Calcul différentiel 201-103 • Sciences humaines au cégep à Montréal

Exercices corrigés : les taux de variation liés (201-103)

Ces dix exercices corrigés portent sur les taux liés, c'est-à-dire sur des grandeurs qui dépendent l'une de l'autre et, toutes deux, du temps. En sciences humaines, ces grandeurs sont presque toujours les deux termes d'un rapport : chômeurs sur population active, habitants sur kilomètres carrés, masse salariale sur effectif.

Le fil de la série tient en une phrase : un indicateur qui est un QUOTIENT ne dit jamais lequel de ses deux termes a bougé. Le calcul différentiel, lui, le dit, et c'est ce qui sépare une lecture de chiffres d'une analyse.

Trois pièges sont désignés nommément : remplacer les valeurs avant de dériver, ce qui donne toujours zéro ; oublier le facteur venu de la règle de chaîne ; et conclure d'une hausse du numérateur que le quotient monte.

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Ce chapitre fait partie de Calcul différentiel 201-103 en sciences humaines : tous les chapitres
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (7 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Calculs algébriquesSecondaire 5 SN5
  2. 2Les fonctions définies par partiesSecondaire 5 SN5
  3. 3La fonction rationnelle, dite homographiqueSecondaire 5 SN5
  4. 4Les opérations sur les fonctionsSecondaire 5 SN5
  5. 5Les fonctions et leur domaine
  6. 6Les limites et la continuité
  7. 7La dérivée et les règles de dérivation

Rappel de cours

  • Les CINQ GESTES : nommer les variables du temps, écrire la relation, dériver par rapport au temps, remplacer, conclure avec les unités.
  • On dérive la RELATION, puis on remplace. Une valeur remplacée trop tôt devient une constante, et sa dérivée est nulle.
  • Toute dérivation par rapport au temps d'une grandeur qui n'est pas tt fait apparaître un facteur de chaîne : ddt(n2)=2ndndt\dfrac{d}{dt}\bigl(n^{2}\bigr)=2n\,\dfrac{dn}{dt}.
  • Produit : dzdt=dxdty+xdydt\dfrac{dz}{dt}=\dfrac{dx}{dt}\,y+x\,\dfrac{dy}{dt}. Quotient : dzdt=xyxyy2\dfrac{dz}{dt}=\dfrac{x'y-xy'}{y^{2}}.
  • TAUX RELATIFS : (xy)xy=xx+yy\dfrac{(xy)'}{xy}=\dfrac{x'}{x}+\dfrac{y'}{y} et (x/y)x/y=xxyy\dfrac{(x/y)'}{x/y}=\dfrac{x'}{x}-\dfrac{y'}{y}. C'est la voie la plus courte sur un indicateur.
  • Un quotient croît si et seulement si xx>yy\dfrac{x'}{x}>\dfrac{y'}{y} : c'est l'ordre des POURCENTAGES qui décide, jamais celui des valeurs absolues.
  • Un stock se dérive en ses flux : dPdt=BD+M\dfrac{dP}{dt}=B-D+M, naissances moins décès plus solde migratoire.
  • Un taux brut 1000BP\dfrac{1\,000B}{P} baisse dès que PP croît, même à BB constant : le dénominateur suffit à faire bouger l'indicateur.
  • Chaîne à plusieurs maillons : dWdt=dWdρ×dρdc×dcdt\dfrac{dW}{dt}=\dfrac{dW}{d\rho}\times\dfrac{d\rho}{dc}\times\dfrac{dc}{dt}, et les unités intermédiaires se simplifient.
  • Le gain d'un investissement dépend de l'endroit de la courbe : 1(1ρ)2\dfrac{1}{(1-\rho)^{2}} vaut 4 à 50 % d'utilisation et 62 à 87 %.
  • Les unités sont le contrôle final : jour par semaine, dollar par année, habitant par kilomètre carré et par année, point de pourcentage par année.
  • dAdt\dfrac{dA}{dt} et dAdr\dfrac{dA}{dr} ne se mesurent pas dans la même unité : l'unité dépend de la variable de dérivation.
  • Un taux de chômage se lit toujours avec le taux d'activité : le premier seul ne distingue pas un emploi trouvé d'une recherche abandonnée.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : La méthode en cinq gestes

Un taux lié relie les vitesses de deux grandeurs qui dépendent l'une de l'autre et, toutes deux, du temps. La méthode ne change jamais : nommer, relier, dériver par rapport au TEMPS, remplacer, conclure avec les unités.

Le délai moyen de traitement d'un dossier dans un service vaut T=n220000+3T=\dfrac{n^{2}}{20\,000}+3 jours, où nn est le nombre de dossiers déposés par semaine. Les dépôts augmentent de 12 dossiers par semaine, chaque semaine.

1002003004005006007008009001000510152025303540455055delai T, en joursn, dossiers deposes par semaine
  • a) Énoncez les cinq gestes de la méthode des taux liés, dans l'ordre.
  • b) Écrivez dTdt\dfrac{dT}{dt} en fonction de nn et de dndt\dfrac{dn}{dt}.
  • c) Calculez dTdt\dfrac{dT}{dt} lorsque n=400n=400, puis lorsque n=800n=800.
  • d) Le service part de n=400n=400. Dans combien de semaines le délai atteindra-t-il 20 jours ?
  • e) Le nombre de dépôts croît à vitesse constante. Pourquoi le délai, lui, se dégrade-t-il de plus en plus vite ?

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a)
b)
c)
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e)
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Réponses

  • a) Nommer, relier, dériver par rapport au temps, remplacer, conclure avec les unités.
  • b) dTdt=n10000×dndt\dfrac{dT}{dt}=\dfrac{n}{10\,000}\times\dfrac{dn}{dt}.
  • c) 0,480{,}48 puis 0,960{,}96 jour par semaine.
  • d) n583,1n\approx 583{,}1 dossiers, atteint en t15,26t\approx 15{,}26 semaines.
  • e) dTdt\dfrac{dT}{dt} est proportionnelle à nn, la relation étant quadratique.

a) Premier geste, NOMMER les variables et dire lesquelles dépendent du temps : ici TT et nn dépendent toutes deux de tt. Deuxième geste, ÉCRIRE la relation qui les lie, T=n220000+3T=\dfrac{n^{2}}{20\,000}+3. Troisième geste, DÉRIVER les deux membres par rapport au TEMPS, ce qui fait apparaître la règle de chaîne. Quatrième geste, REMPLACER les valeurs numériques, et seulement maintenant. Cinquième geste, CONCLURE avec les unités et une phrase. L'ordre des gestes 3 et 4 est la seule difficulté réelle du chapitre, et l'exercice 2 y est consacré.

b) En dérivant par rapport à tt : dTdt=2n20000×dndt=n10000×dndt\dfrac{dT}{dt}=\dfrac{2n}{20\,000}\times\dfrac{dn}{dt}=\dfrac{n}{10\,000}\times\dfrac{dn}{dt}. Le facteur dndt\dfrac{dn}{dt} vient de la règle de chaîne, parce que nn n'est pas la variable de dérivation : c'est une fonction du temps. L'oublier reviendrait à calculer dTdn\dfrac{dT}{dn}, un tout autre nombre, dont l'unité serait le jour par dossier et non le jour par semaine.

c) Pour n=400n=400 : dTdt=40010000×12=0,04×12=0,48\dfrac{dT}{dt}=\dfrac{400}{10\,000}\times 12=0{,}04\times 12=0{,}48 jour par semaine. Pour n=800n=800 : dTdt=0,08×12=0,96\dfrac{dT}{dt}=0{,}08\times 12=0{,}96 jour par semaine. Le même afflux de douze dossiers hebdomadaires supplémentaires dégrade deux fois plus vite le délai quand le service est déjà chargé.

d) On cherche d'abord le nn correspondant : n220000+3=20\dfrac{n^{2}}{20\,000}+3=20 donne n2=17×20000=340000n^{2}=17\times 20\,000=340\,000, donc n=340000583,1n=\sqrt{340\,000}\approx 583{,}1 dossiers. Comme n(t)=400+12tn(t)=400+12t, on résout 400+12t=583,1400+12t=583{,}1, d'où t15,26t\approx 15{,}26 semaines. En quinze semaines, le délai aura presque doublé.

e) Parce que la relation entre TT et nn est QUADRATIQUE, alors que la croissance de nn est linéaire. Formellement, dTdt=n10000×12\dfrac{dT}{dt}=\dfrac{n}{10\,000}\times 12 est proportionnelle à nn, donc elle grandit avec lui. Concrètement, un service peu chargé absorbe les dossiers supplémentaires dans ses temps morts, et un service chargé les empile. C'est le même phénomène que l'asymptote de la file d'attente vue au chapitre 2, sous une forme polynomiale : la dégradation d'un service saturé n'est jamais proportionnelle à la demande supplémentaire.

Exercice 2 : Substituer avant de dériver : l'erreur qui annule tout

C'est l'erreur la plus coûteuse du chapitre, et elle a l'air raisonnable : on connaît les valeurs, on les remplace, puis on dérive. Le résultat est toujours zéro, parce qu'on a dérivé un nombre.

Une organisation verse une masse salariale M=4800000M=4\,800\,000 dollars à n=120n=120 employés. La masse salariale croît de 180000180\,000 dollars par année et l'effectif de 6 personnes par année.

  • a) Le salaire moyen est R=MnR=\dfrac{M}{n}. Calculez-le, puis expliquez pourquoi remplacer les valeurs avant de dériver donne dRdt=0\dfrac{dR}{dt}=0.
  • b) Dérivez la relation par rapport au temps et donnez dRdt\dfrac{dR}{dt} en fonction de MM, nn et de leurs vitesses.
  • c) Calculez dRdt\dfrac{dR}{dt} et interprétez son signe.
  • d) Quelle croissance de la masse salariale rendrait dRdt\dfrac{dR}{dt} nulle ?
  • e) Énoncez la règle en une phrase, et dites ce qu'elle protège.

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Réponses

  • a) R=40000R=40\,000 dollars ; substituer d'abord fait dériver une constante, donc zéro.
  • b) dRdt=MnMnn2\dfrac{dR}{dt}=\dfrac{M'n-Mn'}{n^{2}}.
  • c) 500-500 dollars par année : le salaire moyen baisse alors que la masse salariale monte.
  • d) 240000240\,000 dollars par année, soit R×dndtR\times\dfrac{dn}{dt}.
  • e) On dérive la relation, puis on remplace. Seules les vraies constantes se remplacent d'emblée.

a) R=4800000120=40000R=\dfrac{4\,800\,000}{120}=40\,000 dollars par employé. Si l'on remplace d'abord, on écrit R=40000R=40\,000, qui est une CONSTANTE, et la dérivée d'une constante vaut zéro. Le calcul est parfaitement correct et la réponse est parfaitement fausse : on a dérivé la photographie d'un instant, pas le film. Les valeurs 48000004\,800\,000 et 120120 ne sont vraies qu'à une date, et c'est précisément leur variation qui est demandée.

b) On dérive la relation R=MnR=\dfrac{M}{n} par rapport à tt, avec la règle du quotient et la règle de chaîne : dRdt=dMdtnMdndtn2\dfrac{dR}{dt}=\dfrac{\dfrac{dM}{dt}\,n-M\,\dfrac{dn}{dt}}{n^{2}}. C'est la relation ENTIÈRE qui se dérive, avant toute substitution.

c) dRdt=180000×1204800000×61202=216000002880000014400=720000014400=500\dfrac{dR}{dt}=\dfrac{180\,000\times 120-4\,800\,000\times 6}{120^{2}}=\dfrac{21\,600\,000-28\,800\,000}{14\,400}=\dfrac{-7\,200\,000}{14\,400}=-500 dollars par année. Le salaire MOYEN baisse de 500 dollars par année, alors que la masse salariale augmente de 180 000 dollars. Les deux faits sont vrais en même temps : l'organisation dépense plus en salaires et paie moins bien, parce qu'elle recrute plus vite qu'elle n'augmente son enveloppe. Un rapport qui ne citerait que la masse salariale donnerait exactement l'impression inverse de la réalité vécue.

d) On annule le numérateur : dMdt×120=4800000×6\dfrac{dM}{dt}\times 120=4\,800\,000\times 6, donc dMdt=28800000120=240000\dfrac{dM}{dt}=\dfrac{28\,800\,000}{120}=240\,000 dollars par année. Autrement dit, il faudrait 240 000 dollars de plus par année, et non 180 000, pour que le salaire moyen tienne. On peut le lire autrement : dMdt=R×dndt\dfrac{dM}{dt}=R\times\dfrac{dn}{dt}, soit 40000×640\,000\times 6, ce qui revient à financer chaque nouvel employé au salaire moyen actuel.

e) On dérive la RELATION, puis on remplace : jamais l'inverse. Ce que la règle protège, c'est la distinction entre une valeur et une fonction. Toute grandeur qui varie doit rester une lettre jusqu'à la dernière ligne, et seules les quantités RÉELLEMENT constantes, un prix contractuel, une surface fixe, un nombre de semaines par an, peuvent être remplacées dès le départ.

Exercice 3 : Un produit : le prix baisse, le volume monte

Quand deux facteurs d'un produit évoluent en sens contraires, aucune intuition ne dit ce que devient le produit. La règle du produit, dérivée par rapport au temps, tranche en une ligne.

Un service est vendu p=24p=24 dollars et s'écoule à q=540q=540 unités par mois. Le prix baisse de 0,500{,}50 dollar par mois et le volume augmente de 18 unités par mois.

  • a) Écrivez la recette R=pqR=pq et calculez sa valeur actuelle.
  • b) Dérivez par rapport au temps et calculez dRdt\dfrac{dR}{dt}.
  • c) Quelle baisse mensuelle de prix laisserait la recette inchangée ?
  • d) Vérifiez votre réponse en b) par les taux relatifs : RR=pp+qq\dfrac{R'}{R}=\dfrac{p'}{p}+\dfrac{q'}{q}.
  • e) Le prix baisse de 2,1 % par mois et le volume monte de 3,3 % par mois. Quelle est la conclusion commerciale ?

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a)
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c)
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Réponses

  • a) R=12960R=12\,960 dollars par mois.
  • b) dRdt=270+432=+162\dfrac{dR}{dt}=-270+432=+162 dollars par mois.
  • c) 0,80-0{,}80 dollar par mois.
  • d) 2,08-2{,}08 % +3,33+\,3{,}33 % =+1,25=+1{,}25 %, et 0,0125×12960=1620{,}0125\times 12\,960=162 dollars.
  • e) Le rabais reste rentable tant que la hausse relative du volume dépasse la baisse relative du prix.

a) R=pq=24×540=12960R=pq=24\times 540=12\,960 dollars par mois.

b) dRdt=dpdtq+pdqdt=(0,50)×540+24×18=270+432=+162\dfrac{dR}{dt}=\dfrac{dp}{dt}\,q+p\,\dfrac{dq}{dt}=(-0{,}50)\times 540+24\times 18=-270+432=+162 dollars par mois. La recette AUGMENTE de 162 dollars par mois : l'effet volume, 432 dollars, l'emporte sur l'effet prix, 270-270 dollars. Les deux termes de la règle du produit portent chacun un nom en gestion, et leur somme est ce que l'on constate en fin de mois.

c) On cherche dpdt\dfrac{dp}{dt} telle que dpdt×540+24×18=0\dfrac{dp}{dt}\times 540+24\times 18=0, donc dpdt=432540=0,80\dfrac{dp}{dt}=-\dfrac{432}{540}=-0{,}80 dollar par mois. Une baisse de 80 cents par mois annulerait exactement le gain de volume. La baisse actuelle, 50 cents, reste donc en deçà du point d'équilibre, et c'est la seule question qui compte pour décider de poursuivre le rabais.

d) pp=0,50240,02083\dfrac{p'}{p}=\dfrac{-0{,}50}{24}\approx -0{,}020\,83, soit 2,08-2{,}08 % par mois. qq=18540=0,03333\dfrac{q'}{q}=\dfrac{18}{540}=0{,}033\,33, soit +3,33+3{,}33 % par mois. La somme vaut 0,01250{,}012\,5, soit +1,25+1{,}25 % par mois. On retrouve bien dRdt=0,0125×12960=162\dfrac{dR}{dt}=0{,}012\,5\times 12\,960=162 dollars par mois. Les deux chemins concordent, et le second se fait de tête.

e) La recette progresse d'environ 1,25 % par mois, différence des deux pourcentages. La conclusion commerciale tient en une phrase : le rabais est RENTABLE tant que la hausse relative du volume dépasse la baisse relative du prix. C'est une règle de décision utilisable sans calculatrice, et elle explique pourquoi une entreprise suit le pourcentage de variation de ses ventes plutôt que leur nombre : seul le pourcentage se compare directement à la remise consentie.

Exercice 4 : Stock et flux : le solde démographique

Une population est un STOCK, alimenté et vidé par des FLUX : naissances, décès, entrées et sorties migratoires. La dérivée d'un stock est la somme algébrique de ses flux, et c'est la forme la plus simple de taux lié.

Une municipalité compte P=48000P=48\,000 habitants. Sur une année, elle enregistre 11201\,120 naissances, 860 décès et un solde migratoire de 140-140 personnes.

  • a) Écrivez dPdt\dfrac{dP}{dt} en fonction des flux, calculez-la, puis donnez le taux relatif de croissance.
  • b) Un programme d'attraction fait passer le solde migratoire à +300+300. Que deviennent dPdt\dfrac{dP}{dt} et le taux relatif ?
  • c) Le taux de natalité brut est N=1000BPN=\dfrac{1\,000\,B}{P}, en naissances pour mille habitants. Calculez-le dans la situation de départ.
  • d) Les naissances restent à 11201\,120 par année et la population croît selon a). Calculez dNdt\dfrac{dN}{dt}.
  • e) Une municipalité peut-elle voir son taux de natalité brut baisser sans qu'aucune naissance ne manque ? Expliquez.

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Réponses

  • a) dPdt=120\dfrac{dP}{dt}=120 habitants par année, soit 0,250{,}25 % par année.
  • b) 560560 habitants par année, soit environ 1,171{,}17 % par année.
  • c) N23,33N\approx 23{,}33 naissances pour mille habitants.
  • d) dNdt0,058\dfrac{dN}{dt}\approx -0{,}058 pour mille par année.
  • e) Oui : un taux brut est un quotient, et son dénominateur peut croître seul.

a) dPdt=BD+M=1120860140=120\dfrac{dP}{dt}=B-D+M=1\,120-860-140=120 habitants par année. Le taux relatif vaut 12048000×100=0,25\dfrac{120}{48\,000}\times 100=0{,}25 % par année. La municipalité croît, mais lentement : le solde naturel positif, 260 personnes, est amputé de plus de la moitié par le déficit migratoire.

b) dPdt=1120860+300=560\dfrac{dP}{dt}=1\,120-860+300=560 habitants par année, et le taux relatif devient 56048000×1001,17\dfrac{560}{48\,000}\times 100\approx 1{,}17 % par année. Un solde migratoire redressé de 440 personnes multiplie par près de cinq le rythme de croissance, sans qu'aucun paramètre démographique n'ait changé. C'est le levier le plus rapide dont dispose une municipalité, et c'est pourquoi les politiques d'attraction pèsent davantage à court terme que les politiques natalistes.

c) N=1000×112048000=11200004800023,33N=\dfrac{1\,000\times 1\,120}{48\,000}=\dfrac{1\,120\,000}{48\,000}\approx 23{,}33 naissances pour mille habitants.

d) Le numérateur est constant et le dénominateur varie, donc dNdt=1000B×(1P2)dPdt=1000×1120×120480002=13440000023040000000,058\dfrac{dN}{dt}=1\,000\,B\times\left(-\dfrac{1}{P^{2}}\right)\dfrac{dP}{dt}=-\dfrac{1\,000\times 1\,120\times 120}{48\,000^{2}}=-\dfrac{134\,400\,000}{2\,304\,000\,000}\approx -0{,}058 pour mille par année. Le taux de natalité brut BAISSE, alors que le nombre de naissances n'a pas bougé d'une unité.

e) Oui, et le calcul précédent en est la démonstration. Un taux brut est un QUOTIENT : il baisse dès que son dénominateur croît plus vite que son numérateur, ici dès que la population augmente à naissances constantes. Le même mécanisme joue sur le taux de criminalité, le taux d'équipement, le nombre de médecins pour mille habitants. La conséquence méthodologique est constante : devant un taux qui bouge, la première question est de savoir lequel des deux termes a bougé, et l'exercice 10 la posera sur le chiffre le plus commenté de tous, le taux de chômage.

Exercice 5 : Une chaîne à trois maillons : investir pour réduire une attente

Les décisions publiques s'évaluent presque toujours au bout d'une chaîne : on investit, l'investissement augmente une capacité, la capacité fait baisser un taux d'utilisation, et ce taux commande le temps d'attente. Chaque maillon est une dérivée, et la règle de chaîne les multiplie.

La capacité d'un service vaut c=60+0,5Ic=60+0{,}5\,I dossiers par jour, où II est l'investissement cumulé en milliers de dollars. La demande est stable à 96 dossiers par jour, le taux d'utilisation vaut ρ=96c\rho=\dfrac{96}{c} et le temps d'attente W=ρ1ρW=\dfrac{\rho}{1-\rho}. Aujourd'hui I=100I=100 et l'investissement progresse de 12 milliers de dollars par année.

  • a) Calculez cc, ρ\rho et WW aujourd'hui.
  • b) Calculez dcdt\dfrac{dc}{dt}.
  • c) Calculez dρdt\dfrac{d\rho}{dt}.
  • d) Calculez dWdt\dfrac{dW}{dt} et donnez son unité.
  • e) Le même investissement annuel produirait-il le même gain si le service était moins chargé ? Justifiez sans nouveau calcul complet.

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Réponses

  • a) c=110c=110 dossiers par jour, ρ0,873\rho\approx 0{,}873, W6,86W\approx 6{,}86 durées de service.
  • b) dcdt=6\dfrac{dc}{dt}=6 dossiers par jour et par année.
  • c) dρdt0,0476\dfrac{d\rho}{dt}\approx -0{,}0476 par année.
  • d) dWdt2,94\dfrac{dW}{dt}\approx -2{,}94 durée de service par année.
  • e) Non : le facteur 1(1ρ)2\dfrac{1}{(1-\rho)^{2}} tombe de 61,761{,}7 à 4, donc le gain serait environ quinze fois plus faible.

a) c=60+0,5×100=110c=60+0{,}5\times 100=110 dossiers par jour. ρ=961100,8727\rho=\dfrac{96}{110}\approx 0{,}872\,7, soit 87,3 % d'utilisation. W=0,872710,8727=0,87270,12736,86W=\dfrac{0{,}872\,7}{1-0{,}872\,7}=\dfrac{0{,}872\,7}{0{,}127\,3}\approx 6{,}86 durées de service : un usager attend en moyenne près de sept fois la durée d'un traitement.

b) dcdt=0,5×dIdt=0,5×12=6\dfrac{dc}{dt}=0{,}5\times\dfrac{dI}{dt}=0{,}5\times 12=6 dossiers par jour et par année. La capacité progresse de six dossiers quotidiens chaque année.

c) ρ=96c1\rho=96\,c^{-1}, donc dρdt=96c2×dcdt=96×61102=576121000,04760\dfrac{d\rho}{dt}=-\dfrac{96}{c^{2}}\times\dfrac{dc}{dt}=-\dfrac{96\times 6}{110^{2}}=-\dfrac{576}{12\,100}\approx -0{,}047\,60 par année. Le taux d'utilisation baisse d'environ 4,76 points de pourcentage par année.

d) dWdρ=1(1ρ)2=10,1273261,73\dfrac{dW}{d\rho}=\dfrac{1}{(1-\rho)^{2}}=\dfrac{1}{0{,}127\,3^{2}}\approx 61{,}73. Par la règle de chaîne, dWdt=61,73×(0,04760)2,94\dfrac{dW}{dt}=61{,}73\times(-0{,}047\,60)\approx -2{,}94 durée de service par année. Le temps d'attente diminue donc d'environ trois durées de service chaque année, ce qui est considérable rapporté aux 6,86 de départ : un tiers de l'attente disparaît la première année.

e) Non, et le gain serait bien PLUS FAIBLE. Le seul facteur qui change dans la chaîne est dWdρ=1(1ρ)2\dfrac{dW}{d\rho}=\dfrac{1}{(1-\rho)^{2}}, qui vaut 61,7 à 87 % d'utilisation et seulement 4 à 50 %. Les deux autres maillons, dcdt=6\dfrac{dc}{dt}=6 et la forme de ρ\rho, sont presque inchangés. Le même investissement produirait donc environ quinze fois moins de réduction d'attente dans un service peu chargé. C'est l'argument quantitatif en faveur d'investir là où la saturation est la plus forte, et il ne tient qu'au carré du dénominateur.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : La règle des taux relatifs, démontrée puis vérifiée

Les deux exercices précédents ont donné deux résultats par des calculs longs. La même chose s'obtient de tête dès qu'on travaille en POURCENTAGES, et la démonstration tient en trois lignes.

C'est le résultat le plus rentable du chapitre : il transforme un calcul de quotient en une soustraction de pourcentages.

  • a) Soit z=xyz=xy, les trois grandeurs dépendant du temps. Démontrez que zz=xx+yy\dfrac{z'}{z}=\dfrac{x'}{x}+\dfrac{y'}{y}.
  • b) Soit z=xyz=\dfrac{x}{y}. Démontrez que zz=xxyy\dfrac{z'}{z}=\dfrac{x'}{x}-\dfrac{y'}{y}.
  • c) Vérifiez la règle du produit sur la recette de l'exercice 3.
  • d) Vérifiez la règle du quotient sur le salaire moyen de l'exercice 2, et retrouvez les 500-500 dollars par année.
  • e) Pourquoi cette règle est-elle plus employée en gestion que la formule du quotient elle-même ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) On divise z=xy+xyz'=x'y+xy' par z=xyz=xy : zz=xx+yy\dfrac{z'}{z}=\dfrac{x'}{x}+\dfrac{y'}{y}.
  • b) On multiplie xyxyy2\dfrac{x'y-xy'}{y^{2}} par yx\dfrac{y}{x} : zz=xxyy\dfrac{z'}{z}=\dfrac{x'}{x}-\dfrac{y'}{y}.
  • c) 2,08-2{,}08 % +3,33+\,3{,}33 % =1,25=1{,}25 %, et 0,0125×12960=1620{,}0125\times 12\,960=162 dollars par mois.
  • d) 3,753{,}75 % 5-\,5 % =1,25=-1{,}25 %, et 0,0125×40000=500-0{,}0125\times 40\,000=-500 dollars par année.
  • e) Parce qu'elle compare des pourcentages, seuls comparables entre eux, alors que les valeurs absolues ne le sont pas.

a) La règle du produit donne z=xy+xyz'=x'y+xy'. On divise les deux membres par z=xyz=xy, non nul : zz=xyxy+xyxy=xx+yy\dfrac{z'}{z}=\dfrac{x'y}{xy}+\dfrac{xy'}{xy}=\dfrac{x'}{x}+\dfrac{y'}{y}. La simplification est immédiate, chaque terme perdant le facteur qu'il ne contient pas au numérateur.

b) La règle du quotient donne z=xyxyy2z'=\dfrac{x'y-xy'}{y^{2}}. On divise par z=xyz=\dfrac{x}{y}, ce qui revient à multiplier par yx\dfrac{y}{x} : zz=xyxyy2×yx=xyxyxy=xxyy\dfrac{z'}{z}=\dfrac{x'y-xy'}{y^{2}}\times\dfrac{y}{x}=\dfrac{x'y-xy'}{xy}=\dfrac{x'}{x}-\dfrac{y'}{y}. Le signe moins vient du numérateur de la règle du quotient, et c'est lui qui porte tout l'intérêt économique du résultat.

c) Recette R=pqR=pq avec p=24p=24, q=540q=540, p=0,50p'=-0{,}50 et q=18q'=18. Taux relatifs : 0,50242,08\dfrac{-0{,}50}{24}\approx -2{,}08 % et 185403,33\dfrac{18}{540}\approx 3{,}33 % par mois. Somme : 1,251{,}25 % par mois. Multipliée par R=12960R=12\,960, elle redonne 162162 dollars par mois, exactement la valeur trouvée à l'exercice 3 par la règle du produit.

d) Salaire moyen R=MnR=\dfrac{M}{n} avec M=4800000M=4\,800\,000, n=120n=120, M=180000M'=180\,000 et n=6n'=6. Taux relatifs : 1800004800000=3,75\dfrac{180\,000}{4\,800\,000}=3{,}75 % et 6120=5\dfrac{6}{120}=5 % par année. Différence : 3,755=1,253{,}75-5=-1{,}25 % par année. Multipliée par R=40000R=40\,000 dollars, elle donne 500-500 dollars par année, la valeur de l'exercice 2. La lecture est directe : la masse salariale croît moins vite, en pourcentage, que l'effectif, donc le salaire moyen baisse.

e) Parce qu'elle répond sans calcul à la seule question qui se pose en réunion : qui, du numérateur ou du dénominateur, croît le plus vite en POURCENTAGE ? Les valeurs absolues, 180 000 dollars et 6 personnes, ne se comparent pas ; les pourcentages, 3,75 % et 5 %, se comparent immédiatement. La règle explique aussi pourquoi tant d'indicateurs se dégradent sans qu'aucune de leurs composantes ne se dégrade : produit intérieur brut par habitant, salaire moyen, densité de médecins, taux de natalité brut. Dans chaque cas, les deux termes montent, et c'est leur ORDRE en pourcentage qui décide du sens du quotient.

Exercice 7 : Un modèle plafonné : la part de marché et le chiffre d'affaires

Le chiffre d'affaires d'un service est le produit de sa part de marché par la taille du marché. Quand la première plafonne et que la seconde continue de croître, la contribution de chacune s'inverse avec le temps.

Part de marché M(t)=80tt+12M(t)=\dfrac{80t}{t+12}, en pourcentage, et taille du marché T(t)=250+3tT(t)=250+3t, en millions de dollars, tt en mois. Le chiffre d'affaires vaut A=M100TA=\dfrac{M}{100}\,T.

51015202530354045505560102030405060708090plafond : 80 pourcentpart de marche M(t), en pourcentt, en mois
  • a) Calculez M(t)M'(t), puis M(12)M(12) et M(12)M'(12).
  • b) Calculez T(12)T(12) et A(12)A(12), puis dAdt\dfrac{dA}{dt} en t=12t=12.
  • c) Refaites le calcul en t=48t=48.
  • d) Dans chacun des deux cas, quelle part de la croissance vient de la part de marché et quelle part vient de la taille du marché ?
  • e) Quelle conséquence stratégique tirez-vous de ce renversement ?

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Réponses

  • a) M(t)=960(t+12)2M'(t)=\dfrac{960}{(t+12)^{2}} ; M(12)=40M(12)=40 % et M(12)1,667M'(12)\approx 1{,}667 point par mois.
  • b) T(12)=286T(12)=286, A(12)=114,4A(12)=114{,}4 millions et dAdt5,97\dfrac{dA}{dt}\approx 5{,}97 million par mois.
  • c) M(48)=64M(48)=64 %, A(48)=252,16A(48)=252{,}16 millions et dAdt2,97\dfrac{dA}{dt}\approx 2{,}97 million par mois.
  • d) Environ 80 % contre 20 % en t=12t=12 ; environ 35 % contre 65 % en t=48t=48.
  • e) On bascule de la conquête vers autre chose dès que M100T\dfrac{M'}{100}T passe sous M100T\dfrac{M}{100}T'.

a) Par la règle du quotient, M(t)=80(t+12)80t(t+12)2=960(t+12)2M'(t)=\dfrac{80(t+12)-80t}{(t+12)^{2}}=\dfrac{960}{(t+12)^{2}}, en points de pourcentage par mois. En t=12t=12 : M(12)=96024=40M(12)=\dfrac{960}{24}=40 % et M(12)=9605761,667M'(12)=\dfrac{960}{576}\approx 1{,}667 point par mois.

b) T(12)=250+36=286T(12)=250+36=286 millions de dollars et A(12)=0,40×286=114,4A(12)=0{,}40\times 286=114{,}4 millions. Par la règle du produit, dAdt=M100T+M100T=1,667100×286+0,40×34,767+1,200=5,97\dfrac{dA}{dt}=\dfrac{M'}{100}T+\dfrac{M}{100}T'=\dfrac{1{,}667}{100}\times 286+0{,}40\times 3\approx 4{,}767+1{,}200=5{,}97 millions de dollars par mois.

c) En t=48t=48 : M(48)=384060=64M(48)=\dfrac{3\,840}{60}=64 % et M(48)=96036000,267M'(48)=\dfrac{960}{3\,600}\approx 0{,}267 point par mois. T(48)=250+144=394T(48)=250+144=394 millions et A(48)=0,64×394=252,16A(48)=0{,}64\times 394=252{,}16 millions. Alors dAdt=0,267100×394+0,64×31,051+1,920=2,97\dfrac{dA}{dt}=\dfrac{0{,}267}{100}\times 394+0{,}64\times 3\approx 1{,}051+1{,}920=2{,}97 millions de dollars par mois.

d) En t=12t=12, la part de marché apporte 4,7674{,}767 des 5,9675{,}967 millions, soit environ 80 %, et la taille du marché 1,2001{,}200, soit environ 20 %. En t=48t=48, la part de marché n'apporte plus que 1,0511{,}051 des 2,9712{,}971 millions, soit environ 35 %, et la taille du marché 1,9201{,}920, soit environ 65 %. Les deux contributions se sont inversées, et l'inversion vient uniquement du plafonnement de MM : son taux de croissance s'écrase en 960(t+12)2\dfrac{960}{(t+12)^{2}}, alors que la contribution du marché reste fixée à 0,03M0{,}03\,M.

e) Que l'effort de conquête a une date de péremption. Tant que la part de marché est loin de son plafond, chaque point gagné rapporte plus que la croissance du marché, et la dépense commerciale est justifiée. Passé un certain point, le même effort ne produit presque plus rien, et la croissance provient surtout du marché lui-même, c'est-à-dire d'un facteur que l'entreprise ne contrôle pas. La décision qui en découle est de basculer les ressources de la CONQUÊTE vers la fidélisation, l'élargissement de l'offre ou un nouveau marché, et le calcul dit précisément quand : dès que M100T\dfrac{M'}{100}T passe sous M100T\dfrac{M}{100}T'.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune de ces cinq phrases a été entendue en classe. Dites si elle est vraie ou fausse, et si elle est fausse, écrivez l'énoncé correct.

Une correction qui se contente de dire « faux » ne vaut aucun point : c'est la phrase juste qui est demandée.

  • a) On peut remplacer les valeurs numériques connues avant de dériver, cela ne change rien au résultat.
  • b) Si le numérateur d'un quotient augmente, le quotient augmente.
  • c) Un taux lié se calcule sans la règle de chaîne, il suffit de dériver la relation.
  • d) dAdt\dfrac{dA}{dt} et dAdr\dfrac{dA}{dr} se mesurent dans la même unité.
  • e) Le taux relatif d'un produit est le produit des taux relatifs.

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Réponses

  • a) Faux : une valeur remplacée devient une constante, de dérivée nulle.
  • b) Faux : le quotient croît si xx>yy\dfrac{x'}{x}>\dfrac{y'}{y}.
  • c) Faux : le facteur dndt\dfrac{dn}{dt} vient de la règle de chaîne et ne s'omet jamais.
  • d) Faux : l'unité dépend de la variable de dérivation.
  • e) Faux : ils s'additionnent pour un produit et se soustraient pour un quotient.

a) FAUX, et c'est l'erreur qui rapporte systématiquement zéro. Une valeur remplacée devient une constante, et la dérivée d'une constante est nulle. L'exercice 2 le montre : remplacer M=4800000M=4\,800\,000 et n=120n=120 avant de dériver donnerait dRdt=0\dfrac{dR}{dt}=0, alors que le salaire moyen baisse de 500 dollars par année. Énoncé correct : on dérive la relation, puis on remplace ; seules les quantités RÉELLEMENT constantes se remplacent d'emblée.

b) FAUX. Le quotient dépend des DEUX termes : il augmente si le numérateur croît plus vite, en pourcentage, que le dénominateur. L'exercice 2 en donne un contre-exemple, masse salariale en hausse et salaire moyen en baisse, l'exercice 4 un autre, naissances constantes et taux de natalité brut en baisse. Énoncé correct : le quotient croît si xx>yy\dfrac{x'}{x}>\dfrac{y'}{y}.

c) FAUX. Dériver T=n220000+3T=\dfrac{n^{2}}{20\,000}+3 par rapport au TEMPS exige la règle de chaîne, puisque nn est elle-même une fonction du temps : on obtient n10000×dndt\dfrac{n}{10\,000}\times\dfrac{dn}{dt}, et non n10000\dfrac{n}{10\,000}. Le facteur oublié est exactement ce qui distingue un taux lié d'une dérivée ordinaire. Énoncé correct : tout taux lié est une application de la règle de chaîne, et le facteur dndt\dfrac{dn}{dt} ne s'omet jamais.

d) FAUX, et les unités le disent. Si AA est une aire en kilomètres carrés, rr un rayon en kilomètres et tt un temps en années, alors dAdr\dfrac{dA}{dr} se mesure en kilomètres carrés par kilomètre, c'est-à-dire en kilomètres, et dAdt\dfrac{dA}{dt} en kilomètres carrés par année. Énoncé correct : l'unité d'une dérivée dépend de la variable de dérivation, et le contrôle des unités est le moyen le plus rapide de repérer un facteur oublié.

e) FAUX. Les taux relatifs d'un produit s'ADDITIONNENT, et ceux d'un quotient se soustraient. La démonstration est à l'exercice 6 : on divise z=xy+xyz'=x'y+xy' par z=xyz=xy. Un produit de taux n'aurait d'ailleurs aucun sens dimensionnel, puisque deux pourcentages multipliés donnent un pourcentage de pourcentage. Énoncé correct : (xy)xy=xx+yy\dfrac{(xy)'}{xy}=\dfrac{x'}{x}+\dfrac{y'}{y}.

Exercice 9 : Problème : la densité d'une ville qui s'étale

L'étalement urbain est le phénomène le plus commenté de l'aménagement du territoire, et c'est un taux lié : la population et la surface urbanisée croissent toutes deux, et c'est leur quotient qui décide.

Une ville compte P=182000P=182\,000 habitants sur S=74S=74 kilomètres carrés urbanisés. La population gagne 14501\,450 habitants par année et la surface urbanisée 1,81{,}8 kilomètre carré par année.

510152025301700180019002000210022002300240025002600densite, en habitants par kilometre carret, en annees
  • a) Calculez la densité actuelle d=PSd=\dfrac{P}{S}, au dixième.
  • b) Calculez dddt\dfrac{dd}{dt} au centième et donnez son unité.
  • c) Retrouvez ce résultat par les taux relatifs et donnez le taux relatif de la densité, en pourcentage.
  • d) Quelle croissance annuelle de la surface urbanisée laisserait la densité constante ?
  • e) La ville gagne des habitants et perd de la densité. Pourquoi est-ce un problème budgétaire, et pas seulement esthétique ?

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Réponses

  • a) d2459,5d\approx 2\,459{,}5 habitants par kilomètre carré.
  • b) dddt40,23\dfrac{dd}{dt}\approx -40{,}23 habitant par kilomètre carré et par année.
  • c) 0,7970{,}797 % 2,432-\,2{,}432 % =1,636=-1{,}636 % par année, et 0,01636×2459,540,23-0{,}016\,36\times 2\,459{,}5\approx -40{,}23.
  • d) S=S×PP0,59S'=S\times\dfrac{P'}{P}\approx 0{,}59 kilomètre carré par année.
  • e) Les coûts d'infrastructure suivent la surface, les recettes suivent les habitants : le coût par habitant monte.

a) d=182000742459,5d=\dfrac{182\,000}{74}\approx 2\,459{,}5 habitants par kilomètre carré.

b) dddt=PSPSS2=1450×74182000×1,8742=1073003276005476=220300547640,23\dfrac{dd}{dt}=\dfrac{P'S-PS'}{S^{2}}=\dfrac{1\,450\times 74-182\,000\times 1{,}8}{74^{2}}=\dfrac{107\,300-327\,600}{5\,476}=\dfrac{-220\,300}{5\,476}\approx -40{,}23 habitant par kilomètre carré et par année. Le signe est négatif : la ville se DÉDENSIFIE, alors que les deux grandeurs augmentent.

c) Taux relatifs : PP=14501820000,797\dfrac{P'}{P}=\dfrac{1\,450}{182\,000}\approx 0{,}797 % par année et SS=1,8742,432\dfrac{S'}{S}=\dfrac{1{,}8}{74}\approx 2{,}432 % par année. La différence vaut 0,7972,432=1,6360{,}797-2{,}432=-1{,}636 % par année. Multipliée par la densité, 0,01636×2459,540,23-0{,}016\,36\times 2\,459{,}5\approx -40{,}23, elle redonne le résultat précédent. La surface urbanisée croît trois fois plus vite, en pourcentage, que la population : tout est dit dans cette comparaison.

d) La densité reste constante quand les deux taux relatifs sont égaux : SS=PP\dfrac{S'}{S}=\dfrac{P'}{P}, donc S=S×PP=74×0,007970,59S'=S\times\dfrac{P'}{P}=74\times 0{,}007\,97\approx 0{,}59 kilomètre carré par année. La ville s'étale actuellement trois fois plus vite que ce budget foncier, et c'est cet écart, et non la croissance elle-même, que les politiques de densification visent.

e) Parce que la plupart des coûts municipaux sont proportionnels à la SURFACE desservie et non au nombre d'habitants : kilomètres d'aqueduc et d'égout, de chaussée à déneiger et à repaver, de réseau électrique, longueur des circuits d'autobus, temps de déplacement des services d'urgence. Les recettes, elles, viennent essentiellement des habitants et des bâtiments. Quand la surface croît de 2,4 % par année et la population de 0,8 %, le coût par habitant des infrastructures augmente mécaniquement, sans qu'aucun service n'ait été amélioré. C'est exactement la structure du coût moyen rencontrée au chapitre 2, un coût largement fixe rapporté à un nombre d'usagers, et elle explique pourquoi une municipalité qui grandit peut s'appauvrir.

Exercice 10 : Problème : le taux de chômage, numérateur et dénominateur

Le taux de chômage est le quotient du nombre de chômeurs par la population active. C'est donc un taux lié, et sa variation ne dit rien tant qu'on n'a pas regardé lequel des deux termes a bougé.

Une région compte U=24800U=24\,800 chômeurs pour une population active A=412000A=412\,000 personnes. Sur l'année écoulée, UU a baissé de 900 personnes et AA de 3 000.

0.511.522.533.544.55123456789scenario reelchomeurs constants3000 chomeurs quittent l'activitet, en annees
  • a) Calculez le taux de chômage u=UAu=\dfrac{U}{A}, en pourcentage, au millième.
  • b) Calculez dudt\dfrac{du}{dt} et exprimez-la en points de pourcentage par année.
  • c) Que vaudrait dudt\dfrac{du}{dt} si le nombre de chômeurs ne bougeait pas et que la population active perdait toujours 3 000 personnes ?
  • d) Que vaudrait dudt\dfrac{du}{dt} si 30003\,000 chômeurs quittaient la population active, sans qu'aucun emploi ne soit créé ?
  • e) Un taux de chômage qui baisse est-il toujours une bonne nouvelle ? Répondez en vous appuyant sur c) et d).

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) u6,019u\approx 6{,}019 %.
  • b) dudt0,175\dfrac{du}{dt}\approx -0{,}175 point de pourcentage par année.
  • c) +0,044+0{,}044 point par année : le taux monterait sans un chômeur de plus.
  • d) 0,684-0{,}684 point par année, sans un seul emploi créé.
  • e) Non : un quotient ne dit pas lequel de ses termes a bougé, d'où la publication du taux d'activité.

a) u=248004120000,06019u=\dfrac{24\,800}{412\,000}\approx 0{,}060\,19, soit 6,0196{,}019 %.

b) dudt=UAUAA2=(900)×41200024800×(3000)4120002=370800000+744000001697440000000,001746\dfrac{du}{dt}=\dfrac{U'A-UA'}{A^{2}}=\dfrac{(-900)\times 412\,000-24\,800\times(-3\,000)}{412\,000^{2}}=\dfrac{-370\,800\,000+74\,400\,000}{169\,744\,000\,000}\approx -0{,}001\,746 par année, soit 0,175-0{,}175 point de pourcentage par année. Le taux passe donc d'environ 6,02 % à 5,84 %.

c) Avec U=0U'=0 : dudt=UAA2=24800×(3000)169744000000+0,000438\dfrac{du}{dt}=\dfrac{-U\,A'}{A^{2}}=\dfrac{-24\,800\times(-3\,000)}{169\,744\,000\,000}\approx +0{,}000\,438, soit +0,044+0{,}044 point par année. Le taux MONTERAIT, alors qu'aucun chômeur de plus n'aurait été enregistré : diviser le même numérateur par un dénominateur plus petit donne un quotient plus grand.

d) Ici U=3000U'=-3\,000 et A=3000A'=-3\,000 : dudt=(3000)×412000+24800×3000169744000000=1236000000+744000001697440000000,00684\dfrac{du}{dt}=\dfrac{(-3\,000)\times 412\,000+24\,800\times 3\,000}{169\,744\,000\,000}=\dfrac{-1\,236\,000\,000+74\,400\,000}{169\,744\,000\,000}\approx -0{,}006\,84, soit 0,684-0{,}684 point par année. Le taux de chômage chuterait quatre fois plus vite que dans la situation réelle, sans qu'un seul emploi ait été créé : les 3 000 personnes ont simplement cessé de chercher, donc elles ont quitté à la fois le numérateur et le dénominateur.

e) Non, et les deux calculs précédents suffisent à le montrer. Le même taux peut baisser parce que des chômeurs ont trouvé un emploi, situation souhaitable, ou parce qu'ils ont renoncé à en chercher, situation qui est exactement l'inverse. Un taux est un QUOTIENT, et un quotient ne dit jamais lequel de ses deux termes a bougé. C'est pourquoi les instituts statistiques publient toujours, à côté du taux de chômage, le TAUX D'ACTIVITÉ, c'est-à-dire la part de la population qui est dans AA : lu seul, le premier chiffre est ininterprétable, et lu avec le second, il devient une information. La leçon dépasse le chômage et vaut pour tout indicateur construit comme un rapport, la densité de l'exercice 9 comme le taux de natalité brut de l'exercice 4.

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