Algèbre linéaire 201-NYC / Maths 105 • Complément québécois de Première et cégep à Montréal

Exercices corrigés : appliquer l'algèbre linéaire et la géométrie vectorielle aux sciences de la nature (201-NYC / Maths 105)

Voici la série d'exercices corrigés d'algèbre linéaire et géométrie vectorielle (cours 201-NYC, aussi appelé Maths 105 selon le programme visé) consacrée aux applications aux sciences de la nature. C'est le cinquième élément de l'objectif ministériel du cours, celui qui demande d'appliquer les méthodes du cours à des problèmes de physique et de chimie : équilibre de forces, moments et biomécanique, travail, équilibrage d'équations chimiques, mélange de solutions, lois de Kirchhoff, centre de masse.

Le risque de ce chapitre n'est pas le calcul. Une fois le système posé, Gauss-Jordan est mécanique et vous l'avez déjà travaillé. L'étudiant qui perd des points n'a presque jamais échoué au pivot : il a échoué à choisir ses inconnues et à écrire une équation par contrainte. Trois forces concourantes, un circuit à deux mailles, une équation chimique à équilibrer, un mélange de trois solutions à concentration imposée : quatre énoncés sans rapport qui donnent la même sorte de matrice augmentée. C'est la MISE EN FORME qui coûte les points.

La série exploite aussi ce que l'algèbre linéaire dit de plus que le calcul différentiel. Un système sans solution signifie que l'énoncé est physiquement impossible, une infinité de solutions qu'il manque une contrainte, et c'est le RANG qui décide lequel des deux. Cette lecture, qui transforme un échec de calcul en diagnostic, est le vrai outil que le cours donne aux sciences de la nature.

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Ce chapitre fait partie de Algèbre linéaire et géométrie vectorielle, 201-NYC
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (8 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Systèmes d'équations : comparaison et graphiqueSecondaire 3
  2. 2Les équations et les inéquationsSecondaire 4 SN4
  3. 3Les systèmes d'équationsSecondaire 4 SN4
  4. 4Les vecteurs et la géométrie vectorielleSecondaire 5 SN5
  5. 5Combinaisons linéaires, dépendance et bases
  6. 6Vecteurs dans l'espace : les trois produits
  7. 7Matrices, systèmes et déterminants
  8. 8Systèmes linéaires : Gauss et Gauss-Jordan

Rappel de cours

  • Poser un problème de sciences en système linéaire, les trois gestes dans l'ordre : nommer une inconnue par grandeur que l'énoncé ne donne pas, écrire UNE équation par contrainte, puis ranger les coefficients dans une matrice augmentée. Une contrainte est un axe de projection en mécanique, une grandeur conservée en chimie, un nœud ou une maille en électricité.
  • Théorème de compatibilité de Rouché : le système AX=BAX=B a des solutions si et seulement si rang(A)=rang([AB])\operatorname{rang}(A)=\operatorname{rang}([A\,|\,B]). Si ce rang commun égale le nombre d'inconnues, la solution est unique ; s'il est plus petit, il y a une infinité de solutions et le nombre de paramètres libres vaut le nombre d'inconnues moins le rang.
  • Lecture physique des trois cas. Solution unique : le problème est bien posé. Infinité de solutions : il manque une contrainte, ou bien le paramètre libre a lui-même un sens, comme l'échelle d'une réaction chimique. Aucune solution : la situation décrite est impossible, et il faut chercher l'hypothèse fausse plutôt que recommencer l'échelonnement.
  • Équilibre d'un POINT dans le plan : deux contraintes, une par axe. Équilibre d'un SOLIDE dans le plan : trois contraintes, deux de résultante et une de moment. Écrire l'équation des moments en un second point n'ajoute jamais de rang : elle est une combinaison linéaire des trois premières. Le choix du point décide seulement quelle inconnue disparaît de la ligne.
  • Travail d'une force constante sur un déplacement rectiligne : W=Fd=FdcosθW=\vec{F}\cdot\vec{d}=\|\vec{F}\|\,\|\vec{d}\|\cos\theta, en joules. Seule la composante de F\vec{F} PARALLÈLE à d\vec{d} travaille ; la composante orthogonale donne un travail EXACTEMENT nul, quelle que soit son intensité.
  • Moment d'une force : M=r×F\vec{M}=\vec{r}\times\vec{F}, un produit VECTORIEL, de norme rFsinθ\|\vec{r}\|\,\|\vec{F}\|\sin\theta. Cette fois c'est la composante PERPENDICULAIRE au bras qui porte tout, et la composante parallèle qui ne donne rien. Produit scalaire et produit vectoriel sélectionnent des parts complémentaires.
  • Équilibrage d'une équation chimique : on range les espèces en colonnes et les éléments en lignes, avec le signe ++ pour les réactifs et - pour les produits. Les coefficients cherchés forment le noyau de AA, et dimkerA=nrang(A)\dim\ker A=n-\operatorname{rang}(A). Une dimension de 11 signale une réaction bien posée ; une dimension de 22 signale une conservation oubliée, en général celle de la CHARGE dans une réaction redox.
  • Lois de Kirchhoff : un circuit à nn nœuds ne fournit que n1n-1 lois des nœuds indépendantes, car la somme de toutes ces lois est l'identité 0=00=0. Écrire la nn-ième ligne n'augmente pas le rang, et un système à plus d'équations que d'inconnues n'est donc pas pour autant surdéterminé.
  • Centre de masse de points pondérés : OG=1mimiOAi\vec{OG}=\dfrac{1}{\sum m_{i}}\sum m_{i}\vec{OA_{i}}, ce qui équivaut à miGAi=0\sum m_{i}\vec{GA_{i}}=\vec{0}. Les coefficients mimj\frac{m_{i}}{\sum m_{j}} sont positifs et de somme 11 : GG est une combinaison CONVEXE des points, donc il appartient toujours à leur enveloppe convexe.
  • Ce que l'algèbre ignore : les contraintes de signe. Une masse, une concentration, un flux à sens unique sont positifs. Un système peut être parfaitement compatible et n'avoir aucune solution admissible, donc toute réponse se contrôle deux fois, par le rang d'abord, par le domaine physique ensuite.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Poser les inconnues et compter les contraintes

Trois situations de sciences sans rapport entre elles. Dans les trois, on ne demande RIEN de plus que la mise en forme : nommer les inconnues, compter les contraintes, écrire la matrice augmentée. On ne résout pas.

Situation 1, mécanique : un chariot de poids 400400 N est retenu immobile sur un plan incliné à 2525^{\circ} par un câble parallèle au plan. Le plan exerce une force NN perpendiculaire à sa surface, le câble une tension TT parallèle au plan, dirigée vers le haut de la pente.

Situation 2, chimie : on veut préparer 600600 g de solution saline à 25 %25\ \% en masse à partir de trois solutions mères à 10 %10\ \%, 20 %20\ \% et 50 %50\ \%, et l'atelier impose de prendre deux fois plus de la solution à 20 %20\ \% que de celle à 10 %10\ \%.

Situation 3, électricité : une source de 1212 V en série avec R1=4 ΩR_{1}=4\ \Omega alimente deux résistances en parallèle, R2=6 ΩR_{2}=6\ \Omega et R3=3 ΩR_{3}=3\ \Omega. On note I1I_{1} le courant dans R1R_{1}, I2I_{2} celui dans R2R_{2} et I3I_{3} celui dans R3R_{3}.

  • a) Situation 1 : combien d'inconnues, combien de contraintes ? Écrivez les deux équations de projection sur l'axe horizontal et sur l'axe vertical, en prenant l'axe xx horizontal vers la droite et l'axe yy vertical vers le haut.
  • b) Écrivez la matrice augmentée de la situation 1 et calculez le déterminant de sa matrice des coefficients. Que garantit ce déterminant ?
  • c) Situation 2 : posez les inconnues, dites combien il y en a et combien de contraintes l'énoncé fournit, puis écrivez la matrice augmentée. Ne résolvez pas.
  • d) Situation 3 : posez les inconnues et écrivez la matrice augmentée du système formé par la loi des nœuds et les deux lois des mailles. Ne résolvez pas.
  • e) Qu'ont en commun les trois mises en forme ? Que faut-il compter, AVANT tout calcul, pour savoir si un problème est bien posé ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 2 inconnues, 2 contraintes ; Tcos25=Nsin25T\cos 25^{\circ}=N\sin 25^{\circ} et Tsin25+Ncos25=400T\sin 25^{\circ}+N\cos 25^{\circ}=400
  • b) det=1\det=1 : rotation, donc solution unique toujours
  • c) 3 inconnues, 3 contraintes ; lignes (1;1;1600)(1;1;1\,|\,600), (1;2;51500)(1;2;5\,|\,1500), (2;1;00)(-2;1;0\,|\,0)
  • d) 3 inconnues ; lignes (1;1;10)(1;-1;-1\,|\,0), (4;6;012)(4;6;0\,|\,12), (0;6;30)(0;6;-3\,|\,0)
  • e) Une équation par contrainte, puis comparer le RANG au nombre d'inconnues

a) Deux inconnues, TT et NN, et deux contraintes : l'équilibre d'un point fournit exactement deux équations dans le plan, une par axe. Le câble est parallèle au plan incliné, donc sa direction fait 2525^{\circ} avec l'horizontale : T=T(cos25; sin25)\vec{T}=T(\cos 25^{\circ};\ \sin 25^{\circ}). La force NN est perpendiculaire au plan, donc à 115115^{\circ} de l'horizontale : N=N(sin25; cos25)\vec{N}=N(-\sin 25^{\circ};\ \cos 25^{\circ}). Le poids vaut (0; 400)(0;\ -400). En projetant, Tcos25Nsin25=0T\cos 25^{\circ}-N\sin 25^{\circ}=0 sur xx et Tsin25+Ncos25=400T\sin 25^{\circ}+N\cos 25^{\circ}=400 sur yy.

b) La matrice augmentée est [cos25sin250sin25cos25400]\left[\begin{array}{cc|c} \cos 25^{\circ} & -\sin 25^{\circ} & 0 \\ \sin 25^{\circ} & \cos 25^{\circ} & 400 \end{array}\right]. Son déterminant vaut cos225+sin225=1\cos^{2}25^{\circ}+\sin^{2}25^{\circ}=1, par l'identité de Pythagore, et non pas une valeur approchée sortie de la calculatrice. Ce n'est pas un hasard : la matrice des coefficients est une matrice de ROTATION, celle qui fait passer du repère horizontal-vertical au repère lié au plan incliné. Un déterminant égal à 11, donc non nul, garantit une solution unique quelles que soient les données du second membre. Traduction physique : quel que soit le poids, il existe un et un seul couple (T;N)(T;N) qui tient le chariot.

c) Trois inconnues, les masses x1x_{1}, x2x_{2} et x3x_{3} prélevées sur les solutions à 10 %10\ \%, 20 %20\ \% et 50 %50\ \%, en grammes. Trois contraintes : la masse totale, la masse de sel, et la condition d'atelier. La masse totale donne x1+x2+x3=600x_{1}+x_{2}+x_{3}=600. Le sel apporté est 0,10x1+0,20x2+0,50x30{,}10x_{1}+0{,}20x_{2}+0{,}50x_{3}, et la cible en contient 0,25×600=1500{,}25\times 600=150 g. La condition d'atelier s'écrit x2=2x1x_{2}=2x_{1}, soit 2x1+x2=0-2x_{1}+x_{2}=0. La matrice augmentée, une fois la deuxième ligne multipliée par 1010 pour chasser les décimales, est [11160012515002100]\left[\begin{array}{ccc|c} 1 & 1 & 1 & 600 \\ 1 & 2 & 5 & 1500 \\ -2 & 1 & 0 & 0 \end{array}\right].

d) Trois inconnues, I1I_{1}, I2I_{2} et I3I_{3}. Le nœud donne I1=I2+I3I_{1}=I_{2}+I_{3}, soit I1I2I3=0I_{1}-I_{2}-I_{3}=0. La maille qui passe par la source, R1R_{1} puis R2R_{2} donne 124I16I2=012-4I_{1}-6I_{2}=0, soit 4I1+6I2=124I_{1}+6I_{2}=12. La maille formée des deux branches parallèles donne 6I23I3=06I_{2}-3I_{3}=0, les deux résistances étant sous la même tension. D'où [1110460120630]\left[\begin{array}{ccc|c} 1 & -1 & -1 & 0 \\ 4 & 6 & 0 & 12 \\ 0 & 6 & -3 & 0 \end{array}\right].

e) Les trois mises en forme suivent le même protocole, et c'est tout le propos du chapitre. On nomme d'abord les inconnues, une par grandeur que l'énoncé ne donne pas. On écrit ensuite UNE équation par contrainte : une par axe de projection en mécanique, une par grandeur conservée ou imposée en chimie, une par nœud et une par maille indépendante en électricité. On range enfin les coefficients dans une matrice, et à partir de là plus aucune trace du contexte ne subsiste : Gauss-Jordan traite les trois systèmes de la même manière, sans savoir si les lettres désignent des newtons, des grammes ou des ampères. Ce qu'il faut compter avant tout calcul, c'est le nombre d'inconnues d'un côté et le RANG du système de l'autre. Autant de pivots que d'inconnues, la réponse est unique ; moins de pivots, il manque une contrainte et l'ensemble des solutions est infini ; une ligne du type [0 0 0c][0\ 0\ 0\,|\,c] avec c0c\neq 0, et l'énoncé se contredit lui-même. Compter les équations ne suffit jamais, car deux équations peuvent n'en dire qu'une seule.

Le fil de la série : l'algèbre linéaire ne résout pas le problème de sciences, elle le MET EN FORME, et c'est la mise en forme qui coûte les points.

Exercice 2 : L'équilibre d'un point : du diagramme au système

Un luminaire de 200200 N est suspendu au point OO par deux câbles attachés à un plafond horizontal. Le câble OAOA fait 3030^{\circ} avec l'horizontale, le câble OBOB en fait 6060^{\circ}. On note T1T_{1} et T2T_{2} les tensions des deux câbles et on prend l'axe xx horizontal vers la droite, l'axe yy vertical vers le haut.

ABOT₁T₂30°60°200 N
  • a) Écrivez les composantes des trois forces appliquées en OO, puis les deux équations de projection traduisant l'équilibre.
  • b) Écrivez le système sous la forme AX=BAX=B avec X=(T1; T2)X=(T_{1};\ T_{2}) et calculez detA\det A exactement.
  • c) Résolvez par la règle de Cramer. Donnez T1T_{1} exactement et T2T_{2} au dixième de newton.
  • d) Vérifiez que la somme des trois forces est nulle, composante par composante.
  • e) On remplace les deux câbles par deux câbles HORIZONTAUX. Écrivez le nouveau système, calculez son rang et celui de sa matrice augmentée, et dites ce que le résultat signifie physiquement.

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b)
c)
e)
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Réponses

  • a) T1cos30+T2cos60=0-T_{1}\cos 30^{\circ}+T_{2}\cos 60^{\circ}=0 et T1sin30+T2sin60=200T_{1}\sin 30^{\circ}+T_{2}\sin 60^{\circ}=200
  • b) detA=sin90=1\det A=-\sin 90^{\circ}=-1
  • c) T1=100T_{1}=100 N, T2=1003173,2T_{2}=100\sqrt{3}\approx 173{,}2 N
  • d) Sur xx : 00 ; sur yy : 50+150=20050+150=200
  • e) rang(A)=1\operatorname{rang}(A)=1, rang([AB])=2\operatorname{rang}([A|B])=2 : incompatible, donc physiquement impossible

a) Le câble OAOA part de OO vers le haut à gauche, donc T1=T1(cos30; sin30)\vec{T_{1}}=T_{1}(-\cos 30^{\circ};\ \sin 30^{\circ}). Le câble OBOB part vers le haut à droite, donc T2=T2(cos60; sin60)\vec{T_{2}}=T_{2}(\cos 60^{\circ};\ \sin 60^{\circ}). Le poids vaut P=(0; 200)\vec{P}=(0;\ -200). Une tension TIRE toujours le point vers l'attache : c'est la première erreur à éviter, celle du signe. L'équilibre T1+T2+P=0\vec{T_{1}}+\vec{T_{2}}+\vec{P}=\vec{0} se projette en T1cos30+T2cos60=0-T_{1}\cos 30^{\circ}+T_{2}\cos 60^{\circ}=0 sur xx et T1sin30+T2sin60=200T_{1}\sin 30^{\circ}+T_{2}\sin 60^{\circ}=200 sur yy.

b) A=(cos30cos60sin30sin60)A=\begin{pmatrix} -\cos 30^{\circ} & \cos 60^{\circ} \\ \sin 30^{\circ} & \sin 60^{\circ} \end{pmatrix} et B=(0200)B=\begin{pmatrix} 0 \\ 200 \end{pmatrix}. Alors detA=cos30sin60cos60sin30=(sin60cos30+cos60sin30)=sin(60+30)=sin90=1\det A=-\cos 30^{\circ}\sin 60^{\circ}-\cos 60^{\circ}\sin 30^{\circ}=-(\sin 60^{\circ}\cos 30^{\circ}+\cos 60^{\circ}\sin 30^{\circ})=-\sin(60^{\circ}+30^{\circ})=-\sin 90^{\circ}=-1. La formule d'addition évite toute décimale, et le résultat exact 1-1 vient de ce que les deux câbles sont PERPENDICULAIRES, 30+60=9030^{\circ}+60^{\circ}=90^{\circ}.

c) Cramer donne T1=1detA0cos60200sin60=200cos601=200cos60=100T_{1}=\dfrac{1}{\det A}\begin{vmatrix} 0 & \cos 60^{\circ} \\ 200 & \sin 60^{\circ} \end{vmatrix}=\dfrac{-200\cos 60^{\circ}}{-1}=200\cos 60^{\circ}=100 N, et T2=1detAcos300sin30200=200cos301=200cos30=1003173,2T_{2}=\dfrac{1}{\det A}\begin{vmatrix} -\cos 30^{\circ} & 0 \\ \sin 30^{\circ} & 200 \end{vmatrix}=\dfrac{-200\cos 30^{\circ}}{-1}=200\cos 30^{\circ}=100\sqrt{3}\approx 173{,}2 N. Le câble le plus proche de la verticale porte davantage, ce qui est conforme à l'intuition. L'erreur qui coûte le plus ici est de croire que les deux tensions se partagent les 200200 N : leur somme vaut 273,2273{,}2 N, bien plus que le poids, parce que ce sont des VECTEURS et que leurs composantes horizontales s'annulent entre elles.

d) Sur xx : 100cos30+173,205cos60=86,603+86,603=0-100\cos 30^{\circ}+173{,}205\cos 60^{\circ}=-86{,}603+86{,}603=0. Sur yy : 100sin30+173,205sin60=50+150=200100\sin 30^{\circ}+173{,}205\sin 60^{\circ}=50+150=200, ce qui compense exactement le poids. Le terme 1003×32=150100\sqrt{3}\times\frac{\sqrt{3}}{2}=150 tombe juste, signe que le calcul exact valait mieux que la valeur arrondie.

e) Avec deux câbles horizontaux, les directions deviennent (1; 0)(-1;\ 0) et (1; 0)(1;\ 0). Le système est T1+T2=0-T_{1}+T_{2}=0 sur xx et 0T1+0T2=2000\,T_{1}+0\,T_{2}=200 sur yy. La matrice A=(1100)A=\begin{pmatrix} -1 & 1 \\ 0 & 0 \end{pmatrix} a une ligne nulle, donc rang(A)=1\operatorname{rang}(A)=1, tandis que la matrice augmentée [11000200]\left[\begin{array}{cc|c} -1 & 1 & 0 \\ 0 & 0 & 200 \end{array}\right] a pour rang 22 : la deuxième ligne dit 0=2000=200. Les deux rangs diffèrent, donc le système est INCOMPATIBLE, et le théorème de compatibilité de Rouché conclut qu'il n'existe aucune solution. Ce n'est pas une faute de calcul, c'est une information physique : deux câbles horizontaux n'ont aucune composante verticale, donc aucune tension, si grande soit-elle, ne peut équilibrer un poids. Un système sans solution dans un problème de sciences ne signale pas une erreur d'algèbre, il signale que la situation décrite est impossible.

Exercice 3 : Le travail est un produit scalaire, et la composante perpendiculaire ne travaille pas

Le travail d'une force constante F\vec{F} le long d'un déplacement rectiligne d\vec{d} vaut W=FdW=\vec{F}\cdot\vec{d}, en joules quand la force est en newtons et le déplacement en mètres. C'est un produit scalaire, donc un NOMBRE, et le chapitre du 201-NYC sur la décomposition orthogonale explique à lui seul pourquoi certaines forces ne travaillent jamais.

On considère d'abord F=(40; 15; 25)\vec{F}=(40;\ -15;\ 25) N et d=(6; 2; 3)\vec{d}=(6;\ 2;\ -3) m.

F = 120 N35°d = 8,0 m30 kg
  • a) Calculez le travail WW de F\vec{F} le long de d\vec{d}.
  • b) Calculez l'angle entre F\vec{F} et d\vec{d}, au dixième de degré. Le travail est-il moteur ou résistant ?
  • c) Décomposez F=F+F\vec{F}=\vec{F_{\parallel}}+\vec{F_{\perp}} selon la direction de d\vec{d}. Vérifiez que Fd=0\vec{F_{\perp}}\cdot\vec{d}=0, puis que Fd\vec{F_{\parallel}}\cdot\vec{d} redonne le travail de a).
  • d) Application : une caisse de 3030 kg est tirée de 8,08{,}0 m sur un sol horizontal par une corde faisant 3535^{\circ} avec l'horizontale, de tension 120120 N. Calculez le travail de la tension, celui du poids et celui de la force normale du sol.
  • e) Pourquoi la composante perpendiculaire ne travaille-t-elle pas ? Et à quoi sert-elle, alors ?

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Réponses

  • a) W=135W=135 J
  • b) θ67,1\theta\approx 67{,}1^{\circ}, travail moteur
  • c) F=13549d(16,53; 5,51; 8,27)\vec{F_{\parallel}}=\frac{135}{49}\vec{d}\approx(16{,}53;\ 5{,}51;\ -8{,}27), Fd=0\vec{F_{\perp}}\cdot\vec{d}=0
  • d) WT786,4W_{T}\approx 786{,}4 J, WP=0W_{P}=0, WN=0W_{N}=0
  • e) Travail EXACTEMENT nul ; la part perpendiculaire modifie la normale, donc le frottement

a) W=Fd=40×6+(15)×2+25×(3)=2403075=135W=\vec{F}\cdot\vec{d}=40\times 6+(-15)\times 2+25\times(-3)=240-30-75=135 J. Le produit scalaire se calcule composante par composante, sans aucun angle, et c'est la forme la plus sûre : elle ne demande ni norme ni cosinus.

b) F=1600+225+625=245049,497\|\vec{F}\|=\sqrt{1\,600+225+625}=\sqrt{2\,450}\approx 49{,}497 N et d=36+4+9=49=7\|\vec{d}\|=\sqrt{36+4+9}=\sqrt{49}=7 m. Donc cosθ=13549,497×70,38963\cos\theta=\dfrac{135}{49{,}497\times 7}\approx 0{,}38963 et θ67,1\theta\approx 67{,}1^{\circ}. L'angle est aigu, le produit scalaire est positif, le travail est MOTEUR : la force accompagne le déplacement. Le signe du travail se lit sur le seul signe du produit scalaire, sans calculer l'angle, et c'est le réflexe à garder en évaluation.

c) La projection de F\vec{F} sur d\vec{d} vaut F=Fdd2d=13549(6; 2; 3)(16,531; 5,510; 8,265)\vec{F_{\parallel}}=\dfrac{\vec{F}\cdot\vec{d}}{\|\vec{d}\|^{2}}\,\vec{d}=\dfrac{135}{49}(6;\ 2;\ -3)\approx(16{,}531;\ 5{,}510;\ -8{,}265). Par différence, F=FF(23,469; 20,510; 33,265)\vec{F_{\perp}}=\vec{F}-\vec{F_{\parallel}}\approx(23{,}469;\ -20{,}510;\ 33{,}265). Vérification : Fd140,8241,0299,80=0\vec{F_{\perp}}\cdot\vec{d}\approx 140{,}82-41{,}02-99{,}80=0, aux arrondis près, et le calcul exact donne zéro. Enfin Fd=13549×49=135\vec{F_{\parallel}}\cdot\vec{d}=\dfrac{135}{49}\times 49=135 J, le même travail qu'en a). Le piège classique est de diviser par d\|\vec{d}\| au lieu de d2\|\vec{d}\|^{2} : on obtient alors un vecteur sept fois trop long, et toute la suite est fausse.

d) Travail de la tension : WT=120×8,0×cos35786,4W_{T}=120\times 8{,}0\times\cos 35^{\circ}\approx 786{,}4 J. Travail du poids : le poids est vertical, le déplacement horizontal, donc l'angle vaut 9090^{\circ} et WP=0W_{P}=0 J. Travail de la normale : elle est verticale elle aussi, donc WN=0W_{N}=0 J, quelle que soit sa valeur, et sa valeur n'est même pas nécessaire pour l'affirmer. Sur une copie, écrire le calcul de la normale avant de conclure qu'elle ne travaille pas est du temps perdu ; le produit scalaire répond avant le calcul.

e) Parce que le produit scalaire de deux vecteurs orthogonaux est nul par définition : Fd=0\vec{F_{\perp}}\cdot\vec{d}=0, donc W=Fd=(F+F)d=FdW=\vec{F}\cdot\vec{d}=(\vec{F_{\parallel}}+\vec{F_{\perp}})\cdot\vec{d}=\vec{F_{\parallel}}\cdot\vec{d} : seule la part parallèle au déplacement compte, et elle compte entièrement. Ce n'est pas un travail petit, c'est un travail EXACTEMENT nul. Mais la composante perpendiculaire n'est pas inutile pour autant : dans le cas de la caisse, F=120sin3568,8F_{\perp}=120\sin 35^{\circ}\approx 68{,}8 N soulage le sol, qui n'exerce plus que N=30×9,868,8225,2N=30\times 9{,}8-68{,}8\approx 225{,}2 N. Le frottement, proportionnel à NN, diminue d'autant. La composante perpendiculaire ne fournit aucune énergie, mais elle change les autres forces, donc le bilan final. Confondre les deux, dire qu'une force qui ne travaille pas ne sert à rien, est l'erreur de raisonnement la plus coûteuse du chapitre.

FdF∥ = 98,3 NF⊥ = 68,8 N35°

Exercice 4 : Le moment de force : un produit vectoriel, pas un produit scalaire

Le moment d'une force F\vec{F} appliquée au point PP, calculé par rapport au point OO, est le vecteur M=r×F\vec{M}=\vec{r}\times\vec{F}r=OP\vec{r}=\vec{OP}. C'est un PRODUIT VECTORIEL, donc un vecteur, et sa norme vaut rFsinθ\|\vec{r}\|\,\|\vec{F}\|\sin\theta.

Une clé de 0,300{,}30 m serre un boulon placé en OO. On applique à son extrémité une force de 150150 N faisant un angle de 6060^{\circ} avec le manche.

Or = 0,30 mF = 150 N60°
  • a) Calculez la norme du moment par rapport au boulon, au centième de newton-mètre.
  • b) Quelle serait cette norme si la force était perpendiculaire au manche ? Quel pourcentage de l'effort est perdu à 6060^{\circ} ?
  • c) On place le manche selon l'axe xx, la force dans le plan xyxy : r=(0,30; 0; 0)\vec{r}=(0{,}30;\ 0;\ 0) et F=150(cos60; sin60; 0)\vec{F}=150(\cos 60^{\circ};\ \sin 60^{\circ};\ 0). Calculez r×F\vec{r}\times\vec{F} et retrouvez a).
  • d) Décomposez F\vec{F} en une part parallèle au manche et une part perpendiculaire, puis calculez le moment de chacune. Que constatez-vous, et quel lien avec l'exercice précédent ?
  • e) On serre maintenant un boulon avec une clé coudée : r=(0,25; 0; 0,10)\vec{r}=(0{,}25;\ 0;\ 0{,}10) m et F=(0; 200; 0)\vec{F}=(0;\ 200;\ 0) N. Calculez M\vec{M} et sa norme au centième. Pourquoi le résultat a-t-il DEUX composantes non nulles, et qu'est-ce que cela signifie pour le boulon ?

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  • a) M38,97\|\vec{M}\|\approx 38{,}97 N\cdotm
  • b) 4545 N\cdotm ; environ 13,4 %13{,}4\ \% de perte
  • c) M=(0; 0; 38,97)\vec{M}=(0;\ 0;\ 38{,}97) N\cdotm
  • d) Moment de la part parallèle nul, la part perpendiculaire porte tout
  • e) M=(20; 0; 50)\vec{M}=(-20;\ 0;\ 50) N\cdotm, M53,85\|\vec{M}\|\approx 53{,}85 N\cdotm : deux axes de rotation

a) M=rFsinθ=0,30×150×sin60=45×0,86602538,97\|\vec{M}\|=r\,F\sin\theta=0{,}30\times 150\times\sin 60^{\circ}=45\times 0{,}866025\approx 38{,}97 N\cdotm. Autre lecture, celle du bras de levier : la distance de OO à la ligne d'action de la force vaut 0,30sin600,25980{,}30\sin 60^{\circ}\approx 0{,}2598 m, et 0,2598×15038,970{,}2598\times 150\approx 38{,}97 N\cdotm. Les deux lectures donnent le même nombre parce que le sinus peut être affecté indifféremment à la longueur ou à la force.

b) Perpendiculaire, sin90=1\sin 90^{\circ}=1 et M=0,30×150=45\|\vec{M}\|=0{,}30\times 150=45 N\cdotm. Le rapport vaut sin600,8660\sin 60^{\circ}\approx 0{,}8660, donc il manque 13,4 %13{,}4\ \% de l'effet utile. C'est exactement pourquoi on tire perpendiculairement au manche : tout écart à 9090^{\circ} est du muscle dépensé pour rien.

c) F=(75; 129,904; 0)\vec{F}=(75;\ 129{,}904;\ 0). Le produit vectoriel vaut r×F=(0×00×129,904; 0×750,30×0; 0,30×129,9040×75)=(0; 0; 38,97)\vec{r}\times\vec{F}=\big(0\times 0-0\times 129{,}904;\ 0\times 75-0{,}30\times 0;\ 0{,}30\times 129{,}904-0\times 75\big)=(0;\ 0;\ 38{,}97). Seule la composante zz survit, ce qui est attendu : r\vec{r} et F\vec{F} sont tous deux dans le plan xyxy, donc leur produit vectoriel est perpendiculaire à ce plan. Sa norme est bien 38,9738{,}97 N\cdotm, et son signe positif dit que le boulon tourne dans le sens antihoraire vu de l'axe zz.

d) F=(75; 0; 0)\vec{F_{\parallel}}=(75;\ 0;\ 0) et F=(0; 129,904; 0)\vec{F_{\perp}}=(0;\ 129{,}904;\ 0). Le moment de la part parallèle est r×F=(0,30; 0; 0)×(75; 0; 0)=0\vec{r}\times\vec{F_{\parallel}}=(0{,}30;\ 0;\ 0)\times(75;\ 0;\ 0)=\vec{0}, puisque deux vecteurs colinéaires ont un produit vectoriel nul. Le moment de la part perpendiculaire vaut (0; 0; 0,30×129,904)=(0; 0; 38,97)(0;\ 0;\ 0{,}30\times 129{,}904)=(0;\ 0;\ 38{,}97), c'est-à-dire la totalité du moment. Le parallèle avec l'exercice précédent est exact et vaut d'être mémorisé : dans le travail, seule la composante PARALLÈLE au déplacement compte et la perpendiculaire ne donne rien ; dans le moment, c'est l'inverse, seule la composante PERPENDICULAIRE au bras compte et la parallèle ne donne rien. Produit scalaire et produit vectoriel sélectionnent des parts complémentaires, et c'est la raison pour laquelle confondre les deux coûte la question entière.

e) M=(0,25; 0; 0,10)×(0; 200; 0)=(0×00,10×200; 0,10×00,25×0; 0,25×2000×0)=(20; 0; 50)\vec{M}=(0{,}25;\ 0;\ 0{,}10)\times(0;\ 200;\ 0)=\big(0\times 0-0{,}10\times 200;\ 0{,}10\times 0-0{,}25\times 0;\ 0{,}25\times 200-0\times 0\big)=(-20;\ 0;\ 50) N\cdotm. Sa norme vaut 400+2500=290053,85\sqrt{400+2\,500}=\sqrt{2\,900}\approx 53{,}85 N\cdotm. Deux composantes non nulles signifient que la force tend à faire tourner le système autour de DEUX axes à la fois : autour de zz, ce qui serre effectivement le boulon, et autour de xx, ce qui tend à faire basculer la clé hors de son plan. La composante Mz=50M_{z}=50 est la seule utile ; la composante Mx=20M_{x}=-20 est un effort parasite que l'assemblage doit encaisser. Le vecteur moment porte donc plus d'information qu'un nombre : sa DIRECTION est l'axe de rotation, et un moment oblique est un moment dont une partie travaille contre le montage.

Exercice 5 : Équilibrer une équation chimique, c'est chercher le noyau d'une matrice

Équilibrer une réaction, c'est chercher des coefficients xix_{i} tels que chaque élément soit conservé. En rangeant les espèces en COLONNES et les éléments en LIGNES, avec le signe ++ pour les réactifs et - pour les produits, toutes les conservations s'écrivent d'un coup AX=0A\,X=\vec{0} : les coefficients cherchés forment le NOYAU de AA.

On équilibre x1Al+x2HClx3AlCl3+x4H2x_{1}\,\mathrm{Al}+x_{2}\,\mathrm{HCl}\rightarrow x_{3}\,\mathrm{AlCl_{3}}+x_{4}\,\mathrm{H_{2}}.

  • a) Écrivez la matrice AA des conservations. Précisez ce que représentent ses lignes et ses colonnes, et donnez son format.
  • b) Calculez le rang de AA, puis la dimension du noyau par le théorème du rang.
  • c) Donnez une base du noyau, puis les plus petits coefficients entiers positifs. Écrivez l'équation équilibrée et vérifiez chaque élément.
  • d) Même travail pour la réaction en milieu acide x1MnO4+x2Fe2++x3H+x4Mn2++x5Fe3++x6H2Ox_{1}\,\mathrm{MnO_{4}^{-}}+x_{2}\,\mathrm{Fe^{2+}}+x_{3}\,\mathrm{H^{+}}\rightarrow x_{4}\,\mathrm{Mn^{2+}}+x_{5}\,\mathrm{Fe^{3+}}+x_{6}\,\mathrm{H_{2}O}, en n'écrivant QUE les quatre conservations d'éléments. Quelle est la dimension du noyau, et pourquoi l'équation n'est-elle pas déterminée ?
  • e) Ajoutez la conservation de la CHARGE comme cinquième ligne. Recalculez le rang et la dimension du noyau, puis donnez les coefficients entiers minimaux.

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  • a) AA est 3×43\times 4 : lignes == éléments, colonnes == espèces
  • b) rang(A)=3\operatorname{rang}(A)=3, dimkerA=1\dim\ker A=1
  • c) (2; 6; 2; 3)(2;\ 6;\ 2;\ 3) : 2Al+6HCl2AlCl3+3H22\,\mathrm{Al}+6\,\mathrm{HCl}\rightarrow 2\,\mathrm{AlCl_{3}}+3\,\mathrm{H_{2}}
  • d) dimker=2\dim\ker=2 : deux paramètres, la charge n'est pas encore imposée
  • e) Rang 55, dimker=1\dim\ker=1, (1; 5; 8; 1; 5; 4)(1;\ 5;\ 8;\ 1;\ 5;\ 4)

a) Les lignes sont les ÉLÉMENTS, les colonnes les ESPÈCES, dans l'ordre Al\mathrm{Al}, HCl\mathrm{HCl}, AlCl3\mathrm{AlCl_{3}}, H2\mathrm{H_{2}}. Aluminium : x1x3=0x_{1}-x_{3}=0. Hydrogène : x22x4=0x_{2}-2x_{4}=0. Chlore : x23x3=0x_{2}-3x_{3}=0. D'où A=(101001020130)A=\begin{pmatrix} 1 & 0 & -1 & 0 \\ 0 & 1 & 0 & -2 \\ 0 & 1 & -3 & 0 \end{pmatrix}, de format 3×43\times 4 : trois éléments, quatre espèces. Le second membre est le vecteur nul, toujours, parce qu'une conservation dit que ce qui entre égale ce qui sort.

b) L3L3L2L_{3}\leftarrow L_{3}-L_{2} donne (0; 0; 3; 2)(0;\ 0;\ -3;\ 2). La forme échelonnée est (101001020032)\begin{pmatrix} 1 & 0 & -1 & 0 \\ 0 & 1 & 0 & -2 \\ 0 & 0 & -3 & 2 \end{pmatrix}, avec trois pivots : rang(A)=3\operatorname{rang}(A)=3. Le théorème du rang donne dimkerA=43=1\dim\ker A=4-3=1. Il y a donc exactement une direction de solutions, une droite de R4\mathbb{R}^{4}, et c'est pourquoi une équation chimique s'équilibre d'une seule façon À L'ÉCHELLE PRÈS.

c) Posons x4=tx_{4}=t. La troisième ligne donne 3x3+2t=0-3x_{3}+2t=0, soit x3=2t3x_{3}=\frac{2t}{3} ; la deuxième donne x2=2tx_{2}=2t ; la première x1=x3=2t3x_{1}=x_{3}=\frac{2t}{3}. Le noyau est engendré par (23; 2; 23; 1)\left(\frac{2}{3};\ 2;\ \frac{2}{3};\ 1\right), ou plus commodément par (2; 6; 2; 3)(2;\ 6;\ 2;\ 3) en prenant t=3t=3. Les plus petits entiers positifs sont donc x1=2x_{1}=2, x2=6x_{2}=6, x3=2x_{3}=2, x4=3x_{4}=3, et l'équation équilibrée est 2Al+6HCl2AlCl3+3H22\,\mathrm{Al}+6\,\mathrm{HCl}\rightarrow 2\,\mathrm{AlCl_{3}}+3\,\mathrm{H_{2}}. Vérification : aluminium, 22 à gauche et 22 à droite ; hydrogène, 66 et 66 ; chlore, 66 et 66. Le piège est de prendre t=1t=1 par réflexe : on obtient des tiers, et il faut alors multiplier toute la famille. Le paramètre libre n'est pas forcément à prendre égal à 11, c'est le dénominateur commun qui décide.

d) Ordre des colonnes : MnO4\mathrm{MnO_{4}^{-}}, Fe2+\mathrm{Fe^{2+}}, H+\mathrm{H^{+}}, Mn2+\mathrm{Mn^{2+}}, Fe3+\mathrm{Fe^{3+}}, H2O\mathrm{H_{2}O}. Manganèse : x1x4=0x_{1}-x_{4}=0. Oxygène : 4x1x6=04x_{1}-x_{6}=0. Fer : x2x5=0x_{2}-x_{5}=0. Hydrogène : x32x6=0x_{3}-2x_{6}=0. La matrice (100100400001010010001002)\begin{pmatrix} 1 & 0 & 0 & -1 & 0 & 0 \\ 4 & 0 & 0 & 0 & 0 & -1 \\ 0 & 1 & 0 & 0 & -1 & 0 \\ 0 & 0 & 1 & 0 & 0 & -2 \end{pmatrix} est de format 4×64\times 6. Une seule opération, L2L24L1L_{2}\leftarrow L_{2}-4L_{1}, la met sous forme échelonnée avec des pivots dans les colonnes 11, 22, 33 et 44 : rang=4\operatorname{rang}=4, donc dimker=64=2\dim\ker=6-4=2, et les inconnues libres sont x5x_{5} et x6x_{6}. En posant x6=4ax_{6}=4a et x5=bx_{5}=b, on trouve x1=ax_{1}=a, x4=ax_{4}=a, x3=8ax_{3}=8a, x2=bx_{2}=b, soit la famille (a; b; 8a; a; b; 4a)(a;\ b;\ 8a;\ a;\ b;\ 4a). Deux paramètres libres, donc l'équation n'est PAS déterminée : a=1, b=0a=1,\ b=0 donne MnO4+8H+Mn2++4H2O\mathrm{MnO_{4}^{-}}+8\,\mathrm{H^{+}}\rightarrow\mathrm{Mn^{2+}}+4\,\mathrm{H_{2}O} et a=0, b=1a=0,\ b=1 donne Fe2+Fe3+\mathrm{Fe^{2+}}\rightarrow\mathrm{Fe^{3+}}, deux écritures qui conservent tous les atomes et qu'aucun chimiste n'accepterait. La dimension du noyau vient de dire précisément ce qui manque : une contrainte.

e) La charge est une grandeur conservée au même titre qu'un élément, donc elle est une LIGNE de plus. Charges, dans l'ordre des colonnes : 1-1, +2+2, +1+1 pour les réactifs, +2+2, +3+3, 00 pour les produits, d'où la ligne (1; 2; 1; 2; 3; 0)(-1;\ 2;\ 1;\ -2;\ -3;\ 0). Appliquée à la famille précédente, elle donne a+2b+8a2a3b=0-a+2b+8a-2a-3b=0, soit 5ab=05a-b=0 et b=5ab=5a. Le rang passe à 55, la dimension du noyau tombe à 65=16-5=1, et l'équation redevient déterminée. Avec a=1a=1 : x1=1x_{1}=1, x2=5x_{2}=5, x3=8x_{3}=8, x4=1x_{4}=1, x5=5x_{5}=5, x6=4x_{6}=4, c'est-à-dire MnO4+5Fe2++8H+Mn2++5Fe3++4H2O\mathrm{MnO_{4}^{-}}+5\,\mathrm{Fe^{2+}}+8\,\mathrm{H^{+}}\rightarrow\mathrm{Mn^{2+}}+5\,\mathrm{Fe^{3+}}+4\,\mathrm{H_{2}O}. Contrôle des charges : 1+10+8=17-1+10+8=17 à gauche, 2+15=172+15=17 à droite. C'est la leçon à retenir de tout le chapitre : la dimension du noyau ne se contente pas de compter les solutions, elle DIAGNOSTIQUE l'énoncé. Une dimension de 11 signale une réaction bien posée ; une dimension de 22 ou plus signale qu'une conservation a été oubliée, ici la charge ; et un système incompatible signalerait une réaction impossible.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Les lois de Kirchhoff : le rang dit ce qui est redondant et ce qui est impossible

Le circuit ci-dessous comporte deux nœuds, AA en haut et BB en bas, reliés par trois branches. La branche de gauche porte une source de 1818 V en série avec R1=3 ΩR_{1}=3\ \Omega, la branche du milieu ne porte que R2=6 ΩR_{2}=6\ \Omega, la branche de droite porte une source de 1515 V en série avec R3=2 ΩR_{3}=2\ \Omega. Les deux sources poussent chacune leur courant de BB vers AA ; on note I1I_{1}, I2I_{2} et I3I_{3} les courants des trois branches, comptés dans le sens des flèches.

ABε₁ = 18 VR₁ = 3 ΩR₂ = 6 Ωε₃ = 15 VR₃ = 2 ΩI₁I₃I₂
  • a) Écrivez les DEUX lois des nœuds, en AA puis en BB, et les deux lois des mailles. Cela fait quatre équations pour trois inconnues.
  • b) Écrivez la matrice augmentée 4×44\times 4 et échelonnez-la. Donnez le rang de AA et celui de [AB][A\,|\,B].
  • c) Déduisez-en I1I_{1}, I2I_{2} et I3I_{3}, puis vérifiez dans les deux mailles.
  • d) Pourquoi l'une des deux lois des nœuds était-elle forcément redondante ? Généralisez : combien de lois des nœuds indépendantes un circuit à nn nœuds fournit-il ?
  • e) Un technicien branche un ampèremètre sur la branche du milieu et lit 3,03{,}0 A. On ajoute donc l'équation I2=3I_{2}=3 au système. Calculez les deux rangs du système à cinq équations et concluez, en physique et non en mathématiques.

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Réponses

  • a) I1I2+I3=0I_{1}-I_{2}+I_{3}=0, son opposée en BB, 3I1+6I2=183I_{1}+6I_{2}=18, 6I2+2I3=156I_{2}+2I_{3}=15
  • b) rang(A)=rang([AB])=3\operatorname{rang}(A)=\operatorname{rang}([A|B])=3 : solution unique
  • c) I1=1,50I_{1}=1{,}50 A, I2=2,25I_{2}=2{,}25 A, I3=0,75I_{3}=0{,}75 A
  • d) La somme des lois des nœuds vaut 0=00=0 ; il y en a n1n-1 indépendantes
  • e) rang(A)=3\operatorname{rang}(A)=3, rang([AB])=4\operatorname{rang}([A|B])=4 : incompatible, une donnée est fausse

a) Loi des nœuds en AA : les courants I1I_{1} et I3I_{3} arrivent, I2I_{2} repart, donc I1I2+I3=0I_{1}-I_{2}+I_{3}=0. Loi des nœuds en BB : I2I_{2} arrive, I1I_{1} et I3I_{3} repartent, donc I1+I2I3=0-I_{1}+I_{2}-I_{3}=0. Maille de gauche, parcourue de BB vers AA par la branche 11 puis de AA vers BB par la branche du milieu : 183I16I2=018-3I_{1}-6I_{2}=0, soit 3I1+6I2=183I_{1}+6I_{2}=18. Maille de droite, de même : 152I36I2=015-2I_{3}-6I_{2}=0, soit 6I2+2I3=156I_{2}+2I_{3}=15.

b) Avec X=(I1; I2; I3)X=(I_{1};\ I_{2};\ I_{3}), la matrice augmentée est [111011103601806215]\left[\begin{array}{ccc|c} 1 & -1 & 1 & 0 \\ -1 & 1 & -1 & 0 \\ 3 & 6 & 0 & 18 \\ 0 & 6 & 2 & 15 \end{array}\right]. L'opération L2L2+L1L_{2}\leftarrow L_{2}+L_{1} annule entièrement la deuxième ligne, second membre compris. Puis L3L33L1L_{3}\leftarrow L_{3}-3L_{1} donne (0; 9; 318)(0;\ 9;\ -3\,|\,18), et L43L42L3L_{4}\leftarrow 3L_{4}-2L_{3} donne (0; 0; 129)(0;\ 0;\ 12\,|\,9). Après remontée des lignes nulles en bas, il reste trois pivots : rang(A)=3\operatorname{rang}(A)=3 et rang([AB])=3\operatorname{rang}([A\,|\,B])=3. Les deux rangs sont égaux et valent le nombre d'inconnues, donc la solution existe et elle est unique. Quatre équations n'ont pas surdéterminé le problème, parce que le RANG, et non le nombre de lignes, mesure l'information réellement apportée.

c) La dernière ligne donne 12I3=912I_{3}=9, donc I3=0,75I_{3}=0{,}75 A. Puis 9I23×0,75=189I_{2}-3\times 0{,}75=18, donc I2=20,259=2,25I_{2}=\frac{20{,}25}{9}=2{,}25 A. Enfin I1=I2I3=1,50I_{1}=I_{2}-I_{3}=1{,}50 A. Vérification dans la maille de gauche : 3×1,50+6×2,25=4,5+13,5=183\times 1{,}50+6\times 2{,}25=4{,}5+13{,}5=18. Dans la maille de droite : 6×2,25+2×0,75=13,5+1,5=156\times 2{,}25+2\times 0{,}75=13{,}5+1{,}5=15. Et au nœud : 1,50+0,75=2,251{,}50+0{,}75=2{,}25. Les trois courants sont positifs, donc les sens supposés sur la figure étaient les bons.

d) Parce que la somme des lois des nœuds d'un circuit est toujours l'équation 0=00=0. Chaque courant de branche quitte un nœud et arrive dans un autre : il apparaît une fois avec le signe ++ et une fois avec le signe - dans l'ensemble des lois. Additionner toutes les lignes de nœuds les annule donc terme à terme, ce qui est précisément la définition d'une relation de dépendance linéaire entre ces lignes. Avec deux nœuds, la deuxième ligne est l'opposée de la première, et le rang des lignes de nœuds vaut 11. En général, un circuit à nn nœuds fournit exactement n1n-1 lois des nœuds indépendantes. C'est ce compte, joint au nombre de mailles indépendantes, qui dit combien d'équations il faut écrire : ni moins, sous peine de système sous-déterminé, ni plus, puisque les lignes supplémentaires n'ajoutent rien au rang.

e) La cinquième ligne est (0; 1; 03)(0;\ 1;\ 0\,|\,3). La matrice des coefficients ne gagne aucun pivot : son rang reste 33, puisque trois inconnues plafonnent le rang à 33. En revanche la matrice augmentée change : le système des quatre premières lignes impose déjà I2=2,25I_{2}=2{,}25, et la cinquième exige I2=3I_{2}=3. L'échelonnement fait apparaître la ligne [0 0 00,75][0\ 0\ 0\,|\,0{,}75], donc rang([AB])=4\operatorname{rang}([A\,|\,B])=4. Les deux rangs diffèrent, le système est INCOMPATIBLE. La conclusion n'est pas mathématique, elle est physique et elle est utile : les valeurs de composants annoncées et la mesure ne peuvent pas être vraies en même temps. Soit une résistance n'a pas la valeur inscrite, soit une source a chuté, soit l'ampèremètre est mal branché ou sa résistance interne n'est pas négligeable. C'est ainsi qu'un diagnostic se fait en atelier : on ne cherche pas une solution à un système incompatible, on cherche l'hypothèse fausse.

Exercice 7 : Problème : l'épaule, le deltoïde et le point où l'on prend les moments

Un bras tendu à l'horizontale tient une charge de 6060 N dans la main, à 0,600{,}60 m de l'articulation de l'épaule. Le bras lui-même pèse 3030 N, son centre de gravité étant à 0,280{,}28 m de l'articulation. Le deltoïde s'insère à 0,150{,}15 m de l'articulation et tire selon une direction faisant 1515^{\circ} avec l'os, vers le haut et vers l'épaule.

On place l'origine à l'articulation, l'axe xx le long du bras vers la main, l'axe yy vers le haut. Les inconnues sont la tension TT du deltoïde et les deux composantes RxR_{x} et RyR_{y} de la force que l'articulation exerce sur le bras.

OT15°30 N60 N0,15 m0,28 m0,60 m
  • a) Faites l'inventaire des forces et dites combien de contraintes l'équilibre d'un solide fournit dans le plan.
  • b) Écrivez les trois équations, les deux projections et l'équation des moments prise à l'ARTICULATION, puis mettez le système sous la forme AX=BAX=B avec X=(T; Rx; Ry)X=(T;\ R_{x};\ R_{y}).
  • c) Calculez detA\det A et résolvez. Donnez TT, RxR_{x} et RyR_{y} au newton.
  • d) Calculez la norme de la force articulaire au newton, et comparez-la à la charge tenue.
  • e) On reprend l'équation des moments, mais prise au POINT D'INSERTION du deltoïde. Écrivez-la, vérifiez qu'elle redonne RyR_{y}, puis montrez qu'elle est une combinaison linéaire des trois équations précédentes. Que faut-il en conclure sur le rang du système ?

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c)
d)
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Réponses

  • a) Quatre forces, trois contraintes, trois inconnues
  • b) Tcos15+Rx=0-T\cos 15^{\circ}+R_{x}=0 ; Tsin15+Ry=90T\sin 15^{\circ}+R_{y}=90 ; 0,15Tsin15=44,40{,}15\,T\sin 15^{\circ}=44{,}4
  • c) detA=0,15sin150,0388\det A=0{,}15\sin 15^{\circ}\approx 0{,}0388 ; T1144T\approx 1\,144 N, Rx1105R_{x}\approx 1\,105 N, Ry=206R_{y}=-206 N
  • d) R1124\|\vec{R}\|\approx 1\,124 N, environ 1919 fois la charge
  • e) 0,15Ry=30,9-0{,}15\,R_{y}=30{,}9 donne Ry=206R_{y}=-206 N ; le rang reste 33

a) Quatre forces agissent sur le bras : la tension T\vec{T} du deltoïde, appliquée en (0,15; 0)(0{,}15;\ 0) et dirigée selon (cos15; sin15)(-\cos 15^{\circ};\ \sin 15^{\circ}) ; le poids du bras (0; 30)(0;\ -30) en (0,28; 0)(0{,}28;\ 0) ; la charge (0; 60)(0;\ -60) en (0,60; 0)(0{,}60;\ 0) ; la réaction articulaire (Rx; Ry)(R_{x};\ R_{y}) en (0; 0)(0;\ 0). L'équilibre d'un SOLIDE dans le plan fournit trois contraintes, deux de résultante et une de moment, et c'est exactement le nombre d'inconnues. Un point matériel n'en donnerait que deux : c'est la différence entre cet exercice et celui du luminaire.

b) Projection sur xx : Tcos15+Rx=0-T\cos 15^{\circ}+R_{x}=0. Projection sur yy : Tsin15+Ry3060=0T\sin 15^{\circ}+R_{y}-30-60=0, soit Tsin15+Ry=90T\sin 15^{\circ}+R_{y}=90. Moments à l'articulation : la réaction R\vec{R} y est appliquée, donc son moment est nul, ce qui est tout l'intérêt de ce point ; la composante Tcos15-T\cos 15^{\circ} est portée par l'axe xx, qui passe par l'origine, donc elle non plus ne donne rien ; il reste 0,15Tsin150,28×300,60×60=00{,}15\,T\sin 15^{\circ}-0{,}28\times 30-0{,}60\times 60=0, soit 0,15Tsin15=8,4+36=44,40{,}15\,T\sin 15^{\circ}=8{,}4+36=44{,}4. D'où A=(cos1510sin15010,15sin1500)A=\begin{pmatrix} -\cos 15^{\circ} & 1 & 0 \\ \sin 15^{\circ} & 0 & 1 \\ 0{,}15\sin 15^{\circ} & 0 & 0 \end{pmatrix} et B=(09044,4)B=\begin{pmatrix} 0 \\ 90 \\ 44{,}4 \end{pmatrix}.

c) On développe detA\det A selon la troisième ligne, qui n'a qu'un terme : detA=0,15sin15×1001=0,15sin150,038823\det A=0{,}15\sin 15^{\circ}\times\begin{vmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 1 \end{vmatrix}=0{,}15\sin 15^{\circ}\approx 0{,}038823, non nul, donc la solution est unique. La troisième ligne donne directement Tsin15=44,40,15=296T\sin 15^{\circ}=\frac{44{,}4}{0{,}15}=296 N, puis T=296sin151144T=\frac{296}{\sin 15^{\circ}}\approx 1\,144 N. La première ligne donne Rx=Tcos151105R_{x}=T\cos 15^{\circ}\approx 1\,105 N. La deuxième donne Ry=90296=206R_{y}=90-296=-206 N. Le signe négatif se lit : l'articulation POUSSE le bras vers le bas, elle ne le retient pas vers le haut, parce que le deltoïde tire déjà beaucoup plus fort vers le haut que le poids total.

d) R=1104,72+2062=1220333+424361124\|\vec{R}\|=\sqrt{1\,104{,}7^{2}+206^{2}}=\sqrt{1\,220\,333+42\,436}\approx 1\,124 N, soit presque 1919 fois la charge tenue. Le résultat n'a rien d'aberrant : le deltoïde travaille avec un bras de levier de 0,15sin150,0390{,}15\sin 15^{\circ}\approx 0{,}039 m contre 0,600{,}60 m pour la charge, un rapport de plus de 1515, et l'articulation encaisse la quasi-totalité de cette tension. C'est la raison mécanique pour laquelle tenir un objet léger bras tendu devient vite douloureux, et pourquoi les blessures d'épaule sont des blessures de compression.

e) Au point d'insertion (0,15; 0)(0{,}15;\ 0), la tension du deltoïde ne donne plus rien, et c'est la réaction qui apparaît. Le vecteur de l'insertion vers l'articulation est (0,15; 0)(-0{,}15;\ 0), et le moment de R\vec{R} vaut (0,15)Ry0×Rx=0,15Ry(-0{,}15)R_{y}-0\times R_{x}=-0{,}15\,R_{y}. Le poids du bras est à 0,130{,}13 m de l'insertion, la charge à 0,450{,}45 m, d'où 0,15Ry0,13×300,45×60=0-0{,}15\,R_{y}-0{,}13\times 30-0{,}45\times 60=0, soit 0,15Ry=3,9+27=30,9-0{,}15\,R_{y}=3{,}9+27=30{,}9 et Ry=206R_{y}=-206 N. C'est bien la valeur de c). Ce n'est pas une coïncidence : en notant EyE_{y} la deuxième équation et EτE_{\tau} l'équation des moments à l'articulation, on vérifie que Eτ0,15EyE_{\tau}-0{,}15\,E_{y} donne 0,15Tsin1544,40,15Tsin150,15Ry+13,5=0,15Ry30,90{,}15\,T\sin 15^{\circ}-44{,}4-0{,}15\,T\sin 15^{\circ}-0{,}15\,R_{y}+13{,}5=-0{,}15\,R_{y}-30{,}9, exactement la nouvelle équation. L'équation des moments prise en un autre point est donc une COMBINAISON LINÉAIRE des trois premières. Conclusion sur le rang : quel que soit le nombre de points où l'on écrit les moments, le rang du système reste 33, et pas un de plus. Écrire les moments en quatre points ne donne jamais quatre informations, seulement quatre écritures de la même. Le choix du point n'ajoute rien, il choisit seulement QUELLE inconnue disparaît de la ligne, c'est-à-dire quel pivot on se donne : prendre les moments à l'articulation élimine RxR_{x} et RyR_{y} et isole TT, prendre les moments à l'insertion élimine TT et isole RyR_{y}.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Pour chacune, donnez le contre-exemple chiffré demandé, puis écrivez l'énoncé correct.

Ce sont les cinq confusions relevées le plus souvent quand l'algèbre linéaire rencontre un énoncé de sciences.

  • a) « Un système issu d'un problème de physique a forcément une solution, puisque la situation existe. » Reprenez le luminaire de l'exercice 2 avec deux câbles horizontaux et donnez le rang de la matrice augmentée.
  • b) « Pour équilibrer une équation chimique, il faut autant d'équations que d'espèces chimiques. » Reprenez Al+HClAlCl3+H2\mathrm{Al}+\mathrm{HCl}\rightarrow\mathrm{AlCl_{3}}+\mathrm{H_{2}} et donnez la dimension du noyau.
  • c) « Une force perpendiculaire au déplacement fournit un travail faible mais non nul. » Donnez le travail, en joules, de la force normale sur la caisse de l'exercice 3.
  • d) « Le moment d'une force se calcule par le produit scalaire rF\vec{r}\cdot\vec{F}. » Prenez r=(0,30; 0; 0)\vec{r}=(0{,}30;\ 0;\ 0) m et F=(0; 150; 0)\vec{F}=(0;\ 150;\ 0) N, et donnez la norme du VRAI moment.
  • e) « Écrire la loi des nœuds à chaque nœud d'un circuit donne autant d'équations indépendantes que de nœuds. » Donnez, pour le circuit à deux nœuds de l'exercice 6, le nombre de lois des nœuds indépendantes.

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a)
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Réponses

  • a) rang([AB])=2>rang(A)=1\operatorname{rang}([A|B])=2>\operatorname{rang}(A)=1 : aucune solution, situation impossible
  • b) dimker=1\dim\ker=1 : il faut MOINS d'équations que d'espèces
  • c) WN=0W_{N}=0 J exactement, pas faible
  • d) rF=0\vec{r}\cdot\vec{F}=0 mais M=45\|\vec{M}\|=45 N\cdotm : c'est un produit vectoriel
  • e) 11 seule loi indépendante ; en général n1n-1

a) Faux. Avec deux câbles horizontaux, rang(A)=1\operatorname{rang}(A)=1 tandis que rang([AB])=2\operatorname{rang}([A\,|\,B])=2 : la ligne [0 0200][0\ 0\,|\,200] dit 0=2000=200, et le système n'a aucune solution. L'énoncé correct : un système incompatible ne signale pas une erreur de calcul, il signale que la situation DÉCRITE est impossible, ici parce que des câbles horizontaux n'ont aucune composante verticale. Traiter l'incompatibilité comme une faute d'échelonnement et recommencer le calcul trois fois est la perte de temps la plus fréquente en évaluation.

b) Faux, et c'est même impossible. Il y a quatre espèces et trois éléments, donc trois équations pour quatre inconnues, et dimker=43=1\dim\ker=4-3=1. L'énoncé correct : le système d'équilibrage est HOMOGÈNE et il doit avoir strictement moins d'équations indépendantes que d'espèces, sans quoi la seule solution serait la solution triviale, tous les coefficients nuls, qui ne décrit aucune réaction. C'est précisément l'existence d'un paramètre libre qui permet d'écrire l'équation, et ce paramètre est l'échelle de la réaction.

c) Faux. WN=Nd=0W_{N}=\vec{N}\cdot\vec{d}=0 J exactement, puisque N\vec{N} est verticale et d\vec{d} horizontale. L'énoncé correct : le travail d'une force orthogonale au déplacement est nul, pas petit, et cela ne dépend ni de l'intensité de la force ni de la longueur du déplacement. La confusion coûte cher parce qu'elle pousse à calculer NN pour rien, puis à l'ajouter au bilan d'énergie où elle n'a rien à faire.

d) Faux. Ici rF=0,30×0+0×150+0×0=0\vec{r}\cdot\vec{F}=0{,}30\times 0+0\times 150+0\times 0=0, alors que r×F=(0; 0; 45)\vec{r}\times\vec{F}=(0;\ 0;\ 45) et M=45\|\vec{M}\|=45 N\cdotm, le maximum possible pour cette clé. Le produit scalaire donne donc zéro exactement là où le moment est maximal : les deux produits sont non seulement différents, ils sont complémentaires. L'énoncé correct : M=r×F\vec{M}=\vec{r}\times\vec{F}, un produit VECTORIEL, dont la norme vaut rFsinθrF\sin\theta et non rFcosθrF\cos\theta.

e) Faux. Pour deux nœuds, il n'y a qu'UNE loi indépendante : la seconde est l'opposée de la première, terme à terme. L'énoncé correct : un circuit à nn nœuds fournit n1n-1 lois des nœuds indépendantes, parce que la somme de toutes ces lois est l'identité 0=00=0, chaque courant de branche y figurant une fois avec chaque signe. Écrire la nn-ième ne fait pas monter le rang, et croire l'inverse conduit à annoncer un système surdéterminé là où il est parfaitement déterminé.

Exercice 9 : Problème : trois solutions mères, une cible, et ce que le rang autorise

Un laboratoire dispose de trois solutions salines à 10 %10\ \%, 20 %20\ \% et 50 %50\ \% en masse. On veut préparer 600600 g de solution à 25 %25\ \%. On note x1x_{1}, x2x_{2} et x3x_{3} les masses prélevées, en grammes.

Le protocole impose en outre de prendre deux fois plus de la solution à 20 %20\ \% que de celle à 10 %10\ \%.

  • a) Posez les trois équations et écrivez la matrice augmentée, en multipliant la ligne du sel par 1010 pour chasser les décimales.
  • b) Résolvez par la méthode de Gauss-Jordan. Donnez les trois masses.
  • c) Vérifiez la masse totale et la masse de sel, puis le pourcentage obtenu.
  • d) On abandonne la contrainte de protocole. Il reste deux équations pour trois inconnues. Donnez le rang, la dimension de l'ensemble des solutions, et la famille paramétrée par x3x_{3}. Quelles valeurs de x3x_{3} sont physiquement admissibles ?
  • e) On garde les deux mêmes équations mais on vise 600600 g à 60 %60\ \%. Le système est-il incompatible ? Le problème est-il pour autant soluble ? Expliquez la différence.

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Réponses

  • a) x1+x2+x3=600x_{1}+x_{2}+x_{3}=600 ; x1+2x2+5x3=1500x_{1}+2x_{2}+5x_{3}=1\,500 ; 2x1+x2=0-2x_{1}+x_{2}=0
  • b) x1=150x_{1}=150 g, x2=300x_{2}=300 g, x3=150x_{3}=150 g
  • c) 600600 g au total, 150150 g de sel, soit 25 %25\ \%
  • d) Rang 22, un paramètre : (3t300; 9004t; t)(3t-300;\ 900-4t;\ t) avec t[100;225]t\in[100\,;225]
  • e) Compatible, rang 22, mais aucune solution admissible : on ne dépasse pas 50 %50\ \%

a) Masse totale : x1+x2+x3=600x_{1}+x_{2}+x_{3}=600. Masse de sel : 0,10x1+0,20x2+0,50x3=0,25×600=1500{,}10x_{1}+0{,}20x_{2}+0{,}50x_{3}=0{,}25\times 600=150, que l'on multiplie par 1010 pour obtenir x1+2x2+5x3=1500x_{1}+2x_{2}+5x_{3}=1\,500. Protocole : x2=2x1x_{2}=2x_{1}, soit 2x1+x2=0-2x_{1}+x_{2}=0. La matrice augmentée est [11160012515002100]\left[\begin{array}{ccc|c} 1 & 1 & 1 & 600 \\ 1 & 2 & 5 & 1500 \\ -2 & 1 & 0 & 0 \end{array}\right]. Multiplier une ligne entière par 1010 est l'une des trois opérations élémentaires autorisées, donc le système obtenu est équivalent ; oublier de multiplier AUSSI le second membre est l'erreur qui fausse tout.

b) L2L2L1L_{2}\leftarrow L_{2}-L_{1} donne (0; 1; 4900)(0;\ 1;\ 4\,|\,900). L3L3+2L1L_{3}\leftarrow L_{3}+2L_{1} donne (0; 3; 21200)(0;\ 3;\ 2\,|\,1\,200). Puis L3L33L2L_{3}\leftarrow L_{3}-3L_{2} donne (0; 0; 101500)(0;\ 0;\ -10\,|\,-1\,500), donc x3=150x_{3}=150. Remontée : x2=9004×150=300x_{2}=900-4\times 150=300, puis x1=600300150=150x_{1}=600-300-150=150. On prend donc 150150 g de la solution à 10 %10\ \%, 300300 g de celle à 20 %20\ \% et 150150 g de celle à 50 %50\ \%.

c) Masse totale : 150+300+150=600150+300+150=600 g. Masse de sel : 0,10×150+0,20×300+0,50×150=15+60+75=1500{,}10\times 150+0{,}20\times 300+0{,}50\times 150=15+60+75=150 g. Pourcentage : 150600=0,25\frac{150}{600}=0{,}25, soit 25 %25\ \%. Et le protocole est respecté, 300=2×150300=2\times 150. Les trois contrôles sont indépendants du calcul qui les précède, ce qui est la seule façon d'attraper une erreur de pivot.

d) Il reste [1116001251500]\left[\begin{array}{ccc|c} 1 & 1 & 1 & 600 \\ 1 & 2 & 5 & 1500 \end{array}\right]. Après L2L2L1L_{2}\leftarrow L_{2}-L_{1}, on lit deux pivots, donc rang=2\operatorname{rang}=2, égal au rang de la matrice augmentée : le système est compatible, avec 32=13-2=1 paramètre libre. On prend x3=tx_{3}=t : la deuxième ligne donne x2=9004tx_{2}=900-4t et la première x1=600(9004t)t=3t300x_{1}=600-(900-4t)-t=3t-300. La famille est donc (3t300; 9004t; t)(3t-300;\ 900-4t;\ t), une DROITE de R3\mathbb{R}^{3}. Pour t=150t=150 on retrouve (150; 300; 150)(150;\ 300;\ 150). Mais une masse ne peut pas être négative, et c'est la physique qui ajoute ici ce que l'algèbre ignore : 3t30003t-300\geq 0 donne t100t\geq 100 et 9004t0900-4t\geq 0 donne t225t\leq 225. Les valeurs admissibles sont donc t[100;225]t\in[100\,;225], un SEGMENT de la droite des solutions. Aux deux bouts, une des trois solutions mères n'est plus utilisée : t=100t=100 supprime la solution à 10 %10\ \% et t=225t=225 celle à 20 %20\ \%.

e) Non, le système n'est pas incompatible, et c'est le point délicat. La deuxième équation devient x1+2x2+5x3=10×0,60×600=3600x_{1}+2x_{2}+5x_{3}=10\times 0{,}60\times 600=3\,600, et après L2L2L1L_{2}\leftarrow L_{2}-L_{1} on obtient x2+4x3=3000x_{2}+4x_{3}=3\,000 : deux pivots, aucun 0=c0=c, donc rang(A)=rang([AB])=2\operatorname{rang}(A)=\operatorname{rang}([A\,|\,B])=2 et il y a une infinité de solutions, (3t2400; 30004t; t)(3t-2\,400;\ 3\,000-4t;\ t). Pourtant le problème n'a AUCUNE solution physique : 3t240003t-2\,400\geq 0 exige t800t\geq 800, alors que x3600x_{3}\leq 600 puisque la masse totale vaut 600600 g. Aucune valeur de tt ne convient. Chimiquement, c'était prévisible sans calcul : la solution la plus concentrée titre 50 %50\ \%, donc aucun mélange ne peut dépasser 50 %50\ \%. La différence à retenir est celle-ci : l'algèbre décide de la COMPATIBILITÉ, mais elle ne connaît pas les contraintes de signe. Un système compatible peut n'avoir aucune solution admissible, et inversement un système incompatible ne peut évidemment en avoir aucune. Il faut donc toujours deux vérifications, celle du rang et celle du domaine physique.

Exercice 10 : Problème : le centre de masse comme combinaison linéaire des positions

Trois masses ponctuelles sont fixées aux sommets d'une plaque rigide de masse négligeable : 2,02{,}0 kg en A1(0; 0)A_{1}(0;\ 0), 3,03{,}0 kg en A2(8; 0)A_{2}(8;\ 0) et 5,05{,}0 kg en A3(4; 5)A_{3}(4;\ 5), les coordonnées étant en décimètres.

Le centre de masse est le point GG défini par OG=1m1+m2+m3(m1OA1+m2OA2+m3OA3)\vec{OG}=\dfrac{1}{m_{1}+m_{2}+m_{3}}\left(m_{1}\vec{OA_{1}}+m_{2}\vec{OA_{2}}+m_{3}\vec{OA_{3}}\right).

A₁ (0 ; 0) : 2 kgA₂ (8 ; 0) : 3 kgA₃ (4 ; 5) : 5 kg
  • a) Calculez les coordonnées de GG.
  • b) Vérifiez que m1GA1+m2GA2+m3GA3=0m_{1}\vec{GA_{1}}+m_{2}\vec{GA_{2}}+m_{3}\vec{GA_{3}}=\vec{0}, composante par composante. C'est la propriété qui définit le barycentre.
  • c) Écrivez OG\vec{OG} comme combinaison linéaire de OA1\vec{OA_{1}}, OA2\vec{OA_{2}} et OA3\vec{OA_{3}}, donnez les trois coefficients et calculez leur somme. Que peut-on en déduire sur la position de GG par rapport au triangle ?
  • d) On ajoute une quatrième masse de 4,04{,}0 kg, en un point PP à déterminer, pour que le centre de masse de l'ensemble se place en (5; 2)(5;\ 2). Écrivez le système vérifié par les coordonnées de PP et résolvez-le.
  • e) Une contrainte de montage impose de fixer cette quatrième masse SUR la barre A1A2A_{1}A_{2}, donc en un point d'ordonnée nulle. Écrivez le système à trois équations et deux inconnues, comparez ses deux rangs et concluez.

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Réponses

  • a) G(4,4; 2,5)G(4{,}4;\ 2{,}5)
  • b) Somme nulle sur xx et sur yy
  • c) 0,20{,}2, 0,30{,}3 et 0,50{,}5, de somme 11 : combinaison convexe, donc GG est dans le triangle
  • d) P(6,5; 0,75)P(6{,}5;\ 0{,}75)
  • e) Rangs 22 et 33 : système incompatible, aucun placement sur la barre ne convient

a) La masse totale vaut 2+3+5=102+3+5=10 kg. L'abscisse de GG est 2×0+3×8+5×410=0+24+2010=4,4\frac{2\times 0+3\times 8+5\times 4}{10}=\frac{0+24+20}{10}=4{,}4, l'ordonnée 2×0+3×0+5×510=2510=2,5\frac{2\times 0+3\times 0+5\times 5}{10}=\frac{25}{10}=2{,}5. Donc G(4,4; 2,5)G(4{,}4;\ 2{,}5). Chaque coordonnée se traite indépendamment : le centre de masse d'un système plan n'est rien d'autre que deux moyennes pondérées menées en parallèle.

b) GA1=(04,4; 02,5)=(4,4; 2,5)\vec{GA_{1}}=(0-4{,}4;\ 0-2{,}5)=(-4{,}4;\ -2{,}5), GA2=(3,6; 2,5)\vec{GA_{2}}=(3{,}6;\ -2{,}5) et GA3=(0,4; 2,5)\vec{GA_{3}}=(-0{,}4;\ 2{,}5). Sur xx : 2×(4,4)+3×3,6+5×(0,4)=8,8+10,82=02\times(-4{,}4)+3\times 3{,}6+5\times(-0{,}4)=-8{,}8+10{,}8-2=0. Sur yy : 2×(2,5)+3×(2,5)+5×2,5=57,5+12,5=02\times(-2{,}5)+3\times(-2{,}5)+5\times 2{,}5=-5-7{,}5+12{,}5=0. La somme pondérée est bien nulle. C'est cette égalité, et non la formule de la moyenne, qui définit le barycentre en toute généralité, et c'est elle qui explique qu'un objet suspendu par son centre de masse reste en équilibre dans toutes les positions.

c) OG=210OA1+310OA2+510OA3=0,2OA1+0,3OA2+0,5OA3\vec{OG}=\frac{2}{10}\vec{OA_{1}}+\frac{3}{10}\vec{OA_{2}}+\frac{5}{10}\vec{OA_{3}}=0{,}2\,\vec{OA_{1}}+0{,}3\,\vec{OA_{2}}+0{,}5\,\vec{OA_{3}}. Les coefficients sont positifs et leur somme vaut 0,2+0,3+0,5=10{,}2+0{,}3+0{,}5=1. Une combinaison linéaire à coefficients positifs de somme 11 s'appelle une combinaison CONVEXE, et le point obtenu appartient nécessairement à l'enveloppe convexe des trois points, c'est-à-dire ici au triangle A1A2A3A_{1}A_{2}A_{3}, bords compris. Le centre de masse d'un système de points ne peut donc jamais sortir du polygone qui les contient, ce qui donne un contrôle gratuit sur toute réponse : un GG situé hors du triangle est une réponse fausse.

d) La masse totale devient 1414 kg. La définition donne 14OG=10OG+4OP14\,\vec{OG'}=10\,\vec{OG}+4\,\vec{OP}, soit 4OP=14(5; 2)10(4,4; 2,5)=(7044; 2825)=(26; 3)4\,\vec{OP}=14\,(5;\ 2)-10\,(4{,}4;\ 2{,}5)=(70-44;\ 28-25)=(26;\ 3). Le système est donc 4Px=264P_{x}=26 et 4Py=34P_{y}=3, diagonal, de déterminant 16016\neq 0 : solution unique P(6,5; 0,75)P(6{,}5;\ 0{,}75). Contrôle : 10×4,4+4×6,514=44+2614=5\frac{10\times 4{,}4+4\times 6{,}5}{14}=\frac{44+26}{14}=5 et 10×2,5+4×0,7514=25+314=2\frac{10\times 2{,}5+4\times 0{,}75}{14}=\frac{25+3}{14}=2. Le point PP est bien à l'intérieur du rectangle englobant, ce qui est cohérent : pour tirer le centre de masse vers la droite et vers le bas, il faut poser la nouvelle masse en bas à droite.

e) La contrainte Py=0P_{y}=0 s'ajoute au système précédent, qui devient 4Px+0Py=264P_{x}+0\,P_{y}=26, 0Px+4Py=30\,P_{x}+4P_{y}=3 et 0Px+Py=00\,P_{x}+P_{y}=0. La matrice des coefficients (400401)\begin{pmatrix} 4 & 0 \\ 0 & 4 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} a deux colonnes, donc son rang vaut au plus 22, et il vaut exactement 22. La matrice augmentée [4026043010]\left[\begin{array}{cc|c} 4 & 0 & 26 \\ 0 & 4 & 3 \\ 0 & 1 & 0 \end{array}\right] donne, par L34L3L2L_{3}\leftarrow 4L_{3}-L_{2}, la ligne [0 03][0\ 0\,|\,-3] : son rang vaut 33. Les deux rangs diffèrent, le système est INCOMPATIBLE. Conclusion physique : aucune masse de 4,04{,}0 kg posée sur la barre A1A2A_{1}A_{2} ne peut amener le centre de masse en (5; 2)(5;\ 2), et il ne sert à rien de chercher. La raison se voit aussi sans algèbre : toutes les masses ont alors leur ordonnée dans [0;5][0\,;5] et le centre de masse imposé demande 25+4Py14=2\frac{25+4P_{y}}{14}=2, soit 4Py=34P_{y}=3 et Py=0,75P_{y}=0{,}75, valeur non nulle. Pour y arriver, il faudrait changer la masse ajoutée, ou accepter de la placer hors de la barre. Le rang a donc joué ici son rôle d'arbitre : il n'a pas dit comment faire, il a dit que l'on ne pouvait pas.

A₁ : 2 kgA₂ : 3 kgA₃ : 5 kgG (4,4 ; 2,5)
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