Calcul différentiel 201-103 • Sciences humaines au cégep à Montréal

Exercices corrigés : l'étude complète de fonction (201-103)

Ces dix exercices corrigés du cours de calcul différentiel 201-103, précédés d'une liste de calculs, rassemblent tout ce que les chapitres précédents ont construit : domaine, limites, asymptotes verticale, horizontale et oblique, signe de la dérivée et test de la dérivée première, extremums locaux, signe de la dérivée seconde, concavité et point d'inflexion, test de la dérivée seconde, extremums absolus sur un intervalle fermé, et le tableau de variation qui résume l'étude complète de fonction avant le tracé.

L'exercice 0.1 ouvre la série par dix fonctions dont on calcule directement les nombres critiques et les points d'inflexion, comme dans les listes des manuels : paraboles et cubiques, dont une sans nombre critique, quartiques comme 3x4−4x3−12x2+53x^{4}-4x^{3}-12x^{2}+5 et une dont la dérivée seconde 12(x−1)212(x-1)^{2} s'annule sans changer de signe, fonctions rationnelles comme 2x+18x2x+\frac{18}{x} et 6x2+3\frac{6}{x^{2}+3}, et x6−xx\sqrt{6-x} avec son nombre critique au bord du domaine, chacune avec ses abscisses vérifiées en direct.

À la fin, vous savez trouver les asymptotes d'un coût moyen et en donner la lecture (exercice 1), dresser un tableau de variation complet (exercice 2), classer des points critiques par le test de la dérivée première (exercice 3), reconnaître quand le test de la dérivée seconde reste muet, sur x4x^{4} et x3x^{3} (exercice 4), situer le point d'inflexion d'un modèle logistique de diffusion à la moitié de son plafond (exercice 5), lire un indicateur à partir de son seul rythme publié (exercice 6) et comparer les trois sortes de candidats à un extremum absolu, bornes comprises (exercice 7). La courbe de la recette fiscale en fonction du taux d'imposition (exercice 9) et la critique d'un tableau de variation publié dans un rapport (exercice 10) ferment la série.

Le fil de la série tient en une phrase : chaque ligne du tableau répond à une question différente, et elles ne se mélangent pas. Le signe de f′f' dit si ça monte, le signe de f′′f'' dit si ça accélère, et les valeurs aux bornes décident de ce qui est ABSOLU. Trois pièges sont désignés nommément : prendre un point critique pour un extremum, lire une décroissance dans le signe de la dérivée seconde, et oublier les bornes de l'intervalle quand on cherche un extremum absolu. L'exercice 8 les réunit en cinq affirmations à corriger.

Cette série existe aussi en anglais →

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Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (8 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Calculs exponentiels et logarithmiques Secondaire 5
  2. 2 Les fonctions exponentielles Secondaire 5
  3. 3 Les fonctions logarithmiques Secondaire 5
  4. 4 Les fonctions définies par parties Secondaire 5
  5. 5 Les fonctions et leur domaine
  6. 6 Les limites et la continuité
  7. 7 La dérivée et les règles de dérivation
  8. 8 Exponentielle et logarithme

Rappel de cours

  • • Ordre d'une étude : domaine, limites aux bords, asymptotes, dérivée et son signe, dérivée seconde et son signe, tableau, puis tracé.
  • • Asymptote VERTICALE en aa si lim⁡x→af=±∞\lim_{x\to a}f=\pm\infty. HORIZONTALE y=Ly=L si lim⁡x→±∞f=L\lim_{x\to\pm\infty}f=L. OBLIQUE y=mx+py=mx+p si f(x)−(mx+p)→0f(x)-(mx+p)\to 0.
  • • Une courbe a au plus UNE asymptote horizontale ou oblique de chaque côté, jamais les deux du même côté.
  • • f′>0f'>0 donne croissance, f′<0f'<0 donne décroissance. Un changement de signe de f′f' donne un EXTREMUM LOCAL, et c'est le test de la dérivée première.
  • • f′(a)=0f'(a)=0 fait de aa un CANDIDAT, pas un extremum : x3x^{3} en 0 le rappelle.
  • • Test de la dérivée seconde : f′′(a)<0f''(a)<0 donne un maximum, f′′(a)>0f''(a)>0 un minimum. Si f′′(a)=0f''(a)=0, le test est MUET et l'on revient au premier.
  • • f′′>0f''>0 : concave vers le haut, la courbe est au-dessus de ses tangentes. f′′<0f''<0 : concave vers le bas. Le sens de variation de ff ne s'y lit JAMAIS.
  • • Point d'INFLEXION : f′′f'' s'annule ET change de signe. x4x^{4} en 0 montre que la seule annulation ne suffit pas.
  • • EXTREMUMS ABSOLUS sur un intervalle fermé borné : trois sortes de candidats, les points critiques, les points non dérivables, et les BORNES. On compare les valeurs, sans tableau de signes.
  • • Un maximum local n'est absolu que si aucune borne ne le dépasse. Sur un intervalle OUVERT, un extremum absolu peut ne pas exister.
  • • Modèle logistique : point d'inflexion toujours à la MOITIÉ du plafond, et c'est là que le rythme est maximal.
  • • Un coût moyen en Fd+ad+b\dfrac{F}{d}+ad+b a une asymptote verticale, une asymptote oblique, et un minimum où les deux termes variables s'équilibrent.
  • • Le tracé vient de l'étude, jamais d'un tableau de valeurs : dix points ne montrent ni asymptote, ni inflexion, ni extremum exact.

Calculs : les nombres critiques et les inflexions à trouver

Exercice 0.1 : Trouver les nombres critiques et les points d'inflexion : dix calculs directs

Pour chaque fonction, calculez f′f' et f′′f'', trouvez les nombres critiques, c'est-à-dire les valeurs du domaine où f′f' s'annule ou n'existe pas, et les abscisses des points d'inflexion, là où f′′f'' CHANGE DE SIGNE, puis donnez les valeurs demandées.

Trois gestes, toujours dans le même ordre : le domaine d'abord ; puis f′f', mise sous forme factorisée, dont on garde les zéros et les valeurs où elle n'existe pas, à condition qu'ils soient dans le domaine ; puis f′′f'', dont on cherche les zéros en VÉRIFIANT le changement de signe de part et d'autre. Une racine double de f′′f'', ou un changement de signe hors du domaine, ne donne aucune inflexion.

  • a) f(x)=3x2−12x+5f(x)=3x^{2}-12x+5 : le nombre critique, puis le nombre de points d'inflexion.
  • b) f(x)=2x3−3x2−36x+10f(x)=2x^{3}-3x^{2}-36x+10 : le plus petit nombre critique, puis l'abscisse du point d'inflexion.
  • c) f(x)=x3+3x2+6x−1f(x)=x^{3}+3x^{2}+6x-1 : le nombre de nombres critiques, puis l'abscisse du point d'inflexion.
  • d) f(x)=0,5x3−2x2+1,5xf(x)=0{,}5x^{3}-2x^{2}+1{,}5x : les deux nombres critiques.
  • e) f(x)=3x4−4x3−12x2+5f(x)=3x^{4}-4x^{3}-12x^{2}+5 : le plus petit nombre critique, puis la plus grande abscisse d'inflexion.
  • f) f(x)=x4−4x3+6x2f(x)=x^{4}-4x^{3}+6x^{2} : le nombre critique, puis le nombre de points d'inflexion.
  • g) f(x)=2x+18xf(x)=2x+\frac{18}{x} : le plus petit nombre critique, puis le nombre de points d'inflexion.
  • h) f(x)=6x2+3f(x)=\frac{6}{x^{2}+3} : le nombre critique, puis l'abscisse d'inflexion positive.
  • i) f(x)=x2x−2f(x)=\frac{x^{2}}{x-2} : les deux nombres critiques.
  • j) f(x)=x6−xf(x)=x\sqrt{6-x} : le nombre critique où f′f' s'annule, puis celui où f′f' n'existe pas.

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
g)
h)
i)
j)
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Réponses

  • a) f′(x)=6x−12f'(x)=6x-12, f′′(x)=6f''(x)=6 ; critique 22, aucune inflexion
  • b) f′(x)=6(x−3)(x+2)f'(x)=6(x-3)(x+2), f′′(x)=12x−6f''(x)=12x-6 ; critiques −2-2 et 33, inflexion en 12\frac{1}{2}
  • c) f′(x)=3((x+1)2+1)>0f'(x)=3\left((x+1)^{2}+1\right)>0, f′′(x)=6x+6f''(x)=6x+6 ; aucun critique, inflexion en −1-1
  • d) f′(x)=1,5x2−4x+1,5f'(x)=1{,}5x^{2}-4x+1{,}5 ; critiques 4±73≈0,451\frac{4\pm\sqrt{7}}{3}\approx 0{,}451 et 2,2152{,}215
  • e) f′(x)=12x(x−2)(x+1)f'(x)=12x(x-2)(x+1) ; critiques −1-1, 00, 22 ; inflexions 1±73\frac{1\pm\sqrt{7}}{3}, la plus grande ≈1,215\approx 1{,}215
  • f) f′(x)=4x(x2−3x+3)f'(x)=4x(x^{2}-3x+3), f′′(x)=12(x−1)2f''(x)=12(x-1)^{2} ; critique 00, aucune inflexion
  • g) f′(x)=2(x2−9)x2f'(x)=\frac{2(x^{2}-9)}{x^{2}} ; critiques −3-3 et 33, aucune inflexion
  • h) f′(x)=−12x(x2+3)2f'(x)=\frac{-12x}{(x^{2}+3)^{2}}, f′′(x)=36(x2−1)(x2+3)3f''(x)=\frac{36(x^{2}-1)}{(x^{2}+3)^{3}} ; critique 00, inflexions en ±1\pm 1
  • i) f′(x)=x(x−4)(x−2)2f'(x)=\frac{x(x-4)}{(x-2)^{2}} ; critiques 00 et 44, aucune inflexion
  • j) f′(x)=12−3x26−xf'(x)=\frac{12-3x}{2\sqrt{6-x}} ; critiques 44 et 66

Le geste qui décide de tout : FACTORISER f′f' et f′′f'' avant de chercher leurs zéros, puis passer chaque candidat au double filtre, est-il dans le domaine, et pour une inflexion, f′′f'' change-t-elle de signe ? Un zéro de f′′f'' n'est qu'un candidat, exactement comme un zéro de f′f' n'est qu'un candidat à l'extremum.

a)

f′(x)=6x−12f'(x)=6x-12, nulle en x=2x=2 : un seul nombre critique. f′′(x)=6f''(x)=6 ne s'annule jamais et reste positive : la courbe est concave vers le haut partout, sans point d'inflexion. On retrouve le sommet de la parabole, x=−b2a=126=2x=-\frac{b}{2a}=\frac{12}{6}=2.

b)

f′(x)=6x2−6x−36=6(x2−x−6)=6(x−3)(x+2)f'(x)=6x^{2}-6x-36=6(x^{2}-x-6)=6(x-3)(x+2) : nombres critiques −2-2 et 33. f′′(x)=12x−6f''(x)=12x-6, nulle en x=12x=\frac{1}{2}, passe du négatif au positif : inflexion en x=0,5x=0{,}5. Contrôle : pour une cubique, l'inflexion est au milieu des deux nombres critiques, −2+32=0,5\frac{-2+3}{2}=0{,}5.

c)

f′(x)=3x2+6x+6=3(x2+2x+2)f'(x)=3x^{2}+6x+6=3(x^{2}+2x+2), de discriminant 4−8=−4<04-8=-4<0 : f′f' ne s'annule jamais et reste positive, puisque f′(x)=3((x+1)2+1)f'(x)=3\left((x+1)^{2}+1\right). Aucun nombre critique, ff est croissante sur R\mathbb{R}. Pourtant f′′(x)=6x+6f''(x)=6x+6 s'annule et change de signe en x=−1x=-1 : inflexion en x=−1x=-1. Piège : croire qu'une fonction sans nombre critique n'a pas d'inflexion.

d)

f′(x)=1,5x2−4x+1,5f'(x)=1{,}5x^{2}-4x+1{,}5, de discriminant 16−4×1,5×1,5=16−9=716-4\times 1{,}5\times 1{,}5=16-9=7. Donc x=4±72×1,5=4±73x=\frac{4\pm\sqrt{7}}{2\times 1{,}5}=\frac{4\pm\sqrt{7}}{3} : x1≈0,451x_{1}\approx 0{,}451 et x2≈2,215x_{2}\approx 2{,}215. Au passage, f′′(x)=3x−4f''(x)=3x-4 place l'inflexion en x=43x=\frac{4}{3}, au milieu des deux. Piège : diviser par 22 au lieu de 2a=32a=3.

e)

f′(x)=12x3−12x2−24x=12x(x2−x−2)=12x(x−2)(x+1)f'(x)=12x^{3}-12x^{2}-24x=12x(x^{2}-x-2)=12x(x-2)(x+1) : nombres critiques −1-1, 00 et 22. f′′(x)=36x2−24x−24=12(3x2−2x−2)f''(x)=36x^{2}-24x-24=12(3x^{2}-2x-2), de racines x=2±286=1±73x=\frac{2\pm\sqrt{28}}{6}=\frac{1\pm\sqrt{7}}{3}, simples donc avec changement de signe : inflexions en x≈−0,549x\approx -0{,}549 et x≈1,215x\approx 1{,}215. Piège : diviser par xx au lieu de le mettre en facteur, et perdre le nombre critique 00.

f)

f′(x)=4x3−12x2+12x=4x(x2−3x+3)f'(x)=4x^{3}-12x^{2}+12x=4x(x^{2}-3x+3) ; le trinôme a pour discriminant 9−12<09-12<0, donc un seul nombre critique, x=0x=0. f′′(x)=12x2−24x+12=12(x−1)2f''(x)=12x^{2}-24x+12=12(x-1)^{2} s'annule en x=1x=1 mais reste POSITIVE de part et d'autre : la concavité ne change pas, donc aucun point d'inflexion. Piège : déclarer une inflexion partout où f′′=0f''=0, alors que c'est le changement de signe qui compte.

g)

Domaine R∖{0}\mathbb{R}\setminus\{0\}. f′(x)=2−18x2=2(x2−9)x2f'(x)=2-\frac{18}{x^{2}}=\frac{2(x^{2}-9)}{x^{2}}, nulle en x=−3x=-3 et x=3x=3 ; elle n'existe pas en 00, mais 00 n'est pas dans le domaine, donc ce n'est pas un nombre critique. f′′(x)=36x3f''(x)=\frac{36}{x^{3}} ne s'annule jamais ; elle change de signe en 00, hors du domaine, donc aucun point d'inflexion. Plus petit nombre critique : −3-3.

h)

f′(x)=−12x(x2+3)2f'(x)=\frac{-12x}{(x^{2}+3)^{2}}, nulle en x=0x=0 seulement. Règle du quotient pour f′′f'' : f′′(x)=−12(x2+3)2+12x⋅2(x2+3)⋅2x(x2+3)4=−12(x2+3)+48x2(x2+3)3=36(x2−1)(x2+3)3f''(x)=\frac{-12(x^{2}+3)^{2}+12x\cdot 2(x^{2}+3)\cdot 2x}{(x^{2}+3)^{4}}=\frac{-12(x^{2}+3)+48x^{2}}{(x^{2}+3)^{3}}=\frac{36(x^{2}-1)}{(x^{2}+3)^{3}}, après simplification par x2+3x^{2}+3. Elle s'annule et change de signe en x=−1x=-1 et x=1x=1 : inflexion positive en x=1x=1. Piège : oublier le facteur 2x2x de la chaîne en dérivant (x2+3)2(x^{2}+3)^{2}.

i)

Domaine R∖{2}\mathbb{R}\setminus\{2\}. f′(x)=2x(x−2)−x2(x−2)2=x2−4x(x−2)2=x(x−4)(x−2)2f'(x)=\frac{2x(x-2)-x^{2}}{(x-2)^{2}}=\frac{x^{2}-4x}{(x-2)^{2}}=\frac{x(x-4)}{(x-2)^{2}} : nombres critiques 00 et 44, la valeur 22 étant hors du domaine. En écrivant f(x)=x+2+4x−2f(x)=x+2+\frac{4}{x-2}, on obtient f′′(x)=8(x−2)3f''(x)=\frac{8}{(x-2)^{3}}, jamais nulle : aucune inflexion.

j)

Domaine ]−∞ ;6]]-\infty\,;6]. Produit : f′(x)=6−x+x⋅−126−x=2(6−x)−x26−x=12−3x26−xf'(x)=\sqrt{6-x}+x\cdot\frac{-1}{2\sqrt{6-x}}=\frac{2(6-x)-x}{2\sqrt{6-x}}=\frac{12-3x}{2\sqrt{6-x}}. Elle s'annule en x=4x=4 et n'existe pas en x=6x=6, qui EST dans le domaine : deux nombres critiques, 44 et 66. On trouve ensuite f′′(x)=3x−244(6−x)32<0f''(x)=\frac{3x-24}{4(6-x)^{\frac{3}{2}}}<0 sur le domaine : courbe concave vers le bas, sans inflexion. Piège : oublier la borne 66, où la tangente devient verticale.

Contrôle : en chaque nombre critique trouvé, la pente f(a+0,001)−f(a−0,001)0,002\frac{f(a+0{,}001)-f(a-0{,}001)}{0{,}002} calculée à la machine est presque nulle, ou explose quand f′f' n'existe pas ; de part et d'autre d'une abscisse d'inflexion, la pente augmente d'un côté et diminue de l'autre. Si la concavité est la même des deux côtés, le point n'est pas une inflexion.

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Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Le domaine et les trois types d'asymptotes

Une étude de fonction commence toujours par le domaine et finit toujours par le tracé. Entre les deux, les asymptotes disent ce que la courbe fait là où on ne peut pas la suivre : au bord du domaine et à l'infini.

Le coût annuel d'infrastructure par logement desservi vaut g(d)=4 000d+0,9d+120g(d)=\dfrac{4\,000}{d}+0{,}9d+120 dollars, où dd est la densité en logements par hectare.

  • a) Donnez le domaine algébrique de gg et son domaine de validité.
  • b) Calculez lim⁡d→0+g(d)\lim_{d\to 0^{+}}g(d) et nommez l'asymptote correspondante.
  • c) Calculez lim⁡d→+∞g(d)\lim_{d\to +\infty}g(d). Y a-t-il une asymptote horizontale ?
  • d) Montrez que la droite y=0,9d+120y=0{,}9d+120 est asymptote OBLIQUE, et dites de quel côté la courbe s'en approche.
  • e) Donnez une lecture urbanistique des deux asymptotes.

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a)
Domaine de validité ;
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Domaine algébrique R∖{0}\mathbb{R}\setminus\{0\}, domaine de validité ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[.
  • b) +∞+\infty : asymptote verticale d=0d=0.
  • c) +∞+\infty : aucune asymptote horizontale.
  • d) g(d)−(0,9d+120)=4 000d→0+g(d)-(0{,}9d+120)=\dfrac{4\,000}{d}\to 0^{+} : asymptote oblique, courbe au-dessus.
  • e) Très faible densité : le réseau n'est partagé par personne. Très forte densité : il faut construire en hauteur. Donc un minimum entre les deux.
a)

Le seul interdit est d=0d=0, donc le domaine algébrique est R∖{0}\mathbb{R}\setminus\{0\}. Une densité étant positive, le domaine de validité est ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ : c'est lui qu'on étudie.

b)

Quand d→0+d\to 0^{+}, le terme 4 000d\dfrac{4\,000}{d} tend vers +∞+\infty et les deux autres restent bornés, donc g(d)→+∞g(d)\to+\infty. La droite d=0d=0 est une ASYMPTOTE VERTICALE. Le signe est bien +∞+\infty parce que dd approche zéro par valeurs positives, seul côté qui existe dans le contexte.

c)

Quand d→+∞d\to+\infty, 4 000d→0\dfrac{4\,000}{d}\to 0 mais 0,9d→+∞0{,}9d\to+\infty, donc g(d)→+∞g(d)\to+\infty. Il n'y a AUCUNE asymptote horizontale : une asymptote horizontale suppose une limite finie, ce qui n'est pas le cas.

d)

On calcule la différence entre la courbe et la droite : g(d)−(0,9d+120)=4 000dg(d)-(0{,}9d+120)=\dfrac{4\,000}{d}. Cette différence tend vers 0 quand d→+∞d\to+\infty, ce qui est exactement la définition d'une asymptote OBLIQUE. Comme 4 000d>0\dfrac{4\,000}{d}>0 sur le domaine, la courbe reste AU-DESSUS de son asymptote, et s'en rapproche par valeurs supérieures. La méthode générale est celle-ci : on sépare la partie polynomiale de degré 1 du reste, et si le reste tend vers 0, la partie polynomiale est l'asymptote.

e)

L'asymptote verticale dit qu'à très faible densité, le coût par logement explose : chaque maison isolée exige sa propre longueur d'aqueduc, de route et de fil électrique, et il n'y a personne pour la partager. L'asymptote oblique dit qu'à très forte densité le coût par logement ne se stabilise pas, il RECOMMENCE à croître selon une pente de 90 cents par logement et par hectare : il faut construire en hauteur, creuser, renforcer les réseaux. Une courbe qui monte aux deux bouts a nécessairement un minimum entre les deux, et c'est l'objet de l'exercice suivant.

Exercice 2 : Le tableau de variation complet

Le tableau de variation est le produit fini d'une étude : il tient sur trois lignes et il contient tout, le signe de la dérivée, le sens de variation, les valeurs remarquables.

On poursuit l'étude de g(d)=4 000d+0,9d+120g(d)=\dfrac{4\,000}{d}+0{,}9d+120 sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[.

2040608010012014016018020050100150200250300350400450500g(d)d, logements par hectareg(d), en dollars
  • a) Calculez g′(d)g'(d).
  • b) Résolvez g′(d)=0g'(d)=0 sur le domaine, à l'unité près.
  • c) Donnez le signe de g′g' de part et d'autre, et concluez sur le sens de variation.
  • d) Calculez la valeur du minimum, puis vérifiez avec le test de la dérivée seconde.
  • e) Écrivez le tableau de variation en une phrase et donnez la lecture de gestion.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) g′(d)=0,9−4 000d2g'(d)=0{,}9-\dfrac{4\,000}{d^{2}}.
  • b) d=4 0000,9≈66,7d=\sqrt{\dfrac{4\,000}{0{,}9}}\approx 66{,}7 logements par hectare.
  • c) g′<0g'<0 avant, g′>0g'>0 après : minimum absolu.
  • d) g(66,7)=240g(66{,}7)=240 dollars, et g′′(d)=8 000d3>0g''(d)=\dfrac{8\,000}{d^{3}}>0 confirme.
  • e) Décroît de +∞+\infty à 240, puis croît vers +∞+\infty. La courbe est plate autour du minimum : on recommande une PLAGE, de 50 à 90 logements par hectare.
a)

On réécrit g(d)=4 000 d−1+0,9d+120g(d)=4\,000\,d^{-1}+0{,}9d+120, donc g′(d)=−4 000 d−2+0,9=0,9−4 000d2g'(d)=-4\,000\,d^{-2}+0{,}9=0{,}9-\dfrac{4\,000}{d^{2}}, en dollars par logement et par hectare.

b)

0,9−4 000d2=00{,}9-\dfrac{4\,000}{d^{2}}=0 donne d2=4 0000,9≈4 444,4d^{2}=\dfrac{4\,000}{0{,}9}\approx 4\,444{,}4, donc d=4 444,4≈66,7d=\sqrt{4\,444{,}4}\approx 66{,}7 logements par hectare. La racine négative est rejetée par le domaine. On retient environ 67 logements par hectare.

c)

Pour d<66,7d<66{,}7, d2d^{2} est petit donc 4 000d2>0,9\dfrac{4\,000}{d^{2}}>0{,}9 et g′(d)<0g'(d)<0 : la fonction DÉCROÎT. Pour d>66,7d>66{,}7, l'inégalité s'inverse et g′(d)>0g'(d)>0 : la fonction CROÎT. Le point critique est donc un minimum, et il est ABSOLU sur le domaine puisque la fonction décroît strictement avant et croît strictement après.

d)

g(66,7)=4 00066,67+0,9×66,67+120=60+60+120=240g(66{,}7)=\dfrac{4\,000}{66{,}67}+0{,}9\times 66{,}67+120=60+60+120=240 dollars par logement. Les deux termes variables valent exactement 60 chacun, ce qui n'est pas un hasard : au minimum, le terme de réseau partagé et le terme de construction en hauteur s'équilibrent. Test de la dérivée seconde : g′′(d)=8 000d3>0g''(d)=\dfrac{8\,000}{d^{3}}>0 sur tout le domaine, donc la courbe est convexe partout et le point critique est bien un minimum.

e)

Tableau : sur ]0 ;66,7[]0\,;66{,}7[, g′<0g'<0 et gg décroît de +∞+\infty à 240 ; en d≈66,7d\approx 66{,}7, g′=0g'=0 et gg atteint son minimum de 240 dollars ; sur ]66,7 ;+∞[]66{,}7\,;+\infty[, g′>0g'>0 et gg croît de 240 vers +∞+\infty le long de son asymptote oblique. Lecture de gestion : il existe une densité de desserte OPTIMALE, environ 67 logements par hectare, et s'en écarter coûte dans les deux sens. La courbe étant assez plate autour du minimum, g(50)=245g(50)=245 et g(90)≈245g(90)\approx 245 également, la bonne recommandation n'est pas un chiffre mais une PLAGE, de 50 à 90 logements par hectare, ce qui est une information bien plus robuste qu'un optimum au dixième près.

2040608010012014016018020050100150200250300350400450500g(d)(66,7 ; 240)y = 0,9d + 120d, logements par hectareg(d), en dollars

Exercice 3 : Croissance, extremums locaux et test de la dérivée première

Le signe de la dérivée donne le sens de variation, et les changements de signe donnent les extremums. Rien de plus, et surtout rien de moins : un point où la dérivée s'annule n'est pas forcément un extremum.

Un indicateur de fréquentation vaut V(t)=t3−24t2+180t+400V(t)=t^{3}-24t^{2}+180t+400, tt mois après une réforme, pour 0≤t≤160\le t\le 16.

2468101214163004005006007008009001000110012001300V(t)t, en moisV(t)
  • a) Calculez V′(t)V'(t) et factorisez-la.
  • b) Donnez les points critiques et le signe de V′V' sur chaque intervalle.
  • c) Déduisez-en le sens de variation et la nature de chaque point critique.
  • d) Calculez V(6)V(6) et V(10)V(10).
  • e) Ces deux extremums sont-ils absolus sur [0 ;16][0\,;16] ? Justifiez par le calcul.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) V′(t)=3(t−6)(t−10)V'(t)=3(t-6)(t-10).
  • b) Points critiques 6 et 10 ; V′>0V'>0, puis V′<0V'<0, puis V′>0V'>0.
  • c) Croît, décroît, croît : maximum local en 6, minimum local en 10.
  • d) V(6)=832V(6)=832 et V(10)=800V(10)=800.
  • e) Non : V(0)=400V(0)=400 et V(16)=1 232V(16)=1\,232 sont le minimum et le maximum absolus.
a)

V′(t)=3t2−48t+180=3 (t2−16t+60)=3 (t−6)(t−10)V'(t)=3t^{2}-48t+180=3\,(t^{2}-16t+60)=3\,(t-6)(t-10), la factorisation venant de 6+10=166+10=16 et 6×10=606\times 10=60. En dériver la forme factorisée est ce qui rend l'étude de signe immédiate ; garder la forme développée oblige à un tableau de discriminant.

b)

Les points critiques sont t=6t=6 et t=10t=10. Le produit (t−6)(t−10)(t-6)(t-10) est POSITIF à l'extérieur des racines et NÉGATIF entre elles, et le facteur 3 ne change rien. Donc V′>0V'>0 sur [0 ;6[[0\,;6[, V′<0V'<0 sur ]6 ;10[]6\,;10[ et V′>0V'>0 sur ]10 ;16]]10\,;16].

c)

VV croît sur [0 ;6][0\,;6], décroît sur [6 ;10][6\,;10], puis croît sur [10 ;16][10\,;16]. En t=6t=6, la dérivée passe du positif au négatif : c'est un MAXIMUM local. En t=10t=10, elle passe du négatif au positif : c'est un MINIMUM local. C'est le test de la dérivée première, et il ne demande aucune dérivée seconde.

d)

V(6)=216−864+1 080+400=832V(6)=216-864+1\,080+400=832 et V(10)=1 000−2 400+1 800+400=800V(10)=1\,000-2\,400+1\,800+400=800. L'écart entre le sommet et le creux n'est que de 32 points : la réforme a produit un pic puis un léger repli, et non l'effondrement qu'un graphique mal cadré pourrait suggérer.

e)

NON, et c'est le piège de l'exercice. Il faut comparer aux valeurs des BORNES : V(0)=400V(0)=400 et V(16)=4 096−6 144+2 880+400=1 232V(16)=4\,096-6\,144+2\,880+400=1\,232. Le maximum absolu vaut donc 1 2321\,232, atteint en t=16t=16, et non 832 ; le minimum absolu vaut 400, atteint en t=0t=0, et non 800. Les deux extremums LOCAUX ne sont ni l'un ni l'autre absolus. Le mot « local » n'est pas un ornement de vocabulaire : il signifie que la comparaison n'a été faite qu'avec les voisins immédiats, et l'exercice 7 en tirera la méthode complète.

2468101214163004005006007008009001000110012001300V(t)max local (6 ; 832)min local (10 ; 800)inflexiont, en moisV(t)

Exercice 4 : Concavité, inflexion, et le test qui reste muet

La dérivée seconde décide de la forme du creux ou de la bosse, donne le point d'inflexion, et fournit un test rapide de la nature d'un point critique. Ce test a un défaut, et il faut le connaître avant l'examen.

On poursuit avec V(t)=t3−24t2+180t+400V(t)=t^{3}-24t^{2}+180t+400 sur [0 ;16][0\,;16].

  • a) Calculez V′′(t)V''(t) et donnez son signe sur [0 ;16][0\,;16].
  • b) Déterminez le point d'inflexion et calculez son ordonnée.
  • c) Appliquez le test de la dérivée seconde aux deux points critiques t=6t=6 et t=10t=10.
  • d) Appliquez le même test à f(x)=x4f(x)=x^{4} puis à h(x)=x3h(x)=x^{3} en x=0x=0. Que se passe-t-il ?
  • e) Énoncez la règle qui en découle, et dites quel test employer quand l'autre échoue.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) V′′(t)=6(t−8)V''(t)=6(t-8) : négative avant 8, positive après.
  • b) Inflexion en t=8t=8, d'ordonnée V(8)=816V(8)=816.
  • c) V′′(6)=−12<0V''(6)=-12<0 donc maximum ; V′′(10)=12>0V''(10)=12>0 donc minimum.
  • d) Le test est muet dans les deux cas, alors que x4x^{4} a un minimum et x3x^{3} n'a pas d'extremum.
  • e) Quand la dérivée seconde s'annule, on revient au test de la dérivée première, qui conclut toujours.
a)

V′(t)=3t2−48t+180V'(t)=3t^{2}-48t+180, donc V′′(t)=6t−48=6 (t−8)V''(t)=6t-48=6\,(t-8). Elle est NÉGATIVE sur [0 ;8[[0\,;8[ et POSITIVE sur ]8 ;16]]8\,;16]. La courbe est donc concave vers le bas avant t=8t=8, et concave vers le haut après.

b)

V′′V'' s'annule en t=8t=8 ET y change de signe, donc t=8t=8 est un POINT D'INFLEXION. Son ordonnée vaut V(8)=512−1 536+1 440+400=816V(8)=512-1\,536+1\,440+400=816. Les deux conditions sont nécessaires : une dérivée seconde qui s'annule sans changer de signe ne donne pas d'inflexion, comme le montrera la question d).

c)

V′′(6)=6×(−2)=−12<0V''(6)=6\times(-2)=-12<0, donc la courbe est concave vers le bas en ce point : t=6t=6 est un MAXIMUM local. V′′(10)=6×2=12>0V''(10)=6\times 2=12>0, concavité vers le haut : t=10t=10 est un MINIMUM local. On retrouve les conclusions de l'exercice 3 en deux évaluations, sans aucun tableau de signes. C'est l'intérêt du test, et c'est pour cela qu'on l'emploie quand la dérivée seconde est facile à calculer.

d)

Pour f(x)=x4f(x)=x^{4} : f′(x)=4x3f'(x)=4x^{3} s'annule en 0, et f′′(x)=12x2f''(x)=12x^{2} y vaut AUSSI 0. Le test ne conclut pas. Pourtant f(x)=x4>0f(x)=x^{4}>0 pour tout x≠0x\ne 0, donc x=0x=0 est un minimum. Pour h(x)=x3h(x)=x^{3} : h′(x)=3x2h'(x)=3x^{2} et h′′(x)=6xh''(x)=6x s'annulent toutes deux en 0, le test ne conclut pas non plus, et cette fois x=0x=0 n'est PAS un extremum, puisque hh est strictement croissante. Deux situations opposées, un même verdict du test : il est MUET.

e)

La règle : quand f′′(a)=0f''(a)=0 en un point critique, le test de la dérivée seconde ne dit rien, ni dans un sens ni dans l'autre. Il faut alors revenir au TEST DE LA DÉRIVÉE PREMIÈRE, qui examine le SIGNE de f′f' de part et d'autre du point et qui, lui, conclut toujours. Pour x4x^{4}, f′f' passe du négatif au positif, donc minimum ; pour x3x^{3}, f′f' reste positive des deux côtés, donc pas d'extremum. Le test de la dérivée première est plus lent et jamais muet ; celui de la dérivée seconde est rapide et faillible. En examen, on commence par le second et l'on se rabat sur le premier dès qu'on obtient zéro.

Exercice 5 : L'étude d'un modèle logistique

Le modèle logistique décrit tout ce qui se diffuse dans une population fermée : un service, une pratique, une idée. Son étude complète tient en quatre nombres, et le plus utile des quatre n'est pas le plafond.

Les adoptions cumulées d'un service valent N(t)=9 0001+29 e−0,5tN(t)=\dfrac{9\,000}{1+29\,e^{-0{,}5t}}, tt en mois.

24681012141610002000300040005000600070008000900010000N(t)t, en moisN(t), adoptions
  • a) Calculez N(0)N(0) et lim⁡t→+∞N(t)\lim_{t\to+\infty}N(t).
  • b) Montrez que N′(t)=130 500 e−0,5t(1+29 e−0,5t)2N'(t)=\dfrac{130\,500\,e^{-0{,}5t}}{\bigl(1+29\,e^{-0{,}5t}\bigr)^{2}} et donnez son signe.
  • c) Le point d'inflexion est atteint quand 29 e−0,5t=129\,e^{-0{,}5t}=1. Calculez sa date et l'ordonnée correspondante.
  • d) Calculez le rythme d'adoption au point d'inflexion.
  • e) Quelle est, pour une campagne de diffusion, l'information la plus utile de cette étude ?

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a)
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Réponses

  • a) N(0)=300N(0)=300 adoptions et plafond 9 0009\,000.
  • b) N′(t)=130 500 e−0,5t(1+29e−0,5t)2>0N'(t)=\dfrac{130\,500\,e^{-0{,}5t}}{\bigl(1+29e^{-0{,}5t}\bigr)^{2}}>0 partout.
  • c) t=2ln⁡29≈6,73t=2\ln 29\approx 6{,}73 mois, à 4 5004\,500 adoptions, soit la moitié du plafond.
  • d) 1 1251\,125 adoptions par mois, c'est le rythme maximal.
  • e) La date de l'inflexion : c'est là que l'efficacité de la campagne cesse de croître.
a)

N(0)=9 0001+29=9 00030=300N(0)=\dfrac{9\,000}{1+29}=\dfrac{9\,000}{30}=300 adoptions au lancement. Quand t→+∞t\to+\infty, e−0,5t→0e^{-0{,}5t}\to 0, donc le dénominateur tend vers 1 et N(t)→9 000N(t)\to 9\,000. La droite y=9 000y=9\,000 est l'asymptote horizontale, c'est-à-dire la taille du marché atteignable.

b)

On dérive N(t)=9 000 (1+29e−0,5t)−1N(t)=9\,000\,\bigl(1+29e^{-0{,}5t}\bigr)^{-1} par la règle de chaîne : N′(t)=−9 000 (1+29e−0,5t)−2×29×(−0,5) e−0,5tN'(t)=-9\,000\,\bigl(1+29e^{-0{,}5t}\bigr)^{-2}\times 29\times(-0{,}5)\,e^{-0{,}5t}. Les deux signes moins se compensent et 9 000×29×0,5=130 5009\,000\times 29\times 0{,}5=130\,500, d'où le résultat. Le numérateur est strictement positif et le dénominateur est un carré, donc N′>0N'>0 partout : les adoptions cumulées ne peuvent que croître, ce qui est le propre d'un cumul.

c)

29 e−0,5t=129\,e^{-0{,}5t}=1 donne e−0,5t=129e^{-0{,}5t}=\dfrac{1}{29}, donc −0,5t=−ln⁡29-0{,}5t=-\ln 29 et t=2ln⁡29≈2×3,367=6,73t=2\ln 29\approx 2\times 3{,}367=6{,}73 mois. L'ordonnée vaut alors N=9 0001+1=4 500N=\dfrac{9\,000}{1+1}=4\,500, exactement la MOITIÉ du plafond. C'est une propriété générale du modèle logistique : son point d'inflexion est toujours à mi-hauteur.

d)

N′(6,73)=130 500×129(1+1)2=4 5004=1 125N'(6{,}73)=\dfrac{130\,500\times\frac{1}{29}}{(1+1)^{2}}=\dfrac{4\,500}{4}=1\,125 adoptions par mois. C'est le rythme MAXIMAL : avant, la diffusion s'accélère ; après, elle ralentit, tout en restant positive.

e)

Ce n'est pas le plafond, que tout le monde devine, c'est la DATE du point d'inflexion. Elle dit à quel moment la campagne cesse de gagner en efficacité : jusqu'au septième mois, chaque mois recrute plus que le précédent, et le budget promotionnel se justifie de lui-même ; après, le même effort produit de moins en moins, parce qu'il reste de moins en moins de gens à convaincre. La décision de réduire ou de réorienter la dépense se prend donc autour de t=6,7t=6{,}7, et non quand la courbe semble plate, ce qui arriverait trop tard. Il faut aussi noter que ce modèle est une hypothèse, pas une observation : le plafond de 9 000 et le coefficient 0,50{,}5 ont été ajustés sur les premiers mois, donc la date d'inflexion doit être recalculée à mesure que les données arrivent.

24681012141610002000300040005000600070008000900010000N(t)inflexion (6,7 ; 4 500)plafond 9 000t, en moisN(t), adoptions

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Lire la fonction à partir de sa dérivée

Un institut statistique publie souvent le RYTHME d'un indicateur plutôt que l'indicateur lui-même : variation mensuelle de l'emploi, rythme d'inflation, flux de nouveaux dossiers. Il faut alors remonter de la dérivée à la fonction.

Le graphique donne f′(t)=0,2 (t−2)(t−7)f'(t)=0{,}2\,(t-2)(t-7), le rythme mensuel de variation d'un indicateur, tt en mois.

−112345678910−2−112345t, en moisrythme f'(t), en points par mois
  • a) Donnez le signe de f′f' sur [0 ;10][0\,;10] et déduisez-en le sens de variation de ff.
  • b) Donnez la nature de ff en t=2t=2 et en t=7t=7.
  • c) En quel mois l'indicateur baisse-t-il le plus vite ? Justifiez sans calculer ff.
  • d) Que représente le nombre f′(0)=2,8f'(0)=2{,}8 ?
  • e) Un lecteur conclut que « l'indicateur est nul en t=2t=2 et en t=7t=7 ». Corrigez.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) f′>0f'>0, puis f′<0f'<0, puis f′>0f'>0 : ff croît, décroît, puis croît.
  • b) Maximum local en t=2t=2, minimum local en t=7t=7.
  • c) En t=4,5t=4{,}5, où f′=−1,25f'=-1{,}25 point par mois ; c'est aussi l'inflexion de ff.
  • d) Le rythme initial, 2,82{,}8 point par mois, et non la valeur initiale.
  • e) C'est le RYTHME qui s'annule : l'indicateur y fait un plat, il n'y est pas nul.
a)

Le produit (t−2)(t−7)(t-2)(t-7) est positif à l'extérieur des racines et négatif entre elles, et le facteur 0,20{,}2 ne change rien. Donc f′>0f'>0 sur [0 ;2[[0\,;2[, f′<0f'<0 sur ]2 ;7[]2\,;7[ et f′>0f'>0 sur ]7 ;10]]7\,;10]. L'indicateur ff CROÎT sur [0 ;2][0\,;2], DÉCROÎT sur [2 ;7][2\,;7], puis croît de nouveau sur [7 ;10][7\,;10].

b)

En t=2t=2, f′f' passe du positif au négatif : ff y atteint un MAXIMUM local. En t=7t=7, f′f' passe du négatif au positif : ff y atteint un MINIMUM local. Ces deux conclusions se lisent uniquement sur les changements de SIGNE de la courbe donnée, et non sur sa hauteur.

c)

L'indicateur baisse le plus vite là où f′f' est la plus NÉGATIVE, c'est-à-dire au minimum de la parabole tracée. Une parabole a son sommet au milieu de ses racines : 2+72=4,5\dfrac{2+7}{2}=4{,}5, et f′(4,5)=0,2×2,5×(−2,5)=−1,25f'(4{,}5)=0{,}2\times 2{,}5\times(-2{,}5)=-1{,}25 point par mois. Au passage, ce point est un POINT D'INFLEXION de ff : f′′f'', qui est la pente de la courbe tracée, y change de signe.

d)

f′(0)=0,2×(−2)×(−7)=2,8f'(0)=0{,}2\times(-2)\times(-7)=2{,}8 est le RYTHME initial de l'indicateur, en points par mois. Ce n'est pas la valeur de l'indicateur au départ : le graphique ne la donne pas, et aucune lecture ne peut la fournir. Une dérivée détermine une fonction à une constante près, et seule une donnée supplémentaire, la valeur en un point, permettrait de fixer cette constante.

e)

Le lecteur a confondu ff et f′f'. Ce qui s'annule en t=2t=2 et en t=7t=7, c'est le RYTHME : l'indicateur cesse d'y varier, il fait un plat, puis il repart. L'indicateur lui-même n'y est ni nul ni remarquable en valeur ; il y atteint simplement son maximum et son minimum locaux. La confusion est la plus fréquente qui soit devant un graphique publié, et elle a une conséquence concrète : annoncer que l'emploi est nul parce que sa variation mensuelle est nulle n'a évidemment aucun sens, et pourtant la phrase s'écrit sans qu'on y prenne garde. La règle est de toujours vérifier, sur l'axe des ordonnées, ce que la courbe MESURE.

Exercice 7 : Les extremums absolus et les trois sortes de candidats

Une décision porte toujours sur un intervalle borné : un budget entre deux plafonds, un prix entre deux limites, une période entre deux dates. Sur un tel intervalle, le meilleur choix se trouve par une liste finie de candidats, et il suffit de les comparer.

On reprend V(t)=t3−24t2+180t+400V(t)=t^{3}-24t^{2}+180t+400, dont les points critiques sont t=6t=6 et t=10t=10.

  • a) Quelles sont les trois sortes de candidats à un extremum absolu sur un intervalle fermé borné ?
  • b) Dressez la liste des candidats sur [0 ;16][0\,;16].
  • c) Calculez les quatre valeurs et donnez le maximum et le minimum absolus.
  • d) Recommencez sur [5 ;11][5\,;11].
  • e) Sur l'intervalle OUVERT ]0 ;16[]0\,;16[, le maximum absolu existe-t-il ? Justifiez.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Points critiques, points non dérivables, bornes de l'intervalle.
  • b) t=0t=0, t=6t=6, t=10t=10 et t=16t=16 : quatre candidats.
  • c) Maximum absolu 1 2321\,232 en t=16t=16, minimum absolu 400 en t=0t=0.
  • d) V(5)=825V(5)=825 et V(11)=807V(11)=807 : maximum 832 en t=6t=6, minimum 800 en t=10t=10.
  • e) Non : la borne 16 est exclue et la fonction y croît, donc la valeur n'est jamais atteinte.
a)

Premièrement les POINTS CRITIQUES, où f′f' s'annule. Deuxièmement les points où ff n'est PAS DÉRIVABLE, pointe, saut ou tangente verticale, vus au chapitre 3. Troisièmement les BORNES de l'intervalle. Oublier la troisième sorte est l'erreur la plus fréquente, et l'exercice 3 en a déjà donné un exemple.

b)

VV est un polynôme, donc dérivable partout : la deuxième sorte est vide. Restent les points critiques t=6t=6 et t=10t=10, et les bornes t=0t=0 et t=16t=16. La liste compte donc quatre candidats.

c)

V(0)=400V(0)=400, V(6)=832V(6)=832, V(10)=800V(10)=800, V(16)=1 232V(16)=1\,232. Le MAXIMUM absolu vaut 1 2321\,232, atteint en t=16t=16, et le MINIMUM absolu vaut 400, atteint en t=0t=0. Les deux extremums absolus sont donc aux bornes, et aucun des deux points critiques n'en est un. Il faut noter que la méthode ne demande AUCUN tableau de signes : on compare quatre nombres, et c'est tout.

d)

Sur [5 ;11][5\,;11], les candidats sont les bornes 5 et 11 et les deux points critiques, qui appartiennent toujours à l'intervalle. V(5)=125−600+900+400=825V(5)=125-600+900+400=825 et V(11)=1 331−2 904+1 980+400=807V(11)=1\,331-2\,904+1\,980+400=807. En comparant 825, 832, 800 et 807 : le maximum absolu vaut 832 en t=6t=6 et le minimum absolu vaut 800 en t=10t=10. Le même problème sur un autre intervalle donne donc une autre réponse, et cette fois ce sont les points critiques qui l'emportent.

e)

NON. Sur ]0 ;16[]0\,;16[, la borne 16 est exclue, or VV est strictement croissante sur [10 ;16][10\,;16] : on peut donc s'approcher de 1 2321\,232 autant qu'on veut sans jamais l'atteindre. La valeur V(6)=832V(6)=832 est bien le plus grand maximum LOCAL, mais elle est inférieure à V(15)=1 075V(15)=1\,075, donc ce n'est pas un maximum absolu. Aucun maximum absolu n'existe sur l'intervalle ouvert. C'est pourquoi le théorème garantissant l'existence des extremums exige un intervalle FERMÉ et BORNÉ, et une fonction CONTINUE : trois hypothèses dont aucune n'est décorative, comme pour le théorème des valeurs intermédiaires du chapitre 2.

2468101214163004005006007008009001000110012001300V(t)min absolu 400832800max absolu 1 232t, en moisV(t)

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune de ces cinq phrases a été entendue en classe. Dites si elle est vraie ou fausse, et si elle est fausse, écrivez l'énoncé correct.

Une correction qui se contente de dire « faux » ne vaut aucun point : c'est la phrase juste qui est demandée.

  • a) Si f′(a)=0f'(a)=0, alors ff admet un extremum en aa.
  • b) Une courbe peut avoir une asymptote horizontale et une asymptote oblique du même côté.
  • c) Un point d'inflexion est un point où f′′f'' s'annule.
  • d) Un maximum local est toujours un maximum absolu.
  • e) Pour tracer une courbe, il suffit de calculer une dizaine de points et de les relier.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Faux : x3x^{3} a f′(0)=0f'(0)=0 sans extremum. C'est un point critique, donc un candidat.
  • b) Faux : les deux supposent des limites incompatibles du même côté.
  • c) Faux : il faut que f′′f'' s'annule ET change de signe.
  • d) Faux : V(6)=832V(6)=832 est un maximum local dépassé par V(16)=1 232V(16)=1\,232.
  • e) Faux : on trace à partir de l'étude, et les points ne servent qu'à placer la courbe.
a)

FAUX. f(x)=x3f(x)=x^{3} a f′(0)=0f'(0)=0 et aucun extremum en 0, puisqu'elle est strictement croissante. Un point où la dérivée s'annule s'appelle un POINT CRITIQUE ou point stationnaire, et il est seulement CANDIDAT. Énoncé correct : si ff admet un extremum en un point intérieur où elle est dérivable, alors f′(a)=0f'(a)=0 ; la réciproque est fausse.

b)

FAUX, et c'est impossible du même côté. Une asymptote horizontale suppose lim⁡f=L\lim f=L finie ; une asymptote oblique de pente non nulle suppose lim⁡f=±∞\lim f=\pm\infty. Les deux limites ne peuvent pas coexister en +∞+\infty. Énoncé correct : une courbe a au plus UNE asymptote de ce genre de chaque côté, horizontale ou oblique, jamais les deux. Elle peut en revanche avoir une horizontale en −∞-\infty et une oblique en +∞+\infty.

c)

FAUX, il manque la condition décisive. Il faut que f′′f'' s'annule ET CHANGE DE SIGNE. Contre-exemple : f(x)=x4f(x)=x^{4} a f′′(x)=12x2f''(x)=12x^{2}, qui s'annule en 0 sans changer de signe, et la courbe y reste convexe de part et d'autre : ce n'est pas une inflexion. Énoncé correct : un point d'inflexion est un point où la CONCAVITÉ change, ce que signale un changement de signe de f′′f''.

d)

FAUX. L'exercice 7 en donne le contre-exemple : sur [0 ;16][0\,;16], le maximum local V(6)=832V(6)=832 est largement dépassé par V(16)=1 232V(16)=1\,232. Énoncé correct : un maximum local n'est comparé qu'à ses voisins immédiats ; pour un maximum absolu, il faut comparer tous les candidats de l'intervalle, bornes comprises.

e)

FAUX, et c'est la raison d'être de tout le chapitre. Un tableau de valeurs ne montre ni les asymptotes, ni les points d'inflexion, ni les extremums exacts, et il peut manquer entièrement une variation rapide entre deux points calculés. Pour g(d)=4 000d+0,9d+120g(d)=\dfrac{4\,000}{d}+0{,}9d+120, une dizaine de points ne révélerait ni l'asymptote verticale en d=0d=0, ni l'asymptote oblique, ni le minimum exact à 4 000/0,9\sqrt{4\,000/0{,}9}. Énoncé correct : on trace une courbe à partir de son ÉTUDE, domaine, limites, asymptotes, signe de f′f', signe de f′′f'', et les points calculés ne servent qu'à placer la courbe une fois sa forme connue.

Exercice 9 : Problème : la courbe de la recette fiscale

Une recette fiscale est le produit d'un taux par une base taxable, et la base diminue quand le taux monte : moins d'heures déclarées, plus d'évitement, moins d'activité. Le produit de deux effets contraires a un maximum, et c'est toute l'étude de fonction du chapitre appliquée à une question de politique publique.

On modélise la base taxable par B(τ)=90 (1−τ)2B(\tau)=90\,(1-\tau)^{2} milliards de dollars, où τ\tau est le taux d'imposition, entre 0 et 1. La recette vaut R(τ)=τ B(τ)R(\tau)=\tau\,B(\tau).

0,10,20,30,40,50,60,70,80,91123456789101112131415R(τ)τ, taux d'impositionR(τ), milliards de dollars
  • a) Développez R(τ)R(\tau) et donnez R(0)R(0) et R(1)R(1).
  • b) Calculez R′(τ)R'(\tau) et factorisez-la.
  • c) Déterminez le taux qui maximise la recette et la recette correspondante, au centième.
  • d) Vérifiez la nature du point par la dérivée seconde, et trouvez le point d'inflexion.
  • e) Le gouvernement impose actuellement à 55 %. Une baisse de taux augmenterait-elle la recette ? Et à 20 % ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) R(τ)=90τ−180τ2+90τ3R(\tau)=90\tau-180\tau^{2}+90\tau^{3}, avec R(0)=R(1)=0R(0)=R(1)=0.
  • b) R′(τ)=90 (1−τ)(1−3τ)R'(\tau)=90\,(1-\tau)(1-3\tau).
  • c) τ=13≈33,33\tau=\dfrac{1}{3}\approx 33{,}33 %, pour R≈13,33R\approx 13{,}33 milliards.
  • d) R′′(13)=−180<0R''\left(\frac{1}{3}\right)=-180<0 : maximum. Inflexion en τ=23\tau=\dfrac{2}{3}, à 6,676{,}67 milliards.
  • e) À 55 % oui, la branche est décroissante ; à 20 % non, on est avant le sommet.
a)

R(τ)=90τ (1−τ)2=90τ (1−2τ+τ2)=90τ−180τ2+90τ3R(\tau)=90\tau\,(1-\tau)^{2}=90\tau\,(1-2\tau+\tau^{2})=90\tau-180\tau^{2}+90\tau^{3} milliards de dollars. R(0)=0R(0)=0 : un taux nul ne rapporte rien. R(1)=90−180+90=0R(1)=90-180+90=0 : un taux de 100 % ne rapporte rien non plus, parce que la base taxable s'effondre à zéro. Les deux bouts valent zéro, donc il existe nécessairement un maximum entre les deux.

b)

R′(τ)=90−360τ+270τ2R'(\tau)=90-360\tau+270\tau^{2}. On peut factoriser directement par la règle du produit : R′(τ)=90 (1−τ)2+90τ×2(1−τ)(−1)=90 (1−τ)[(1−τ)−2τ]=90 (1−τ)(1−3τ)R'(\tau)=90\,(1-\tau)^{2}+90\tau\times 2(1-\tau)(-1)=90\,(1-\tau)\bigl[(1-\tau)-2\tau\bigr]=90\,(1-\tau)(1-3\tau). La forme factorisée donne les racines sans discriminant : τ=1\tau=1 et τ=13\tau=\dfrac{1}{3}.

c)

Sur ]0 ;1[]0\,;1[, le facteur (1−τ)(1-\tau) est positif, donc le signe de R′R' est celui de (1−3τ)(1-3\tau) : positif pour τ<13\tau<\dfrac{1}{3}, négatif au-delà. La recette croît puis décroît : le maximum est en τ=13≈33,3\tau=\dfrac{1}{3}\approx 33{,}3 %. Sa valeur vaut R ⁣(13)=90×13×(23)2=90×13×49=36027≈13,33R\!\left(\dfrac{1}{3}\right)=90\times\dfrac{1}{3}\times\left(\dfrac{2}{3}\right)^{2}=90\times\dfrac{1}{3}\times\dfrac{4}{9}=\dfrac{360}{27}\approx 13{,}33 milliards de dollars.

d)

R′′(τ)=−360+540τR''(\tau)=-360+540\tau. En τ=13\tau=\dfrac{1}{3} : R′′=−360+180=−180<0R''=-360+180=-180<0, donc il s'agit bien d'un maximum. R′′R'' s'annule en τ=360540=23≈66,7\tau=\dfrac{360}{540}=\dfrac{2}{3}\approx 66{,}7 %, et y change de signe : c'est le point d'INFLEXION, d'ordonnée R ⁣(23)=90×23×19=203≈6,67R\!\left(\dfrac{2}{3}\right)=90\times\dfrac{2}{3}\times\dfrac{1}{9}=\dfrac{20}{3}\approx 6{,}67 milliards. Au-delà de ce taux, la recette continue de baisser mais la baisse ralentit.

e)

À 55 %, le taux est au-dessus de 33,333{,}3 % : la recette est sur la branche DÉCROISSANTE, donc baisser le taux l'augmenterait. On peut le chiffrer : R(0,55)=90×0,55×0,452≈10,02R(0{,}55)=90\times 0{,}55\times 0{,}45^{2}\approx 10{,}02 milliards, contre 13,3313{,}33 à 33,333{,}3 %. À 20 %, en revanche, le taux est au-dessous du maximum : baisser encore ferait BAISSER la recette, R(0,20)=90×0,20×0,64=11,52R(0{,}20)=90\times 0{,}20\times 0{,}64=11{,}52 milliards contre 13,3313{,}33 au sommet. La même phrase, « baisser les impôts augmente les recettes », est donc vraie d'un côté du sommet et fausse de l'autre, et tout le débat consiste à savoir de quel côté on se trouve. Il faut enfin rappeler que le modèle de base taxable, 90 (1−τ)290\,(1-\tau)^{2}, est une HYPOTHÈSE : changer son exposant déplace le sommet, et aucune donnée n'est fournie ici pour le justifier. Une étude de fonction impeccable sur un modèle non vérifié reste une étude de fonction impeccable, rien de plus.

0,10,20,30,40,50,60,70,80,91123456789101112131415R(τ)max (1/3 ; 13,33)inflexion (2/3 ; 6,67)20 %55 %τ, taux d'impositionR(τ), milliards de dollars

Exercice 10 : Problème : critiquer un tableau de variation publié

Voici un extrait d'annexe méthodologique d'un rapport. Trois affirmations sur quatre y sont fausses, et la dernière est incompatible avec les autres. Tout l'exercice consiste à démonter le paragraphe puis à le réécrire.

« La fonction ff est définie et dérivable sur [0 ;20][0\,;20]. On a f′(t)>0f'(t)>0 sur [0 ;8[[0\,;8[ et f′(t)<0f'(t)<0 sur ]8 ;20]]8\,;20], donc ff admet un minimum en t=8t=8. Par ailleurs f′′(t)<0f''(t)<0 sur tout l'intervalle, donc ff est décroissante. Enfin f(8)=140f(8)=140 et f(20)=165f(20)=165. »

  • a) La conclusion « ff admet un minimum en t=8t=8 » est-elle correcte ? Corrigez.
  • b) L'affirmation « f′′(t)<0f''(t)<0 donc ff est décroissante » est-elle correcte ? Corrigez.
  • c) Les valeurs f(8)=140f(8)=140 et f(20)=165f(20)=165 sont-elles compatibles avec le signe annoncé de f′f' ?
  • d) En supposant le signe de f′f' correct et f(8)=140f(8)=140, que peut-on affirmer sur f(20)f(20) ?
  • e) Réécrivez le paragraphe en trois phrases correctes.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Fausse : une dérivée qui passe du positif au négatif donne un MAXIMUM.
  • b) Fausse : f′′<0f''<0 dit que la courbe est concave vers le bas, pas que ff décroît.
  • c) Incompatibles : f′<0f'<0 sur ]8 ;20]]8\,;20] impose f(20)<140f(20)<140.
  • d) f(20)<140f(20)<140, et la concavité indique que la baisse s'accélère.
  • e) Croissance puis décroissance, maximum de 140 en t=8t=8, concavité vers le bas, donc f(20)<140f(20)<140.
a)

Non. Une dérivée qui passe du POSITIF au NÉGATIF signale un MAXIMUM, pas un minimum : la fonction monte jusqu'en t=8t=8 puis redescend. Le rédacteur a inversé le test de la dérivée première. La phrase correcte est : ff admet un maximum en t=8t=8.

b)

Non, et la confusion porte sur l'ordre de dérivation. f′′<0f''<0 dit que f′f' DÉCROÎT, c'est-à-dire que la courbe est concave vers le bas ; le sens de variation de ff se lit sur le signe de f′f', pas sur celui de f′′f''. D'ailleurs le paragraphe annonce lui-même f′>0f'>0 sur [0 ;8[[0\,;8[, donc ff y CROÎT. La phrase correcte est : f′′<0f''<0 sur [0 ;20][0\,;20], donc ff est concave vers le bas sur tout l'intervalle. Au passage, cette concavité est parfaitement cohérente avec le reste : une dérivée qui décroît en changeant de signe une seule fois est exactement ce que décrit le paragraphe, et c'est la seule affirmation juste qu'il contienne.

c)

Non, elles sont incompatibles. Si f′<0f'<0 sur ]8 ;20]]8\,;20], alors ff décroît strictement sur cet intervalle, donc f(20)<f(8)=140f(20)<f(8)=140. Or le rapport annonce f(20)=165f(20)=165, une valeur SUPÉRIEURE. Deux affirmations du paragraphe se contredisent, et aucune donnée supplémentaire ne peut les réconcilier : l'une des deux est fausse, et il faut retourner aux données pour savoir laquelle.

d)

On peut affirmer que f(20)<140f(20)<140, et rien de plus précis sans connaître f′f' en détail. C'est déjà une information utile : elle suffit à rejeter la valeur 165, et elle donne une borne supérieure à toute prévision. On peut y ajouter une conséquence de la concavité : f′f' décroissant sur ]8 ;20]]8\,;20], la baisse s'ACCÉLÈRE, donc f(20)f(20) est probablement nettement inférieure à 140, et non juste en dessous.

e)

Voici un paragraphe correct : « La fonction ff est définie et dérivable sur [0 ;20][0\,;20]. Elle croît sur [0 ;8][0\,;8] et décroît sur [8 ;20][8\,;20], donc elle admet un maximum en t=8t=8, où f(8)=140f(8)=140. Comme f′′<0f''<0 sur tout l'intervalle, la courbe est concave vers le bas : la croissance ralentit avant le sommet et la décroissance s'accentue après, de sorte que f(20)<140f(20)<140. » Trois phrases, aucune contradiction, et chaque affirmation rattachée à la bonne dérivée. C'est le format attendu de toute annexe méthodologique, et c'est le produit fini du chapitre.

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