Calcul différentiel 201-103 • Sciences humaines au cégep à Montréal

Exercices corrigés : élasticité et optimisation économique (201-103)

Ces dix exercices corrigés portent sur le second usage propre au calcul des sciences humaines : l'élasticité, c'est-à-dire la dérivée transformée en rapport de variations relatives, puis l'optimisation appliquée aux décisions de prix et de production.

Le fil de la série tient en une phrase : l'élasticité est une dérivée débarrassée de ses unités, et c'est ce dépouillement qui la rend comparable d'un bien à l'autre et décisive pour toute décision de prix.

Trois pièges sont désignés nommément : l'élasticité crue constante sur une demande linéaire, la baisse de prix décidée en zone inélastique, et une taxe supposée intégralement répercutée sur une quantité vendue supposée inchangée.

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Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (9 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Les fonctions logarithmiquesSecondaire 5 SN5
  2. 2Les fonctions définies par partiesSecondaire 5 SN5
  3. 3Les fonctions et leur domaine
  4. 4Les limites et la continuité
  5. 5La dérivée et les règles de dérivation
  6. 6Exponentielle et logarithme
  7. 7L'étude complète de fonction
  8. 8L'optimisation appliquée
  9. 9L'analyse marginale

Rappel de cours

  • E=dqdp×pqE=\dfrac{dq}{dp}\times \dfrac{p}{q} : rapport de variations RELATIVES, sans unité, négatif pour une demande décroissante.
  • Sur une demande linéaire, la PENTE est constante et l'ÉLASTICITÉ varie en chaque point : elle vaut 1-1 au milieu et tend vers l'infini près du prix maximal.
  • E<1\left|E\right|<1 : demande INÉLASTIQUE. E=1\left|E\right|=1 : unitaire. E>1\left|E\right|>1 : ÉLASTIQUE.
  • dRdp=q(1+E)\dfrac{dR}{dp}=q\left(1+E\right) : en zone inélastique, monter le prix augmente le revenu; en zone élastique, il le fait baisser; le revenu est maximal quand E=1E=-1.
  • R(q)=p(1+1E)R'(q)=p\left(1+\dfrac{1}{E}\right) : le revenu marginal est négatif en zone inélastique, donc l'optimum de profit est TOUJOURS en zone élastique.
  • Élasticité-ARC entre deux points : Δq/qΔp/p\dfrac{\Delta q/\overline{q}}{\Delta p/\overline{p}}, à utiliser quand on n'a que deux observations.
  • Élasticité-REVENU : négative pour un bien inférieur, entre 0 et 1 pour un bien de première nécessité, supérieure à 1 pour un bien de luxe.
  • Élasticité CROISÉE : positive pour des substituts, négative pour des compléments, nulle pour des biens sans rapport.
  • L'élasticité est plus grande en valeur absolue à LONG terme qu'à court terme, parce que l'ajustement demande du temps.
  • Optimisation sous contrainte, quatre étapes : identifier l'objectif, écrire la contrainte, substituer pour n'avoir qu'une variable avec son domaine, dériver et vérifier, bornes comprises.
  • TAUX LIÉS : dCdt=C(q)×dqdt\dfrac{dC}{dt}=C'(q)\times \dfrac{dq}{dt}. Le profit peut décroître alors que la production augmente, dès que qq dépasse l'optimum.
  • Taxe unitaire tt avec demande linéaire et coût marginal constant : le prix optimal monte de 0,5t0{,}5t, la quantité baisse, et les recettes T(t)T(t) finissent par décroître.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : L'élasticité-prix de la demande

Une pente répond à la question « de combien la quantité baisse-t-elle si le prix monte d'un dollar ». L'élasticité répond à une autre question, sans unité : « de combien de POUR CENT la quantité baisse-t-elle si le prix monte d'un pour cent ».

Fonction de demande : q=2002pq=200-2p, où qq est le nombre d'unités et pp le prix en dollars.

quantite demandee q = 200 - 2pau-dessus de 50 dollars :demande elastiqueprix p, en dollars
  • a) Écrivez la formule de l'élasticité E=dqdp×pqE=\dfrac{dq}{dp}\times \dfrac{p}{q} et simplifiez-la pour cette demande.
  • b) Calculez EE en p=40p=40, p=50p=50 et p=60p=60.
  • c) Pourquoi l'élasticité est-elle négative, et pourquoi n'a-t-elle pas d'unité ?
  • d) La pente est constante et vaut 2-2. L'élasticité l'est-elle aussi ? Commentez.
  • e) Calculez l'élasticité-arc entre p=40p=40 et p=44p=44, avec Earc=Δq/qΔp/pE_{arc}=\dfrac{\Delta q/\overline{q}}{\Delta p/\overline{p}}, et comparez à E(40)E(40).

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Réponses

  • a) E=2×p2002p=p100pE=-2\times\dfrac{p}{200-2p}=\dfrac{-p}{100-p}, valable pour p<100p<100.
  • b) E(40)0,667E(40)\approx -0{,}667 (inélastique), E(50)=1E(50)=-1 (unitaire), E(60)=1,5E(60)=-1{,}5 (élastique).
  • c) Négative car la demande décroît ; sans unité car c'est un rapport de variations relatives.
  • d) Non : EE vaut 0 en p=0p=0, 1-1 en p=50p=50, et tend vers l'infini quand pp approche 100.
  • e) Earc=8/1164/420,724E_{arc}=\dfrac{-8/116}{4/42}\approx -0{,}724, proche de E(40)=0,667E(40)=-0{,}667 sans lui être égal.

a) dqdp=2\dfrac{dq}{dp}=-2, donc E=2×p2002p=2p2002p=p100pE=-2\times \dfrac{p}{200-2p}=\dfrac{-2p}{200-2p}=\dfrac{-p}{100-p}. La simplification par 2 est commode et vaut pour tout p<100p<100.

b) E(40)=40600,667E(40)=\dfrac{-40}{60}\approx -0{,}667; E(50)=5050=1E(50)=\dfrac{-50}{50}=-1; E(60)=6040=1,5E(60)=\dfrac{-60}{40}=-1{,}5. La demande est donc INÉLASTIQUE à 40 dollars, à élasticité UNITAIRE à 50 dollars, et ÉLASTIQUE à 60 dollars.

c) Elle est négative parce que la demande est décroissante : une hausse de prix fait baisser la quantité, donc dqdp<0\dfrac{dq}{dp}<0. Beaucoup d'auteurs en prennent la valeur absolue pour éviter les confusions, et il faut alors le dire explicitement. Elle n'a pas d'unité parce que c'est un rapport de deux VARIATIONS RELATIVES : les unités de qq se simplifient entre elles, celles de pp aussi. C'est ce qui permet de comparer l'élasticité de la demande d'essence à celle de la demande de billets de cinéma, ce qu'une pente ne permettrait jamais.

d) Non, l'élasticité VARIE tout au long d'une demande pourtant linéaire : elle vaut 0 en p=0p=0, 1-1 à mi-parcours et tend vers l'infini quand pp approche 100. La raison est dans la formule : la pente est constante, mais le facteur pq\dfrac{p}{q} ne l'est pas, et il explose quand qq devient petit. Cette distinction entre pente et élasticité est le point le plus mal compris du chapitre : une droite n'a pas une élasticité, elle en a une par point.

e) En p=40p=40, q=120q=120; en p=44p=44, q=20088=112q=200-88=112. Donc Δq=8\Delta q=-8, Δp=4\Delta p=4, q=120+1122=116\overline{q}=\dfrac{120+112}{2}=116 et p=40+442=42\overline{p}=\dfrac{40+44}{2}=42. Alors Earc=8/1164/42=0,0689660,0952380,724E_{arc}=\dfrac{-8/116}{4/42}=\dfrac{-0{,}068966}{0{,}095238}\approx -0{,}724. C'est proche de E(40)=0,667E(40)=-0{,}667 sans être identique : l'élasticité-arc mesure une variation FINIE et se rapporte au milieu de l'intervalle, la dérivée mesure une variation instantanée en un point. Les deux se rapprochent quand l'intervalle rétrécit, et l'arc est ce qu'on utilise quand on ne dispose que de deux observations.

Exercice 2 : Élasticité et revenu total

L'élasticité sert à une décision très concrète : faut-il monter ou baisser le prix pour encaisser davantage ? La réponse tient entièrement dans la comparaison de E\left|E\right| à 1.

revenu total R(p)sommet en p = 50elasticite exactement -1
  • a) Écrivez le revenu comme fonction du PRIX et trouvez le prix qui le maximise.
  • b) Vérifiez que l'élasticité vaut exactement 1-1 à ce prix.
  • c) Démontrez que dRdp=q(1+E)\dfrac{dR}{dp}=q\left(1+E\right).
  • d) Déduisez-en la règle de décision selon que la demande est élastique ou inélastique.
  • e) Le prix est actuellement de 40 dollars. Faut-il l'augmenter ? De combien le revenu changerait-il en passant à 50 dollars ?

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Réponses

  • a) R(p)=200p2p2R(p)=200p-2p^{2}, maximal en p=50p=50 dollars, avec R=5000R=5000 dollars.
  • b) En p=50p=50, q=100q=100 et E=1E=-1 exactement : le sommet du revenu est le point d'élasticité unitaire.
  • c) dRdp=q+pdqdp=q(1+E)\dfrac{dR}{dp}=q+p\dfrac{dq}{dp}=q\left(1+E\right).
  • d) Inélastique : monter le prix augmente le revenu. Élastique : le baisser l'augmente. E=1E=-1 : maximum.
  • e) Oui. R(40)=4800R(40)=4800 contre R(50)=5000R(50)=5000 dollars, soit 200 de plus, en vendant 20 unités de moins.

a) R(p)=pq=p(2002p)=200p2p2R(p)=pq=p\left(200-2p\right)=200p-2p^{2}. Alors R(p)=2004pR'(p)=200-4p, qui s'annule en p=50p=50. Comme R(p)=4<0R''(p)=-4<0, c'est un maximum, et R(50)=100005000=5000R(50)=10\,000-5\,000=5\,000 dollars.

b) En p=50p=50 : q=200100=100q=200-100=100 et E=5010050=1E=\dfrac{-50}{100-50}=-1. L'élasticité vaut donc exactement 1-1 au sommet du revenu, ce qui est le résultat central du chapitre.

c) R=pqR=pqqq dépend de pp. Par la règle du produit : dRdp=q+pdqdp\dfrac{dR}{dp}=q+p\dfrac{dq}{dp}. On met qq en facteur : dRdp=q(1+pqdqdp)=q(1+E)\dfrac{dR}{dp}=q\left(1+\dfrac{p}{q}\dfrac{dq}{dp}\right)=q\left(1+E\right), puisque E=dqdppqE=\dfrac{dq}{dp}\dfrac{p}{q} par définition. La démonstration tient en deux lignes et ne suppose rien sur la forme de la demande.

d) Comme q>0q>0, le signe de dRdp\dfrac{dR}{dp} est celui de 1+E1+E. Si la demande est INÉLASTIQUE, 1<E<0-1<E<0, alors 1+E>01+E>0 : monter le prix AUGMENTE le revenu, parce que la quantité perdue est proportionnellement plus faible que la hausse de prix. Si elle est ÉLASTIQUE, E<1E<-1, alors 1+E<01+E<0 : monter le prix FAIT BAISSER le revenu. Et si E=1E=-1, le revenu est stationnaire, c'est le maximum. Cette règle explique pourquoi on augmente le prix du tabac et non celui des billets d'avion.

e) Oui, il faut l'augmenter. En p=40p=40, E0,667E\approx -0{,}667, la demande est inélastique, donc 1+E>01+E>0 et le revenu croît avec le prix. En chiffres : R(40)=40×120=4800R(40)=40\times 120=4\,800 dollars et R(50)=50×100=5000R(50)=50\times 100=5\,000 dollars, soit 200 dollars de plus. Il faut noter que la quantité vendue BAISSE, de 120 à 100 unités : on vend moins et on encaisse plus. Attention toutefois : maximiser le revenu n'est pas maximiser le profit, puisque le coût n'apparaît nulle part ici.

Exercice 3 : Les autres élasticités

Le même quotient de variations relatives s'applique à n'importe quel couple de variables. Trois élasticités reviennent constamment en sciences humaines.

  • a) Définissez l'élasticité-REVENU de la demande et calculez-la pour q=50+0,001Rq=50+0{,}001R en R=40000R=40\,000 dollars.
  • b) Classez un bien selon le signe et la valeur de son élasticité-revenu.
  • c) Définissez l'élasticité CROISÉE et calculez-la pour qA=120+0,8pBq_{A}=120+0{,}8p_{B} en pB=50p_{B}=50 dollars.
  • d) Que dit le signe de l'élasticité croisée sur la relation entre les deux biens ?
  • e) L'élasticité-prix de l'essence à court terme vaut environ 0,25-0{,}25, et à long terme environ 0,6-0{,}6. Expliquez l'écart.

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Réponses

  • a) ER=0,001×40000900,444E_{R}=0{,}001\times\dfrac{40\,000}{90}\approx 0{,}444.
  • b) Négative : bien inférieur. Entre 0 et 1 : bien normal de première nécessité. Supérieure à 1 : bien de luxe.
  • c) Ec=0,8×50160=0,25E_{c}=0{,}8\times\dfrac{50}{160}=0{,}25.
  • d) Positif : substituts. Négatif : compléments. Proche de zéro : sans rapport. Ici, substituabilité faible.
  • e) L'ajustement demande du temps : à long terme on change de véhicule, on déménage. L'élasticité croît en valeur absolue.

a) L'élasticité-revenu est ER=dqdR×RqE_{R}=\dfrac{dq}{dR}\times \dfrac{R}{q} : la variation relative de la quantité demandée pour une variation relative du revenu du consommateur. Ici dqdR=0,001\dfrac{dq}{dR}=0{,}001 et, en R=40000R=40\,000, q=50+40=90q=50+40=90. Donc ER=0,001×4000090=40900,444E_{R}=0{,}001\times \dfrac{40\,000}{90}=\dfrac{40}{90}\approx 0{,}444.

b) Si ER<0E_{R}<0, le bien est INFÉRIEUR : on en achète moins quand le revenu monte, cas des pâtes bon marché ou du transport en commun dans certains contextes. Si 0<ER<10<E_{R}<1, le bien est NORMAL et de première nécessité : la consommation monte, mais moins vite que le revenu, ce qui est le cas ici avec 0,444. Si ER>1E_{R}>1, le bien est de LUXE : sa consommation croît plus vite que le revenu, cas des voyages ou des restaurants. La loi d'Engel, qui dit que la part du budget consacrée à l'alimentation décroît avec le revenu, n'est rien d'autre qu'une élasticité-revenu inférieure à 1.

c) L'élasticité croisée est Ec=dqAdpB×pBqAE_{c}=\dfrac{dq_{A}}{dp_{B}}\times \dfrac{p_{B}}{q_{A}} : elle mesure la sensibilité de la demande d'un bien au prix d'un AUTRE bien. Ici dqAdpB=0,8\dfrac{dq_{A}}{dp_{B}}=0{,}8 et, en pB=50p_{B}=50, qA=120+40=160q_{A}=120+40=160. Donc Ec=0,8×50160=40160=0,25E_{c}=0{,}8\times \dfrac{50}{160}=\dfrac{40}{160}=0{,}25.

d) Un signe POSITIF, comme ici, signale des biens SUBSTITUTS : quand le prix de BB monte, on se rabat sur AA, dont la demande augmente; c'est le cas du beurre et de la margarine, ou du train et de l'avion. Un signe NÉGATIF signale des biens COMPLÉMENTAIRES : quand le prix de BB monte, on en achète moins et l'on achète aussi moins de AA, cas des imprimantes et des cartouches. Une valeur proche de zéro signale des biens sans rapport. La valeur de 0,25 obtenue ici indique une substituabilité réelle mais faible.

e) Parce que l'élasticité mesure une capacité d'AJUSTEMENT, et que celle-ci demande du temps. À court terme, une hausse du prix de l'essence ne change presque rien : il faut se rendre au travail, le véhicule est déjà acheté, le trajet est le même. À long terme, on change de véhicule, on déménage, on modifie ses habitudes de transport, et la baisse de consommation devient bien plus forte. La règle générale vaut pour presque tous les biens : l'élasticité est plus grande en valeur absolue à long terme qu'à court terme. C'est pourquoi une taxe sur l'essence rapporte beaucoup la première année et de moins en moins ensuite.

Exercice 4 : Optimisation sous contrainte

L'autre grand usage de la dérivée en sciences humaines : trouver le meilleur choix sous une contrainte de ressources. La méthode est toujours la même, exprimer l'objectif en une seule variable grâce à la contrainte.

Une association étudiante dispose de 240 mètres de clôture pour délimiter un enclos rectangulaire adossé au mur du cégep, qui ne demande donc pas de clôture.

mur existantx = 120 my = 60aire 7200 metres carres
  • a) Écrivez la contrainte et la fonction à maximiser.
  • b) Exprimez l'aire en une seule variable et maximisez-la.
  • c) Donnez les dimensions optimales et l'aire obtenue.
  • d) Sans le mur, avec les mêmes 240 mètres, quelle serait l'aire maximale ? Commentez.
  • e) Énoncez les quatre étapes d'un problème d'optimisation sous contrainte.

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Réponses

  • a) Contrainte x+2y=240x+2y=240 ; objectif A=xyA=xy.
  • b) A(y)=240y2y2A(y)=240y-2y^{2}, A(y)=2404yA'(y)=240-4y nul en y=60y=60, avec A=4<0A''=-4<0.
  • c) x=120x=120 m, y=60y=60 m, A=7200A=7200 m². Le côté parallèle au mur vaut la moitié de la clôture.
  • d) Sans mur : carré de 60 m de côté, A=3600A=3600 m². Le mur DOUBLE l'aire disponible.
  • e) Identifier, écrire la contrainte, substituer avec le domaine, dériver et vérifier, bornes comprises.

a) Notons xx le côté parallèle au mur et yy les deux côtés perpendiculaires. La clôture couvre trois côtés : x+2y=240x+2y=240. L'aire à maximiser vaut A=xyA=xy.

b) De la contrainte, x=2402yx=240-2y, donc A(y)=(2402y)y=240y2y2A(y)=\left(240-2y\right)y=240y-2y^{2}, pour 0<y<1200<y<120. Alors A(y)=2404yA'(y)=240-4y, qui s'annule en y=60y=60. Comme A(y)=4<0A''(y)=-4<0, c'est bien un maximum.

c) y=60y=60 mètres et x=240120=120x=240-120=120 mètres. Aire : A=120×60=7200A=120\times 60=7\,200 mètres carrés. On remarque que le côté parallèle au mur vaut exactement la moitié de la clôture, ce qui est un résultat général de ce type de problème : avec un côté gratuit, la moitié de la longueur disponible va au côté opposé au mur.

d) Sans mur, il faut clôturer quatre côtés : 2x+2y=2402x+2y=240, donc x+y=120x+y=120 et A=x(120x)=120xx2A=x\left(120-x\right)=120x-x^{2}, maximale en x=60x=60, avec y=60y=60 et A=3600A=3\,600 mètres carrés. Le mur fait donc DOUBLER l'aire disponible pour la même longueur de clôture, et la forme optimale passe d'un carré à un rectangle deux fois plus long que large. C'est un bon exemple de ce que change une contrainte : l'optimum se déplace, et pas seulement sa valeur.

e) Première étape, IDENTIFIER la quantité à optimiser et les variables dont elle dépend. Deuxième étape, ÉCRIRE la contrainte qui relie ces variables. Troisième étape, SUBSTITUER pour ramener l'objectif à une seule variable, en précisant son domaine. Quatrième étape, DÉRIVER, annuler, vérifier par la dérivée seconde ou par le signe de la dérivée, et vérifier aussi les BORNES du domaine, où l'optimum peut se trouver quand la dérivée ne s'annule pas à l'intérieur.

Exercice 5 : Taux liés en économie

Quand une grandeur dépend d'une autre qui, elle-même, dépend du temps, la règle de dérivation en chaîne relie leurs vitesses de variation. C'est le calcul des TAUX LIÉS, et il sert autant en gestion qu'en physique.

  • a) Une entreprise produit qq unités et son coût vaut C(q)=0,5q2+20q+800C(q)=0{,}5q^{2}+20q+800. La production augmente de 3 unités par semaine. À quelle vitesse le coût augmente-t-il quand q=50q=50 ?
  • b) Même question quand q=20q=20. Expliquez l'écart.
  • c) Le revenu vaut R(q)=100q0,5q2R(q)=100q-0{,}5q^{2}. À quelle vitesse le profit varie-t-il en q=50q=50 ?
  • d) À quelle production le profit cesse-t-il d'augmenter, malgré une production toujours croissante ?
  • e) Le coût moyen vaut C(q)=0,5q+20+800q\overline{C}(q)=0{,}5q+20+\dfrac{800}{q}. Calculez sa vitesse de variation en q=50q=50.

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Réponses

  • a) dCdt=C(50)×3=70×3=210\dfrac{dC}{dt}=C'(50)\times 3=70\times 3=210 dollars par semaine.
  • b) 40×3=12040\times 3=120 dollars par semaine : le coût marginal croît avec qq, traduction dynamique des rendements décroissants.
  • c) P(50)=20P'(50)=-20, donc dPdt=60\dfrac{dP}{dt}=-60 dollars par semaine : le profit BAISSE.
  • d) En q=40q=40, où P(q)=0P'(q)=0.
  • e) C(50)=0,18\overline{C}'(50)=0{,}18, donc 0,540{,}54 dollar par semaine : au-delà de q=40q=40, le coût moyen remonte.

a) Par la règle de dérivation en chaîne, dCdt=C(q)×dqdt\dfrac{dC}{dt}=C'(q)\times \dfrac{dq}{dt}. Ici C(50)=50+20=70C'(50)=50+20=70 dollars par unité et dqdt=3\dfrac{dq}{dt}=3 unités par semaine, donc dCdt=70×3=210\dfrac{dC}{dt}=70\times 3=210 dollars par semaine. Il faut soigner les unités : dollars par unité multipliés par unités par semaine donnent bien des dollars par semaine.

b) C(20)=40C'(20)=40, donc dCdt=40×3=120\dfrac{dC}{dt}=40\times 3=120 dollars par semaine. Le coût croît donc presque deux fois plus vite à 50 unités qu'à 20 unités, alors que le rythme de production est identique. La raison est que le coût marginal lui-même augmente avec qq : c'est la traduction dynamique des rendements décroissants.

c) P(q)=R(q)C(q)=80qq2800P(q)=R(q)-C(q)=80q-q^{2}-800, donc P(q)=802qP'(q)=80-2q et P(50)=80100=20P'(50)=80-100=-20 dollars par unité. Alors dPdt=20×3=60\dfrac{dP}{dt}=-20\times 3=-60 dollars par semaine : le profit DIMINUE de 60 dollars par semaine, bien que la production augmente. L'entreprise a dépassé son optimum de production.

d) Le profit cesse d'augmenter quand P(q)=0P'(q)=0, donc en q=40q=40. Avant, dPdt>0\dfrac{dP}{dt}>0; après, elle est négative. Continuer à produire davantage à partir de 40 unités fait donc perdre de l'argent chaque semaine, ce qui est exactement le résultat de l'exercice sur le profit maximal, vu cette fois du point de vue du temps.

e) C(q)=0,5800q2\overline{C}'(q)=0{,}5-\dfrac{800}{q^{2}}, donc C(50)=0,58002500=0,50,32=0,18\overline{C}'(50)=0{,}5-\dfrac{800}{2\,500}=0{,}5-0{,}32=0{,}18 dollar par unité. Alors dCdt=0,18×3=0,54\dfrac{d\overline{C}}{dt}=0{,}18\times 3=0{,}54 dollar par semaine : le coût moyen augmente d'environ 54 cents par unité et par semaine. Le signe positif était prévisible puisque 50 dépasse la quantité de coût moyen minimal, qui vaut 40 : au-delà, le coût moyen remonte.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Le prix qui maximise le profit est toujours dans la zone élastique

Un résultat général, souvent demandé en examen : une entreprise qui maximise son profit ne se place jamais là où la demande est inélastique. La démonstration combine tout le chapitre.

  • a) Rappelez la relation entre revenu marginal et élasticité : R(q)=p(1+1E)R'(q)=p\left(1+\dfrac{1}{E}\right).
  • b) Que devient le revenu marginal si la demande est inélastique ?
  • c) Déduisez-en pourquoi l'optimum de profit se situe nécessairement en zone élastique.
  • d) Vérifiez sur l'exemple du chapitre précédent, q=2002pq=200-2p et C(q)=0,5q2+20q+800C(q)=0{,}5q^{2}+20q+800, en calculant l'élasticité à l'optimum.
  • e) Un gestionnaire affirme : « notre demande est inélastique, nous sommes donc en position de force ». Que répondre ?

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a)
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  • a) R(q)=p+qdpdq=p(1+1E)R'(q)=p+q\dfrac{dp}{dq}=p\left(1+\dfrac{1}{E}\right).
  • b) Si 1<E<0-1<E<0, alors 1E<1\dfrac{1}{E}<-1 et le revenu marginal est NÉGATIF.
  • c) À l'optimum R=C>0R'=C'>0, donc 1+1E>01+\dfrac{1}{E}>0, donc E>1|E|>1 : la demande est élastique.
  • d) E=8020=4E=\dfrac{-80}{20}=-4, et 80(10,25)=6080\left(1-0{,}25\right)=60, qui est bien le revenu marginal.
  • e) Une occasion manquée : le prix est trop bas. Il faut le monter jusqu'à R=CR'=C'.

a) R=pqR=pq, donc R(q)=p+qdpdq=p(1+qpdpdq)=p(1+1E)R'(q)=p+q\dfrac{dp}{dq}=p\left(1+\dfrac{q}{p}\dfrac{dp}{dq}\right)=p\left(1+\dfrac{1}{E}\right), puisque 1E=dpdqqp\dfrac{1}{E}=\dfrac{dp}{dq}\dfrac{q}{p}. La formule relie donc directement le revenu marginal, le prix et l'élasticité.

b) Si la demande est INÉLASTIQUE, 1<E<0-1<E<0, alors 1E<1\dfrac{1}{E}<-1 et 1+1E<01+\dfrac{1}{E}<0 : le revenu marginal est NÉGATIF. Vendre une unité de plus fait donc baisser le revenu total.

c) À l'optimum de profit, R(q)=C(q)R'(q)=C'(q). Or le coût marginal est POSITIF, puisque produire une unité de plus coûte toujours quelque chose. Le revenu marginal doit donc être positif à l'optimum, ce qui exige 1+1E>01+\dfrac{1}{E}>0, donc E>1\left|E\right|>1 : la demande est élastique. Autrement dit, en zone inélastique, l'entreprise pourrait à la fois augmenter son revenu et réduire son coût en produisant moins : elle n'est certainement pas à l'optimum.

d) L'optimum était en q=40q=40, avec p=80p=80 dollars. Élasticité : E=p100p=8020=4E=\dfrac{-p}{100-p}=\dfrac{-80}{20}=-4. La valeur absolue vaut 4, largement supérieure à 1 : la demande est bien élastique à l'optimum, conformément au résultat général. On peut vérifier la formule de la question a) : p(1+1E)=80(10,25)=60p\left(1+\dfrac{1}{E}\right)=80\left(1-0{,}25\right)=60, ce qui redonne exactement le revenu marginal calculé plus tôt.

e) Qu'il décrit une occasion manquée plutôt qu'une position de force. Si la demande est réellement inélastique au prix actuel, augmenter le prix ferait MONTER le revenu tout en réduisant la quantité produite, donc le coût : le profit augmenterait des deux côtés à la fois. Une entreprise qui se trouve en zone inélastique a donc simplement fixé son prix trop bas. La position de force existe bien, mais elle se traduit par une élasticité faible EN VALEUR ABSOLUE face aux concurrents, pas par un choix de prix en zone inélastique. La réponse pratique est : montez votre prix jusqu'à ce que E\left|E\right| dépasse 1, puis jusqu'à ce que R=CR'=C'.

Exercice 7 : Une taxe unitaire et ses recettes

Une taxe de tt dollars par unité s'ajoute au coût variable. Elle déplace le prix, la quantité et le profit, et le calcul différentiel dit exactement de combien.

Cafétéria d'un cégep : demande q=90030pq=900-30p repas par jour, coût C(q)=2q+400C(q)=2q+400.

recettes de la taxe en dollars par jour, selon tmaximum a t = 14
  • a) Sans taxe, trouvez le prix qui maximise le profit, la quantité et le profit.
  • b) Avec une taxe de tt dollars par repas, montrez que le prix optimal devient 16+0,5t16+0{,}5t.
  • c) Quelle part de la taxe est répercutée sur le client ? Commentez.
  • d) Écrivez les recettes de la taxe T(t)T(t) et trouvez le taux qui les maximise.
  • e) Le gouvernement fixe t=20t=20 dollars. Que se passe-t-il ?

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  • a) p=16p=16 dollars, q=420q=420 repas, P=5480P=5480 dollars par jour.
  • b) P(p)=960+30t60pP'(p)=960+30t-60p s'annule en p=16+0,5tp=16+0{,}5t.
  • c) La moitié, soit 50 cents par dollar de taxe. La part du consommateur croît avec l'inélasticité de sa demande.
  • d) T(t)=420t15t2T(t)=420t-15t^{2}, maximal en t=14t=14 dollars, avec T=2940T=2940 dollars pour 210 repas.
  • e) p=26p=26 dollars, q=120q=120 repas, T=2400T=2400 dollars : 540 dollars de moins qu'à t=14t=14.

a) Revenu en fonction du prix : R=p(90030p)=900p30p2R=p\left(900-30p\right)=900p-30p^{2}. Coût : C=2(90030p)+400=180060p+400=220060pC=2\left(900-30p\right)+400=1\,800-60p+400=2\,200-60p. Profit : P(p)=900p30p22200+60p=960p30p22200P(p)=900p-30p^{2}-2\,200+60p=960p-30p^{2}-2\,200. Alors P(p)=96060pP'(p)=960-60p, nul en p=16p=16 dollars. Quantité : q=900480=420q=900-480=420 repas. Profit : P(16)=1536076802200=5480P(16)=15\,360-7\,680-2\,200=5\,480 dollars par jour.

b) Avec la taxe, le coût unitaire devient 2+t2+t, donc C=(2+t)(90030p)+400C=\left(2+t\right)\left(900-30p\right)+400 et P(p)=900p30p2(2+t)(90030p)400P(p)=900p-30p^{2}-\left(2+t\right)\left(900-30p\right)-400. En dérivant : P(p)=90060p+30(2+t)=960+30t60pP'(p)=900-60p+30\left(2+t\right)=960+30t-60p, nul quand p=960+30t60=16+0,5tp=\dfrac{960+30t}{60}=16+0{,}5t.

c) La moitié : chaque dollar de taxe fait monter le prix de 50 cents. Le reste est absorbé par la cafétéria sous forme de marge réduite. Ce partage n'a rien d'universel : il découle des pentes respectives de la demande et du coût marginal, et il vaut ici exactement un demi parce que le coût marginal est constant et la demande linéaire. La règle générale est que la part supportée par le consommateur est d'autant plus grande que sa demande est INÉLASTIQUE, ce qui explique le choix des produits taxés.

d) Quantité vendue au nouvel optimum : q=90030(16+0,5t)=90048015t=42015tq=900-30\left(16+0{,}5t\right)=900-480-15t=420-15t. Recettes : T(t)=t(42015t)=420t15t2T(t)=t\left(420-15t\right)=420t-15t^{2}. Alors T(t)=42030tT'(t)=420-30t, nul en t=14t=14 dollars, avec T=30<0T''=-30<0, donc un maximum. Recettes maximales : T(14)=58802940=2940T(14)=5\,880-2\,940=2\,940 dollars par jour, pour une quantité tombée à 420210=210420-210=210 repas.

e) Avec t=20t=20 : le prix optimal devient 16+10=2616+10=26 dollars, la quantité 420300=120420-300=120 repas, et les recettes 20×120=240020\times 120=2\,400 dollars, soit MOINS qu'avec une taxe de 14 dollars. Le gouvernement encaisse donc 540 dollars de moins en taxant 6 dollars de plus par repas : c'est la partie décroissante de la courbe des recettes, l'idée que popularise la courbe de Laffer. Et du côté de la cafétéria, le profit tombe à P=960×2630×676220020×120P=960\times 26-30\times 676-2\,200-20\times 120, soit une situation où il faut vérifier si l'activité reste viable. Le calcul montre qu'une taxe trop élevée réduit à la fois le profit, la quantité servie et les recettes publiques.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.

  • 1) « La demande q=2002pq=200-2p a une pente constante, donc une élasticité constante. »
  • 2) « L'élasticité vaut 1,5-1{,}5 : une hausse de 1 dollar du prix fait perdre 1,5 unité. »
  • 3) « Notre demande est inélastique, il faut donc baisser le prix pour vendre plus. »
  • 4) « Une taxe de 4 dollars par unité fait monter le prix de 4 dollars. »
  • 5) « La production croît de 3 unités par semaine, donc le profit croît. »

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  • 1) Faux : E(10)0,111E(10)\approx -0{,}111 contre E(90)=9E(90)=-9. Une demande linéaire a une élasticité par point.
  • 2) Faux : l'élasticité est sans unité. Une hausse de 1 % du prix réduit la quantité de 1,5 %.
  • 3) Faux, et inversé : en zone inélastique il faut AUGMENTER le prix.
  • 4) Faux : le prix ne monte que de 2 dollars, la moitié de la taxe.
  • 5) Faux : dPdt=60\dfrac{dP}{dt}=-60 dollars par semaine en q=50q=50. Le profit croît sous 40 unités et décroît au-delà.

1) FAUX. L'élasticité vaut E=dqdppqE=\dfrac{dq}{dp}\dfrac{p}{q} : la pente est constante, mais le facteur pq\dfrac{p}{q} varie tout au long de la droite. Elle passe de 0 en p=0p=0 à 1-1 en p=50p=50 et tend vers l'infini quand pp approche 100. Énoncé correct : une demande linéaire a une élasticité DIFFÉRENTE en chaque point, et il faut toujours préciser à quel prix on la calcule.

2) FAUX, l'élasticité n'a pas d'unité et ne se lit pas en unités par dollar. Elle dit qu'une hausse de 1 POUR CENT du prix fait baisser la quantité de 1,5 POUR CENT. Énoncé correct : à ce prix, une hausse de 1 % du prix réduit la quantité demandée d'environ 1,5 %; la baisse en unités se lit sur la pente, pas sur l'élasticité.

3) FAUX, et la conclusion est exactement inversée. En zone inélastique, 1+E>01+E>0, donc le revenu AUGMENTE avec le prix : baisser le prix ferait vendre plus et encaisser moins, tout en coûtant davantage à produire. Énoncé correct : si la demande est inélastique, il faut AUGMENTER le prix; une entreprise qui maximise son profit ne se trouve d'ailleurs jamais en zone inélastique.

4) FAUX en général. Avec une demande linéaire et un coût marginal constant, le prix optimal passe de 16 à 16+0,5t16+0{,}5t : la moitié seulement de la taxe est répercutée. Énoncé correct : la part de la taxe supportée par le consommateur dépend des pentes de la demande et du coût marginal, et elle est d'autant plus grande que la demande est inélastique.

5) FAUX. Par la règle de dérivation en chaîne, dPdt=P(q)dqdt\dfrac{dP}{dt}=P'(q)\dfrac{dq}{dt}, et P(q)=802qP'(q)=80-2q change de signe en q=40q=40. À q=50q=50, dPdt=20×3=60\dfrac{dP}{dt}=-20\times 3=-60 dollars par semaine : le profit BAISSE. Énoncé correct : le profit croît tant que la production reste sous la quantité optimale, et décroît au-delà, quelle que soit la vitesse de production.

Exercice 9 : Problème : la décision de prix d'une cafétéria

La cafétéria du cégep sert actuellement 420 repas par jour à 16 dollars. Sa demande est q=90030pq=900-30p et son coût C(q)=2q+400C(q)=2q+400. Le comité de gestion envisage trois scénarios.

  • a) Calculez l'élasticité de la demande au prix actuel et interprétez-la.
  • b) Scénario 1 : baisser le prix à 14 dollars pour « servir plus d'étudiants ». Calculez quantité, revenu et profit.
  • c) Scénario 2 : monter le prix à 18 dollars. Mêmes calculs.
  • d) Scénario 3 : fixer le prix qui maximise le nombre de repas servis tout en restant rentable. Trouvez-le.
  • e) Rédigez la recommandation au comité.

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  • a) E=30×164201,143E=-30\times\dfrac{16}{420}\approx -1{,}143 : demande élastique, de peu.
  • b) 480 repas, revenu 6720, coût 1360, profit 5360 dollars : 60 repas de plus, 120 dollars de moins.
  • c) 360 repas, revenu 6480, coût 1120, profit 5360 dollars, identique au scénario 1 par symétrie de la parabole.
  • d) 3p296p+220=03p^{2}-96p+220=0 donne p2,49p\approx 2{,}49 dollars, pour environ 825 repas et un profit nul.
  • e) Si l'objectif est le profit, ne rien changer. Si c'est la fréquentation, chaque repas de plus coûte 2 dollars de profit : c'est un arbitrage politique.

a) dqdp=30\dfrac{dq}{dp}=-30 et, en p=16p=16, q=420q=420. Donc E=30×16420=4804201,143E=-30\times \dfrac{16}{420}=\dfrac{-480}{420}\approx -1{,}143. La demande est ÉLASTIQUE, de peu : une hausse de 1 % du prix fait perdre environ 1,14 % de la clientèle. Conformément au résultat général, l'optimum de profit se situe bien en zone élastique.

b) À 14 dollars : q=900420=480q=900-420=480 repas, soit 60 de plus. Revenu : 14×480=672014\times 480=6\,720 dollars. Coût : 2×480+400=13602\times 480+400=1\,360 dollars. Profit : 67201360=53606\,720-1\,360=5\,360 dollars, contre 16×420(2×420+400)=67201240=548016\times 420-\left(2\times 420+400\right)=6\,720-1\,240=5\,480 dollars actuellement. La cafétéria sert donc 60 repas de plus et gagne 120 dollars de moins par jour.

c) À 18 dollars : q=900540=360q=900-540=360 repas. Revenu : 18×360=648018\times 360=6\,480 dollars. Coût : 720+400=1120720+400=1\,120 dollars. Profit : 64801120=53606\,480-1\,120=5\,360 dollars, exactement le même qu'au scénario 1. Ce n'est pas un hasard : le profit est une parabole de sommet p=16p=16, donc symétrique, et 14 et 18 sont à égale distance du sommet.

d) Servir le plus de repas possible tout en restant rentable revient à baisser le prix jusqu'au seuil où le profit s'annule : 960p30p22200=0960p-30p^{2}-2\,200=0, soit 30p2960p+2200=030p^{2}-960p+2\,200=0, ou 3p296p+220=03p^{2}-96p+220=0. Discriminant : 92162640=65769\,216-2\,640=6\,576, racine 81,09\approx 81{,}09. Racines : p=96±81,096p=\dfrac{96\pm 81{,}09}{6}, soit 2,482{,}48 et 29,5229{,}52 dollars. Le prix minimal rentable est donc d'environ 2,49 dollars, où q=90074,6825q=900-74{,}6\approx 825 repas. C'est un scénario théorique : à ce prix, le profit est nul et la moindre erreur de prévision met la cafétéria en déficit.

e) « Le prix actuel de 16 dollars est celui qui maximise le profit, à 5 480 dollars par jour, et il place la cafétéria juste en zone élastique, E=1,14E=-1{,}14. Le baisser à 14 dollars servirait 60 repas de plus et coûterait 120 dollars par jour; le monter à 18 dollars coûterait le même montant en servant 60 repas de moins. Si l'objectif du comité est le profit, il faut ne rien changer. Si son objectif est la fréquentation, il faut savoir que chaque repas supplémentaire coûte environ 2 dollars de profit, et arbitrer explicitement entre les deux : à 14 dollars, 60 repas de plus pour 120 dollars, soit 2 dollars par repas subventionné. Cet arbitrage relève d'une décision politique, pas d'un calcul. » Ce que le calcul apporte au comité n'est pas la décision, c'est son PRIX.

Exercice 10 : Problème : lire une note d'analyse fiscale

Une note ministérielle affirme : « La demande de ce produit étant inélastique, une taxe de 20 dollars par unité sera intégralement payée par les producteurs et rapportera 20 dollars par unité vendue, soit environ 8 400 dollars par jour sur les 420 unités actuellement vendues. »

  • a) « Inélastique, donc payée par les producteurs » : que reprocher à ce raisonnement ?
  • b) « Rapportera 20 dollars par unité vendue sur les 420 unités actuelles » : quelle erreur ?
  • c) Calculez les recettes réelles avec q=90030pq=900-30p, C=2q+400C=2q+400 et t=20t=20.
  • d) Calculez le taux qui maximise réellement les recettes et le gain manqué.
  • e) Réécrivez la note.

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  • a) Inversé : plus la demande est inélastique, plus le CONSOMMATEUR supporte la taxe. Ici, la moitié.
  • b) La quantité ne reste pas à 420 : elle devient 42015t420-15t, soit 120 unités pour t=20t=20.
  • c) p=26p=26 dollars, q=120q=120, T=2400T=2400 dollars contre 8400 annoncés : surestimation d'un facteur 3,5.
  • d) T(t)=42030tT'(t)=420-30t nul en t=14t=14, avec T=2940T=2940 dollars. Taxer 20 coûte 540 dollars par jour à l'État, environ 197 000 par an.
  • e) Nommer le partage, tenir compte de la baisse de quantité, donner l'optimum à 14 dollars, et déclarer l'hypothèse du modèle linéaire.

a) Le raisonnement est inversé. Plus la demande est INÉLASTIQUE, plus le consommateur continue d'acheter malgré la hausse, donc plus le producteur peut lui répercuter la taxe : la part supportée par le CONSOMMATEUR augmente avec l'inélasticité de la demande. C'est même la raison pour laquelle les gouvernements taxent le tabac et l'alcool plutôt que les biens de luxe. Ici, avec une demande linéaire et un coût marginal constant, le prix passe de 16 à 16+0,5t16+0{,}5t : exactement la MOITIÉ est répercutée sur le client.

b) La note suppose que la quantité vendue reste de 420 unités. Or la taxe fait monter le prix, donc baisser la quantité : q=90030(16+0,5t)=42015tq=900-30\left(16+0{,}5t\right)=420-15t. Avec t=20t=20, la quantité tombe à 420300=120420-300=120 unités, soit moins du tiers. Calculer des recettes sur la quantité d'AVANT la taxe est l'erreur classique des projections budgétaires, et elle surestime toujours.

c) Prix : 16+10=2616+10=26 dollars. Quantité : 420300=120420-300=120 unités. Recettes : 20×120=240020\times 120=2\,400 dollars par jour, contre 8 400 annoncés : la note surestime d'un facteur 3,5, soit 6 000 dollars par jour. Il faut ajouter que le profit du producteur s'effondre lui aussi, et que la question de la viabilité de l'activité se pose.

d) Recettes : T(t)=t(42015t)=420t15t2T(t)=t\left(420-15t\right)=420t-15t^{2}, donc T(t)=42030tT'(t)=420-30t, nul en t=14t=14 dollars. Recettes maximales : T(14)=58802940=2940T(14)=5\,880-2\,940=2\,940 dollars par jour, pour 210 unités vendues. En taxant 20 dollars au lieu de 14, l'État encaisse 2 400 au lieu de 2 940 dollars : il perd 540 dollars par jour, environ 197 000 dollars par an, tout en réduisant davantage la quantité servie. Taxer plus rapporte moins, et c'est le calcul différentiel qui le dit.

e) « Une taxe de tt dollars par unité ferait passer le prix de vente de 16 à 16+0,5t16+0{,}5t dollars : la moitié de la taxe serait répercutée sur le consommateur, la moitié absorbée par le producteur. La quantité vendue tomberait à 42015t420-15t unités. Les recettes fiscales, T(t)=420t15t2T(t)=420t-15t^{2}, sont maximales pour t=14t=14 dollars et valent alors 2 940 dollars par jour, pour 210 unités vendues. Une taxe de 20 dollars ne rapporterait que 2 400 dollars par jour, tout en réduisant la quantité à 120 unités : elle serait donc à la fois moins rentable pour l'État et plus coûteuse socialement. Nous recommandons un taux compris entre 10 et 14 dollars, et signalons qu'aucune de ces estimations ne tient si l'élasticité réelle diffère de celle du modèle linéaire retenu. » La note corrigée nomme le partage de la taxe, tient compte de la baisse de quantité, donne l'optimum, et déclare l'hypothèse sur laquelle tout repose.

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