Spécialité maths, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : les démonstrations du programme (Terminale spécialité)

Voici une série de révision sur les démonstrations exigibles de la spécialité mathématiques de Terminale, programme français en vigueur. Le programme les nomme à la fin de chaque chapitre : elles peuvent être demandées à l'écrit du baccalauréat comme au Grand oral, et les séries de chapitre les admettent le plus souvent pour aller aux applications. Ici, chacune est guidée en étapes, puis rédigée en entier dans la correction, telle qu'on l'attend sur une copie.

Le fil de la série tient en une phrase : on cite l'outil, jamais le résultat. Chaque démonstration s'appuie sur une précédente, les limites de l'exponentielle sur sa dérivée, la croissance comparée sur ces limites, le logarithme sur la croissance comparée, l'intégrale sur les primitives. L'exercice 8 montre ce qui arrive quand on se sert du résultat pour le prouver, qu'on oublie une hypothèse ou qu'on conclut sur des exemples.

Les étapes chiffrées sont corrigées champ par champ ; elles contrôlent la démonstration sur un cas, elles ne la remplacent pas. Faites chaque démonstration au brouillon avant d'ouvrir la correction, puis refaites-la à voix haute en deux minutes : c'est le format de l'oral.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale

Rappel de cours

  • • EXPONENTIELLE : g(x)=ex−x≥1g(x)=\mathrm{e}^{x}-x\geq 1 donne ex>x\mathrm{e}^{x}>x, donc lim⁡x→+∞ex=+∞\lim_{x\to+\infty}\mathrm{e}^{x}=+\infty par comparaison ; ex=1e−x\mathrm{e}^{x}=\frac{1}{\mathrm{e}^{-x}} donne la limite 00 en −∞-\infty.
  • • CROISSANCE COMPARÉE : ex>x22\mathrm{e}^{x}>\frac{x^{2}}{2} sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, puis exxn=1nn(eXX)n\frac{\mathrm{e}^{x}}{x^{n}}=\frac{1}{n^{n}}\left(\frac{\mathrm{e}^{X}}{X}\right)^{n} avec X=xnX=\frac{x}{n}.
  • • LOGARITHME : on dérive eln⁡x=x\mathrm{e}^{\ln x}=x, d'où ln⁡′(x)=1x\ln'(x)=\frac{1}{x} ; xln⁡x=XeXx\ln x=X\mathrm{e}^{X} avec X=ln⁡x→−∞X=\ln x\to-\infty, limite 00.
  • • PRIMITIVES : sur un INTERVALLE, (G−F)′=0(G-F)'=0 entraîne G−FG-F constante ; réciproquement F+CF+C est une primitive.
  • • y′=ayy'=ay : z=y e−axz=y\,\mathrm{e}^{-ax} a une dérivée nulle, donc y=Ceaxy=C\mathrm{e}^{ax} ; une condition initiale fixe CC.
  • • PASCAL : on réduit au dénominateur k! (n−k)!k!\,(n-k)! en multipliant par kk et par n−kn-k ; ∑k=0n(nk)=2n\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}=2^{n} en comptant les parties de deux façons.
  • • INTÉGRALE : h f(x)≤F(x+h)−F(x)≤h f(x+h)h\,f(x)\leq F(x+h)-F(x)\leq h\,f(x+h) pour ff croissante, puis gendarmes et continuité : F′=fF'=f ; ∫abf=G(b)−G(a)\int_{a}^{b}f=G(b)-G(a) pour toute primitive GG.
  • • PARTIES : ∫abuv′=[uv]ab−∫abu′v\int_{a}^{b}uv'=\left[uv\right]_{a}^{b}-\int_{a}^{b}u'v, en intégrant (uv)′=u′v+uv′(uv)'=u'v+uv'.
  • • CONVEXITÉ : g(x)=f(x)−f(a)−f′(a)(x−a)g(x)=f(x)-f(a)-f'(a)(x-a) a pour dérivée f′(x)−f′(a)f'(x)-f'(a), négative puis positive si f′f' croît : g≥0g\geq 0 sur l'intervalle.
  • • BINOMIALE : P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kP(X=k)=\binom{n}{k}p^{k}(1-p)^{n-k} ; X=X1+⋯+XnX=X_{1}+\cdots+X_{n}, E(X)=npE(X)=np par linéarité, V(X)=np(1−p)V(X)=np(1-p) par indépendance.
  • • PLAN : AN→⋅n⃗=0\overrightarrow{AN}\cdot\vec{n}=0 donne ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0, et réciproquement si (a ;b ;c)≠(0 ;0 ;0)(a\,;b\,;c)\neq(0\,;0\,;0) ; projeté HH de MM : MN2=MH2+HN2MN^{2}=MH^{2}+HN^{2}, donc HH est le point le plus proche.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Pourquoi l'exponentielle tend vers l'infini : ses limites en plus et moins l'infini

On admet les propriétés de la fonction exponentielle vues en Première : elle est dérivable sur R\mathbb{R} et égale à sa dérivée, e0=1\mathrm{e}^{0}=1, ex>0\mathrm{e}^{x}>0 pour tout réel xx, et e−x=1ex\mathrm{e}^{-x}=\frac{1}{\mathrm{e}^{x}}.

Le programme demande de DÉMONTRER que lim⁡x→+∞ex=+∞\lim_{x\to+\infty}\mathrm{e}^{x}=+\infty et que lim⁡x→−∞ex=0\lim_{x\to-\infty}\mathrm{e}^{x}=0. La figure représente la courbe de l'exponentielle et la droite d'équation y=xy=x. On donne ln⁡10≈2,303\ln 10\approx 2{,}303.

-3-2-11234-3-2-112345678y = eˣy = x
  • a) On pose g(x)=ex−xg(x)=\mathrm{e}^{x}-x pour tout réel xx. Calculez g′(x)g'(x), étudiez son signe, puis donnez g(0)g(0) et la valeur minimale de gg sur R\mathbb{R}.
  • b) Démonstration. Déduisez de a) que ex>x\mathrm{e}^{x}>x pour tout réel xx, puis que lim⁡x→+∞ex=+∞\lim_{x\to+\infty}\mathrm{e}^{x}=+\infty. Quel théorème utilisez-vous ? À partir de quel réel AA l'inégalité ex>x\mathrm{e}^{x}>x GARANTIT-elle ex>106\mathrm{e}^{x}>10^{6} ? Comparez au seuil exact ln⁡(106)\ln(10^{6}), au centième.
  • c) Démonstration. En posant X=−xX=-x, démontrez que lim⁡x→−∞ex=0\lim_{x\to-\infty}\mathrm{e}^{x}=0. Qu'en déduit-on pour la courbe de l'exponentielle ?
  • d) Un élève écrit : « ex>x\mathrm{e}^{x}>x et lim⁡x→−∞x=−∞\lim_{x\to-\infty}x=-\infty, donc lim⁡x→−∞ex=−∞\lim_{x\to-\infty}\mathrm{e}^{x}=-\infty. » Expliquez pourquoi la minoration ne permet aucune conclusion en −∞-\infty, puis déterminez lim⁡x→−∞(ex+x)\lim_{x\to-\infty}(\mathrm{e}^{x}+x) et lim⁡x→+∞(ex+x)\lim_{x\to+\infty}(\mathrm{e}^{x}+x).

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Réponses

  • a) g′(x)=ex−1g'(x)=\mathrm{e}^{x}-1, négatif sur ]−∞ ;0[]-\infty\,;0[, positif sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ ; minimum g(0)=1g(0)=1
  • b) ex>x\mathrm{e}^{x}>x, théorème de comparaison : limite +∞+\infty ; A=106A=10^{6} suffit, seuil exact 6ln⁡10≈13,826\ln 10\approx 13{,}82
  • c) ex=1eX\mathrm{e}^{x}=\frac{1}{\mathrm{e}^{X}} avec X→+∞X\to+\infty : limite 00, asymptote y=0y=0 en −∞-\infty
  • d) Une minoration par une fonction qui tend vers −∞-\infty ne dit rien ; limites −∞-\infty en −∞-\infty et +∞+\infty en +∞+\infty

a) gg est dérivable sur R\mathbb{R} et g′(x)=ex−1=ex−e0g'(x)=\mathrm{e}^{x}-1=\mathrm{e}^{x}-\mathrm{e}^{0}. L'exponentielle est strictement croissante, puisque sa dérivée ex\mathrm{e}^{x} est strictement positive : pour x<0x<0, ex<e0=1\mathrm{e}^{x}<\mathrm{e}^{0}=1 et g′(x)<0g'(x)<0 ; pour x>0x>0, g′(x)>0g'(x)>0. Donc gg est décroissante sur ]−∞ ;0]]-\infty\,;0], croissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, et son minimum est g(0)=e0−0=1g(0)=\mathrm{e}^{0}-0=1. On a cité deux outils déjà établis, la dérivée de l'exponentielle et sa positivité, jamais la limite qu'on cherche.

b) Démonstration rédigée. Pour tout réel xx, g(x)≥1>0g(x)\geq 1>0, donc ex>x\mathrm{e}^{x}>x. Or lim⁡x→+∞x=+∞\lim_{x\to+\infty}x=+\infty. D'après le théorème de comparaison (si f(x)≥u(x)f(x)\geq u(x) au voisinage de +∞+\infty et si uu tend vers +∞+\infty, alors ff aussi), lim⁡x→+∞ex=+∞\lim_{x\to+\infty}\mathrm{e}^{x}=+\infty. Le seuil illustre ce que le théorème cache : pour tout réel MM, il faut un AA tel que x>Ax>A entraîne ex>M\mathrm{e}^{x}>M. Ici A=MA=M convient : pour x>106x>10^{6}, ex>x>106\mathrm{e}^{x}>x>10^{6}. Le seuil exact est ln⁡(106)=6ln⁡10≈6×2,303≈13,82\ln(10^{6})=6\ln 10\approx 6\times 2{,}303\approx 13{,}82 : la minoration est très grossière, mais une démonstration de limite n'exige pas le meilleur seuil, seulement l'existence d'UN seuil.

c) Démonstration rédigée. Pour tout réel xx, ex=1e−x\mathrm{e}^{x}=\frac{1}{\mathrm{e}^{-x}}. Posons X=−xX=-x : quand xx tend vers −∞-\infty, XX tend vers +∞+\infty, donc eX\mathrm{e}^{X} tend vers +∞+\infty d'après b). L'inverse d'une quantité qui tend vers +∞+\infty tend vers 00 : lim⁡x→−∞ex=0\lim_{x\to-\infty}\mathrm{e}^{x}=0, et par valeurs positives puisque ex>0\mathrm{e}^{x}>0. La droite d'équation y=0y=0 est asymptote horizontale à la courbe en −∞-\infty, la courbe restant au-dessus. L'ordre compte : c) n'est valable qu'une fois b) démontré.

d) La minoration ex>x\mathrm{e}^{x}>x reste vraie en −∞-\infty, mais toute fonction est minorée par une fonction qui tend vers −∞-\infty : cette information ne dit rien. Le théorème de comparaison ne marche que dans deux sens, minorer par une fonction qui tend vers +∞+\infty, ou majorer par une fonction qui tend vers −∞-\infty. D'ailleurs la conclusion de l'élève contredit ex>0\mathrm{e}^{x}>0. Ensuite, en −∞-\infty, ex→0\mathrm{e}^{x}\to 0 et x→−∞x\to-\infty, donc ex+x→−∞\mathrm{e}^{x}+x\to-\infty ; en +∞+\infty, les deux termes tendent vers +∞+\infty, donc la somme aussi. Aucune forme indéterminée : elle apparaîtrait pour ex−x\mathrm{e}^{x}-x en +∞+\infty, que l'exercice 2 lève en écrivant x(exx−1)x\left(\frac{\mathrm{e}^{x}}{x}-1\right).

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Exercice 2 : Croissance comparée : l'exponentielle l'emporte sur toute puissance

Le programme demande de démontrer que, pour tout entier n≥1n\geq 1, lim⁡x→+∞exxn=+∞\lim_{x\to+\infty}\frac{\mathrm{e}^{x}}{x^{n}}=+\infty. On s'appuie UNIQUEMENT sur l'exercice 1 : ex>x\mathrm{e}^{x}>x pour tout réel xx, et lim⁡x→+∞ex=+∞\lim_{x\to+\infty}\mathrm{e}^{x}=+\infty.

  • a) On pose h(x)=ex−x22h(x)=\mathrm{e}^{x}-\frac{x^{2}}{2} sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[. Calculez h′(x)h'(x) et justifiez son signe à l'aide de l'exercice 1, puis donnez h(0)h(0). Déduisez-en que exx>x2\frac{\mathrm{e}^{x}}{x}>\frac{x}{2} pour tout x>0x>0. Quelle minoration de e4040\frac{\mathrm{e}^{40}}{40} obtient-on ?
  • b) Démonstration. Concluez que lim⁡x→+∞exx=+∞\lim_{x\to+\infty}\frac{\mathrm{e}^{x}}{x}=+\infty, puis que lim⁡x→+∞x e−x=0\lim_{x\to+\infty}x\,\mathrm{e}^{-x}=0.
  • c) Démonstration pour n≥2n\geq 2. Pour x>0x>0, on pose X=xnX=\frac{x}{n}. Justifiez que exxn=1nn(eXX)n\frac{\mathrm{e}^{x}}{x^{n}}=\frac{1}{n^{n}}\left(\frac{\mathrm{e}^{X}}{X}\right)^{n} et concluez. Pour n=4n=4, que vaut le nombre nnn^{n} ?
  • d) Applications. Écrivez x3e−x/2x^{3}\mathrm{e}^{-x/2} sous la forme k X3e−Xk\,X^{3}\mathrm{e}^{-X} avec X=x2X=\frac{x}{2} et déterminez sa limite en +∞+\infty. Déterminez aussi lim⁡x→−∞x2ex\lim_{x\to-\infty}x^{2}\mathrm{e}^{x}.

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a)
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Réponses

  • a) h′(x)=ex−x>0h'(x)=\mathrm{e}^{x}-x>0, h(0)=1h(0)=1, donc ex>x22\mathrm{e}^{x}>\frac{x^{2}}{2} ; e4040>20\frac{\mathrm{e}^{40}}{40}>20
  • b) exx→+∞\frac{\mathrm{e}^{x}}{x}\to+\infty par comparaison ; x e−x=1ex/x→0x\,\mathrm{e}^{-x}=\frac{1}{\mathrm{e}^{x}/x}\to 0
  • c) ex=(eX)n\mathrm{e}^{x}=(\mathrm{e}^{X})^{n} et xn=nnXnx^{n}=n^{n}X^{n} ; limite +∞+\infty ; 44=2564^{4}=256
  • d) k=8k=8, limite 00 ; lim⁡x→−∞x2ex=0\lim_{x\to-\infty}x^{2}\mathrm{e}^{x}=0

a) hh est dérivable et h′(x)=ex−xh'(x)=\mathrm{e}^{x}-x. D'après l'exercice 1, ex>x\mathrm{e}^{x}>x pour tout réel xx : on CITE ce résultat, déjà démontré, donc h′(x)>0h'(x)>0 et hh est strictement croissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[. Comme h(0)=e0−0=1h(0)=\mathrm{e}^{0}-0=1, on a h(x)≥1>0h(x)\geq 1>0 pour x≥0x\geq 0, c'est-à-dire ex>x22\mathrm{e}^{x}>\frac{x^{2}}{2}. Pour x>0x>0, on divise par x>0x>0 sans changer le sens : exx>x2\frac{\mathrm{e}^{x}}{x}>\frac{x}{2}. Pour x=40x=40 : e4040>20\frac{\mathrm{e}^{40}}{40}>20. Minoration modeste, mais c'est une fonction qui tend vers +∞+\infty qu'il fallait, pas une bonne valeur.

b) Démonstration rédigée. Pour x>0x>0, exx>x2\frac{\mathrm{e}^{x}}{x}>\frac{x}{2} et lim⁡x→+∞x2=+∞\lim_{x\to+\infty}\frac{x}{2}=+\infty ; par comparaison, lim⁡x→+∞exx=+∞\lim_{x\to+\infty}\frac{\mathrm{e}^{x}}{x}=+\infty. Ensuite x e−x=xex=1ex/xx\,\mathrm{e}^{-x}=\frac{x}{\mathrm{e}^{x}}=\frac{1}{\mathrm{e}^{x}/x} : l'inverse d'une quantité qui tend vers +∞+\infty tend vers 00. Remarquer pourquoi on a pris x22\frac{x^{2}}{2} et pas xx : ex>x\mathrm{e}^{x}>x ne donne que exx>1\frac{\mathrm{e}^{x}}{x}>1, qui ne tend vers rien. Il fallait une puissance de PLUS que celle du dénominateur.

c) Démonstration rédigée. Soit n≥2n\geq 2 et x>0x>0 ; posons X=xnX=\frac{x}{n}, donc x=nXx=nX. D'une part ex=enX=(eX)n\mathrm{e}^{x}=\mathrm{e}^{nX}=(\mathrm{e}^{X})^{n}, propriété algébrique de l'exponentielle ; d'autre part xn=nnXnx^{n}=n^{n}X^{n}. Donc exxn=1nn(eXX)n\frac{\mathrm{e}^{x}}{x^{n}}=\frac{1}{n^{n}}\left(\frac{\mathrm{e}^{X}}{X}\right)^{n}. Quand x→+∞x\to+\infty, X→+∞X\to+\infty, donc eXX→+∞\frac{\mathrm{e}^{X}}{X}\to+\infty d'après b), sa puissance nn-ième aussi, et le facteur 1nn\frac{1}{n^{n}} est une constante STRICTEMENT POSITIVE, qui ne change ni la limite ni son signe : lim⁡x→+∞exxn=+∞\lim_{x\to+\infty}\frac{\mathrm{e}^{x}}{x^{n}}=+\infty. Pour n=4n=4, nn=44=256n^{n}=4^{4}=256 : l'exponentielle peut être très en retard au départ, elle finit toujours devant.

d) Avec X=x2X=\frac{x}{2}, x3=8X3x^{3}=8X^{3} et e−x/2=e−X\mathrm{e}^{-x/2}=\mathrm{e}^{-X}, donc x3e−x/2=8 X3e−X=8eX/X3x^{3}\mathrm{e}^{-x/2}=8\,X^{3}\mathrm{e}^{-X}=\frac{8}{\mathrm{e}^{X}/X^{3}}, qui tend vers 00 quand X→+∞X\to+\infty d'après c) : k=8k=8 et la limite vaut 00. En −∞-\infty, on pose X=−x→+∞X=-x\to+\infty : x2ex=X2e−X=1eX/X2→0x^{2}\mathrm{e}^{x}=X^{2}\mathrm{e}^{-X}=\frac{1}{\mathrm{e}^{X}/X^{2}}\to 0. Le geste est toujours le même : un changement de variable ramène la limite à celle qu'on a démontrée, jamais à une intuition du type « l'exponentielle gagne ».

Exercice 3 : Le logarithme, réciproque de l'exponentielle : sa dérivée et la limite de x ln x en 0

La fonction ln⁡\ln est définie sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ par : y=ln⁡xy=\ln x équivaut à x=eyx=\mathrm{e}^{y}. On admet qu'elle est dérivable sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ ; le programme demande de démontrer que ln⁡′(x)=1x\ln'(x)=\frac{1}{x}, puis que lim⁡x→0+xln⁡x=0\lim_{x\to 0^{+}}x\ln x=0.

La figure montre les deux courbes, symétriques par rapport à la droite d'équation y=xy=x, les points A(ln⁡2 ;2)A(\ln 2\,;2) et B(2 ;ln⁡2)B(2\,;\ln 2), et les tangentes en ces points. On donne e−1≈0,368\mathrm{e}^{-1}\approx 0{,}368.

-2-112345-2-112345ABy = eˣy = ln xy = x
  • a) Quelle est la pente de la tangente à la courbe de l'exponentielle en AA ? La symétrie par rapport à la droite y=xy=x échange abscisses et ordonnées : que devient une pente mm non nulle ? Déduisez-en la pente de la tangente à la courbe de ln⁡\ln en BB.
  • b) Démonstration. Pour tout x>0x>0, eln⁡x=x\mathrm{e}^{\ln x}=x. Dérivez les deux membres de cette égalité, isolez ln⁡′(x)\ln'(x) et concluez. Donnez ln⁡′(4)\ln'(4).
  • c) Démonstration. Pour x>0x>0, on pose X=ln⁡xX=\ln x, de sorte que x=eXx=\mathrm{e}^{X}. Écrivez xln⁡xx\ln x en fonction de XX, puis démontrez que lim⁡x→0+xln⁡x=0\lim_{x\to 0^{+}}x\ln x=0 à l'aide de l'exercice 2.
  • d) Application. Soit f(x)=x2ln⁡xf(x)=x^{2}\ln x sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[. Déterminez lim⁡x→0+f(x)\lim_{x\to 0^{+}}f(x), étudiez les variations de ff, puis donnez son minimum au millième.

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Réponses

  • a) Pente eln⁡2=2\mathrm{e}^{\ln 2}=2 en AA ; la symétrie change mm en 1m\frac{1}{m} : pente 12\frac{1}{2} en BB
  • b) ln⁡′(x) eln⁡x=1\ln'(x)\,\mathrm{e}^{\ln x}=1, soit ln⁡′(x)×x=1\ln'(x)\times x=1 : ln⁡′(x)=1x\ln'(x)=\frac{1}{x} ; ln⁡′(4)=0,25\ln'(4)=0{,}25
  • c) xln⁡x=XeXx\ln x=X\mathrm{e}^{X} avec X→−∞X\to-\infty : limite 00
  • d) f(x)=x×xln⁡x→0f(x)=x\times x\ln x\to 0 ; f′(x)=x(2ln⁡x+1)f'(x)=x(2\ln x+1), minimum en x=e−1/2x=\mathrm{e}^{-1/2}, f=−12e≈−0,184f=-\frac{1}{2\mathrm{e}}\approx-0{,}184

a) La dérivée de l'exponentielle est elle-même : la pente en AA est eln⁡2=2\mathrm{e}^{\ln 2}=2. La symétrie par rapport à y=xy=x envoie le point (x ;y)(x\,;y) sur (y ;x)(y\,;x) : un déplacement de Δx\Delta x horizontal et Δy\Delta y vertical devient Δy\Delta y horizontal et Δx\Delta x vertical, donc une pente m=ΔyΔxm=\frac{\Delta y}{\Delta x} devient ΔxΔy=1m\frac{\Delta x}{\Delta y}=\frac{1}{m}. La tangente en AA a pour image la tangente en BB, de pente 12\frac{1}{2}, et 12\frac{1}{2} est bien 1xB\frac{1}{x_{B}}. La figure suggère le résultat, elle ne le démontre pas : c'est le rôle de b).

b) Démonstration rédigée. Pour tout x>0x>0, eln⁡x=x\mathrm{e}^{\ln x}=x. Les deux membres sont dérivables : à droite, la dérivée vaut 11 ; à gauche, x↦eu(x)x\mapsto\mathrm{e}^{u(x)} avec u=ln⁡u=\ln dérivable (admis), de dérivée u′(x)eu(x)u'(x)\mathrm{e}^{u(x)}. Donc ln⁡′(x) eln⁡x=1\ln'(x)\,\mathrm{e}^{\ln x}=1, et comme eln⁡x=x\mathrm{e}^{\ln x}=x, ln⁡′(x)×x=1\ln'(x)\times x=1. Puisque x≠0x\neq 0, ln⁡′(x)=1x\ln'(x)=\frac{1}{x}. Ainsi ln⁡′(4)=14=0,25\ln'(4)=\frac{1}{4}=0{,}25. Le seul point admis est la dérivabilité ; l'expression 1x\frac{1}{x}, elle, est démontrée. Utiliser ici ∫1xdtt=ln⁡x\int_{1}^{x}\frac{\mathrm{d}t}{t}=\ln x serait un cercle vicieux : cette égalité vient justement de ln⁡′=1x\ln'=\frac{1}{x} (exercice 8).

c) Démonstration rédigée. Pour x>0x>0, posons X=ln⁡xX=\ln x : x=eXx=\mathrm{e}^{X} et xln⁡x=X eXx\ln x=X\,\mathrm{e}^{X}. Quand xx tend vers 00 par valeurs positives, X=ln⁡xX=\ln x tend vers −∞-\infty. Or, avec Y=−X→+∞Y=-X\to+\infty, XeX=−Ye−YX\mathrm{e}^{X}=-Y\mathrm{e}^{-Y}, qui tend vers 00 d'après l'exercice 2 b). Par composition, lim⁡x→0+xln⁡x=0\lim_{x\to 0^{+}}x\ln x=0. Le produit « 0×(−∞)0\times(-\infty) » était une forme indéterminée : c'est le changement de variable, pas l'intuition, qui la lève. Contrôle : pour x=e−10x=\mathrm{e}^{-10}, xln⁡x=−10 e−10x\ln x=-10\,\mathrm{e}^{-10}, de l'ordre de −0,0005-0{,}0005.

d) f(x)=x×(xln⁡x)f(x)=x\times(x\ln x), produit de deux quantités qui tendent vers 00 : lim⁡x→0+f(x)=0\lim_{x\to 0^{+}}f(x)=0, sans forme indéterminée cette fois. Ensuite f′(x)=2xln⁡x+x2×1x=x(2ln⁡x+1)f'(x)=2x\ln x+x^{2}\times\frac{1}{x}=x(2\ln x+1). Comme x>0x>0, f′(x)f'(x) a le signe de 2ln⁡x+12\ln x+1, négatif pour ln⁡x<−12\ln x<-\frac{1}{2} et positif après : ff décroît sur ]0 ;e−1/2]]0\,;\mathrm{e}^{-1/2}] puis croît. Son minimum est f(e−1/2)=e−1×(−12)=−12e≈−0,184f(\mathrm{e}^{-1/2})=\mathrm{e}^{-1}\times\left(-\frac{1}{2}\right)=-\frac{1}{2\mathrm{e}}\approx-0{,}184, avec e−1≈0,368\mathrm{e}^{-1}\approx 0{,}368. Piège : (e−1/2)2=e−1(\mathrm{e}^{-1/2})^{2}=\mathrm{e}^{-1}, pas e−1/4\mathrm{e}^{-1/4}.

Exercice 4 : Une dérivée nulle sur un intervalle : primitives à une constante près et équation y' = ay

Les deux démonstrations de cet exercice reposent sur le même outil, admis : une fonction dérivable sur un INTERVALLE II et de dérivée nulle sur II est constante sur II. C'est une conséquence du lien entre le signe de la dérivée et les variations.

  • a) Démonstration. Soit ff une fonction admettant une primitive FF sur un intervalle II. Démontrez qu'une fonction GG est une primitive de ff sur II si et seulement s'il existe un réel CC tel que G=F+CG=F+C : rédigez les DEUX sens. Exemple : F(x)=(x+1)2F(x)=(x+1)^{2} et G(x)=x2+2x−5G(x)=x^{2}+2x-5 ; vérifiez qu'elles ont la même dérivée et donnez la constante G−FG-F.
  • b) Sur R∗= ]−∞ ;0[ ∪ ]0 ;+∞[\mathbb{R}^{*}=\,]-\infty\,;0[\,\cup\,]0\,;+\infty[, on pose F(x)=−1xF(x)=-\frac{1}{x}, et G(x)=−1x+1G(x)=-\frac{1}{x}+1 si x<0x<0, G(x)=−1x+3G(x)=-\frac{1}{x}+3 si x>0x>0. Vérifiez que F′=G′F'=G' sur R∗\mathbb{R}^{*}, calculez (G−F)(−1)(G-F)(-1) et (G−F)(1)(G-F)(1). Quelle hypothèse de a) manque ici ?
  • c) Démonstration. Soit aa un réel et yy une solution sur R\mathbb{R} de y′=ayy'=ay. On pose z(x)=y(x) e−axz(x)=y(x)\,\mathrm{e}^{-ax}. Calculez z′(x)z'(x), concluez que y(x)=Ceaxy(x)=C\mathrm{e}^{ax}, puis vérifiez la réciproque. Application : 2y′+3y=02y'+3y=0 avec y(0)=4y(0)=4 ; donnez aa et CC.
  • d) Une quantité vérifie y′=(ln⁡2) yy'=(\ln 2)\,y sur R\mathbb{R}, avec y(1)=6y(1)=6. Justifiez que y(x)=C×2xy(x)=C\times 2^{x}, déterminez CC puis y(4)y(4).

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  • a) (G−F)′=0(G-F)'=0 sur II donc G−FG-F constante ; réciproquement (F+C)′=f(F+C)'=f ; exemple : G−F=−6G-F=-6
  • b) (G−F)(−1)=1(G-F)(-1)=1 et (G−F)(1)=3(G-F)(1)=3 : R∗\mathbb{R}^{*} n'est pas un intervalle
  • c) z′=(y′−ay)e−ax=0z'=(y'-ay)\mathrm{e}^{-ax}=0, z=Cz=C, y=Ceaxy=C\mathrm{e}^{ax} ; a=−1,5a=-1{,}5 et C=4C=4
  • d) exln⁡2=2x\mathrm{e}^{x\ln 2}=2^{x} ; 2C=62C=6 donne C=3C=3 ; y(4)=48y(4)=48

a) Démonstration rédigée. Premier sens : si GG est une primitive de ff sur II, alors (G−F)′=G′−F′=f−f=0(G-F)'=G'-F'=f-f=0 sur II ; comme II est un intervalle, G−FG-F est constante : il existe CC tel que G=F+CG=F+C. Réciproque : si G=F+CG=F+C, GG est dérivable et G′=F′=fG'=F'=f, donc GG est une primitive. Les deux sens sont nécessaires : le premier dit qu'on les a TOUTES, le second que ce sont bien des primitives. Exemple : F′(x)=2(x+1)=2x+2F'(x)=2(x+1)=2x+2 et G′(x)=2x+2G'(x)=2x+2 ; et G(x)−F(x)=x2+2x−5−(x2+2x+1)=−6G(x)-F(x)=x^{2}+2x-5-(x^{2}+2x+1)=-6. Contrôle en x=0x=0 : G(0)−F(0)=−5−1=−6G(0)-F(0)=-5-1=-6.

b) Pour x≠0x\neq 0, F′(x)=1x2F'(x)=\frac{1}{x^{2}} et, sur chacun des deux morceaux, G′(x)=1x2G'(x)=\frac{1}{x^{2}} aussi : F′=G′F'=G' sur R∗\mathbb{R}^{*}. Pourtant (G−F)(−1)=1(G-F)(-1)=1 et (G−F)(1)=3(G-F)(1)=3 : G−FG-F n'est pas constante. Rien ne contredit a) : R∗\mathbb{R}^{*} n'est pas un intervalle, et G−FG-F est constante sur CHACUN des deux intervalles, avec deux constantes différentes. Oublier l'hypothèse « intervalle », c'est affirmer une propriété fausse ; c'est pourquoi on précise toujours « sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ » en donnant une primitive de 1x2\frac{1}{x^{2}}.

c) Démonstration rédigée. zz est dérivable comme produit et z′(x)=y′(x)e−ax−a y(x)e−ax=(y′(x)−ay(x)) e−ax=0z'(x)=y'(x)\mathrm{e}^{-ax}-a\,y(x)\mathrm{e}^{-ax}=(y'(x)-ay(x))\,\mathrm{e}^{-ax}=0, puisque y′=ayy'=ay. Sur l'intervalle R\mathbb{R}, zz est donc constante, égale à un réel CC, et y(x)=z(x)eax=Ceaxy(x)=z(x)\mathrm{e}^{ax}=C\mathrm{e}^{ax}. Réciproque : (Ceax)′=aCeax(C\mathrm{e}^{ax})'=aC\mathrm{e}^{ax}, donc toute fonction x↦Ceaxx\mapsto C\mathrm{e}^{ax} est solution. Application : 2y′+3y=02y'+3y=0 s'écrit y′=−32yy'=-\frac{3}{2}y, donc a=−1,5a=-1{,}5 et y(x)=Ce−1,5xy(x)=C\mathrm{e}^{-1{,}5x} ; y(0)=C=4y(0)=C=4. Piège : la forme y′=ayy'=ay exige d'isoler y′y' ; lire a=3a=3 ou a=−3a=-3 dans 2y′+3y=02y'+3y=0 est l'erreur la plus fréquente.

d) D'après c), y(x)=Ce(ln⁡2)xy(x)=C\mathrm{e}^{(\ln 2)x}, et exln⁡2=(eln⁡2)x=2x\mathrm{e}^{x\ln 2}=(\mathrm{e}^{\ln 2})^{x}=2^{x} : y(x)=C×2xy(x)=C\times 2^{x}. La condition y(1)=6y(1)=6 donne 2C=62C=6, soit C=3C=3, et y(4)=3×24=48y(4)=3\times 2^{4}=48. L'unicité vient de la démonstration : une condition initiale fixe la seule constante libre, donc une seule solution. La quantité double à chaque unité : 66, 1212, 2424, 4848 de x=1x=1 à x=4x=4, contrôle direct sans calculatrice.

Exercice 5 : Coefficients binomiaux : Pascal par le calcul, la somme 2 puissance n par dénombrement

Pour 0≤k≤n0\leq k\leq n, (nk)=n!k! (n−k)!\binom{n}{k}=\frac{n!}{k!\,(n-k)!} est le nombre de parties à kk éléments d'un ensemble à nn éléments. Le programme demande deux démonstrations de natures différentes : la relation de Pascal PAR LE CALCUL, et ∑k=0n(nk)=2n\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}=2^{n} PAR DÉNOMBREMENT.

  • a) Vérification. Calculez (83)\binom{8}{3}, (84)\binom{8}{4} et (94)\binom{9}{4}, et vérifiez que (83)+(84)=(94)\binom{8}{3}+\binom{8}{4}=\binom{9}{4}.
  • b) Démonstration par le calcul. Pour n≥2n\geq 2 et 1≤k≤n−11\leq k\leq n-1, écrivez (n−1k−1)\binom{n-1}{k-1} et (n−1k)\binom{n-1}{k} avec des factorielles, réduisez au même dénominateur k! (n−k)!k!\,(n-k)! en précisant par quoi chaque fraction est multipliée, et concluez que (n−1k−1)+(n−1k)=(nk)\binom{n-1}{k-1}+\binom{n-1}{k}=\binom{n}{k}.
  • c) Démonstration par dénombrement. Soit EE un ensemble à nn éléments. Comptez ses parties de deux façons : en les rangeant selon leur nombre d'éléments, puis en décidant pour chaque élément s'il est dans la partie ou non. Concluez. Contrôle avec n=6n=6 : donnez (63)\binom{6}{3} et la somme de la ligne 66 du triangle de Pascal.
  • d) Application. Un club de sept élèves veut former une équipe d'au moins deux de ses membres, sans limite de taille. Combien d'équipes différentes sont possibles ?

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  • a) (83)=56\binom{8}{3}=56, (84)=70\binom{8}{4}=70, (94)=126=56+70\binom{9}{4}=126=56+70
  • b) On multiplie par kk et par n−kn-k : numérateur (n−1)! (k+n−k)=n!(n-1)!\,(k+n-k)=n!, d'où (nk)\binom{n}{k}
  • c) Les deux comptages donnent ∑k=0n(nk)=2n\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}=2^{n} ; (63)=20\binom{6}{3}=20, ligne 66 : 6464
  • d) 27−1−7=1202^{7}-1-7=120 équipes

a) (83)=8×7×63×2×1=56\binom{8}{3}=\frac{8\times 7\times 6}{3\times 2\times 1}=56, (84)=8×7×6×54×3×2×1=70\binom{8}{4}=\frac{8\times 7\times 6\times 5}{4\times 3\times 2\times 1}=70 et (94)=9×8×7×624=126\binom{9}{4}=\frac{9\times 8\times 7\times 6}{24}=126. On a bien 56+70=12656+70=126. C'est une vérification, pas une preuve : elle ne dit rien pour n=50n=50.

b) Démonstration rédigée. Soit n≥2n\geq 2 et 1≤k≤n−11\leq k\leq n-1, de sorte que les deux coefficients sont définis. (n−1k−1)=(n−1)!(k−1)! (n−k)!\binom{n-1}{k-1}=\frac{(n-1)!}{(k-1)!\,(n-k)!} et (n−1k)=(n−1)!k! (n−1−k)!\binom{n-1}{k}=\frac{(n-1)!}{k!\,(n-1-k)!}. Comme k!=k×(k−1)!k!=k\times(k-1)! et (n−k)!=(n−k)×(n−1−k)!(n-k)!=(n-k)\times(n-1-k)!, on multiplie la première fraction en haut et en bas par kk, la seconde par n−kn-k : les deux ont alors le dénominateur k! (n−k)!k!\,(n-k)!, et la somme vaut (n−1)! k+(n−1)! (n−k)k! (n−k)!=(n−1)! nk! (n−k)!=n!k! (n−k)!=(nk)\frac{(n-1)!\,k+(n-1)!\,(n-k)}{k!\,(n-k)!}=\frac{(n-1)!\,n}{k!\,(n-k)!}=\frac{n!}{k!\,(n-k)!}=\binom{n}{k}. La restriction 1≤k≤n−11\leq k\leq n-1 n'est pas décorative : pour k=0k=0, (n−1−1)\binom{n-1}{-1} n'a pas de sens.

c) Démonstration rédigée. On compte NN, le nombre de parties de EE. Premier comptage : une partie a kk éléments pour un unique kk entre 00 et nn, et il y a (nk)\binom{n}{k} parties à kk éléments, donc N=∑k=0n(nk)N=\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}. Second comptage : une partie est déterminée par la réponse, pour chacun des nn éléments, à la question « est-il dans la partie ? », oui ou non ; d'après le principe multiplicatif, N=2×2×⋯×2=2nN=2\times 2\times\cdots\times 2=2^{n}. Un même nombre compté de deux façons : ∑k=0n(nk)=2n\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}=2^{n}. Aucun calcul de factorielle, c'est tout l'intérêt. Contrôle : la ligne 66 est 11, 66, 1515, 2020, 1515, 66, 11, de somme 64=2664=2^{6}, avec (63)=20\binom{6}{3}=20.

d) Une équipe est une partie du club ayant au moins deux éléments. Le club a 27=1282^{7}=128 parties ; on retire la partie vide ((70)=1\binom{7}{0}=1) et les sept parties à un élément ((71)=7\binom{7}{1}=7) : 128−1−7=120128-1-7=120 équipes. Additionner (72)+⋯+(77)=21+35+35+21+7+1\binom{7}{2}+\cdots+\binom{7}{7}=21+35+35+21+7+1 donne aussi 120120, en six calculs au lieu d'un : passer par le complémentaire est le réflexe que la somme 2n2^{n} rend possible.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : De l'aire à la primitive, puis l'intégration par parties

Soit ff une fonction continue, positive et croissante sur [a ;b][a\,;b]. Pour x∈[a ;b]x\in[a\,;b], on note F(x)=∫axf(t) dtF(x)=\int_{a}^{x}f(t)\,\mathrm{d}t, l'aire sous la courbe de ff entre aa et xx. Le programme demande de démontrer que FF est une primitive de ff, d'en déduire le calcul d'une intégrale par une primitive, puis de démontrer la formule d'intégration par parties.

La figure illustre le cas f(t)=t2+1f(t)=t^{2}+1 : la bande grisée, entre x=1x=1 et x+h=1,5x+h=1{,}5, est encadrée par un petit rectangle en trait plein et un grand rectangle en pointillés, tous deux de largeur hh. On donne π≈3,1416\pi\approx 3{,}1416.

0,511,522,51234567hy = t² + 1
  • a) Pour x=1x=1 et h=0,5h=0{,}5, calculez l'aire du petit rectangle, h f(x)h\,f(x), et celle du grand, h f(x+h)h\,f(x+h). Justifiez, dans le cas général (h>0h>0 et x+h≤bx+h\leq b), l'encadrement h f(x)≤F(x+h)−F(x)≤h f(x+h)h\,f(x)\leq F(x+h)-F(x)\leq h\,f(x+h).
  • b) Démonstration. Divisez par hh et faites tendre hh vers 00 par valeurs positives. Quel théorème conclut, et quelle propriété de ff fait tendre f(x+h)f(x+h) vers f(x)f(x) ? Concluez que F′(x)=f(x)F'(x)=f(x) (le cas h<0h<0 se traite de même), et donnez F(a)F(a).
  • c) Démonstration. Soit GG une primitive quelconque de ff sur [a ;b][a\,;b]. À l'aide de l'exercice 4, démontrez que ∫abf(t) dt=G(b)−G(a)\int_{a}^{b}f(t)\,\mathrm{d}t=G(b)-G(a). Applications avec G(t)=t33+t+7G(t)=\frac{t^{3}}{3}+t+7 : calculez ∫03(t2+1) dt\int_{0}^{3}(t^{2}+1)\,\mathrm{d}t, puis l'aire exacte de la bande de la figure, au centième.
  • d) Démonstration. Soit uu et vv dérivables sur [a ;b][a\,;b], de dérivées continues. En intégrant (uv)′(uv)', démontrez que ∫abu(t)v′(t) dt=[u(t)v(t)]ab−∫abu′(t)v(t) dt\int_{a}^{b}u(t)v'(t)\,\mathrm{d}t=\left[u(t)v(t)\right]_{a}^{b}-\int_{a}^{b}u'(t)v(t)\,\mathrm{d}t. Application : calculez ∫0π/2tcos⁡t dt\int_{0}^{\pi/2}t\cos t\,\mathrm{d}t en valeur exacte, puis au centième.

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  • a) 0,5×2=10{,}5\times 2=1 et 0,5×3,25=1,6250{,}5\times 3{,}25=1{,}625 ; ff croissante : f(x)≤f(t)≤f(x+h)f(x)\leq f(t)\leq f(x+h) sur la bande
  • b) f(x)≤F(x+h)−F(x)h≤f(x+h)f(x)\leq\frac{F(x+h)-F(x)}{h}\leq f(x+h), gendarmes et continuité de ff : F′=fF'=f ; F(a)=0F(a)=0
  • c) G=F+CG=F+C donc G(b)−G(a)=F(b)−F(a)=F(b)G(b)-G(a)=F(b)-F(a)=F(b) ; ∫03(t2+1) dt=12\int_{0}^{3}(t^{2}+1)\,\mathrm{d}t=12 ; bande : 3124≈1,29\frac{31}{24}\approx 1{,}29
  • d) ∫ab(uv)′=[uv]ab=∫abu′v+∫abuv′\int_{a}^{b}(uv)'=[uv]_{a}^{b}=\int_{a}^{b}u'v+\int_{a}^{b}uv' ; ∫0π/2tcos⁡t dt=π2−1≈0,57\int_{0}^{\pi/2}t\cos t\,\mathrm{d}t=\frac{\pi}{2}-1\approx 0{,}57

a) f(1)=2f(1)=2 et f(1,5)=3,25f(1{,}5)=3{,}25 : le petit rectangle a pour aire 0,5×2=10{,}5\times 2=1, le grand 0,5×3,25=1,6250{,}5\times 3{,}25=1{,}625. Cas général : F(x+h)−F(x)F(x+h)-F(x) est l'aire de la bande sous la courbe entre xx et x+hx+h (relation de Chasles sur les aires). Comme ff est croissante, pour tout t∈[x ;x+h]t\in[x\,;x+h], f(x)≤f(t)≤f(x+h)f(x)\leq f(t)\leq f(x+h) : la bande contient le rectangle de hauteur f(x)f(x) et est contenue dans celui de hauteur f(x+h)f(x+h), d'où l'encadrement. L'hypothèse « croissante » sert exactement ici, et nulle part ailleurs ; le cas d'une fonction continue quelconque est admis par le programme.

b) Démonstration rédigée. Pour h>0h>0, on divise par h>0h>0 : f(x)≤F(x+h)−F(x)h≤f(x+h)f(x)\leq\frac{F(x+h)-F(x)}{h}\leq f(x+h). Quand hh tend vers 00, f(x+h)f(x+h) tend vers f(x)f(x) parce que ff est CONTINUE en xx. Le taux d'accroissement est coincé entre deux quantités qui tendent vers f(x)f(x) : par le théorème des gendarmes, il tend vers f(x)f(x). Avec le cas h<0h<0, symétrique, FF est dérivable en xx et F′(x)=f(x)F'(x)=f(x) : FF est une primitive de ff. Enfin F(a)=∫aaf=0F(a)=\int_{a}^{a}f=0, aire d'une bande de largeur nulle. Sur l'exemple, le taux vaut 31/240,5≈2,58\frac{31/24}{0{,}5}\approx 2{,}58, bien entre 22 et 3,253{,}25.

c) Démonstration rédigée. FF et GG sont deux primitives de ff sur l'intervalle [a ;b][a\,;b] ; d'après l'exercice 4 a), il existe CC tel que G=F+CG=F+C. Alors G(b)−G(a)=F(b)+C−F(a)−C=F(b)−F(a)=F(b)G(b)-G(a)=F(b)+C-F(a)-C=F(b)-F(a)=F(b) puisque F(a)=0F(a)=0, et F(b)=∫abf(t) dtF(b)=\int_{a}^{b}f(t)\,\mathrm{d}t. La constante se simplifie : n'importe quelle primitive convient. Application : G(3)−G(0)=(9+3+7)−7=12G(3)-G(0)=(9+3+7)-7=12 ; la constante 77 disparaît, comme annoncé. Bande : G(1,5)−G(1)=(1,125+1,5)−(13+1)=3124≈1,29G(1{,}5)-G(1)=(1{,}125+1{,}5)-\left(\frac{1}{3}+1\right)=\frac{31}{24}\approx 1{,}29, bien compris entre 11 et 1,6251{,}625.

d) Démonstration rédigée. uvuv est dérivable et (uv)′=u′v+uv′(uv)'=u'v+uv', continue. D'après c), uvuv étant une primitive de (uv)′(uv)', ∫ab(uv)′(t) dt=[u(t)v(t)]ab\int_{a}^{b}(uv)'(t)\,\mathrm{d}t=\left[u(t)v(t)\right]_{a}^{b}. Par linéarité, ∫abu′v+∫abuv′=[uv]ab\int_{a}^{b}u'v+\int_{a}^{b}uv'=\left[uv\right]_{a}^{b}, d'où la formule en isolant ∫abuv′\int_{a}^{b}uv'. Application : u(t)=tu(t)=t, v′(t)=cos⁡tv'(t)=\cos t, donc u′(t)=1u'(t)=1 et v(t)=sin⁡tv(t)=\sin t. On choisit u=tu=t parce que sa dérivée est plus simple ; l'autre choix ferait apparaître t2t^{2}. Il vient [tsin⁡t]0π/2−∫0π/2sin⁡t dt=π2−[−cos⁡t]0π/2=π2−1≈0,57\left[t\sin t\right]_{0}^{\pi/2}-\int_{0}^{\pi/2}\sin t\,\mathrm{d}t=\frac{\pi}{2}-\left[-\cos t\right]_{0}^{\pi/2}=\frac{\pi}{2}-1\approx 0{,}57.

Exercice 7 : Au-dessus de ses tangentes : ce que la dérivée seconde garantit

Soit ff deux fois dérivable sur un intervalle II, avec f′′(x)≥0f''(x)\geq 0 pour tout x∈Ix\in I : ff est convexe sur II. Soit a∈Ia\in I et TaT_{a} la tangente au point d'abscisse aa, d'équation y=f(a)+f′(a)(x−a)y=f(a)+f'(a)(x-a). Le programme demande de démontrer que la courbe de ff est au-dessus de TaT_{a} sur II.

La figure représente f(x)=x3f(x)=x^{3} et sa tangente TT au point d'abscisse 22.

-5-4-3-2-1123-70-60-50-40-30-20-10102030y = x³T
  • a) Démonstration. On pose g(x)=f(x)−f(a)−f′(a)(x−a)g(x)=f(x)-f(a)-f'(a)(x-a) sur II. Calculez g(a)g(a) et g′(x)g'(x). Que dit f′′≥0f''\geq 0 sur les variations de f′f' ? Déduisez-en le signe de g′g' de part et d'autre de aa, puis le signe de gg, et concluez.
  • b) Exemple : f(x)=x3f(x)=x^{3} et a=2a=2. Donnez l'équation de TT, vérifiez que g(x)=x3−12x+16=(x−2)2(x+4)g(x)=x^{3}-12x+16=(x-2)^{2}(x+4), précisez sur quel intervalle la démonstration de a) s'applique, et calculez g(0)g(0).
  • c) Calculez g(−5)g(-5) et concluez sur la position de la courbe et de TT en x=−5x=-5. Pourquoi cela ne contredit-il pas a) ? Sur [−4 ;0][-4\,;0], la courbe est pourtant au-dessus de TT alors que ff n'y est pas convexe : la propriété démontrée est-elle une condition nécessaire ou suffisante ?
  • d) Application. Soit φ(x)=xln⁡x\varphi(x)=x\ln x sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[. Montrez que φ\varphi est convexe, donnez l'équation de sa tangente au point d'abscisse 11, et déduisez-en que ln⁡x≥1−1x\ln x\geq 1-\frac{1}{x} pour tout x>0x>0.

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a)
b)
Intervalle de convexité ;
c)
d)
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  • a) g(a)=0g(a)=0, g′(x)=f′(x)−f′(a)g'(x)=f'(x)-f'(a) ; f′f' croissante donc g′≤0g'\leq 0 avant aa, g′≥0g'\geq 0 après : minimum 00, g≥0g\geq 0
  • b) T:y=12x−16T : y=12x-16 ; convexité sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ ; g(0)=16g(0)=16
  • c) g(−5)=−49<0g(-5)=-49<0 : courbe sous TT, hors de l'intervalle de convexité ; condition suffisante, pas nécessaire
  • d) φ′′(x)=1x>0\varphi''(x)=\frac{1}{x}>0 ; tangente y=x−1y=x-1 ; xln⁡x≥x−1x\ln x\geq x-1, on divise par x>0x>0

a) Démonstration rédigée. gg est dérivable sur II, g(a)=f(a)−f(a)−0=0g(a)=f(a)-f(a)-0=0 et g′(x)=f′(x)−f′(a)g'(x)=f'(x)-f'(a). Comme f′′=(f′)′≥0f''=(f')'\geq 0 sur l'intervalle II, f′f' est croissante sur II. Pour x≤ax\leq a, f′(x)≤f′(a)f'(x)\leq f'(a) donc g′(x)≤0g'(x)\leq 0 ; pour x≥ax\geq a, g′(x)≥0g'(x)\geq 0. Ainsi gg décroît puis croît, et atteint son minimum en aa, où il vaut 00 : g(x)≥0g(x)\geq 0 pour tout x∈Ix\in I, c'est-à-dire f(x)≥f(a)+f′(a)(x−a)f(x)\geq f(a)+f'(a)(x-a). La courbe est au-dessus de TaT_{a} sur II. On n'a jamais dit « la courbe tourne vers le haut » : on a étudié le signe d'une différence, seul argument recevable.

b) f(2)=8f(2)=8 et f′(x)=3x2f'(x)=3x^{2}, f′(2)=12f'(2)=12 : T:y=8+12(x−2)=12x−16T : y=8+12(x-2)=12x-16. Alors g(x)=x3−12x+16g(x)=x^{3}-12x+16 et (x−2)2(x+4)=(x2−4x+4)(x+4)=x3−12x+16(x-2)^{2}(x+4)=(x^{2}-4x+4)(x+4)=x^{3}-12x+16. Ici f′′(x)=6x≥0f''(x)=6x\geq 0 si et seulement si x≥0x\geq 0 : la démonstration s'applique sur I=[0 ;+∞[I=[0\,;+\infty[, qui contient a=2a=2. g(0)=16>0g(0)=16>0 : en 00, la courbe passe 1616 unités au-dessus de TT ; la forme factorisée le confirme, (0−2)2(0+4)=16(0-2)^{2}(0+4)=16.

c) g(−5)=−125+60+16=−49<0g(-5)=-125+60+16=-49<0, et (−7)2×(−1)=−49(-7)^{2}\times(-1)=-49 : en x=−5x=-5 la courbe est SOUS la tangente. Pas de contradiction : −5-5 n'est pas dans [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, où f′′<0f''<0, et a) ne dit rien hors de l'intervalle. La forme factorisée montre que g≥0g\geq 0 exactement sur [−4 ;+∞[[-4\,;+\infty[ : sur [−4 ;0[[-4\,;0[, la courbe reste au-dessus de TT alors que ff y est concave. Être au-dessus d'UNE tangente n'entraîne donc pas la convexité : la propriété démontrée est une condition suffisante, pas nécessaire. La convexité, elle, garantit d'être au-dessus de TOUTES les tangentes.

d) φ′(x)=ln⁡x+x×1x=ln⁡x+1\varphi'(x)=\ln x+x\times\frac{1}{x}=\ln x+1 et φ′′(x)=1x>0\varphi''(x)=\frac{1}{x}>0 sur l'intervalle ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ : φ\varphi y est convexe. En 11 : φ(1)=0\varphi(1)=0, φ′(1)=1\varphi'(1)=1, tangente y=x−1y=x-1. D'après a), xln⁡x≥x−1x\ln x\geq x-1 pour tout x>0x>0, et en divisant par x>0x>0 : ln⁡x≥1−1x\ln x\geq 1-\frac{1}{x}. Contrôle en x=e−1x=\mathrm{e}^{-1} : ln⁡x=−1\ln x=-1 et 1−e≈−1,721-\mathrm{e}\approx-1{,}72, l'inégalité tient. Avec ln⁡x≤x−1\ln x\leq x-1, on encadre le logarithme entre deux fonctions simples.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacun des cinq élèves ci-dessous croit avoir démontré un résultat du programme. Chaque rédaction contient UNE faute : le résultat utilisé pour se prouver lui-même, une constante prise pour zéro, une conclusion tirée d'exemples, une hypothèse oubliée.

Pour chacune, nommez la faute, donnez le calcul qui la démasque, et écrivez l'énoncé ou la démonstration justes. On donne e2≈7,39\mathrm{e}^{2}\approx 7{,}39.

  • a) « Démontrons que ln⁡′(x)=1x\ln'(x)=\frac{1}{x}. On sait que ln⁡x=∫1x1t dt\ln x=\int_{1}^{x}\frac{1}{t}\,\mathrm{d}t, et une fonction définie par une intégrale a pour dérivée la fonction intégrée. Donc ln⁡′(x)=1x\ln'(x)=\frac{1}{x}. »
  • b) « Résolvons y′=2yy'=2y. Si yy est solution, z(x)=y(x)e−2xz(x)=y(x)\mathrm{e}^{-2x} vérifie z′=0z'=0, donc z=0z=0, donc y=0y=0 : la seule solution est la fonction nulle. »
  • c) « Pour tout entier n≥1n\geq 1 et tout x≥0x\geq 0, ex≥xn\mathrm{e}^{x}\geq x^{n}. En effet, c'est l'exercice 1 pour n=1n=1, et pour n=2n=2 on vérifie : e1≥1\mathrm{e}^{1}\geq 1, e2≥4\mathrm{e}^{2}\geq 4, e3≥9\mathrm{e}^{3}\geq 9. »
  • d) « La fonction inverse vérifie f′′(x)=2x3f''(x)=\frac{2}{x^{3}}. Donc sa courbe est au-dessus de sa tangente au point d'abscisse 11, d'équation y=2−xy=2-x, pour tout réel x≠0x\neq 0. »
  • e) « Tout ensemble de points de l'espace d'équation ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0 est un plan de vecteur normal n⃗(a ;b ;c)\vec{n}(a\,;b\,;c). »

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Réponses

  • a) Cercle vicieux : ∫1xdtt=ln⁡x\int_{1}^{x}\frac{\mathrm{d}t}{t}=\ln x suppose déjà ln⁡′=1x\ln'=\frac{1}{x} ; ln⁡′(5)=0,2\ln'(5)=0{,}2 se démontre par eln⁡x=x\mathrm{e}^{\ln x}=x
  • b) z′=0z'=0 donne zz CONSTANTE : y=Ce2xy=C\mathrm{e}^{2x} ; contre-exemple y=5e2xy=5\mathrm{e}^{2x}, y′(0)=10=2y(0)y'(0)=10=2y(0)
  • c) Conclusion sur des exemples : pour n=3n=3 et x=2x=2, e2≈7,39<8=23\mathrm{e}^{2}\approx 7{,}39<8=2^{3}
  • d) Hypothèse oubliée : f′′>0f''>0 seulement sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ ; en −1-1, f(−1)=−1f(-1)=-1 sous la tangente, qui vaut 33
  • e) Hypothèse oubliée : (a ;b ;c)(a\,;b\,;c) non nul ; 0x+0y+0z+5=00x+0y+0z+5=0 est l'ensemble vide

a) Faute : cercle vicieux. L'égalité ln⁡x=∫1xdtt\ln x=\int_{1}^{x}\frac{\mathrm{d}t}{t} se démontre en sachant que ln⁡\ln est la primitive de 1x\frac{1}{x} nulle en 11, c'est-à-dire en utilisant ln⁡′=1x\ln'=\frac{1}{x}, le résultat à prouver. Une démonstration n'utilise que ce qui est établi AVANT : ici, la définition de ln⁡\ln comme réciproque de l'exponentielle. Démonstration juste (exercice 3) : on dérive eln⁡x=x\mathrm{e}^{\ln x}=x, d'où ln⁡′(x)×x=1\ln'(x)\times x=1 ; par exemple ln⁡′(5)=15=0,2\ln'(5)=\frac{1}{5}=0{,}2.

b) Faute : une dérivée nulle donne une fonction CONSTANTE, pas une fonction nulle. De z′=0z'=0 sur l'intervalle R\mathbb{R}, on tire z=Cz=C, d'où y(x)=Ce2xy(x)=C\mathrm{e}^{2x} pour un réel CC quelconque. Contre-exemple à la conclusion : y=5e2xy=5\mathrm{e}^{2x} vérifie y′=10e2x=2yy'=10\mathrm{e}^{2x}=2y, et en 00, y′(0)=10=2×5y'(0)=10=2\times 5. L'élève a perdu toutes les solutions sauf une ; en pratique, c'est la condition initiale qui fixe CC, et elle n'aurait plus rien à fixer.

c) Faute : conclusion tirée d'exemples, et généralisée à tous les nn à partir de n=1n=1 et n=2n=2. Le contre-exemple est tout proche : n=3n=3 et x=2x=2 donnent 23=82^{3}=8 alors que e2≈7,39<8\mathrm{e}^{2}\approx 7{,}39<8. Ce que le programme démontre, c'est une LIMITE (exercice 2) : exxn→+∞\frac{\mathrm{e}^{x}}{x^{n}}\to+\infty, donc ex>xn\mathrm{e}^{x}>x^{n} pour xx ASSEZ GRAND, pas pour tout x≥0x\geq 0. Même pour n=2n=2, trois valeurs ne prouvent rien ; l'énoncé est vrai pour n=2n=2, mais il se démontre par l'étude de ex−x2\mathrm{e}^{x}-x^{2}, pas par trois essais.

d) Faute : hypothèse oubliée. La propriété de l'exercice 7 exige f′′≥0f''\geq 0 sur un INTERVALLE contenant le point de tangence. Or 2x3>0\frac{2}{x^{3}}>0 seulement sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ ; sur ]−∞ ;0[]-\infty\,;0[, la fonction inverse est concave. Contre-exemple : en x=−1x=-1, la tangente vaut 2−(−1)=32-(-1)=3 et la courbe f(−1)=−1f(-1)=-1, EN DESSOUS. Énoncé juste : « pour tout x>0x>0, 1x≥2−x\frac{1}{x}\geq 2-x », qui équivaut à (x−1)2≥0(x-1)^{2}\geq 0 après multiplication par x>0x>0.

e) Faute : hypothèse oubliée, (a ;b ;c)≠(0 ;0 ;0)(a\,;b\,;c)\neq(0\,;0\,;0). Avec a=b=c=0a=b=c=0, l'équation 0x+0y+0z+5=00x+0y+0z+5=0 n'a aucune solution, c'est l'ensemble vide, et 0x+0y+0z+0=00x+0y+0z+0=0 est vérifiée par tout l'espace : ni l'un ni l'autre n'est un plan, et 0⃗\vec{0} n'est pas un vecteur normal. La démonstration juste (exercice 10) utilise cette hypothèse pour trouver un point du plan, par exemple (−da ;0 ;0)\left(-\frac{d}{a}\,;0\,;0\right) lorsque a≠0a\neq 0.

Exercice 9 : Des graines qui germent : P(X = k), puis espérance et variance par une somme

Une jardinière sème des graines d'une même variété. Chaque graine germe avec la probabilité p=0,8p=0{,}8, indépendamment des autres. On note XX le nombre de graines qui germent parmi nn graines semées : XX suit la loi binomiale B(n ;p)\mathcal{B}(n\,;p).

Le programme demande de démontrer l'expression de P(X=k)P(X=k), puis l'espérance et la variance de la loi binomiale. La figure est l'arbre du cas n=3n=3 : G signifie « la graine germe », N « elle ne germe pas », et chaque issue est écrite au bout de son chemin.

GNGNGNGNGNGNGNGGGGGNGNGGNNNGGNGNNNGNNN0,80,2
  • a) Cas n=3n=3. Combien de chemins de l'arbre comportent exactement deux G ? Quelle est la probabilité de chacun ? Déduisez-en P(X=2)P(X=2).
  • b) Démonstration. Pour nn quelconque et 0≤k≤n0\leq k\leq n, justifiez que chaque chemin à kk succès a pour probabilité pk(1−p)n−kp^{k}(1-p)^{n-k}, et que ces chemins sont au nombre de (nk)\binom{n}{k}. Concluez. Pour n=10n=10 et k=7k=7, combien y a-t-il de chemins, et quel exposant porte 1−p1-p ?
  • c) Démonstration. Pour ii de 11 à nn, soit XiX_{i} la variable qui vaut 11 si la ii-ème graine germe et 00 sinon, de sorte que X=X1+⋯+XnX=X_{1}+\cdots+X_{n}. Calculez E(Xi)E(X_{i}) et V(Xi)V(X_{i}). Par linéarité de l'espérance, et additivité de la variance pour des variables INDÉPENDANTES, déduisez-en E(X)=npE(X)=np et V(X)=np(1−p)V(X)=np(1-p). Donnez E(X)E(X) et V(X)V(X) pour un godet de 1010 graines.
  • d) Contrôle direct avec n=2n=2 : donnez la loi de YY, nombre de graines qui germent parmi deux, calculez E(Y)E(Y) et V(Y)V(Y) à partir des définitions, et comparez aux formules de c).

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Réponses

  • a) 33 chemins (GGN, GNG, NGG), chacun de probabilité 0,82×0,2=0,1280{,}8^{2}\times 0{,}2=0{,}128 : P(X=2)=0,384P(X=2)=0{,}384
  • b) Produit le long du chemin par indépendance, positions des succès choisies de (nk)\binom{n}{k} façons : P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kP(X=k)=\binom{n}{k}p^{k}(1-p)^{n-k} ; 120120 chemins, exposant 33
  • c) E(Xi)=0,8E(X_{i})=0{,}8, V(Xi)=0,8−0,64=0,16V(X_{i})=0{,}8-0{,}64=0{,}16 ; E(X)=8E(X)=8, V(X)=1,6V(X)=1{,}6
  • d) P(Y=0)=0,04P(Y=0)=0{,}04, P(Y=1)=0,32P(Y=1)=0{,}32, P(Y=2)=0,64P(Y=2)=0{,}64 ; E(Y)=1,6=2×0,8E(Y)=1{,}6=2\times 0{,}8, V(Y)=0,32=2×0,16V(Y)=0{,}32=2\times 0{,}16

a) Les chemins à deux G sont GGN, GNG et NGG : il y en a 33, autant que de façons de placer l'unique N parmi trois rangs, soit (32)=3\binom{3}{2}=3. Par indépendance, la probabilité d'un chemin est le produit des probabilités de ses branches, et chacun porte deux fois 0,80{,}8 et une fois 0,20{,}2, quel que soit l'ordre : 0,82×0,2=0,1280{,}8^{2}\times 0{,}2=0{,}128. Ces trois chemins sont des issues incompatibles, donc P(X=2)=3×0,128=0,384P(X=2)=3\times 0{,}128=0{,}384.

b) Démonstration rédigée. On représente les nn épreuves de Bernoulli indépendantes par un arbre à nn niveaux. Un chemin réalisant {X=k}\{X=k\} comporte kk branches de probabilité pp et n−kn-k branches de probabilité 1−p1-p ; par indépendance, sa probabilité est le produit pk(1−p)n−kp^{k}(1-p)^{n-k}, la même pour tous ces chemins. Un tel chemin est déterminé par l'ensemble des kk rangs de succès, partie à kk éléments de {1 ;… ;n}\{1\,;\ldots\,;n\} : il y en a (nk)\binom{n}{k}. Les chemins étant incompatibles, P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kP(X=k)=\binom{n}{k}p^{k}(1-p)^{n-k}. Pour n=10n=10 et k=7k=7 : (107)=120\binom{10}{7}=120 chemins, et l'exposant de 1−p1-p est 10−7=310-7=3.

c) Démonstration rédigée. XiX_{i} prend la valeur 11 avec la probabilité pp et 00 avec la probabilité 1−p1-p : E(Xi)=pE(X_{i})=p, et comme Xi2=XiX_{i}^{2}=X_{i}, E(Xi2)=pE(X_{i}^{2})=p, d'où V(Xi)=E(Xi2)−E(Xi)2=p−p2=p(1−p)V(X_{i})=E(X_{i}^{2})-E(X_{i})^{2}=p-p^{2}=p(1-p). Par linéarité de l'espérance, VRAIE SANS hypothèse, E(X)=E(X1)+⋯+E(Xn)=npE(X)=E(X_{1})+\cdots+E(X_{n})=np. Les XiX_{i} sont indépendantes, parce que les graines germent indépendamment : la variance de la somme est la somme des variances, V(X)=np(1−p)V(X)=np(1-p). Sans l'indépendance, cette dernière égalité serait fausse. Pour n=10n=10 et p=0,8p=0{,}8 : E(Xi)=0,8E(X_{i})=0{,}8, V(Xi)=0,16V(X_{i})=0{,}16, E(X)=8E(X)=8 et V(X)=1,6V(X)=1{,}6, soit en moyenne huit plants par godet.

d) P(Y=0)=0,22=0,04P(Y=0)=0{,}2^{2}=0{,}04, P(Y=1)=2×0,8×0,2=0,32P(Y=1)=2\times 0{,}8\times 0{,}2=0{,}32 et P(Y=2)=0,82=0,64P(Y=2)=0{,}8^{2}=0{,}64, de somme 11. E(Y)=0×0,04+1×0,32+2×0,64=1,6E(Y)=0\times 0{,}04+1\times 0{,}32+2\times 0{,}64=1{,}6, et E(Y2)=0,32+4×0,64=2,88E(Y^{2})=0{,}32+4\times 0{,}64=2{,}88, d'où V(Y)=2,88−1,62=2,88−2,56=0,32V(Y)=2{,}88-1{,}6^{2}=2{,}88-2{,}56=0{,}32. Les formules donnent 2×0,8=1,62\times 0{,}8=1{,}6 et 2×0,8×0,2=0,322\times 0{,}8\times 0{,}2=0{,}32 : accord parfait. Ce contrôle sur un cas n'est pas une preuve, il vérifie la preuve de c).

Exercice 10 : Le point du toit le plus proche : équation d'un plan et projeté orthogonal

Dans un repère orthonormé de l'espace, d'unité le mètre, un pan de toit est porté par le plan P\mathcal{P} passant par A(4 ;0 ;3)A(4\,;0\,;3) et de vecteur normal n⃗(1 ;2 ;2)\vec{n}(1\,;2\,;2). Le sommet d'une antenne est au point M(3 ;6 ;8)M(3\,;6\,;8) ; on veut le relier au toit par le câble le plus court.

Le programme demande deux démonstrations : l'équation cartésienne d'un plan dans le cas général, et le fait que le projeté orthogonal d'un point sur un plan est le point de ce plan le plus proche. La formule donnant directement la distance d'un point à un plan n'est pas au programme : on ne l'utilise pas. La figure est un schéma, sans échelle.

MHNplan P
  • a) Démonstration. Soit un plan passant par A(xA ;yA ;zA)A(x_{A}\,;y_{A}\,;z_{A}), de vecteur normal n⃗(a ;b ;c)\vec{n}(a\,;b\,;c) non nul. Démontrez qu'un point N(x ;y ;z)N(x\,;y\,;z) lui appartient si et seulement si ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0, avec un réel dd à exprimer. Réciproquement, démontrez que si (a ;b ;c)≠(0 ;0 ;0)(a\,;b\,;c)\neq(0\,;0\,;0), l'ensemble des points vérifiant ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0 est un plan. Application : donnez dd pour P\mathcal{P}, puis l'abscisse du point où P\mathcal{P} coupe l'axe des abscisses.
  • b) On note HH le projeté orthogonal de MM sur P\mathcal{P}. Donnez une représentation paramétrique de la droite passant par MM et dirigée par n⃗\vec{n}, déterminez le paramètre tt de son point d'intersection avec P\mathcal{P}, puis les coordonnées de HH et la longueur MHMH.
  • c) Démonstration. Soit NN un point de P\mathcal{P} distinct de HH. Démontrez que MN2=MH2+HN2MN^{2}=MH^{2}+HN^{2}, et concluez que HH est le point de P\mathcal{P} le plus proche de MM. Contrôle avec N=AN=A : calculez MA2MA^{2} et HA2HA^{2}.
  • d) Le câble disponible mesure 74\sqrt{74} mètres et doit être tendu en ligne droite. Démontrez que les points de P\mathcal{P} où l'on peut l'attacher forment un cercle, dont vous donnerez le centre et le rayon.

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Réponses

  • a) AN→⋅n⃗=0\overrightarrow{AN}\cdot\vec{n}=0 donne d=−(axA+byA+czA)d=-(ax_{A}+by_{A}+cz_{A}) ; P:x+2y+2z−10=0\mathcal{P} : x+2y+2z-10=0, d=−10d=-10, point (10 ;0 ;0)(10\,;0\,;0)
  • b) (3+t ;6+2t ;8+2t)(3+t\,;6+2t\,;8+2t), 9t+21=09t+21=0, t=−73t=-\frac{7}{3} ; H(23 ;43 ;103)H\left(\frac{2}{3}\,;\frac{4}{3}\,;\frac{10}{3}\right), MH=7MH=7 m
  • c) HN→⊥MH→\overrightarrow{HN}\perp\overrightarrow{MH} : Pythagore, MN2=MH2+HN2>MH2MN^{2}=MH^{2}+HN^{2}>MH^{2} ; MA2=62=49+13MA^{2}=62=49+13
  • d) HN2=74−49=25HN^{2}=74-49=25 : cercle de centre HH et de rayon 55 m dans P\mathcal{P}

a) Démonstration rédigée. NN appartient au plan si et seulement si AN→\overrightarrow{AN} est orthogonal à n⃗\vec{n}, soit a(x−xA)+b(y−yA)+c(z−zA)=0a(x-x_{A})+b(y-y_{A})+c(z-z_{A})=0, c'est-à-dire ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0 avec d=−(axA+byA+czA)d=-(ax_{A}+by_{A}+cz_{A}). Réciproque : si (a ;b ;c)≠(0 ;0 ;0)(a\,;b\,;c)\neq(0\,;0\,;0), supposons par exemple a≠0a\neq 0 ; le point B(−da ;0 ;0)B\left(-\frac{d}{a}\,;0\,;0\right) vérifie l'équation, et pour tout NN, ax+by+cz+d=a(x+da)+by+cz=BN→⋅n⃗ax+by+cz+d=a\left(x+\frac{d}{a}\right)+by+cz=\overrightarrow{BN}\cdot\vec{n}. L'ensemble est donc le plan passant par BB de vecteur normal n⃗\vec{n} ; les cas b≠0b\neq 0 ou c≠0c\neq 0 sont identiques. Application : d=−(4+0+6)=−10d=-(4+0+6)=-10, P:x+2y+2z−10=0\mathcal{P} : x+2y+2z-10=0, qui coupe l'axe des abscisses en (10 ;0 ;0)(10\,;0\,;0), et l'on retrouve AA : 4+0+6−10=04+0+6-10=0.

b) La droite passant par MM dirigée par n⃗\vec{n} a pour représentation x=3+tx=3+t, y=6+2ty=6+2t, z=8+2tz=8+2t, t∈Rt\in\mathbb{R}. On remplace dans l'équation : 3+t+2(6+2t)+2(8+2t)−10=03+t+2(6+2t)+2(8+2t)-10=0, soit 9t+21=09t+21=0 et t=−73t=-\frac{7}{3}. D'où H(3−73 ;6−143 ;8−143)=(23 ;43 ;103)H\left(3-\frac{7}{3}\,;6-\frac{14}{3}\,;8-\frac{14}{3}\right)=\left(\frac{2}{3}\,;\frac{4}{3}\,;\frac{10}{3}\right), et 23+83+203−10=0\frac{2}{3}+\frac{8}{3}+\frac{20}{3}-10=0 confirme H∈PH\in\mathcal{P}. MH→=−73n⃗\overrightarrow{MH}=-\frac{7}{3}\vec{n} et ∥n⃗∥=1+4+4=3\|\vec{n}\|=\sqrt{1+4+4}=3, donc MH=73×3=7MH=\frac{7}{3}\times 3=7 m.

c) Démonstration rédigée. HH et NN sont dans P\mathcal{P}, donc HN→\overrightarrow{HN} est orthogonal à n⃗\vec{n}, donc à MH→\overrightarrow{MH} qui lui est colinéaire. Alors MN2=∥MH→+HN→∥2=MH2+2 MH→⋅HN→+HN2=MH2+HN2MN^{2}=\left\|\overrightarrow{MH}+\overrightarrow{HN}\right\|^{2}=MH^{2}+2\,\overrightarrow{MH}\cdot\overrightarrow{HN}+HN^{2}=MH^{2}+HN^{2}. Comme N≠HN\neq H, HN2>0HN^{2}>0 et MN>MHMN>MH : HH est le point de P\mathcal{P} le plus proche de MM, et le seul. Contrôle : MA2=1+36+25=62MA^{2}=1+36+25=62 et HA2=(103)2+(43)2+(13)2=1179=13HA^{2}=\left(\frac{10}{3}\right)^{2}+\left(\frac{4}{3}\right)^{2}+\left(\frac{1}{3}\right)^{2}=\frac{117}{9}=13, avec 49+13=6249+13=62. La distance de MM au toit, 77 m, est donc une démonstration, pas une formule.

d) Un point NN de P\mathcal{P} convient si et seulement si MN=74MN=\sqrt{74}, soit MN2=74MN^{2}=74. D'après c), MN2=49+HN2MN^{2}=49+HN^{2} (vrai aussi pour N=HN=H), donc la condition équivaut à HN2=25HN^{2}=25, soit HN=5HN=5. Les points d'attache sont les points du plan P\mathcal{P} situés à 55 m de HH : le cercle de P\mathcal{P} de centre HH et de rayon 55 m. Un câble plus court que 77 m n'atteint pas le toit ; un câble d'exactement 77 m ne s'attache qu'en HH.

© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/tspe-demonstrations. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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