Exercices corrigés : les opérations sur les fonctions (math TS, secondaire 5)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématique Technico-sciences de cinquième secondaire sur les opérations et la composition de fonctions, calibrés sur le niveau réel des évaluations de la séquence. C'est le chapitre qui permet de décrire une chaîne d'appareils, et il sert dans tous les problèmes où une grandeur en commande une autre, qui en commande une troisième.
Le fil de la série est le suivant : la règle du résultat est la partie facile, c'est son DOMAINE qui coûte des points. Le domaine d'une opération n'est jamais plus grand que celui des deux fonctions de départ, et il est souvent plus petit.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•LES QUATRE OPÉRATIONS SE FONT POINT PAR POINT, à la même abscisse. Le domaine du résultat est inclus dans l'INTERSECTION des deux domaines, jamais dans leur réunion.
•POUR UN QUOTIENT, on retire en plus les zéros du DÉNOMINATEUR. Échanger numérateur et dénominateur change donc le domaine.
•UNE SIMPLIFICATION N'EFFACE PAS UNE VALEUR INTERDITE : x−3x2−9=x+3 pour x=3, et la courbe garde un trou.
•(f∘g)(x)=f(g(x)) SE LIT DE DROITE À GAUCHE : g travaille d'abord. C'est un montage en série, la sortie de l'un entre dans l'autre.
•LA COMPOSITION N'EST PAS COMMUTATIVE, et un seul nombre suffit à le prouver. Elle n'est pas non plus un produit : le rond n'est pas un point.
•ON REMPLACE LA VARIABLE PAR L'EXPRESSION ENTIÈRE, entre parenthèses. Sans elles, la règle est fausse de bout en bout.
•DOMAINE D'UNE COMPOSÉE, DEUX CONDITIONS : g(x) doit exister, ET g(x) doit appartenir au domaine de f. La seconde est celle qu'on oublie, et elle peut rendre le domaine vide.
•DÉCOMPOSER, c'est lire de l'intérieur vers l'extérieur : ce qui est sous le radical, dans la parenthèse ou dans l'exposant est la fonction intérieure. La décomposition n'est jamais unique.
•SUR UN RELEVÉ, ON ÉCRIT LA VALEUR INTERMÉDIAIRE : pour (g∘f)(1), on lit f(1), puis on lit g de ce résultat. C'est ce qui empêche d'inverser l'ordre.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Somme, différence, produit et quotient
Les quatre opérations se font terme à terme : (f+g)(x)=f(x)+g(x), et de même pour les trois autres. La règle est la partie facile ; le domaine est la partie qui rapporte.
On pose f(x)=2x−3 et g(x)=x2+1. Donnez chaque règle réduite ET son domaine.
a) (f+g)(x) et (f−g)(x)
b) (f⋅g)(x)
c) (gf)(x)
d) (fg)(x). Pourquoi son domaine n'est-il pas le même que celui de c) ?
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Réponses
a)x2+2x−2 et −x2+2x−4, domaine R pour les deux
b)2x3−3x2+2x−3, domaine R
c)x2+12x−3, domaine R
d)2x−3x2+1, domaine R∖{23}
a)
(f+g)(x)=(2x−3)+(x2+1)=x2+2x−2. (f−g)(x)=(2x−3)−(x2+1)=2x−3−x2−1=−x2+2x−4. Attention au signe : la parenthèse du second se distribue en entier, le +1 devient −1. Les deux fonctions de départ sont des polynômes, définis sur R, donc les deux résultats aussi. Vérification en x=2 : f(2)=1, g(2)=5, et 4+4−2=6=1+5.
b)
(f⋅g)(x)=(2x−3)(x2+1)=2x3+2x−3x2−3=2x3−3x2+2x−3. Domaine R. Vérification en x=2 : 1×5=5, et 16−12+4−3=5.
c)
(gf)(x)=x2+12x−3. Le dénominateur x2+1 vaut au moins 1 : il ne s'annule JAMAIS, donc aucune valeur n'est interdite et le domaine reste R. C'est le cas agréable, et il faut le justifier plutôt que de l'affirmer.
d)
(fg)(x)=2x−3x2+1. Cette fois le dénominateur s'annule : 2x−3=0 donne x=23, valeur à exclure. Le domaine est R privé de 23. La différence avec c) tient à une seule chose : dans un quotient, ce sont les zéros du DÉNOMINATEUR qui comptent, donc échanger numérateur et dénominateur change le domaine. Écrire le même domaine pour gf et fg est l'erreur la plus fréquente de l'exercice.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Le domaine d'un quotient : deux exclusions, pas une
Le domaine d'un quotient s'obtient en deux temps : on garde ce qui appartient aux DEUX domaines de départ, puis on retire les zéros du dénominateur. Une simplification ne rend jamais une valeur permise.
a) p(x)=x2−9 et q(x)=x−3 : donnez (qp)(x) réduite et son domaine.
b) s(x)=x−4 et t(x)=x−5 : donnez le domaine de ts, puis celui de st.
c) u(x)=x+21 et v(x)=x−1 : donnez le domaine de u⋅v et celui de u+v.
d) Peut-on avoir un domaine de quotient PLUS GRAND que celui d'une des deux fonctions de départ ? Justifiez.
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Réponses
a)x+3, avec x=3
b)[4;5[∪]5;+∞[, puis ]4;+∞[
c)R∖{−2} pour les deux
d)Non, jamais : le domaine d'un résultat est toujours inclus dans l'intersection des deux
a)
x−3x2−9=x−3(x−3)(x+3)=x+3, mais SEULEMENT pour x=3. Le domaine est R privé de 3. La règle réduite, x+3, est définie partout ; le quotient, lui, ne l'est pas, et c'est le quotient qu'on étudie. Graphiquement, la droite y=x+3 est percée d'un trou au point (3;6).
b)
Domaine de s : x≥4. Domaine de t : R. Pour ts, on garde [4;+∞[ et l'on retire les zéros de t, c'est-à-dire 5 : le domaine est [4;5[∪]5;+∞[. Pour st, on garde [4;+∞[ et l'on retire les zéros de s, c'est-à-dire 4 : le domaine est ]4;+∞[. Le même couple de fonctions donne donc deux domaines différents selon le sens du quotient.
c)
Domaine de u : R privé de −2. Domaine de v : R. Pour le produit comme pour la somme, on garde l'INTERSECTION des deux domaines, sans autre exclusion, puisqu'il n'y a pas de nouveau dénominateur : les deux domaines valent R privé de −2. Attention, u⋅v=x+2x−1 semble défini partout sauf en −2, et c'est bien le cas ; mais si le produit s'était simplifié, comme en a), la valeur interdite serait restée.
d)
Non, jamais. Une opération se calcule point par point : pour évaluer (f+g)(x), il faut que f(x) ET g(x) existent. Le domaine du résultat est donc toujours INCLUS dans l'intersection des deux domaines, et le quotient y retire encore les zéros du dénominateur. Il peut être plus petit, jamais plus grand, même quand la règle réduite semble définie partout. C'est la règle qui explique tous les cas précédents.
Exercice 3 : La composition : deux appareils en série
Composer, c'est brancher la sortie d'une fonction sur l'entrée de l'autre. (f∘g)(x)=f(g(x)) se lit de DROITE à GAUCHE : g travaille d'abord, f ensuite.
L'ordre compte, exactement comme dans un montage : percer puis tarauder ne donne pas le même résultat que tarauder puis percer. On garde f(x)=2x−3 et g(x)=x2+1.
a) Donnez la règle réduite de (f∘g)(x).
b) Donnez la règle réduite de (g∘f)(x).
c) Calculez (f∘g)(2) et (g∘f)(2), puis concluez sur l'ordre.
d) Existe-t-il une valeur de x pour laquelle les deux composées coïncident ? Résolvez.
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Réponses
a)2x2−1
b)4x2−12x+10
c)7 et 2 : la composition n'est pas commutative
d)Oui, deux : x=26±14, soit environ 4,871 et 1,129
a)
(f∘g)(x)=f(g(x))=2(x2+1)−3=2x2+2−3=2x2−1. On remplace la VARIABLE de f par l'expression entière de g, parenthèses comprises : oublier les parenthèses donnerait 2x2+1−3, c'est-à-dire une erreur de 2 sur toute la règle.
b)
(g∘f)(x)=g(f(x))=(2x−3)2+1=4x2−12x+9+1=4x2−12x+10. Ici c'est l'expression de f qui entre dans le carré, et le développement du carré d'une différence doit être complet, double produit compris.
c)
(f∘g)(2)=2×4−1=7, ou par étapes, g(2)=5 puis f(5)=7. (g∘f)(2)=4×4−24+10=2, ou par étapes, f(2)=1 puis g(1)=2. Les deux résultats diffèrent : la composition n'est PAS commutative, et un seul nombre suffit à le prouver. Le calcul par étapes est plus sûr que la règle réduite, et c'est celui qu'il faut faire en vérification.
d)
On résout 2x2−1=4x2−12x+10, donc 0=2x2−12x+11. Discriminant : 144−88=56, donc x=412±56=412±214=26±14, soit environ 4,871 et 1,129. Il existe donc deux abscisses où les deux montages donnent la même sortie, et elles n'ont rien de remarquable : les deux composées sont deux paraboles distinctes qui se croisent en deux points, comme deux courbes ordinaires.
Exercice 4 : Le domaine d'une composée : deux conditions à réunir
Pour que f(g(x)) existe, il faut DEUX choses : que g(x) existe, et que la valeur g(x) appartienne au domaine de f. La seconde condition est celle qu'on oublie.
On pose g(x)=x−4 et f(x)=x−31.
La figure schématise les deux conditions : la première ferme la droite à gauche, la seconde y perce un trou.
a) Donnez la règle de (f∘g)(x).
b) Écrivez les deux conditions du domaine, puis donnez-le.
c) Donnez la règle et le domaine de (g∘f)(x).
d) Sur un exemple simple, montrez que le domaine d'une composée peut être vide.
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Réponses
a)x−4−31
b)x≥4 et x−4=3, donc [4;13[∪]13;+∞[
c)x−31−4, domaine ]3;413]
d)Par exemple −1−x2 : le radicande est toujours négatif
a)
(f∘g)(x)=f(x−4)=x−4−31. On remplace la variable de f par l'expression de g, y compris dans le dénominateur.
b)
Première condition, g(x) doit exister : x−4≥0, donc x≥4. Seconde condition, g(x) doit appartenir au domaine de f, c'est-à-dire être différent de 3 : x−4=3, donc x−4=9 et x=13. Le domaine est [4;13[∪]13;+∞[. Vérification en x=13 : le dénominateur vaut 3−3=0, la composée n'existe effectivement pas.
c)
(g∘f)(x)=x−31−4. Conditions : x=3 pour que f(x) existe, et x−31≥4 pour que le radicande soit positif. Cette inéquation rationnelle se résout par un seul quotient : x−31−4=x−31−4(x−3)=x−313−4x≥0, dont le tableau de signes donne 3<x≤413. Le domaine est ]3;413], un intervalle minuscule, et c'est le genre de résultat qu'on ne devine pas : il se calcule.
d)
Prenons f(x)=x et g(x)=−1−x2. Alors (f∘g)(x)=−1−x2, et le radicande vaut au plus −1 pour tout réel : il n'est jamais positif. Le domaine est donc VIDE, et la composée n'existe pour aucun x. Cela arrive chaque fois que l'image de g ne rencontre pas le domaine de f, et c'est la traduction exacte de la seconde condition.
Exercice 5 : Décomposer : retrouver les deux machines
L'opération inverse de la composition consiste à reconnaître, dans une fonction compliquée, la fonction INTÉRIEURE et la fonction EXTÉRIEURE. On lit de l'intérieur vers l'extérieur : ce qui est sous le radical, dans la parenthèse ou dans l'exposant est la fonction intérieure.
Pour chaque fonction, donnez un couple (f;g) tel que H=f∘g, avec g différente de la fonction identité.
a) H(x)=3x+5
b) K(x)=(2x−1)3
c) L(x)=x2+14
d) Donnez DEUX décompositions différentes de M(x)=(x−2)2+9, et dites laquelle est la plus utile pour trouver le minimum.
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Réponses
a)g(x)=3x+5 et f(u)=u
b)g(x)=2x−1 et f(u)=u3
c)g(x)=x2+1 et f(u)=u4
d)g(x)=(x−2)2+9 avec f(u)=u, ou g(x)=x−2 avec f(u)=u2+9 ; la première donne le minimum
a)
L'intérieur est ce qui se trouve sous le radical : g(x)=3x+5, et l'extérieur est la racine carrée, f(u)=u. Vérification : f(g(x))=3x+5.
b)
L'intérieur est la parenthèse, g(x)=2x−1, l'extérieur le cube, f(u)=u3. Vérification en x=2 : g(2)=3 et 33=27, ce qui est bien (4−1)3.
c)
L'intérieur est le dénominateur entier, g(x)=x2+1, et l'extérieur f(u)=u4. Prendre g(x)=x2 et f(u)=u+14 fonctionne aussi : une décomposition n'est jamais unique, et une réponse différente de la mienne peut être juste, à condition qu'elle se vérifie par composition.
d)
Première décomposition : g(x)=(x−2)2+9 et f(u)=u. Seconde : g(x)=x−2 et f(u)=u2+9. La PREMIÈRE est la plus utile pour le minimum : la racine carrée est croissante, donc M est minimale exactement là où l'intérieur l'est, c'est-à-dire en x=2, où l'intérieur vaut 9 et M vaut 3. Raisonner sur la fonction intérieure, en s'appuyant sur la croissance de l'extérieure, évite tout calcul : c'est le vrai intérêt de la décomposition.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Opérer à partir d'un graphique et d'une table
En atelier, une fonction est souvent donnée par un relevé et non par une règle. Les opérations se font alors point par point, et la composition se fait EN DEUX TEMPS, en lisant d'abord la sortie de la première fonction.
La table donne f, la figure donne g. Pour f : f(0)=1, f(1)=3, f(2)=6, f(3)=4, f(4)=0, f(6)=−2.
a) Calculez (f+g)(2), (f−g)(4) et (f⋅g)(1).
b) Calculez (fg)(3), puis expliquez pourquoi (fg)(4) n'existe pas.
c) Calculez (g∘f)(1) et (f∘g)(0).
d) Calculez (f∘f)(3), puis dites pourquoi (g∘f)(6) ne peut pas être obtenu avec les données fournies.
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Réponses
a)7, −3 et 6
b)21 ; en 4, f(4)=0 annule le dénominateur
c)(g∘f)(1)=2 et (f∘g)(0)=0
d)(f∘f)(3)=0 ; g(−2) n'est pas lisible, la courbe de g commence à x=0
a)
(f+g)(2)=f(2)+g(2)=6+1=7. (f−g)(4)=f(4)−g(4)=0−3=−3. (f⋅g)(1)=f(1)×g(1)=3×2=6. Chaque opération se fait à la MÊME abscisse : on lit deux ordonnées et on les combine, rien de plus.
b)
(fg)(3)=f(3)g(3)=42=21. En x=4, f(4)=0 : le dénominateur s'annule, donc le quotient n'existe pas en ce point. La valeur 4 est exclue du domaine du quotient, exactement comme une valeur interdite d'une expression rationnelle.
c)
(g∘f)(1) : d'abord f(1)=3, puis g(3)=2. Résultat 2. (f∘g)(0) : d'abord g(0)=4, puis f(4)=0. Résultat 0. On lit toujours l'intérieur en premier, et l'on écrit la valeur intermédiaire : c'est elle qui permet au correcteur de suivre, et à l'élève de ne pas inverser l'ordre.
d)
(f∘f)(3) : f(3)=4, puis f(4)=0. Résultat 0. Pour (g∘f)(6) : f(6)=−2, et il faudrait donc lire g(−2), or la courbe de g ne commence qu'en x=0. La valeur −2 n'appartient pas au domaine de g, donc 6 n'appartient pas au domaine de g∘f. C'est la seconde condition du domaine d'une composée, vue sur des données réelles.
Exercice 7 : Résoudre une équation qui contient une composée
Une équation du type f(g(x))=k se résout en DEUX temps, dans l'ordre inverse du montage : on cherche d'abord quelle sortie de g convient, puis quel x la produit.
On pose f(x)=x2−5 et g(x)=2x+1.
a) Résolvez (f∘g)(x)=4.
b) Résolvez (g∘f)(x)=4.
c) Résolvez (f∘g)(x)=−9.
d) Pourquoi les deux équations a) et b) n'ont-elles pas le même nombre de solutions ?
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Réponses
a)x=1 ou x=−2
b)x=6,5 ou x=−6,5, soit environ ±2,550
c)Aucune solution
d)Parce que le carré est à l'intérieur dans un cas et à l'extérieur dans l'autre, mais surtout parce que les deux composées sont deux fonctions différentes
a)
(f∘g)(x)=(2x+1)2−5. L'équation devient (2x+1)2=9, donc 2x+1=3 ou 2x+1=−3, c'est-à-dire x=1 ou x=−2. Vérification : g(1)=3 et f(3)=4 ; g(−2)=−3 et f(−3)=4. Les deux conviennent. Résoudre en deux temps, d'abord g(x)=±3, donne la même chose plus vite que de développer.
b)
(g∘f)(x)=2(x2−5)+1=2x2−9. L'équation devient 2x2=13, donc x2=6,5 et x=±6,5≈±2,550. Vérification : f(2,550)=1,5 et g(1,5)=4.
c)
(2x+1)2−5=−9 donne (2x+1)2=−4 : aucun carré réel n'est négatif, donc il n'y a AUCUNE solution. On pouvait le voir sans calcul : f∘g a pour minimum −5, atteint quand 2x+1=0, donc elle ne descend jamais jusqu'à −9.
d)
D'abord parce que f∘g et g∘f sont deux fonctions DIFFÉRENTES, l'une valant (2x+1)2−5 et l'autre 2x2−9 : rien n'oblige deux fonctions différentes à prendre la valeur 4 le même nombre de fois. Ici les deux en ont deux, mais des solutions sans rapport. Pour voir une vraie différence de comptage, il suffit de changer la cible : à −9, la première n'a aucune solution, la seconde en a deux, puisque 2x2−9=−9 donne x=0, une seule. Le bon réflexe est donc de comparer les IMAGES des deux composées avant de compter.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Pour chacune, donnez un contre-exemple ou l'argument qui la réfute, puis écrivez l'énoncé correct.
Ce sont les cinq erreurs relevées le plus souvent sur ce chapitre en évaluation.
a) « (f∘g)(x) et (g∘f)(x) sont deux écritures de la même fonction. »
b) « (f∘g)(x)=f(x)×g(x). »
c) « Le domaine d'une somme de deux fonctions est la réunion des deux domaines. »
d) « Si qp se simplifie, la valeur interdite disparaît. »
e) « Pour composer, on remplace x par g(x) dans f, sans se soucier des parenthèses. »
Voir la correction
a)
Contre-exemple : avec f(x)=2x−3 et g(x)=x2+1, (f∘g)(2)=7 et (g∘f)(2)=2. L'énoncé correct : la composition n'est pas commutative, et l'ordre s'interprète comme un montage, la sortie de la première machine entrant dans la seconde.
b)
Faux : le produit est une opération, la composition en est une autre. Contre-exemple : avec les mêmes fonctions, (f⋅g)(2)=1×5=5 alors que (f∘g)(2)=7. L'énoncé correct : (f∘g)(x)=f(g(x)), on ÉVALUE f en g(x), on ne multiplie rien. Le rond n'est pas un point.
c)
Faux : c'est l'INTERSECTION. Contre-exemple : x−4 est définie pour x≥4 et x−5 partout ; leur somme n'est définie que pour x≥4, et non pour tout R. L'énoncé correct : pour additionner deux ordonnées, il faut que les deux existent, donc le domaine du résultat est inclus dans l'intersection des deux domaines.
d)
Faux. Contre-exemple : x−3x2−9 se simplifie en x+3, mais la valeur 3 reste interdite, puisque le quotient de départ n'y existe pas. L'énoncé correct : la simplification change l'écriture, jamais le domaine, et la courbe garde un trou au point correspondant.
e)
Faux, et l'oubli des parenthèses est une erreur de calcul, pas de présentation. Contre-exemple avec f(x)=2x−3 et g(x)=x2+1 : la bonne composée est 2(x2+1)−3=2x2−1, alors que sans parenthèses on écrirait 2x2+1−3=2x2−2, faux d'une unité partout. L'énoncé correct : on remplace la variable par l'expression ENTIÈRE de g, entre parenthèses, et l'on développe ensuite.
Exercice 9 : Problème : la chaîne de mesure d'un capteur
Un banc d'essai mesure une température à l'aide de deux appareils montés en série. Le capteur transforme la température T, en degrés Celsius, en une tension U, en volts, selon U(T)=0,04T+0,5. L'afficheur transforme cette tension en un nombre affiché N, sans unité, selon N(U)=250(U−0,5).
Le capteur est garanti entre −20 et 120 degrés Celsius. La chaîne complète est une composition, et tout le problème consiste à ne jamais confondre l'entrée de l'un avec la sortie de l'autre. Le schéma ci-dessous représente le montage.
a) Donnez la règle réduite de la chaîne complète, N(U(T)).
b) Quelle valeur l'afficheur donne-t-il pour T=35 degrés Celsius ? Et pour T=−20 ?
c) Donnez le domaine et l'image de la chaîne complète.
d) Un technicien branche les deux appareils à l'envers et calcule U(N(T)). Que vaudrait la lecture pour T=35, et pourquoi le montage n'a-t-il aucun sens physique ?
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Réponses
a)N(T)=10T
b)350 et −200
c)Domaine [−20;120] en degrés Celsius, image [−200;1200]
d)U(N(35))=0,04×8625+0,5=345,5 : on entre une température dans un appareil qui attend des volts
a)
N(U(T))=250(0,04T+0,5−0,5)=250×0,04T=10T. La chaîne complète est donc simplement N(T)=10T : l'afficheur retire exactement le décalage introduit par le capteur, et multiplie par 250 la pente de 0,04. C'est ainsi que sont calibrées les chaînes de mesure, et la composition le démontre en une ligne.
b)
Pour T=35 : N=10×35=350. On peut aussi passer par la tension, U=0,04×35+0,5=1,9 volt, puis N=250(1,9−0,5)=250×1,4=350 : les deux chemins concordent, et le second est la vérification. Pour T=−20 : N=−200, avec une tension intermédiaire de 0,04×(−20)+0,5=−0,3 volt.
c)
Le domaine est imposé par la garantie du capteur : [−20;120] degrés Celsius. Comme N(T)=10T est croissante, l'image est [−200;1200]. Le domaine d'une chaîne est celui du PREMIER appareil, restreint par ce que le second accepte ; ici l'afficheur accepte toutes les tensions, donc la restriction vient du seul capteur.
d)
N(35)=10×35 ne s'applique pas ici : dans le montage inversé, c'est N qui reçoit la température, donc N(35)=250(35−0,5)=250×34,5=8625, puis U(8625)=0,04×8625+0,5=345,5. Le nombre n'a aucun sens : on a entré des degrés Celsius dans un appareil qui attend des VOLTS, et l'on obtient une tension de 345 volts pour une pièce à 35 degrés. C'est exactement ce que dit la non-commutativité de la composition, et en atelier cela se voit à l'unité, avant même le calcul. Vérifier les unités à chaque branchement est le contrôle qui coûte cinq secondes et sauve un montage.
Exercice 10 : Problème : le taux de conformité d'une ligne de production
Une ligne de production tourne pendant t heures d'affilée. Le nombre de pièces produites est P(t)=120t, et le nombre de pièces rebutées augmente avec la fatigue des réglages : R(t)=2t2.
Le contremaître suit deux indicateurs, le nombre de pièces CONFORMES et le TAUX de conformité, qui sont respectivement une différence et un quotient de fonctions.
a) Donnez la règle de C(t), le nombre de pièces conformes, et celle de τ(t), le taux de conformité.
b) Réduisez τ(t) et donnez son domaine. Pourquoi t=0 est-il exclu alors que la production démarre bien à zéro heure ?
c) Calculez le taux de conformité après 8 heures, puis après 20 heures.
d) Au bout de combien d'heures le taux tombe-t-il à 75% ? Et à partir de quand la ligne produit-elle plus de rebuts que de pièces conformes ?
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Réponses
a)C(t)=120t−2t2 et τ(t)=120t120t−2t2
b)τ(t)=1−60t, domaine ]0;60[ ; en t=0 le quotient donne 00
c)1513≈86,7% et 32≈66,7%
d)À 15 heures ; et à partir de 30 heures
a)
Les pièces conformes sont les produites moins les rebutées : C(t)=P(t)−R(t)=120t−2t2. Le taux de conformité est le quotient des conformes par les produites : τ(t)=P(t)C(t)=120t120t−2t2. Une différence et un quotient, les deux opérations du chapitre, sur le même couple de fonctions.
b)
On met t en évidence au numérateur : τ(t)=120tt(120−2t)=120120−2t=1−60t. Le domaine exclut t=0, zéro du dénominateur, ET il se limite au contexte : un taux n'a de sens que s'il reste positif, donc 1−60t>0 et t<60. Le domaine utile est ]0;60[. La valeur t=0 est exclue parce que le quotient y prend la forme 00 : au démarrage, aucune pièce n'a été produite, donc le RAPPORT n'existe pas, même si la production, elle, démarre bien à zéro. C'est une exclusion de nature mathématique et non physique, et elle mérite une phrase.
c)
τ(8)=1−608=6052=1513≈0,867, soit environ 86,7%. τ(20)=1−6020=32≈0,667, soit environ 66,7%. Contrôle direct : à 20 heures, P=2400 pièces et R=800, donc 1600 conformes, et 24001600=32.
d)
On résout 1−60t=0,75, donc 60t=0,25 et t=15 heures. La ligne produit plus de rebuts que de conformes quand R(t)>C(t), c'est-à-dire 2t2>120t−2t2, soit 4t2>120t et, en divisant par 4t qui est positif, t>30 heures. Autrement dit, le taux passe sous 50% à partir de 30 heures, ce que la règle confirme : τ(30)=1−0,5=0,5. Aucun atelier ne laisse tourner une ligne jusque-là, et c'est bien le propos : le modèle sert à fixer l'heure d'arrêt.
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