Spécialité physique-chimie, Terminale • Annales du bac 2026 corrigées à Montréal

Bac 2026 de spécialité physique-chimie, Asie jour 2 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité physique-chimie, session 2026 : Asie, jour 2

Épreuve du mercredi 10 juin 2026 • durée 3 h 30 • calculatrice en mode examen autorisée • 3 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet officiel (Labolycée).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 3 h 30, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2026 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité physique-chimie du baccalauréat 2026, centre Asie, jour 2 : trois heures trente, calculatrice en mode examen autorisée, comme la calculatrice « type collège ». Trois exercices pour 20 points, 11 points sur un jeu d'évasion, 4 points sur la datation d'une roche lunaire et 5 points sur la phytoremédiation d'un sol de vigne, avec une annexe à rendre avec la copie. L'énoncé et ses documents sont reproduits tels quels, et chaque question qui a un résultat vérifiable porte un champ autocorrigé.

L'exercice 1 enchaîne trois énigmes : la deuxième loi de Newton, les équations horaires et l'équation de la trajectoire d'un projectile dans le champ de pesanteur uniforme, pour régler la hauteur d'une table ; l'équation différentielle de la décharge d'un circuit RC, la constante de temps τ=RC\tau=RC et sa lecture sur des courbes de décharge ; les interférences lumineuses par deux fentes et l'interfrange i=λD/bi=\lambda D/b. L'exercice 2 porte sur la radioactivité β−\beta^{-} : isotopes, lois de conservation, temps de demi-vie et constante radioactive λ=ln⁡2/t1/2\lambda=\ln 2/t_{1/2}, puis une datation rubidium-strontium par une droite isochrone. L'exercice 3 est un titrage indirect d'oxydoréduction, diiode et ions thiosulfate : équivalence, oxydant et réducteur, tableau d'avancement, masse de cuivre dans un sol et nombre de cycles de culture.

Le corrigé nomme la loi à chaque question, pose le calcul avec ses unités et ses chiffres significatifs, et vérifie le résultat quand c'est possible. Trois questions ouvertes y sont rédigées en entier, avec leurs pièges : la hauteur de table, différence de deux longueurs voisines qu'il ne faut pas arrondir trop tôt (exercice 1, Q4) ; les cinq cellules qui ne font que quatre interfranges (exercice 1, Q12) ; le nombre de cycles, entier pris par excès et non au plus proche (exercice 3, Q7). Il traite aussi la durée de rotation τln⁡4\tau\ln 4, mesurée de 4,0 V à 1,0 V et non depuis l'origine (exercice 1, Q7), et le « −1-1 » de la pente eλt−1e^{\lambda t}-1 de la datation (exercice 2, Q6).

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale

Exercice 1 : Jeu d'évasion

11 points Mouvement dans un champ uniformeLe dipôle RC : charge, décharge et constante de tempsOndes, Doppler et interférencesRésolution de problème et exploitation de documents

Le jeu d'évasion, plus connu sous le nom Escape Game est un type de jeu de rôle grandeur nature scénarisé. Les joueurs évoluent généralement dans un lieu clos et thématisé en résolvant des énigmes dans un temps imparti pour accomplir la mission.

Le but de cet exercice est d'analyser trois situations pouvant être rencontrées dans un jeu d'évasion.

  • Partie 1 : Cible à atteindre
  • Une mission récurrente consiste à déverrouiller la porte de sortie d'une salle. Dans cette partie, l'ouverture de la porte se réalise lorsqu'un projectile lancé par la réplique miniature d'un canon pénètre une serrure et en débloque le mécanisme. Pour cela, les joueurs doivent régler la hauteur HTH_{\mathrm{T}} d'une table sur laquelle est posé le canon (figure 1). Cette hauteur peut varier entre 40 et 80 cm.
  • Dessin d'ensemble : un canon miniature posé sur une table de hauteur HT réglable ; le projectile, en bout de canon, est à la hauteur HB au-dessus du plateau. À droite, la porte à ouvrir porte la serrure, dont l'entrée C est à la hauteur hC au-dessus du sol.
    Figure 1 : Dessin d'ensemble (échelle non respectée)
  • On étudie le mouvement du centre de masse M du projectile de masse mm dans le référentiel de la pièce supposé galiléen. On considère que lorsque le boulet est sorti du canon, il n'est soumis qu'à son poids (figure 2).
  • Schéma dans un repère (O, x, z) : O au sol au pied de la verticale du point de lancement, axe x horizontal vers la porte, axe z vertical vers le haut. Le centre de masse M part de l'axe z à la hauteur H = HT + HB, avec la vitesse v0 inclinée de l'angle alpha au-dessus de l'horizontale ; le champ de pesanteur g est vertical vers le bas. L'entrée de la serrure C est à l'abscisse D et à la hauteur hC.
    Figure 2 : Schéma détaillé de la situation
  • Données :
    - Intensité de la pesanteur : g=9,81 m⋅s−2g=9{,}81\ \mathrm{m\cdot s^{-2}}
    - Masse du projectile : m=100m=100 g
    - Angle d'inclinaison fixe du canon par rapport à l'horizontale : α=43,0∘\alpha=43{,}0^{\circ}
    - Valeur de la vitesse initiale du projectile : v0=5,60 m⋅s−1v_{0}=5{,}60\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}
    - Distance entre la table et la serrure : D=3,00D=3{,}00 m
    - Hauteur entre la sortie du canon et le dessus de la table : HB=30,0H_{\mathrm{B}}=30{,}0 cm
    - Hauteur entre le sol et l'entrée de la serrure : hC=1,00h_{\mathrm{C}}=1{,}00 m
    - Hauteur de la table : HTH_{\mathrm{T}}
    - Hauteur entre la sortie du canon et le sol : H=HT+HBH=H_{\mathrm{T}}+H_{\mathrm{B}}
  • Q1. Exprimer les coordonnées du vecteur accélération du centre de masse M du projectile en appliquant la deuxième loi de Newton.
  • Q2. Montrer que les équations horaires de son mouvement sont : OM→(t)(x(t)=v0⋅cos⁡(α)⋅tz(t)=−12⋅g⋅t2+v0⋅sin⁡(α)⋅t+H)\overrightarrow{OM}(t)\begin{pmatrix} x(t)=v_{0}\cdot\cos(\alpha)\cdot t\\ z(t)=-\dfrac{1}{2}\cdot g\cdot t^{2}+v_{0}\cdot\sin(\alpha)\cdot t+H\end{pmatrix}
  • Q3. En déduire que l'équation de la trajectoire du centre de masse M peut s'écrire : z(x)=−g2⋅v02⋅cos⁡2(α)⋅x2+tan⁡(α)⋅x+Hz(x)=-\dfrac{g}{2\cdot v_{0}^{2}\cdot\cos^{2}(\alpha)}\cdot x^{2}+\tan(\alpha)\cdot x+H
  • La serrure se débloque si le centre de masse M du projectile passe par le centre C de l'entrée de la serrure.
  • Q4. Déterminer et calculer la valeur de la hauteur HTH_{\mathrm{T}} de la table à régler pour débloquer la serrure.
  • Pour répondre à cette question, le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.
  • Partie 2 : Résistance à régler
  • Pour obtenir un indice nécessaire à la poursuite du jeu, les joueurs doivent ouvrir un coffre-fort. Ce dernier ne s'ouvre que si l'aiguille d'une horloge initialement mise à 0 s'arrête sur la graduation 14 s du cadran.
  • La durée de rotation de l'aiguille est commandée par un circuit électrique dont le schéma est donné sur la figure 3 ci-après. L'objectif pour les participants est de déterminer la valeur RR du conducteur ohmique pour que l'aiguille se déplace pendant exactement 14 s. Ils choisissent RR grâce à une résistance variable. Tout échec réinitialise l'horloge à la position 0.
  • Circuit : un générateur de tension U0 = 5,0 V, un condensateur C et une résistance variable R. L'interrupteur K relie le condensateur au générateur en position 1 et à la résistance R en position 2. Le courant i est fléché vers le bas, vers l'armature supérieure du condensateur ; la tension uC est fléchée vers le haut à côté du condensateur, la tension uR vers le bas à côté de la résistance.
    Figure 3 : Schéma du circuit électrique
  • Le condensateur est initialement chargé : sa tension vaut U0=5,0U_{0}=5{,}0 V. À t=0t=0 s, on bascule l'interrupteur K de la position 1 à la position 2 : le condensateur de capacité C=47 μFC=47\ \mathrm{\mu F} se décharge au travers d'un conducteur ohmique de résistance RR de valeur ajustable.
  • La rotation de l'aiguille débute lorsque uC=4,0u_{C}=4{,}0 V et s'arrête lorsque uC=1,0u_{C}=1{,}0 V.
  • Q5. Montrer que l'équation différentielle modélisant l'évolution de la tension uCu_{C} aux bornes du condensateur lors de sa décharge s'écrit : duCdt+1τuC=0\dfrac{\mathrm{d}u_{C}}{\mathrm{d}t}+\dfrac{1}{\tau}u_{C}=0 où τ\tau est une constante de temps dont on donnera l'expression en fonction de RR et de CC.
  • Q6. Vérifier que cette équation différentielle admet une solution de la forme : uC(t)=A⋅exp⁡(−tτ)u_{C}(t)=A\cdot\exp\left(-\dfrac{t}{\tau}\right) où AA est une constante dont on donnera l'expression en fonction des paramètres du circuit électrique.
  • La figure 4 représente des courbes de décharge obtenues expérimentalement pour différentes valeurs de RR.
  • Trois courbes de décharge uC (en V) en fonction de t (en s), de 0 à 40 s, partant toutes de 5 V : R2 en trait plein, la plus rapide, presque nulle vers 20 s ; R1 en tirets et points, intermédiaire, environ 1,8 V à 10 s ; R3 en pointillés, la plus lente, environ 1,5 V à 20 s et 0,6 V à 34 s.
    Figure 4 : Courbes de décharge du condensateur de capacité C = 47 µF
  • Annexe : les trois mêmes courbes de décharge R1, R2 et R3, uC de 0 à 6 V en fonction de t de 0 à 40 s, en plus grand. Sur le sujet, ce graphe est imprimé tourné d'un quart de tour ; il est présenté ici à l'endroit.
    Annexe à rendre avec la copie. Exercice 1 : courbes de décharge
  • Q7. Déterminer laquelle des trois courbes de décharge (annotées R1R_{1}, R2R_{2}, R3R_{3}) correspond à la durée correcte de commande de rotation de l'aiguille pour ouvrir le coffre. La démarche sera présentée sur la figure de l'ANNEXE p. 11 À RENDRE AVEC LA COPIE.
  • Q8. Déduire de la courbe choisie la valeur correspondante de la constante de temps de décharge τ\tau. La démarche sera présentée sur la figure de l'ANNEXE p. 11 À RENDRE AVEC LA COPIE.
  • Q9. Calculer la valeur de la résistance RR du conducteur ohmique que les joueurs doivent choisir pour ouvrir le coffre.
  • Partie 3 : Cellules à éclairer
  • Cinq cellules photosensibles se trouvent dans le fond d'une boîte noire dans laquelle un laser rouge se propage. Le rayon lumineux y pénètre en traversant deux petites fentes d'écartement bb réglable une fois que l'obturateur coulissant est retiré (figure 5). Une alternance de zones sombres et lumineuses apparaît sur le fond de la boîte (figure 6). Une clé sera délivrée lorsque le centre de chaque cellule photosensible recevra la lumière du laser.
  • Boîte noire vue de dessus : un laser rouge éclaire deux fentes F1 et F2 d'écartement b, derrière un obturateur coulissant. Au fond de la boîte, à la distance D des fentes, cinq cellules photosensibles alignées ; la distance entre la première et la cinquième est notée l.
    Figure 5 : Schéma du dispositif
  • Fond de la boîte : bandes alternativement claires et sombres ; chacune des cinq cellules est au centre d'une bande claire, et une seule bande sombre sépare deux cellules voisines. La distance l va du centre de la première cellule au centre de la cinquième.
    Figure 6 : Schéma du fond de la boîte
  • Sur les figures 5 et 6, l'échelle n'est pas respectée.
  • Données :
    - Valeur de la longueur d'onde du laser : λ=650\lambda=650 nm
    - Distance entre les fentes et les cellules photosensibles : D=30D=30 cm
    - Distance entre le centre de la première cellule et celui de la cinquième : ℓ=2,0\ell=2{,}0 cm
    - Expression de l'interfrange i=λ⋅Dbi=\dfrac{\lambda\cdot D}{b}
  • Q10. Nommer le phénomène physique responsable de l'existence de l'alternance des zones sombres et lumineuses sur le fond de la boîte.
  • Q11. Définir une interfrange ii.
  • Q12. Déterminer la valeur de l'écartement bb des fentes à régler pour délivrer la clé.
  • Pour répondre à cette question, le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.

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Q1
Q4
Q5
Q6
Q7
Q8
Q9
Q10
Q12
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Réponses

  • Q1 ax=0a_{x}=0 ; az=−ga_{z}=-g
  • Q2 Deux intégrations, avec v⃗(0)=(v0cos⁡α ;v0sin⁡α)\vec{v}(0)=(v_{0}\cos\alpha\,;v_{0}\sin\alpha) et M(0)=(0 ;H)M(0)=(0\,;H)
  • Q3 t=xv0cos⁡αt=\dfrac{x}{v_{0}\cos\alpha} reporté dans z(t)z(t)
  • Q4 H=hC+gD22v02cos⁡2α−Dtan⁡α=0,834H=h_{\mathrm{C}}+\dfrac{gD^{2}}{2v_{0}^{2}\cos^{2}\alpha}-D\tan\alpha=0{,}834 m, donc HT=0,534H_{\mathrm{T}}=0{,}534 m ≈53\approx 53 cm
  • Q5 uC+RC duCdt=0u_{C}+RC\,\dfrac{\mathrm{d}u_{C}}{\mathrm{d}t}=0, donc τ=RC\tau=RC
  • Q6 Solution pour tout AA ; A=U0=5,0A=U_{0}=5{,}0 V
  • Q7 Courbe R1R_{1} : de 4,04{,}0 V à 1,01{,}0 V en 16,5−2,3≈1416{,}5-2{,}3\approx 14 s
  • Q8 uC(τ)=0,37 U0=1,84u_{C}(\tau)=0{,}37\,U_{0}=1{,}84 V : τ≈10\tau\approx 10 s
  • Q9 R=τ/C≈2,1×105 ΩR=\tau/C\approx 2{,}1\times 10^{5}\ \Omega
  • Q10 Les interférences lumineuses
  • Q11 Distance entre les centres de deux franges brillantes (ou sombres) consécutives
  • Q12 ℓ=4i\ell=4i, i=0,50i=0{,}50 cm, b=λD/i=39 μmb=\lambda D/i=39\ \mathrm{\mu m}

Q1. Système : le projectile, réduit à son centre de masse M. Référentiel : la pièce, supposé galiléen. Une fois sorti du canon, le projectile n'est soumis qu'à son poids P⃗=m g⃗\vec{P}=m\,\vec{g}. Deuxième loi de Newton : ∑F⃗=m a⃗\sum\vec{F}=m\,\vec{a}, donc m a⃗=m g⃗m\,\vec{a}=m\,\vec{g} et a⃗=g⃗\vec{a}=\vec{g}.

Dans le repère (O ;x,z)(O\,;x,z) de la figure 2, l'axe zz vertical vers le haut et g⃗\vec{g} vertical vers le bas : ax=0a_{x}=0 et az=−ga_{z}=-g. La masse s'est simplifiée : les 100100 g de l'énoncé ne servent à rien dans tout l'exercice, le mouvement d'un corps en chute libre ne dépend pas de sa masse. Erreur fréquente : écrire az=ga_{z}=g en oubliant que l'axe zz est orienté vers le haut.

Q2. Le vecteur accélération est la dérivée du vecteur vitesse : on cherche des primitives. vx(t)=C1v_{x}(t)=C_{1} et vz(t)=−g t+C2v_{z}(t)=-g\,t+C_{2}. À t=0t=0, la vitesse est v0⃗\vec{v_{0}}, inclinée de α\alpha au-dessus de l'horizontale : vx(0)=v0cos⁡(α)v_{x}(0)=v_{0}\cos(\alpha) et vz(0)=v0sin⁡(α)v_{z}(0)=v_{0}\sin(\alpha), donc C1=v0cos⁡(α)C_{1}=v_{0}\cos(\alpha) et C2=v0sin⁡(α)C_{2}=v_{0}\sin(\alpha).

Le vecteur vitesse est la dérivée du vecteur position : x(t)=v0cos⁡(α) t+C3x(t)=v_{0}\cos(\alpha)\,t+C_{3} et z(t)=−12g t2+v0sin⁡(α) t+C4z(t)=-\dfrac{1}{2}g\,t^{2}+v_{0}\sin(\alpha)\,t+C_{4}. À t=0t=0, M sort du canon, sur l'axe (Oz)(Oz) à la hauteur HH au-dessus du sol (figure 2) : x(0)=0x(0)=0 et z(0)=Hz(0)=H, donc C3=0C_{3}=0 et C4=HC_{4}=H. On retrouve les équations horaires annoncées. Le piège est dans la condition initiale : l'origine O est au SOL, pas sur le plateau de la table, d'où la constante H=HT+HBH=H_{\mathrm{T}}+H_{\mathrm{B}} et non HBH_{\mathrm{B}}.

Lecture physique de ces équations : selon l'horizontale, l'accélération est nulle et la vitesse reste égale à v0cos⁡(α)v_{0}\cos(\alpha), le mouvement est rectiligne uniforme ; selon la verticale, l'accélération vaut −g-g, le mouvement est uniformément varié, d'abord ralenti à la montée puis accéléré à la descente. C'est cette décomposition qui donne la trajectoire parabolique de Q3.

Q3. On élimine le temps. Comme cos⁡(α)≠0\cos(\alpha)\neq 0, la première équation donne t=xv0cos⁡(α)t=\dfrac{x}{v_{0}\cos(\alpha)}. On remplace dans z(t)z(t) : z=−12g x2v02cos⁡2(α)+v0sin⁡(α) xv0cos⁡(α)+Hz=-\dfrac{1}{2}g\,\dfrac{x^{2}}{v_{0}^{2}\cos^{2}(\alpha)}+v_{0}\sin(\alpha)\,\dfrac{x}{v_{0}\cos(\alpha)}+H. Et sin⁡(α)cos⁡(α)=tan⁡(α)\dfrac{\sin(\alpha)}{\cos(\alpha)}=\tan(\alpha), d'où z(x)=−g2 v02cos⁡2(α) x2+tan⁡(α) x+Hz(x)=-\dfrac{g}{2\,v_{0}^{2}\cos^{2}(\alpha)}\,x^{2}+\tan(\alpha)\,x+H : une parabole tournée vers le bas, ce qu'on attend d'un tir dans le champ de pesanteur uniforme.

Q4. Démarche : la serrure se débloque si la trajectoire passe par le point C. Dans le repère de la figure 2, C a pour coordonnées xC=Dx_{\mathrm{C}}=D et zC=hCz_{\mathrm{C}}=h_{\mathrm{C}}. On écrit donc z(D)=hCz(D)=h_{\mathrm{C}} avec l'équation de Q3, et l'inconnue est la constante HH, dont on déduit HTH_{\mathrm{T}}.

hC=−g D22 v02cos⁡2(α)+Dtan⁡(α)+Hh_{\mathrm{C}}=-\dfrac{g\,D^{2}}{2\,v_{0}^{2}\cos^{2}(\alpha)}+D\tan(\alpha)+H, donc H=hC+g D22 v02cos⁡2(α)−Dtan⁡(α)H=h_{\mathrm{C}}+\dfrac{g\,D^{2}}{2\,v_{0}^{2}\cos^{2}(\alpha)}-D\tan(\alpha).

Application numérique, calculatrice en mode degrés : cos⁡(43,0∘)=0,7314\cos(43{,}0^{\circ})=0{,}7314, donc 2 v02cos⁡2(α)=2×5,602×0,73142=33,55 m2⋅s−22\,v_{0}^{2}\cos^{2}(\alpha)=2\times 5{,}60^{2}\times 0{,}7314^{2}=33{,}55\ \mathrm{m^{2}\cdot s^{-2}} et g D22 v02cos⁡2(α)=9,81×3,00233,55=2,632\dfrac{g\,D^{2}}{2\,v_{0}^{2}\cos^{2}(\alpha)}=\dfrac{9{,}81\times 3{,}00^{2}}{33{,}55}=2{,}632 m. Puis Dtan⁡(α)=3,00×tan⁡(43,0∘)=2,798D\tan(\alpha)=3{,}00\times\tan(43{,}0^{\circ})=2{,}798 m. D'où H=1,00+2,632−2,798=0,834H=1{,}00+2{,}632-2{,}798=0{,}834 m.

Enfin HT=H−HB=0,834−0,300=0,534H_{\mathrm{T}}=H-H_{\mathrm{B}}=0{,}834-0{,}300=0{,}534 m, soit environ 5353 cm. Cette valeur est bien dans la plage de réglage de la table, entre 40 et 80 cm : la mission est réalisable.

Vérification : le projectile met tC=Dv0cos⁡(α)=3,005,60×0,7314=0,732t_{\mathrm{C}}=\dfrac{D}{v_{0}\cos(\alpha)}=\dfrac{3{,}00}{5{,}60\times 0{,}7314}=0{,}732 s pour atteindre la porte, et à cet instant z=−12×9,81×0,7322+5,60×sin⁡(43,0∘)×0,732+0,834=1,00z=-\dfrac{1}{2}\times 9{,}81\times 0{,}732^{2}+5{,}60\times\sin(43{,}0^{\circ})\times 0{,}732+0{,}834=1{,}00 m, la hauteur de la serrure. Sa vitesse verticale vaut alors vz=v0sin⁡(α)−g tC=−3,37 m⋅s−1v_{z}=v_{0}\sin(\alpha)-g\,t_{\mathrm{C}}=-3{,}37\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} : le projectile redescend, le sommet de la parabole ayant été atteint vers x=1,59x=1{,}59 m.

Deux pièges. Le résultat est la différence de deux longueurs voisines, 2,6322{,}632 m et 2,7982{,}798 m : il faut garder les valeurs non arrondies jusqu'au bout, car arrondir tan⁡(α)\tan(\alpha) à 0,930{,}93 déplace déjà HTH_{\mathrm{T}} de près d'un centimètre. Et la calculatrice doit être en degrés : en radians, cos⁡(43)\cos(43) et tan⁡(43)\tan(43) n'ont rien à voir avec l'angle du canon. Enfin, on ne s'arrête pas à HH : la question demande la hauteur de la TABLE, on retire HB=0,300H_{\mathrm{B}}=0{,}300 m.

Q5. Interrupteur en position 2 : le générateur est hors circuit, la maille ne contient que le condensateur et le conducteur ohmique. Avec les flèches de la figure 3, uCu_{C} fléchée vers l'armature du haut et uRu_{R} fléchée vers le bas de la résistance, la loi des mailles donne uC+uR=0u_{C}+u_{R}=0 : les hauts du condensateur et de la résistance sont reliés, leurs bas aussi en position 2.

Le courant ii, fléché vers l'armature du haut, entre dans la résistance par le bas : uRu_{R} et ii sont en convention récepteur et la loi d'Ohm s'écrit uR=R iu_{R}=R\,i. Pour le condensateur, aussi en convention récepteur, q=C uCq=C\,u_{C} et i=dqdt=C duCdti=\dfrac{\mathrm{d}q}{\mathrm{d}t}=C\,\dfrac{\mathrm{d}u_{C}}{\mathrm{d}t}. En remplaçant : uC+R C duCdt=0u_{C}+R\,C\,\dfrac{\mathrm{d}u_{C}}{\mathrm{d}t}=0, soit, en divisant par RCRC : duCdt+1τuC=0\dfrac{\mathrm{d}u_{C}}{\mathrm{d}t}+\dfrac{1}{\tau}u_{C}=0 avec τ=R C\tau=R\,C.

Vérification d'unité : R CR\,C s'exprime en Ω×F=VA×CV=A⋅sA=s\Omega\times\mathrm{F}=\dfrac{\mathrm{V}}{\mathrm{A}}\times\dfrac{\mathrm{C}}{\mathrm{V}}=\dfrac{\mathrm{A\cdot s}}{\mathrm{A}}=\mathrm{s}, c'est bien un temps. Pendant la décharge, duCdt<0\dfrac{\mathrm{d}u_{C}}{\mathrm{d}t}<0 donc i<0i<0 : le courant circule en réalité dans le sens opposé à la flèche, ce qui est normal pour un condensateur qui se vide.

Q6. On dérive la forme proposée : duCdt=−Aτexp⁡(−tτ)\dfrac{\mathrm{d}u_{C}}{\mathrm{d}t}=-\dfrac{A}{\tau}\exp\left(-\dfrac{t}{\tau}\right). Dans l'équation : −Aτexp⁡(−tτ)+1τAexp⁡(−tτ)=0-\dfrac{A}{\tau}\exp\left(-\dfrac{t}{\tau}\right)+\dfrac{1}{\tau}A\exp\left(-\dfrac{t}{\tau}\right)=0 pour tout tt : la forme est solution quelle que soit la constante AA.

C'est la condition initiale qui fixe AA. La tension aux bornes d'un condensateur est continue : juste après la bascule, uC(0)=U0u_{C}(0)=U_{0}. Or uC(0)=Aexp⁡(0)=Au_{C}(0)=A\exp(0)=A, donc A=U0=5,0A=U_{0}=5{,}0 V et uC(t)=U0exp⁡(−tRC)u_{C}(t)=U_{0}\exp\left(-\dfrac{t}{RC}\right).

Remarque d'homogénéité : l'exponentielle est sans dimension, donc AA a la dimension de uCu_{C}, une tension ; c'est cohérent avec A=U0A=U_{0}. La solution confirme la lecture de la figure 4 : toutes les courbes partent de 5,05{,}0 V, quelle que soit la résistance, et seule la vitesse de la décroissance dépend de RR.

Q7. L'aiguille tourne entre la date t1t_{1} où uC=4,0u_{C}=4{,}0 V et la date t2t_{2} où uC=1,0u_{C}=1{,}0 V. La courbe correcte est celle pour laquelle t2−t1=14t_{2}-t_{1}=14 s. Sur l'annexe, on trace les deux droites horizontales uC=4,0u_{C}=4{,}0 V et uC=1,0u_{C}=1{,}0 V, on repère leurs intersections avec chaque courbe et on lit les dates correspondantes sur l'axe des temps.

Lectures : pour R2R_{2}, t1≈1,1t_{1}\approx 1{,}1 s et t2≈7,6t_{2}\approx 7{,}6 s, soit une rotation de 6,56{,}5 s environ ; pour R1R_{1}, t1≈2,3t_{1}\approx 2{,}3 s et t2≈16,5t_{2}\approx 16{,}5 s, soit 1414 s environ ; pour R3R_{3}, t1≈3,7t_{1}\approx 3{,}7 s et t2≈26t_{2}\approx 26 s, soit plus de 2222 s. C'est la courbe R1R_{1} qui commande une rotation de 14 s.

Le calcul le confirme : avec la solution de Q6, t1=τln⁡U04,0t_{1}=\tau\ln\dfrac{U_{0}}{4{,}0} et t2=τln⁡U01,0t_{2}=\tau\ln\dfrac{U_{0}}{1{,}0}, donc t2−t1=τln⁡4,01,0=τln⁡4t_{2}-t_{1}=\tau\ln\dfrac{4{,}0}{1{,}0}=\tau\ln 4, indépendant de U0U_{0}. Il faut τ=14ln⁡4=10,1\tau=\dfrac{14}{\ln 4}=10{,}1 s, une décharge intermédiaire, ni la plus rapide ni la plus lente. Erreur fréquente : mesurer la durée depuis t=0t=0, alors que l'aiguille ne démarre qu'à 4,04{,}0 V.

Q8. Méthode des 37 % : à t=τt=\tau, uC(τ)=U0 e−1=0,37×5,0=1,84u_{C}(\tau)=U_{0}\,e^{-1}=0{,}37\times 5{,}0=1{,}84 V. Sur l'annexe, on trace la droite uC=1,84u_{C}=1{,}84 V ; elle coupe la courbe R1R_{1} à t≈10t\approx 10 s, donc τ≈10\tau\approx 10 s. On peut aussi tracer la tangente à l'origine de la courbe R1R_{1} : elle coupe l'axe des temps en t=τt=\tau, mais le tracé d'une tangente sur un scan est moins précis que la lecture à 37 %.

Cohérence : τln⁡4=10×1,39=14\tau\ln 4=10\times 1{,}39=14 s, la durée de rotation voulue, et la valeur calculée à Q7, 10,110{,}1 s, est dans la précision de la lecture. Erreur fréquente : lire τ\tau à la moitié de U0U_{0} (2,52{,}5 V), ce qui donne τln⁡2≈7\tau\ln 2\approx 7 s, le temps de demi-décharge.

Q9. D'après Q5, τ=R C\tau=R\,C, donc R=τC=1047×10−6=2,1×105 ΩR=\dfrac{\tau}{C}=\dfrac{10}{47\times 10^{-6}}=2{,}1\times 10^{5}\ \Omega, soit environ 210 kΩ210\ \mathrm{k\Omega}. Avec la valeur calculée τ=10,1\tau=10{,}1 s, on trouve 2,15×105 Ω2{,}15\times 10^{5}\ \Omega : à deux chiffres significatifs, comme C=47 μFC=47\ \mathrm{\mu F}, les joueurs doivent régler la résistance variable sur R≈2,1×105 ΩR\approx 2{,}1\times 10^{5}\ \Omega. Erreur fréquente : oublier la conversion 47 μF=47×10−647\ \mathrm{\mu F}=47\times 10^{-6} F, qui fait trouver 0,21 Ω0{,}21\ \Omega.

Ordre de grandeur des deux autres réglages, avec les constantes de temps lues sur les courbes : R2≈4,7547×10−6=1,0×105 ΩR_{2}\approx\dfrac{4{,}75}{47\times 10^{-6}}=1{,}0\times 10^{5}\ \Omega et R3≈16,447×10−6=3,5×105 ΩR_{3}\approx\dfrac{16{,}4}{47\times 10^{-6}}=3{,}5\times 10^{5}\ \Omega. Plus la résistance est grande, plus le courant de décharge est faible et plus la décharge est lente : τ\tau est proportionnelle à RR, ce qui range bien les courbes dans l'ordre R2<R1<R3R_{2}<R_{1}<R_{3}.

Q10. Le phénomène est celui des interférences lumineuses. Chaque fente diffracte la lumière du laser ; les deux faisceaux diffractés, issus de la même source donc cohérents, se superposent sur le fond de la boîte. Là où les deux ondes arrivent en phase, les interférences sont constructives (zone lumineuse) ; là où elles arrivent en opposition de phase, elles sont destructives (zone sombre). Piège : répondre « diffraction ». La diffraction par chaque fente est nécessaire pour que les faisceaux se recouvrent, mais l'alternance régulière de franges vient de la superposition des DEUX ondes.

Q11. L'interfrange ii est la distance entre les centres de deux franges brillantes consécutives, ou, ce qui revient au même, entre les centres de deux franges sombres consécutives.

En pratique, on ne mesure jamais une seule interfrange : on mesure la distance entre les centres de franges brillantes éloignées et on divise par le nombre d'interfranges qui les séparent, ce qui réduit l'incertitude relative. C'est exactement la relation que la question suivante exploite avec ℓ\ell.

Q12. Démarche : la clé est délivrée si le centre de chaque cellule est sur une frange brillante. La figure 6 montre cinq cellules sur cinq franges brillantes CONSÉCUTIVES, séparées chacune par une seule frange sombre : la distance entre deux cellules voisines vaut une interfrange. Entre la première et la cinquième cellule, il y a quatre intervalles, donc ℓ=4 i\ell=4\,i.

D'où i=ℓ4=2,04=0,50i=\dfrac{\ell}{4}=\dfrac{2{,}0}{4}=0{,}50 cm =5,0×10−3=5{,}0\times 10^{-3} m. L'expression donnée i=λDbi=\dfrac{\lambda D}{b} se retourne en b=λDi=650×10−9×0,305,0×10−3=3,9×10−5b=\dfrac{\lambda D}{i}=\dfrac{650\times 10^{-9}\times 0{,}30}{5{,}0\times 10^{-3}}=3{,}9\times 10^{-5} m, soit b=39 μmb=39\ \mathrm{\mu m} (deux chiffres significatifs, comme DD et ℓ\ell).

Cohérence : la frange centrale est brillante, sur l'axe de symétrie des deux fentes où la différence de marche est nulle, et la figure 5 y place la cellule du milieu. Un écartement de quelques dizaines de micromètres est l'ordre de grandeur habituel des fentes d'Young. Un écartement de 2×392\times 39 ou 3×39 μm3\times 39\ \mathrm{\mu m} placerait encore les cellules sur des franges brillantes, une sur deux ou une sur trois, mais la figure 6 exclut ce cas : une seule zone sombre sépare deux cellules.

Erreur fréquente : écrire ℓ=5 i\ell=5\,i parce qu'il y a cinq cellules. On trouverait b=49 μmb=49\ \mathrm{\mu m}, et les cellules extrêmes tomberaient à côté des franges brillantes. Autre piège : laisser λ\lambda en nanomètres et DD en centimètres dans la formule ; tout se convertit en mètres.

5101520253035123456courbe R1t2 ≈ 16,5 st1 ≈ 2,3 sτ ≈ 10 s (1,84 V)t (s)uC (V)

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Exercice 2 : Datation

4 points La décroissance radioactive : demi-vie, activité et datationRésolution de problème et exploitation de documents

En décembre 1972, le module lunaire de la mission Apollo 17 alunit dans la vallée Taurus-Littrow. L'une des missions des astronautes est de recueillir des échantillons de la croûte lunaire et de dépôts volcaniques. En effet, si les missions précédentes ont fait progresser les connaissances sur la Lune dans différents domaines, il subsiste néanmoins des interrogations sur sa structure interne, l'histoire de son évolution ou l'existence d'une activité volcanique récente.

L'objectif de cet exercice est d'exploiter les données obtenues lors de l'analyse d'un échantillon de roche lunaire rapporté lors de la mission Apollo 17 pour en déterminer l'âge.

Données :
- Écriture conventionnelle de noyaux atomiques :

NoyauRubidium 86Rubidium 87Strontium 86Strontium 87
Écriture conventionnelle3786Rb{}^{86}_{37}\mathrm{Rb}3787Rb{}^{87}_{37}\mathrm{Rb}3886Sr{}^{86}_{38}\mathrm{Sr}3887Sr{}^{87}_{38}\mathrm{Sr}
  • - Demi-vie du rubidium 87 : t1/2=4,88×1010t_{1/2}=4{,}88\times 10^{10} ans
  • Une analyse des minéraux présents dans l'échantillon de roche lunaire a décelé la présence de noyaux de rubidium 87, de strontium 86 et de strontium 87.
  • Q1. Choisir, en justifiant, la paire de noyaux atomiques isotopes parmi celles données ci-après : (3786Rb ; 3886Sr)({}^{86}_{37}\mathrm{Rb}\ ;\ {}^{86}_{38}\mathrm{Sr}) ou (3886Sr ; 3887Sr)({}^{86}_{38}\mathrm{Sr}\ ;\ {}^{87}_{38}\mathrm{Sr}).
  • Le rubidium 87 se désintègre spontanément en strontium 87 qui est un noyau stable.
  • Q2. Écrire l'équation de la réaction de désintégration du rubidium 87 en strontium 87.
  • Q3. En déduire le nom de la particule émise et le type de radioactivité mis en jeu.
  • Le nombre N(3787Rb)N({}^{87}_{37}\mathrm{Rb}) de noyaux de rubidium 87 contenu dans un minéral de roche suit la loi de décroissance radioactive : N(3787Rb)=N0(3787Rb)×exp⁡(−λ⋅t)N({}^{87}_{37}\mathrm{Rb})=N_{0}({}^{87}_{37}\mathrm{Rb})\times\exp(-\lambda\cdot t) (relation 1) où λ\lambda est la constante radioactive du rubidium 87 et N0(3787Rb)N_{0}({}^{87}_{37}\mathrm{Rb}) est le nombre de noyaux de rubidium 87 initialement présent dans le minéral.
  • Q4. Donner une définition du temps de demi-vie t1/2t_{1/2} d'un isotope radioactif.
  • Q5. Montrer, à partir de la relation 1, que le temps de demi-vie t1/2t_{1/2} et la constante radioactive λ\lambda sont liés par la relation : λ=ln⁡(2)t1/2\lambda=\dfrac{\ln(2)}{t_{1/2}}.
  • Dans le minéral isolé étudié, la teneur en rubidium 87 diminue au cours du temps et celle en strontium 87 augmente. Le strontium 86, qui n'est pas radioactif, reste stable et est utilisé comme isotope de référence. L'analyse de huit échantillons de la roche lunaire rapportée de la mission Apollo 17 a permis d'obtenir huit valeurs de rapports isotopiques. La figure 1 ci-après représente l'évolution du rapport y=N(3887Sr)N(3886Sr)y=\dfrac{N({}^{87}_{38}\mathrm{Sr})}{N({}^{86}_{38}\mathrm{Sr})} en fonction du rapport x=N(3787Rb)N(3886Sr)x=\dfrac{N({}^{87}_{37}\mathrm{Rb})}{N({}^{86}_{38}\mathrm{Sr})} pour ces huit échantillons.
  • Huit points alignés sur une droite croissante : x de 0,0120 à 0,1650 environ en abscisse, y de 0,6998 à 0,7097 environ en ordonnée. La droite tracée passe près de tous les points ; elle monte d'environ 0,0065 en ordonnée quand x augmente de 0,1000.
    Figure 1 : Évolution du rapport y=N(3887Sr)N(3886Sr)y=\dfrac{N({}^{87}_{38}\mathrm{Sr})}{N({}^{86}_{38}\mathrm{Sr})} en fonction du rapport x=N(3787Rb)N(3886Sr)x=\dfrac{N({}^{87}_{37}\mathrm{Rb})}{N({}^{86}_{38}\mathrm{Sr})}. D'après https://ntrs.nasa.gov/api/citations/19940019585/downloads/19940019585.pdf
  • La datation par la méthode rubidium - strontium repose sur l'exploitation de deux relations :
    - l'équation de modélisation de l'évolution présentée sur la figure 1 : y=0,0650×x+0,6990y=0{,}0650\times x+0{,}6990
    - la relation théorique entre les rapports isotopiques : N(3887Sr)N(3886Sr)=(exp⁡(λ⋅tR)−1)×N(3787Rb)N(3886Sr)+N0(3887Sr)N0(3886Sr)\dfrac{N({}^{87}_{38}\mathrm{Sr})}{N({}^{86}_{38}\mathrm{Sr})}=(\exp(\lambda\cdot t_{\mathrm{R}})-1)\times\dfrac{N({}^{87}_{37}\mathrm{Rb})}{N({}^{86}_{38}\mathrm{Sr})}+\dfrac{N_{0}({}^{87}_{38}\mathrm{Sr})}{N_{0}({}^{86}_{38}\mathrm{Sr})}
    où tRt_{\mathrm{R}} est l'âge de la roche contenant les minéraux étudiés et λ\lambda est la constante radioactive du rubidium 87.
  • Q6. Déterminer l'âge tRt_{\mathrm{R}} de la roche prélevée sur la Lune en exploitant l'ensemble des données ci-dessus. Commenter.
  • Pour répondre à cette question, le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.

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Q1
Q3
Q6
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Réponses

  • Q1 (3886Sr ; 3887Sr)({}^{86}_{38}\mathrm{Sr}\ ;\ {}^{87}_{38}\mathrm{Sr}) : même Z=38Z=38, AA différents
  • Q2 3787Rb⟶3887Sr+−1 0e{}^{87}_{37}\mathrm{Rb}\longrightarrow{}^{87}_{38}\mathrm{Sr}+{}^{\ 0}_{-1}\mathrm{e}
  • Q3 Un électron : radioactivité β−\beta^{-}
  • Q4 Durée au bout de laquelle la moitié des noyaux initialement présents se sont désintégrés
  • Q5 exp⁡(−λt1/2)=12\exp(-\lambda t_{1/2})=\dfrac{1}{2}, donc λt1/2=ln⁡2\lambda t_{1/2}=\ln 2
  • Q6 exp⁡(λtR)−1=0,0650\exp(\lambda t_{\mathrm{R}})-1=0{,}0650 : tR=ln⁡(1,0650)ln⁡2 t1/2=4,43×109t_{\mathrm{R}}=\dfrac{\ln(1{,}0650)}{\ln 2}\,t_{1/2}=4{,}43\times 10^{9} ans, roche aussi ancienne que la Lune

Q1. Deux noyaux isotopes ont le même numéro atomique ZZ, donc le même nombre de protons, et des nombres de masse AA différents, donc des nombres de neutrons différents. La paire (3886Sr ; 3887Sr)({}^{86}_{38}\mathrm{Sr}\ ;\ {}^{87}_{38}\mathrm{Sr}) convient : Z=38Z=38 pour les deux, A=86A=86 et A=87A=87 ; le strontium 87 a un neutron de plus. La paire (3786Rb ; 3886Sr)({}^{86}_{37}\mathrm{Rb}\ ;\ {}^{86}_{38}\mathrm{Sr}) ne convient pas : même nombre de masse, mais Z=37Z=37 et Z=38Z=38, ce sont deux éléments chimiques différents. Piège : se fier au nombre 8686 commun, qui est justement ce que des isotopes n'ont PAS en commun.

Q2. On applique les lois de conservation de Soddy, du nombre de masse et du nombre de charge : 3787Rb⟶3887Sr+ Z AX{}^{87}_{37}\mathrm{Rb}\longrightarrow{}^{87}_{38}\mathrm{Sr}+{}^{\ A}_{\ Z}\mathrm{X} avec 87=87+A87=87+A et 37=38+Z37=38+Z, donc A=0A=0 et Z=−1Z=-1. La particule émise est −1 0e{}^{\ 0}_{-1}\mathrm{e}, et l'équation s'écrit 3787Rb⟶3887Sr+−1 0e{}^{87}_{37}\mathrm{Rb}\longrightarrow{}^{87}_{38}\mathrm{Sr}+{}^{\ 0}_{-1}\mathrm{e}. Un antineutrino est aussi émis ; le programme permet de ne pas l'écrire.

Q3. La particule −1 0e{}^{\ 0}_{-1}\mathrm{e} est un électron : c'est une radioactivité de type β−\beta^{-}. Dans le noyau, un neutron s'est transformé en proton, ce qui explique que ZZ augmente d'une unité à nombre de masse constant. Erreur fréquente : parler de radioactivité β+\beta^{+}, qui émet un positon +10e{}^{0}_{+1}\mathrm{e} et fait au contraire diminuer ZZ.

Q4. Le temps de demi-vie t1/2t_{1/2} d'un isotope radioactif est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux radioactifs initialement présents dans un échantillon se sont désintégrés. Il ne dépend que de l'isotope, pas de la quantité initiale ni de la date choisie comme origine.

Q5. Par définition, à t=t1/2t=t_{1/2}, N=N02N=\dfrac{N_{0}}{2}. Avec la relation 1 : N0exp⁡(−λ t1/2)=N02N_{0}\exp(-\lambda\,t_{1/2})=\dfrac{N_{0}}{2}, soit exp⁡(−λ t1/2)=12\exp(-\lambda\,t_{1/2})=\dfrac{1}{2}. En prenant le logarithme népérien : −λ t1/2=ln⁡12=−ln⁡(2)-\lambda\,t_{1/2}=\ln\dfrac{1}{2}=-\ln(2), donc λ=ln⁡(2)t1/2\lambda=\dfrac{\ln(2)}{t_{1/2}}.

Q6. Démarche : on identifie terme à terme la droite modélisée et la relation théorique. La relation théorique est de la forme y=a x+by=a\,x+b : la variable yy est le rapport N(3887Sr)N(3886Sr)\dfrac{N({}^{87}_{38}\mathrm{Sr})}{N({}^{86}_{38}\mathrm{Sr})}, la variable xx est le rapport N(3787Rb)N(3886Sr)\dfrac{N({}^{87}_{37}\mathrm{Rb})}{N({}^{86}_{38}\mathrm{Sr})}, le coefficient directeur vaut a=exp⁡(λ tR)−1a=\exp(\lambda\,t_{\mathrm{R}})-1 et l'ordonnée à l'origine vaut b=N0(3887Sr)N0(3886Sr)b=\dfrac{N_{0}({}^{87}_{38}\mathrm{Sr})}{N_{0}({}^{86}_{38}\mathrm{Sr})}. Les huit minéraux ont le même âge et sont issus du même magma, donc le même rapport initial bb : c'est pour cela que leurs points sont alignés.

Par identification avec y=0,0650 x+0,6990y=0{,}0650\,x+0{,}6990 : exp⁡(λ tR)−1=0,0650\exp(\lambda\,t_{\mathrm{R}})-1=0{,}0650, donc exp⁡(λ tR)=1,0650\exp(\lambda\,t_{\mathrm{R}})=1{,}0650 et tR=ln⁡(1,0650)λt_{\mathrm{R}}=\dfrac{\ln(1{,}0650)}{\lambda}. D'après Q5, λ=ln⁡(2)t1/2=0,6934,88×1010=1,42×10−11 an−1\lambda=\dfrac{\ln(2)}{t_{1/2}}=\dfrac{0{,}693}{4{,}88\times 10^{10}}=1{,}42\times 10^{-11}\ \mathrm{an^{-1}}. D'où tR=ln⁡(1,0650)ln⁡(2)×t1/2=0,062970,6931×4,88×1010=4,43×109t_{\mathrm{R}}=\dfrac{\ln(1{,}0650)}{\ln(2)}\times t_{1/2}=\dfrac{0{,}06297}{0{,}6931}\times 4{,}88\times 10^{10}=4{,}43\times 10^{9} ans, soit environ 4,44{,}4 milliards d'années. On garde trois chiffres significatifs, comme la pente et la demi-vie.

Vérification sur le graphe : de x=0,0120x=0{,}0120 à x=0,1650x=0{,}1650, l'ordonnée monte d'environ 0,69980{,}6998 à 0,70970{,}7097, soit une pente de 0,00990,153≈0,065\dfrac{0{,}0099}{0{,}153}\approx 0{,}065, la valeur de la modélisation. L'ordonnée à l'origine 0,69900{,}6990 donne le rapport isotopique initial du strontium dans la roche.

Commentaire : la roche a environ 4,44{,}4 milliards d'années. C'est à peine moins que l'âge de la Lune, formée il y a environ 4,54{,}5 milliards d'années : la roche date des premiers temps de l'histoire lunaire et ne provient pas d'une activité volcanique récente. On note aussi que tRt_{\mathrm{R}} ne représente que 99 % de la demi-vie : seuls 1−e−λtR=61-e^{-\lambda t_{\mathrm{R}}}=6 % des noyaux de rubidium 87 se sont désintégrés depuis la formation de la roche. C'est pourquoi la pente est faible, et pourquoi un isotope de demi-vie aussi longue convient à des âges de plusieurs milliards d'années.

Erreur fréquente : prendre λ tR=0,0650\lambda\,t_{\mathrm{R}}=0{,}0650 en oubliant le « −1-1 », ce qui donne 4,584{,}58 milliards d'années ; ou identifier exp⁡(λ tR)−1\exp(\lambda\,t_{\mathrm{R}})-1 à l'ordonnée à l'origine 0,69900{,}6990, ce qui donne un âge de plus de 3737 milliards d'années, plus vieux que l'Univers : le résultat absurde doit alerter.

Exercice 3 : Phytoremédiation

5 points Avancement et dosagesOxydo-réduction et titragesRésolution de problème et exploitation de documents

La phytoremédiation est une technique qui offre une alternative pour réhabiliter des terrains agricoles. Elle utilise des cycles de culture de plantes spécifiques pour dépolluer un sol contaminé. Souhaitant cultiver sa vigne selon les principes de l'agriculture biologique, un viticulteur sème des plantes « phytoextractrices » afin de diminuer la quantité en cuivre présente dans son sol.

L'objectif de cet exercice est de déterminer le nombre de cycles de culture des plantes que doit réaliser le viticulteur pour atteindre la teneur limite en cuivre acceptable pour l'agriculture biologique.

Données :
- Masse molaire du cuivre : M(Cu)=63,5 g⋅mol−1M(\mathrm{Cu})=63{,}5\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}}
- Teneur limite maximale en cuivre dans un sol pour l'agriculture biologique selon l'Union européenne : mt=150m_{\mathrm{t}}=150 mg par kg de terre
- Masse de cuivre extraite par les plantes par cycle de culture : me=90m_{\mathrm{e}}=90 mg par kg de terre

Document : Protocole d'analyse
- Un échantillon de 1 kg de terre contenant le cuivre est immergé dans 1 L d'eau. Après filtration, on obtient 1 L d'une solution notée S0S_{0}.
- On prélève un volume V1=50,0V_{1}=50{,}0 mL de la solution S0S_{0} que l'on place dans un erlenmeyer. On y ajoute une solution d'iodure de potassium (K+(aq), I−(aq))(\mathrm{K^{+}(aq)},\ \mathrm{I^{-}(aq)}) en excès. Il se forme un précipité d'iodure de cuivre CuI(s)\mathrm{CuI(s)} selon l'équation de réaction :
2 Cu2+(aq)+4 I−(aq)→2 CuI(s)+I2(aq)2\ \mathrm{Cu^{2+}(aq)}+4\ \mathrm{I^{-}(aq)}\rightarrow 2\ \mathrm{CuI(s)}+\mathrm{I_{2}(aq)}
- Le diiode I2(aq)\mathrm{I_{2}(aq)} formé par la réaction précédente est titré par une solution de thiosulfate de sodium (2 Na+(aq), S2O32−(aq))(2\ \mathrm{Na^{+}(aq)},\ \mathrm{S_{2}O_{3}^{2-}(aq)}) de concentration en quantité de matière c2=2,0×10−2 mol⋅L−1c_{2}=2{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}. L'équation de la réaction support du titrage s'écrit :
I2(aq)+2 S2O32−(aq)→2 I−(aq)+S4O62−(aq)\mathrm{I_{2}(aq)}+2\ \mathrm{S_{2}O_{3}^{2-}(aq)}\rightarrow 2\ \mathrm{I^{-}(aq)}+\mathrm{S_{4}O_{6}^{2-}(aq)}
Le volume de solution titrante versé pour atteindre l'équivalence est VE=15,0V_{\mathrm{E}}=15{,}0 mL.

  • Q1. Définir l'équivalence d'un titrage.
  • Q2. Déterminer, en justifiant, l'oxydant et le réducteur intervenant lors du titrage du diiode I2\mathrm{I_{2}} par les ions thiosulfate S2O32−\mathrm{S_{2}O_{3}^{2-}}.
  • Q3. Donner, à l'équivalence, la relation entre la quantité de matière de diiode n1(I2)n_{1}(\mathrm{I_{2}}) et la quantité de matière des ions thiosulfate nE(S2O32−)n_{\mathrm{E}}(\mathrm{S_{2}O_{3}^{2-}}).
  • Q4. Écrire la relation entre la quantité de matière de diiode formée n1(I2)n_{1}(\mathrm{I_{2}}) et celle des ions cuivre n0(Cu2+)n_{0}(\mathrm{Cu^{2+}}) présents dans le volume V1V_{1}. On pourra utiliser un tableau d'avancement.
  • Q5. En déduire que la valeur de la quantité de matière d'ions cuivre contenue dans le volume V1V_{1} est n0(Cu2+)=3,0×10−4n_{0}(\mathrm{Cu^{2+}})=3{,}0\times 10^{-4} mol.
  • Q6. Calculer la valeur de la masse m(Cu2+)m(\mathrm{Cu^{2+}}) de cuivre présent dans 1 kg de terre viticole analysée.
  • Q7. Déterminer la valeur du nombre minimum Nmin⁡N_{\min} de cycles de culture à réaliser pour atteindre la teneur limite en cuivre pour l'agriculture biologique.
  • Pour répondre à cette question, le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.

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Q2
Q3
Q4
Q6
Q7
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Réponses

  • Q1 Réactifs titré et titrant introduits dans les proportions stœchiométriques (changement de réactif limitant)
  • Q2 Oxydant I2\mathrm{I_{2}} (capte des électrons, couple I2/I−\mathrm{I_{2}}/\mathrm{I^{-}}) ; réducteur S2O32−\mathrm{S_{2}O_{3}^{2-}} (en cède, couple S4O62−/S2O32−\mathrm{S_{4}O_{6}^{2-}}/\mathrm{S_{2}O_{3}^{2-}})
  • Q3 n1(I2)=nE(S2O32−)2n_{1}(\mathrm{I_{2}})=\dfrac{n_{\mathrm{E}}(\mathrm{S_{2}O_{3}^{2-}})}{2}
  • Q4 n1(I2)=n0(Cu2+)2n_{1}(\mathrm{I_{2}})=\dfrac{n_{0}(\mathrm{Cu^{2+}})}{2}
  • Q5 n0=2 n1=nE=c2VE=3,0×10−4n_{0}=2\,n_{1}=n_{\mathrm{E}}=c_{2}V_{\mathrm{E}}=3{,}0\times 10^{-4} mol
  • Q6 m=20×3,0×10−4×63,5=0,38m=20\times 3{,}0\times 10^{-4}\times 63{,}5=0{,}38 g ≈381\approx 381 mg par kg
  • Q7 381−90N≤150381-90N\leq 150 : N≥2,57N\geq 2{,}57, donc Nmin⁡=3N_{\min}=3

Q1. L'équivalence d'un titrage est l'état du système pour lequel les réactifs titré et titrant ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de la réaction support du titrage. À l'équivalence, les deux réactifs sont entièrement consommés ; il y a changement de réactif limitant : avant l'équivalence, le titrant est limitant, après, c'est le titré.

Ici, on repère l'équivalence par la couleur : le diiode donne à la solution une teinte jaune-brun, qui pâlit à mesure que les ions thiosulfate le consomment. Près de l'équivalence, on ajoute de l'empois d'amidon (ou du thiodène), qui forme avec le diiode un complexe bleu foncé bien plus visible : l'équivalence est atteinte à la goutte qui fait disparaître le bleu.

Q2. On écrit les demi-équations électroniques des deux couples mis en jeu. Couple I2/I−\mathrm{I_{2}}/\mathrm{I^{-}} : I2+2 e−=2 I−\mathrm{I_{2}}+2\,\mathrm{e^{-}}=2\,\mathrm{I^{-}} ; le diiode CAPTE des électrons, c'est l'oxydant, il est réduit en ions iodure. Couple S4O62−/S2O32−\mathrm{S_{4}O_{6}^{2-}}/\mathrm{S_{2}O_{3}^{2-}} : 2 S2O32−=S4O62−+2 e−2\,\mathrm{S_{2}O_{3}^{2-}}=\mathrm{S_{4}O_{6}^{2-}}+2\,\mathrm{e^{-}} ; l'ion thiosulfate CÈDE des électrons, c'est le réducteur, il est oxydé en ion tétrathionate.

La somme des deux demi-équations, deux électrons échangés de part et d'autre, redonne bien l'équation support du titrage. Rappel : un oxydant est une espèce capable de capter un ou plusieurs électrons, un réducteur une espèce capable d'en céder. Erreur fréquente : désigner les ions iodure comme réducteur du titrage ; ils sont un PRODUIT de la réaction support, pas un réactif.

Q3. À l'équivalence, les réactifs sont dans les proportions stœchiométriques de I2+2 S2O32−→2 I−+S4O62−\mathrm{I_{2}}+2\,\mathrm{S_{2}O_{3}^{2-}}\rightarrow 2\,\mathrm{I^{-}}+\mathrm{S_{4}O_{6}^{2-}} : une mole de diiode pour deux moles d'ions thiosulfate. Donc n1(I2)=nE(S2O32−)2n_{1}(\mathrm{I_{2}})=\dfrac{n_{\mathrm{E}}(\mathrm{S_{2}O_{3}^{2-}})}{2}. Erreur fréquente : écrire 2 n1=nE/22\,n_{1}=n_{\mathrm{E}}/2 ou n1=2 nEn_{1}=2\,n_{\mathrm{E}} ; on vérifie le sens en se demandant de quel réactif il faut le plus : il faut deux fois plus de thiosulfate que de diiode.

Q4. Tableau d'avancement de la réaction 2 Cu2++4 I−→2 CuI+I22\,\mathrm{Cu^{2+}}+4\,\mathrm{I^{-}}\rightarrow 2\,\mathrm{CuI}+\mathrm{I_{2}}, les ions iodure étant en excès. État initial : n0(Cu2+)n_{0}(\mathrm{Cu^{2+}}) d'ions cuivre, iodure en excès, ni CuI\mathrm{CuI} ni diiode. État en cours, avancement xx : n0−2xn_{0}-2x d'ions cuivre, 2x2x de CuI\mathrm{CuI} et xx de diiode. Les ions cuivre sont limitants : à l'état final, n0−2xmax⁡=0n_{0}-2x_{\max}=0, soit xmax⁡=n02x_{\max}=\dfrac{n_{0}}{2}.

La quantité de diiode formée vaut donc n1(I2)=xmax⁡=n0(Cu2+)2n_{1}(\mathrm{I_{2}})=x_{\max}=\dfrac{n_{0}(\mathrm{Cu^{2+}})}{2}, soit n0(Cu2+)=2 n1(I2)n_{0}(\mathrm{Cu^{2+}})=2\,n_{1}(\mathrm{I_{2}}). C'est un titrage indirect : on ne titre pas les ions cuivre eux-mêmes, mais le diiode qu'ils ont formé en quantité proportionnelle.

Q5. Quantité d'ions thiosulfate versée à l'équivalence : nE=c2×VE=2,0×10−2×15,0×10−3=3,0×10−4n_{\mathrm{E}}=c_{2}\times V_{\mathrm{E}}=2{,}0\times 10^{-2}\times 15{,}0\times 10^{-3}=3{,}0\times 10^{-4} mol. D'après Q3, n1(I2)=3,0×10−42=1,5×10−4n_{1}(\mathrm{I_{2}})=\dfrac{3{,}0\times 10^{-4}}{2}=1{,}5\times 10^{-4} mol. D'après Q4, n0(Cu2+)=2×1,5×10−4=3,0×10−4n_{0}(\mathrm{Cu^{2+}})=2\times 1{,}5\times 10^{-4}=3{,}0\times 10^{-4} mol, la valeur annoncée.

Les deux facteurs 22 se compensent : n0(Cu2+)=nE(S2O32−)n_{0}(\mathrm{Cu^{2+}})=n_{\mathrm{E}}(\mathrm{S_{2}O_{3}^{2-}}), deux ions cuivre forment un diiode, que deux ions thiosulfate réduisent. Erreur fréquente : laisser VEV_{\mathrm{E}} en millilitres, ce qui donne une quantité mille fois trop grande.

Q6. Les 3,0×10−43{,}0\times 10^{-4} mol sont contenues dans V1=50,0V_{1}=50{,}0 mL de S0S_{0}. La solution S0S_{0}, de volume 11 L, contient tout le cuivre extrait de 11 kg de terre, soit 100050,0=20\dfrac{1000}{50{,}0}=20 fois plus : nS0=20×3,0×10−4=6,0×10−3n_{S_{0}}=20\times 3{,}0\times 10^{-4}=6{,}0\times 10^{-3} mol.

Masse de cuivre : m(Cu2+)=nS0×M(Cu)=6,0×10−3×63,5=0,38m(\mathrm{Cu^{2+}})=n_{S_{0}}\times M(\mathrm{Cu})=6{,}0\times 10^{-3}\times 63{,}5=0{,}38 g, soit 3,8×1023{,}8\times 10^{2} mg (381381 mg) de cuivre dans 1 kg de terre viticole. Le protocole suppose que tout le cuivre de la terre passe dans le litre d'eau : c'est l'hypothèse du modèle. Erreur fréquente : s'arrêter aux 50 mL dosés, ce qui donne 1919 mg et fait croire que la terre est déjà conforme.

Chiffres significatifs : c2c_{2} et n0n_{0} en ont deux, d'où m=3,8×102m=3{,}8\times 10^{2} mg ; on garde 381381 mg pour la suite du calcul afin de ne pas cumuler les arrondis. La terre analysée contient donc plus de deux fois la teneur limite de l'agriculture biologique, 150150 mg par kg : la dépollution est nécessaire.

Q7. Démarche : chaque cycle de culture retire me=90m_{\mathrm{e}}=90 mg de cuivre par kilogramme de terre. Après NN cycles, il reste m(Cu2+)−N×mem(\mathrm{Cu^{2+}})-N\times m_{\mathrm{e}} ; on cherche le plus petit entier NN tel que cette masse soit inférieure ou égale à la teneur limite mt=150m_{\mathrm{t}}=150 mg par kg.

381−90 N≤150381-90\,N\leq 150 équivaut à 90 N≥23190\,N\geq 231, soit N≥23190=2,57N\geq\dfrac{231}{90}=2{,}57. Le nombre de cycles est un ENTIER : on arrondit à l'entier supérieur, Nmin⁡=3N_{\min}=3. Vérification : après deux cycles, il reste 381−180=201381-180=201 mg par kg, encore au-dessus de 150 mg ; après trois cycles, 381−270=111381-270=111 mg par kg, sous la limite. Avec la valeur arrondie de Q6, 380380 mg, on trouve N≥2,56N\geq 2{,}56 : même conclusion.

Erreur fréquente : arrondir 2,572{,}57 à 33 « parce que c'est plus proche », sans dire qu'on prend l'entier supérieur. Si le quotient avait valu 2,32{,}3, l'arrondi au plus proche donnerait 22 cycles, insuffisants. Autre piège : diviser toute la masse par 9090 (381/90=4,2381/90=4{,}2, donc 5 cycles), ce qui revient à vouloir retirer TOUT le cuivre alors que l'objectif est seulement de descendre sous 150 mg.

Limite du modèle : on a supposé que chaque cycle retire la même masse de cuivre, 9090 mg par kg. En réalité, une plante extrait d'autant moins de métal que le sol en contient peu, et le nombre de cycles réellement nécessaire peut être plus grand ; trois cycles est un minimum dans le cadre du modèle de l'énoncé.

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