a pour image R et AUCUNE asymptote horizontale : une droite non horizontale n'en a jamais. E a pour image ]0;+∞[ et une asymptote horizontale y=0 quand t→−∞ ; elle ne s'annule jamais, ce qui est la propriété la plus utile de l'exponentielle. G a pour image ]0;1200[ et DEUX asymptotes horizontales, y=0 en −∞ et y=1200 en +∞. Ce 1 200 est la capacité du milieu, et c'est lui qui fait tout l'intérêt du modèle logistique.
c)
L(10)=200+350=550. E(10)=200×1,0810=200×2,1589≈431,78. Pour G(10) : e−4≈0,018316, donc 24e−4≈0,43958, et G(10)=1,439581200≈833,58. Enfin G(0)=1+241200=251200=48. À dix ans, l'ordre est déjà inversé par rapport au départ : partie de 48, la logistique dépasse les deux autres.
d)
Le compte d'épargne à intérêt composé est EXPONENTIEL : le rendement s'applique au capital accumulé, donc le taux est constant. La diffusion d'un téléphone intelligent est LOGISTIQUE : elle démarre lentement, s'emballe par imitation, puis sature quand presque tout le monde est équipé, le plafond étant la taille du marché. Le salaire augmenté d'un montant fixe est LINÉAIRE ; s'il était augmenté d'un POURCENTAGE fixe, il deviendrait exponentiel, et c'est exactement le sens d'une indexation.
e)
Parce qu'une exponentielle croissante n'a pas de borne supérieure, alors qu'une population en a toujours une : la terre arable, l'eau, le logement, l'emploi. Un modèle à 2 % l'an double la population en 35 ans environ ; prolongé sur trois siècles, il en donnerait plus de 250 fois l'effectif initial. La question n'est donc jamais de savoir SI le modèle exponentiel cessera d'être valable, mais QUAND. C'est pour cette raison que la démographie travaille en logistique, ou en exponentielle sur une fenêtre courte dont on énonce les bornes : le domaine de validité fait partie du modèle, il n'est pas un commentaire ajouté après coup.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune de ces cinq phrases a été entendue en classe. Pour chacune, dites si elle est vraie ou fausse, et si elle est fausse, écrivez l'énoncé correct.
Une correction qui se contente de dire « faux » ne vaut aucun point : c'est la phrase juste qui est demandée.
a) Le domaine de f+g est la réunion des domaines de f et de g.
b) Si la fonction de coût C est définie en q=0, alors le coût moyen qC(q) l'est aussi.
c) Une fonction et sa réciproque ont le même domaine.
d) Un modèle ajusté sur les données observées reste valable au-delà de la période observée.
e) ln(x2) et 2lnx sont la même fonction.
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Réponses
a)Faux : c'est l'intersection, dom(f)∩dom(g).
b)Faux : la division retire q=0, même si C(0) existe et vaut le coût fixe.
c)Faux : domaine et image s'échangent entre une fonction et sa réciproque.
d)Faux : hors de la fenêtre d'ajustement, c'est de l'extrapolation.
e)Faux : ln(x2)=2ln∣x∣ pour tout x=0.
a)
FAUX. C'est l'INTERSECTION : dom(f+g)=dom(f)∩dom(g). Pour additionner deux nombres, il faut que les deux existent, donc une valeur interdite pour l'une reste interdite pour la somme. Avec f(x)=x et g(x)=−x, la réunion donnerait R alors que la somme n'existe qu'en x=0.
b)
FAUX. La division par q retire q=0, que C y soit définie ou non. C'est même le cas le plus fréquent en gestion : C(0) est le coût FIXE, un nombre parfaitement réel, alors que le coût moyen en zéro reviendrait à répartir ce coût fixe sur aucune unité. Énoncé correct : le domaine de C est celui de C privé des valeurs qui annulent q.
c)
FAUX, et le mot juste est échangé, pas identique : le domaine de f est l'IMAGE de f−1, et l'image de f est le DOMAINE de f−1. L'exercice 6 le montre : la demande a pour domaine [0;60], des dollars, et sa réciproque a pour domaine [0;90], des repas. Deux ensembles qui n'ont même pas la même unité ne peuvent pas être égaux.
d)
FAUX. Un ajustement ne garantit rien hors de la fenêtre où il a été fait : c'est l'EXTRAPOLATION, et elle est d'autant plus dangereuse que le modèle est bien ajusté, parce que la qualité de l'ajustement inspire une confiance qu'elle ne justifie pas. L'exercice 1 en donne la mesure : le modèle de chômage, excellent sur treize ans, annonce 29 % pour 2042. Énoncé correct : un modèle n'est valable que sur son domaine de validité, qui doit être énoncé avec lui.
e)
FAUX, et le piège est dans le domaine, pas dans l'algèbre. ln(x2) existe pour tout x=0, y compris les négatifs, puisque x2>0. 2lnx n'existe que pour x>0. Sur ]0;+∞[ les deux expressions coïncident, mais sur ]−∞;0[ seule la première a un sens. Énoncé correct : ln(x2)=2ln∣x∣ pour tout x=0. C'est l'erreur qui fait perdre la moitié d'un domaine à l'étude de fonction, et elle revient chaque session.
Exercice 9 : Problème : la grille tarifaire d'un service de garde
Une politique familiale module la contribution quotidienne d'un service de garde selon le revenu du ménage. Trois tranches, deux raccords, et une question que les mathématiques tranchent mieux que le débat public.
La contribution quotidienne est F(R)=8,85 dollars pour 0≤R≤55, F(R)=8,85+0,11(R−55) pour 55<R≤105, et F(R)=14,35 dollars pour R>105, où R est le revenu familial en MILLIERS de dollars.
a) Calculez F(40), F(80) et F(130).
b) Montrez que F est continue en R=55 et en R=105.
c) Une famille paie 260 jours par an. Écrivez le coût annuel A(R) et calculez A(80).
d) Le taux d'effort est T(R)=1000RA(R)×100, en pourcentage du revenu. Calculez T(40), T(80) et T(130). Le barème est-il progressif ?
e) Donnez le domaine de T. Pourquoi T n'est-elle pas définie en R=0 alors que F l'est ?
Voir la correction
Réponses
a)F(40)=8,85, F(80)=11,60, F(130)=14,35 dollars.
b)En 55 les deux tranches donnent 8,85 ; en 105 elles donnent 14,35. La grille est continue.
c)A(R)=260F(R), donc A(80)=3016 dollars par an.
d)T(40)≈5,75 %, T(80)=3,77 %, T(130)≈2,87 %. Régressif en pourcentage, progressif en dollars.
e)]0;+∞[ : T divise par le revenu, alors que F(0)=8,85 existe.
a)
R=40 est dans la première tranche : F(40)=8,85 dollars. R=80 est dans la deuxième : F(80)=8,85+0,11×(80−55)=8,85+2,75=11,60 dollars. R=130 est dans la troisième : F(130)=14,35 dollars. Le (R−55) est le point de vigilance : le taux de 11 % ne frappe que la part du revenu SITUÉE DANS la tranche, pas le revenu entier, exactement comme un taux marginal d'impôt.
b)
En R=55 : la première tranche donne 8,85 et la deuxième donne 8,85+0,11×0=8,85. Les deux coïncident, donc F est continue. En R=105 : la deuxième donne 8,85+0,11×50=8,85+5,50=14,35 et la troisième donne 14,35. Elles coïncident aussi. La grille a donc été CONSTRUITE pour être continue, en choisissant le plafond égal à la valeur atteinte en fin de deuxième tranche : sans cette précaution, gagner un dollar de plus aurait pu coûter plusieurs centaines de dollars de garde par an.
c)
A(R)=260×F(R), en dollars par an. En R=80 : A(80)=260×11,60=3016 dollars par an. Multiplier une fonction par une constante ne change pas son domaine ni ses points de raccord : A est continue exactement là où F l'est.
d)
T(40)=40000260×8,85×100=400002301×100≈5,75 %. T(80)=800003016×100=3,77 %. T(130)=130000260×14,35×100=1300003731×100≈2,87 %. Le MONTANT payé augmente avec le revenu, mais le taux d'effort DIMINUE : de 5,75 % à 2,87 %, il est divisé par deux. Le barème est donc régressif en pourcentage du revenu, alors qu'il est progressif en dollars. Les deux phrases sont vraies en même temps et ne parlent pas de la même fonction : c'est exactement pourquoi un débat sur un barème tourne court quand personne ne précise laquelle des deux il commente.
e)
T est définie pour R>0, soit ]0;+∞[. F, elle, est parfaitement définie en R=0 : un ménage sans revenu paie 8,85 dollars par jour. Mais T est un QUOTIENT par le revenu, et diviser par zéro est interdit. On retrouve, sur une politique publique, la règle de l'exercice 4 : la division retire du domaine une valeur que rien n'interdisait avant elle. Du reste l'interprétation confirme l'algèbre, puisque la contribution représenterait une part infinie d'un revenu nul ; la limite de T(R) quand R tend vers 0 par valeurs positives vaut +∞, ce que le chapitre suivant permettra d'écrire proprement.
Exercice 10 : Problème : mettre un rapport de recherche en équations
L'examen final ne donne pas les fonctions, il donne un texte. Voici un extrait de rapport, et tout le travail consiste à en tirer des fonctions, leur domaine, et la bonne question.
« En 2019, la bibliothèque du cégep enregistrait 4 200 prêts par mois. Depuis, ce nombre diminue de 320 prêts par mois chaque année. Le budget d'acquisition, lui, comprend une part fixe de 18 000 dollars par an, à laquelle s'ajoutent 6 dollars par prêt effectué dans l'année. »
a) Écrivez N(t), le nombre de prêts par mois t années après 2019, puis donnez son domaine de validité.
b) Écrivez le budget annuel B(t) en fonction de t seul.
c) Calculez B(5).
d) Le coût par prêt est B(t)=12N(t)B(t). Calculez-le en t=0 et en t=5, puis commentez.
e) Le domaine de B exclut une valeur de t que le domaine de B contient. Laquelle, et que signifie-t-elle ?
Voir la correction
Réponses
a)N(t)=4200−320t, domaine de validité [0;13,125].
b)B(t)=18000+72(4200−320t)=320400−23040t dollars par an.
c)B(5)=205200 dollars.
d)B(0)≈6,36 et B(5)≈6,58 dollar par prêt : le coût unitaire monte, la part fixe se répartissant sur moins de prêts.
e)t=13,125, la date où N s'annule : un coût par prêt n'existe pas sans prêt.
a)
La diminution est d'un montant fixe par année, donc le modèle est affine : N(t)=4200−320t prêts par mois. Le domaine de validité impose N(t)≥0, donc 320t≤4200 et t≤3204200=13,125. Le domaine est [0;13,125]. Écrire R serait algébriquement exact et contextuellement absurde : le modèle annoncerait un nombre négatif de prêts dès la quatorzième année.
b)
Le nombre de prêts par AN vaut 12N(t), puisque N est un nombre mensuel. D'où B(t)=18000+6×12N(t)=18000+72(4200−320t). En développant : B(t)=18000+302400−23040t=320400−23040t dollars par an. Le facteur 12 est tout l'exercice : l'oublier donne un budget douze fois trop petit sur sa part variable, et l'erreur ne se voit pas, parce que le résultat reste un nombre plausible.
c)
B(5)=320400−23040×5=320400−115200=205200 dollars. Contrôle par la voie longue : N(5)=4200−1600=2600 prêts par mois, soit 31200 par an, donc B(5)=18000+6×31200=18000+187200=205200 dollars. Les deux chemins se rejoignent.
d)
En t=0 : 12N(0)=50400 prêts, et B(0)=50400320400≈6,36 dollar par prêt. En t=5 : 12N(5)=31200 prêts, et B(5)=31200205200≈6,58 dollar par prêt. Le coût par prêt AUGMENTE alors que le budget total diminue, ce qui surprend jusqu'à ce qu'on décompose : B(t)=12N(t)18000+6. La part variable reste à 6 dollars par prêt quoi qu'il arrive, et c'est la part FIXE qui se répartit sur de moins en moins de prêts. Toute baisse de fréquentation renchérit donc le service, argument que l'on retrouve tel quel pour une ligne d'autobus ou une école de village.
e)
La valeur exclue est t=13,125, celle qui annule N. B y est parfaitement définie, elle vaut 320400−23040×13,125=18000 dollars, c'est-à-dire la part fixe seule, ce qui est cohérent. Mais B y diviserait par zéro : un coût PAR PRÊT n'a aucun sens quand il n'y a plus aucun prêt. C'est le fil de toute la série, posé sur un cas concret : le domaine d'un modèle n'est pas une formalité recopiée en début de corrigé, c'est la frontière au-delà de laquelle un calcul juste produit une phrase fausse.
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