Calcul différentiel 201-103 • Sciences humaines au cégep à Montréal
Exercices corrigés : la dérivation implicite (201-103)
Ces dix exercices corrigés, précédés d'une liste de calculs, portent sur la dérivation implicite du cours de calcul différentiel 201-103, c'est-à-dire sur le calcul d'une pente le long d'une équation qui lie x et y sans donner ni l'un ni l'autre. En sciences humaines, cette équation est presque toujours une CONTRAINTE D'ÉQUILIBRE : une courbe d'indifférence, une isoquante de production de Cobb-Douglas, une frontière des possibilités de production, la courbe de Phillips qui relie chômage et inflation. La série couvre la règle de chaîne sur une fonction inconnue, la tangente horizontale et verticale, la dérivation logarithmique, le taux marginal de substitution, le taux marginal de transformation et le choix optimal du consommateur.
L'exercice 0.1 ouvre la série par dix dérivées implicites à calculer directement, comme dans les listes des manuels : un cercle et une ellipse, les hyperboles xy=20 et xy3=16, x2+xy+y2=7 et sa règle du produit, x+y=5, une dérivation logarithmique sur x2y3=72 et une règle de chaîne sur (x−y)3=x, chacune avec la pente dxdy à trouver au point indiqué et vérifiée en direct.
À la fin, vous savez trouver la tangente verticale d'une offre de travail qui se retourne (exercice 1), choisir entre voie implicite et voie explicite (exercice 3), lire un coût d'opportunité sur une frontière des possibilités (exercice 4), dériver une isoquante par le logarithme (exercice 5), calculer et interpréter un taux marginal de substitution décroissant (exercices 6 et 7), chiffrer le ratio de sacrifice le long de la courbe de Phillips (exercice 9) et placer le panier optimal là où le TMS égale le rapport des prix (exercice 10).
Le fil de la série tient en une phrase : sur une contrainte, x et y ne se déterminent pas l'un l'autre, ils se COMPENSENT, et dxdy est le taux exact de ce troc. C'est ce nombre que la microéconomie appellera plus tard taux marginal de substitution. Trois pièges sont désignés nommément : dériver y2 en 2y sans le facteur dxdy que la règle de chaîne impose (exercices 2 et 8) ; croire qu'une pente implicite ne devrait dépendre que de x ; et confondre une tangente verticale, où la dérivée n'existe pas, avec une tangente horizontale, où elle vaut zéro.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Une équation en x et y ne définit pas toujours y comme fonction de x : le TEST DE LA DROITE VERTICALE le dit en un coup d'oeil.
•On dérive les DEUX MEMBRES par rapport à x, en traitant y comme une fonction de x que l'on ne connaît pas.
•Chaque y dérivé laisse derrière lui un facteur dxdy, par la règle de chaîne : dxd(y2)=2ydxdy.
•Un terme où x et y se rencontrent demande la règle du produit : dxd(xy)=y+xdxdy.
•On regroupe ensuite tous les termes en dxdy d'un côté, on met en facteur, on divise. La pente dépend du POINT, donc de x ET de y.
•Tangente HORIZONTALE : le numérateur s'annule. Tangente VERTICALE : le DÉNOMINATEUR s'annule et la dérivée n'existe pas.
•Taux marginal de substitution : TMS=−dxdy sur une courbe d'indifférence. Il est POSITIF parce que la pente est négative.
•Sur une isoquante, le même nombre s'appelle taux marginal de substitution technique, et sur une frontière des possibilités, taux marginal de transformation.
•Dérivation logarithmique : sur un produit de puissances xayb=c, on prend le logarithme d'abord, alnx+blny=lnc, et la dérivation devient une ligne.
•Pour xayb=c : dxdy=−ba⋅xy, donc TMS=ba⋅xy.
•Quand les deux voies sont possibles, elles donnent le MÊME nombre : la voie explicite l'écrit en fonction de x seul, la voie implicite en fonction du point.
•L'optimum du consommateur est le point où TMS=pypx : le troc qu'il accepte égale le troc que le marché lui impose.
•Le signe se lit toujours : une pente négative est un ARBITRAGE, une pente positive sur une contrainte signalerait que les deux grandeurs montent ensemble.
Pour chaque équation, déterminez dxdy par dérivation implicite, puis donnez sa valeur au point indiqué, qui est sur la courbe. Aucune des équations n'a besoin d'être résolue en y.
Une seule méthode pour les dix lignes : dériver les deux membres par rapport à x en écrivant un facteur y′ chaque fois qu'on dérive une expression en y, appliquer la règle du produit à tout terme qui contient à la fois x et y, regrouper les termes en y′ d'un côté, puis factoriser et diviser. Les coordonnées du point se remplacent à la fin.
a) y2=x3+1, au point (2;3).
b) x2+y2=13, au point (2;−3).
c) 9x2+4y2=72, au point (2;3).
d) xy=20, au point (4;5).
e) xy3=16, au point (2;2).
f) x2+xy+y2=7, au point (1;2).
g) x+y=5, au point (1;16).
h) y3+xy=10, au point (1;2).
i) x2y3=72, au point (3;2), par la dérivation logarithmique.
j) (x−y)3=x, au point (8;6).
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Réponses
a)y′=2y3x2 ; 2
b)y′=−yx ; 32≈0,667
c)y′=−4y9x ; −23
d)y′=−xy ; −45
e)y′=−3xy ; −31
f)y′=−x+2y2x+y ; −54
g)y′=−xy ; −4
h)y′=−3y2+xy ; −132≈−0,154
i)y′=−3x2y ; −94≈−0,444
j)y′=1−3(x−y)21 ; 1211≈0,917
Le geste qui décide de tout : un y n'est jamais une constante, c'est une fonction de x qu'on ne connaît pas. Sa dérivée laisse donc un facteur y′ derrière elle, et un terme comme xy est un PRODUIT de deux fonctions de x. Avant de dériver, on souligne les termes qui mélangent x et y.
a)
2yy′=3x2, donc y′=2y3x2. Le point est sur la courbe : 32=23+1. En (2;3) : y′=612=2. Piège : dériver y2 en 2y sans le facteur y′, ce qui ne laisse plus rien à isoler.
b)
2x+2yy′=0, donc y′=−yx. En (2;−3) : y′=−−32=32≈0,667. Piège : le signe. L'ordonnée est négative, donc la pente est POSITIVE, ce que confirme le dessin d'un cercle dans sa moitié basse à droite.
c)
18x+8yy′=0, donc y′=−8y18x=−4y9x. En (2;3) : y′=−1218=−23=−1,5. Les coefficients de l'ellipse passent dans la pente : −4y9x, et non −yx comme pour un cercle.
d)
Produit : 1⋅y+xy′=0, donc y′=−xy. En (4;5) : y′=−45=−1,25. Piège : écrire (xy)′=y′ en oubliant le terme y, ce qui donne y′=0.
e)
Produit, avec une puissance de y : y3+x⋅3y2y′=0, donc y′=−3xy2y3=−3xy. En (2;2) : y′=−62=−31≈−0,333. Piège : (y3)′=3y2, sans le y′.
f)
Trois termes, dont un produit : 2x+(y+xy′)+2yy′=0. On regroupe : y′(x+2y)=−(2x+y), donc y′=−x+2y2x+y. En (1;2) : y′=−54=−0,8. Piège : dériver xy en y′ seul, ce qui donne −1+2y2x=−0,4.
g)
2x1+2yy′=0, donc y′=−xy. En (1;16) : y′=−14=−4. Le point vérifie l'équation, 1+4=5, et la racine de y se dérive comme celle de x, avec son y′ en plus.
h)
3y2y′+(y+xy′)=0, donc y′(3y2+x)=−y et y′=−3y2+xy. En (1;2) : y′=−12+12=−132≈−0,154. Le point vérifie l'équation : 8+2=10.
i)
On prend le logarithme des deux membres, tous deux positifs au point : 2lnx+3lny=ln72. On dérive : x2+y3y′=0, donc y′=−3x2y. En (3;2) : y′=−94≈−0,444. La voie directe donne la même chose, 2xy3+3x2y2y′=0, avec plus d'écriture. Piège : (lny)′=yy′, pas y1.
j)
La chaîne sur une DIFFÉRENCE : 3(x−y)2⋅(1−y′)=1, car la dérivée de x−y est 1−y′. Donc 1−y′=3(x−y)21 et y′=1−3(x−y)21. En (8;6), x−y=2 : y′=1−121=1211≈0,917. Piège : écrire 3(x−y)2 sans le facteur (1−y′), ce qui ne contient plus aucun y′.
Contrôle : à chaque ligne, le point vérifie d'abord l'équation de départ, sinon la valeur trouvée ne veut rien dire. Ensuite, en écrivant l'équation sous la forme F(x;y)=0, la pente vaut −FyFx, où Fx est la dérivée de F en traitant y comme une constante et Fy celle en traitant x comme une constante : deux calculs séparés qui doivent redonner le même nombre.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : La courbe d'offre de travail qui se retourne
Jusqu'ici y était donné par une formule. Ici, x et y sont seulement liés par une ÉQUATION, et le fil de toute la série tient en une phrase : sur une contrainte, aucune des deux grandeurs ne détermine l'autre, elles se compensent, et dxdy chiffre ce troc.
Un économiste modélise l'offre de travail d'un ménage par h=4w−0,1w2, où h est le nombre d'heures travaillées par semaine et w le salaire horaire, en dollars. Au-delà d'un certain salaire, le ménage prend du temps libre plutôt que des heures : la courbe se retourne, et c'est un fait documenté du marché du travail.
a) Vérifiez que les couples (h;w)=(30;10) et (30;30) satisfont tous deux l'équation. Le salaire est-il une fonction du nombre d'heures ?
b) Dérivez les deux membres par rapport à h, en traitant w comme une fonction de h, et isolez dhdw.
c) Calculez dhdw en w=10, puis en w=30. Interprétez chacun des deux signes.
d) En quel point la tangente est-elle verticale ? Que signifie ce point pour le ménage ?
e) Le salaire n'est pas une fonction des heures. Pourquoi la question « de combien le salaire doit-il changer pour une heure de plus » a-t-elle tout de même une réponse ?
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Réponses
a)h=30 dans les deux cas ; w n'est PAS une fonction de h.
b)dhdw=4−0,2w1.
c)+0,50 dollar par heure en w=10, −0,50 en w=30.
d)Tangente verticale en (h;w)=(40;20) : l'offre de travail plafonne à 40 heures.
e)Parce que la pente est celle d'un POINT, pas d'une abscisse.
a)
Pour w=10 : 4×10−0,1×100=40−10=30. Pour w=30 : 4×30−0,1×900=120−90=30. Les deux couples conviennent, donc l'abscisse h=30 porte DEUX ordonnées, w=10 et w=30. Le test de la droite verticale échoue : la droite h=30 coupe la courbe deux fois, donc w n'est pas une fonction de h. La figure le montre, la verticale en pointillés traverse la courbe en deux points. Économiquement, la lecture est limpide : trente heures hebdomadaires s'obtiennent aussi bien avec un salaire modeste qu'avec un salaire élevé, pour deux raisons opposées.
b)
On dérive membre à membre par rapport à h. À gauche, dhdh=1. À droite, chaque w est une fonction inconnue de h, donc la règle de chaîne pose un facteur dhdw à chaque fois : 4dhdw−0,2wdhdw. D'où 1=(4−0,2w)dhdw, puis dhdw=4−0,2w1. Le piège est de dériver 0,1w2 en 0,2w : cela reviendrait à calculer dwdh, un autre nombre, et à rendre l'égalité fausse dès le premier membre.
c)
En w=10 : dhdw=4−21=0,5 dollar par heure. En w=30 : dhdw=4−61=−0,5 dollar par heure. Les deux points ont la MÊME abscisse et des pentes opposées, ce qui est impossible pour une fonction. Le premier signe dit qu'il faut payer cinquante cents de plus pour obtenir une heure de plus, l'effet de substitution habituel. Le second dit l'inverse : à ce niveau de salaire, obtenir une heure de plus demande de BAISSER le salaire de cinquante cents, parce que le ménage, mieux payé, achète du temps libre.
d)
La dérivée n'existe pas quand le dénominateur s'annule, soit 4−0,2w=0, donc w=20 dollars, et alors h=4×20−0,1×400=80−40=40 heures. La tangente y est VERTICALE, et ce n'est pas une curiosité de dessin : c'est le maximum d'heures que ce ménage offrira jamais. Aucune variation de salaire, dans un sens ou dans l'autre, n'achète la quarante-et-unième heure. Attention à ne pas confondre avec une tangente horizontale, qui correspondrait à dhdw=0 et n'arrive nulle part ici.
e)
Parce que la dérivation implicite ne calcule pas la pente d'une fonction, elle calcule la pente de la COURBE en un POINT. Il faut donc donner le point, et non seulement l'abscisse : en (30;10) la réponse est +0,50 dollar, en (30;30) elle est −0,50 dollar. C'est exactement ce que dit la présence de w dans l'expression 4−0,2w1, et c'est pourquoi une pente implicite qui ne dépendrait que de h serait suspecte.
Exercice 2 : Le facteur que tout le monde oublie
Toute la mécanique du chapitre tient dans une règle de chaîne appliquée à une fonction que l'on ne connaît pas. Chaque fois qu'un y passe sous une opération, sa dérivée laisse un facteur dxdy derrière elle ; chaque fois que x et y se rencontrent dans un même terme, c'est la règle du produit qui parle.
Un ménage achète x unités d'un bien A et y unités d'un bien B. Les deux sont livrés ensemble, et le coût de manutention croît avec le produit des quantités, si bien que sa contrainte de dépense s'écrit 2x+3y+0,05xy=90 dollars. Le panier actuel est (15;16). La figure ci-dessous représente la situation.
a) Dérivez par rapport à x, en traitant y comme une fonction de x : 5y2, puis xy, puis y0,4. Évaluez ensuite chacune en x=4, y=2 et dxdy=3 pour les deux premières, et en y=32, dxdy=3 pour la troisième.
b) Vérifiez que (15;16) satisfait la contrainte, puis dérivez les deux membres par rapport à x et isolez dxdy.
c) Calculez dxdy en (15;16), au millième, et dites ce que ce nombre signifie pour le ménage.
d) Un élève dérive le terme 0,05xy en 0,05y. Quelle valeur obtient-il, et de quel pourcentage se trompe-t-il ?
e) Sans le terme de manutention, la contrainte serait 2x+3y=90. Que vaudrait la pente ? Expliquez pourquoi le terme croisé rend le troc plus défavorable au bien A.
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Réponses
a)10yy′=60 ; y+xy′=14 ; 0,4y−0,6y′=0,15.
b)Le point vérifie la contrainte, et dxdy=−3+0,05x2+0,05y.
c)dxdy≈−0,747 : une unité de A coûte 0,747 unité de B.
d)−0,933, soit 25 pour cent de trop en valeur absolue.
e)−0,667 sans le terme croisé ; le bien A renchérit de 40 pour cent contre 25 pour cent pour le bien B.
a)
dxd(5y2)=10ydxdy, par la règle de chaîne : on dérive la puissance, puis on multiplie par la dérivée de l'intérieur, qui est dxdy. En y=2 et dxdy=3 : 10×2×3=60. Ensuite dxd(xy)=y+xdxdy, règle du produit ; en x=4, y=2, dxdy=3 : 2+4×3=14. Enfin dxd(y0,4)=0,4y−0,6dxdy ; en y=32, comme 320,6=8, on a 32−0,6=0,125, donc 0,4×0,125×3=0,15.
b)
Vérification : 2×15+3×16+0,05×15×16=30+48+12=90, le panier est bien sur la contrainte. On dérive : 2+3dxdy+0,05(y+xdxdy)=0, le dernier terme par la règle du produit. On regroupe : 2+0,05y+(3+0,05x)dxdy=0, d'où dxdy=−3+0,05x2+0,05y. Le membre de droite valait 90, une constante, donc sa dérivée est nulle : c'est ce zéro qui rend l'isolement possible.
c)
En (15;16) : le numérateur vaut 2+0,8=2,8, le dénominateur 3+0,75=3,75, donc dxdy=−3,752,8≈−0,747. Pour acheter une unité de plus du bien A en restant dans son budget, le ménage doit renoncer à 0,747 unité du bien B. Le signe négatif est le signe d'une contrainte : on ne peut pas augmenter les deux quantités en même temps.
d)
En oubliant le second terme de la règle du produit, il écrit 2+0,05y+3dxdy=0, donc dxdy=−32,8≈−0,933. Le rapport des deux valeurs vaut 0,74670,9333=1,25 : il surestime le sacrifice de 25 pour cent, exactement. Une erreur de ce genre ne se voit pas à l'oeil, parce que le résultat reste négatif et plausible, et c'est ce qui la rend coûteuse en examen.
e)
Sans le terme croisé, 2+3dxdy=0 donne dxdy=−32≈−0,667 : le troc est le simple rapport des prix. Le terme de manutention ajoute 0,05y=0,80 dollar au coût marginal du bien A, soit 40 pour cent de son prix de 2 dollars, et 0,05x=0,75 dollar à celui du bien B, soit 25 pour cent de son prix de 3 dollars. Le bien A renchérit proportionnellement plus, donc le troc bascule en sa défaveur, de 0,667 à 0,747.
Exercice 3 : Implicite ou explicite : deux routes, une seule pente
Quand y s'isole, les deux voies sont ouvertes et donnent le même nombre. Quand il ne s'isole pas, il n'en reste qu'une. Savoir laquelle des deux situations on a sous les yeux est le premier réflexe du chapitre.
On étudie deux courbes d'indifférence. La première a pour équation xy=36, la seconde 3xy+y3=28. Dans les deux cas, x et y sont les quantités de deux biens et la courbe rassemble les paniers qui donnent au ménage la même satisfaction. La figure ci-dessous représente la situation.
a) Sur xy=36, calculez dxdy par la voie IMPLICITE, puis sa valeur au point (4;9).
b) Refaites le calcul par la voie EXPLICITE, en posant y=x36, et montrez que les deux expressions coïncident sur la courbe.
c) Sur 3xy+y3=28, vérifiez que (9;1) est sur la courbe, puis calculez dxdy et sa valeur en ce point.
d) En x=9,1, l'ordonnée exacte vaut 0,9901 à quatre décimales. Comparez l'accroissement réel à celui qu'annonce la pente trouvée en c).
e) Énoncez la règle de choix entre les deux voies, en une phrase, et dites ce que la voie implicite donne de plus.
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Réponses
a)dxdy=−xy, soit −2,25 en (4;9).
b)dxdy=−x236=−2,25 en x=4 : même nombre.
c)Le point est sur la courbe, dxdy=−x+y2y=−0,1 en (9;1).
d)Pente : Δy≈−0,0100 ; réel : −0,0099.
e)Si y s'isole, les deux voies conviennent ; sinon l'implicite est la seule, et elle donne la pente en fonction du point.
a)
On dérive les deux membres par rapport à x. Le terme xy est un produit, donc y+xdxdy ; le membre de droite est une constante, donc zéro. D'où dxdy=−xy. En (4;9), qui est bien sur la courbe puisque 4×9=36, la pente vaut −49=−2,25. Le ménage cède 2,25 unités du second bien pour une unité de plus du premier.
b)
Ici y s'isole : y=x36=36x−1, donc dxdy=−36x−2=−x236. En x=4 : −1636=−2,25, le même nombre. Les deux expressions coïncident parce que, SUR LA COURBE, y=x36 : en remplaçant dans la forme implicite, −xy=−x36/x=−x236. Elles ne coïncident pas ailleurs, et c'est normal : la forme implicite n'a de sens qu'en un point de la courbe.
c)
Vérification : 3×9×1+13=27+1=28. On dérive : 3(y+xdxdy)+3y2dxdy=0, le premier crochet par la règle du produit et le second terme par la règle de chaîne. On regroupe : 3y+(3x+3y2)dxdy=0, donc dxdy=−x+y2y. En (9;1) : −9+11=−0,1. Ici la voie explicite est fermée : isoler y demanderait de résoudre une équation du troisième degré en y pour chaque x, et la formule de Cardan qui existe n'est d'aucun usage en pratique.
d)
La pente annonce Δy≈−0,1×0,1=−0,010. L'accroissement réel vaut 0,9901−1=−0,0099. L'écart entre les deux est de 0,0001, soit un pour cent de l'accroissement : la pente est confirmée. Cette vérification est la seule façon honnête de contrôler une dérivée implicite quand aucune formule explicite ne permet de recalculer.
e)
La règle : si y s'isole proprement, les deux voies conviennent et l'explicite donne une pente écrite en fonction de x SEUL ; sinon, l'implicite est la seule voie. Ce que l'implicite donne de plus, c'est qu'elle fonctionne sur des courbes qui ne sont le graphe d'aucune fonction, et qu'elle livre la pente en fonction du POINT, ce qui est la forme utile en économie où l'on connaît toujours le panier courant.
Exercice 4 : Le taux marginal de transformation sur une frontière des possibilités
Une économie ne peut pas produire tout de tout : ses ressources sont fixées, et l'ensemble des combinaisons qu'elle peut atteindre au maximum de ses moyens forme sa FRONTIÈRE DES POSSIBILITÉS DE PRODUCTION. Personne n'écrit cette frontière sous la forme y=f(x) : on l'écrit comme une contrainte, et la dérivation implicite y lit le coût d'opportunité.
Une économie produit x milliers de tonnes de biens agricoles et y milliers d'unités de biens industriels, liés par x2+4y2=400, avec x≥0 et y≥0. Le taux marginal de transformation, noté TMT, est défini comme −dxdy : c'est ce qu'il faut sacrifier d'industriel pour un millier de tonnes d'agricole de plus.
a) Vérifiez que (12;8) est sur la frontière, puis calculez dxdy en fonction de x et de y.
b) Donnez le TMT en (12;8) et traduisez-le en une phrase de coût d'opportunité.
c) Donnez le TMT en (16;6), puis en (0;10). Que se passe-t-il en (20;0) ?
d) Démontrez que le TMT CROÎT le long de la frontière quand x augmente.
e) Écrivez l'équation de la tangente en (12;8) et expliquez pourquoi son ordonnée à l'origine ne correspond à aucune production réalisable.
Voir la correction
Réponses
a)Le point est sur la frontière, et dxdy=−4yx.
b)TMT=0,375 : mille tonnes d'agricole coûtent 375 unités industrielles.
c)TMT=32 en (16;6), 0 en (0;10) ; en (20;0) la tangente est verticale et la dérivée n'existe pas.
d)TMT=2400−x2x croît strictement sur [0;20[.
e)y=12,5−0,375x ; l'ordonnée à l'origine 12,5 dépasse le maximum réalisable y=10.
a)
Vérification : 122+4×82=144+256=400. On dérive les deux membres par rapport à x : 2x+8ydxdy=0, le second terme par la règle de chaîne appliquée à 4y2. D'où dxdy=−8y2x=−4yx. Écrire 2x+8y=0 serait l'erreur classique, et elle donnerait ici y=−3, une production négative : l'absurdité du résultat trahit l'oubli du facteur.
b)
TMT=−dxdy=4×812=3212=0,375. Pour produire mille tonnes d'agricole de plus, cette économie doit renoncer à 375 unités de biens industriels. Le TMT est positif parce que la pente est négative : c'est un sacrifice, et on l'énonce toujours en valeur positive.
c)
En (16;6) : TMT=2416=32≈0,667, soit presque le double du précédent. En (0;10) : TMT=0, la tangente est horizontale, et cela se lit bien, puisque la première tonne d'agricole ne coûte presque rien quand l'économie n'en produit aucune. En (20;0) le dénominateur 4y s'annule : la dérivée n'existe pas, la tangente est VERTICALE. Aucune quantité de biens industriels ne paie la tonne supplémentaire, l'économie est déjà entièrement spécialisée.
d)
Sur la partie utile, y=2400−x2, donc TMT=4yx=2400−x2x. Quand x croît de 0 à 20, le numérateur croît et le dénominateur décroît, donc le quotient croît strictement. C'est la LOI DES COÛTS D'OPPORTUNITÉ CROISSANTS, démontrée et pas seulement affirmée : plus une économie se spécialise, plus chaque unité supplémentaire lui coûte cher, parce qu'elle déplace vers l'agriculture des ressources de moins en moins adaptées.
e)
La tangente passe par (12;8) avec la pente −0,375 : y−8=−0,375(x−12), donc y=12,5−0,375x. Son ordonnée à l'origine vaut 12,5, alors que la production industrielle maximale est y=10, atteinte en x=0. La tangente promet donc 12,5 milliers d'unités là où la frontière n'en donne que 10. Le TMT est un taux LOCAL : il vaut au voisinage du point et ne s'extrapole pas, exactement comme un coût marginal ne se multiplie pas par cent unités.
Exercice 5 : La dérivation logarithmique sur une fonction de production
Les fonctions de production les plus utilisées en économie sont des produits de puissances, Q=KaLb, dites de Cobb-Douglas. Une ISOQUANTE est une courbe de niveau de cette fonction : tous les couples de capital et de travail qui produisent la même quantité. Dériver une telle contrainte directement est pénible ; prendre le logarithme d'abord la rend élémentaire.
Une entreprise produit Q=K0,3L0,7 unités par jour, avec L travailleurs et K heures-machine. On s'intéresse à l'isoquante K0,3L0,7=100.
a) Écrivez la dérivée des deux membres par rapport à L SANS passer par le logarithme, et dites où se trouve la difficulté.
b) Prenez le logarithme des deux membres, dérivez par rapport à L et isolez dLdK.
c) Montrez que la voie directe de a) donne le même résultat, une fois divisée par K0,3L0,7.
d) Vérifiez que (L;K)=(100;100) est sur l'isoquante et calculez dLdK en ce point. Calculez ensuite K puis dLdK pour L=150.
e) Donnez la formule générale de dLdK pour KaLb=c, et dites ce que vaut le taux marginal de substitution technique quand K=L.
Voir la correction
Réponses
a)0,3K−0,7dLdKL0,7+0,7K0,3L−0,3=0 : juste, mais lourd à isoler.
b)dLdK=−37⋅LK.
c)Oui : diviser l'égalité de a) par K0,3L0,7 redonne celle de b).
d)−37≈−2,333 en L=100 ; K≈38,83 et dLdK≈−0,604 en L=150.
e)dLdK=−ab⋅LK, et TMST=37≈2,333 quand K=L.
a)
En dérivant K0,3L0,7=100 par rapport à L, avec la règle du produit puis la règle de chaîne sur K0,3 : 0,3K−0,7dLdKL0,7+0,7K0,3L−0,3=0. C'est juste, mais lourd : quatre exposants fractionnaires, deux règles emboîtées, et l'isolement de dLdK demande encore de manipuler des puissances de signes contraires. La moitié des erreurs de ce chapitre se font ici.
b)
Le logarithme transforme le produit en somme et les exposants en coefficients : 0,3lnK+0,7lnL=ln100. On dérive par rapport à L, en se souvenant que K est une fonction de L, donc que lnK laisse un facteur de chaîne : 0,3×K1×dLdK+0,7×L1=0. D'où dLdK=−0,30,7×LK=−37⋅LK. Trois lignes, aucun exposant.
c)
On divise l'égalité de a) par K0,3L0,7, qui n'est jamais nul : le premier terme devient 0,3K1dLdK et le second 0,7L1. On retrouve exactement l'égalité de b). Autrement dit, la dérivation logarithmique n'est pas une autre méthode : c'est la même, divisée à l'avance par la quantité qui encombre.
d)
1000,3×1000,7=1001=100, le point est bien sur l'isoquante. En (100;100) : dLdK=−37×1≈−2,333, donc un travailleur de plus permet d'économiser 2,333 heures-machine. Pour L=150, on tire K de l'isoquante : 0,3lnK=ln100−0,7ln150, soit lnK=310ln100−37ln150≈3,659, donc K≈38,83 heures-machine. Alors dLdK=−37×15038,83≈−0,604 : le même travailleur supplémentaire ne fait plus économiser que six dixièmes d'heure machine. Une entreprise déjà riche en travail tire beaucoup moins d'un travailleur de plus.
e)
Pour KaLb=c, la même démarche donne alnK+blnL=lnc, puis dLdK=−ab⋅LK. Le taux marginal de substitution technique est l'opposé de cette pente, TMST=ab⋅LK. Quand K=L, il se réduit au rapport des exposants, ici 0,30,7=37≈2,333. Ce rapport est celui des parts du revenu qui vont au travail et au capital dans le modèle : la dérivation implicite vient de démontrer un résultat que le cours de microéconomie énoncera sans preuve.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Le taux marginal de substitution, démontré puis chiffré
Une courbe d'indifférence rassemble les paniers entre lesquels un ménage n'a aucune préférence. Sa pente n'est donc pas une donnée technique : c'est le troc que le ménage accepte, et l'économie lui donne un nom, le TAUX MARGINAL DE SUBSTITUTION, défini comme TMS=−dxdy.
Un ménage arbitre entre x, le nombre de repas pris au restaurant dans le mois, et y, le nombre de sorties culturelles dans le mois. Sa courbe d'indifférence a pour équation xy=18.
a) Montrez par la dérivation implicite que dxdy=−2xy sur cette courbe.
b) Vérifiez que les quatre points (1;18), (4;9), (9;6) et (36;3) sont sur la courbe, puis calculez le TMS en chacun d'eux.
c) Que signifie exactement, pour ce ménage, un TMS égal à 1,125 ?
d) Montrez que le TMS décroît le long de la courbe quand x augmente, et dites quel trait de la courbe ce résultat traduit.
e) Le ménage est au panier (4;9). On lui propose un repas de plus contre deux sorties de moins. Accepte-t-il ? Quel échange accepterait-il ?
Voir la correction
Réponses
a)dxdy=−2xy.
b)Les quatre points donnent bien 18 ; TMS =9 ; 1,125 ; 31 ; 241.
c)Le ménage cède 1,125 sortie culturelle pour un repas de plus, sans gain ni perte.
d)TMS=9x−3/2, strictement décroissante : la courbe est convexe.
e)Il refuse, car 2 sorties dépassent son troc ; il accepte tout échange sous 1,125 sortie par repas.
a)
On écrit la courbe x1/2y=18 et on dérive les deux membres par rapport à x, avec la règle du produit : 21x−1/2y+x1/2dxdy=0. On isole : dxdy=−2x1/2×x1/2y=−2xy. Le facteur dxdy vient de la règle de chaîne appliquée au y du produit ; sans lui, l'égalité n'aurait plus d'inconnue et le calcul s'arrêterait sur une impossibilité.
b)
Les quatre points conviennent : 1×18=18, 4×9=2×9=18, 9×6=3×6=18 et 36×3=6×3=18. Le TMS vaut 2xy, donc 218=9 en (1;18), 89=1,125 en (4;9), 186=31≈0,333 en (9;6) et 723=241≈0,042 en (36;3). Quatre points de la MÊME courbe, quatre trocs différents : la pente dépend du point, jamais de la seule abscisse.
c)
Cela signifie que, partant de ce panier, le ménage est prêt à céder 1,125 sortie culturelle pour obtenir un repas de plus au restaurant, sans se sentir ni gagnant ni perdant. Le nombre est positif parce que le TMS est l'OPPOSÉ de la pente ; la pente, elle, vaut −1,125, et c'est elle qui dit qu'on ne peut pas gagner sur les deux tableaux.
d)
Sur la courbe, y=x18, donc TMS=2xy=2xx18=9x−3/2, qui décroît strictement quand x augmente. Les quatre valeurs de b) le confirment, de 9 à 0,042. Ce résultat traduit la CONVEXITÉ de la courbe : plus le ménage a déjà de repas au restaurant, moins il est prêt à sacrifier de sorties pour un repas de plus. C'est l'hypothèse standard de la microéconomie, et la dérivation implicite vient de la démontrer sur un cas précis au lieu de l'énoncer.
e)
L'échange proposé demande 2 sorties pour 1 repas, alors que le ménage n'en accepterait que 1,125 : l'offre est plus chère que son troc, donc il REFUSE, car il tomberait sous sa courbe d'indifférence. Il accepterait tout échange demandant moins de 1,125 sortie par repas, et il serait strictement gagnant en dessous. Le TMS n'est donc pas une mesure abstraite : c'est le prix maximal, exprimé en sorties, qu'il consent à payer pour un repas de plus.
Exercice 7 : Trois familles de préférences, trois comportements du TMS
La technique est toujours la même, mais ce qu'elle révèle dépend de la forme de la contrainte. Trois familles couvrent l'essentiel des cours de microéconomie, et la dérivation implicite les distingue en trois lignes de calcul.
Première famille, les SUBSTITUTS PARFAITS : un ménage achète x grands formats et y petits formats d'un même produit, un grand valant exactement deux petits, et sa courbe d'indifférence s'écrit 2x+y=40. Deuxième famille, les préférences QUASI LINÉAIRES : 2x+y=20. Troisième famille, la COBB-DOUGLAS générale : xayb=c, avec a, b et c strictement positifs.
a) Calculez dxdy et le TMS de la première famille. Que remarquez-vous ?
b) Calculez dxdy et le TMS de la deuxième famille, puis le TMS en x=4, x=16 et x=25.
c) Par la dérivation logarithmique, montrez que la troisième famille a pour TMS ba⋅xy, et vérifiez la formule sur la courbe de l'exercice 6.
d) Pour chacune des trois familles, dites si le TMS dépend de x seul, de y seul, des deux, ou d'aucun des deux.
e) L'hypothèse standard de la microéconomie est celle d'un TMS DÉCROISSANT. Laquelle des trois familles y déroge, et quelle conséquence cela a-t-il sur le panier choisi ?
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Réponses
a)dxdy=−2 et TMS=2, constant sur toute la courbe.
b)TMS=x1, soit 0,5 ; 0,25 ; 0,2.
c)TMS=ba⋅xy, et 2xy sur la courbe de l'exercice 6.
d)Constant ; fonction de x seul ; fonction de x et de y.
e)Les substituts parfaits ; le ménage achète alors tout d'un seul bien, solution en coin.
a)
En dérivant 2x+y=40 par rapport à x : 2+dxdy=0, donc dxdy=−2 et TMS=2. Le point n'apparaît nulle part : le TMS est CONSTANT sur toute la courbe. C'est cohérent avec le sens économique, puisqu'un grand format vaut deux petits quel que soit le panier de départ ; les deux biens sont parfaitement interchangeables à un taux fixe, et la courbe d'indifférence est une droite.
b)
On écrit 2x1/2+y=20 et on dérive : x−1/2+dxdy=0, donc dxdy=−x1 et TMS=x1. En x=4 : 0,5 ; en x=16 : 0,25 ; en x=25 : 0,2. Le TMS décroît, mais il ne dépend PAS de y : deux courbes d'indifférence différentes ont la même pente au-dessus d'une même abscisse. C'est la signature des préférences quasi linéaires, et c'est pourquoi on les emploie quand un des deux biens représente « tout le reste du budget ».
c)
De xayb=c on tire alnx+blny=lnc, puis, en dérivant par rapport à x et en gardant le facteur de chaîne sur lny : xa+ybdxdy=0, donc dxdy=−ba⋅xy et TMS=ba⋅xy. L'exercice 6 portait sur x1/2y=18, donc a=21 et b=1 : la formule donne 11/2×xy=2xy, ce qui est exactement le résultat trouvé là-bas.
d)
Substituts parfaits : le TMS ne dépend d'AUCUNE des deux variables, il est constant. Quasi linéaire : il dépend de x SEUL. Cobb-Douglas : il dépend des DEUX, par le rapport xy. Ce classement est le meilleur contrôle de copie du chapitre : si un TMS de Cobb-Douglas sort sans y, le facteur de chaîne a été oublié quelque part.
e)
Les substituts parfaits y dérogent, puisque leur TMS est constant. La conséquence est directe : avec des courbes d'indifférence rectilignes, il n'existe pas de point où la courbe est tangente à la droite de budget, et le ménage achète TOUT d'un seul bien, celui dont le rapport qualité-prix est le meilleur. C'est une solution en coin. Le TMS décroissant, au contraire, garantit un panier intérieur unique, celui que l'exercice 10 calcule.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune de ces cinq phrases a été entendue en classe. Dites si elle est vraie ou fausse, et si elle est fausse, écrivez l'énoncé correct.
Une correction qui se contente de dire « faux » ne vaut aucun point : c'est la phrase juste qui est demandée, et l'une des cinq est vraie.
a) La dérivée de y2 est 2y.
b) Dans une équation qui lie x et y, on peut toujours isoler y.
c) dxdy ne dépend que de x.
d) Une tangente verticale veut dire que la dérivée vaut zéro.
e) Le taux marginal de substitution est positif.
Voir la correction
Réponses
a)Faux : dxd(y2)=2ydxdy.
b)Faux : y ne s'isole pas toujours, et la méthode ne le demande jamais.
c)Faux : la pente dépend du point, donc de x et de y en général.
d)Faux : dérivée nulle donne une tangente horizontale ; la verticale vient de l'annulation du dénominateur.
e)Vraie : le TMS vaut −dxdy, et la pente est négative.
a)
FAUX. La dérivée de y2 PAR RAPPORT À y vaut 2y ; par rapport à x, la règle de chaîne impose un facteur de plus : dxd(y2)=2ydxdy. C'est l'erreur qui annule tout un exercice, parce que le résultat reste une expression plausible. Contrôle rapide : si le calcul ne laisse aucun dxdy à isoler, c'est qu'on a oublié de le poser.
b)
FAUX. La courbe de l'exercice 1 est le contre-exemple : h=30 porte deux salaires, donc w n'est fonction de h sur aucun intervalle contenant le retournement. Et même quand une fonction existe, elle n'est pas toujours calculable : l'équation 3xy+y3=28 de l'exercice 3 demanderait de résoudre une cubique en y pour chaque x. L'énoncé correct : on peut isoler y dans certains cas seulement, et la dérivation implicite ne demande jamais de le faire.
c)
FAUX. La pente d'une courbe implicite est attachée à un POINT, donc elle dépend en général de x ET de y. L'exercice 1 le montre de la façon la plus nette : en h=30, la pente vaut +0,50 sur une branche et −0,50 sur l'autre. Une pente implicite qui ne contiendrait plus de y est possible, les préférences quasi linéaires de l'exercice 7 en donnent un exemple, mais c'est un cas particulier et non la règle.
d)
FAUX, et les deux situations sont même opposées. Une dérivée nulle donne une tangente HORIZONTALE : c'est le numérateur qui s'annule. Une tangente VERTICALE apparaît là où le DÉNOMINATEUR s'annule, et la dérivée n'existe alors pas du tout. Sur la frontière de l'exercice 4, dxdy=−4yx vaut zéro en (0;10), tangente horizontale, et n'existe pas en (20;0), tangente verticale.
e)
VRAIE, mais pour une raison qu'il faut savoir dire, et c'est là que la phrase piège. Le TMS est défini comme −dxdy, et sur une courbe d'indifférence décroissante dxdy est négative : l'opposé d'un nombre négatif est positif. Ce qui serait faux, c'est d'en conclure que la PENTE est positive, ou qu'on peut augmenter les deux quantités en restant indifférent. L'énoncé complet : le TMS est positif parce que la pente de la courbe d'indifférence est négative.
Exercice 9 : Problème : la courbe de Phillips et le ratio de sacrifice
La courbe de Phillips est la relation la plus commentée de la macroéconomie : elle dit qu'une économie ne peut pas faire baisser en même temps son chômage et son inflation. Aucune des deux grandeurs ne détermine l'autre, elles sont liées par une contrainte, et toute la discussion publique porte en réalité sur une dérivée.
Pour une économie, le taux de chômage u et le taux d'inflation π, tous deux en pourcentage, satisfont u2π=48. Le RATIO DE SACRIFICE est le nombre de points de chômage qu'il faut accepter pour faire baisser l'inflation d'un point.
a) Vérifiez que (4;3) est sur la courbe, puis calculez dudπ en fonction de u et de π, et sa valeur en ce point.
b) Dérivez cette fois par rapport à π, en traitant u comme une fonction de π, et donnez dπdu. Vérifiez qu'en (4;3) les deux nombres sont inverses l'un de l'autre.
c) Le ratio de sacrifice est dπdu. Calculez-le en (3;5,33), en (4;3) et en (6;1,33).
d) Montrez que le ratio de sacrifice vaut 96u3 sur cette courbe, et déduisez-en son sens de variation.
e) Le chômage est déjà à 6 pour cent quand un ministre annonce « un point d'inflation en moins nous coûtera 0,67 point de chômage ». Que reprocher à ce chiffre ?
Voir la correction
Réponses
a)Le point est sur la courbe ; dudπ=−u2π=−1,5 en (4;3).
b)dπdu=−2πu≈−0,667, et le produit des deux vaut 1.
c)0,281 ; 0,667 ; 2,25.
d)dπdu=96u3, strictement croissante.
e)Le 0,67 vaut en u=4 ; à u=6 le coût réel est 2,25 point, soit plus du triple.
a)
Vérification : 42×3=16×3=48. On dérive les deux membres par rapport à u, en traitant π comme une fonction de u. Le membre de gauche est un produit : 2uπ+u2dudπ=0, donc dudπ=−u2π. En (4;3) : −46=−1,5. Un point de chômage de plus fait baisser l'inflation de 1,5 point.
b)
Rien n'oblige à dériver par rapport à u : la contrainte est symétrique, et on peut tout aussi bien traiter u comme une fonction de π. Alors 2udπduπ+u2=0, d'où dπdu=−2πu. En (4;3) : −64≈−0,667. Le produit des deux vaut (−1,5)×(−0,667)=1 : ce sont bien deux nombres inverses, comme le veut la dérivation d'une fonction réciproque. C'est la preuve la plus courte que le choix de la variable de dérivation est libre sur une contrainte.
c)
Le ratio vaut 2πu. En (3;5,33) : 2×16/33=329≈0,281. En (4;3) : 64≈0,667. En (6;1,33) : 2×4/36=818=2,25. Entre le premier et le dernier point, le coût d'un point de désinflation est multiplié par huit.
d)
Sur la courbe, π=u248, donc dπdu=2πu=2×48/u2u=96u3. Ce ratio est strictement croissant en u, puisque le cube l'est. Vérification sur les trois points : 9627=0,281, 9664=0,667, 96216=2,25, les trois valeurs de c). Traduction : plus une économie est déjà au chômage, plus chaque point d'inflation gagné lui coûte cher en emplois.
e)
Le chiffre de 0,67 est le ratio calculé en u=4, pas en u=6. Au niveau actuel, le ratio vaut 2,25, soit plus du triple : la mesure coûterait environ 2,25 points de chômage et non 0,67. La faute de raisonnement est celle que toute la série désigne : traiter une DÉRIVÉE comme une constante de l'économie, alors qu'elle est un nombre attaché à un POINT. Un ratio de sacrifice sans le taux de chômage auquel il a été mesuré ne veut rien dire, exactement comme une pente implicite sans son point.
Exercice 10 : Problème : le choix du consommateur, bouclé
Tout ce que la série a construit se rassemble ici. Le ménage a des préférences, donc des courbes d'indifférence dont la pente est un TMS ; il a un budget, donc une droite dont la pente est le rapport des prix. Le panier qu'il choisit est celui où les deux pentes coïncident, et c'est la dérivation implicite qui le démontre.
Un ménage a pour fonction d'utilité U=x2y. Le bien X coûte 4 dollars l'unité, le bien Y en coûte 2, et le budget mensuel est de 120 dollars. La figure montre la droite de budget et deux courbes d'indifférence, l'une atteignable, l'autre hors de portée.
a) Sur une courbe d'indifférence x2y=k, montrez par la dérivation implicite que dxdy=−x2y, puis donnez le TMS.
b) Écrivez la contrainte budgétaire et donnez la pente de la droite de budget.
c) L'optimum est le panier du budget où la courbe d'indifférence est TANGENTE à la droite. Écrivez la condition et trouvez le panier optimal ainsi que l'utilité atteinte.
d) Le panier (10;40) respecte le budget. Calculez son TMS, comparez-le au rapport des prix et dites dans quel sens le ménage doit se déplacer. Donnez son utilité.
e) Même travail pour le panier (25;10), puis énoncez la règle de décision en une phrase.
Voir la correction
Réponses
a)dxdy=−x2y et TMS=x2y.
b)4x+2y=120, soit y=60−2x : la pente vaut −2.
c)TMS=2 donne y=x, donc le panier (20;20) et U=8000.
d)TMS=8>2 : acheter plus de X ; U=4000.
e)TMS=0,8<2 : acheter moins de X ; U=6250. L'optimum est l'égalité des deux trocs.
a)
On dérive x2y=k par rapport à x, avec la règle du produit et un facteur de chaîne sur le y : 2xy+x2dxdy=0, donc dxdy=−x22xy=−x2y. Le niveau k a disparu, ce qui est attendu : toutes les courbes d'indifférence de cette famille ont la même pente au-dessus d'un même rapport xy. Le TMS est l'opposé, TMS=x2y.
b)
Le ménage dépense 4x dollars en bien X et 2y en bien Y, donc 4x+2y=120. En isolant, y=60−2x : la droite de budget a pour pente −2, qui est l'opposé du rapport des prix pypx=24=2. Ce −2 est le troc que le MARCHÉ impose : une unité de X de plus coûte deux unités de Y.
c)
La tangence signifie que les deux pentes sont égales, donc x2y=2, soit y=x. On reporte dans le budget : 4x+2x=120, d'où x=20 et y=20. L'utilité atteinte vaut U=202×20=8000. La condition d'optimum s'énonce donc TMS=pypx : le troc que le ménage accepte égale le troc que le marché lui impose. Tant que les deux diffèrent, il existe un échange qui l'améliore.
d)
Le panier (10;40) coûte 4×10+2×40=40+80=120 dollars, il est bien sur le budget. Son TMS vaut 102×40=8, très supérieur au rapport des prix, qui vaut 2. Le ménage est prêt à céder 8 unités de Y pour une unité de X, alors que le marché ne lui en demande que 2 : il doit donc acheter PLUS de X. Son utilité vaut 102×40=4000, soit la moitié de l'optimum, ce que la figure confirme, la courbe U=4000 TRAVERSANT la droite de budget au lieu de la toucher.
e)
Le panier (25;10) coûte 4×25+2×10=100+20=120 dollars, il est aussi sur le budget. Son TMS vaut 252×10=0,8, inférieur à 2 : le ménage ne cède que 0,8 unité de Y pour une unité de X alors que le marché en exige 2, donc il doit acheter MOINS de X. Son utilité vaut 252×10=6250, encore sous les 8000. La règle : si le TMS dépasse le rapport des prix, on achète plus du bien du numérateur ; s'il est inférieur, on en achète moins ; l'égalité est l'optimum, et une courbe d'indifférence qui COUPE la droite de budget signale toujours qu'un meilleur panier existe.
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