Spécialité physique-chimie, Terminale • Annales du bac 2026 corrigées à Montréal

Bac 2026 de spécialité physique-chimie, Polynésie jour 1 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité physique-chimie, session 2026 : Polynésie, jour 1

Épreuve du mardi 16 juin 2026 • durée 3 h 30 • calculatrice en mode examen autorisée • 3 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet officiel (Labolycée).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 3 h 30, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2026 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité physique-chimie du baccalauréat 2026, centre Polynésie, jour 1 : trois heures trente, calculatrice en mode examen autorisée. Trois exercices pour 20 points, 9 points sur la synthèse d'une coumarine, 5 points sur la scintigraphie cardiaque au thallium 201 et 6 points sur la découverte du trou noir SgrA*. L'énoncé et ses documents sont reproduits tels quels, et chaque question qui a un résultat vérifiable porte un champ autocorrigé.

L'exercice 1 compare deux synthèses de la 7-hydroxy-4-méthylcoumarine : pH d'un acide fort pH=−log⁡(C/co)\mathrm{pH}=-\log(C/c^{o}) et vérification graphique, dilution et protocole à la fiole jaugée, spectroscopie infrarouge, rendement d'une synthèse, groupes caractéristiques cétone et ester, mécanisme réactionnel avec flèche courbe, réaction d'addition, rôle d'un catalyseur, cristallisation, recristallisation et filtration sous pression réduite sur Büchner. L'exercice 2 porte sur la radioactivité β+\beta^{+} et l'énergie d'un photon E=hc/λE=hc/\lambda, puis sur la loi de décroissance radioactive : activité, équation différentielle dN/dt+λN=0\mathrm{d}N/\mathrm{d}t+\lambda N=0, constante radioactive et demi-vie. L'exercice 3 applique la deuxième loi de Kepler à l'orbite de l'étoile S2, puis la deuxième loi de Newton dans le repère de Frenet, le mouvement circulaire uniforme et la troisième loi de Kepler pour peser le trou noir.

Le corrigé nomme la loi à chaque question, pose le calcul avec ses unités et ses chiffres significatifs, et vérifie le résultat quand c'est possible. Trois pièges y sont traités en détail : la pente 1 de la Figure 2, seule preuve qu'un acide est fort, quand des points alignés ne suffisent pas (exercice 1, Q4) ; la bande infrarouge vers 1 610 cm−11\,610\ \mathrm{cm^{-1}} qui tombe dans le domaine N-H alors que le composé A n'a pas d'azote (exercice 1, Q5) ; les conversions de rr en mètres et de TT en secondes, sans lesquelles la masse du trou noir est fausse d'un facteur un milliard (exercice 3, Q8).

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Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale

Exercice 1 : Synthèse d'une Coumarine

9 points Synthèse organique et mécanismesAcide-base, pKa et titragesStratégies de synthèse et polymèresChimie organique et synthèse

La synthèse de la coumarine fut l'une des premières synthèses réalisées vers la fin du XIXe siècle par le chimiste anglais William H. Perkin. Les coumarines possèdent des propriétés anticoagulantes. La famille des coumarines est formée des composés dérivés de la coumarine simple de formule brute C9H6O2\mathrm{C_{9}H_{6}O_{2}}, dont la formule topologique est représentée en Figure 1.

Formule topologique de la coumarine simple : un cycle benzénique accolé à un second cycle à six atomes qui contient un atome d'oxygène dans le cycle et porte, sur le carbone voisin de cet oxygène, un second oxygène doublement lié ; une double liaison carbone-carbone complète ce second cycle.
Figure 1. Formule topologique de la coumarine simple
  • L'objectif de cet exercice est de comparer deux méthodes de synthèse d'une coumarine ainsi que leurs rendements. L'une de ces méthodes met en jeu de l'acide sulfamique, dont les propriétés sont étudiées en première partie, les deux autres parties étant consacrées aux méthodes de synthèse proprement dites.
  • 1. Étude de l'acide sulfamique par pH-métrie
  • Donnée :
    • concentration en quantité de matière standard co=1 mol⋅L−1c^{o}=1\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.
  • Q1. Montrer que pour une solution aqueuse d'un acide fort quelconque AH appartenant à un couple AH/A−\mathrm{AH/A^{-}} de concentration en quantité de matière apportée en acide fort CC, le pH de la solution s'exprime par la relation : pH=−log⁡(Cco)\mathrm{pH}=-\log\left(\dfrac{C}{c^{o}}\right).
  • On souhaite s'assurer que l'acide sulfamique, de formule NH2SO3H\mathrm{NH_{2}SO_{3}H}, a un comportement d'acide fort par des mesures de pH. Cet acide appartient au couple acide-base NH2SO3H(aq) / NH2SO3−(aq)\mathrm{NH_{2}SO_{3}H(aq)\ /\ NH_{2}SO_{3}^{-}(aq)}.
  • On commence par préparer, à partir d'une solution S d'acide sulfamique de concentration en quantité de matière C=1,0×10−1 mol⋅L−1C=1{,}0\times 10^{-1}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, une solution S1\mathrm{S_{1}} d'acide sulfamique de volume V1=100,0V_{1}=100{,}0 mL et de concentration C1=1,0×10−2 mol⋅L−1C_{1}=1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.
  • Q2. Calculer le volume V′V' de solution S à prélever et détailler le protocole pour préparer la solution S1\mathrm{S_{1}}.
  • Q3. Écrire l'équation modélisant la réaction entre l'acide sulfamique et l'eau.
  • On réalise ensuite plusieurs solutions aqueuses Sn\mathrm{S_{n}} d'acide sulfamique de concentrations CnC_{n} en quantités de matière différentes dont on mesure la valeur du pH. L'évolution du pH mesuré en fonction de −log⁡(Cnco)-\log\left(\dfrac{C_{n}}{c^{o}}\right) est représentée sur la Figure 2.
  • Graphe du pH (de 0 à 6) en fonction de -log(Cn/c°) (de 0 à 6), quatre points : S1 à l'abscisse 2 et au pH 2,2 environ ; S2 à 3 et 3,1 ; S3 à 4 et 4,1 ; S4 à 5 et 5,3. Les points sont presque alignés sur la droite pH = -log(Cn/c°).
    Figure 2. Évolution de la valeur du pH en fonction de −log⁡(Cnco)-\log\left(\dfrac{C_{n}}{c^{o}}\right)
  • Q4. À l'aide de la Figure 2, vérifier que l'acide sulfamique peut être considéré comme un acide fort.
  • 2. Synthèse d'une coumarine en présence d'acide sulfamique
  • On étudie la synthèse du composé 7-hydroxy-4-méthylcoumarine, dérivé de la coumarine simple et noté « composé A », en présence d'acide sulfamique. La transformation chimique est modélisée par l'équation de réaction représentée ci-dessous.
  • Équation de réaction en formules topologiques : résorcinol (cycle benzénique portant deux groupes OH en position 1 et 3) plus acétoacétate d'éthyle (CH3-CO-CH2-CO-O-CH2-CH3), avec NH2SO3H au-dessus de la flèche, donnent le composé A (7-hydroxy-4-méthylcoumarine : la coumarine portant un OH sur le cycle benzénique et un groupe méthyle sur le carbone 4), plus éthanol plus eau (H-OH).
  • Cette transformation est effectuée en 20 minutes à la température de 130 °C.
  • On réalise le spectre infrarouge du produit obtenu, il est représenté Figure 3.
  • Spectre infrarouge du produit, transmittance (de 0,15 à 1) en fonction du nombre d'onde (de 3 800 à 400 cm-1). Bande forte et assez fine vers 3 500 cm-1 (transmittance 0,26), bande plus large et moins intense vers 3 100 cm-1 (0,45), rien de notable entre 2 800 et 1 750 cm-1, deux bandes très intenses vers 1 670 et 1 610 cm-1 (transmittance inférieure à 0,2), puis de nombreuses bandes fortes à moyennes entre 1 400 et 1 000 cm-1, dont vers 1 390, 1 270 et 1 070 cm-1, et une bande vers 840 cm-1.
    Figure 3. Spectre infrarouge du produit obtenu
  • Données : Table de données pour la spectroscopie infrarouge
  • Liaisonσ (cm⁻¹)Intensité
    O − H3500 − 3700Forte, fine
    O − H acide carboxylique2500 − 3200Forte à moyenne, large
    C = O1650 − 1740Forte
    C − O1040 − 1300Forte à moyenne
    N − H1560 − 1640Forte à moyenne
  • Q5. Montrer que le spectre infrarouge du produit obtenu est compatible avec la structure de la molécule de la 7-hydroxy-4-méthylcoumarine (composé A).
  • Les propriétés physicochimiques des divers composés considérés sont présentées dans le tableau ci-après.
  • RésorcinolAcétylacétate d'éthyleComposé A 7-hydroxy-4-méthylcoumarine
    Formule chimiqueC6H6O2\mathrm{C_{6}H_{6}O_{2}}C6H10O3\mathrm{C_{6}H_{10}O_{3}}C10H8O3\mathrm{C_{10}H_{8}O_{3}}
    Masse molaire MM (g⋅mol−1\mathrm{g\cdot mol^{-1}})110130176
    Densité dd1,08--
  • On réalise la réaction en introduisant dans un ballon un volume VR=11,1V_{R}=11{,}1 mL de résorcinol et une masse mAE=14,2m_{AE}=14{,}2 g d'acétylacétate d'éthyle.
  • Le produit obtenu, après purification, est sous forme de cristaux de masse : m=12,4m=12{,}4 g.
  • Q6. Calculer la valeur du rendement η1\eta_{1} de cette synthèse.
  • 3. Synthèse d'une coumarine en présence d'acide paratoluènesulfonique
  • Dans un deuxième schéma de synthèse du composé A, le résorcinol réagit avec l'acétoacétate d'éthyle en présence d'un acide organique fort, l'acide paratoluènesulfonique (APTS). La transformation chimique est modélisée par l'équation de réaction représentée ci-dessous.
  • Même équation de réaction : résorcinol plus acétoacétate d'éthyle donnent le composé A plus éthanol plus eau, avec cette fois APTS écrit au-dessus de la flèche.
  • Q7. Recopier la formule topologique de l'acétoacétate d'éthyle, entourer les deux groupes caractéristiques sur la copie et nommer les familles fonctionnelles correspondantes.
  • Le début du mécanisme de la synthèse est proposé Figure 4 :
  • Étape 1 : l'acétoacétate d'éthyle, avec ses doublets non liants sur les trois atomes d'oxygène, plus un ion H+, donnent l'acétoacétate d'éthyle protoné sur l'oxygène du groupe C=O de la cétone, qui porte alors une charge + et un atome H. Aucune flèche courbe n'est dessinée. Étape 2 : l'espèce protonée plus le résorcinol, avec des flèches courbes déjà tracées (un doublet du cycle vers le carbone du C=O protoné, le doublet de la double liaison C=O vers l'oxygène, un doublet d'un oxygène du résorcinol vers le cycle), donnent, par une double flèche d'équilibre, une seule espèce où le carbone de l'ancienne cétone porte un groupe OH et est lié au cycle, lequel porte un groupe C=O protoné (O+-H).
    Figure 4. Les deux premières étapes du mécanisme de la synthèse
  • Q8. Recopier l'étape 1 du mécanisme sur la copie et y placer la flèche courbe expliquant le mécanisme.
  • Q9. Identifier la catégorie de réaction de l'étape 2 représentée Figure 4 parmi les suivantes : addition, élimination ou substitution.
  • L'APTS joue le rôle de catalyseur dans la synthèse du composé A.
  • Q10. Donner la définition d'un catalyseur.
  • Le mode opératoire, décrit ci-après, utilisé pour cette synthèse, a été mis au point par deux chercheurs japonais :
    • Préparer un bain-marie d'eau tiède dans un cristallisoir, dont la température doit être au voisinage de 60-70 °C.
    • Dans un erlenmeyer de 50 mL, introduire un barreau aimanté puis les masses mr=2,20m_{r}=2{,}20 g de résorcinol, mAE=2,60m_{AE}=2{,}60 g d'acétoacétate d'éthyle et mAPTS=0,18m_{APTS}=0{,}18 g d'APTS.
    • Placer l'erlenmeyer dans le bain-marie et maintenir, sous agitation magnétique, une température voisine de 60 °C pendant une durée de 10 minutes. Le milieu devient un liquide homogène.
    • Refroidir avec un cristallisoir rempli d'eau glacée. Laisser refroidir à l'air libre l'erlenmeyer contenant le mélange réactionnel.
    • Sous agitation magnétique, y ajouter progressivement 15 mL d'eau distillée. On observe qu'un solide cristallise. Refroidir pour achever la cristallisation et obtenir des cristaux bruts.
  • Pour récupérer des cristaux purifiés du composé A formés lors de la synthèse, on procède de la manière suivante :
    • Sous pression réduite, collecter le solide dans un entonnoir Büchner garni d'un filtre rond.
    • Rincer le solide à l'aide de 3 × 5 mL d'eau froide. Recueillir les cristaux bruts dans une boîte de Pétri préalablement tarée.
    • Recristalliser le produit dans un mélange éthanol-eau. Une très faible quantité de solvant doit être utilisée.
    • Collecter les cristaux purifiés. Les recueillir sur un verre de montre taré.
  • RésorcinolAcétoacétate d'éthyleAPTSComposé A
    EauInsolubleInsolubleSolubleInsoluble
    ÉthanolSolubleSolubleSolublePeu soluble à froid ; soluble à chaud
    Données : tableau des solubilités des espèces en fonction du solvant
  • Q11. Indiquer le rôle de l'eau dans la cristallisation du produit brut obtenu qu'on recueille dans la boîte de Pétri.
  • Suite à la recristallisation, on observe une perte de masse du solide récupéré.
  • Q12. En supposant que la transformation n'est pas totale, indiquer les espèces éliminées du solide après recristallisation dans le mélange éthanol-eau.
  • Trois montages. Montage A : un bécher verse un liquide dans un entonnoir conique garni de papier filtre, tenu par une pince, au-dessus d'un bécher. Montage B : un entonnoir à fond plat percé (Büchner) sur un cône de caoutchouc, posé sur un erlenmeyer à tubulure latérale reliée par un tuyau à une trompe à eau fixée au robinet. Montage C : une ampoule à décanter avec robinet, tenue sur un support, au-dessus d'un bécher.
    Figure 5. Montages proposés pour la filtration des cristaux obtenus
  • Q13. Indiquer, parmi les montages A, B et C proposés Figure 5 celui utilisant une pression réduite et un entonnoir de Büchner.
  • Données :
    • masses molaires des différentes espèces chimiques :
    Acétoacétate d'éthyle MAE=130 g⋅mol−1M_{AE}=130\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}}, Résorcinol Mr=110 g⋅mol−1M_{r}=110\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}}, Composé A recristallisé MA=176 g⋅mol−1M_{A}=176\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}}.
  • On note nAEn_{AE} la quantité de matière en acétoacétate d'éthyle et nrn_{r} la quantité de matière en résorcinol.
  • Q14. À l'aide des données du protocole, vérifier que les réactifs ont été introduits en proportions stœchiométriques.
  • On recueille une masse de produit mA=2,0m_{A}=2{,}0 g de composé A purifié.
  • Q15. Calculer la valeur du rendement η2\eta_{2} de cette synthèse.
  • Q16. Discuter d'un avantage et d'un inconvénient de chaque voie de synthèse.

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Q2
Q4
Q6
Q9
Q13
Q14
Q15
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Réponses

  • Q1 Réaction totale : [H3O+]=C[\mathrm{H_{3}O^{+}}]=C, donc pH=−log⁡(C/co)\mathrm{pH}=-\log(C/c^{o})
  • Q2 V′=C1V1C=10,0V'=\dfrac{C_{1}V_{1}}{C}=10{,}0 mL, pipette jaugée puis fiole jaugée de 100,0100{,}0 mL
  • Q3 NH2SO3H+H2O→NH2SO3−+H3O+\mathrm{NH_{2}SO_{3}H+H_{2}O\rightarrow NH_{2}SO_{3}^{-}+H_{3}O^{+}}
  • Q4 Points sur la droite pH=−log⁡(Cn/co)\mathrm{pH}=-\log(C_{n}/c^{o}), pente 1,01{,}0 : acide fort
  • Q5 O−H\mathrm{O-H} vers 3 5003\,500, C=O\mathrm{C=O} vers 1 6701\,670, C−O\mathrm{C-O} entre 1 0401\,040 et 1 300 cm−11\,300\ \mathrm{cm^{-1}} : compatible
  • Q6 nmax⁡=0,109n_{\max}=0{,}109 mol, mmax⁡=19,2m_{\max}=19{,}2 g, η1≈65\eta_{1}\approx 65 %
  • Q7 Groupe carbonyle : cétone ; groupe −COO−\mathrm{-COO-} : ester
  • Q8 Flèche d'un doublet non liant de l'oxygène de la cétone vers H+\mathrm{H^{+}}
  • Q9 Addition
  • Q10 Espèce qui accélère la réaction sans être consommée (régénérée en fin de mécanisme)
  • Q11 A, insoluble dans l'eau, cristallise ; l'APTS, soluble, reste en solution
  • Q12 Résorcinol et acétoacétate d'éthyle restants (et traces d'APTS)
  • Q13 Montage B
  • Q14 nr=nAE=2,00×10−2n_{r}=n_{AE}=2{,}00\times 10^{-2} mol : proportions stœchiométriques
  • Q15 mmax⁡=3,52m_{\max}=3{,}52 g, η2≈57\eta_{2}\approx 57 %
  • Q16 Voie 1 : meilleur rendement, mais 130 °C ; voie 2 : 60 °C et 10 min, mais rendement plus faible

Q1. Un acide fort est, par définition, un acide dont la réaction avec l'eau est totale : AH(aq)+H2O(ℓ)→A−(aq)+H3O+(aq)\mathrm{AH(aq)+H_{2}O(\ell)\rightarrow A^{-}(aq)+H_{3}O^{+}(aq)}, avec une simple flèche. Dans un volume VV de solution, la quantité d'acide apportée vaut C VC\,V ; la réaction étant totale, l'avancement final est égal à l'avancement maximal, xf=C Vx_{f}=C\,V, et il se forme autant d'ions oxonium : n(H3O+)=C Vn(\mathrm{H_{3}O^{+}})=C\,V, donc [H3O+]=C[\mathrm{H_{3}O^{+}}]=C.

Par définition du pH, pH=−log⁡([H3O+]co)\mathrm{pH}=-\log\left(\dfrac{[\mathrm{H_{3}O^{+}}]}{c^{o}}\right), d'où pH=−log⁡(Cco)\mathrm{pH}=-\log\left(\dfrac{C}{c^{o}}\right). On néglige les ions oxonium apportés par l'autoprotolyse de l'eau, ce qui est légitime tant que CC reste grand devant 10−7 mol⋅L−110^{-7}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}. Erreur fréquente : écrire log⁡C\log C sans coc^{o} ; le logarithme ne s'applique qu'à un nombre sans dimension, et c'est précisément le rôle de la concentration standard donnée.

Q2. Au cours d'une dilution, la quantité de matière de soluté se conserve : la quantité d'acide prélevée dans S est celle que contiendra S1\mathrm{S_{1}}, soit C V′=C1 V1C\,V'=C_{1}\,V_{1}. Donc V′=C1 V1C=1,0×10−2×100,01,0×10−1=10,0V'=\dfrac{C_{1}\,V_{1}}{C}=\dfrac{1{,}0\times 10^{-2}\times 100{,}0}{1{,}0\times 10^{-1}}=10{,}0 mL. Le facteur de dilution vaut F=CC1=10F=\dfrac{C}{C_{1}}=10, et l'on vérifie que V1V′=10\dfrac{V_{1}}{V'}=10.

Protocole : verser un peu de solution S dans un bécher propre et sec (on ne pipette jamais dans le flacon) ; prélever 10,010{,}0 mL de S à l'aide d'une pipette jaugée de 10,010{,}0 mL munie d'une propipette, préalablement rincée avec S ; les introduire dans une fiole jaugée de 100,0100{,}0 mL ; ajouter de l'eau distillée jusqu'aux trois quarts environ, boucher et agiter ; compléter avec de l'eau distillée jusqu'au trait de jauge, le bas du ménisque sur le trait ; boucher et retourner plusieurs fois pour homogénéiser. Erreur fréquente : prélever à l'éprouvette graduée, trop peu précise pour une solution que l'on veut connaître à 0,10{,}1 mL près, ou inverser le rapport et trouver 1 0001\,000 mL.

Q3. L'acide sulfamique cède un proton H+\mathrm{H^{+}} à l'eau, qui joue le rôle de base du couple H3O+/H2O\mathrm{H_{3}O^{+}/H_{2}O} : NH2SO3H(aq)+H2O(ℓ)→NH2SO3−(aq)+H3O+(aq)\mathrm{NH_{2}SO_{3}H(aq)+H_{2}O(\ell)\rightarrow NH_{2}SO_{3}^{-}(aq)+H_{3}O^{+}(aq)}. La simple flèche traduit l'hypothèse d'un acide fort, que la question Q4 va vérifier ; pour un acide faible on écrirait une double flèche, la réaction conduisant à un équilibre.

Q4. D'après Q1, si l'acide sulfamique est fort, alors pH=−log⁡(Cnco)\mathrm{pH}=-\log\left(\dfrac{C_{n}}{c^{o}}\right) : sur la Figure 2, les points doivent se placer sur la droite d'équation y=xy=x, de coefficient directeur 11 et passant par l'origine.

Lecture des points : S1\mathrm{S_{1}} (2 ; 2,2)(2\,;\,2{,}2), S2\mathrm{S_{2}} (3 ; 3,1)(3\,;\,3{,}1), S3\mathrm{S_{3}} (4 ; 4,1)(4\,;\,4{,}1), S4\mathrm{S_{4}} (5 ; 5,3)(5\,;\,5{,}3). Les points sont alignés sur une droite dont la pente, calculée entre les points extrêmes, vaut 5,3−2,25−2=1,0\dfrac{5{,}3-2{,}2}{5-2}=1{,}0, et chaque pH ne s'écarte de −log⁡(Cn/co)-\log(C_{n}/c^{o}) que de 0,10{,}1 à 0,30{,}3 unité, ce qui est de l'ordre de la précision d'une mesure au pH-mètre sur des solutions aussi diluées. On a donc pH≈−log⁡(Cnco)\mathrm{pH}\approx-\log\left(\dfrac{C_{n}}{c^{o}}\right) : l'acide sulfamique se comporte comme un acide fort.

Argument complémentaire : pour un acide faible, partiellement dissocié, on aurait [H3O+]<Cn[\mathrm{H_{3}O^{+}}]<C_{n}, donc un pH nettement supérieur à −log⁡(Cn/co)-\log(C_{n}/c^{o}), et l'écart serait le plus grand pour la solution la plus concentrée, S1\mathrm{S_{1}}. Ici l'écart de S1\mathrm{S_{1}}, 0,20{,}2, n'est pas plus grand que celui de S4\mathrm{S_{4}} : il relève de la dispersion des mesures, pas d'une dissociation partielle. Erreur fréquente : se contenter de dire que « les points sont alignés » ; une droite de pente 1/21/2 serait aussi une droite, c'est la pente 11 et la quasi-égalité des deux grandeurs qui concluent.

Q5. On repère d'abord les liaisons du composé A : un groupe hydroxyle O−H\mathrm{O-H} porté par le cycle benzénique, un groupe C=O\mathrm{C=O} lié à un oxygène du cycle (un ester cyclique), donc des liaisons C−O\mathrm{C-O}, et aucun atome d'azote.

Sur le spectre de la Figure 3 : une bande forte et assez fine vers 3 500 cm−13\,500\ \mathrm{cm^{-1}}, attribuable à la liaison O−H\mathrm{O-H} (table : 3 5003\,500 à 3 700 cm−13\,700\ \mathrm{cm^{-1}}, forte, fine) ; une bande très intense vers 1 670 cm−11\,670\ \mathrm{cm^{-1}}, transmittance inférieure à 0,20{,}2, attribuable à la liaison C=O\mathrm{C=O} (1 6501\,650 à 1 740 cm−11\,740\ \mathrm{cm^{-1}}, forte) ; plusieurs bandes fortes à moyennes entre 1 0401\,040 et 1 300 cm−11\,300\ \mathrm{cm^{-1}}, vers 1 2701\,270 et 1 070 cm−11\,070\ \mathrm{cm^{-1}}, attribuables aux liaisons C−O\mathrm{C-O}. Les trois types de liaisons du composé A sont présents : le spectre est compatible avec sa structure.

Deux bandes demandent une phrase pour ne pas mal conclure. La bande intense vers 1 610 cm−11\,610\ \mathrm{cm^{-1}} tombe dans le domaine que la table attribue à N−H\mathrm{N-H}, mais le composé A ne contient pas d'azote : elle correspond aux liaisons C=C\mathrm{C=C} des cycles, absentes de la table. La bande large et moins intense vers 3 100 cm−13\,100\ \mathrm{cm^{-1}} correspond aux liaisons C−H\mathrm{C-H}, en particulier celles du cycle aromatique, et rien n'oblige à y voir l'O−H\mathrm{O-H} d'un acide carboxylique, que le composé A ne contient pas. Erreur fréquente : conclure à la présence d'acide sulfamique résiduel à cause de la bande à 1 610 cm−11\,610\ \mathrm{cm^{-1}}.

Q6. Le rendement est le rapport de la quantité de produit obtenue à la quantité maximale attendue, η1=nexpnmax⁡\eta_{1}=\dfrac{n_{\text{exp}}}{n_{\max}} ; on peut raisonner en masses, η1=mmmax⁡\eta_{1}=\dfrac{m}{m_{\max}}. L'« acétylacétate d'éthyle » du tableau est l'acétoacétate d'éthyle de l'équation.

Quantités initiales. Résorcinol : sa masse volumique vaut ρr=d×ρeau=1,08×1,00 g⋅mL−1=1,08 g⋅mL−1\rho_{r}=d\times\rho_{\text{eau}}=1{,}08\times 1{,}00\ \mathrm{g\cdot mL^{-1}}=1{,}08\ \mathrm{g\cdot mL^{-1}}, donc mr=ρr VR=1,08×11,1=12,0m_{r}=\rho_{r}\,V_{R}=1{,}08\times 11{,}1=12{,}0 g et nr=12,0110=1,09×10−1n_{r}=\dfrac{12{,}0}{110}=1{,}09\times 10^{-1} mol. Acétoacétate d'éthyle : nAE=14,2130=1,09×10−1n_{AE}=\dfrac{14{,}2}{130}=1{,}09\times 10^{-1} mol. L'équation consomme une mole de chaque réactif pour une mole de composé A : les réactifs sont pratiquement en proportions stœchiométriques, le résorcinol étant tout juste limitant (0,10900{,}1090 mol contre 0,10920{,}1092 mol). Donc xmax⁡=nmax⁡(A)=1,09×10−1x_{\max}=n_{\max}(\mathrm{A})=1{,}09\times 10^{-1} mol.

Masse maximale : mmax⁡=nmax⁡ MA=0,1090×176=19,2m_{\max}=n_{\max}\,M_{A}=0{,}1090\times 176=19{,}2 g. Rendement : η1=12,419,2=0,646\eta_{1}=\dfrac{12{,}4}{19{,}2}=0{,}646, soit η1≈65\eta_{1}\approx 65 %, avec trois chiffres significatifs au plus comme les données. Erreur fréquente : prendre 11,111{,}1 g pour la masse de résorcinol, en confondant densité et masse volumique sans unité, ou diviser la masse de produit par la somme des masses des réactifs.

Q7. Formule semi-développée de l'acétoacétate d'éthyle : CH3−CO−CH2−CO−O−CH2−CH3\mathrm{CH_{3}-CO-CH_{2}-CO-O-CH_{2}-CH_{3}}. Premier groupe à entourer : le groupe carbonyle C=O\mathrm{C=O} dont le carbone est lié à deux atomes de carbone (le C=O\mathrm{C=O} de gauche, entre le CH3\mathrm{CH_{3}} et le CH2\mathrm{CH_{2}}) : famille des cétones. Second groupe : l'ensemble −C(=O)−O−\mathrm{-C(=O)-O-}, le carbone doublement lié à un oxygène et simplement lié à un second oxygène lui-même lié au groupe éthyle : famille des esters. Le nom le confirme, « éthyle » désigne la partie alcool d'un ester. Piège : entourer seulement le C=O\mathrm{C=O} de l'ester et l'appeler cétone ; le C=O\mathrm{C=O} et l'oxygène voisin forment un seul groupe, le groupe ester, qu'on entoure d'un seul trait.

Q8. L'étape 1 est une réaction acide-base : l'ion H+\mathrm{H^{+}}, apporté par l'APTS, se fixe sur l'oxygène du groupe carbonyle de la cétone, comme le montre le produit (oxygène porteur d'un H et d'une charge ++). Le site donneur de doublet d'électrons est un doublet non liant de cet atome d'oxygène, riche en électrons ; le site accepteur est l'ion H+\mathrm{H^{+}}, qui n'a aucun électron.

On trace donc UNE flèche courbe qui part d'un doublet non liant de l'oxygène de la cétone et pointe vers H+\mathrm{H^{+}} : ce doublet devient la liaison O−H\mathrm{O-H}, et l'oxygène, qui a mis en commun un doublet qui lui appartenait en propre, porte la charge ++. Vérification : l'oxygène du produit n'a plus qu'un doublet non liant, contre deux dans le réactif. Erreur fréquente : tracer la flèche de H+\mathrm{H^{+}} vers l'oxygène ; une flèche courbe va toujours du doublet d'électrons (site donneur) vers le site accepteur.

Q9. À l'étape 2, deux réactifs, l'espèce protonée et le résorcinol, donnent un seul produit, qui contient tous leurs atomes ; la double liaison C=O\mathrm{C=O} de l'espèce protonée devient une liaison simple C−OH\mathrm{C-OH} et le carbone se lie au cycle. Deux entités qui s'unissent en une seule, une liaison multiple qui devient simple : c'est une addition. Une substitution échangerait un atome ou un groupe contre un autre (deux produits), une élimination ferait l'inverse d'une addition (création d'une liaison multiple, deux produits).

Q10. Un catalyseur est une espèce chimique qui accélère une transformation chimique sans être consommée par celle-ci : il est consommé dans une étape du mécanisme puis régénéré dans une étape ultérieure, il n'apparaît donc pas dans l'équation de la réaction (on l'écrit au-dessus de la flèche, comme l'APTS), et il ne modifie pas l'état final du système. Ici, l'APTS fournit l'ion H+\mathrm{H^{+}} consommé à l'étape 1, qui est restitué en fin de mécanisme.

Q11. D'après le tableau des solubilités, le composé A est insoluble dans l'eau : l'ajout progressif d'eau au mélange réactionnel liquide fait cristalliser le composé A, l'eau joue le rôle de solvant dans lequel le produit ne peut pas rester dissous. En même temps, l'APTS est soluble dans l'eau : le catalyseur reste en solution et part avec le filtrat puis avec les eaux de rinçage, tout comme l'éthanol formé, miscible à l'eau. L'eau froide du rinçage limite en outre la perte de produit. Le solide brut recueilli contient donc le composé A, mais aussi ce qui est insoluble dans l'eau : le résorcinol et l'acétoacétate d'éthyle qui n'ont pas réagi.

Q12. La transformation n'étant pas totale, il reste dans le solide brut du résorcinol et de l'acétoacétate d'éthyle, insolubles dans l'eau (Q11), plus d'éventuelles traces d'APTS. La recristallisation dissout tout le solide à chaud dans le minimum de solvant, puis laisse refroidir : le composé A, peu soluble à froid dans l'éthanol, recristallise, tandis que le résorcinol et l'acétoacétate d'éthyle, solubles dans l'éthanol même à froid, restent dissous et sont éliminés avec le filtrat, de même que l'APTS, soluble dans les deux solvants.

Les espèces éliminées sont donc les réactifs restants, résorcinol et acétoacétate d'éthyle, et les traces de catalyseur. La perte de masse vient de ces impuretés retirées, mais aussi d'un peu de composé A qui reste dissous, « peu soluble » ne voulant pas dire insoluble : c'est pourquoi le protocole impose une très faible quantité de solvant.

Q13. Le montage B : un entonnoir Büchner à fond plat percé, posé sur une fiole à vide (erlenmeyer à paroi épaisse muni d'une tubulure latérale) reliée à une trompe à eau fixée au robinet, qui crée la pression réduite. Le montage A est une filtration simple par gravité, sur entonnoir conique ; le montage C est une ampoule à décanter, qui sépare deux liquides non miscibles et ne filtre rien.

Q14. nr=mrMr=2,20110=2,00×10−2n_{r}=\dfrac{m_{r}}{M_{r}}=\dfrac{2{,}20}{110}=2{,}00\times 10^{-2} mol et nAE=mAEMAE=2,60130=2,00×10−2n_{AE}=\dfrac{m_{AE}}{M_{AE}}=\dfrac{2{,}60}{130}=2{,}00\times 10^{-2} mol. Les nombres stœchiométriques du résorcinol et de l'acétoacétate d'éthyle valent tous deux 11 dans l'équation : les réactifs sont en proportions stœchiométriques si nr1=nAE1\dfrac{n_{r}}{1}=\dfrac{n_{AE}}{1}, ce qui est le cas. Si la transformation était totale, les deux réactifs seraient entièrement consommés en même temps. L'APTS, catalyseur, n'entre pas dans ce bilan.

Q15. Les réactifs étant en proportions stœchiométriques, xmax⁡=2,00×10−2x_{\max}=2{,}00\times 10^{-2} mol et nmax⁡(A)=2,00×10−2n_{\max}(\mathrm{A})=2{,}00\times 10^{-2} mol, soit mmax⁡=nmax⁡ MA=2,00×10−2×176=3,52m_{\max}=n_{\max}\,M_{A}=2{,}00\times 10^{-2}\times 176=3{,}52 g. Rendement : η2=mAmmax⁡=2,03,52=0,57\eta_{2}=\dfrac{m_{A}}{m_{\max}}=\dfrac{2{,}0}{3{,}52}=0{,}57, soit η2≈57\eta_{2}\approx 57 %, deux chiffres significatifs comme mA=2,0m_{A}=2{,}0 g. Erreur fréquente : utiliser la masse molaire d'un réactif au lieu de celle du produit, 176 g⋅mol−1176\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}}.

Q16. Voie 1, acide sulfamique : avantage, le meilleur rendement, 6565 % contre 5757 % ; inconvénient, une température de 130130 °C, coûteuse en énergie et plus délicate en sécurité (risque de brûlure), pour une durée de 2020 minutes, deux fois plus longue.

Voie 2, APTS : avantage, des conditions douces, 6060 °C au bain-marie pendant 1010 minutes seulement, donc moins d'énergie et un montage simple, avec des réactifs en proportions stœchiométriques, sans excès à éliminer ; inconvénient, un rendement plus faible, en partie à cause des étapes de purification (rinçages et recristallisation) qui font perdre du produit. Le choix dépend de ce qu'on privilégie : la quantité de produit (voie 1) ou la sobriété énergétique et la sécurité, dans l'esprit de la chimie verte (voie 2). Toute discussion argumentée avec un avantage et un inconvénient par voie, tirés des données, est acceptée.

123456123456pH = -log(Cn/c°)S1S4-log(Cn/c°)pH

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Exercice 2 : La scintigraphie cardiaque

5 points La décroissance radioactive : demi-vie, activité et datationL'effet photoélectrique : photon, seuil et cellule photovoltaïque

La scintigraphie cardiaque est un examen indolore, réalisé par le cardiologue ou le médecin nucléaire pour évaluer la santé cardiaque d'un patient. L'examen dure environ 15 à 30 minutes et consiste en l'injection intraveineuse de thallium 201 radioactif. Le thallium 201 émet des rayons γ\gamma captés par une caméra à scintillation.

L'objectif de cet exercice est d'analyser les propriétés du thallium 201 utilisé pour analyser le fonctionnement cardiaque, ainsi que son comportement dans l'organisme lors de son injection et de son élimination au cours d'une scintigraphie du cœur.

Le thallium 201 (81201Tl{}^{201}_{81}\mathrm{Tl}), utilisé pour la scintigraphie peut se désintégrer en mercure 201 selon l'équation :

81201Tl→80201Hg∗+10e{}^{201}_{81}\mathrm{Tl}\rightarrow{}^{201}_{80}\mathrm{Hg}^{*}+{}^{0}_{1}\mathrm{e} ,

où 80201Hg∗{}^{201}_{80}\mathrm{Hg}^{*} représente un état excité du 80201Hg{}^{201}_{80}\mathrm{Hg}.

  • Q1. Préciser à quel type de désintégration correspond cette transformation nucléaire.
  • Le 80201Hg∗{}^{201}_{80}\mathrm{Hg}^{*} se désexcite très rapidement en émettant un photon γ\gamma d'énergie EE égale à 135 keV.
  • Données :
    • célérité de la lumière dans le vide : c=3,00×108 m⋅s−1c=3{,}00\times 10^{8}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} ;
    • constante de Planck : h=6,63×10−34 J⋅sh=6{,}63\times 10^{-34}\ \mathrm{J\cdot s} ;
    • électronvolt : 1 eV=1,60×10−191\ \mathrm{eV}=1{,}60\times 10^{-19} J ;
    • relation entre l'énergie et la longueur d'onde dans le vide λv\lambda_{v} : E=hcλvE=\dfrac{hc}{\lambda_{v}} ;
    • domaines spectraux des ondes électromagnétiques.
  • Axe des longueurs d'onde lambda en mètres, croissantes vers la droite : rayons gamma en dessous de 10^-11 m, rayons X de 10^-11 à 10^-8 m, ultraviolet de 10^-8 à 4×10^-7 m, visible de 4×10^-7 à 8×10^-7 m, infrarouge de 8×10^-7 à 10^-3 m, ondes radio au-delà de 10^-3 m.
  • Q2. À l'aide des données, exprimer puis calculer la longueur d'onde λv\lambda_{v} de ce rayonnement d'énergie EE dans le vide.
  • Q3. Retrouver alors le domaine du spectre auquel appartient ce rayonnement lors de la désintégration du thallium 201.
  • Q4. Citer une méthode de protection contre ces rayonnements ionisants.
  • Données et rappels :
    • L'activité d'un échantillon de noyaux radioactifs est le nombre de désintégrations radioactives par unité de temps dans cet échantillon.
    • L'activité A(t)A(t) à l'instant tt est ici liée au nombre de nombre de noyaux N(t)N(t) restant à l'instant tt par la relation : A(t)=λN(t)A(t)=\lambda N(t), dans laquelle λ\lambda est la constante radioactive de la désintégration.
    • La loi de décroissance radioactive relative à l'activité est A(t)=A0e−λ⋅tA(t)=A_{0}e^{-\lambda\cdot t} ;
    • Demi-vie (ou période) du thallium 201 : t1/2=3,04t_{1/2}=3{,}04 jours.
    • 1 jour = 86400 s
  • Lors d'une scintigraphie du cœur, on injecte une solution stérile de chlorure de thallium 201. L'examen du patient considéré nécessite l'injection par voie intraveineuse d'une dose présentant une activité A0=78A_{0}=78 MBq.
  • Après l'administration du chlorure de thallium, il est conseillé de boire beaucoup d'eau pour éliminer le thallium restant par voie urinaire.
  • Q5. Donner la relation entre l'activité A(t)A(t) d'un échantillon et la dérivée temporelle du nombre de noyaux radioactifs N(t)N(t), notée dN(t)dt\dfrac{\mathrm{d}N(t)}{\mathrm{d}t}, dans cet échantillon.
  • Q6. Établir l'équation différentielle régissant la population de noyaux radioactifs N(t)N(t) sous la forme dN(t)dt+λN(t)=0\dfrac{\mathrm{d}N(t)}{\mathrm{d}t}+\lambda N(t)=0.
  • Q7. Vérifier que N(t)=N0e−λ⋅tN(t)=N_{0}e^{-\lambda\cdot t} est solution de l'équation différentielle précédente, avec N0N_{0} le nombre de noyaux radioactifs initialement présents dans l'échantillon.
  • Q8. Établir l'expression de la constante radioactive en fonction du temps de demi-vie t1/2t_{1/2}. En déduire que la valeur de la constante radioactive λ\lambda du thallium 201 est 2,64×10−6 s−12{,}64\times 10^{-6}\ \mathrm{s^{-1}}.
  • Q9. Calculer l'activité restante ArA_{r} chez le patient deux heures après l'injection. Conclure.
  • Q10. Calculer la durée t1%t_{1\%}, en jours, au bout de laquelle l'activité radioactive du thallium 201 est égale à 1% de sa valeur initiale A0A_{0}. Justifier alors le fait qu'il est nécessaire de boire beaucoup d'eau après l'examen.

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Q1
Q2
Q3
Q9
Q10
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Réponses

  • Q1 Désintégration β+\beta^{+} (émission d'un positon)
  • Q2 λv=hcE=9,21×10−12\lambda_{v}=\dfrac{hc}{E}=9{,}21\times 10^{-12} m
  • Q3 λv<10−11\lambda_{v}<10^{-11} m : rayons γ\gamma
  • Q4 S'éloigner, s'abriter derrière un écran de plomb ou limiter la durée d'exposition
  • Q5 A(t)=−dN(t)dtA(t)=-\dfrac{\mathrm{d}N(t)}{\mathrm{d}t}
  • Q6 −dNdt=λN-\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}=\lambda N, donc dNdt+λN=0\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}+\lambda N=0
  • Q7 −λN0e−λt+λN0e−λt=0-\lambda N_{0}e^{-\lambda t}+\lambda N_{0}e^{-\lambda t}=0, et N(0)=N0N(0)=N_{0}
  • Q8 λ=ln⁡2t1/2=2,64×10−6 s−1\lambda=\dfrac{\ln 2}{t_{1/2}}=2{,}64\times 10^{-6}\ \mathrm{s^{-1}}
  • Q9 Ar=76,5A_{r}=76{,}5 MBq : l'activité n'a baissé que de 2 %
  • Q10 t1%=ln⁡100λ=20,2t_{1\%}=\dfrac{\ln 100}{\lambda}=20{,}2 jours : boire accélère l'élimination

Q1. On vérifie d'abord les lois de conservation de Soddy : nombre de nucléons 201=201+0201=201+0, nombre de charge 81=80+181=80+1. La particule émise, 10e{}^{0}_{1}\mathrm{e}, a la masse négligeable d'un électron mais une charge +e+e : c'est un positon. L'émission d'un positon caractérise la radioactivité β+\beta^{+} : au sein du noyau, un proton s'est transformé en neutron, ce qui fait baisser ZZ d'une unité sans changer AA.

Erreur fréquente : confondre 10e{}^{0}_{1}\mathrm{e} (positon, β+\beta^{+}) et −1  0e{}^{\ \,0}_{-1}\mathrm{e} (électron, β−\beta^{-}), qui ferait au contraire augmenter ZZ. Remarque : dans la réalité, le thallium 201 se désintègre surtout par capture électronique, transformation qui aboutit au même noyau de mercure 201 ; le sujet la modélise par l'émission d'un positon, et c'est une désintégration β+\beta^{+} qui est attendue.

Q2. De E=hcλvE=\dfrac{hc}{\lambda_{v}}, on tire λv=hcE\lambda_{v}=\dfrac{hc}{E}, avec EE en joules. Conversion : E=135 keV=135×103×1,60×10−19=2,16×10−14E=135\ \mathrm{keV}=135\times 10^{3}\times 1{,}60\times 10^{-19}=2{,}16\times 10^{-14} J. Donc λv=6,63×10−34×3,00×1082,16×10−14=9,21×10−12\lambda_{v}=\dfrac{6{,}63\times 10^{-34}\times 3{,}00\times 10^{8}}{2{,}16\times 10^{-14}}=9{,}21\times 10^{-12} m, avec trois chiffres significatifs comme les données.

Erreur fréquente : oublier le préfixe kilo et convertir 135135 eV au lieu de 135135 keV ; on trouverait 9,21×10−99{,}21\times 10^{-9} m, mille fois trop, et l'on conclurait à tort aux rayons X en Q3.

Q3. D'après l'échelle des domaines spectraux, les rayons γ\gamma correspondent aux longueurs d'onde inférieures à 10−1110^{-11} m. Or λv=9,21×10−12 m<1×10−11\lambda_{v}=9{,}21\times 10^{-12}\ \mathrm{m}<1\times 10^{-11} m : le rayonnement appartient au domaine des rayons γ\gamma, ce qui est cohérent avec l'énoncé, qui parle d'un photon γ\gamma émis lors de la désexcitation du noyau de mercure. Ordre de grandeur : un photon de lumière visible, de longueur d'onde 5×10−75\times 10^{-7} m, transporte hcλ≈2,5\dfrac{hc}{\lambda}\approx 2{,}5 eV, plus de cinquante mille fois moins que les 135135 keV du photon γ\gamma. C'est cette énergie qui rend le rayonnement ionisant et assez pénétrant pour traverser le corps du patient jusqu'à la caméra.

Q4. Trois méthodes de radioprotection, une seule est demandée : s'éloigner de la source, l'exposition diminuant avec la distance ; interposer un écran absorbant dense, par exemple du plomb (protège-seringue plombé, paroi plombée, tablier) ; limiter la durée d'exposition. Le personnel manipule ainsi les seringues de thallium derrière un écran de plomb. Le choix d'un matériau dense et épais tient à la nature du rayonnement : les photons γ\gamma ne sont arrêtés ni par la peau ni par une feuille de papier, et c'est justement cette capacité à traverser le corps qui permet à la caméra de les détecter.

Q5. L'activité est le nombre de désintégrations par unité de temps, c'est-à-dire la vitesse à laquelle le nombre de noyaux radioactifs diminue : A(t)=−dN(t)dtA(t)=-\dfrac{\mathrm{d}N(t)}{\mathrm{d}t}. Le signe moins rend l'activité positive, puisque NN diminue et que sa dérivée est négative.

Q6. On égale les deux expressions de l'activité, celle de Q5 et celle des rappels, A(t)=λN(t)A(t)=\lambda N(t) : −dN(t)dt=λN(t)-\dfrac{\mathrm{d}N(t)}{\mathrm{d}t}=\lambda N(t), d'où dN(t)dt+λN(t)=0\dfrac{\mathrm{d}N(t)}{\mathrm{d}t}+\lambda N(t)=0.

Q7. On dérive N(t)=N0e−λtN(t)=N_{0}e^{-\lambda t} : dNdt=−λN0e−λt\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}=-\lambda N_{0}e^{-\lambda t}. Alors dNdt+λN(t)=−λN0e−λt+λN0e−λt=0\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}+\lambda N(t)=-\lambda N_{0}e^{-\lambda t}+\lambda N_{0}e^{-\lambda t}=0 pour tout tt : la fonction est solution de l'équation différentielle. La condition initiale est aussi respectée : N(0)=N0e0=N0N(0)=N_{0}e^{0}=N_{0}, le nombre de noyaux présents à l'instant initial.

Q8. Par définition, la demi-vie t1/2t_{1/2} est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux initialement présents se sont désintégrés : N(t1/2)=N02N(t_{1/2})=\dfrac{N_{0}}{2}. Donc N0e−λt1/2=N02N_{0}e^{-\lambda t_{1/2}}=\dfrac{N_{0}}{2}, soit e−λt1/2=12e^{-\lambda t_{1/2}}=\dfrac{1}{2}, et en prenant le logarithme népérien : −λt1/2=−ln⁡2-\lambda t_{1/2}=-\ln 2, d'où λ=ln⁡2t1/2\lambda=\dfrac{\ln 2}{t_{1/2}}.

Application numérique, la demi-vie convertie en secondes pour obtenir λ\lambda en s−1\mathrm{s^{-1}} : t1/2=3,04×86 400=2,63×105t_{1/2}=3{,}04\times 86\,400=2{,}63\times 10^{5} s, donc λ=0,6932,63×105=2,64×10−6 s−1\lambda=\dfrac{0{,}693}{2{,}63\times 10^{5}}=2{,}64\times 10^{-6}\ \mathrm{s^{-1}}, la valeur annoncée. Erreur fréquente : garder t1/2t_{1/2} en jours, ce qui donne 0,228 jour−10{,}228\ \mathrm{jour^{-1}}, valeur juste mais dans une autre unité que celle demandée.

Q9. Loi de décroissance de l'activité, avec t=2t=2 h =2×3 600=7 200=2\times 3\,600=7\,200 s : λt=2,64×10−6×7 200=1,90×10−2\lambda t=2{,}64\times 10^{-6}\times 7\,200=1{,}90\times 10^{-2}, et Ar=A0e−λt=78×e−1,90×10−2=78×0,981=76,5A_{r}=A_{0}e^{-\lambda t}=78\times e^{-1{,}90\times 10^{-2}}=78\times 0{,}981=76{,}5 MBq, soit environ 7777 MBq.

Conclusion : deux heures après l'injection, alors que l'examen est terminé depuis longtemps, l'activité n'a diminué que de 22 % environ ; le patient reste pratiquement aussi radioactif qu'au moment de l'injection. Cohérent avec l'ordre de grandeur : deux heures sont très courtes devant la demi-vie de plus de trois jours. Erreur fréquente : multiplier λ\lambda par tt exprimé en heures, ce qui donne une exponentielle fausse d'un facteur 3 6003\,600 dans l'exposant.

Q10. On cherche t1%t_{1\%} tel que A(t1%)=A0100A(t_{1\%})=\dfrac{A_{0}}{100} : e−λt1%=1100e^{-\lambda t_{1\%}}=\dfrac{1}{100}, donc t1%=ln⁡100λ=4,612,64×10−6=1,74×106t_{1\%}=\dfrac{\ln 100}{\lambda}=\dfrac{4{,}61}{2{,}64\times 10^{-6}}=1{,}74\times 10^{6} s, soit 1,74×10686 400=20,2\dfrac{1{,}74\times 10^{6}}{86\,400}=20{,}2 jours. Vérification sans passer par les secondes : t1%=ln⁡100ln⁡2 t1/2=6,64×3,04=20,2t_{1\%}=\dfrac{\ln 100}{\ln 2}\,t_{1/2}=6{,}64\times 3{,}04=20{,}2 jours, un peu moins de sept demi-vies (27=1282^{7}=128).

Il faut donc environ trois semaines pour que la seule décroissance radioactive ramène l'activité à 11 % de sa valeur initiale. Pendant ce temps, le thallium continue d'irradier les organes du patient. Boire beaucoup d'eau accélère l'élimination biologique du thallium par voie urinaire : on retire les noyaux radioactifs de l'organisme plus vite que la désintégration ne le ferait seule, ce qui réduit la dose reçue par le patient.

Exercice 3 : La saga de la découverte des trous noirs

6 points Satellites et lois de Kepler

L'astronome Reinhard Genzel, prix Nobel de physique en 2020, et ses collaborateurs ont apporté les preuves de l'existence d'un trou noir au centre de notre galaxie, nommé SgrA* (Sagittarius A*), dont la masse a été évaluée peu après par l'équipe d'Andrea Ghez à environ 4,4 millions de masses solaires.

D'après Sciences et Avenir, octobre 2020

Le but de cet exercice est d'estimer la masse MM du trou noir SgrA* afin de confirmer la valeur donnée dans l'article précédent.

La Figure 1 présente la trajectoire elliptique d'une étoile appelée S2 dans le référentiel galiléen dont l'origine est le trou noir SgrA*.

On a reporté, à coté de chaque position de l'étoile S2 la date à laquelle a été effectué le relevé. Ainsi, 2000,6 correspond à l'année 2000, accomplie au 6/10 de sa durée. Les points F1\mathrm{F_{1}} et F2\mathrm{F_{2}} sont les foyers de l'ellipse, F1\mathrm{F_{1}} étant occupé par SgrA*.

Ellipse en pointillés, grand axe presque vertical, avec les foyers F1 en haut et F2 en bas. Positions datées de l'étoile S2, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre : 1992 et 1993 en bas, de part et d'autre de l'extrémité basse du grand axe, puis 1995, 1997 et 1997,6 en bas à droite, 2000, 2000,6, 2001 et 2001,5 sur le côté droit, 2002 au sommet, à l'extrémité haute du grand axe tout près de F1, puis 2002.2 en haut à gauche et une position non datée sur le côté gauche. Les écarts entre positions sont petits en bas, loin de F1, et grands en haut, près de F1.
Figure 1. Relevé des positions de l'étoile S2
  • D'après la deuxième loi de Kepler, le rayon vecteur qui relie le centre du trou noir SgrA* à l'étoile S2 balaie des aires égales pendant des durées égales.
  • Q1. Expliquer que la vitesse de l'étoile S2 en 2002 est supérieure à la vitesse de S2 en 1993.
  • Q2. À partir de la Figure 1, montrer que la valeur de la période de révolution TT de l'étoile S2 autour de SgrA* est de l'ordre de 19 ans.
  • On peut montrer que la période de révolution de l'étoile S2 est identique à celle qu'aurait une étoile fictive Sf dont la trajectoire serait circulaire autour de F1\mathrm{F_{1}}, avec un rayon égal à la moitié du grand axe de l'ellipse parcourue par S2.
  • Portion de trajectoire circulaire en pointillés autour de SgrA*, de rayon r. Au point Sf, le vecteur unitaire ut est tangent à la trajectoire, orienté vers le haut à gauche, et le vecteur unitaire un est dirigé de Sf vers SgrA*. Une flèche indique le sens de rotation de l'étoile Sf, inverse des aiguilles d'une montre.
    Figure 2. Portion de trajectoire circulaire de l'étoile Sf autour de SgrA*
  • On considère que l'étoile fictive Sf est uniquement soumise à la force gravitationnelle de SgrA* et que sa trajectoire est circulaire de rayon rr. L'étude est effectuée dans le repère de Frenet (Sf,ut⃗,un⃗)(\mathrm{Sf},\vec{u_{t}},\vec{u_{n}}).
  • On note mfm_{f} la masse de l'étoile fictive Sf.
  • Q3. À l'aide de la deuxième loi de Newton appliquée à l'étoile Sf considérée comme ponctuelle, exprimer son vecteur accélération a⃗\vec{a} en fonction de GG, MM, rr et du vecteur un⃗\vec{u_{n}}.
  • Q4. Recopier la Figure 2 sur votre copie, sans souci d'échelle, et représenter, au point Sf, les vecteurs vitesse v⃗\vec{v} et accélération a⃗\vec{a} de l'étoile Sf.
  • Q5. En utilisant l'expression du vecteur accélération dans la base de Frenet, montrer alors que dans le cadre de l'approximation d'une trajectoire circulaire, le mouvement de l'étoile Sf est circulaire uniforme.
  • Q6. Montrer également que l'expression de la vitesse vv de l'étoile Sf est : v=GMrv=\sqrt{\dfrac{GM}{r}}
  • Q7. On définit TT comme la période de révolution de l'étoile S autour du trou noir SgrA*. Retrouver l'expression de la troisième loi de Kepler : T2r3=4π2GM\dfrac{T^{2}}{r^{3}}=\dfrac{4\pi^{2}}{GM}
  • Données :
    • constante de gravitation universelle : G=6,67×10−11 m3⋅kg−1⋅s−2G=6{,}67\times 10^{-11}\ \mathrm{m^{3}\cdot kg^{-1}\cdot s^{-2}} ;
    • masse du soleil : MS=1,99×1030M_{S}=1{,}99\times 10^{30} kg ;
    • la valeur rr du rayon de l'orbite de l'étoile fictive Sf : r=1,74×1011r=1{,}74\times 10^{11} km ;
    • la valeur de la période de révolution TT de l'étoile S2 autour de SgrA* est égale à 19 ans.
  • Q8. Déterminer la valeur de la masse MM du trou noir SgrA*. Comparer le résultat à la valeur annoncée dans l'article de Sciences et Avenir cité en préambule. Commenter.

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Q2
Q8
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Réponses

  • Q1 Près de F1\mathrm{F_{1}} le rayon vecteur est court : arc plus long pour la même aire, donc vitesse plus grande
  • Q2 Apoastre vers 1992,5, périastre en 2002 : T/2≈9,5T/2\approx 9{,}5 ans, T≈19T\approx 19 ans
  • Q3 a⃗=GMr2 un⃗\vec{a}=\dfrac{GM}{r^{2}}\,\vec{u_{n}}
  • Q4 v⃗\vec{v} tangent, dans le sens de ut⃗\vec{u_{t}} ; a⃗\vec{a} selon un⃗\vec{u_{n}}, vers SgrA*
  • Q5 dvdt=0\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}=0 : mouvement circulaire uniforme
  • Q6 v2r=GMr2\dfrac{v^{2}}{r}=\dfrac{GM}{r^{2}}, donc v=GMrv=\sqrt{\dfrac{GM}{r}}
  • Q7 T=2πrvT=\dfrac{2\pi r}{v}, donc T2r3=4π2GM\dfrac{T^{2}}{r^{3}}=\dfrac{4\pi^{2}}{GM}
  • Q8 M=4π2r3GT2=8,7×1036M=\dfrac{4\pi^{2}r^{3}}{GT^{2}}=8{,}7\times 10^{36} kg ≈4,4×106 MS\approx 4{,}4\times 10^{6}\,M_{S} : accord avec l'article

Q1. Deuxième loi de Kepler : le segment qui joint SgrA* (en F1\mathrm{F_{1}}) à l'étoile balaie des aires égales pendant des durées égales. En 2002, l'étoile passe au plus près de F1\mathrm{F_{1}} (périastre, extrémité haute du grand axe) : le rayon vecteur est court. En 1993, elle est près du point le plus éloigné de F1\mathrm{F_{1}} (apoastre, extrémité basse) : le rayon vecteur est long. Pour balayer la même aire pendant une même durée avec un rayon vecteur plus court, l'étoile doit parcourir un arc plus long : elle va donc plus vite en 2002 qu'en 1993.

La Figure 1 le montre directement : entre 2001,5 et 2002,2, soit 0,70{,}7 an, l'étoile parcourt tout le haut de l'ellipse, alors qu'entre 1992 et 1993, en une année entière, elle ne parcourt qu'un petit arc. Erreur fréquente : invoquer la seule forme de l'ellipse ; c'est l'égalité des aires, avec la position du foyer occupé, qui justifie la différence de vitesse.

Q2. Le grand axe de l'ellipse, qui passe par les deux foyers, la partage en deux moitiés de même aire. D'après la deuxième loi de Kepler, l'aire balayée est proportionnelle à la durée : chaque moitié, de l'apoastre au périastre puis du périastre à l'apoastre, est parcourue en T2\dfrac{T}{2}.

Lecture de la Figure 1 : l'apoastre, extrémité basse du grand axe, est entre les positions de 1992 et de 1993, vers 1992,5 ; le périastre, extrémité haute, est atteint en 2002. Donc T2≈2002−1992,5=9,5\dfrac{T}{2}\approx 2002-1992{,}5=9{,}5 ans et T≈19T\approx 19 ans. Cohérence : les relevés de 1992 à 2002,2, un peu plus de dix ans, couvrent un peu plus de la moitié de l'ellipse, le côté gauche restant à parcourir. Erreur fréquente : prendre la durée des relevés, une dizaine d'années, pour la période entière, alors qu'elle ne couvre qu'une demi-révolution environ.

Q3. Système : l'étoile fictive Sf, de masse mfm_{f}, assimilée à un point ; référentiel galiléen centré sur SgrA*. Seule force : la force gravitationnelle exercée par SgrA*, attractive, dirigée de Sf vers SgrA*, donc selon un⃗\vec{u_{n}} : F⃗=G M mfr2 un⃗\vec{F}=\dfrac{G\,M\,m_{f}}{r^{2}}\,\vec{u_{n}}.

Deuxième loi de Newton : mf a⃗=F⃗m_{f}\,\vec{a}=\vec{F}, d'où a⃗=G Mr2 un⃗\vec{a}=\dfrac{G\,M}{r^{2}}\,\vec{u_{n}}. La masse de l'étoile se simplifie : l'accélération ne dépend que de la masse du trou noir et de la distance. Erreur fréquente : écrire −GMr2un⃗-\dfrac{GM}{r^{2}}\vec{u_{n}} par habitude ; ce signe moins accompagne un vecteur unitaire orienté du centre attracteur vers l'étoile, alors qu'ici un⃗\vec{u_{n}} pointe vers SgrA*.

Q4. Au point Sf : le vecteur vitesse v⃗\vec{v} est tangent à la trajectoire et orienté dans le sens du mouvement, c'est-à-dire dans le sens de ut⃗\vec{u_{t}} (sens inverse des aiguilles d'une montre indiqué sur la figure) ; le vecteur accélération a⃗\vec{a} est colinéaire à un⃗\vec{u_{n}}, dirigé de Sf vers SgrA*, perpendiculaire à v⃗\vec{v} : il est centripète. Les longueurs sont arbitraires, puisque la figure est sans souci d'échelle. Le tracé attendu est représenté sur la figure du corrigé.

Q5. Dans la base de Frenet, l'accélération d'un point qui décrit un cercle de rayon rr s'écrit a⃗=dvdt ut⃗+v2r un⃗\vec{a}=\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}\,\vec{u_{t}}+\dfrac{v^{2}}{r}\,\vec{u_{n}}. On identifie avec l'expression de Q3, qui n'a pas de composante selon ut⃗\vec{u_{t}} : dvdt=0\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}=0. La norme de la vitesse est donc constante : le mouvement circulaire de Sf est uniforme. La composante normale donne, elle, v2r=GMr2\dfrac{v^{2}}{r}=\dfrac{GM}{r^{2}}, qui sert à la question suivante. Erreur fréquente : déduire l'uniformité du seul fait que la trajectoire est un cercle ; un mouvement circulaire peut être accéléré ou freiné. C'est l'absence de composante tangentielle de la force, donc de l'accélération, qui impose une vitesse de norme constante.

Q6. De v2r=G Mr2\dfrac{v^{2}}{r}=\dfrac{G\,M}{r^{2}}, on tire v2=G Mrv^{2}=\dfrac{G\,M}{r}, et, vv étant positive, v=G Mrv=\sqrt{\dfrac{G\,M}{r}}. Vérification d'unité : m3⋅kg−1⋅s−2×kgm=m2⋅s−2\dfrac{\mathrm{m^{3}\cdot kg^{-1}\cdot s^{-2}}\times\mathrm{kg}}{\mathrm{m}}=\mathrm{m^{2}\cdot s^{-2}}, dont la racine est bien une vitesse. La vitesse ne dépend pas de la masse mfm_{f} de l'étoile, et elle diminue quand le rayon de l'orbite augmente : une étoile plus éloignée du trou noir tourne plus lentement.

Q7. Le mouvement est circulaire uniforme : pendant une période TT, l'étoile parcourt la circonférence 2πr2\pi r à vitesse constante, donc v=2πrTv=\dfrac{2\pi r}{T}, soit T=2πrvT=\dfrac{2\pi r}{v}. En élevant au carré et en remplaçant v2v^{2} par GMr\dfrac{GM}{r} : T2=4π2r2v2=4π2r2×rG M=4π2r3G MT^{2}=\dfrac{4\pi^{2}r^{2}}{v^{2}}=\dfrac{4\pi^{2}r^{2}\times r}{G\,M}=\dfrac{4\pi^{2}r^{3}}{G\,M}, d'où T2r3=4π2G M\dfrac{T^{2}}{r^{3}}=\dfrac{4\pi^{2}}{G\,M}, la troisième loi de Kepler. Le rapport ne dépend que de la masse de l'astre central, pas de celle de l'étoile.

Q8. On isole MM dans la troisième loi de Kepler : M=4π2r3G T2M=\dfrac{4\pi^{2}r^{3}}{G\,T^{2}}, avec toutes les grandeurs en unités SI. Conversions : r=1,74×1011 km=1,74×1014r=1{,}74\times 10^{11}\ \mathrm{km}=1{,}74\times 10^{14} m ; T=19 ans=19×365,25×86 400=6,00×108T=19\ \text{ans}=19\times 365{,}25\times 86\,400=6{,}00\times 10^{8} s.

Application numérique : M=4π2×(1,74×1014)36,67×10−11×(6,00×108)2=8,7×1036M=\dfrac{4\pi^{2}\times(1{,}74\times 10^{14})^{3}}{6{,}67\times 10^{-11}\times(6{,}00\times 10^{8})^{2}}=8{,}7\times 10^{36} kg. En masses solaires : MMS=8,67×10361,99×1030=4,4×106\dfrac{M}{M_{S}}=\dfrac{8{,}67\times 10^{36}}{1{,}99\times 10^{30}}=4{,}4\times 10^{6}, soit environ 4,44{,}4 millions de masses solaires : le résultat est en accord avec la valeur annoncée par l'article.

Commentaire : le résultat est donné avec deux chiffres significatifs, comme la période ; il est sensible à TT, puisque MM varie comme 1T2\dfrac{1}{T^{2}} : une erreur d'une demi-année sur TT, l'ordre de la précision de la lecture de la Figure 1, déplace MM d'environ 55 %, entre 4,14{,}1 et 4,64{,}6 millions de masses solaires. L'accord reste donc solide. Une masse de plusieurs millions de soleils contenue dans une région invisible plus petite que l'orbite de S2 ne peut être qu'un objet extrêmement compact, ce qui appuie l'interprétation par un trou noir. Ordre de grandeur de la vitesse, d'après Q6 : v=GM/r≈1,8×106 m⋅s−1v=\sqrt{GM/r}\approx 1{,}8\times 10^{6}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, environ 1 8001\,800 km par seconde.

Erreur fréquente : garder rr en kilomètres, ce qui divise MM par 10910^{9} puisque rr est au cube, ou TT en années ; seul le système SI est cohérent avec la valeur de GG.

SgrA*Sfva
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