Algèbre linéaire 201-SN4-RE (ancien 201-NYC) / Maths 105 • Complément québécois de Première et cégep à Montréal
Fiche de révision : diagonalisation et valeurs propres (201-SN4-RE, ancien 201-NYC)
Cette fiche ne redonne pas la définition d'une valeur propre : elle est dans vos notes. Elle traite ce qui décide de la note à la fin du 201-SN4-RE (ancien 201-NYC), c'est-à-dire le critère de diagonalisabilité appliqué correctement, l'ordre dans lequel on range P et D, et les contrôles qui attrapent une valeur propre fausse en dix secondes.
Elle est écrite pour les étudiants de cégep en Sciences de la nature et pour les élèves de Première des lycées français qui suivent le complément québécois de mathématiques. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.
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Le fil du chapitre
Un vecteur propre est une DIRECTION que la matrice se contente d'étirer. Tout le chapitre consiste à trouver ces directions, et l'erreur la plus coûteuse est de croire qu'il y en a toujours assez pour diagonaliser.
Ce qu'une valeur propre veut dire, et comment on la trouve
•λ est une VALEUR PROPRE de A s'il existe un vecteur NON NUL v tel que Av=λv. Ce v est un VECTEUR PROPRE associé.
•Géométriquement, A ne fait qu'ÉTIRER v, sans changer sa direction. Un λ négatif retourne le vecteur, un λ nul l'écrase sur l'origine.
•POLYNÔME CARACTÉRISTIQUE : les valeurs propres sont les racines de det(A−λI)=0. On retranche λ sur TOUTE la diagonale, puis on calcule le déterminant.
•Pour une matrice 2×2, il s'écrit λ2−tr(A)λ+det(A)=0, où la trace est la somme des termes diagonaux.
•Deux contrôles gratuits : la SOMME des valeurs propres vaut la trace, et leur PRODUIT vaut le déterminant.
Avec A=(2001) : l'image du vecteur propre v reste sur sa droite, deux fois plus longue ; celle de w, qui n'en est pas un, quitte la sienne.
Ces deux contrôles sont les plus rentables du chapitre : ils prennent cinq secondes et attrapent presque toute erreur de calcul dans le polynôme caractéristique.
Sous-espaces propres et critère de diagonalisabilité
•Eλ=ker(A−λI) est le SOUS-ESPACE PROPRE : on l'obtient en résolvant le système homogène (A−λI)v=0. C'est toujours un sous-espace, de dimension au moins 1.
•MULTIPLICITÉ ALGÉBRIQUE de λ : son ordre comme racine du polynôme caractéristique. MULTIPLICITÉ GÉOMÉTRIQUE : dimEλ.
•On a toujours géométrique ≤ algébrique, et l'inégalité peut être STRICTE : c'est exactement ce qui empêche de diagonaliser.
•CRITÈRE : A d'ordre n est diagonalisable si et seulement si la somme des dimensions des sous-espaces propres vaut n, c'est-à-dire si les deux multiplicités coïncident pour CHAQUE valeur propre.
•Deux cas favorables où l'on conclut sans calcul : n valeurs propres DISTINCTES, ou une matrice SYMÉTRIQUE réelle, qui est toujours diagonalisable avec des vecteurs propres orthogonaux.
Pour A=(4213) : E5 est la droite de (1;1), E2 celle de (1;−2), chaque vecteur y est étiré par sa valeur propre. Deux droites : diagonalisable.
Une valeur propre simple ne pose jamais problème : sa multiplicité géométrique vaut forcément 1. Seules les valeurs propres MULTIPLES demandent de calculer la dimension du sous-espace propre.
Diagonaliser, et s'en servir
•A=PDP−1, où les COLONNES de P sont les vecteurs propres et où D est diagonale avec les valeurs propres dans le MÊME ORDRE.
•La colonne i de P doit être un vecteur propre associé à la valeur propre placée en position i de D. L'ordre est libre, mais il doit être le même des deux côtés.
•An=PDnP−1, et Dn s'obtient en élevant chaque terme diagonal à la puissance n. C'est tout l'intérêt de la diagonalisation.
•Vérification qui évite de calculer P−1 : AP=PD. Deux produits matriciels suffisent à valider P et D ensemble.
•Une matrice symétrique réelle se diagonalise en base ORTHONORMÉE : les vecteurs propres associés à des valeurs propres différentes sont orthogonaux, et il suffit de les normer.
Même matrice : les directions de X0=(1;0), AX0, A2X0, A3X0 (même longueur) se rabattent sur E5 : la valeur propre de plus grand module impose sa direction.
Pour une suite de vecteurs Xk+1=AXk, la valeur propre de plus grand module finit par dominer : la direction limite est celle de son vecteur propre, quelle que soit la condition initiale.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Prendre le vecteur nul pour un vecteur propre
1 point de rigueur, et la question sur la dimension du sous-espace propre devient incohérente.
Ce qu'il ne faut pas écrire
« A0=λ0 pour tout λ, donc 0 est un vecteur propre. »
Ce qu'il faut écrire
« Un vecteur propre est NON NUL par définition. Sinon tout nombre réel serait valeur propre de toute matrice, et la notion n'aurait aucun contenu. »
Pourquoi : 0 appartient bien à Eλ, qui est un sous-espace, mais il n'est pas un vecteur PROPRE. La distinction se voit dans la rédaction : « Eλ contient 0 » est vrai, « 0 est propre » est faux.
2.Mal former la matrice A−λI
toute la question, et les valeurs propres trouvées n'ont aucun rapport avec la matrice.
Ce qu'il ne faut pas écrire
« det(A)−λ=0 », ou bien on retranche λ sur le seul coefficient en haut à gauche.
Ce qu'il faut écrire
« det(A−λI)=0 : on retranche λ sur TOUS les termes de la diagonale, puis on calcule le déterminant de la matrice obtenue. »
Pourquoi : λI est la matrice diagonale de λ, pas le nombre λ : on ne peut pas soustraire un nombre à une matrice. C'est la même règle que pour toute somme matricielle, terme à terme.
3.Donner un sous-espace propre réduit à un seul vecteur
1 point, et davantage si la question demandait la dimension du sous-espace propre.
Ce qu'il ne faut pas écrire
« E4={(1;1)}. »
Ce qu'il faut écrire
« E4=vect{(1;1)}, c'est-à-dire la DROITE entière : tout multiple non nul de (1;1) est aussi un vecteur propre associé à 4. »
E4 est toute la DROITE dirigée par (1;1) : (2;2) et (−1;−1), en vert, sont aussi des vecteurs propres pour 4. On écrit E4=vect{(1;1)}.
Pourquoi : Si Av=λv, alors A(kv)=λ(kv) pour tout k : la propriété est stable par multiplication. Un vecteur propre n'est jamais unique, seule sa DIRECTION l'est.
4.Supposer que la multiplicité géométrique égale l'algébrique
toute la question, avec une matrice P inventée dont les colonnes sont liées.
Ce qu'il ne faut pas écrire
« λ=2 est racine double, donc dimE2=2 et la matrice est diagonalisable. »
Ce qu'il faut écrire
« Il faut CALCULER dimE2. Pour A=(2012), le système (A−2I)v=0 donne y=0 : E2=vect{(1;0)}, de dimension 1. La matrice n'est PAS diagonalisable. »
La seule direction que cette matrice conserve est l'horizontale : v2 bascule vers elle au lieu de rester sur sa droite. Une valeur propre double, une seule direction propre.
Pourquoi : L'inégalité géométrique ≤ algébrique peut être stricte, et c'est précisément ce cas qui rend une matrice non diagonalisable. Une valeur propre multiple oblige toujours à résoudre le système.
5.Ranger P et D dans des ordres différents
toute la question, et le calcul de An qui suit donne n'importe quoi.
Ce qu'il ne faut pas écrire
« P=(111−1) avec v1 associé à 4 en première colonne, et D=(2004). »
Ce qu'il faut écrire
« La colonne i de P doit être un vecteur propre pour la valeur propre en position i de D : ici D=(4002). Le contrôle AP=PD le vérifie immédiatement. »
Pourquoi : L'égalité AP=PD se lit colonne par colonne : Avi=λivi. Si les indices ne se correspondent pas, l'égalité est fausse pour chaque colonne.
6.Inverser l'ordre de P et P−1 dans la puissance
toute la question de puissance, et la matrice obtenue n'a même pas les bonnes valeurs propres.
Ce qu'il ne faut pas écrire
« An=P−1DnP. »
Ce qu'il faut écrire
« A=PDP−1, donc An=PDnP−1, dans le MÊME ordre que A. Les P−1P intermédiaires se simplifient et il ne reste que les deux extrêmes. »
Pourquoi : Le calcul A2=(PDP−1)(PDP−1)=PD(P−1P)DP−1=PD2P−1 montre l'ordre. Écrire ce télescopage une fois suffit à ne plus se tromper.
7.Conclure qu'il n'y a pas de valeur propre quand le discriminant est négatif
2 points, et l'interprétation géométrique, qui est souvent la question suivante, est perdue.
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le polynôme caractéristique a un discriminant négatif, donc cette matrice n'a pas de valeurs propres. »
Ce qu'il faut écrire
« Elle n'a pas de valeur propre RÉELLE : aucune direction du plan n'est conservée, ce qui est le cas d'une rotation. Sur C, elle possède deux valeurs propres conjuguées, et elle y est diagonalisable. »
La rotation de 60∘ fait tourner chaque vecteur du même angle (image en pointillé) : aucune flèche ne reste sur sa droite d'origine, donc aucune valeur propre réelle. Les longueurs, elles, sont conservées.
Pourquoi : Le mot « aucune valeur propre » est faux : il faut préciser sur quel ensemble. La lecture géométrique, elle, est immédiate et vaut des points : une rotation d'angle non nul ne laisse aucune droite invariante.
8.Trouver seulement le vecteur nul comme solution du système propre
toute la question, et le temps perdu à chercher une erreur ailleurs que là où elle est.
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Je résous (A−λI)v=0 et j'obtiens v=0 : il n'y a pas de vecteur propre pour ce λ. »
Ce qu'il faut écrire
« Si λ est bien une valeur propre, alors det(A−λI)=0, donc le système homogène a NÉCESSAIREMENT une infinité de solutions. Trouver seulement 0 prouve une erreur de calcul, le plus souvent dans λ. »
Pourquoi : La valeur propre a été choisie exactement pour rendre la matrice A−λI singulière. Un pivot doit donc disparaître : s'il n'en disparaît aucun, c'est le polynôme caractéristique qui est faux.
Quelle méthode choisir
Cette matrice est-elle diagonalisable ?
On regarde le polynôme caractéristique et la forme de la matrice. Trois branches sur cinq répondent sans calculer le moindre sous-espace propre.
Directions propres d'ordre 2 : deux droites (valeurs propres distinctes), deux droites perpendiculaires (symétrique), ou une seule pour une valeur propre double : il en manque une, pas de diagonalisation.
Si n valeurs propres réelles DISTINCTES pour une matrice d'ordre n → OUI, diagonalisable, sans aucune vérification supplémentaire
Exemple : λ=4 et λ=2 sur une matrice d'ordre 2
Si matrice SYMÉTRIQUE réelle → OUI, diagonalisable, et même en base orthonormée
C'est vrai même avec des valeurs propres multiples, et cela dispense de tout calcul de dimension.
Si une valeur propre MULTIPLE, matrice non symétrique → il faut CALCULER dimEλ et le comparer à la multiplicité algébrique
Exemple : (2012) a dimE2=1 pour une multiplicité 2, donc non
Si discriminant NÉGATIF sur une matrice réelle d'ordre 2 → pas diagonalisable sur R, faute de valeur propre réelle; diagonalisable sur C
Géométriquement, c'est une rotation, éventuellement composée d'une homothétie.
Si matrice déjà TRIANGULAIRE → les valeurs propres sont les termes de la diagonale, sans aucun calcul; il reste à traiter les multiplicités
Une racine triple λ en ordre 3 ? Il n'y a qu'un seul sous-espace propre, Eλ : la matrice est diagonalisable si et seulement si dimEλ=3, c'est-à-dire si A=λI, sans aucun calcul.
Comment calculer cette expression, une fois A diagonalisée
Une fois A=PDP−1 écrite, la plupart des questions se ramènent à un calcul sur D, qui est diagonale et donc immédiat.
Si on demande An → PDnP−1, avec Dn obtenue en élevant chaque terme diagonal à la puissance n
Exemple : D=diag(4;2) donne D3=diag(64;8)
Si on demande det(A) ou tr(A) → produit des valeurs propres pour le déterminant, somme pour la trace
Cela sert aussi de contrôle sur les valeurs propres trouvées, dans l'autre sens.
Si on demande les valeurs propres de A−1, de Ak ou de A+cI → λ1, λk, λ+c, avec les MÊMES vecteurs propres
Aucun nouveau calcul : c'est la question de cours la plus fréquente en fin de chapitre.
Si on demande le comportement d'une suite Xk+1=AXk → décomposer X0 sur la base propre, puis multiplier chaque composante par λk
La valeur propre de plus grand module domine, et fixe la direction limite.
Si on demande si A est inversible → regarder si 0 est valeur propre : A est inversible si et seulement si aucune valeur propre n'est nulle
Ne jamais calculer P−1 tant que ce n'est pas indispensable : la vérification AP=PD valide la diagonalisation sans lui, et beaucoup de questions n'en ont pas besoin.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Diagonaliser une matrice d'ordre deux
Quand l'utiliser : L'énoncé demande de diagonaliser A, ou de trouver P et D telles que A=PDP−1.
1Écrire A−λI en entier, puis développer det(A−λI) pour obtenir le polynôme caractéristique.
2Résoudre, donner les valeurs propres, et contrôler par la trace et le déterminant avant d'aller plus loin.
3Pour chaque valeur propre, résoudre le système homogène (A−λI)v=0 et donner Eλ sous la forme vect{…}.
4Justifier la diagonalisabilité : valeurs propres distinctes, ou somme des dimensions égale à l'ordre.
5Écrire P en rangeant les vecteurs propres EN COLONNES et D avec les valeurs propres dans le MÊME ordre, puis vérifier AP=PD.
Phrase de conclusion
Les valeurs propres sont 4 et 2, distinctes, donc A est diagonalisable : avec P=(111−1) et D=(4002), on a A=PDP−1.
Le piège : Oublier de justifier la diagonalisabilité et passer directement à P et D. Le barème place systématiquement un demi-point sur cette phrase, et elle est la seule à mentionner le critère.
Barème : 1 point pour le polynôme caractéristique, 1 point pour les sous-espaces propres, 0,5 point pour la justification, 0,5 point pour P, D et la vérification.
Calculer une puissance par diagonalisation
Quand l'utiliser : L'énoncé demande An, ou l'état d'un système après n étapes d'une évolution Xk+1=AXk.
1Diagonaliser A et rappeler l'écriture A=PDP−1 avec P et D explicites.
2Écrire le télescopage An=PDnP−1, en justifiant par la simplification des P−1P intermédiaires.
3Calculer Dn en élevant chaque terme diagonal à la puissance n, et le dire.
4Calculer P−1, puis effectuer les deux produits dans l'ordre P, puis Dn, puis P−1.
5Vérifier sur une petite valeur de n, par exemple n=2, en comparant au produit direct A×A.
Phrase de conclusion
Comme A=PDP−1, on a An=PDnP−1, d'où A3=(36282836).
Le piège : Élever P à la puissance n en même temps que D. Seule la matrice diagonale se met à la puissance : P et P−1 restent inchangés, ce sont eux qui font le changement de base.
Barème : 0,5 point pour l'écriture An=PDnP−1, 0,5 point pour Dn, 1 point pour P−1, 1 point pour le produit final.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Contrôler par la trace et le déterminant
La somme des valeurs propres doit valoir la trace, leur produit le déterminant. Deux additions et une multiplication valident tout le polynôme caractéristique.
4+2=6 et 4×2=8 : la trace de (3113) vaut bien 6 et son déterminant 8.
Multiplier la matrice par chaque vecteur propre trouvé
Calculer Av et vérifier qu'on retrouve exactement λv. C'est le seul contrôle qui teste à la fois la valeur propre et le vecteur.
(3113)(11)=(44)=4(11) : tout est cohérent.
Vérifier AP=PD plutôt que de calculer P−1
Deux produits matriciels valident P et D en même temps, ordre compris, sans avoir à inverser quoi que ce soit. C'est trois fois plus rapide que la vérification par P−1.
Si AP et PD diffèrent d'une colonne, c'est que cette colonne de P ne correspond pas à la valeur propre placée en face dans D.
Vérifier qu'un pivot a bien disparu
Dans le système (A−λI)v=0, une ligne doit devenir proportionnelle à une autre. Si les deux lignes restent indépendantes, la valeur propre est fausse.
Pour λ=4 sur (3113), on obtient (−111−1) : les deux lignes sont opposées, c'est le signe attendu.
Tester une puissance sur n=2
Comparer la formule PD2P−1 au produit direct A×A, qui ne coûte que huit multiplications en ordre deux. L'accord valide toute la diagonalisation.
A2=(106610) par les deux méthodes : la formule est bonne, et An peut être écrit sans crainte.
L'exercice type décortiqué
Diagonaliser une matrice symétrique, puis en calculer le cube
Soit A=(3113).
1) Déterminer les valeurs propres et les sous-espaces propres de A.
2) Écrire P et D telles que A=PDP−1, et vérifier.
3) En déduire A3.
La donnée : A envoie le carré unité (en bleu) sur le parallélogramme construit sur ses colonnes (3;1) et (1;3). La question 1 demande quelles directions ce changement se contente d'étirer.
Étape 1
tr(A)=3+3=6 et det(A)=9−1=8, donc le polynôme caractéristique est λ2−6λ+8=0.
Pourquoi
La forme trace-déterminant évite d'écrire A−λI en entier en ordre 2, et elle donne d'emblée les deux contrôles qui serviront à l'étape suivante.
Étape 2
Δ=36−32=4, donc λ1=26+2=4 et λ2=26−2=2. Contrôle : 4+2=6 et 4×2=8.
Pourquoi
Le contrôle prend cinq secondes et attrape toute erreur de signe dans le polynôme. Deux valeurs propres DISTINCTES suffisent déjà à garantir la diagonalisabilité.
Étape 3
E4 : (A−4I)v=0 donne (−111−1)v=0, soit −x+y=0, donc E4=vect{(1;1)}.
Pourquoi
Les deux lignes sont opposées : un pivot a bien disparu, ce qui confirme que 4 est une vraie valeur propre. Le sous-espace est une DROITE, pas un vecteur isolé.
Étape 4
E2 : (A−2I)v=0 donne (1111)v=0, soit x+y=0, donc E2=vect{(1;−1)}.
Pourquoi
Les deux vecteurs propres sont orthogonaux, ce qui était garanti d'avance : A est symétrique. C'est un contrôle gratuit sur les deux sous-espaces à la fois.
Étape 5
A a deux valeurs propres distinctes en ordre 2, donc elle est diagonalisable : P=(111−1) et D=(4002).
Pourquoi
L'ordre est libre mais il doit être le MÊME des deux côtés : v1 en première colonne de P impose 4 en première position de D.
Étape 6
Vérification : AP=(442−2) et PD=(442−2) : les deux coïncident.
Pourquoi
Deux produits, aucune inversion : c'est la vérification la moins chère et elle teste l'ordre en même temps que les vecteurs propres.
Étape 7
det(P)=−2, donc P−1=−21(−1−1−11)=(212121−21).
Pourquoi
On applique la recette de l'ordre deux : permuter la diagonale, changer le signe de l'antidiagonale, diviser par le déterminant. Ici P est symétrique, donc P−1 l'est aussi.
Étape 8
A3=PD3P−1 avec D3=(64008), ce qui donne A3=(36282836).
Pourquoi
Seule D passe à la puissance; P et P−1 restent tels quels. Contrôle direct : A2=(106610) puis A2A redonne bien le même résultat.
Conclusion rédigée
A a pour valeurs propres 4 et 2, avec E4=vect{(1;1)} et E2=vect{(1;−1)}; elle se diagonalise en A=PDP−1 et A3=(36282836).
L'erreur classique sur cet exercice : Écrire D=(2004) tout en gardant (1;1) en première colonne de P. La vérification AP=PD échoue alors sur les deux colonnes, mais seulement si on la fait.
À savoir par cœur
•Av=λv avec v=0 : le vecteur nul n'est jamais propre.
•Valeurs propres : racines de det(A−λI)=0, avec λ retranché sur TOUTE la diagonale.
•Eλ=ker(A−λI) est un SOUS-ESPACE, donc une droite au moins, jamais un seul vecteur.
•Géométrique ≤ algébrique, et l'égalité pour CHAQUE valeur propre est le critère de diagonalisabilité.
•n valeurs propres distinctes, ou matrice symétrique réelle : diagonalisable sans vérification.
•A=PDP−1 : colonne i de P et position i de D doivent se correspondre.
•An=PDnP−1, et seule D passe à la puissance.
•Vérifier par AP=PD, qui évite de calculer P−1.
•Discriminant négatif : aucune valeur propre RÉELLE, donc aucune direction conservée, comme pour une rotation.
Questions fréquentes
Comment trouver les valeurs propres d'une matrice deux par deux ?
On écrit le polynôme caractéristique sous la forme lambda au carré, moins la trace fois lambda, plus le déterminant, égalé à zéro. La trace est la somme des deux termes diagonaux. On résout ensuite cette équation du second degré, puis on contrôle que la somme des racines vaut la trace et leur produit le déterminant.
Pourquoi le vecteur nul n'est-il pas un vecteur propre ?
Parce que la définition l'exclut expressément. Si on l'acceptait, n'importe quel nombre serait valeur propre de n'importe quelle matrice, puisque la matrice envoie toujours le vecteur nul sur lui-même. La notion perdrait tout contenu. Le vecteur nul appartient tout de même au sous-espace propre, qui est un sous-espace vectoriel.
Quand une matrice n'est-elle pas diagonalisable ?
Quand elle possède une valeur propre multiple dont le sous-espace propre est de dimension strictement inférieure à sa multiplicité. Autrement dit, il manque des directions propres pour former une base. Sur les réels, c'est aussi le cas d'une matrice dont le polynôme caractéristique a un discriminant négatif, comme une rotation.
À quoi sert la diagonalisation en pratique ?
Elle transforme un calcul difficile en un calcul immédiat. Élever une matrice à une puissance élevée devient un simple calcul sur les termes diagonaux, ce qui permet d'étudier une évolution après un grand nombre d'étapes, par exemple deux populations couplées, sans faire les multiplications une par une.
Comment vérifier une diagonalisation sans calculer l'inverse ?
On compare les deux produits de la matrice de départ par la matrice de passage, et de la matrice de passage par la matrice diagonale. Ils doivent être identiques. Cette vérification teste en même temps les vecteurs propres, les valeurs propres et l'ordre dans lequel ils sont rangés, et elle ne coûte que deux produits.
Une matrice symétrique est-elle toujours diagonalisable ?
Oui, dès lors qu'elle est réelle. C'est un résultat du cours, valable même quand une valeur propre est multiple. De plus, les vecteurs propres associés à des valeurs propres différentes sont automatiquement perpendiculaires entre eux, ce qui permet de choisir une base de vecteurs propres orthonormée.
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Exercices corrigés : Diagonalisation et valeurs propres
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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