Exercices corrigés : la fonction exponentielle (math TS, secondaire 4)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématique Technico-sciences de quatrième secondaire sur la fonction exponentielle, calibrés sur le niveau réel des évaluations de la séquence. C'est la troisième des quatre familles de fonctions du programme, et la première dont la variable se trouve à l'exposant.
Le fil de la série est le suivant : le paramètre de l'exposant n'ajoute aucune fonction nouvelle, il change seulement la base, puisque acbx=a(cb)x. Tout le chapitre se ramène donc à une seule base, et c'est elle qui décide du sens de variation, du classement des courbes et de la lecture d'une table.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•LA FORME DU CHAPITRE : f(x)=acbx, avec a=0, c>0 et c=1. Le domaine est R tout entier.
•L'ASYMPTOTE EST TOUJOURS y=0, l'axe des abscisses, parce que la forme du programme n'a pas de terme additif. La courbe n'a donc AUCUN zéro.
•LE PARAMÈTRE DE DEVANT est l'ordonnée à l'origine : f(0)=a. Il décide aussi du signe de toutes les images, donc de l'image, ]0;+∞[ si a>0, ]−∞;0[ si a<0.
•LE PARAMÈTRE DE L'EXPOSANT N'EST QU'UN CHANGEMENT DE BASE : cbx=(cb)x. Dans un problème, on garde pourtant 2t/5 plutôt que 1,149t, parce que le dénominateur 5 est la période de doublement.
•SENS DE VARIATION : la base équivalente décide seule. c>1 donne une fonction croissante, 0<c<1 une fonction décroissante. Un exposant négatif renverse le sens.
•UN EXPOSANT NÉGATIF DONNE UN INVERSE, jamais un nombre négatif : 2−3=81.
•TROUVER LA RÈGLE : deux renseignements suffisent. Si un point a pour abscisse zéro, il donne a ; sinon, on DIVISE les deux équations l'une par l'autre pour éliminer a.
•RECONNAÎTRE UN MODÈLE dans une table : les QUOTIENTS successifs doivent être constants, à pas régulier. Si le pas vaut p, ce quotient constant est cp, et non c.
•DIFFÉRENCE CONSTANTE, c'est affine ; QUOTIENT CONSTANT, c'est exponentiel. Le seul fait d'augmenter ne prouve rien.
•LA RÉCIPROQUE est le logarithme : de y=acx on tire y=logc(ax). Domaine et image s'échangent, et l'asymptote horizontale devient verticale.
•DEUX EXPONENTIELLES DE MÊME a ne se coupent qu'en x=0, et le classement de leurs images s'inverse de part et d'autre de ce point.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : La forme du chapitre et ce qui ne bouge jamais
Une fonction exponentielle du programme de Technico-sciences s'écrit f(x)=acx, avec a=0, c>0 et c=1. La variable est À L'EXPOSANT : c'est toute la différence avec la fonction quadratique, où elle était à la base.
La figure montre f(x)=3⋅2x en trait plein et h(x)=−3⋅2x en pointillé.
a) Calculez f(0), f(2) et f(−1) pour f(x)=3⋅2x.
b) Donnez le domaine, l'image et l'asymptote de f, puis ceux de h(x)=−3⋅2x.
c) Expliquez pourquoi aucune fonction de ce chapitre n'a de zéro.
d) Où se lit le paramètre a sur la courbe ? Justifiez par un calcul.
e) Calculez le quotient f(x)f(x+1) et dites ce qu'il représente.
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Réponses
a)f(0)=3, f(2)=12, f(−1)=1,5
b)Domaine R pour les deux ; image ]0;+∞[ pour f, ]−∞;0[ pour h ; asymptote y=0 dans les deux cas
c)Aucun : cx>0 toujours, donc acx garde le signe de a
d)a est l'ordonnée à l'origine, puisque f(0)=a
e)Le quotient vaut la base, 2 : l'image est multipliée par 2 à chaque pas
a)
f(0)=3⋅20=3⋅1=3 : toute base élevée à l'exposant zéro donne 1, donc l'image de zéro est le paramètre a lui-même. f(2)=3⋅4=12. f(−1)=3⋅2−1=3⋅21=1,5. Retenez ce dernier calcul : un exposant NÉGATIF ne rend pas un résultat négatif, il rend un inverse. C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre, et elle se voit sur la courbe, qui reste au-dessus de l'axe même très loin à gauche.
b)
Le domaine est R : on peut mettre n'importe quel réel à l'exposant, il n'y a ni division ni radical. L'image de f est ]0;+∞[, car 2x est toujours strictement positif et le facteur 3 l'est aussi. L'asymptote est y=0, l'axe des abscisses. Pour h, le domaine ne change pas, l'asymptote non plus, et seule l'image bascule : ]−∞;0[. Dans TOUT ce chapitre l'asymptote est l'axe des abscisses, parce que la forme du programme n'a pas de terme additif à la fin.
c)
Un zéro serait une abscisse où acx=0. Or une puissance de base strictement positive est strictement positive, quel que soit l'exposant : cx>0 toujours. Le produit acx a donc constamment le signe de a, et il ne s'annule jamais. Géométriquement, la courbe s'approche de l'axe des abscisses aussi près qu'on veut sans jamais l'atteindre : f(−10)=3⋅2−10≈0,0029, tout petit mais non nul.
d)
Le paramètre a est l'ORDONNÉE À L'ORIGINE, c'est-à-dire l'image de zéro. Le calcul le montre en une ligne : f(0)=ac0=a⋅1=a. Sur la figure, la courbe pleine coupe l'axe vertical à 3 et la pointillée à −3, exactement les deux valeurs de a. Ce repère est gratuit et il faut le prendre en premier dans tout exercice de recherche de règle.
e)
f(x)f(x+1)=3⋅2x3⋅2x+1=2x+1−x=2. Le quotient vaut la BASE, et il ne dépend pas de x. Autrement dit : quand l'abscisse avance d'une unité, l'image est MULTIPLIÉE par 2. C'est la signature de l'exponentielle, et c'est ce qui la sépare de la fonction affine, où l'image est AUGMENTÉE d'une constante. Toute la reconnaissance d'un modèle dans une table repose sur ce quotient.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Le paramètre de l'exposant, un changement de base déguisé
La forme complète du chapitre est f(x)=acbx. Le paramètre b est DANS l'exposant, et la loi des exposants cbx=(cb)x dit exactement ce qu'il fait : il remplace la base c par la base cb.
Autrement dit, ce paramètre n'apporte aucune fonction nouvelle. Il faut savoir le lire, le faire disparaître, et surtout reconnaître son signe.
a) Écrivez f(x)=23x sous la forme Cx et donnez C.
b) Écrivez g(x)=4x/2 sous la forme Cx et donnez C.
c) Pour h(x)=100⋅2x/4, par quel facteur h est-elle multipliée quand x augmente de 1 ? Et de 4 ?
d) La fonction k(x)=5⋅3−x/2 est-elle croissante ou décroissante ? Donnez sa base équivalente au centième.
e) Pourquoi peut-on toujours se ramener à une seule base ? Que reste-t-il alors du paramètre b ?
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Réponses
a)C=8
b)C=2
c)×21/4≈1,19 pour un pas de 1, ×2 pour un pas de 4
d)Décroissante, base équivalente 3−1/2≈0,58
e)Par cbx=(cb)x : il ne reste que le signe de b et sa trace dans la base
a)
23x=(23)x=8x, donc C=8. La règle employée est cbx=(cb)x : l'exposant 3x se lit comme « 3 multiplié par x », et une puissance de puissance multiplie les exposants. Vérification à x=2 : à gauche 26=64, à droite 82=64.
b)
4x/2=(41/2)x=2x, donc C=2. Un paramètre b FRACTIONNAIRE ralentit la croissance au lieu de l'accélérer, puisqu'il prend une racine de la base. Vérification à x=6 : 43=64 et 26=64.
c)
Quand x augmente de 1, l'exposant augmente de 41, donc l'image est multipliée par 21/4=42≈1,19. Quand x augmente de 4, l'exposant augmente de 1 et l'image est multipliée par 2 tout rond. Contrôle numérique : h(0)=100, h(4)=100⋅2=200, et 100×1,194≈200 également. C'est la lecture utile dans un problème : le 4 du dénominateur est la PÉRIODE de doublement.
d)
La base équivalente est 3−1/2=31≈0,58. Elle est comprise entre 0 et 1, donc la fonction est DÉCROISSANTE. Le signe moins de l'exposant suffisait à conclure : il renverse le sens de variation sans rien changer d'autre. Contrôle : k(0)=5 et k(2)=5⋅3−1≈1,67, l'image a bien diminué.
e)
Parce que la loi cbx=(cb)x s'applique quelle que soit la base positive et quel que soit b. Une fois la réduction faite, il ne reste du paramètre b que son SIGNE, visible dans le sens de variation, et sa VALEUR ABSOLUE, cachée dans la nouvelle base. C'est le même phénomène qu'au chapitre de la racine carrée, où le paramètre sous le radical se rangeait dans le facteur de devant : un paramètre de plus dans l'écriture, pas une courbe de plus dans la famille. Dans les problèmes, on garde pourtant l'écriture avec b, parce que le dénominateur y porte un sens physique, une période de doublement ou une demi-vie.
Exercice 3 : Trouver la règle à partir de deux renseignements
Deux renseignements suffisent toujours : la règle f(x)=acx n'a que deux inconnues. Quand l'un des deux points a pour abscisse zéro, a est donné et il ne reste qu'une équation.
Dans un problème, les deux renseignements sont souvent une valeur de départ et une période, un temps de doublement ou une demi-vie.
a) La courbe de f(x)=acx passe par (0;12) et (2;3). Déterminez a et c.
b) La courbe de g(x)=acx passe par (1;6) et (3;54). Déterminez a et c.
c) Une population de 200 individus double tous les 5 ans. Écrivez la règle, puis calculez la population après 12 ans.
d) Une dose de 80 mg diminue de moitié toutes les 12 heures. Écrivez la règle, puis calculez ce qu'il reste après 30 heures.
e) Pourquoi deux points suffisent-ils, et pourquoi commence-t-on par diviser les deux équations l'une par l'autre ?
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Réponses
a)a=12 et c=21, donc f(x)=12(21)x
b)a=2 et c=3, donc g(x)=2⋅3x
c)P(t)=200⋅2t/5 et P(12)≈1056 individus
d)D(t)=80⋅2−t/12 et D(30)≈14,14 mg
e)Deux inconnues, deux équations ; la division élimine a
a)
L'abscisse zéro donne a sans calcul : a=12. Il reste 12c2=3, donc c2=41 et c=21. On garde la racine POSITIVE et elle seule : une base d'exponentielle est strictement positive par définition, donc −21 est rejeté. La règle est f(x)=12(21)x, ou 12⋅2−x. Vérification : f(2)=12⋅41=3.
b)
Aucun des deux points n'a pour abscisse zéro, donc on pose le système ac=6 et ac3=54. On DIVISE la seconde équation par la première : acac3=654, soit c2=9 et c=3. La division a éliminé a, c'est tout son intérêt. On remonte : a⋅3=6 donne a=2. La règle est g(x)=2⋅3x, et l'on vérifie sur le SECOND point, celui qu'on n'a pas utilisé en dernier : g(3)=2⋅27=54.
c)
La valeur de départ est a=200 et la période de doublement est 5 ans, donc P(t)=200⋅2t/5. Le 5 est au DÉNOMINATEUR de l'exposant : quand t augmente de 5, l'exposant augmente de 1 et la population double. Après 12 ans : P(12)=200⋅22,4≈200×5,278=1055,6, soit environ 1056 individus. Contrôle de vraisemblance : 12 ans, c'est un peu plus de deux périodes, donc un peu plus de 200×4=800.
d)
Même structure, avec un signe moins : D(t)=80⋅2−t/12. Après 30 heures, D(30)=80⋅2−2,5≈80×0,1768=14,14 mg. Contrôle : 30 heures, c'est deux périodes et demie, donc entre 80/4=20 et 80/8=10 mg. L'écriture 80(21)t/12 est la même chose.
e)
Parce que la règle a exactement deux inconnues, a et c, et que chaque point fournit une équation. Deux équations, deux inconnues : le système est déterminé. On commence par la division parce que les deux équations ont le même facteur a et que le quotient de deux puissances de même base soustrait les exposants : en une ligne, a disparaît et il ne reste qu'une puissance de c. Additionner ou soustraire les deux équations, au contraire, ne simplifie rien, parce que les exponentielles ne s'additionnent pas terme à terme.
Exercice 4 : Lire trois courbes de même ordonnée à l'origine
Les trois courbes de la figure ont le même paramètre a=4 et des bases différentes : 2, 1,5 et 0,5, dans le désordre.
Elles s'appellent A, B et C. Tout se décide sur la base, et la base se lit sur la courbe.
a) Les trois courbes passent par un même point. Lequel, et pourquoi ?
b) Associez chaque courbe, A, B et C, à sa base.
c) Calculez f(2), g(2) et h(2) pour les bases 2, 1,5 et 0,5, puis rangez ces trois images.
d) Calculez les trois images en x=−2 et dites ce qui a changé dans le classement.
e) Deux de ces courbes se recoupent-elles ailleurs qu'au point commun ? Justifiez.
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Réponses
a)Le point (0;4), parce que ac0=a pour toute base
b)A a pour base 2, B a pour base 1,5, C a pour base 0,5
c)f(2)=16, g(2)=9, h(2)=1, donc h(2)<g(2)<f(2)
d)f(−2)=1, g(−2)≈1,78, h(−2)=16 : le classement se renverse
e)Non : (c1/c2)x=1 n'a que la solution x=0
a)
Elles passent toutes par (0;4). La raison tient en une ligne : ac0=a⋅1=a, quelle que soit la base. L'ordonnée à l'origine ne dépend donc PAS de la base, seulement de a, qui vaut 4 pour les trois. C'est le point de pivot de la famille.
b)
La courbe A monte le plus vite à droite : c'est la plus grande base, 2. La courbe B monte aussi mais plus lentement : c'est 1,5. La courbe C descend : sa base est comprise entre 0 et 1, c'est 0,5. La règle générale : c>1 donne une fonction croissante, 0<c<1 une fonction décroissante, et il n'y a pas d'autre cas, puisque c=1 donnerait une fonction constante, exclue de la définition.
c)
f(2)=4⋅22=16, g(2)=4⋅1,52=4×2,25=9 et h(2)=4⋅0,52=4×0,25=1. Le classement est h(2)<g(2)<f(2) : à DROITE de l'origine, plus la base est grande, plus l'image est grande.
d)
f(−2)=4⋅2−2=4×41=1, g(−2)=4⋅1,5−2=2,254≈1,78 et h(−2)=4⋅0,5−2=4×4=16. Le classement s'est RENVERSÉ : f(−2)<g(−2)<h(−2). À gauche de l'origine, la plus grande base donne la plus petite image. C'est la conséquence directe du point de pivot : les courbes se croisent en x=0, donc l'ordre s'inverse de part et d'autre.
e)
Non, jamais. Deux courbes de même a et de bases différentes vérifieraient ac1x=ac2x, donc (c2c1)x=1 après division. Or une puissance de base différente de 1 ne vaut 1 que pour l'exposant zéro. L'unique point commun est donc x=0, celui de la question a). Retenez la forme du raisonnement : on divise les deux règles l'une par l'autre, exactement comme pour trouver une base à partir de deux points.
Exercice 5 : La réciproque, et le logarithme qui en sort
Prendre la réciproque d'une fonction, c'est échanger les rôles des deux variables : ce qui était l'abscisse devient l'ordonnée. La table se lit alors à l'envers, et la courbe se réfléchit dans la droite y=x.
La figure montre f(x)=2x, sa réciproque, et la droite y=x en pointillé.
a) Dressez la table de f(x)=2x pour x=−1, 0, 1, 2 et 3, puis écrivez la table de la réciproque.
b) Donnez le domaine et l'image de f−1, et l'équation de son asymptote.
c) Écrivez la règle de f−1, puis calculez f−1(8) et f−1(1).
d) Trouvez la règle de la réciproque de g(x)=5⋅2x, puis vérifiez-la avec le point (3;40).
e) Pourquoi la réciproque d'une exponentielle est-elle une fonction, alors que celle d'une quadratique n'en était pas une ?
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Réponses
a)0,5, 1, 2, 4, 8 ; la réciproque est la même table, lignes échangées
e)Parce que l'exponentielle est monotone : aucune restriction n'est nécessaire
a)
Table de f : f(−1)=0,5, f(0)=1, f(1)=2, f(2)=4, f(3)=8. La table de la réciproque est la MÊME, lue en échangeant les deux lignes : à 0,5 correspond −1, à 1 correspond 0, à 2 correspond 1, à 4 correspond 2, à 8 correspond 3. On ne calcule rien de neuf, on retourne le tableau.
b)
Le domaine et l'image s'échangent, toujours. Le domaine de f était R et son image ]0;+∞[ ; donc le domaine de f−1 est ]0;+∞[ et son image est R. L'asymptote fait le même voyage : l'asymptote HORIZONTALE y=0 de f devient l'asymptote VERTICALE x=0 de f−1. Sur la figure, la seconde courbe plonge le long de l'axe vertical sans jamais le toucher.
c)
On échange les variables dans y=2x, ce qui donne x=2y, puis on isole y : par définition du logarithme, y=log2(x). La règle est donc f−1(x)=log2(x). On calcule : f−1(8)=3, puisque 23=8, et f−1(1)=0, puisque 20=1. Le logarithme est l'EXPOSANT qu'on cherche, comme au chapitre d'arithmétique.
d)
Même geste : y=5⋅2x devient x=5⋅2y, donc 2y=5x et y=log2(5x). La vérification se fait sur le point donné : g(3)=5⋅8=40, donc la réciproque doit renvoyer 3 quand on lui donne 40. g−1(40)=log2(540)=log2(8)=3. C'est juste. Le facteur a ne disparaît pas : il devient une DIVISION à l'intérieur du logarithme.
e)
Parce que l'exponentielle est monotone sur tout son domaine : strictement croissante si c>1, strictement décroissante si 0<c<1. Deux abscisses différentes ne donnent donc jamais la même image, et en retournant la table on obtient bien une seule ordonnée par abscisse. La quadratique, elle, prenait la même valeur en x et en −x : il fallait la restreindre aux abscisses positives pour sauver sa réciproque. Ici, aucune restriction n'est nécessaire, et c'est ce qui fait du logarithme une fonction à part entière, celle du chapitre suivant.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Résoudre sur la courbe, vérifier par le calcul
La figure donne la courbe de f(x)=2⋅3x. Une résolution graphique se lit, puis se confirme par le calcul : le graphique donne la valeur, l'algèbre donne la preuve.
Les inéquations se lisent du même coup, en regardant de quel côté de l'abscisse trouvée la courbe passe au-dessus de la droite horizontale.
a) Lisez f(0) et f(2) sur le graphique, puis vérifiez par le calcul.
b) Résolvez graphiquement f(x)=18, puis confirmez la solution par le calcul.
c) Donnez l'ensemble-solution de f(x)>18.
d) Combien de solutions a l'équation f(x)=0 ? Justifiez à l'aide de l'asymptote.
e) Résolvez f(x)=54 par le calcul, puis encadrez par deux entiers consécutifs la solution de f(x)=30.
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Réponses
a)f(0)=2 et f(2)=18
b)x=2
c)]2;+∞[
d)Aucune : la courbe reste strictement au-dessus de son asymptote y=0
e)x=3 ; la solution de f(x)=30 est entre 2 et 3
a)
La courbe coupe l'axe vertical à 2, donc f(0)=2, ce qui confirme que l'ordonnée à l'origine est le paramètre a. En x=2, la courbe passe par 18. Le calcul : f(2)=2⋅32=2×9=18. La lecture graphique et le calcul disent la même chose, et c'est le contrôle à faire systématiquement avant d'utiliser un graphique pour répondre.
b)
On trace mentalement la droite horizontale y=18 : elle coupe la courbe en x=2. Par le calcul, 2⋅3x=18 donne 3x=9, donc 3x=32 et x=2, les bases étant égales. La solution est unique, et cela se voit sur la figure : une exponentielle étant strictement croissante, toute droite horizontale au-dessus de l'asymptote la coupe une fois et une seule.
c)
La courbe passe au-dessus de y=18 à DROITE du point d'intersection, donc l'ensemble-solution est ]2;+∞[. La borne est ouverte parce que l'inégalité est stricte. Attention au sens : ici la fonction est croissante, donc l'inégalité se conserve. Si la base était comprise entre 0 et 1, la courbe descendrait et l'ensemble-solution serait de l'autre côté.
d)
Aucune. L'asymptote y=0 est l'axe des abscisses, et la courbe reste strictement au-dessus : 2⋅3x>0 pour tout réel x. Résoudre f(x)=0 reviendrait à chercher un exposant qui annule une puissance de 3, ce qui n'existe pas. En évaluation, on écrit « pas de solution » et on justifie par le signe, jamais par « la courbe n'y arrive pas sur le dessin ».
e)
2⋅3x=54 donne 3x=27=33, donc x=3. Pour f(x)=30 : 3x=15, et 15 n'est pas une puissance entière de 3. On encadre : 32=9<15<27=33, donc la solution est comprise entre 2 et 3. La calculatrice donnerait x=log3(15)≈2,46, ce qui est bien dans l'encadrement. L'encadrement sans calculatrice est exactement le geste travaillé au chapitre des logarithmes, et il sert ici de contrôle.
Exercice 7 : Reconnaître un modèle exponentiel dans une table
Dans une table, une fonction affine se reconnaît à une DIFFÉRENCE constante entre les images ; une exponentielle se reconnaît à un QUOTIENT constant. Encore faut-il que le pas des abscisses soit lui-même constant.
Quand ce pas n'est pas 1, le quotient trouvé n'est pas la base : c'est la base élevée à la puissance du pas. Écrivez alors la règle avec un paramètre dans l'exposant.
a) Table A : x vaut 0, 3, 6, 9 et y vaut 5, 10, 20, 40. Donnez la règle sous la forme a⋅2bx.
b) Table B : x vaut 0, 1, 2, 3 et y vaut 6, 12, 18, 24. Le modèle est-il exponentiel ? Donnez sa règle.
c) Table C : x vaut 0, 2, 4, 6 et y vaut 81, 27, 9, 3. Donnez la règle sous la forme a⋅3bx.
d) Table D : x vaut 1, 2, 3 et y vaut 2, 8, 32. Donnez a et la base c de la règle acx.
e) Écrivez en une ligne le test qui tranche, et dites ce qu'il faut vérifier en plus quand le pas des abscisses n'est pas 1.
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Réponses
a)y=5⋅2x/3, donc a=5 et b=31
b)Non, il est affine : y=6x+6
c)y=81⋅3−x/2, donc a=81 et b=−21
d)a=0,5 et c=4, donc y=0,5⋅4x
e)Quotients successifs constants, à pas régulier ; si le pas vaut p, ce quotient est cp
a)
Les quotients successifs valent 510=2, 1020=2 et 2040=2 : ils sont constants, donc le modèle est exponentiel. Mais ce 2 correspond à un pas de 3 en abscisse, pas de 1 : il double tous les trois pas. On écrit donc y=5⋅2x/3, c'est-à-dire b=31. Vérification sur la dernière colonne : 5⋅29/3=5⋅23=40.
b)
Non. Les quotients valent 612=2, puis 1218=1,5 : ils ne sont pas constants. Ce sont les DIFFÉRENCES qui le sont, toutes égales à 6. Le modèle est donc affine, y=6x+6, et l'on vérifie : à x=3, 6×3+6=24. Le piège est de conclure « exponentiel » dès qu'on voit des images qui augmentent : la croissance seule ne dit rien, c'est la nature du pas qui décide.
c)
Les quotients valent 8127=31, puis 279=31 et 93=31 : constant, donc exponentiel, décroissant. Le pas est de 2, et l'on divise par 3 tous les deux pas, donc y=81⋅3−x/2, c'est-à-dire b=−21. Le signe moins vient du sens de variation. Vérification : 81⋅3−6/2=81⋅3−3=2781=3.
d)
Les quotients valent 28=4 et 832=4, avec un pas de 1 : la base est c=4. Le paramètre a est l'image de ZÉRO, qui ne figure pas dans la table. On remonte d'un pas en DIVISANT par la base : a=42=0,5. La règle est y=0,5⋅4x, et l'on vérifie sur une colonne donnée : 0,5⋅43=0,5×64=32.
e)
Le test : quotients successifs constants, et les abscisses régulièrement espacées. Si le pas des abscisses vaut p, le quotient constant trouvé vaut cp et non c : il faut soit en prendre la racine p-ième pour obtenir la base par unité, soit garder l'écriture acx/p, qui est la forme du programme et qui se lit mieux dans un problème. Deuxième vérification indispensable : si les abscisses ne sont PAS également espacées, comparer des quotients successifs n'a aucun sens, et il faut alors revenir au système de deux équations de l'exercice 3.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chaque affirmation est fausse. Dites pourquoi en une phrase, puis donnez l'énoncé correct. Ce sont les cinq erreurs relevées le plus souvent dans les copies sur ce chapitre.
a) « 2−3 est un nombre négatif. »
b) « La courbe de f(x)=5⋅3x finit par couper l'axe des abscisses, très loin à gauche. »
c) « f(x)=4x/2 n'est pas une fonction exponentielle, à cause de la division à l'exposant. »
d) « Si la base est plus petite que 1, la fonction prend des valeurs négatives. »
e) « Pour trouver la règle acx, il faut trois points, comme pour la parabole. »
Voir la correction
Réponses
a)2−3=81=0,125, un nombre positif
b)Aucun zéro : l'axe des abscisses est une asymptote
c)C'est bien une exponentielle : 4x/2=2x
d)Décroissante, mais du signe de a, donc positive si a>0
e)Deux points suffisent : la règle n'a que deux inconnues
a)
Faux. Un exposant négatif donne un INVERSE, pas un opposé : 2−3=231=81=0,125, un nombre positif. La confusion coûte cher, parce qu'elle fait dessiner la moitié gauche de la courbe sous l'axe. Contrôle en cinq secondes : une puissance de base positive est toujours positive, quel que soit l'exposant.
b)
Faux. L'axe des abscisses est l'ASYMPTOTE de la courbe : elle s'en approche indéfiniment sans jamais l'atteindre. f(−20)=5⋅3−20≈1,4×10−9, un nombre minuscule mais strictement positif. Dire qu'une courbe « finit par » toucher son asymptote, c'est confondre ce qu'on voit sur un dessin et ce que dit le calcul. L'énoncé correct : la courbe n'a aucun zéro et reste strictement au-dessus de l'axe.
c)
Faux. 4x/2=(41/2)x=2x : c'est l'exponentielle de base 2, écrite autrement. Un paramètre à l'exposant ne change pas la nature de la fonction, il change la base. Vérification à x=4 : 42=16 et 24=16. L'énoncé correct : toute fonction acbx est une exponentielle, de base cb.
d)
Faux. Une base comprise entre 0 et 1 rend la fonction DÉCROISSANTE, mais toujours positive quand a>0 : (21)x vaut 0,5, 0,25, 0,125, elle s'approche de zéro sans jamais y arriver ni le dépasser. Le signe des images ne dépend que de celui de a. L'énoncé correct : 0<c<1 donne une fonction décroissante, de même signe que a.
e)
Faux. La règle acx n'a que DEUX inconnues, donc deux points suffisent, et l'on obtient la base en divisant les deux équations l'une par l'autre. La parabole en forme générale, elle, a trois coefficients, d'où les trois points. Dans ce chapitre, mieux encore : si l'un des points a pour abscisse zéro, il donne a directement et il ne reste plus qu'une équation à une inconnue.
Exercice 9 : Problème : la pression de l'air avec l'altitude
La pression atmosphérique diminue avec l'altitude, et elle est divisée par deux tous les 5,5 kilomètres environ. Au niveau de la mer elle vaut 101,3 kilopascals.
Le modèle est donc p(h)=101,3⋅2−h/5,5, où h est l'altitude en kilomètres et p la pression en kilopascals. Arrondissez au centième.
a) Vérifiez la valeur donnée par le modèle au niveau de la mer, et expliquez le rôle du nombre 5,5.
b) Calculez la pression à 1 km, puis au sommet de l'Everest, à 8,848 km.
c) À quelle altitude la pression tombe-t-elle à 50 kPa ? Arrondissez au centième de kilomètre.
d) Selon ce modèle, la pression finit-elle par s'annuler ? Justifiez.
e) Écrivez le modèle sous la forme 101,3ch et donnez c au millième. Que représente ce nombre ?
Voir la correction
Réponses
a)p(0)=101,3 kPa ; 5,5 km est la demi-hauteur, l'altitude qui divise la pression par 2
b)p(1)≈89,31 kPa et p(8,848)≈33,22 kPa
c)h≈5,60 km
d)Non : la courbe a l'axe des abscisses pour asymptote
e)c≈0,882, le facteur par kilomètre, soit environ 11,8 pour cent de perte
a)
p(0)=101,3⋅20=101,3 kPa : le paramètre a est bien la valeur au niveau de la mer, comme toujours l'ordonnée à l'origine. Le nombre 5,5 est au DÉNOMINATEUR de l'exposant : c'est l'altitude qu'il faut gagner pour que l'exposant diminue de 1, donc pour que la pression soit divisée par 2. On l'appelle la demi-hauteur. Contrôle : p(5,5)=101,3⋅2−1=50,65 kPa, la moitié exactement.
b)
À 1 km : p(1)=101,3⋅2−1/5,5=101,3×0,8816≈89,31 kPa. Au sommet de l'Everest : p(8,848)=101,3⋅2−8,848/5,5=101,3⋅2−1,6087≈101,3×0,3279≈33,22 kPa. Contrôle de vraisemblance : 8,848 km, c'est un peu plus d'une demi-hauteur et demie, donc la pression doit être un peu au-dessus du tiers de 101,3. C'est le cas, et cela explique pourquoi l'on y respire à peine.
c)
On pose 101,3⋅2−h/5,5=50, donc 2−h/5,5=101,350≈0,4936. On passe au logarithme : −5,5h=log2(0,4936)≈−1,0186, donc h≈5,5×1,0186≈5,60 km. Contrôle : la moitié de la pression serait atteinte à 5,5 km ; 50 kPa est un peu moins que la moitié de 101,3, donc l'altitude doit être un peu plus grande que 5,5 km. Elle l'est.
d)
Non. La fonction est du type ach avec a>0, donc elle reste strictement positive et l'axe des abscisses est son asymptote. Le modèle prévoit une pression qui devient aussi petite qu'on veut sans jamais être nulle : à 100 km, il donne encore p≈3×10−4 kPa. Physiquement, cela correspond assez bien au fait que l'atmosphère n'a pas de frontière nette, mais un modèle exponentiel ne doit pas être utilisé trop loin de la plage où il a été ajusté.
e)
On applique la réduction de l'exercice 2 : 2−h/5,5=(2−1/5,5)h, et 2−1/5,5≈0,882. Le modèle s'écrit donc p(h)≈101,3×(0,882)h. Ce nombre est le facteur par KILOMÈTRE : chaque kilomètre gagné conserve environ 88,2 pour cent de la pression, soit une perte d'environ 11,8 pour cent. Les deux écritures décrivent la même fonction ; celle avec 5,5 au dénominateur se lit mieux, parce que son dénominateur a un sens physique.
Exercice 10 : Problème : la lumière qui s'éteint dans l'eau
Dans une eau claire, chaque mètre de profondeur ne laisse passer que 82 pour cent de la lumière qui l'atteint. L'intensité à la profondeur x, en mètres, vaut donc I(x)=I0(0,82)x, où I0 est l'intensité à la surface.
On travaille en POURCENTAGE de l'intensité de surface, ce qui revient à poser I0=100. Arrondissez au centième.
a) Quel pourcentage de la lumière reste-t-il à 3 m de profondeur ?
b) Et à 10 m ?
c) À quelle profondeur ne reste-t-il que la moitié de la lumière de surface ?
d) Dans une eau trouble, chaque mètre ne laisse passer que 70 pour cent. Calculez sa profondeur de demi-atténuation et comparez-la à celle de l'eau claire.
e) Écrivez le modèle de l'eau claire sous la forme I0⋅2−x/d et vérifiez les deux écritures à 7 m.
Voir la correction
Réponses
a)Environ 55,14 pour cent
b)Environ 13,74 pour cent
c)Environ 3,49 m
d)Environ 1,94 m, soit 1,8 fois moins profond que dans l'eau claire
e)I(x)=100⋅2−x/3,49 ; les deux écritures donnent 24,93 pour cent à 7 m
a)
I(3)=100×0,823=100×0,551368≈55,14 pour cent. Remarquez que perdre 18 pour cent trois fois de suite ne revient PAS à perdre 54 pour cent : les pertes se multiplient, elles ne s'additionnent pas. C'est exactement ce qui sépare un modèle exponentiel d'un modèle affine, et c'est l'erreur la plus coûteuse dans ce genre de problème.
b)
I(10)=100×0,8210≈100×0,1374≈13,74 pour cent. À dix mètres, il ne reste donc qu'un huitième environ de la lumière de surface, ce qui explique la couleur sombre des photographies sous-marines prises sans éclairage.
c)
On cherche x tel que 0,82x=0,5. En passant au logarithme : x=log(0,82)log(0,5)=−0,0862−0,3010≈3,49 m. Les deux logarithmes sont négatifs et leur quotient est positif, ce qui est rassurant : une profondeur ne peut pas être négative. Contrôle : 0,823,49≈0,5, et l'on retrouve bien la moitié.
d)
Même calcul avec la base 0,70 : x=log(0,70)log(0,5)≈−0,1549−0,3010≈1,94 m. La demi-atténuation arrive presque deux fois moins profond, 1,943,49≈1,8 fois exactement. Une petite différence de base, de 0,82 à 0,70, produit donc une grande différence de profondeur : c'est la sensibilité propre aux modèles exponentiels, et c'est pourquoi la base se mesure avec soin.
e)
La profondeur de demi-atténuation calculée en c) est justement le d cherché : I(x)=100⋅2−x/3,49. Vérification à 7 m par les deux chemins : d'un côté 100×0,827≈24,93 pour cent ; de l'autre 100⋅2−7/3,49=100⋅2−2,005≈24,93 pour cent. Les deux écritures donnent le même nombre, parce qu'elles décrivent la même fonction : l'une affiche le facteur par mètre, l'autre affiche la profondeur qui divise par deux. On choisit celle qui répond à la question posée.
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