Fiche de révision : les forces à angle et l'équilibre (physique, secondaire 5)
Ce chapitre ne demande aucune formule nouvelle : ce sont les lois de Newton, appliquées quand les forces ne sont plus alignées avec les axes. Toute la difficulté est de projeter proprement, puis de résoudre l'axe qui livre la force normale avant celui qui livre le mouvement. Cette fiche donne cet ordre, et les huit erreurs qui reviennent sur chaque copie.
Elle s'adresse aux élèves de physique de secondaire 5. Le mouvement circulaire y est traité à part, parce qu'il est la source d'une confusion tenace : la force centripète n'est pas une force de plus dans le diagramme, c'est le nom de la résultante. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.
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Le fil du chapitre
Rien ne se décide avant d'avoir PROJETÉ sur les deux axes. La force normale, le frottement et la tension valent tous ce que l'équilibre leur impose, jamais ce que l'intuition suggère, et la force centrifuge qu'on croit sentir dans un virage n'apparaît dans aucun diagramme.
•Force à l'angle θ de l'horizontale : Fx=Fcosθ et Fy=Fsinθ. Recomposition : F=Fx2+Fy2 et tanθ=FxFy.
•Deuxième loi AXE PAR AXE : ΣFx=max et ΣFy=may. À l'équilibre, les deux sommes sont nulles.
•Résolvez toujours l'axe PERPENDICULAIRE au mouvement en premier : c'est lui qui donne FN, donc le frottement de l'autre axe.
•Choix des axes : sur une pente, l'axe des x suit le plan et l'axe des y lui est perpendiculaire. C'est le seul choix qui évite de décomposer l'accélération.
•Sur une pente d'angle θ : mgsinθ le long du plan, mgcosθ perpendiculairement.
La force oblique et ses deux composantes en tireté : Fcos30° le long de l'axe des x, Fsin30° le long de l'axe des y. Les deux ensemble REMPLACENT la force, elles ne s'y ajoutent pas.
Le réflexe qui évite l'inversion sinus-cosinus : testez θ=0. Sur un plan horizontal, rien ne doit faire glisser, or sin0=0 : c'est bien le sinus qui accompagne le mouvement.
La somme des forces, composante par composante
•On n'additionne jamais des grandeurs : on additionne les composantes, ΣFx d'un côté, ΣFy de l'autre, chacune avec son signe.
•Puis on recompose : FR=(ΣFx)2+(ΣFy)2 et tanθ=ΣFxΣFy.
•Exemple : 40 N à 0° et 30 N à 120° donnent ΣFx=40−15=25 N et ΣFy=26,0 N, donc FR=36,1 N à 46,1°, et non 70 N.
•L'équilibrante a la grandeur de FR et pointe exactement à l'opposé.
Mises bout à bout, les deux forces donnent la résultante en noir : 36,1 N, bien moins que 40+30. Les tirets donnent ses deux composantes, 25 N et 26,0 N.
Une résultante égale à la somme des grandeurs n'est possible que si toutes les forces pointent dans la même direction : c'est le contrôle le plus rapide.
La force normale vaut ce qu'on lui impose
•FN n'est jamais une donnée : elle sort de l'équation de l'axe perpendiculaire, à chaque fois.
•Traction à angle VERS LE HAUT : FN=mg−Fsinθ, donc plus petite que le poids, et le frottement diminue d'autant.
•Poussée à angle VERS LE BAS : FN=mg+Fsinθ, donc plus grande. Pousser une tondeuse est plus dur que la tirer.
•L'angle de traction le plus économique vérifie tanθ=μ : on perd un peu de composante horizontale, on gagne davantage sur le frottement.
•Si le calcul rend FN négative, l'objet a décollé du support : le problème change de nature.
Tirer à plat n'est pas le plus économique : incliner la traction de 21,8° soulage la normale et fait tomber la force nécessaire de 78,4 N à 72,8 N.
Écrire l'équation verticale même quand elle paraît triviale rapporte le point de méthode, et c'est elle qui empêche de recopier FN=mg par habitude.
L'objet suspendu à deux câbles
•On isole le point d'attache : trois forces, le poids et les deux tensions, dirigées le long des câbles.
•Deux équations, ΣFx=0 et ΣFy=0, pour deux tensions inconnues.
•Cas symétrique : 2Tsinθ=Fg, donc T=2sinθFg, avec θ mesuré depuis l'HORIZONTALE.
•À 30°, chaque câble porte déjà autant que le poids entier ; plus bas, il porte davantage.
À 30° de l'horizontale, chaque câble est tendu à 500 N, autant que le poids de la lampe : seules les composantes verticales, 250 N chacune, la portent.
Vérifiez toujours que la somme des composantes verticales redonne le poids : c'est la ligne que les correcteurs regardent en premier.
Le mouvement circulaire, sans force centrifuge
•Fc=rmv2 n'est PAS une force de plus : c'est la valeur que doit atteindre la RÉSULTANTE des forces réelles, dirigée vers le centre.
•Le travail consiste donc à écrire la résultante avec les vraies forces, puis à l'égaler à rmv2.
•Virage à plat : c'est le frottement qui fournit tout, d'où vmax=μsgr, indépendante de la masse.
•Virage relevé sans frottement : c'est la composante horizontale de la normale, d'où tanθ=rgv2.
•Cercle vertical : au sommet mg AIDE, d'où vmin=gr quand la tension s'annule ; en bas mg s'oppose, et la tension y est maximale.
Virage relevé sans frottement : le poids et la normale ne s'annulent pas. Leur somme (en noir) est horizontale, tournée vers le centre : c'est elle qu'on égale à rmv2.
Aucune force centrifuge n'existe dans un diagramme de corps libre. La sensation d'être projeté vers l'extérieur est l'inertie du passager, pas une force exercée sur lui.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Garder la force normale égale au poids alors qu'on tire à angle vers le haut
toute la question, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La caisse de 20 kg est tirée à 30° avec 80 N, donc FN=196 N et f=0,4×196=78,4 N. »
Ce qu'il faut écrire
« Sur l'axe vertical : FN+80sin30°−196=0, donc FN=156 N et f=0,4×156=62,4 N. »
La normale (bleue) s'arrête sous le trait rouge qui marque mg : la composante verticale de la traction porte 40 N à la place du plancher, d'où FN=156 N et non 196 N.
Pourquoi : La traction oblique soulage partiellement la caisse : le support n'a plus à porter tout le poids. C'est exactement pourquoi on tire une valise plutôt que de la pousser.
2.Ajouter une force centrifuge au diagramme
toute la question, 6 points, et l'équation devient 0=rmv2
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Dans le virage, la force centrifuge pousse la voiture vers l'extérieur et le frottement la retient : les deux s'équilibrent. »
Ce qu'il faut écrire
« Une seule force horizontale s'exerce sur la voiture, le frottement, dirigé vers le CENTRE. Il ne s'équilibre avec rien : c'est lui la résultante, et il vaut rmv2. »
Le diagramme complet de la voiture dans un virage à plat : trois forces, et une seule horizontale, le frottement, tourné vers le CENTRE. Rien ne pousse vers l'extérieur.
Pourquoi : Si les forces s'équilibraient, la voiture irait tout droit. Un mouvement circulaire exige justement une résultante NON nulle, tournée vers le centre. Ce qu'on ressent dans le virage est son inertie, pas une force.
3.Compter la force centripète comme une force supplémentaire
3 points, et la même force comptée deux fois
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Sur le diagramme : le poids, la normale, le frottement et la force centripète. »
Ce qu'il faut écrire
« Sur le diagramme : le poids, la normale et le frottement. La force centripète n'est pas une force de plus, c'est le NOM de la résultante : f=rmv2. »
Pourquoi : Ajouter Fc au diagramme revient à compter deux fois la force qui la produit. Le mot centripète décrit une direction, pas une interaction physique.
4.Croire que la tension diminue quand les câbles s'aplatissent
toute la question de raisonnement, 4 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« En écartant les deux câbles vers l'horizontale, on répartit mieux la charge, donc la tension baisse. »
Ce qu'il faut écrire
« 2Tsinθ=P, donc T=2sinθP : plus θ est petit, plus T est GRANDE. À 15°, deux câbles supportant 500 N sont tendus à 966 N chacun. »
Deux câbles soutenant 500 N : à 60° ils ne sont tendus qu'à 289 N, mais à 15° chacun subit 966 N, soit près du double de la charge portée.
Pourquoi : Seule la composante VERTICALE de chaque tension porte la charge. Quand le câble s'approche de l'horizontale, cette composante devient minuscule et la tension doit exploser pour compenser. C'est pourquoi une corde à linge tendue casse.
5.Garder le frottement dans le même sens à la montée et à la descente
la moitié de la question, 3 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Pour retenir le bloc puis pour le hisser, la tension vaut dans les deux cas mgsinθ+μmgcosθ. »
Ce qu'il faut écrire
« Pour RETENIR, le bloc tend à descendre, le frottement monte : T=mgsinθ−μmgcosθ=23,5 N. Pour HISSER, il descend : T=mgsinθ+μmgcosθ=74,5 N. »
Même bloc, même pente : pour RETENIR, le frottement remonte la pente avec la corde ; pour HISSER, il la descend et s'ajoute au poids. La tension passe de 23,5 N à 74,5 N.
Pourquoi : Le frottement s'oppose au mouvement, ou au mouvement qui se produirait sans lui : il change donc de sens avec la situation. Un rapport de un à trois entre les deux réponses n'a rien d'anormal.
6.Faire dépendre la vitesse maximale en virage de la masse du véhicule
3 points de raisonnement
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le camion est plus lourd, donc il peut prendre le virage plus vite : sa force de frottement est plus grande. »
Ce qu'il faut écrire
« μsmg=rmv2 : la masse se simplifie et vmax=μsgr. Camion ou voiture, la vitesse limite est la même. »
Pourquoi : La masse augmente bien le frottement disponible, mais elle augmente aussi, dans la même proportion, la force nécessaire pour tourner. Les deux effets se compensent exactement.
7.Oublier que le poids participe à la force centripète au sommet d'un cercle
toute la question, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Au sommet du looping, la tension du fil vaut rmv2. »
Ce qu'il faut écrire
« Au sommet, le poids et la tension pointent tous deux vers le centre : T+mg=rmv2, donc T=rmv2−mg=3,1 N. »
Sur le même tour, la tension passe de 3,1 N en haut à 32,5 N en bas : en haut le poids AIDE la force centripète, en bas il la contrarie et la corde doit tout fournir.
Pourquoi : C'est ce terme qui explique la vitesse minimale : quand T s'annule, le poids fournit à lui seul toute la force centripète, et vmin=gr. En dessous, l'objet quitte le cercle.
8.Intervertir le sinus et le cosinus sur un plan incliné
toute la question, 4 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Sur la pente à 30°, ce qui fait glisser le bloc vaut mgcos30°=84,9 N. »
Ce qu'il faut écrire
« La composante le long du plan vaut mgsin30°=49 N, et la perpendiculaire mgcos30°=84,9 N. »
Le long du plan, c'est le SINUS : 49 N. Perpendiculairement, le COSINUS : 84,9 N, que la normale équilibre. À θ=0 le sinus s'annule, et rien ne glisse.
Pourquoi : Le test qui tranche : à θ=0 le plan est horizontal et rien ne doit glisser. Or sin0=0, donc c'est le sinus qui accompagne le mouvement, et le cosinus qui accompagne la normale.
9.Décomposer une force en projetant sur un seul axe
4 points, par ricochet sur tout le reste
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La force de 80 N à 30° donne Fx=80cos30°=69,3 N, et j'oublie la composante verticale puisque le mouvement est horizontal. »
Ce qu'il faut écrire
« Fx=69,3 N ET Fy=80sin30°=40 N. La composante verticale ne produit aucun déplacement, mais elle change FN, donc le frottement. »
Pourquoi : Une composante perpendiculaire au mouvement ne travaille pas, mais elle agit quand même : c'est elle qui modifie la normale. Confondre « ne déplace pas » et « ne compte pas » est l'erreur la plus coûteuse du chapitre.
Quelle méthode choisir
Quels axes choisir, et lequel résoudre en premier
Regardez la géométrie de la scène : c'est elle qui impose les axes, jamais le dessin de l'énoncé.
Si surface HORIZONTALE avec une force oblique → axes horizontal et vertical ; résoudre le VERTICAL d'abord pour obtenir FN
Exemple : FN=mg−Fsinθ=156 N, puis f=μFN
Si PLAN INCLINÉ → axe le long du plan et axe perpendiculaire ; décomposer le POIDS, pas l'accélération
Exemple : mgsin30°=49 N le long, mgcos30°=84,9 N perpendiculairement
ce choix garde a sur un seul axe, ce qui divise le travail par deux
Si ÉQUILIBRE à trois forces, câbles ou enseigne → axes horizontal et vertical, et DEUX équations ΣFx=0 et ΣFy=0
Exemple : T1cosα=T2cosβ et T1sinα+T2sinβ=P
Si MOUVEMENT CIRCULAIRE → un axe vers le CENTRE du cercle, un axe perpendiculaire ; sur l'axe radial, la résultante vaut rmv2
Exemple : virage à plat : μsmg=rmv2
l'axe radial change de direction à chaque point du cercle, d'où l'étude séparée du haut et du bas
Dans les quatre cas, la règle d'ordre est la même : l'axe où l'accélération est NULLE se résout en premier, parce qu'il livre une inconnue gratuitement.
Mouvement circulaire : qui fournit la force centripète
Demandez-vous quelle force réelle, ou quelle composante, pointe vers le centre du cercle. C'est elle qu'on égale à rmv2.
Si virage à PLAT → le frottement, et lui seul : μsmg=rmv2 donne vmax=μsgr
Exemple : μs=0,7 et r=50 m : vmax=18,5 m/s, soit 67 km/h
la masse se simplifie : la limite est la même pour tous les véhicules
Si virage RELEVÉ sans frottement → la composante horizontale de la normale : tanθ=rgv2
Exemple : v=18,5 m/s et r=50 m : θ=35°
Si SOMMET d'un cercle vertical → le poids AIDE : T+mg=rmv2, et vmin=gr quand T=0
Exemple : r=1 m : vmin=3,13 m/s, en dessous l'objet décroche
Si BAS d'un cercle vertical → le poids S'OPPOSE : T−mg=rmv2, la tension y est maximale
Exemple : m=0,5 kg et v=7,4 m/s : T=32,5 N
Si objet suspendu qui tourne, chaises volantes → la composante horizontale de la TENSION : tanθ=rgv2, avec r le rayon du cercle décrit
Aucune branche ne fait apparaître une force centrifuge, et aucune n'ajoute Fc au diagramme. Si votre équation contient les deux membres du même côté, c'est que la force a été comptée deux fois.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Un équilibre à plusieurs forces obliques
Quand l'utiliser : L'énoncé parle d'une enseigne, d'un lustre, de câbles, ou dit « le système est en équilibre ».
1Isoler le point d'attache et dessiner toutes les forces qui y aboutissent, chacune avec son angle marqué par rapport à l'HORIZONTALE.
2Écrire explicitement « le système est en équilibre, donc ΣFx=0 et ΣFy=0 ».
3Projeter chaque force sur les deux axes, en ligne, sans en sauter une.
4Résoudre le système de deux équations à deux inconnues, en éliminant d'abord la tension la moins demandée.
5Conclure en donnant les deux tensions avec leur unité, et en vérifiant que la plus REDRESSÉE est la plus grande.
Phrase de conclusion
« À l'équilibre, le câble incliné à 60° supporte 289 N et le câble horizontal 144 N. »
Le piège : Mesurer un angle par rapport au mur ou au plafond au lieu de l'horizontale, sans le dire. Le sinus et le cosinus s'échangent alors silencieusement.
Barème : 1 point pour le diagramme et les angles repérés, 2 points pour les deux équations projetées, 2 points pour la résolution, 1 point pour la phrase.
Un problème de mouvement circulaire
Quand l'utiliser : L'énoncé parle de virage, de looping, de manège, de satellite ou de tout objet qui décrit un cercle à vitesse constante.
1Dessiner l'objet à l'endroit précis du cercle demandé, et tracer la flèche du rayon vers le CENTRE.
2Lister les forces RÉELLES qui s'exercent sur lui, sans jamais y ajouter Fc ni une force centrifuge.
3Écrire la somme de leurs composantes RADIALES, comptées positivement vers le centre, et l'égaler à rmv2.
4Écrire aussi l'équation de l'axe perpendiculaire si une inconnue y vit, par exemple la normale d'un virage relevé.
5Résoudre, puis vérifier que la masse s'est bien simplifiée quand la question dit qu'elle ne devrait pas intervenir.
Phrase de conclusion
« La voiture peut aborder ce virage de 50 m à 18,5 m/s au maximum, soit 67 km/h, quelle que soit sa masse. »
Le piège : Écrire ΣF=0 par réflexe. Un mouvement circulaire uniforme n'est PAS un équilibre : la vitesse change de direction, donc l'accélération n'est pas nulle.
Barème : 1 point pour le schéma avec le rayon orienté, 1 point pour l'absence de force inventée, 2 points pour l'équation radiale, 1 point pour la résolution, 1 point pour la phrase.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
La normale a-t-elle bougé dans le bon sens
Une traction vers le haut doit DIMINUER FN, une poussée vers le bas doit l'AUGMENTER. Comparez au poids en une seconde.
Une FN de 230 N pour une caisse de 196 N tirée obliquement vers le haut est fausse : le signe du terme Fsinθ a été inversé.
Le câble le plus redressé est-il le plus tendu
Dans tout montage à deux câbles, celui qui se rapproche le plus de la verticale porte davantage. Si votre calcul dit l'inverse, une projection est fausse.
Un câble à 70° tendu à 150 N et un câble à 20° tendu à 400 N : c'est cohérent, le presque horizontal souffre le plus.
La masse s'est-elle simplifiée
Dans un virage, sur un angle de décrochage ou pour une vitesse minimale au sommet d'un cercle, la masse DOIT disparaître. Si elle survit, une force a été mal écrite.
Une vmax qui dépendrait de m signale que le frottement a été écrit sans la normale, ou que mg a été oublié quelque part.
L'ordre de grandeur du virage
Un virage urbain de 50 m se prend autour de 60 à 70 km/h sur route sèche. Convertissez systématiquement en km/h pour juger.
Une vmax de 60 m/s, soit 216 km/h, sur un virage de quartier signale un r en kilomètres ou un μ hors de [0;1].
Le coefficient est-il physique
Un coefficient de frottement dépasse rarement 1 et n'est jamais négatif. S'il sort à 3,4, c'est la normale qui a été sous-estimée.
Un μ calculé à 2,1 vient presque toujours d'avoir divisé par mg au lieu de mgcosθ sur une pente.
L'exercice type décortiqué
Le virage, à plat puis relevé
Une voiture aborde un virage horizontal de 50 m de rayon. Le coefficient de frottement statique entre les pneus et la chaussée sèche vaut 0,70.
Calculez la vitesse maximale possible, en m/s puis en km/h, et montrez qu'elle ne dépend pas de la masse.
On veut ensuite que cette même vitesse soit tenable sans aucun frottement, sur chaussée verglacée. Quel angle de relèvement faut-il donner au virage ?
La vitesse limite ne dépend ni de la masse ni du véhicule, seulement du rayon et de l'adhérence : sous la pluie, le même virage de 50 m ne se prend plus qu'à 12,1 m/s.
Étape 1
Diagramme de corps libre : le poids mg vers le bas, la normale FN vers le haut, le frottement f HORIZONTAL et dirigé vers le centre du virage.
Pourquoi
Aucune force centrifuge, et pas de force centripète ajoutée : le frottement est la seule force horizontale, c'est donc lui, et lui seul, la résultante qui fait tourner.
Étape 2
Axe vertical, sans accélération : FN−mg=0, donc FN=mg. Le virage est plat, donc ici seulement, la normale égale le poids.
Pourquoi
On résout d'abord l'axe où l'accélération est nulle : il livre FN gratuitement, et c'est FN qui plafonne le frottement disponible.
Étape 3
Axe radial : fmax=μsFN=μsmg et cette résultante vaut rmv2, d'où μsmg=rmv2.
Pourquoi
On prend le frottement à son PLAFOND parce que la question demande la vitesse maximale, c'est-à-dire la limite juste avant le dérapage. À vitesse plus faible, le frottement vaudrait moins.
Étape 4
La masse se simplifie : v2=μsgr=0,70×9,8×50=343, donc v=18,5 m/s.
Pourquoi
La simplification de m est le résultat le plus important de la question : elle doit être signalée par écrit, car c'est elle qui répond à la deuxième partie de l'énoncé.
Étape 5
Conversion : 18,5×3,6=66,7 km/h.
Pourquoi
Convertir n'est pas de la coquetterie : c'est le seul moyen de juger l'ordre de grandeur. Une limite de 67 km/h sur un virage serré de 50 m est parfaitement plausible.
Étape 6
Virage relevé, sans frottement : les deux forces sont mg et FN, perpendiculaire à la chaussée inclinée. Vertical : FNcosθ=mg. Radial : FNsinθ=rmv2.
Pourquoi
Ici les axes restent horizontal et vertical, et non alignés sur la pente : l'accélération est horizontale, dirigée vers le centre, donc c'est elle qui commande le choix des axes.
Étape 7
En divisant les deux équations : tanθ=rgv2=50×9,8343=0,70, donc θ=35,0°.
Pourquoi
La division élimine FN ET la masse d'un seul coup. Le résultat tanθ=μs n'est pas un hasard : à cette vitesse, la géométrie remplace exactement l'adhérence.
Étape 8
Vérification : sur chaussée mouillée avec μs=0,30, le virage plat ne tiendrait qu'à v=0,30×9,8×50=12,1 m/s, soit 44 km/h.
Pourquoi
Ce contrôle montre que la formule répond bien à ce qu'on attend d'elle : diviser μ par plus de deux divise la vitesse limite par un peu plus de 1,5, puisque c'est une racine carrée.
Conclusion rédigée
« Sur chaussée sèche, le virage se prend à 18,5 m/s au maximum, soit 66,7 km/h, quelle que soit la masse du véhicule. Relevé de 35,0°, il tient la même vitesse sans aucun frottement. »
L'erreur classique sur cet exercice : L'erreur classique sur ce problème est d'écrire ΣF=0 en croyant que le mouvement circulaire uniforme est un équilibre. La vitesse est constante en grandeur, mais elle change de DIRECTION à chaque instant : l'accélération vaut rv2 et pointe vers le centre.
À savoir par cœur
•Fx=Fcosθ et Fy=Fsinθ, avec θ mesuré depuis l'HORIZONTALE. Toujours vérifier depuis quoi l'énoncé mesure.
•Résoudre d'abord l'axe où l'accélération est nulle : il livre FN, donc le frottement.
•FN=mg−Fsinθ si on tire vers le haut, mg+Fsinθ si on pousse vers le bas, mgcosθ sur une pente.
•Angle de traction le plus économique : tanθ=μ.
•Deux câbles : T=2sinθP. Plus ils s'aplatissent, plus ils souffrent.
•Fc=rmv2 est la valeur de la RÉSULTANTE, jamais une force à ajouter au diagramme. La force centrifuge n'existe pas.
•Virage à plat : vmax=μsgr. Virage relevé sans frottement : tanθ=rgv2. Sans la masse, dans les deux cas.
•Cercle vertical : au sommet T+mg=rmv2 et vmin=gr ; en bas T−mg=rmv2, la tension y est maximale.
•Le frottement change de sens avec le mouvement : il monte quand on retient, il descend quand on hisse.
Questions fréquentes
Pourquoi la force normale n'est-elle pas égale au poids quand on tire à angle ?
Parce que la traction oblique a une composante verticale qui soulage le support. La normale vaut alors le poids moins cette composante, donc moins que le poids. C'est exactement pourquoi il est plus facile de tirer une caisse que de la pousser vers le bas : le frottement, proportionnel à la normale, diminue en même temps.
Est-ce que la force centrifuge existe vraiment ?
Non, pas dans un diagramme de corps libre au secondaire. La seule force horizontale sur une voiture qui tourne est le frottement, dirigé vers le centre. La sensation d'être plaqué vers l'extérieur vient de votre propre inertie : votre corps continue tout droit pendant que la portière tourne et vient à votre rencontre.
Faut-il ajouter la force centripète au diagramme de corps libre ?
Jamais. La force centripète n'est pas une interaction supplémentaire, c'est le nom donné à la résultante des forces réelles quand elle pointe vers le centre du cercle. On dessine les vraies forces, on calcule leur résultante radiale, puis on l'égale à la masse fois la vitesse au carré divisée par le rayon.
Pourquoi la tension augmente-t-elle quand les câbles deviennent horizontaux ?
Parce que seule la composante verticale de chaque tension soutient la charge. Quand le câble s'approche de l'horizontale, cette composante devient très petite et la tension doit devenir énorme pour que le total continue de porter le poids. À quinze degrés, deux câbles portant cinq cents newtons sont tendus à près de mille newtons chacun.
Est-ce qu'un camion peut prendre un virage plus vite qu'une voiture ?
Non, pas pour cette raison. La masse plus grande donne bien plus de frottement disponible, mais elle exige aussi proportionnellement plus de force pour tourner. Les deux effets se compensent exactement et la masse disparaît du calcul. La vitesse limite ne dépend que du rayon du virage et de l'adhérence des pneus.
Pourquoi la corde est-elle plus tendue en bas d'un looping qu'en haut ?
En haut, le poids pointe déjà vers le centre du cercle et aide donc à faire tourner l'objet : la corde n'a que le reste à fournir. En bas, le poids pointe à l'opposé du centre et la corde doit à la fois le compenser et fournir toute la force qui fait tourner. L'objet va aussi plus vite en bas, ce qui aggrave l'écart.
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Exercices corrigés : Forces à angle et équilibre
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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