Physique-chimie, Seconde • Fiche de révision à Montréal
Fiche de révision : lumière blanche, lumière colorée et spectres (Seconde)
Cette fiche couvre la partie « lumière blanche, lumière colorée et spectres » du programme de physique-chimie de Seconde : spectres d'émission continus d'origine thermique et spectres de raies, lumière monochromatique et polychromatique, longueur d'onde dans le vide ou dans l'air, dispersion de la lumière blanche par un prisme, exploitation d'un spectre de raies au spectroscope. Elle ne refait pas le cours : elle dit ce qui coûte des points au contrôle, et le geste qui évite chaque perte.
Presque toutes ces pertes ont la même origine : conclure sur une COULEUR au lieu d'une longueur d'onde. Les huit pièges, les deux arbres et l'exercice type reviennent tous à cette règle : on lit le spectre sur l'axe des longueurs d'onde, en nanomètres, et on compare TOUTES les raies.
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Le fil du chapitre
Une couleur ne dit pas quelle lumière arrive : seul le spectre, lu sur l'axe des longueurs d'onde et en nanomètres, le dit. Presque tous les points perdus sur ce chapitre viennent d'une conclusion tirée d'une couleur au lieu d'une longueur d'onde.
•Un corps chaud et DENSE (filament, métal en fusion, surface d'une étoile) émet un spectre CONTINU d'origine thermique : toutes les radiations, sans interruption.
•Un gaz chaud sous faible pression (lampe spectrale, tube à décharge, flamme) émet un spectre de RAIES : quelques radiations seulement, propres à chaque élément.
•Le spectre continu renseigne sur la TEMPÉRATURE ; le spectre de raies, sur la NATURE des atomes.
En haut, aucune radiation ne manque de 400 à 780nm ; en bas, quatre raies seulement, à 410, 434, 486 et 656nm, la signature de l'hydrogène.
Au programme de Seconde, seuls les spectres d'émission sont étudiés ; les spectres d'absorption arrivent en Première.
Monochromatique ou polychromatique : le spectre décide, pas la couleur
•Lumière monochromatique : une seule radiation, une seule raie (laser).
•Lumière polychromatique : plusieurs radiations (lumière blanche, LED, lampe spectrale).
•Une lumière COLORÉE peut être l'une ou l'autre : la couleur perçue ne dit pas combien de radiations arrivent.
Les deux lumières paraissent vertes : le laser n'a qu'une raie, à 532nm ; la LED émet toute une bande, de 510 à 550nm.
Longueur d'onde et domaines
•Une radiation monochromatique se caractérise par sa longueur d'onde λ dans le vide ou dans l'air, pratiquement la même dans les deux.
•1nm=10−9m et 1μm=10−6m=1000nm.
•Ultraviolet : λ<400nm. Visible : de 400 (violet) à 800nm (rouge). Infrarouge : λ>800nm.
On compare TOUJOURS en nanomètres : convertir d'abord, comparer ensuite.
La dispersion par un prisme
•L'indice d'un verre dépend de la longueur d'onde : il est plus grand pour le violet que pour le rouge.
•Avec n1sini1=n2sini2, chaque radiation est donc réfractée sous un angle différent : le prisme SÉPARE les radiations déjà présentes, le violet le plus dévié.
•Une vitre à faces parallèles ne disperse pas de façon visible : chaque radiation ressort parallèle au rayon incident, et les couleurs se superposent.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Croire qu'une lumière colorée est monochromatique
1 point
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La LED est verte, donc sa lumière est monochromatique. »
Ce qu'il faut écrire
« Le spectre de la LED est une bande de 510 à 550nm : sa lumière est polychromatique, bien qu'elle paraisse verte. »
Pourquoi : Monochromatique se décide sur le spectre, une seule raie, jamais sur la couleur perçue. Seul le laser donne une lumière monochromatique dans les exercices de Seconde.
2.Garder l'exposant de départ en convertissant des nanomètres
0,5 point, et toute la suite du calcul
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 450nm=4,50×10−9m. »
Ce qu'il faut écrire
« 450nm=450×10−9m=4,50×10−7m. »
Pourquoi : Déplacer la virgule de deux rangs vers la gauche oblige l'exposant à gagner deux : sinon la valeur est cent fois trop petite, et rien ne le signale.
3.Comparer aux bornes du visible sans convertir
la question entière
Ce qu'il ne faut pas écrire
« λ=7,5×10−6m : 7,5 est entre 4 et 8, donc c'est une radiation visible. »
Ce qu'il faut écrire
« 7,5×10−6m=7500nm>800nm : c'est de l'infrarouge. »
Pourquoi : Les bornes du visible ne valent 4 et 8 qu'en 10−7m. Un exposant différent change tout : on convertit en nanomètres avant de comparer.
4.Dire qu'un corps chaud « rougit » en chauffant
1 point
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Plus le métal est chaud, plus son spectre se décale vers le rouge. »
Ce qu'il faut écrire
« Plus le métal est chaud, plus son spectre s'enrichit vers le violet : il passe du rouge sombre à l'orangé, puis au blanc. »
À 1500K, le visible ne reçoit qu'un pied de courbe, côté rouge ; à 3000K, le maximum recule vers 970nm et couvre tout le visible.
Pourquoi : Le rouge est la PREMIÈRE couleur qu'émet un corps qui chauffe, pas la dernière. En chauffant, le maximum du spectre se déplace vers les petites longueurs d'onde.
5.Identifier un élément sur une seule raie
la question entière
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le gaz a une raie jaune à 588nm : il contient du sodium. »
Ce qu'il faut écrire
« Le gaz montre 447, 502, 588 et 668nm : ce sont TOUTES les raies de l'hélium. Il n'y a pas de raie à 589nm : pas de sodium. »
La raie jaune du gaz inconnu est à 588nm, celle du sodium à 589nm : à l'œil, identiques ; ce sont les trois autres raies qui désignent l'hélium.
Pourquoi : Deux éléments peuvent avoir des raies voisines, à un nanomètre près. Un élément n'est présent que si toutes ses raies principales apparaissent, et la couleur d'une raie ne prouve rien.
6.Dire que le prisme fabrique les couleurs
1 point sur une question d'explication
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le prisme colore la lumière blanche. »
Ce qu'il faut écrire
« Le prisme sépare des radiations déjà présentes dans la lumière blanche, parce que l'indice du verre dépend de la longueur d'onde. »
Pourquoi : La preuve tient en une expérience : la lumière d'un laser, monochromatique, ressort du prisme déviée mais sans aucune couleur nouvelle.
7.Croire que le rouge est le plus dévié
1 point
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le rouge a la plus grande longueur d'onde, donc c'est lui que le prisme dévie le plus. »
Ce qu'il faut écrire
« L'indice du crown vaut 1,532 pour le violet et 1,514 pour le rouge : le violet est le plus dévié. »
Prisme de crown, incidence 50∘ : le violet ressort plus incliné que le rouge, sa déviation vaut 40,0∘ contre 38,4∘.
Pourquoi : Le plus grand indice donne le plus petit angle de réfraction à l'entrée, donc la plus forte déviation. Pour un prisme de crown éclairé sous 50∘, le violet sort à 50,0∘ et le rouge à 48,4∘.
8.Multiplier par le coefficient d'étalonnage au lieu de diviser
toute la question, et l'identification qui suit
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La raie est à 40,0mm, avec k=0,080mm/nm : λ=0,080×40,0=3,2nm. »
Ce qu'il faut écrire
« x=k×λ, donc λ=kx=0,08040,0=500nm. »
Pourquoi : Une raie visible est entre 400 et 800nm : un résultat de quelques nanomètres signale l'erreur avant même de comparer aux tables.
Quelle méthode choisir
Quelle source se cache derrière ce spectre ?
On regarde la FORME du spectre, jamais la couleur de la lumière : la forme dit d'où vient la lumière avant tout calcul.
Quatre formes, quatre familles : le continu du corps chaud, les quatre raies de l'hélium, la raie unique du laser à 405nm, la bande de la LED bleue.
Si une bande colorée sans interruption sur tout le visible → spectre continu d'origine thermique : un corps chaud et dense
Exemple : filament de lampe, métal en fusion, surface du Soleil
plus le spectre est riche en violet, plus le corps est chaud
Si quelques traits fins séparés sur un fond noir → spectre de raies : un gaz chaud sous faible pression ; on identifie l'élément
Exemple : hélium : 447, 502, 588, 668nm
Si un seul trait fin → lumière monochromatique : en pratique, un laser
Exemple : laser violet à 405nm
Si une bande étroite de quelques dizaines de nanomètres → lumière colorée mais polychromatique : une LED
Exemple : LED bleue de 455 à 485nm, soit 30nm de large
Si le spectre mêle des raies et une bande, la lampe combine deux sources : un tube fluorescent porte les raies du mercure ET les bandes de sa poudre.
Dans quel domaine est cette radiation ?
On convertit d'abord la longueur d'onde en nanomètres, puis on la compare aux deux bornes 400 et 800nm.
Si λ<400nm → ultraviolet, invisible
Exemple : 3,65×10−7m=365nm : lampe à lumière noire
Si 400nm≤λ≤800nm → visible, du violet au rouge
Exemple : 5,32×10−7m=532nm : vert
Si λ>800nm → infrarouge, invisible
Exemple : 1,55μm=1550nm : fibres optiques
Une valeur en micromètres se multiplie par 1 000 pour passer en nanomètres.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Identifier les éléments présents à partir d'un spectre de raies
Quand l'utiliser : L'énoncé donne les raies d'une lampe ou d'une flamme et une table de raies de référence.
1Relever TOUTES les longueurs d'onde observées, en nanomètres.
2Pour chaque élément de la table, vérifier que toutes ses raies principales figurent dans le spectre : une seule absente suffit à l'exclure.
3Vérifier qu'aucune raie observée ne reste sans explication ; une raie orpheline signale un élément de plus.
4Comparer les valeurs à la précision des données, jamais la couleur des raies.
5Conclure par une phrase qui cite les raies.
Phrase de conclusion
« Les raies à 447, 502, 588 et 668nm sont toutes celles de l'hélium, et elles expliquent toutes les raies observées : la lampe contient de l'hélium. »
Le piège : Conclure dès la première raie commune, ou sur la couleur de la flamme.
Barème : Souvent 1 point pour la comparaison complète, 1 point pour la phrase de conclusion.
Expliquer la dispersion de la lumière blanche par un prisme
Quand l'utiliser : « Expliquez pourquoi le prisme décompose la lumière blanche. »
1Dire que la lumière blanche contient toutes les radiations du visible.
2Dire que l'indice du verre dépend de la longueur d'onde, plus grand pour le violet que pour le rouge.
3Appliquer n1sini1=n2sini2 : sous la même incidence, chaque radiation est réfractée sous un angle différent.
4Dire que la seconde face, inclinée par rapport à la première, accentue l'écart au lieu de l'annuler.
5Conclure : les radiations sortent séparées, le violet le plus dévié.
Phrase de conclusion
« L'indice du verre dépend de la longueur d'onde : le prisme sépare les radiations déjà présentes dans la lumière blanche, le violet étant le plus dévié. »
Le piège : Écrire que le verre « colore » la lumière, ou que le rouge est le plus dévié.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Une raie visible fait trois chiffres en nanomètres
Toute longueur d'onde visible tombe entre 400 et 800nm. Un résultat de quelques nanomètres ou de plusieurs milliers signale une division à l'envers ou une puissance de dix perdue.
Trouver 3,2nm pour une raie verte dit qu'on a multiplié par k au lieu de diviser.
Le violet est toujours le plus dévié
Avec un prisme, comparer les deux angles trouvés : le plus grand indice doit donner le plus petit angle de réfraction à l'entrée et la plus grande déviation.
Un violet réfracté sous 30,4∘ et un rouge sous 30,0∘ disent que les deux indices ont été intervertis.
Toutes les raies sont expliquées
Après une identification, barrer chaque raie observée attribuée à un élément : il ne doit rien rester.
Une raie à 640nm restée seule dans un spectre d'hélium signale un second gaz, par exemple du néon.
Plus chaud, plus bleu
Relire toute conclusion sur un corps chaud : une température plus haute va avec un spectre plus riche en violet et un maximum à plus courte longueur d'onde.
Écrire qu'un filament à 3 000 K est « plus rouge » qu'un four à 1 500 K est faux.
L'exercice type décortiqué
Étalonner un spectroscope, puis identifier une lampe
Un spectroscope est étalonné avec une lampe à hydrogène (434, 486 et 656nm) et une lampe à sodium (589nm) : leurs raies apparaissent à 34,7 ; 38,9 ; 52,5 et 47,1mm sur la règle de l'appareil.
Une lampe Y donne des raies à 35,8 ; 40,2 ; 47,0 et 53,4mm. Tables : hélium 447, 502, 588, 668nm ; néon 585, 614, 640, 703nm. Quel gaz contient la lampe Y ?
La raie jaune de la lampe Y, à 47,0mm, est presque sur celle du sodium, à 47,1mm : ce sont ses trois autres raies qui décideront.
Étape 1
43434,7≈0,0800 ; 48638,9≈0,0800 ; 65652,5≈0,0800 ; 58947,1≈0,0800, donc x=0,080×λ.
Pourquoi
Le rapport constant prouve la proportionnalité : sans cette vérification, la conversion qui suit n'a aucune base.
Étape 2
λ=0,080x : 447,5 ; 502,5 ; 587,5 et 667,5nm.
Pourquoi
On DIVISE par k. La précision de lecture, 0,1mm, vaut ici 1,25nm : on ne peut pas départager deux raies plus proches que cela.
Étape 3
Hélium : 447, 502, 588 et 668nm sont toutes présentes, à la précision près. Néon : aucune de ses raies, 614, 640, 703nm, n'apparaît.
Pourquoi
On teste chaque élément par TOUTES ses raies : c'est ce qui écarte le néon, dont la raie à 585 nm n'est qu'à 2,5 nm de la raie jaune observée.
Étape 4
Les quatre raies de Y sont expliquées par l'hélium.
Pourquoi
Aucune raie orpheline : pas besoin d'un second gaz pour expliquer le spectre.
Étape 5
Vérification : les quatre longueurs d'onde sont entre 400 et 800nm, et 0,080×668=53,4mm redonne bien la position mesurée.
Pourquoi
Recalculer une position à partir de la table attrape une erreur de division en cinq secondes.
Conclusion rédigée
Les raies de Y, à 447, 502, 588 et 668nm, sont toutes celles de l'hélium et les expliquent toutes : la lampe Y contient de l'hélium.
L'erreur classique sur cet exercice : Conclure au sodium sur la seule raie jaune : 587,5 et 589nm sont à la limite de précision, et le sodium n'explique aucune des trois autres raies.
À savoir par cœur
•Visible : de 400nm (violet) à 800nm (rouge) ; 1nm=10−9m.
•Corps chaud et dense : spectre CONTINU ; gaz chaud sous faible pression : spectre de RAIES.
•Plus un corps est chaud, plus son spectre s'enrichit vers le VIOLET.
•Monochromatique = une seule raie ; une lumière colorée peut être polychromatique.
•Un élément est présent si TOUTES ses raies principales apparaissent.
•L'indice dépend de la longueur d'onde : le prisme sépare, le VIOLET est le plus dévié.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un spectre continu et un spectre de raies en Seconde ?
Un spectre continu contient toutes les radiations du visible sans interruption : il est émis par un corps chaud et dense, comme un filament ou le Soleil, et renseigne sur sa température. Un spectre de raies ne contient que quelques radiations : il est émis par un gaz chaud sous faible pression et renseigne sur les éléments présents.
Comment savoir si une lumière est monochromatique ?
On regarde son spectre, pas sa couleur. Une lumière monochromatique ne donne qu'une seule raie, comme celle d'un laser. Une LED colorée donne une bande de plusieurs dizaines de nanomètres : sa lumière est polychromatique, même si elle paraît d'une seule couleur.
Pourquoi un prisme décompose-t-il la lumière blanche ?
Parce que l'indice du verre dépend de la longueur d'onde : il est plus grand pour le violet que pour le rouge. D'après la loi de Snell-Descartes, chaque radiation est donc réfractée sous un angle différent, et la seconde face accentue l'écart. Le prisme ne crée aucune couleur, il sépare celles que contient déjà la lumière blanche.
Comment identifier un élément avec un spectre de raies ?
On relève toutes les longueurs d'onde des raies, en nanomètres, puis on les compare aux tables de référence. Un élément n'est présent que si toutes ses raies principales apparaissent ; une seule raie commune ne prouve rien, et la couleur d'une raie non plus. On vérifie enfin que chaque raie observée est expliquée.
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Exercices corrigés : Lumière blanche, lumière colorée et spectres
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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