Démarche expérimentale en chimie de secondaire 5 : le volet pratique corrigé
Voici dix tâches corrigées de démarche expérimentale en chimie de secondaire 5, le volet pratique qui compte pour 40 % du résultat : représentation de la situation (reformuler, formuler une hypothèse), plan d'action (variables indépendante, dépendante et contrôlées, protocole, choix du matériel), mise en œuvre (consignation des données, incertitude absolue et relative, chiffres significatifs, graphique) et explications (hypothèse confirmée ou non, sources d'erreur, améliorations). Chaque exercice part d'un vrai montage de laboratoire du programme et de mesures ou d'observations brutes, avec leur dispersion, comme dans un rapport de laboratoire.
La partie A travaille les gestes un à un : l'hypothèse, les variables et l'écart systématique d'une seringue de Boyle-Mariotte (exercice 1), l'incertitude et les chiffres significatifs d'une calorimétrie à la canette (exercice 2), le contrôle des variables et la répétabilité de la réaction du thiosulfate (exercice 3), la prédiction par le principe de Le Chatelier avec le chlorure de cobalt (exercice 4) et la verrerie d'un titrage acide fort, base forte qui vérifie l'étiquette d'un déboucheur (exercice 5). La partie B enchaîne des démarches complètes : le zéro absolu extrapolé d'un graphique (exercice 6), l'identification d'un liquide par la méthode de Dumas (exercice 7), la loi de Hess avec le magnésium et son oxyde (exercice 8), la loi des vitesses par la réaction horloge à l'iode (exercice 9) et la constante Kps de la crème de tartre à deux températures (exercice 10).
Les pièges traités sont ceux qui coûtent des points au laboratoire : l'« erreur humaine » qu'on ne chiffre pas (exercice 1), l'incertitude d'une différence de deux lectures (exercices 2 et 5), des instruments plus précis proposés contre une erreur systématique (exercice 2), la température qui n'est pas contrôlée au moment du mélange (exercice 3), la conclusion « exothermique » tirée à l'envers (exercice 4), la pente calculée avec deux mesures au lieu de la droite (exercice 6), les conditions de la vapeur confondues avec celles de la salle (exercice 7), l'équation à inverser dans un cycle de Hess (exercice 8), les ordres lus sur les coefficients et la concentration prise avant dilution (exercice 9), l'incertitude qui double quand on élève au carré (exercice 10).
Chaque corrigé se termine par une grille qui dit quel critère du Cadre d'évaluation chaque question mesure. Traitez chaque exercice au complet, comme un rapport, avant d'ouvrir la correction.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Une HYPOTHÈSE prend un risque : elle annonce un sens et, si possible, une forme (« la pression varie en proportion inverse du volume »), et elle se justifie par une théorie. Elle se formule AVANT l'expérience.
•Variable INDÉPENDANTE : celle qu'on choisit. Variable DÉPENDANTE : celle qu'on mesure. Variables CONTRÔLÉES : toutes les autres, gardées constantes. Entre deux essais comparés, une seule variable change.
•Incertitude de lecture : la moitié de la plus petite graduation, ou la tolérance donnée par le fabricant. Une différence de deux lectures additionne les deux incertitudes absolues ; un produit ou un quotient additionne les incertitudes RELATIVES.
•Un résultat garde le nombre de chiffres significatifs de la donnée la moins précise. Une erreur aléatoire disperse les mesures dans les deux sens ; une erreur systématique les décale toujours dans le même sens, et des instruments plus précis ne la corrigent pas.
•Conclure, c'est comparer l'écart à l'incertitude : un écart plus petit que l'incertitude confirme l'hypothèse ; un écart plus grand demande une cause nommée, puis une amélioration qui s'y attaque.
•Constantes : R=8,314 kPa·L/(mol·K) ; T=θ+273,15, avec T en kelvins et θ en °C ; ceau=4,19 J/(g·°C).
Partie A : les gestes de la démarche (/50)
Exercice 1 : Loi de Boyle-Mariotte : hypothèse, variables et écart systématique
Question de départ : comment la pression d'une quantité d'air varie-t-elle quand on diminue son volume, à température constante ? Une équipe emprisonne 60,0 mL d'air dans une seringue graduée au millilitre, reliée par un court tube de raccord à un capteur de pression qui affiche au dixième de kilopascal. Elle enfonce le piston par étapes et lit la pression à chaque arrêt, dans une salle à 22 °C.
Document 1 : le montage, piston à 60,0 mL.
a) Formulez une hypothèse qui répond à la question de départ et justifiez-la par la théorie cinétique. Nommez la variable indépendante, la variable dépendante et deux variables contrôlées.
b) Quelle est l'incertitude absolue sur un volume lu sur cette seringue ? Calculez l'incertitude relative sur la lecture de 20,0 mL. Pourquoi l'équipe attend-elle quelques secondes après chaque déplacement du piston avant de lire la pression ?
c) Calculez le produit P×V pour chaque mesure. Quel graphique faut-il tracer pour obtenir une droite si l'hypothèse est vraie ?
d) Calculez l'écart relatif entre le produit P×V à 60,0 mL et celui à 20,0 mL. Comparez-le à l'incertitude relative du produit à 20,0 mL (le capteur est précis à ±0,5 kPa). L'écart est-il aléatoire ou systématique ?
e) Ramené à 60,0 mL après la dernière mesure, le piston donne de nouveau 101,3 kPa. Quelle cause de l'écart cette vérification élimine-t-elle, et laquelle reste-t-il ? En notant v le volume d'air du raccord, calculez v à partir des mesures à 60,0 mL et à 20,0 mL, puis concluez sur l'hypothèse.
Voir la correction
Réponses
a)Si le volume diminue, la pression augmente en proportion inverse (PV constant). VI : volume ; VD : pression ; contrôlées : température, quantité d'air
b)±0,5 mL ; 2,5 % à 20,0 mL ; on attend que l'air comprimé revienne à la température de la salle
c)PV : 6078, 6055, 6024, 5955, 5920, 5844 kPa·mL ; tracer P en fonction de V1
d)Écart 3,8 % contre 2,7 % d'incertitude, et il décroît toujours dans le même sens : systématique
e)Fuite écartée ; reste l'air du raccord, v≈1,2 mL ; P(V+v) constant à 0,2 % près : hypothèse confirmée
a)
Hypothèse : si on diminue le volume de l'air, sa pression augmente, et le produit P×V reste constant (la pression double quand le volume est divisé par deux).
Justification par la théorie cinétique : la même quantité de particules, à la même vitesse moyenne (température constante), frappe plus souvent chaque centimètre carré de paroi quand l'espace se réduit.
Variable indépendante : le volume, celle qu'on choisit en déplaçant le piston. Variable dépendante : la pression, celle qu'on mesure.
Variables contrôlées : la température de l'air et la quantité d'air (seringue bien raccordée, sans fuite).
Piège : une hypothèse n'est pas une question reformulée. « La pression va changer » ne prend aucun risque ; « la pression varie en proportion inverse du volume » peut être confirmée ou réfutée par les mesures.
b)
Sur un instrument à graduations, l'incertitude de lecture vaut la moitié de la plus petite division : ±0,5 mL.
20,00,5×100=2,5 %
La même incertitude absolue pèse donc trois fois plus lourd à 20,0 mL qu'à 60,0 mL (0,83 %).
On attend avant de lire parce qu'une compression rapide réchauffe l'air : la pression lue juste après le mouvement serait trop forte. Attendre, c'est laisser l'air revenir à 22 °C, donc contrôler la température.
c)
Les six produits, en kPa·mL : 101,3×60,0=6078 ; 6055 ; 6024 ; 5955 ; 5920 ; 292,2×20,0=5844.
Si P×V=k, alors P=k×V1 : le graphique de P en fonction de V1 est une droite qui passe par l'origine.
Le graphique de P en fonction de V donne une courbe (une branche d'hyperbole), sur laquelle on ne peut pas juger à l'œil si la loi est respectée.
d)
60786078−5844×100=3,8 %
Incertitude relative du produit à 20,0 mL : 20,00,5×100+292,20,5×100=2,5+0,2=2,7 %
L'écart dépasse l'incertitude. Surtout, il n'est pas dispersé au hasard : le produit DIMINUE à chaque étape, sans exception. Une erreur aléatoire ferait monter et descendre les produits autour d'une valeur ; une diminution régulière signe une erreur systématique.
Piège : conclure « l'hypothèse est fausse » dès que PV n'est pas rigoureusement constant. On cherche d'abord si l'écart dépasse l'incertitude, puis s'il a une cause qui agit toujours dans le même sens.
e)
Une fuite ferait perdre de l'air pour de bon : revenu à 60,0 mL, le capteur afficherait moins de 101,3 kPa. Il affiche 101,3 kPa, la fuite est écartée.
Reste le raccord : l'air du tube est comprimé avec celui de la seringue, mais la seringue ne le compte pas. Le vrai volume est V+v.
Si la loi est vraie, 101,3(60,0+v)=292,2(20,0+v), donc v=292,2−101,36078−5844≈1,2 mL.
Avec v=1,2 mL, les produits P(V+v) valent 6200, 6200, 6205, 6193, 6204 et 6195 kPa·mL : ils ne s'écartent plus que de 0,2 % au plus, bien sous l'incertitude.
Conclusion : l'hypothèse est confirmée, à condition de compter tout l'air emprisonné. Amélioration : un raccord plus court, ou mesurer v à part et l'ajouter à chaque lecture.
Le graphique du corrigé le montre : les points de P en fonction de V1 passent sous la droite par l'origine aux petits volumes, là où le raccord pèse le plus.
Grille : a) relève de la représentation de la situation (hypothèse justifiée, variables), b) du plan d'action (précision de l'instrument, contrôle de la température), c) et d) de la mise en œuvre (consignation, incertitude, graphique), e) des explications et de la conclusion.
La copie qui perd le plus de points ici est celle qui écrit « erreur humaine » : une source d'erreur se nomme, se vérifie (le retour à 60,0 mL) et se chiffre.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Calorimétrie à la canette : incertitude, chiffres significatifs et sources d'erreur
On veut mesurer la chaleur molaire de combustion de l'éthanol, C2H5OH (M=46,07 g/mol), avec un calorimètre de fortune : une canette d'aluminium contenant de l'eau, chauffée par une lampe à éthanol. La valeur de la table est ΔH=−1367 kJ/mol.
Instruments : balance précise à ±0,01 g ; thermomètre à alcool gradué au degré, lu à ±0,5 °C. On prend ceau=4,19 J/(g·°C) et on néglige la chaleur absorbée par la canette.
Document 1 : le montage.
Mesure
Valeur
masse d'eau dans la canette
200,0 g
masse de la lampe avant
182,46 g
masse de la lampe après
181,52 g
température initiale de l'eau
19,5 °C
température maximale de l'eau
44,0 °C
Document 2 : le cahier de laboratoire.
a) Calculez la masse d'éthanol brûlée et la variation de température de l'eau, chacune avec son incertitude absolue.
b) Calculez la chaleur absorbée par l'eau, la quantité d'éthanol brûlée et la chaleur molaire de combustion mesurée, avec son signe.
c) Calculez l'incertitude relative sur le résultat (somme des incertitudes relatives). Avec combien de chiffres significatifs faut-il l'écrire ? Pourquoi pas davantage ?
d) Calculez l'écart relatif avec la valeur de la table. L'incertitude de mesure suffit-elle à l'expliquer ? Parmi ces trois erreurs, laquelle ne peut PAS expliquer une valeur mesurée trop petite (en valeur absolue) : chaleur perdue dans l'air autour de la canette ; combustion incomplète qui noircit le fond de la canette ; masse d'eau réelle plus petite que celle notée ?
e) Un élève propose de refaire l'expérience avec un thermomètre numérique au dixième de degré et une balance au milligramme. Cette amélioration réduira-t-elle l'écart avec la table ? Proposez une amélioration qui s'attaque à la cause dominante.
c)6,3 % ; deux chiffres significatifs : ΔH=(−1,0±0,1)×103 kJ/mol
d)Écart de 26 %, quatre fois l'incertitude : erreur systématique ; la masse d'eau surestimée ne l'explique pas
e)Non : l'erreur dominante est la chaleur perdue ; écran autour de la flamme et de la canette, couvercle, flamme plus proche
a)
Masse brûlée : 182,46−181,52=0,94 g.
Chaque pesée porte ±0,01 g ; dans une différence, les incertitudes absolues s'additionnent : ±0,02 g.
ΔT=44,0−19,5=24,5 °C, à ±(0,5+0,5)=±1 °C.
Piège : recopier l'incertitude d'une seule lecture pour une différence de deux lectures. Une variation se mesure toujours avec deux lectures.
b)
Q=mcΔT=200,0×4,19×24,5=20531 J, soit 20,5 kJ absorbés par l'eau.
n=46,070,94=2,04×10−2 mol d'éthanol
2,04×10−220,5≈1006 kJ par mole brûlée
La combustion cède cette chaleur à l'eau : ΔH≈−1006 kJ/mol, à écrire avec les bons chiffres en c).
Piège : prendre m de la formule Q=mcΔT pour la masse d'éthanol. La masse qui s'échauffe est celle de l'eau ; celle de l'éthanol sert à compter les moles.
c)
Incertitudes relatives : 24,51×100=4,1 % sur ΔT ; 0,940,02×100=2,1 % sur la masse brûlée ; 200,00,1×100=0,05 % sur la masse d'eau.
Le résultat est un produit et un quotient de ces mesures : 4,1+2,1+0,05≈6,3 %, soit ±63 kJ/mol.
La donnée la moins précise, 0,94 g, n'a que deux chiffres significatifs : le résultat en garde deux, ΔH=−1,0×103 kJ/mol.
Écrire −1006 kJ/mol prétendrait connaître le résultat à l'unité près, alors que l'incertitude dépasse 60 kJ/mol. La balance lit au centième, mais la soustraction de deux masses voisines a mangé deux chiffres.
d)
13671367−1006×100=26 %
L'écart vaut quatre fois l'incertitude de 6 % : les instruments n'y sont pour rien, c'est une erreur systématique, qui pousse toujours dans le même sens.
La chaleur perdue dans l'air n'arrive jamais à l'eau : Q mesurée trop petite. La combustion incomplète libère moins d'énergie par mole que la combustion complète de la table, et la suie le montre : valeur trop petite aussi.
En revanche, si la canette contenait en réalité MOINS de 200,0 g d'eau, le calcul avec 200,0 g surestimerait Q : la valeur serait trop GRANDE. Cette erreur ne peut pas expliquer l'écart observé.
e)
Non. Un thermomètre au dixième et une balance au milligramme feraient fondre l'incertitude de 6 % à moins de 1 %, mais l'écart de 26 % ne venait pas d'elle.
Il faut s'attaquer à la perte de chaleur : un écran de papier d'aluminium autour de la flamme et de la canette, un couvercle percé pour le thermomètre, une flamme plus proche du fond, une agitation continue de l'eau.
Piège : proposer des instruments plus précis par réflexe. Une amélioration se justifie par la cause d'erreur qu'elle réduit.
Grille : a) et c) relèvent de la mise en œuvre (consignation des données, incertitude, chiffres significatifs), b) de l'utilisation du formalisme mathématique, d) et e) des explications et conclusions (concordance avec la valeur attendue, sources d'erreur, amélioration).
Une copie de haut niveau distingue l'incertitude, qui se calcule, de l'erreur systématique, qui se cherche.
Exercice 3 : Vitesse de réaction : la croix qui disparaît, contrôle des variables et répétabilité
Question de départ : quel est l'effet de la température sur la vitesse de la réaction entre le thiosulfate de sodium et l'acide chlorhydrique, S2O32−(aq)+2H+(aq)→S(s)+SO2(g)+H2O(l) ? Le soufre formé trouble le mélange ; on mesure le temps t au bout duquel une croix tracée sur une feuille, sous le récipient, n'est plus visible. Plus t est court, plus la réaction est rapide : t1 sert de mesure de la vitesse.
Chaque essai : 50,0 mL de thiosulfate à 0,15 mol/L et 5,0 mL d'acide chlorhydrique à 2,0 mol/L. Le dioxyde de soufre dégagé est irritant.
Document 1 : le montage.
a) Formulez une hypothèse justifiée par la théorie des collisions. Nommez la variable indépendante, la variable dépendante et trois variables à contrôler.
b) Relevez les deux défauts du protocole du document 2 qui empêchent de contrôler les variables, et réécrivez les étapes fautives. Quelle règle de sécurité ajoutez-vous ?
c) À 25 °C, calculez le temps moyen et l'incertitude absolue due à la dispersion des trois essais (le plus grand écart à la moyenne), puis l'incertitude relative.
d) Calculez la vitesse relative t1 à 15 °C et à 45 °C à partir des temps moyens, puis le rapport des vitesses. Une règle empirique dit que la vitesse double à chaque hausse de 10 °C : quel rapport prédit-elle ici ?
e) Décrivez l'allure du graphique de t1 en fonction de θ et concluez sur l'hypothèse. Proposez une amélioration de la mesure du temps.
Voir la correction
Réponses
a)Si la température augmente, la réaction est plus rapide (t plus court). VI : température ; VD : temps t (ou t1) ; contrôlées : concentrations, volumes, même croix et même observateur
b)Mélanger AVANT de chauffer et changer d'observateur ; on chauffe les deux solutions séparément, puis on mélange ; travail sous la hotte
c)52 s, ±3 s, soit 5,8 %
d)9,9×10−3 et 6,67×10−2 s⁻¹ ; rapport 6,7 ; la règle prédit 8
e)Courbe croissante qui se redresse ; hypothèse confirmée ; mesurer le trouble au capteur de lumière
a)
Hypothèse : si la température augmente, la vitesse de la réaction augmente, donc la croix disparaît plus vite.
Justification : plus chaudes, les particules se déplacent plus vite ; elles se heurtent plus souvent et, surtout, une plus grande part des collisions atteint l'énergie d'activation.
Variable indépendante : la température. Variable dépendante : le temps t, d'où l'on tire la vitesse relative t1.
Variables contrôlées : les deux concentrations, les deux volumes, le même récipient sur la même croix, le même observateur et le même éclairage.
b)
Premier défaut, étapes 2 et 3 : la réaction démarre dès le mélange, à la température de la salle, et l'erlenmeyer ne se réchauffe dans le bain qu'au bout de plusieurs secondes. La température n'est pas celle qu'on croit étudier.
Correction : placer les deux solutions, chacune dans son tube, dans le bain-marie pendant cinq minutes ; vérifier θ au thermomètre ; les mélanger, déclencher le chronomètre, poser l'erlenmeyer sur la croix.
Second défaut, étape 4 : « disparaître » dépend de l'œil de chacun. Changer d'observateur ajoute une variable non contrôlée. Le même élève observe tous les essais, d'en haut, à la même distance.
Sécurité : le dioxyde de soufre est irritant ; on travaille sous la hotte ou dans une pièce ventilée, avec lunettes, et on neutralise les mélanges avant de les jeter.
c)
352+49+55=52 s
Le plus grand écart à la moyenne vaut ∣55−52∣=3 s : t=52±3 s.
523×100=5,8 %
Répéter trois fois sert à cela : un seul essai ne dit rien de la fiabilité de la mesure. La dispersion de quelques secondes vient surtout du jugement « la croix a disparu ».
d)
Temps moyens : 101 s à 15 °C, 15 s à 45 °C.
1011=9,9×10−3 s⁻¹ et 151=6,67×10−2 s⁻¹
9,9×10−366,7×10−3=15101=6,7
De 15 °C à 45 °C, il y a trois hausses de 10 °C : la règle prédit 23=8. La mesure, 6,7, est du même ordre ; la règle n'est qu'approchée, et le facteur réel par tranche de 10 °C est ici un peu moins de 2 (6,71/3≈1,9).
Piège : additionner au lieu de multiplier. Doubler trois fois, c'est multiplier par 8, pas par 6.
e)
Les points de t1 en fonction de θ montent de plus en plus vite : une courbe croissante qui se redresse, pas une droite (graphique du corrigé).
Conclusion : l'hypothèse est confirmée, la vitesse augmente avec la température, et plus que proportionnellement : une hausse de 30 °C la multiplie par près de 7.
L'explication est celle de l'hypothèse : à plus haute température, une plus grande fraction des collisions dépasse l'énergie d'activation. L'énergie d'activation, elle, ne change pas ; ce serait l'effet d'un catalyseur.
Amélioration : remplacer l'œil par un capteur de lumière (ou un colorimètre) sous le récipient, qui donne le temps où la lumière transmise tombe sous un seuil fixe. On ajouterait aussi des essais à 20, 30 et 40 °C pour mieux dessiner la courbe.
Grille : a) relève de la représentation de la situation, b) du plan d'action (contrôle des variables, sécurité), c) et d) de la mise en œuvre (répétabilité, incertitude, formalisme), e) des explications et de la conclusion.
La faute la plus coûteuse est celle du document 2 : une copie qui ne voit pas que la température n'est pas contrôlée au moment du mélange perd tout le critère du plan d'action, même avec des calculs justes.
Exercice 4 : Principe de Le Chatelier : prédire, observer, conclure avec le chlorure de cobalt
Une solution de chlorure de cobalt dans l'acide chlorhydrique dilué contient l'équilibre Co(H2O)62+(aq)+4Cl−(aq)⇌CoCl42−(aq)+6H2O(l). L'ion Co(H2O)62+ est rose, l'ion CoCl42− est bleu : le mélange de départ est violet.
Question de départ : dans quel sens cet équilibre se déplace-t-il quand on change la concentration d'une espèce ou la température ? On répartit la solution dans six tubes et on fait subir une perturbation à chacun, sauf au premier. Le nitrate d'argent ajouté au tube 4 précipite les ions chlorure sous forme de AgCl blanc.
Document 1 : les six tubes, tous violets avant la perturbation.
a) Avant l'expérience, formulez une hypothèse pour les tubes 2 et 4 : dans quel sens l'équilibre se déplacera-t-il, et quelle couleur attendez-vous ? Justifiez par le principe de Le Chatelier.
b) À quoi sert le tube 1, qu'on ne perturbe pas ? Quelles règles de sécurité impose l'acide chlorhydrique concentré, et que fait-on des solutions de cobalt à la fin ?
c) À l'aide du document 2, la réaction directe est-elle endothermique ou exothermique ? Justifiez à partir des tubes 5 et 6.
d) Un élève objecte : « Le tube 2 est devenu bleu à cause des ions H+ de l'acide, pas des ions Cl−. » Proposez une expérience de contrôle qui tranche, et dites quel résultat donnerait raison à l'hypothèse du chlorure.
e) Écrivez l'expression de Kc (l'eau, solvant, n'y figure pas). Pourquoi ce montage ne permet-il pas d'étudier l'effet de la pression ? Concluez sur l'hypothèse de départ.
Voir la correction
Réponses
a)Tube 2 : vers les produits, bleu ; tube 4 : vers les réactifs, rose
b)Témoin de comparaison ; HCl concentré sous la hotte, gants et lunettes ; cobalt récupéré dans le bidon des métaux lourds
c)Chauffer donne du bleu, refroidir du rose : la réaction directe est endothermique
d)Ajouter du NaCl solide au mélange violet ; s'il bleuit, ce sont les ions Cl−
e)Kc=[Co(H2O)62+][Cl−]4[CoCl42−] ; aucun gaz : pas d'effet de pression ; hypothèse confirmée
a)
Le principe de Le Chatelier : un équilibre perturbé se déplace dans le sens qui s'oppose en partie à la perturbation.
Tube 2 : l'acide apporte des ions Cl−, un réactif. L'équilibre se déplace vers la droite pour en consommer : plus de CoCl42−, le tube devrait bleuir.
Tube 4 : le nitrate d'argent retire des ions Cl− en précipitant AgCl. L'équilibre se déplace vers la gauche pour en reformer : plus de Co(H2O)62+, le tube devrait rosir.
Piège : écrire la prédiction après avoir vu le résultat. Une hypothèse se formule AVANT, sinon elle ne peut pas être réfutée.
b)
Le tube 1 est le témoin : il garde la couleur de départ, à laquelle on compare chaque tube perturbé. Sans lui, un léger changement de teinte serait impossible à juger, surtout pour les tubes 5 et 6, qu'on regarde à des moments différents.
L'acide chlorhydrique concentré est corrosif et dégage des vapeurs : on le manipule sous la hotte, avec gants et lunettes, en versant l'acide dans la solution et jamais l'inverse.
Les composés du cobalt sont toxiques : on ne jette rien à l'évier, tout va dans le contenant de récupération des métaux lourds.
c)
Tube 5, chauffé : bleu, l'équilibre s'est déplacé vers la droite. Tube 6, refroidi : rose, vers la gauche.
Une hausse de température favorise le sens qui absorbe de la chaleur, pour s'opposer en partie au chauffage.
Le sens direct, celui qui donne le bleu, absorbe donc de la chaleur : la réaction directe est endothermique, ΔH>0.
C'est une conclusion tirée d'une observation : l'expérience a mesuré le signe de ΔH sans aucun calorimètre.
d)
L'objection est légitime : HCl apporte à la fois H+ et Cl−, deux variables changées en même temps. Il faut les séparer.
Expérience de contrôle : dans un tube du mélange violet, ajouter des ions Cl− SANS ions H+, sous forme de chlorure de sodium solide.
S'il bleuit, ce sont bien les ions chlorure qui déplacent l'équilibre. On peut compléter par l'acide nitrique, qui apporte H+ sans Cl− : si l'hypothèse du chlorure est juste, la couleur ne vire pas au bleu.
Ajouter de l'eau ne trancherait rien : elle n'apporte aucun des deux ions.
e)
Kc=[Co(H2O)62+][Cl−]4[CoCl42−]
L'exposant 4 vient du coefficient de Cl− ; l'eau, solvant presque pur, n'apparaît pas.
Aucune espèce de l'équilibre n'est un gaz : changer la pression ne change aucune concentration. Pour étudier la pression, il faudrait un équilibre gazeux, comme 2NO2⇌N2O4 dans une seringue.
Conclusion : les six tubes confirment l'hypothèse, l'équilibre se déplace dans le sens qui s'oppose à la perturbation, qu'il s'agisse d'ajouter ou de retirer une espèce (tubes 2, 3 et 4) ou de changer la température (tubes 5 et 6). Le tube 3 aussi : l'eau, produit, déplace l'équilibre vers la gauche.
Grille : a) relève de la représentation de la situation (hypothèse justifiée), b) et d) du plan d'action (témoin, contrôle des variables, sécurité), c) et e) des explications et conclusions.
Le piège qui fait tomber le plus de copies est en c) : on lit « le chaud donne du bleu » et on conclut « exothermique » par réflexe. Le raisonnement se fait toujours dans ce sens : la chaleur ajoutée favorise le sens qui l'absorbe.
Exercice 5 : Titrage d'un déboucheur : verrerie, essais concordants et étiquette vérifiée
L'étiquette d'un déboucheur de tuyaux annonce « hydroxyde de sodium, 5,0 % m/V », soit 50 g de NaOH par litre (M=40,00 g/mol). On veut le vérifier par un titrage acide fort, base forte : NaOH(aq)+HCl(aq)→NaCl(aq)+H2O(l).
Trop concentré pour être titré tel quel, le produit est d'abord dilué : 10,00 mL complétés à 250,0 mL. On titre ensuite 25,00 mL de la solution diluée par l'acide chlorhydrique à 0,100 mol/L, en présence de bleu de bromothymol, dont le virage encadre le pH 7 de l'équivalence.
Tolérances de la verrerie : pipette de 10,00 mL, ±0,02 mL ; pipette de 25,00 mL, ±0,03 mL ; fiole de 250,0 mL, ±0,15 mL ; burette lue à ±0,05 mL.
Document 1 : la dilution du déboucheur.
Document 2 : le titrage.
a) Pour prélever les 10,00 mL de déboucheur, pourquoi une pipette jaugée plutôt qu'une éprouvette graduée de 10 mL ? Avant de la remplir, avec quoi rince-t-on la burette ? Quelle protection impose le déboucheur ?
b) Calculez le volume versé à chaque essai. Pourquoi écarte-t-on l'essai 1 ? Calculez le volume moyen à l'équivalence avec les essais concordants.
c) Calculez la concentration molaire de la solution diluée, puis celle du déboucheur.
d) Calculez la concentration massique du déboucheur en g/L et l'écart relatif avec l'étiquette.
e) Calculez l'incertitude relative sur le volume à l'équivalence (deux lectures de burette), puis l'incertitude relative totale en ajoutant celles des deux pipettes et de la fiole. L'étiquette est-elle conforme ?
Voir la correction
Réponses
a)La pipette jaugée est bien plus précise ; burette rincée à l'acide titrant ; gants et lunettes
b)12,80 ; 12,45 ; 12,40 ; 12,50 mL ; essai 1 écarté ; VE=12,45 mL
c)0,0498 mol/L ; 1,245 mol/L
d)49,8 g/L, écart de 0,4 %
e)0,8 % ; 1,2 % au total, soit 49,8±0,6 g/L : l'étiquette (50 g/L) est conforme
a)
Une éprouvette de 10 mL est précise à environ ±0,1 mL, soit 1 % ; la pipette jaugée à ±0,02 mL, soit 0,2 %. Le prélèvement du produit pur se répercute sans changement sur le résultat final : c'est le geste qui exige la meilleure verrerie.
On rince la burette à l'eau, puis deux fois avec un peu de la solution titrante : une pellicule d'eau restée sur la paroi diluerait l'acide, et sa concentration ne serait plus 0,100 mol/L. La pipette se rince de même avec la solution qu'elle va prélever ; l'erlenmeyer, lui, peut rester mouillé d'eau, car l'eau n'y change pas la quantité de base.
Le déboucheur est très corrosif pour la peau et les yeux : gants, lunettes, pipette munie d'une propipette, jamais de pipetage à la bouche.
b)
Volumes versés (lecture finale moins lecture initiale) : 13,30−0,50=12,80 mL ; 12,65−0,20=12,45 mL ; 25,05−12,65=12,40 mL ; 13,60−1,10=12,50 mL.
L'essai 1 est un essai rapide : on verse vite pour situer l'équivalence, et on la dépasse toujours un peu. Il sert à repérer, pas à mesurer.
Les essais 2 à 4 sont concordants, à ±0,05 mL de leur moyenne : VE=312,45+12,40+12,50=12,45 mL.
Piège : lire le volume versé directement sur la burette. La burette donne des lectures, le volume est une différence.
c)
À l'équivalence, n(NaOH)=n(HCl) (proportions 1 pour 1).
n(HCl)=0,100×0,01245=1,245×10−3 mol
cdil=0,025001,245×10−3=0,0498 mol/L
La dilution a multiplié le volume par 10,00250,0=25 : cprod=0,0498×25=1,245 mol/L.
d)
1,245×40,00=49,8 g/L, soit 4,98 % m/V.
5050−49,8×100=0,4 %
Piège : comparer 1,245 mol/L à « 5,0 % ». On ne compare que des grandeurs de même unité : on convertit d'abord la concentration molaire en g/L.
e)
Le volume à l'équivalence vient de deux lectures de burette : ±0,10 mL, soit 12,450,10×100=0,8 %.
Pipette de 25 mL : 25,000,03×100=0,12 % ; pipette de 10 mL : 0,2 % ; fiole : 250,00,15×100=0,06 %.
Total : 0,8+0,12+0,2+0,06≈1,2 %, soit ±0,6 g/L.
Le résultat s'écrit 49,8±0,6 g/L : l'intervalle va de 49,2 à 50,4 g/L et contient la valeur de l'étiquette. L'écart de 0,4 % est plus petit que l'incertitude : l'étiquette est conforme.
La burette pèse plus que tout le reste réuni : pour gagner en précision, on viserait un volume à l'équivalence plus grand, en titrant 50,00 mL de solution diluée plutôt que 25,00 mL.
Grille : a) relève du plan d'action (choix du matériel selon sa précision, sécurité), b) et c) de la mise en œuvre (consignation, techniques), d) et e) des explications et de la conclusion (incertitude, concordance avec la valeur annoncée).
Conclure « conforme » parce que l'écart est petit ne suffit pas : on le compare à l'incertitude, et c'est cette comparaison qui fait la conclusion.
Partie B : démarches complètes (/50)
Exercice 6 : Démarche complète : chercher le zéro absolu avec un erlenmeyer bouché
Question de départ : à quelle température la pression d'un gaz enfermé dans un volume constant deviendrait-elle nulle ? Un erlenmeyer de 250 mL rempli d'air, fermé par un bouchon étanche, est relié par un tube fin à un capteur de pression. On le plonge en entier dans des bains de températures différentes, et on lit la pression quand elle ne bouge plus.
Le thermomètre est lu à ±0,2 °C ; le capteur à ±0,5 kPa.
Document 1 : le montage.
a) Reformulez le problème et formulez une hypothèse justifiée par la théorie cinétique. Nommez les variables indépendante et dépendante, et dites comment le montage contrôle les deux autres variables de la loi des gaz.
b) Pourquoi attendre que la pression se stabilise dans chaque bain ? Pourquoi l'erlenmeyer doit-il être immergé jusqu'au bouchon ?
c) Tracez le graphique de P en fonction de θ (axe des températures de −300 °C à 100 °C) et la droite de meilleur ajustement. Déterminez sa pente et son ordonnée à l'origine à partir de deux points éloignés de VOTRE droite.
d) Prolongez la droite jusqu'à P=0 : à quelle température la pression s'annulerait-elle ? Calculez l'écart avec −273,15 °C.
e) Calculez TP, en kelvins, pour le bain à 0,5 °C et pour le bain à 97,6 °C. Concluez sur l'hypothèse, nommez une source d'erreur propre à ce montage et proposez une amélioration.
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Réponses
a)Si on refroidit le gaz à volume constant, sa pression diminue en proportion de la température absolue et s'annulerait vers −273 °C. VI : θ ; VD : P ; V fixé par l'erlenmeyer rigide, n par le bouchon étanche
b)L'air doit atteindre la température du bain ; tout l'air doit être à cette température
c)Droite de pente ≈0,344 kPa/°C et d'ordonnée à l'origine ≈94,2 kPa
d)P=0 vers −274 °C, à 0,3 % de −273,15 °C
e)0,3450 et 0,3442 kPa/K, égaux à 0,2 % près : hypothèse confirmée ; l'air du tube reste plus froid ou plus chaud que le bain
a)
Reformulation : on cherche la température limite, extrapolée, à laquelle un gaz n'exercerait plus aucune pression, en mesurant la pression d'un volume d'air constant à plusieurs températures.
Hypothèse : si on refroidit l'air à volume constant, sa pression diminue en ligne droite avec la température ; prolongée, la droite atteindrait P=0 vers −273 °C, le zéro absolu.
Justification : la pression vient des chocs des particules sur la paroi. Plus froides, elles vont moins vite et frappent moins fort et moins souvent ; à l'arrêt complet, plus de chocs, plus de pression.
Variable indépendante : la température ; dépendante : la pression. Le volume est contrôlé par l'erlenmeyer rigide ; la quantité d'air, par le bouchon étanche.
b)
Le capteur mesure l'air, pas le bain : l'air enfermé met une à deux minutes à prendre la température de l'eau. Lire trop tôt donnerait une pression intermédiaire, attribuée à la mauvaise température.
Immerger jusqu'au bouchon : toute partie de l'erlenmeyer hors de l'eau garde de l'air à la température de la salle. Le gaz ne serait plus à une seule température, et la mesure mélangerait deux états.
c)
Les six points s'alignent (graphique du corrigé). La droite de meilleur ajustement passe entre eux, sans forcément toucher aucun.
Avec deux points de la droite tracée, par exemple (0;94,2) et (100;128,6) : pente 100−0128,6−94,2≈0,344 kPa/°C.
L'ordonnée à l'origine se lit à θ=0 °C : 94,2 kPa.
Piège : calculer la pente avec deux MESURES, par exemple la première et la dernière. Une mesure porte son erreur ; la droite, elle, fait la moyenne des six.
d)
La droite s'annule quand 0,344θ+94,2=0 :
θ0=−0,34494,2≈−274 °C
273,15∣−274−(−273,15)∣×100≈0,3 %
Le résultat dépend de la droite tracée : une valeur entre −266 °C et −282 °C est correcte avec ces mesures. L'extrapolation est longue (plus de 270 °C au-delà du point le plus froid), et une petite erreur sur la pente se répercute beaucoup.
Aucun gaz réel n'atteint ce point : l'air se liquéfie bien avant. Le zéro absolu se trouve par le calcul, pas par la mesure.
e)
En kelvins : T=0,5+273,15=273,65 K et 97,6+273,15=370,75 K.
273,6594,4=0,3450 kPa/K et 370,75127,6=0,3442 kPa/K
Les deux rapports ne diffèrent que de 0,2 %, moins que l'incertitude du capteur sur 94,4 kPa (0,5 %) : la pression est proportionnelle à la température ABSOLUE. L'hypothèse est confirmée.
Source d'erreur propre au montage : l'air du tube de raccord et du capteur reste à la température de la salle ; à 97,6 °C, cet air plus froid fait paraître la pression un peu trop faible, ce qui explique que TP y soit le plus petit.
Amélioration : un tube le plus court possible, ou un capteur logé contre le bouchon ; et des bains plus nombreux pour mieux fixer la pente.
Piège : calculer θP en degrés Celsius. On obtiendrait 0,594,4=189 et 97,6127,6=1,31, rien de constant : la proportionnalité n'existe qu'en kelvins.
Grille : a) relève de la représentation de la situation, b) du plan d'action (contrôle des variables), c) et d) de la mise en œuvre (graphique, droite d'ajustement, formalisme), e) des explications et de la conclusion.
Une copie de niveau élevé trace une vraie droite d'ajustement, l'extrapole en pointillé et dit que le résultat est une estimation ; une copie faible relie les points un à un et calcule la pente avec deux mesures.
Exercice 7 : Démarche complète : identifier un liquide volatil par sa masse molaire (méthode de Dumas)
Un flacon sans étiquette de la réserve contient un liquide incolore et volatil. Un essai rapide montre qu'il ne se mélange pas à l'eau et flotte dessus. Le registre de la réserve indique qu'il s'agit de l'un des quatre liquides du document 2.
Méthode de Dumas : on verse environ 3 mL du liquide dans un ballon sec, fermé par une feuille d'aluminium percée d'un trou d'épingle, et on le plonge dans un bain d'eau bouillante. Le liquide se vaporise, sa vapeur chasse l'air puis l'excès de vapeur sort par le trou. Quand plus aucune goutte n'est visible, le ballon est rempli de vapeur seule, à la température du bain et à la pression atmosphérique. On le retire, on le laisse refroidir (la vapeur se condense), on l'essuie et on le pèse.
Document 1 : le ballon dans le bain d'eau bouillante.
Liquide
M (g/mol)
Température d'ébullition
Avec l'eau
éthanol
46,07
78 °C
miscible
acétone
58,08
56 °C
miscible
hexane
86,18
69 °C
non miscible
heptane
100,20
98 °C
non miscible
Document 2 : les quatre candidats du registre.
a) Reformulez le problème. Quels candidats l'essai avec l'eau élimine-t-il ? Formulez une hypothèse et dites quelle mesure va trancher.
b) À quoi sert le trou d'épingle ? Pourquoi le bain doit-il être plus chaud que la température d'ébullition du liquide ? Quelle règle de sécurité ce liquide impose-t-il ?
c) Calculez la masse de vapeur qui remplissait le ballon, la quantité de matière de cette vapeur avec PV=nRT (R=8,314 kPa·L/(mol·K)), puis la masse molaire du liquide.
d) Calculez l'incertitude relative sur la masse molaire (somme des incertitudes relatives des quatre mesures), puis l'intervalle de valeurs possibles.
e) Concluez : quel est le liquide, et l'hypothèse est-elle confirmée ? Parmi ces défauts, lequel donnerait une masse molaire trop GRANDE : il restait une goutte de liquide quand on a sorti le ballon ; le ballon a été pesé encore chaud ; la feuille percée laissait fuir un peu de vapeur pendant le refroidissement ?
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Réponses
a)Identifier le liquide par sa masse molaire ; éthanol et acétone exclus ; hypothèse : hexane ou heptane, la masse molaire tranche
b)Pression de la vapeur égale à la pression atmosphérique ; tout le liquide doit se vaporiser ; liquide inflammable : aucune flamme, plaque chauffante, hotte
c)m=0,386 g ; n=4,51×10−3 mol ; M≈85,6 g/mol
d)1,0 % : M=85,6±0,9 g/mol, de 84,7 à 86,5 g/mol
e)L'hexane (86,18 g/mol, dans l'intervalle) ; l'heptane est exclu ; la goutte non vaporisée donne M trop grande
a)
Reformulation : on veut identifier le liquide parmi quatre candidats en mesurant une propriété caractéristique, sa masse molaire, à partir de sa vapeur.
L'essai avec l'eau trie déjà l'information : l'éthanol et l'acétone sont miscibles à l'eau, le liquide inconnu ne l'est pas. Restent l'hexane et l'heptane.
Hypothèse : le liquide est l'hexane ou l'heptane ; la masse molaire mesurée devrait voisiner 86 g/mol ou 100 g/mol. L'écart de 14 g/mol entre les deux est grand devant la précision attendue : la mesure tranchera.
Piège : lancer la mesure sans avoir exploité les informations du registre. Trier les candidats d'abord, c'est savoir quelle précision il faudra.
b)
Le trou d'épingle laisse sortir l'excès de vapeur : la pression dans le ballon reste égale à la pression atmosphérique, que le baromètre mesure. Sans lui, le ballon serait sous pression, et on ignorerait la valeur de P.
Le bain doit dépasser la température d'ébullition pour que tout le liquide passe à l'état gazeux ; c'est la condition pour que la masse pesée soit celle d'une vapeur qui occupait tout le volume. Avec l'heptane (98 °C), le bain à 99,2 °C laisse peu de marge : il faut attendre qu'aucune goutte ne reste.
Les deux candidats sont très inflammables : aucune flamme nue dans la salle, chauffage à la plaque, travail sous la hotte, flacon refermé loin de la source de chaleur.
c)
Masse de vapeur : 68,798−68,412=0,386 g.
Conditions de la vapeur : P=100,8 kPa, V=0,1385 L, T=99,2+273,15=372,35 K.
n=RTPV=8,314×372,35100,8×0,1385=4,51×10−3 mol
M=nm=4,51×10−30,386≈85,6 g/mol
Piège : prendre la température de la salle. La masse pesée à froid est celle de la vapeur qui remplissait le ballon À LA TEMPÉRATURE DU BAIN ; ce sont ces conditions qui comptent.
d)
Masse : deux pesées, ±0,002 g sur 0,386 g, soit 0,52 %. Volume : 138,50,5×100=0,36 %. Température : 372,350,2×100=0,05 %. Pression : 100,80,1×100=0,10 %.
Total : 0,52+0,36+0,05+0,10≈1,0 %, soit ±0,9 g/mol.
M=85,6±0,9 g/mol : de 84,7 à 86,5 g/mol.
La pesée domine : c'est la petite masse de vapeur, moins d'un demi-gramme, qui limite la précision.
e)
La masse molaire de l'hexane, 86,18 g/mol, est dans l'intervalle ; celle de l'heptane, 100,20 g/mol, en est très loin. Le liquide est l'hexane. L'hypothèse est confirmée et la mesure a tranché.
Écart avec l'hexane : 86,1886,18−85,6×100≈0,7 %, moins que l'incertitude.
Une goutte non vaporisée ajoute à la pesée une masse de liquide qui ne correspondait à aucune vapeur : m trop grande, donc M trop grande.
Un ballon pesé encore chaud paraît plus léger : l'air qu'il réchauffe monte autour du plateau et le soulève un peu. La masse lue est trop petite. Une fuite de vapeur au refroidissement fait aussi perdre de la masse. Ces deux défauts donnent M trop petite.
Amélioration : une deuxième mesure avec un autre ballon, et une confirmation par une seconde propriété, la température d'ébullition (69 °C pour l'hexane).
Grille : a) relève de la représentation de la situation (reformulation, tri de l'information, hypothèse), b) du plan d'action (rôle du montage, sécurité), c) et d) de la mise en œuvre (formalisme, incertitude), e) des explications et de la conclusion (concordance avec l'hypothèse, sources d'erreur, amélioration).
La copie qui perd le plus est celle qui conclut sans intervalle : « 85,6 est proche de 86,18 » ne prouve rien tant qu'on n'a pas montré que l'écart est plus petit que l'incertitude.
Exercice 8 : Démarche complète : la loi de Hess au laboratoire, le magnésium et son oxyde
Question de départ : quelle est l'enthalpie de formation de l'oxyde de magnésium, Mg(s)+21O2(g)→MgO(s) ? On ne peut pas la mesurer directement : le magnésium brûle en éblouissant, à plus de 2000 °C.
On mesure plutôt deux réactions dans un calorimètre de polystyrène contenant 100,0 mL d'acide chlorhydrique à 1,00 mol/L (assimilé à 100,0 g d'eau, c=4,19 J/(g·°C), calorimètre de capacité négligeable) : (1) Mg(s)+2HCl(aq)→MgCl2(aq)+H2(g), ΔH1 ; (2) MgO(s)+2HCl(aq)→MgCl2(aq)+H2O(l), ΔH2. La table donne (3) H2(g)+21O2(g)→H2O(l), ΔH3=−285,8 kJ, et pour l'oxyde de magnésium ΔHf=−601,6 kJ/mol. M(Mg)=24,31 g/mol ; M(MgO)=40,30 g/mol.
Document 1 : le calorimètre et les deux solides pesés.
a) Montrez comment les équations (1), (2) et (3) se combinent pour donner la formation de MgO, et écrivez ΔHf en fonction de ΔH1, ΔH2 et ΔH3. Formulez l'hypothèse que l'expérience va tester.
b) Pourquoi l'acide doit-il être en excès ? Vérifiez-le pour la réaction (1) en calculant la quantité de HCl consommée. Pourquoi ponce-t-on le ruban de magnésium avant de le peser ?
c) Calculez ΔH1 et ΔH2 en kJ par mole de solide.
d) Calculez l'enthalpie de formation de MgO obtenue et l'écart relatif avec la table.
e) Concluez sur l'hypothèse. Si le ruban n'avait pas été poncé (couche d'oxyde en surface), ΔH1 mesurée serait-elle trop grande ou trop petite en valeur absolue ? Proposez une amélioration du montage.
b)Pour que tout le solide réagisse ; (1) consomme 20,6 mmol sur 100 mmol ; poncer retire la couche d'oxyde
c)ΔH1≈−456 kJ/mol ; ΔH2≈−145 kJ/mol
d)ΔHf≈−597 kJ/mol, écart de 0,8 %
e)Hypothèse confirmée ; ruban non poncé : ∣ΔH1∣ trop petite ; couvercle et calorimètre double
a)
On garde (1) telle quelle, on INVERSE (2) pour amener MgO du côté des produits, et on ajoute (3) :
Mg+2HCl→MgCl2+H2
MgCl2+H2O→MgO+2HCl
H2+21O2→H2O
HCl, MgCl2, H2 et H2O s'annulent ; il reste Mg+21O2→MgO.
Une équation inversée change le signe de son ΔH : ΔHf=ΔH1−ΔH2+ΔH3.
Hypothèse : l'enthalpie ne dépend que de l'état initial et de l'état final (loi de Hess) ; la combinaison des deux mesures et de ΔH3 devrait redonner −601,6 kJ/mol, aux erreurs de mesure près.
b)
Le calcul de ΔH par mole suppose que TOUT le solide pesé a réagi : l'acide doit donc être en excès, et le solide, le réactif limitant.
n(Mg)=24,310,250=1,028×10−2 mol, qui consomment 2×10,28=20,6 mmol de HCl ; on en a 100 mmol. Pour (2), 40,301,00=24,8 mmol de MgO en consomment 49,6 : l'excès est assuré dans les deux cas.
Poncer le ruban retire la couche d'oxyde qui le ternit : sans cela, une partie de la masse pesée serait du MgO et non du Mg.
Sécurité : la réaction (1) dégage du dihydrogène, inflammable ; aucune flamme à proximité, lunettes pour l'acide.
c)
Réaction (1) : Q=100,0×4,19×(32,4−21,2)=4693 J.
ΔH1=−1,028×10−24,693≈−456 kJ/mol
Réaction (2) : Q=100,0×4,19×(29,6−21,0)=3603 J, pour 2,48×10−2 mol de MgO.
ΔH2=−2,48×10−23,603≈−145 kJ/mol
Les deux sont négatives : la solution s'échauffe, la réaction cède de la chaleur.
d)
ΔHf=−456−(−145)+(−285,8)≈−597 kJ/mol
601,6601,6−597×100≈0,8 %
Piège : additionner ΔH2 au lieu de la soustraire. On obtiendrait −887 kJ/mol, un écart de près de 50 % qui devrait alerter.
e)
L'écart de 0,8 % est faible : l'hypothèse est confirmée, la loi de Hess permet de mesurer une enthalpie inaccessible directement.
Ruban non poncé : la masse pesée contient un peu de MgO, qui libère environ trois fois moins de chaleur par mole (145 contre 456 kJ/mol). La chaleur mesurée, divisée par une quantité de Mg surestimée, donne ∣ΔH1∣trop petite.
Autre source d'erreur : la chaleur perdue vers l'air et absorbée par le gobelet et le thermomètre, négligée ici. Elle rend ∣ΔH1∣ et ∣ΔH2∣ trop petites toutes les deux ; comme on soustrait l'une de l'autre, son effet sur ΔHf est en partie atténué, ce qui explique un si bon résultat avec un calorimètre simple.
Améliorations : un couvercle percé pour le thermomètre, deux gobelets emboîtés, et l'extrapolation de la courbe de température au moment du mélange plutôt que la seule lecture du maximum.
Grille : a) relève de la représentation de la situation (stratégie, hypothèse), b) du plan d'action (réactif limitant, préparation du matériel, sécurité), c) et d) de la mise en œuvre (formalisme), e) des explications et conclusions.
La faute la plus fréquente est en c) : diviser la chaleur par la masse de solution ou oublier le signe. Une enthalpie de réaction se donne par mole de réactif, avec son signe.
Exercice 9 : Démarche complète : la loi des vitesses par la réaction horloge à l'iode
Question de départ : comment la vitesse de la réaction S2O82−(aq)+2I−(aq)→2SO42−(aq)+I2(aq) dépend-elle de la concentration de chacun des deux réactifs ? On cherche la loi des vitesses v=k[I−]m[S2O82−]n.
Le principe de l'horloge : le bécher A contient, en plus de l'iodure de potassium, une petite quantité fixe de thiosulfate et de l'empois d'amidon. Le diiode formé est aussitôt détruit par le thiosulfate (I2+2S2O32−→2I−+S4O62−) ; dès que le thiosulfate est épuisé, le diiode s'accumule et colore l'amidon en bleu foncé, d'un coup. Le temps t mesuré est celui qu'il faut pour former toujours la même quantité de diiode.
Dans chaque mélange, le volume total vaut 50,0 mL, dont 10,0 mL de thiosulfate à 5,0×10−3 mol/L ; la salle est à 22 °C.
Document 1 : on verse B dans A et on déclenche le chronomètre.
a) Un élève formule l'hypothèse : « les exposants sont les coefficients de l'équation, m=2 et n=1 ». Que prédit-elle pour le temps du mélange 2, comparé au mélange 1 ? Calculez les concentrations initiales [I−] et [S2O82−] dans le mélange 2.
b) Pourquoi complète-t-on chaque mélange avec de l'eau jusqu'à 50,0 mL ? Pourquoi la quantité de thiosulfate est-elle la même partout ? Quelle autre variable faut-il contrôler ?
c) En comparant les mélanges deux à deux, déterminez les ordres m et n. L'hypothèse de l'élève est-elle confirmée ?
d) Calculez la quantité de S2O82− consommée par litre jusqu'à l'apparition du bleu, la vitesse moyenne v1 du mélange 1, puis la constante k.
e) Avec votre loi, prédisez le temps du mélange 4 et comparez-le à la mesure. Concluez.
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Réponses
a)L'hypothèse prédit un temps 4 fois plus long (168 s) ; [I−]=0,040 mol/L et [S2O82−]=0,040 mol/L
b)Volume constant : une seule concentration change à la fois ; même quantité de diiode à former ; la température
c)m=1, n=1 ; v=k[I−][S2O82−] ; hypothèse de l'élève réfutée
e)168 s prédits, 171 s mesurés, écart de 1,8 % : la loi est validée
a)
Du mélange 1 au mélange 2, [I−] est divisée par 2 et [S2O82−] ne change pas.
Avec m=2, la vitesse serait divisée par 22=4 ; le temps pour former la même quantité de diiode serait multiplié par 4 : environ 4×42=168 s.
Concentrations dans le mélange 2, diluées dans 50,0 mL : [I−]=0,200×50,010,0=0,040 mol/L et [S2O82−]=0,100×50,020,0=0,040 mol/L.
C'est une bonne hypothèse au sens de la démarche : elle prend un risque chiffré, que la mesure peut contredire.
b)
L'eau maintient le volume total à 50,0 mL : si on versait simplement moins de KI, toutes les concentrations changeraient en même temps. Ici, entre deux mélanges comparés, UNE seule concentration change.
La quantité de thiosulfate fixe la quantité de diiode à former avant le bleu. Elle doit être identique partout, sinon les temps ne mesureraient pas la même « distance ».
La température doit aussi être contrôlée (solutions à 22 °C, même salle), tout comme le récipient et l'agitation au moment du mélange.
Piège : croire qu'on dilue « pour rien ». Sans l'eau, il faudrait comparer des mélanges où deux variables ont bougé, et on ne saurait plus laquelle agit.
c)
Mélanges 1 et 2 : [I−] divisée par 2, le temps passe de 42 à 85 s, soit ×2,0. La vitesse est divisée par 2 : 2m=2, donc m=1.
Mélanges 1 et 3 : [S2O82−] divisée par 2, le temps passe de 42 à 83 s, soit ×2,0 : n=1.
Loi des vitesses : v=k[I−][S2O82−].
L'hypothèse de l'élève est réfutée : le coefficient 2 de I− n'est pas son ordre. Les exposants d'une loi des vitesses se mesurent ; ils ne se lisent pas sur l'équation, sauf pour une étape élémentaire.
d)
Thiosulfate : 5,0×10−3×0,0100=5,0×10−5 mol, soit 1,0×10−3 mol/L dans 50,0 mL.
Il détruit 21,0×10−3=5,0×10−4 mol/L de diiode, donc autant de S2O82− consommé avant le bleu.
Cette vitesse est une moyenne sur les premières secondes ; comme on n'a consommé qu'un peu plus de 1 % du persulfate, elle vaut pratiquement la vitesse initiale.
e)
Mélange 4 : [I−]=0,040 mol/L et [S2O82−]=0,020 mol/L.
v4=3,72×10−3×0,040×0,020=2,98×10−6 mol/(L·s)
t4=2,98×10−65,0×10−4≈168 s, contre 171 s mesurées.
168171−168×100≈1,8 %, de l'ordre de la seconde de réaction de l'observateur sur un déclenchement et un arrêt.
Conclusion : la loi v=k[I−][S2O82−] prévoit un mélange qui n'a pas servi à l'établir ; elle est validée. Pour aller plus loin, on répéterait chaque mélange trois fois et on en ajouterait un où seule [I−] triple.
Grille : a) relève de la représentation de la situation (hypothèse chiffrée), b) du plan d'action (contrôle des variables), c) et d) de la mise en œuvre (formalisme, traitement des mesures), e) des explications et de la conclusion (concordance, validation).
La faute qui coûte le plus est en a) et d) : prendre 0,200 mol/L pour la concentration de l'iodure dans le mélange. Toutes les concentrations se calculent après dilution dans le volume total.
Exercice 10 : Démarche complète : la constante Kps de la crème de tartre et la température
La crème de tartre, qui se dépose dans les cuves de vin, est l'hydrogénotartrate de potassium KHC4H4O6 (M=188,18 g/mol), un sel peu soluble : KHC4H4O6(s)⇌K+(aq)+HC4H4O6−(aq). L'ion hydrogénotartrate est un acide qui réagit mole pour mole avec l'ion hydroxyde : HC4H4O6−+OH−→C4H4O62−+H2O.
Question de départ : quelle est la constante du produit de solubilité de ce sel, et augmente-t-elle avec la température ? Une équipe sature de l'eau à 22 °C, filtre, prélève 25,00 mL du filtrat et les titre par l'hydroxyde de sodium à 0,0500 mol/L, en présence de phénolphtaléine, dont le virage repère l'équivalence de ce titrage. Une seconde équipe fait de même à 40 °C.
Document 1 : les trois gestes avant le titrage.
a) Écrivez l'expression de Kps. Formulez une hypothèse sur l'effet de la température, en supposant la dissolution endothermique, et justifiez-la par le principe de Le Chatelier.
b) Pourquoi faut-il un excès de solide pendant l'agitation ? Pourquoi filtre-t-on avant de prélever ? Avec quoi rince-t-on la pipette avant de prélever le filtrat ?
c) À 22 °C, calculez le volume moyen, la solubilité molaire s du sel et Kps.
d) À 40 °C, calculez s et Kps, puis le rapport des deux constantes. L'hypothèse est-elle confirmée ?
e) L'incertitude relative sur s vaut environ 1,0 % (burette et pipette). Quelle est l'incertitude relative sur Kps ? À 40 °C, si l'équipe avait laissé le filtrat refroidir avant de le prélever, des cristaux seraient apparus : Kps mesurée serait-elle trop grande ou trop petite ?
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Réponses
a)Kps=[K+][HC4H4O6−] ; si la dissolution est endothermique, chauffer la favorise : Kps augmente
b)L'excès garantit la saturation ; on filtre pour ne doser que le dissous ; pipette rincée au filtrat
c)11,58 mL ; s=0,0232 mol/L ; Kps=5,37×10−4
d)s=0,0515 mol/L ; Kps=2,65×10−3 ; rapport 4,9 : hypothèse confirmée
e)2,0 % ; filtrat refroidi : du sel cristallise, Kps trop petite
a)
Kps=[K+][HC4H4O6−] : le solide n'y figure pas.
Hypothèse : si la dissolution est endothermique, une hausse de température déplace l'équilibre dans le sens qui absorbe la chaleur, celui de la dissolution. Plus de sel dissous : Kps plus grande à 40 °C qu'à 22 °C.
Variable indépendante : la température ; dépendante : la solubilité, d'où l'on tire Kps ; contrôlées : le volume prélevé, la concentration de la base, la durée d'agitation.
b)
Le dépôt de solide qui reste au fond est la preuve que l'eau ne peut plus en dissoudre : la solution est saturée, condition pour que les concentrations soient celles de l'équilibre.
On filtre parce qu'on ne veut doser que le sel DISSOUS : un grain de solide prélevé avec le liquide serait neutralisé lui aussi par la base et gonflerait le résultat.
La pipette se rince avec un peu du filtrat, pour qu'aucune goutte d'eau ne dilue le prélèvement ; la burette, avec la base.
c)
Vmoy=311,62+11,55+11,58=11,58 mL
n(OH−)=0,0500×0,01158=5,79×10−4 mol, autant d'ions hydrogénotartrate dans 25,00 mL.
s=0,025005,79×10−4=0,0232 mol/L
Chaque unité dissoute donne un K+ et un HC4H4O6− : [K+]=[HC4H4O6−]=s.
Kps=s2=(2,317×10−2)2=5,37×10−4
On garde un chiffre de plus pour s dans le calcul : avec 0,0232 arrondi, on trouverait 5,38×10−4, un écart sans importance devant l'incertitude de e).
Piège : poser Kps=s. Le produit de solubilité multiplie les concentrations des DEUX ions.
d)
Vmoy=325,79+25,71+25,75=25,75 mL
s=25,000,0500×25,75=0,0515 mol/L
Kps=(0,0515)2=2,65×10−3
5,37×10−42,65×10−3≈4,9
La solubilité a un peu plus que doublé, la constante presque quintuplé. L'hypothèse est confirmée : la dissolution de la crème de tartre est endothermique, et c'est pourquoi elle se dépose dans un vin qu'on refroidit.
e)
Kps=s×s : les incertitudes relatives s'additionnent, 1,0+1,0=2,0 %. Élever au carré double l'incertitude relative.
À 22 °C, Kps=(5,37±0,11)×10−4 ; l'écart entre les deux températures, un facteur près de 5, dépasse de très loin cette incertitude : la conclusion de d) est solide.
Filtrat refroidi : la solution saturée à 40 °C devient sursaturée en refroidissant, et une partie du sel cristallise. Les cristaux restent dans le bécher ou sur la paroi de la pipette, le liquide prélevé en contient moins : s et Kpstrop petites.
Amélioration : prélever aussitôt après la filtration avec une pipette préchauffée dans le bain, ou diluer immédiatement le prélèvement dans de l'eau chaude.
Grille : a) relève de la représentation de la situation (hypothèse justifiée), b) du plan d'action (préparation de l'échantillon, techniques), c) et d) de la mise en œuvre (formalisme), e) des explications et de la conclusion (incertitude, sources d'erreur, amélioration).
Une copie de haut niveau compare l'effet mesuré à l'incertitude avant de conclure ; une copie faible conclut « Kps augmente » sans dire de combien ni avec quelle confiance.
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