Spécialité physique-chimie, Terminale • Annales du bac 2025 corrigées à Montréal

Bac 2025 de spécialité physique-chimie, Métropole septembre jour 2 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité physique-chimie, session 2025 : Métropole, session de septembre, jour 2

Épreuve du mercredi 10 septembre 2025 • durée 3 h 30 • calculatrice en mode examen autorisée • 3 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet officiel (Labolycée).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 3 h 30, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2025 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité physique-chimie du baccalauréat 2025, session de septembre en Métropole, jour 2 : l'épreuve du mercredi 10 septembre 2025, trois heures trente, calculatrice en mode examen autorisée. Trois exercices pour 20 points, 9 points sur les pluies acides, 5 points sur la couleur des scarabées et 6 points sur le réfrigérateur, avec une annexe à rendre avec la copie. L'énoncé et ses documents sont reproduits tels quels, et chaque question qui a un résultat vérifiable porte un champ autocorrigé.

L'exercice 1 part du couple CO2/HCO3−\mathrm{CO_{2}/HCO_{3}^{-}} : réaction acide-base, pKA\mathrm{p}K_{A} lu sur un diagramme de distribution, constante d'acidité et pH de l'eau de pluie, dilution et pH d'un acide fort. Il suit ensuite l'attaque du calcaire par la pression du gaz formé, avec la loi des gaz parfaits, l'avancement maximal, le temps de demi-réaction et les facteurs cinétiques, puis il dose le dioxyde de soufre de l'air par un titrage acide-base comparé aux normes de qualité de l'air. L'exercice 2 traite les interférences lumineuses dans une lame mince (différence de chemin optique, interférences constructives), une mesure sur photographie de microscope électronique et son incertitude-type évaluée par une simulation Monte-Carlo en Python. L'exercice 3 applique la loi phénoménologique de Newton et le premier principe de la thermodynamique au refroidissement d'une bouteille (équation différentielle, constante de temps τ\tau), puis le modèle du gaz parfait et les forces pressantes à la porte d'un réfrigérateur.

Le corrigé nomme la loi à chaque question, pose le calcul avec ses unités et ses chiffres significatifs, et vérifie le résultat quand c'est possible. Trois pièges y sont traités en détail : le nombre stœchiométrique 2 des ions oxonium, qui fixe l'avancement maximal et le lien entre SO2\mathrm{SO_{2}} et H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}} (exercice 1, Q7 et Q11) ; l'épaisseur des couches, qui croît avec la longueur d'onde renforcée et non l'inverse (exercice 2, Q9) ; la force sur la porte, qui ne dépend que de la différence de pression entre les deux faces (exercice 3, Q12). Il signale aussi deux points du sujet : la question Q10 de l'exercice 3 renvoie à Q8 pour un calcul fait en Q9, et la distance dd lue sur la figure 3 de l'exercice 2 tombe à la borne haute de l'intervalle qui reproduit la simulation.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale

Exercice 1 : Les pluies acides

9 points Acide-base, pKa et titragesCinétique chimiqueDéterminer la composition d'un système : lois, spectres et domaines de validité

Formées à partir du dioxyde de soufre et des oxydes d'azote liés aux activités humaines et rejetés dans l'atmosphère, les pluies acides engendrent des problèmes de santé. Elles ont aussi des conséquences visibles sur le sol, la flore et la faune, les métaux, etc. Les pierres calcaires de nombreux bâtiments et statues sont également détériorées par ces pluies acides.

D'après https://www.futura-sciences.com

Le but de cet exercice est d'étudier l'origine des pluies acides ainsi que leurs conséquences sur les bâtiments et les statues, et enfin d'analyser un protocole de contrôle de qualité de l'air.

Données :
• masse molaire du carbonate de calcium : M(CaCO3)=100,1 g⋅mol−1M(\mathrm{CaCO_{3}})=100{,}1\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
• masse molaire du dioxyde de soufre : M(SO2)=64,1 g⋅mol−1M(\mathrm{SO_{2}})=64{,}1\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
• constante des gaz parfaits : R=8,31 J⋅K−1⋅mol−1R=8{,}31\ \mathrm{J\cdot K^{-1}\cdot mol^{-1}} ;
• masse volumique de l'eau : ρ(eau)=1,00×103 g⋅L−1\rho(\text{eau})=1{,}00\times 10^{3}\ \mathrm{g\cdot L^{-1}} ;
• concentration standard : c∘=1 mol⋅L−1c^{\circ}=1\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} ;
• espèces chimiques carbonées en solution : CO2(aq)\mathrm{CO_{2}(aq)}, HCO3−(aq)\mathrm{HCO_{3}^{-}(aq)} et CO32−(aq)\mathrm{CO_{3}^{2-}(aq)}.

  • 1. Origine des pluies acides
  • L'eau de pluie non polluée est naturellement acide et son pH est d'environ 5,6 à 25 °C. Cette acidité est due à la dissolution dans l'eau du dioxyde de carbone CO2\mathrm{CO_{2}}. La concentration à l'équilibre en dioxyde de carbone dissous dans une eau de pluie non polluée à 25 °C est [CO2]=1,3×10−5 mol⋅L−1[\mathrm{CO_{2}}]=1{,}3\times 10^{-5}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.
  • Diagramme de distribution en fonction du pH, de 0 à 14, proportions de 0 à 100 %. La courbe de CO2(aq) vaut 100 % jusqu'à pH 4,5 puis décroît ; celle de HCO3-(aq) croît, culmine vers 98 % à pH 8,3 puis décroît ; celle de CO3 2-(aq) croît à partir de pH 9. Les courbes de CO2 et de HCO3- se croisent à 50 % vers pH 6,3 à 6,4 ; celles de HCO3- et de CO3 2- vers pH 10,3.
    Figure 1. Diagramme de distribution des espèces CO2(aq)\mathrm{CO_{2}(aq)}, HCO3−(aq)\mathrm{HCO_{3}^{-}(aq)} et CO32−(aq)\mathrm{CO_{3}^{2-}(aq)} en solution aqueuse à 25 °C
  • Q1. Écrire l'équation de la réaction acide-base modélisant la transformation chimique entre le dioxyde de carbone dissous et l'eau. Justifier le fait que le dioxyde de carbone puisse rendre acides les pluies.
  • Q2. En utilisant la figure 1, vérifier que la valeur du pKA\mathrm{p}K_{A} du couple CO2(aq)/HCO3−(aq)\mathrm{CO_{2}(aq)/HCO_{3}^{-}(aq)} est voisine de 6,4 à 25 °C.
  • On suppose que seule la réaction entre le dioxyde de carbone dissous CO2(aq)\mathrm{CO_{2}(aq)} et l'eau a lieu et que la concentration en CO2(aq)\mathrm{CO_{2}(aq)} à l'équilibre, imposée par le dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère, est toujours égale à 1,3×10−5 mol⋅L−11{,}3\times 10^{-5}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.
  • Q3. Donner la relation entre les concentrations des espèces HCO3−\mathrm{HCO_{3}^{-}} et H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}} à l'équilibre, notées [HCO3−][\mathrm{HCO_{3}^{-}}] et [H3O+][\mathrm{H_{3}O^{+}}], puis montrer que la constante d'acidité KAK_{A} a pour expression : KA=[H3O+]2[CO2]⋅c∘K_{A}=\dfrac{[\mathrm{H_{3}O^{+}}]^{2}}{[\mathrm{CO_{2}}]\cdot c^{\circ}}
  • Q4. Retrouver que la valeur du pH de l'eau de pluie non polluée à 25 °C est de 5,6.
  • Une eau de pluie est dite acide lorsque son pH est inférieur à 5,6 à 25 °C. L'acidification de l'eau de pluie est due, entre autres, au rejet dans l'atmosphère d'oxydes d'azote NO\mathrm{NO} et NO2\mathrm{NO_{2}} qui conduisent à la formation d'acide nitrique HNO3\mathrm{HNO_{3}}.
  • Afin d'étudier les propriétés acido-basiques de l'acide nitrique, on prépare un volume de 2,00 L d'une solution aqueuse S d'acide nitrique diluée 400 fois à partir d'une solution commerciale S0\mathrm{S_{0}} de concentration c0=15,2 mol⋅L−1c_{0}=15{,}2\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.
  • Q5. Indiquer, en précisant les volumes, la verrerie à utiliser pour préparer 2,00 L de solution aqueuse S d'acide nitrique à partir de la solution commerciale S0\mathrm{S_{0}}.
  • On plonge une sonde pH-métrique dans la solution S : le pH-mètre affiche une valeur de 1,42 à 25 °C.
  • Q6. Déterminer, en justifiant, si la mesure du pH est cohérente avec le fait que l'acide nitrique est un acide fort dans l'eau.
  • 2. Conséquences des pluies acides
  • Dans cette partie on se propose d'expliquer la dégradation, par les pluies acides, des bâtiments et des statues construits avec des roches calcaires composées principalement de carbonate de calcium CaCO3(s)\mathrm{CaCO_{3}(s)}.
  • Afin de simuler l'effet des pluies acides sur les roches calcaires, on fait réagir du carbonate de calcium avec une solution d'acide chlorhydrique. Le protocole décrit ci-dessous est réalisé à une température de 295 K :
    - dans une fiole à vide de volume total 330 mL, on verse 50 mL d'une solution d'acide chlorhydrique. On considère que le volume restant disponible pour du gaz dans la fiole est ainsi de 280 mL ;
    - on relie, par un tuyau, la fiole à vide à un manomètre ;
    - à la date t=0t=0, on introduit rapidement dans la fiole à vide 2,0 g de carbonate de calcium solide, on bouche la fiole à vide puis on relève les valeurs de pression indiquées par le manomètre au cours du temps. On considère que l'introduction du carbonate de calcium ne modifie pas le volume disponible pour le gaz.
  • Fiole à vide bouchée, reliée par un tuyau à un manomètre. Au fond, le carbonate de calcium et 50 mL de solution d'acide chlorhydrique ; au-dessus, le volume restant disponible pour le gaz, V = 280 mL.
    Figure 2. Schéma du montage expérimental
  • Les résultats ci-dessous sont donnés pour trois conditions expérimentales différentes :
  • Concentration de la solution d'acide chlorhydrique utiliséeÉtat de division du carbonate de calciumTemps de demi-réaction t1/2t_{1/2}
    Expérience n°11,0×10−1 mol⋅L−11{,}0\times 10^{-1}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}en poudreà déterminer
    Expérience n°22,0×10−1 mol⋅L−12{,}0\times 10^{-1}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}en poudre80 s
    Expérience n°32,0×10−1 mol⋅L−12{,}0\times 10^{-1}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}en morceaux1,6×1031{,}6\times 10^{3} s
  • La transformation chimique ayant lieu lors de chacune des expériences peut être modélisée par la réaction, supposée totale, d'équation :
  • CaCO3(s)+2 H3O+(aq)⟶CO2(g)+Ca2+(aq)+3 H2O(ℓ)\mathrm{CaCO_{3}(s)+2\,H_{3}O^{+}(aq)\longrightarrow CO_{2}(g)+Ca^{2+}(aq)+3\,H_{2}O(\ell)}
  • Les résultats obtenus permettent de tracer la courbe d'évolution de la pression PCO2P_{\mathrm{CO_{2}}} de dioxyde de carbone gazeux formé en fonction du temps tt pour l'expérience n°1. Les résultats sont présentés sur la figure 3. Cette pression tient compte de l'estimation des pertes liées à la manipulation.
  • Dans les différentes conditions expérimentales, le dioxyde de carbone gazeux est assimilé à un gaz parfait dont l'expression de la pression s'écrit : PCO2=nCO2⋅R⋅TVP_{\mathrm{CO_{2}}}=\dfrac{n_{\mathrm{CO_{2}}}\cdot R\cdot T}{V}
  • où PCO2P_{\mathrm{CO_{2}}} s'exprime en Pa, nCO2n_{\mathrm{CO_{2}}} s'exprime en mol, TT s'exprime en K et VV s'exprime en m3\mathrm{m^{3}}.
  • Points de mesure de la pression du dioxyde de carbone (en Pa, de 0 à 2,5 × 10^4) en fonction du temps (de 0 à 2500 s), expérience n°1. Croissance rapide au début : environ 1,0 × 10^4 Pa à 200 s, 1,5 × 10^4 Pa vers 520 s, 1,85 × 10^4 Pa à 1000 s, puis la courbe s'aplatit : 2,0 × 10^4 Pa vers 1450 s et environ 2,15 × 10^4 Pa à 2500 s.
    Figure 3. Évolution de la pression PCO2P_{\mathrm{CO_{2}}} de dioxyde de carbone gazeux en fonction du temps tt pour l'expérience n°1
  • Q7. Montrer que la quantité de matière théorique maximale de dioxyde de carbone gazeux pouvant être obtenue dans les conditions de l'expérience n°1 est nCO2,max=2,5×10−3n_{\mathrm{CO_{2},max}}=2{,}5\times 10^{-3} mol.
  • Q8. Estimer la quantité de matière de dioxyde de carbone gazeux réellement présente dans la fiole à vide dans l'état final lors de l'expérience n°1. Commenter le résultat obtenu.
  • Q9. Estimer, en expliquant la démarche, le temps de demi-réaction de la transformation chimique mise en œuvre dans l'expérience n°1.
  • Q10. En exploitant les résultats des trois expériences réalisées, indiquer un facteur qui influence la cinétique de la détérioration des bâtiments et des statues.
  • 3. Prévention des pluies acides : contrôle de la qualité de l'air
  • Afin de réduire les émissions d'oxydes d'azote et de dioxyde de soufre SO2\mathrm{SO_{2}}, espèces également responsables de l'acidité des pluies, plusieurs dispositions règlementaires ont été prises dans de nombreux pays. Des normes de qualité de l'air ont été fixées pour le dioxyde de soufre SO2\mathrm{SO_{2}}, et un contrôle régulier de sa concentration dans l'air est réalisé.
  • On donne ci-après les normes de qualité de l'air liées à la concentration en masse de dioxyde de soufre SO2\mathrm{SO_{2}} dans l'air en France.
  • NormeConcentration en massePériode
    Objectif de qualité50 μg⋅m−350\ \mathrm{\mu g\cdot m^{-3}}en moyenne annuelle
    Valeur limite125 μg⋅m−3125\ \mathrm{\mu g\cdot m^{-3}}en moyenne journalière à ne pas dépasser plus de 3 jours par an
    Seuil d'information et de recommandation300 μg⋅m−3300\ \mathrm{\mu g\cdot m^{-3}}en moyenne horaire
  • D'après https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/pollution-lair-origines-situation-et-impacts
  • Afin de déterminer la concentration du dioxyde de soufre SO2\mathrm{SO_{2}} dans l'air, on réalise l'expérience suivante :
    - étape 1 : avec une pompe, on fait barboter de l'air, en continu pendant 7 jours, dans une solution aqueuse de peroxyde d'hydrogène H2O2(aq)\mathrm{H_{2}O_{2}(aq)}. Le volume total d'air ainsi utilisé est de 18,5 m318{,}5\ \mathrm{m^{3}}. On obtient une solution aqueuse notée Sa\mathrm{S_{a}} ; on suppose que toute la quantité de dioxyde de soufre apporté par l'air au cours de son barbotage se dissout dans la solution de peroxyde d'hydrogène et que c'est la seule espèce acide ;
    - étape 2 : on titre les ions oxonium H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}} de la solution Sa\mathrm{S_{a}} par une solution aqueuse Sb\mathrm{S_{b}} d'hydroxyde de sodium de concentration égale à cb=1,0×10−2 mol⋅L−1c_{b}=1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}. Le volume de solution Sb\mathrm{S_{b}} versé à l'équivalence du titrage est VE=4,0V_{E}=4{,}0 mL.
  • Q11. La transformation chimique ayant lieu lors de l'étape 1 est totale et peut être modélisée par la réaction d'équation :
    H2O2(aq)+SO2(aq)+2 H2O(ℓ)⟶2 H3O+(aq)+SO42−(aq)\mathrm{H_{2}O_{2}(aq)+SO_{2}(aq)+2\,H_{2}O(\ell)\longrightarrow 2\,H_{3}O^{+}(aq)+SO_{4}^{2-}(aq)}
    Sachant que le peroxyde d'hydrogène a été introduit en excès, déterminer la relation entre la quantité de matière n(SO2)n(\mathrm{SO_{2}}) de dioxyde de soufre présent dans l'air analysé et la quantité de matière n(H3O+)n(\mathrm{H_{3}O^{+}}) d'ions oxonium contenus dans la solution Sa\mathrm{S_{a}}.
  • Q12. En considérant que la concentration en masse du dioxyde du soufre dans l'air n'a pas varié pendant toute la durée de l'étape 1, déterminer si les 18,5 m318{,}5\ \mathrm{m^{3}} d'air analysé respectent les normes de qualité concernant le dioxyde de soufre. Commenter le protocole et les hypothèses du raisonnement.
    Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.

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Q2
Q4
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Réponses

  • Q1 CO2(aq)+2 H2O(ℓ)⇄HCO3−(aq)+H3O+(aq)\mathrm{CO_{2}(aq)+2\,H_{2}O(\ell)\rightleftarrows HCO_{3}^{-}(aq)+H_{3}O^{+}(aq)} : il se forme des ions oxonium, le pH passe sous 7
  • Q2 Croisement des courbes de CO2\mathrm{CO_{2}} et HCO3−\mathrm{HCO_{3}^{-}} à 50 % vers pH 6,3 à 6,4 : pKA≈6,4\mathrm{p}K_{A}\approx 6{,}4
  • Q3 [HCO3−]=[H3O+][\mathrm{HCO_{3}^{-}}]=[\mathrm{H_{3}O^{+}}], d'où KA=[H3O+]2[CO2]⋅c∘K_{A}=\dfrac{[\mathrm{H_{3}O^{+}}]^{2}}{[\mathrm{CO_{2}}]\cdot c^{\circ}}
  • Q4 [H3O+]=KA[CO2]c∘=2,3×10−6 mol⋅L−1[\mathrm{H_{3}O^{+}}]=\sqrt{K_{A}[\mathrm{CO_{2}}]c^{\circ}}=2{,}3\times 10^{-6}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} ; pH=5,64≈5,6\mathrm{pH}=5{,}64\approx 5{,}6
  • Q5 Pipette jaugée de 5,00 mL et fiole jaugée de 2,00 L (V0=2,00 L/400V_{0}=2{,}00\ \mathrm{L}/400)
  • Q6 c=3,80×10−2 mol⋅L−1c=3{,}80\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, acide fort : pH=−log⁡c=1,42\mathrm{pH}=-\log c=1{,}42, cohérent avec la mesure
  • Q7 H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}} limitant (5,0×10−35{,}0\times 10^{-3} mol) : nCO2,max=xmax=2,5×10−3n_{\mathrm{CO_{2},max}}=x_{max}=2{,}5\times 10^{-3} mol
  • Q8 Pf≈2,2×104P_{f}\approx 2{,}2\times 10^{4} Pa : n=PVRT≈2,5×10−3n=\dfrac{PV}{RT}\approx 2{,}5\times 10^{-3} mol, transformation totale
  • Q9 P(t1/2)=Pf/2≈1,1×104P(t_{1/2})=P_{f}/2\approx 1{,}1\times 10^{4} Pa : t1/2≈2,5×102t_{1/2}\approx 2{,}5\times 10^{2} s
  • Q10 La concentration de l'acide (expériences 1 et 2) ou l'état de division du calcaire (expériences 2 et 3)
  • Q11 n(SO2)=n(H3O+)2n(\mathrm{SO_{2}})=\dfrac{n(\mathrm{H_{3}O^{+}})}{2}
  • Q12 Cm=69 μg⋅m−3C_{m}=69\ \mathrm{\mu g\cdot m^{-3}} : valeur limite et seuil horaire respectés, objectif de qualité annuel dépassé

Q1. Le dioxyde de carbone dissous est l'acide du couple CO2(aq),H2O(ℓ)/HCO3−(aq)\mathrm{CO_{2}(aq),H_{2}O(\ell)/HCO_{3}^{-}(aq)} ; l'eau joue le rôle de base, dans le couple H3O+(aq)/H2O(ℓ)\mathrm{H_{3}O^{+}(aq)/H_{2}O(\ell)}. Les deux demi-équations s'écrivent CO2(aq)+H2O(ℓ)=HCO3−(aq)+H+\mathrm{CO_{2}(aq)+H_{2}O(\ell)=HCO_{3}^{-}(aq)+H^{+}} et H2O(ℓ)+H+=H3O+(aq)\mathrm{H_{2}O(\ell)+H^{+}=H_{3}O^{+}(aq)}, et leur somme donne l'équation de la réaction acide-base :

CO2(aq)+2 H2O(ℓ)⇄HCO3−(aq)+H3O+(aq)\mathrm{CO_{2}(aq)+2\,H_{2}O(\ell)\rightleftarrows HCO_{3}^{-}(aq)+H_{3}O^{+}(aq)}

Cette réaction forme des ions oxonium : dans l'eau de pluie, [H3O+][\mathrm{H_{3}O^{+}}] devient supérieure à 1,0×10−7 mol⋅L−11{,}0\times 10^{-7}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, donc le pH devient inférieur à 7 à 25 °C : la pluie est acide. Le dioxyde de carbone de l'air, en se dissolvant, rend donc la pluie acide même en l'absence de toute pollution. Erreur fréquente : écrire une seule molécule d'eau, ce qui laisse l'équation non équilibrée en hydrogène et en oxygène ; la seconde molécule d'eau est celle que l'on associe à CO2\mathrm{CO_{2}} dans l'écriture du couple.

Q2. Propriété du diagramme de distribution : quand pH=pKA\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{A}, la relation pH=pKA+log⁡[HCO3−][CO2]\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{A}+\log\dfrac{[\mathrm{HCO_{3}^{-}}]}{[\mathrm{CO_{2}}]} donne [HCO3−]=[CO2][\mathrm{HCO_{3}^{-}}]=[\mathrm{CO_{2}}], soit 50 % de chacune des deux espèces. Le pKA\mathrm{p}K_{A} du couple est donc l'abscisse du point d'intersection des courbes de CO2(aq)\mathrm{CO_{2}(aq)} et de HCO3−(aq)\mathrm{HCO_{3}^{-}(aq)}.

Sur la figure 1, ces deux courbes se croisent à l'ordonnée 50 % pour un pH compris entre 6,3 et 6,4 : pKA≈6,4\mathrm{p}K_{A}\approx 6{,}4, ce qui confirme la valeur annoncée à la précision de la lecture. Piège : le second croisement, vers pH 10,3, est celui des courbes de HCO3−\mathrm{HCO_{3}^{-}} et de CO32−\mathrm{CO_{3}^{2-}} ; il donne le pKA\mathrm{p}K_{A} de l'autre couple, HCO3−/CO32−\mathrm{HCO_{3}^{-}/CO_{3}^{2-}}.

Q3. D'après l'équation de la réaction, chaque ion HCO3−\mathrm{HCO_{3}^{-}} formé s'accompagne d'un ion H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}}, avec les mêmes nombres stœchiométriques. Comme seule cette réaction a lieu (l'autoprotolyse de l'eau est négligée) et que l'eau de pluie ne contenait au départ ni l'un ni l'autre, les deux ions ont la même concentration à l'équilibre : [HCO3−]=[H3O+][\mathrm{HCO_{3}^{-}}]=[\mathrm{H_{3}O^{+}}].

La constante d'acidité du couple s'écrit avec les concentrations à l'équilibre rapportées à c∘c^{\circ}, l'eau, solvant, n'y figurant pas : KA=[HCO3−]c∘⋅[H3O+]c∘[CO2]c∘=[HCO3−]⋅[H3O+][CO2]⋅c∘K_{A}=\dfrac{\dfrac{[\mathrm{HCO_{3}^{-}}]}{c^{\circ}}\cdot\dfrac{[\mathrm{H_{3}O^{+}}]}{c^{\circ}}}{\dfrac{[\mathrm{CO_{2}}]}{c^{\circ}}}=\dfrac{[\mathrm{HCO_{3}^{-}}]\cdot[\mathrm{H_{3}O^{+}}]}{[\mathrm{CO_{2}}]\cdot c^{\circ}}. En remplaçant [HCO3−][\mathrm{HCO_{3}^{-}}] par [H3O+][\mathrm{H_{3}O^{+}}] : KA=[H3O+]2[CO2]⋅c∘K_{A}=\dfrac{[\mathrm{H_{3}O^{+}}]^{2}}{[\mathrm{CO_{2}}]\cdot c^{\circ}}, l'expression demandée. Le c∘c^{\circ} du dénominateur rend KAK_{A} sans dimension, comme toute constante d'équilibre.

Q4. On isole [H3O+][\mathrm{H_{3}O^{+}}] dans la relation de Q3 : [H3O+]=KA⋅[CO2]⋅c∘[\mathrm{H_{3}O^{+}}]=\sqrt{K_{A}\cdot[\mathrm{CO_{2}}]\cdot c^{\circ}}, avec KA=10−pKA=10−6,4=4,0×10−7K_{A}=10^{-\mathrm{p}K_{A}}=10^{-6{,}4}=4{,}0\times 10^{-7}.

[H3O+]=4,0×10−7×1,3×10−5×1=2,3×10−6 mol⋅L−1[\mathrm{H_{3}O^{+}}]=\sqrt{4{,}0\times 10^{-7}\times 1{,}3\times 10^{-5}\times 1}=2{,}3\times 10^{-6}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, d'où pH=−log⁡[H3O+]c∘=−log⁡(2,3×10−6)=5,64\mathrm{pH}=-\log\dfrac{[\mathrm{H_{3}O^{+}}]}{c^{\circ}}=-\log(2{,}3\times 10^{-6})=5{,}64, soit pH≈5,6\mathrm{pH}\approx 5{,}6 : on retrouve la valeur de l'énoncé. Forme équivalente, sans passer par la concentration : pH=12(pKA−log⁡[CO2]c∘)=12(6,4+4,89)=5,64\mathrm{pH}=\dfrac{1}{2}\left(\mathrm{p}K_{A}-\log\dfrac{[\mathrm{CO_{2}}]}{c^{\circ}}\right)=\dfrac{1}{2}(6{,}4+4{,}89)=5{,}64.

Vérifications. Le pH obtenu est inférieur au pKA\mathrm{p}K_{A} : CO2\mathrm{CO_{2}} prédomine, ce qui est cohérent avec [HCO3−]=2,3×10−6[\mathrm{HCO_{3}^{-}}]=2{,}3\times 10^{-6}, environ six fois plus petit que [CO2]=1,3×10−5 mol⋅L−1[\mathrm{CO_{2}}]=1{,}3\times 10^{-5}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}. Et [HO−]=10−14/(2,3×10−6)=4×10−9 mol⋅L−1[\mathrm{HO^{-}}]=10^{-14}/(2{,}3\times 10^{-6})=4\times 10^{-9}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} : l'autoprotolyse de l'eau est bien négligeable.

Q5. Une dilution conserve la quantité de matière de soluté : c0⋅V0=c⋅Vc_{0}\cdot V_{0}=c\cdot V, et le facteur de dilution vaut F=c0c=VV0=400F=\dfrac{c_{0}}{c}=\dfrac{V}{V_{0}}=400. Le volume de solution commerciale à prélever est donc V0=VF=2,00 L400=5,00×10−3 L=5,00V_{0}=\dfrac{V}{F}=\dfrac{2{,}00\ \mathrm{L}}{400}=5{,}00\times 10^{-3}\ \mathrm{L}=5{,}00 mL.

Verrerie : une pipette jaugée de 5,00 mL (avec sa propipette) pour prélever S0\mathrm{S_{0}} dans un bécher, et une fiole jaugée de 2,00 L (2000 mL) pour la solution S. Mode opératoire : verser de l'eau distillée dans la fiole jaugée, y introduire les 5,00 mL de solution commerciale, compléter avec de l'eau distillée jusqu'au trait de jauge, puis boucher et homogénéiser. La solution commerciale, très concentrée, est corrosive : gants, lunettes et blouse, et on verse l'acide dans l'eau, jamais l'inverse. Erreur fréquente : proposer une éprouvette graduée, beaucoup trop imprécise pour un prélèvement de quelques millilitres.

Q6. Concentration en soluté apporté de la solution S : c=c0400=15,2400=3,80×10−2 mol⋅L−1c=\dfrac{c_{0}}{400}=\dfrac{15{,}2}{400}=3{,}80\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.

Un acide fort réagit totalement avec l'eau : HNO3(aq)+H2O(ℓ)⟶NO3−(aq)+H3O+(aq)\mathrm{HNO_{3}(aq)+H_{2}O(\ell)\longrightarrow NO_{3}^{-}(aq)+H_{3}O^{+}(aq)}. Chaque molécule d'acide introduite donne un ion oxonium, donc [H3O+]=c[\mathrm{H_{3}O^{+}}]=c et le pH attendu vaut pH=−log⁡cc∘=−log⁡(3,80×10−2)=1,42\mathrm{pH}=-\log\dfrac{c}{c^{\circ}}=-\log(3{,}80\times 10^{-2})=1{,}42.

C'est exactement la valeur affichée par le pH-mètre : la mesure est cohérente avec le caractère fort de l'acide nitrique. Un acide faible de même concentration n'aurait réagi que partiellement avec l'eau, et le pH mesuré aurait été supérieur à 1,42.

Q7. Quantités initiales des réactifs. Carbonate de calcium : n(CaCO3)=mM=2,0100,1=2,0×10−2n(\mathrm{CaCO_{3}})=\dfrac{m}{M}=\dfrac{2{,}0}{100{,}1}=2{,}0\times 10^{-2} mol. Ions oxonium apportés par l'acide chlorhydrique, acide fort : n(H3O+)=c⋅V=1,0×10−1×50×10−3=5,0×10−3n(\mathrm{H_{3}O^{+}})=c\cdot V=1{,}0\times 10^{-1}\times 50\times 10^{-3}=5{,}0\times 10^{-3} mol.

Avancement maximal. Si CaCO3\mathrm{CaCO_{3}} était limitant : 2,0×10−2−xmax=02{,}0\times 10^{-2}-x_{max}=0, soit xmax=2,0×10−2x_{max}=2{,}0\times 10^{-2} mol. Si H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}} était limitant : 5,0×10−3−2 xmax=05{,}0\times 10^{-3}-2\,x_{max}=0, soit xmax=2,5×10−3x_{max}=2{,}5\times 10^{-3} mol. L'avancement maximal est la plus petite de ces deux valeurs : xmax=2,5×10−3x_{max}=2{,}5\times 10^{-3} mol, et les ions oxonium sont le réactif limitant (le carbonate de calcium est en large excès).

D'après l'équation, nCO2=xn_{\mathrm{CO_{2}}}=x, donc nCO2,max=xmax=2,5×10−3n_{\mathrm{CO_{2},max}}=x_{max}=2{,}5\times 10^{-3} mol, la valeur annoncée. Erreur fréquente : oublier le nombre stœchiométrique 2 devant H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}}, ce qui donne 5,0×10−35{,}0\times 10^{-3} mol, deux fois trop.

Q8. Dans l'état final, la pression lue en fin de courbe se stabilise vers Pf≈2,2×104P_{f}\approx 2{,}2\times 10^{4} Pa (le dernier point, à 2500 s, est à 2,16×1042{,}16\times 10^{4} Pa et la courbe ne monte presque plus). Loi des gaz parfaits, avec V=280V=280 mL =2,80×10−4 m3=2{,}80\times 10^{-4}\ \mathrm{m^{3}} et T=295T=295 K :

nCO2,f=Pf⋅VR⋅T=2,16×104×2,80×10−48,31×295=2,5×10−3n_{\mathrm{CO_{2}},f}=\dfrac{P_{f}\cdot V}{R\cdot T}=\dfrac{2{,}16\times 10^{4}\times 2{,}80\times 10^{-4}}{8{,}31\times 295}=2{,}5\times 10^{-3} mol (calcul : 2,47×10−32{,}47\times 10^{-3} mol).

Commentaire : la quantité de dioxyde de carbone réellement formée est égale, à la précision de la lecture, à la quantité maximale calculée en Q7 (environ 99 %). La transformation atteint son avancement maximal : elle est bien totale, comme le suppose l'énoncé, et les ions oxonium sont entièrement consommés. Vérification dans l'autre sens : nCO2,maxn_{\mathrm{CO_{2},max}} donnerait une pression Pmax=2,5×10−3×8,31×2952,80×10−4=2,19×104P_{max}=\dfrac{2{,}5\times 10^{-3}\times 8{,}31\times 295}{2{,}80\times 10^{-4}}=2{,}19\times 10^{4} Pa, valeur vers laquelle tend la courbe. Erreur fréquente : laisser le volume en mL ou en L, ce qui décale le résultat d'un facteur 10610^{6} ou 10310^{3} ; la relation fournie impose des m3\mathrm{m^{3}}.

Q9. Le temps de demi-réaction t1/2t_{1/2} est la durée au bout de laquelle l'avancement atteint la moitié de sa valeur finale : x(t1/2)=xf2x(t_{1/2})=\dfrac{x_{f}}{2}. Ici nCO2=xn_{\mathrm{CO_{2}}}=x, et à VV et TT constants la relation PCO2=nCO2RTVP_{\mathrm{CO_{2}}}=\dfrac{n_{\mathrm{CO_{2}}}RT}{V} montre que la pression est proportionnelle à l'avancement. Le temps de demi-réaction est donc l'instant où la pression vaut la moitié de sa valeur finale : PCO2(t1/2)=Pf2=2,2×1042=1,1×104P_{\mathrm{CO_{2}}}(t_{1/2})=\dfrac{P_{f}}{2}=\dfrac{2{,}2\times 10^{4}}{2}=1{,}1\times 10^{4} Pa.

On trace l'horizontale d'ordonnée 1,1×1041{,}1\times 10^{4} Pa jusqu'à la courbe et on lit l'abscisse du point : la pression vaut 1,0×1041{,}0\times 10^{4} Pa vers 200 s et 1,1×1041{,}1\times 10^{4} Pa vers 250 s, donc t1/2≈2,5×102t_{1/2}\approx 2{,}5\times 10^{2} s. Une lecture entre 230 et 260 s est correcte. Vérification : l'expérience n°2, avec un acide deux fois plus concentré, a un temps de demi-réaction plus court (80 s), ce qui est cohérent avec la question suivante. Piège : t1/2t_{1/2} n'est pas la moitié de la durée de la transformation (environ 2500 s ici) ; il se lit sur l'axe des temps à mi-hauteur de la grandeur suivie.

Q10. On compare deux expériences qui ne diffèrent que par un seul paramètre.

Expériences n°1 et n°2 : même carbonate de calcium en poudre, mais une solution d'acide deux fois plus concentrée dans l'expérience n°2. Le temps de demi-réaction passe d'environ 250 s à 80 s : la concentration en ions oxonium, c'est-à-dire l'acidité de la pluie, est un facteur cinétique. Plus la pluie est acide, plus la détérioration des bâtiments et des statues est rapide.

Expériences n°2 et n°3 : même concentration, mais carbonate de calcium en poudre ou en morceaux. Le temps de demi-réaction passe de 80 s à 1,6×1031{,}6\times 10^{3} s : l'état de division du solide, donc la surface de contact entre la roche et l'acide, est aussi un facteur cinétique. Une pierre fissurée ou poreuse, qui offre plus de surface à la pluie, se dégrade plus vite. Un seul facteur était demandé. Erreur fréquente : comparer les expériences n°1 et n°3, où deux paramètres changent à la fois, ce qui ne permet de conclure sur aucun des deux.

Q11. Le peroxyde d'hydrogène est en excès et la transformation est totale : le dioxyde de soufre est le réactif limitant et il est entièrement consommé, donc xmax=n(SO2)x_{max}=n(\mathrm{SO_{2}}). D'après l'équation, il se forme deux ions oxonium par molécule de SO2\mathrm{SO_{2}} : n(H3O+)=2 xmax=2 n(SO2)n(\mathrm{H_{3}O^{+}})=2\,x_{max}=2\,n(\mathrm{SO_{2}}), soit n(SO2)=n(H3O+)2n(\mathrm{SO_{2}})=\dfrac{n(\mathrm{H_{3}O^{+}})}{2}. Piège : inverser le rapport et écrire n(SO2)=2 n(H3O+)n(\mathrm{SO_{2}})=2\,n(\mathrm{H_{3}O^{+}}) ; on contrôle avec le bon sens, il y a plus d'ions oxonium formés que de molécules de SO2\mathrm{SO_{2}} consommées.

Q12. La démarche tient en quatre étapes : quantité d'ions oxonium par le titrage, quantité de SO2\mathrm{SO_{2}} par Q11, masse de SO2\mathrm{SO_{2}}, concentration en masse dans l'air, puis comparaison aux normes.

Titrage. Réaction support : H3O+(aq)+HO−(aq)⟶2 H2O(ℓ)\mathrm{H_{3}O^{+}(aq)+HO^{-}(aq)\longrightarrow 2\,H_{2}O(\ell)}. À l'équivalence, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques : n(H3O+)=cb⋅VE=1,0×10−2×4,0×10−3=4,0×10−5n(\mathrm{H_{3}O^{+}})=c_{b}\cdot V_{E}=1{,}0\times 10^{-2}\times 4{,}0\times 10^{-3}=4{,}0\times 10^{-5} mol.

Dioxyde de soufre. D'après Q11 : n(SO2)=4,0×10−52=2,0×10−5n(\mathrm{SO_{2}})=\dfrac{4{,}0\times 10^{-5}}{2}=2{,}0\times 10^{-5} mol, soit une masse m(SO2)=n⋅M=2,0×10−5×64,1=1,3×10−3m(\mathrm{SO_{2}})=n\cdot M=2{,}0\times 10^{-5}\times 64{,}1=1{,}3\times 10^{-3} g =1,3×103 μg=1{,}3\times 10^{3}\ \mathrm{\mu g} (calcul : 1282 μg1282\ \mathrm{\mu g}).

Concentration en masse dans l'air : Cm=m(SO2)Vair=1282 μg18,5 m3=69 μg⋅m−3C_{m}=\dfrac{m(\mathrm{SO_{2}})}{V_{\text{air}}}=\dfrac{1282\ \mathrm{\mu g}}{18{,}5\ \mathrm{m^{3}}}=69\ \mathrm{\mu g\cdot m^{-3}}.

Comparaison aux normes, la concentration étant supposée constante pendant les 7 jours. Chaque moyenne horaire et chaque moyenne journalière vaut alors 69 μg⋅m−369\ \mathrm{\mu g\cdot m^{-3}} : c'est inférieur au seuil d'information de 300 μg⋅m−3300\ \mathrm{\mu g\cdot m^{-3}} et à la valeur limite de 125 μg⋅m−3125\ \mathrm{\mu g\cdot m^{-3}}, ces deux normes sont respectées. En revanche, 69 μg⋅m−369\ \mathrm{\mu g\cdot m^{-3}} dépasse l'objectif de qualité de 50 μg⋅m−350\ \mathrm{\mu g\cdot m^{-3}} : si cette concentration se maintenait toute l'année, l'objectif de qualité ne serait pas atteint.

Commentaires sur le protocole et les hypothèses. (1) Une mesure intégrée sur 7 jours ne dit rien des pics : l'hypothèse d'une concentration constante est forte, et une moyenne horaire au-dessus de 300 μg⋅m−3300\ \mathrm{\mu g\cdot m^{-3}} reste possible même avec une moyenne hebdomadaire de 69. (2) Une semaine ne représente pas une année : l'objectif de qualité, défini en moyenne annuelle, ne peut pas être jugé sur cette seule mesure. (3) Le dioxyde de soufre est supposé être la seule espèce acide ; or le dioxyde de carbone de l'air se dissout aussi (question Q1) et les oxydes d'azote donnent de l'acide nitrique : une partie des ions oxonium titrés peut venir d'eux, ce qui surestime la concentration en SO2\mathrm{SO_{2}}. (4) À l'inverse, si tout le SO2\mathrm{SO_{2}} ne se dissout pas pendant le barbotage, la concentration est sous-estimée. (5) Le volume équivalent, 4,0 mL, est petit : l'incertitude relative de lecture à la burette est plus grande que pour un volume de 10 à 20 mL. Un essai à blanc sur la solution de peroxyde d'hydrogène seule permettrait aussi de vérifier qu'elle n'apporte pas d'acidité.

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Exercice 2 : La couleur des scarabées

5 points Ondes, Doppler et interférencesMesure, incertitudes et chiffres significatifs

Les scarabées ont des carapaces constituées de nanostructures. Ces dernières, lorsqu'elles sont éclairées, créent des interférences lumineuses qui donnent à ces insectes des couleurs variées. Dans cet exercice, on se propose d'étudier ce phénomène.

La partie supérieure du squelette externe d'un scarabée est représentée sur la figure 1. Elle est constituée d'un empilement de couches transparentes de quelques dizaines de nanomètres d'épaisseur chacune, ayant alternativement un fort indice optique et un faible indice optique comme le montre la figure 2.

  • À gauche, un scarabée vu de dessus, une zone de sa carapace entourée ; une flèche mène à un bloc en coupe de cette carapace. La partie supérieure du squelette externe y apparaît comme un empilement de nombreuses couches fines et parallèles, au-dessus de couches plus épaisses et de cellules.
    Figure 1. Schéma du squelette externe du scarabée. D'après passion-entomologie.fr
  • Quand le scarabée est éclairé en lumière blanche, chacune des radiations monochromatiques composant la lumière blanche se réfléchit à chaque interface entre deux couches de la partie supérieure du squelette. Les radiations réfléchies se superposent alors au niveau de l'œil de l'observateur, interfèrent entre elles et sont ainsi à l'origine de la couleur perçue du scarabée.
  • On simplifie l'étude de la façon suivante (voir figure 2) :
    • on ne prend en compte que l'interférence entre les deux premiers rayons réfléchis 1 et 2 ;
    • toutes les couches sont supposées de même épaisseur, notée ee.
  • Une radiation incidente arrive de l'air sur une couche de fort indice optique d'épaisseur e, posée sur une couche de faible indice optique de même épaisseur e. Le rayon 1 est réfléchi à la surface air-couche de fort indice ; le rayon 2 traverse la couche de fort indice, se réfléchit sur la couche de faible indice et ressort. Les deux radiations réfléchies 1 et 2 arrivent à l'œil.
    Figure 2. Schéma simplifié de la situation
  • Données :
    • indice optique de la couche d'indice le plus fort : nfort=1,7n_{\text{fort}}=1{,}7 ;
    • pour discuter de l'accord du résultat d'une mesure avec une valeur de référence, on peut utiliser le quotient ∣x−xref∣u(x)\dfrac{|x-x_{\text{ref}}|}{u(x)} avec xx la valeur mesurée, xrefx_{\text{ref}} la valeur de référence et u(x)u(x) l'incertitude-type associée à la valeur mesurée xx ;
    • couleur observée associée à une radiation de longueur d'onde λ\lambda :
  • Longueur d'onde λ\lambda (en nm)470530590750
    Couleurbleuvertjaunerouge
    Couleur observée associée à une radiation de longueur d'onde λ\lambda
  • Q1. Rappeler la condition d'obtention d'interférences constructives entre deux ondes, issues d'une source monochromatique unique, ayant parcouru des chemins optiques différents. On note δ\delta la différence de chemin optique et λ\lambda la longueur d'onde.
  • Dans cet exercice on admet que la lumière incidente se propage dans une direction perpendiculaire à la surface du squelette externe. Pour une onde monochromatique de longueur d'onde λ\lambda, la différence de chemin optique δ\delta au niveau de l'œil de l'observateur entre les radiations réfléchies 1 et 2 est donnée par la relation suivante : δ=2⋅nfort⋅e−λ2\delta=2\cdot n_{\text{fort}}\cdot e-\dfrac{\lambda}{2}
  • Q2. Montrer que les épaisseurs correspondant à des interférences constructives sont données par la relation suivante dans laquelle kk est un nombre entier positif ou nul, appelé ordre d'interférence : e=(k+12)×λ2⋅nforte=\left(k+\dfrac{1}{2}\right)\times\dfrac{\lambda}{2\cdot n_{\text{fort}}}
  • Le scarabée est éclairé en lumière blanche. Dans la lumière réfléchie, les ondes lumineuses donnant lieu à des interférences constructives voient leur intensité renforcée. La lumière réfléchie apparait donc colorée.
  • On ne considère, dans la suite de l'exercice, que l'ordre d'interférence nul : k=0k=0.
  • Q3. Déterminer l'épaisseur des couches de la carapace d'un scarabée pour lequel la longueur λ=530\lambda=530 nm correspond à des interférences constructives. Préciser la couleur apparente de ce scarabée.
  • On souhaite comparer l'épaisseur trouvée précédemment avec une mesure directe sur une photo, prise au microscope électronique, de la partie supérieure du squelette du scarabée.
  • Photographie en coupe : bandes horizontales alternées noires (fort indice) et gris clair (faible indice). À gauche, une règle graduée en cm, de 0 à 3, avec des graduations tous les millimètres. Une double flèche d marque une distance qui va de la graduation 0 jusqu'à la graduation 1,9 environ et couvre neuf couches, de la première bande noire à la cinquième. À droite, une barre noire verticale de 1 µm qui va de la graduation 0 à la graduation 2,6 environ.
    Figure 3. Photographie prise au microscope électronique de la partie supérieure d'un scarabée vert. D'après Bioinspiration Biomimetics (2013)
  • La photographie ci-contre, prise au microscope électronique, montre l'alternance des couches de fort indice optique (en noir) et de faible indice optique (en gris clair) dans la partie supérieure du squelette d'un scarabée vert.
    L'échelle de la photographie est indiquée grâce à la barre verticale noire située à droite : cette barre indique une longueur de 1 µm.
    Une règle, graduée en cm, est représentée à gauche de la photographie pour effectuer toute mesure utile.
  • Q4. À partir de la figure 3, déterminer la valeur de l'épaisseur moyenne ee d'une couche. Expliciter la méthode suivie pour obtenir la meilleure précision possible sur la mesure de ee. La distance dd indiquée sur la figure 3 peut servir d'aide à la mesure.
  • Q5. Indiquer une source d'incertitude possible dans la détermination de la mesure de l'épaisseur ee effectuée à la question Q4.
  • On souhaite maintenant évaluer quantitativement la précision de cette mesure à l'aide d'une simulation numérique.
  • La valeur de la distance dd estimée sur la photographie se situe dans un intervalle de valeurs exprimées en cm. Un programme écrit en langage Python permet de calculer l'épaisseur d'une couche pour 5 000 longueurs prises aléatoirement dans cet intervalle de valeurs.
  • Un extrait du programme est représenté ci-dessous, dans lequel la fonction rd.uniform(a,b,Nsim) permet de renvoyer Nsim valeurs aléatoires comprises entre les valeurs a et b.
  • Programme Python de 20 lignes. Ligne 6 : Nsim = 5000. Ligne 7 : echelle = rd.uniform(2.6, 2.7, Nsim), intervalle de mesure de la barre de l'échelle en cm. Ligne 8 : d_mes = rd.uniform( case vide , case vide , Nsim), intervalle de mesure de la distance d en cm. Ligne 11 : e = d_mes*1000/(9*echelle), calcul de l'épaisseur e en nm. Lignes 14 et 15 : e_moy = np.average(e) et u_e = np.std(e, ddof=1). Lignes 18 à 20 : histogramme et affichage de u(e) et de e_moyen en nm.
    Figure 4. Extrait du programme Python
  • Le programme permet de calculer la valeur moyenne et l'incertitude-type u(e)u(e) sur une mesure de ee puis d'afficher :
    INCERTITUDE-TYPE : u(e) = 2.5574799015216696 en nm
    VALEUR MOYENNE : e_moyen = 75.48793757378112 en nm
  • Q6. Recopier la ligne 8 du programme puis la compléter avec des valeurs appropriées exprimées en cm.
  • Q7. Justifier la présence du nombre 1 000 dans l'expression de la ligne 11 du programme de la figure 4.
  • Q8. En utilisant les résultats de la simulation numérique et en conservant un seul chiffre significatif pour l'incertitude-type, écrire le résultat de la mesure de l'épaisseur emoyene_{\text{moyen}}. Discuter la compatibilité de la réponse à la question Q3, arbitrairement prise comme valeur de référence, avec le résultat de la simulation numérique.
  • Certains scarabées possèdent des carapaces bicolores. La figure 5 représente les photos prises au microscope électronique de la partie supérieure du squelette externe du scarabée pour deux zones d'épaisseurs et de couleurs différentes. La zone 1 est de couleur verte. Les deux photos sont à la même échelle.
  • Deux photographies à la même échelle, chacune avec une barre noire verticale de 1 µm, de part et d'autre du dessin d'un scarabée. Zone 1, perçue en vert : environ six paires de bandes noire et claire le long de la barre de 1 µm, couches fines. Zone 2 : environ quatre paires de bandes seulement le long de la même barre, couches nettement plus épaisses.
    Figure 5. Photos prises au microscope électronique de la partie supérieure d'un scarabée dans deux zones perçues de couleurs différentes. D'après Bioinspiration Biomimetics (2013)
  • L'échelle de la photographie est indiquée grâce à la barre verticale noire située à droite : cette barre indique une longueur de 1 µm.
  • Q9. Estimer la longueur d'onde qui correspond à des interférences constructives dans la zone 2. Proposer une hypothèse pour la couleur perçue pour la zone 2 de ce scarabée.
    Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter sa démarche même si elle n'a pas abouti. La démarche suivie est évaluée et nécessite donc d'être correctement présentée.

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Q3
Q4
Q6
Q8
Q9
Voir la correction

Réponses

  • Q1 δ=k⋅λ\delta=k\cdot\lambda, kk entier
  • Q2 2 nfort e−λ2=kλ2\,n_{\text{fort}}\,e-\dfrac{\lambda}{2}=k\lambda donne e=(k+12)λ2 nforte=\left(k+\dfrac{1}{2}\right)\dfrac{\lambda}{2\,n_{\text{fort}}}, k≥0k\ge 0 car e>0e>0
  • Q3 e=λ4 nfort=78e=\dfrac{\lambda}{4\,n_{\text{fort}}}=78 nm ; scarabée vert
  • Q4 d≈1,9d\approx 1{,}9 cm sur 9 couches, 1 µm ≈2,6\approx 2{,}6 cm : e≈81e\approx 81 nm
  • Q5 Limites floues des couches, lecture de la règle à la demi-graduation, extrémités de la barre d'échelle
  • Q6 d_mes = rd.uniform(1.7, 1.9, Nsim)
  • Q7 d/echelled/\text{echelle} est en µm ; ×1000\times 1000 convertit en nm (1 µm = 1000 nm)
  • Q8 emoyen=75e_{\text{moyen}}=75 nm, u(e)=3u(e)=3 nm ; quotient 0,96<20{,}96<2 : compatible
  • Q9 Couches 1,5 fois plus épaisses : λ2≈8×102\lambda_{2}\approx 8\times 10^{2} nm, zone perçue rouge

Q1. Deux ondes issues d'une même source monochromatique (donc cohérentes) interfèrent de façon constructive en un point lorsqu'elles y arrivent en phase, c'est-à-dire lorsque leur différence de chemin optique est un multiple entier de la longueur d'onde : δ=k⋅λ\delta=k\cdot\lambda, avec kk entier relatif. À l'inverse, les interférences sont destructives pour δ=(k+12)λ\delta=\left(k+\dfrac{1}{2}\right)\lambda.

Q2. On écrit la condition de Q1 avec l'expression de δ\delta donnée : 2 nfort e−λ2=k λ2\,n_{\text{fort}}\,e-\dfrac{\lambda}{2}=k\,\lambda, soit 2 nfort e=k λ+λ2=(k+12)λ2\,n_{\text{fort}}\,e=k\,\lambda+\dfrac{\lambda}{2}=\left(k+\dfrac{1}{2}\right)\lambda, d'où e=(k+12)×λ2 nforte=\left(k+\dfrac{1}{2}\right)\times\dfrac{\lambda}{2\,n_{\text{fort}}}, la relation demandée.

L'entier kk est positif ou nul parce qu'une épaisseur est positive : pour k≤−1k\le -1, k+12<0k+\dfrac{1}{2}<0 donnerait e<0e<0. Le terme −λ2-\dfrac{\lambda}{2} de δ\delta traduit le déphasage d'une demi-longueur d'onde que subit le rayon 1 en se réfléchissant sur un milieu plus réfringent que l'air ; le facteur 2 de 2 nfort e2\,n_{\text{fort}}\,e vient de l'aller-retour du rayon 2 dans la couche.

Q3. Pour k=0k=0, la relation de Q2 devient e=12×λ2 nfort=λ4 nforte=\dfrac{1}{2}\times\dfrac{\lambda}{2\,n_{\text{fort}}}=\dfrac{\lambda}{4\,n_{\text{fort}}}.

e=5304×1,7=78e=\dfrac{530}{4\times 1{,}7}=78 nm (calcul : 77,9 nm). Vérification : c'est bien une épaisseur de « quelques dizaines de nanomètres », comme l'annonce l'énoncé.

La lumière réfléchie est renforcée autour de 530 nm, longueur d'onde associée au vert dans le tableau des données : ce scarabée apparaît vert. On note qu'ici la couleur perçue est celle de la lumière RÉFLÉCHIE et renforcée par les interférences, pas une couleur complémentaire comme pour un pigment qui absorbe.

Q4. Méthode : plutôt que de mesurer une seule couche, dont l'épaisseur sur la photo vaut à peine 2 mm et dont les bords sont flous, on mesure la distance dd qui couvre le plus grand nombre de couches possible, puis on divise. La flèche dd part du haut de la première bande noire et s'arrête au bas de la cinquième : elle couvre 5 couches noires et 4 couches claires, soit 9 couches. L'incertitude de lecture, d'environ 1 mm, se répartit alors sur 9 couches au lieu d'une.

On convertit ensuite avec la barre d'échelle, mesurée avec la même règle pour éviter d'avoir à connaître l'agrandissement. Lectures sur la règle de la figure 3 : d≈1,9d\approx 1{,}9 cm, et la barre de 1 µm s'étend de la graduation 0 à environ 2,6 cm.

Distance réelle : dreˊelle=1,92,6×1 μm=0,73 μm=7,3×102d_{\text{réelle}}=\dfrac{1{,}9}{2{,}6}\times 1\ \mathrm{\mu m}=0{,}73\ \mathrm{\mu m}=7{,}3\times 10^{2} nm. Épaisseur moyenne d'une couche : e=7309≈81e=\dfrac{730}{9}\approx 81 nm, soit de l'ordre de 8×1018\times 10^{1} nm. C'est l'ordre de grandeur trouvé en Q3 pour un scarabée vert (78 nm) : les deux approches se recoupent. Erreur fréquente : diviser par 5 (les seules bandes noires) au lieu de 9, alors que toutes les couches, noires et claires, ont la même épaisseur ee dans le modèle.

Q5. Plusieurs sources d'incertitude sont recevables ; une seule est demandée. La position des limites entre couches est floue sur la photographie (contraste et résolution limités), ce qui rend incertaines les deux extrémités de dd. La lecture sur la règle se fait au mieux à la demi-graduation (0,5 mm). Les extrémités de la barre d'échelle de 1 µm sont elles-mêmes lues avec la même imprécision. Enfin, le modèle suppose toutes les couches de même épaisseur, ce que la photo ne garantit pas.

Q6. La ligne 8 doit contenir les bornes de l'intervalle dans lequel on estime que se trouve dd, en cm, comme la ligne 7 le fait pour la barre d'échelle (entre 2,6 et 2,7 cm). Ligne complétée :

d_mes = rd.uniform(1.7, 1.9, Nsim)

Justification par les résultats affichés : avec dd entre 1,7 et 1,9 cm (milieu 1,8 cm) et la barre entre 2,6 et 2,7 cm, la moyenne de e=1000 d9⋅echellee=\dfrac{1000\,d}{9\cdot\text{echelle}} vaut 1000×1,89×ln⁡(2,7/2,6)0,1=75,5\dfrac{1000\times 1{,}8}{9}\times\dfrac{\ln(2{,}7/2{,}6)}{0{,}1}=75{,}5 nm, exactement la valeur affichée par le programme, et la dispersion correspond à l'incertitude-type affichée de 2,56 nm. En Python, le séparateur décimal est le point, d'où « 1.7 » et non « 1,7 ».

Remarque sur la figure : sur la figure 3 telle qu'elle est imprimée, l'extrémité basse de la flèche dd tombe sur la graduation 1,9 cm. Un intervalle centré sur cette lecture, [1,8 ; 2,0], se défendrait aussi et donnerait une moyenne voisine de 80 nm ; les résultats affichés par le sujet correspondent à l'intervalle [1,7 ; 1,9], qu'on retient donc pour rester cohérent avec la suite.

Q7. Le quotient dechelle\dfrac{d}{\text{echelle}} divise une longueur en cm par la longueur en cm qui représente 1 µm : il donne la distance réelle dd exprimée en µm. Comme 1 μm=10001\ \mathrm{\mu m}=1000 nm, la multiplication par 1 000 convertit le résultat en nanomètres, l'unité annoncée en commentaire de la ligne 10 et dans l'affichage. La division par 9 donne ensuite l'épaisseur d'une seule couche, dd en couvrant neuf.

Q8. L'incertitude-type affichée, 2,557... nm, s'écrit avec un chiffre significatif : u(e)=3u(e)=3 nm (arrondi supérieur, une incertitude ne se sous-estime pas). La valeur se donne avec son dernier chiffre au même rang, l'unité : emoyen=75e_{\text{moyen}}=75 nm, avec u(e)=3u(e)=3 nm. Recopier « 75.48793757378112 » serait absurde : les décimales au-delà de l'unité sont du bruit de calcul.

Compatibilité avec la valeur de référence de Q3, eref=77,9e_{\text{ref}}=77{,}9 nm : ∣emoyen−eref∣u(e)=∣75,5−77,9∣2,56=0,96\dfrac{|e_{\text{moyen}}-e_{\text{ref}}|}{u(e)}=\dfrac{|75{,}5-77{,}9|}{2{,}56}=0{,}96 (avec les valeurs arrondies, ∣75−78∣3=1,0\dfrac{|75-78|}{3}=1{,}0). Le quotient est inférieur à 2 : l'écart est inférieur à deux incertitudes-types, la mesure par la photographie est compatible avec la valeur prévue par le modèle d'interférences.

Q9. Démarche : les deux photos sont à la même échelle, et pour k=0k=0 la relation e=λ4 nforte=\dfrac{\lambda}{4\,n_{\text{fort}}} s'écrit λ=4 nfort e\lambda=4\,n_{\text{fort}}\,e : la longueur d'onde renforcée est proportionnelle à l'épaisseur des couches. Il suffit de comparer les épaisseurs des deux zones.

Mesure : on compte les paires de couches (une noire et une claire) le long de la barre de 1 µm. Dans la zone 1, on en compte environ 6 sur 1 µm, soit 12 couches et e1≈100012≈83e_{1}\approx\dfrac{1000}{12}\approx 83 nm, cohérent avec un scarabée vert (Q3 et Q4). Dans la zone 2, on n'en compte qu'environ 4 sur 1 µm, soit 8 couches et e2≈10008≈1,2×102e_{2}\approx\dfrac{1000}{8}\approx 1{,}2\times 10^{2} nm. Les couches de la zone 2 sont environ 1,5 fois plus épaisses.

Longueur d'onde : par proportionnalité avec la zone 1, perçue en vert à 530 nm, λ2≈1,5×530≈8×102\lambda_{2}\approx 1{,}5\times 530\approx 8\times 10^{2} nm ; directement, λ2=4×1,7×120≈8,2×102\lambda_{2}=4\times 1{,}7\times 120\approx 8{,}2\times 10^{2} nm. On retient λ2≈8×102\lambda_{2}\approx 8\times 10^{2} nm, une estimation à 10 % près au mieux vu la netteté des photos.

Hypothèse de couleur : cette longueur d'onde est au-delà de 750 nm, associée au rouge dans le tableau, à la limite du visible. La partie visible de la bande de lumière renforcée est donc la partie rouge du spectre : la zone 2 est perçue rouge. L'ordre k=1k=1 ne change rien, il donnerait λ=4 nfort e23≈270\lambda=\dfrac{4\,n_{\text{fort}}\,e_{2}}{3}\approx 270 nm, dans l'ultraviolet, invisible. Piège : croire que des couches plus épaisses décalent la couleur vers le bleu ; c'est l'inverse, λ\lambda croît avec ee.

Exercice 3 : Le réfrigérateur

6 points Transferts thermiquesDécrire un fluide au repos

Élément indispensable des cuisines et des magasins, le réfrigérateur n'a cessé d'être perfectionné depuis le premier brevet déposé en 1835 par Jacob Perkins. Il nous permet d'avoir à portée de main un endroit frais.

Les objectifs de cet exercice sont :
- d'étudier dans une première partie le refroidissement d'une bouteille d'eau placée dans un réfrigérateur « A » destiné à maintenir au frais des boissons à la température d'environ 7 °C ;
- d'étudier dans une seconde partie la difficulté d'ouverture d'une porte d'un réfrigérateur « B » dans deux situations différentes.

  • 1. La température « idéale » d'une bouteille d'eau pour optimiser l'hydratation
  • Données :
    • le système étudié dans cette partie est une bouteille d'eau notée S ;
    • volume du système S : VS=1,5V_{S}=1{,}5 L ;
    • masse volumique du système S : ρS=1,00 kg⋅L−1\rho_{S}=1{,}00\ \mathrm{kg\cdot L^{-1}} ;
    • capacité thermique massique du système S : cS=4,18×103 J⋅K−1⋅kg−1c_{S}=4{,}18\times 10^{3}\ \mathrm{J\cdot K^{-1}\cdot kg^{-1}} ;
    • la température idéale de consommation de l'eau, afin d'optimiser la réhydratation du corps humain, est : θideˊale=16\theta_{\text{idéale}}=16 °C ;
    • la loi de Newton donne l'expression du flux thermique Φ\Phi (en W) reçu par le système S, à une température θ(t)\theta(t), de la part de l'air intérieur du réfrigérateur dont la température θreˊfri\theta_{\text{réfri}} est considérée constante : Φ=α⋅(θreˊfri−θ(t))\Phi=\alpha\cdot(\theta_{\text{réfri}}-\theta(t))
    où α=0,50 W⋅K−1\alpha=0{,}50\ \mathrm{W\cdot K^{-1}} est une estimation du coefficient d'échange thermique entre le système S et l'air intérieur du réfrigérateur.
  • À l'instant t=0t=0, on place le système S dans le réfrigérateur « A », on ferme la porte de ce réfrigérateur puis on mesure la température θ(t)\theta(t) du système S à intervalle de temps régulier pendant une demi-journée.
  • Q1. Caractériser qualitativement le phénomène de convection, un des modes de transfert thermique ayant lieu entre S et son environnement.
  • Q2. Indiquer, en justifiant, le sens du transfert thermique QQ dans le cas étudié.
  • L'utilisation d'un tableur-grapheur permet d'obtenir :
    - le tracé de la courbe de température expérimentale à partir des mesures effectuées ;
    - le tracé d'une courbe de modélisation de l'évolution temporelle de la température θ(t)\theta(t) du système S à l'aide d'une fonction de la forme générale : θ(t)=A⋅e−tτ+B\theta(t)=A\cdot e^{-\frac{t}{\tau}}+B où AA, BB et τ\tau sont des constantes.
  • Ces deux courbes sont représentées sur la figure 1 de l'ANNEXE À RENDRE AVEC LA COPIE.
  • Température θ (en °C, de 0 à 25) en fonction du temps t (en milliers de secondes, de 0 à 50), sur papier millimétré : points expérimentaux et courbe de modélisation confondus. La température part de 20,4 °C à t = 0, vaut environ 15,8 °C à 5 × 10^3 s, 12,7 °C à 10 × 10^3 s, 9,4 °C à 20 × 10^3 s, 7,9 °C à 30 × 10^3 s, et tend lentement vers 7 °C (7,1 °C à 47 × 10^3 s).
    Annexe à rendre avec la copie, figure 1. Évolution de la température θ\theta de S au cours du temps tt
  • Q3. Exprimer θ(t=0)\theta(t=0) puis la limite de θ(t)\theta(t) quand t→+∞t\to+\infty en fonction des constantes AA et BB. En déduire, en utilisant la figure 1 de l'ANNEXE À RENDRE AVEC LA COPIE, des valeurs des constantes AA et BB en précisant leur unité respective.
  • Q4. Montrer graphiquement, en faisant apparaître la construction sur la figure 1 de l'ANNEXE À RENDRE AVEC LA COPIE, que la valeur de la constante τ\tau est de l'ordre de 12×10312\times 10^{3} s.
  • On cherche à déterminer par un modèle l'équation différentielle vérifiée par la fonction θ(t)\theta(t). Pour cela, on effectue un bilan d'énergie pour le système S, entre les instants tt et t+Δtt+\Delta t.
  • Q5. Appliquer le premier principe de la thermodynamique au système S entre tt et t+Δtt+\Delta t pour exprimer la variation de température θ(t+Δt)−θ(t)\theta(t+\Delta t)-\theta(t) en fonction de Δt\Delta t, ρS\rho_{S}, VSV_{S}, cSc_{S}, α\alpha et (θreˊfri−θ(t))(\theta_{\text{réfri}}-\theta(t)).
  • On en déduit que l'équation différentielle régissant l'évolution de la température θ(t)\theta(t) s'écrit : dθ(t)dt+θ(t)τ=θreˊfriτ\dfrac{\mathrm{d}\theta(t)}{\mathrm{d}t}+\dfrac{\theta(t)}{\tau}=\dfrac{\theta_{\text{réfri}}}{\tau} avec τ=ρS⋅VS⋅cSα\tau=\dfrac{\rho_{S}\cdot V_{S}\cdot c_{S}}{\alpha}.
  • La solution de cette équation différentielle a pour expression : θ(t)=(θ0−θreˊfri)⋅e−tτ+θreˊfri\theta(t)=(\theta_{0}-\theta_{\text{réfri}})\cdot e^{-\frac{t}{\tau}}+\theta_{\text{réfri}}
  • On donne pour l'expérience réalisée : θ0=20,4\theta_{0}=20{,}4 °C et θreˊfri=6,8\theta_{\text{réfri}}=6{,}8 °C.
  • Q6. Établir, selon cette modélisation, en fonction de τ\tau, θ0\theta_{0}, θreˊfri\theta_{\text{réfri}} et θideˊale\theta_{\text{idéale}}, l'expression de la durée tideˊalet_{\text{idéale}} nécessaire pour que le système S atteigne la température idéale de consommation d'une boisson.
  • Q7. Calculer cette durée tideˊalet_{\text{idéale}}, sachant que θideˊale=16\theta_{\text{idéale}}=16 °C. Indiquer si cette durée est cohérente avec le graphique de l'ANNEXE À RENDRE AVEC LA COPIE. Une construction graphique est attendue.
  • 2. Ouverture de la porte du réfrigérateur « B »
  • Dans des conditions d'usage régulier, l'ouverture de la porte d'un autre réfrigérateur nommé « B » est parfois difficile. Un élément d'explication de cette difficulté peut être envisagé en considérant la différence de pression entre l'air intérieur du réfrigérateur et l'air extérieur à celui-ci.
  • Mise en service du réfrigérateur
  • On étudie l'influence du changement de température lors de la mise en service du réfrigérateur sur la différence de pression.
  • Données :
    • l'air est considéré comme un gaz parfait ;
    • constante des gaz parfaits : R=8,314 J⋅K−1⋅mol−1R=8{,}314\ \mathrm{J\cdot K^{-1}\cdot mol^{-1}} ;
    • équation d'état du gaz parfait : P⋅V=n⋅R⋅TP\cdot V=n\cdot R\cdot T
    avec PP la pression du gaz en Pa, VV le volume occupé par le gaz en m3\mathrm{m^{3}}, nn la quantité de matière de gaz en mol et TT la température du gaz en K ;
    • volume d'air dans le réfrigérateur : Vreˊfri=0,15 m3V_{\text{réfri}}=0{,}15\ \mathrm{m^{3}} ;
    • température de l'air ambiant extérieur au réfrigérateur : Tamb=293T_{\text{amb}}=293 K ;
    • pression de l'air ambiant extérieur au réfrigérateur : Pamb=1009,1×102P_{\text{amb}}=1009{,}1\times 10^{2} Pa ;
    • intensité de la pesanteur : g=9,8 N⋅kg−1g=9{,}8\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}}.
  • À la date t=0t=0, la porte du réfrigérateur, contenant de l'air à la température T0=TambT_{0}=T_{\text{amb}} et à la pression P0=PambP_{0}=P_{\text{amb}}, est fermée puis le réfrigérateur est mis en fonctionnement. On note TT et PP, respectivement la température et la pression de l'air intérieur du réfrigérateur à une date quelconque.
  • On fait l'hypothèse que le réfrigérateur constitue un système fermé, lorsque la porte est fermée : il n'échange pas de matière avec l'extérieur.
  • Q8. Expliquer pourquoi, dans le cadre de cette hypothèse, le quotient PT\dfrac{P}{T} peut être considéré constant lors du refroidissement de l'air du réfrigérateur après la fermeture de la porte.
  • Q9. Calculer, dans ce modèle, la valeur, notée PfinaleP_{\text{finale}}, de la pression de l'air à l'intérieur du réfrigérateur lorsque la température intérieure a atteint sa valeur stabilisée égale à 277 K.
  • En réalité, on mesure à cette température une pression intérieure finale voisine de 1009,1×1021009{,}1\times 10^{2} Pa.
  • Q10. Indiquer une raison possible de l'écart entre le résultat du calcul effectué à la question Q8 et la pression réellement mesurée.
  • Difficulté d'ouverture d'une porte de réfrigérateur juste après sa fermeture
  • Dans certains cas, la réouverture d'une porte de réfrigérateur juste après fermeture, peut s'avérer difficile. Afin d'expliquer ce phénomène, on enregistre la pression de l'air à l'intérieur du réfrigérateur lors d'une expérience pour laquelle, le réfrigérateur étant ouvert, on en ferme la porte à un instant t1t_{1}. L'évolution de la pression mesurée est représentée sur la figure 2. On s'intéresse à la réouverture la porte après une durée Δt\Delta t suivant la fermeture.
  • Pression P de l'air intérieur (en centaines de pascals, de 1008,4 à 1009,4) en fonction du temps t, de 4472 à 4488 s. Avant la fermeture, P oscille autour de 1009,07. À t1 = 4476 s, fermeture de la porte : pic bref à 1009,31 vers 4476,4 s, puis chute jusqu'à un minimum d'environ 1008,55 entre 4478 et 4479,5 s, puis remontée lente : 1008,8 vers 4482 s, environ 1008,97 à 4488 s.
    Figure 2. Évolution temporelle de la pression P de l'air intérieur du réfrigérateur S, avant et après fermeture de sa porte
  • Q11. À l'aide de la figure 2, justifier qu'il peut être difficile de rouvrir la porte du réfrigérateur après une durée Δt=3\Delta t=3 s.
  • Q12. En assimilant la porte du réfrigérateur à une plaque rectangulaire solide très fine de surface Splaque=1,2 m2S_{\text{plaque}}=1{,}2\ \mathrm{m^{2}}, déterminer la valeur et la direction de la résultante F⃗\vec{F} des forces pressantes qui s'appliquent sur cette plaque lorsque l'on souhaite rouvrir la porte après une durée Δt=3\Delta t=3 s. Commenter le résultat obtenu.

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Q2
Q3
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Q7
Q9
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Réponses

  • Q1 Transfert thermique par déplacement macroscopique de matière dans un fluide (ici l'air autour de la bouteille)
  • Q2 De S (20,4 °C) vers l'air du réfrigérateur (7 °C) : Q<0Q<0 pour S
  • Q3 θ(0)=A+B\theta(0)=A+B, θ→B\theta\to B ; B≈7B\approx 7 °C, A≈13,5A\approx 13{,}5 °C
  • Q4 Tangente à l'origine coupant θ=B\theta=B, ou θ(τ)=B+0,37A=11,8\theta(\tau)=B+0{,}37A=11{,}8 °C : τ≈12×103\tau\approx 12\times 10^{3} s
  • Q5 θ(t+Δt)−θ(t)=α ΔtρSVScS(θreˊfri−θ(t))\theta(t+\Delta t)-\theta(t)=\dfrac{\alpha\,\Delta t}{\rho_{S}V_{S}c_{S}}(\theta_{\text{réfri}}-\theta(t))
  • Q6 tideˊale=τln⁡θ0−θreˊfriθideˊale−θreˊfrit_{\text{idéale}}=\tau\ln\dfrac{\theta_{0}-\theta_{\text{réfri}}}{\theta_{\text{idéale}}-\theta_{\text{réfri}}}
  • Q7 tideˊale≈4,9×103t_{\text{idéale}}\approx 4{,}9\times 10^{3} s (4,7×1034{,}7\times 10^{3} s avec τ=12×103\tau=12\times 10^{3} s), cohérent avec la lecture à 16 °C
  • Q8 P/T=nR/VP/T=nR/V avec nn et VV constants
  • Q9 Pfinale=P0277293=9,54×104P_{\text{finale}}=P_{0}\dfrac{277}{293}=9{,}54\times 10^{4} Pa
  • Q10 Le réfrigérateur n'est pas étanche : de l'air entre, nn augmente et la pression revient à la pression ambiante
  • Q11 À 4479 s, P≈1008,55×102P\approx 1008{,}55\times 10^{2} Pa <Pamb<P_{\text{amb}} : l'air extérieur plaque la porte
  • Q12 F=(Pamb−P)S≈66F=(P_{\text{amb}}-P)S\approx 66 N, perpendiculaire à la porte, vers l'intérieur ; environ le poids de 6,7 kg

Q1. La convection est un transfert thermique qui s'accompagne d'un déplacement macroscopique de matière : il n'a lieu que dans un fluide (liquide ou gaz). Ici, l'air du réfrigérateur au contact de la bouteille se réchauffe, devient moins dense et s'élève, et il est remplacé par de l'air plus froid : ce mouvement de l'air transporte l'énergie de la bouteille vers l'air intérieur. Dans un solide, au contraire, l'énergie se propage sans déplacement de matière, par conduction.

Q2. Un transfert thermique s'effectue spontanément du corps le plus chaud vers le corps le plus froid. Au départ, la bouteille est à θ0=20,4\theta_{0}=20{,}4 °C et l'air du réfrigérateur à environ 7 °C : le transfert thermique va du système S vers l'air intérieur du réfrigérateur. Le transfert thermique QQ reçu par S est donc négatif, Q<0Q<0 : S cède de l'énergie et se refroidit. C'est cohérent avec la loi de Newton : Φ=α(θreˊfri−θ(t))<0\Phi=\alpha(\theta_{\text{réfri}}-\theta(t))<0 tant que θ(t)>θreˊfri\theta(t)>\theta_{\text{réfri}}.

Q3. À t=0t=0 : θ(0)=A⋅e0+B=A+B\theta(0)=A\cdot e^{0}+B=A+B. Quand t→+∞t\to+\infty, −tτ→−∞-\dfrac{t}{\tau}\to-\infty (car τ>0\tau>0), donc e−t/τ→0e^{-t/\tau}\to 0 et θ(t)→B\theta(t)\to B.

Lectures sur la figure 1 de l'annexe : la courbe part de θ(0)≈20,4\theta(0)\approx 20{,}4 °C et tend vers une asymptote horizontale proche de 7 °C (elle vaut encore 7,1 °C à 47×10347\times 10^{3} s et décroît toujours un peu). D'où B≈7B\approx 7 °C et A=θ(0)−B≈20,4−7≈13,5A=\theta(0)-B\approx 20{,}4-7\approx 13{,}5 °C. Avec la valeur donnée plus loin, θreˊfri=6,8\theta_{\text{réfri}}=6{,}8 °C, on aurait A=13,6A=13{,}6 °C. Les deux constantes s'expriment en degrés Celsius : BB est une température, AA un écart de température (que l'on peut aussi exprimer en kelvins, un écart ayant la même valeur dans les deux unités). Erreur fréquente : prendre A=20,4A=20{,}4 °C, c'est-à-dire confondre AA avec la valeur initiale.

Q4. Deux constructions équivalentes, à faire apparaître sur l'annexe (voir la figure du corrigé).

Méthode de la tangente à l'origine : la tangente à la courbe en t=0t=0 coupe l'asymptote horizontale θ=B\theta=B à l'instant t=τt=\tau. En effet θ′(0)=−Aτ\theta'(0)=-\dfrac{A}{\tau}, donc la tangente a pour équation θ=A+B−Aτt\theta=A+B-\dfrac{A}{\tau}t, qui vaut BB pour t=τt=\tau. On trace la tangente (elle passe par 20,4 °C en 0 et descend d'environ 1,1 °C par millier de secondes) et on lit son intersection avec la droite θ≈6,8\theta\approx 6{,}8 °C : t≈12×103t\approx 12\times 10^{3} s.

Méthode des 63 % : à t=τt=\tau, θ(τ)−B=A e−1=0,37 A\theta(\tau)-B=A\,e^{-1}=0{,}37\,A, soit θ(τ)=6,8+0,37×13,6=11,8\theta(\tau)=6{,}8+0{,}37\times 13{,}6=11{,}8 °C. On trace l'horizontale θ=11,8\theta=11{,}8 °C jusqu'à la courbe, puis on descend sur l'axe des temps : t≈12×103t\approx 12\times 10^{3} s. On retrouve bien τ\tau de l'ordre de 12×10312\times 10^{3} s.

Q5. Premier principe de la thermodynamique pour le système S, au repos macroscopique, entre tt et t+Δtt+\Delta t : ΔU=W+Q\Delta U=W+Q. L'eau est un liquide incompressible et aucun travail n'est échangé : W=0W=0, donc ΔU=Q\Delta U=Q.

Pour un liquide, ΔU=m cS Δθ=ρSVScS [θ(t+Δt)−θ(t)]\Delta U=m\,c_{S}\,\Delta\theta=\rho_{S}V_{S}c_{S}\,[\theta(t+\Delta t)-\theta(t)], avec m=ρSVSm=\rho_{S}V_{S}. Le transfert thermique reçu pendant la durée Δt\Delta t, assez courte pour que θ\theta y soit presque constante, vaut Q=Φ Δt=α(θreˊfri−θ(t)) ΔtQ=\Phi\,\Delta t=\alpha(\theta_{\text{réfri}}-\theta(t))\,\Delta t.

En égalant : ρSVScS [θ(t+Δt)−θ(t)]=α(θreˊfri−θ(t)) Δt\rho_{S}V_{S}c_{S}\,[\theta(t+\Delta t)-\theta(t)]=\alpha(\theta_{\text{réfri}}-\theta(t))\,\Delta t, soit θ(t+Δt)−θ(t)=α ΔtρSVScS (θreˊfri−θ(t))\theta(t+\Delta t)-\theta(t)=\dfrac{\alpha\,\Delta t}{\rho_{S}V_{S}c_{S}}\,(\theta_{\text{réfri}}-\theta(t)).

Vérification : en divisant par Δt\Delta t et en faisant tendre Δt\Delta t vers 0, on obtient dθdt=θreˊfri−θτ\dfrac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t}=\dfrac{\theta_{\text{réfri}}-\theta}{\tau}, l'équation différentielle de l'énoncé, avec τ=ρSVScSα=1,00×1,5×4,18×1030,50=1,25×104\tau=\dfrac{\rho_{S}V_{S}c_{S}}{\alpha}=\dfrac{1{,}00\times 1{,}5\times 4{,}18\times 10^{3}}{0{,}50}=1{,}25\times 10^{4} s (unité : J⋅K−1\mathrm{J\cdot K^{-1}} divisé par W⋅K−1\mathrm{W\cdot K^{-1}}, soit J/W=\mathrm{J/W}= s), en accord avec l'ordre de grandeur lu en Q4. Piège : la masse est ρSVS=1,5\rho_{S}V_{S}=1{,}5 kg, à condition de garder VSV_{S} en litres avec ρS\rho_{S} en kg⋅L−1\mathrm{kg\cdot L^{-1}}.

Q6. On cherche tideˊalet_{\text{idéale}} tel que θ(tideˊale)=θideˊale\theta(t_{\text{idéale}})=\theta_{\text{idéale}} : (θ0−θreˊfri) e−tideˊale/τ+θreˊfri=θideˊale(\theta_{0}-\theta_{\text{réfri}})\,e^{-t_{\text{idéale}}/\tau}+\theta_{\text{réfri}}=\theta_{\text{idéale}}.

D'où e−tideˊale/τ=θideˊale−θreˊfriθ0−θreˊfrie^{-t_{\text{idéale}}/\tau}=\dfrac{\theta_{\text{idéale}}-\theta_{\text{réfri}}}{\theta_{0}-\theta_{\text{réfri}}}, puis, en prenant le logarithme népérien, −tideˊaleτ=ln⁡θideˊale−θreˊfriθ0−θreˊfri-\dfrac{t_{\text{idéale}}}{\tau}=\ln\dfrac{\theta_{\text{idéale}}-\theta_{\text{réfri}}}{\theta_{0}-\theta_{\text{réfri}}}, soit tideˊale=τ⋅ln⁡(θ0−θreˊfriθideˊale−θreˊfri)t_{\text{idéale}}=\tau\cdot\ln\left(\dfrac{\theta_{0}-\theta_{\text{réfri}}}{\theta_{\text{idéale}}-\theta_{\text{réfri}}}\right). Contrôle : le quotient dans le logarithme est supérieur à 1, donc tideˊale>0t_{\text{idéale}}>0, comme il se doit.

Q7. Avec τ=1,25×104\tau=1{,}25\times 10^{4} s (Q5) : tideˊale=1,25×104×ln⁡20,4−6,816−6,8=1,25×104×ln⁡13,69,2=1,25×104×0,391=4,9×103t_{\text{idéale}}=1{,}25\times 10^{4}\times\ln\dfrac{20{,}4-6{,}8}{16-6{,}8}=1{,}25\times 10^{4}\times\ln\dfrac{13{,}6}{9{,}2}=1{,}25\times 10^{4}\times 0{,}391=4{,}9\times 10^{3} s, soit environ 1 h 20 min. Avec la valeur graphique τ=12×103\tau=12\times 10^{3} s (Q4), on trouve 4,7×1034{,}7\times 10^{3} s : l'écart vient seulement de la valeur de τ\tau retenue.

Construction graphique sur l'annexe : on trace l'horizontale θ=16\theta=16 °C jusqu'à la courbe, puis la verticale jusqu'à l'axe des temps ; on lit t≈4,7×103t\approx 4{,}7\times 10^{3} s. La durée calculée est donc cohérente avec le graphique, à la précision de la lecture et du modèle. Erreur fréquente : calculer avec ln⁡θideˊaleθ0\ln\dfrac{\theta_{\text{idéale}}}{\theta_{0}}, en oubliant que ce sont les ÉCARTS à θreˊfri\theta_{\text{réfri}} qui décroissent exponentiellement.

Q8. D'après l'équation d'état du gaz parfait, PT=n⋅RV\dfrac{P}{T}=\dfrac{n\cdot R}{V}. Le réfrigérateur est supposé fermé, sans échange de matière : la quantité d'air nn est constante. Ses parois et sa porte sont rigides : le volume d'air V=VreˊfriV=V_{\text{réfri}} est constant. RR étant une constante, le quotient PT\dfrac{P}{T} reste constant pendant tout le refroidissement.

Q9. Le quotient PT\dfrac{P}{T} étant constant : PfinaleTfinale=P0T0\dfrac{P_{\text{finale}}}{T_{\text{finale}}}=\dfrac{P_{0}}{T_{0}}, soit Pfinale=P0×TfinaleT0=1009,1×102×277293=9,54×104P_{\text{finale}}=P_{0}\times\dfrac{T_{\text{finale}}}{T_{0}}=1009{,}1\times 10^{2}\times\dfrac{277}{293}=9{,}54\times 10^{4} Pa, c'est-à-dire 954×102954\times 10^{2} Pa.

Dans ce modèle, la pression intérieure baisserait d'environ 55×10255\times 10^{2} Pa, soit 5,5 % de la pression atmosphérique. Les températures doivent être en kelvins : un rapport de températures en degrés Celsius n'a pas de sens physique ici.

Q10. L'énoncé renvoie au « calcul effectué à la question Q8 » ; le calcul de la pression finale est celui de la question Q9, c'est de lui qu'il s'agit. La pression mesurée reste égale à la pression extérieure, alors que le modèle prévoyait une baisse de 5,5 % : l'hypothèse du système fermé est fausse sur une longue durée. Le réfrigérateur n'est pas parfaitement étanche (joints de porte, évacuation de l'eau de condensation) : pendant que l'air intérieur se refroidit, de l'air extérieur entre peu à peu, la quantité de matière nn augmente, et la pression intérieure revient à la pression ambiante.

Q11. Lecture de la figure 2. Avant la fermeture, porte ouverte, la pression intérieure vaut environ 1009,1×1021009{,}1\times 10^{2} Pa, la pression ambiante. Juste après la fermeture à t1=4476t_{1}=4476 s, un pic bref apparaît (l'air est comprimé par la porte qui se referme), puis la pression chute : l'air tiède entré pendant l'ouverture est refroidi brutalement, à volume constant. Elle atteint un minimum d'environ 1008,55×1021008{,}55\times 10^{2} Pa entre 4478 et 4479,5 s, puis remonte lentement, l'air extérieur s'infiltrant par les joints.

À Δt=3\Delta t=3 s après la fermeture, soit t=4479t=4479 s, la pression intérieure vaut environ 1008,55×1021008{,}55\times 10^{2} Pa, inférieure de 0,55×1020{,}55\times 10^{2} Pa à la pression extérieure. L'air extérieur pousse plus fort sur la porte que l'air intérieur : la porte est plaquée contre le réfrigérateur, et il faut vaincre cette force supplémentaire pour l'ouvrir. C'est aussi presque le pire moment, la pression étant alors au voisinage de son minimum.

Q12. Chaque face de la porte subit une force pressante perpendiculaire à la plaque, dirigée vers elle : de valeur Pamb⋅SP_{\text{amb}}\cdot S du côté extérieur, orientée vers l'intérieur du réfrigérateur, et de valeur P⋅SP\cdot S du côté intérieur, orientée vers l'extérieur. Leur résultante a pour valeur F=(Pamb−P)⋅SplaqueF=(P_{\text{amb}}-P)\cdot S_{\text{plaque}}.

F=(1009,1−1008,55)×102×1,2=55×1,2=66F=(1009{,}1-1008{,}55)\times 10^{2}\times 1{,}2=55\times 1{,}2=66 N, soit environ 7×1017\times 10^{1} N compte tenu de la précision de la lecture (une lecture entre 50 et 60 Pa d'écart donne 60 à 72 N). Direction : perpendiculaire à la porte, horizontale ; sens : de l'extérieur vers l'intérieur du réfrigérateur, puisque la pression est plus grande dehors.

Commentaire : une force de 66 N équivaut au poids d'une masse de Fg=669,8=6,7\dfrac{F}{g}=\dfrac{66}{9{,}8}=6{,}7 kg ; elle s'ajoute à la force d'aimantation du joint de porte. C'est assez pour que la porte résiste nettement, ce qui explique la difficulté ressentie. L'effet est passager : dix secondes après la fermeture, la pression est remontée vers 1008,97×1021008{,}97\times 10^{2} Pa, l'écart n'est plus que de 1313 Pa environ et la force retombe vers 16 N. Piège : calculer P⋅SP\cdot S avec la pression intérieure seule, ce qui donne 1,2×1051{,}2\times 10^{5} N, une valeur absurde ; seule la DIFFÉRENCE de pression compte, les deux faces de la porte étant soumises à l'air.

5101520253035404550510152025τ ≈ 12θ = 6,8 °C16 °C atteint à t ≈ 4,7t (×10³ s)θ (°C)
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