Calcul différentiel 201-103 • Sciences humaines au cégep à Montréal
Fiche de révision : exponentielle et logarithme (201-103)
C'est le chapitre le plus utile du cours pour la suite des études : croissance démographique, intérêt composé, décroissance de la mémoire, diffusion d'une innovation. Tout y passe par la même idée, un taux relatif constant, et par la même erreur, la règle de la puissance appliquée à une variable qui est à l'exposant.
Cette fiche donne les sept règles de dérivation avec un calcul chiffré sous chacune, les deux règles qui n'existent pas, et les trois outils d'interprétation qu'un examen de 201-103 demande systématiquement : le taux relatif, le temps de doublement et la lecture d'une échelle semi-logarithmique.
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Le fil du chapitre
Tout le chapitre tient dans une question : la variable est-elle à la BASE ou à l'EXPOSANT ? La règle de la puissance sert au premier cas, jamais au second, et la confondre change la réponse d'un facteur qui grandit sans fin.
À la base ou à l'exposant : la question qui décide de tout
•x2 a la variable à la BASE : règle de la puissance, 2x.
•2x a la variable à l'EXPOSANT : règle de l'exponentielle, 2xln2.
•Les deux fonctions n'ont rien à voir : à long terme l'exponentielle dépasse n'importe quelle puissance, et de très loin.
•(ex)′=ex : c'est la seule fonction non nulle égale à sa propre dérivée.
•e est l'unique base dont la pente vaut 1 au point (0;1), c'est-à-dire l'unique base telle que lna=1.
Les deux courbes se croisent en 2 et en 4, puis l'exponentielle décroche : 25=32 contre 52=25, et déjà 26=64 contre 62=36.
Avant de dériver, entourer la variable et se demander où elle est. Ce réflexe de deux secondes évite l'erreur la plus coûteuse du chapitre.
Les règles, et le facteur qu'on oublie
•(eu)′=u′eu : le facteur u′ ne s'oublie jamais.
•(ax)′=axlna, et plus généralement (au)′=u′aulna.
•(lnu)′=uu′, sur le domaine où u>0. Le domaine se détermine AVANT de dériver, car la dérivée simplifiée n'en garde aucune trace.
•log10x=ln10lnx, donc (log10x)′=xln101.
•ln(ab)=lna+lnb, lnba=lna−lnb, ln(an)=nlna. Rien de simple pour ln(a+b).
ex (bleu) et lnx (orange) sont symétriques par rapport à y=x. En (0;1) et en (1;0), les tangentes vertes ont pour pente 1. La courbe de ln ne vit que pour x>0.
La dérivée de ln(3x) vaut x1 : le 3 disparaît, et c'est normal, puisque ln(3x)=ln3+lnx ne diffère de lnx que d'une constante.
Ce que l'exponentielle raconte en Sciences humaines
•Un modèle P(t)=P0ert vérifie P′=rP : le taux relatif vaut r, CONSTANT. C'est la signature de l'exponentielle.
•Temps de doublement : T=rln2, indépendant de la valeur initiale. Demi-vie : même formule avec r pris en valeur absolue.
•Règle de 70 : T≈taux en pourcentage70, parce que 100ln2≈69,3. Elle vaut pour les taux faibles et se dégrade au-delà de 10 pour cent.
•Les taux relatifs s'ADDITIONNENT pour un produit et se SOUSTRAIENT pour un quotient : le produit intérieur brut par habitant croît de la différence des deux taux.
•Capitalisation continue : A(t)=A0ert, avec un taux EFFECTIF annuel de er−1, toujours supérieur au taux nominal r.
Avec r=1,8 pour cent, la population double tous les 38,5 ans, que l'on parte de 2400 ou de 4800 habitants : T=rln2 ne dépend pas du niveau de départ.
Ces cinq lignes sont les seules formules que l'examen demande de connaître par cœur dans ce chapitre. Le reste se redérive.
Les règles de calcul en tableau
Chaque ligne se lit de gauche à droite : les hypothèses, puis le résultat. Une case rouge n'est pas une réponse, c'est le constat que la forme ne décide rien et l'ordre de transformer l'écriture. Chaque cas est suivi d'un exemple chiffré.
Dériver une exponentielle ou un logarithme
La dernière colonne donne la dérivée. Les deux cases rouges sont des règles que la copie invente chaque session : elles n'existent pas, et deux nombres suffisent à le montrer.
Forme de f
Ce qu'on applique
f′
ex
elle est sa propre dérivée
ex
Exemple : En x=0 la pente vaut 1 ; en x=2 elle vaut e2≈7,389.
eu
la chaîne
u′eu
Exemple : e3x a pour dérivée 3e3x, qui vaut 3 en x=0.
ax
l'exponentielle de base a
axlna
Exemple : 2x a pour dérivée 2xln2, qui vaut environ 0,693 en x=0.
lnu
uu′, sur u>0
uu′
Exemple : ln(3x) a pour dérivée x1, qui vaut 0,5 en x=2.
log10x
le changement de base
xln101
Exemple : En x=2 : 2ln101≈0,217.
(ex)′=xex−1
la règle de puissance
n'existe pasrègle inexistante
Exemple : En x=2, la vraie dérivée vaut e2≈7,389, alors que cette écriture donnerait 2e≈5,437.
Ce qu'il faut faire : La variable est à l'EXPOSANT : la dérivée est ex, jamais nxn−1.
ln(a+b)=lna+lnb
rien du tout
ne se décompose pasrègle inexistante
Exemple : ln5≈1,609 contre ln2+ln3≈1,792.
Ce qu'il faut faire : On calcule la somme, PUIS le logarithme. Seuls les produits et les quotients se décomposent.
Les cinq premières lignes se récitent en trente secondes et couvrent tout l'examen. Les deux dernières coûtent en moyenne quatre points par copie.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Oublier le facteur intérieur sur une exponentielle composée
2 points, et un taux de croissance annoncé cinquante fois trop grand
Ce qu'il ne faut pas écrire
« f(t)=e0,018t, donc f′(t)=e0,018t. »
Ce qu'il faut écrire
« f′(t)=0,018e0,018t : la règle de chaîne multiplie par la dérivée de l'exposant. »
En t=10, la vraie tangente (vert) a pour pente 0,018×2873≈51,7 habitants par année. Sans le facteur 0,018, on annonce une pente de 2873 : la droite rouge, presque verticale.
Pourquoi : L'exponentielle est sa propre dérivée seulement quand l'exposant est x tout seul. Dès que l'exposant contient un coefficient, ce coefficient ressort en facteur.
2.Appliquer la règle de la puissance à une exponentielle
toute la question, et l'erreur revient à l'étude de fonction
Ce qu'il ne faut pas écrire
« f(x)=2x, donc f′(x)=x2x−1. »
Ce qu'il faut écrire
« La variable est à l'exposant : f′(x)=2xln2, qui vaut environ 0,693 en x=0. »
En x=0, la règle de la puissance donnerait 0×2−1=0, une tangente horizontale (rouge) sur une courbe qui monte. La bonne pente est ln2≈0,693 (vert).
Pourquoi : xn et nx sont deux familles sans rapport. La règle de la puissance suppose que l'exposant est une constante, ce qui est exactement ce qui est faux ici.
3.Décomposer le logarithme d'une somme
2 points, et une dérivée entièrement fausse
Ce qu'il ne faut pas écrire
« ln(x+3)=lnx+ln3. »
Ce qu'il faut écrire
« ln(x+3) ne se décompose pas. Sa dérivée se calcule par la chaîne : x+31. »
ln(x+3) (vert) et lnx+ln3=ln(3x) (rouge) sont deux fonctions différentes : domaines différents, et elles ne se croisent qu'en x=1,5. Le logarithme d'une somme ne se décompose pas.
Pourquoi : Le logarithme transforme un PRODUIT en somme, pas une somme en somme. Deux nombres le prouvent : ln5≈1,609 et ln2+ln3≈1,792.
4.Dériver un logarithme sans avoir posé son domaine
1,5 point, et une étude de fonction menée sur une moitié de droite qui n'existe pas
Ce qu'il ne faut pas écrire
« f(x)=ln(5−x), donc f′(x)=5−x−1, définie partout sauf en 5. »
Ce qu'il faut écrire
« f n'existe que pour x<5. Sur ce domaine, f′(x)=5−x−1. »
ln(5−x) n'existe qu'à gauche de x=5. À droite (rouge), la formule 5−x−1 donne encore des nombres, 0,5 en x=7, mais il n'y a aucune courbe dont ce serait la pente.
Pourquoi : La dérivée simplifiée ne garde aucune trace de la condition u>0 : en x=7 elle donne un nombre parfaitement calculable, alors que la fonction n'y est pas définie.
5.Croire que le temps de doublement dépend de la population de départ
2 points d'interprétation
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Une ville de 50000 habitants met plus de temps à doubler qu'un village de 2400. »
Ce qu'il faut écrire
« Avec le même taux r, les deux doublent en T=rln2 : la valeur initiale se simplifie et n'intervient pas. »
Les trois traits verticaux sont équidistants et la courbe est chaque fois divisée par deux : la durée de la demi-vie ne dépend ni du niveau de départ, ni de l'endroit où l'on commence à compter.
Pourquoi : L'équation P0erT=2P0 se divise par P0 des deux côtés. C'est toute la démonstration, et elle tient en une ligne.
6.Confondre le taux nominal et le taux effectif en capitalisation continue
1,5 point, et une comparaison de placements faussée
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Un placement à 6 pour cent capitalisé en continu rapporte 6 pour cent par année. »
Ce qu'il faut écrire
« Le taux nominal est 6 pour cent, le taux effectif est e0,06−1≈6,18 pour cent : la capitalisation continue rapporte toujours un peu plus que le taux annoncé. »
Au même taux nominal de 6 pour cent, la capitalisation continue (vert) devance la capitalisation annuelle (orange) : son taux effectif est e0,06−1≈6,18 pour cent, et l'écart grandit avec le temps.
Pourquoi : Entre deux instants, les intérêts produisent eux-mêmes des intérêts. L'écart est petit sur un an et devient très visible sur vingt.
7.Appliquer la règle de 70 à un taux élevé
1 point, et surtout une phrase de méthode fausse
Ce qu'il ne faut pas écrire
« À 30 pour cent par année, le doublement prend 3070≈2,3 années. »
Ce qu'il faut écrire
« La règle de 70 est une approximation valable pour les taux faibles. À 30 pour cent, le calcul exact donne 0,30ln2≈2,31 années si le taux est continu, mais 2,64 années s'il est annuel composé. »
Aux taux faibles, r70 (rouge) et le doublement exact à taux annuel composé (vert) se confondent. À 30 pour cent, l'écart atteint trois dixièmes d'année : 2,33 contre 2,64.
Pourquoi : La règle de 70 vient de 100ln2≈69,3, une approximation qui suppose un taux continu et petit. Savoir d'où elle vient, c'est savoir quand elle cesse de valoir.
8.Lire une droite sur l'échelle ordinaire comme la preuve d'une exponentielle
2 points, et un modèle mal choisi pour toute la suite du problème
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Les points sont presque alignés, donc la croissance est exponentielle. »
Ce qu'il faut écrire
« Des points alignés sur l'échelle ORDINAIRE signalent une croissance linéaire. C'est sur l'échelle semi-logarithmique qu'une exponentielle devient une droite. »
Sur cette échelle l'exponentielle est une droite parfaite, tandis que le modèle linéaire monte vite puis s'aplatit : la forme de la trace suffit à choisir le modèle.
Pourquoi : La pente de lnP(t) vaut PP′ : une droite sur l'échelle semi-logarithmique signifie taux relatif constant, ce qui est exactement la définition d'une exponentielle.
9.Additionner les grandeurs au lieu des taux dans un produit
2 points, et un résultat de signe parfois inversé
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le produit intérieur brut croît de 3 pour cent et la population de 1,2 pour cent, donc le produit par habitant croît de 4,2 pour cent. »
Ce qu'il faut écrire
« Le produit par habitant est un QUOTIENT : son taux relatif est la DIFFÉRENCE des deux, soit environ 1,8 pour cent par année. »
Pourquoi : La dérivation logarithmique le démontre en deux lignes : lnBA=lnA−lnB, et en dérivant, A/B(A/B)′=AA′−BB′.
Quelle méthode choisir
Quelle règle, selon l'endroit où se trouve la variable
On localise la variable avant tout : à la base, à l'exposant, ou dans l'argument d'un logarithme. Trois positions, trois règles, aucune interchangeable.
Si la variable est à la BASE et l'exposant est un nombre → règle de la puissance, nxn−1
Exemple : x5 donne 5x4
Si la variable est à l'EXPOSANT, base e → u′eu
Exemple : e0,018t donne 0,018e0,018t
Si la variable est à l'EXPOSANT, base quelconque → u′aulna
Exemple : 23x donne 3×23xln2
Si la variable est dans l'argument d'un ln → uu′, après avoir écrit la condition u>0
Exemple : ln(5−x) donne 5−x−1 sur x<5
Si la variable est à la base ET à l'exposant → dérivation logarithmique, seule méthode possible
Exemple : xx donne xx(lnx+1)
ce cas est rare en 201-103, mais il tombe en question de raisonnement
Si un produit ou un quotient de trois facteurs ou plus → dérivation logarithmique : prendre ln, décomposer, puis dériver
Exemple : les taux relatifs s'additionnent et se soustraient
Si la variable apparaît à deux endroits, aucune règle simple ne s'applique et il faut passer par le logarithme. C'est le signal de la dérivation logarithmique.
Quel outil, selon ce que l'énoncé demande
Le vocabulaire des problèmes de croissance est stable. Chaque formulation appelle une formule et une seule.
Si « de combien de pour cent par année » → taux relatif PP′, qui vaut r pour une exponentielle
Exemple : P(t)=2400e0,018t croît de 1,8 pour cent par année
Si « en combien de temps la population double » → T=rln2
Exemple : avec r=0,018 : T≈38,5 années
Si « demi-vie », « il en reste la moitié » → même formule, avec ∣r∣
Exemple : avec r=−0,15 : demi-vie de 4,62 unités
Si « estimer de tête », « ordre de grandeur » → règle de 70, valable pour les taux faibles
Exemple : 1,870≈38,9, tout près de 38,5
Si « ces données suivent-elles un modèle exponentiel » → tracer en échelle semi-logarithmique et chercher une droite
Exemple : une droite signifie taux relatif constant
Si « le taux du produit, du quotient, du produit par habitant » → additionner ou soustraire les taux relatifs
Exemple : 3 pour cent moins 1,2 pour cent donne 1,8 pour cent
Aucune de ces branches ne demande de résoudre une équation compliquée : toutes se ramènent à ln des deux côtés, puis à une division.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Calculer et rédiger un temps de doublement
Quand l'utiliser : Dès que l'énoncé demande quand une grandeur double, triple, atteint un seuil, ou tombe à la moitié.
1Écrire l'équation que le mot traduit : P0erT=2P0 pour un doublement.
2Diviser par P0 et DIRE que la valeur initiale se simplifie, donc que le résultat n'en dépend pas.
3Prendre le logarithme naturel des deux côtés : rT=ln2.
4Isoler T et donner la valeur avec ses unités.
5Contrôler avec la règle de 70 et conclure par une phrase en mots.
Phrase de conclusion
« L'équation 2400e0,018T=4800 donne e0,018T=2, donc 0,018T=ln2 et T=0,018ln2≈38,5 années. La population double donc en un peu moins de quarante ans, quelle que soit sa taille de départ. »
Le piège : Garder 2400 dans le calcul jusqu'au bout. Ce n'est pas faux, mais la simplification est justement ce que la question veut voir écrit.
Barème : 1 point pour l'équation posée, 1 point pour la simplification, 1 point pour le logarithme, 1 point pour la valeur et son unité.
Mener une dérivation logarithmique
Quand l'utiliser : Dès qu'il y a trois facteurs ou plus, un quotient de produits, ou une variable à la fois à la base et à l'exposant. Aussi dès qu'on demande le taux relatif d'un rapport.
1Écrire lnF et DÉCOMPOSER avec les propriétés du logarithme, produits en sommes et puissances en coefficients.
2Dériver les deux côtés : à gauche apparaît FF′, à droite une somme de termes simples.
3Lire directement le résultat quand la question porte sur le taux relatif : FF′ est déjà isolé.
4Multiplier par F seulement si l'énoncé demande F′ lui-même.
5Interpréter en pourcentage, puisque FF′ est un taux relatif.
Phrase de conclusion
« Posons F=BA. Alors lnF=lnA−lnB, et en dérivant, FF′=AA′−BB′=0,030−0,012=0,018. Le produit intérieur brut par habitant croît donc d'environ 1,8 pour cent par année. »
Le piège : Dériver lnF comme si c'était F. À gauche, la règle de chaîne impose FF′, et c'est précisément ce facteur qui rend la méthode utile.
Barème : 1 point pour la décomposition, 1 point pour la dérivation des deux côtés, 1 point pour la lecture du taux, 1 point pour l'interprétation.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
La règle de 70 comme ordre de grandeur
Après avoir calculé un temps de doublement, diviser 70 par le taux en pourcentage. Les deux résultats doivent être proches pour un taux faible.
0,018ln2≈38,5 et 1,870≈38,9. Un écart de plusieurs années signalerait une erreur de virgule sur le taux.
Le taux relatif doit redonner r
Diviser la dérivée trouvée par la fonction. Sur une exponentielle pure, le résultat doit être exactement le coefficient de l'exposant.
Avec P(t)=2400e0,018t et P′(t)=43,2e0,018t : PP′=240043,2=0,018. Un autre nombre signale un facteur oublié.
Le signe de la dérivée d'un logarithme
La dérivée de lnu a le signe de u′, puisque u est positif sur le domaine. Ce contrôle attrape les erreurs de signe de la chaîne.
ln(5−x) décroît, donc sa dérivée 5−x−1 doit être négative pour x<5 : en x=4 elle vaut −1, c'est cohérent.
La différence numérique à la calculatrice
Comparer la dérivée trouvée à 0,0002f(a+0,0001)−f(a−0,0001). Les deux doivent coïncider sur trois décimales.
Pour 2x en x=0, le calcul numérique donne 0,6931, ce qui confirme ln2 et invalide la règle de la puissance.
L'unité du taux
Un taux relatif est SANS unité de grandeur : il s'exprime par unité de temps, en pour cent par année. Un taux en dollars par année est un taux absolu, pas relatif.
P′(0)=43,2 habitants par année est absolu ; 1,8 pour cent par année est relatif. Les deux répondent à des questions différentes.
L'exercice type décortiqué
Une population en croissance continue : taux, doublement et contrôle
La population d'une municipalité est modélisée par P(t)=2400e0,018t, où t est le nombre d'années écoulées depuis 2020.
Calculer P′(t), donner le taux de croissance relatif, la population et sa vitesse de croissance en 2030, puis le temps de doublement.
Étape 1
La variable est à l'EXPOSANT, avec un coefficient : c'est (eu)′=u′eu avec u=0,018t, donc u′=0,018.
Pourquoi
Identifier u et u′ avant d'écrire la formule est ce qui empêche d'oublier le facteur, qui est l'erreur numéro un du chapitre.
Étape 2
P′(t)=2400×0,018e0,018t=43,2e0,018t habitants par année.
Pourquoi
La constante 2400 se garde, le coefficient 0,018 descend. Les unités se lisent immédiatement : des habitants par année.
Étape 3
Taux relatif : P(t)P′(t)=2400e0,018t43,2e0,018t=0,018, soit 1,8 pour cent par année, pour tout t.
Pourquoi
L'exponentielle se simplifie entièrement : c'est la signature du modèle, un taux relatif CONSTANT. Une fonction dont ce rapport dépend de t n'est pas exponentielle.
Étape 4
En 2030, t=10 : P(10)=2400e0,18≈2400×1,1972≈2873 habitants.
Pourquoi
On remplace dans la fonction, pas dans la dérivée. L'arrondi se fait à l'unité, puisqu'il s'agit d'habitants.
Étape 5
P′(10)=43,2e0,18≈51,7 habitants par année.
Pourquoi
La vitesse augmente avec le temps, alors que le taux relatif, lui, reste à 1,8 pour cent. Les deux phrases sont vraies en même temps.
Étape 6
Doublement : 2400e0,018T=4800, donc e0,018T=2, puis 0,018T=ln2 et T=0,018ln2≈38,5 années.
Pourquoi
La division par 2400 montre que le résultat ne dépend pas de la population de départ. C'est cette ligne que le barème paie.
Étape 7
Contrôle par la règle de 70 : 1,870≈38,9 années, très proche de 38,5.
Pourquoi
L'approximation vient de 100ln2≈69,3. Elle confirme l'ordre de grandeur et attrape une erreur de virgule sur le taux.
Étape 8
Réserve : le modèle a été ajusté sur des données récentes. Prolongé sur deux siècles, il donnerait une population absurde.
Pourquoi
Une exponentielle n'a pas de plafond, alors que la réalité en a un. Énoncer la fenêtre de validité fait partie de la réponse en Sciences humaines.
Conclusion rédigée
« P′(t)=43,2e0,018t habitants par année, et le taux relatif vaut 1,8 pour cent par année quel que soit t. En 2030 la municipalité comptera environ 2873 habitants et gagnera environ 52 habitants par année. La population double en T=0,018ln2≈38,5 années, indépendamment de sa taille initiale. »
L'erreur classique sur cet exercice : Annoncer que la population croît de 43,2 pour cent par année. Le nombre 43,2 est un taux ABSOLU, en habitants par année ; le taux relatif est le rapport PP′, et il vaut 1,8 pour cent.
À savoir par cœur
•(eu)′=u′eu et (au)′=u′aulna. Le facteur u′ ne s'oublie jamais.
•(lnu)′=uu′, sur le domaine u>0, écrit AVANT de dériver.
•La variable à la BASE appelle nxn−1 ; à l'EXPOSANT, elle appelle axlna. Jamais l'inverse.
•ln(ab)=lna+lnb et ln(an)=nlna. RIEN pour ln(a+b).
•Une exponentielle P0ert a un taux relatif CONSTANT égal à r : c'est sa signature.
•Temps de doublement T=rln2, indépendant de la valeur initiale. Règle de 70 pour le contrôle.
•Taux relatifs : ils s'ADDITIONNENT pour un produit, se SOUSTRAIENT pour un quotient.
•En échelle semi-logarithmique, une exponentielle devient une DROITE, et sa pente est le taux relatif.
Questions fréquentes
Quelle est la dérivée de 2 puissance x ?
C'est 2 puissance x multiplié par le logarithme naturel de 2, soit environ 0,693 fois la fonction elle-même. La règle de la puissance ne s'applique pas ici, parce qu'elle suppose un exposant constant, alors que c'est justement l'exposant qui varie. Pour la base e, ce facteur vaut 1, ce qui explique que l'exponentielle naturelle soit sa propre dérivée.
Comment calculer un temps de doublement ?
On écrit que la fonction atteint le double de sa valeur initiale, on divise par cette valeur initiale, qui disparaît, puis on prend le logarithme naturel des deux côtés. Il reste le taux multiplié par le temps égale le logarithme de 2, donc le temps vaut le logarithme de 2 divisé par le taux. Le résultat ne dépend jamais de la quantité de départ.
D'où vient la règle de 70 ?
Du fait que cent fois le logarithme naturel de 2 vaut environ 69,3, que l'on arrondit à 70 parce qu'il se divise bien. Diviser 70 par le taux exprimé en pourcentage donne donc le temps de doublement approximatif. L'approximation est excellente pour les taux faibles et se dégrade nettement au-delà de dix pour cent.
Pourquoi le logarithme d'une somme ne se décompose pas ?
Parce que le logarithme transforme les produits en sommes, pas les sommes en sommes. Deux nombres suffisent à le vérifier : le logarithme de 5 vaut environ 1,609, alors que le logarithme de 2 plus celui de 3 vaut environ 1,792. Pour dériver le logarithme d'une somme, on utilise la règle de chaîne, pas une décomposition.
À quoi sert une échelle semi-logarithmique ?
À reconnaître une croissance exponentielle d'un coup d'oeil. Sur cette échelle, on trace le logarithme de la grandeur, et sa pente est exactement le taux relatif. Une exponentielle y devient donc une droite parfaite, et une croissance linéaire y devient une courbe qui s'aplatit. Si les points s'alignent, le taux est constant.
Comment obtenir le taux de croissance du produit intérieur brut par habitant ?
En soustrayant le taux de croissance de la population de celui du produit intérieur brut. C'est un quotient, et les taux relatifs se soustraient pour un quotient comme ils s'additionnent pour un produit. Avec trois pour cent et un virgule deux pour cent, le produit par habitant croît donc d'environ un virgule huit pour cent par année.
Passer à la pratique
Exercices corrigés : Exponentielle et logarithme
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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