Calcul différentiel 201-103 • Sciences humaines au cégep à Montréal
Fiche de révision : la dérivation implicite (201-103)
En sciences humaines, une relation implicite n'est presque jamais une courbe géométrique : c'est une CONTRAINTE D'ÉQUILIBRE entre deux grandeurs qu'aucune des deux ne détermine seule. Une courbe d'indifférence, une isoquante de production, une contrainte budgétaire, une frontière des possibilités, une courbe de Phillips. Le calcul est toujours le même, et il tient en trois temps : dériver les deux membres en traitant y comme une fonction de x, isoler dxdy, puis LIRE le nombre obtenu dans le vocabulaire de l'énoncé.
Cette fiche ne reprend pas le cours : elle liste ce qui fait perdre des points. Le facteur dxdy oublié, qui est la faute mécanique et fatale du chapitre ; la croyance que la pente ne dépend que de x ; la tangente verticale confondue avec une dérivée nulle ; le signe du taux marginal, qui est l'OPPOSÉ de la pente ; et la dérivation logarithmique laissée de côté sur un produit de puissances, ce qui coûte une page de calculs.
Le fil du chapitre
Sur une contrainte d'équilibre, x et y ne se déterminent pas l'un l'autre, ils se COMPENSENT. Chaque y que l'on dérive laisse derrière lui un facteur dxdy, et le nombre obtenu est le taux de ce troc, attaché à un POINT et jamais à une abscisse seule.
•Une contrainte d'équilibre lie x et y sans qu'aucune des deux ne détermine l'autre. On ne cherche donc pas à isoler y : on cherche la PENTE au panier où l'on se trouve.
•Temps 1 : dériver les DEUX membres par rapport à x, en traitant y comme une fonction de x que l'on ne connaît pas. Le membre de droite est une constante, donc sa dérivée vaut 0, et c'est ce zéro qui rend l'isolement possible.
•Temps 2 : regrouper d'un côté tous les termes qui portent dxdy, mettre dxdy en facteur, diviser.
•Temps 3 : évaluer au POINT donné, puis lire le nombre avec son signe et les deux unités de l'énoncé. Une pente rendue sans phrase d'interprétation n'est jamais notée entièrement.
La tangente en (4;9) a une pente NÉGATIVE, −1,125 : le taux marginal de substitution est son opposé, 1,125 sortie culturelle cédée pour un repas de plus.
Écrire en toutes lettres « y est une fonction de x » avant la première ligne rapporte souvent un demi-point de rigueur, et surtout vous force à poser le facteur de chaîne au bon endroit.
Le nom du nombre, selon la contrainte
•Sur une courbe d'indifférence : TMS=−dxdy, le taux marginal de substitution, ce que le ménage accepte de céder du second bien pour une unité du premier.
•Sur une isoquante : TMST=−dLdK, le taux marginal de substitution technique, les heures-machine qu'un travailleur de plus remplace à production constante.
•Sur une frontière des possibilités de production : TMT=−dxdy, le taux marginal de transformation, c'est-à-dire le coût d'opportunité.
•Les trois sont POSITIFS parce que la pente est négative. Une contrainte décroissante est un arbitrage : on ne peut pas gagner sur les deux tableaux.
•Sur une contrainte budgétaire pxx+pyy=R, la pente vaut −pypx. C'est le troc que le MARCHÉ impose, et il est le même en tout point, contrairement au taux marginal.
Le mot de l'énoncé décide du nom ; le calcul, lui, est identique dans les quatre cas. Un élève qui écrit « TMS » sur une frontière des possibilités montre qu'il a appris un mot, pas une méthode.
La dérivation logarithmique, pour les produits de puissances
•Dès que la contrainte s'écrit xayb=c, on prend le logarithme AVANT de dériver : alnx+blny=lnc.
•On dérive alors par rapport à x, sans oublier le facteur de chaîne sur lny : xa+ybdxdy=0.
•D'où dxdy=−ba⋅xy, et le taux marginal vaut ba⋅xy. Trois lignes, aucun exposant fractionnaire.
•C'est exactement la forme d'une fonction de production de Cobb-Douglas, la plus fréquente de tout le cours d'économie.
Ce n'est pas une autre méthode : c'est la même, divisée à l'avance par xayb, la quantité qui encombre. Les deux voies donnent le même nombre, et l'une tient en trois lignes.
Les règles de calcul en tableau
Chaque ligne se lit de gauche à droite : les hypothèses, puis le résultat. Une case rouge n'est pas une réponse, c'est le constat que la forme ne décide rien et l'ordre de transformer l'écriture. Chaque cas est suivi d'un exemple chiffré.
Chaque terme, sa dérivée, et le facteur qu'il laisse
On dérive par rapport à x, et y est une fonction de x. La colonne de droite est ce qu'on écrit sur la copie. La case rouge n'est pas une réponse : c'est la règle qui n'existe pas.
Terme
Facteur de chaîne
Dérivée par rapport à x
x3
non
3x2
Exemple : En x=2 : 3×22=12.
y3
oui
3y2dxdy
Exemple : En y=2 et dxdy=5 : 3×4×5=60.
xy
oui, produit
y+xdxdy
Exemple : En x=4, y=2, dxdy=3 : 2+4×3=14.
x2y
oui, produit
2xy+x2dxdy
Exemple : En x=3, y=5, dxdy=2 : 30+18=48.
y0,4
oui
0,4y−0,6dxdy
Exemple : En y=32 et dxdy=3 : 0,4×0,125×3=0,15.
lny
oui
y1dxdy
Exemple : En y=4 et dxdy=8 : 48=2.
48
non
0
Exemple : Le membre de droite de u2π=48 donne 0, et c'est ce zéro qui permet d'isoler la pente.
4y2
oublié
8yrègle inexistante
Exemple : Sur x2+4y2=400, l'égalité 2x+8y=0 donnerait y=−3 en x=12, une production négative, alors que le point de la frontière est (12;8).
Ce qu'il faut faire : Poser dxd(4y2)=8ydxdy, puis isoler : dxdy=−4yx, soit −0,375 en (12;8).
Une seule question à se poser sur chaque terme : est-ce que y y apparaît ? Si oui, un facteur dxdy en sort, sans exception.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Dériver y2 comme si y était un nombre
toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
« dxd(4y2)=8y, donc 2x+8y=0 et y=−4x. »
Ce qu'il faut écrire
« y est une fonction de x, donc dxd(4y2)=8ydxdy ; l'équation devient 2x+8ydxdy=0 et dxdy=−4yx. »
Pourquoi : Le résultat faux reste une expression plausible, donc rien ne vous alerte : en x=12 il annonce y=−3, une production négative, alors que le point de la frontière est (12;8). Contrôle immédiat : si le calcul ne laisse aucun dxdy à isoler, le facteur a été oublié.
2.Croire que la pente ne dépend que de x
2 points, et l'interprétation qui suit
Ce qu'il ne faut pas écrire
« J'obtiens dhdw=4−0,2w1, mais il reste un w dans ma réponse : je dois m'être trompé. »
Ce qu'il faut écrire
« La pente est attachée à un POINT, donc elle dépend de x ET de y : en (30;10) elle vaut +0,50 dollar par heure, et en (30;30) elle vaut −0,50. »
Deux points de la MÊME abscisse h=30 sur la même contrainte : la pente vaut +0,5 en bas et −0,5 en haut. Une pente implicite appartient à un point, jamais à une abscisse.
Pourquoi : Une contrainte n'est pas le graphe d'une fonction : la même abscisse peut porter deux points, donc deux pentes, souvent de signes opposés. Effacer le y du résultat, c'est effacer l'information la plus utile de tout le chapitre.
3.Confondre tangente verticale et dérivée nulle
2 points, et la conclusion économique avec
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La tangente est verticale en ce point, donc dxdy=0. »
Ce qu'il faut écrire
« Le DÉNOMINATEUR 4y s'annule en (20;0), donc dxdy n'existe pas et la tangente est verticale. Elle est horizontale en (0;10), où c'est le NUMÉRATEUR qui s'annule. »
La même frontière porte les deux cas : en (0;10) le numérateur s'annule et la pente vaut zéro ; en (20;0) c'est le dénominateur, et la dérivée n'existe pas du tout.
Pourquoi : Les deux cas sont opposés et ils ne disent pas la même chose : tangente horizontale, la première unité ne coûte presque rien ; tangente verticale, l'économie est déjà entièrement spécialisée et aucun sacrifice n'achète l'unité suivante.
4.Oublier la moitié de la règle du produit sur un terme croisé
2 points, et un quotient faux jusqu'à la fin de l'exercice
Ce qu'il ne faut pas écrire
« dxd(0,05xy)=0,05y, donc dxdy=−32,8≈−0,933. »
Ce qu'il faut écrire
« dxd(0,05xy)=0,05y+0,05xdxdy, donc dxdy=−3+0,05x2+0,05y≈−0,747 au panier (15;16). »
Pourquoi : L'erreur surestime le sacrifice de 25 pour cent exactement, et le résultat reste négatif et plausible : rien ne la signale. Un terme où x et y se rencontrent donne TOUJOURS deux morceaux.
5.Annoncer un taux marginal de substitution négatif
1 point d'interprétation, à chaque question où le taux est demandé
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La pente vaut −1,125, donc le taux marginal de substitution vaut −1,125. »
Ce qu'il faut écrire
« La pente vaut −1,125, et TMS=−dxdy=1,125 : le taux est positif PARCE QUE la pente est négative. »
Pourquoi : Le signe moins de la définition n'est pas décoratif : il transforme un arbitrage en une quantité comparable à un rapport de prix. Un taux annoncé négatif dirait que le ménage gagne sur les deux biens à la fois.
6.Vouloir isoler y avant de dériver
le temps de l'examen, et souvent toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Je pars de 3xy+y3=28, j'isole y, puis je dérive normalement. »
Ce qu'il faut écrire
« y ne s'isole pas ici, et la méthode ne le demande jamais : je dérive les deux membres, ce qui donne dxdy=−x+y2y, soit −0,1 au point (9;1). »
Pourquoi : Isoler y demanderait ici de résoudre une équation du troisième degré pour chaque x. Et même lorsque y s'isole, la voie explicite écrit la pente en fonction de x seul, alors que l'énoncé vous donne toujours un POINT.
7.Dériver un produit de puissances sans passer par le logarithme
2 points, et la moitié des erreurs de calcul du chapitre
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 0,3K−0,7dLdKL0,7+0,7K0,3L−0,3=0 », puis trois lignes d'exposants et une erreur de signe.
Ce qu'il faut écrire
« 0,3lnK+0,7lnL=ln100, donc K0,3dLdK+L0,7=0 et dLdK=−37⋅LK. »
Pourquoi : La première écriture est juste, mais l'isolement demande de manipuler quatre exposants fractionnaires de signes contraires. Le logarithme change le produit en somme et les exposants en coefficients : le calcul tient alors en trois lignes.
8.Rendre le nombre sans le lire
2 points sur 4, l'interprétation étant toujours notée à part
Ce qu'il ne faut pas écrire
« dLdK=−2,33. » Point final.
Ce qu'il faut écrire
« dLdK=−2,33 : au point (100;100), un travailleur de plus remplace 2,33 heures-machine à production constante. En (150;38,8), le même travailleur n'en remplace plus que 0,60. »
Deux points de la MÊME isoquante : le travailleur supplémentaire remplace 2,33 heures-machine en (100;100) et seulement 0,60 en (150;38,8).
Pourquoi : En sciences humaines, le nombre n'est pas le résultat : c'est le troc. Une réponse sans les deux grandeurs nommées et sans le sens du sacrifice ne prouve pas que vous savez de quoi la dérivée parle.
Quelle méthode choisir
Quelle voie de calcul, selon la FORME de la contrainte
Regardez l'écriture de l'équation, pas le thème économique. Quatre formes couvrent tout le cours.
Si produit de puissances xayb=c → logarithme d'abord, puis dxdy=−ba⋅xy
Exemple : K0,3L0,7=100 donne dLdK=−37⋅LK=−2,333 en (100;100)
c'est la forme d'une Cobb-Douglas, donc de presque toutes les isoquantes du cours
Si terme croisé, xy ou x2y → règle du produit, DEUX morceaux, puis regroupement
Exemple : x2y=k donne 2xy+x2dxdy=0, donc dxdy=−x2y
le morceau oublié est toujours celui qui porte dxdy
Si somme de termes séparés, y apparaissant une seule fois → dériver directement, un seul facteur à isoler
Exemple : 2x+y=20 donne dxdy=−x1, soit −0,5 en x=4
ici la pente ne contient pas y, et c'est normal : ce sont les préférences quasi linéaires
Si y s'isole proprement → les deux voies conviennent et donnent le MÊME nombre
Exemple : xy=36 donne −xy ou −x236, soit −2,25 en (4;9)
la voie explicite écrit la pente en x seul, l'implicite en fonction du point
Si y ne s'isole pas, degré 3 ou plus en y → la voie implicite est la seule ouverte
Exemple : 3xy+y3=28 donne −x+y2y=−0,1 en (9;1)
ne perdez pas une minute à chercher une formule explicite, elle n'existe pas en pratique
Si aucune branche ne s'applique, dérivez quand même les deux membres terme à terme : la méthode ne demande jamais d'isoler y, et elle fonctionne sur des courbes qui ne sont le graphe d'aucune fonction.
Quel nom porte le nombre, selon le MOT de l'énoncé
Le calcul est le même partout ; c'est le vocabulaire de l'énoncé qui décide du nom et de la phrase d'interprétation.
Si « courbe d'indifférence », « satisfaction », « utilité » → taux marginal de substitution, TMS=−dxdy
Exemple : sur xy=18, TMS=2xy=1,125 en (4;9)
phrase attendue : ce que le ménage cède du second bien pour une unité du premier
Si « isoquante », « production », capital et travail → taux marginal de substitution technique, TMST=−dLdK
Exemple : sur K0,3L0,7=100, TMST=2,333 en (100;100)
phrase attendue : les heures-machine qu'un travailleur de plus remplace
Si « frontière des possibilités », « coût d'opportunité » → taux marginal de transformation, TMT=−dxdy
Exemple : sur x2+4y2=400, TMT=4yx=0,375 en (12;8)
il CROÎT le long de la frontière : c'est la loi des coûts d'opportunité croissants
Si des prix et un budget sont donnés → la pente du budget vaut −pypx, à comparer au taux marginal
Exemple : à 3 dollars et 1 dollar l'unité, la pente du budget vaut −3 en tout point
l'optimum est l'égalité TMS=pypx, et rien d'autre
Si chômage et inflation → ratio de sacrifice, dπdu
Exemple : sur u2π=48, le ratio vaut 96u3, soit 0,667 en u=4 et 2,25 en u=6
un ratio annoncé sans le taux de chômage auquel il a été mesuré ne veut rien dire
Dans les cinq cas le nombre s'annonce POSITIF, parce qu'il est l'opposé d'une pente négative. Et dans les cinq cas il est attaché au point où on l'a calculé : il ne s'extrapole pas, exactement comme un coût marginal ne se multiplie pas par cent unités.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Calculer et interpréter un taux marginal sur une contrainte
Quand l'utiliser : L'énoncé donne une équation qui lie deux grandeurs, un point, et demande « le taux » ou « de combien faut-il renoncer ».
1Vérifier que le point satisfait l'équation, et l'écrire : 122+4×82=144+256=400.
2Annoncer la convention : « y est une fonction de x, je dérive les deux membres par rapport à x. »
3Dériver terme à terme, en posant un facteur dxdy à chaque y et deux morceaux à chaque terme croisé. Le membre constant donne 0 : 2x+8ydxdy=0.
4Regrouper les termes en dxdy, mettre en facteur, diviser : dxdy=−4yx.
5Évaluer au point, avec le signe : dxdy=−3212=−0,375.
6Nommer le taux, le donner en valeur positive, et l'interpréter avec les DEUX unités de l'énoncé.
Phrase de conclusion
« Au point (12;8), dxdy=−0,375, donc le taux marginal de transformation vaut 0,375 : pour produire mille tonnes de biens agricoles de plus, cette économie doit renoncer à 375 unités de biens industriels. »
Le piège : Sauter la vérification du point. Une pente calculée en un point qui n'est pas sur la contrainte ne vaut rien, et le correcteur le voit dès la première ligne.
Barème : 1 point la dérivation avec le facteur de chaîne, 1 point l'isolement, 1 point la valeur signée, 1 point l'interprétation avec les unités. L'interprétation se note à part, toujours.
Trouver le panier optimal du consommateur
Quand l'utiliser : L'énoncé donne une fonction d'utilité, deux prix et un budget, et demande le panier choisi.
1Poser la courbe d'indifférence U(x;y)=k et calculer sa pente par dérivation implicite.
2En déduire le taux marginal de substitution, opposé de cette pente.
3Écrire la contrainte budgétaire pxx+pyy=R et sa pente, −pypx.
4Poser la condition de tangence TMS=pypx et en tirer une relation entre x et y.
5Reporter cette relation dans la contrainte budgétaire, obtenir le panier, puis calculer l'utilité atteinte.
Phrase de conclusion
« À l'optimum, TMS=pypx, soit 23⋅xy=3, donc y=2x ; reporté dans 3x+y=120, cela donne le panier (24;48), qui épuise exactement le budget de 120 dollars. »
Le piège : Rendre la relation y=2x comme réponse. Elle donne une DIRECTION, pas un panier : c'est le report dans le budget qui fixe le point.
Barème : 2 points la pente implicite, 1 point la pente du budget, 1 point la condition de tangence, 2 points le report et le panier.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Le point est-il vraiment sur la contrainte ?
Avant toute dérivation, remplacez x et y par les valeurs du point dans l'équation de départ. Dix secondes, et cela conditionne tout le reste.
Sur x2+4y2=400, le point (12;8) donne 144+256=400 : il y est. Un point qui donnerait 398 n'est pas sur la frontière, et toute la question sera fausse.
Reste-t-il un dxdy à isoler ?
Comptez les dxdy posés après la dérivation. S'il n'y en a aucun, le facteur de chaîne a été oublié quelque part et il n'y a plus rien à isoler.
2x+8y=0 ne contient aucune inconnue de pente : c'est le symptôme de l'oubli, pas une équation à résoudre.
Le taux marginal est-il positif ?
Sur une contrainte décroissante, la pente est négative et le taux marginal est son opposé, donc POSITIF. Un taux négatif annoncé est une faute de signe, jamais un résultat.
Une pente de −1,125 donne un taux de 1,125. Un −1,125 rendu comme taux dirait que le ménage gagne sur les deux biens à la fois.
La pente contient-elle encore y ?
Sur un produit de puissances ou un terme croisé, la pente contient toujours y. Un résultat en x seul signale un facteur perdu, sauf dans le cas quasi linéaire, où y n'apparaît qu'une fois et au premier degré.
−ba⋅xy garde y ; en revanche 2x+y=20 donne −x1, soit −0,5 en x=4, sans y, et c'est normal.
Un point voisin confirme-t-il la pente ?
Prenez un point voisin de la contrainte et comparez l'accroissement réel à celui qu'annonce la pente, Δy≈dxdy×Δx. C'est le seul contrôle possible quand y ne s'isole pas.
Sur 3xy+y3=28, la pente en (9;1) vaut −0,1, donc Δy≈−0,0100 pour Δx=0,1. L'ordonnée exacte en x=9,1 vaut 0,9901, soit Δy=−0,0099 : confirmé.
L'exercice type décortiqué
Le panier optimal d'un ménage, avec une utilité de Cobb-Douglas
Un ménage consacre 120 dollars par mois à deux dépenses : x, le nombre de repas livrés, à 3 dollars l'unité, et y, le nombre de trajets en transport collectif, à 1 dollar l'unité. Sa satisfaction est mesurée par U=x0,6y0,4.
Trouver le panier qu'il choisit, puis vérifier le résultat. La figure montre la droite de budget et deux niveaux de satisfaction : l'un traverse le budget, l'autre est hors de portée.
La courbe U=28 TRAVERSE la droite de budget, donc un meilleur panier existe ; la courbe U=40 ne la touche nulle part, donc elle est hors de portée. L'optimum est entre les deux.
Étape 1
Le ménage est indifférent le long de la courbe x0,6y0,4=k. Comme y y est une fonction inconnue de x, on ne cherche pas à l'isoler.
Pourquoi
Poser d'emblée que la courbe est une contrainte évite les dix minutes perdues à isoler y, et c'est la phrase qui rapporte le point de méthode.
Étape 2
On prend le logarithme des deux membres : 0,6lnx+0,4lny=lnk.
Pourquoi
La contrainte est un produit de puissances, la forme exacte où le logarithme change le calcul en une ligne. Sans lui, quatre exposants fractionnaires à isoler.
Étape 3
On dérive par rapport à x, avec le facteur de chaîne sur lny : x0,6+y0,4dxdy=0.
Pourquoi
C'est ici que le chapitre se joue : sans ce facteur, l'égalité n'a plus d'inconnue et le calcul s'arrête sur une impossibilité.
Étape 4
On isole : dxdy=−0,40,6⋅xy=−23⋅xy, donc TMS=23⋅xy.
Pourquoi
Le taux est l'OPPOSÉ de la pente, donc positif. Il dépend du rapport xy, c'est-à-dire du panier, et non de la seule abscisse.
Étape 5
La contrainte budgétaire s'écrit 3x+y=120, donc y=120−3x : la droite a pour pente −3, opposé du rapport des prix pypx=13=3.
Pourquoi
Cette pente est le troc que le marché impose, et elle est la même en tout point : c'est le seul objet du problème qui ne dépende pas du panier.
Étape 6
À l'optimum les deux pentes coïncident : 23⋅xy=3, donc y=2x.
Pourquoi
Tant que les deux trocs diffèrent, il existe un échange qui améliore le ménage sans sortir du budget. L'égalité est donc la condition, et elle s'écrit avant tout calcul numérique.
Étape 7
On reporte dans le budget : 3x+2x=120, d'où x=24 et y=2×24=48. L'utilité atteinte vaut 240,6×480,4≈31,67.
Pourquoi
Le report dans la contrainte est ce qui transforme une condition en panier. La condition seule ne vaut jamais tous les points.
Étape 8
Vérification : 3×24+48=120, le panier est bien sur le budget, et TMS=23×2448=3, égal au rapport des prix. Le panier voisin (25;45) coûte lui aussi 120 dollars et ne donne que 31,63.
Pourquoi
Deux contrôles indépendants en dix secondes : le budget, et un voisin qui doit faire MOINS bien. Un voisin meilleur prouverait que la condition a été mal posée.
Conclusion rédigée
Le ménage choisit 24 repas livrés et 48 trajets, ce qui épuise ses 120 dollars et porte sa satisfaction à U≈31,67. En ce panier, il accepte de céder 3 trajets pour un repas de plus, exactement ce que le marché lui demande, puisque TMS=pypx=3.
L'erreur classique sur cet exercice : Poser l'égalité TMS=pypx, obtenir y=2x et rendre cette relation comme réponse. La condition de tangence donne une direction, pas un panier : seul le report dans la contrainte budgétaire fixe le point.
À savoir par cœur
•Chaque y dérivé laisse un facteur : dxd(y2)=2ydxdy, JAMAIS 2y.
•Un terme où x et y se rencontrent donne deux morceaux : dxd(xy)=y+xdxdy.
•Le membre de droite d'une contrainte est une CONSTANTE, donc sa dérivée vaut 0, et c'est ce zéro qui permet d'isoler.
•Pour xayb=c : dxdy=−ba⋅xy, donc le taux marginal vaut ba⋅xy.
•TMS=−dxdy : le taux est POSITIF parce que la pente est NÉGATIVE.
•Tangente horizontale : le NUMÉRATEUR s'annule. Tangente verticale : le DÉNOMINATEUR s'annule et la dérivée n'existe pas.
•Optimum du consommateur : TMS=pypx, le troc accepté égale le troc imposé.
•Une pente implicite appartient à un POINT : deux points de même abscisse peuvent porter des pentes opposées.
Questions fréquentes
Pourquoi faut-il ajouter dy sur dx quand on dérive y ?
Parce que y n'est pas une lettre inerte : sur une contrainte, y est une fonction de x que l'on ne connaît pas. La règle de chaîne impose donc de dériver l'expression, puis de multiplier par la dérivée de l'intérieur, qui est justement dy sur dx. La dérivée de y au carré par rapport à x vaut deux y fois dy sur dx, jamais deux y.
Comment calculer un taux marginal de substitution ?
On dérive les deux membres de la courbe d'indifférence par rapport à x, en traitant y comme une fonction de x, on isole dy sur dx, puis on l'évalue au panier donné. Le taux marginal de substitution est l'opposé de cette pente. Sur un produit de puissances x puissance a fois y puissance b, il vaut a sur b multiplié par y sur x.
Pourquoi le taux marginal de substitution est-il positif ?
Parce qu'il est défini comme l'opposé de la pente, et que la pente d'une courbe d'indifférence est négative. Ce signe négatif dit qu'on ne peut pas augmenter les deux quantités en restant aussi satisfait : il faut céder de l'un pour obtenir de l'autre. Le taux mesure ce sacrifice, et un sacrifice s'annonce en nombre positif.
Quand faut-il prendre le logarithme avant de dériver ?
Dès que la contrainte est un produit de puissances, comme une fonction de production de Cobb-Douglas. On écrit a fois logarithme de x plus b fois logarithme de y égale logarithme de la constante, puis on dérive : le produit devient une somme et les exposants deviennent des coefficients. Trois lignes au lieu d'une page d'exposants fractionnaires.
Que signifie une tangente verticale sur une courbe d'économie ?
Elle apparaît là où le dénominateur de la dérivée s'annule, donc là où la dérivée n'existe pas. Ce n'est pas une dérivée nulle, qui donnerait au contraire une tangente horizontale. En économie, la tangente verticale marque un plafond : aucune variation de l'autre grandeur n'achète une unité de plus.
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Exercices corrigés : La dérivation implicite
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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