Spécialité physique-chimie, Terminale • Annales du bac 2026 corrigées à Montréal

Bac 2026 de spécialité physique-chimie, Amérique du Nord jour 1 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité physique-chimie, session 2026 : Amérique du Nord, jour 1

Épreuve du mercredi 20 mai 2026 • durée 3 h 30 • calculatrice en mode examen autorisée • 3 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet officiel (Labolycée).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 3 h 30, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2026 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité physique-chimie du baccalauréat 2026, centre Amérique du Nord, jour 1 : l'épreuve du mercredi 20 mai 2026, trois heures trente, calculatrice en mode examen autorisée. Trois exercices pour 20 points : 9 points sur la valorisation du dioxyde de carbone dans les cimenteries, 6 points sur l'effet photoélectrique et ses applications, 5 points sur un lancer franc de basket. L'énoncé et ses documents sont reproduits tels quels, et chaque question qui a un résultat vérifiable porte un champ autocorrigé.

L'exercice 1 est un exercice de chimie complet sur l'éthanolamine : groupes caractéristiques et familles fonctionnelles, concentration d'une solution à partir d'un titre massique, diagramme de prédominance et pKA\mathrm{p}K_{A}, taux d'avancement final d'une base faible exprimé avec le produit ionique de l'eau KeK_{e}, intermédiaire réactionnel, sites donneur et accepteur et flèches courbes, dilution et verrerie jaugée, titrage pH-métrique par la méthode de la dérivée, puis équation de synthèse du méthanol et bilan énergie-puissance d'électrolyseurs. L'exercice 2 porte sur l'effet photoélectrique : fréquence seuil et travail d'extraction, énergie d'un photon E=hνE=h\nu, bilan d'énergie et vitesse d'éjection des électrons, puis rendement d'un panneau photovoltaïque lu sur ses caractéristiques et dimensionnement d'une installation. L'exercice 3 étudie le mouvement dans un champ de pesanteur uniforme : exploitation d'une chronophotographie, deuxième loi de Newton, équations horaires, équation de la trajectoire parabolique et condition de réussite du panier.

Le corrigé nomme la loi à chaque question, pose le calcul avec ses unités et ses chiffres significatifs, et vérifie le résultat quand c'est possible. Trois pièges y sont traités en détail : le volume équivalent, lu au minimum de la dérivée et non à pH 7 puisque le titré est une base faible (exercice 1, Q13) ; la fréquence seuil arrondie avant la soustraction, qui fausse la vitesse des électrons de 11 % (exercice 2, Q6) ; la sensibilité du lancer franc à l'arrondi du modèle, 4,19 m par la trajectoire contre 4,08 m par les équations horaires (exercice 3, Q8). Il signale aussi l'angle α\alpha annoncé sur la figure 1 de l'exercice 3, qui n'y figure pas.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale

Exercice 1 : Valorisation du dioxyde de carbone dans les cimenteries

9 points Acide-base, pKa et titragesSynthèse organique et mécanismesAvancement et dosagesChimie organique et synthèse

Le principe de la valorisation consiste à considérer le CO2\mathrm{CO_{2}} comme une matière première. Le CO2\mathrm{CO_{2}} est capté à la sortie des fumées industrielles, comme celles produites dans les cimenteries, et exploité pour réaliser des produits commercialement rentables. Chercheurs et industriels fondent beaucoup d'espoir sur la production de méthanol, un produit à haute valeur énergétique. (D'après planete-energies.com)

Cet exercice s'intéresse tout d'abord au captage du dioxyde de carbone par l'éthanolamine, puis au contrôle qualité d'une solution d'éthanolamine et enfin à l'utilisation possible du dioxyde de carbone capté dans la production de méthanol.

Données pour tout l'exercice :
• masse molaire de la molécule d'éthanolamine : M(C2H7NO)=61,0 g⋅mol−1M(\mathrm{C_{2}H_{7}NO})=61{,}0\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
• densité des solutions aqueuses d'éthanolamine : d=1,0d=1{,}0 ;
• masse volumique de l'eau : ρeau=1,00 g⋅mL−1\rho_{eau}=1{,}00\ \mathrm{g\cdot mL^{-1}} ;
• couple acide-base de l'éthanolamine : C2H8NO+(aq) / C2H7NO(aq)\mathrm{C_{2}H_{8}NO^{+}(aq)\,/\,C_{2}H_{7}NO(aq)} ;
• pKA(C2H8NO+/C2H7NO)=9,5\mathrm{p}K_{A}(\mathrm{C_{2}H_{8}NO^{+}/C_{2}H_{7}NO})=9{,}5 ;
• Ke=[H3O+] [HO−](c∘)2=1,0×10−14K_{e}=\dfrac{[\mathrm{H_{3}O^{+}}]\,[\mathrm{HO^{-}}]}{(c^{\circ})^{2}}=1{,}0\times 10^{-14} avec c∘=1 mol⋅L−1c^{\circ}=1\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} ;
• formule topologique de la molécule d'éthanolamine :

Formule topologique de l'éthanolamine : une chaîne de deux carbones en zigzag, avec un groupe HO à une extrémité et un groupe NH2 à l'autre.
Formule topologique de la molécule d'éthanolamine
  • 1. Captage de la molécule de dioxyde de carbone par la molécule d'éthanolamine
  • Pour réduire ses émissions, l'industrie cimentière cherche à capter le dioxyde de carbone produit par ses usines. Le procédé chimique le plus couramment utilisé est le lavage aux amines. Ce procédé permet d'isoler le CO2\mathrm{CO_{2}} présent dans les gaz de combustion libérés lors de fabrication du ciment.
  • Le lavage aux amines repose sur une réaction acido-basique entre le dioxyde de carbone et une solution aqueuse contenant environ 20 % en masse d'éthanolamine, une base faible.
  • Cette transformation est non-totale.
  • Q1. Reproduire, sur la copie, la formule topologique de la molécule d'éthanolamine. Entourer les groupes caractéristiques de la molécule puis nommer les familles fonctionnelles associées.
  • On considère un volume V=1,0V=1{,}0 L d'une solution d'éthanolamine à 20 % en masse.
  • Q2. Vérifier que la valeur de la concentration en quantité de matière CC de la solution aqueuse d'éthanolamine à 20 % est de 3,3 mol⋅L−13{,}3\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.
  • La mesure du pH de la solution donne pH=11\mathrm{pH}=11.
  • Q3. Représenter le diagramme de prédominance du couple acide-base de l'éthanolamine.
  • Q4. Préciser, en justifiant, sous quelle forme acide ou basique est présente l'éthanolamine dans la solution.
  • L'éthanolamine réagit avec l'eau selon l'équation de réaction suivante :
  • C2H7NO (aq)+H2O (ℓ)⇄C2H8NO+ (aq)+HO− (aq)\mathrm{C_{2}H_{7}NO\,(aq)+H_{2}O\,(\ell)\rightleftarrows C_{2}H_{8}NO^{+}\,(aq)+HO^{-}\,(aq)}
  • Q5. Donner l'expression du taux d'avancement τ\tau de la réaction étudiée en fonction de l'avancement final xfx_{f} et de l'avancement maximal xmaxx_{max}.
  • Q6. Exprimer l'avancement maximal xmaxx_{max} en fonction de CC et VV. Le candidat pourra s'appuyer, si besoin, sur un tableau d'avancement.
  • Q7. Montrer que le taux d'avancement τ\tau peut s'exprimer : τ=Ke⋅c∘C⋅10−pH\tau=\dfrac{K_{e}\cdot c^{\circ}}{C\cdot 10^{-\mathrm{pH}}}
  • Q8. Calculer la valeur du taux d'avancement τ\tau et la commenter par rapport à la force de la base.
  • On s'intéresse à une partie du mécanisme réactionnel de la réaction de captage du dioxyde de carbone par l'éthanolamine dont les premières étapes sont données ci-dessous :
  • Étape 1 : HO-CH2-CH2-NH2, l'azote portant un doublet non liant, réagit avec O=C=O (chaque oxygène portant deux doublets non liants) pour donner, de façon renversable, HO-CH2-CH2-NH2(+)-C(=O)-O(-) : l'azote porte deux H, une charge plus et est lié au carbone, qui porte un oxygène doublement lié et un oxygène chargé négativement à trois doublets non liants. Étape 2 : cette espèce donne, de façon renversable, HO-CH2-CH2-NH-C(=O)-O(-), l'azote neutre portant un H et un doublet non liant, plus un ion H+.
    Premières étapes du mécanisme réactionnel du captage
  • Q9. Identifier un intermédiaire réactionnel en justifiant la réponse.
  • Q10. Recopier l'étape 1 et représenter par des flèches courbes le déplacement d'électrons. Justifier leur sens.
  • 2. Contrôle qualité d'une solution d'éthanolamine
  • L'éthanolamine peut s'altérer au fil du temps, entraînant une diminution progressive de sa concentration. Un technicien souhaite s'assurer que la solution aqueuse S d'éthanolamine dont il dispose peut être utilisée pour le captage du dioxyde de carbone. Pour cela, il réalise un titrage pH-métrique.
  • La solution S est préalablement diluée 50 fois. La solution obtenue est notée S50\mathrm{S_{50}}.
  • Q11. Choisir le matériel qui permet de préparer 250,0 mL de solution S50\mathrm{S_{50}} à partir de la solution S en justifiant la verrerie choisie.
  • Verrerie à disposition :
    • béchers : 50 mL, 100 mL, 250 mL ;
    • pipettes jaugées : 5,0 mL, 10,0 mL, 20,0 mL ;
    • pipettes graduées : 5,0 mL, 10,0 mL ;
    • éprouvettes graduées : 20 mL, 100 mL, 250 mL ;
    • fioles jaugées : 50,0 mL, 100,0 mL, 250,0 mL.
  • Le technicien dose par titrage avec suivi pH-métrique un volume VB=25,0V_{B}=25{,}0 mL de solution diluée S50\mathrm{S_{50}}. La solution titrante est de l'acide chlorhydrique de concentration CA=0,10 mol⋅L−1C_{A}=0{,}10\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}. La figure 1 ci-dessous présente l'évolution du pH du milieu réactionnel en fonction du volume versé de solution titrante.
  • L'équation de la réaction modélisant la transformation observée durant le dosage par titrage est :
  • C2H7NO (aq)+H3O+ (aq)⟶C2H8NO+ (aq)+H2O (ℓ)\mathrm{C_{2}H_{7}NO\,(aq)+H_{3}O^{+}\,(aq)\longrightarrow C_{2}H_{8}NO^{+}\,(aq)+H_{2}O\,(\ell)}
  • Deux courbes en fonction du volume V versé, de 0 à 23 mL. Le pH (axe de gauche) part de 11,2, descend lentement jusqu'à 8 vers 13 mL, chute brutalement entre 14,0 mL (pH 6,7) et 14,5 mL (pH 3,4), puis se stabilise vers 1 au-delà de 18 mL. La dérivée d(pH)/dV (axe de droite, en gris) reste vers -0,2 puis présente un pic vers le bas, minimum d'environ -3,25 vers 14,3 mL.
    Figure 1. Courbe de suivi pH-métrique du titrage de la solution S50\mathrm{S_{50}}
  • Q12. Définir l'équivalence d'un titrage.
  • Q13. Déterminer, à partir de la courbe de titrage, le volume VEV_{E} de solution titrante versé à l'équivalence. Expliquer la méthode employée.
  • Q14. En déduire la valeur du titre massique en éthanolamine, en %, de la solution S.
  • Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.
  • La concentration en éthanolamine influence l'efficacité du captage : une concentration trop faible réduit la performance, une concentration trop élevée accroît les risques de corrosion des équipements.
  • Titre massique en éthanolamine15 %20 %25 %30 %
    Efficacité de captation du CO2\mathrm{CO_{2}}FaibleBonneBonne à très bonneTrès bonne
    Tolérance à la corrosion des équipementsTrès bonneAcceptableRisques accrusTrès mauvaise
    D'après Wang N., Wang D., Krook-Riekkola A., Ji X. (2023). MEA-based CO2\mathrm{CO_{2}} capture. Front. Energy Res., 11:1230743 (doi.org/10.3389/fenrg.2023.1230743)
  • Q15. Commenter le résultat en discutant la possibilité d'utiliser cette solution d'éthanolamine pour capter le dioxyde de carbone.
  • 3. Production de méthanol à partir du dioxyde de carbone capté
  • Le méthanol (CH3OH\mathrm{CH_{3}OH}) peut être obtenu par réaction entre le dioxyde de carbone et le dihydrogène ; il se forme également de l'eau. La transformation est totale.
  • Q16. Écrire l'équation de la réaction modélisant la formation du méthanol.
  • En France, le projet EDF-Hynovi prévoit la fabrication de 200 000 tonnes de méthanol de synthèse par an à partir du CO2\mathrm{CO_{2}} d'une cimenterie. La quantité de dihydrogène nécessaire est de 37 500 tonnes. Pour produire le dihydrogène, l'usine prévoit d'utiliser des électrolyseurs dont la puissance totale est de 330 MW. L'énergie nécessaire à la production d'un kilogramme de dihydrogène est de 55 kW⋅h55\ \mathrm{kW\cdot h}.
  • Q17. Déterminer la durée nécessaire à la production des 37 500 tonnes de dihydrogène.
  • Q18. En déduire si la puissance des électrolyseurs est suffisante pour la production attendue.

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Q2
Q4
Q8
Q11
Q13
Q14
Q16
Q17
Q18
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Réponses

  • Q1 Groupe hydroxyle −OH-\mathrm{OH} : alcool ; groupe amino −NH2-\mathrm{NH_{2}} : amine
  • Q2 m=0,20×1,0×103m=0{,}20\times 1{,}0\times 10^{3} g =200=200 g, n=3,28n=3{,}28 mol : C=3,3 mol⋅L−1C=3{,}3\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}
  • Q3 C2H8NO+\mathrm{C_{2}H_{8}NO^{+}} prédomine pour pH<9,5\mathrm{pH}<9{,}5, C2H7NO\mathrm{C_{2}H_{7}NO} pour pH>9,5\mathrm{pH}>9{,}5
  • Q4 pH=11>pKA\mathrm{pH}=11>\mathrm{p}K_{A} : forme basique C2H7NO\mathrm{C_{2}H_{7}NO} (32 fois plus concentrée)
  • Q5 τ=xfxmax\tau=\dfrac{x_{f}}{x_{max}}
  • Q6 xmax=C⋅Vx_{max}=C\cdot V
  • Q7 xf=[HO−]fVx_{f}=[\mathrm{HO^{-}}]_{f}V et [HO−]f=Kec∘10−pH[\mathrm{HO^{-}}]_{f}=\dfrac{K_{e}c^{\circ}}{10^{-\mathrm{pH}}}, donc τ=Kec∘C⋅10−pH\tau=\dfrac{K_{e}c^{\circ}}{C\cdot 10^{-\mathrm{pH}}}
  • Q8 τ=3,0×10−4≪1\tau=3{,}0\times 10^{-4}\ll 1 : base faible
  • Q9 Le zwitterion HO−CH2−CH2−NH2+−COO−\mathrm{HO{-}CH_{2}{-}CH_{2}{-}NH_{2}^{+}{-}COO^{-}}, formé à l'étape 1 et consommé à l'étape 2
  • Q10 Doublet de N vers C de CO2\mathrm{CO_{2}} ; doublet de C=O\mathrm{C{=}O} vers O ; du site donneur vers le site accepteur δ+\delta+
  • Q11 Pipette jaugée de 5,0 mL et fiole jaugée de 250,0 mL (plus un bécher)
  • Q12 Réactifs titrant et titré introduits dans les proportions stœchiométriques
  • Q13 Minimum de d(pH)dV\dfrac{\mathrm{d(pH)}}{\mathrm{d}V} : VE=14,3V_{E}=14{,}3 mL
  • Q14 C50=5,72×10−2C_{50}=5{,}72\times 10^{-2}, CS=2,86 mol⋅L−1C_{S}=2{,}86\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, titre w≈17w\approx 17 %
  • Q15 17 % au lieu de 20 % : solution altérée, captation entre faible et bonne, corrosion sans risque ; à renforcer
  • Q16 CO2+3 H2⟶CH3OH+H2O\mathrm{CO_{2}+3\,H_{2}\longrightarrow CH_{3}OH+H_{2}O}
  • Q17 E=2,06×109 kW⋅hE=2{,}06\times 10^{9}\ \mathrm{kW\cdot h}, Δt=E/P=6,25×103\Delta t=E/P=6{,}25\times 10^{3} h
  • Q18 6 250 h<8 7606\,250\ \mathrm{h}<8\,760 h : puissance suffisante (71 % du temps)

Q1. On reproduit la chaîne de deux atomes de carbone en zigzag, avec HO\mathrm{HO} à une extrémité et NH2\mathrm{NH_{2}} à l'autre, puis on entoure deux groupes caractéristiques. Le groupe hydroxyle −OH-\mathrm{OH}, porté par un atome de carbone tétragonal (lié seulement à des atomes de carbone ou d'hydrogène), signe la famille des alcools. Le groupe amino −NH2-\mathrm{NH_{2}}, l'atome d'azote lié à la chaîne carbonée, signe la famille des amines. Le nom systématique de la molécule, 2-aminoéthan-1-ol, porte les deux familles.

Erreur fréquente : parler d'amide. Un amide exige un atome d'azote lié à un carbone qui porte une double liaison C=O\mathrm{C{=}O} ; il n'y a aucune double liaison dans l'éthanolamine.

Q2. Méthode : C=nVC=\dfrac{n}{V} avec n=mMn=\dfrac{m}{M}, où mm est la masse d'éthanolamine dissoute dans le volume VV. Le titre de 20 % est un titre MASSIQUE : il faut d'abord la masse de la solution.

La densité d=1,0d=1{,}0 donne la masse volumique de la solution : ρ=d×ρeau=1,0×1,00=1,0 g⋅mL−1\rho=d\times\rho_{eau}=1{,}0\times 1{,}00=1{,}0\ \mathrm{g\cdot mL^{-1}}. Pour V=1,0 L=1,0×103V=1{,}0\ \mathrm{L}=1{,}0\times 10^{3} mL : msolution=ρ V=1,0×103m_{solution}=\rho\,V=1{,}0\times 10^{3} g. La masse d'éthanolamine en est les 20 % : m=0,20×1,0×103=2,0×102m=0{,}20\times 1{,}0\times 10^{3}=2{,}0\times 10^{2} g. Quantité de matière : n=2,0×10261,0=3,28n=\dfrac{2{,}0\times 10^{2}}{61{,}0}=3{,}28 mol. Donc C=3,281,0=3,3 mol⋅L−1C=\dfrac{3{,}28}{1{,}0}=3{,}3\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, la valeur annoncée.

La relation générale, utile à la question Q14 : C=w⋅d⋅ρeauMC=\dfrac{w\cdot d\cdot\rho_{eau}}{M}, avec ww le titre massique et ρeau\rho_{eau} en g⋅L−1\mathrm{g\cdot L^{-1}}. Erreur fréquente : lire « 20 % » comme un pourcentage en volume, ou garder ρeau\rho_{eau} en g⋅mL−1\mathrm{g\cdot mL^{-1}} avec VV en litres, ce qui donne une concentration mille fois trop petite.

Q3. On trace un axe gradué en pH et on y place pKA=9,5\mathrm{p}K_{A}=9{,}5. Pour pH<9,5\mathrm{pH}<9{,}5, la forme acide C2H8NO+\mathrm{C_{2}H_{8}NO^{+}} prédomine ; pour pH>9,5\mathrm{pH}>9{,}5, la forme basique C2H7NO\mathrm{C_{2}H_{7}NO} prédomine ; à pH=pKA\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{A}, les deux formes ont la même concentration (diagramme dessiné ci-dessous).

Justification : la relation pH=pKA+log⁡[C2H7NO][C2H8NO+]\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{A}+\log\dfrac{[\mathrm{C_{2}H_{7}NO}]}{[\mathrm{C_{2}H_{8}NO^{+}}]} montre que le logarithme du rapport base sur acide est positif, donc la base majoritaire, dès que le pH dépasse le pKA\mathrm{p}K_{A}. Piège : inverser les deux domaines ; l'acide, la forme qui porte un proton de plus, est toujours du côté des pH faibles.

Q4. Le pH de la solution, 1111, est supérieur au pKA=9,5\mathrm{p}K_{A}=9{,}5 : d'après le diagramme de la question Q3, l'éthanolamine est présente majoritairement sous sa forme basique C2H7NO\mathrm{C_{2}H_{7}NO}.

On peut le chiffrer : [C2H7NO][C2H8NO+]=10pH−pKA=101,5=32\dfrac{[\mathrm{C_{2}H_{7}NO}]}{[\mathrm{C_{2}H_{8}NO^{+}}]}=10^{\mathrm{pH}-\mathrm{p}K_{A}}=10^{1{,}5}=32. La base est environ 32 fois plus concentrée que son acide conjugué : la réaction de la base avec l'eau n'a transformé qu'une petite partie de l'éthanolamine, ce que les questions Q7 et Q8 vont quantifier.

Q5. Par définition, le taux d'avancement final est le rapport de l'avancement final à l'avancement maximal : τ=xfxmax\tau=\dfrac{x_{f}}{x_{max}}. C'est un nombre sans unité, compris entre 00 et 11, égal à 11 pour une transformation totale.

Q6. Tableau d'avancement en quantités de matière. État initial : C⋅VC\cdot V d'éthanolamine, l'eau est le solvant (en excès), aucun ion C2H8NO+\mathrm{C_{2}H_{8}NO^{+}} ni HO−\mathrm{HO^{-}} (on néglige ceux de l'autoprotolyse de l'eau). État intermédiaire d'avancement xx : C⋅V−xC\cdot V-x ; excès ; xx ; xx.

L'avancement maximal est atteint si le réactif limitant, l'éthanolamine, disparaît entièrement : C⋅V−xmax=0C\cdot V-x_{max}=0, donc xmax=C⋅Vx_{max}=C\cdot V. L'eau, solvant, n'est jamais limitante.

Q7. Dans l'état final, la quantité d'ions hydroxyde formés est égale à l'avancement final : n(HO−)f=xfn(\mathrm{HO^{-}})_{f}=x_{f}, donc xf=[HO−]f⋅Vx_{f}=[\mathrm{HO^{-}}]_{f}\cdot V.

Le produit ionique de l'eau donne [HO−]f=Ke⋅(c∘)2[H3O+]f[\mathrm{HO^{-}}]_{f}=\dfrac{K_{e}\cdot(c^{\circ})^{2}}{[\mathrm{H_{3}O^{+}}]_{f}}, et la définition du pH donne [H3O+]f=c∘⋅10−pH[\mathrm{H_{3}O^{+}}]_{f}=c^{\circ}\cdot 10^{-\mathrm{pH}}. D'où [HO−]f=Ke⋅c∘10−pH[\mathrm{HO^{-}}]_{f}=\dfrac{K_{e}\cdot c^{\circ}}{10^{-\mathrm{pH}}}.

Alors τ=xfxmax=[HO−]f⋅VC⋅V=Ke⋅c∘C⋅10−pH\tau=\dfrac{x_{f}}{x_{max}}=\dfrac{[\mathrm{HO^{-}}]_{f}\cdot V}{C\cdot V}=\dfrac{K_{e}\cdot c^{\circ}}{C\cdot 10^{-\mathrm{pH}}}, l'expression demandée : le volume se simplifie. Contrôle d'unité : KeK_{e} est sans unité, c∘c^{\circ} et CC sont en mol⋅L−1\mathrm{mol\cdot L^{-1}}, le taux est bien sans unité. Le c∘c^{\circ} du numérateur est le seul détail que le correcteur vérifie : il vient du carré de (c∘)2(c^{\circ})^{2} dans KeK_{e}, simplifié une fois par le c∘c^{\circ} de [H3O+][\mathrm{H_{3}O^{+}}].

Q8. Application numérique : τ=1,0×10−14×13,3×10−11=3,0×10−4\tau=\dfrac{1{,}0\times 10^{-14}\times 1}{3{,}3\times 10^{-11}}=3{,}0\times 10^{-4}, soit 0,030{,}03 %. Vérification : [HO−]f=10−14×1011=1,0×10−3 mol⋅L−1[\mathrm{HO^{-}}]_{f}=10^{-14}\times 10^{11}=1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, très petit devant C=3,3 mol⋅L−1C=3{,}3\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.

Commentaire : τ\tau est très inférieur à 11. Seules trois molécules d'éthanolamine sur dix mille ont réagi avec l'eau : la transformation est très limitée, ce qui caractérise une base FAIBLE dans l'eau, comme l'annonce l'énoncé. Une base forte réagirait totalement avec l'eau, avec τ=1\tau=1. C'est cohérent avec la question Q4 : la forme basique reste très largement majoritaire.

Q9. Un intermédiaire réactionnel est une espèce formée au cours d'une étape du mécanisme puis consommée dans une étape ultérieure ; il n'apparaît pas dans l'équation de la réaction globale.

L'espèce HO−CH2−CH2−NH2+−COO−\mathrm{HO{-}CH_{2}{-}CH_{2}{-}NH_{2}^{+}{-}COO^{-}}, où l'azote porte une charge positive et un oxygène une charge négative, est produite par l'étape 1 et consommée comme réactif par l'étape 2 : c'est un intermédiaire réactionnel. Cette espèce, à la fois chargée positivement et négativement, est appelée zwitterion. Piège : citer le CO2\mathrm{CO_{2}} ou l'éthanolamine, qui sont les réactifs du captage, ou l'ion H+\mathrm{H^{+}}, simplement produit par l'étape 2.

Q10. On recopie l'étape 1 et on trace deux flèches courbes. La première part du doublet non liant de l'atome d'azote de l'éthanolamine et pointe vers l'atome de carbone de CO2\mathrm{CO_{2}} : elle forme la liaison N−C\mathrm{N{-}C}. La seconde part du doublet d'une des deux liaisons C=O\mathrm{C{=}O} (le doublet de la double liaison qui « s'ouvre ») et pointe vers l'atome d'oxygène correspondant : la double liaison devient simple et cet oxygène porte désormais trois doublets non liants.

Justification du sens. L'oxygène est plus électronégatif que le carbone : dans CO2\mathrm{CO_{2}}, les deux liaisons sont polarisées et l'atome de carbone porte une charge partielle δ+\delta+, c'est un site accepteur de doublet d'électrons. L'atome d'azote porte un doublet non liant, c'est un site donneur. Une flèche courbe représente le déplacement d'un doublet d'électrons et va toujours du site donneur vers le site accepteur, d'une zone riche en électrons vers une zone pauvre. Vérification par les charges du produit : l'azote, qui a mis en commun son doublet, porte la charge ⊕\oplus ; l'oxygène, qui a récupéré le doublet de la liaison, porte la charge ⊖\ominus. Erreur fréquente : faire partir la flèche d'un atome (le carbone) au lieu d'un doublet, ou l'orienter du carbone vers l'azote.

Q11. Diluer 50 fois, c'est un facteur de dilution F=VfilleVmeˋre=50F=\dfrac{V_{fille}}{V_{mère}}=50. Le volume de solution S à prélever est donc Vmeˋre=250,050=5,0V_{mère}=\dfrac{250{,}0}{50}=5{,}0 mL.

Matériel : une pipette jaugée de 5,0 mL, munie d'une propipette, pour prélever la solution S ; une fiole jaugée de 250,0 mL pour la solution S50\mathrm{S_{50}} ; un bécher de 50 mL dans lequel on verse un peu de solution S, pour ne jamais pipeter dans le flacon. Justification : la pipette jaugée et la fiole jaugée sont étalonnées pour UN volume, avec une incertitude très faible ; c'est ce qu'exige une dilution destinée à un dosage. La pipette graduée, l'éprouvette graduée et a fortiori le bécher sont nettement moins précis.

Protocole : on prélève 5,0 mL de S à la pipette jaugée, on les verse dans la fiole jaugée, on la remplit aux deux tiers d'eau distillée, on agite, on complète jusqu'au trait de jauge puis on bouche et on homogénéise.

Q12. L'équivalence d'un titrage est l'état du système pour lequel le réactif titrant et le réactif titré ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de la réaction support du titrage : les deux sont alors entièrement consommés, et le réactif limitant change. Ici, avec des nombres stœchiométriques égaux à 11 : n(C2H7NO)dans VB=n(H3O+)verseˊ aˋ VEn(\mathrm{C_{2}H_{7}NO})_{\text{dans }V_{B}}=n(\mathrm{H_{3}O^{+}})_{\text{versé à }V_{E}}.

Q13. Méthode de la dérivée : le volume équivalent est l'abscisse de l'extremum de d(pH)dV\dfrac{\mathrm{d(pH)}}{\mathrm{d}V}, qui correspond au point d'inflexion du saut de pH. Le pH diminue ici, donc la dérivée présente un MINIMUM. On lit sur la figure 1 le fond du pic de la courbe grise : VE=14,3V_{E}=14{,}3 mL, à un ou deux dixièmes de millilitre près.

Vérification : le saut de pH, de 6,76{,}7 à 3,43{,}4, a lieu entre les points à 14,014{,}0 mL et 14,514{,}5 mL, et la méthode des tangentes parallèles donne la même valeur. Piège : chercher le volume pour lequel pH=7\mathrm{pH}=7. À l'équivalence, la solution contient l'acide faible C2H8NO+\mathrm{C_{2}H_{8}NO^{+}} : le pH à l'équivalence est acide, vers 5 sur la courbe, et le critère « pH = 7 » ne vaut que pour un titrage acide fort, base forte.

Q14. Démarche en trois temps : la concentration de S50\mathrm{S_{50}} par la relation d'équivalence, celle de S par le facteur de dilution, puis le titre massique par la masse d'un litre de solution.

1) À l'équivalence (Q12) : C50⋅VB=CA⋅VEC_{50}\cdot V_{B}=C_{A}\cdot V_{E}, donc C50=CA⋅VEVB=0,10×14,325,0=5,72×10−2 mol⋅L−1C_{50}=\dfrac{C_{A}\cdot V_{E}}{V_{B}}=\dfrac{0{,}10\times 14{,}3}{25{,}0}=5{,}72\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} (les volumes en mL se simplifient).

2) La solution S est 50 fois plus concentrée : CS=50×C50=2,86 mol⋅L−1C_{S}=50\times C_{50}=2{,}86\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.

3) Dans 1,01{,}0 L de solution S : masse d'éthanolamine m=CS⋅V⋅M=2,86×1,0×61,0=1,74×102m=C_{S}\cdot V\cdot M=2{,}86\times 1{,}0\times 61{,}0=1{,}74\times 10^{2} g ; masse de solution msolution=d⋅ρeau⋅V=1,0×103m_{solution}=d\cdot\rho_{eau}\cdot V=1{,}0\times 10^{3} g. Titre massique : w=1,74×1021,0×103=0,17w=\dfrac{1{,}74\times 10^{2}}{1{,}0\times 10^{3}}=0{,}17, soit w≈17w\approx 17 %, avec deux chiffres significatifs comme CAC_{A}.

Vérification par proportionnalité avec la question Q2 : 20 % correspond à 3,28 mol⋅L−13{,}28\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, donc 2,86 mol⋅L−12{,}86\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} correspond à 20×2,863,28=1720\times\dfrac{2{,}86}{3{,}28}=17 %. Sensibilité à la lecture : VE=14,1V_{E}=14{,}1 mL ou 14,514{,}5 mL donnent 17,217{,}2 % et 17,717{,}7 % ; le résultat ne dépend pas de la précision du tracé. Erreurs fréquentes : oublier le facteur 50 de la dilution (on trouve 0,350{,}35 %, absurde), ou comparer une concentration molaire à un pourcentage massique sans passer par la masse de la solution.

Q15. Le titre trouvé, 1717 %, est nettement inférieur aux 20 % d'une solution neuve : l'éthanolamine s'est altérée, la solution a perdu environ 20−17,420≈13\dfrac{20-17{,}4}{20}\approx 13 % de son éthanolamine. Ce constat résiste à l'incertitude de lecture de VEV_{E}, qui ne déplace le résultat que de quelques dixièmes de pour cent.

Situé entre les colonnes 15 % et 20 % du tableau, ce titre donne une efficacité de captation intermédiaire entre « faible » et « bonne », et une tolérance à la corrosion entre « très bonne » et « acceptable ». La solution peut donc encore capter du dioxyde de carbone sans risque pour les équipements, mais avec une performance dégradée. Pour retrouver une bonne captation, il faut la renforcer en éthanolamine jusqu'à 20 à 25 %, sans dépasser cette zone où les risques de corrosion augmentent, ou la remplacer.

Q16. Réactifs : le dioxyde de carbone et le dihydrogène ; produits : le méthanol et l'eau. L'équation ajustée est : CO2+3 H2⟶CH3OH+H2O\mathrm{CO_{2}+3\,H_{2}\longrightarrow CH_{3}OH+H_{2}O}, avec une simple flèche puisque la transformation est totale.

Vérification des conservations : carbone, 11 de chaque côté ; oxygène, 22 à gauche, 1+11+1 à droite ; hydrogène, 3×2=63\times 2=6 à gauche, 4+2=64+2=6 à droite. Les états physiques dépendent des conditions de la synthèse, menée en phase gazeuse dans l'industrie.

Q17. L'énergie nécessaire est proportionnelle à la masse de dihydrogène : m=37 500 t=3,75×107m=37\,500\ \mathrm{t}=3{,}75\times 10^{7} kg, donc E=3,75×107×55=2,06×109 kW⋅hE=3{,}75\times 10^{7}\times 55=2{,}06\times 10^{9}\ \mathrm{kW\cdot h}.

La puissance est l'énergie par unité de temps, P=EΔtP=\dfrac{E}{\Delta t}, d'où Δt=EP\Delta t=\dfrac{E}{P}. Avec P=330 MW=3,30×105P=330\ \mathrm{MW}=3{,}30\times 10^{5} kW : Δt=2,06×1093,30×105=6,25×103\Delta t=\dfrac{2{,}06\times 10^{9}}{3{,}30\times 10^{5}}=6{,}25\times 10^{3} h, soit environ 260260 jours de fonctionnement continu. Travailler en kW⋅h\mathrm{kW\cdot h} et en kW donne directement des heures. Erreurs fréquentes : oublier la conversion des tonnes en kilogrammes, ou mélanger MW et kW, deux facteurs mille qui ne se compensent pas.

Q18. Une année compte 365×24=8 760365\times 24=8\,760 h. La durée nécessaire, 6 2506\,250 h, est inférieure : la puissance des électrolyseurs est suffisante pour produire les 37 500 tonnes de dihydrogène en un an. Ils doivent fonctionner environ 6 2508 760=71\dfrac{6\,250}{8\,760}=71 % du temps, ce qui laisse une marge pour la maintenance et pour les périodes où l'électricité bas carbone n'est pas disponible.

Autre présentation, tout aussi valable : en fonctionnement continu, la puissance minimale serait 2,06×1098 760=2,35×105\dfrac{2{,}06\times 10^{9}}{8\,760}=2{,}35\times 10^{5} kW, soit 235 MW, inférieure aux 330 MW installés. Vérification de cohérence des données, avec les masses molaires usuelles (H\mathrm{H} : 1,0 ; C\mathrm{C} : 12,0 ; O\mathrm{O} : 16,0 g⋅mol−1\mathrm{g\cdot mol^{-1}}) : 200 000 t de méthanol représentent 2,0×101132,0=6,25×109\dfrac{2{,}0\times 10^{11}}{32{,}0}=6{,}25\times 10^{9} mol, qui demandent trois fois plus de dihydrogène, 1,875×10101{,}875\times 10^{10} mol, soit 1,875×1010×2,0=3,75×10101{,}875\times 10^{10}\times 2{,}0=3{,}75\times 10^{10} g : exactement les 37 500 tonnes annoncées.

C2H8NO+ prédomineC2H7NO prédominepKA = 9,5pH = 11014

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Exercice 2 : L'effet photoélectrique et ses applications

6 points L'effet photoélectrique : photon, seuil et cellule photovoltaïqueRésolution de problème et exploitation de documents

1. Une approche historique de l'effet photoélectrique

En 1902, le physicien allemand Lenard a travaillé sur l'effet photoélectrique en réalisant l'expérience suivante : deux électrodes métalliques, séparées d'une distance dd, sont placées face à face dans un tube à vide. Une des deux électrodes est éclairée par des radiations lumineuses de fréquence et d'intensité réglables. Le physicien observe une intensité non nulle au-dessus d'une certaine fréquence appelée fréquence seuil.

Tube à vide contenant deux électrodes métalliques face à face ; des radiations lumineuses, en ondulations rouges, frappent l'électrode de gauche. Les deux électrodes sont reliées par un circuit extérieur comportant un générateur de tension variable U et un ampèremètre.
Figure 1. Schéma de l'expérience
  • Données :
    • constante de Planck : h=6,63×10−34 J⋅sh=6{,}63\times 10^{-34}\ \mathrm{J\cdot s} ;
    • travail d'extraction du zinc : Wext(Zn)=4,3W_{ext}(\mathrm{Zn})=4{,}3 eV ;
    • masse d'un électron : me=9,11×10−31m_{e}=9{,}11\times 10^{-31} kg ;
    • 1 eV=1,60×10−191\ \mathrm{eV}=1{,}60\times 10^{-19} J ;
    • la vitesse de la lumière dans le vide cc est supposée connue ;
    • relation donnant l'énergie d'un photon : E=h⋅ν=h⋅cλE=h\cdot\nu=\dfrac{h\cdot c}{\lambda}.
  • Q1. Décrire l'effet photoélectrique.
  • Q2. Calculer la fréquence seuil νs\nu_{s} permettant une émission photoélectrique pour le zinc.
  • Q3. En déduire la longueur d'onde correspondante et préciser le domaine des ondes électromagnétiques auquel elle appartient.
  • On éclaire la plaque de zinc avec une radiation de longueur d'onde λ=250\lambda=250 nm.
  • Q4. Justifier que l'effet photoélectrique se produit.
  • Q5. Montrer, en réalisant un bilan d'énergie, que l'expression de la vitesse d'éjection vv des électrons en fonction de la fréquence ν\nu, νs\nu_{s}, hh et mem_{e}, est égale à v=2h (ν−νs)mev=\sqrt{\dfrac{2h\,(\nu-\nu_{s})}{m_{e}}}.
  • Q6. Calculer la valeur de cette vitesse.
  • Q7. Identifier le paramètre de la radiation qui a une influence sur la valeur de la vitesse. Préciser le sens dans lequel il faut le modifier pour augmenter la valeur de la vitesse.
  • 2. Étude d'un panneau photovoltaïque
  • Donnée :
    • puissance lumineuse reçue : Plum=E×SP_{lum}=E\times S, avec EE l'éclairement en W⋅m−2\mathrm{W\cdot m^{-2}} et SS la surface utile du convertisseur en m2\mathrm{m^{2}}.
  • Les cellules photovoltaïques installées sur le toit des habitations fonctionnent grâce à l'effet photoélectrique. Un particulier souhaite poser des panneaux sur sa toiture afin de diminuer sa facture d'électricité. Un installateur lui propose des panneaux rectangulaires de 1 346 mm de longueur et 1 112 mm de largeur.
  • Les graphiques de la figure 2 représentent, pour différents éclairements, l'évolution de l'intensité II et de la puissance électrique PP fournis par le panneau en fonction de la tension UU aux bornes du panneau :
  • Pour quatre éclairements, 200, 400, 600 et 800 W par mètre carré : en pointillés bleus, l'intensité I (axe de gauche, de 0 à 8 A) en fonction de la tension U (de 0 à 35 V), presque constante puis chutant à zéro vers 28 à 30 V (environ 6,7 A à 800 W par mètre carré) ; en traits rouges, la puissance P (axe de droite, de 0 à 160 W), qui croît puis passe par un maximum vers U = 22 V avant de s'annuler. Maxima de puissance : environ 139 W à 800, 100 W à 600, 65 W à 400 et 29 W à 200 W par mètre carré.
    Figure 2. Caractéristiques du panneau photovoltaïque
  • Q8. Calculer la valeur du rendement d'un panneau photovoltaïque dans les conditions optimales de fonctionnement, pour un éclairement moyen de 800 W⋅m−2800\ \mathrm{W\cdot m^{-2}}.
  • La consommation annuelle de ce particulier est de 7 500 kW⋅h7\,500\ \mathrm{kW\cdot h}. Il souhaite que la moitié de cette consommation soit couverte par les panneaux photovoltaïques. Le rendement moyen annuel de chaque panneau est d'environ 10 %.
  • Q9. Déterminer le nombre de panneaux à installer, sachant que l'énergie surfacique moyenne reçue chaque jour est d'environ 4,1 kW⋅h⋅m−24{,}1\ \mathrm{kW\cdot h\cdot m^{-2}} dans la région. Commenter le résultat.
  • Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.

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Q2
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Q8
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Réponses

  • Q1 Émission d'électrons par un métal éclairé, seulement si ν>νs\nu>\nu_{s} ; un photon hνh\nu arrache un électron
  • Q2 νs=Wexth=1,0×1015\nu_{s}=\dfrac{W_{ext}}{h}=1{,}0\times 10^{15} Hz (1,04×10151{,}04\times 10^{15} Hz)
  • Q3 λs=cνs=289\lambda_{s}=\dfrac{c}{\nu_{s}}=289 nm : ultraviolet
  • Q4 λ=250 nm<λs\lambda=250\ \mathrm{nm}<\lambda_{s} : E=4,97 eV>Wext=4,3E=4{,}97\ \mathrm{eV}>W_{ext}=4{,}3 eV
  • Q5 hν=hνs+12mev2h\nu=h\nu_{s}+\dfrac{1}{2}m_{e}v^{2}, donc v=2h(ν−νs)mev=\sqrt{\dfrac{2h(\nu-\nu_{s})}{m_{e}}}
  • Q6 ν=1,20×1015\nu=1{,}20\times 10^{15} Hz, v=4,9×105 m⋅s−1v=4{,}9\times 10^{5}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}
  • Q7 La fréquence : l'augmenter (diminuer λ\lambda) ; l'intensité ne joue pas
  • Q8 Pmax≈139P_{max}\approx 139 W, Plum=800×1,50=1,20×103P_{lum}=800\times 1{,}50=1{,}20\times 10^{3} W : η≈12\eta\approx 12 %
  • Q9 224 kW⋅h224\ \mathrm{kW\cdot h} par panneau et par an, N=3 750/224=16,7N=3\,750/224=16{,}7 : 17 panneaux, environ 25 m2\mathrm{m^{2}}

Q1. L'effet photoélectrique est l'émission d'électrons par un métal (ici l'électrode éclairée) lorsqu'il reçoit un rayonnement électromagnétique de fréquence supérieure à une fréquence seuil νs\nu_{s}, propre au métal. Sous cette fréquence, aucun électron n'est émis, quelle que soit l'intensité du rayonnement. Dans l'expérience de Lenard, les électrons arrachés traversent le vide jusqu'à l'autre électrode et l'ampèremètre mesure un courant.

Interprétation d'Einstein (1905) : la lumière est constituée de photons, chacun d'énergie E=hνE=h\nu. Un photon cède toute son énergie à UN électron ; si cette énergie est au moins égale au travail d'extraction WextW_{ext}, l'électron quitte le métal, et l'excédent devient son énergie cinétique. Erreur fréquente : écrire qu'une lumière « assez intense » finit par arracher des électrons ; l'intensité règle le nombre de photons, donc le nombre d'électrons émis, jamais la possibilité de l'émission.

Q2. Au seuil, l'énergie d'un photon est juste égale au travail d'extraction : h νs=Wexth\,\nu_{s}=W_{ext}, donc νs=Wexth\nu_{s}=\dfrac{W_{ext}}{h}. Conversion d'abord : Wext=4,3×1,60×10−19=6,88×10−19W_{ext}=4{,}3\times 1{,}60\times 10^{-19}=6{,}88\times 10^{-19} J. Alors νs=6,88×10−196,63×10−34=1,04×1015\nu_{s}=\dfrac{6{,}88\times 10^{-19}}{6{,}63\times 10^{-34}}=1{,}04\times 10^{15} Hz, soit 1,0×10151{,}0\times 10^{15} Hz avec les deux chiffres significatifs du travail d'extraction. On garde 1,04×10151{,}04\times 10^{15} Hz pour la suite des calculs. Erreur fréquente : laisser WextW_{ext} en électronvolts, ce qui donne une fréquence absurde de l'ordre de 103410^{34} Hz.

Q3. Pour une onde électromagnétique dans le vide, λs=cνs=3,00×1081,04×1015=2,89×10−7\lambda_{s}=\dfrac{c}{\nu_{s}}=\dfrac{3{,}00\times 10^{8}}{1{,}04\times 10^{15}}=2{,}89\times 10^{-7} m, soit λs=289\lambda_{s}=289 nm ≈2,9×102\approx 2{,}9\times 10^{2} nm. On peut aussi écrire directement λs=h cWext\lambda_{s}=\dfrac{h\,c}{W_{ext}}.

Le domaine visible s'étend d'environ 400 nm à 800 nm ; une longueur d'onde inférieure à 400 nm appartient au domaine des ultraviolets. Le zinc n'émet donc d'électrons que sous un rayonnement ultraviolet : la lumière visible, même intense, ne produit aucun effet photoélectrique sur ce métal.

Q4. La radiation utilisée a une longueur d'onde λ=250\lambda=250 nm inférieure à la longueur d'onde seuil λs=289\lambda_{s}=289 nm : sa fréquence ν=cλ\nu=\dfrac{c}{\lambda} est donc supérieure à νs\nu_{s}. En énergie : E=h cλ=6,63×10−34×3,00×108250×10−9=7,96×10−19E=\dfrac{h\,c}{\lambda}=\dfrac{6{,}63\times 10^{-34}\times 3{,}00\times 10^{8}}{250\times 10^{-9}}=7{,}96\times 10^{-19} J, soit 7,96×10−191,60×10−19=4,97\dfrac{7{,}96\times 10^{-19}}{1{,}60\times 10^{-19}}=4{,}97 eV, supérieure à Wext=4,3W_{ext}=4{,}3 eV. Chaque photon peut arracher un électron : l'effet photoélectrique se produit.

Piège : comparer les longueurs d'onde dans le mauvais sens. L'énergie d'un photon varie en 1λ\dfrac{1}{\lambda} : c'est une longueur d'onde PLUS COURTE que le seuil qui permet l'émission.

Q5. Bilan d'énergie pour un électron éjecté, d'énergie cinétique initiale négligeable dans le métal : l'énergie du photon absorbé sert à extraire l'électron, puis à lui donner de l'énergie cinétique. h ν=Wext+12 me v2h\,\nu=W_{ext}+\dfrac{1}{2}\,m_{e}\,v^{2}.

Avec Wext=h νsW_{ext}=h\,\nu_{s} (question Q2) : 12 me v2=h ν−h νs=h (ν−νs)\dfrac{1}{2}\,m_{e}\,v^{2}=h\,\nu-h\,\nu_{s}=h\,(\nu-\nu_{s}), donc v2=2h (ν−νs)mev^{2}=\dfrac{2h\,(\nu-\nu_{s})}{m_{e}} et, la vitesse étant positive, v=2h (ν−νs)mev=\sqrt{\dfrac{2h\,(\nu-\nu_{s})}{m_{e}}}. L'expression n'a de sens que si ν>νs\nu>\nu_{s} : on retrouve la condition de seuil. Il s'agit de la vitesse maximale, celle des électrons arrachés à la surface sans autre perte d'énergie.

Q6. Fréquence de la radiation : ν=cλ=3,00×108250×10−9=1,20×1015\nu=\dfrac{c}{\lambda}=\dfrac{3{,}00\times 10^{8}}{250\times 10^{-9}}=1{,}20\times 10^{15} Hz. Écart au seuil : ν−νs=1,20×1015−1,04×1015=1,6×1014\nu-\nu_{s}=1{,}20\times 10^{15}-1{,}04\times 10^{15}=1{,}6\times 10^{14} Hz. D'où v=2×6,63×10−34×1,62×10149,11×10−31=4,9×105 m⋅s−1v=\sqrt{\dfrac{2\times 6{,}63\times 10^{-34}\times 1{,}62\times 10^{14}}{9{,}11\times 10^{-31}}}=4{,}9\times 10^{5}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}.

Vérification par les énergies : Ec=4,97−4,3=0,67E_{c}=4{,}97-4{,}3=0{,}67 eV, soit 1,08×10−191{,}08\times 10^{-19} J, et 2×1,08×10−199,11×10−31=4,9×105 m⋅s−1\sqrt{\dfrac{2\times 1{,}08\times 10^{-19}}{9{,}11\times 10^{-31}}}=4{,}9\times 10^{5}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}. Cette vitesse vaut environ 0,160{,}16 % de cc : l'expression classique de l'énergie cinétique est justifiée.

Piège : arrondir νs\nu_{s} à 1,0×10151{,}0\times 10^{15} Hz AVANT la soustraction. On obtiendrait ν−νs=2,0×1014\nu-\nu_{s}=2{,}0\times 10^{14} Hz et v=5,4×105 m⋅s−1v=5{,}4\times 10^{5}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, 11 % trop grand : dans la différence de deux nombres proches, on garde tous les chiffres et on n'arrondit qu'à la fin.

Q7. D'après l'expression de la question Q5, la vitesse ne dépend, pour un métal donné, que de la fréquence ν\nu de la radiation (ou, de façon équivalente, de sa longueur d'onde λ=c/ν\lambda=c/\nu). Pour augmenter la vitesse des électrons, il faut augmenter la fréquence, c'est-à-dire diminuer la longueur d'onde, en allant plus loin dans l'ultraviolet. L'intensité de la radiation, l'autre paramètre réglable de l'expérience, ne modifie que le nombre de photons, donc le nombre d'électrons émis par seconde et l'intensité du courant, pas leur vitesse.

Q8. Le rendement est le rapport de la puissance électrique fournie à la puissance lumineuse reçue : η=PPlum\eta=\dfrac{P}{P_{lum}}. Les conditions optimales correspondent au maximum de la courbe de puissance pour 800 W⋅m−2800\ \mathrm{W\cdot m^{-2}} : on lit sur la figure 2 Pmax≈1,4×102P_{max}\approx 1{,}4\times 10^{2} W (environ 139 W), atteint vers U=22U=22 V. Contrôle sur la courbe d'intensité : à 22 V, I≈6,4I\approx 6{,}4 A et U×I≈1,4×102U\times I\approx 1{,}4\times 10^{2} W.

Surface d'un panneau, en mètres : S=1,346×1,112=1,50 m2S=1{,}346\times 1{,}112=1{,}50\ \mathrm{m^{2}}. Puissance lumineuse reçue : Plum=E×S=800×1,50=1,20×103P_{lum}=E\times S=800\times 1{,}50=1{,}20\times 10^{3} W. Rendement : η=1391,20×103=0,12\eta=\dfrac{139}{1{,}20\times 10^{3}}=0{,}12, soit environ 12 %.

Erreurs fréquentes : multiplier l'intensité de court-circuit (environ 6,7 A) par la tension à vide (environ 29,5 V), deux valeurs jamais atteintes en même temps, ce qui donne près de 200 W et un rendement de 17 % ; ou oublier de convertir les millimètres en mètres.

Q9. Démarche : comparer l'énergie électrique à produire en un an à l'énergie électrique qu'un panneau fournit en un an.

Énergie à produire : la moitié de la consommation, 7 5002=3 750 kW⋅h\dfrac{7\,500}{2}=3\,750\ \mathrm{kW\cdot h} par an.

Énergie lumineuse reçue par un panneau en un an : 4,1×365=1,50×103 kW⋅h⋅m−24{,}1\times 365=1{,}50\times 10^{3}\ \mathrm{kW\cdot h\cdot m^{-2}}, multipliée par la surface S=1,50 m2S=1{,}50\ \mathrm{m^{2}} : 2,24×103 kW⋅h2{,}24\times 10^{3}\ \mathrm{kW\cdot h}. Avec un rendement moyen annuel de 10 %, un panneau fournit 0,10×2,24×103=224 kW⋅h0{,}10\times 2{,}24\times 10^{3}=224\ \mathrm{kW\cdot h} d'énergie électrique par an.

Nombre de panneaux : N=3 750224=16,7N=\dfrac{3\,750}{224}=16{,}7. On arrondit à l'entier SUPÉRIEUR, puisque 16 panneaux ne fourniraient que 16×224=3 584 kW⋅h16\times 224=3\,584\ \mathrm{kW\cdot h}, moins que l'objectif : il faut installer 17 panneaux.

Commentaire : 17 panneaux occupent 17×1,50≈25 m217\times 1{,}50\approx 25\ \mathrm{m^{2}}, une surface compatible avec le pan de toiture d'une maison individuelle, mais qui n'est pas négligeable. Le rendement annuel retenu, 10 %, est plus faible que les 12 % des conditions optimales (question Q8) : orientation, échauffement des cellules, éclairements faibles et pertes de conversion font baisser la moyenne. Enfin, couvrir la moitié de la consommation sur l'année ne veut pas dire la moitié à chaque instant : la production est nulle la nuit et plus faible en hiver, et le réseau électrique reste indispensable.

Exercice 3 : La Wemba-mania

5 points Mouvement dans un champ uniformeRésolution de problème et exploitation de documents

Victor Wembanyama, célèbre joueur français de basket, évoluait au Metropolitans 92 lors du championnat 2022-2023 lorsqu'il a effectué ce lancer franc au cours d'un match contre Monaco (voir figure 1).

Au basket, les joueurs doivent marquer un panier en se tenant derrière la ligne de lancer franc située à 4,2 m du centre du panier.

On étudie dans cet exercice cette phase de jeu. L'analyse sera menée dans le référentiel terrestre supposé galiléen. On s'intéresse à la trajectoire du centre d'inertie G du ballon. On considère que le ballon, de masse mm, est uniquement soumis à son poids.

Photographie du lancer franc avec les positions successives du centre du ballon, marquées par des cercles barrés : elles partent du point G0, au-dessus de la main du joueur, montent en arc jusqu'au sommet puis redescendent vers le panier, à droite. Le repère a son origine O au sol sous le joueur, l'axe Ox horizontal vers le panier et l'axe Oy vertical vers le haut, passant par G0.
Figure 1. Chronophotographie du lancer franc
  • Données :
    • intensité de la pesanteur : g=9,81 m⋅s−2g=9{,}81\ \mathrm{m\cdot s^{-2}} ;
    • diamètre du ballon : d=25d=25 cm ;
    • diamètre du panier : D=0,45D=0{,}45 m ;
    • distance au sol du cerceau métallique du panier : h=3,05h=3{,}05 m.
  • La trajectoire du centre du ballon est étudiée dans le plan vertical perpendiculaire au sol passant par la main du basketteur au moment où il lâche le ballon et par le centre du panier. On utilise le repère (xOy)(xOy) indiqué sur la figure 1.
  • Le ballon quitte la main du joueur à la date t=0t=0 s, au point G0\mathrm{G_{0}} de coordonnées x0=0x_{0}=0 m et y0=h=3,05y_{0}=h=3{,}05 m.
  • À partir de la vidéo du lancer franc, le pointage des positions du centre d'inertie G du ballon permet d'obtenir la chronophotographie de la figure 1. Les données sont traitées par un logiciel pour obtenir les courbes des figures 2 et 3.
  • Points de mesure de x (en m) en fonction de t (en s), de 0 à 0,96 s, alignés sur une droite passant par l'origine ; x vaut environ 3,8 m à 0,96 s. Encadré : modélisation de x = f(t), x = 4,0 × t.
    Figure 2. Évolution de la coordonnée xx du ballon en fonction du temps tt
  • Points de mesure de vy (en m/s) en fonction de t (en s), de 0 à 0,96 s, alignés sur une droite décroissante : vy vaut 5,0 m/s à t = 0, s'annule vers 0,52 s et vaut environ -4,6 m/s à 0,96 s. Encadré : modélisation de Vy = f(t), Vy = -9,7 × t + 5,0.
    Figure 3. Évolution de la coordonnée vyv_{y} de la vitesse du ballon en fonction du temps tt
  • Q1. Donner, en justifiant, la nature du mouvement du ballon selon l'axe Ox.
  • Q2. Déterminer, à l'aide de la figure 2, la valeur de la coordonnée vxv_{x} du vecteur vitesse v⃗\vec{v}.
  • Q3. Déterminer, à l'aide de la figure 3, la valeur de la coordonnée vy0v_{y0} du vecteur vitesse initiale v⃗0\vec{v}_{0}.
  • Q4. En déduire la valeur de la vitesse initiale v0v_{0} et de l'angle α\alpha que fait le vecteur vitesse initiale avec l'horizontale, défini sur la figure 1.
  • Q5. Exprimer les coordonnées ax(t)a_{x}(t) et ay(t)a_{y}(t) du vecteur accélération a⃗\vec{a} du point G du ballon en utilisant la loi de Newton.
  • Q6. Montrer que les équations temporelles des coordonnées de la position du ballon s'expriment selon :
    x(t)=4,0×tx(t)=4{,}0\times t
    y(t)=−4,9×t2+5,0×t+3,05y(t)=-4{,}9\times t^{2}+5{,}0\times t+3{,}05
  • Q7. Montrer que la trajectoire du ballon peut être modélisée par : y=−0,31x2+1,3x+3,05y=-0{,}31x^{2}+1{,}3x+3{,}05
  • Q8. Déterminer si le lancer franc est réussi sans toucher le cercle métallique du panier. La réponse doit s'appuyer sur des calculs.
  • Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et doit être correctement présentée.

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Q1
Q2
Q3
Q4
Q5
Q8
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Réponses

  • Q1 x=4,0 tx=4{,}0\,t linéaire : vxv_{x} constante, mouvement uniforme selon Ox
  • Q2 vx=4,0 m⋅s−1v_{x}=4{,}0\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} (coefficient directeur)
  • Q3 vy0=5,0 m⋅s−1v_{y0}=5{,}0\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} (ordonnée à l'origine)
  • Q4 v0=41=6,4 m⋅s−1v_{0}=\sqrt{41}=6{,}4\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} ; tan⁡α=1,25\tan\alpha=1{,}25, α=51°\alpha=51°
  • Q5 a⃗=g⃗\vec{a}=\vec{g} : ax=0a_{x}=0, ay=−g=−9,81 m⋅s−2a_{y}=-g=-9{,}81\ \mathrm{m\cdot s^{-2}}
  • Q6 Deux primitives avec v⃗0\vec{v}_{0} et G0\mathrm{G_{0}} : x=4,0 tx=4{,}0\,t, y=−4,9 t2+5,0 t+3,05y=-4{,}9\,t^{2}+5{,}0\,t+3{,}05
  • Q7 t=x/4,0t=x/4{,}0 : y=−4,916x2+1,25x+3,05≈−0,31x2+1,3x+3,05y=-\dfrac{4{,}9}{16}x^{2}+1{,}25x+3{,}05\approx -0{,}31x^{2}+1{,}3x+3{,}05
  • Q8 Retour à y=hy=h en xP=4,19x_{P}=4{,}19 m, à 1 cm du centre, marge D−d2=0,10\dfrac{D-d}{2}=0{,}10 m : réussi sans toucher

Q1. La figure 2 montre que xx est une fonction linéaire du temps, modélisée par x=4,0×tx=4{,}0\times t : les points sont alignés sur une droite passant par l'origine. La coordonnée vx=dxdtv_{x}=\dfrac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t} est donc constante. Selon l'axe Ox, le mouvement du ballon est uniforme : il parcourt des distances horizontales égales pendant des durées égales.

C'est cohérent avec la modélisation physique : le poids, seule force, est vertical, donc aucune force n'agit selon Ox (la question Q5 le confirme, ax=0a_{x}=0).

Q2. La coordonnée vxv_{x} est le coefficient directeur de la droite x=f(t)x=f(t) : vx=4,0 m⋅s−1v_{x}=4{,}0\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}. Vérification sur un point : à t=0,96t=0{,}96 s, x≈3,8x\approx 3{,}8 m, et 3,80,96=4,0 m⋅s−1\dfrac{3{,}8}{0{,}96}=4{,}0\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}.

Q3. La coordonnée vy0v_{y0} est la valeur de vyv_{y} à t=0t=0, c'est-à-dire l'ordonnée à l'origine de la droite modélisée vy=−9,7×t+5,0v_{y}=-9{,}7\times t+5{,}0 : vy0=5,0 m⋅s−1v_{y0}=5{,}0\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}. Elle est positive : au départ, le ballon monte.

Q4. Le vecteur vitesse initiale a pour coordonnées vx0=4,0 m⋅s−1v_{x0}=4{,}0\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} (la coordonnée horizontale est constante) et vy0=5,0 m⋅s−1v_{y0}=5{,}0\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}. Sa norme : v0=vx02+vy02=4,02+5,02=41=6,4 m⋅s−1v_{0}=\sqrt{v_{x0}^{2}+v_{y0}^{2}}=\sqrt{4{,}0^{2}+5{,}0^{2}}=\sqrt{41}=6{,}4\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}.

L'angle avec l'horizontale vérifie tan⁡α=vy0vx0=5,04,0=1,25\tan\alpha=\dfrac{v_{y0}}{v_{x0}}=\dfrac{5{,}0}{4{,}0}=1{,}25, donc α=arctan⁡(1,25)=51°\alpha=\arctan(1{,}25)=51°. Vérification : cos⁡α=4,06,4=0,625\cos\alpha=\dfrac{4{,}0}{6{,}4}=0{,}625 redonne bien 51°51°. Remarque : l'angle α\alpha, annoncé comme « défini sur la figure 1 », n'apparaît pas sur la figure fournie ; on prend la définition que donne la question, l'angle entre v⃗0\vec{v}_{0} et l'horizontale. Erreur fréquente : calculatrice en radians, qui affiche 0,900{,}90.

Q5. Système : le ballon, de masse mm constante, étudié par son centre d'inertie G. Référentiel terrestre supposé galiléen. Seule force : le poids P⃗=m g⃗\vec{P}=m\,\vec{g}. Deuxième loi de Newton : ∑F⃗=m a⃗\sum\vec{F}=m\,\vec{a}, donc m a⃗=m g⃗m\,\vec{a}=m\,\vec{g} et a⃗=g⃗\vec{a}=\vec{g}.

Dans le repère de la figure 1, l'axe Ox est horizontal et l'axe Oy vertical vers le haut, et g⃗\vec{g} est vertical vers le bas : ax(t)=0a_{x}(t)=0 et ay(t)=−g=−9,81 m⋅s−2a_{y}(t)=-g=-9{,}81\ \mathrm{m\cdot s^{-2}}. Vérification sur les mesures : la pente de la droite vy=f(t)v_{y}=f(t) de la figure 3 vaut −9,7 m⋅s−2-9{,}7\ \mathrm{m\cdot s^{-2}}, à 11 % de −g-g ; le modèle « soumis à son seul poids » est validé, les frottements de l'air sont négligeables.

Q6. Le vecteur accélération est la dérivée du vecteur vitesse : on cherche les primitives de axa_{x} et aya_{y}, les constantes étant fixées par les conditions initiales vx0=4,0 m⋅s−1v_{x0}=4{,}0\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} et vy0=5,0 m⋅s−1v_{y0}=5{,}0\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} (questions Q2 et Q3). vx(t)=4,0v_{x}(t)=4{,}0 et vy(t)=−g t+5,0v_{y}(t)=-g\,t+5{,}0.

Le vecteur vitesse est la dérivée du vecteur position OG→\overrightarrow{OG} : nouvelles primitives, avec x0=0x_{0}=0 m et y0=3,05y_{0}=3{,}05 m. x(t)=4,0×tx(t)=4{,}0\times t et y(t)=−12g t2+5,0×t+3,05y(t)=-\dfrac{1}{2}g\,t^{2}+5{,}0\times t+3{,}05. Comme g2=9,812=4,9 m⋅s−2\dfrac{g}{2}=\dfrac{9{,}81}{2}=4{,}9\ \mathrm{m\cdot s^{-2}} (4,905 arrondi), on obtient y(t)=−4,9×t2+5,0×t+3,05y(t)=-4{,}9\times t^{2}+5{,}0\times t+3{,}05, les équations annoncées.

Vérification : en dérivant y(t)y(t), on retrouve vy(t)=−9,8 t+5,0v_{y}(t)=-9{,}8\,t+5{,}0, et à t=0t=0 on retrouve bien G0(0 ;3,05)\mathrm{G_{0}}(0\,;3{,}05). Erreur fréquente : oublier une constante d'intégration, en particulier y0=3,05y_{0}=3{,}05 m, ce qui fait partir le ballon du sol.

Q7. On élimine le temps entre les deux équations horaires. De x=4,0 tx=4{,}0\,t on tire t=x4,0t=\dfrac{x}{4{,}0}, que l'on reporte dans y(t)y(t) : y=−4,9(x4,0)2+5,0×x4,0+3,05=−4,916 x2+1,25 x+3,05y=-4{,}9\left(\dfrac{x}{4{,}0}\right)^{2}+5{,}0\times\dfrac{x}{4{,}0}+3{,}05=-\dfrac{4{,}9}{16}\,x^{2}+1{,}25\,x+3{,}05.

Avec 4,916=0,306\dfrac{4{,}9}{16}=0{,}306, arrondi à deux chiffres significatifs 0,310{,}31, et 1,251{,}25 arrondi à 1,31{,}3 : y=−0,31x2+1,3x+3,05y=-0{,}31x^{2}+1{,}3x+3{,}05, la trajectoire est un arc de parabole. Forme générale à connaître : y=−g2 v02cos⁡2α x2+xtan⁡α+y0y=-\dfrac{g}{2\,v_{0}^{2}\cos^{2}\alpha}\,x^{2}+x\tan\alpha+y_{0}, avec tan⁡α=1,25\tan\alpha=1{,}25 ici.

Q8. Démarche : chercher où le centre du ballon repasse à la hauteur du cercle en redescendant, puis vérifier que le ballon tout entier passe à l'intérieur du cercle à cet endroit.

1) Le cercle est à la hauteur h=3,05h=3{,}05 m, la même que le point de lâcher. Avec le modèle de la question Q7 : −0,31x2+1,3x+3,05=3,05-0{,}31x^{2}+1{,}3x+3{,}05=3{,}05, soit x (−0,31x+1,3)=0x\,(-0{,}31x+1{,}3)=0. La solution x=0x=0 est le point de départ ; l'autre est xP=1,30,31=4,19x_{P}=\dfrac{1{,}3}{0{,}31}=4{,}19 m.

2) Le centre du panier est à 4,24{,}2 m du joueur (on admet que la main, au lâcher, est à l'aplomb de la ligne de lancer franc). Le centre du ballon traverse donc le plan du cercle à ∣4,2−4,19∣≈0,01|4{,}2-4{,}19|\approx 0{,}01 m du centre du panier.

3) Pour passer sans toucher, le ballon de rayon d2=0,125\dfrac{d}{2}=0{,}125 m doit tenir dans le cercle de rayon D2=0,225\dfrac{D}{2}=0{,}225 m : son centre doit passer à moins de D−d2=0,45−0,252=0,10\dfrac{D-d}{2}=\dfrac{0{,}45-0{,}25}{2}=0{,}10 m du centre du panier. Ici l'écart, environ 0,010{,}01 m, est très inférieur à 0,100{,}10 m : le ballon occupe l'intervalle de 4,074{,}07 m à 4,324{,}32 m, à l'intérieur du cercle qui s'étend de 3,983{,}98 m à 4,434{,}43 m. Le lancer franc est réussi sans toucher le cercle métallique.

Pour aller plus loin : le ballon arrive en biais. La pente de la trajectoire en xPx_{P} vaut −0,62×4,19+1,3=−1,30-0{,}62\times 4{,}19+1{,}3=-1{,}30, soit un angle de descente β=52°\beta=52° sous l'horizontale. Vu dans la direction du mouvement, le cercle offre une ouverture Dsin⁡β=0,45×sin⁡52°=0,35D\sin\beta=0{,}45\times\sin 52°=0{,}35 m, encore supérieure au diamètre du ballon, 0,250{,}25 m : la conclusion tient.

Attention à la précision : si l'on part des équations horaires de la question Q6, y=3,05y=3{,}05 m pour t=5,04,9=1,02t=\dfrac{5{,}0}{4{,}9}=1{,}02 s, d'où x=4,0×1,02=4,08x=4{,}0\times 1{,}02=4{,}08 m, soit 0,120{,}12 m avant le centre du panier, à la limite des 0,100{,}10 m de marge. L'écart avec 4,194{,}19 m vient de l'arrondi de 1,251{,}25 en 1,31{,}3 dans le modèle de la question Q7 : des données à deux chiffres significatifs ne permettent pas de trancher au centimètre. Le corrigé retient le modèle de la question Q7, que l'énoncé fournit pour cette question ; une démarche par le temps, correctement menée et qui conclut en discutant cette limite, est tout aussi recevable puisque c'est la démarche qui est évaluée.

0,511,522,533,544,550,511,522,533,544,55G0cerclex = 4,2 mx (m)y (m)
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