Exercice 1 : Jeu d'évasion
11 points Mouvement dans un champ uniformeLe dipôle RC : charge, décharge et constante de tempsOndes, Doppler et interférencesRésolution de problème et exploitation de documents
Le jeu d'évasion, plus connu sous le nom Escape Game est un type de jeu de rôle grandeur nature scénarisé. Les joueurs évoluent généralement dans un lieu clos et thématisé en résolvant des énigmes dans un temps imparti pour accomplir la mission.
Le but de cet exercice est d'analyser trois situations pouvant être rencontrées dans un jeu d'évasion.
- Partie 1 : Cible à atteindre
- Une mission récurrente consiste à déverrouiller la porte de sortie d'une salle. Dans cette partie, l'ouverture de la porte se réalise lorsqu'un projectile lancé par la réplique miniature d'un canon pénètre une serrure et en débloque le mécanisme. Pour cela, les joueurs doivent régler la hauteur d'une table sur laquelle est posé le canon (figure 1). Cette hauteur peut varier entre 40 et 80 cm.
Figure 1 : Dessin d'ensemble (échelle non respectée) - On étudie le mouvement du centre de masse M du projectile de masse dans le référentiel de la pièce supposé galiléen. On considère que lorsque le boulet est sorti du canon, il n'est soumis qu'à son poids (figure 2).
Figure 2 : Schéma détaillé de la situation - Données :
- Intensité de la pesanteur :
- Masse du projectile : g
- Angle d'inclinaison fixe du canon par rapport à l'horizontale :
- Valeur de la vitesse initiale du projectile :
- Distance entre la table et la serrure : m
- Hauteur entre la sortie du canon et le dessus de la table : cm
- Hauteur entre le sol et l'entrée de la serrure : m
- Hauteur de la table :
- Hauteur entre la sortie du canon et le sol : - Q1. Exprimer les coordonnées du vecteur accélération du centre de masse M du projectile en appliquant la deuxième loi de Newton.
- Q2. Montrer que les équations horaires de son mouvement sont :
- Q3. En déduire que l'équation de la trajectoire du centre de masse M peut s'écrire :
- La serrure se débloque si le centre de masse M du projectile passe par le centre C de l'entrée de la serrure.
- Q4. Déterminer et calculer la valeur de la hauteur de la table à régler pour débloquer la serrure.
- Pour répondre à cette question, le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.
- Partie 2 : Résistance à régler
- Pour obtenir un indice nécessaire à la poursuite du jeu, les joueurs doivent ouvrir un coffre-fort. Ce dernier ne s'ouvre que si l'aiguille d'une horloge initialement mise à 0 s'arrête sur la graduation 14 s du cadran.
- La durée de rotation de l'aiguille est commandée par un circuit électrique dont le schéma est donné sur la figure 3 ci-après. L'objectif pour les participants est de déterminer la valeur du conducteur ohmique pour que l'aiguille se déplace pendant exactement 14 s. Ils choisissent grâce à une résistance variable. Tout échec réinitialise l'horloge à la position 0.
Figure 3 : Schéma du circuit électrique - Le condensateur est initialement chargé : sa tension vaut V. À s, on bascule l'interrupteur K de la position 1 à la position 2 : le condensateur de capacité se décharge au travers d'un conducteur ohmique de résistance de valeur ajustable.
- La rotation de l'aiguille débute lorsque V et s'arrête lorsque V.
- Q5. Montrer que l'équation différentielle modélisant l'évolution de la tension aux bornes du condensateur lors de sa décharge s'écrit : où est une constante de temps dont on donnera l'expression en fonction de et de .
- Q6. Vérifier que cette équation différentielle admet une solution de la forme : où est une constante dont on donnera l'expression en fonction des paramètres du circuit électrique.
- La figure 4 représente des courbes de décharge obtenues expérimentalement pour différentes valeurs de .
Figure 4 : Courbes de décharge du condensateur de capacité C = 47 µF
Annexe à rendre avec la copie. Exercice 1 : courbes de décharge - Q7. Déterminer laquelle des trois courbes de décharge (annotées , , ) correspond à la durée correcte de commande de rotation de l'aiguille pour ouvrir le coffre. La démarche sera présentée sur la figure de l'ANNEXE p. 11 À RENDRE AVEC LA COPIE.
- Q8. Déduire de la courbe choisie la valeur correspondante de la constante de temps de décharge . La démarche sera présentée sur la figure de l'ANNEXE p. 11 À RENDRE AVEC LA COPIE.
- Q9. Calculer la valeur de la résistance du conducteur ohmique que les joueurs doivent choisir pour ouvrir le coffre.
- Partie 3 : Cellules à éclairer
- Cinq cellules photosensibles se trouvent dans le fond d'une boîte noire dans laquelle un laser rouge se propage. Le rayon lumineux y pénètre en traversant deux petites fentes d'écartement réglable une fois que l'obturateur coulissant est retiré (figure 5). Une alternance de zones sombres et lumineuses apparaît sur le fond de la boîte (figure 6). Une clé sera délivrée lorsque le centre de chaque cellule photosensible recevra la lumière du laser.
Figure 5 : Schéma du dispositif
Figure 6 : Schéma du fond de la boîte - Sur les figures 5 et 6, l'échelle n'est pas respectée.
- Données :
- Valeur de la longueur d'onde du laser : nm
- Distance entre les fentes et les cellules photosensibles : cm
- Distance entre le centre de la première cellule et celui de la cinquième : cm
- Expression de l'interfrange - Q10. Nommer le phénomène physique responsable de l'existence de l'alternance des zones sombres et lumineuses sur le fond de la boîte.
- Q11. Définir une interfrange .
- Q12. Déterminer la valeur de l'écartement des fentes à régler pour délivrer la clé.
- Pour répondre à cette question, le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.
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Réponses
- Q1 ;
- Q2 Deux intégrations, avec et
- Q3 reporté dans
- Q4 m, donc m cm
- Q5 , donc
- Q6 Solution pour tout ; V
- Q7 Courbe : de V à V en s
- Q8 V : s
- Q9
- Q10 Les interférences lumineuses
- Q11 Distance entre les centres de deux franges brillantes (ou sombres) consécutives
- Q12 , cm,
Q1. Système : le projectile, réduit à son centre de masse M. Référentiel : la pièce, supposé galiléen. Une fois sorti du canon, le projectile n'est soumis qu'à son poids . Deuxième loi de Newton : , donc et .
Dans le repère de la figure 2, l'axe vertical vers le haut et vertical vers le bas : et . La masse s'est simplifiée : les g de l'énoncé ne servent à rien dans tout l'exercice, le mouvement d'un corps en chute libre ne dépend pas de sa masse. Erreur fréquente : écrire en oubliant que l'axe est orienté vers le haut.
Q2. Le vecteur accélération est la dérivée du vecteur vitesse : on cherche des primitives. et . À , la vitesse est , inclinée de au-dessus de l'horizontale : et , donc et .
Le vecteur vitesse est la dérivée du vecteur position : et . À , M sort du canon, sur l'axe à la hauteur au-dessus du sol (figure 2) : et , donc et . On retrouve les équations horaires annoncées. Le piège est dans la condition initiale : l'origine O est au SOL, pas sur le plateau de la table, d'où la constante et non .
Lecture physique de ces équations : selon l'horizontale, l'accélération est nulle et la vitesse reste égale à , le mouvement est rectiligne uniforme ; selon la verticale, l'accélération vaut , le mouvement est uniformément varié, d'abord ralenti à la montée puis accéléré à la descente. C'est cette décomposition qui donne la trajectoire parabolique de Q3.
Q3. On élimine le temps. Comme , la première équation donne . On remplace dans : . Et , d'où : une parabole tournée vers le bas, ce qu'on attend d'un tir dans le champ de pesanteur uniforme.
Q4. Démarche : la serrure se débloque si la trajectoire passe par le point C. Dans le repère de la figure 2, C a pour coordonnées et . On écrit donc avec l'équation de Q3, et l'inconnue est la constante , dont on déduit .
, donc .
Application numérique, calculatrice en mode degrés : , donc et m. Puis m. D'où m.
Enfin m, soit environ cm. Cette valeur est bien dans la plage de réglage de la table, entre 40 et 80 cm : la mission est réalisable.
Vérification : le projectile met s pour atteindre la porte, et à cet instant m, la hauteur de la serrure. Sa vitesse verticale vaut alors : le projectile redescend, le sommet de la parabole ayant été atteint vers m.
Deux pièges. Le résultat est la différence de deux longueurs voisines, m et m : il faut garder les valeurs non arrondies jusqu'au bout, car arrondir à déplace déjà de près d'un centimètre. Et la calculatrice doit être en degrés : en radians, et n'ont rien à voir avec l'angle du canon. Enfin, on ne s'arrête pas à : la question demande la hauteur de la TABLE, on retire m.
Q5. Interrupteur en position 2 : le générateur est hors circuit, la maille ne contient que le condensateur et le conducteur ohmique. Avec les flèches de la figure 3, fléchée vers l'armature du haut et fléchée vers le bas de la résistance, la loi des mailles donne : les hauts du condensateur et de la résistance sont reliés, leurs bas aussi en position 2.
Le courant , fléché vers l'armature du haut, entre dans la résistance par le bas : et sont en convention récepteur et la loi d'Ohm s'écrit . Pour le condensateur, aussi en convention récepteur, et . En remplaçant : , soit, en divisant par : avec .
Vérification d'unité : s'exprime en , c'est bien un temps. Pendant la décharge, donc : le courant circule en réalité dans le sens opposé à la flèche, ce qui est normal pour un condensateur qui se vide.
Q6. On dérive la forme proposée : . Dans l'équation : pour tout : la forme est solution quelle que soit la constante .
C'est la condition initiale qui fixe . La tension aux bornes d'un condensateur est continue : juste après la bascule, . Or , donc V et .
Remarque d'homogénéité : l'exponentielle est sans dimension, donc a la dimension de , une tension ; c'est cohérent avec . La solution confirme la lecture de la figure 4 : toutes les courbes partent de V, quelle que soit la résistance, et seule la vitesse de la décroissance dépend de .
Q7. L'aiguille tourne entre la date où V et la date où V. La courbe correcte est celle pour laquelle s. Sur l'annexe, on trace les deux droites horizontales V et V, on repère leurs intersections avec chaque courbe et on lit les dates correspondantes sur l'axe des temps.
Lectures : pour , s et s, soit une rotation de s environ ; pour , s et s, soit s environ ; pour , s et s, soit plus de s. C'est la courbe qui commande une rotation de 14 s.
Le calcul le confirme : avec la solution de Q6, et , donc , indépendant de . Il faut s, une décharge intermédiaire, ni la plus rapide ni la plus lente. Erreur fréquente : mesurer la durée depuis , alors que l'aiguille ne démarre qu'à V.
Q8. Méthode des 37 % : à , V. Sur l'annexe, on trace la droite V ; elle coupe la courbe à s, donc s. On peut aussi tracer la tangente à l'origine de la courbe : elle coupe l'axe des temps en , mais le tracé d'une tangente sur un scan est moins précis que la lecture à 37 %.
Cohérence : s, la durée de rotation voulue, et la valeur calculée à Q7, s, est dans la précision de la lecture. Erreur fréquente : lire à la moitié de ( V), ce qui donne s, le temps de demi-décharge.
Q9. D'après Q5, , donc , soit environ . Avec la valeur calculée s, on trouve : à deux chiffres significatifs, comme , les joueurs doivent régler la résistance variable sur . Erreur fréquente : oublier la conversion F, qui fait trouver .
Ordre de grandeur des deux autres réglages, avec les constantes de temps lues sur les courbes : et . Plus la résistance est grande, plus le courant de décharge est faible et plus la décharge est lente : est proportionnelle à , ce qui range bien les courbes dans l'ordre .
Q10. Le phénomène est celui des interférences lumineuses. Chaque fente diffracte la lumière du laser ; les deux faisceaux diffractés, issus de la même source donc cohérents, se superposent sur le fond de la boîte. Là où les deux ondes arrivent en phase, les interférences sont constructives (zone lumineuse) ; là où elles arrivent en opposition de phase, elles sont destructives (zone sombre). Piège : répondre « diffraction ». La diffraction par chaque fente est nécessaire pour que les faisceaux se recouvrent, mais l'alternance régulière de franges vient de la superposition des DEUX ondes.
Q11. L'interfrange est la distance entre les centres de deux franges brillantes consécutives, ou, ce qui revient au même, entre les centres de deux franges sombres consécutives.
En pratique, on ne mesure jamais une seule interfrange : on mesure la distance entre les centres de franges brillantes éloignées et on divise par le nombre d'interfranges qui les séparent, ce qui réduit l'incertitude relative. C'est exactement la relation que la question suivante exploite avec .
Q12. Démarche : la clé est délivrée si le centre de chaque cellule est sur une frange brillante. La figure 6 montre cinq cellules sur cinq franges brillantes CONSÉCUTIVES, séparées chacune par une seule frange sombre : la distance entre deux cellules voisines vaut une interfrange. Entre la première et la cinquième cellule, il y a quatre intervalles, donc .
D'où cm m. L'expression donnée se retourne en m, soit (deux chiffres significatifs, comme et ).
Cohérence : la frange centrale est brillante, sur l'axe de symétrie des deux fentes où la différence de marche est nulle, et la figure 5 y place la cellule du milieu. Un écartement de quelques dizaines de micromètres est l'ordre de grandeur habituel des fentes d'Young. Un écartement de ou placerait encore les cellules sur des franges brillantes, une sur deux ou une sur trois, mais la figure 6 exclut ce cas : une seule zone sombre sépare deux cellules.
Erreur fréquente : écrire parce qu'il y a cinq cellules. On trouverait , et les cellules extrêmes tomberaient à côté des franges brillantes. Autre piège : laisser en nanomètres et en centimètres dans la formule ; tout se convertit en mètres.
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