Exercices corrigés : les solides peu solubles et la constante Kps (chimie, secondaire 5)
Voici dix exercices corrigés de chimie de secondaire 5 sur les solides peu solubles et la constante du produit de solubilité Kps, dernière notion du programme de l'année. Ils couvrent les trois attentes de la progression des apprentissages : exprimer algébriquement la constante d'équilibre de la dissociation de diverses substances dans l'eau, calculer la constante du produit de solubilité d'une substance, et expliquer l'utilisation de diverses substances à l'aide de cette constante. Deux listes de calculs ouvrent la série : de la solubilité à Kps (exercice 0.1), puis de Kps à la solubilité et à la concentration de chaque ion (exercice 0.2).
À la fin, vous savez reconnaître une solution saturée et dire pourquoi son équilibre est dynamique (exercice 1), écrire l'équation de dissociation et l'expression de Kps d'un sel 1:1, 1:2, 1:3 ou 3:2 et la relier à Kc (exercice 2), tirer Kps d'une pesée de laboratoire et en critiquer la précision (exercice 3), classer des sels par solubilité sans tomber dans le piège des stœchiométries (exercice 4), lire l'effet de la température sur Kps (exercice 5), prévoir par Le Chatelier l'effet d'un ion commun (exercice 6), et passer du pH d'un hydroxyde saturé à son Kps, puis l'inverse (exercice 7).
Les situations sont concrètes : le sulfate de strontium pesé après évaporation, la recristallisation du sulfate d'argent, le gypse du plâtre, l'eau de chaux du test du dioxyde de carbone, la bouillie barytée de la radiologie, où le sulfate de baryum est choisi pour sa constante minuscule et le carbonate de baryum écarté malgré une constante voisine (exercice 9), et les calculs rénaux d'oxalate de calcium, où boire davantage change tout (exercice 10).
Le fil de la série : Kps n'est pas la solubilité. On passe de l'un à l'autre par l'équation de dissociation, et le coefficient de chaque ion agit deux fois, dans la concentration (2s) et en exposant. Les corrigés désarment les pièges qui en découlent : comparer les Kps de sels de stœchiométries différentes (exercices 4 et 8), écrire le solide dans l'expression (exercices 2 et 8), oublier que [OH−]=2s (exercice 7), croire que l'eau ou le solide ajoutés changent la concentration d'une solution saturée (exercices 1 et 6), oublier que Kps dépend de la température (exercices 5 et 8). Le quotient ionique au mélange de deux solutions, la solubilité chiffrée avec un ion commun et la précipitation sélective sont du cégep : ils sont nommés là où ils affleurent, jamais exigés.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Solution saturée : il reste un DÉPÔT de solide non dissous. L'équilibre de solubilité est dynamique : la dissolution et la précipitation se font à la même vitesse.
•Équation de dissociation, par exemple Ag2SO4(s)⇌2Ag+(aq)+SO42−(aq), et Kps=[Ag+]2[SO42−] : chaque concentration à la puissance de son coefficient, sans le solide. C'est la constante Kc de cet équilibre.
•Avec la solubilité molaire s, chaque ion a pour concentration son coefficient fois s. Sel 1:1 : Kps=s2 ; 1:2 ou 2:1 : Kps=4s3 ; 1:3 ou 3:1 : Kps=27s4 ; 3:2 ou 2:3 : Kps=108s5.
•Solubilité massique =s×M, avec la masse molaire du sel ENTIER. 1 g/100 mL =10 g/L ; 1 mg/L =10−3 g/L.
•Comparer des solubilités : les Kps se comparent directement SEULEMENT entre sels de même stœchiométrie ; sinon, on calcule les s. Plus un sel se dissout facilement, plus sa constante est élevée, à stœchiométrie égale.
•Kps dépend de la température : il augmente quand on chauffe si la dissolution est endothermique, il diminue si elle est exothermique. Les tables le donnent à 25 °C.
•Principe de Le Chatelier : ajouter un ion du sel, un ion commun, déplace l'équilibre vers la précipitation. En présence de dépôt, ajouter de l'eau ou du solide ne change pas les concentrations.
•Hors programme du secondaire, au programme du cégep (202-NYB, Chimie des solutions) : comparer le quotient ionique Q à Kps au mélange de deux solutions, calculer une solubilité en présence d'un ion commun, la précipitation sélective et l'effet chiffré du pH sur la solubilité. En secondaire 5, l'effet d'ion commun se raisonne qualitativement.
Calculs : de la solubilité à Kps
Exercice 0.1 : De la solubilité à la constante Kps
Pour chaque sel, écrivez l'équation de dissociation, exprimez la concentration de chaque ion en fonction de la solubilité molaire s, puis calculez Kps à 25 °C. Quand la solubilité est donnée en masse, convertissez-la d'abord en mol/L avec la masse molaire du sel ENTIER. Gardez trois chiffres significatifs dans les calculs intermédiaires.
Saisie : chaque case indique la puissance de dix. Pour 3,2×10−6, on tape 3,2 dans une case « en ×10−6 ».
a) Sulfate de plomb(II) PbSO4 : s=1,6×10−4 mol/L.
b) Carbonate de cuivre(II) CuCO3 : 1,5 mg/L.
c) Fluorure de plomb(II) PbF2 : 0,0496 g/100 mL.
d) Oxalate d'argent Ag2C2O4 : 3,36×10−2 g/L.
e) Phosphate d'argent Ag3PO4 : 17,8 mg/L.
f) Hydroxyde de fer(III) Fe(OH)3 : s=1,0×10−10 mol/L.
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Réponses
a)Kps=s2=2,6×10−8
b)s=1,21×10−5 mol/L ; Kps=1,47×10−10
c)s=2,02×10−3 mol/L ; Kps=4s3=3,31×10−8
d)s=1,11×10−4 mol/L ; Kps=4s3=5,41×10−12
e)s=4,25×10−5 mol/L ; Kps=27s4=8,8×10−17
f)Kps=27s4=2,7×10−39
La méthode tient en trois lignes, toujours les mêmes : l'équation de dissociation, puis la concentration de chaque ion en fonction de s (le coefficient de l'ion multiplie s), puis Kps, produit des concentrations élevées chacune à la puissance de son coefficient. Le solide n'apparaît jamais dans l'expression.
a)
PbSO4(s)⇌Pb2+(aq)+SO42−(aq). Un sel 1:1 : [Pb2+]=[SO42−]=s, donc Kps=s2=(1,6×10−4)2=2,6×10−8. Piège : écrire Kps=2s ou Kps=s. Les deux concentrations se MULTIPLIENT.
b)
CuCO3(s)⇌Cu2+(aq)+CO32−(aq). D'abord les unités : 1,5 mg/L =1,5×10−3 g/L, et s=123,561,5×10−3=1,21×10−5 mol/L. Puis Kps=s2=(1,21×10−5)2=1,47×10−10. Piège : oublier la conversion des milligrammes en grammes ; on trouve alors s mille fois trop grand et Kps un MILLION de fois trop grand, puisque l'erreur est élevée au carré.
c)
PbF2(s)⇌Pb2+(aq)+2F−(aq). 0,0496 g dans 100 mL font 0,496 g dans un litre, donc s=245,200,496=2,02×10−3 mol/L. Chaque unité de sel libère UN ion plomb et DEUX ions fluorure : [Pb2+]=s et [F−]=2s. Alors Kps=[Pb2+][F−]2=s(2s)2=4s3=4×(2,02×10−3)3=3,31×10−8. Piège double : oublier le facteur 10 entre g/100 mL et g/L, et écrire s×2s au lieu de s×(2s)2. Le coefficient 2 agit deux fois, une fois dans la concentration, une fois en exposant.
d)
Ag2C2O4(s)⇌2Ag+(aq)+C2O42−(aq). s=303,763,36×10−2=1,11×10−4 mol/L, [Ag+]=2s, [C2O42−]=s, d'où Kps=(2s)2s=4s3=5,41×10−12. Un sel 2:1 donne la même formule qu'un sel 1:2 : ce qui compte est le nombre total d'ions et leurs coefficients, pas lequel est le cation.
e)
Ag3PO4(s)⇌3Ag+(aq)+PO43−(aq). 17,8 mg/L =1,78×10−2 g/L, donc s=418,581,78×10−2=4,25×10−5 mol/L. [Ag+]=3s et [PO43−]=s : Kps=(3s)3s=27s4=8,8×10−17. Piège : la masse molaire. On divise par celle du sel entier, 418,58 g/mol, et non par celle de l'argent seul ; c'est le sel qui se dissout, une unité à la fois.
f)
Fe(OH)3(s)⇌Fe3+(aq)+3OH−(aq). [Fe3+]=s, [OH−]=3s, Kps=s(3s)3=27s4=27×(1,0×10−10)4=2,7×10−39. Une constante aussi minuscule n'est pas une erreur : l'hydroxyde de fer(III), la rouille des eaux, est l'un des solides les moins solubles qui soient. Sur ces six sels, Kps s'étale sur trente et un ordres de grandeur alors que les solubilités ne s'étalent que sur sept : la puissance appliquée à s écrase les petits nombres.
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Exercice 0.2 : De la constante Kps à la solubilité
Le chemin inverse : on connaît Kps, on cherche la solubilité molaire s, la solubilité massique et la concentration de chaque ion dans la solution saturée. On écrit l'équation, on exprime Kps en fonction de s, puis on isole s par une racine carrée, cubique, quatrième ou cinquième. À la calculatrice, la racine cubique de x se tape x1/3.
On remonte la chaîne de l'exercice 0.1 : Kps s'écrit aabbsa+b pour un sel qui libère a cations et b anions, donc on divise par aabb puis on prend la racine d'ordre a+b. Contrôle à faire à chaque ligne : remettre s dans l'expression et retrouver Kps.
a)
NiCO3(s)⇌Ni2+(aq)+CO32−(aq), donc Kps=s2 et s=1,4×10−7=3,74×10−4 mol/L. Solubilité massique : 3,74×10−4×118,70=4,44×10−2 g/L. Les deux ions ont la même concentration, 3,74×10−4 mol/L.
b)
SrF2(s)⇌Sr2+(aq)+2F−(aq), donc Kps=s(2s)2=4s3 et s=(44,3×10−9)1/3=1,02×10−3 mol/L. Solubilité massique : 1,02×10−3×125,62=0,129 g/L. Ions : [Sr2+]=s=1,02×10−3 mol/L et [F−]=2s=2,05×10−3 mol/L. Piège : diviser par 2 au lieu de 4, ou prendre une racine carrée ; on trouve s=4,6×10−5 mol/L, plus de vingt fois trop petit.
Mg3(PO4)2(s)⇌3Mg2+(aq)+2PO43−(aq). [Mg2+]=3s et [PO43−]=2s, donc Kps=(3s)3(2s)2=27×4×s5=108s5. Alors s=(1081,0×10−24)1/5=6,21×10−6 mol/L, soit 6,21×10−6×262,86=1,63×10−3 g/L, 1,63 mg/L. Ions : [Mg2+]=1,86×10−5 mol/L et [PO43−]=1,24×10−5 mol/L. La racine cinquième se tape x0,2. Le coefficient 108 est celui qu'on oublie le plus souvent : sans lui, on trouve s=1,6×10−5 mol/L, deux fois et demie trop grand.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Une solution saturée, un équilibre dynamique
Le bromure d'argent AgBr est un solide ionique très peu soluble : à 25 °C, Kps(AgBr)=5,0×10−13. Dans chacun des deux béchers de la figure, on a versé du bromure d'argent dans 100 mL d'eau, en quantités différentes, puis agité longtemps à 25 °C. Dans le bécher 1, tout le solide a disparu ; dans le bécher 2, un dépôt reste au fond.
Le dessin ne montre que quelques ions : il n'est pas à l'échelle.
a) Lequel des deux béchers contient à coup sûr une solution saturée ? Que peut-on dire, avec certitude, de la solution du bécher 1 ?
b) Écrivez l'équation de l'équilibre de solubilité du bromure d'argent, états compris. Nommez les deux processus qui se produisent en permanence à la surface du dépôt du bécher 2 et comparez leurs vitesses.
c) Calculez la concentration des ions argent dans la solution du bécher 2.
d) On ajoute au bécher 2 une pincée de bromure d'argent dont l'argent est radioactif (argent 110), sans changer la température. Quelques heures plus tard, la concentration des ions argent n'a pas changé, mais la solution est devenue radioactive. Que prouve cette observation ?
e) On filtre le bécher 2 pour en retirer tout le dépôt. La solution filtrée a-t-elle la même concentration en ions argent ? On ajoute ensuite 100 mL d'eau à cette solution filtrée, et 100 mL d'eau à un bécher identique au bécher 2, non filtré. Comparez, une fois l'équilibre atteint, les deux concentrations en ions argent.
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Réponses
a)Le bécher 2 ; le bécher 1 est insaturé ou tout juste saturé, on ne peut pas trancher
b)AgBr(s)⇌Ag+(aq)+Br−(aq) : dissolution et précipitation à vitesses égales
c)[Ag+]=7,1×10−7 mol/L
d)Les échanges continuent : l'équilibre est dynamique
e)Même concentration après filtration ; avec l'eau, divisée par deux sans dépôt, inchangée avec dépôt
a)
Le bécher 2. Seul un DÉPÔT de solide non dissous prouve que l'eau ne peut plus en dissoudre davantage à cette température : c'est la définition opérationnelle d'une solution saturée. Le bécher 1 ne permet pas de conclure. Tout y est dissous, donc la solution est soit insaturée (on aurait pu dissoudre encore un peu de solide), soit tout juste saturée (la dernière parcelle a disparu pile au moment de la saturation). Sans dépôt, on ne sait pas. Piège : conclure « saturée » parce que le dessin montre des ions ; tous les sels dissous donnent des ions, saturés ou non.
b)
AgBr(s)⇌Ag+(aq)+Br−(aq). Dans le sens direct, la DISSOLUTION : des ions quittent le réseau du solide pour passer en solution. Dans le sens inverse, la PRÉCIPITATION : des ions de la solution se fixent sur le solide. À saturation, les deux se produisent à la MÊME vitesse : autant d'ions quittent le dépôt par seconde qu'il en revient. C'est pour cela que la concentration ne bouge plus, alors que rien ne s'est arrêté. C'est un équilibre dynamique, exactement comme ceux du chapitre précédent, et sa constante d'équilibre porte un nom propre : la constante du produit de solubilité Kps.
c)
L'expression est Kps=[Ag+][Br−], le solide n'y figurant pas. Les deux ions sont libérés un pour un, donc [Ag+]=[Br−]=s et Kps=s2. D'où s=5,0×10−13=7,1×10−7 mol/L, et [Ag+]=7,1×10−7 mol/L. « Très peu soluble » ne veut pas dire « insoluble » : une constante minuscule donne une solubilité minuscule, jamais nulle. Dans les 100 mL du bécher 2, il y a tout de même 7,1×10−8 mol d'ions argent, soit plus de quarante mille milliards d'ions.
d)
Elle prouve que les échanges entre le solide et la solution n'ont jamais cessé. Si l'équilibre était statique, le solide radioactif ajouté resterait au fond sans que rien ne passe en solution. Or des ions argent radioactifs se retrouvent dans l'eau : ils ont été DISSOUS, et pour que la concentration reste la même, autant d'ions argent ordinaires ont dû PRÉCIPITER sur le dépôt dans le même temps. Les deux processus continuent, à vitesses égales. C'est l'argument expérimental qui a établi le caractère dynamique des équilibres, et c'est un classique d'examen.
e)
Juste après la filtration, la concentration est la même : on a retiré le solide, pas les ions, et la solution reste saturée tant qu'on ne la dilue pas ni ne la chauffe. Mais il n'y a plus d'équilibre de solubilité, faute de solide avec qui échanger des ions. La différence apparaît à l'ajout d'eau. Dans la solution filtrée, rien ne peut se dissoudre : le volume double, la concentration est DIVISÉE PAR DEUX, 3,5×10−7 mol/L, et la solution devient insaturée. Dans le bécher non filtré, le dépôt se dissout un peu plus, juste ce qu'il faut pour revenir à [Ag+]=7,1×10−7 mol/L, la valeur fixée par Kps. Tant qu'un dépôt reste au fond, la concentration d'une solution saturée ne dépend que de la température, jamais de la quantité d'eau ni de la quantité de solide. C'est cette propriété qui rend Kps utile, et c'est pourquoi elle ne vaut qu'en présence de solide.
Exercice 2 : Équation de dissociation et expression de Kps
Écrire Kps, c'est écrire la constante d'équilibre Kc d'un équilibre particulier : celui d'un solide ionique avec ses ions dissous. La règle du chapitre de l'équilibre s'applique telle quelle : produits sur réactifs, chaque concentration à la puissance de son coefficient, et ni les solides ni l'eau dans l'expression.
Quatre sels peu solubles : l'iodure de cuivre(I) CuI, le fluorure de baryum BaF2, l'hydroxyde de chrome(III) Cr(OH)3 et le phosphate de zinc Zn3(PO4)2. Donnée : Kps(BaF2)=1,8×10−7 à 25 °C.
a) Pour chacun des quatre sels, écrivez l'équation de dissociation dans l'eau, états compris, puis l'expression de Kps.
b) Un élève écrit pour le fluorure de baryum : Kps=[BaF2][Ba2+][F−]2. Corrigez et expliquez pourquoi le solide n'apparaît pas.
c) Exprimez Kps en fonction de la solubilité molaire s pour chacun des quatre sels.
d) On écrit l'équilibre dans l'autre sens, celui de la précipitation : Ba2+(aq)+2F−(aq)⇌BaF2(s). Écrivez sa constante d'équilibre K et calculez-la. Que dit sa valeur ?
e) Pourquoi parle-t-on de « constante du produit de solubilité » plutôt que de « quotient » ?
d)K=1/Kps=5,6×106 : la précipitation est très favorisée
e)C'est un produit de concentrations, constant à température donnée
a)
CuI(s)⇌Cu+(aq)+I−(aq), d'où Kps=[Cu+][I−]. BaF2(s)⇌Ba2+(aq)+2F−(aq), d'où Kps=[Ba2+][F−]2. Cr(OH)3(s)⇌Cr3+(aq)+3OH−(aq), d'où Kps=[Cr3+][OH−]3. Zn3(PO4)2(s)⇌3Zn2+(aq)+2PO43−(aq), d'où Kps=[Zn2+]3[PO43−]2. Trois vérifications avant d'aller plus loin : les charges s'équilibrent (pour le phosphate de zinc, 3×(+2)+2×(−3)=0), les ions polyatomiques restent entiers (PO43− ne se découpe pas en phosphore et oxygène), et l'indice d'un groupe entre parenthèses devient le coefficient de l'ion. Le piège classique est le cuivre(I) : son ion est Cu+, pas Cu2+, et c'est le chiffre romain du nom qui le dit.
b)
Le dénominateur est faux : Kps=[Ba2+][F−]2, sans rien en dessous. Un solide pur n'a pas de concentration qui varie : ses particules sont serrées les unes contre les autres de la même façon, qu'il y en ait un gramme ou un kilogramme au fond du bécher. Sa « concentration » est une constante, et on l'intègre à la constante d'équilibre au lieu de l'écrire. C'est la même règle que pour CaCO3(s) dans les équilibres du chapitre précédent. Conséquence pratique, vue à l'exercice 1 : ajouter du solide à une solution saturée ne change rien aux concentrations.
c)
On pose s la quantité de sel dissoute par litre ; chaque ion a pour concentration son coefficient fois s. CuI : Kps=s×s=s2. BaF2 : Kps=s(2s)2=4s3. Cr(OH)3 : Kps=s(3s)3=27s4. Zn3(PO4)2 : Kps=(3s)3(2s)2=108s5. Le coefficient numérique et l'exposant changent d'un sel à l'autre : c'est exactement pour cela qu'on ne compare pas les Kps de sels différents sans précaution (exercice 4).
d)
La précipitation est la réaction inverse de la dissolution ; sa constante est l'inverse : K=[Ba2+][F−]21=Kps1=1,8×10−71=5,6×106. Le solide n'apparaît toujours pas, il est simplement passé à droite. Une constante aussi grande dit que la précipitation est très favorisée : si l'on réunit des ions baryum et des ions fluorure en quantités notables, presque tout se retrouve sous forme de solide. Lire Kps et Kps1 dit la même chose de deux façons : petit Kps, peu de sel en solution.
e)
Parce que l'expression ne contient que des concentrations multipliées entre elles, sans dénominateur : c'est un PRODUIT. Le nom le rappelle, et rappelle du même coup que le solide n'y est pas. Le mot « constante » rappelle l'autre propriété : à une température donnée, le produit vaut toujours la même chose dans toute solution saturée en présence de solide, quelle que soit la façon dont on l'a préparée.
Exercice 3 : Mesurer Kps au laboratoire : la masse du résidu
Une équipe suit le protocole de la figure, à 25 °C. Elle agite un excès de sulfate de strontium SrSO4 dans de l'eau distillée pendant une heure, jusqu'à ce qu'un dépôt reste au fond. Elle filtre. Elle prélève 500,0 mL du filtrat, qu'elle évapore à sec dans une capsule de porcelaine, puis elle pèse.
Masse de la capsule vide : 48,2130 g. Masse de la capsule et du résidu sec : 48,2681 g. M(SrSO4)=183,68 g/mol. Valeur de la table : Kps(SrSO4)=3,4×10−7 à 25 °C. La balance est précise à 0,1 mg.
a) Pourquoi faut-il un EXCÈS de solide, avec un dépôt visible, avant de filtrer ? Pourquoi filtre-t-on avant d'évaporer ?
b) Calculez la masse du résidu, puis la solubilité massique en g/L et la solubilité molaire s.
c) Écrivez l'équation de dissociation et calculez Kps à partir de la mesure.
d) Calculez l'écart relatif entre la valeur mesurée et la valeur de la table. Parmi ces trois erreurs, laquelle ne peut PAS expliquer une valeur mesurée trop grande : un résidu encore humide ; quelques grains de solide passés à travers le filtre ; une solution pas encore saturée au moment de la filtration ?
e) Un élève propose de gagner du temps en évaporant seulement 10,0 mL de filtrat. Quelle masse de résidu obtiendrait-il ? Calculez l'incertitude relative due à la balance dans son cas, et concluez.
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Réponses
a)Le dépôt prouve la saturation ; on filtre pour ne peser que le dissous
b)0,0551 g ; 0,110 g/L ; s=6,00×10−4 mol/L
c)Kps=s2=3,60×10−7
d)Écart de 5,9 % ; la solution insaturée donnerait une valeur trop petite
e)1,10 mg, incertitude de 9,1 % : on évapore un grand volume
a)
Le dépôt est la PREUVE que la solution est saturée (exercice 1) : sans lui, on ignore si l'eau aurait pu dissoudre davantage, et la masse mesurée ne serait qu'une borne inférieure de la solubilité. On filtre ensuite parce qu'on ne veut peser que ce qui était DISSOUS : le moindre grain de dépôt emporté avec le liquide se retrouverait dans la capsule et gonflerait le résultat. Le filtrat est une solution saturée sans solide, parfaitement adaptée à la mesure tant qu'on ne la refroidit pas.
b)
Masse du résidu : 48,2681−48,2130=0,0551 g, dissous dans 0,5000 L. Solubilité massique : 0,50000,0551=0,110 g/L. Solubilité molaire : s=183,680,110=6,00×10−4 mol/L. Piège : diviser la masse par 500 au lieu de 0,5000 ; il faut des litres pour obtenir des mol/L.
c)
SrSO4(s)⇌Sr2+(aq)+SO42−(aq). Sel 1:1, donc [Sr2+]=[SO42−]=s et Kps=s2=(6,00×10−4)2=3,60×10−7. C'est le cœur de l'item du programme « calculer la constante du produit de solubilité » : une masse, un volume, une masse molaire, une équation, et la constante tombe.
d)
Écart relatif : 3,4×10−73,60×10−7−3,4×10−7×100=5,9 %. La mesure est un peu trop grande. Un résidu encore humide pèse trop lourd : il fait monter s, donc Kps. Des grains de solide passés à travers le filtre ajoutent une masse qui n'était pas dissoute : même effet. En revanche, une solution PAS ENCORE saturée contient moins de sel dissous qu'elle ne pourrait : elle donne une valeur trop PETITE, jamais trop grande. C'est elle qu'il faut écarter. Remarque : une erreur de 3 % sur la masse devient une erreur d'environ 6 % sur Kps, parce que s est élevée au carré ; pour un sel 1:2, où Kps=4s3, elle serait triplée.
e)
Dans 10,0 mL, la masse dissoute serait 0,110×0,0100=1,10×10−3 g, soit 1,10 mg. La balance est précise à 0,1 mg : l'incertitude relative vaut 1,100,1×100=9,1 % sur la masse, donc environ 18 % sur Kps. Avec 500,0 mL, elle n'était que de 55,10,1×100=0,18 %. Pour un sel peu soluble, on évapore un GRAND volume : c'est le prix d'une masse pesable. Le gain de temps coûterait toute la précision de la mesure.
Exercice 4 : Comparer des solubilités : le piège des Kps
Le programme le résume ainsi : un sel qui se dissout facilement a une constante du produit de solubilité élevée. C'est vrai, à une condition qu'on oublie toujours : comparer des sels qui libèrent le même nombre d'ions.
Données à 25 °C : Kps(Ba(IO3)2)=4,0×10−9 ; Kps(SrCO3)=5,6×10−10 ; Kps(MnCO3)=2,2×10−11 ; Kps(Ag2CO3)=8,5×10−12. Masses molaires en g/mol : SrCO3 : 147,63 ; Ag2CO3 : 275,75.
La figure ci-dessous place les quatre constantes sur une échelle logarithmique.
a) Calculez la solubilité molaire du carbonate de strontium et celle du carbonate de manganèse(II). Lequel est le plus soluble ? Montrez qu'ici, comparer les Kps suffisait, et dites pourquoi.
b) Calculez la solubilité molaire du carbonate d'argent et celle de l'iodate de baryum.
c) Classez les quatre sels du plus soluble au moins soluble, en mol/L.
d) Un élève a classé les quatre sels par leur Kps. Quel sel a-t-il mal placé, et de combien de rangs s'est-il trompé ? Énoncez la règle.
e) Calculez les solubilités massiques du carbonate d'argent et du carbonate de strontium. Le classement de ces deux sels change-t-il en g/L ?
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Réponses
a)2,37×10−5 et 4,69×10−6 mol/L : même stœchiométrie, comparer les Kps suffisait
b)1,29×10−4 et 1,00×10−3 mol/L
c)Ba(IO3)2, Ag2CO3, SrCO3, MnCO3
d)Ag2CO3, deux rangs trop bas : on ne compare les Kps qu'à stœchiométrie égale
e)3,55×10−2 et 3,49×10−3 g/L : même classement
a)
Les deux carbonates sont des sels 1:1 : Kps=s2. s(SrCO3)=5,6×10−10=2,37×10−5 mol/L et s(MnCO3)=2,2×10−11=4,69×10−6 mol/L. Le carbonate de strontium est environ cinq fois plus soluble. Comparer les Kps suffisait : pour deux sels de MÊME stœchiométrie, s s'obtient par la même opération (s=Kps ici), et une opération croissante conserve l'ordre. Le plus grand Kps donne la plus grande solubilité.
b)
Le carbonate d'argent est un sel 2:1 : Ag2CO3(s)⇌2Ag+(aq)+CO32−(aq), Kps=4s3, donc s=(48,5×10−12)1/3=1,29×10−4 mol/L. L'iodate de baryum est un sel 1:2 : Kps=4s3 aussi, et s=(44,0×10−9)1/3=1,00×10−3 mol/L.
c)
Du plus soluble au moins soluble : iodate de baryum (1,00×10−3 mol/L), carbonate d'argent (1,29×10−4), carbonate de strontium (2,37×10−5), carbonate de manganèse (4,69×10−6).
d)
Par les Kps, l'élève obtient : iodate de baryum, carbonate de strontium, carbonate de manganèse, carbonate d'argent. Il place le carbonate d'argent DERNIER, alors qu'il est deuxième : erreur de deux rangs. Son Kps est le plus petit des quatre, soixante-six fois plus petit que celui du carbonate de strontium, et pourtant il est 5,4 fois plus soluble. La raison : pour un sel 2:1, Kps=4s3, et un cube de nombre petit est beaucoup plus petit qu'un carré. Règle : on ne compare directement les Kps qu'entre sels de même stœchiométrie (deux sels 1:1, deux sels 1:2...). Dès que les formules diffèrent, on calcule s pour chacun, et on compare les s. La figure de la correction montre les deux axes : les lignes des sels 1:1 restent parallèles, celle du carbonate d'argent croise les autres.
e)
Ag2CO3 : 1,29×10−4×275,75=3,55×10−2 g/L. SrCO3 : 2,37×10−5×147,63=3,49×10−3 g/L. Le classement est le même : le carbonate d'argent reste dix fois plus soluble en masse. Ce n'est pas une règle générale : en g/L, la masse molaire entre en jeu, et deux sels de solubilités molaires voisines peuvent s'inverser. On compare donc toujours dans l'unité que demande la question, et on le dit dans la réponse.
Exercice 5 : Kps dépend de la température
Le tableau donne la masse de sel qui sature 100 mL d'eau à différentes températures ; la figure en trace les courbes. On admet que la dissolution ne change pas le volume. M(Ag2SO4)=311,80 g/mol.
Sulfate d'argent Ag2SO4, en g/100 mL : 0,57 à 0 °C ; 0,80 à 20 °C ; 0,98 à 40 °C ; 1,15 à 60 °C ; 1,30 à 80 °C ; 1,41 à 100 °C.
Carbonate de lithium Li2CO3, en g/100 mL : 1,54 à 0 °C ; 1,33 à 20 °C ; 1,17 à 40 °C ; 1,01 à 60 °C ; 0,85 à 80 °C ; 0,72 à 100 °C.
a) Écrivez l'équation de dissociation du sulfate d'argent et l'expression de son Kps en fonction de s.
b) Calculez s puis Kps à 20 °C et à 80 °C. Par quel facteur Kps est-il multiplié ?
c) La dissolution du sulfate d'argent est-elle endothermique ou exothermique ? Justifiez par le principe de Le Chatelier. Même question pour le carbonate de lithium.
d) On refroidit de 80 °C à 20 °C 100 mL d'eau saturée de sulfate d'argent, sans dépôt au départ. Qu'apparaît-il, et quelle masse ?
e) Lisez sur la courbe la solubilité du sulfate d'argent à 50 °C. Une table donne une valeur de Kps sans préciser la température : que lui manque-t-il ?
Voir la correction
Réponses
a)Kps=(2s)2s=4s3
b)20 °C : s=2,57×10−2 mol/L, Kps=6,8×10−5 ; 80 °C : s=4,17×10−2 mol/L, Kps=2,90×10−4 ; facteur 4,29
c)Sulfate d'argent : endothermique ; carbonate de lithium : exothermique
d)0,50 g de cristaux de sulfate d'argent
e)Environ 1,07 g/100 mL ; il manque la température
a)
Ag2SO4(s)⇌2Ag+(aq)+SO42−(aq). Avec [Ag+]=2s et [SO42−]=s : Kps=[Ag+]2[SO42−]=(2s)2s=4s3.
b)
À 20 °C : 0,80 g dans 100 mL font 8,0 g/L, donc s=311,808,0=2,57×10−2 mol/L et Kps=4×(2,57×10−2)3=6,8×10−5. À 80 °C : 13,0 g/L, s=4,17×10−2 mol/L et Kps=4×(4,17×10−2)3=2,90×10−4. Le facteur vaut 6,76×10−52,90×10−4=4,29, alors que la solubilité n'a été multipliée que par 8,013,0=1,63 : le cube amplifie, 1,633=4,29. Une même « constante » change donc d'un facteur quatre entre un local froid et une eau chaude. Remarque honnête : pour un sel aussi soluble, les tables thermodynamiques donnent à 25 °C une valeur plus petite, de l'ordre de 1,2×10−5, parce que des ions aussi nombreux s'attirent et ne se comportent plus comme s'ils étaient seuls. Ce raffinement dépasse le secondaire ; il ne change rien au sens de variation.
c)
La solubilité du sulfate d'argent AUGMENTE avec la température : chauffer déplace l'équilibre vers la dissolution. Selon Le Chatelier, un apport de chaleur favorise le sens qui l'absorbe : la dissolution est ENDOTHERMIQUE, et Kps augmente quand on chauffe. Le carbonate de lithium fait l'inverse : sa solubilité DIMINUE de 1,54 à 0,72 g/100 mL. Chauffer favorise alors la précipitation, qui est le sens endothermique ; la dissolution est EXOTHERMIQUE et son Kps baisse quand on chauffe. Piège : croire que « tout se dissout mieux à chaud ». C'est vrai pour la majorité des sels, faux pour une bonne minorité, dont le calcaire et l'hydroxyde de calcium, et c'est pour cela que le tartre se dépose dans une bouilloire et non dans un verre d'eau froide.
d)
À 80 °C, les 100 mL contiennent 1,30 g dissous ; à 20 °C, ils ne peuvent plus en garder que 0,80 g. L'excès précipite : il apparaît 1,30−0,80=0,50 g de cristaux de sulfate d'argent. C'est le principe de la recristallisation, qui sert à purifier un solide au laboratoire. Une fois le dépôt formé, la solution est saturée à 20 °C et son Kps est celui de 20 °C : la constante suit la température, pas l'histoire de la solution.
e)
Sur la courbe, à 50 °C, on lit environ 1,07 g/100 mL (le point est entre 0,98 à 40 °C et 1,15 à 60 °C). Il manque à une valeur de Kps sans température la moitié de l'information : la valeur n'a de sens qu'à UNE température donnée, et elle peut varier d'un facteur quatre sur l'intervalle de ce tableau. Par convention, les tables donnent Kps à 25 °C ; un exercice qui travaille à une autre température doit fournir sa propre valeur.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Perturber un équilibre de solubilité : l'effet d'ion commun
Une solution saturée de sulfate de calcium, le gypse du plâtre, repose sur un dépôt de solide, à 25 °C. Kps(CaSO4)=4,9×10−5 ; M(CaSO4)=136,14 g/mol. Le sulfate de sodium Na2SO4 et le chlorure de calcium CaCl2 sont, eux, très solubles.
Chaque question de b) à e) part de la solution saturée de départ et lui fait subir UNE perturbation, à 25 °C.
a) Calculez la solubilité molaire et la solubilité massique du sulfate de calcium dans l'eau pure, puis [Ca2+] et [SO42−].
b) On dissout quelques grammes de sulfate de sodium dans la solution. Dans quel sens l'équilibre de solubilité se déplace-t-il ? Comment varient [Ca2+], la masse du dépôt et Kps ?
c) On dissout plutôt du chlorure de calcium. Comment varient [SO42−] et la masse du dépôt ?
d) On ajoute 100 mL d'eau, et il reste du dépôt au fond. Une fois l'équilibre rétabli, [Ca2+] a-t-elle changé ? Et la masse du dépôt ?
e) On ajoute une cuillerée de sulfate de calcium solide. Que deviennent les concentrations des ions ?
b)Vers la précipitation : [Ca2+] diminue, le dépôt grossit, Kps inchangé
c)[SO42−] diminue, le dépôt grossit
d)[Ca2+] inchangée ; le dépôt diminue
e)Rien ne change dans la solution
a)
CaSO4(s)⇌Ca2+(aq)+SO42−(aq), sel 1:1 : Kps=s2, donc s=4,9×10−5=7,0×10−3 mol/L. Solubilité massique : 7,0×10−3×136,14=0,953 g/L, un peu moins d'un gramme par litre : le gypse est « peu soluble », pas « insoluble », ce qui explique qu'un plâtre exposé à la pluie se dégrade. [Ca2+]=[SO42−]=7,0×10−3 mol/L.
b)
Le sulfate de sodium se dissout entièrement et apporte des ions sulfate, un ion DÉJÀ présent dans l'équilibre : c'est un ion commun. Selon Le Chatelier, le système s'oppose en partie à cette hausse de [SO42−] en consommant des ions sulfate : l'équilibre se déplace vers la GAUCHE, celui de la précipitation. On voit le dépôt grossir ; des ions calcium partent dans le solide avec les ions sulfate, donc [Ca2+] DIMINUE. Le produit [Ca2+][SO42−] revient à la même valeur, Kps, qui ne dépend que de la température : il ne change pas. Ce qui a changé, c'est la quantité de gypse que la solution peut garder dissoute : elle a baissé.
c)
Même raisonnement avec l'autre ion commun : les ions calcium ajoutés déplacent l'équilibre vers la précipitation, [SO42−] DIMINUE et la masse du dépôt AUGMENTE. Peu importe lequel des deux ions on ajoute : tout ajout d'un ion du sel fait reculer sa dissolution. Hors programme du secondaire : calculer la nouvelle solubilité en présence de l'ion ajouté est le calcul d'effet d'ion commun du cégep (cours 202-NYB, Chimie des solutions). En secondaire 5, on prévoit le SENS par Le Chatelier, sans chiffrer.
d)
L'eau ajoutée dilue un instant les ions ; le produit des concentrations passe sous Kps et le dépôt se dissout un peu, jusqu'à ce que la solution soit de nouveau saturée. À l'équilibre, [Ca2+] vaut encore 7,0×10−3 mol/L : elle n'a PAS changé. La masse du dépôt, elle, a DIMINUÉ : il a fallu 7,0×10−3×0,100=7,0×10−4 mol, soit 0,095 g de gypse, pour saturer les 100 mL ajoutés. Piège : répondre « la concentration diminue, puisqu'on dilue ». C'est vrai sans dépôt (exercice 1 e), faux tant qu'il reste du solide.
e)
Rien ne change dans la solution : les concentrations restent 7,0×10−3 mol/L. La solution était déjà saturée ; le solide ajouté s'ajoute au dépôt. C'est la traduction directe de l'absence du solide dans l'expression de Kps (exercice 2) : la quantité de solide n'entre pas dans le calcul, elle ne peut donc pas déplacer l'équilibre. Bilan des quatre perturbations : seul un changement de concentration d'un ION du sel (b et c) ou de température (exercice 5) déplace l'équilibre de solubilité ; l'eau et le solide ne changent que la masse du dépôt.
Exercice 7 : Kps et pH : l'eau de chaux
L'eau de chaux est une solution saturée d'hydroxyde de calcium Ca(OH)2, filtrée ; elle sert de test du dioxyde de carbone. À 25 °C, un pH-mètre plongé dans une eau de chaux fraîchement filtrée affiche 12,35.
Données : Kw=1,0×10−14 ; pH+pOH=14,00 ; M(Ca(OH)2)=74,09 g/mol ; pour l'hydroxyde de manganèse(II), Kps(Mn(OH)2)=1,9×10−13.
Le schéma ci-dessous représente la mesure.
a) Écrivez l'équation de dissociation de l'hydroxyde de calcium et l'expression de son Kps. Quel ion rend la solution basique ?
b) À partir du pH, calculez le pOH, puis [OH−], puis la solubilité molaire s.
c) Calculez Kps(Ca(OH)2), puis la masse d'hydroxyde de calcium dissoute dans 250 mL d'eau de chaux.
d) Lequel des deux hydroxydes, calcium ou manganèse(II), est le plus soluble ? Peut-on ici comparer directement les Kps ? Pourquoi ?
e) Calculez la solubilité molaire de l'hydroxyde de manganèse(II), la concentration [OH−] et le pH de sa solution saturée.
Ca(OH)2(s)⇌Ca2+(aq)+2OH−(aq) et Kps=[Ca2+][OH−]2. Ce sont les ions hydroxyde libérés par la dissolution qui rendent la solution basique : un hydroxyde peu soluble est une base dont la force est bridée par sa solubilité. Le pH d'une solution saturée est donc une MESURE de la solubilité, et c'est ce qu'on exploite ici.
b)
pOH=14,00−12,35=1,65, donc [OH−]=10−1,65=2,24×10−2 mol/L. Chaque unité dissoute libère DEUX ions hydroxyde : [OH−]=2s, d'où s=22,24×10−2=1,12×10−2 mol/L. Piège : poser s=[OH−]. On trouve une solubilité deux fois trop grande, et un Kps faux d'un facteur huit à la question suivante, puisque s y est élevée au cube.
c)
[Ca2+]=s=1,12×10−2 mol/L, donc Kps=[Ca2+][OH−]2=1,12×10−2×(2,24×10−2)2=5,6×10−6, ce qu'on retrouve en écrivant 4s3. Dans 250 mL : n=1,12×10−2×0,250=2,80×10−3 mol, soit 2,80×10−3×74,09=0,207 g. Un quart de litre d'eau de chaux ne contient qu'un cinquième de gramme de chaux dissoute, d'où la nécessité de garder un dépôt dans le flacon de réserve.
d)
Les deux hydroxydes sont des sels 1:2, de même formule générale M(OH)2 : Kps=4s3 pour l'un comme pour l'autre. La comparaison directe est donc PERMISE (règle de l'exercice 4) : 5,6×10−6 contre 1,9×10−13, l'hydroxyde de calcium est de loin le plus soluble. Il ne le serait pas forcément face à un hydroxyde M(OH)3 : il faudrait alors calculer les deux s.
e)
s=(41,9×10−13)1/3=3,62×10−5 mol/L ; [OH−]=2s=7,24×10−5 mol/L ; pOH=−log(7,24×10−5)=4,14 et pH=14,00−4,14=9,86. Le chemin est l'exact inverse de b) et c) : de Kps à s, de s à [OH−], de [OH−] au pH. Une solution saturée d'hydroxyde peu soluble est basique, mais d'autant moins que l'hydroxyde est moins soluble : pH 12,35 pour la chaux, 9,86 pour l'hydroxyde de manganèse. Ici le pH est une CONSÉQUENCE de la dissolution. Hors programme : imposer le pH de l'extérieur, avec un tampon, et calculer la solubilité qui en résulte, c'est l'influence du pH sur la solubilité, étudiée au cégep (202-NYB).
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations est fausse. Dites pourquoi, appuyez-vous sur un résultat des exercices précédents, et donnez l'énoncé correct. Deux points chacune.
a) « Pour le sulfate de plomb(II), Kps=[PbSO4][Pb2+][SO42−]. »
b) « Le carbonate d'argent (Kps=8,5×10−12) est moins soluble que le carbonate de strontium (Kps=5,6×10−10), puisque sa constante est plus petite. »
c) « Si l'on ajoute du solide dans une solution saturée, la concentration des ions augmente. »
d) « La constante du produit de solubilité du sulfate d'argent vaut 6,8×10−5, à toutes les températures. »
e) « Pour le sulfite d'argent Ag2SO3, la solution contient deux fois plus d'ions argent que d'ions sulfite, donc Kps=2s×s=2s2. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux : Kps=[Pb2+][SO42−], sans le solide
b)Faux : stœchiométries différentes ; le carbonate d'argent est 5,4 fois plus soluble
c)Faux : les concentrations d'une solution saturée ne bougent pas
d)Faux : Kps dépend de la température, facteur 4,29 entre 20 et 80 °C
e)Faux : Kps=(2s)2s=4s3
a)
Faux. Le solide ne figure jamais dans l'expression d'une constante d'équilibre : sa « concentration » ne varie pas, qu'il y en ait un gramme ou un kilogramme (exercice 2 b). Énoncé correct : Kps=[Pb2+][SO42−], et il vaut 2,6×10−8 si la solubilité est 1,6×10−4 mol/L (exercice 0.1 a). L'expression fausse est sanctionnée même quand le calcul qui suit est juste, parce qu'elle prouve qu'on n'a pas compris ce qu'est Kps.
b)
Faux. Les deux sels n'ont pas la même stœchiométrie : le carbonate d'argent est un sel 2:1, où Kps=4s3, le carbonate de strontium un sel 1:1, où Kps=s2. Les solubilités calculées à l'exercice 4 sont 1,29×10−4 et 2,37×10−5 mol/L : le carbonate d'argent est 5,4 fois PLUS soluble, malgré une constante soixante-six fois plus petite. Énoncé correct : on ne compare directement les Kps qu'entre sels de même stœchiométrie ; sinon, on calcule et on compare les s.
c)
Faux. Une solution saturée contient déjà tout ce que l'eau peut dissoudre à cette température : le solide ajouté rejoint le dépôt, et les concentrations ne bougent pas (exercice 6 e). Énoncé correct : en présence de dépôt, les concentrations d'une solution saturée ne dépendent que de la température et des ions éventuellement ajoutés, jamais de la quantité de solide.
d)
Faux. Comme toute constante d'équilibre, Kps dépend de la température. Pour le sulfate d'argent, dont la dissolution est endothermique, il est multiplié par 4,29 entre 20 °C et 80 °C (exercice 5) : 6,8×10−5 est sa valeur à 20 °C seulement. Énoncé correct : « Kps(Ag2SO4)=6,8×10−5 à 20 °C ». Une constante donnée sans température est une donnée incomplète.
e)
Faux. Il y a bien deux fois plus d'ions argent, donc [Ag+]=2s, mais cette concentration doit être élevée à la puissance 2, son coefficient : Kps=[Ag+]2[SO32−]=(2s)2s=4s3. L'erreur ne coûte pas un détail : avec 2s2=1,5×10−14, on trouve s=8,7×10−8 mol/L, cent quatre-vingts fois moins que la vraie valeur, 1,55×10−5 mol/L (exercice 0.2 c). Énoncé correct : le coefficient d'un ion agit deux fois, dans sa concentration (2s) et en exposant.
Exercice 9 : Problème : le sulfate de baryum en radiologie
Pour radiographier l'œsophage, l'estomac ou l'intestin, on fait boire au patient une « bouillie barytée » : environ 200 mL d'une suspension épaisse de sulfate de baryum BaSO4 dans l'eau. Les atomes de baryum, lourds, arrêtent les rayons X, et le tube digestif apparaît en blanc sur le cliché. Or l'ion baryum Ba2+ DISSOUS est un poison : absorbé par l'intestin, il perturbe les muscles et le cœur, et quelques centaines de milligrammes peuvent provoquer une intoxication grave.
Données : Kps(BaSO4)=1,1×10−10 et Kps(BaCO3)=2,6×10−9 à 25 °C ; 100 mL d'eau dissolvent 35,8 g de chlorure de baryum BaCl2 à 20 °C (on admet que le volume ne change pas) ; M(Ba)=137,33 g/mol ; M(BaCl2)=208,23 g/mol.
Le schéma ci-dessous représente la suspension et la solution de chlorure de baryum.
a) Écrivez l'équation de dissociation du sulfate de baryum et l'expression de Kps. Calculez [Ba2+] dans le liquide de la suspension, qui est saturé.
b) Calculez la masse d'ions baryum dissous dans les 200 mL de liquide. Comparez à la dose dangereuse.
c) Calculez [Ba2+] dans une solution saturée de chlorure de baryum. Par quel facteur est-elle plus grande qu'avec le sulfate ?
d) Expliquez, à l'aide des constantes, pourquoi le radiologue emploie le sulfate de baryum et jamais le chlorure. Le sulfate, presque entièrement non dissous, arrête-t-il quand même les rayons X ?
e) Le carbonate de baryum a un Kps à peine plus grand que celui du sulfate. Calculez sa solubilité dans l'eau et comparez. Il est pourtant un poison violent, autrefois employé comme mort-aux-rats. Expliquez qualitativement, par Le Chatelier, le rôle de l'acide chlorhydrique de l'estomac.
Voir la correction
Réponses
a)Kps=[Ba2+][SO42−] ; [Ba2+]=1,05×10−5 mol/L
b)0,288 mg, environ mille fois moins que la dose dangereuse
c)1,72 mol/L, 1,64×105 fois plus
d)Le sulfate reste solide : visible aux rayons X, non absorbé ; le chlorure libère ses ions
e)s=5,10×10−5 mol/L, 4,9 fois plus ; l'acide consomme les ions carbonate et dissout le sel
a)
BaSO4(s)⇌Ba2+(aq)+SO42−(aq) et Kps=[Ba2+][SO42−]. Sel 1:1, donc [Ba2+]=s=1,1×10−10=1,05×10−5 mol/L. La suspension contient un énorme excès de solide : son liquide est saturé, et Kps s'y applique pleinement. Dans le corps, à 37 °C, la valeur est un peu plus grande qu'à 25 °C, sans changer l'ordre de grandeur.
b)
n(Ba2+)=1,05×10−5×0,200=2,10×10−6 mol, soit 2,10×10−6×137,33=2,88×10−4 g, c'est-à-dire 0,288 mg. C'est environ mille fois moins que les quelques centaines de milligrammes dangereuses : la bouillie barytée est sans danger, alors qu'elle contient des dizaines de grammes de baryum sous forme SOLIDE.
c)
35,8 g dans 100 mL font 358 g/L, soit 208,23358=1,72 mol/L de chlorure de baryum. Il est entièrement dissocié, BaCl2(s)→Ba2+(aq)+2Cl−(aq), donc [Ba2+]=1,72 mol/L. Le rapport vaut 1,05×10−51,72=1,64×105 : cent soixante-quatre mille fois plus d'ions baryum en solution. La figure de la correction place les trois sels sur une échelle de puissances de dix.
d)
C'est exactement l'item du programme « expliquer l'utilisation d'une substance à l'aide de sa constante du produit de solubilité ». Ce que le radiologue veut, c'est du baryum dans le tube digestif ; ce qu'il refuse, c'est du baryum DANS LE SANG. Le sulfate de baryum, de Kps minuscule, reste presque entièrement solide : il tapisse la paroi sans être absorbé, puis il est éliminé. Le chlorure, très soluble, libérerait ses ions baryum en grande quantité, et quelques grammes suffiraient à tuer. Le solide arrête bien les rayons X : ce sont les ATOMES de baryum qui les absorbent, dissous ou non, et le solide en contient des dizaines de grammes. C'est la beauté du choix : la même propriété, l'insolubilité, rend le produit à la fois visible et inoffensif.
e)
s(BaCO3)=2,6×10−9=5,10×10−5 mol/L dans l'eau pure, seulement 4,9 fois plus que le sulfate. Si l'on s'en tenait à cette comparaison, le carbonate paraîtrait presque aussi sûr. Mais l'estomac contient de l'acide chlorhydrique. Les ions H+ réagissent avec les ions carbonate, CO32−+2H+→CO2+H2O, et les retirent de la solution. Selon Le Chatelier, l'équilibre BaCO3(s)⇌Ba2+(aq)+CO32−(aq) se déplace alors vers la dissolution pour remplacer les ions perdus ; tant qu'il y a de l'acide, le solide continue de se dissoudre et libère ses ions baryum. Les ions sulfate, eux, ne réagissent pratiquement pas avec l'acide : le sulfate de baryum reste solide dans l'estomac. Leçon : un Kps mesuré dans l'eau pure ne dit pas tout, il faut regarder ce que deviennent les ions dans le milieu réel. Hors programme : le calcul de la solubilité en fonction du pH est fait au cégep (202-NYB, Chimie des solutions).
Exercice 10 : Problème : les calculs rénaux et l'oxalate de calcium
Les calculs rénaux les plus fréquents sont faits d'oxalate de calcium CaC2O4, un sel très peu soluble qui cristallise dans les voies urinaires quand l'urine en contient trop.
Données à 25 °C : Kps(CaC2O4)=2,3×10−9 ; M(CaC2O4)=128,10 g/mol ; 100 mL d'eau dissolvent 3,7 g d'oxalate de sodium Na2C2O4, de masse molaire 134,00 g/mol.
Pour les calculs, on assimile l'urine à de l'eau pure à 25 °C : c'est une simplification forte, que la question e) discute.
Le schéma ci-dessous représente l'urine d'une journée dans les deux cas.
a) Écrivez l'équation de dissociation de l'oxalate de calcium et l'expression de son Kps. Calculez sa solubilité molaire et sa solubilité massique en mg/L.
b) Calculez la solubilité molaire de l'oxalate de sodium et le rapport des deux solubilités. Expliquez pourquoi un calcul rénal contient de l'oxalate de CALCIUM et jamais de l'oxalate de sodium, alors que l'urine contient bien plus d'ions sodium que d'ions calcium.
c) Une personne élimine 1,0 L d'urine par jour ; sur conseil médical, elle boit davantage et en élimine 2,5 L. Calculez, dans le modèle de l'eau pure, la masse maximale d'oxalate de calcium qui peut rester dissoute dans l'urine d'une journée, dans chaque cas. Pourquoi conseille-t-on de boire beaucoup ?
d) Certaines personnes ont une urine très riche en ions calcium. Prévoyez, par le principe de Le Chatelier, l'effet sur l'équilibre de solubilité de l'oxalate de calcium et sur le risque de calcul.
e) L'urine d'un patient contient [Ca2+]=2,5×10−3 mol/L. Un élève estime encore la quantité d'oxalate qui peut y rester dissoute avec s=Kps. Pourquoi est-ce faux ? La vraie valeur est-elle plus grande ou plus petite que son résultat ?
b)0,276 mol/L, 5,76×103 fois plus soluble : seul l'oxalate de calcium sature
c)6,14 mg et 15,4 mg : boire dilue les ions et éloigne de la saturation
d)Vers la précipitation : le risque de calcul augmente
e)Plus petite : l'ion calcium déjà présent est un ion commun
a)
CaC2O4(s)⇌Ca2+(aq)+C2O42−(aq) et Kps=[Ca2+][C2O42−]. Sel 1:1 : s=2,3×10−9=4,80×10−5 mol/L, soit 4,80×10−5×128,10=6,14×10−3 g/L, 6,14 mg/L. Six milligrammes par litre : il suffit de très peu d'oxalate pour saturer une urine en oxalate de calcium.
b)
3,7 g dans 100 mL font 37 g/L, soit 134,0037=0,276 mol/L. Le rapport des solubilités vaut 4,80×10−50,276=5,76×103 : l'oxalate de sodium est près de six mille fois plus soluble. L'urine contient beaucoup d'ions sodium et des ions oxalate, mais l'oxalate de sodium est très loin de sa saturation : il reste dissous. L'oxalate de calcium, lui, sature à quelques milligrammes par litre : c'est lui qui cristallise dès que les ions calcium et oxalate sont un peu trop concentrés. On retrouve l'item iii du programme : la constante (ou la solubilité qui en découle) explique pourquoi CE sel forme des dépôts dans l'organisme et pas l'autre. L'abondance d'un ion ne décide de rien ; c'est la solubilité du sel qu'il formerait.
c)
Dans 1,0 L : 4,80×10−5×1,0=4,80×10−5 mol, soit 6,14 mg d'oxalate de calcium au plus. Dans 2,5 L : 2,5×6,14=15,4 mg. Boire davantage ne change pas la solubilité, qui reste 6,14 mg/L ; cela augmente le VOLUME dans lequel la même quantité quotidienne d'oxalate et de calcium est diluée. Les concentrations des ions baissent, la solution s'éloigne de la saturation, et les cristaux ont moins de chances de se former ou de grossir. C'est le premier conseil donné après un premier calcul rénal.
d)
Une urine riche en ions calcium apporte un ion COMMUN à l'équilibre CaC2O4(s)⇌Ca2+(aq)+C2O42−(aq). Selon Le Chatelier, le système s'oppose à cette hausse de [Ca2+] en consommant des ions calcium, donc en déplaçant l'équilibre vers la PRÉCIPITATION : l'oxalate de calcium cristallise plus facilement, et le risque de calcul augmente. Le même raisonnement vaut pour une urine riche en oxalate, apporté par certains aliments comme la rhubarbe ou les épinards.
e)
Le calcul s=Kps suppose que les ions calcium et oxalate viennent tous deux du sel qui se dissout, à parts égales. Ici, l'urine contient déjà des ions calcium : c'est l'effet d'ion commun de la question d), et il fait baisser la quantité d'oxalate qui peut rester dissoute. La vraie valeur est donc plus PETITE que celle de l'élève. Le calcul exact, en tenant compte de l'ion commun, est au programme du cégep (202-NYB, Chimie des solutions) ; en secondaire 5, on en prévoit le sens. Et la vraie urine est plus compliquée encore : elle est souvent sursaturée en oxalate de calcium, et ce sont d'autres molécules qui freinent la cristallisation. Le modèle de l'eau pure donne le SENS des effets, pas un seuil médical.
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