Chimie organique • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Fiche de révision : la spectroscopie et la détermination de structure

La détermination de structure est le seul chapitre où l'on ne calcule presque rien : on lit. Et c'est justement pour cela qu'il se rate, parce qu'une donnée lue trop vite, une bande de carbonyle à 17351735 prise pour 17151715, oriente toute la conclusion.

Cette fiche laisse les tables dans le polycopié et rassemble l'ordre de lecture : la formule brute d'abord, les fonctions ensuite, le squelette en dernier, et le croisement systématique avant de conclure.

Le fil du chapitre

Aucune technique ne donne la structure : la masse donne la formule, l'infrarouge donne les fonctions, la RMN donne le squelette, et c'est le CROISEMENT des quatre qui conclut.

Ce chapitre fait partie de Chimie organique

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Structure atomique et configuration électroniqueChimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA)
  2. 2Liaison chimique et géométrie moléculaireChimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA)
  3. 3Hybridation et modèle quantique de la liaisonChimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA)
  4. 4Nomenclature et isomérie

L'essentiel

Le degré d'insaturation, toujours en premier

  • 2nC+2+nNnHnX2\dfrac{2n_{C}+2+n_{N}-n_{H}-n_{X}}{2}, l'oxygène étant IGNORÉ.
  • Chaque unité vaut une liaison double ou un cycle ; un cycle aromatique en vaut QUATRE.
  • Un degré nul interdit tout carbonyle, tout alcène et tout cycle : la molécule est saturée.

Ce nombre se calcule avant d'ouvrir le moindre spectre. Il oriente immédiatement la lecture de l'infrarouge, et il élimine la plupart des structures que l'on serait tenté de proposer.

La spectrométrie de masse

  • Le pic M+M^{+} donne la masse molaire. RÈGLE DE L'AZOTE : une masse IMPAIRE signale un nombre IMPAIR d'azotes.
  • M+1M+1 vaut environ 1,1%1{,}1\,\% de MM par atome de carbone : on compte ainsi les carbones.
  • UN chlore donne M+2M+2 à 32%32\,\% de MM ; UN brome donne M+2M+2 à peu près ÉGAL à MM.
  • Pertes caractéristiques : 1515 pour CH3CH_{3}, 1717 pour OHOH, 1818 pour H2OH_{2}O, 2929 pour CHOCHO ou C2H5C_{2}H_{5}, 3131 pour OCH3OCH_{3}, 4545 pour COOHCOOH.
MM+2MM+2un chloreun bromeM+2 à 32 %M+2 presque égal à M
L'amas isotopique tranche en un coup d'œil : un pic M+2M+2 au tiers de MM désigne un chlore, un pic M+2M+2 de même hauteur désigne un brome.

Deux fragments à connaître : m/z=91m/z=91 est le cation tropylium, signature d'un groupe benzylique ; m/z=43m/z=43 est l'acylium CH3CO+CH_{3}CO^{+}, signature d'une méthylcétone.

L'infrarouge, et surtout la position du carbonyle

  • OHO-H alcool 32003200 à 36003600, large ; OHO-H acide 25002500 à 33003300, TRÈS large ; NHN-H 33003300 à 35003500, DEUX bandes si primaire, UNE si secondaire.
  • CHC-H sp3sp^{3} 28502850 à 29602960 ; sp2sp^{2} 30003000 à 31003100 ; alcyne terminal 33003300, fin. CNC\equiv N 22502250. C=CC=C 16501650. Aromatique 14501450 à 16001600.
  • POSITION DU CARBONYLE : chlorure d'acyle 18001800 ; anhydride 17601760 ET 18201820 ; ester 17351735 ; aldéhyde 17251725 ; cétone 17151715 ; acide 17101710 ; amide 16501650.
  • La conjugaison ABAISSE d'environ 3030 cm1^{-1}, la tension de cycle l'ÉLÈVE.
16201670172017701820amidecétoneesterchlorure d'acylela position du carbonyle nomme le dérivé
Une même bande, sept dérivés : vingt nombres d'onde séparent une cétone d'un ester, et c'est cet écart qu'il faut lire, pas la simple présence du pic.

L'aldéhyde se signale en outre par un DOUBLET de bandes CHC-H à 27202720 et 28202820 cm1^{-1}, absent de toute cétone : c'est le seul moyen infrarouge de les séparer avec certitude.

La RMN, du proton et du carbone

  • Quatre informations : le NOMBRE de signaux donne les hydrogènes inéquivalents ; le DÉPLACEMENT donne l'environnement ; l'INTÉGRATION donne les PROPORTIONS ; la MULTIPLICITÉ donne le nombre de VOISINS, par la règle du n+1n+1.
  • Déplacements en ppm : TMSTMS 00 ; alcane 0,90{,}9 à 1,51{,}5 ; en alpha d'un C=OC=O 2,12{,}1 à 2,52{,}5 ; benzylique 2,32{,}3 ; lié à OO 3,43{,}4 à 4,04{,}0 ; vinylique 4,54{,}5 à 6,56{,}5 ; aromatique 6,56{,}5 à 8,08{,}0 ; aldéhyde 9,59{,}5 à 1010 ; acide 1010 à 1313, large.
  • RMN du carbone 1313 : avec découplage du proton, chaque carbone inéquivalent donne UN SINGULET.
  • Le nombre de signaux du carbone mesure donc directement la SYMÉTRIE de la molécule.
tripletquadrupletle CH3 voit 2 voisinsle CH2 voit 3 voisinson compte les voisins, jamais les hydrogènes du même carbone
Un groupe éthyle et ses deux signaux : le méthyle voit deux voisins et sort en triplet, le méthylène en voit trois et sort en quadruplet.

L'abondance du carbone 1313 n'est que de 1,1%1{,}1\,\% : deux carbones 1313 ne sont pratiquement jamais voisins, et c'est pourquoi ils ne se couplent pas entre eux.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Compter l'oxygène dans le degré d'insaturation

2 points, et toute la lecture des spectres part de travers

Ce qu'il ne faut pas écrire

« C4H8O2C_{4}H_{8}O_{2} : je retranche aussi les deux oxygènes. »

Ce qu'il faut écrire

« L'oxygène est IGNORÉ : 2×4+282=1\dfrac{2\times 4+2-8}{2}=1. »

Pourquoi : Un oxygène divalent s'insère dans une chaîne sans consommer d'hydrogène. C'est aussi pourquoi l'azote, trivalent, ajoute une unité au numérateur.

2. Lire un amas isotopique de brome comme un chlore

2 points, et une formule brute fausse

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Il y a un pic M+2M+2, donc la molécule contient un chlore. »

Ce qu'il faut écrire

« Il faut lire sa HAUTEUR : 32%32\,\% de MM pour un chlore, presque 100%100\,\% pour un brome. »

Pourquoi : Les deux isotopes du brome sont presque également abondants, ceux du chlore dans un rapport de trois pour un. La hauteur relative est donc une mesure, pas un détail.

3. Inverser la règle de l'azote

1,5 point, et une famille de composés écartée à tort

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La masse molaire est paire, donc il y a un azote. »

Ce qu'il faut écrire

« Une masse IMPAIRE signale un nombre IMPAIR d'azotes : une masse paire signale zéro ou deux azotes. »

Pourquoi : L'azote est le seul élément courant dont la valence et la masse sont de parités différentes. C'est cette anomalie qui rend la règle utilisable.

4. Confondre les deux bandes O-H

2 points, et une fonction mal attribuée

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Il y a une large bande vers 30003000, donc c'est un alcool. »

Ce qu'il faut écrire

« La bande de l'acide est BEAUCOUP plus large, de 25002500 à 33003300, et elle chevauche les CHC-H : c'est sa largeur qui la distingue. »

Pourquoi : L'acide carboxylique forme des dimères par liaisons hydrogène très fortes, ce qui élargit énormément la bande. Le contrôle définitif reste le carbonyle vers 17101710.

5. Attribuer un carbonyle sans lire sa position exacte

3 points, et la structure proposée n'a pas la bonne fonction

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Il y a une bande vers 17001700, donc c'est une cétone. »

Ce qu'il faut écrire

« 17351735 désigne un ester, 17151715 une cétone, 16501650 un amide : vingt nombres d'onde suffisent à changer de fonction. »

Pourquoi : C'est la donnée la plus riche de tout le chapitre. Un simple « il y a un carbonyle » ne rapporte presque rien, alors que la valeur précise nomme le dérivé.

6. Séparer aldéhyde et cétone sans le doublet caractéristique

1,5 point, et une conclusion laissée en suspens

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le carbonyle est à 17201720, impossible de trancher entre aldéhyde et cétone. »

Ce qu'il faut écrire

« On regarde vers 27202720 et 28202820 : ce DOUBLET de bandes CHC-H n'existe que chez l'aldéhyde. »

Pourquoi : Les deux fonctions ont des carbonyles trop proches, 17251725 contre 17151715, pour trancher sur ce seul critère. La RMN, avec son signal vers 9,59{,}5 ppm, donne la même réponse.

7. Compter les hydrogènes du même carbone dans la règle du n plus un

2 points, et toute l'attribution du spectre

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le CH3CH_{3} porte trois hydrogènes, donc il sort en quadruplet. »

Ce qu'il faut écrire

« On compte les VOISINS : le CH3CH_{3} d'un éthyle voit les deux hydrogènes du CH2CH_{2}, donc 2+1=32+1=3, un TRIPLET. »

Pourquoi : Les hydrogènes d'un même carbone sont équivalents et ne se couplent pas entre eux. Le motif éthyle, triplet plus quadruplet, est le plus fréquent des spectres d'examen.

8. Lire l'intégration en nombre absolu d'hydrogènes

1,5 point, et un compte d'hydrogènes incohérent

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La courbe monte de 22 cm, donc il y a deux hydrogènes. »

Ce qu'il faut écrire

« L'intégration donne des PROPORTIONS : on ramène au plus petit signal, puis on ajuste au nombre total d'hydrogènes de la formule brute. »

Pourquoi : Aucune unité n'est absolue en RMN. Le rapport 3:2:33:2:3 peut décrire huit hydrogènes comme seize : c'est la formule brute qui tranche.

9. Attendre des multiplets en RMN du carbone

1,5 point, et une lecture de spectre inutilement compliquée

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le carbone voisin devrait coupler et donner un doublet. »

Ce qu'il faut écrire

« Avec découplage du proton, chaque carbone inéquivalent donne UN SINGULET : l'abondance du carbone 1313 est trop faible pour que deux soient voisins. »

Pourquoi : 1,1%1{,}1\,\% d'abondance signifie environ une chance sur dix mille que deux carbones voisins soient tous deux des carbones 1313. Le spectre compte donc simplement les carbones distincts.

Quelle méthode choisir

Dans quel ordre lire les quatre spectres

On suit toujours le même ordre, du plus général au plus précis.

  • Si on dispose du spectre de masse établir la masse molaire, appliquer la règle de l'azote et lire l'amas isotopique

    Exemple : M+2M+2 à 32%32\,\% annonce un chlore

  • Si on a la formule brute calculer le degré d'insaturation AVANT d'ouvrir l'infrarouge

    Exemple : un degré nul interdit tout carbonyle

  • Si on lit l'infrarouge chercher d'abord le carbonyle et sa position exacte, puis les bandes OHO-H et NHN-H

    Exemple : 17351735 oriente vers un ester

  • Si on lit la RMN du proton compter les signaux, lire l'intégration, puis les multiplicités

    Exemple : un triplet et un quadruplet signent un éthyle

  • Si on dispose de la RMN du carbone compter les signaux pour mesurer la symétrie

    Exemple : deux carbones équivalents ne donnent qu'un seul pic

Une structure ne se propose qu'après avoir croisé au moins deux techniques, et elle se VÉRIFIE en redescendant : chaque donnée du sujet doit s'expliquer par la structure retenue.

Que dit un déplacement chimique

On lit la valeur en ppm et on remonte à l'environnement.

  • Si entre 0,90{,}9 et 1,51{,}5 ppm hydrogène d'un alcane, loin de tout groupe attracteur

    Exemple : le méthyle terminal d'une chaîne

  • Si entre 2,12{,}1 et 2,52{,}5 ppm hydrogène en alpha d'un carbonyle

    Exemple : le méthyle d'un acétate

  • Si entre 3,43{,}4 et 4,04{,}0 ppm hydrogène porté par un carbone lié à un OXYGÈNE

    Exemple : le méthylène d'un ester éthylique

  • Si entre 6,56{,}5 et 8,08{,}0 ppm hydrogène aromatique

    Exemple : les cinq hydrogènes d'un phényle

  • Si au-delà de 99 ppm aldéhyde vers 9,59{,}5, acide carboxylique de 1010 à 1313 et très large

    Exemple : un singulet vers 9,89{,}8 ppm signe l'aldéhyde

Le déplacement mesure le DÉBLINDAGE : plus l'environnement est riche en atomes électronégatifs ou en électrons circulants, plus le signal part vers la gauche du spectre.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Rédiger une détermination de structure

Quand l'utiliser : L'énoncé fournit une formule brute et plusieurs spectres.

  1. 1 Calculer le degré d'insaturation et dire ce qu'il autorise.
  2. 2 Exploiter le spectre de masse : masse molaire, azote, halogène, pertes caractéristiques.
  3. 3 Lire l'infrarouge fonction par fonction, en citant les nombres d'onde exacts.
  4. 4 Attribuer chaque signal de RMN : déplacement, intégration, multiplicité.
  5. 5 Proposer la structure, puis REVENIR sur chaque donnée pour montrer qu'elle s'explique.

Phrase de conclusion

« Le degré d'insaturation vaut 11, le carbonyle est à 17351735 cm1^{-1} et le spectre montre un motif éthyle : le composé est l'éthanoate d'éthyle. »

Le piège : Proposer une structure dès la première donnée compatible, sans vérifier les autres : le barème compte la vérification autant que la proposition.

Barème : 1 point le degré d'insaturation, 1 point par technique exploitée, 1 point la structure, 1 point la vérification finale.

Attribuer les signaux d'un spectre de RMN

Quand l'utiliser : L'énoncé demande d'attribuer chaque pic à un groupe d'hydrogènes.

  1. 1 Dresser un tableau à quatre colonnes : déplacement, intégration, multiplicité, attribution.
  2. 2 Convertir l'intégration en nombres d'hydrogènes, en s'appuyant sur la formule brute.
  3. 3 Déduire de chaque multiplicité le nombre de voisins, par la règle du n+1n+1.
  4. 4 Vérifier que la somme des hydrogènes attribués égale celle de la formule brute.

Phrase de conclusion

« Le triplet à 1,21{,}2 ppm intégrant pour 33 H possède deux voisins : c'est le méthyle d'un groupe éthyle. »

Le piège : Oublier de vérifier que la somme des intégrations correspond au nombre total d'hydrogènes : c'est le contrôle qui attrape les signaux oubliés.

Barème : 0,5 point par signal correctement attribué, 1 point le tableau complet, 0,5 point la somme vérifiée.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Un composé de formule C4H8O2

Un composé de formule C4H8O2C_{4}H_{8}O_{2} présente en infrarouge une bande intense à 17351735 cm1^{-1} et aucune bande large vers 30003000.

En RMN du proton : un triplet à 1,21{,}2 ppm intégrant pour 33 H, un singulet à 2,02{,}0 ppm pour 33 H, un quadruplet à 4,14{,}1 ppm pour 22 H. Déterminer la structure.

1,2 ppm2,0 ppm4,1 ppmtripletsinguletquadruplet3 H3 H2 H
Les trois signaux du spectre : le triplet et le quadruplet forment un éthyle, et le singulet isolé désigne un méthyle sans voisin.

Étape 1

Degré d'insaturation : 2×4+282=1\dfrac{2\times 4+2-8}{2}=1, les oxygènes étant ignorés.

Pourquoi

Un seul degré : il y aura une liaison double OU un cycle, pas les deux. L'infrarouge va dire laquelle.

Étape 2

Bande à 17351735 cm1^{-1} : c'est un ESTER, et non une cétone à 17151715 ni un acide à 17101710.

Pourquoi

La valeur exacte nomme le dérivé. L'absence de bande large vers 30003000 confirme qu'il ne s'agit pas d'un acide carboxylique.

Étape 3

Triplet à 1,21{,}2 ppm pour 33 H et quadruplet à 4,14{,}1 ppm pour 22 H : c'est un groupe ÉTHYLE.

Pourquoi

Le triplet a deux voisins, le quadruplet en a trois : ils se voient l'un l'autre. Le déplacement de 4,14{,}1 place le méthylène sur l'oxygène de l'ester.

Étape 4

Singulet à 2,02{,}0 ppm pour 33 H : un méthyle SANS voisin, en alpha du carbonyle.

Pourquoi

L'absence de couplage impose un carbone voisin sans hydrogène, ici le carbone du carbonyle. Le déplacement confirme la position en alpha.

Étape 5

Somme des intégrations : 3+3+2=83+3+2=8 hydrogènes, conforme à C4H8O2C_{4}H_{8}O_{2}.

Pourquoi

Le compte ferme la lecture : aucun signal n'a été oublié, ce qui exclut notamment un hydrogène acide large.

Étape 6

Structure : l'éthanoate d'éthyle, CH3COOCH2CH3CH_{3}-CO-O-CH_{2}-CH_{3}.

Pourquoi

Elle réunit l'ester, le méthyle isolé en alpha et l'éthyle porté par l'oxygène. Les quatre carbones et les deux oxygènes sont placés.

Étape 7

Vérification : chaque donnée s'explique, et la RMN du carbone montrerait quatre signaux, tous les carbones étant inéquivalents.

Pourquoi

On redescend sur les données une par une. Une prédiction supplémentaire, ici le compte des signaux du carbone, sécurise la conclusion.

Conclusion rédigée

« Le composé est l'éthanoate d'éthyle : le carbonyle à 17351735 cm1^{-1} désigne un ester, le triplet et le quadruplet forment l'éthyle porté par l'oxygène, et le singulet à 2,02{,}0 ppm est le méthyle en alpha du carbonyle. »

L'erreur classique sur cet exercice : Proposer l'acide butanoïque : il aurait une bande OHO-H très large vers 30003000 et un signal au-delà de 1010 ppm, tous deux absents.

À savoir par cœur

  • Degré d'insaturation : 2nC+2+nNnHnX2\dfrac{2n_{C}+2+n_{N}-n_{H}-n_{X}}{2}, l'oxygène IGNORÉ. Un cycle aromatique en vaut quatre.
  • Masse IMPAIRE : nombre IMPAIR d'azotes. M+1M+1 à 1,1%1{,}1\,\% par carbone.
  • M+2M+2 à 32%32\,\% : un chlore. M+2M+2 presque égal à MM : un brome.
  • Carbonyles : chlorure 18001800, ester 17351735, aldéhyde 17251725, cétone 17151715, acide 17101710, amide 16501650.
  • L'aldéhyde porte en plus un DOUBLET à 27202720 et 28202820 cm1^{-1}.
  • Règle du n+1n+1 : on compte les VOISINS, jamais les hydrogènes du même carbone.
  • L'intégration donne des PROPORTIONS ; la formule brute donne le nombre absolu.
  • RMN du carbone découplée : un SINGULET par carbone inéquivalent, donc un compteur de symétrie.

Questions fréquentes

Pourquoi l'oxygène ne compte-t-il pas dans le degré d'insaturation ?

Parce qu'un oxygène est divalent : il s'insère dans une chaîne entre deux atomes sans faire perdre le moindre hydrogène à la molécule. L'azote, trivalent, ajoute au contraire une unité au numérateur de la formule, et les halogènes se comptent comme des hydrogènes puisqu'ils occupent une seule liaison.

Comment distinguer un chlore d'un brome en spectrométrie de masse ?

Par la hauteur du pic situé deux unités au-dessus du pic moléculaire. Le chlore possède deux isotopes dans un rapport de trois pour un, ce qui donne un pic à environ trente-deux pour cent. Le brome a deux isotopes presque également abondants, ce qui donne deux pics de hauteurs pratiquement égales.

Que dit exactement la position de la bande du carbonyle ?

Elle nomme le dérivé. Un chlorure d'acyle absorbe vers dix-huit cents, un ester vers dix-sept cent trente-cinq, un aldéhyde vers dix-sept cent vingt-cinq, une cétone vers dix-sept cent quinze et un amide vers seize cent cinquante. Une conjugaison abaisse la valeur d'une trentaine d'unités, une tension de cycle l'élève.

Comment applique-t-on la règle du n plus un ?

On compte les hydrogènes portés par les carbones VOISINS, et le signal se découpe en ce nombre plus un. Les hydrogènes du même carbone sont équivalents et ne se couplent pas entre eux. Un méthyle voisin d'un méthylène donne donc un triplet, et ce méthylène donne un quadruplet : c'est le motif éthyle.

Pourquoi la RMN du carbone ne montre-t-elle que des singulets ?

Parce que le couplage avec les hydrogènes est supprimé par le découplage, et parce que le carbone treize ne représente qu'un pour cent des carbones. La probabilité que deux carbones voisins soient tous deux des carbones treize est donc infime. Le spectre se lit alors comme un simple comptage des carbones inéquivalents.

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Exercices corrigés : La spectroscopie et la détermination de structure

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

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