Fiche de révision : énergie, pendules et plans inclinés (physique, secondaire 5)
Pendules et plans inclinés sont les deux scènes que l'examen préfère, parce qu'elles obligent à convertir une géométrie en hauteur avant tout calcul d'énergie. Cette fiche traite exactement ce passage : quelle hauteur utiliser selon la scène, où le frottement s'ajoute au bilan, et pourquoi la tension d'un fil au point le plus bas n'a rien à voir avec le poids.
Elle s'adresse aux élèves de physique de secondaire 5. Le chapitre croise l'énergie et le mouvement circulaire, ce qui en fait la question longue type de fin d'épreuve. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.
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Le fil du chapitre
Ce qui compte pour l'énergie potentielle n'est jamais la distance parcourue mais la HAUTEUR gagnée ou perdue ; le frottement, lui, se paie sur la DISTANCE, à la montée comme à la descente. Presque tout ce qui se perd dans ce chapitre vient d'avoir mélangé les deux.
•PENDULE de longueur L écarté de θ par rapport à la VERTICALE : la masse remonte de h=L(1−cosθ).
•PLAN INCLINÉ de longueur L à l'angle θ par rapport à l'horizontale : le dénivelé vaut h=Lsinθ.
•Dans les deux cas, Ep=mgh n'utilise que cette hauteur VERTICALE, jamais la distance parcourue.
•Le frottement, lui, fait exactement l'inverse : Wf=fd utilise la DISTANCE parcourue, jamais la hauteur.
•C'est pour cela qu'un toboggan, un plan incliné et une chute libre de même hauteur donnent la même vitesse finale quand il n'y a pas de frottement.
La masse ne remonte pas de la longueur du fil : elle remonte de h=L(1−cosθ), soit seulement 2,0 m pour un fil de 4 m écarté de 60°.
Écrivez la conversion géométrique sur une ligne à part, avant tout bilan d'énergie. C'est l'étape que les correcteurs cherchent en premier, et celle que les copies sautent le plus souvent.
Le pendule, position par position
•Au lâcher, en A : toute l'énergie est potentielle et la vitesse est nulle.
•Au point le plus bas, en B : toute l'énergie est devenue cinétique, la vitesse est maximale.
•De l'autre côté, en C : la masse remonte exactement à sa hauteur de départ, s'il n'y a pas de frottement.
•Entre deux, Ek+Ep ne change pas : ce que l'une perd, l'autre le gagne.
Pour 1 kg au bout d'un fil de 4 m lâché à 60° : 19,6 J de potentielle (bleu) en A, autant de cinétique (vert) en B, de nouveau tout en potentielle en C.
Avec la résistance de l'air, chaque aller-retour remonte un peu moins haut : l'énergie mécanique perdue est partie en chaleur, elle n'a pas disparu.
Le bilan, avec et sans frottement
•Sans frottement : Ek+Ep se conserve, donc v=2gh au point le plus bas, INDÉPENDANTE de la masse.
•Avec frottement : Em,i=Em,f+fd, où f=μmgcosθ sur une pente et d la longueur réellement parcourue.
•Le frottement s'oppose au mouvement, donc il freine à la MONTÉE comme à la DESCENTE : sur un aller-retour, il se paie deux fois.
•Fraction d'énergie cinétique retrouvée après un aller-retour sur une pente : sinθ+μcosθsinθ−μcosθ, sans la masse ni la vitesse initiale.
•Puissance : P=Δtmgh pour une montée, P=mgvsinθ pour une côte gravie à vitesse constante.
•Au-delà du programme de secondaire 5 : le calcul avec le coefficient de frottement μ n'est pas exigé par le programme du Ministère, qui demande les effets du frottement, les facteurs qui l'influencent et sa valeur, égale à la force appliquée moins la force résultante. Certains enseignants le font, plusieurs manuels le traitent, et il est au programme de mécanique du cégep (203-SN1-RE, ancien 203-NYA).
Chute libre, plan incliné, toboggan : partis du repos à la même hauteur et sans frottement, les trois arrivent en bas à la même vitesse 2gh. Seule la hauteur compte.
Un rendement musculaire humain tourne autour de 25 % : les trois quarts de l'énergie consommée partent en chaleur, ce qui explique qu'on transpire en montant un escalier.
Le pendule est aussi un problème de forces
•Le fil d'un pendule est toujours perpendiculaire au déplacement : son travail est NUL, il n'entre dans aucun bilan d'énergie.
•Mais il exerce bien une tension, et au point le plus bas cette tension vaut T=mg(3−2cosθ0).
•Cette valeur vient de deux équations : la conservation de l'énergie donne v2=2gL(1−cosθ0), puis T−mg=Lmv2.
•À l'instant du LÂCHER, en revanche, la vitesse est nulle et la tension ne vaut que mgcosθ0, donc moins que le poids.
•Repères à retenir : 2mg pour un lâcher à 60°, 3mg pour un lâcher à 90°.
Lâché à 60° : au départ, la tension ne vaut que mgcos60°=2mg ; au point bas, elle vaut 2mg, le double du poids, pour porter la masse ET la faire tourner.
Une tension au point le plus bas ne peut jamais être inférieure au poids : elle doit à la fois porter la masse et la faire tourner.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Prendre la longueur de la pente pour la hauteur
toute la question, 6 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La skieuse descend 100 m de pente, donc elle perd Ep=mg×100=68600 J. »
Ce qu'il faut écrire
« Le dénivelé vaut h=100sin20°=34,2 m, donc Ep diminue de 686×34,2=23,5 kJ. »
Pourquoi : L'énergie potentielle ne dépend que de la hauteur verticale. Confondre les deux surestime le résultat d'un facteur sinθ1, soit près de 3 à 20°, et donne des vitesses absurdes.
2.Faire remonter le pendule de la longueur du fil
toute la question, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le pendule de 4 m est écarté de 60°, donc il monte de 4cos60°=2 m... ou de 4 m ? »
Ce qu'il faut écrire
« h=L(1−cosθ)=4(1−0,5)=2,0 m. La hauteur est la partie du fil qui reste SOUS le point le plus haut atteint, pas le fil entier. »
Pourquoi : Lcosθ est la distance verticale entre le pivot et la masse, et L celle du pivot au point le plus bas. La HAUTEUR remontée est la différence des deux, d'où le 1−cosθ.
3.Croire que la tension au point le plus bas vaut le poids
toute la question, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« En bas, le pendule est à sa position d'équilibre, donc T=mg. »
Ce qu'il faut écrire
« En bas, la masse tourne : T−mg=Lmv2, donc T=mg(3−2cosθ0). Pour un lâcher à 60°, T=2mg, soit le DOUBLE du poids. »
La tension au point le plus bas passe de mg pour un lâcher quasi vertical à 3mg pour un lâcher à l'horizontale, alors qu'à l'instant du lâcher elle ne vaut que mgcosθ0.
Pourquoi : Le point le plus bas n'est pas un point d'équilibre pour une masse en mouvement : la trajectoire y est courbe, donc l'accélération n'est pas nulle. Le fil doit à la fois porter la masse et la faire tourner.
4.Ne compter le frottement qu'une fois sur un aller-retour
toute la question, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le bloc monte la pente puis redescend au point de départ : le frottement l'a freiné à la montée, donc il repart avec l'énergie qui reste. »
Ce qu'il faut écrire
« Le frottement s'oppose au mouvement dans LES DEUX SENS : il dissipe fd à la montée puis encore fd à la descente. Avec μ=0,2 sur une pente à 30°, il ne revient que 49 % de l'énergie cinétique de départ. »
Le frottement se paie deux fois : avec μ=0,2 sur une pente à 30°, le bloc ne récupère que 49 % de son énergie cinétique, et il reste bloqué en haut dès que μ atteint 0,58.
Pourquoi : Le frottement n'est pas une force conservative : contrairement au poids, son travail dépend du CHEMIN et ne se récupère jamais. C'est ce qui distingue une pente frottante d'un ressort.
5.Garder la masse dans une vitesse de fin de descente
3 points de raisonnement
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le skieur lourd arrivera plus vite en bas, puisque son énergie potentielle est plus grande. »
Ce qu'il faut écrire
« Sans frottement, mgh=21mv2 et la masse se simplifie : v=2gh, la même pour tous. Avec frottement, elle se simplifie aussi, puisque f=μmgcosθ est proportionnelle à m. »
Pourquoi : Le skieur lourd a plus d'énergie à convertir, mais il a aussi plus d'inertie et plus de frottement, dans exactement la même proportion. Les trois effets se compensent.
6.Faire travailler la tension du fil d'un pendule
2 à 4 points, et un bilan impossible à résoudre
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le fil tire la masse, donc son travail est T×Lθ et il faut l'ajouter au bilan. »
Ce qu'il faut écrire
« Le fil est toujours perpendiculaire au déplacement de la masse : son travail est NUL et il n'entre dans aucun bilan d'énergie, même si sa tension varie tout au long du mouvement. »
Pourquoi : Une force perpendiculaire au déplacement ne transfère aucune énergie : elle change la direction du mouvement, pas sa vitesse. C'est exactement le cas de la force centripète.
7.Confondre l'énergie dépensée et la puissance développée
2 points et une unité fausse
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Il monte 23,5 kJ en 5 minutes, donc il développe 23,5 kJ de puissance. »
Ce qu'il faut écrire
« P=ΔtW=30023500=78 W. Le travail se mesure en joules, la puissance en watts. »
Pourquoi : Deux personnes qui gravissent la même côte fournissent le même travail ; celle qui la gravit en moitié moins de temps développe deux fois plus de puissance. Un humain tient environ 75 à 200 W en continu.
8.Calculer le frottement avec le poids entier sur un plan incliné
2 points, davantage sur une pente raide
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Sur la pente à 20°, f=μmg=0,10×686=68,6 N. »
Ce qu'il faut écrire
« La normale vaut mgcos20°, donc f=μmgcos20°=0,10×686×0,940=64,5 N. »
Pourquoi : Le frottement se calcule avec la NORMALE, qui n'égale le poids que sur le plat. L'écart est modeste à 20° mais atteint 30 % à 45° et fausse alors tout le bilan.
Quelle méthode choisir
Quelle hauteur mettre dans mgh
Regardez la scène et cherchez la seule chose qui compte : de combien l'objet est-il monté ou descendu VERTICALEMENT.
Du sommet à 25 m au point à 8 m, la hauteur à mettre dans mgh est 17 m, quels que soient les creux et les bosses du rail entre les deux.
Si PENDULE écarté d'un angle θ par rapport à la verticale → h=L(1−cosθ)
Exemple : L=4 m et θ=60° : h=2,0 m
l'angle est TOUJOURS mesuré depuis la verticale dans cette formule ; s'il est donné depuis l'horizontale, prendre le complémentaire
Si PLAN INCLINÉ de longueur L à l'angle θ depuis l'horizontale → h=Lsinθ
Exemple : 100 m de pente à 20° : h=34,2 m
Si MONTAGNE RUSSE ou toboggan, hauteurs données directement → h est la différence des deux altitudes, le chemin n'intervient pas
Exemple : de 25 m à 8 m : h=17 m, quelle que soit la forme du rail
Si RESSORT VERTICAL comprimé puis relâché → attention, DEUX réservoirs : 21kx2 pour le ressort ET mgx pour la hauteur reprise pendant la détente
Exemple : oublier le second terme sous-estime la vitesse de sortie
Dans toutes les branches, la distance PARCOURUE ne sert qu'au frottement, jamais à l'énergie potentielle. Écrivez les deux nombres séparément pour ne pas les confondre.
Ce que la question demande, et par où passer
Lisez le mot final de la question : vitesse, tension, distance, durée ou puissance. Chacun a une porte d'entrée unique.
Si on demande une VITESSE en un point → bilan d'énergie entre le départ et ce point
Exemple : v=2gh=6,26 m/s pour h=2,0 m
Si on demande une TENSION ou une force normale → l'énergie ne suffit pas : il faut AUSSI la deuxième loi de Newton sur l'axe radial
Exemple : T−mg=Lmv2 après avoir trouvé v par l'énergie
c'est le seul endroit du chapitre où les deux chapitres se combinent, et il tombe souvent
Si on demande une DISTANCE parcourue avant l'arrêt → égaler l'énergie disponible au travail du frottement, E=fd
Exemple : 17016=64,5d donne d=264 m sur le plat
Si on demande une DURÉE ou une puissance → P=ΔtW, ou P=Fv à vitesse constante
Exemple : 78 W pour 23,5 kJ en 5 minutes
Si on demande une ACCÉLÉRATION → l'énergie ne la donne pas : revenir au diagramme de corps libre
Exemple : a=g(sinθ−μcosθ) sur une pente
La règle qui résume le chapitre : l'énergie donne des vitesses et des distances, la dynamique donne des forces et des accélérations. Une question de tension a besoin des deux.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Un bilan d'énergie sur une pente avec frottement
Quand l'utiliser : L'énoncé fait descendre ou monter un objet sur un plan incliné en donnant un coefficient de frottement.
1Convertir la géométrie : écrire h=Lsinθ avec sa valeur, sur une ligne à part.
2Fixer l'origine des hauteurs, en général le bas de la pente, et l'écrire.
3Calculer la normale FN=mgcosθ, puis le frottement f=μFN, puis l'énergie dissipée fL.
4Écrire le bilan en une ligne : mgh=21mv2+fL.
5Isoler la vitesse littéralement, puis substituer.
6Conclure par une phrase avec la valeur et l'unité, et comparer au cas sans frottement.
Phrase de conclusion
« En prenant le bas de la pente comme origine, la skieuse arrive à 22,0 m/s, contre 25,9 m/s si la neige était parfaitement glissante. »
Le piège : Utiliser L dans le terme mgh et h dans le terme fd, c'est-à-dire les intervertir. Écrire les deux nombres côte à côte au début empêche cette confusion.
Barème : 1 point pour la conversion géométrique, 1 point pour l'origine, 2 points pour la normale et le frottement, 1 point pour le bilan, 1 point pour la phrase.
La tension au point le plus bas d'un pendule
Quand l'utiliser : L'énoncé lâche une masse au bout d'un fil et demande la tension, la force sur le support ou la résistance nécessaire du fil.
1Annoncer que le travail de la tension est NUL, parce qu'elle reste perpendiculaire au déplacement.
2Écrire la conversion géométrique h=L(1−cosθ0) avec sa valeur.
3Trouver v au point le plus bas par la conservation de l'énergie : v2=2gh.
4Passer à la dynamique sur l'axe radial, orienté vers le HAUT au point le plus bas : T−mg=Lmv2.
5Résoudre, puis vérifier que la tension trouvée dépasse bien le poids.
Phrase de conclusion
« Au point le plus bas, le fil supporte T=2mg, soit le double du poids de la masse. »
Le piège : Écrire T=Lmv2 en oubliant le poids. La force centripète est la RÉSULTANTE de la tension et du poids, pas la tension seule.
Barème : 1 point pour le travail nul du fil, 1 point pour la hauteur, 1 point pour la vitesse, 2 points pour l'équation radiale complète, 1 point pour la conclusion.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
La hauteur est-elle plus petite que la distance
Sur une pente ou pour un pendule, h est TOUJOURS strictement inférieure à la longueur parcourue. Comparez les deux nombres en une seconde.
Un h=100 m annoncé pour 100 m de pente signale que le sinus a été oublié ; à 20°, la vraie hauteur n'est que 34,2 m.
La vitesse avec frottement est-elle plus petite
Calculez mentalement 2gh, le cas idéal, et vérifiez que votre réponse est en dessous. C'est un contrôle gratuit.
2(9,8)(34,2)=25,9 m/s : une réponse de 28 m/s avec frottement est impossible.
La masse a-t-elle disparu
Dans une vitesse de fin de descente, une hauteur atteinte ou une fraction d'énergie retrouvée, la masse doit se simplifier. Si elle survit, une énergie ou un frottement a été mal écrit.
Une vitesse annoncée en 2gh/m trahit une division par la masse au lieu d'une simplification.
La tension dépasse-t-elle le poids
Au point le plus bas d'un pendule ou d'un cercle vertical, la tension doit être STRICTEMENT supérieure à mg, et comprise entre mg et 3mg pour un lâcher entre 0 et 90°.
Une tension de 0,8mg en bas est impossible : le fil devrait porter la masse et la faire tourner avec moins que son poids.
L'ordre de grandeur de la puissance
Un humain développe de 75 à 200 W en continu et 1000 W en pointe très brève. Comparez toute puissance calculée à ces repères.
Un randonneur crédité de 2000 W est faux d'un facteur 15 : cherchez des minutes prises pour des secondes.
L'exercice type décortiqué
La descente à ski avec frottement
Une skieuse de 70 kg part du repos et descend 100 m le long d'une pente inclinée à 20° sur l'horizontale.
Le coefficient de frottement entre les skis et la neige vaut 0,10 et on néglige la résistance de l'air ; ce calcul avec le coefficient est un approfondissement, hors programme de secondaire 5 (voir l'encadré « Le bilan, avec et sans frottement »).
Calculez sa vitesse en bas de la pente, comparez-la au cas sans frottement, puis trouvez sur quelle distance elle continuera de glisser sur le plat, où le coefficient reste 0,10.
Sur 100 m de pente à 20°, la skieuse libère 23,5 kJ d'énergie potentielle, mais le frottement en dissipe 6,4 : il ne lui reste que 17,0 kJ d'énergie cinétique en bas.
Étape 1
Conversion géométrique : h=100sin20°=34,2 m. Origine des hauteurs prise au bas de la pente.
Pourquoi
C'est la seule ligne qui distingue une copie juste d'une copie fausse sur ce problème. Les 100 m serviront pour le frottement, les 34,2 m pour l'énergie potentielle, et jamais l'inverse.
Étape 2
Énergie potentielle libérée : mgh=70×9,8×34,2=23462 J, soit 23,5 kJ.
Pourquoi
On calcule d'abord le réservoir de départ, avant de se demander ce qui en sera perdu. Découper le bilan en deux nombres séparés le rend vérifiable, et rattrapable si l'un des deux se trompe.
Étape 3
Normale sur la pente : FN=mgcos20°=686×0,940=644,6 N. Frottement : f=0,10×644,6=64,5 N.
Pourquoi
La normale n'est pas le poids : sur une pente elle vaut mgcosθ. Écrire f=μmg donnerait 68,6 N, une erreur de 6 % qui grandit vite si la pente se redresse.
Étape 4
Énergie dissipée sur la pente : Wf=fL=64,5×100=6446 J, soit 6,4 kJ.
Pourquoi
Ici on utilise bien les 100 m, la distance PARCOURUE, et non les 34,2 m. C'est le miroir exact de l'étape sur l'énergie potentielle, et la confusion entre les deux est l'erreur la plus fréquente.
Étape 5
Bilan : 21(70)v2=23462−6446=17016 J, donc v2=486 et v=22,0 m/s.
Pourquoi
Le bilan tient en une ligne parce que les trois nombres ont été calculés séparément. Une vitesse de 22 m/s, soit 79 km/h, est plausible pour une descente de 100 m.
Étape 6
Sans frottement : v=2gh=2(9,8)(34,2)=25,9 m/s. Le frottement a coûté 3,9 m/s.
Pourquoi
Ce contrôle est gratuit et obligatoire : la réponse avec frottement doit être plus petite. Il montre aussi que 27 % de l'énergie a été perdue pour seulement 15 % de vitesse en moins, puisque la vitesse suit une racine carrée.
Étape 7
Sur le plat : FN=mg=686 N et f=68,6 N. L'énergie cinétique restante s'y dissipe : 17016=68,6d, donc d=248 m.
Pourquoi
Le frottement change de valeur en changeant de terrain, parce que la normale change : sur le plat elle redevient le poids entier. Reprendre 64,5 N ici serait une erreur silencieuse.
Étape 8
Contrôle : la skieuse glisse 248 m sur le plat après 100 m de pente, ce qui est bien plus long. C'est cohérent puisque le plat ne fournit plus aucune énergie et se contente d'en retirer.
Pourquoi
Une distance de freinage plus COURTE que la pente aurait signalé une énergie cinétique sous-estimée, ou un frottement recopié de la pente sans le corriger.
Conclusion rédigée
« La skieuse arrive en bas de la pente à 22,0 m/s, soit 79 km/h, contre 25,9 m/s sans frottement, puis elle parcourt encore 248 m sur le plat avant de s'arrêter. »
L'erreur classique sur cet exercice : L'erreur classique sur ce problème est d'écrire mgh avec h=100 m. La réponse devient v=37 m/s, soit 133 km/h, ce qui reste assez plausible pour ne pas alerter : seul le réflexe de comparer la hauteur à la distance parcourue attrape la faute.
À savoir par cœur
•PENDULE : h=L(1−cosθ), avec θ mesuré depuis la VERTICALE.
•PLAN INCLINÉ : h=Lsinθ, avec θ mesuré depuis l'HORIZONTALE.
•mgh utilise la HAUTEUR, fd utilise la DISTANCE parcourue. Jamais l'inverse.
•Sur une pente, f=μmgcosθ ; sur le plat, f=μmg. Le frottement change en changeant de terrain.
•Le frottement freine à la montée ET à la descente : sur un aller-retour, il se paie deux fois.
•Le travail de la tension d'un fil est NUL : elle est toujours perpendiculaire au déplacement.
•Tension au point le plus bas : T=mg(3−2cosθ0), soit 2mg à 60° et 3mg à 90°. Au lâcher, seulement mgcosθ0.
•Sans frottement, v=2gh, indépendante de la masse. Avec frottement aussi, la masse se simplifie.
•P=Δtmgh pour une montée, P=mgvsinθ pour une côte à vitesse constante.
Questions fréquentes
Comment calculer la hauteur d'un pendule écarté d'un angle ?
La hauteur remontée vaut la longueur du fil multipliée par un moins le cosinus de l'angle, cet angle étant mesuré depuis la verticale. Pour un fil de quatre mètres écarté de soixante degrés, cela donne deux mètres. Ce n'est ni la longueur du fil ni le cosinus seul : c'est la différence entre la longueur du fil et sa projection verticale.
Faut-il utiliser la longueur de la pente ou la hauteur dans le calcul d'énergie ?
Les deux, mais pas au même endroit. L'énergie potentielle utilise uniquement la hauteur verticale, c'est-à-dire la longueur de la pente multipliée par le sinus de l'angle. Le travail du frottement, lui, utilise la distance réellement parcourue, donc la longueur de la pente. Écrire les deux nombres séparément au début du problème évite de les intervertir.
Pourquoi la tension du fil n'est-elle pas égale au poids en bas d'un pendule ?
Parce que la masse ne se contente pas d'être portée : elle tourne. Le fil doit donc à la fois compenser le poids et fournir la force qui courbe la trajectoire. La tension au point le plus bas vaut le poids multiplié par trois moins deux fois le cosinus de l'angle de lâcher, donc le double du poids pour un lâcher à soixante degrés.
Le frottement freine-t-il aussi à la descente ?
Oui, toujours. Le frottement s'oppose au mouvement, quel que soit son sens : il freine à la montée puis freine encore à la descente. Sur un aller-retour, l'énergie perdue se paie donc deux fois, et l'objet revient avec bien moins que la moitié de son énergie de départ. C'est ce qui distingue le frottement du poids, dont le travail se récupère intégralement.
Est-ce qu'un skieur plus lourd arrive plus vite en bas d'une pente ?
Non. Sa masse plus grande lui donne davantage d'énergie potentielle, mais elle lui donne aussi plus d'inertie à mettre en mouvement et plus de frottement à vaincre, dans exactement la même proportion. La masse se simplifie dans le bilan, et la vitesse en bas ne dépend que de la hauteur, de l'angle et du coefficient de frottement.
Pourquoi le travail de la tension d'un pendule est-il nul ?
Parce que le fil reste perpendiculaire au déplacement de la masse tout au long du mouvement, et qu'une force perpendiculaire ne transfère aucune énergie. Elle courbe la trajectoire sans changer la vitesse. C'est pour cette raison que le bilan d'énergie d'un pendule ne fait intervenir que le poids, même si la tension varie en permanence.
Passer à la pratique
Exercices corrigés : Énergie : pendules et plans inclinés
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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