Spécialité physique-chimie, Terminale • Annales du bac 2025 corrigées à Montréal

Bac 2025 de spécialité physique-chimie, Nouvelle-Calédonie jour 1 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité physique-chimie, session 2025 : Nouvelle-Calédonie, jour 1

Épreuve du jeudi 20 novembre 2025 • durée 3 h 30 • calculatrice en mode examen autorisée • 3 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet officiel (Labolycée).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 3 h 30, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2025 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité physique-chimie du baccalauréat 2025, centre Nouvelle-Calédonie, jour 1 : l'épreuve du jeudi 20 novembre 2025, trois heures trente, calculatrice en mode examen autorisée. Trois exercices pour 20 points, 9 points sur l'aspirine, 5 points sur des écoulements sanguins et 6 points sur Métis, satellite de Jupiter, avec une annexe à rendre avec la copie. L'énoncé et ses documents sont reproduits tels quels, et chaque question qui a un résultat vérifiable porte un champ autocorrigé.

L'exercice 1 part des groupes caractéristiques ester et carboxyle de l'aspirine, de son couple acide-base et du diagramme de prédominance, puis exploite un titrage pH-métrique suivi par la dérivée dpHdV\dfrac{\mathrm{dpH}}{\mathrm{d}V} pour doser un comprimé. Il étudie ensuite la cinétique de l'hydrolyse de l'aspirine : vitesse volumique de disparition lue sur une tangente, calcul des vitesses par un programme Python, test d'une loi de vitesse d'ordre 1, sites donneur et accepteur, flèches courbes d'un mécanisme réactionnel, catégorie de réaction et facteurs cinétiques. L'exercice 2 applique la relation de Bernoulli, en statique pour le millimètre de mercure puis à une sténose aortique, avec la conservation du débit volumique, et la loi de Poiseuille à un réseau de capillaires. L'exercice 3 étudie le mouvement circulaire uniforme d'un satellite dans le repère de Frenet, la deuxième loi de Newton et la troisième loi de Kepler, puis compare l'orbite de Métis aux limites de Roche « fluide » et « rigide ».

Le corrigé nomme la loi à chaque question, pose le calcul avec ses unités et ses chiffres significatifs, et vérifie le résultat quand c'est possible. Trois pièges y sont traités en détail : le facteur 25 entre le prélèvement titré et le comprimé entier, oublié il donne 17 mg au lieu de 430 (exercice 1, Q5) ; la loi d'ordre 1, qui se teste par la proportionnalité de vv à CC et non par le sens de variation (exercice 1, Q11) ; la conversion de la période « 7 h 4 min 30 s » en secondes avant la troisième loi de Kepler (exercice 3, Q8). Il précise aussi pourquoi l'hydrolyse est une substitution alors que sa première étape est une addition (exercice 1, Q14).

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale

Exercice 1 : De l'aspirine pour favoriser l'écoulement sanguin

9 points Acide-base, pKa et titragesCinétique chimiqueSynthèse organique et mécanismesStratégies de synthèse et polymères

L'aspirine ou acide acétylsalicylique est fréquemment employée dans le cas d'un traitement préventif de certaines maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, etc.) pour sa capacité à fluidifier le sang. Toutefois, elle produit des effets irritants sur l'estomac.

L'aspirine existe sous la forme de comprimés ayant un enrobage gastro-résistant pour les traitements de longue durée.

Lorsque survient un accident ischémique* transitoire (ou AIT), l'aspirine sans enrobage peut être donnée par une prise urgente d'une dose de charge comprise entre 160 et 300 mg.

* Ischémie : diminution de l'apport sanguin.

Données :
• Masse molaire de l'aspirine : M=180 g⋅mol−1M=180\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}}.
• Formule brute de l'aspirine : C9H8O4\mathrm{C_{9}H_{8}O_{4}}.
• pKA\mathrm{p}K_{A} du couple C9H8O4/C9H7O4−\mathrm{C_{9}H_{8}O_{4}/C_{9}H_{7}O_{4}^{-}} : pKA=3,5\mathrm{p}K_{A}=3{,}5 à 25 °C.

Les différentes parties de cet exercice peuvent être traitées indépendamment les unes des autres.

  • Partie A : À propos de l'aspirine
  • La formule topologique de l'aspirine est donnée ci-contre.
  • Formule topologique de l'aspirine : un cycle benzénique portant deux substituants voisins. Le groupe entouré A relie le cycle, par un atome d'oxygène, à un carbone doublement lié à un autre oxygène et porteur d'un méthyle. Le groupe entouré B est un carbone doublement lié à un oxygène et lié à un groupe OH.
    Figure 1. Formule topologique de l'aspirine
  • 1. Nommer les groupes caractéristiques A et B entourés sur la figure 1.
  • 2. Écrire l'équation de la réaction modélisant la transformation acide-base de l'aspirine avec l'eau.
  • 3. À l'aide d'un diagramme de prédominance associé à ce couple, déterminer la forme prédominante dans l'estomac, dont le pH est compris entre 1 et 3.
  • 4. Expliquer pourquoi un comprimé avec enrobage est préférable à un comprimé sans enrobage pour un traitement de longue durée.
  • Partie B : Titrage d'un comprimé
  • On dispose d'un comprimé d'Aspirine du Rhône©. Il s'agit d'une formulation sans enrobage. On désire savoir si ce comprimé pourrait convenir à une dose de charge dans le cas d'un AIT.
  • Pour cela, on met en œuvre le protocole expérimental suivant :
    • dans un mortier et à l'aide d'un pilon, broyer le comprimé d'Aspirine du Rhône ;
    • préparer un volume V=500,0V=500{,}0 mL de solution, notée SS, en dissolvant la poudre d'aspirine ainsi obtenue dans de l'eau distillée ;
    • prélever un volume VA=20,0V_{A}=20{,}0 mL de la solution SS ;
    • titrer avec une solution d'hydroxyde de sodium (Na+(aq)+HO−(aq))(\mathrm{Na^{+}(aq)+HO^{-}(aq)}), de concentration en quantité de matière CB=1,0×10−2 mol⋅L−1C_{B}=1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, en réalisant un suivi pH-métrique.
  • Les courbes de la figure 2 ci-après représentent l'évolution du pH et la dérivée du pH en fonction du volume VBV_{B} d'hydroxyde de sodium (Na+(aq)+HO−(aq))(\mathrm{Na^{+}(aq)+HO^{-}(aq)}) versé au cours du titrage.
  • Titrage pH-métrique : pH (de 0 à 12) et dérivée dpH/dV en fonction du volume VB versé, de 0 à 20 mL. Le pH part d'environ 3,2, monte lentement jusqu'à 4,9 vers 9 mL, saute brusquement entre 9 et 10 mL puis plafonne vers 11. La dérivée, quasi nulle ailleurs, présente un pic étroit dont le maximum est à 9,5 mL.
    Figure 2. Évolution du pH et de sa dérivée en fonction du volume VBV_{B} d'hydroxyde de sodium (Na+(aq)+HO−(aq))(\mathrm{Na^{+}(aq)+HO^{-}(aq)}) versé au cours du titrage
  • L'équation de la réaction acide-base support de ce titrage s'écrit : C9H8O4(aq)+HO−(aq)⟶C9H7O4−(aq)+H2O(ℓ)\mathrm{C_{9}H_{8}O_{4}(aq)+HO^{-}(aq)\longrightarrow C_{9}H_{7}O_{4}^{-}(aq)+H_{2}O(\ell)}
  • 5. Exploiter la courbe de titrage de la figure 2 pour déterminer la masse mAm_{A} d'aspirine contenue dans le comprimé testé.
    Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie même si elle n'a pas abouti : la démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.
  • 6. Indiquer si la quantité d'aspirine contenue dans ce comprimé est adaptée, sous-dosée ou surdosée, pour une prise urgente, dans le cas d'un AIT. Justifier.
  • Partie C : Étude de la cinétique de l'hydrolyse de l'aspirine
  • La stabilité d'un médicament dans différents milieux et conditions expérimentales est étudiée en pharmacologie.
  • On se propose d'étudier la cinétique de la transformation entre l'aspirine et l'eau, à température ambiante. Cette transformation lente forme de l'acide salicylique C7H6O3\mathrm{C_{7}H_{6}O_{3}} et de l'acide éthanoïque C2H4O2\mathrm{C_{2}H_{4}O_{2}}.
  • La réaction entre l'aspirine et l'eau est appelée hydrolyse de l'aspirine et a pour équation de réaction : C9H8O4(aq)+H2O(ℓ)⇌C7H6O3(aq)+C2H4O2(aq)\mathrm{C_{9}H_{8}O_{4}(aq)+H_{2}O(\ell)\rightleftharpoons C_{7}H_{6}O_{3}(aq)+C_{2}H_{4}O_{2}(aq)}
  • L'hydrolyse de l'aspirine est suivie par spectrophotométrie en présence d'un excès de chlorure de fer III, FeCl3(aq)\mathrm{FeCl_{3}(aq)}. En effet, ce dernier réagit avec l'acide salicylique pour former une espèce chimique violette.
  • On considère que :
    • l'absorbance du mélange à la longueur d'onde choisie ne dépend que de la concentration en acide salicylique ;
    • l'eau étant en excès, la réaction d'hydrolyse de l'aspirine est totale.
  • On mesure l'absorbance du mélange au cours du temps, à température constante, et on en déduit l'évolution temporelle de la concentration en quantité de matière CC de l'aspirine représentée sur la figure 3 de l'ANNEXE À RENDRE AVEC LA COPIE page 11/11.
  • Concentration C de l'aspirine (de 0 à 0,006 mol/L) en fonction du temps t (de 0 à 30 h), sur papier millimétré. La courbe part de 0,0056 mol/L, décroît presque en ligne droite jusqu'à 0,0028 mol/L à 5 h, puis s'incurve : 0,0008 mol/L vers 10 h, environ 0,00015 mol/L à 15 h, et devient pratiquement nulle après 20 h.
    Annexe à rendre avec la copie. Figure 3. Évolution de la concentration en quantité de matière de l'aspirine en fonction du temps
  • 7. Définir la vitesse volumique de disparition de l'aspirine.
  • 8. Déterminer la vitesse volumique de disparition de l'aspirine à la date t=0t=0 h en faisant apparaître la construction employée sur la figure 3 de l'ANNEXE À RENDRE AVEC LA COPIE page 11/11.
  • 9. Justifier sans calcul, à l'aide de la figure 3 de l'ANNEXE À RENDRE AVEC LA COPIE page 11/11, comment évolue la vitesse volumique de disparition de l'aspirine au cours du temps.
  • On donne ci-dessous, figure 4, un extrait du code Python permettant de tracer la courbe de la figure 5 représentant les valeurs de vitesse volumique de disparition de l'aspirine, notée vv, en fonction de la concentration CC de l'aspirine.
  • Le temps tt est exprimé en heures (h), la concentration CC de l'aspirine en mol⋅L−1\mathrm{mol\cdot L^{-1}} et les valeurs de vitesse volumique vv de disparition de l'aspirine en mol⋅L−1⋅h−1\mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot h^{-1}}.
  • Programme Python de quinze lignes numérotées. Ligne 1 : import matplotlib.pyplot as plt. Lignes 3 et 4 : commentaire, les listes ne sont pas intégralement explicitées. Ligne 5 : t = [0.0, 0.167, 0.333, 0.5, 0.667, 0.833, 1.0, ...]. Ligne 6 : C = [0.00562, 0.00553, 0.00543, 0.00534, 0.00525, 0.00515, 0.00506, ...]. Ligne 8 : v = [], création d'une liste vide pour les valeurs de vitesse. Ligne 11 : for i in range(len(t) - 1):, commentaire, len(t) - 1 car la vitesse ne peut pas être calculée pour la dernière valeur de t. Ligne 13, indentée : v.append(pointillés), commentaire, calcul de la vitesse à la date t[i] sachant que la fonction append permet d'ajouter une valeur en fin de liste.
    Figure 4. Extrait du code Python utilisé (avec des passages non explicités)
  • On assimile la vitesse volumique de disparition de l'aspirine vv, à une date tt, à sa vitesse moyenne de disparition entre deux dates tt successives tit_{i} et ti+1t_{i+1}.
  • 10. Recopier et compléter la ligne 13 du code Python (figure 4) visant à calculer chaque valeur de vv et à l'ajouter en fin de liste v.
  • Grâce au code Python, on sélectionne quelques valeurs de la vitesse volumique de disparition vv de l'aspirine et on les représente en fonction de la concentration CC en aspirine sur la figure 5 suivante.
  • 11. Justifier, à l'aide de la figure 5 suivante, que l'hydrolyse de l'aspirine ne suit pas une loi de vitesse d'ordre 1 par rapport à l'aspirine dans les conditions de l'expérience.
  • Nuage de points de la vitesse v (de 0 à 0,0005 mol/L/h) en fonction de C (de 0 à 0,003 mol/L). Points lus : environ (0,0002 ; 0,00007), (0,00034 ; 0,00012), (0,00057 ; 0,00017), (0,00097 ; 0,00031), (0,00148 ; 0,00038), (0,00212 ; 0,00045), (0,00285 ; 0,000505). Les points montent vite puis de moins en moins : ils ne sont pas alignés sur une droite passant par l'origine.
    Figure 5. Des valeurs de vv en fonction de CC
  • Le mécanisme réactionnel de l'hydrolyse de l'aspirine comporte plusieurs étapes. Sur la figure 6 suivante, reproduite dans l'ANNEXE À RENDRE AVEC LA COPIE page 11/11, on donne la première étape simplifiée de ce mécanisme réactionnel :
  • Première étape du mécanisme, en schémas de Lewis : l'aspirine, dont le carbone du groupe ester porte un oxygène doublement lié et est lié au méthyle et à l'oxygène relié au cycle, plus une molécule d'eau H-O-H dont l'oxygène porte deux doublets non liants, donnent, par une double flèche d'équilibre, un intermédiaire où ce carbone est lié à quatre groupes : le méthyle, un oxygène chargé négativement portant trois doublets non liants, l'oxygène relié au cycle, et un oxygène chargé positivement lié à deux hydrogènes.
    Figure 6. Première étape simplifiée du mécanisme réactionnel de l'hydrolyse de l'aspirine (reproduite dans l'annexe à rendre avec la copie)
  • 12. Entourer et nommer, sur la figure 6 de l'ANNEXE À RENDRE AVEC LA COPIE page 11/11, le site donneur et le site accepteur de doublet d'électrons des réactifs qui interagissent lors de cette première étape.
  • 13. Représenter, sur la figure 6 de l'ANNEXE À RENDRE AVEC LA COPIE page 11/11, les flèches courbes modélisant les déplacements d'électrons permettant la formation de l'intermédiaire réactionnel.
  • 14. Identifier, parmi les catégories suivantes, celle à laquelle appartient cette transformation : oxydoréduction, acide-base, addition, élimination, substitution.
  • L'hydrolyse de l'aspirine est une transformation lente.
  • 15. Proposer une modification des conditions expérimentales permettant de diminuer la durée de cette transformation.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/10

1
3
5
6
8
9
12
14
Voir la correction

Réponses

  • 1 A : groupe ester ; B : groupe carboxyle
  • 2 C9H8O4(aq)+H2O(ℓ)⇌C9H7O4−(aq)+H3O+(aq)\mathrm{C_{9}H_{8}O_{4}(aq)+H_{2}O(\ell)\rightleftharpoons C_{9}H_{7}O_{4}^{-}(aq)+H_{3}O^{+}(aq)}
  • 3 pH<pKA=3,5\mathrm{pH}<\mathrm{p}K_{A}=3{,}5 : forme acide C9H8O4\mathrm{C_{9}H_{8}O_{4}} prédominante
  • 4 L'enrobage gastro-résistant évite la libération d'aspirine, irritante, dans l'estomac à chaque prise
  • 5 VE=9,5V_{E}=9{,}5 mL ; mA=25 CBVEM≈4,3×102m_{A}=25\,C_{B}V_{E}M\approx 4{,}3\times 10^{2} mg
  • 6 Surdosé : 4,3×1024{,}3\times 10^{2} mg >300>300 mg
  • 7 vdisp(t)=−dCdt(t)v_{\text{disp}}(t)=-\dfrac{\mathrm{d}C}{\mathrm{d}t}(t)
  • 8 Tangente par (0 ; 5,6×10−3)(0\,;\,5{,}6\times 10^{-3}) et (10 h ; 0)(10\text{ h}\,;\,0) : vdisp(0)≈5,6×10−4 mol⋅L−1⋅h−1v_{\text{disp}}(0)\approx 5{,}6\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot h^{-1}}
  • 9 Les tangentes s'aplatissent : la vitesse diminue et tend vers zéro
  • 10 v.append((C[i] - C[i+1]) / (t[i+1] - t[i]))
  • 11 Points non alignés avec l'origine : v/Cv/C passe d'environ 0,300{,}30 à 0,18 h−10{,}18\ \mathrm{h^{-1}}, pas d'ordre 1
  • 12 Donneur : O de l'eau ; accepteur : C du groupe ester
  • 13 Doublet de O (eau) vers C ; doublet de la liaison C=O\mathrm{C{=}O} vers O
  • 14 Substitution
  • 15 Augmenter la température (ou ajouter un catalyseur)

1. Le groupe A est un groupe ester : un atome de carbone doublement lié à un oxygène et lié à un second oxygène, lui-même lié à un atome de carbone (ici celui du cycle). L'aspirine est l'ester de l'acide éthanoïque et du phénol que porte l'acide salicylique, d'où son nom d'acide acétylsalicylique.

Le groupe B est un groupe carboxyle −COOH\mathrm{{-}COOH} : un carbone doublement lié à un oxygène et lié à un groupe −OH\mathrm{{-}OH}. Il fait de l'aspirine un acide carboxylique, ce qui explique les questions acide-base qui suivent. Erreur fréquente : prendre A pour une cétone en regardant seulement le C=O\mathrm{C{=}O}, ou B pour un alcool en regardant seulement le −OH\mathrm{{-}OH} : un groupe caractéristique se lit en entier, avec tous les voisins du carbone fonctionnel.

2. L'aspirine est l'acide C9H8O4\mathrm{C_{9}H_{8}O_{4}} du couple C9H8O4/C9H7O4−\mathrm{C_{9}H_{8}O_{4}/C_{9}H_{7}O_{4}^{-}} ; elle cède un proton H+\mathrm{H^{+}} à l'eau, qui joue le rôle de base du couple H3O+/H2O\mathrm{H_{3}O^{+}/H_{2}O} : C9H8O4(aq)+H2O(ℓ)⇌C9H7O4−(aq)+H3O+(aq)\mathrm{C_{9}H_{8}O_{4}(aq)+H_{2}O(\ell)\rightleftharpoons C_{9}H_{7}O_{4}^{-}(aq)+H_{3}O^{+}(aq)}.

On écrit une double flèche : l'aspirine est un acide faible (pKA=3,5\mathrm{p}K_{A}=3{,}5), sa réaction avec l'eau n'est pas totale et conduit à un équilibre. Le proton cédé est celui du groupe carboxyle B ; l'ion formé, C9H7O4−\mathrm{C_{9}H_{7}O_{4}^{-}}, porte un groupe carboxylate −COO−\mathrm{{-}COO^{-}}. Vérification : les éléments et les charges se conservent (une charge −- et une charge ++ à droite, aucune à gauche).

3. Diagramme de prédominance du couple : sur un axe gradué en pH, l'acide C9H8O4\mathrm{C_{9}H_{8}O_{4}} prédomine pour pH<pKA=3,5\mathrm{pH}<\mathrm{p}K_{A}=3{,}5, la base C9H7O4−\mathrm{C_{9}H_{7}O_{4}^{-}} pour pH>3,5\mathrm{pH}>3{,}5 ; à pH=pKA\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{A}, les deux formes sont en concentrations égales. Cela découle de pH=pKA+log⁡[C9H7O4−][C9H8O4]\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{A}+\log\dfrac{[\mathrm{C_{9}H_{7}O_{4}^{-}}]}{[\mathrm{C_{9}H_{8}O_{4}}]}.

Dans l'estomac, 1≤pH≤31\leq\mathrm{pH}\leq 3, donc pH<3,5\mathrm{pH}<3{,}5 sur tout l'intervalle : la forme prédominante est la forme acide, l'aspirine C9H8O4\mathrm{C_{9}H_{8}O_{4}} elle-même. À pH=3\mathrm{pH}=3, le rapport [C9H7O4−]/[C9H8O4]=103−3,5≈0,3[\mathrm{C_{9}H_{7}O_{4}^{-}}]/[\mathrm{C_{9}H_{8}O_{4}}]=10^{3-3{,}5}\approx 0{,}3 : la forme acide reste la plus abondante même au haut de l'intervalle.

4. Un comprimé sans enrobage se délite dans l'estomac : l'aspirine y est libérée sous sa forme acide, qui prédomine à ce pH (question 3), et elle est au contact direct de la paroi de l'estomac, sur laquelle elle a des effets irritants (texte introductif). Pour une prise unique en urgence, cet inconvénient est acceptable ; pour un traitement de longue durée, l'irritation se répète jour après jour et peut abîmer la muqueuse.

L'enrobage gastro-résistant, comme son nom l'indique, résiste au milieu acide de l'estomac : le comprimé le traverse sans se dissoudre et ne libère l'aspirine que plus loin, dans l'intestin, où le milieu est moins acide. L'estomac est ainsi protégé pendant toute la durée du traitement. L'enrobage retarde en revanche l'effet, d'où le choix d'une aspirine sans enrobage pour la dose de charge d'un AIT, où l'on veut agir vite.

5. Démarche : repérer l'équivalence sur la figure 2, en déduire la quantité d'aspirine titrée dans VAV_{A}, puis remonter au comprimé entier, dissous dans V=500,0V=500{,}0 mL.

Repérage de l'équivalence : le volume équivalent correspond au saut de pH, et plus précisément à l'abscisse du maximum de la dérivée dpHdV\dfrac{\mathrm{dpH}}{\mathrm{d}V}. Le pic de la dérivée est à VE=9,5V_{E}=9{,}5 mL ; la méthode des tangentes parallèles sur la courbe de pH donne la même valeur, au milieu du saut qui va d'environ 5 à 9 de pH.

Relation à l'équivalence : les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de l'équation support, un ion HO−\mathrm{HO^{-}} pour une molécule d'aspirine, donc nA=CB×VE=1,0×10−2×9,5×10−3=9,5×10−5n_{A}=C_{B}\times V_{E}=1{,}0\times 10^{-2}\times 9{,}5\times 10^{-3}=9{,}5\times 10^{-5} mol d'aspirine dans les 20,020{,}0 mL prélevés.

Comprimé entier : la solution SS est homogène et son volume, 500,0500{,}0 mL, vaut 500,020,0=25\dfrac{500{,}0}{20{,}0}=25 fois le prélèvement. Le comprimé contenait donc n=25×9,5×10−5=2,375×10−3n=25\times 9{,}5\times 10^{-5}=2{,}375\times 10^{-3} mol d'aspirine, soit mA=n×M=2,375×10−3×180=0,43m_{A}=n\times M=2{,}375\times 10^{-3}\times 180=0{,}43 g, c'est-à-dire mA≈4,3×102m_{A}\approx 4{,}3\times 10^{2} mg (427,5427{,}5 mg avant arrondi). Deux chiffres significatifs, comme CBC_{B} et la lecture de VEV_{E}.

Vérification : une lecture de VEV_{E} à ±0,1\pm 0{,}1 mL près donne mAm_{A} entre 423423 et 432432 mg, la conclusion de la question suivante ne dépend pas de cette incertitude. Erreur fréquente : oublier le facteur 2525 et annoncer 1717 mg, la masse d'aspirine contenue dans le seul prélèvement de 2020 mL ; un comprimé d'aspirine dosé à quelques milligrammes devrait alerter.

6. La dose de charge recommandée pour une prise urgente lors d'un AIT est comprise entre 160160 et 300300 mg. Le comprimé testé en contient mA≈4,3×102m_{A}\approx 4{,}3\times 10^{2} mg, au-dessus de la borne haute même en tenant compte de l'incertitude de lecture (423423 mg au plus bas). Ce comprimé est donc surdosé pour cet usage : pris entier, il dépasse la dose de charge. Il faudrait en prendre une fraction, environ la moitié pour rester dans l'intervalle.

7. La vitesse volumique de disparition de l'aspirine à la date tt est l'opposé de la dérivée par rapport au temps de sa concentration : vdisp(t)=−dCdt(t)v_{\text{disp}}(t)=-\dfrac{\mathrm{d}C}{\mathrm{d}t}(t), avec C=[C9H8O4]C=[\mathrm{C_{9}H_{8}O_{4}}]. Elle s'exprime ici en mol⋅L−1⋅h−1\mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot h^{-1}}. Le signe moins la rend positive, puisque CC diminue. Graphiquement, c'est l'opposé du coefficient directeur de la tangente à la courbe C(t)C(t) à la date tt.

8. Construction : on trace sur la figure 3 la tangente à la courbe au point d'abscisse t=0t=0. La courbe étant presque rectiligne sur les premières heures, la tangente la suit de près ; elle passe par les points (0 ; 5,6×10−3 mol⋅L−1)(0\,;\,5{,}6\times 10^{-3}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}) et coupe l'axe des temps vers t=10t=10 h.

Coefficient directeur : 0−5,6×10−310−0=−5,6×10−4 mol⋅L−1⋅h−1\dfrac{0-5{,}6\times 10^{-3}}{10-0}=-5{,}6\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot h^{-1}}, d'où vdisp(0)=5,6×10−4 mol⋅L−1⋅h−1v_{\text{disp}}(0)=5{,}6\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot h^{-1}}. Une lecture entre 55 et 6×10−46\times 10^{-4} est acceptée, selon le tracé.

Vérification avec les listes du code Python de la figure 4 : entre t=0t=0 et t=1,0t=1{,}0 h, CC passe de 0,005620{,}00562 à 0,00506 mol⋅L−10{,}00506\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, soit une diminution de 5,6×10−4 mol⋅L−15{,}6\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} en une heure : même valeur. Erreur fréquente : prendre deux points de la COURBE éloignés (par exemple à 00 et 1515 h), ce qui donne une vitesse moyenne et non la vitesse à t=0t=0.

9. La vitesse de disparition est l'opposé de la pente de la tangente à la courbe. Sur la figure 3, la courbe est d'abord très pentue, puis s'aplatit peu à peu et devient pratiquement horizontale au-delà de 2020 h : les tangentes successives sont de moins en moins inclinées. La vitesse volumique de disparition de l'aspirine diminue au cours du temps et tend vers zéro quand l'aspirine est entièrement consommée. Interprétation : la concentration du réactif, qui est un facteur cinétique, diminue au cours de la transformation.

10. D'après l'énoncé, la vitesse à la date tit_{i} est assimilée à la vitesse moyenne de disparition entre tit_{i} et ti+1t_{i+1} : vi=−Ci+1−Citi+1−ti=Ci−Ci+1ti+1−tiv_{i}=-\dfrac{C_{i+1}-C_{i}}{t_{i+1}-t_{i}}=\dfrac{C_{i}-C_{i+1}}{t_{i+1}-t_{i}}. C'est la version discrète de −dCdt-\dfrac{\mathrm{d}C}{\mathrm{d}t}. En Python, avec les listes C et t, la ligne 13 devient : v.append((C[i] - C[i+1]) / (t[i+1] - t[i])) (code complet ci-dessous).

La boucle s'arrête à l'avant-dernier indice, car C[i+1] n'existe pas pour le dernier, ce qu'explique le commentaire de la ligne 11. Premier terme calculé : 0,00562−0,005530,167=5,4×10−4 mol⋅L−1⋅h−1\dfrac{0{,}00562-0{,}00553}{0{,}167}=5{,}4\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot h^{-1}}, cohérent avec la question 8. Erreur fréquente : écrire C[i+1] - C[i] sans changer le signe, ce qui donne des vitesses négatives, ou diviser par t[i] au lieu de l'écart t[i+1] - t[i].

11. Une loi de vitesse d'ordre 1 par rapport à l'aspirine s'écrit v=k×Cv=k\times C, avec kk constante à température donnée : la vitesse serait proportionnelle à la concentration, et les points de la figure 5 seraient alignés sur une droite passant par l'origine.

Ce n'est pas le cas : les points montent vite pour les faibles concentrations, puis de moins en moins, et dessinent une courbe incurvée. Le rapport v/Cv/C n'est pas constant : pour C≈5,7×10−4 mol⋅L−1C\approx 5{,}7\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, on lit v≈1,7×10−4 mol⋅L−1⋅h−1v\approx 1{,}7\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot h^{-1}}, soit v/C≈0,30 h−1v/C\approx 0{,}30\ \mathrm{h^{-1}} ; pour C≈2,85×10−3 mol⋅L−1C\approx 2{,}85\times 10^{-3}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, on lit v≈5,05×10−4 mol⋅L−1⋅h−1v\approx 5{,}05\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot h^{-1}}, soit v/C≈0,18 h−1v/C\approx 0{,}18\ \mathrm{h^{-1}}. La vitesse n'est donc pas proportionnelle à la concentration : la réaction ne suit pas une loi de vitesse d'ordre 1.

La figure 3 le confirmait déjà : pour un ordre 1, la concentration décroîtrait de façon exponentielle, avec un temps de demi-réaction constant. Ici CC passe de 5,65{,}6 à 2,8×10−3 mol⋅L−12{,}8\times 10^{-3}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} en 55 h, puis de 2,82{,}8 à 1,4×10−3 mol⋅L−11{,}4\times 10^{-3}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} en un peu plus de 33 h seulement. Erreur fréquente : conclure à l'ordre 1 parce que « vv augmente avec CC » ; c'est la PROPORTIONNALITÉ qu'il faut tester, pas le sens de variation.

12. Site donneur de doublet d'électrons : l'atome d'oxygène de la molécule d'eau. Il porte deux doublets non liants et, plus électronégatif que l'hydrogène, il porte une charge partielle δ−\delta- : il peut engager un de ses doublets dans une nouvelle liaison.

Site accepteur de doublet d'électrons : l'atome de carbone du groupe ester, celui qui est doublement lié à un oxygène et lié au méthyle. Lié à deux atomes d'oxygène, plus électronégatifs que lui, il porte une charge partielle δ+\delta+ marquée : il est pauvre en électrons. L'intermédiaire de la figure 6 le confirme : c'est ce carbone qui se lie à l'oxygène de l'eau, devenu O+\mathrm{O^{+}}. On les entoure tous les deux sur l'annexe, avec leur nom.

13. Une flèche courbe part toujours d'un doublet d'électrons (non liant ou liant) et pointe vers l'atome ou la liaison qui le reçoit. Deux flèches sont nécessaires.

Première flèche : elle part d'un doublet non liant de l'oxygène de l'eau et pointe vers l'atome de carbone du groupe ester ; elle crée la liaison C−O\mathrm{C{-}O} entre ce carbone et l'oxygène de l'eau. Cet oxygène, désormais engagé dans trois liaisons avec un seul doublet non liant, porte la charge ++.

Seconde flèche : elle part du doublet de la double liaison C=O\mathrm{C{=}O} (la seconde liaison) et pointe vers l'atome d'oxygène de ce groupe ; la double liaison devient simple, et cet oxygène, qui porte maintenant trois doublets non liants, prend la charge −-. Elle est indispensable : sans elle, le carbone aurait cinq liaisons. Vérification des charges : aucune charge à gauche, un ++ et un −- à droite.

14. On compare les réactifs et les produits de l'équation de l'hydrolyse : C9H8O4+H2O⟶C7H6O3+C2H4O2\mathrm{C_{9}H_{8}O_{4}+H_{2}O\longrightarrow C_{7}H_{6}O_{3}+C_{2}H_{4}O_{2}}. Sur le carbone du groupe ester, le groupe −O−C6H4−COOH\mathrm{{-}O{-}C_{6}H_{4}{-}COOH} (qui part avec un H pour donner l'acide salicylique) est remplacé par un groupe −OH\mathrm{{-}OH} venu de l'eau (l'acide éthanoïque CH3COOH\mathrm{CH_{3}COOH} se forme) : un atome ou groupe d'atomes est remplacé par un autre, c'est une substitution.

Ce n'est ni une oxydoréduction (aucun transfert d'électrons entre couples oxydant-réducteur), ni une réaction acide-base (aucun échange d'un simple proton entre deux couples), ni une élimination (pas de formation de liaison multiple au bilan). Piège : la seule PREMIÈRE étape de la figure 6 est une addition, l'eau s'additionnant sur la double liaison C=O\mathrm{C{=}O} pour donner un seul produit ; mais la question porte sur la transformation, c'est-à-dire sur le bilan de l'hydrolyse, que les étapes suivantes, non représentées, complètent en éliminant l'acide salicylique.

15. La température est un facteur cinétique : on peut augmenter la température du milieu réactionnel, par exemple en chauffant le mélange au bain-marie ; les chocs efficaces entre les entités réactives sont plus nombreux et la transformation est plus rapide. On peut aussi ajouter un catalyseur de l'hydrolyse des esters, par exemple des ions H+\mathrm{H^{+}} en milieu acide. Erreur fréquente : proposer d'ajouter de l'eau, qui est déjà en large excès et dont l'ajout diluerait l'aspirine.

python
for i in range(len(t) - 1):
    v.append((C[i] - C[i+1]) / (t[i+1] - t[i]))
51015202530123456tangente en t = 0t (h)C (10⁻³ mol/L)

Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.

Exercice 2 : Des écoulements sanguins

5 points Modéliser l'écoulement d'un fluide : Archimède et BernoulliDécrire un fluide au reposRésolution de problème et exploitation de documents

Le but de cet exercice est d'étudier deux situations d'écoulement du sang dans le système veineux constitué d'artères, de veines et de capillaires.

La sténose aortique est une pathologie cardiaque consistant en un rétrécissement du diamètre de la valve aortique. Celle-ci se trouve entre le ventricule gauche du cœur et le principal vaisseau du corps humain, l'aorte.

Par ailleurs, la communication entre artère et veine se fait par un réseau de plusieurs millions de capillaires.

  • Partie A : Mise en évidence d'une sténose aortique
  • Données :
    • Relation de Bernoulli : elle est valable pour un fluide parfait (sans viscosité) et incompressible, en écoulement permanent (indépendant du temps). On considère que le fluide n'est soumis qu'aux forces de pression et de pesanteur.
  • D'après cette relation, pour deux points A et B situés le long d'une même ligne de courant (voir figure 1) : PA+ρ×g×zA+12×ρ×vA2=PB+ρ×g×zB+12×ρ×vB2P_{A}+\rho\times g\times z_{A}+\dfrac{1}{2}\times\rho\times v_{A}^{2}=P_{B}+\rho\times g\times z_{B}+\dfrac{1}{2}\times\rho\times v_{B}^{2}
  • PP désigne la pression en un point et s'exprime en pascals (Pa), ρ\rho est la masse volumique du fluide en kg⋅m−3\mathrm{kg\cdot m^{-3}}, gg est l'intensité de la pesanteur en N⋅kg−1\mathrm{N\cdot kg^{-1}} et zz représente l'altitude du point considéré et s'exprime en mètres (m).
  • Conduite dont le fond et le plafond remontent entre deux tronçons horizontaux, avec un axe vertical z. Le point A, à l'altitude zA dans le tronçon de gauche où règne la pression PA, a une vitesse vA horizontale. Une ligne de courant monte en douceur de A jusqu'au point B, à l'altitude zB plus haute, dans le tronçon de droite où règne la pression PB, avec la vitesse vB.
    Figure 1. Exemple de situation avec une ligne de courant représentée
  • • 1 mmHg correspond à la différence de pression entre deux points situés dans une colonne de mercure immobile et séparés d'une altitude de 1 millimètre.
    • En statique des fluides, dans la relation de Bernoulli : vA=vB=0,00 m⋅s−1v_{A}=v_{B}=0{,}00\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}.
    • Masse volumique du sang : ρ(sang)=1,05×103 kg⋅m−3\rho(\text{sang})=1{,}05\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}.
    • Masse volumique du mercure : ρ(Hg)=13,6×103 kg⋅m−3\rho(\text{Hg})=13{,}6\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}.
    • Intensité de la pesanteur terrestre : g=9,81 N⋅kg−1g=9{,}81\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}}.
  • Pour modéliser la situation d'une sténose aortique, on considère que la valve aortique est une succession de cylindres de diamètres dAd_{A} et dBd_{B} comme représentée figure 2.
  • On supposera ici que le sang est un fluide parfait en écoulement horizontal permanent.
  • Deux cylindres coaxiaux horizontaux reliés par un rétrécissement : un large cylindre de diamètre dA contenant le point A sur l'axe, puis un cylindre étroit de diamètre dB contenant le point B, l'axe étant orienté de A vers B.
    Figure 2. Modélisation d'une valve aortique
  • 1. À l'aide de la relation de Bernoulli appliquée à la statique des fluides, montrer que 1,00 mmHg correspond à une différence de pression de 133 Pa.
  • Un rétrécissement aortique serré est défini par :
    • une vitesse maximale du sang de valeur supérieure à 4 m⋅s−14\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} en sortie de valve aortique ;
    • une différence de pression supérieure à 50 mmHg à travers la valve aortique (selon les recommandations européennes) ;
    • et une surface de la section de la valve aortique au niveau du rétrécissement (point B) inférieure à 1 cm21\ \mathrm{cm^{2}}.
  • Lors d'un examen auprès d'un patient susceptible de présenter un rétrécissement aortique, on mesure, par échographie Doppler, les valeurs des vitesses de l'écoulement du sang aux points A et B situés sur une même ligne de courant. On obtient : vA=1,0 m⋅s−1v_{A}=1{,}0\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} et vB=4,2 m⋅s−1v_{B}=4{,}2\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}.
  • 2. Déterminer la différence de pression PA−PBP_{A}-P_{B} en pascals, puis en mmHg.
  • Afin de déterminer la surface de la section de la valve aortique au niveau du rétrécissement (point B), on mesure par échographie le diamètre dAd_{A} à l'entrée de la valve aortique. Pour le patient précédent, on obtient : dA=20,2d_{A}=20{,}2 mm.
  • 3. Justifier, à l'aide des résultats et des données précédentes, que le patient analysé a un rétrécissement aortique serré.
    Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie même si elle n'a pas abouti : la démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.
  • Partie B : Écoulement de Poiseuille
  • Le sang est un fluide réel et, dans divers cas, sa viscosité n'est pas négligeable.
  • Pour qu'un fluide réel s'écoule entre deux points, une différence de pression doit s'appliquer entre ces points.
  • Dans le cas d'un écoulement de Poiseuille dans une conduite cylindrique horizontale de longueur LL et de diamètre dd, la différence de pression ΔP\Delta P est proportionnelle au débit volumique DvD_{v} du fluide dans la conduite : ∣ΔP∣=R×Dv|\Delta P|=R\times D_{v} avec R=64×L×ηπ×d4R=\dfrac{64\times L\times\eta}{\pi\times d^{4}}
  • η\eta est la viscosité du fluide, RR la résistance à l'écoulement de la conduite et ∣ΔP∣|\Delta P| est la valeur absolue de la variation de pression ΔP\Delta P.
  • On considère la situation simplifiée de la figure 3 ci-contre.
  • Dessin d'une artère et d'une veine verticales, reliées en bas par un réseau dense de très fins vaisseaux entrelacés, les capillaires.
    Figure 3. Répartition du sang dans les capillaires. D'après www.concours-agro-veto.net
  • Du sang parcourt une artère, se divise dans un reˊseau de plusieurs millions de capillaires‾\underline{\text{un réseau de plusieurs millions de capillaires}}, supposés identiques et situés à une altitude voisine, puis rejoint une veine.
  • On considérera que la résistance à l'écoulement du sang est uniquement due aux capillaires.
  • Données :
    • Pression au sein de l'artère : P1=16,0×103P_{1}=16{,}0\times 10^{3} Pa.
    • Pression au sein de la veine : P2=1,3×103P_{2}=1{,}3\times 10^{3} Pa.
    • Résistance à l'écoulement d'un capillaire : R=1,0×1016R=1{,}0\times 10^{16} S.I.
  • 4. Expliquer pourquoi la résistance à l'écoulement du sang dans un capillaire est très supérieure à celle dans une artère ou dans une veine.
  • 5. Calculer le débit volumique du sang dans un capillaire.
  • Dans l'artère, le débit volumique du sang est de 5×10−6 m3⋅s−15\times 10^{-6}\ \mathrm{m^{3}\cdot s^{-1}}.
  • 6. Montrer que le nombre NCN_{C} de capillaires parcourus par le sang est en accord avec la partie de phrase soulignée dans le texte introductif à gauche de la figure 3.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/5

2
3
5
6
Voir la correction

Réponses

  • 1 ΔP=ρ(Hg) g Δz=13,6×103×9,81×10−3=133\Delta P=\rho(\text{Hg})\,g\,\Delta z=13{,}6\times 10^{3}\times 9{,}81\times 10^{-3}=133 Pa
  • 2 PA−PB=12ρ (vB2−vA2)=8,7×103P_{A}-P_{B}=\dfrac{1}{2}\rho\,(v_{B}^{2}-v_{A}^{2})=8{,}7\times 10^{3} Pa ≈66\approx 66 mmHg
  • 3 SB=SA vA/vB=0,76 cm2<1 cm2S_{B}=S_{A}\,v_{A}/v_{B}=0{,}76\ \mathrm{cm^{2}}<1\ \mathrm{cm^{2}}, vB>4 m⋅s−1v_{B}>4\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, 66>5066>50 mmHg : rétrécissement serré
  • 4 RR varie en 1/d41/d^{4} : le diamètre minuscule du capillaire l'emporte de loin sur sa faible longueur
  • 5 Dv=(P1−P2)/R=1,5×10−12 m3⋅s−1D_{v}=(P_{1}-P_{2})/R=1{,}5\times 10^{-12}\ \mathrm{m^{3}\cdot s^{-1}}
  • 6 NC=5×10−6/1,47×10−12≈3,4×106N_{C}=5\times 10^{-6}/1{,}47\times 10^{-12}\approx 3{,}4\times 10^{6} : plusieurs millions

1. Relation de Bernoulli en statique des fluides : avec vA=vB=0v_{A}=v_{B}=0, les termes cinétiques disparaissent et il reste PA+ρ g zA=PB+ρ g zBP_{A}+\rho\,g\,z_{A}=P_{B}+\rho\,g\,z_{B}, soit PA−PB=ρ g (zB−zA)P_{A}-P_{B}=\rho\,g\,(z_{B}-z_{A}) : c'est la loi fondamentale de la statique des fluides. Le point le plus bas est à la pression la plus élevée.

Pour une colonne de mercure immobile et deux points séparés de zB−zA=1,00z_{B}-z_{A}=1{,}00 mm =1,00×10−3=1{,}00\times 10^{-3} m : ΔP=ρ(Hg)×g×(zB−zA)=13,6×103×9,81×1,00×10−3=133,4\Delta P=\rho(\text{Hg})\times g\times(z_{B}-z_{A})=13{,}6\times 10^{3}\times 9{,}81\times 1{,}00\times 10^{-3}=133{,}4 Pa, soit 133133 Pa avec trois chiffres significatifs. Erreur fréquente : prendre la masse volumique du sang ; on obtiendrait 10,310{,}3 Pa, alors que le millimètre de mercure est défini par une colonne de MERCURE.

2. Relation de Bernoulli entre A et B, sur une même ligne de courant, pour le sang supposé parfait, incompressible et en écoulement permanent. L'écoulement est horizontal : zA=zBz_{A}=z_{B} et les termes de pesanteur se simplifient. Il reste PA+12ρ vA2=PB+12ρ vB2P_{A}+\dfrac{1}{2}\rho\,v_{A}^{2}=P_{B}+\dfrac{1}{2}\rho\,v_{B}^{2}, d'où PA−PB=12 ρ(sang) (vB2−vA2)P_{A}-P_{B}=\dfrac{1}{2}\,\rho(\text{sang})\,(v_{B}^{2}-v_{A}^{2}).

Application numérique : PA−PB=12×1,05×103×(4,22−1,02)=0,525×103×16,64=8,7×103P_{A}-P_{B}=\dfrac{1}{2}\times 1{,}05\times 10^{3}\times(4{,}2^{2}-1{,}0^{2})=0{,}525\times 10^{3}\times 16{,}64=8{,}7\times 10^{3} Pa (8 7368\,736 Pa avant arrondi, deux chiffres significatifs comme les vitesses).

Conversion avec la question 1 : 8 736133=65,7\dfrac{8\,736}{133}=65{,}7, soit PA−PB≈66P_{A}-P_{B}\approx 66 mmHg. Vérification : la différence est positive, la pression baisse là où la vitesse augmente (effet Venturi), ce qui est cohérent avec un rétrécissement en B. Erreur fréquente : écrire 12ρ (vB−vA)2\dfrac{1}{2}\rho\,(v_{B}-v_{A})^{2}, ce qui donne 5,4×1035{,}4\times 10^{3} Pa ; ce sont les CARRÉS des vitesses qu'on soustrait.

3. Démarche : un rétrécissement serré exige les trois critères à la fois. Deux sont déjà vérifiables : vB=4,2 m⋅s−1>4 m⋅s−1v_{B}=4{,}2\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}>4\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, et PA−PB≈66P_{A}-P_{B}\approx 66 mmHg >50>50 mmHg (question 2). Il reste à calculer la surface SBS_{B} de la section au point B.

Conservation du débit volumique : le sang est incompressible et l'écoulement permanent, donc le débit volumique est le même à travers toute section de la conduite : Dv=SA vA=SB vBD_{v}=S_{A}\,v_{A}=S_{B}\,v_{B}, d'où SB=SA×vAvBS_{B}=S_{A}\times\dfrac{v_{A}}{v_{B}}.

Section d'entrée : SA=π×(dA2)2=π×(10,1×10−3)2=3,20×10−4 m2=3,20 cm2S_{A}=\pi\times\left(\dfrac{d_{A}}{2}\right)^{2}=\pi\times(10{,}1\times 10^{-3})^{2}=3{,}20\times 10^{-4}\ \mathrm{m^{2}}=3{,}20\ \mathrm{cm^{2}}. Section au rétrécissement : SB=3,20×1,04,2=0,76 cm2S_{B}=3{,}20\times\dfrac{1{,}0}{4{,}2}=0{,}76\ \mathrm{cm^{2}}, inférieure à 1 cm21\ \mathrm{cm^{2}}.

Les trois critères sont réunis : vitesse en sortie supérieure à 4 m⋅s−14\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, différence de pression supérieure à 50 mmHg, section inférieure à 1 cm21\ \mathrm{cm^{2}}. Le patient présente bien un rétrécissement aortique serré. Vérification : le diamètre correspondant est dB=dAvA/vB≈9,9d_{B}=d_{A}\sqrt{v_{A}/v_{B}}\approx 9{,}9 mm, à peu près la moitié de dAd_{A}, ce que montre la figure 2. Erreur fréquente : utiliser le diamètre au lieu du rayon dans πr2\pi r^{2}, ce qui quadruple les surfaces et donne 3,1 cm23{,}1\ \mathrm{cm^{2}}, critère faussement non rempli ; ou oublier la conversion 1 m2=104 cm21\ \mathrm{m^{2}}=10^{4}\ \mathrm{cm^{2}}.

4. D'après la loi de Poiseuille, R=64 L ηπ d4R=\dfrac{64\,L\,\eta}{\pi\,d^{4}} : la résistance est inversement proportionnelle à la PUISSANCE QUATRIÈME du diamètre. Un capillaire a un diamètre de l'ordre de quelques micromètres, une artère ou une veine de l'ordre du millimètre au centimètre, soit un rapport des diamètres de l'ordre de 10310^{3} et plus.

Le rapport des résistances est alors de l'ordre de (103)4=1012(10^{3})^{4}=10^{12} en faveur de l'artère ou de la veine, à longueur et viscosité égales. Le capillaire est certes beaucoup plus court, mais RR n'est que proportionnelle à LL : un facteur de longueur de quelques centaines ou milliers ne compense pas un facteur 101210^{12}. La résistance d'un capillaire est donc très supérieure à celle d'une artère ou d'une veine, ce qui justifie l'hypothèse de l'énoncé.

5. Toute la résistance est due aux capillaires : chaque capillaire relie l'artère, à la pression P1P_{1}, à la veine, à la pression P2P_{2}, et il est donc soumis à la différence de pression ∣ΔP∣=P1−P2=16,0×103−1,3×103=14,7×103|\Delta P|=P_{1}-P_{2}=16{,}0\times 10^{3}-1{,}3\times 10^{3}=14{,}7\times 10^{3} Pa.

Loi de Poiseuille pour un capillaire : Dv,C=∣ΔP∣R=14,7×1031,0×1016=1,5×10−12 m3⋅s−1D_{v,C}=\dfrac{|\Delta P|}{R}=\dfrac{14{,}7\times 10^{3}}{1{,}0\times 10^{16}}=1{,}5\times 10^{-12}\ \mathrm{m^{3}\cdot s^{-1}} (1,47×10−121{,}47\times 10^{-12} avant arrondi). Vérification d'unité : des pascals divisés par des Pa⋅s⋅m−3\mathrm{Pa\cdot s\cdot m^{-3}}, l'unité S.I. de RR, donnent bien des m3⋅s−1\mathrm{m^{3}\cdot s^{-1}}. C'est environ 1,5×10−3 mm31{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{mm^{3}} par seconde : un débit minuscule, cohérent avec la taille d'un capillaire.

6. Le sang est incompressible et l'écoulement permanent : le débit volumique se conserve, et le débit de l'artère se répartit entre les NCN_{C} capillaires identiques, montés en parallèle entre l'artère et la veine. Donc Dv,arteˋre=NC×Dv,CD_{v,\text{artère}}=N_{C}\times D_{v,C}, d'où NC=Dv,arteˋreDv,C=5×10−61,47×10−12=3,4×106N_{C}=\dfrac{D_{v,\text{artère}}}{D_{v,C}}=\dfrac{5\times 10^{-6}}{1{,}47\times 10^{-12}}=3{,}4\times 10^{6}.

Le sang traverse environ 3×1063\times 10^{6} capillaires, soit quelques millions : c'est en accord avec « un réseau de plusieurs millions de capillaires ». Erreur fréquente : faire passer tout le débit de l'artère dans chaque capillaire ; montés en parallèle, les capillaires se PARTAGENT ce débit, chacun recevant la même différence de pression P1−P2P_{1}-P_{2}.

Exercice 3 : Métis, un satellite en sursis ?

6 points Satellites et lois de Kepler

Plus imposante planète du système solaire, Jupiter est entourée de 95 satellites connus, ainsi que d'anneaux, beaucoup plus fins et sombres que ceux de Saturne. L'anneau principal pourrait être constitué de poussières issues de la désagrégation d'anciens satellites ou de particules de surface arrachées par des forces de marées à des satellites encore existants.

L'un des satellites naturels, Métis, est le plus proche de la planète et évolue en orbite circulaire autour d'elle. On le soupçonne d'alimenter l'anneau principal en particules qui seraient arrachées petit à petit de sa surface.

Cet exercice vise à déterminer si des particules de surface peuvent être arrachées à Métis par les forces de marées de Jupiter pour alimenter l'anneau principal et si l'existence de Métis est menacée.

Données :
• Rayon moyen de Jupiter : RJ=69 911R_{J}=69\,911 km.
• Masse de Jupiter : MJ=1,899×1027M_{J}=1{,}899\times 10^{27} kg.
• Masse volumique de Métis : ρM=860 kg⋅m−3\rho_{M}=860\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}.
• Période de révolution de Métis : TM=7T_{M}=7 h 4 min 30 s.
• Constante de gravitation universelle : G=6,67×10−11 m3⋅kg−1⋅s−2G=6{,}67\times 10^{-11}\ \mathrm{m^{3}\cdot kg^{-1}\cdot s^{-2}}.

  • Partie A : Détermination du rayon rr de l'orbite de Métis
  • L'étude du mouvement du satellite Métis, assimilé à un point matériel de masse mm, est réalisée dans le référentiel lié au centre de Jupiter, appelé référentiel jovien, supposé galiléen. On note rr le rayon de l'orbite circulaire de Métis autour de Jupiter.
  • On étudie le mouvement de Métis dans le repère de Frenet.
  • 1. Représenter sur un schéma Jupiter, Métis sur son orbite supposée circulaire et les vecteurs unitaires u⃗t\vec{u}_{t} et u⃗n\vec{u}_{n} de ce repère.
  • 2. Donner l'expression vectorielle de la force de gravitation F⃗\vec{F} exercée par Jupiter sur Métis en fonction de GG, MJM_{J}, mm, rr et du ou des vecteurs unitaires adaptés du repère de Frenet.
  • 3. Représenter, sans souci d'échelle, cette force F⃗\vec{F} sur le schéma de la question 1.
  • 4. En appliquant la deuxième loi de Newton au satellite Métis en mouvement circulaire autour de Jupiter, montrer que ce mouvement circulaire de Métis est uniforme.
  • 5. Montrer que l'expression de la valeur de la vitesse du satellite Métis vaut v=G×MJrv=\sqrt{\dfrac{G\times M_{J}}{r}}.
  • 6. En déduire l'expression de la période de révolution TMT_{M} de Métis autour de Jupiter.
  • 7. Retrouver la troisième loi de Kepler dans le cas d'un mouvement circulaire.
  • 8. Montrer que le rayon rr de l'orbite de Métis autour de Jupiter vaut 1,28×1081{,}28\times 10^{8} m.
  • Partie B : Métis et les limites de Roche
  • Calculée pour la première fois par le mathématicien et astronome français Édouard Albert Roche en 1848, la limite de Roche est la distance assimilée au rayon de l'orbite en dessous de laquelle un petit corps céleste commencerait à se disloquer sous l'action des forces de marées causées par le corps céleste autour duquel il orbite.
  • On distingue aujourd'hui deux limites de Roche :
    • une limite de Roche « fluide » en-dessous de laquelle, en particulier, des satellites naturels peuvent encore orbiter. Cependant, ils perdent petit à petit de l'altitude en ralentissant, commencent à se déformer et à perdre de la matière en surface : leur fin de vie est programmée ;
    • une limite de Roche « rigide » en-dessous de laquelle aucun corps massif ne peut conserver sa structure sans être détruit, même un satellite.
  • Dans le cas d'un satellite orbitant autour d'une planète, les formules permettant de calculer ces deux limites dans le cas de Jupiter et Métis sont les suivantes :
  • Limite de Roche « fluide »Limite de Roche « rigide »
    Dfluide=2,42×RJ×ρJρM3D_{\text{fluide}}=2{,}42\times R_{J}\times\sqrt[3]{\dfrac{\rho_{J}}{\rho_{M}}}Drigide=1,26×RJ×ρJρM3D_{\text{rigide}}=1{,}26\times R_{J}\times\sqrt[3]{\dfrac{\rho_{J}}{\rho_{M}}}
  • RJR_{J} est le rayon moyen de Jupiter, ρJ\rho_{J} la masse volumique de Jupiter et ρM\rho_{M} la masse volumique de Métis.
  • On rappelle que x3=(x)13\sqrt[3]{x}=(x)^{\frac{1}{3}}.
  • 9. Vérifier que la masse volumique de Jupiter est ρJ=1 327 kg⋅m−3\rho_{J}=1\,327\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}.
  • 10. Calculer la limite de Roche « fluide » et la limite de Roche « rigide » pour Métis.
  • 11. En vous référant aux calculs de la partie A, prévoir, en justifiant, le destin de Métis.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/3

10
11
Voir la correction

Réponses

  • 1 Jupiter au centre, Métis sur l'orbite ; u⃗t\vec{u}_{t} tangent dans le sens du mouvement, u⃗n\vec{u}_{n} vers le centre
  • 2 F⃗=G MJ mr2 u⃗n\vec{F}=\dfrac{G\,M_{J}\,m}{r^{2}}\,\vec{u}_{n}
  • 3 F⃗\vec{F} partant de Métis, dirigée vers le centre de Jupiter, selon u⃗n\vec{u}_{n}
  • 4 a⃗=G MJr2u⃗n\vec{a}=\dfrac{G\,M_{J}}{r^{2}}\vec{u}_{n}, donc dvdt=0\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}=0 : mouvement uniforme
  • 5 v2r=G MJr2\dfrac{v^{2}}{r}=\dfrac{G\,M_{J}}{r^{2}}, donc v=G MJrv=\sqrt{\dfrac{G\,M_{J}}{r}}
  • 6 TM=2πrv=2πr3G MJT_{M}=\dfrac{2\pi r}{v}=2\pi\sqrt{\dfrac{r^{3}}{G\,M_{J}}}
  • 7 TM2r3=4π2G MJ\dfrac{T_{M}^{2}}{r^{3}}=\dfrac{4\pi^{2}}{G\,M_{J}}, constante pour tous les satellites de Jupiter
  • 8 TM=25 470T_{M}=25\,470 s ; r=G MJ TM24π23=1,28×108r=\sqrt[3]{\dfrac{G\,M_{J}\,T_{M}^{2}}{4\pi^{2}}}=1{,}28\times 10^{8} m
  • 9 ρJ=MJ43πRJ3=1 327 kg⋅m−3\rho_{J}=\dfrac{M_{J}}{\frac{4}{3}\pi R_{J}^{3}}=1\,327\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}
  • 10 Dfluide=1,96×108D_{\text{fluide}}=1{,}96\times 10^{8} m ; Drigide=1,02×108D_{\text{rigide}}=1{,}02\times 10^{8} m
  • 11 Drigide<r<DfluideD_{\text{rigide}}<r<D_{\text{fluide}} : Métis perd de la matière (anneau) et finira disloqué

1. Schéma (voir la figure ci-dessous) : Jupiter au centre J de l'orbite, cercle de rayon rr sur lequel se trouve Métis, au point M. Le repère de Frenet est attaché à Métis et se déplace avec lui : u⃗t\vec{u}_{t} est tangent à l'orbite en M et orienté dans le sens du mouvement ; u⃗n\vec{u}_{n} lui est perpendiculaire et orienté de M vers le centre J de la trajectoire. Les deux vecteurs ont pour norme 1. Erreur fréquente : orienter u⃗n\vec{u}_{n} vers l'extérieur, ce qui change le signe de toutes les expressions qui suivent.

2. Loi de la gravitation universelle : la force exercée par Jupiter, de masse MJM_{J}, sur Métis, de masse mm, à la distance rr entre leurs centres, est attractive, donc dirigée de Métis vers le centre de Jupiter, c'est-à-dire selon +u⃗n+\vec{u}_{n} : F⃗=G MJ mr2 u⃗n\vec{F}=\dfrac{G\,M_{J}\,m}{r^{2}}\,\vec{u}_{n}. Le signe ++ vient de l'orientation de u⃗n\vec{u}_{n} vers le centre ; avec un vecteur unitaire orienté de Jupiter vers Métis, on écrirait un signe −-.

3. On représente F⃗\vec{F} avec son origine au point M, dirigée vers le centre de Jupiter, donc colinéaire à u⃗n\vec{u}_{n} et de même sens. Sans souci d'échelle, seule sa direction et son sens comptent ; elle n'a aucune composante selon u⃗t\vec{u}_{t}.

4. Système : Métis, de masse mm constante. Référentiel : jovien, supposé galiléen. Seule force (les autres attractions sont négligées) : F⃗\vec{F}. Deuxième loi de Newton : m a⃗=F⃗m\,\vec{a}=\vec{F}, d'où a⃗=G MJr2 u⃗n\vec{a}=\dfrac{G\,M_{J}}{r^{2}}\,\vec{u}_{n}.

Dans le repère de Frenet, l'accélération d'un mouvement circulaire de rayon rr s'écrit a⃗=dvdt u⃗t+v2r u⃗n\vec{a}=\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}\,\vec{u}_{t}+\dfrac{v^{2}}{r}\,\vec{u}_{n}. On identifie les composantes selon u⃗t\vec{u}_{t} : dvdt=0\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}=0. La valeur de la vitesse est constante au cours du temps : le mouvement circulaire de Métis est uniforme. C'est le fait que la force soit centripète, sans composante tangentielle, qui rend le mouvement uniforme.

5. Composantes selon u⃗n\vec{u}_{n} : v2r=G MJr2\dfrac{v^{2}}{r}=\dfrac{G\,M_{J}}{r^{2}}, donc v2=G MJrv^{2}=\dfrac{G\,M_{J}}{r} et, vv étant positive, v=G×MJrv=\sqrt{\dfrac{G\times M_{J}}{r}}. La vitesse ne dépend pas de la masse mm du satellite, qui s'est simplifiée, et elle est d'autant plus grande que l'orbite est basse.

6. Pendant une période TMT_{M}, Métis parcourt une fois le périmètre 2πr2\pi r de son orbite à la vitesse constante vv : TM=2πrv=2πrrG MJT_{M}=\dfrac{2\pi r}{v}=2\pi r\sqrt{\dfrac{r}{G\,M_{J}}}, soit TM=2πr3G MJT_{M}=2\pi\sqrt{\dfrac{r^{3}}{G\,M_{J}}}.

7. En élevant au carré : TM2=4π2 r3G MJT_{M}^{2}=\dfrac{4\pi^{2}\,r^{3}}{G\,M_{J}}, d'où TM2r3=4π2G MJ\dfrac{T_{M}^{2}}{r^{3}}=\dfrac{4\pi^{2}}{G\,M_{J}}. Le rapport du carré de la période au cube du rayon de l'orbite ne dépend que de la masse de l'astre attracteur : il est le même pour tous les satellites de Jupiter. C'est la troisième loi de Kepler, le rayon de l'orbite circulaire jouant le rôle du demi-grand axe. Pour Jupiter, 4π2G MJ=3,12×10−16 s2⋅m−3\dfrac{4\pi^{2}}{G\,M_{J}}=3{,}12\times 10^{-16}\ \mathrm{s^{2}\cdot m^{-3}}.

8. On isole rr : r3=G MJ TM24π2r^{3}=\dfrac{G\,M_{J}\,T_{M}^{2}}{4\pi^{2}}, soit r=G MJ TM24π23r=\sqrt[3]{\dfrac{G\,M_{J}\,T_{M}^{2}}{4\pi^{2}}}. La période doit être en secondes : TM=7×3 600+4×60+30=25 470T_{M}=7\times 3\,600+4\times 60+30=25\,470 s.

Application numérique : r=(6,67×10−11×1,899×1027×25 47024π2)1/3=1,28×108r=\left(\dfrac{6{,}67\times 10^{-11}\times 1{,}899\times 10^{27}\times 25\,470^{2}}{4\pi^{2}}\right)^{1/3}=1{,}28\times 10^{8} m. Vérification : r≈1,83 RJr\approx 1{,}83\,R_{J}, Métis orbite donc à moins d'un rayon de Jupiter au-dessus de ses nuages, et sa vitesse v=2πrTM≈3,15×104 m⋅s−1v=\dfrac{2\pi r}{T_{M}}\approx 3{,}15\times 10^{4}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, environ 31,531{,}5 km/s. Erreur fréquente : garder TMT_{M} en heures, ou lire « 7 h 4 min 30 s » comme 7,457{,}45 h ; en heures décimales, c'est 7,0757{,}075 h, et le plus sûr est de tout convertir en secondes.

9. Jupiter étant assimilée à une sphère homogène de rayon RJ=69 911R_{J}=69\,911 km =6,9911×107=6{,}9911\times 10^{7} m, son volume est VJ=43πRJ3=1,431×1024 m3V_{J}=\dfrac{4}{3}\pi R_{J}^{3}=1{,}431\times 10^{24}\ \mathrm{m^{3}}. Sa masse volumique moyenne vaut ρJ=MJVJ=1,899×10271,431×1024=1 327 kg⋅m−3\rho_{J}=\dfrac{M_{J}}{V_{J}}=\dfrac{1{,}899\times 10^{27}}{1{,}431\times 10^{24}}=1\,327\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}, la valeur annoncée. Erreur fréquente : laisser RJR_{J} en kilomètres, ce qui donne une masse volumique 10910^{9} fois trop grande.

10. Rapport des masses volumiques : ρJρM=1 327860=1,543\dfrac{\rho_{J}}{\rho_{M}}=\dfrac{1\,327}{860}=1{,}543, et 1,5433=1,5431/3=1,156\sqrt[3]{1{,}543}=1{,}543^{1/3}=1{,}156.

Limite « fluide » : Dfluide=2,42×6,9911×107×1,156=1,96×108D_{\text{fluide}}=2{,}42\times 6{,}9911\times 10^{7}\times 1{,}156=1{,}96\times 10^{8} m. Limite « rigide » : Drigide=1,26×6,9911×107×1,156=1,02×108D_{\text{rigide}}=1{,}26\times 6{,}9911\times 10^{7}\times 1{,}156=1{,}02\times 10^{8} m. Exprimées en rayons de Jupiter : environ 2,80 RJ2{,}80\,R_{J} et 1,46 RJ1{,}46\,R_{J}. Ce sont, comme le dit l'énoncé, des distances comparables au rayon de l'orbite, donc comptées depuis le centre de Jupiter.

11. On compare le rayon de l'orbite de Métis aux deux limites : Drigide=1,02×108 m<r=1,28×108 m<Dfluide=1,96×108D_{\text{rigide}}=1{,}02\times 10^{8}\ \mathrm{m}<r=1{,}28\times 10^{8}\ \mathrm{m}<D_{\text{fluide}}=1{,}96\times 10^{8} m.

Métis orbite en dessous de la limite de Roche « fluide » : comme le décrit l'énoncé, il peut encore orbiter, mais les forces de marées de Jupiter lui arrachent petit à petit de la matière en surface. Ces particules peuvent alimenter l'anneau principal, ce qui conforte l'hypothèse de l'introduction. Il se déforme et perd peu à peu de l'altitude : sa fin de vie est programmée. Il est en revanche encore au-dessus de la limite « rigide » : il n'est pas détruit aujourd'hui. Quand son orbite sera descendue sous 1,02×1081{,}02\times 10^{8} m, il ne pourra plus conserver sa structure et sera disloqué. Métis est bien un satellite « en sursis ».

Remarque : l'énoncé dit que ces satellites perdent de l'altitude « en ralentissant ». C'est un freinage qui les fait descendre ; mais sur l'orbite circulaire plus basse, la question 5 montre que la vitesse orbitale v=G MJ/rv=\sqrt{G\,M_{J}/r} est plus GRANDE, pas plus petite.

MétisuₜuₙFJupiterr
Il manque quelque chose dans cette série ? Un type d'exercice que ton prof donne, un énoncé qui te bloque, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.

L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace. Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.

De quoi s'agit-il ?
Je lis chaque demande moi-même, personne d'autre ne la voit. Inutile d'écrire ton nom ou celui de ton école.
Quand ta demande est traitée, tu es prévenu par courriel et dans ton espace.

En envoyant, tu acceptes que je lise ta demande pour y répondre. Elle est gardée avec ton compte, effacée avec lui, et jamais publiée : politique de confidentialité.

© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/bac-2025-pc-nouvelle-caledonie-j1. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

Voir aussi

Vous préparez l'épreuve de spécialité physique-chimie à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. On reprend les sujets officiels en conditions réelles, avec la rédaction que le correcteur attend et les lectures de graphes qui coûtent des points.

Site par Studio Squalli