Spécialité physique-chimie, Terminale • Annales du bac 2026 corrigées à Montréal

Bac 2026 de spécialité physique-chimie, Antilles-Guyane jour 1 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité physique-chimie, session 2026 : Antilles-Guyane, jour 1

Épreuve du mardi 16 juin 2026 • durée 3 h 30 • calculatrice en mode examen autorisée • 3 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet officiel (Labolycée).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 3 h 30, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2026 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité physique-chimie du baccalauréat 2026, centre Antilles-Guyane, jour 1 : l'épreuve du mardi 16 juin 2026, trois heures trente, calculatrice en mode examen autorisée. Trois exercices pour 20 points, 9 points sur les 200 ans de la pastille de Vichy, 5 points sur le césium 137 et l'essai Trinity, 6 points sur l'astéroïde 2024 PT5, avec trois annexes à rendre avec la copie. L'énoncé et ses documents sont reproduits tels quels, et chaque question qui a un résultat vérifiable porte un champ autocorrigé.

L'exercice 1 est une chimie des solutions complète : espèce amphotère et diagramme de prédominance de l'ion hydrogénocarbonate, titrage pH-métrique par la méthode de la dérivée, incertitude-type et quotient zz de compatibilité, choix d'un indicateur coloré, puis hydrodistillation, extraction liquide-liquide et chromatographie sur couche mince, ponts hydrogène du saccharose et dosage par étalonnage d'une boisson par sa masse volumique, en résolution de problème. L'exercice 2 porte sur la décroissance radioactive : désintégration β−\beta^{-}, équation différentielle dN/dt=−λN\mathrm{d}N/\mathrm{d}t=-\lambda N, temps de demi-vie t1/2=ln⁡2/λt_{1/2}=\ln 2/\lambda, programme Python et activité d'un échantillon de trinitite face au seuil réglementaire. L'exercice 3 enchaîne mouvement circulaire uniforme dans le repère de Frenet, deuxième loi de Newton, troisième loi de Kepler, sphère de Hill, pouvoir séparateur de l'œil et grossissement G=f1′/f2′G=f'_{1}/f'_{2} d'une lunette astronomique afocale.

Le corrigé nomme la loi à chaque question, pose le calcul avec ses unités et ses chiffres significatifs, et vérifie le résultat quand c'est possible. Trois pièges y sont traités en détail : l'équivalence d'un titrage par un acide, lue au MINIMUM de dpH/dV\mathrm{dpH}/\mathrm{d}V, et l'écart de huit incertitudes-types expliqué par les ions carboxylate de l'enrobage (exercice 1, Q7 à Q11) ; l'activité de 2010 qu'il faut faire décroître jusqu'en 2026 avant de calculer la masse limite (exercice 2, Q9) ; la racine cubique du rayon de Hill et la conversion en unités astronomiques qui montre que l'astéroïde n'est jamais capturé (exercice 3, Q5 à Q7). Il signale aussi l'ambiguïté du seuil de Q9, donné en activité massique alors que la question demande une masse.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale

Exercice 1 : Les 200 ans de la pastille de Vichy

9 points Déterminer la composition d'un système : lois, spectres et domaines de validitéAcide-base, pKa et titragesMesure, incertitudes et chiffres significatifsCohésion, polarité, dissolution et extraction

La pastille de Vichy est un bonbon de forme octogonale et de couleur blanche. Elle tient son nom de la ville française de Vichy où elle est fabriquée depuis 1825 à partir des eaux de la station thermale. La figure 1 montre quelques-unes de ces pastilles dont le fabricant vante les propriétés digestives en raison de la présence d'ions hydrogénocarbonate.

Les objectifs de cet exercice sont :
• estimer le volume d'eau de Vichy nécessaire pour fabriquer une pastille ;
• identifier la nature de l'arôme entrant dans la composition d'une pastille ;
• vérifier la composition en sucre d'une boisson réalisée à partir de pastilles de Vichy.

1. Composition en ions hydrogénocarbonate de la pastille de Vichy

La figure 2 donne la composition d'une pastille de Vichy. Celle-ci contient 0,30 % en masse de sels minéraux, c'est-à-dire 0,22 % en masse d'ions hydrogénocarbonate de formule HCO3−\mathrm{HCO_{3}^{-}}.

Étiquette d'un sachet de pastilles : Pastille. Ingrédients : sucre, agent d'enrobage (sels de magnésium d'acides gras), extraits des eaux de Vichy (0,3 %), arôme, sirop de glucose. Fabriqué en France.
Figure 2. Composition d'une pastille
  • Données :
    • masse d'une pastille de Vichy : mpastille=2,64m_{\text{pastille}}=2{,}64 g ;
    • pKA\mathrm{p}K_{\mathrm{A}} de quelques couples acide-base :
    ◦ pKA1=6,4\mathrm{p}K_{\mathrm{A_{1}}}=6{,}4 pour le couple acide-base CO2(aq)/HCO3−(aq)\mathrm{CO_{2}(aq)/HCO_{3}^{-}(aq)} ;
    ◦ pKA2=10,3\mathrm{p}K_{\mathrm{A_{2}}}=10{,}3 pour le couple acide-base HCO3−(aq)/CO32−(aq)\mathrm{HCO_{3}^{-}(aq)/CO_{3}^{2-}(aq)} ;
    • masse molaire de l'ion hydrogénocarbonate : M(HCO3−)=61,0 g⋅mol−1M(\mathrm{HCO_{3}^{-}})=61{,}0\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
    • formule semi-développée de l'ion hydrogénocarbonate :
  • Formule semi-développée de l'ion hydrogénocarbonate : un atome de carbone central doublement lié à un oxygène, simplement lié à un groupe HO et simplement lié à un oxygène portant la charge négative.
  • Q1. Représenter la formule semi-développée de la base conjuguée de l'ion hydrogénocarbonate.
  • Q2. Justifier le caractère amphotère de l'ion hydrogénocarbonate HCO3−\mathrm{HCO_{3}^{-}}.
  • On dissout une pastille de Vichy dans de l'eau distillée. La solution obtenue, notée S1\mathrm{S_{1}}, a un volume V0=100V_{0}=100 mL. Son pH vaut 9,0.
  • Q3. Tracer le diagramme de prédominance des deux couples acide-base auxquels appartient l'ion hydrogénocarbonate.
  • Q4. En déduire que l'ion hydrogénocarbonate est la forme majoritaire contenue dans la solution S1\mathrm{S_{1}}.
  • Q5. Calculer la valeur de la masse mfm_{\mathrm{f}} d'ions hydrogénocarbonate contenus dans une pastille de Vichy.
  • Le calcul de la valeur de la masse mfm_{\mathrm{f}} s'appuie sur les informations communiquées par le fabriquant de la pastille. On souhaite vérifier expérimentalement cette valeur.
  • On procède alors au titrage pH-métrique d'un volume V1=50,0V_{1}=50{,}0 mL de la solution S1\mathrm{S_{1}}. On considère que les seuls ions titrés sont les ions hydrogénocarbonate HCO3−(aq)\mathrm{HCO_{3}^{-}(aq)}. La solution titrante est une solution aqueuse SA\mathrm{S_{A}} d'acide chlorhydrique (H3O+(aq)+Cℓ−(aq))\left(\mathrm{H_{3}O^{+}(aq)+C\ell^{-}(aq)}\right) de concentration en quantité de matière cA=0,50×10−2 mol⋅L−1c_{\mathrm{A}}=0{,}50\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.
  • La courbe représentant l'évolution du pH en fonction du volume VV de solution titrante versée figure sur l'ANNEXE 1 À RENDRE AVEC LA COPIE.
  • Q6. Écrire l'équation de la réaction support du titrage.
  • Le volume VEV_{\mathrm{E}} de solution titrante versé à l'équivalence du titrage est compris entre 10,0 mL et 15,0 mL.
  • Annexe 1 : points du pH (axe de gauche, de 0 à 10) et courbe de la dérivée dpH/dV (axe de droite, de 0 à -0,8) en fonction du volume V versé, de 0 à 21 mL. Le pH part d'environ 8,9 et décroît lentement jusqu'à 5,7 vers 10 mL, chute entre 11 et 14 mL (4,6 à 12 mL) puis se stabilise vers 3. La dérivée présente un minimum très marqué, environ -0,75, à V = 12 mL.
    Annexe 1 à rendre avec la copie. Évolution du pH et de dpHdV\dfrac{\mathrm{dpH}}{\mathrm{d}V} de la solution titrée en fonction du volume VV de solution titrante versée
  • Q7. Déterminer, en réalisant une construction sur l'ANNEXE 1 À RENDRE AVEC LA COPIE, la valeur du volume VEV_{\mathrm{E}}.
  • On admettra par la suite que le volume équivalent vaut VE=12,0V_{\mathrm{E}}=12{,}0 mL.
  • Q8. Calculer la valeur de la quantité de matière n1n_{1} d'ions hydrogénocarbonate titrés dans le volume V1V_{1}.
  • Q9. Montrer que la masse mexpm_{\text{exp}} d'ions hydrogénocarbonate contenus dans une pastille de Vichy vaut 7,3×10−37{,}3\times 10^{-3} g.
  • Données :
    • l'incertitude-type u(mexp)u(m_{\text{exp}}), sur la valeur de la masse mexpm_{\text{exp}} d'ions hydrogénocarbonate HCO3−\mathrm{HCO_{3}^{-}}, obtenue expérimentalement peut être estimée en utilisant la relation :
    u(mexp)=mexp×(u(cA)cA)2+(u(VE)VE)2u(m_{\text{exp}})=m_{\text{exp}}\times\sqrt{\left(\dfrac{u(c_{\mathrm{A}})}{c_{\mathrm{A}}}\right)^{2}+\left(\dfrac{u(V_{\mathrm{E}})}{V_{\mathrm{E}}}\right)^{2}}
    L'incertitude-type u(VE)u(V_{\mathrm{E}}) sur le volume à l'équivalence est estimée à 0,2 mL.
    L'incertitude-type u(cA)u(c_{\mathrm{A}}) sur la concentration en quantité de matière de la solution titrante d'acide chlorhydrique est estimée à 0,01×10−2 mol⋅L−10{,}01\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} ;
    • pour discuter de la compatibilité du résultat d'une mesure AmesA_{\text{mes}} avec une valeur de référence ArefA_{\text{ref}}, on peut utiliser le quotient z=∣Ames−Aref∣u(Ames)z=\dfrac{|A_{\text{mes}}-A_{\text{ref}}|}{u(A_{\text{mes}})} avec AmesA_{\text{mes}} la valeur mesurée, ArefA_{\text{ref}} la valeur de référence et u(Ames)u(A_{\text{mes}}) l'incertitude-type associée à la valeur mesurée.
    Si le quotient zz calculé est supérieur à 2, on pourra considérer que la valeur mesurée n'est pas compatible avec la valeur de référence.
  • Q10. Vérifier si la masse mexpm_{\text{exp}} d'ions hydrogénocarbonate obtenue expérimentalement est compatible avec la valeur de référence mfm_{\mathrm{f}} calculée à partir des données du fabricant.
  • La pastille de Vichy contient des agents d'enrobage qui lui confèrent un aspect lisse et brillant. Les agents d'enrobage sont en partie constitués d'ions carboxylate dont une représentation est donnée figure 3.
  • Ion carboxylate : un groupe R lié à un atome de carbone, lui-même doublement lié à un oxygène et simplement lié à un oxygène portant la charge négative.
    Figure 3. Représentation d'un ion carboxylate
  • R représente un groupe alkyle.
  • Q11. Proposer une interprétation au résultat obtenu à la question précédente en considérant la composition des agents d'enrobage.
  • Pour comparer la quantité d'ions hydrogénocarbonate dans une pastille avec celle contenue dans un volume d'eau minérale de la station thermale, on procède à un nouveau dosage dans lequel l'eau minérale de Vichy est titrée par la solution SA\mathrm{S_{A}} d'acide chlorhydrique.
  • On détermine que la valeur de la concentration en masse cmec_{\text{me}} en ions hydrogénocarbonate contenus dans l'eau minérale est cme=4,37×103 mg⋅L−1c_{\text{me}}=4{,}37\times 10^{3}\ \mathrm{mg\cdot L^{-1}}. Le pH à l'équivalence du titrage vaut 4,3.
  • La figure 4 présente les caractéristiques de plusieurs indicateurs colorés.
  • Indicateur coloréCouleur de la forme acideCouleur de la forme basiqueZone de virage
    Vert de bromocrésolJauneBleu3,8 à 5,4
    Bleu de bromothymolJauneBleu6,0 à 7,6
    Rouge de méthyleRougeJaune4,8 à 6,0
    PhénolphtaléineIncoloreRose8,2 à 10,0
    Figure 4. Indicateurs colorés et zones de virage
  • Q12. Choisir, en justifiant, un indicateur coloré adapté au titrage de l'eau de Vichy. Préciser le changement de couleur observé.
  • Q13. Calculer la valeur du volume, noté VVichyV_{\text{Vichy}}, d'eau minérale de la station thermale qu'il faut boire pour ingérer la même quantité d'ions hydrogénocarbonate que celle contenue dans une pastille de Vichy. L'exprimer en mL et commenter le résultat.
  • 2. Arôme contenu dans la pastille de Vichy
  • L'étiquette de la figure 2 mentionne que la pastille de Vichy contient un arôme que l'on souhaite identifier.
  • Pour cela, on dissout 10 pastilles de Vichy dans 100 mL d'eau. On procède à l'hydrodistillation de cette solution. On recueille alors un distillat.
  • La figure 5 présente les schémas de deux montages expérimentaux.
  • Deux montages chauffés par un chauffe-ballon. Montage A : un ballon surmonté d'un réfrigérant à boules vertical, l'eau de refroidissement entrant en bas et sortant en haut ; rien n'est recueilli. Montage B : un ballon surmonté d'une tête de colonne avec un thermomètre, relié à un réfrigérant droit incliné parcouru par l'eau de refroidissement, qui débouche dans un erlenmeyer où le distillat est recueilli.
    Figure 5. Schémas de deux montages expérimentaux
  • Q14. À partir de la figure 5, identifier le schéma du montage qui a été utilisé pour réaliser l'hydrodistillation de la solution.
  • Le distillat obtenu est constitué de deux phases : une phase huileuse odorante et une phase aqueuse. On cherche à extraire et caractériser la phase odorante du distillat en mettant en œuvre le protocole expérimental décrit ci-dessous.
  • Étape 1 : verser dans le distillat une solution aqueuse saturée de chlorure de sodium.
    Étape 2 : verser l'ensemble dans une ampoule à décanter.
    Étape 3 : introduire avec précaution quelques millilitres de dichlorométhane.
    Étape 4 : agiter l'ampoule à décanter, laisser décanter.
    Étape 5 : recueillir la phase organique.
    Étape 6 : analyser la phase organique par chromatographie.
  • Phase huileuse odoranteDichlorométhane
    Pictogramme de sécuritéSGH08, danger pour la santé
    Solubilité dans l'eauFaibleQuasi nulle
    Solubilité dans l'eau saléeTrès faibleQuasi nulle
    Solubilité dans le dichlorométhaneTrès forte
    Figure 6. Données physico-chimiques (le pictogramme du sujet est décrit en mots)
  • Q15. À partir de la figure 6, justifier le choix du dichlorométhane comme solvant d'extraction.
  • La figure 7 présente le chromatogramme obtenu expérimentalement.
  • Le dépôt 1 est constitué de la phase organique extraite précédemment.
    Le dépôt 2 est constitué d'une huile essentielle commerciale de menthe verte.
  • Plaque de chromatographie avec deux dépôts sur la ligne de base. Le dépôt 1 donne deux taches pâles ; le dépôt 2 donne deux taches, une grosse en haut et une petite en dessous, exactement à la même hauteur que les deux taches du dépôt 1. Le front du solvant est tracé en haut de la plaque.
    Figure 7. Chromatogramme obtenu expérimentalement
  • Q16. En déduire la nature probable de l'arôme contenu dans une pastille de Vichy.
  • 3. Composition en sucre d'une boisson à base de pastilles de Vichy
  • Il existe dans le commerce des boissons réalisées à partir de pastilles de Vichy. Le sucre, sous forme de saccharose, entre très largement dans la composition de ces boissons.
  • La figure 8 présente la composition d'une telle boisson.
  • Ingrédients
    eau gazéifiée, sucre, pastilles menthe du bassin de Vichy, acide citrique, extraits naturels de menthe et de citron.
    Figure 8. Composition d'une boisson à base de pastilles de Vichy
  • La forte solubilité du saccharose dans l'eau s'explique par le grand nombre de ponts hydrogène que cette molécule peut former avec le solvant.
    Ces ponts hydrogène se forment notamment entre les groupes hydroxyle d'une molécule de saccharose et les molécules d'eau.
  • Représentation de Haworth du saccharose : un cycle à six atomes (glucose) relié par un pont oxygène à un cycle à cinq atomes (fructose). On compte huit groupes OH : quatre sur la partie glucose (dont celui d'un groupe CH2OH) et quatre sur la partie fructose (dont ceux de deux groupes CH2OH).
    Figure 9. Représentation de la molécule de saccharose
  • Q17. Déterminer le nombre de groupes hydroxyle apparaissant sur la représentation de la molécule de saccharose de la figure 9.
  • Afin de vérifier la composition en saccharose dans cette boisson, on procède à un dosage par étalonnage. Pour cela, on prépare des solutions étalon de concentration en masse de saccharose connue, puis on mesure leur masse volumique.
  • La courbe d'étalonnage représentant les variations de la masse volumique, notée ρ\rho, de ces solutions étalon en fonction de leur concentration en masse de saccharose, notée cc, est donnée sur la figure 10.
  • Droite d'étalonnage : masse volumique rho (de 1,010 à 1,060 g/mL) en fonction de la concentration en masse c de saccharose (de 0 à 160 g/L). Cinq points alignés : environ 1,0155 g/mL à 50 g/L, 1,0245 à 75 g/L, 1,036 à 100 g/L, 1,044 à 125 g/L et 1,053 à 150 g/L, avec la droite tracée de 50 à 150 g/L.
    Figure 10. Évolution de la masse volumique de solutions étalon en saccharose en fonction de leur concentration en masse de saccharose
  • On prélève au laboratoire un échantillon de boisson dégazée dont on mesure le volume, noté VboissonV_{\text{boisson}}. On mesure ensuite la masse, notée mboissonm_{\text{boisson}}, de cet échantillon. On obtient les résultats suivants Vboisson=268,0V_{\text{boisson}}=268{,}0 mL et mboisson=276,8m_{\text{boisson}}=276{,}8 g.
  • Le fabriquant indique qu'un volume de 100 mL de cette boisson contient 9,5 g de sucre.
  • Q18. Vérifier l'information donnée par le fabriquant.
  • Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter correctement sa démarche, même non aboutie, car elle sera évaluée.

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Q5
Q7
Q8
Q10
Q12
Q13
Q14
Q16
Q17
Q18
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Réponses

  • Q1 Ion carbonate CO32−\mathrm{CO_{3}^{2-}} : C doublement lié à un O, simplement lié à deux O−\mathrm{O^{-}}
  • Q2 Base du couple CO2/HCO3−\mathrm{CO_{2}/HCO_{3}^{-}} et acide du couple HCO3−/CO32−\mathrm{HCO_{3}^{-}/CO_{3}^{2-}} : ampholyte
  • Q3 CO2\mathrm{CO_{2}} si pH<6,4\mathrm{pH}<6{,}4 ; HCO3−\mathrm{HCO_{3}^{-}} entre 6,46{,}4 et 10,310{,}3 ; CO32−\mathrm{CO_{3}^{2-}} si pH>10,3\mathrm{pH}>10{,}3
  • Q4 6,4<9,0<10,36{,}4<9{,}0<10{,}3 : domaine de HCO3−\mathrm{HCO_{3}^{-}}
  • Q5 mf=0,0022×2,64=5,8×10−3m_{\mathrm{f}}=0{,}0022\times 2{,}64=5{,}8\times 10^{-3} g
  • Q6 HCO3−(aq)+H3O+(aq)⟶CO2(aq)+2 H2O(ℓ)\mathrm{HCO_{3}^{-}(aq)+H_{3}O^{+}(aq)\longrightarrow CO_{2}(aq)+2\,H_{2}O(\ell)}
  • Q7 Minimum de dpH/dV\mathrm{dpH}/\mathrm{d}V : VE=12,0V_{\mathrm{E}}=12{,}0 mL
  • Q8 n1=cAVE=6,0×10−5n_{1}=c_{\mathrm{A}}V_{\mathrm{E}}=6{,}0\times 10^{-5} mol
  • Q9 mexp=2 n1 M=1,2×10−4×61,0=7,3×10−3m_{\text{exp}}=2\,n_{1}\,M=1{,}2\times 10^{-4}\times 61{,}0=7{,}3\times 10^{-3} g
  • Q10 u(mexp)=1,9×10−4u(m_{\text{exp}})=1{,}9\times 10^{-4} g ; z=7,9>2z=7{,}9>2 : non compatible
  • Q11 Les ions carboxylate, basiques, sont titrés aussi : VEV_{\mathrm{E}} et mexpm_{\text{exp}} surestimés
  • Q12 Vert de bromocrésol (4,3∈[3,8 ; 5,4]4{,}3\in[3{,}8\,;\,5{,}4]) ; passage du bleu au jaune
  • Q13 VVichy=mf/cme=1,3V_{\text{Vichy}}=m_{\mathrm{f}}/c_{\text{me}}=1{,}3 mL : quelques gouttes d'eau par pastille
  • Q14 Montage B (distillation, distillat recueilli) ; A est un reflux
  • Q15 Phase odorante très soluble dans le dichlorométhane, peu dans l'eau salée ; solvant non miscible à l'eau
  • Q16 Mêmes taches que l'huile de menthe verte : arôme de menthe verte
  • Q17 88 groupes hydroxyle
  • Q18 ρ=1,0328 g⋅mL−1\rho=1{,}0328\ \mathrm{g\cdot mL^{-1}}, c≈96c\approx 96 g/L, soit 9,69{,}6 g pour 100 mL : information vérifiée (1 %)

Q1. La base conjuguée de HCO3−\mathrm{HCO_{3}^{-}} est l'espèce obtenue quand il cède un proton H+\mathrm{H^{+}} : c'est l'ion carbonate CO32−\mathrm{CO_{3}^{2-}}, conformément au couple HCO3−/CO32−\mathrm{HCO_{3}^{-}/CO_{3}^{2-}} des données. Sur la formule semi-développée donnée, le proton part du groupe HO\mathrm{HO} : l'atome de carbone central reste doublement lié à un atome d'oxygène et simplement lié à deux atomes d'oxygène, qui portent chacun une charge négative. On écrit donc O=C(O−)2\mathrm{O{=}C(O^{-})_{2}}, c'est-à-dire un C relié à O par une double liaison et à deux O−\mathrm{O^{-}} par des liaisons simples.

Vérification des charges : l'ion hydrogénocarbonate porte une charge −1-1 ; en perdant H+\mathrm{H^{+}}, il passe à −1−1=−2-1-1=-2, la charge de l'ion carbonate. Erreur fréquente : dessiner l'acide conjugué (H2CO3\mathrm{H_{2}CO_{3}}, ou CO2,H2O\mathrm{CO_{2},H_{2}O}), qui est l'espèce obtenue en GAGNANT un proton.

Q2. Une espèce amphotère est une espèce qui se comporte comme un acide dans un couple et comme une base dans un autre. Or l'ion hydrogénocarbonate apparaît dans les deux couples des données : il est la BASE du couple CO2(aq)/HCO3−(aq)\mathrm{CO_{2}(aq)/HCO_{3}^{-}(aq)} (pKA1=6,4\mathrm{p}K_{\mathrm{A_{1}}}=6{,}4), puisqu'il peut capter un proton, et l'ACIDE du couple HCO3−(aq)/CO32−(aq)\mathrm{HCO_{3}^{-}(aq)/CO_{3}^{2-}(aq)} (pKA2=10,3\mathrm{p}K_{\mathrm{A_{2}}}=10{,}3), puisqu'il peut en céder un. C'est donc un ampholyte. On peut l'écrire avec deux demi-équations : HCO3−=CO32−+H+\mathrm{HCO_{3}^{-}=CO_{3}^{2-}+H^{+}} (acide) et HCO3−+H+=CO2,H2O\mathrm{HCO_{3}^{-}+H^{+}=CO_{2},H_{2}O} (base).

Q3. Pour un couple acide/base de constante pKA\mathrm{p}K_{\mathrm{A}}, pH=pKA+log⁡[base][acide]\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{\mathrm{A}}+\log\dfrac{[\text{base}]}{[\text{acide}]} : la forme acide prédomine quand pH<pKA\mathrm{pH}<\mathrm{p}K_{\mathrm{A}}, la forme basique quand pH>pKA\mathrm{pH}>\mathrm{p}K_{\mathrm{A}}. Sur un même axe de pH gradué de 0 à 14, on place deux frontières :

pour pH<6,4\mathrm{pH}<6{,}4, CO2(aq)\mathrm{CO_{2}(aq)} prédomine ; pour 6,4<pH<10,36{,}4<\mathrm{pH}<10{,}3, HCO3−(aq)\mathrm{HCO_{3}^{-}(aq)} prédomine ; pour pH>10,3\mathrm{pH}>10{,}3, CO32−(aq)\mathrm{CO_{3}^{2-}(aq)} prédomine. L'ion hydrogénocarbonate occupe le domaine du milieu, ce qui est cohérent avec son caractère amphotère : il est la base du premier couple et l'acide du second (schéma ci-dessous).

Q4. Le pH de la solution S1\mathrm{S_{1}} vaut 9,09{,}0, valeur comprise entre pKA1=6,4\mathrm{p}K_{\mathrm{A_{1}}}=6{,}4 et pKA2=10,3\mathrm{p}K_{\mathrm{A_{2}}}=10{,}3 : le point représentatif de la solution tombe dans le domaine de prédominance de HCO3−\mathrm{HCO_{3}^{-}}, qui est donc la forme majoritaire.

On peut le chiffrer : [HCO3−][CO32−]=10pKA2−pH=101,3≈20\dfrac{[\mathrm{HCO_{3}^{-}}]}{[\mathrm{CO_{3}^{2-}}]}=10^{\mathrm{p}K_{\mathrm{A_{2}}}-\mathrm{pH}}=10^{1{,}3}\approx 20 et [HCO3−][CO2]=10pH−pKA1=102,6≈4×102\dfrac{[\mathrm{HCO_{3}^{-}}]}{[\mathrm{CO_{2}}]}=10^{\mathrm{pH}-\mathrm{p}K_{\mathrm{A_{1}}}}=10^{2{,}6}\approx 4\times 10^{2}. L'ion hydrogénocarbonate est vingt fois plus abondant que l'ion carbonate et quatre cents fois plus que le dioxyde de carbone dissous.

Q5. L'énoncé indique que les ions hydrogénocarbonate représentent 0,220{,}22 % de la masse de la pastille, et les données donnent mpastille=2,64m_{\text{pastille}}=2{,}64 g. Donc mf=0,22100×2,64=5,8×10−3m_{\mathrm{f}}=\dfrac{0{,}22}{100}\times 2{,}64=5{,}8\times 10^{-3} g, soit 5,85{,}8 mg (exactement 5,8085{,}808 mg), avec deux chiffres significatifs comme le pourcentage. Erreur fréquente : prendre le 0,300{,}30 % des sels minéraux, qui englobe d'autres ions que HCO3−\mathrm{HCO_{3}^{-}}.

Q6. L'ion oxonium de l'acide chlorhydrique, acide du couple H3O+/H2O\mathrm{H_{3}O^{+}/H_{2}O}, réagit avec l'ion hydrogénocarbonate, base du couple CO2(aq)/HCO3−(aq)\mathrm{CO_{2}(aq)/HCO_{3}^{-}(aq)} ; les ions chlorure sont spectateurs. Équation de la réaction support du titrage : HCO3−(aq)+H3O+(aq)⟶CO2(aq)+2 H2O(ℓ)\mathrm{HCO_{3}^{-}(aq)+H_{3}O^{+}(aq)\longrightarrow CO_{2}(aq)+2\,H_{2}O(\ell)}.

Vérification de la conservation : à gauche, 1 C, 4 H (un dans HCO3−\mathrm{HCO_{3}^{-}}, trois dans H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}}), 4 O et une charge −1+1=0-1+1=0 ; à droite, 1 C, 4 H, 2+2=42+2=4 O et une charge nulle. La réaction est rapide et totale, comme doit l'être une réaction de titrage.

Q7. Méthode de la dérivée : à l'équivalence, le pH varie le plus vite, donc la courbe de dpHdV\dfrac{\mathrm{dpH}}{\mathrm{d}V} présente un extremum. Ici l'acide versé fait DIMINUER le pH, la dérivée est négative et l'extremum est un minimum. Construction sur l'annexe : on repère le minimum de la courbe en trait plein, vers −0,75-0{,}75 sur l'axe de droite, et on abaisse la verticale jusqu'à l'axe des volumes : VE=12,0V_{\mathrm{E}}=12{,}0 mL, bien compris entre 10,0 et 15,0 mL comme annoncé.

Contrôle par les points du pH : c'est entre 11 et 13 mL que le pH chute le plus (de 5,3 à 3,8), et le point de la courbe à 12 mL est au milieu de ce saut. La méthode des tangentes parallèles est possible aussi, mais avec un point par millilitre elle est bien moins précise que la dérivée fournie. Erreur fréquente : chercher un maximum de la dérivée, comme pour un titrage par une base.

Q8. À l'équivalence, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de l'équation de Q6, coefficients 1 et 1 : n1=n(H3O+)verseˊ=cA×VE=0,50×10−2×12,0×10−3=6,0×10−5n_{1}=n(\mathrm{H_{3}O^{+}})_{\text{versé}}=c_{\mathrm{A}}\times V_{\mathrm{E}}=0{,}50\times 10^{-2}\times 12{,}0\times 10^{-3}=6{,}0\times 10^{-5} mol. Le volume se convertit en litres puisque la concentration est en mol⋅L−1\mathrm{mol\cdot L^{-1}}.

Q9. Le titrage porte sur V1=50,0V_{1}=50{,}0 mL de S1\mathrm{S_{1}}, alors que la pastille entière a été dissoute dans V0=100V_{0}=100 mL : la solution titrée ne contient que la moitié des ions de la pastille. La quantité totale vaut donc n=n1×V0V1=6,0×10−5×10050,0=1,2×10−4n=n_{1}\times\dfrac{V_{0}}{V_{1}}=6{,}0\times 10^{-5}\times\dfrac{100}{50{,}0}=1{,}2\times 10^{-4} mol.

Masse correspondante : mexp=n×M(HCO3−)=1,2×10−4×61,0=7,32×10−3m_{\text{exp}}=n\times M(\mathrm{HCO_{3}^{-}})=1{,}2\times 10^{-4}\times 61{,}0=7{,}32\times 10^{-3} g, soit 7,3×10−37{,}3\times 10^{-3} g, la valeur annoncée. Erreur fréquente : oublier le facteur 2 entre V0V_{0} et V1V_{1}, ce qui donne 3,7×10−33{,}7\times 10^{-3} g.

Q10. Incertitude-type, avec la relation donnée : les incertitudes relatives valent u(cA)cA=0,01×10−20,50×10−2=0,020\dfrac{u(c_{\mathrm{A}})}{c_{\mathrm{A}}}=\dfrac{0{,}01\times 10^{-2}}{0{,}50\times 10^{-2}}=0{,}020 et u(VE)VE=0,212,0=0,017\dfrac{u(V_{\mathrm{E}})}{V_{\mathrm{E}}}=\dfrac{0{,}2}{12{,}0}=0{,}017. D'où u(mexp)=7,32×10−3×0,0202+0,0172=7,32×10−3×0,026=1,9×10−4u(m_{\text{exp}})=7{,}32\times 10^{-3}\times\sqrt{0{,}020^{2}+0{,}017^{2}}=7{,}32\times 10^{-3}\times 0{,}026=1{,}9\times 10^{-4} g, soit environ 0,20{,}2 mg.

Quotient de compatibilité, avec la valeur du fabricant comme référence : z=∣mexp−mf∣u(mexp)=∣7,32×10−3−5,81×10−3∣1,9×10−4=7,9z=\dfrac{|m_{\text{exp}}-m_{\mathrm{f}}|}{u(m_{\text{exp}})}=\dfrac{|7{,}32\times 10^{-3}-5{,}81\times 10^{-3}|}{1{,}9\times 10^{-4}}=7{,}9. Ce quotient est nettement supérieur à 2 : la masse mesurée n'est PAS compatible avec la valeur de référence. L'écart, 1,51{,}5 mg, vaut près de huit incertitudes-types : ce n'est pas la dispersion du titrage qui l'explique, mais un biais systématique, que la question suivante identifie.

Q11. L'ion carboxylate R−COO−\mathrm{R{-}COO^{-}} est la base conjuguée d'un acide carboxylique R−COOH\mathrm{R{-}COOH} : il peut, lui aussi, capter un proton. Dissous avec la pastille, il réagit avec les ions oxonium versés, R−COO−+H3O+⟶R−COOH+H2O\mathrm{R{-}COO^{-}+H_{3}O^{+}\longrightarrow R{-}COOH+H_{2}O}, alors que le calcul de Q8 suppose que seuls les ions HCO3−\mathrm{HCO_{3}^{-}} sont titrés.

Il faut donc verser plus d'acide pour atteindre l'équivalence : VEV_{\mathrm{E}} est trop grand, et la masse d'ions hydrogénocarbonate qu'on en déduit est surestimée. C'est bien le sens de l'écart trouvé, mexp>mfm_{\text{exp}}>m_{\mathrm{f}}. L'hypothèse « les seuls ions titrés sont les ions hydrogénocarbonate » n'est pas vérifiée pour une pastille enrobée.

Q12. Un indicateur coloré convient si sa zone de virage contient le pH à l'équivalence : il change alors de couleur au moment où l'on atteint l'équivalence. Le pH à l'équivalence vaut 4,34{,}3, qui n'appartient qu'à la zone [3,8 ; 5,4][3{,}8\,;\,5{,}4] du vert de bromocrésol : c'est l'indicateur adapté. Le rouge de méthyle (4,84{,}8 à 6,06{,}0) virerait avant l'équivalence, le bleu de bromothymol et la phénolphtaléine bien trop tôt.

Changement de couleur : la solution titrée est versée dans un milieu dont le pH DIMINUE au cours du titrage. Avant l'équivalence, le pH est supérieur à 5,45{,}4 et l'indicateur est sous sa forme basique, bleue ; après l'équivalence, le pH descend sous 3,83{,}8 et l'indicateur passe sous sa forme acide, jaune. On observe donc un passage du bleu au jaune, la teinte verte, mélange des deux, marquant l'équivalence. Piège : décrire le virage dans l'autre sens, comme pour un titrage par une base.

Q13. On cherche le volume d'eau de Vichy qui contient la même masse d'ions hydrogénocarbonate que la pastille. On prend la valeur de référence du fabricant, mf=5,81m_{\mathrm{f}}=5{,}81 mg, la valeur expérimentale étant faussée par l'enrobage (Q11). Par définition de la concentration en masse, cme=mVc_{\text{me}}=\dfrac{m}{V}, donc VVichy=mfcme=5,814,37×103=1,33×10−3V_{\text{Vichy}}=\dfrac{m_{\mathrm{f}}}{c_{\text{me}}}=\dfrac{5{,}81}{4{,}37\times 10^{3}}=1{,}33\times 10^{-3} L, soit VVichy=1,3V_{\text{Vichy}}=1{,}3 mL.

Commentaire : une pastille ne contient que l'équivalent d'environ un millilitre d'eau de Vichy, quelques gouttes. Un verre de 2525 cL de cette eau apporte autant d'ions hydrogénocarbonate qu'environ 190190 pastilles : l'effet digestif vanté par le fabricant ne peut venir que de quantités très modestes. Avec la masse expérimentale, 7,37{,}3 mg, on trouverait 1,71{,}7 mL : même ordre de grandeur, même conclusion. Erreur fréquente : oublier la conversion des milligrammes, la concentration étant donnée en mg⋅L−1\mathrm{mg\cdot L^{-1}}.

Q14. L'hydrodistillation est une distillation du mélange en présence d'eau : on chauffe, la vapeur d'eau entraîne les espèces odorantes, et ces vapeurs sont condensées puis RECUEILLIES hors du ballon. C'est le montage B : ballon chauffé, tête de distillation avec thermomètre, réfrigérant droit incliné parcouru par l'eau froide, et erlenmeyer qui recueille le distillat. Le montage A est un chauffage à reflux : le réfrigérant à boules vertical renvoie les vapeurs condensées dans le ballon, rien n'est recueilli, il sert à mener une réaction à chaud sans perte de matière.

Q15. Un solvant d'extraction doit remplir deux conditions. D'abord, l'espèce à extraire doit y être très soluble, plus que dans le solvant de départ : la phase odorante est « très fortement » soluble dans le dichlorométhane, alors qu'elle n'est que « faiblement » soluble dans l'eau et « très faiblement » dans l'eau salée. Ensuite, le solvant doit être non miscible avec la phase aqueuse pour former deux phases séparables dans l'ampoule à décanter : la solubilité du dichlorométhane dans l'eau, salée ou non, est quasi nulle.

L'étape 1 prépare cette extraction : en saturant la phase aqueuse en chlorure de sodium (relargage), on rend la phase odorante encore moins soluble dans l'eau, et elle passe plus complètement dans le dichlorométhane. Le pictogramme SGH08 signale un danger pour la santé : on manipule sous hotte, avec gants et lunettes, d'où le « avec précaution » de l'étape 3.

Q16. Lecture du chromatogramme : le dépôt 1, l'extrait de pastilles, donne deux taches situées exactement à la même hauteur que les deux taches du dépôt 2, l'huile essentielle de menthe verte. Des espèces qui migrent à la même hauteur sur la même plaque, avec le même éluant, ont le même rapport frontal et sont probablement identiques. L'extrait contient donc les espèces de l'huile essentielle de menthe verte : l'arôme de la pastille est probablement un arôme de menthe verte.

C'est cohérent avec la figure 8, qui parle de « pastilles menthe ». Le mot « probable » est juste : la chromatographie compare, elle ne prouve pas ; et les taches pâles du dépôt 1 traduisent seulement une concentration faible, l'arôme ne représentant qu'une petite part de la pastille.

Q17. Un groupe hydroxyle est un groupe −OH\mathrm{{-}OH} porté par un atome de carbone. Sur la figure 9, on compte quatre groupes OH\mathrm{OH} sur le cycle à six atomes (trois sur le cycle et un au bout du groupe CH2OH\mathrm{CH_{2}OH}) et quatre sur le cycle à cinq atomes (deux sur le cycle et deux au bout des deux groupes CH2OH\mathrm{CH_{2}OH}) : le saccharose porte 88 groupes hydroxyle.

Piège : compter les atomes d'oxygène. L'oxygène de chaque cycle et celui du pont entre les deux cycles sont liés à deux atomes de carbone, sans hydrogène : ce ne sont pas des groupes hydroxyle. Ces huit groupes −OH\mathrm{{-}OH} sont autant de sites capables de former des ponts hydrogène avec l'eau, ce qui explique la grande solubilité du sucre.

Q18. Démarche : la masse volumique de la boisson, mesurée, se reporte sur la courbe d'étalonnage pour lire la concentration en masse de saccharose, qu'on compare à l'indication du fabricant (9,59{,}5 g pour 100100 mL, soit 9595 g/L).

Masse volumique de l'échantillon : ρ=mboissonVboisson=276,8268,0=1,0328 g⋅mL−1\rho=\dfrac{m_{\text{boisson}}}{V_{\text{boisson}}}=\dfrac{276{,}8}{268{,}0}=1{,}0328\ \mathrm{g\cdot mL^{-1}}. On garde un chiffre de plus que les données (quatre significatifs), car la courbe se lit au millième de g⋅mL−1\mathrm{g\cdot mL^{-1}} près et toute l'information est dans les deux dernières décimales.

Lecture sur la figure 10 : on place ρ=1,0328 g⋅mL−1\rho=1{,}0328\ \mathrm{g\cdot mL^{-1}} sur l'axe des ordonnées, entre les graduations 1,0301{,}030 et 1,0351{,}035, on rejoint la droite horizontalement puis on descend sur l'axe des abscisses : c≈96c\approx 96 g/L, entre les petites graduations 9292 et 100100 g/L. Contrôle par l'équation de la droite, qui passe par (50 ; 1,0156)(50\,;\,1{,}0156) et (150 ; 1,0533)(150\,;\,1{,}0533) : sa pente vaut 3,77×10−43{,}77\times 10^{-4} et son ordonnée à l'origine 0,997 g⋅mL−10{,}997\ \mathrm{g\cdot mL^{-1}}, la masse volumique de l'eau pure, ce qui est rassurant ; elle donne c=50+1,0328−1,01563,77×10−4=96c=50+\dfrac{1{,}0328-1{,}0156}{3{,}77\times 10^{-4}}=96 g/L.

Conclusion : 100100 mL de boisson contiennent m=c×V=96×0,100=9,6m=c\times V=96\times 0{,}100=9{,}6 g de saccharose, pour 9,59{,}5 g annoncés. L'écart relatif, 9,6−9,59,5≈1\dfrac{9{,}6-9{,}5}{9{,}5}\approx 1 %, est inférieur à la précision de la lecture graphique (une petite graduation vaut 44 g/L, soit 0,40{,}4 g pour 100 mL) : l'information du fabricant est vérifiée.

Hypothèses à écrire sur la copie : la boisson est dégazée, sinon les bulles de dioxyde de carbone fausseraient la mesure du volume ; et la masse volumique est attribuée au seul saccharose, les autres espèces dissoutes (acide citrique, extraits) étant en quantité négligeable. Erreur fréquente : comparer directement ρ\rho à 9,59{,}5, ou lire la concentration en g/L et la comparer telle quelle aux 9,59{,}5 g, sans ramener à 100100 mL.

pHCO₂(aq)HCO₃⁻(aq)CO₃²⁻(aq)6,410,3S1 (pH = 9,0)
Q3 : diagramme de prédominance des deux couples de l'ion hydrogénocarbonate, et le pH de la solution S1
204060801001201401601,011,0151,021,0251,031,0351,041,0451,051,0551,06ρ = 1,0328 g/mLc ≈ 96 g/Lc (g/L)ρ (g/mL)
Q18 : lecture de la concentration en saccharose de la boisson sur la droite d'étalonnage

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Exercice 2 : Le césium 137 et l'essai Trinity

5 points La décroissance radioactive : demi-vie, activité et datationRésolution de problème et exploitation de documents

Trinity est le nom du premier essai nucléaire réalisé le 16 juillet 1945 dans le désert du Nouveau-Mexique aux États-Unis, dans le cadre du projet Manhattan.

Du fait de la température très élevée lors de l'explosion, le sable présent au sol s'est vitrifié, formant un quasi-cristal appelé « trinitite » contenant un élément radioactif : le césium 137.

L'objectif de cet exercice est de déterminer l'activité du césium 137 encore présent dans un morceau de trinitite près de 80 ans après sa formation.

1. Étude de la désintégration des noyaux de césium 137

  • Données :
    • le césium 137 ( 55137Cs{}^{137}_{\ 55}\mathrm{Cs}) est un noyau émetteur de type β\beta. Il se désintègre en un noyau de baryum 137 ( 56137Ba{}^{137}_{\ 56}\mathrm{Ba}) ;
    • l'activité A(t)A(t) d'un échantillon contenant NN noyaux radioactifs est le nombre de désintégrations radioactives par seconde dans cet échantillon ;
    • si le nombre de noyaux radioactifs de l'échantillon est suffisamment grand, on peut considérer que A(t)=−dNdtA(t)=-\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t} ;
    • l'activité d'un échantillon est proportionnelle au nombre de noyaux radioactifs qu'il contient : A(t)=λ⋅N(t)A(t)=\lambda\cdot N(t) avec λ\lambda constante radioactive du type de noyau considéré.
  • Q1. Donner la composition d'un noyau de césium 137.
  • Q2. Écrire l'équation de désintégration de type β\beta du césium 137.
  • On étudie un échantillon qui contient un grand nombre de noyaux de césium 137. On note, N(t)N(t) le nombre de noyaux à la date tt et N0N_{0} le nombre de noyaux de césium 137 à la date t=0t=0 s.
  • Q3. Établir que l'évolution du nombre NN de noyaux de césium 137 au cours du temps est régie par l'équation différentielle : dNdt=−λ⋅N\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}=-\lambda\cdot N
  • Q4. Vérifier que N(t)=N0⋅e−λtN(t)=N_{0}\cdot e^{-\lambda t} est solution de l'équation différentielle précédente.
  • On note t1/2t_{1/2} le temps de demi-vie du césium 137.
  • Q5. Montrer que le temps de demi-vie est lié à la constante radioactive par la relation : t1/2=ln⁡2λt_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{\lambda}
  • On utilise le langage de programmation Python pour simuler l'évolution du pourcentage de noyaux de césium 137 présents au sein d'un échantillon. La figure 1 présente un extrait de ce programme.
  • Extrait du programme Python, lignes 1 à 10. Lignes 1 et 2 : import numpy as np, import matplotlib.pyplot as plt. Ligne 5 : commentaire, génération des valeurs de la date t (en années). Ligne 6 : t = np.linspace(0, 350, 100). Ligne 8 : commentaire, évolution temporelle du pourcentage de noyaux de césium. Ligne 9 : pourcentage = 100*np.exp(...), les parenthèses étant à compléter.
    Figure 1. Extrait du programme Python
  • Le résultat de la simulation est donné sur la courbe de l'ANNEXE 2 À RENDRE AVEC LA COPIE.
  • Annexe 2 : courbe du pourcentage 100 N/N0 de noyaux de césium 137 en fonction du temps t, de 0 à 250 ans. Elle part de 100 et décroît en exponentielle : environ 50 vers 30 ans, 30 vers 52 ans, 10 vers 100 ans, presque nulle à 250 ans. Graduations tous les 50 ans en abscisse et tous les 20 en ordonnée, avec un quadrillage tous les 10.
    Annexe 2 à rendre avec la copie. Évolution temporelle du pourcentage de noyaux de césium 137
  • Q6. Exploiter la courbe d'évolution du pourcentage de noyaux de césium 137 donnée dans l'ANNEXE 2 À RENDRE AVEC LA COPIE pour estimer la valeur de la constante radioactive du césium 137, exprimée en an−1\mathrm{an^{-1}}. La construction graphique devra apparaître sur l'ANNEXE 2 À RENDRE AVEC LA COPIE.
  • Le terme « pourcentage » utilisé dans la ligne 9 du programme donné en figure 1 désigne la grandeur 100×NN0100\times\dfrac{N}{N_{0}}.
  • Q7. Recopier sur la copie la ligne 9 du programme et la compléter.
  • 2. Activité de la trinitite
  • On ne considère dans la suite de cet exercice que la radioactivité de la trinitite due au césium 137. La constante radioactive λ\lambda du césium 137 vaut 0,0231 an−10{,}0231\ \mathrm{an^{-1}}.
  • Q8. Montrer que l'activité A(t)A(t) d'un échantillon de trinitite est donnée par la relation A(t)=A0⋅e−λ⋅tA(t)=A_{0}\cdot e^{-\lambda\cdot t}, où A0=λ⋅N0A_{0}=\lambda\cdot N_{0} est l'activité de l'échantillon lors de sa formation.
  • Une étude menée en 2010 a permis de déterminer l'activité du césium 137 contenu dans un gramme de trinitite. Sa valeur est Aeˊtude=48,3A_{\text{étude}}=48{,}3 Bq.
  • Le Code de la santé publique prévoit que la détention d'une source radioactive contenant du césium 137 est exemptée de déclaration, si l'activité massique (c'est-à-dire l'activité d'un gramme de cette source) ne dépasse pas 10 Bq⋅g−110\ \mathrm{Bq\cdot g^{-1}}.
  • Q9. À partir des résultats de l'étude menée en 2010, déterminer la valeur de la masse de trinitite à partir de laquelle une demande de détention doit être effectuée en 2026. Commenter cette valeur.
  • Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter correctement sa démarche, même non aboutie, car elle sera évaluée.

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Q1
Q2
Q6
Q9
Voir la correction

Réponses

  • Q1 5555 protons et 8282 neutrons
  • Q2  55137Cs⟶ 56137Ba+−1  0e{}^{137}_{\ 55}\mathrm{Cs}\longrightarrow{}^{137}_{\ 56}\mathrm{Ba}+{}^{\ \,0}_{-1}\mathrm{e} (β−\beta^{-})
  • Q3 A=−dNdt=λNA=-\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}=\lambda N, donc dNdt=−λN\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}=-\lambda N
  • Q4 dNdt=−λN0e−λt=−λN\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}=-\lambda N_{0}e^{-\lambda t}=-\lambda N
  • Q5 e−λt1/2=12e^{-\lambda t_{1/2}}=\dfrac{1}{2}, donc t1/2=ln⁡2λt_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{\lambda}
  • Q6 t1/2≈30t_{1/2}\approx 30 ans, λ=ln⁡2/30≈0,023 an−1\lambda=\ln 2/30\approx 0{,}023\ \mathrm{an^{-1}}
  • Q7 pourcentage = 100*np.exp(-0.0231*t)
  • Q8 A=λN=λN0e−λt=A0e−λtA=\lambda N=\lambda N_{0}e^{-\lambda t}=A_{0}e^{-\lambda t}
  • Q9 33,433{,}4 Bq par gramme en 2026 ; seuil de 1010 Bq dépassé dès m=0,30m=0{,}30 g

Q1. Dans la notation ZAX{}^{A}_{Z}\mathrm{X}, ZZ est le nombre de protons et AA le nombre de nucléons. Le noyau  55137Cs{}^{137}_{\ 55}\mathrm{Cs} contient donc Z=55Z=55 protons et A−Z=137−55=82A-Z=137-55=82 neutrons, soit 137 nucléons.

Q2. Le noyau fils,  56137Ba{}^{137}_{\ 56}\mathrm{Ba}, a le même nombre de nucléons et un proton de plus : un neutron s'est transformé en proton en émettant un électron. C'est une désintégration β−\beta^{-}. Par les lois de conservation du nombre de nucléons et du nombre de charge (lois de Soddy) :  55137Cs⟶ 56137Ba+−1  0e{}^{137}_{\ 55}\mathrm{Cs}\longrightarrow{}^{137}_{\ 56}\mathrm{Ba}+{}^{\ \,0}_{-1}\mathrm{e}.

Vérification : nucléons 137=137+0137=137+0 ; charge 55=56+(−1)55=56+(-1). On peut ajouter l'antineutrino électronique 00νˉe{}^{0}_{0}\bar{\nu}_{e}, sans charge ni nucléon, que le programme ne demande pas d'écrire. Erreur fréquente : émettre un positon 10e{}^{0}_{1}\mathrm{e}, qui ferait DIMINUER ZZ et donnerait du xénon, pas du baryum.

Q3. Les données fournissent deux expressions de la même activité : A(t)=−dNdtA(t)=-\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t} (nombre de désintégrations par unité de temps, égal à la diminution du nombre de noyaux) et A(t)=λ⋅N(t)A(t)=\lambda\cdot N(t). En les égalant : −dNdt=λN-\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}=\lambda N, soit dNdt=−λ⋅N\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}=-\lambda\cdot N. Le signe moins traduit la décroissance : NN diminue, sa dérivée est négative alors que λ\lambda et NN sont positifs.

La condition « nombre de noyaux suffisamment grand » est essentielle : la désintégration d'un noyau donné est aléatoire, et seule une population très nombreuse suit une loi d'évolution régulière. Un gramme de trinitite contient des milliards de noyaux de césium 137, la condition est largement remplie.

Q4. On dérive la fonction proposée, N0N_{0} et λ\lambda étant des constantes : dNdt=N0⋅(−λ) e−λt=−λ⋅(N0 e−λt)=−λ⋅N(t)\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}=N_{0}\cdot(-\lambda)\,e^{-\lambda t}=-\lambda\cdot\left(N_{0}\,e^{-\lambda t}\right)=-\lambda\cdot N(t). L'équation différentielle est vérifiée pour tout tt. De plus N(0)=N0 e0=N0N(0)=N_{0}\,e^{0}=N_{0} : la condition initiale est respectée.

Q5. Par définition, le temps de demi-vie est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux initialement présents se sont désintégrés : N(t1/2)=N02N(t_{1/2})=\dfrac{N_{0}}{2}. Donc N0 e−λt1/2=N02N_{0}\,e^{-\lambda t_{1/2}}=\dfrac{N_{0}}{2}, soit e−λt1/2=12e^{-\lambda t_{1/2}}=\dfrac{1}{2}. En prenant le logarithme népérien : −λt1/2=ln⁡12=−ln⁡2-\lambda t_{1/2}=\ln\dfrac{1}{2}=-\ln 2, d'où t1/2=ln⁡2λt_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{\lambda}.

Vérification avec la valeur de la partie 2 : t1/2=ln⁡20,0231=30,0t_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{0{,}0231}=30{,}0 ans, la demi-vie connue du césium 137. La relation montre aussi que t1/2t_{1/2} ne dépend pas de N0N_{0} : quel que soit le nombre de noyaux de départ, il en reste la moitié au bout de 30 ans, le quart au bout de 60 ans. Erreur fréquente : écrire ln⁡12=ln⁡2\ln\dfrac{1}{2}=\ln 2 et obtenir une demi-vie négative.

Q6. Méthode : on lit le temps de demi-vie sur la courbe, puis on utilise la relation de Q5. Construction sur l'annexe : on trace l'horizontale d'ordonnée 5050 (la moitié du pourcentage initial, 100100) jusqu'à la courbe, puis la verticale jusqu'à l'axe des temps. On lit t1/2≈30t_{1/2}\approx 30 ans.

Donc λ=ln⁡2t1/2=0,69330=0,023 an−1\lambda=\dfrac{\ln 2}{t_{1/2}}=\dfrac{0{,}693}{30}=0{,}023\ \mathrm{an^{-1}} (plus précisément 0,0231 an−10{,}0231\ \mathrm{an^{-1}}, la valeur que la partie 2 confirme). Vérification sur la courbe : au bout de deux demi-vies, 6060 ans, il doit rester 2525 % des noyaux, et au bout de 100100 ans environ 1010 % (e−2,31=0,099e^{-2{,}31}=0{,}099), ce qu'on lit bien. Autre méthode possible : la tangente à l'origine coupe l'axe des temps en τ=1λ≈43\tau=\dfrac{1}{\lambda}\approx 43 ans. Erreur fréquente : donner λ\lambda en s−1\mathrm{s^{-1}} alors que l'axe est en années.

Q7. La grandeur tracée est 100×NN0=100×e−λt100\times\dfrac{N}{N_{0}}=100\times e^{-\lambda t}, avec tt en années et λ\lambda en an−1\mathrm{an^{-1}}. La ligne 9 complétée s'écrit : pourcentage = 100*np.exp(-0.0231*t). La fonction np.exp de numpy s'applique au tableau t entier, élément par élément : pas besoin de boucle. Piège : oublier le signe moins, ce qui donnerait une croissance exponentielle, ou écrire la virgule décimale française, qui en Python sépare deux arguments.

Q8. D'après les données, A(t)=λ⋅N(t)A(t)=\lambda\cdot N(t), et d'après Q4, N(t)=N0 e−λtN(t)=N_{0}\,e^{-\lambda t}. Donc A(t)=λN0 e−λt=A0⋅e−λ⋅tA(t)=\lambda N_{0}\,e^{-\lambda t}=A_{0}\cdot e^{-\lambda\cdot t}, avec A0=λN0A_{0}=\lambda N_{0}, valeur de l'activité à t=0t=0, c'est-à-dire à la formation de la trinitite. L'activité décroît avec la même loi exponentielle, et la même demi-vie, que le nombre de noyaux.

Q9. Démarche : l'étude donne l'activité d'un gramme de trinitite en 2010 ; on la fait évoluer jusqu'en 2026 avec la loi de Q8, puis on cherche la masse dont l'activité atteint le seuil réglementaire.

Activité d'un gramme en 2026, en prenant 2010 comme origine des dates : Δt=2026−2010=16\Delta t=2026-2010=16 ans, donc A2026=Aeˊtude⋅e−λΔt=48,3×e−0,0231×16=48,3×0,691=33,4A_{2026}=A_{\text{étude}}\cdot e^{-\lambda\Delta t}=48{,}3\times e^{-0{,}0231\times 16}=48{,}3\times 0{,}691=33{,}4 Bq pour un gramme, soit une activité massique de 33,4 Bq⋅g−133{,}4\ \mathrm{Bq\cdot g^{-1}}. En seize ans, environ la moitié d'une demi-vie, l'activité a perdu 3131 % de sa valeur, près d'un tiers.

Masse limite : un échantillon de masse mm a une activité A=33,4×mA=33{,}4\times m (avec mm en grammes). Elle atteint 1010 Bq pour m=1033,4=0,30m=\dfrac{10}{33{,}4}=0{,}30 g. Au-delà de 0,300{,}30 g de trinitite, une demande de détention doit être effectuée.

Remarque sur l'énoncé : le seuil est donné comme une activité massique, en Bq⋅g−1\mathrm{Bq\cdot g^{-1}}, et l'activité massique de la trinitite, 33 Bq⋅g−133\ \mathrm{Bq\cdot g^{-1}}, dépasse déjà 10 Bq⋅g−110\ \mathrm{Bq\cdot g^{-1}} quelle que soit la masse. Puisque la question demande une masse, la lecture retenue est celle qui compare l'activité de l'échantillon à 1010 Bq. Les deux lectures mènent à la même conclusion pratique.

Commentaire : 0,300{,}30 g, c'est un fragment de quelques millimètres. Pratiquement tout morceau de trinitite conservé par un collectionneur dépasse cette masse et relève donc d'une déclaration, près de 80 ans après l'essai. Le césium 137 a une demi-vie de 30 ans : en 2026, 8181 ans après 1945, il en reste encore e−0,0231×81≈15e^{-0{,}0231\times 81}\approx 15 % de la quantité initiale. Erreur fréquente : partir de 1945 avec l'activité de 2010, ou oublier de faire décroître l'activité entre 2010 et 2026 (on trouverait 0,210{,}21 g).

python
pourcentage = 100*np.exp(-0.0231*t)
255075100125150175200225250102030405060708090100100 N/N0 = 50t1/2 ≈ 30 anst (ans)100 N/N0
Q6 : construction attendue sur l'annexe 2, lecture du temps de demi-vie à 50 %

Exercice 3 : L'astéroïde 2024 PT5

6 points Satellites et lois de KeplerLa lunette astronomique : grossissement et cercle oculaire

L'astéroïde 2024 PT5 a fait l'objet de plusieurs parutions d'articles scientifiques. Deux extraits sont présentés ci-dessous.

« C'est un tout petit bout de Système solaire qui fait beaucoup parler de lui. À compter du 29 septembre, le petit astéroïde 2024 PT5 va se placer en orbite autour de la Terre. Il va rester deux mois sous l'attraction gravitationnelle de notre planète avant de s'en aller. Une deuxième lune temporaire qu'on ne pourra malheureusement pas distinguer à l'œil nu. »

https://www.cite-espace.com/actualites-spatiales/une-seconde-lune-pendant-deux-mois/, le 27 septembre 2024

« Vous vous souvenez certainement de 2024 PT5. Cet astéroïde, découvert en août dernier, est venu orbiter autour de la Terre entre novembre et janvier, au point qu'il a été surnommé la “ Seconde Lune ”. Ce corps rocheux, de la taille d'un bus, a passé plusieurs mois à proximité de notre planète sans jamais être capturé par sa gravité. »

https://www.cite-espace.com/actualites-spatiales/la-seconde-lune-serait-un-morceau-de-la-lune/, le 29 janvier 2025

L'objectif de cet exercice est d'expliquer pourquoi l'astéroïde 2024 PT5 n'a pas été « capturé par la gravité » de la Terre, puis de justifier l'affirmation selon laquelle on ne pouvait pas le distinguer à l'œil nu.

1. Mouvement autour de la Terre

Dans cette partie, on étudie l'action gravitationnelle exercée par la Terre sur la Lune, puis sur l'astéroïde 2024 PT5.

On s'intéresse au mouvement du centre de masse L de la Lune dans le référentiel géocentrique supposé galiléen. On travaille dans le repère de Frenet (L,u⃗t,u⃗n)(\mathrm{L},\vec{u}_{t},\vec{u}_{n}) comme indiqué sur la figure 1. Le mouvement du centre de masse L est supposé circulaire uniforme.

Trajectoire circulaire de la Lune, en pointillés, autour de la Terre placée au centre. Au point Lune, le vecteur unitaire u_t est tangent au cercle, dans le sens du mouvement, et le vecteur unitaire u_n est dirigé vers le centre, la Terre. Une flèche indique le sens du mouvement, antihoraire.
Figure 1. Étude du mouvement de la Lune dans le repère de Frenet
  • Données :
    • valeurs des masses de quelques astres :
    ◦ masse de la Terre : MT=5,972×1024M_{\mathrm{T}}=5{,}972\times 10^{24} kg ;
    ◦ masse du Soleil : MS=1,989×1030M_{\mathrm{S}}=1{,}989\times 10^{30} kg ;
    ◦ masse de la Lune : ML=7,360×1022M_{\mathrm{L}}=7{,}360\times 10^{22} kg ;
    • valeur moyenne de la distance Terre-Soleil : dT/S=1,496×108d_{\mathrm{T/S}}=1{,}496\times 10^{8} km ;
    • la force gravitationnelle exercée par un corps A de masse mAm_{\mathrm{A}} sur un corps B de masse mBm_{\mathrm{B}}, distant de dA/Bd_{\mathrm{A/B}}, est donnée par la relation : FA/B=G⋅mA⋅mBdA/B 2F_{\mathrm{A/B}}=\dfrac{G\cdot m_{\mathrm{A}}\cdot m_{\mathrm{B}}}{d_{\mathrm{A/B}}^{\,2}} ;
    • constante universelle de gravitation : G=6,67×10−11 m3⋅kg−1⋅s−2G=6{,}67\times 10^{-11}\ \mathrm{m^{3}\cdot kg^{-1}\cdot s^{-2}} ;
    • définition de l'unité astronomique (au) : 1 au=1,496×1081\ \mathrm{au}=1{,}496\times 10^{8} km.
  • La distance du centre de la Terre au centre de la Lune est notée dT/Ld_{\mathrm{T/L}}.
  • Q1. Donner l'expression vectorielle de la force F⃗T/L\vec{F}_{\mathrm{T/L}} exercée par la Terre sur la Lune.
  • Q2. En appliquant la deuxième loi de Newton, montrer que l'expression de la vitesse vLv_{\mathrm{L}} de la Lune est donnée par la relation : vL=G⋅MTdT/Lv_{\mathrm{L}}=\sqrt{\dfrac{G\cdot M_{\mathrm{T}}}{d_{\mathrm{T/L}}}}
  • Q3. Déterminer l'expression de la période de révolution TT de la Lune autour de la Terre, en fonction de la distance dT/Ld_{\mathrm{T/L}}, puis vérifier que l'on peut retrouver l'expression de la troisième loi de Kepler : T2dT/L3=4π2G⋅MT\dfrac{T^{2}}{d_{\mathrm{T/L}}^{3}}=\dfrac{4\pi^{2}}{G\cdot M_{\mathrm{T}}}
  • La valeur de la période de révolution de la Lune autour de la Terre est de 27,3 jours.
  • Q4. Calculer la valeur de la distance Terre-Lune dT/Ld_{\mathrm{T/L}}.
  • La sphère de Hill de la Terre désigne la région entourant la Terre, à l'intérieur de laquelle l'influence gravitationnelle de la Terre domine celle du Soleil. Dit autrement, la sphère de Hill correspond à la limite, à partir de laquelle l'attraction gravitationnelle exercée par la Terre sur un objet est approximativement égale à celle exercée par le Soleil.
  • On peut déterminer le rayon de la sphère de Hill de la Terre, exprimé en km, à partir de la relation suivante : rHill=dT/S⋅MT3⋅MS3r_{\text{Hill}}=d_{\mathrm{T/S}}\cdot\sqrt[3]{\dfrac{M_{\mathrm{T}}}{3\cdot M_{\mathrm{S}}}}
  • avec :
    • MSM_{\mathrm{S}} : masse du Soleil en kg ;
    • MTM_{\mathrm{T}} : masse de la Terre en kg ;
    • dT/Sd_{\mathrm{T/S}} : distance Terre-Soleil en km.
  • Q5. Calculer la valeur du rayon de la sphère de Hill de la Terre.
  • Q6. Indiquer si la Lune se situe dans la sphère de Hill de la Terre.
  • Distance Terre-astéroïde en unités astronomiques (de 0 à 0,1 au) en fonction de la date, du 1er juillet 2024 au 25 août 2025, graduations toutes les trois semaines. La distance part de 0,020 au, passe par un minimum d'environ 0,004 au vers le 9 août 2024, remonte à un maximum d'environ 0,027 au début novembre 2024, redescend à un minimum d'environ 0,012 au vers le 6 janvier 2025, puis croît jusqu'à 0,09 au fin août 2025.
    Figure 2. Distance (en unité astronomique) entre la Terre et l'astéroïde 2024 PT 5, du 1er juillet 2024 au 25 août 2025. D'après https://ssp.imcce.fr/forms/ephemeris
  • Q7. À l'aide de la figure 2 et des réponses précédentes, donner un argument permettant d'expliquer la phrase de l'article « l'astéroïde est venu orbiter autour de la Terre entre novembre et janvier, sans jamais être capturé par sa gravité ».
  • 2. Observation de l'astéroïde à l'œil nu
  • La taille de l'astéroïde est estimée à d=11d=11 m. Le 9 août 2024, il est passé au plus près de la Terre, à une distance dA/T=5,67×105d_{\mathrm{A/T}}=5{,}67\times 10^{5} km.
  • Données :
    • un objet AB est vu sous un angle θ\theta par l'œil (figure 3). Le pouvoir séparateur de l'œil humain, noté ε\varepsilon, est la valeur minimale de l'angle θ\theta sous lequel les deux points A et B peuvent être vus séparément.
    L'objet AB peut donc être vu distinctement par l'œil si θ>ε\theta>\varepsilon ;
  • Un objet AB vertical, A en bas et B en haut, observé de loin par un œil placé à droite. Les deux droites issues de A et de B se rejoignent à l'œil en formant l'angle θ.
    Figure 3. Observation à l'œil nu d'un objet AB
  • • pouvoir séparateur de l'œil de l'observateur : ε=3,0×10−4\varepsilon=3{,}0\times 10^{-4} rad ;
    • pour des angles très petits, exprimés en radian : tan⁡θ≈θ\tan\theta\approx\theta.
  • Q8. Montrer que la valeur de l'angle θ\theta est égale à 1,9×10−81{,}9\times 10^{-8} rad lorsque l'observateur cherche à observer à l'œil nu deux points diamétralement opposés de l'astéroïde situé à la distance dA/Td_{\mathrm{A/T}}.
  • Q9. En ne tenant compte que du pouvoir séparateur de l'œil, commenter la phrase de l'article : « Une deuxième lune temporaire qu'on ne pourra malheureusement pas distinguer à l'œil nu ».
  • 3. Observation de l'astéroïde avec une lunette astronomique
  • Pour mieux discerner des objets distants, l'une des méthodes possibles est d'utiliser une lunette astronomique.
    Le grossissement de la lunette, noté GG, correspond au rapport entre l'angle θ′\theta' sous lequel est vu l'objet à travers la lunette et l'angle θ\theta : G=θ′θG=\dfrac{\theta'}{\theta}.
    On rappelle que θ=1,9×10−8\theta=1{,}9\times 10^{-8} rad.
  • Le critère pour pouvoir distinguer deux points d'un objet éloigné au travers de la lunette devient alors θ′>ε\theta'>\varepsilon, avec ε\varepsilon le pouvoir séparateur de l'œil.
  • Dans cette partie, on s'appuie sur le schéma de l'ANNEXE 3 À RENDRE AVEC LA COPIE.
  • On note F1F_{1}, F1′F'_{1}, F2F_{2}, et F2′F'_{2}, respectivement les foyers objet et image des lentilles L1L_{1} et L2L_{2} ainsi que f1′f'_{1}, et f2′f'_{2}, les distances focales de ces lentilles.
  • La « Grande Lunette » de Meudon est encore aujourd'hui la plus grande lunette astronomique d'Europe. Elle est constituée de deux lentilles minces convergentes :
    • une lentille L1L_{1} de distance focale f1′=16f'_{1}=16 m ;
    • une lentille L2L_{2} de distance focale f2′=4f'_{2}=4 cm.
  • Annexe 3, schéma de la lunette, pas à l'échelle : axe optique horizontal en pointillés ; lentille convergente L1 de centre O1 à gauche, lentille convergente L2 de centre O2 à droite. Les points F'1 et F2 sont confondus entre les deux lentilles, et F'2 est à droite de L2. À gauche, deux rayons parallèles issus de B à l'infini arrivent sur L1 en descendant, avec un angle θ par rapport à l'axe : l'un passe par O1, l'autre frappe L1 au-dessus de O1.
    Annexe 3 à rendre avec la copie. Schématisation de la lunette astronomique (le schéma n'est pas à l'échelle)
  • Q10. Sur le schéma de l'ANNEXE 3 À RENDRE AVEC LA COPIE, tracer la marche des deux rayons lumineux issus du point B, situé à l'infini, au travers de la lunette. Faire apparaitre l'image intermédiaire A1B1\mathrm{A_{1}B_{1}}.
  • Q11. Montrer que le grossissement de la lunette astronomique s'exprime par la relation : G=f1′f2′G=\dfrac{f'_{1}}{f'_{2}}
  • Q12. Déterminer si la « Grande Lunette » de Meudon permet de distinguer deux points diamétralement opposés de l'astéroïde 2024 PT5.

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Q4
Q5
Q6
Q7
Q9
Q12
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Réponses

  • Q1 F⃗T/L=G MTMLdT/L 2 u⃗n\vec{F}_{\mathrm{T/L}}=\dfrac{G\,M_{\mathrm{T}}M_{\mathrm{L}}}{d_{\mathrm{T/L}}^{\,2}}\,\vec{u}_{n}
  • Q2 a⃗=GMTd2u⃗n\vec{a}=\dfrac{GM_{\mathrm{T}}}{d^{2}}\vec{u}_{n} et an=v2da_{n}=\dfrac{v^{2}}{d}, donc vL=GMT/dT/Lv_{\mathrm{L}}=\sqrt{GM_{\mathrm{T}}/d_{\mathrm{T/L}}}
  • Q3 T=2πdT/L3GMTT=2\pi\sqrt{\dfrac{d_{\mathrm{T/L}}^{3}}{GM_{\mathrm{T}}}}, d'où T2dT/L3=4π2GMT\dfrac{T^{2}}{d_{\mathrm{T/L}}^{3}}=\dfrac{4\pi^{2}}{GM_{\mathrm{T}}}
  • Q4 dT/L=3,83×105d_{\mathrm{T/L}}=3{,}83\times 10^{5} km
  • Q5 rHill=1,50×106r_{\text{Hill}}=1{,}50\times 10^{6} km
  • Q6 Oui : 3,83×105<1,50×1063{,}83\times 10^{5}<1{,}50\times 10^{6} km
  • Q7 rHill=0,0100r_{\text{Hill}}=0{,}0100 au ; de novembre à janvier, l'astéroïde reste entre 0,0120{,}012 et 0,0270{,}027 au, hors de la sphère de Hill
  • Q8 θ≈ddA/T=115,67×108=1,9×10−8\theta\approx\dfrac{d}{d_{\mathrm{A/T}}}=\dfrac{11}{5{,}67\times 10^{8}}=1{,}9\times 10^{-8} rad
  • Q9 θ<ε\theta<\varepsilon (seize mille fois plus petit) : indiscernable à l'œil nu, l'article a raison
  • Q10 Rayons convergeant en B1\mathrm{B_{1}} dans le plan focal de L1L_{1}, puis émergents parallèles à B1O2\mathrm{B_{1}}O_{2}
  • Q11 tan⁡θ=A1B1/f1′\tan\theta=\mathrm{A_{1}B_{1}}/f'_{1} et tan⁡θ′=A1B1/f2′\tan\theta'=\mathrm{A_{1}B_{1}}/f'_{2}, donc G=f1′/f2′G=f'_{1}/f'_{2}
  • Q12 G=400G=400, θ′=7,6×10−6\theta'=7{,}6\times 10^{-6} rad <ε<\varepsilon : non

Q1. La force gravitationnelle exercée par la Terre sur la Lune est attractive : elle est dirigée du centre de la Lune vers le centre de la Terre, c'est-à-dire selon u⃗n\vec{u}_{n}, qui pointe vers le centre de la trajectoire circulaire. Sa valeur est donnée par la loi de la gravitation universelle. Donc F⃗T/L=G⋅MT⋅MLdT/L 2 u⃗n\vec{F}_{\mathrm{T/L}}=\dfrac{G\cdot M_{\mathrm{T}}\cdot M_{\mathrm{L}}}{d_{\mathrm{T/L}}^{\,2}}\,\vec{u}_{n}.

Piège : écrire un signe moins devant l'expression. Le signe moins apparaît seulement avec un vecteur unitaire orienté de la Terre VERS la Lune ; ici u⃗n\vec{u}_{n} est orienté vers la Terre, et la composante est positive.

Q2. Système : la Lune, de masse MLM_{\mathrm{L}} ; référentiel géocentrique supposé galiléen ; seule force prise en compte, l'attraction de la Terre. Deuxième loi de Newton : ML a⃗=F⃗T/LM_{\mathrm{L}}\,\vec{a}=\vec{F}_{\mathrm{T/L}}, donc a⃗=G MTdT/L 2 u⃗n\vec{a}=\dfrac{G\,M_{\mathrm{T}}}{d_{\mathrm{T/L}}^{\,2}}\,\vec{u}_{n} : l'accélération ne dépend pas de la masse de la Lune.

Dans le repère de Frenet, l'accélération d'un mouvement circulaire de rayon dT/Ld_{\mathrm{T/L}} s'écrit a⃗=dvdt u⃗t+vL2dT/L u⃗n\vec{a}=\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}\,\vec{u}_{t}+\dfrac{v_{\mathrm{L}}^{2}}{d_{\mathrm{T/L}}}\,\vec{u}_{n}. Le mouvement étant uniforme, dvdt=0\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}=0. En identifiant les composantes selon u⃗n\vec{u}_{n} : vL2dT/L=G MTdT/L 2\dfrac{v_{\mathrm{L}}^{2}}{d_{\mathrm{T/L}}}=\dfrac{G\,M_{\mathrm{T}}}{d_{\mathrm{T/L}}^{\,2}}, soit vL2=G MTdT/Lv_{\mathrm{L}}^{2}=\dfrac{G\,M_{\mathrm{T}}}{d_{\mathrm{T/L}}} et, la vitesse étant positive, vL=G⋅MTdT/Lv_{\mathrm{L}}=\sqrt{\dfrac{G\cdot M_{\mathrm{T}}}{d_{\mathrm{T/L}}}}.

Q3. Pendant une période TT, la Lune parcourt une fois le cercle, de périmètre 2πdT/L2\pi d_{\mathrm{T/L}}, à vitesse constante : T=2π dT/LvL=2π dT/LdT/LG MT=2πdT/L3G MTT=\dfrac{2\pi\,d_{\mathrm{T/L}}}{v_{\mathrm{L}}}=2\pi\,d_{\mathrm{T/L}}\sqrt{\dfrac{d_{\mathrm{T/L}}}{G\,M_{\mathrm{T}}}}=2\pi\sqrt{\dfrac{d_{\mathrm{T/L}}^{3}}{G\,M_{\mathrm{T}}}}.

En élevant au carré : T2=4π2 dT/L3G MTT^{2}=\dfrac{4\pi^{2}\,d_{\mathrm{T/L}}^{3}}{G\,M_{\mathrm{T}}}, donc T2dT/L3=4π2G⋅MT\dfrac{T^{2}}{d_{\mathrm{T/L}}^{3}}=\dfrac{4\pi^{2}}{G\cdot M_{\mathrm{T}}} : c'est la troisième loi de Kepler, le rapport ne dépend que de l'astre attracteur, la Terre.

Q4. On isole la distance dans la troisième loi de Kepler : dT/L=G MT T24π23d_{\mathrm{T/L}}=\sqrt[3]{\dfrac{G\,M_{\mathrm{T}}\,T^{2}}{4\pi^{2}}}, avec la période en SECONDES : T=27,3×24×3 600=2,36×106T=27{,}3\times 24\times 3\,600=2{,}36\times 10^{6} s.

Application numérique : dT/L=6,67×10−11×5,972×1024×(2,359×106)24π23=5,61×10253=3,83×108d_{\mathrm{T/L}}=\sqrt[3]{\dfrac{6{,}67\times 10^{-11}\times 5{,}972\times 10^{24}\times(2{,}359\times 10^{6})^{2}}{4\pi^{2}}}=\sqrt[3]{5{,}61\times 10^{25}}=3{,}83\times 10^{8} m, soit dT/L=3,83×105d_{\mathrm{T/L}}=3{,}83\times 10^{5} km. C'est bien la distance Terre-Lune connue, environ 384 000384\,000 km. La vitesse correspondante, vL=G MTdT/L=1,02×103 m⋅s−1v_{\mathrm{L}}=\sqrt{\dfrac{G\,M_{\mathrm{T}}}{d_{\mathrm{T/L}}}}=1{,}02\times 10^{3}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, est elle aussi la bonne. Erreur fréquente : laisser TT en jours, ce qui donne une distance fausse d'un facteur (86 400)2/3≈2×103(86\,400)^{2/3}\approx 2\times 10^{3}.

Q5. Application directe de la relation donnée, qui fournit rHillr_{\text{Hill}} dans l'unité de dT/Sd_{\mathrm{T/S}}, le kilomètre ; le rapport des masses est sans dimension : MT3 MS=5,972×10243×1,989×1030=1,001×10−6\dfrac{M_{\mathrm{T}}}{3\,M_{\mathrm{S}}}=\dfrac{5{,}972\times 10^{24}}{3\times 1{,}989\times 10^{30}}=1{,}001\times 10^{-6}, dont la racine cubique vaut 1,000×10−21{,}000\times 10^{-2}. Donc rHill=1,496×108×1,000×10−2=1,50×106r_{\text{Hill}}=1{,}496\times 10^{8}\times 1{,}000\times 10^{-2}=1{,}50\times 10^{6} km.

Ordre de grandeur utile pour la suite : rHillr_{\text{Hill}} vaut un centième de la distance Terre-Soleil, soit 0,01000{,}0100 au. Erreur fréquente : prendre la racine carrée au lieu de la racine cubique, ce qui donne 1,5×1051{,}5\times 10^{5} km et place la Lune hors de la sphère de Hill.

Q6. La Lune est à dT/L=3,83×105d_{\mathrm{T/L}}=3{,}83\times 10^{5} km de la Terre, et 3,83×105<1,50×1063{,}83\times 10^{5}<1{,}50\times 10^{6} km : la Lune se situe dans la sphère de Hill de la Terre, à environ le quart de son rayon. L'attraction de la Terre y domine celle du Soleil, ce qui explique que la Lune reste liée à la Terre.

Q7. Pour comparer avec la figure 2, on convertit le rayon de Hill en unités astronomiques : rHill=1,50×1061,496×108=0,0100r_{\text{Hill}}=\dfrac{1{,}50\times 10^{6}}{1{,}496\times 10^{8}}=0{,}0100 au. Entre novembre 2024 et janvier 2025, la courbe montre une distance Terre-astéroïde comprise entre environ 0,0120{,}012 au (minimum vers le 6 janvier) et 0,0270{,}027 au (début novembre) : elle reste toujours SUPÉRIEURE au rayon de la sphère de Hill.

Argument : pendant toute la période où l'astéroïde « orbite » autour de la Terre, il reste hors de la sphère de Hill, là où l'attraction du Soleil domine celle de la Terre. L'astéroïde reste donc en orbite autour du Soleil ; il accompagne seulement la Terre sur une portion de sa trajectoire, sans être capturé, puis s'en éloigne (la distance atteint 0,090{,}09 au en août 2025). Le seul passage à l'intérieur de la sphère de Hill, le 9 août 2024 (0,0040{,}004 au), est un bref survol, pas une capture.

Q8. Sur la figure 3, le triangle formé par l'œil, A et B est rectangle en A, avec AB =d=11=d=11 m l'objet et la distance d'observation dA/Td_{\mathrm{A/T}} : tan⁡θ=ddA/T\tan\theta=\dfrac{d}{d_{\mathrm{A/T}}}. L'angle étant très petit, θ≈tan⁡θ=ddA/T=115,67×108=1,9×10−8\theta\approx\tan\theta=\dfrac{d}{d_{\mathrm{A/T}}}=\dfrac{11}{5{,}67\times 10^{8}}=1{,}9\times 10^{-8} rad, en exprimant les deux longueurs en mètres (5,67×1055{,}67\times 10^{5} km =5,67×108=5{,}67\times 10^{8} m). Les deux points diamétralement opposés sont séparés par le diamètre de l'astéroïde, sa taille de 11 m.

Q9. On compare l'angle sous lequel l'astéroïde est vu au pouvoir séparateur de l'œil : θ=1,9×10−8\theta=1{,}9\times 10^{-8} rad, alors que ε=3,0×10−4\varepsilon=3{,}0\times 10^{-4} rad. On a θ<ε\theta<\varepsilon, et même εθ≈1,6×104\dfrac{\varepsilon}{\theta}\approx 1{,}6\times 10^{4} : l'angle est environ seize mille fois trop petit. L'œil ne peut pas séparer deux points de l'astéroïde : au mieux, il le verrait comme un point, sans pouvoir le distinguer comme un objet étendu.

La phrase de l'article est donc justifiée, même à la distance minimale du 9 août : à l'œil nu, on ne pourra pas « distinguer » cette seconde lune, contrairement à la Lune dont on voit le disque. (Sa très faible luminosité l'empêcherait d'ailleurs d'être vue même comme un point, mais la question demande de ne tenir compte que du pouvoir séparateur.)

Q10. Construction, en trois temps. Le point B est à l'infini : les deux rayons qui en viennent sont parallèles et inclinés de θ\theta sur l'axe optique. Après L1L_{1}, ils convergent en un point B1\mathrm{B_{1}} du plan focal image de L1L_{1}, celui qui passe par F1′F'_{1} : le rayon qui passe par le centre optique O1O_{1} n'est pas dévié et coupe ce plan en B1\mathrm{B_{1}}, SOUS l'axe puisqu'il descend ; le second rayon, réfracté par L1L_{1}, passe lui aussi par B1\mathrm{B_{1}}. L'image intermédiaire A1B1\mathrm{A_{1}B_{1}} est perpendiculaire à l'axe, avec A1\mathrm{A_{1}} en F1′F'_{1}, renversée.

La lunette est afocale : F1′F'_{1} et F2F_{2} sont confondus, donc B1\mathrm{B_{1}} est aussi dans le plan focal objet de L2L_{2}. Les rayons issus de B1\mathrm{B_{1}} ressortent de L2L_{2} parallèles entre eux. Pour trouver leur direction, on trace le rayon fictif qui va de B1\mathrm{B_{1}} à O2O_{2}, non dévié : les deux rayons émergents lui sont parallèles, inclinés d'un angle θ′\theta' sur l'axe et dirigés vers le haut. L'image définitive est à l'infini, et elle est renversée par rapport à l'objet.

Q11. On travaille dans les deux triangles rectangles qui ont A1B1\mathrm{A_{1}B_{1}} pour côté. Dans le triangle O1A1B1O_{1}\mathrm{A_{1}B_{1}}, rectangle en A1=F1′\mathrm{A_{1}}=F'_{1} : tan⁡θ=A1B1O1F1′=A1B1f1′\tan\theta=\dfrac{\mathrm{A_{1}B_{1}}}{O_{1}F'_{1}}=\dfrac{\mathrm{A_{1}B_{1}}}{f'_{1}}. Dans le triangle O2A1B1O_{2}\mathrm{A_{1}B_{1}}, rectangle en A1=F2\mathrm{A_{1}}=F_{2} : tan⁡θ′=A1B1F2O2=A1B1f2′\tan\theta'=\dfrac{\mathrm{A_{1}B_{1}}}{F_{2}O_{2}}=\dfrac{\mathrm{A_{1}B_{1}}}{f'_{2}}. Les angles étant petits, θ≈tan⁡θ\theta\approx\tan\theta et θ′≈tan⁡θ′\theta'\approx\tan\theta'.

Donc G=θ′θ=A1B1/f2′A1B1/f1′=f1′f2′G=\dfrac{\theta'}{\theta}=\dfrac{\mathrm{A_{1}B_{1}}/f'_{2}}{\mathrm{A_{1}B_{1}}/f'_{1}}=\dfrac{f'_{1}}{f'_{2}}. Le grossissement ne dépend que des deux distances focales : une grande focale d'objectif et une petite focale d'oculaire. Erreur fréquente : utiliser O1O2O_{1}O_{2} au lieu de f2′f'_{2} dans le second triangle.

Q12. Grossissement de la Grande Lunette, les deux focales dans la même unité : G=f1′f2′=164×10−2=4×102G=\dfrac{f'_{1}}{f'_{2}}=\dfrac{16}{4\times 10^{-2}}=4\times 10^{2}. L'astéroïde, vu à l'œil nu sous θ=1,9×10−8\theta=1{,}9\times 10^{-8} rad, est vu dans la lunette sous θ′=G θ=400×1,9×10−8=7,6×10−6\theta'=G\,\theta=400\times 1{,}9\times 10^{-8}=7{,}6\times 10^{-6} rad.

Critère : θ′=7,6×10−6\theta'=7{,}6\times 10^{-6} rad <ε=3,0×10−4<\varepsilon=3{,}0\times 10^{-4} rad. La Grande Lunette de Meudon ne permet pas de distinguer deux points diamétralement opposés de l'astéroïde. Il faudrait un grossissement d'au moins εθ≈1,6×104\dfrac{\varepsilon}{\theta}\approx 1{,}6\times 10^{4}, quarante fois plus grand que celui de la plus grande lunette d'Europe. Erreur fréquente : diviser 1616 m par 44 cm sans convertir, ce qui donne un grossissement de 44.

L1L2O1O2A1 = F'1 = F2B1F'2θθ'
Q10 : marche des deux rayons issus de B dans la lunette afocale, image intermédiaire A1B1 dans le plan focal commun (schéma qualitatif, pas à l'échelle)
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