Calcul différentiel 201-103 • Sciences humaines au cégep à Montréal
Exercices corrigés : la dérivée et les règles de dérivation (201-103)
Ces dix exercices corrigés construisent la dérivée puis la font tourner : la définition par limite, les règles de puissance, de produit, de quotient et de chaîne, la tangente, la dérivée seconde, et les trois façons d'en perdre une.
Les exercices 0.1 et 0.2 ouvrent la série par deux listes de calcul direct, comme dans les manuels : douze dérivées à calculer avec les règles de puissance, de produit, de quotient et de chaîne, de x4+x32 à x(1−2x)3 en passant par x2+9 et une dérivée seconde, puis dix équations de tangente à écrire, dont celles de 3x+4 et de 3x, avec les points où la tangente est horizontale ou parallèle à une droite donnée. Chaque ligne a sa valeur à trouver, vérifiée en direct.
Le fil de la série tient en une phrase : une dérivée est un RYTHME, et un rythme a des unités. Les millions de dollars par année, les personnes par mois et les points de pourcentage par année ne se confondent pas, et c'est cette lecture qui vaut les points en sciences humaines.
Trois pièges sont désignés nommément : croire que la dérivée d'un produit est le produit des dérivées, lire une baisse de la fonction là où seule la dérivée seconde est négative, et confondre le taux de variation absolu avec le taux relatif en pourcentage.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Taux MOYEN entre a et b : b−af(b)−f(a), c'est la pente de la SÉCANTE. Taux INSTANTANÉ en a : f′(a), c'est la pente de la TANGENTE.
•Définition : f′(a)=limh→0hf(a+h)−f(a). L'expression n'est pas définie en h=0, et c'est la limite qui comble le trou.
•Sur une fonction du SECOND DEGRÉ seulement, le taux moyen sur un intervalle égale le taux instantané au milieu de cet intervalle.
•Puissance : (xn)′=nxn−1, y compris pour n négatif et fractionnaire. Réécrire x21 en x−2 et x en x1/2 AVANT de dériver.
•Produit : (uv)′=u′v+uv′. Quotient : (vu)′=v2u′v−uv′, et l'ordre du numérateur n'est pas négociable.
•Chaîne : dxdy=dudy×dxdu. Oublier la dérivée de la couche intérieure est l'erreur numéro un du cours.
•Tangente en a : y=f(a)+f′(a)(x−a). Écrire le point d'abord, la pente ensuite, et ne jamais chercher l'ordonnée à l'origine.
•UNITÉS : f′ se mesure en unité de f divisée par unité de x ; f′′ en unité de f divisée deux fois. C'est le contrôle le plus rapide d'une chaîne de modèles.
•f′>0 dit que f monte. f′′<0 dit que f monte MOINS VITE, pas qu'elle baisse. « La hausse ralentit » est une phrase sur f′′.
•Taux de variation RELATIF : f(t)f′(t)×100, en pourcentage par unité de temps. Une croissance absolue constante donne un taux relatif décroissant.
•DÉRIVABLE ENTRAÎNE CONTINUE, jamais l'inverse. Trois façons de perdre sa dérivée : la pointe, le saut, la tangente verticale.
•Un barème à taux marginal est continu partout et non dérivable aux frontières de tranche : le taux marginal EST la pente, et changer de taux crée une pointe.
•Estimer une dérivée dans un tableau : la différence CENTRÉE 2hf(a+h)−f(a−h) est plus juste que la différence à droite, et exacte sur une parabole.
Calculs : les dérivées à calculer
Exercice 0.1 : Dériver à l'aide des formules : douze calculs directs
Pour chaque fonction, calculez la dérivée à l'aide des règles de dérivation, sans revenir à la définition par limite, puis évaluez-la au point indiqué. À la dernière ligne, c'est la dérivée SECONDE qui est demandée.
Une seule méthode pour les douze lignes : réécrire d'abord chaque racine et chaque fraction en puissance, 3x=x31 et x4=4x−1 ; repérer ensuite la DERNIÈRE opération, somme, produit, quotient ou puissance d'une expression ; appliquer la règle qui lui correspond, en multipliant par la dérivée de l'intérieur s'il y en a un. On remplace la valeur de x à la toute fin.
a) f(x)=2x4−0,5x3+3x−7, puis f′(2).
b) g(x)=x4+x32, puis g′(2).
c) h(x)=63x−x8, puis h′(64).
d) f(x)=(x3−2)(4x+1), puis f′(1).
e) g(x)=x2x+3, puis g′(1).
f) h(x)=x+32x−1, puis h′(1).
g) f(x)=x2+x+1x2−1, puis f′(2).
h) g(x)=(x2+x−1)4, puis g′(1).
i) h(x)=x2+9, puis h′(4).
j) f(x)=(x2+1)23, puis f′(1).
k) g(x)=x(1−2x)3, puis g′(1).
l) h(x)=x+2x−1, puis la dérivée seconde h′′(1).
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Réponses
a)f′(x)=8x3−1,5x2+3 ; f′(2)=61
b)g′(x)=−x24−x46 ; g′(2)=−811
c)h′(x)=2x−32+4x−23 ; h′(64)=12817≈0,133
d)f′(x)=3x2(4x+1)+4(x3−2) ; f′(1)=11
e)g′(x)=2xx+3+2x+3x2 ; g′(1)=4,25
f)h′(x)=(x+3)27 ; h′(1)=167
g)f′(x)=(x2+x+1)2x2+4x+1 ; f′(2)=4913≈0,265
h)g′(x)=4(2x+1)(x2+x−1)3 ; g′(1)=12
i)h′(x)=x2+9x ; h′(4)=54
j)f′(x)=−(x2+1)312x ; f′(1)=−23
k)g′(x)=(1−2x)2(1−8x) ; g′(1)=−7
l)h′′(x)=−(x+2)36 ; h′′(1)=−92≈−0,222
Le geste qui décide de tout se fait AVANT de dériver : réécrire en puissances, puis nommer la dernière opération. x32 est la puissance 2x−3 et non un quotient à traiter par la règle, (x3−2)(4x+1) est un produit, (x2+x−1)4 la puissance d'une expression, donc une règle de chaîne.
a)
Somme de puissances : f′(x)=8x3−1,5x2+3, la constante −7 disparaissant. En x=2 : f′(2)=64−6+3=61.
b)
g(x)=4x−1+2x−3, donc g′(x)=−4x−2−6x−4=−x24−x46. En x=2 : g′(2)=−1−166=−811=−1,375. Piège : l'exposant descend ET diminue de 1, donc −3 devient −4 et non −2.
c)
h(x)=6x31−8x−21, donc h′(x)=2x−32+4x−23=3x22+xx4. En x=64, 3642=16 et 6464=512 : h′(64)=162+5124=12817≈0,133. Piège : le signe, −8×(−21)=+4.
d)
Produit : f′(x)=3x2(4x+1)+4(x3−2). En x=1 : f′(1)=3×5+4×(−1)=11. Contrôle en développant : f(x)=4x4+x3−8x−2, f′(x)=16x3+3x2−8, et f′(1)=11. Piège : le produit des dérivées, 3x2×4=12.
e)
Produit d'un polynôme par une racine : g′(x)=2xx+3+x2⋅2x+31. En x=1, 4=2 : g′(1)=2×2+41=4,25.
f)
Quotient de deux affines : h′(x)=(x+3)22(x+3)−1⋅(2x−1)=(x+3)27. En x=1 : h′(1)=167=0,4375. Piège : inverser l'ordre au numérateur, ce qui donne −167.
g)
Quotient, avec u=x2−1, u′=2x, v=x2+x+1, v′=2x+1 : f′(x)=(x2+x+1)22x(x2+x+1)−(x2−1)(2x+1)=(x2+x+1)2x2+4x+1. En x=2 : u=3, u′=4, v=7, v′=5, donc f′(2)=494×7−3×5=4913≈0,265.
h)
Chaîne : g′(x)=4(x2+x−1)3⋅(2x+1). En x=1, l'intérieur vaut 1 : g′(1)=4×1×3=12. Piège : oublier le facteur (2x+1), ce qui donne 4.
i)
h(x)=(x2+9)21, donc h′(x)=21(x2+9)−21⋅2x=x2+9x. En x=4 : h′(4)=54=0,8. Piège : x2+9 n'est pas x+3.
j)
f(x)=3(x2+1)−2, donc f′(x)=−6(x2+1)−3⋅2x=−(x2+1)312x. En x=1 : f′(1)=−812=−1,5. La réécriture évite la règle du quotient, dont le numérateur constant donnerait la même chose avec plus d'écriture.
k)
Produit, puis chaîne dans le second facteur : g′(x)=1⋅(1−2x)3+x⋅3(1−2x)2⋅(−2)=(1−2x)2(1−8x). En x=1 : g′(1)=−1−6=−7. Piège : le facteur −2, dérivée de 1−2x ; sans lui on trouve −1+3=2.
l)
D'abord h′(x)=(x+2)2(x+2)−(x−1)=(x+2)23=3(x+2)−2. Puis, en dérivant cette PUISSANCE : h′′(x)=−6(x+2)−3=−(x+2)36. En x=1 : h′′(1)=−276=−92≈−0,222. Piège : remplacer x par 1 dans h′ avant de dériver une seconde fois, ce qui donne la dérivée d'une constante, 0.
Contrôle : pour chaque ligne, le taux 0,002f(a+0,001)−f(a−0,001) calculé à la machine tombe à moins d'un millième de la valeur trouvée. Pour un produit, développer d'abord donne une seconde route, comme en d).
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Calculs : les tangentes à écrire
Exercice 0.2 : Écrire l'équation de la tangente : dix calculs directs
Pour chacune des sept premières fonctions, écrivez l'équation de la tangente à la courbe au point d'abscisse a indiquée, sous la forme y=mx+b, et donnez la pente m et l'ordonnée à l'origine b. Les trois dernières lignes renversent la question : on donne la pente, on cherche l'abscisse.
Une seule méthode : calculer f(a), qui donne le point, puis f′(a), qui donne la pente ; écrire y=f′(a)(x−a)+f(a) ; développer pour lire b. Quand c'est la pente qui est imposée, on résout l'équation f′(x)=m.
a) f(x)=x2−5x+2, en a=4.
b) f(x)=x3−2x2+3, en a=2.
c) f(x)=x28, en a=2.
d) f(x)=3x+4, en a=4.
e) f(x)=x−2x+4, en a=3.
f) f(x)=(x2−3)2, en a=2.
g) f(x)=3x, en a=8.
h) f(x)=2x2−3x+1 : l'abscisse du point où la tangente a une pente de 5.
i) f(x)=−x2+4x : l'abscisse du point où la tangente est parallèle à la droite y=−2x+7, puis l'ordonnée à l'origine de cette tangente.
j) f(x)=x3−6x2+9x+2 : les deux abscisses où la tangente est horizontale.
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Réponses
a)y=3x−14 ; m=3, b=−14
b)y=4x−5 ; m=4, b=−5
c)y=−2x+6 ; m=−2, b=6
d)y=83x+25 ; m=0,375, b=2,5
e)y=−6x+25 ; m=−6, b=25
f)y=8x−15 ; m=8, b=−15
g)y=121x+34 ; m≈0,083, b≈1,333
h)f′(x)=4x−3=5 ; x=2
i)f′(x)=−2 en x=3 ; tangente y=−2x+9, b=9
j)f′(x)=3(x−1)(x−3) ; x=1 et x=3
Le geste qui décide de tout : la pente se lit dans f′(a), mais le POINT se lit dans f(a). L'erreur la plus fréquente est d'écrire y=f′(a)(x−a)+f′(a), ou de remplacer x par a dans f′ avant de l'avoir dérivée.
a)
f(4)=16−20+2=−2 et f′(x)=2x−5, donc f′(4)=3. La tangente est y=3(x−4)−2=3x−14 : pente 3, ordonnée à l'origine −14.
b)
f(2)=8−8+3=3 et f′(x)=3x2−4x, donc f′(2)=12−8=4. La tangente est y=4(x−2)+3=4x−5 : pente 4, ordonnée à l'origine −5.
c)
f(x)=8x−2, donc f′(x)=−16x−3=−x316. f(2)=2 et f′(2)=−2. La tangente est y=−2(x−2)+2=−2x+6 : pente −2, ordonnée à l'origine 6. Piège : −2(x−2)=−2x+4, le signe du produit.
d)
f(4)=16=4 et f′(x)=23x+43, donc f′(4)=83=0,375. La tangente est y=83(x−4)+4=83x+25 : pente 0,375, ordonnée à l'origine 2,5. Piège : oublier le facteur 3, dérivée de 3x+4, ce qui donne une pente de 81.
e)
f(3)=17=7 et f′(x)=(x−2)2(x−2)−(x+4)=(x−2)2−6, donc f′(3)=−6. La tangente est y=−6(x−3)+7=−6x+25 : pente −6, ordonnée à l'origine 25.
f)
f(2)=(4−3)2=1 et f′(x)=2(x2−3)⋅2x=4x(x2−3), donc f′(2)=8. La tangente est y=8(x−2)+1=8x−15 : pente 8, ordonnée à l'origine −15.
g)
f(8)=2 et f′(x)=31x−32=33x21, donc f′(8)=3×41=121. La tangente est y=121(x−8)+2=121x+34 : pente 121≈0,083, ordonnée à l'origine 34≈1,333. Cette droite est celle qui servira, au chapitre de la différentielle, à estimer une racine cubique proche de 2.
h)
f′(x)=4x−3. On résout 4x−3=5 : x=2. Le point est (2;3). Piège : résoudre f(x)=5, ce qui cherche une HAUTEUR et non une pente.
i)
Deux droites parallèles ont la même pente, ici −2. f′(x)=−2x+4=−2 donne x=3, et f(3)=−9+12=3. La tangente est y=−2(x−3)+3=−2x+9 : ordonnée à l'origine 9, et non 7, qui est celle de la droite donnée.
j)
Horizontale veut dire pente nulle : f′(x)=3x2−12x+9=3(x2−4x+3)=3(x−1)(x−3)=0, donc x=1 ou x=3. Les points sont (1;6) et (3;2).
Contrôle : la tangente passe par le point, donc ma+b=f(a) ; et elle colle à la courbe, donc la différence f(a+0,01)−(m(a+0,01)+b) ne dépasse pas quelques dix-millièmes, alors qu'elle ne l'est pas avec une pente fausse.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Du taux moyen au taux instantané
Un taux de variation MOYEN se calcule entre deux dates ; un taux INSTANTANÉ se calcule à une date. Le second n'existe que comme limite du premier, et c'est toute la définition de la dérivée.
Les dépenses d'un programme valent D(t)=0,4t2+6t+120 millions de dollars, t années après 2015.
a) Calculez le taux de variation moyen des dépenses entre t=2 et t=6.
b) Écrivez le taux de variation moyen entre t=4 et t=4+h, puis simplifiez-le.
c) Déduisez-en D′(4) par passage à la limite.
d) Comparez vos réponses en a) et en c). Expliquez la coïncidence.
e) Donnez les unités de D et de D′, puis interprétez D′(4) en une phrase de rapport.
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Réponses
a)4170,4−133,6=9,2 millions de dollars par année.
b)hD(4+h)−D(4)=9,2+0,4h pour h=0.
c)D′(4)=9,2 millions de dollars par année.
d)Les deux valent 9,2 : 4 est le milieu de [2;6], propriété réservée au second degré.
e)Millions de dollars pour D, millions de dollars par année pour D′ : en 2019, les dépenses augmentaient de 9,2 millions par année.
a)
D(2)=0,4×4+12+120=1,6+12+120=133,6 et D(6)=0,4×36+36+120=14,4+36+120=170,4. Le taux moyen vaut 6−2170,4−133,6=436,8=9,2 millions de dollars par année. Géométriquement, c'est la pente de la SÉCANTE qui joint les deux points de la courbe.
b)
D(4)=0,4×16+24+120=6,4+24+120=150,4. Puis D(4+h)=0,4(16+8h+h2)+6(4+h)+120=6,4+3,2h+0,4h2+24+6h+120=150,4+9,2h+0,4h2. Le taux moyen vaut donc hD(4+h)−D(4)=h9,2h+0,4h2=9,2+0,4h pour h=0. C'est la figure : une droite en h, avec un trou en h=0, puisqu'un taux moyen sur un intervalle de longueur nulle n'a aucun sens.
c)
D′(4)=limh→0(9,2+0,4h)=9,2 millions de dollars par année. On vient de combler le trou : la limite existe même si l'expression n'est pas définie en h=0, et c'est exactement la discontinuité par point du chapitre précédent, réparée. Toute dérivée est cette réparation.
d)
Les deux valent 9,2, et ce n'est pas un hasard : 4 est le MILIEU de l'intervalle [2;6]. Pour une fonction du second degré, le taux moyen sur un intervalle est toujours égal au taux instantané au milieu de cet intervalle. Vérification directe : D′(t)=0,8t+6, donc D′(4)=3,2+6=9,2, alors que D′(2)=7,6 et D′(6)=10,8, dont la moyenne vaut bien 9,2. La propriété ne tient plus dès que le degré dépasse 2, et l'invoquer sur une fonction quelconque est une erreur.
e)
D se mesure en millions de dollars, t en années, donc D′ se mesure en MILLIONS DE DOLLARS PAR ANNÉE : l'unité d'une dérivée est toujours l'unité de la sortie divisée par l'unité de l'entrée. Phrase de rapport : en 2019, les dépenses du programme augmentaient au rythme de 9,2 millions de dollars par année. Le temps du verbe compte, c'est un rythme à cet instant, pas un montant sur l'année.
Exercice 2 : Les règles de base : puissance, produit, quotient
Une fois la définition comprise, on ne l'utilise plus : les règles font le travail. Trois d'entre elles couvrent l'essentiel du cours, et deux pièges d'écriture font perdre plus de points que les règles elles-mêmes.
Le premier piège est d'inverser l'ordre des termes du numérateur dans la règle du quotient ; le second est de croire que la dérivée d'un produit est le produit des dérivées.
a) Dérivez f(x)=5x4−x23+7x−9.
b) Dérivez g(x)=(2x+5)(x2−3x) par la règle du produit, puis vérifiez en développant d'abord.
c) Dérivez h(x)=x2+43x+1 par la règle du quotient.
d) Calculez h′(0).
e) Montrez sur l'exemple u(x)=v(x)=x que la dérivée d'un produit n'est pas le produit des dérivées.
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Réponses
a)f′(x)=20x3+x36+2x7.
b)g′(x)=6x2−2x−15, confirmé par le développement g(x)=2x3−x2−15x.
c)h′(x)=(x2+4)2−3x2−2x+12.
d)h′(0)=1612=0,75.
e)(x⋅x)′=2x, alors que le produit des dérivées vaut 1 : les deux diffèrent partout sauf en x=0,5.
a)
On réécrit d'abord chaque terme en puissance : f(x)=5x4−3x−2+7x1/2−9. La règle (xn)′=nxn−1 s'applique alors à tous, y compris aux exposants négatifs et fractionnaires. f′(x)=20x3+6x−3+27x−1/2, soit f′(x)=20x3+x36+2x7. Deux signes à surveiller : −3x−2 donne −3×(−2)x−3=+6x−3, le moins devient plus, et la constante −9 disparaît.
b)
Règle du produit, (uv)′=u′v+uv′, avec u=2x+5 et v=x2−3x : g′(x)=2(x2−3x)+(2x+5)(2x−3)=2x2−6x+4x2−6x+10x−15=6x2−2x−15. Vérification en développant d'abord : g(x)=2x3−6x2+5x2−15x=2x3−x2−15x, donc g′(x)=6x2−2x−15. Les deux chemins concordent, et c'est le contrôle le moins cher sur un produit de polynômes.
c)
Règle du quotient, (vu)′=v2u′v−uv′, avec u=3x+1 et v=x2+4 : h′(x)=(x2+4)23(x2+4)−(3x+1)(2x)=(x2+4)23x2+12−6x2−2x=(x2+4)2−3x2−2x+12. L'ORDRE du numérateur n'est pas négociable : u′v−uv′ et non l'inverse, sans quoi tout le signe de la dérivée est faux, donc tout le tableau de variation qui en découlera.
d)
h′(0)=(0+4)2−0−0+12=1612=0,75. Contrôle grossier : h(0)=41=0,25 et h(0,1)=4,011,3≈0,324, donc le taux moyen vaut environ 0,74 sur ce petit intervalle. C'est bien l'ordre de grandeur attendu, et ce genre de vérification numérique attrape la plupart des erreurs de signe.
e)
Avec u(x)=v(x)=x, le produit vaut x2, dont la dérivée est 2x. Le produit des dérivées vaudrait 1×1=1. Les deux ne coïncident que pour x=0,5, donc la règle « produit des dérivées » est fausse en général. La bonne règle, u′v+uv′, redonne ici 1×x+x×1=2x. Le même contre-exemple règle la question du quotient : xx=1 a pour dérivée 0, alors que le quotient des dérivées vaudrait 1.
Exercice 3 : La règle de chaîne : dériver un modèle emboîté
En sciences humaines, les modèles s'emboîtent : le taux d'utilisation d'un service détermine le temps d'attente, qui détermine la satisfaction. La règle de chaîne dit comment les vitesses se multiplient le long de cette chaîne.
En notation de Leibniz, elle s'écrit dxdy=dudy×dxdu, et les unités se simplifient comme dans une fraction.
a) Dérivez u(x)=(3x2−5)4.
b) Dérivez v(x)=7x+2.
c) Dérivez w(x)=(2x+9)31.
d) La satisfaction des usagers vaut S=100−8W points, où W=1−ρρ est le temps d'attente du chapitre précédent. Calculez dρdS en ρ=0,8.
e) Énoncez la règle de chaîne en mots, en vous appuyant sur les unités de la question d).
Voir la correction
Réponses
a)u′(x)=24x(3x2−5)3.
b)v′(x)=27x+27.
c)w′(x)=(2x+9)4−6.
d)dρdS=−8×25=−200 points par unité de ρ, soit 2 points par point de pourcentage.
e)On multiplie les dérivées de chaque étage ; les unités intermédiaires se simplifient comme dans une fraction.
a)
La couche extérieure est la puissance quatrième, la couche intérieure est 3x2−5. On dérive l'extérieure en gardant l'intérieure intacte, puis on MULTIPLIE par la dérivée de l'intérieure : u′(x)=4(3x2−5)3×6x=24x(3x2−5)3. Oublier le facteur 6x est l'erreur la plus fréquente du cours ; on la repère au degré : la fonction est de degré 8, sa dérivée doit être de degré 7, et sans ce facteur on n'atteint que le degré 6.
b)
On écrit v(x)=(7x+2)1/2, donc v′(x)=21(7x+2)−1/2×7=27x+27. Le domaine se resserre en passant à la dérivée : v existe pour 7x+2≥0, alors que v′ exige 7x+2>0 strictement, la racine passant au dénominateur. En x=−72, la fonction existe et la dérivée n'existe pas.
c)
On écrit w(x)=(2x+9)−3, donc w′(x)=−3(2x+9)−4×2=(2x+9)4−6. La dérivée est négative partout où elle existe, ce qui est cohérent : w est une puissance négative d'une fonction croissante, donc elle décroît.
d)
dWdS=−8 points par durée de service. dρdW=(1−ρ)2(1)(1−ρ)−ρ(−1)=(1−ρ)21, donc en ρ=0,8 : 0,041=25 durées de service par unité de ρ. Le produit vaut −8×25=−200 points par unité de ρ, c'est-à-dire 2 points de satisfaction perdus par point de pourcentage d'utilisation supplémentaire. À ρ=0,5, le même calcul donnerait −8×4=−32, six fois moins : c'est encore l'asymptote qui parle.
e)
La dérivée de la composée est le PRODUIT des dérivées prises à leur propre étage. En unités : dρdS s'exprime en points par unité de ρ, et le calcul a multiplié des points par durée de service par des durées de service par unité de ρ ; la durée de service se simplifie comme dans une fraction ordinaire. Cette simplification n'est pas une image commode, c'est le contrôle le plus sûr d'une chaîne de modèles : si les unités ne se simplifient pas, un maillon est à l'envers.
Exercice 4 : La tangente, sa pente et ses unités
La dérivée en un point est la pente de la tangente. Cette phrase est géométrique ; en sciences humaines, c'est la LECTURE de cette pente, avec ses unités, qui vaut les points.
Les inscriptions cumulées à un programme d'aide valent N(t)=t+81500t personnes, t mois après l'ouverture. La figure ci-dessous représente la situation.
a) Calculez N′(t) par la règle du quotient et simplifiez.
b) Calculez N(4) et N′(4).
c) Écrivez l'équation de la tangente à la courbe en t=4.
d) Comparez N′(4) et N′(20), puis dites ce que la décroissance de N′ signifie pour le programme.
e) Donnez les unités de N, de N′ et de N′′.
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Réponses
a)N′(t)=(t+8)212000.
b)N(4)=500 personnes et N′(4)=3250≈83,33 personne par mois.
c)y=500+3250(t−4).
d)N′(20)≈15,31 : le rythme est divisé par plus de cinq, le modèle plafonne à 1 500 inscrits.
e)Personnes, personnes par mois, personnes par mois au carré.
a)
Avec u=1500t et v=t+8 : N′(t)=(t+8)21500(t+8)−1500t×1=(t+8)21500t+12000−1500t=(t+8)212000. Le t disparaît du numérateur, ce qui est le signe que la simplification a été menée jusqu'au bout. La dérivée est strictement positive : les inscriptions cumulées ne peuvent que croître, ce qu'un total cumulé fait toujours.
b)
N(4)=126000=500 personnes inscrites au bout de quatre mois. N′(4)=14412000=3250≈83,33 personnes par mois.
c)
L'équation de la tangente est y=N(4)+N′(4)(t−4), donc y=500+3250(t−4), soit y≈500+83,33(t−4). La forme y=f(a)+f′(a)(x−a) est à préférer à y=mx+b : elle se lit directement, le point d'abord, la pente ensuite, et elle évite de calculer une ordonnée à l'origine dont personne n'a besoin.
d)
N′(20)=78412000≈15,31 personne par mois, contre 83,33 au quatrième mois : le rythme d'inscription est divisé par plus de cinq. Le programme continue de recruter, mais de plus en plus lentement ; c'est la signature d'un modèle qui plafonne, et l'on retrouve d'ailleurs limt→+∞N(t)=1500, le plafond du programme. Les inscriptions ne cesseront pas, elles deviendront négligeables, et la décision de gestion porte sur le moment où l'effort de recrutement cesse d'être rentable.
e)
N se compte en personnes. N′ se compte en PERSONNES PAR MOIS, l'unité de la sortie divisée par celle de l'entrée. N′′ se compte en personnes par mois au carré, c'est-à-dire en variation mensuelle du rythme mensuel. Cette dernière unité paraît étrange et elle est pourtant celle qu'emploie tout rapport qui écrit « la hausse ralentit » : ralentir est une affirmation sur N′′, pas sur N′ ni sur N.
Exercice 5 : La dérivée seconde : accélérer ou ralentir
Trois phrases, trois fonctions : « le total monte » parle de la fonction, « le rythme est élevé » parle de la dérivée, « la hausse ralentit » parle de la dérivée seconde. Un rapport qui les mélange dit n'importe quoi.
Le nombre cumulé de demandes déposées à un service d'aide vaut C(t)=−0,5t3+9t2+40t+300, t semaines après l'ouverture, pour 0≤t≤14.
a) Calculez C′(t) et C′′(t).
b) Pour quelle semaine le RYTHME de dépôt est-il maximal ? Quelle est sa valeur ?
c) Donnez le signe de C′′ avant et après cette semaine, et traduisez-le en français.
d) À quelle semaine le total cumulé cesse-t-il d'augmenter ?
e) Un journal titre « les demandes reculent » à la semaine 8. A-t-il raison ? Que fallait-il écrire ?
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Réponses
a)C′(t)=−1,5t2+18t+40 et C′′(t)=−3t+18.
b)Semaine 6, avec C′(6)=94 demandes par semaine.
c)C′′>0 avant la semaine 6, le rythme accélère ; C′′<0 après, il ralentit sans devenir négatif.
d)t=318+564≈13,92 semaine.
e)Il a tort : C′(8)=88>0. Il fallait écrire que la hausse RALENTIT.
a)
C′(t)=−1,5t2+18t+40, en demandes par semaine. C′′(t)=−3t+18, en demandes par semaine au carré. La dérivée première est le RYTHME hebdomadaire de dépôt, la seconde est la variation de ce rythme.
b)
Le rythme C′ est une parabole ouverte vers le bas, donc son maximum est à son sommet, là où C′′ s'annule : −3t+18=0 donne t=6. Le rythme maximal vaut C′(6)=−1,5×36+108+40=−54+108+40=94 demandes par semaine. Il faut bien noter que l'on cherche ici le maximum de C′, donc on annule C′′ et non C′ : c'est la confusion la plus coûteuse du chapitre.
c)
Pour t<6, C′′(t)>0 : le rythme AUGMENTE, le service reçoit chaque semaine plus de demandes que la précédente. Pour t>6, C′′(t)<0 : le rythme DIMINUE, le service reçoit encore des demandes nouvelles chaque semaine, mais de moins en moins. La semaine 6 est le point de bascule, et c'est celle où il faut le plus de personnel au guichet.
d)
Le total cesse d'augmenter quand C′(t)=0 : −1,5t2+18t+40=0, soit 1,5t2−18t−40=0. Le discriminant vaut 324+240=564, donc t=318+564≈318+23,75≈13,92 semaine, la racine négative étant rejetée. À partir de la quatorzième semaine environ, le modèle annonce un total cumulé qui décroît, ce qui est impossible pour un CUMUL : c'est le domaine de validité du modèle qui s'arrête là, comme l'énoncé le suggérait en bornant t à 14.
e)
Il a tort. À la semaine 8, C′(8)=−96+144+40=88 demandes par semaine, un nombre positif et élevé : le service reçoit encore 88 demandes nouvelles chaque semaine. Ce qui recule, c'est le RYTHME, puisque C′′(8)=−6<0 et que 88 est inférieur au maximum de 94. Il fallait écrire « la hausse des demandes ralentit », ou « le service reçoit moins de nouvelles demandes que la semaine précédente ». Confondre C′<0 et C′′<0 est l'erreur d'interprétation la plus répandue dans la presse, et c'est exactement ce que le calcul différentiel sert à trancher.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Les trois façons de perdre sa dérivée
Une fonction peut être parfaitement définie, parfaitement continue, et n'avoir aucune dérivée en un point. Trois situations produisent ce défaut, et deux d'entre elles sont fabriquées par des décisions administratives.
On étudie la contribution d'un usager T(x)=0,2x pour 0≤x≤40 et T(x)=8+0,5(x−40) pour x>40, où x est le nombre d'heures de service consommées.
a) Montrez que T est continue en x=40.
b) Calculez les deux dérivées unilatérales en x=40 et concluez.
c) Le forfait de données du chapitre 1 saute de 255 à 250 dollars en x=50. Est-il dérivable en 50 ? Énoncez la règle générale qui permet de répondre sans calcul.
d) Soit g(x)=3x−5. Calculez x−5g(x)−g(5) pour x=5,001 puis x=5,000001, et concluez.
e) Pourquoi un barème à taux marginal produit-il toujours une pointe aux frontières de tranche ?
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Réponses
a)Les deux branches et la valeur donnent 8 dollars : T est continue en 40.
b)0,2 à gauche et 0,5 à droite : non dérivable, la courbe a une pointe.
c)Non : dérivable entraîne continue, et le forfait est discontinu en 50.
d)100 puis 10000 : le quotient tend vers +∞, tangente verticale en x=5.
e)Le taux marginal EST la pente : la continuité se raccorde, la pente non.
a)
À gauche de 40, T(x)=0,2x tend vers 0,2×40=8. À droite, T(x)=8+0,5(x−40) tend vers 8+0=8. La valeur au point vaut T(40)=8. Les trois coïncident, donc T est continue en 40 : le barème ne fait payer personne brutalement plus cher pour une heure de plus.
b)
La dérivée à GAUCHE est la pente de la première branche, 0,2 dollar par heure. La dérivée à DROITE est celle de la seconde, 0,5 dollar par heure. Elles diffèrent, donc T n'est PAS dérivable en x=40 : la courbe y présente une POINTE. Le tarif marginal y est ambigu, et c'est pour cela que tout document officiel écrit « jusqu'à 40 heures » et « au-delà de 40 heures », jamais « à 40 heures ».
c)
Non, il n'est pas dérivable en 50, et l'on n'a pas besoin de calculer : DÉRIVABLE ENTRAÎNE CONTINUE. Par contraposée, une fonction discontinue en un point n'y est pas dérivable. Le forfait est discontinu en 50, donc la question est réglée. Attention au sens de l'implication : la réciproque est fausse, et la question b) vient d'en donner le contre-exemple, T continue et non dérivable en 40.
d)
g(5)=0, donc le quotient vaut x−5(x−5)1/3=(x−5)−2/3. Pour x=5,001 : (10−3)−2/3=102=100. Pour x=5,000001 : (10−6)−2/3=104=10000. Le quotient ne tend vers aucun nombre, il tend vers +∞ : la courbe a une TANGENTE VERTICALE en x=5. La fonction y est continue, elle y vaut 0, et sa dérivée n'existe pas. Troisième façon de perdre sa dérivée, après la pointe et le saut.
e)
Parce qu'un taux marginal est exactement une PENTE, et qu'un barème par tranches change de taux d'une tranche à l'autre. La continuité est imposée, on l'a vue au chapitre 2, en choisissant le paramètre qui raccorde les deux formules ; mais rien ne peut raccorder les PENTES, puisque changer de taux est précisément l'objet de la tranche. Un barème progressif est donc, par construction, continu partout et non dérivable aux frontières de tranche. Ce n'est pas un défaut de conception : c'est la trace mathématique d'une décision politique, celle de taxer différemment au-dessus d'un seuil.
Exercice 7 : Le taux de variation relatif, en pourcentage par année
En démographie et en économie, on ne publie presque jamais la dérivée seule : on publie le taux de variation RELATIF, c'est-à-dire la dérivée divisée par la valeur, exprimée en pourcentage. Les deux nombres racontent des histoires différentes du même phénomène.
Deux municipalités : PA(t)=50000+1200t et PB(t)=12000+500t habitants, t années après 2020.
a) Calculez PA′(t) et PB′(t). Laquelle croît le plus vite en valeur absolue ?
b) Le taux relatif est r(t)=P(t)P′(t)×100. Calculez rA(0), rA(10) et rA(25).
c) Expliquez pourquoi une croissance absolue constante donne toujours un taux relatif décroissant.
d) Calculez rB(0), puis montrez que rB(t)>rA(t) pour tout t≥0.
e) Un quotidien doit choisir un seul des deux chiffres pour son titre. Lequel, et à quelle condition ?
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Réponses
a)PA′=1200 et PB′=500 habitants par année : A croît plus vite en valeur absolue.
b)2,4 %, environ 1,94 % et 1,5 %.
c)Numérateur constant, dénominateur croissant : le quotient décroît vers 0.
d)rB(0)≈4,17 % ; la multiplication en croix laisse 25000000>14400000, vrai pour tout t.
e)L'absolu pour dimensionner des services, le relatif pour comparer des villes de tailles différentes.
a)
PA′(t)=1200 et PB′(t)=500 habitants par année, toutes deux constantes. En valeur ABSOLUE, A croît plus de deux fois plus vite : elle gagne 1 200 habitants par an contre 500.
b)
rA(0)=500001200×100=2,4 %. rA(10)=620001200×100≈1,94 %. rA(25)=800001200×100=1,5 %. Le taux relatif baisse d'année en année, alors que la municipalité gagne toujours exactement 1 200 habitants.
c)
Parce que le numérateur du quotient est constant et que son dénominateur croît. r(t)=50000+1200t1200×100 : la fraction a une valeur qui diminue dès que t augmente, et sa limite en +∞ vaut 0. Formulé sans calcul : ajouter 1 200 personnes à 50 000, c'est 2,4 % ; les ajouter à 80 000, c'est 1,5 %. Le même effort absolu pèse de moins en moins lourd à mesure que la base grossit, et c'est pour cette seule raison qu'un pays riche affiche toujours une croissance en pourcentage plus faible qu'un pays pauvre qui progresse moins en valeur absolue.
d)
rB(0)=12000500×100≈4,17 %, presque le double de rA(0). Pour comparer à tout instant, on écrit rB(t)>rA(t) sous la forme 12000+500t500>50000+1200t1200. Les deux dénominateurs sont positifs, donc on multiplie en croix sans changer le sens : 500(50000+1200t)>1200(12000+500t), c'est-à-dire 25000000+600000t>14400000+600000t. Les termes en t se DÉTRUISENT et il reste 25000000>14400000, vrai pour tout t. La petite municipalité garde donc l'avantage relatif à jamais, sans que l'écart absolu cesse de se creuser en faveur de la grande.
e)
Ni l'un ni l'autre ne ment, et chacun répond à une question différente. Le taux ABSOLU, 1 200 contre 500, est le bon chiffre pour dimensionner des écoles, des autobus et des logements : ce sont des personnes réelles à loger. Le taux RELATIF, 4,17 % contre 2,4 %, est le bon chiffre pour comparer des dynamiques de tailles différentes, ou pour parler de pression sur un tissu urbain existant. Le titre honnête nomme donc la question avant le chiffre : « B croît deux fois plus vite en proportion » et « A accueille deux fois plus de monde » sont tous deux exacts. Le seul titre malhonnête est celui qui écrit « croît plus vite » sans dire en quoi.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune de ces cinq phrases a été entendue en classe. Dites si elle est vraie ou fausse, et si elle est fausse, écrivez l'énoncé correct.
Une correction qui se contente de dire « faux » ne vaut aucun point : c'est la phrase juste qui est demandée.
a) La dérivée d'un produit est le produit des dérivées.
b) Si f est continue en a, alors f est dérivable en a.
c) f′(a) est la pente de la sécante passant par le point d'abscisse a.
d) Si f′′(t)<0, alors f décroît.
e) Une dérivée est un nombre, elle n'a donc pas d'unité.
Voir la correction
Réponses
a)Faux : (uv)′=u′v+uv′, et (x⋅x)′=2x=1.
b)Faux : c'est dérivable qui entraîne continue.
c)Faux : c'est la pente de la tangente, la sécante donnant un taux moyen.
d)Faux : f′′<0 dit que la hausse ralentit ; le sens de variation se lit sur f′.
e)Faux : l'unité de la sortie divisée par celle de l'entrée.
a)
FAUX. La règle est (uv)′=u′v+uv′. Le contre-exemple tient en une ligne : (x×x)′=(x2)′=2x, alors que le produit des dérivées vaudrait 1×1=1. Énoncé correct : la dérivée d'un produit est la dérivée du premier fois le second, plus le premier fois la dérivée du second.
b)
FAUX, c'est la réciproque qui est vraie. Dérivable entraîne continue, jamais l'inverse. La contribution T de l'exercice 6 est continue en 40 et n'y est pas dérivable, la racine cubique est continue en 5 et n'y est pas dérivable. Énoncé correct : si f est dérivable en a, alors elle y est continue.
c)
FAUX. f′(a) est la pente de la TANGENTE au point d'abscisse a. La sécante joint DEUX points et sa pente est un taux de variation MOYEN ; la tangente n'en touche qu'un et sa pente est le taux instantané. Énoncé correct : f′(a) est la limite des pentes des sécantes issues de a, c'est-à-dire la pente de la tangente en a.
d)
FAUX, et c'est l'erreur d'interprétation la plus coûteuse du cours. f′′<0 dit que la CROISSANCE ralentit, pas que la fonction décroît. L'exercice 5 le montre : en t=8, C′′(8)=−6<0 et pourtant C′(8)=88>0, donc le total monte encore de 88 unités par semaine. Énoncé correct : f′′<0 signifie que f′ décroît, donc que la courbe est concave vers le bas ; le sens de variation de f se lit sur le signe de f′, jamais sur celui de f′′.
e)
FAUX. Une dérivée porte toujours l'unité de la SORTIE divisée par celle de l'ENTRÉE : des millions de dollars par année, des personnes par mois, des points de satisfaction par unité de taux d'utilisation. C'est même le contrôle le plus rapide d'une chaîne de modèles, puisque les unités intermédiaires doivent se simplifier. Énoncé correct : l'unité d'une dérivée est le quotient de l'unité de la fonction par celle de la variable, et une dérivée seconde porte cette unité divisée une seconde fois.
Exercice 9 : Problème : le taux de diplomation, de la table à la dérivée
Les données réelles n'arrivent jamais sous forme de fonction : elles arrivent en tableau. Voici le taux de diplomation d'un réseau collégial, relevé tous les deux ans.
t=0 : 71,2 % ; t=2 : 73,0 % ; t=4 : 74,4 % ; t=6 : 75,4 % ; t=8 : 76,0 %, où t compte les années depuis 2014.
a) Calculez les quatre taux de variation moyens successifs, sur chacun des intervalles de deux ans.
b) Ces quatre taux décroissent d'un montant constant. Vérifiez que D(t)=71,2+t−0,05t2 reproduit exactement les cinq données.
c) Calculez D′(t), puis D′(0) et D′(8).
d) En quelle année le taux de diplomation cesse-t-il d'augmenter, et quelle valeur atteint-il alors ?
e) Estimez D′(4) par la différence centrée 4D(6)−D(2) et comparez à la valeur exacte. Expliquez la coïncidence.
c)D′(t)=1−0,1t, donc D′(0)=1 et D′(8)=0,2 point par année.
d)t=10, soit 2024, avec D(10)=76,2 %.
e)0,60 point par année dans les deux cas : la différence centrée est exacte sur une parabole.
a)
De 0 à 2 : 273,0−71,2=0,90 point par année. De 2 à 4 : 274,4−73,0=0,70. De 4 à 6 : 275,4−74,4=0,50. De 6 à 8 : 276,0−75,4=0,30. Le taux monte toujours, mais de moins en moins vite, et la baisse du rythme est régulière, −0,20 point par année à chaque intervalle.
b)
D(0)=71,2. D(2)=71,2+2−0,05×4=71,2+2−0,2=73,0. D(4)=71,2+4−0,8=74,4. D(6)=71,2+6−1,8=75,4. D(8)=71,2+8−3,2=76,0. Les cinq valeurs sont reproduites EXACTEMENT, et ce n'est pas une chance : des taux de variation moyens qui décroissent d'un pas constant sont la signature d'un modèle du second degré, puisque D′′ y est constante.
c)
D′(t)=1−0,1t, en points de pourcentage par année. D′(0)=1 point par année en 2014, D′(8)=1−0,8=0,2 point par année en 2022. Le rythme d'amélioration a été divisé par cinq en huit ans.
d)
Le taux cesse d'augmenter quand D′(t)=0, c'est-à-dire 1−0,1t=0, donc t=10 : en 2024. Le maximum vaut D(10)=71,2+10−0,05×100=71,2+10−5=76,2 %. Le modèle annonce donc un plafond à 76,2 %, puis une baisse, et cette baisse est le point où l'on doit se demander si le modèle quadratique reste valable : rien, dans les données, ne prouve que le taux VA baisser. Un polynôme du second degré ajusté sur une phase de ralentissement prédit toujours un retournement, que le phénomène le veuille ou non.
e)
La différence centrée donne 475,4−73,0=42,4=0,60 point par année, et la valeur exacte vaut D′(4)=1−0,4=0,60. L'estimation est EXACTE, à la dernière décimale. La raison est celle de l'exercice 1 : sur une fonction du second degré, le taux moyen sur un intervalle est le taux instantané au milieu, et 4 est le milieu de [2;6]. C'est pourquoi les organismes statistiques estiment une dérivée par différence centrée plutôt que par différence à droite : sur une tendance courbée, la différence centrée est nettement plus juste, et elle est exacte si la courbure est constante.
Exercice 10 : Problème : une campagne de financement
Le montant récolté par une campagne est un PRODUIT : le nombre de donateurs multiplié par le don moyen. Quand les deux facteurs évoluent en sens contraires, seule la dérivée du produit tranche.
Une campagne compte n(t)=200+30t donateurs et recueille un don moyen de m(t)=150−4t dollars, t semaines après son lancement.
a) Écrivez le montant total M(t)=n(t)m(t) sous forme développée, et donnez le domaine de validité du modèle.
b) Calculez M′(t) par la règle du produit, puis vérifiez à partir de la forme développée.
c) Calculez M′(0) et M′(20), et interprétez chacun des deux signes.
d) À quelle semaine le montant récolté est-il maximal ? Que vaut-il alors ?
e) Le don moyen est aussi n(t)M(t). Dérivez ce quotient et retrouvez m′(t).
Voir la correction
Réponses
a)M(t)=30000+3700t−120t2, valable sur [0;37,5[.
b)M′(t)=3700−240t dollars par semaine, par les deux chemins.
c)M′(0)=3700 et M′(20)=−1100 : la campagne progresse puis recule.
d)t=2403700≈15,42 semaine, pour environ 58521 dollars.
e)La dérivée du quotient vaut −4, soit exactement m′(t).
a)
M(t)=(200+30t)(150−4t)=30000−800t+4500t−120t2=30000+3700t−120t2 dollars. Le domaine de validité impose un don moyen positif : 150−4t>0 donne t<37,5. Le modèle vaut donc sur [0;37,5[, et au-delà il annoncerait des dons négatifs.
b)
Règle du produit : M′(t)=n′(t)m(t)+n(t)m′(t)=30(150−4t)+(200+30t)(−4)=4500−120t−800−120t=3700−240t dollars par semaine. Vérification à partir de la forme développée : (30000+3700t−120t2)′=3700−240t. Les deux chemins concordent. Le terme −240t contient les DEUX effets contraires, chacun pesant −120t : celui de donateurs plus nombreux mais moins généreux, et celui d'un don moyen appliqué à une base qui grossit.
c)
M′(0)=3700 dollars par semaine : au lancement, la campagne gagne plus en recrutant qu'elle ne perd en générosité moyenne. M′(20)=3700−4800=−1100 dollars par semaine : à la vingtième semaine, l'érosion du don moyen l'emporte, et chaque semaine supplémentaire fait RECULER le montant récolté, alors même que le nombre de donateurs continue de croître. C'est le genre de situation où un tableau de bord qui suit uniquement le nombre de donateurs donne un signal exactement inverse de la réalité.
d)
On annule M′ : 3700−240t=0 donne t=2403700≈15,42 semaine. Comme M′′(t)=−240<0, il s'agit bien d'un maximum. La valeur vaut M(15,42)≈30000+3700×15,4167−120×237,67≈58521 dollars. En pratique, la campagne devrait s'arrêter autour de la quinzième semaine, ou changer de méthode pour redresser le don moyen.
e)
n(t)M(t)=200+30t30000+3700t−120t2. Par la règle du quotient, le numérateur de la dérivée vaut (3700−240t)(200+30t)−(30000+3700t−120t2)(30). En développant : 740000+111000t−48000t−7200t2−900000−111000t+3600t2, soit −160000−48000t−3600t2. On reconnaît −4(200+30t)2=−4(40000+12000t+900t2)=−160000−48000t−3600t2. La dérivée vaut donc (200+30t)2−4(200+30t)2=−4, c'est-à-dire exactement m′(t). Le contrôle est long mais il vaut d'être fait une fois : il montre que la règle du quotient et la règle du produit racontent la même chose, et que le don moyen baisse de 4 dollars par semaine, quoi qu'il arrive au nombre de donateurs.
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