Troisième, programme français à Montréal • Exercices corrigés
Exercices corrigés : triangles égaux et triangles semblables (Troisième)
Ces quinze exercices corrigés couvrent les triangles égaux et les triangles semblables en troisième : les trois cas d'égalité des triangles, la caractérisation des triangles semblables par leurs angles, le rapport de similitude et son effet sur les périmètres et les aires, multipliés par k et par k2, et la configuration en papillon. Ils s'adressent aux élèves du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas à Montréal.
À la fin de la série, vous savez écrire la correspondance des sommets de deux triangles superposables (exercice 1), dire quel cas d'égalité s'applique et quelles mesures ne prouvent rien (exercice 2), rédiger une démonstration dans un parallélogramme, un triangle isocèle ou un losange (exercices 3, 11 et 12), calculer un rapport de similitude et les longueurs manquantes (exercices 4 et 5), passer du rapport des longueurs à celui des aires (exercices 6 et 13) et prouver une similitude sans droites parallèles (exercice 7). Les problèmes montrent ce que la similitude permet de mesurer : la hauteur issue de l'angle droit, qui redémontre le théorème de Pythagore (exercice 9), un immeuble mesuré avec un miroir et une chambre noire (exercice 10), le plus grand carré inscrit dans un triangle rectangle (exercice 14) et l'ombre sous un lampadaire (exercice 15).
Le fil de la série : deux triangles ÉGAUX, c'est la même figure déplacée ; deux triangles SEMBLABLES, c'est la même forme à une échelle près. Dans les deux cas, tout se joue sur la correspondance des sommets, qui doit être écrite AVANT le moindre rapport.
Trois pièges reviennent d'un exercice à l'autre et le corrigé les désigne à chaque fois : croire que trois angles égaux suffisent à rendre deux triangles égaux, alors qu'ils les rendent seulement semblables (exercices 2 et 8) ; écrire un rapport en mélangeant les deux triangles, par exemple DEAB=DFBC au lieu de EFBC (exercices 4 et 8) ; et croire qu'un rapport de similitude 3 multiplie l'aire par 3, alors qu'il la multiplie par 9 (exercices 6 et 8).
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Deux triangles sont ÉGAUX (on dit aussi superposables) lorsque leurs côtés ont deux à deux la même longueur. L'un est alors l'image de l'autre par une translation, une symétrie ou une rotation.
•Premier cas d'égalité : trois côtés respectivement de même longueur.
•Deuxième cas d'égalité : deux côtés de même longueur et l'angle COMPRIS entre ces deux côtés de même mesure.
•Troisième cas d'égalité : un côté de même longueur et les deux angles qui lui sont ADJACENTS de même mesure.
•Deux triangles sont SEMBLABLES lorsque leurs angles sont deux à deux de même mesure. Deux angles égaux suffisent à le prouver, puisque le troisième s'en déduit par la somme 180∘.
•Si ABC et A′B′C′ sont semblables, dans cet ordre de sommets, alors ABA′B′=BCB′C′=CAC′A′=k, où k est le rapport de similitude.
•Le périmètre est multiplié par k et l'aire par k2.
•Deux triangles égaux sont semblables de rapport k=1 : l'égalité est le cas particulier de la similitude sans changement d'échelle.
•Deux droites parallèles coupées par une sécante donnent des angles alternes-internes égaux, et deux droites sécantes donnent des angles opposés par le sommet égaux : ce sont les deux outils qui servent à prouver l'égalité des angles.
•Vérification systématique : dans deux triangles semblables, le plus grand côté de l'un correspond au plus grand côté de l'autre. Un rapport qui ne respecte pas cet ordre est faux.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Égaux, semblables, ou ni l'un ni l'autre
Trois triangles sont dessinés ci-dessous, dans des positions différentes. Leurs mesures sont :
Triangle ABC : AB=4 cm, BC=6 cm, CA=5 cm.
Triangle DEF : DE=6 cm, EF=5 cm, FD=4 cm.
Triangle GHI : GH=6 cm, HI=9 cm, IG=7,5 cm.
1) Deux de ces triangles sont égaux. Lesquels ? Écrivez la correspondance des sommets.
2) Sur quel cas d'égalité vous appuyez-vous ?
3) Montrez que GHI est semblable à ABC et donnez le rapport k.
4) Écrivez la triple égalité des rapports entre GHI et ABC, dans le bon ordre de sommets.
5) L'angle BAC mesure 82,8∘. Donnez, sans mesurer, les angles qui lui correspondent dans DEF et dans GHI.
6) Calculez les périmètres des trois triangles et vérifiez la cohérence avec la question 3.
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Réponses
1)ABC et FDE
2)Trois côtés égaux
3)k=1,5
4)ABGH=BCHI=CAIG
5)82,8° dans les deux
6)15, 15 et 22,5 cm
1)
Les triangles ABC et FDE sont égaux. On le voit en rangeant les longueurs : ABC a pour côtés 4, 5 et 6, et DEF aussi. Reste à apparier les sommets, et c'est là qu'est le travail : AB=4 correspond à FD=4, BC=6 à DE=6 et CA=5 à EF=5. Le sommet B est commun à [AB] et [BC], donc il correspond au sommet commun à [FD] et [DE], c'est-à-dire D. De la même façon A correspond à F et C à E. La correspondance est donc A↔F, B↔D, C↔E, et l'on écrit « ABC et FDE sont égaux ». Écrire « ABC et DEF sont égaux » serait faux : les côtés ne se correspondraient pas.
2)
Sur le PREMIER cas d'égalité : trois côtés respectivement de même longueur. C'est le cas le plus simple à invoquer, parce qu'il ne demande aucune mesure d'angle. On remarque au passage que les deux triangles ne sont pas superposables par simple glissement : sur la figure, FDE est le symétrique de ABC par rapport à une droite, ce qui reste une égalité de triangles. Être égaux n'oblige pas à être orientés dans le même sens.
3)
Les longueurs de GHI sont 6, 9 et 7,5, celles de ABC sont 4, 6 et 5. On calcule les trois quotients en respectant l'ordre des sommets : ABGH=46=1,5, BCHI=69=1,5 et CAIG=57,5=1,5. Les trois quotients sont égaux, donc les côtés sont proportionnels et les triangles sont SEMBLABLES, de rapport k=1,5. Le contrôle de bon sens fonctionne : le plus grand côté de GHI, qui vaut 9, correspond bien au plus grand côté de ABC, qui vaut 6.
4)
ABGH=BCHI=CAIG=1,5. Chaque rapport compare deux côtés QUI SE CORRESPONDENT, et l'ordre des lettres le garantit : G avec A, H avec B, I avec C. Un rapport comme BCGH mélange les correspondances et vaut 66=1, ce qui ferait croire à tort que les deux triangles sont égaux. C'est l'erreur la plus coûteuse du chapitre, car elle produit un résultat qui a l'air propre.
5)
Dans FDE, l'angle correspondant à BAC est DFE, de sommet F puisque A correspond à F : il mesure aussi 82,8∘, car deux triangles égaux ont les mêmes angles. Dans GHI, c'est HGI, de sommet G, et il mesure également 82,8∘ : un agrandissement ne change PAS les angles, il ne change que les longueurs. C'est même la définition de la similitude.
6)
Périmètre de ABC : 4+6+5=15 cm. Périmètre de DEF : 6+5+4=15 cm, identique, ce qui est normal pour deux triangles égaux. Périmètre de GHI : 6+9+7,5=22,5 cm. On vérifie que 15×1,5=22,5 ✓ : le périmètre est multiplié par le rapport k, exactement comme chaque côté, puisqu'il n'est que leur somme. Attention, l'aire, elle, ne suit pas cette règle : elle est multipliée par k2=2,25, ce qui fera l'objet de l'exercice 6.
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Exercice 2 : Les trois cas d'égalité, et les deux pièges
Pour affirmer que deux triangles sont égaux, il ne suffit pas d'accumuler des mesures égales : il faut que ces mesures forment exactement l'un des trois cas d'égalité.
Dans chacune des situations suivantes, on demande si l'on peut CONCLURE que les triangles ABC et DEF sont égaux.
1) AB=DE, BC=EF et CA=FD.
2) AB=5 cm, AC=7 cm, BAC=40∘ ; DE=5 cm, DF=7 cm, EDF=40∘.
3) BC=8 cm, ABC=35∘, ACB=60∘ ; EF=8 cm, DEF=35∘, DFE=60∘.
4) A=D, B=E et C=F.
5) AB=8 cm, BC=5 cm, BAC=30∘ ; DE=8 cm, EF=5 cm, EDF=30∘.
6) Dans la situation 3, calculez la mesure du troisième angle de chaque triangle.
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Réponses
1)Oui : trois côtés
2)Oui : deux côtés et l'angle compris
3)Oui : un côté et deux angles adjacents
4)Non : seulement semblables
5)Non : angle non compris
6)85°
1)
OUI, les triangles sont égaux, par le premier cas : trois côtés respectivement de même longueur. C'est le cas le plus solide, car trois longueurs déterminent complètement un triangle : avec un compas, il n'existe qu'une seule façon de le construire, au retournement près.
2)
OUI, par le deuxième cas : deux côtés de même longueur et l'angle COMPRIS entre eux de même mesure. Ici l'angle BAC est bien celui du sommet A, commun aux deux côtés [AB] et [AC] cités, et EDF joue le même rôle dans DEF. Une fois les deux côtés et l'écartement entre eux fixés, le troisième côté est imposé : on peut d'ailleurs le calculer, il vaut environ 4,51 cm dans les deux triangles.
3)
OUI, par le troisième cas : un côté de même longueur et les deux angles ADJACENTS à ce côté de même mesure. Le côté [BC] a pour extrémités B et C, et ce sont précisément les angles de B et de C qui sont donnés ; dans DEF, le côté [EF] va avec les angles de E et de F ✓. Deux angles et le côté entre eux suffisent parce que les deux demi-droites se coupent en un unique point, qui est le troisième sommet.
4)
NON, on ne peut pas conclure. Trois angles égaux rendent les triangles SEMBLABLES, pas égaux : aucune longueur n'est donnée, donc rien n'interdit que DEF soit un agrandissement de ABC. C'est le piège le plus fréquent du chapitre. Pour passer de la similitude à l'égalité, il manque une seule information : un côté de même longueur, ce qui donne alors k=1.
5)
NON, on ne peut pas conclure. Les deux côtés donnés sont [AB] et [BC], qui se rejoignent en B, alors que l'angle donné est celui de A : l'angle n'est PAS compris entre les deux côtés, on est hors du deuxième cas. Cette situation est réellement ambiguë. Traçons en effet le côté [AB] de 8 cm puis la demi-droite formant un angle de 30∘ en A : la distance de B à cette demi-droite vaut 8×sin(30∘)=4 cm, et le cercle de centre B et de rayon 5 cm la coupe donc en DEUX points, puisque 4<5<8. Il existe ainsi deux triangles différents répondant à l'énoncé, l'un où AC≈9,93 cm et l'autre où AC≈3,93 cm. Deux figures distinctes satisfont les mêmes données : conclure à l'égalité serait faux, et le coût de l'erreur est une démonstration entière invalide.
6)
La somme des angles d'un triangle vaut 180∘, donc le troisième angle mesure 180−35−60=85∘ dans chacun des deux triangles. C'est le réflexe à garder : dès que deux angles sont connus, le troisième l'est aussi, et c'est pour cette raison que deux angles égaux suffisent toujours à prouver la similitude.
Exercice 3 : Rédiger une démonstration dans un parallélogramme
ABCD est un parallélogramme. Ses diagonales [AC] et [BD] se coupent en O.
On rappelle qu'un parallélogramme a ses côtés opposés parallèles et de même longueur.
1) Démontrez que les triangles ABC et CDA sont égaux.
2) Quel cas d'égalité avez-vous utilisé ?
3) Justifiez que OAB=OCD.
4) Démontrez que les triangles OAB et OCD sont égaux.
5) Que peut-on en déduire pour le point O ?
6) L'aire du parallélogramme vaut 21 cm2. Donnez l'aire de chacun des quatre petits triangles OAB, OBC, OCD et ODA.
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Réponses
1)AB=CD, BC=DA, AC commun
2)Premier cas
3)Angles alternes-internes
4)Troisième cas
5)O milieu des diagonales
6)5,25 cm² chacun
1)
On compare les trois côtés. D'abord AB=CD, comme côtés opposés du parallélogramme. Ensuite BC=DA, pour la même raison. Enfin AC=CA, puisque c'est le même segment, la diagonale commune aux deux triangles. Les trois côtés de ABC sont donc respectivement égaux aux trois côtés de CDA, et les triangles sont égaux. L'ordre des lettres n'est pas décoratif : A correspond à C, B à D et C à A, ce qui se lit sur les trois égalités écrites.
2)
Le PREMIER cas d'égalité : trois côtés respectivement de même longueur. On aurait aussi pu utiliser le deuxième, avec AB=CD, BC=DA et l'angle compris ABC=CDA, qui sont les angles opposés du parallélogramme. Une démonstration correcte se contente d'un seul cas, clairement nommé.
3)
Les droites (AB) et (CD) sont parallèles, puisque ABCD est un parallélogramme, et la droite (AC) les coupe toutes les deux. Les angles OAB et OCD sont donc ALTERNES-INTERNES, et à ce titre ils sont égaux. C'est l'outil standard pour fabriquer une égalité d'angles à partir d'une égalité de directions, et il servira encore dans l'exercice 5.
4)
Dans les triangles OAB et OCD : AB=CD, côtés opposés du parallélogramme ; OAB=OCD, angles alternes-internes vus à la question 3 ; et OBA=ODC, alternes-internes eux aussi, avec la sécante (BD). On a donc un côté de même longueur et les deux angles qui lui sont adjacents de même mesure : c'est le TROISIÈME cas d'égalité, et les triangles OAB et OCD sont égaux.
5)
De l'égalité de ces deux triangles on tire OA=OC et OB=OD : le point O est donc le milieu de [AC] et le milieu de [BD]. On vient de redémontrer la propriété bien connue : les diagonales d'un parallélogramme se coupent en leur milieu. C'est un bon exemple de ce que les cas d'égalité permettent de faire, à savoir démontrer une propriété au lieu de l'admettre.
6)
La diagonale [AC] partage le parallélogramme en deux triangles égaux, donc d'aires égales, soit 221=10,5 cm2 chacun. La deuxième diagonale partage à son tour chacun de ces triangles en deux triangles de même aire, car O est le milieu de [AC] : les triangles OAB et OBC ont la même base, OA=OC, et la même hauteur issue de B. Chacun des quatre petits triangles a donc pour aire 421=5,25 cm2 ✓, et l'on contrôle que 4×5,25=21 cm2.
Exercice 4 : Le rapport de similitude
Les triangles ABC et MNP sont semblables, dans cet ordre de sommets : A correspond à M, B à N et C à P.
On donne AB=6 cm, BC=9 cm, AC=12 cm et MN=8 cm.
1) Calculez le rapport k qui permet de passer de ABC à MNP.
2) Calculez NP et MP.
3) Vérifiez votre résultat en comparant le plus grand côté de chaque triangle.
4) Calculez les périmètres des deux triangles et le rapport de ces périmètres.
5) Un élève écrit MNAB=MPBC. Corrigez et expliquez l'origine de l'erreur.
6) On considère maintenant les triangles ABC et RST, semblables avec R correspondant à B, S à C et T à A. Si RS=3 cm, calculez ST et TR.
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Réponses
1)k=34
2)NP=12 cm, MP=16 cm
3)1216=34
4)27 et 36 cm
5)MNAB=NPBC
6)ST=4 cm, TR=2 cm
1)
Le rapport se lit sur deux côtés qui se correspondent. Ici [MN] correspond à [AB], donc k=ABMN=68=34≈1,33. Comme k>1, il s'agit d'un agrandissement : MNP est plus grand que ABC, ce qui se voit sur la figure ✓. Écrire 86 donnerait 0,75 et conduirait à une réduction, en contradiction avec le dessin : le contrôle « agrandissement ou réduction » attrape cette erreur immédiatement.
2)
Chaque côté de MNP s'obtient en multipliant par k le côté correspondant de ABC. NP=k×BC=34×9=12 cm, et MP=k×AC=34×12=16 cm. On peut aussi passer par des produits en croix, mais la multiplication par k est plus rapide et moins exposée aux erreurs d'écriture.
3)
Le plus grand côté de ABC est AC=12 cm, le plus grand côté de MNP est MP=16 cm, et 1216=34 ✓, le même rapport qu'à la question 1. Ce contrôle est le plus rapide de tous : si le plus grand côté ne correspond pas au plus grand côté, la correspondance des sommets a été mal écrite et tout le reste est à refaire.
4)
Périmètre de ABC : 6+9+12=27 cm. Périmètre de MNP : 8+12+16=36 cm. Le rapport vaut 2736=34 ✓ : le périmètre suit exactement le même rapport que les côtés, puisqu'il en est la somme. On peut donc calculer un périmètre d'image sans connaître aucun côté individuellement, ce qui rend certaines questions de brevet immédiates.
5)
Il fallait écrire MNAB=NPBC. L'erreur consiste à changer de sommet en cours de route : [BC] correspond à [NP], pas à [MP], parce que B correspond à N et C à P. Numériquement, la version fausse donnerait 86=169, soit 0,75=0,5625, ce qui est faux et signale l'erreur ; mais dans un exercice où l'on cherche une longueur inconnue, rien ne la signale et l'on obtient un résultat faux d'aspect crédible.
6)
Ici la correspondance est décalée : R va avec B, S avec C, T avec A. Donc [RS] correspond à [BC], et le rapport vaut k′=BCRS=93=31. On en déduit ST=k′×CA=31×12=4 cm et TR=k′×AB=31×6=2 cm. Il s'agit cette fois d'une réduction, puisque k′<1. Cette question est la raison d'être du fil de la série : sans écrire d'abord la correspondance des sommets, on aurait divisé 3 par 6 et tout le reste aurait été faux.
Exercice 5 : La configuration en papillon
Les droites (AD) et (BE) se coupent en C. Les points A et B sont d'un côté de C, les points D et E de l'autre. On sait de plus que les droites (AB) et (DE) sont parallèles.
Cette figure, appelée configuration en papillon, est l'une des deux configurations à reconnaître au premier coup d'oeil, avec celle du triangle.
On donne CA=4 cm, CB=5 cm, AB=6 cm et CD=8 cm.
1) Justifiez que CAB=CDE.
2) Justifiez que ACB=DCE.
3) Déduisez-en que les triangles CAB et CDE sont semblables, et écrivez la correspondance des sommets.
4) Calculez le rapport de similitude, puis CE et DE.
5) Le point D est-il l'image de A dans une réduction ou dans un agrandissement de centre C ?
6) On modifie la figure : (AB) n'est plus parallèle à (DE). Les triangles restent-ils semblables ?
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Réponses
1)Alternes-internes
2)Opposés par le sommet
3)C↔C, A↔D, B↔E
4)k=2 ; CE=10 ; DE=12
5)Agrandissement, avec demi-tour
6)Non
1)
Les droites (AB) et (DE) sont parallèles, et la droite (AD) les coupe toutes les deux. Les angles CAB et CDE sont donc alternes-internes, et à ce titre ils ont la même mesure. C'est l'unique endroit où l'hypothèse de parallélisme est utilisée, et c'est pour cela qu'elle doit figurer explicitement dans la rédaction.
2)
Les angles ACB et DCE sont OPPOSÉS PAR LE SOMMET, puisque [CA) et [CD) sont des demi-droites opposées, ainsi que [CB) et [CE). Deux angles opposés par le sommet ont toujours la même mesure, sans aucune hypothèse supplémentaire.
3)
Les triangles CAB et CDE ont donc deux angles deux à deux de même mesure : celui de A avec celui de D, et celui de C avec celui de C. Deux angles égaux suffisent, puisque le troisième s'obtient par différence à 180∘. Les triangles sont donc semblables, avec la correspondance C↔C, A↔D, B↔E. On écrit « CAB et CDE sont semblables », et c'est cet ordre qui pilote tous les rapports qui suivent.
4)
Le rapport vaut k=CACD=48=2. On en déduit CE=k×CB=2×5=10 cm et DE=k×AB=2×6=12 cm. Vérification de cohérence : le triangle CDE a pour côtés 8, 10 et 12, qui sont bien les doubles de 4, 5 et 6 ✓, et l'inégalité triangulaire y est respectée puisque 8+10>12.
5)
C'est un AGRANDISSEMENT de rapport 2, mais attention : le centre C est ici entre A et D, si bien que l'agrandissement s'accompagne d'un demi-tour. Autrement dit, D est l'image de A par l'agrandissement de centre C et de rapport −2, ce qui explique que la figure image soit retournée. En troisième on retient surtout que les longueurs doublent ; le signe sera formalisé plus tard avec les homothéties.
6)
Non. Sans le parallélisme, l'égalité de la question 1 tombe, et il ne reste que les angles opposés par le sommet, c'est-à-dire UN seul angle égal : c'est insuffisant. On peut s'en convaincre en faisant pivoter le segment [DE] autour de D : l'angle en C ne change pas, la longueur CE change, et le triangle CDE prend une forme différente de celle de CAB. Le parallélisme n'est donc pas un décor de la figure, c'est l'hypothèse qui porte toute la démonstration.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Périmètres, aires et rapport de similitude
Dans le triangle ABC, les points I, J et K sont les milieux respectifs des côtés [AB], [BC] et [AC]. Le triangle IJK ainsi obtenu s'appelle le triangle des milieux.
On donne, pour le triangle ABC, un périmètre de 30 cm et une aire de 24 cm2.
1) Démontrez que les triangles IJK et ABC sont semblables, et donnez le rapport.
2) Calculez le périmètre du triangle IJK.
3) Calculez l'aire du triangle IJK.
4) Justifiez que les quatre petits triangles de la figure sont égaux, et retrouvez le résultat de la question 3.
5) Un triangle semblable à ABC a une aire de 216 cm2. Quel est son rapport de similitude ?
6) De quel rapport faut-il agrandir ABC pour que son aire DOUBLE ?
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Réponses
1)Semblables, k=0,5
2)15 cm
3)6 cm²
4)Quatre triangles égaux de 6 cm²
5)k=3
6)k=2≈1,41
1)
D'après le théorème des milieux, (IK) est parallèle à (BC) et IK=2BC ; de même (IJ) est parallèle à (AC) avec IJ=2AC, et (KJ) est parallèle à (AB) avec KJ=2AB. Les trois côtés de IJK sont donc proportionnels à ceux de ABC, avec le même quotient 21 : les triangles sont semblables de rapport k=0,5. La correspondance des sommets se lit sur les égalités écrites : I correspond à C, J à A et K à B, ce qui surprend au premier abord mais découle du fait que chaque milieu est opposé au sommet dont il ne porte pas le nom.
2)
Le périmètre est multiplié par k, donc il vaut 30×0,5=15 cm. On peut le retrouver côté par côté : chacun des trois côtés de IJK est la moitié d'un côté de ABC, donc leur somme est la moitié de la somme ✓.
3)
L'aire est multipliée par k2=0,52=0,25, donc elle vaut 24×0,25=6 cm2. C'est le point où le chapitre se joue : diviser l'aire par 2 au lieu de la diviser par 4 donnerait 12 cm2, et cette erreur est la plus fréquente de tout le thème des agrandissements. Le rapport porte sur les LONGUEURS ; l'aire, qui est un produit de deux longueurs, subit le rapport deux fois.
4)
Les quatre petits triangles AIK, IBJ, KJC et IJK ont leurs trois côtés deux à deux de même longueur, chacun valant la moitié d'un côté de ABC : par exemple AI, IB et KJ valent tous trois la moitié de AB, tandis que AK, KC et IJ valent la moitié de AC, et BJ, JC et IK la moitié de BC. Ils sont donc égaux, par le premier cas d'égalité. Comme ils pavent exactement le triangle ABC sans se chevaucher, chacun a pour aire 424=6 cm2 ✓, ce qui confirme la question 3 par un raisonnement entièrement différent. Cette figure est la démonstration visuelle la plus simple du facteur k2 : diviser les longueurs par 2 crée 4 copies.
5)
On cherche k tel que 24×k2=216, donc k2=24216=9 et k=3, puisqu'un rapport de similitude est positif. Vérification : un agrandissement de rapport 3 multiplie l'aire par 9, et 24×9=216 ✓. Le périmètre, lui, ne serait multiplié que par 3, passant de 30 à 90 cm.
6)
On cherche k tel que k2=2, donc k=2≈1,41. Ce n'est PAS 2 : agrandir de rapport 2 quadruplerait l'aire, qui passerait à 96 cm2. Il suffit d'augmenter les longueurs d'environ 41 pour cent pour doubler la surface. C'est exactement le principe des formats de papier A4 et A3 : passer de l'un à l'autre double l'aire, et le rapport des longueurs y vaut bien 2. Contrôle : 24×(2)2=24×2=48 cm2 ✓.
Exercice 7 : Une similitude sans droites parallèles
Dans le triangle ABC, le point M appartient au segment [AB] et le point N au segment [AC]. On donne AB=10 cm, AC=8 cm, BC=9 cm et AM=4 cm.
On sait de plus que AMN=ACB. Attention : les droites (MN) et (BC) ne sont PAS parallèles, ce n'est donc pas une configuration de Thalès.
1) Démontrez que les triangles AMN et ACB sont semblables.
2) Écrivez la correspondance des sommets, puis la triple égalité des rapports.
3) Calculez le rapport de similitude, puis la longueur AN.
4) Calculez la longueur MN.
5) Vérifiez que AM×AB=AN×AC.
6) Montrez que si (MN) était parallèle à (BC), la longueur AN serait différente. Que vaudrait-elle ?
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Réponses
1)Deux angles égaux
2)ACAM=ABAN=CBMN
3)k=0,5 ; AN=5 cm
4)MN=4,5 cm
5)40=40
6)AN=3,2 cm
1)
Les deux triangles AMN et ACB partagent l'angle de sommet A : c'est le même angle, puisque M est sur [AB] et N sur [AC]. Par hypothèse, AMN=ACB. Deux angles sont donc deux à deux de même mesure, et cela suffit : les triangles sont semblables. Le troisième couple d'angles est alors automatiquement égal, par différence à 180∘.
2)
L'angle de A correspond à l'angle de A, l'angle de M à l'angle de C et donc l'angle de N à l'angle de B : la correspondance est A↔A, M↔C, N↔B, et l'on écrit « AMN et ACB sont semblables ». La triple égalité s'écrit ACAM=ABAN=CBMN. C'est ici que se joue tout l'exercice : l'ordre naturel ABC est trompeur, et écrire ABAM serait comparer deux longueurs du MÊME triangle, ce qui n'a aucun rapport avec la similitude.
3)
Le rapport vaut k=ACAM=84=0,5. On en déduit AN=k×AB=0,5×10=5 cm. Contrôle de vraisemblance : N doit appartenir à [AC], donc AN doit être inférieur à AC=8 cm, et 5<8 ✓. Un résultat supérieur à 8 aurait immédiatement signalé une correspondance mal écrite.
4)
MN=k×CB=0,5×9=4,5 cm. On remarque au passage que MN vaut exactement la moitié de BC sans que (MN) soit parallèle à (BC) : le théorème des milieux n'est donc pas en cause, et la similitude est bien un outil plus général que Thalès.
5)
AM×AB=4×10=40 et AN×AC=5×8=40 : les deux produits sont égaux ✓. Cette égalité n'est pas un hasard, elle est une autre écriture de ACAM=ABAN après produit en croix. Elle offre une vérification rapide et sûre de tout exercice de ce type, et elle prépare la relation de puissance d'un point qui sera revue au lycée.
6)
Si (MN) était parallèle à (BC), on serait dans la configuration de Thalès et l'on aurait ABAM=ACAN, soit 104=8AN, donc AN=104×8=3,2 cm. Ce n'est pas la valeur trouvée à la question 3, qui vaut 5 cm : les deux configurations donnent des figures réellement différentes. La leçon est qu'il ne faut jamais supposer un parallélisme qui n'est pas écrit ; ici, le supposer aurait fait perdre 5−3,2=1,8 cm sur la réponse, sans le moindre signal d'alarme dans le calcul.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.
1) « Deux triangles qui ont leurs trois angles deux à deux de même mesure sont égaux. »
2) « Si deux triangles ont deux côtés de même longueur et un angle de même mesure, alors ils sont égaux. »
3) « Deux triangles semblables de rapport 3 ont des aires dans le rapport 3. »
4) « Les triangles ABC et DEF sont semblables, donc DEAB=DFBC. »
5) « Deux triangles rectangles sont toujours semblables. »
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Réponses
1)Semblables, pas égaux
2)Angle compris
3)Aires dans le rapport 9
4)DEAB=EFBC
5)Un angle aigu égal
1)
FAUX. Trois angles égaux rendent les triangles SEMBLABLES, pas égaux. Énoncé correct : « deux triangles qui ont leurs trois angles deux à deux de même mesure sont semblables ». Contre-exemple immédiat : un triangle de côtés 3, 4, 5 et un triangle de côtés 6, 8, 10 ont les mêmes angles et ne sont manifestement pas superposables.
2)
FAUX. Il faut que l'angle soit COMPRIS entre les deux côtés. Énoncé correct : « si deux triangles ont deux côtés de même longueur et l'angle compris entre ces deux côtés de même mesure, alors ils sont égaux ». Sans cette précision, on retombe sur la situation ambiguë de l'exercice 2, où deux triangles différents satisfont les mêmes données.
3)
FAUX. Le rapport des aires est k2=32=9, pas 3. Énoncé correct : « deux triangles semblables de rapport 3 ont des aires dans le rapport 9 ». Le rapport 3 est celui des longueurs et des périmètres. Croire que l'aire suit le même facteur revient à tripler une surface quand elle est en réalité multipliée par neuf, ce qui, sur un devis de peinture ou de gazon, fait une erreur d'un facteur trois.
4)
FAUX, l'ordre des sommets n'est pas respecté à droite. Énoncé correct : « DEAB=EFBC ». Puisque A correspond à D, B à E et C à F, le côté [BC] correspond à [EF] et non à [DF], qui correspond lui à [AC]. Écrire un rapport sans revenir à la correspondance des sommets est l'erreur qui produit le plus de résultats faux d'apparence correcte.
5)
FAUX. Ils ont bien un angle égal, l'angle droit, mais un seul angle égal ne suffit pas. Énoncé correct : « deux triangles rectangles qui ont un angle aigu de même mesure sont semblables ». Contre-exemple : un triangle rectangle de côtés 3, 4, 5 et un triangle rectangle isocèle de côtés 1, 1, 2 ne se ressemblent pas du tout, alors qu'ils ont tous deux un angle droit. Dans le premier, l'angle aigu vaut environ 36,9∘ ; dans le second, 45∘.
Exercice 9 : Problème : la hauteur issue de l'angle droit
Le triangle ABC est rectangle en A, avec AB=6 cm et AC=8 cm. Le point H est le pied de la hauteur issue de A : le segment [AH] est perpendiculaire à [BC].
Cette figure est l'une des plus riches du programme : elle contient trois triangles rectangles, et ils sont tous les trois semblables entre eux.
1) Calculez BC.
2) Démontrez que les triangles HBA et ABC sont semblables, en écrivant la correspondance des sommets.
3) Déduisez-en BH, puis calculez CH.
4) Calculez AH de deux façons différentes.
5) Vérifiez que AH2=BH×CH.
6) Montrez que AB2=BH×BC et AC2=CH×BC, puis déduisez-en le théorème de Pythagore.
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Réponses
1)BC=10 cm
2)H↔A, B↔B, A↔C
3)BH=3,6 ; CH=6,4
4)AH=4,8 cm
5)23,04=23,04
6)36+64=100 : Pythagore
1)
Le triangle est rectangle en A, donc d'après le théorème de Pythagore BC2=AB2+AC2=62+82=36+64=100, d'où BC=10 cm. C'est le célèbre triangle 6-8-10, qui est l'agrandissement de rapport 2 du triangle 3-4-5.
2)
Les triangles HBA et ABC ont d'abord l'angle de sommet B en commun, puisque H appartient à [BC] : c'est le même angle vu dans les deux triangles. Ils ont ensuite chacun un angle droit, en H pour le premier et en A pour le second. Deux angles égaux suffisent, donc les triangles sont semblables. La correspondance se lit sur ce qui vient d'être dit : H correspond à A (les deux angles droits), B correspond à B (l'angle commun) et A correspond à C. On écrit « HBA et ABC sont semblables », et c'est cet ordre qui donne ABHB=BCBA=CAAH.
3)
De ABHB=BCBA on tire HB=BCAB2=1036=3,6 cm. Puis CH=BC−BH=10−3,6=6,4 cm. Contrôle : les deux morceaux doivent redonner l'hypoténuse, et 3,6+6,4=10 ✓. On note que le plus grand morceau, 6,4, touche le sommet C, celui d'où part le plus grand côté de l'angle droit : le pied de la hauteur est toujours plus proche du côté le plus court.
4)
Première façon, par l'aire : l'aire du triangle vaut 2AB×AC=26×8=24 cm2 en prenant [AB] et [AC] comme base et hauteur, mais aussi 2BC×AH=210×AH=5AH en prenant [BC] comme base. D'où 5AH=24 et AH=4,8 cm. Deuxième façon, par la similitude : CAAH=BCBA donne AH=BCCA×BA=108×6=4,8 cm ✓. Les deux méthodes s'accordent, ce qui n'est pas une coïncidence : la formule de l'aire n'est qu'une réécriture de la similitude.
5)
AH2=4,82=23,04 et BH×CH=3,6×6,4=23,04 ✓. Cette relation s'appelle la relation métrique de la hauteur, et elle se démontre en écrivant que les deux petits triangles HBA et HAC sont semblables entre eux : HAHB=HCHA, donc HA2=HB×HC par produit en croix. Elle permet de retrouver la hauteur sans connaître les côtés de l'angle droit.
6)
La similitude de la question 2 donne ABHB=BCAB, donc AB2=BH×BC=3,6×10=36 ✓, ce qui est bien 62. En raisonnant de la même façon avec les triangles HAC et ABC, on obtient AC2=CH×BC=6,4×10=64 ✓, soit 82. Il ne reste qu'à additionner : AB2+AC2=BH×BC+CH×BC=(BH+CH)×BC=BC×BC=BC2. On vient de démontrer le théorème de PYTHAGORE avec les seuls triangles semblables, sans aucun découpage de carrés. Numériquement : 36+64=100=102 ✓. C'est la démonstration la plus courte qui existe, et elle repose entièrement sur la correspondance des sommets écrite à la question 2.
Exercice 10 : Problème : mesurer un immeuble avec un miroir
Pour mesurer la hauteur d'un immeuble sans y monter, on pose un petit miroir à plat sur le sol, au point M, puis on recule jusqu'à voir le sommet de l'immeuble dans le miroir.
Les yeux de l'observateur sont en E, ses pieds en F, le sommet de l'immeuble en T et son pied en P. Un miroir renvoie la lumière avec le même angle qu'elle arrive, ce qui donne EMF=TMP.
On mesure EF=1,60 m, FM=2,40 m et MP=18 m.
1) Démontrez que les triangles MFE et MPT sont semblables.
2) Écrivez la correspondance des sommets et la triple égalité des rapports.
3) Calculez la hauteur PT de l'immeuble.
4) Une deuxième personne, dont les yeux sont à 1,75 m du sol, veut refaire la mesure en gardant le miroir à 18 m de l'immeuble. À quelle distance de ses pieds doit-elle poser le miroir ?
5) Le même principe fait fonctionner une chambre noire : un objet de 30 cm placé à 90 cm d'un petit trou donne une image renversée sur un écran situé 12 cm derrière le trou. Calculez la hauteur de cette image.
6) On éloigne l'écran de la chambre noire à 18 cm du trou. Quelle est la nouvelle hauteur de l'image, et par combien l'aire de l'image est-elle multipliée ?
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Réponses
1)Angle droit et angles au miroir
2)MPMF=PTFE=MTME
3)PT=12 m
4)FM=2,625 m
5)Image de 4 cm
6)6 cm ; aire ×2,25
1)
Les deux triangles ont chacun un angle droit, en F et en P, car l'observateur et l'immeuble sont verticaux tandis que le sol est horizontal. Ils ont de plus EMF=TMP, propriété du miroir donnée dans l'énoncé. Deux angles étant deux à deux de même mesure, les triangles MFE et MPT sont semblables. Le troisième couple d'angles est alors égal lui aussi.
2)
M correspond à M (les angles du miroir), F correspond à P (les angles droits) et E correspond à T. On écrit « MFE et MPT sont semblables », d'où MPMF=PTFE=MTME. Écrire la correspondance avant les rapports évite ici l'erreur naturelle qui consisterait à comparer MF avec PT, deux longueurs qui ne se correspondent pas du tout.
3)
De MPMF=PTFE on tire PT=MFFE×MP=2,401,60×18=2,428,8=12 m. L'immeuble mesure donc 12 mètres, ce qui correspond à environ quatre étages : l'ordre de grandeur est plausible. Le rapport de similitude vaut 2,4018=7,5, et l'on vérifie que 1,60×7,5=12 ✓.
4)
On garde MP=18 m et PT=12 m, donc le rapport de similitude reste 7,5. Il faut alors que FM=PTEF×MP=121,75×18=2,625 m, soit 2,625 m, c'est-à-dire environ 2,63 m. La personne la plus grande doit donc reculer un peu plus, ce qui est logique : l'angle au miroir est imposé par l'immeuble, et des yeux plus hauts doivent être plus loin du miroir pour retrouver ce même angle. Contrôle : 2,6251,75=1812 ✓, les deux rapports valent 0,66.
5)
Le trou joue le rôle du point M : les rayons se croisent en ce point, ce qui donne deux triangles semblables opposés par le sommet, exactement la configuration en papillon de l'exercice 5. Le rapport vaut 9012=152, donc l'image mesure 30×9012=90360=4 cm. L'image est sept fois et demie plus petite que l'objet et elle est renversée, ce que la configuration en papillon explique entièrement.
6)
Avec un écran à 18 cm, l'image mesure 30×9018=6 cm : éloigner l'écran agrandit l'image, ce qui est le principe du réglage d'un projecteur. Le rapport entre les deux images vaut 46=1,5, donc l'aire de l'image est multipliée par 1,52=2,25. L'image occupe deux fois et quart plus de surface alors qu'elle n'est qu'une fois et demie plus haute, et c'est aussi pourquoi elle paraît deux fois plus sombre : la même quantité de lumière est étalée sur plus du double de surface.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Le triangle isocèle et sa médiane
Le triangle ABC est isocèle en A : AB=AC. On note H le milieu de [BC]. On donne AB=13 cm et BC=10 cm.
1) Démontrez que les triangles ABH et ACH sont égaux. Quel cas d'égalité utilisez-vous ?
2) Déduisez-en deux égalités d'angles.
3) Démontrez que la droite (AH) est perpendiculaire à (BC).
4) Calculez AH.
5) Calculez l'aire du triangle ABC, puis la longueur de la hauteur issue de B, au centième.
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Réponses
1)Premier cas
2)ABH=ACH ; AHB=AHC
3)Deux angles égaux de somme 180°
4)AH=12 cm
5)60 cm² ; ≈9,23 cm
1)
Dans les triangles ABH et ACH : AB=AC car le triangle est isocèle en A ; BH=CH car H est le milieu de [BC] ; et [AH] est un côté commun. Les trois côtés sont deux à deux de même longueur : les triangles sont égaux par le PREMIER cas d'égalité, avec la correspondance A↔A, B↔C, H↔H.
2)
Deux triangles égaux ont leurs angles correspondants égaux : ABH=ACH, ce qui redémontre que les angles à la base d'un triangle isocèle sont égaux, et AHB=AHC.
3)
Les points B, H et C sont alignés, donc AHB+AHC=180°. Comme ces deux angles sont égaux, chacun vaut 90° : (AH) est perpendiculaire à (BC). La médiane issue du sommet principal est donc aussi une hauteur.
4)
Le triangle ABH est rectangle en H, avec BH=5 cm et AB=13 cm : AH2=132−52=169−25=144, donc AH=12 cm.
5)
Aire : 2BC×AH=210×12=60 cm2. La hauteur issue de B tombe sur (AC) ; l'aire s'écrit aussi 2AC×h, donc h=132×60≈9,23 cm. Une même aire, deux bases : c'est la façon la plus rapide de calculer une hauteur.
Le fil : les cas d'égalité servent à DÉMONTRER des propriétés que l'on utilisait jusque-là sans preuve, puis les calculs s'appuient sur ces propriétés.
Exercice 12 : Les quatre triangles égaux du losange
ABCD est un losange de centre O. Ses diagonales mesurent AC=16 cm et BD=12 cm. On rappelle que les diagonales d'un losange se coupent en leur milieu et sont perpendiculaires.
1) Démontrez que les triangles AOB et COD sont égaux.
2) Calculez la longueur du côté du losange.
3) Calculez le périmètre et l'aire du losange.
4) Calculez la distance entre les droites (AB) et (CD), qui sont parallèles.
5) Calculez l'angle DAB au dixième de degré.
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Réponses
1)Premier cas
2)10 cm
3)40 cm ; 96 cm²
4)9,6 cm
5)≈73,7°
1)
OA=OC=8 cm et OB=OD=6 cm, puisque les diagonales se coupent en leur milieu. De plus AB=CD, car les quatre côtés d'un losange sont égaux. Trois côtés deux à deux égaux : les triangles AOB et COD sont égaux par le premier cas. Le même raisonnement montre que les QUATRE triangles AOB, BOC, COD et DOA sont égaux.
2)
Le triangle AOB est rectangle en O, puisque les diagonales sont perpendiculaires : AB2=82+62=64+36=100, donc AB=10 cm.
3)
Périmètre : 4×10=40 cm. Aire : les quatre triangles égaux ont chacun pour aire 28×6=24 cm2, donc le losange fait 96 cm2, ce qui est aussi 2AC×BD=216×12.
4)
Le losange est un parallélogramme : son aire vaut base fois hauteur. Avec la base AB=10 cm, la hauteur vaut 1096=9,6 cm. C'est la distance entre (AB) et (CD). Le piège est de prendre la diagonale 12 cm, qui n'est pas perpendiculaire aux côtés.
5)
Dans AOB, rectangle en O, tan(OAB)=OAOB=86=0,75, donc OAB≈36,87°. La diagonale [AC] coupe l'angle DAB en deux angles égaux, puisque AOB et AOD sont égaux : DAB≈73,7°.
Le fil : découper une figure en triangles égaux ramène chaque calcul à un seul petit triangle, souvent rectangle.
Exercice 13 : Un terrain sur un plan à l'échelle
Sur un plan à l'échelle 20001, un terrain est représenté par un triangle de côtés 6 cm, 8 cm et 10 cm. Le vrai terrain est un agrandissement de ce triangle.
1) Quel est le rapport d'agrandissement ? Calculez les longueurs réelles des trois côtés, en mètres.
2) Le terrain est-il un triangle rectangle ? Justifiez.
3) Calculez l'aire du triangle sur le plan, puis l'aire réelle du terrain, en mètres carrés.
4) Par quel nombre l'aire a-t-elle été multipliée entre le plan et la réalité ?
5) On redessine le même terrain sur un plan au 50001. Quelles sont les longueurs de ses côtés et son aire sur ce plan ?
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Réponses
1)k=2000 : 120, 160, 200 m
2)Oui : 62+82=102
3)24 cm² ; 9 600 m²
4)4000000
5)2,4 ; 3,2 ; 4 cm ; 3,84 cm²
1)
Chaque centimètre du plan représente 2000 cm, soit 20 m : le rapport vaut k=2000. Côtés réels : 6×20=120 m, 8×20=160 m et 10×20=200 m.
2)
Oui : 62+82=36+64=100=102, donc le triangle du plan est rectangle, et le terrain aussi, car un agrandissement conserve les angles. On le vérifie sur les longueurs réelles : 1202+1602=40000=2002.
3)
Sur le plan : 26×8=24 cm2. En réalité : 2120×160=9600 m2.
4)
Les aires sont multipliées par k2=20002=4000000. Contrôle : 24 cm2×4000000=96000000 cm2, et 1 m2 vaut 10000 cm2, donc cela fait 9600 m2 ✓. Le piège est de multiplier l'aire par 2000 et d'annoncer 4,8 m2.
5)
Au 50001, un centimètre représente 50 m : les côtés mesurent 50120=2,4 cm, 3,2 cm et 4 cm. Aire : 22,4×3,2=3,84 cm2. Le rapport entre les deux plans vaut 62,4=0,4 pour les longueurs et 0,16 pour les aires.
Le fil : une échelle est un rapport de longueurs ; les aires suivent le carré de ce rapport, qu'on agrandisse ou qu'on réduise.
Exercice 14 : Problème : le carré dans le triangle rectangle
Le triangle ABC est rectangle en A, avec AB=6 cm et AC=3 cm. On veut y placer le plus grand carré possible AMNP, avec M sur [AB], P sur [AC] et N sur [BC]. On note x la longueur du côté du carré.
1) Démontrez que les triangles BMN et BAC sont semblables.
2) Écrivez l'égalité de rapports qui relie BM, BA, MN et AC, en fonction de x.
3) Déduisez-en x.
4) Calculez l'aire du carré et celle du triangle. Quel pourcentage du triangle le carré occupe-t-il, au dixième ?
5) On recommence avec AB=12 cm et AC=4 cm. Quel est le côté du carré ?
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Réponses
1)Angle commun et angles droits
2)66−x=3x
3)x=2 cm
4)4 et 9 cm² : 44,4 %
5)3 cm
1)
Les deux triangles ont l'angle B en commun. Ils ont chacun un angle droit : en M, puisque AMNP est un carré, et en A. Deux angles deux à deux égaux : les triangles sont semblables, avec la correspondance B↔B, M↔A, N↔C.
2)
La correspondance donne BABM=ACMN. Or BM=6−x et MN=x, donc 66−x=3x.
3)
Produit en croix : 3(6−x)=6x, soit 18−3x=6x, donc 9x=18 et x=2 cm. Contrôle : BM=4, MN=2, et 64=32 ✓.
4)
Carré : 2×2=4 cm2. Triangle : 26×3=9 cm2. Le carré occupe 94≈44,4 % du triangle.
5)
Même raisonnement : 1212−x=4x, donc 4(12−x)=12x, 48=16x et x=3 cm. En général, x=AB+ACAB×AC : 96×3=2 et 1612×4=3 ✓. Le côté du carré n'est ni la moitié d'un côté ni leur moyenne : il dépend des deux côtés à la fois, et seule l'équation le donne.
Le fil : un point inconnu se traduit par une longueur x, et la similitude fournit l'équation qui la détermine.
Exercice 15 : Problème : l'ombre sous le lampadaire
Un lampadaire dont la lampe est à 6 m du sol éclaire une personne de 1,80 m. On assimile la lampe à un point, la personne et le lampadaire à des segments verticaux, et le sol à un plan horizontal. Le bout de l'ombre est aligné avec la lampe et le sommet de la tête.
1) Justifiez que le triangle formé par la personne et son ombre est semblable au triangle formé par le lampadaire et la distance de son pied au bout de l'ombre.
2) La personne est à 4 m du pied du lampadaire. Calculez la longueur de son ombre, au centième.
3) Elle s'éloigne à 8 m du pied. Calculez la nouvelle ombre. L'ombre est-elle proportionnelle à la distance au lampadaire ?
4) Donnez le coefficient qui permet de passer de la distance au lampadaire à la longueur de l'ombre, en fraction puis au millième.
5) La personne s'éloigne à 1,4 m par seconde. À quelle vitesse la longueur de l'ombre augmente-t-elle ? À quelle vitesse le bout de l'ombre avance-t-il ?
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Réponses
1)Deux angles égaux
2)≈1,71 m
3)≈3,43 m : proportionnelle
4)73≈0,429
5)0,6 m/s et 2 m/s
1)
Les deux triangles sont rectangles, au pied de la personne et au pied du lampadaire, et ils ont en commun l'angle au bout de l'ombre, formé par le sol et le rayon lumineux. Deux angles égaux : ils sont semblables. On peut aussi y voir une configuration de Thalès, puisque la personne et le lampadaire sont verticaux, donc parallèles.
2)
Notons s l'ombre. Le grand triangle a pour côtés horizontaux s+4 et vertical 6, le petit s et 1,8 : s+4s=61,8. Produit en croix : 6s=1,8s+7,2, donc 4,2s=7,2 et s=4,27,2≈1,71 m. Le piège est d'écrire 4s=61,8, qui oublie que le grand triangle s'étend jusqu'au BOUT de l'ombre.
3)
À 8 m : 4,2s=1,8×8=14,4, donc s≈3,43 m. La distance a doublé et l'ombre aussi : elle est proportionnelle à la distance au lampadaire.
4)
De 4,2s=1,8d on tire s=4,21,8×d=73×d, soit un coefficient d'environ 0,429. C'est une fonction linéaire de la distance.
5)
Chaque seconde, la distance augmente de 1,4 m, donc l'ombre s'allonge de 73×1,4=0,6 m par seconde. Le bout de l'ombre est à d+s=710d du pied : il avance à 710×1,4=2 m par seconde, plus vite que la personne qui marche.
Le fil : dans une situation de lumière, on repère les deux triangles semblables qui partagent le même rayon, et l'on écrit la correspondance avant les rapports.
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